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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Chanter tout haut ce qu’on ressent tout bas : de « Comment lui dire » à « Evidemment », la chanteuse, disparue le 7 janvier, en avait fait son leitmotiv.
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Le cœur-révélateur de France Gall

Chanter tout haut ce qu’on ressent tout bas : de « Comment lui dire » à « Evidemment », la chanteuse, disparue le 7 janvier, en avait fait son leitmotiv.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h30
    |

            Aureliano Tonet (service Culture)








                        



                                


                            

Analyse. De quoi parlent les chansons de France Gall ? De la difficulté d’exprimer ses sentiments, justement. Et de la facilité avec laquelle le chant parvient, souvent, à libérer les émois les plus secrètement enfouis. Comment lui dire, La Déclaration, Evidemment… Le répertoire de la chanteuse, disparue dimanche 7 janvier, à 70 ans, est une formidable école d’éloquence, comme il existe des écoles de patience : ses morceaux nous aident à trouver notre voix – par nos contrées, vous ne trouverez pas de meilleure conseillère d’orientation sentimentale.
De fait, dans le flot d’hommages qui a suivi l’annonce de sa mort, les nouvelles cohortes de la chanson hexagonale ont insisté sur ce qui distinguait France Gall du tout-venant franco-gaulois : son « ingénuité », sa « candeur », sa « sincérité ». « Elle a une manière incroyable d’incarner les chansons, parce qu’elle semble imprégnée par la personne qui est derrière elle : que ce soit époque Gainsbourg ou époque Berger, elle est une sorte d’éponge », confiait ainsi Charles de Boisseguin, membre du groupe électro L’Impératrice, à Libération.
« Ce qui m’inspire, c’est cette façon droite, honnête, qui transparaît dans sa voix. Quand elle chante Si maman si, on s’identifie à sa mélopée. Il y a quelque chose de “sans filtre” : elle parlait directement au cœur », renchérissait Juliette Armanet, l’une des élèves les plus prometteuses de la chanteuse de Sacré Charlemagne, interviewée par le site Slate.


Frange blonde et gueule d’ange
Cela a été dit, et redit : frange blonde et gueule d’ange, France Gall est entrée en chanson adolescente, sous la férule de son papa, le parolier Robert Gall (1918-1990), dont elle commença par interpréter les textes. « Et tous les mots et les secrets/ Que je gardais pour toi/ Au plus profond de moi/ Je te les donnerai » (J’entends...




                        

                        


<article-nb="2018/01/10/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.
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« Les droits de l’homme sont nécessaires à la bonne gouvernance du monde »

Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h01
    |

Thierry Wolton (Essayiste)







                        



                                


                            

Tribune. Ainsi, Emmanuel Macron n’a pas voulu donner de leçon sur les droits de l’homme à la Chine. Un courage qui fait de la morale en politique un principe à géométrie variable selon qu’un pays est riche et puissant ou pauvre et faible. Le président de la République avait pourtant bien commencé face à Poutine en début de quinquennat, ou plus récemment devant Erdogan. Le ton n’a pas été le même à Pékin, au point d’être inaudible. Lui-même semble objecter que s’il est en droit de faire des rappels à l’ordre sur ses terres, il n’a pas à se faire donneur de leçon à l’étranger.
Le silence assourdissant de l’Elysée lors de la réception de l’Egyptien Sissi, il y a quelques semaines, infirme le propos. Comme tous ses prédécesseurs, Macron s’abrite derrière les « intérêts supérieurs » de l’Etat pour oublier les plus élémentaires des principes démocratiques. La priorité donnée à la lutte contre l’islamisme, lorsqu’il reçoit Sissi, ou le rééquilibrage des échanges Paris-Pékin, lorsqu’il visite la Chine, justifient leur mise sous le boisseau. Depuis Henri de Navarre on sait que l’exercice du pouvoir vaut bien des renoncements.
Une forme de racisme
Pourtant, dans un monde fondé sur des rapports de forces, tel que le pratiquent justement les dirigeants chinois, n’est-ce pas en affichant ses valeurs et en s’y tenant qu’un pays existe et peut se faire respecter ? La France qui s’autoproclame volontiers « patrie des droits de l’homme » n’est-elle pas dans son rôle en s’en faisant la porte-parole ?

Ici, les contempteurs du « droit-de-l’hommisme », expression si méprisante, qui se féliciteront du réalisme macronien, oublient qu’ils jouissent de ces libertés qu’ils refusent à d’autres, ce qui est une forme de racisme, à bien y réfléchir. La vague de moralisation politique qui a suivi la chute du communisme à la fin du siècle dernier semble donc achevée, et les peuples encore sous le joug sont de nouveau laissés à leur sort comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.
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Le « droit voisin » peut tuer les petits éditeurs indépendants

Vantant un meilleur partage des bénéfices avec les géants de l’Internet, les grands éditeurs de presse menacent la pluralité de l’information estime, dans une tribune au « Monde », Carlos Astiz, représentant de petits médias.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Carlos Astiz (Président et porte-parole de European Innovative Media Publishers et directeur général de l’Asociacion Española de Editoriales de Pub...







                        



                                


                            

Tribune. Il est décevant de voir les plus grandes agences de presse d’Europe soutenir une campagne malencontreuse pour le « droit voisin » (« En matière d’information la gratuité est un mythe », Le Monde du 13 décembre). Qu’ils le fassent au détriment des petits éditeurs indépendants, des créateurs de contenu et des journalistes en Europe est particulièrement troublant.
Leur objectif déclaré est de résoudre les problèmes auxquels est confrontée l’industrie de l’édition en ciblant les grandes plates-formes en ligne comme Google et Facebook. Le « droit voisin » permettrait aux grands éditeurs européens, disent-ils, d’encaisser plus d’argent. Mais même si cela était le cas, ce serait au détriment des plus petits.
créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat
Car ce « droit » empêchera la création de liens et le partage de contenus. C’est une tentative des journaux traditionnels, qui n’ont pas actualisé leur modèle économique face à l’ère numérique, de ralentir le développement de modèles économiques alternatifs et innovants. En forçant les lecteurs à visiter leurs sites plutôt qu’à partager des liens, les grands journaux pensent augmenter leurs bénéfices. Or créer des liens hypertextes et partager du contenu sont une composante fondamentale d’Internet, qui permet aux petits éditeurs de générer un plus large lectorat.
Dans leur plaidoyer, les PDG de ces sociétés ont déclaré que « les quelques tentatives conduites en 2013 et 2014 par l’industrie des médias en Espagne, en Allemagne, en France, pour faire payer, au-delà de quelques miettes symboliques, les géants de l’Internet n’ont pas changé fondamentalement la donne ». En effet, le droit voisin n’a pas porté ses fruits. Pire encore, il a entraîné une diminution considérable du trafic en ligne. Les publications espagnoles ont enregistré à elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.
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« L’innovation, nouveau chapitre de la “success story” chinoise »

Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h41
    |

Simon Johnson (Professeur à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology (MIT)) et Jonathan Ruane (Maître de conférences ...







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La Chine a immensément progressé depuis 1978, date à laquelle Deng Xiaoping a lancé la transition vers une économie de marché. Son PIB a augmenté chaque année de 10 % en moyenne, remodelant le commerce mondial et la propulsant au rang de deuxième puissance économique de la planète. Cette réussite a permis d’extraire de la pauvreté quelque 800 millions d’individus, et de diviser par deux, entre 2006 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. La question est désormais de savoir si le pays atteindra le statut de leadeur mondial de l’innovation dès 2018, ou un peu plus tard…
En 2016, la Chine a exporté 13 % du total des exportations mondiales
Cette transformation s’est fondée sur un boom sans précédent du secteur manufacturier. En 2016, la Chine a exporté plus de 2 000 milliards de dollars (1 680 milliards d’euros) de marchandises, soit 13 % du total des exportations mondiales. Elle s’est modernisée par des investissements massifs en infrastructures. En moins de dix ans, son réseau TGV, le plus vaste au monde, a dépassé les 22 000 kilomètres. Sa consommation annuelle augmentera d’environ 2 000 milliards de dollars d’ici à 2021.
Début décembre 2017, le PDG d’Apple, Tim Cook, déclarait : « La Chine a cessé d’être un pays à faible coût de main-d’œuvre il y a de nombreuses années. Ce n’est plus la raison pour laquelle beaucoup viennent en Chine. » Les points forts du secteur manufacturier chinois sont désormais un savoir-faire de production avancé et de solides réseaux de chaîne d’approvisionnement.
« Nation innovante »
Les dirigeants chinois entendent gravir toujours plus haut la chaîne de valeur. Le 13e plan quinquennal (mai 2016) a pour objectif de faire du pays une « nation innovante » d’ici à 2020, un « leadeur international de l’innovation » d’ici à 2030, et une « grande puissance mondiale de l’innovation scientifique et technologique » d’ici à 2050....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Un jugement de la Cour de justice européenne, confirmant l’interdiction par un fabricant de la vente de ses parfums sur les grandes plates-formes, rebat les cartes du commerce du luxe, pour le professeur Charles Cuvelliez, dans une tribune au « Monde ».
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« L’e-commerce doit renforcer l’expérience en boutique, mais pas la remplacer »

Un jugement de la Cour de justice européenne, confirmant l’interdiction par un fabricant de la vente de ses parfums sur les grandes plates-formes, rebat les cartes du commerce du luxe, pour le professeur Charles Cuvelliez, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

Charles Cuvelliez (Professeur à l'Université libre de Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. L’opposition des marques de luxe à voir leurs produits vendus en ligne sur de vulgaires plates-formes d’e-commerce n’est pas neuve. Un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 6 décembre 2017 vient de leur donner raison (affaire C 230/16, « Coty Germany GmbH vs Parfümerie Akzente GmbH »). Coty, le fabricant des parfums Burberry, Davidoff et Hugo Boss, avait interdit à ses revendeurs agréés de placer ses produits sur des plates-formes tierces comme Amazon. Coty exigeait par contrat qu’ils aient des magasins en dur, ayant un décorum cohérent avec l’image de ses produits. Alors seulement, ils pouvaient aussi vendre en ligne, mais uniquement par l’intermédiaire de leur propre site. Amazon était banni, noir sur blanc.
la CJUE estime que l’image de marque peut justifier l’exclusion de certains canaux de vente
Un revendeur allemand s’y est opposé mais la CJUE a estimé que l’image de marque peut justifier l’exclusion de certains canaux de vente. Est-ce un coup de canif à la libre concurrence au sein de l’Union, sanctuarisée par l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’UE ? Celui-ci interdit de subordonner la conclusion de contrats à des clauses restrictives sans lien avec l’objet du contrat.
C’est qu’il y a eu des précédents sévèrement condamnés, explique Oxera, une société de conseil en politique économique pour les gouvernements et les régulateurs (« No free rides ? Platform bans in light of the Coty case », Oxera, décembre 2017, lien en anglais). Au Royaume-Uni, un fabricant de clubs de golf a écopé d’une amende pour avoir interdit à ses revendeurs de placer ses produits sur leurs sites Web. L’Autorité de la concurrence française avait abondé dans le même sens, contre la marque de hi-fi Bang & Olufsen.
Pas de préjudice pour les clients
Mais, dans les deux cas, il s’agissait d’une interdiction ­totale de la vente en ligne. Nike, aux Pays-Bas, a gagné et a maintenu son veto car seuls...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».
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« La lutte contre l’érosion de la biodiversité doit être une priorité internationale »

Le défi que représente pour l’humanité l’effondrement de la biodiversité est à traiter avec le même niveau d’importance que le défi climatique, explique un collectif d’experts dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Les chercheurs et les acteurs qui, comme nous, travaillent sur la biodiversité saluent l’initiative prise par le président de la République de relancer, à travers la réunion One Planet Summit, la dynamique portée par l’accord de Paris. Au moment où il apparaît clairement que l’objectif de la limite des 1,5 °C ne pourra probablement pas être atteint, mobiliser les ­acteurs économiques pour réduire les pressions humaines responsables du changement climatique et contribuer aux processus d’adaptation constituait un impératif. Les engagements pris par les donateurs, les Etats ou des organismes comme la Banque mondiale vont dans un sens positif, et il est important que la France ait joué ici un rôle majeur.
A l’heure où de grands acteurs économiques commencent à se soucier fortement de l’impact de leurs activités sur la biodiversité et alors que le récent appel des 15 000 scientifiques du monde ­entier a rappelé que l’impact croissant des activités humaines compromet notre avenir, on aurait pu souhaiter que ce sommet traite à la fois de la lutte contre le réchauffement climatique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité.
« La dégradation des écosystèmes est notamment à l’origine de la diffusion de certaines maladies à l’homme »
A l’image d’une étude qui montre que plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne, en vingt-sept ans, les travaux scientifiques récents soulignent tous la gravité des ­atteintes à la biodiversité. Ils montrent également qu’avec une population ­humaine en croissance la situation va empirer fortement sous les effets ­cumulés du changement d’usage des terres – au bénéfice notamment de la production agricole –, de la surexploi­tation des sols, des eaux douces et des ­poissons marins, du braconnage ­de certaines espèces remarquables, de ­l’accroissement des pollutions tant ­chimiques que physiques (plastiques et microplastiques notamment),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.
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Immigration : « Il est impératif d’ouvrir un débat politique de fond »

L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 13h47
    |

Anne-Laure Amilhat-Szary (Professeure à l'université Grenoble Alpes, spécialiste de géographie politique)







                        



                                


                            
Tribune. Convoquer les députés La République en marche (LRM) « presque frondeurs » à Matignon, mercredi 10 janvier, pour leur répéter le bien-fondé de la mobilisation policière sur le front migratoire a-t-il un réel intérêt pour le gouvernement d’Edouard Philippe si personne ne fait l’effort de reposer ce débat désormais éculé ? Déminer les débats sur l’immigration imposerait de se demander ce que l’on va faire des 40 000 étrangers appréhendés en situation irrégulière en 2017 et du coût de cette politique.
Est-ce vraiment le rôle d’une police républicaine d’interpeller des personnes vulnérables dans les lieux établis pour leur porter urgence comme ce fut le cas à Calais, le 2 janvier, lors de contrôle d’identités au lieu défini pour l’accueil dans le cadre du Plan Grand Froid ? Pourquoi demander aux institutions d’hébergement d’urgence d’ouvrir des bureaux pour les policiers ? Les Français savent-ils ce qu’il advient des personnes ainsi arrêtées ? Du coût effectif de leur prise en charge policière ?

La dernière fois que la Cour des comptes a travaillé sur le sujet, en 2009, elle a évalué à 5 500 euros le coût moyen de rétention d’un migrant dans l’un des centres spécialisés à cet effet, ce qui représentait quelques années plus tard, à l’échelle européenne, un budget annuel de près d’un milliard d’euros. Ces chiffres concernent la prise en charge quotidienne et n’incluent pas le travail des policiers mobilisés sur ces dossiers. Il faut y ajouter des sommes non négligeables s’il y a reconduite effective à la frontière. Mais celle-ci n’intervient que dans 40 % des cas environ. Rien ne sert de s’exciter et de promettre une meilleure exécution des mesures d’expulsion…
Discours lénifiants
La reconduite aux frontières n’est en effet pas garantie par l’arrestation, car la situation migratoire irrégulière est bien plus complexe qu’il n’y paraît du point de vue du droit – lequel continue, pour quelque temps encore, on peut l’espérer,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/10/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Test chinois pour Macron et « l’Europe qui protège »

Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h39
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Réciprocité : ce devait être le maître mot du premier voyage du président Emmanuel Macron en Chine, du 8 au 10 janvier. Un coup d’œil à la balance commerciale franco-chinoise permet en effet de comprendre l’urgence d’un rééquilibrage.
Le déficit commercial a coûté à la France un demi-point de croissance en 2017 ; une bonne part du déséquilibre provient de la Chine. Non seulement la France n’exporte pas assez, mais les Chinois investissent dix fois moins en France que les Français en Chine. Entre la Chine et la France, la puissance de feu est inégale. Raison de plus pour poser quelques règles.
Il a donc bien été question de réciprocité pendant cette visite, dont la conduite, en réalité, a davantage rappelé la méthode de la chancelière Merkel que celle des précédents présidents français : un séjour de trois jours, y compris hors de Pékin, plutôt que des sauts de puce, la promesse de retour chaque année, la priorité donnée aux relations économiques.
Compte tenu de la paralysie diplomatique actuelle d’Angela Merkel, enlisée dans ses négociations de coalition, M. Macron n’a pas hésité à se poser en porte-parole de l’Europe ; ce n’était pas inutile, tant Pékin sait mettre à profit les divisions au sein de l’UE.

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                Macron en quête de réciprocité pour sa visite en Chine



La tâche du « parler vrai » et la défense de « l’Europe qui protège » sont, cette fois, revenues au ministre de l’économie, Bruno Le Maire. « On accepte des investissements sur le long terme, pas des investissements de pillage », a-t-il averti. Le mot de « pillage » est fort, mais il a le mérite de la clarté : dans leur soif d’investissements en Europe, les Chinois visent volontiers les secteurs sensibles, surtout s’ils sont prometteurs de transferts de technologies.
Ouverte à tous vents, l’Europe a trop longtemps toléré ce « pillage ». Elle s’est « réveillée il y a quelques mois », a reconnu M. Macron. Bruxelles cherche en effet à protéger les intérêts stratégiques européens face aux investisseurs étrangers.
Sourire convenu
Si Emmanuel Macron a répété que le but de ce voyage n’était pas de « venir chercher un maximum de contrats avec des montants affichés très élevés », qui ne correspondent pas toujours à la réalité, il a tout de même cédé à la tentation d’annoncer une traditionnelle moisson de coopérations. Parmi les plus visibles figurent la commande de 184 Airbus A320 et l’accélération de la production de cet appareil dans l’usine de Tianjin.
L’énergie est aussi en bonne place, avec la promesse de la construction d’une usine de traitement et de recyclage des combustibles nucléaires usagés. Ce contrat, d’un montant estimé de 10 milliards d’euros, représente une formidable bouée de sauvetage pour Areva, en grande difficulté.

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La France s’est également trouvé une vitrine en signant un accord de coopération avec le géant chinois du commerce électronique JD.com, qui s’est engagé à vendre pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois au cours des deux prochaines années. Une occasion de doper les exportations françaises, notamment dans l’agroalimentaire et la cosmétique. C’est bien.
Mais, derrière son sourire convenu, le président Xi Jinping s’est gardé de donner des gages de réciprocité : l’avenir dira si la poussée diplomatique de M. Macron produit des effets sur ce plan. Si la Chine sait parfaitement protéger ses marchés et se montrer sélective sur les investissements étrangers, les Européens, eux, ont encore du chemin à faire pour maîtriser cet art.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.
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« Il faut assurer la pérennité du journalisme de qualité »

Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, se félicite du fait qu’Emmanuel Macron souhaite laisser la place à l’autorégulation de la profession.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
    |

                            Christophe Deloire (Secrétaire général de Reporters sans frontières)








                        



                                


                            
Tribune. Si l’on compare la situation de l’humanité avec un passé pas si lointain, nombre d’évolutions profondes portent à une forme d’optimisme en dépit des menaces, notamment pour l’environnement. En trente ans, l’extrême pauvreté a chuté des deux tiers, 2 milliards de personnes ont été sauvées de la sous-alimentation, la mortalité maternelle et infantile a été réduite de moitié et, même si certaines tragédies demeurent épouvantables, les conflits armés sont de moins en moins meurtriers. Après la chute du mur de Berlin, le modèle démocratique s’est largement « démocratisé ». Et pourtant un spectre hante nos sociétés : celui du despotisme moderne, des « hommes forts autoritaires », en d’autres termes, le spectre de la faiblesse démocratique.
Entre les deux guerres mondiales, l’essayiste américain Walter Lippmann écrivait que « la crise de la démocratie occidentale est au sens strict une crise du journalisme ». Cela est vrai près d’un siècle plus tard : crise de la confiance envers les institutions et les médias, crise de la représentation du réel, comme le prouvent les sondages sur les théories du complot, fragilisation économique qui fait peser des risques sur la qualité des contenus journalistiques, décomposition de la sphère publique sous l’effet des « bulles filtrantes », et domination d’acteurs technologiques qui vantent la transparence sans l’appliquer ni pour eux ni pour leurs algorithmes.
Des régimes despotiques mettent en place de vastes appareils de propagande, tentent d’exporter leurs contre-modèles pour créer « un nouvel ordre mondial de l’information ». Dans le même temps, toute une économie de l’information sponsorisée, avec des intérêts souvent non dits mais très structurés, prospère sur les ruines du monde (imparfait) d’hier. Or, sans journalisme de qualité, les démocraties seront de basse intensité et les grands problèmes du monde ne trouveront pas de solution. Pour réduire les asymétries d’information entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».
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« Mépris », « vieux monde »,… des féministes réagissent à une tribune publiée dans « Le Monde »

Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h52
   





                        


C’est un plaidoyer pour la « liberté d’importuner » qui ne passe pas. Des militantes féministes répondent, mercredi 10 janvier, à une tribune parue la veille dans Le Monde dans laquelle une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, défendaient la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes. Pour les militantes féministes, les signataires de cette tribune veulent « refermer la chape de plomb » soulevée par le scandale Weinstein et « méprisent » les victimes de violences sexuelles.

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                « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »



« A chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s’éveillent, les résistances apparaissent », pose d’emblée le texte, publié sur le site de francetvinfo. 
« Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans […]. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. »
« Leur vieux monde est en train de disparaître »
Le collectif de femmes signataires de la tribune parue dans Le Monde soulignait le risque « d’aller trop loin », de ne « plus pouvoir rien dire » ou de ne « plus pouvoir draguer », s’inquiétant d’un retour du « puritanisme ».
En réponse, la trentaine de féministes signataires de la tribune publiée sur francetvinfo — parmi lesquelles la militante Caroline De Haas, les journalistes Lauren Bastide et Giulia Foïs, la présidente des Chiennes de garde, Marie-Noëlle Bas, la psychiatre Muriel Salmona et de nombreuses militantes associatives — estime que « les signataires [de la tribune publiée dans Le Monde] mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence ».
Pour elles, « accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences ». Elles arguent également que la différence entre la drague et le harcèlement « n’est pas une différence de degré […] mais une différence de nature ».
Elles soulignent également, en miroir à la tribune, qui soutenait l’importance d’éduquer les petites filles à se défendre, la responsabilité des hommes dans le fait de violer ou d’agresser.
« Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer », poursuivent-elles.
Affirmant que la plupart des personnalités citées dans le quotidien sont « récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol », elles regrettent qu’elles « utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles » et « méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences ».
« Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas », poursuivent les signataires, concluant que « les porcs et leurs allié·e·s ont raison de s’inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître ».
« Une gifle »
Les militantes féministes ne sont pas les seules à avoir été choquées par cette tribune. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, a déclaré sur France Culture :
« Dans cette tribune il y a des choses profondément choquantes. Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que frotter un sexe d’homme dans le métro contre elles, c’est une agression. Je pense que c’est dangereux de tenir ce discours. »
Tout aussi critique, l’ancienne ministre du droit des femmes et sénatrice de l’Oise, Laurence Rossignol, a jugé sur France inter que défendre un « droit d’importuner » était une « gifle contre les femmes qui dénoncent la prédation sexuelle » et ne « rend [ait] service qu’aux prédateurs ». Sur Twitter, elle avait également estimé que « l’angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes » conduisait « des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries ».
Ségolène Royale a aussi réagi sur RTL mardi, regrettant que Catherine Deneuve ait cosigné cette tribune « parce que les victimes des violences sexuelles sont déjà écrasées par la peur de parler, par la loi du silence ». « On n’a pas le droit de faire des choses comme cela », a-t-elle ajouté, affirmant que la signature d’une actrice reconnue comme Catherine Deneuve permettrait aux agresseurs de justifier leurs actes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.
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La Laponie, terre de conflit

Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h48
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. « J’ai entendu beaucoup de gens raconter que quelque part, par-là, il y a une montagne d’or, que les Lapons gardent secrète, car sa révélation ne leur apporterait que du malheur. Il faudrait alors abattre leurs forêts pour alimenter les fourneaux et ils seraient obligés de partir avec leurs rennes et ne pourraient peut-être pas revenir si facilement. » On doit ce récit à Johan Ferdinand Körningh, un missionnaire catholique qui traverse en 1659 et 1660 ces contrées presque inaccessibles que les Suédois ont commencé à coloniser pour exploiter les minerais dont regorge la Laponie. En 2018, l’exploitation des ressources de la région bat son plein, et les Sami sont confrontés au même choix qu’au XVIIe siècle.
Dernier épisode en date, venu alimenter leur ressentiment : le verdict de la Cour suprême de Norvège qui a condamné le 21 décembre 2017 un éleveur de rennes sami, Jovsset Ante Sara, à abattre une partie de son troupeau pour le faire passer de 116 à 75 rennes. Le jeune éleveur avait gagné en première instance et en appel contre l’Etat norvégien. Mais la Cour suprême a estimé que Sara devait savoir à quoi s’attendre en devenant membre du clan qu’il a rejoint, puisque celui-ci avait déjà dépassé son quota de rennes. Jovsset Ante Sara, soutenu par sa sœur artiste et par un collectif, a décidé de ne pas céder. Il va porter l’affaire devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et refuse d’abattre ses rennes.

Pour les Sami, ce verdict a un arrière-goût amer quand on sait qu’en 2017 la Norvège officielle a célébré, en grande pompe, le centenaire de la première rencontre politique du peuple sami le 6 février 1917. L’un des thèmes centraux était, déjà, la protection de l’élevage de rennes contre l’Etat. Des chercheurs sami ont publié en 2017 un recueil d’études montrant que le nombre trop élevé de rennes en Laponie était un mythe entretenu par les autorités pour presser les Sami....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ En se fondant sur l’enquête réalisée en 2016 par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui explore les pratiques, les croyances et les comportements des musulmans de France. Et insiste sur la nécessité d’engager une insurrection culturelle contre l’islamisme.
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Pour un nouvel islam de France

En se fondant sur l’enquête réalisée en 2016 par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui explore les pratiques, les croyances et les comportements des musulmans de France. Et insiste sur la nécessité d’engager une insurrection culturelle contre l’islamisme.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h20
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Le livre. Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) et ancien banquier d’affaires chez Rothschild, Hakim El Karoui aurait pu continuer à vivre sa religion comme une affaire privée. A rebours des membres « les plus intégrés de la communauté musulmane française » qui ont tendance « à se détourner de son organisation », il a décidé, après les attentats de 2015, d’engager un travail de réflexion sur une refonte de l’islam de France.
Dans L’Islam, une religion française, il présente un tableau des pratiques et des croyances des musulmans de France à partir des résultats de l’enquête qu’il a dirigée pour le compte de l’Institut Montaigne, avec l’appui de l’IFOP. Réalisée auprès de 15 459 individus âgés de 15 ans et plus résidant en France métropolitaine, dont 874 personnes se définissant comme « musulmanes » et 155 comme « non musulmanes ayant des parents musulmans », cette étude publiée en septembre 2016 visait à brosser le portrait le plus fidèle possible des musulmans vivant en France. La dernière enquête sur le sujet, « Trajectoires et origines », remontait à 2008.
Typologie des musulmans critiquée
Hakim El Karoui établit que les musulmans, qui comptent pour 5,6 % de la population métropolitaine des plus de 15 ans, se caractérisent par leur pratique religieuse très supérieure à celle des catholiques et par leur diversité. « Le communautarisme musulman n’existe pas au sens où les musulmans n’ont aucunement le sens d’intérêts communs et sont incapables de mettre en place une organisation commune efficace », insiste-t-il.
L’essayiste s’appuie sur une typologie des musulmans de France qui, à la sortie de l’enquête, avait fait l’objet de vives critiques. Selon cette typologie, 46 % des personnes musulmanes ou de culture musulmane sont « totalement sécularisées ou en voie d’intégration dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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« Depuis le Nouvel An, j’ai regardé RT France chaque jour, et je me suis ennuyée »

La version française de la chaîne d’info russe en continu est disponible depuis trois semaines. Pas de quoi se faire peur, souligne notre éditorialiste Sylvie Kauffmann dans sa chronique « L’air du Monde ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 08h36
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Nous y sommes. Le Kremlin émet en France depuis trois semaines et, curieusement, la révolution ne gronde pas. La déclinaison française de la chaîne de télévision publique russe Russia Today (RT) est disponible depuis le 18 décembre 2017, en direct sur le site Internet de RT France et sur les écrans des téléspectateurs équipés de Freebox, et le PAF résiste à l’offensive du soft power russe.
Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir été mis en garde contre cette menée subversive du régime russe. Dès le 29 mai, devant un Vladimir Poutine impavide à Versailles, Emmanuel Macron lui-même a décerné à RT et Sputnik, autre média russe à vocation internationale, le titre d’« agents d’influence et de propagande mensongère », qu’il avait barrés de sa campagne électorale. La France étant un pays ouvert et démocratique, cela n’a pas empêché RT d’installer son siège français à Boulogne-Billancourt, d’embaucher quelque 150 personnes, dont de nombreux journalistes français, et de conclure un accord avec l’opérateur Free (son fondateur, Xavier Niel, est actionnaire du Monde à titre personnel) pour émettre à destination des téléspectateurs français. RT est ainsi devenue la première chaîne d’information en continu financée par une puissance étrangère à émettre sur notre territoire en langue française. Al-Jazira avait un moment caressé ce projet, mais ne l’a pas concrétisé.
Cette arrivée a suscité une certaine curiosité et, bien sûr, beaucoup de méfiance. RT France, comme le veut la loi, s’est dotée d’un « comité d’éthique » qu’elle a eu un peu de mal à composer, hormis la nomination dès la première heure de l’ancien député (LR) Thierry Mariani, infatigable thuriféraire de M. Poutine. S’y sont joints in extremis un ancien président de Radio France, Jean-Luc Hees, une ancienne ambassadrice de France, Anne Gazeau-Secret, un ancien grand reporter, Jacques-Marie Bourget, et le directeur du mensuel Afrique-Asie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Troisième candidat déclaré à la présidence du Parti socialiste, le chef de file des députés PS expose au « Monde » les raisons pour lesquelles il entend s’y présenter.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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Olivier Faure : « J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes »

Troisième candidat déclaré à la présidence du Parti socialiste, le chef de file des députés PS expose au « Monde » les raisons pour lesquelles il entend s’y présenter.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 11h57
    |

            Enora Ollivier








                        



                                


                            

Après Luc Carvounas et Stéphane Le Foll, Olivier Faure s’engage à son tour dans la course pour devenir premier secrétaire du Parti socialiste. Le président du groupe socialiste, écologiste et républicain à l’Assemblée nationale — une fonction qu’il quittera s’il est élu à la tête de la formation — expose au Monde son projet pour le parti.
La décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas être candidate à la tête du PS ouvre la voie à d’autres ambitions. Qu’en est-il pour vous, serez-vous candidat ?
Olivier Faure : J’ai envie de conduire la renaissance des socialistes. Je suis candidat pour être le premier responsable du PS. Que des ministres qui ont beaucoup donné pendant cinq ans aient aujourd’hui besoin de faire d’autres choix de vie, je le comprends très bien et je le respecte.
Prendre la décision de s’engager à la tête du Parti socialiste dans l’état dans lequel il se trouve implique une motivation, une envie. Il n’y a pas de place pour l’hésitation : si vous hésitez, c’est que vous ne devez pas y aller. J’ai fait le choix d’y aller, je n’hésite pas. Je suis déterminé à réussir la refondation, à reconstruire un collectif et une crédibilité en rassemblant les énergies et les talents.
Le PS est moribond. Pensez-vous qu’il ait encore sa place dans le « nouveau monde » ?
Personne n’a remplacé le Parti socialiste. Qu’il s’agisse du libéralisme jupitérien de l’un, du populisme protestataire de l’autre ou du nationalisme identitaire de la troisième, aucune de ces visions ne se substitue aux objectifs et aux réponses socialistes.
Placés devant un choix difficile, les électeurs de gauche se sont détournés de nous. La politique, c’est une affaire d’offres, et certaines, plus nouvelles et plus optimistes, ont davantage séduit que la nôtre. Les Français n’ont pas perçu notre capacité à changer leur quotidien et à mener ensemble un projet pour le pays.
Nous devons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Fake news : « L’initiative doit venir des géants du Web »

Dans une tribune au « Monde », le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. Sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h02
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Alberto Alemanno (Professeur, titulaire de la chaire Jean-Monnet en droit européen à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron est le dernier leader politique en date à se lancer dans le combat contre les fausses nouvelles, plus communément appelées sous les termes anglais de « fake news ». Les régulateurs semblent en effet perdre patience, et promettent d’arrêter la prolifération de la désinformation en ligne.
Le président de la République a annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi qui inclurait, entre autres, des obligations de transparence visant à révéler l’identité des personnes ou entités qui sponsorisent la diffusion de contenus en ligne, et permettrait notamment au gouvernement de faire disparaître des « fake news » de la Toile, voire même de bloquer des sites Internet en période de campagne électorale. Ce n’est pas une bonne idée.
L’action en référé proposée donnerait la possibilité à un gouvernement en place d’agir en justice en période électorale en vue de limiter la liberté d’expression de ses opposants, qu’il s’agisse de celle des citoyens sur leurs blogs ou de journalistes accrédités dans leurs journaux. Pire, une approche coercitive manquera presque à coup sûr sa cible.
Dès leur première apparition, le mal est fait
Les groupes de travail « anti-fake news » tels que l’EU Mythbusters de l’Union européenne, et les dispositifs d’alerte aux fausses informations tels que First Draft, en partenariat avec différents médias, dont Le Monde, ont montré qu’il est possible de combattre les fausses nouvelles en faisant du fact-checking, ou de la « vérification des faits ». Toutefois, le problème avec les fausses informations n’est pas tellement leur présence continue sur la Toile, mais leur première apparence sur celle-ci. En d’autres mots, aussitôt que la fausse information est en ligne, le mal est fait.

Faire appel à un juge des référés – l’action la plus rapide possible dans notre système judiciaire – aboutira toujours à une décision trop tardive. L’expérience montre d’ailleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.
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Pêche électrique : « Cette pratique fait honte à l’Europe et nous décrédibilise sur la scène internationale »

Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h06
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. A l’heure où les Etats européens ont souscrit aux objectifs de l’Union européenne et de l’ONU visant à mettre en œuvre une pêche durable, la pêche électrique qui consiste à capturer des poissons à l’aide d’un courant électrique (principe du taser), interdite ailleurs dans le monde, émerge en Europe à contretemps de l’histoire.
Le Parlement européen, qui aura à statuer le 16 janvier sur cette pratique doit désormais interdire définitivement l’usage de la pêche électrique dont les scientifiques, les pêcheurs et de nombreux pays dénoncent les effets.

En 1998, alors que l’Union européenne interdisait les méthodes de pêche les plus nocives comme la pêche aux explosifs, elle interdisait également la pêche électrique. Toutefois, dès 2007, des dérogations ont été accordées sans aucun fondement scientifique pour l’utilisation de la pêche électrique en Mer du Nord, permettant aux Etats membres d’en équiper jusqu’à 5 % de leur flotte de chaluts à perche soi-disant à des fins d’expérimentation. Le motif initial d’expérimentation, largement dépassé, est fallacieux car la quasi-intégralité de la flotte de chalutiers à perche ciblant la sole a été convertie à l’électricité.
Lobbying des Pays-Bas
Le lobbying intense réalisé par les pêcheurs néerlandais et par le gouvernement des Pays-Bas met en avant un plaidoyer hypocrite en arguant que la technique est moins coûteuse en carburant et moins dommageable pour les fonds marins, grâce à une comparaison avec l’un des engins de pêche les plus destructeurs qui existent : le chalut à perche. Les chaluts électriques demeurent des engins gigantesques, lourds et traînés sur les fonds, qui détruisent les habitats marins en plus de mettre en péril l’ensemble de l’écosystème et les pêcheurs qui en dépendent. 
La situation actuelle en Mer du Nord alarme scientifiques et pêcheurs responsables. Tous témoignent de lourdes conséquences de l’usage du courant électrique sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.
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Christophe Bigot : « Le président envoie un signal de méfiance envers la presse »

Dans une tribune, l’avocat du « Monde » pense que la proposition d’Emmanuel Macron sur l’adoption d’outils inutiles pour lutter contre la désinformation, représente surtout une menace pour la liberté d’expression.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h05
    |

Christophe Bigot (Avocat au barreau de Paris)







                        



                                


                            
Tribune. Comment ne pas souscrire à la volonté de lutter contre les « fake news », ou autres « vérités alternatives », surtout lorsqu’elles tendent à perturber le jeu normal des institutions démocratiques et en particulier les élections ? Pourtant, l’annonce d’Emmanuel Macron visant à la prochaine instauration d’un texte destiné à mieux réguler ce type de contenus, notamment sur les réseaux sociaux, laisse dubitatif pour de multiples raisons.
Pour résumer, il s’agirait d’édicter une nouvelle loi sanctionnant les fausses informations ayant pour objet ou pour effet de fausser un scrutin, en donnant au juge ou au CSA de nouveaux outils. Ces derniers permettraient d’agir vite, grâce à des procédures dites de référé, et fort, en permettant la suppression d’un contenu, la désactivation d’un compte utilisateur, la suspension d’un service ou son interdiction d’accès en France. S’ajouterait à cet arsenal répressif une obligation renforcée de surveillance et de transparence des plates-formes hébergeant les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et autres.
l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique
Notre droit contenant déjà différents instruments qui s’apparentent à celui qui est annoncé, il est possible d’en anticiper l’utilisation. En effet, et cela a été dit partout depuis l’annonce de la présidence, l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 réprime déjà la diffusion de fausses nouvelles susceptibles de troubler la paix publique. Et en période électorale, un texte spécial, l’article L. 97 du code électoral, sanctionne, quant à lui, ces fausses nouvelles quand elles ont eu pour effet de fausser un scrutin.
Or, ces deux textes ne sont quasiment pas utilisés pour des raisons qui tiennent en partie à leur physionomie propre, mais aussi et surtout parce que pour sanctionner une « fausse nouvelle », il est absolument indispensable de prouver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».
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Bidonville de Champigny : « Nous nous opposons à l’instrumentalisation de notre histoire et de nos mémoires »

Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 10h21
    |

Victor Pereira (Historien) et Hugo dos Santos (Journaliste)







                        



                                


                            
Tribune. Il n’est pas rare de s’entendre dire que les immigrés portugais, en France, ne font pas d’histoires. D’une manière générale, cette immigration sert aujourd’hui d’exemple à ceux qui cherchent à mettre en avant une stratégie d’« intégration réussie », voire à mettre en avant une figure de « bon » immigré, un peu comme un professeur désignerait le chouchou de la classe.

Les incidents qui se sont déroulés à Champigny-sur-Marne à l’occasion du réveillon du Nouvel An ont été instrumentalisés en ce sens par le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, l’universitaire Laurent Bouvet et le journaliste Benoît Rayski. S’appuyant sur un article du Parisien, daté du 21 juin 2015, le premier déclare sur Twitter que « Champigny était le plus grand bidonville de France. Plus de 10 000 Portugais y vivaient dans la boue. Pas d’eau, pas d’électricité, etc. Et pas de violence, ni association pour crier au racisme. Qui peut dès lors nier la désintégration française ? »
Allusion prétendument historique
Cette allusion prétendument historique est reprise deux jours plus tard par Laurent Bouvet sur le plateau de « 28 minutes » d’Arte, lors d’un débat portant sur la laïcité. Voulant démontrer que, de nos jours, le « problème des banlieues » ne serait plus seulement « social », il invoque les bidonvilles portugais où il « n’y avait pas de relations de violence ». Enfin, sur le site Atlantico.fr, Benoît Rayski reprend ce même article du Parisien pour, également, opposer des populations immigrées et/ou issues de l’immigration. Selon lui, parmi les descendants de Portugais « aucun d’entre eux n’a appris à détester la France », mais « après eux, d’autres populations sont venues ».
Nous, immigrés et Français descendants d’immigrés portugais, nous ne pouvons tolérer ces affirmations pour deux raisons principales.
D’abord, s’il y a un bon élève, il y a forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Médecin, elle-même victime de harcèlement sexuel, Murielle Mollo estime, dans une tribune au « Monde », que la société n’a rien à gagner à mélanger propos insultants à l’égard des femmes et véritable agression sexuelle.
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« A force de laisser croire qu’il est aussi grave de dire que de faire, on finit par inciter au rejet de l’autre »

Médecin, elle-même victime de harcèlement sexuel, Murielle Mollo estime, dans une tribune au « Monde », que la société n’a rien à gagner à mélanger propos insultants à l’égard des femmes et véritable agression sexuelle.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 16h29
    |

Murielle Mollo (Médecin, chercheuse, écrivaine,)







                        



                                


                            

Tribune. Suite à l’affaire Weinstein, la parole se libère dans les médias et les réseaux sociaux. Mais à force de vouloir tout dénoncer, on en vient à brouiller le message. D’après le Larousse, harceler quelqu’un, c’est le soumettre à des attaques incessantes et continuelles. Or, être la cible d’une drague lourde ou de blagues graveleuses n’entre pas dans cette définition, surtout si ces attaques ne sont pas le fait d’un supérieur hiérarchique et/ou répétées dans le temps.
Car le harcèlement implique une triple condition : une notion de répétition assortie le plus souvent d’un abus de pouvoir, qui engendre une relation dissymétrique entre deux protagonistes non situés sur un même pied d’égalité du fait du rapport hiérarchique.
Il serait souhaitable de ne pas entretenir cette confusion qui représente une insulte faite aux femmes réellement victimes de harcèlement ! C’est du moins mon ressenti lorsque je lis ou entends des témoignages de personnes qui ne font pas la différence entre simples grivoiseries et véritable agression, même s’il n’est pas question d’excuser ni de banaliser les premières qui témoignent d’un manque de respect envers les femmes.
Un roman exutoire
Toutefois, il apparaît essentiel de les distinguer du harcèlement sexuel qui n’use pas des mêmes ressorts, n’implique pas les mêmes causes et n’entraîne pas les mêmes conséquences, autant sur un plan physique que psychologique.
Moi-même victime de harcèlement sexuel au travail, j’ai tenté d’en décrypter quelques rouages à travers l’écriture d’un roman exutoire. En ma qualité de médecin chercheur, j’ai voulu apporter un nouvel éclairage sur ce sujet pour décortiquer les multiples facettes de cette situation imposée et présenter un regard cru sur son mécanisme terrifiant qui entraîne la victime dans une spirale destructrice.

Comme le souligne la psychiatre Marie-France Hirigoyen, le harcèlement sexuel n’est qu’une étape supplémentaire dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.
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La mort du philosophe et sociologue Michel Verret

L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h15
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Jean-Claude Passeron (ancien directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            

Michel Verret, né le 6 novembre 1927 à Cambrai (Nord), est mort le 28 novembre 2017 à Nantes. Signe tranquille de sa constance philosophique, à rebours de toute convenance ou religion, ses cendres ont été dispersées, comme il le souhaitait, dans le Jardin du souvenir au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
A Nantes, où il s’était installé en 1953 sitôt passée l’agrégation de philosophie, avec son épouse, Eliane Berenbaum, elle aussi militante et psychologue, et où naquirent leurs quatre enfants, il a enseigné près de quarante ans, d’abord professeur de philosophie au lycée Clemenceau, puis à l’université de cette ville, où il a assuré, à partir de 1969, la direction du département de sociologie, qu’il renforça et associa à des enquêtes statistiques et ethnographiques, en créant le Lersco – Laboratoire d’études et de recherches sociologiques sur la classe ouvrière –, reconnu comme laboratoire associé au CNRS en 1974.
L’expérience de la génération intellectuelle née autour des années 1930 a été marquée par l’insatisfaction d’avoir manqué de peu les combats de la Résistance. D’où, à la Libération, un regain d’énergie, comme pour effacer la grisaille de la vie au temps de l’enfance sous l’Occupation, en s’investissant activement dans le renouvellement théorique des sciences de l’homme ou dans l’espérance revigorée d’une révolution à venir.
Militant communiste
Issus de de la victoire des Alliés sur le nazisme et les fascismes mondiaux, les choix politiques de Michel Verret en ont été marqués durablement — pendant la guerre froide, comme plus tard, lors des déchirures du bloc socialiste ou des rebonds de puissance du capitalisme mondialisé. Son itinéraire philosophique a été d’une rectitude intellectuelle et militante sans concession : entré aux Jeunesses communistes (JC) à la Libération, puis au PCF dès 1945, avant même sa réussite au concours de l’Ecole normale supérieure (ENS) en 1948, il abandonna « silencieusement »...




                        

                        

