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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ En 2014, il avait démissionné de son poste de conseiller à l’Elysée après avoir été cité devant le tribunal correctionnel dans une affaire concernant une société de transport.
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Poursuivi pour abus de biens sociaux, Faouzi Lamdaoui, ancien conseiller de François Hollande, est relaxé en appel

En 2014, il avait démissionné de son poste de conseiller à l’Elysée après avoir été cité devant le tribunal correctionnel dans une affaire concernant une société de transport.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 17h54
   





                        



   


La cour d’appel de Paris a relaxé, mercredi 10 janvier, Faouzi Lamdaoui, ancien conseiller du président François Hollande, jugé pour « abus de biens sociaux » dans une affaire qui l’avait contraint à quitter son poste à l’Elysée en 2014.
Au cœur de ce dossier figure Alpha Distribution, une société de transport. Selon l’accusation, Faouzi Lamdaoui, qui en était officiellement salarié, était en réalité le gérant de fait de l’entreprise, dont le principal client, un laboratoire photographique, représentait 94 % des revenus.

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M. Lamdaoui était soupçonné d’avoir bénéficié « en violation des intérêts de la société » de 307 912 euros en 2007 et 2008, en l’absence de comptabilité, de fiches de salaire et de contrat de travail, et de n’avoir déclaré que 155 344 euros sur ces revenus. Il lui était également reproché d’avoir bénéficié d’une somme de 152 561 euros provenant de la société sur un compte ouvert par son frère Rafik.
L’affaire avait débuté en 2009 par une plainte pour « faux et usage de faux » déposée par une femme, Naïma Addoun, qui accusait M. Lamdaoui d’avoir abusivement utilisé son nom en la déclarant gérante de la société de transport. Elle affirmait n’avoir jamais signé six documents, dont les statuts de l’entreprise, déposés au tribunal de commerce.

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Au procès, en octobre 2015, le parquet avait requis une peine de dix-huit mois de prison avec sursis assortie de l’obligation de verser 150 000 euros. Le mois suivant, le tribunal avait déclaré nulle la procédure, sans toutefois se prononcer sur le fond du dossier. Mais le parquet avait fait appel de ce jugement. Mercredi, la cour d’appel a relaxé les prévenus, parmi lesquels le frère de Faouzi Lamdaoui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi, du corps d’un septuagénaire disparu le 4 janvier. Une policière de la brigade fluviale de Paris est toujours portée disparue.
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Le bilan de la tempête Eleanor porté à 7 morts

La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi, du corps d’un septuagénaire disparu le 4 janvier. Une policière de la brigade fluviale de Paris est toujours portée disparue.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h03
   





                        



   


Le bilan de la tempête Eleanor qui a balayé la France les 2 et 3 janvier est porté à 7 morts. La préfecture de Haute-Marne a annoncé la découverte, mercredi 10 janvier, à Rouvres-sur-Aube, du corps sans vie d’un septuagénaire, porté disparu.
Le corps de cet Allemand, qui possédait une résidence secondaire dans ce village, a été retrouvé à 300 m de son domicile, dans la rivière Aube.
La tempête Eleanor qui a fait 7 morts et une disparue, une policière de la brigade fluviale disparue dans la Seine lors d’un exercice à Paris.
« Selon les premières estimations, les tempêtes Carmen et Eleanor auraient occasionné plus de 150 000 sinistres pour un coût estimé à ce stade d’environ 200 millions d’euros », a écrit la Fédération française de l’assurance (FFA), dans un communiqué, vendredi 5 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le dernier rapport de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière révèle de très grandes disparités entre femmes et hommes quant aux infractions et délits au volant.
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En finir avec les clichés sur les femmes au volant

Le dernier rapport de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière révèle de très grandes disparités entre femmes et hommes quant aux infractions et délits au volant.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h30
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        



   


Femme au volant, mort au tournant ? Le dernier bilan de l’accidentalité, publié le 3 janvier par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR), met en lumière un criant déséquilibre de genre – allant à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle les femmes seraient une population plus accidentogène que les hommes. Eléments d’éclaircissement.
67 % des points de permis retirés concernent les hommes
Sur 13 179 802 points de permis retirés en 2016, 8 850 556 l’ont été à des hommes, soit 67 % des points retirés. Par voie de conséquence, de très fortes disparités s’observent au niveau du capital de points de permis : en 2016, 90,5 % des permis probatoires rendus nuls en raison d’infractions étaient possédés par des hommes, contre seulement 9,5 % par des femmes. Moins criante, mais toujours disproportionnée, la répartition du nombre des infractions ayant entraîné un retrait de points : 64,7 % pour les hommes, contre 35,3 % pour les femmes.
Ces disparités ne peuvent s’expliquer par une moindre représentativité des femmes au volant : selon une étude TNS Sofres parue en 2012, le kilométrage annuel des utilisatrices principales d’une voiture (11 200 km) est pratiquement le même que celui des hommes (12 500 km). De même, la proportion d’hommes et de femmes accédant au permis est à peu de chose près équivalente : selon le rapport 2016 du ministère de l’intérieur portant sur l’examen du permis de conduire, la petite carte rose a été délivrée à 49,1 % de femmes pour 50,9 % d’hommes.
Jusqu’à 95 % des délits commis le sont par des hommes
« Les hommes représentent entre 63 % des infractions de troisième et quatrième classes, punies d’amendes allant de 45 à 375 euros, et jusqu’à 95 % des délits », rappelle le rapport de l’ONISR. Il n’est pas une infraction répertoriée par ce rapport pour laquelle la proportion de femmes dépasse celle des hommes. Si, comme nous l’expliquions le 5 janvier, elles représentent 40 % des infractions sur les règles de priorité, et 38 % des infractions de vitesse, elles ne représentent toujours moins de 7 % des entraves et délits de fuite, usages de stupéfiants et conduite sans permis.
Les femmes minoritaires quant aux « infractions papiers »
Le rapport dressant le bilan des infractions routières en 2016 révèle que 91,6 % des personnes condamnées pour conduite sans permis sont des hommes – et seulement 8,4 % sont des femmes. Cette proportion est encore moindre en ce qui concerne la conduite malgré une suspension de permis : 93,1 % des condamnés sont des hommes, contre 6,9 % de condamnées. De même, sur un ensemble de 30 543 jugements rendus pour défaut d’assurance, 3 597 femmes étaient condamnées… pour 26 946 hommes.
Etat d’ivresse, blessures involontaires et volontaires
Sur 114 810 condamnations pour conduite en état alcoolique en 2015, les hommes représentaient 89,1 % des effectifs des infractions, et les femmes, 10,9 %. Les chiffres des condamnations pour blessures involontaires sans circonstances aggravantes sont tout aussi éloquents : 71,8 % des condamnés sont des hommes, contre 28,2 % de femmes.
De même, les condamnations pour blessures involontaires sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants frappent significativement plus les hommes, qui représentent 88,8 % du panel des condamnés, contre seulement 11,2 % de femmes. Toutefois, la proportion de femmes s’est accrue ces dernières années en matière de conduite en état alcoolique, étant passée de 6 % en 2000 à 11 % en 2015.
88,5 % des homicides involontaires avec circonstances aggravantes sont commis par des hommes
Les homicides au volant ne sont pas épargnés par la disparité entre genres exposée dans les cas précédemment mentionnés. Ainsi, sur 410 condamnés pour homicide involontaire sans circonstances aggravantes, l’on dénombre 74,6 % d’hommes pour 25,4 % de femmes. La proportion chute encore quant aux condamnations pour homicides involontaires commis sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants : 88,5 % de ces dernières ont concerné des hommes et 11,5 %, des femmes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ En janvier 2016, une avalanche à Valfréjus avait emporté 18 militaires et tué six d’entre eux.
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Une information judiciaire ouverte sur la mort de six légionnaires dans une avalanche en 2016

En janvier 2016, une avalanche à Valfréjus avait emporté 18 militaires et tué six d’entre eux.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h02
   





                        



   


Une information judiciaire pour homicides involontaires a été ouverte à Lyon sur la mort de six légionnaires dans une avalanche survenue lors d’un entraînement à Valfréjus (Savoie) en 2016, a appris l’Agence France-Presse, mercredi 10 janvier, auprès d’une source proche de l’enquête.
Le 18 janvier 2016, 51 militaires du 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse) participaient à une sortie en ski de randonnée dans le cadre d’un stage d’aguerrissement en montagne. Les militaires étaient presque parvenus au sommet quand une plaque à vent – une plaque de neige formée par le vent qui peut se détacher facilement de la couche inférieure de la neige – a cédé.
Cette avalanche avait emporté 18 d’entre eux et fait six morts. Ces derniers – un Albanais, un Français, un Italien, un Moldave, un Népalais et un Hongrois – étaient alors âgés de 21 à 33 ans.
Interrogation sur le choix de l’itinéraire
Dans la foulée, le procureur d’Albertville avait ouvert une enquête. Le drame était intervenu alors que le risque d’avalanche était « marqué » et que les précipitations et le vent avaient accumulé de fortes quantités de neige dans la combe traversée par les soldats.
De nombreux professionnels de la montagne s’étaient alors interrogés sur le choix de cet itinéraire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Pour Yann Gouëffic, chirurgien à Nantes, les objectifs fixés par la ministre de la santé sont « importants », mais « l’argument économique ne doit pas prendre le dessus sur l’intérêt clinique ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La chirurgie ambulatoire n’est pas une « solution miracle » pour les finances des hôpitaux

Pour Yann Gouëffic, chirurgien à Nantes, les objectifs fixés par la ministre de la santé sont « importants », mais « l’argument économique ne doit pas prendre le dessus sur l’intérêt clinique ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h06
    |

            Charlotte Chabas








                        


Depuis les années 1990, l’hôpital français tente de développer sa pratique de la chirurgie ambulatoire — soit une sortie du patient le jour même de son intervention chirurgicale — pour réduire ses coûts. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a fixé pour objectif que sept patients sur dix soient ainsi opérés d’ici cinq ans. Mais pour Yann Gouëffic, chef du service de chirurgie vasculaire au CHU de Nantes, « tout n’est pas rose dans l’analyse financière de l’ambulatoire ».
Que pensez-vous des objectifs fixés par le gouvernement de 70 % de chirurgie ambulatoire à l’hôpital d’ici 2022 ?
Il est important que le ministère de la santé montre la direction. Poser des objectifs ambitieux, c’est bien. Rien ne va bouger si l’Etat ne le fait pas. Si on demande à dix personnes de revoir complètement leur manière de travailler, le risque c’est de se retrouver avec neuf d’entre elles qui disent non.
En revanche, pour que cela marche, il faut s’en donner les moyens. Au plan financier, il faut évidemment que les politiques tarifaires soient incitatives. Pour l’heure, les recettes générées par l’ambulatoire sont toujours inférieures à celles réalisées auparavant en hospitalisation complète, c’est paradoxal.
Mais il faut aussi qu’on soit inventifs sur les manières de motiver les équipes soignantes à se tourner de plus en plus vers l’ambulatoire. En Suisse, par exemple, quand les chirurgiens prennent un patient en conventionnel, ils ont accès à un matériel limité, assez traditionnel. En ambulatoire, en revanche, ils ont accès à tout le matériel qu’ils veulent, peuvent innover, changer de technique, etc. Cela encourage la mobilité d’exercice pour les chirurgiens, c’est une bonne « carotte ». Je suis sûr qu’il existe plein de bonnes idées pour valoriser l’équipe soignante.
La chirurgie ambulatoire est-elle si intéressante financièrement pour les hôpitaux ?
Il y a peu d’études qui font référence sur le sujet. La plupart des rapports concluent à une rentabilité de la pratique ambulatoire par rapport à la pratique conventionnelle. Sur le papier, cela paraît évident : vous vous occupez de deux patients en une journée au lieu d’un seul et vous n’avez plus besoin de personnel la nuit, donc on a le sentiment que vous cassez les coûts.
Mais tout n’est pas rose dans l’analyse financière de l’ambulatoire. Il y a tout ce qui n’apparaît pas au premier regard : le coût pour la société de l’ambulance par exemple, de l’aide à domicile. Ou le fait que l’ambulatoire crée, dans beaucoup de services, un besoin paradoxal de plus de personnel pour s’occuper des patients plus lourds qui sont plus nombreux dans les lits du service.
A Nantes, ça a frotté dur, la direction a consenti à augmenter le nombre d’aides-soignants pour compenser la lourdeur de la charge de travail laissée par le glissement de l’activité vers l’ambulatoire.
Il n’y a jamais de solution miracle. Il y a une évaluation nécessaire à long terme à réaliser à l’échelle nationale.
Le risque n’est-il pas de mettre en danger les patients en systématisant l’ambulatoire même quand ce n’est pas adapté ?
Si, en dix ans de pratique ambulatoire, j’avais estimé que cela portait préjudice à mes patients, cela fait bien longtemps que j’aurais arrêté. Dans ma pratique courante, l’ambulatoire est proposé, mais pas forcé. Cela correspond aussi à une envie des patients de vouloir rentrer chez eux au plus vite et rester le moins possible à l’hôpital.
A Nantes, les études que nous avons menées ont montré qu’il n’y avait pas plus d’accidents ou de complications en ambulatoire.
Je pense qu’un service ambulatoire bien organisé est bénéfique pour le patient, qui est pris en charge plus efficacement. Il rentre à la bonne heure, il sort à la bonne heure. Cela donne des prises en charge souvent de meilleure qualité par rapport à ce qui était proposé auparavant.
Mais il faut bien sûr être vigilant, cela reste très difficile de généraliser quand on parle d’humains. On sait que tous les patients ne répondent pas aux critères de prise en charge en ambulatoire. Il va y avoir des dérives si on met trop de pression, et si l’argument économique prend le dessus sur l’intérêt clinique.
Le patient n’étant plus sous surveillance, les conséquences ne risquent-elles pas d’être plus lourdes s’il y a une erreur au moment de la prise en charge ?
L’éventualité de poursuites en cas de complications est toujours un des principaux freins au développement de l’ambulatoire dans le milieu médical. C’est pour cela que l’Association française de chirurgie ambulatoire entend publier, en 2018, des lignes directrices pour encadrer les pratiques médicales et rassurer les praticiens.
Nous espérons que ces supports pourront permettre de lever les réticences, et montrer que le risque n’est pas plus important en ambulatoire qu’en conventionnel. Les pratiques médicales évoluent très rapidement. Il y a un équilibre à trouver entre ce sur quoi on a le recul nécessaire pour dire que c’est bénéfique pour le patient et ce qui mérite des études approfondies.
Mais je ne suis pas inquiet, les équipes médicales sont très qualifiées pour cela. Des travaux récents montrent que l’ambulatoire pourrait se développer de manière efficace et sûre pour le traitement de pathologies où cela n’aurait pas semblé possible il y a seulement quelques années.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement veut que, d’ici à cinq ans, 70 % des patients sortent de l’hôpital le jour même de leur opération. Cette mue bouleverse les organisations.
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A l’hôpital Saint-Louis, le recours à l’ambulatoire « oblige à être plus efficient »

Le gouvernement veut que, d’ici à cinq ans, 70 % des patients sortent de l’hôpital le jour même de leur opération. Cette mue bouleverse les organisations.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h07
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Elle marche péniblement, entourée d’un côté par son mari, de l’autre par ses deux enfants. Emmitouflée dans un large manteau de lainage brun, elle se présente à la porte d’accueil de l’unité de chirurgie ambulatoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. « Il est 11 heures, c’est trop tôt, vous aviez rendez-vous à 13 heures », explique patiemment la secrétaire.
Un de ces petits contretemps — « accueillir, accompagner, rassurer », répète la secrétaire comme un mantra lénitif — qui fait partie de « tout ce qui est inquantifiable dans le travail hospitalier ». Et risque pourtant de gripper l’organisation millimétrée de la journée de ce service particulier, dans ce lieu où « encore plus qu’ailleurs, il faut tout anticiper », résume Michelle, brancardière dans l’unité depuis son ouverture, voila près de trois ans.
Dans cette mécanique de précision se joue, pour une part, l’avenir du système de santé français. La prise en charge dite « en ambulatoire » — c’est-à-dire avec une sortie du patient le jour même de son intervention chirurgicale — est un remède préconisé depuis les années 1990. Notamment dans une perspective de réduction des coûts : exit les dépenses liées aux frais d’hébergement et au personnel de nuit.
Objectif de 70 % en chirurgie en 2022
Ce « virage ambulatoire », la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a rappelé qu’il constituait une priorité pour le gouvernement, rehaussant au passage à 70 % les objectifs de prise en charge en chirurgie d’ici à cinq ans. Aujourd’hui, un peu plus de cinq patients sur dix sont ainsi traités, avec des secteurs plus en pointe comme la chirurgie gynécologique, vasculaire, urologique, digestive ou encore dentaire.

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Ces chiffres seront au cœur des réflexions des 7es journées nationales de chirurgie ambulatoire, qui se tiennent les 10 et 11 janvier. Car cette mue hospitalière à marche forcée bouleverse les organisations et nécessite la mise en place de nouvelles méthodes de travail pour le personnel. « Si on est obtus, on fait pas d’ambu », résume Julie Garnon, cadre de santé de l’unité de l’hôpital Saint-Louis.
Derrière ce type de prise en charge se joue un débat plus large : si l’on cherche à réduire le coût d’une hospitalisation, cela signifie-t-il forcément en réduire la qualité ? Pour Julie Garnon, « le contre-exemple le plus évident vient de la maternité ». A 2 240 euros la nuit, le séjour y est vite coûteux. « Parce que les mères exprimaient le désir de rentrer plus tôt chez elles, logique sociale et logique économique se sont conjuguées », analyse la cadre, qui rappelle combien les séjours en maternité ont été réduits en quarante ans — sans hausse des complications ou de mortalité pour autant.
« Cela ne doit pas être tabou de dire qu’on peut alléger le nombre d’actes sans remettre en cause notre travail », résume celle qui rappelle qu’un « bilan de santé coûte en moyenne 40 euros ». « On dit juste qu’ils ne sont pas toujours tous nécessaires dans tous les cas », reprend-elle.

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« On ne laisse rien derrière nous »
Dans ce service parisien, il aura fallu un peu de temps avant que les équipes ne se fassent à cette nouvelle organisation. Le bloc opératoire commun a été abandonné au profit, depuis un an et demi, d’une salle réservée deux jours par semaine à la pratique de la chirurgie ambulatoire, où six spécialités sont pratiquées. Un tiers des opérations réalisées par Saint-Louis le sont désormais en ambulatoire.
Loin d’être rutilante et suréquipée, la petite aile du service paraît modeste pour accueillir tous les espoirs de l’hôpital du futur. Mais ceux qui travaillent là disent leur satisfaction d’évoluer dans un « service dynamique », « moins routinier ». « L’esprit d’équipe est plus fort car l’interdépendance est bien plus importante », souligne Julie Garnon.
Pour qu’un patient sorte dans les temps, il faut que le médecin soit passé, ait signé les documents nécessaires, délivré son compte rendu dans un délai satisfaisant. « Le patient n’est plus fait pour patienter », plaisante une aide-soignante, qui avoue apprécier qu’il n’y ait « plus autant de passe-droit dans l’équipe, chacun [devant] faire son boulot ». 
Surtout, « on rentre chez soi le soir avec la satisfaction d’avoir achevé notre travail, explique un infirmier du service. En partant, on ne laisse rien derrière nous de mal fait, ou de pas fait du tout. Rien à refiler salement à celui qui prend le relais, c’est un luxe dans un monde hospitalier où tout le monde écope en permanence le navire. » Le rythme de travail, qui épouse la journée des patients, empiète aussi moins sur la vie personnelle. « Cela rend le service attractif », reconnaît Mme Garnon.

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Des freins pratiques ou médicaux
La journée connaît, bien sûr, des pics d’activité, mais les emplois du temps de chacun sont anticipés au maximum pour éviter l’embouteillage. Chaque vérification médicale est ritualisée pour s’assurer des bonnes conditions d’hospitalisation et de suivi — l’appel du lendemain d’opération est obligatoire. « Cela tire vers le haut la prise en charge », affirme le docteur François Desgrandchamps, du service d’urologie. Lui dit se sentir « meilleur chirurgien » depuis l’ouverture du service, car « l’ambulatoire oblige à être plus efficient à tous les niveaux ». 
Certaines difficultés demeurent, néanmoins. Parfois de l’ordre du pratique : le bloc n’est pas situé au même étage que le service, ce qui complique la tâche de l’équipe soignante. « Il faudrait concevoir les bâtiments en fonction de ce besoin », explique Michelle, l’une des brancardières.
D’autres freins sont médicaux. Certaines techniques ne sont pas toujours souhaitables : « En urologie, l’utilisation du laser par exemple est parfois à éviter, car le taux de réopération peut être plus important qu’avec d’autres méthodes », explique le Dr Desgrandchamps. « Le séjour va coûter moins cher, mais risque de se répéter », dit celui qui affirme que le monde médical « doit réfléchir à ces problématiques et établir des consignes claires destinées à l’ensemble de la profession ». 

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« Ce petit plus qui prend du temps »
L’argument économique (la réduction des coûts), utilisé pour promouvoir la chirurgie ambulatoire, peut toutefois apparaître un peu simpliste. Dans certains services, le personnel a constaté que la charge de travail avait été augmentée du fait du développement de l’ambulatoire.

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La nuit, les lits étaient auparavant occupés à la fois par des patients aux pathologies lourdes — ceux qui ont besoin d’une prise en charge plus importante — et des patients plus légèrement touchés. Avec le développement de l’ambulatoire, ces derniers rentrent désormais chez eux le soir même, et les lits ne sont plus occupés que par des patients « lourds » et plus nombreux qu’avant.
« Le ratio d’un poste infirmier pour douze lits est forcément bouleversé quand on modifie le système », argue le chef du service d’urologie, pour qui l’ambulatoire ne rimera pas nécessairement avec réduction d’effectifs, contrairement aux idées reçues. Notamment parce qu’il faut aussi prendre en compte un souci commun : continuer de garantir une bonne prise en charge de tous les patients.
« Aujourd’hui, toutes les études montrent que la grande majorité des patients sont satisfaits », souligne le Dr Desgrandchamps. Mais il y a toujours « les autres ». Ce contingent évalué dans les études autour de 20 % des patients qui, interrogés, ont exprimé « un besoin le soir même de leur sortie d’hôpital ». De l’aide à la maison, un repas déjà préparé, ou juste un petit mot rassurant… « ce petit plus qui prend du temps », résume le chirurgien. « Même s’il n’y a pas d’acte à faire payer pour autant », résume-t-il.
Le spécialiste estime que « le rôle des autorités est désormais d’organiser cet après-hôpital pour lever le dernier frein de l’ambulatoire ». Faute de quoi, dit-il, on risque d’entretenir « la crainte d’un désengagement progressif du service public ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les associations sont conviées à Matignon jeudi. Les grandes lignes du projet viennent de leur être adressées.
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La trame du projet de loi sur l’asile et l’immigration a été communiquée aux associations

Les associations sont conviées à Matignon jeudi. Les grandes lignes du projet viennent de leur être adressées.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h46
    |

            Maryline Baumard








                        


C’était chose promise. Les associations conviées à Matignon, jeudi 11 janvier, dans l’après-midi, viennent de recevoir une trame du projet de loi sur l’immigration et l’asile. C’est le secrétariat du premier ministre qui leur a adressé ce résumé alors que les acteurs de ce secteur se sentaient capables de décrypter un avant-texte législatif.
Lors de la première rencontre entre Edouard Philippe et le monde de l’aide aux migrants, le premier ministre s’était engagé à ce qu’ils disposent du texte élaboré par le ministère de l’intérieur avant de se revoir.
Même si les associations n’en attendent pas beaucoup, la réunion de jeudi est censée ouvrir et boucler une « concertation ». Emmanuel Macron est, en effet, attendu, mardi 16 janvier, à Calais pour en annoncer les conclusions.

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Les deux éléments les plus commentés des premières versions du texte de loi étaient le doublement de la durée de la rétention administrative et la mise en place d’une liste de pays tiers sûrs pour justifier les renvois sans examen du dossier.
Le premier point figure toujours dans le texte envoyé aujourd’hui, mais le second – qui aurait permis le renvoi de demandeurs d’asile hors d’Europe sans même avoir étudié leur dossier – a été enlevé sur décision du chef de l’Etat.

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Reste que cette trame ne donne que les grandes lignes. Il est précisé dans la lettre accompagnant le vade-mecum que « les questions relatives à la circulaire du 12 décembre sur l’examen des situations administratives seront examinées dans le cadre d’un groupe de suivi spécifique dont le premier ministre a proposé la mise en place ».
Cette circulaire permet d’envoyer des équipes mobiles contrôler la situation administrative des personnes hébergées dans l’accueil d’urgence, afin de sortir du parc les personnes sans papiers.
C’est à cause de ce texte, pris à l’initiative de Gérard Collomb, que les associations, après avoir claqué la porte du ministère de l’intérieur, le 8 décembre, sont désormais reçues à Matignon.

   Présentation des dispositions du projet de loi asile-immigration 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.
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édition abonné


Immigration : « Il est impératif d’ouvrir un débat politique de fond »

L’universitaire Anne-Laure Amilhat-Szary juge, dans une tribune au « Monde », que la politique du gouvernement à l’égard des étrangers sans-papiers est à la fois coûteuse et inefficace.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 13h47
    |

Anne-Laure Amilhat-Szary (Professeure à l'université Grenoble Alpes, spécialiste de géographie politique)







                        



                                


                            
Tribune. Convoquer les députés La République en marche (LRM) « presque frondeurs » à Matignon, mercredi 10 janvier, pour leur répéter le bien-fondé de la mobilisation policière sur le front migratoire a-t-il un réel intérêt pour le gouvernement d’Edouard Philippe si personne ne fait l’effort de reposer ce débat désormais éculé ? Déminer les débats sur l’immigration imposerait de se demander ce que l’on va faire des 40 000 étrangers appréhendés en situation irrégulière en 2017 et du coût de cette politique.
Est-ce vraiment le rôle d’une police républicaine d’interpeller des personnes vulnérables dans les lieux établis pour leur porter urgence comme ce fut le cas à Calais, le 2 janvier, lors de contrôle d’identités au lieu défini pour l’accueil dans le cadre du Plan Grand Froid ? Pourquoi demander aux institutions d’hébergement d’urgence d’ouvrir des bureaux pour les policiers ? Les Français savent-ils ce qu’il advient des personnes ainsi arrêtées ? Du coût effectif de leur prise en charge policière ?

La dernière fois que la Cour des comptes a travaillé sur le sujet, en 2009, elle a évalué à 5 500 euros le coût moyen de rétention d’un migrant dans l’un des centres spécialisés à cet effet, ce qui représentait quelques années plus tard, à l’échelle européenne, un budget annuel de près d’un milliard d’euros. Ces chiffres concernent la prise en charge quotidienne et n’incluent pas le travail des policiers mobilisés sur ces dossiers. Il faut y ajouter des sommes non négligeables s’il y a reconduite effective à la frontière. Mais celle-ci n’intervient que dans 40 % des cas environ. Rien ne sert de s’exciter et de promettre une meilleure exécution des mesures d’expulsion…
Discours lénifiants
La reconduite aux frontières n’est en effet pas garantie par l’arrestation, car la situation migratoire irrégulière est bien plus complexe qu’il n’y paraît du point de vue du droit – lequel continue, pour quelque temps encore, on peut l’espérer,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le nouveau dignitaire a été choisi dans la nuit. Le président Macky Sall est arrivé à Touba pour présenter aux croyants les condoléances de la nation.
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Compte rendu

Au Sénégal, décès du septième calife général de la confrérie mouride

Le nouveau dignitaire a été choisi dans la nuit. Le président Macky Sall est arrivé à Touba pour présenter aux croyants les condoléances de la nation.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
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        Le 10.01.2018 à 12h36

     •
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        Mis à jour le 10.01.2018 à 14h58






    
Vue depuis le Lamp Fall, plus haut minaret de la grande mosquée de Touba au Sénégal, lors du pèlerinage du Magal en novembre 2017, célébration religieuse majeure de la confrérie soufie des mourides.
Crédits : Matteo Maillard


C’est dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 janvier que l’un des plus grands chefs religieux du Sénégal s’est éteint. Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, calife général de la confrérie musulmane des mourides, est décédé à 92 ans des suites d’une longue maladie.
Après deux jours de deuil national suite à l’assassinat de treize jeunes bûcherons, le pays entre dans une nouvelle période de recueillement avec le décès du septième calife de cette confrérie religieuse issue du soufisme, l’une des plus importantes du pays et de la sous-région, avec plusieurs millions de fidèles. Le président Macky Sall est arrivé mercredi matin à Touba, capitale de la confrérie, afin de présenter les condoléances de la nation. Le traditionnel conseil des ministres du mercredi a été annulé.

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Le successeur de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké a été désigné dans la nuit au terme d’une série d’allégeances et conformément au droit d’aînesse en vigueur chez les Mourides. Il s’agit de Serigne Mounthaka Bassirou Mbacké, 84 ans, le plus âgé des petits-fils de Cheikh Ahmadou Bamba.

    
Portrait de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme, sur un mur de Dakar, au Sénégal, en juin 2015.
Crédits : SEYLLOU/AFP


Serigne Sidy Mokhtar Mbacké était connu pour être un homme de foi unificateur qui entretenait des relations pacifiques avec les autres confréries musulmanes du Sénégal, comme les tidjanes. Il avait succédé le 1er juillet 2010 à Cheikh Mouhamadoul Amin Bara Falilou Mbacké. Son état de santé déclinant ces derniers mois l’avait empêché de suivre, en novembre, la grande cérémonie du Magal de Touba, célébration du départ en exil au Gabon, en 1895, de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie au début du XXe siècle. L’administration coloniale française de l’époque, voyant d’un mauvais œil le gain en popularité de celui que ses fidèles appellent Serigne Touba, l’avait enfermé dans la prison de Saint-Louis avant de le pousser hors du territoire de l’Afrique occidentale française.

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Depuis cette époque, la confrérie mouride n’a cessé de gagner en popularité dans la sous-région, attirant des millions de pèlerins lors de ses grands événements religieux. Elle jouit d’une influence importante dans la vie publique et politique sénégalaise. Son calife est écouté par les politiques et les décideurs de tous horizons.


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Pendant plus de trente ans, les défunts atteints du VIH ont été privés de soins de conservation. Une stigmatisation qui a pris fin le 1er janvier, après des années de mobilisation.
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Soins funéraires aux séropositifs : « Comment a-t-on pu priver des proches de leur deuil ? »

Pendant plus de trente ans, les défunts atteints du VIH ont été privés de soins de conservation. Une stigmatisation qui a pris fin le 1er janvier, après des années de mobilisation.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h09
    |

            Camille Bordenet








                        



   


C’était son dernier rendez-vous avec l’homme qu’il a aimé pendant dix-huit ans. Il lui aura fallu des années et l’aide d’un psychologue pour effacer cette image et l’exhalaison putride qui l’a longtemps poursuivi. Christian, qui sentait d’ordinaire si bon le vétiver, à la morgue, son visage rongé par des taches noires de décomposition. Une odeur de viande avariée qui prenait à la gorge.
« Pas une touche de maquillage n’avait été mise pour camoufler, rien, on ne touche pas un mort du sida », s’indigne encore son ex-compagnon, Frédéric Navarro, échalas de 57 ans sous un toupet de cheveux rouges. Au milieu du capharnaüm de leur appartement parisien, ce lieu qu’il tente toujours de se réapproprier depuis la mort de Christian, il raconte sa bataille. L’une de celles qui auront participé à mettre fin à une stigmatisation vieille de trente ans : l’impossibilité pour les défunts atteints du VIH ou d’hépatites virales de bénéficier de soins funéraires de conservation.

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Christian est mort en juillet 2010. Il avait 47 ans. Sa santé s’était dégradée, il a fait un arrêt cardiaque, alors qu’il se trouvait seul dans leur appartement. Les pompiers l’ont emmené à l’institut médico-légal, où une autopsie a été pratiquée. Frédéric Navarro n’a été autorisé à le voir que treize jours plus tard, une fois l’enquête bouclée. Treize jours durant lesquels Christian, qui était séropositif, n’a pas eu le droit à des soins de conservation — l’injection d’un produit conservateur à la place du sang pour retarder la décomposition du corps.
Un décret de 1986
La loi l’interdisait en vertu d’un décret pris en 1986, au plus fort de l’épidémie de sida, par crainte d’exposer les thanatopracteurs à des contaminations. Cette réglementation est restée en vigueur, malgré l’évolution des connaissances et les progrès des traitements permettant de vivre avec une charge virale indétectable, sans risque de transmettre le virus.
En dépit, également, du fait que le respect des précautions universelles par les thanatopracteurs assure leur protection, comme l’ont souvent rappelé les associations et les institutions qui se sont prononcées pour la levée de cette interdiction (du Conseil national du sida en 2009 à l’IGAS en 2013). De fait, aucun cas de transmission du VIH dans le cadre de soins funéraires n’a jamais été rapporté.
Cette interdiction, Frédéric Navarro en avait entendu parler dans le milieu associatif d’Act Up. « Mais il fallait y être personnellement confronté pour réaliser que ça existait vraiment. Christian a été traité comme un pestiféré parce qu’il était porteur d’un virus dont on craint toujours la contamination, par méconnaissance. »
De rage, il a eu envie de retourner le cercueil. De prendre une photographie pour que la société prenne conscience de l’existence de « cette discrimination jusque dans la mort », rendant le deuil encore plus difficile aux proches… Mais il a tenu la promesse faite à Christian : lui donner un dernier baiser. Et lui en fait une autre : se battre pour dénoncer cette situation. Ce qui l’a conduit à prendre la tête d’Act Up Paris de 2012 à 2013.
Amalgame avec la séropositivité
Son combat rejoint celui de Jonathan Denis, cadre bancaire de 33 ans. Ce matin de décembre 2008, lorsque Jonathan se présente aux pompes funèbres alors qu’il vient de perdre son père d’un cancer, on lui annonce être dans l’attente des résultats d’un test sérologique. Son père était homosexuel ; Jonathan Denis soupçonne l’hôpital d’avoir fait l’amalgame avec le fait qu’il puisse être séropositif. La phrase, lâchée sans détour, résonne encore : « Si les résultats s’avèrent être positifs au VIH, votre père ne pourra pas avoir de soins de conservation. Son corps ne pourra pas être présenté à la famille car il faudra procéder à une mise en bière immédiate avant la sortie de l’hôpital. » 
« J’avoue ne pas tout comprendre sur l’instant », se souvient Jonathan Denis, qui demande à voir l’arrêté en question. Et le découvre avec stupeur : « Cela existait donc vraiment ? » La journée fut longue, figé par la peur de ne pas pouvoir dire adieu à son père. Jusqu’au retour des résultats : négatifs. Son père a donc pu avoir des soins funéraires. « Mais la rage, elle, est restée. » Il fait remonter son histoire à Jean-Luc Romero, président d’Elus locaux contre le sida (ELCS), qui interpelle les pouvoirs publics et relance la mobilisation associative autour de cette question.
« Moi j’ai eu la chance d’avoir une dernière belle image de mon père. Je ne pense pas que j’aurais pu faire mon deuil sans cela. Mais les autres ? Comment la loi a-t-elle pu priver des proches de leur deuil pendant plus de trente ans ? Combien de familles ont vécu cela ? »
A cette dernière question, impossible de répondre. Peu de cas sont remontés aux associations, qui ignorent si cela signifie qu’il y a eu peu de familles touchées par cette interdiction — la cause du décès n’ayant pas toujours été notifiée par les médecins — ou si certaines, qui y auraient été confrontées, n’en ont pas parlé.
Xavier Cœur-Jolly, vice-président et porte-parole d’Act Up Paris, a perdu son premier compagnon, Jérôme, en 1992, à une époque où la question des soins funéraires se posait moins, « tant on mourrait du sida en masse et tant il y avait de combats à mener ». Il voulait toutefois que Jérôme puisse en bénéficier, pour que son corps, abîmé par la maladie, soit présentable à ses grands-parents, qui venaient de Bretagne.
« Ils auraient voulu pouvoir veiller leur petit-fils selon leur tradition. Quand ils ont vu le cercueil fermé et qu’ils ont compris qu’ils ne pourraient pas le voir, le grand-père, un ancien résistant emprisonnés dans des camps nazis, a eu du mal à croire qu’il existait encore des lois de la République qui ciblent des catégories de personnes. »
« Des familles n’auront plus à vivre cela »
Vingt-cinq ans plus tard, cette interdiction vient d’être levée. Depuis le 1er janvier, les défunts atteints du VIH ou des hépatites B ou C ont droit à des soins de conservation. Cette décision a été accompagnée de mesures visant à mieux encadrer la pratique de la thanatopraxie au domicile des défunts et de l’obligation pour les thanatopracteurs de se vacciner contre l’hépatite B, les spécialistes estimant que le véritable enjeu se situe à ce niveau.
« Comme cela s’est fait dans de nombreux pays, il aurait été possible de lever, il y a bien longtemps, la prohibition des soins de conservation pour les personnes atteintes du VIH et hépatites virales si l’on avait accepté plus tôt de mieux encadrer l’activité de thanatopraxie », souligne la juriste Lisa Carayon, dans un rapport consacré au sujet.
« Aujourd’hui, c’est un soulagement de se dire que les séropositifs seront enfin respectés dans leur mort. Et que des familles n’auront plus à vivre cela », se réjouit Frédéric Navarro. « Il en aura quand même fallu, du temps ! », regrette-t-il, évoquant ces longues années de mobilisation associative et de concertations avec les pouvoirs publics, l’attente face aux promesses politiques, « alors que le milieu scientifique avait démontré, depuis plusieurs années déjà, que cette interdiction n’avait plus lieu d’être ».
Reste une autre source d’amertume : la levée de l’interdiction demeure contestée par un syndicat de thanatopracteurs. Une position dénoncée par d’autres représentants de la profession, mais qui inquiète les associations. « Preuve que le combat n’est jamais terminé », estime M. Navarro.
« C’est la fin d’une discrimination post-mortem, mais que dire de toutes les autres qu’on subit de notre vivant ? » Il ne compte plus les dentistes qui ont refusé de le soigner. D’autres se sont vu refuser des soins gynécologiques, l’obtention de prêts bancaires, l’accès à certains métiers… « Raison de plus pour continuer à se battre », estime Frédéric Navarro. Il sourit en passant sa main sur une photographie de Christian : « On aura fini par lui rendre la dignité qu’on lui devait. Aujourd’hui, je peux enfin garder de lui le souvenir de sa belle gueule. »

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Un syndicat de thanatopracteurs s’oppose à la levée de l’interdiction
La levée de l’interdiction des soins de conservation pour les défunts atteints du VIH ou d’hépatites virales demeure contestée par certains thanatopracteurs réunis au sein du Syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS) — qui dit regrouper 158 thanatopracteurs sur 800 en exercice. Dans une pétition en ligne, ils menacent « de faire jouer leur droit de retrait » et appellent le ministère de la santé à revenir sur cette décision. Entre autres arguments avancés : le risque, selon eux, « réel », de transmission de virus par coupure ou piqûre lors d’accidents d’exposition au sang, et ce « malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés ». Le président du SPTIS, Cédric Ivanes, appelle ses adhérents « à refuser d’appliquer ce décret », disant « assumer » les risques de sanctions et vouloir entamer « une procédure juridique ».
Les associations de lutte contre le sida ont condamé cette pétition et les arguments avancés, rejoints par des représentants du funéraire, à l’instar de Damien Comandon, président de la société Hygeco (qui emploie 180 thanatopracteurs) et de Richard Féret, directeur général délégué de la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie. Les associations appellent à « redoubler de vigilance pour ne pas avoir à lutter contre des refus de soins de conservation ». Act Up Paris prépare la mise en ligne d’une plate-forme de vigilance.
Pour aller plus loin : le rapport 2017 de Aides, qui retrace l’historique du combat sur les soins funéraires ; l’article de Libération, « Soins funéraires pour les séropositifs : y a-t-il vraiment des risques ? »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ L’enseigne a reconnu, mardi, avoir vendu des produits de l’industriel concernés par le rappel. Cette découverte embarrasse tout le secteur de la grande distribution.
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Après Lactalis, Leclerc touché par l’affaire de la contamination à la salmonelle

L’enseigne a reconnu, mardi, avoir vendu des produits de l’industriel concernés par le rappel. Cette découverte embarrasse tout le secteur de la grande distribution.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h06
    |

            Laurence Girard et 
Cécile Prudhomme








                        



   


Au moment où Emmanuel Macron était en Chine pour promouvoir l’agroalimentaire français, l’affaire des produits infantiles contaminés à la salmonelle a continué à prendre de l’ampleur. Après l’industriel Lactalis, responsable de la commercialisation de ses produits, c’est au tour du distributeur Leclerc de se retrouver dans la tourmente. Mardi 9 janvier, il a reconnu dans un communiqué avoir vendu des produits Lactalis concernés par le rappel de l’industriel du 21 décembre 2017.
Tout a commencé par le Tweet d’un client détectant un produit qui n’aurait plus du être en rayon dans un magasin E. Leclerc de Seclin (Nord). L’enseigne lance alors un audit et découvre que 984 produits non autorisés à la vente, car susceptibles de contenir des salmonelles, ont malgré tout été vendus à 782 clients. Même si ce chiffre est modeste, l’impact est fort pour l’enseigne, qui a bâti son discours de communication sur le combat pour les consommateurs.

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« Comme le rappel de produits est tombé pendant le rush de la période des fêtes, où tous les magasins ont le nez dans les huîtres et le foie gras, l’information transmise aux magasins par une des centrales du groupe a dû passer à l’as », tente d’expliquer un concurrent. Cette découverte embarrasse l’ensemble du secteur de la grande distribution. « Ce genre de nouvelle n’est bonne pour personne, car ça laisse penser qu’il y a peut-être des produits contaminés qui tournent encore dans les magasins », estime un distributeur, qui rappelle qu’« en général les produits rappelés, sont remboursés ».

Vente de produits Lactalis : le PDG d’E.Leclerc s’excuse
Il s’agit d’une « défaillance inadmissible » selon les mots de Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe éponyme. La vente, par E.Leclerc, de produits Lactalis pourtant rappelés par l’industriel après la contamination de bébés par des salmonelles a suscité l’indignation et l’inquiétude des parents et des associations. « Personnes n’imaginait qu’il restait de tels produits en circulation. A titre personnel, je pensais que tout était nickel », a déclaré M. Leclerc au Parisien, le mercredi 10 janvier.
Le dirigeant de l’enseigne de grande distribution a expliqué avoir demandé un « état des lieux poussé » et s’être rendu compte que « 984 boîtes, soit 200 références, n’avaient pas été retirées malgré les rappels successifs. Elles ont été achetées par 782 clients ». Un « comité de crise » a été mis en place pour les contacter et a réussi à en joindre la moitié, a expliqué M. Leclerc, qui incrimine une « gestion humaine qui n’a pas suivi » pour expliquer ces ventes. « Nous assumons cette faille et nous nous en excusons auprès des parents. »
« A ma connaissance, il n’y a pas eu d’enfant malade », a-t-il cependant précisé, ajoutant qu’un numéro vert avait été mis en place pour les consommateurs.
Le numéro vert à contacter pour toute information sur les produits Lactalis vendus par E.Leclerc malgré leur rappel : 01 71 53 51 20.


Ce nouvel épisode risque encore d’accroître la méfiance des consommateurs
A la suite de cette annonce, d’autres distributeurs ont immédiatement vérifié que le retrait des boîtes de lait concernées avait bien été réalisé. « Tout a été fait chez nous, indique l’un d’eux. Mais il faut rester humble. Nous ne sommes malgré tout pas à l’abri d’une boîte restée dans un coin. »
Ce nouvel épisode risque encore d’accroître la méfiance des consommateurs vis-à-vis de la filière agroalimentaire. L’affaire avait débuté le 2 décembre 2017 par une alerte de Bercy en plein week-end. Après avoir constaté la survenue de cas de salmonellose chez des bébés ayant consommé des laits infantiles Lactalis, le ministère informait que l’entreprise de Mayenne avait procédé au retrait de 200 000 boîtes. Puis le ton est monté le 10 décembre lorsque Bercy a déclaré « que les mesures prises par l’entreprise n’étaient pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge ». Et alors que nouveaux cas de bébés contaminés étaient découverts.
Le gouvernement annonçait alors un retrait massif de produits, non seulement des laits mais aussi d’autres produits de nutrition infantile, soit 7 000 tonnes, et l’arrêt de la production. Un arrêté préfectoral, pris le 9 décembre, conditionne le redémarrage de l’usine à la mise en place de mesures correctives.
Une communication opaque
Le 20 décembre, Santé publique France estime désormais à 35 le nombre de nourrissons atteints pas la salmonellose. Le lendemain, Lactalis rappelle toute la production effectuée par l’usine de Craon (Mayenne), depuis le 15 février 2017. Ce qui porte le total des produits concernés par le retrait à environ 15 000 tonnes.
Mais la communication de Lactalis, groupe de la famille Besnier habitué à la discrétion, reste toujours aussi opaque. Son porte-parole, Michel Nalet, continue à ne reconnaître que deux analyses positives à la salmonelle dans l’environnement de l’usine. L’une en juillet 2017 sur un outil de nettoyage, l’autre en novembre sur du carrelage. Même si le groupe a précisé en décembre qu’« une contamination dispersée s’est installée dans [son] usine de Craon à la suite de travaux réalisés courant du premier semestre 2017 », la direction affirme que toutes les analyses faites « ont confirmé une absence de salmonelle dans les produits ».

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Pourtant, dans l’arrêté préfectoral intimant l’ordre d’arrêt partiel de l’usine de Craon, publié le 29 décembre, on apprend que Lactalis a aussi mené à partir du 4 décembre des autocontrôles, sur des lots de produits prélevés dans les tours de séchage 1 et 2 et en conditionnement. Or, le groupe « a fait état par courriel en date du 8 décembre, de la suspicion de présence de salmonelle sur cinq lots ».
Des zones d’ombre du côté du gouvernement
Interrogé sur les volumes des produits faisant l’objet d’un rappel réceptionné par l’entreprise, M. Nalet répond : « Je ne sais pas. Je n’ai pas le détail. Plusieurs centaines de tonnes. » Il précise toutefois qu’ils sont stockés et n’ont pas été détruits.
Du côté du gouvernement, de nombreuses zones d’ombre persistent également. La quasi-absence de communication du ministère de l’agriculture ne peut que surprendre. C’est pourtant lui qui est chargé de l’agrément sanitaire européen de l’usine et s’est engagé à ce titre à l’inspecter tous les deux ans. Le Canard enchaîné, dans son édition du 3 janvier, a révélé qu’une inspection avait justement été réalisée le 5 septembre 2017. Le ministère explique qu’une inspection menée en décembre 2015 portait sur l’atelier de déshydratation des produits laitiers alors que celle de septembre 2017 ne concernait qu’un atelier de mélange à sec de céréales entré nouvellement en fonction. Dans les deux cas, les avis ont été favorables.
Des parents et l’UFC-Que choisir ont porté plainte. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris le 22 décembre. Elle permettra peut-être d’apporter quelques éclaircissements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Comme en 2017, seuls deux jours fériés tomberont un week-end. Le 8 mai et le jeudi de l’Ascension tombant la même semaine, les élèves ne bénéficieront pas du pont.
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Jours fériés et ponts, que nous réserve 2018 ?

Comme en 2017, seuls deux jours fériés tomberont un week-end. Le 8 mai et le jeudi de l’Ascension tombant la même semaine, les élèves ne bénéficieront pas du pont.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h59
    |

            Claire Ané








                        



   


Après l’année 2017, riche en jours fériés propices aux week-ends prolongés, comment s’annonce 2018 ? Neuf des onze jours fériés tomberont en semaine, un nombre identique à l’an dernier. Mais les lundis ou vendredis concernés seront moins nombreux, il faudra donc parfois poser des jours de congés pour bénéficier de fin de semaines à rallonge. A savoir aussi, aucun « pont » n’est, cette fois, offert aux élèves et étudiants quand ces jours fériés tombent en dehors des vacances scolaires.
Après le Jour de l’an, opportunément tombé un lundi, le prochain jour férié sera le lundi de Pâques, fixé, selon le calendrier lunaire, au 2 avril, soit deux semaines plus tôt qu’en 2017.
Les 1er et 8 mai, qui fêtent respectivement les travailleurs et la victoire de 1945, tomberont pour leur part un mardi. Et seront presque immédiatement suivis du jeudi de l’Ascension : sa date, qui dépend de celle de Pâques, est fixée au 10 mai.
Pas de pont de l’Ascension pour les élèves
Le mois de mai connaîtra ainsi une semaine « à trous », mais sans pont prévu pour les élèves et étudiants : alors que le ministère de l’éducation nationale avait décidé en 2015, lors de la définition du calendrier scolaire pour trois ans, de supprimer les cours les vendredis et samedis suivant le jeudi de l’Ascension, tant en 2016 et 2017, il y avait renoncé pour 2018, puisqu’un autre jour de classe, le mardi 8 mai, sera déjà supprimé la même semaine.
Il n’empêche, cette rare configuration a poussé plusieurs académies de la zone B, qui doivent, selon le calendrier scolaire, rentrer de vacances de printemps lundi 7 mai, à repousser ces vacances d’une semaine : les élèves des académies de Caen, Nantes, Orléans-Tours et Rouen reprendront donc lundi 14 mai, pour leur éviter une semaine de reprise émaillée de deux jours fériés.

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Enfin, le lundi de Pentecôte tombera lui aussi en mai, le 21, au lieu du 5 juin en 2017.
La deuxième partie de l’année s’annonce légèrement moins favorable : le 14 juillet sera un samedi, le 15 août un mercredi et le 11 novembre un dimanche. Mais deux ponts pourront facilement s’organiser, à partir du jeudi 1er novembre et jusqu’au mardi 25 décembre.



                            


                        

                        


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Théories du complot : « Croire à des bêtises, ce n’est pas être conspirationniste »

Pour l’historien Emmanuel Kreis, l’étude montrant que des Français adhèrent à des théories complotistes pose de nombreux problèmes.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h09
    |

                            Florian Reynaud








                        


Un sondage IFOP-Fondation Jean-Jaurès, publié lundi 8 janvier, montre une forte prégnance des théories du complot au sein de la population française en général, et des plus jeunes en particulier. Un Français sur cinq douterait par exemple encore des résultats de l’enquête sur l’attentat du 7 janvier 2015, et près de huit Français sur dix croiraient à au moins une théorie du complot.
Pour l’historien Emmanuel Kreis, spécialiste du conspirationnisme, cette étude pose de nombreux problèmes.
Que pensez-vous de l’enquête, qui présente une adhésion importante aux théories du complot dans la population ?
Emmanuel Kreis : Ce sondage pose pas mal de problèmes. D’abord, quand on regarde les réponses, on peut observer que 27 % des gens interrogés ont déjà entendu que la Révolution française et la révolution d’octobre 1917 en Russie auraient été provoquées par des sociétés secrètes. Et que 28 % des personnes interrogées, y compris celles qui n’en avaient pas entendu parler, disent croire à cette théorie. Dans l’enquête, il n’y a pas de possibilité de ne pas se prononcer.
Ensuite, je suis surpris que seuls 6 % de la population pense que les Etats-Unis sont responsables des attentats du 11 septembre 2001.
Par ailleurs les théories présentées ne sont pas forcément des théories du complot, il y a un peu tout et n’importe quoi aussi. Croire à des bêtises, ce n’est pas être conspirationniste.
Justement, qu’entend-on exactement par « théorie du complot » ?
On n’a pas de définition de la théorie du complot. Le terme, jusqu’à la seconde guerre mondiale, caractérise ceci : en justice, si vous pensez que votre voisin complote contre vous, vous émettez la théorie qu’il y a un complot. L’expression va prendre une couleur négative dans les années 1930 et va être assimilée à une idée que l’on pense fausse ou instrumentalisée politiquement.
Le concept va évoluer avec Karl Popper (1902-1994), quand il va parler de « théorie du complot de la société », c’est-à-dire de « mégacomplot », qui signifie que ces complots sont des moteurs de la société.

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                Les théories du complot bien implantées au sein de la population française



Parallèlement vous avez, à la suite de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy [le 22 novembre 1963, à Dallas, Texas], l’utilisation de la théorie du complot pour caractériser l’ensemble des théories alternatives relatives à l’assassinat du président américain. Cela décrit un milieu de théoriciens du complot qui devient une entité politique ; c’est une étape assez importante. Les choses se sont accélérées après le 11 septembre 2001, et finalement aujourd’hui la théorie du complot en tant que telle signifie tout et n’importe quoi.
Pourquoi est-ce aussi difficile de trouver une définition ?
En réalité, le terme est assez mal choisi et chargé d’histoire. Le terme alternatif, conspirationnisme, est peut-être moins problématique et laisse l’idée d’un élément idéologique important. C’est une façon de penser et d’appréhender le réel. Si vous pensez qu’il y a un complot judéo-maçonnique, cela oriente votre pensée.
Y a-t-il un lien entre antisémitisme et conspirationnisme ?
C’est la franc-maçonnerie qui est l’élément originel du conspirationnisme moderne. Elle va cristalliser au XVIIIe siècle un élément sur lequel va se mettre en place une pensée qui revêt une dimension de mégacomplot, qui dépasse l’entendement.
Ensuite, vous avez un antisémitisme qui va se développer en Europe dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et quand la haine antijuive va arriver dans des pays catholiques, où il y a une hostilité antimaçonnique déjà en place, il va y avoir une conjonction à la fois pour des raisons idéologiques et pratiques.
Donc, le conspirationnisme a pu être utilisé comme un outil.
Oui, les antisémites généralement ne s’embarrassent pas trop de regarder d’où viennent les idées : tout ce qui parle des juifs et peut être utilisé va être recyclé. Quelqu’un comme Edouard Drumont [1844-1917, écrivain nationaliste et antisémite], à part être antijuif est difficile à classer, il raconte tout et n’importe quoi. Alain Soral, aujourd’hui, c’est un peu la même chose, il dit tout et n’importe quoi.
On parle beaucoup de l’utilisation et de l’influence d’Internet dans la propagation des théories du complot. Est-ce le cas ?
Sur Internet, vous avez un nombre hallucinant de vidéos vous racontant n’importe quoi, mais, finalement, si vous cherchez une recette de cuisine, il y en a un nombre encore plus hallucinant. C’est une caisse de résonance pour tout.
D’un autre côté, il faut aussi noter la lutte contre les idéologies conspirationnistes et ses diverses formes de pensées. Elles ont de moins en moins de visibilité.
Si on prend l’exemple du Times, en 1920, c’est finalement un article qui pose la question des Protocoles des Sages de Sion [pamphlet antisémite] et de leur véracité qui lance le phénomène en Angleterre.
Sur le sujet, la France est-elle différente du reste du monde ?
En France, le phénomène est nouveau, sans doute des années 2000. Après la seconde guerre mondiale, les histoires de conspirationnisme — au sens grands complots, avec les thèmes des juifs et des francs-maçons — n’ont pas eu très bonne presse, assimilées à Vichy, au nazisme… Il y a quelques formes de conspirationnisme qui arrivent avant et après-guerre, mais finalement cela n’a pas beaucoup d’écho.
Dans les années 1980-1990, arrive en France, des Etats-Unis, tout un monde, plus ou moins étranger à notre culture. Notamment la série télévisée X-Files, des éléments culturels dans les jeux de rôle ou les musiques alternatives. Par exemple un jeu édité dans les années 1980 qui s’appelle Illuminati et où l’on joue à manipuler un tas de groupes de personnes, très ludique aussi.
Aujourd’hui, quel est le paysage conspirationniste en France ?
Il est un peu en recomposition, parce que l’écroulement d’Egalité et Réconciliation [association antisémite] produit pas mal de remous. L’audience semble baisser, tout comme l’activité de l’organisation. Or, son responsable, Alain Soral, était le plus médiatique des conspirationnistes, même s’il relève plutôt d’un antisémitisme assez classique. Mais il était vecteur d’éléments conspirationnistes, et c’est l’une des rares personnes dont les médias parlent. Sinon c’est plus éclaté, les mouvements [conspirationnistes] ne sont pas forcément bien structurés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La Cour des comptes s’alarme de la paralysie d’une infrastructure vitale pour l’île.
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A Mayotte, le port de commerce de Longoni à la dérive

La Cour des comptes s’alarme de la paralysie d’une infrastructure vitale pour l’île.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h03
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Blocages à répétition, contentieux multiples entre le département de Mayotte, qui a récupéré la gestion du port de commerce de Longoni dans le cadre de la décentralisation, et la société privée Mayotte Channel Gateway (MCG), à laquelle il a attribué une délégation de service public en 2013… Mayotte vit à la merci des conflits qui paralysent l’activité de cette infrastructure névralgique.
Dans un référé publié fin décembre 2017, la Cour des comptes s’alarme de cette situation. Entre 2014 et 2017, note-t-elle, pas moins de trente et un contentieux ont émaillé le fonctionnement du port. Il en résulte une détérioration des infrastructures portuaires et, malgré les alertes répétées, « le département n’a entrepris ni investissements ni études préalables pour l’entretien et la mise aux normes des équipements », constatent les magistrats financiers. L’enjeu pour ce département d’une population estimée à 256 000 habitants est pourtant vital. L’économie de l’île est entièrement dépendante ou presque du fret maritime et, donc, de l’activité portuaire.

D’importants investissements réalisés
Lorsque le département lui a concédé une délégation de service public pour une durée de quinze ans, MCG se faisait fort de faire du port de Longoni « un hub européen de référence dans le canal du Mozambique » en moins de cinq ans. D’importants investissements avaient auparavant été réalisés. Un second quai à conteneurs a été mis en service en 2010 pour un coût de 62 millions d’euros financé par l’Etat et la collectivité territoriale. Le développement de la desserte portuaire, pour un montant de 24 millions d’euros, est également cofinancé aux trois quarts par les fonds européens et le contrat de plan Etat-région.
MCG, de son côté, a fait l’acquisition, en 2015, de grues mobiles, de portiques et de remorques permettant d’augmenter les capacités d’accueil du port. Cependant, note la Cour, « l’acquisition de ces équipements s’est réalisée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Eloïc Peyrache, directeur d’HEC délégué au recrutement, expose le mode de sélection de la grande école, les classes préparatoires demeurent incontournables pour les étudiants français.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».
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« Mépris », « vieux monde »,… des féministes réagissent à une tribune publiée dans « Le Monde »

Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h52
   





                        


C’est un plaidoyer pour la « liberté d’importuner » qui ne passe pas. Des militantes féministes répondent, mercredi 10 janvier, à une tribune parue la veille dans Le Monde dans laquelle une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, défendaient la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes. Pour les militantes féministes, les signataires de cette tribune veulent « refermer la chape de plomb » soulevée par le scandale Weinstein et « méprisent » les victimes de violences sexuelles.

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                « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »



« A chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s’éveillent, les résistances apparaissent », pose d’emblée le texte, publié sur le site de francetvinfo. 
« Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans […]. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. »
« Leur vieux monde est en train de disparaître »
Le collectif de femmes signataires de la tribune parue dans Le Monde soulignait le risque « d’aller trop loin », de ne « plus pouvoir rien dire » ou de ne « plus pouvoir draguer », s’inquiétant d’un retour du « puritanisme ».
En réponse, la trentaine de féministes signataires de la tribune publiée sur francetvinfo — parmi lesquelles la militante Caroline De Haas, les journalistes Lauren Bastide et Giulia Foïs, la présidente des Chiennes de garde, Marie-Noëlle Bas, la psychiatre Muriel Salmona et de nombreuses militantes associatives — estime que « les signataires [de la tribune publiée dans Le Monde] mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence ».
Pour elles, « accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences ». Elles arguent également que la différence entre la drague et le harcèlement « n’est pas une différence de degré […] mais une différence de nature ».
Elles soulignent également, en miroir à la tribune, qui soutenait l’importance d’éduquer les petites filles à se défendre, la responsabilité des hommes dans le fait de violer ou d’agresser.
« Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer », poursuivent-elles.
Affirmant que la plupart des personnalités citées dans le quotidien sont « récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol », elles regrettent qu’elles « utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles » et « méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences ».
« Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas », poursuivent les signataires, concluant que « les porcs et leurs allié·e·s ont raison de s’inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître ».
« Une gifle »
Les militantes féministes ne sont pas les seules à avoir été choquées par cette tribune. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, a déclaré sur France Culture :
« Dans cette tribune il y a des choses profondément choquantes. Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que frotter un sexe d’homme dans le métro contre elles, c’est une agression. Je pense que c’est dangereux de tenir ce discours. »
Tout aussi critique, l’ancienne ministre du droit des femmes et sénatrice de l’Oise, Laurence Rossignol, a jugé sur France inter que défendre un « droit d’importuner » était une « gifle contre les femmes qui dénoncent la prédation sexuelle » et ne « rend [ait] service qu’aux prédateurs ». Sur Twitter, elle avait également estimé que « l’angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes » conduisait « des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries ».
Ségolène Royale a aussi réagi sur RTL mardi, regrettant que Catherine Deneuve ait cosigné cette tribune « parce que les victimes des violences sexuelles sont déjà écrasées par la peur de parler, par la loi du silence ». « On n’a pas le droit de faire des choses comme cela », a-t-elle ajouté, affirmant que la signature d’une actrice reconnue comme Catherine Deneuve permettrait aux agresseurs de justifier leurs actes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le représentant des résidents, qui dénonce une « réhabilitation ratée », est poursuivi par des salariés d’Emmaüs Habitat. Le jugement doit être rendu le 12 janvier.
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A Aulnay-sous-Bois, des locataires de la cité de l’Europe en guerre contre leur bailleur

Le représentant des résidents, qui dénonce une « réhabilitation ratée », est poursuivi par des salariés d’Emmaüs Habitat. Le jugement doit être rendu le 12 janvier.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h12
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10.01.2018 à 11h12
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            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

De mémoire du bailleur social Emmaüs Habitat, jamais un conflit l’opposant à des locataires n’a aussi mal tourné. Les deux parties ne s’accordent que sur un point : la cité de l’Europe à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est devenue le théâtre d’une véritable « psychose ».
D’un côté, Mohamed Maatoug, 30 ans, président de l’Amicale des locataires depuis un an et demi : il dénonce une « réhabilitation ratée » et de nombreuses malfaçons, et en impute la responsabilité à Emmaüs Habitat qui « refuse de dépenser pour réparer ». De l’autre, l’organisme HLM, qui affirme que les actes de vandalisme sont à l’origine de la plupart des dégradations et accuse Mohamed Maatoug d’employer « des méthodes de voyous ».
Début décembre 2017, le bras de fer s’est encore durci : poursuivi par trois salariés du bailleur pour les avoir submergés de « messages malveillants » et avoir « volontairement commis des violences psychologiques », le représentant des résidents risque un an et demi de prison ferme. Le jugement devrait être rendu vendredi 12 janvier.
Déambulant dans les allées de cette cité piétonne de 800 logements, Mohamed Maatoug ne peut pas faire un pas sans être harangué par des résidents en détresse. « Je n’ai pas eu de chauffage pendant trois semaines, peste Moussa Bekkaye, 66 ans, habitant de la cité depuis trente ans. Ça fait aussi dix fois que je repeins ma salle de bains. » « On en a marre d’Emmaüs ! », crie une voisine depuis sa fenêtre du troisième étage.

Chez Waranka Tandian, 55 ans, le sol et le plafond de la salle de bains sont couverts de moisissures, les carreaux de la douche se sont décrochés du mur et les vers de terre remontent de la cave. « Mon fils de 11 ans ne veut plus rentrer dans la douche », tempête-t-elle. Sa voisine s’époumone : « Emmaüs, ils s’en foutent de moi ! »
Réparation « transitoire »
Ascenseurs et chauffage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ En se fondant sur l’enquête réalisée en 2016 par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui explore les pratiques, les croyances et les comportements des musulmans de France. Et insiste sur la nécessité d’engager une insurrection culturelle contre l’islamisme.
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Pour un nouvel islam de France

En se fondant sur l’enquête réalisée en 2016 par l’Institut Montaigne, Hakim El Karoui explore les pratiques, les croyances et les comportements des musulmans de France. Et insiste sur la nécessité d’engager une insurrection culturelle contre l’islamisme.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h20
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Le livre. Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du premier ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) et ancien banquier d’affaires chez Rothschild, Hakim El Karoui aurait pu continuer à vivre sa religion comme une affaire privée. A rebours des membres « les plus intégrés de la communauté musulmane française » qui ont tendance « à se détourner de son organisation », il a décidé, après les attentats de 2015, d’engager un travail de réflexion sur une refonte de l’islam de France.
Dans L’Islam, une religion française, il présente un tableau des pratiques et des croyances des musulmans de France à partir des résultats de l’enquête qu’il a dirigée pour le compte de l’Institut Montaigne, avec l’appui de l’IFOP. Réalisée auprès de 15 459 individus âgés de 15 ans et plus résidant en France métropolitaine, dont 874 personnes se définissant comme « musulmanes » et 155 comme « non musulmanes ayant des parents musulmans », cette étude publiée en septembre 2016 visait à brosser le portrait le plus fidèle possible des musulmans vivant en France. La dernière enquête sur le sujet, « Trajectoires et origines », remontait à 2008.
Typologie des musulmans critiquée
Hakim El Karoui établit que les musulmans, qui comptent pour 5,6 % de la population métropolitaine des plus de 15 ans, se caractérisent par leur pratique religieuse très supérieure à celle des catholiques et par leur diversité. « Le communautarisme musulman n’existe pas au sens où les musulmans n’ont aucunement le sens d’intérêts communs et sont incapables de mettre en place une organisation commune efficace », insiste-t-il.
L’essayiste s’appuie sur une typologie des musulmans de France qui, à la sortie de l’enquête, avait fait l’objet de vives critiques. Selon cette typologie, 46 % des personnes musulmanes ou de culture musulmane sont « totalement sécularisées ou en voie d’intégration dans...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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A Toulouse, dope, foi et vendetta

Au cœur du quartier de la Reynerie, les règlements de compte liés au trafic de stupéfiants se multiplient. Une « hybridation » entre banditisme et religion s’opère, rendant certains dossiers particulièrement sensibles.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h43
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

L’été était presque sage au pied du béton gris de la cité de la Reynerie, ce 3 juillet au soir. Les « choufs » (guetteurs) tenaient leur poste dans ce quartier toulousain, utopie ratée des années 1960 bâtie autour de barres de logements en forme de tripodes géants. Chacun était prêt, comme toujours, à parer aux mauvais coups. Mais le règlement de comptes qui a eu lieu, vers 21 heures, dans ce grand ensemble situé à moins de quinze minutes en métro du Capitole et devenu en cinquante ans le poumon noir du trafic local de stupéfiants, a surpris même les plus prudents.
A la Reynerie, jusque-là, à défaut d’emploi, il y avait Dieu ou l’argent, la foi ou la drogue, jamais le dévoiement des symboles du premier pour régler les conflits du second. En se présentant ce soir-là au quartier en tenue religieuse, les tueurs ont donc trompé leur monde. Il avait pourtant l’air étrange, ce père en djellaba, accompagné d’une épouse avec sa poussette, mal fagotée dans son niqab. Certains ont bien remarqué les mollets trop charnus de la dame, et ses épaules trop larges sous son voile. Mais le temps de glousser derrière les fenêtres, cet homme déguisé en femme a sorti un fusil d’assaut de la poussette et déclenché une mitraille d’une violence inouïe.
Le duo d’assassins avait une cible : Djamel Tahri, 27 ans, méfiant au possible sous ses airs de grand rigolard, cadet d’une fratrie accusée d’avoir la mainmise sur tout le deal de son bâtiment. Pour l’abattre, ses ennemis n’ont pas hésité à tirer dans le tas : une trentaine de balles au total, dont plusieurs ont atteint des appartements, perforé des véhicules, et blessé six passants, dont deux gravement. Le jeune Tahri, touché à neuf reprises, a rendu son dernier soupir devant la caisse d’allocations familiales.
Statistiques cruelles
Les témoins ont d’abord cru à un attentat. Mais très vite, le diagnostic est tombé : règlement de comptes. Le énième d’une série aux statistiques cruelles :...




                        

                        

