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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h41
    |

            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Des centaines de femmes originaires du Nigeria sont victimes des réseaux de prostitution européens. Trois d’entre elles, qui tentent de sortir de cet enfer grâce un atelier de couture, témoignent.
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Jude, migrante nigériane : « Quand tu te prostitues, ta vie ne tient qu’à un fil »


Par                                            Emile Costard




LE MONDE
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        Le 10.01.2018 à 13h10

     •
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        Mis à jour le 10.01.2018 à 13h42






Durée : 06:44 | 

Originaires de Benin City, une ville située dans l’Etat d’Edo, dans le sud-ouest du Nigeria, Jude, Ellen et Blessing racontent au Monde Afrique l’histoire d’une fausse promesse : celle de l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Comme elles, plusieurs centaines de femmes partent chaque année pour se retrouver finalement sur le trottoir en France, en Italie, en Grèce ou en Allemagne, au péril de leur vie. A Paris, l’association Aux captifs, la libération les aident à apprendre le métier de couturière pour sortir des réseaux de traite des êtres humains.


                

                     Tunisie : des manifestations anti-austérité émaillées de heurts

                

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                     Qui est Mohamed Salah, le Ballon d’or africain 2017 ?


<article-nb="2018/01/10/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.
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Bruxelles et Varsovie baissent le ton

Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h05
    |

                            Intérim (à Varsovie), 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Un dîner « amical » qui, mardi 9 janvier, n’aura pas totalement rapproché les points de vue, mais qui était censé calmer le jeu après le coup de semonce tiré le 20 décembre 2017 par la Commission de Bruxelles : c’est ainsi, à en croire les deux parties, qu’il faut interpréter la rencontre entre le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, et le président du collège européen, Jean-Claude Juncker. Les deux responsables sont censés se revoir avant la fin février.
Une poignée de main et une brève séance de pose pour les caméras : on ne célébrait pas vraiment des retrouvailles mardi soir, mais on insistait sur le fait que Bruxelles et Varsovie « ne sont pas en guerre », comme l’avait dit un peu plus tôt le porte-parole de M. Juncker.
Le 20 décembre 2017, le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans – présent au dîner –, avait annoncé, « le cœur lourd », qu’il demandait au Conseil (les Etats membres) des sanctions contre un pays accusé d’avoir adopté 13 lois litigieuses bafouant l’indépendance de la justice. Si elle va à son terme – c’est peu probable car cela suppose l’unanimité des pays membres que rendra impossible un probable veto hongrois –, la procédure pourrait priver la Pologne de ses droits de vote à Bruxelles.

Profils techniques
Avant sa venue dans la capitale belge, M. Morawiecki, un ancien banquier anglophone et familier des contacts avec l’étranger, a remanié son gouvernement afin de tenter de le rendre plus présentable aux yeux de l’UE et des investisseurs internationaux. L’opération a entraîné le départ de plusieurs ministres dont les déclarations à Bruxelles avaient créé la polémique.
Défenseur inconditionnel des « valeurs polonaises traditionnelles », Witold Waszczykowski est remplacé aux affaires étrangères par l’universitaire Jacek Czaputowicz. A l’environnement, Jan Szyszko avait placé sa politique sous le mot d’ordre biblique « Assujettissez...




                        

                        


<article-nb="2018/01/10/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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La Laponie, terre de conflit

Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h48
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. « J’ai entendu beaucoup de gens raconter que quelque part, par-là, il y a une montagne d’or, que les Lapons gardent secrète, car sa révélation ne leur apporterait que du malheur. Il faudrait alors abattre leurs forêts pour alimenter les fourneaux et ils seraient obligés de partir avec leurs rennes et ne pourraient peut-être pas revenir si facilement. » On doit ce récit à Johan Ferdinand Körningh, un missionnaire catholique qui traverse en 1659 et 1660 ces contrées presque inaccessibles que les Suédois ont commencé à coloniser pour exploiter les minerais dont regorge la Laponie. En 2018, l’exploitation des ressources de la région bat son plein, et les Sami sont confrontés au même choix qu’au XVIIe siècle.
Dernier épisode en date, venu alimenter leur ressentiment : le verdict de la Cour suprême de Norvège qui a condamné le 21 décembre 2017 un éleveur de rennes sami, Jovsset Ante Sara, à abattre une partie de son troupeau pour le faire passer de 116 à 75 rennes. Le jeune éleveur avait gagné en première instance et en appel contre l’Etat norvégien. Mais la Cour suprême a estimé que Sara devait savoir à quoi s’attendre en devenant membre du clan qu’il a rejoint, puisque celui-ci avait déjà dépassé son quota de rennes. Jovsset Ante Sara, soutenu par sa sœur artiste et par un collectif, a décidé de ne pas céder. Il va porter l’affaire devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et refuse d’abattre ses rennes.

Pour les Sami, ce verdict a un arrière-goût amer quand on sait qu’en 2017 la Norvège officielle a célébré, en grande pompe, le centenaire de la première rencontre politique du peuple sami le 6 février 1917. L’un des thèmes centraux était, déjà, la protection de l’élevage de rennes contre l’Etat. Des chercheurs sami ont publié en 2017 un recueil d’études montrant que le nombre trop élevé de rennes en Laponie était un mythe entretenu par les autorités pour presser les Sami....




                        

                        


<article-nb="2018/01/10/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Pêche électrique : « Cette pratique fait honte à l’Europe et nous décrédibilise sur la scène internationale »

Dans une tribune au « Monde », 249 députés, de La République en marche à La France insoumise, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Marielle de Sarnez, s’opposent à la réintroduction de la pêche électrique sur laquelle doit se prononcer le Parlement européen le 16 janvier.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h06
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. A l’heure où les Etats européens ont souscrit aux objectifs de l’Union européenne et de l’ONU visant à mettre en œuvre une pêche durable, la pêche électrique qui consiste à capturer des poissons à l’aide d’un courant électrique (principe du taser), interdite ailleurs dans le monde, émerge en Europe à contretemps de l’histoire.
Le Parlement européen, qui aura à statuer le 16 janvier sur cette pratique doit désormais interdire définitivement l’usage de la pêche électrique dont les scientifiques, les pêcheurs et de nombreux pays dénoncent les effets.

En 1998, alors que l’Union européenne interdisait les méthodes de pêche les plus nocives comme la pêche aux explosifs, elle interdisait également la pêche électrique. Toutefois, dès 2007, des dérogations ont été accordées sans aucun fondement scientifique pour l’utilisation de la pêche électrique en Mer du Nord, permettant aux Etats membres d’en équiper jusqu’à 5 % de leur flotte de chaluts à perche soi-disant à des fins d’expérimentation. Le motif initial d’expérimentation, largement dépassé, est fallacieux car la quasi-intégralité de la flotte de chalutiers à perche ciblant la sole a été convertie à l’électricité.
Lobbying des Pays-Bas
Le lobbying intense réalisé par les pêcheurs néerlandais et par le gouvernement des Pays-Bas met en avant un plaidoyer hypocrite en arguant que la technique est moins coûteuse en carburant et moins dommageable pour les fonds marins, grâce à une comparaison avec l’un des engins de pêche les plus destructeurs qui existent : le chalut à perche. Les chaluts électriques demeurent des engins gigantesques, lourds et traînés sur les fonds, qui détruisent les habitats marins en plus de mettre en péril l’ensemble de l’écosystème et les pêcheurs qui en dépendent. 
La situation actuelle en Mer du Nord alarme scientifiques et pêcheurs responsables. Tous témoignent de lourdes conséquences de l’usage du courant électrique sur...




                        

                        


<article-nb="2018/01/10/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Des rescapés d’une embarcation qui a coulé mardi font état d’une centaine de personnes disparues et sans doute noyées au large des côtes libyennes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Une centaine de migrants disparus en Méditerranée

Des rescapés d’une embarcation qui a coulé mardi font état d’une centaine de personnes disparues et sans doute noyées au large des côtes libyennes.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 01h07
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 07h35
   





                        



   


Entre quatre-vingt-dix et cent migrants sont portés disparus en Méditerranée dans le naufrage de leur embarcation de fortune au large de la Libye, a fait savoir mardi 9 janvier la marine libyenne, se fondant sur le récit de survivants.
L’embarcation, un canot pneumatique, transportait plus d’une centaine de personnes, mais seules dix-sept d’entre elles, dont des femmes et des enfants, ont pu être secourues, a déclaré le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine. Les survivants sont restés plusieurs heures accrochés à des bouts du canot jusqu’à l’arrivée des secours.
Le naufrage a eu lieu au large de la ville d’al-Khoms, à une centaine de kilomètres à l’est de la capitale libyenne, a précisé M. Kacem.
La marine libyenne a ajouté avoir secouru 267 autres migrants de diverses nationalités africaines qui étaient à bord de deux embarcations en détresse au large de la ville de Zawiya, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Tripoli.
Conditions météorologiques compliquées
M. Kacem déplore le manque de moyens qui a compliqué les opérations de sauvetage déjà rendues difficiles par le mauvais temps .
Durant le week-end dernier, dix migrants avaient péri et plus d’une cinquantaine d’autres, parmi lesquels de jeunes enfants, avaient disparu au large de la Libye, selon un bilan recueilli par plusieurs organismes auprès de survivants.
En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un relevé de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Depuis l’été, les tentatives de traversée sont en forte baisse en raison des efforts fournis par l’Italie pour empêcher les migrants de prendre la mer à la suite d’accords avec les autorités et des milices libyennes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».
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Bidonville de Champigny : « Nous nous opposons à l’instrumentalisation de notre histoire et de nos mémoires »

Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 10h21
    |

Victor Pereira (Historien) et Hugo dos Santos (Journaliste)







                        



                                


                            
Tribune. Il n’est pas rare de s’entendre dire que les immigrés portugais, en France, ne font pas d’histoires. D’une manière générale, cette immigration sert aujourd’hui d’exemple à ceux qui cherchent à mettre en avant une stratégie d’« intégration réussie », voire à mettre en avant une figure de « bon » immigré, un peu comme un professeur désignerait le chouchou de la classe.

Les incidents qui se sont déroulés à Champigny-sur-Marne à l’occasion du réveillon du Nouvel An ont été instrumentalisés en ce sens par le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, l’universitaire Laurent Bouvet et le journaliste Benoît Rayski. S’appuyant sur un article du Parisien, daté du 21 juin 2015, le premier déclare sur Twitter que « Champigny était le plus grand bidonville de France. Plus de 10 000 Portugais y vivaient dans la boue. Pas d’eau, pas d’électricité, etc. Et pas de violence, ni association pour crier au racisme. Qui peut dès lors nier la désintégration française ? »
Allusion prétendument historique
Cette allusion prétendument historique est reprise deux jours plus tard par Laurent Bouvet sur le plateau de « 28 minutes » d’Arte, lors d’un débat portant sur la laïcité. Voulant démontrer que, de nos jours, le « problème des banlieues » ne serait plus seulement « social », il invoque les bidonvilles portugais où il « n’y avait pas de relations de violence ». Enfin, sur le site Atlantico.fr, Benoît Rayski reprend ce même article du Parisien pour, également, opposer des populations immigrées et/ou issues de l’immigration. Selon lui, parmi les descendants de Portugais « aucun d’entre eux n’a appris à détester la France », mais « après eux, d’autres populations sont venues ».
Nous, immigrés et Français descendants d’immigrés portugais, nous ne pouvons tolérer ces affirmations pour deux raisons principales.
D’abord, s’il y a un bon élève, il y a forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par le premier constructeur automobile britannique sont des… diesel.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Jaguar Land Rover s’érige contre les mesures anti-diesel

En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par le premier constructeur automobile britannique sont des… diesel.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 15h05
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Jaguar Land Rover (JLR) a osé dire tout haut ce que beaucoup de dirigeants de l’industrie automobile pensent tout bas. En présentant lundi 9 janvier ses ventes annuelles pour 2017, Andrew Goss, le directeur commercial du premier groupe automobile britannique, détenu par l’indien Tata, s’est lancé dans une attaque en règle contre la politique anti-diesel.
Les hausses fiscales imposées sur le diesel dans différents pays européens sont « une mauvaise idée », estime-t-il. Son principal argument concerne paradoxalement l’environnement : si les moteurs essence émettent moins de particules fines, ils rejettent en revanche plus de CO2. C’est d’ailleurs pour cette raison que les gouvernements européens avaient poussé la technologie diesel depuis une quinzaine d’années. « Si plus de véhicules essence se retrouvent sur les routes, les émissions de CO2 vont augmenter », avertit M. Goss. En clair, les villes seront peut-être moins asphyxiées, mais le réchauffement climatique en sera accéléré. Le dirigeant de JLR reproche aux dirigeants politiques européens d’être « légèrement aveuglés » par la controverse du dieselgate.
Depuis le scandale, les gouvernements européens ont introduit dans l’urgence des mesures de rétorsion. Au Royaume-Uni, une nouvelle taxe va être mise en place en avril, ajoutant environ 400 livres (450 euros) sur un 4x4 diesel comme le Land Rover Discovery. « Il y a une prolifération de politiques fiscales [anti-diesel] à travers l’Europe qui complique la tâche des constructeurs automobiles », poursuit M. Goss.
Retard dans le passage aux véhicules électriques ou hybrides
En Europe, la grande majorité des véhicules vendus par JLR est diesel, même si le constructeur refuse de donner la proportion exacte de ses ventes. Entre les voitures de luxe de Jaguar et les 4x4 de Land Rover, le groupe s’adresse à des clients qui aiment les gros véhicules et les moteurs puissants, et il a pris du retard dans le passage aux véhicules électriques ou hybrides. Dans ce contexte, l’effondrement de la part de marché du diesel touche le constructeur de plein fouet. Au Royaume-Uni, les ventes de diesel ont baissé de 17 % en 2017. Tous les autres pays européens connaissent des chutes similaires, à l’exception notoire de l’Italie. « Nous voulons tous une baisse des émissions de [particules fines] et de CO2, mais nous ne voulons pas de surprise avec des changements soudain de politique », plaide M. Goss.
Le directeur des ventes de JLR met aussi en avant l’avantage financier du diesel, dont les moteurs consomment moins. « Les entreprises ont vraiment changé leurs achats, s’éloignant du diesel, mais pour les particuliers, la tendance est moins forte. Pour eux, les économies réalisées sur la consommation demeurent importantes. » Selon les calculs de la Society of Motors Manufacturers and Traders, l’association représentant le secteur automobile au Royaume-Uni, une 4x4 diesel économise en moyenne 350 à 450 euros en carburant chaque année.
JLR lance cette attaque frontale alors que le groupe a signé un record de ventes en 2017, avec 621 000 véhicules écoulés, en hausse de 7 %. Il s’agit de la septième année consécutive de progression, et cela correspond à un triplement des ventes par rapport à 2009.
Un marché mondial à deux vitesses
Cette croissance cache cependant un marché mondial à deux vitesses. Les ventes en Chine, le premier marché du groupe, ont bondi de 23 %, à presque 150 000 véhicules. Les luxueuses Jaguar rencontrent en particulier un fort succès, en hausse de 47 %. L’Amérique du Nord est également en forme (+ 9 %). Dans ces deux marchés, le diesel est quasiment inexistant, et la controverse européenne n’a donc aucun impact.
En revanche, au Royaume-Uni et en Europe continentale, le nombre de véhicules écoulés par le groupe a stagné par rapport à 2016, à 117 000 et 138 000 respectivement. C’est particulièrement inquiétant en Europe continentale, où le marché progresse malgré tout.
Sur le Brexit enfin, JLR se dit aujourd’hui encore dans le brouillard le plus complet. Interrogé par Le Monde pour savoir s’il y voit plus clair sur les conséquences de la sortie de l’Union européenne pour son groupe, M. Goss est catégorique : « Non. Et vous ? » Le groupe, qui exporte 80 % de sa production britannique, n’a pour l’instant pris aucune mesure pour compenser d’éventuels futurs droits de douane. Coup de chance, une nouvelle usine en Slovaquie, dont la construction a été décidée en 2015, bien avant le Brexit, sera terminée au quatrième trimestre 2018, permettant le cas échéant de contourner le problème. « De toute façon, notre marché le plus important est la Chine », tempère M. Goss.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Après la Cour des comptes, en 2016, c’est au tour du contrôle général des armées de se pencher sur ce dossier qui fait l’objet d’une enquête pénale.
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Transport aérien militaire : les défaillances du contrôle interne

Après la Cour des comptes, en 2016, c’est au tour du contrôle général des armées de se pencher sur ce dossier qui fait l’objet d’une enquête pénale.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 07h27
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Daté du 1er décembre 2017, le document n’est qu’un « rapport intermédiaire », mais il comporte déjà de nombreuses critiques à l’encontre des responsables militaires. Saisi par le directeur du cabinet de la ministre des armées, Florence Parly, le 18 octobre 2017, le contrôle général des armées – le gendarme interne – dénonce à son tour, bien que tardivement, la mauvaise gestion du transport aérien des armées.
Sur ce dossier sensible, l’alerte avait été lancée dès l’automne 2016 par la Cour des comptes. Celle-ci relevait des « anomalies » dans les marchés du fret aérien des opérations militaires extérieures, sous-traité par des sociétés privées. Une enquête pénale, confiée par le parquet national financier à la section de recherche de la gendarmerie, est ouverte depuis l’été 2017. Elle porte sur d’éventuels délits de favoritisme, de faux en écriture, ou encore de non-respect du code des marchés.
Le contrôle général des armées dénonce les défaillances du contrôle interne à l’état-major. Les marchés d’affrètement aérien, passés notamment au profit des opérations au Sahel, concernent les vols logistiques de gros-porteurs de type Antonov 124 entre la France et l’étranger (40 millions d’euros en 2017) ou les liaisons par moyens-courriers et hélicoptères entre les bases françaises extérieures elles-mêmes (25 millions d’euros en 2017).
« Pour différentes raisons (déficiences de certains processus, manque d’effectif, jeunesse de certains services résultant des restructurations récentes, formation insuffisante du personnel), les procédures de passation et d’exécution de ces marchés » posent problème, écrivent les contrôleurs généraux. Soit, « pour (…) les avions-cargos des doutes sérieux qui justifient la transmission de documentation à la direction des affaires juridiques qui assure le lien avec l’autorité judiciaire ». Et pour les marchés du théâtre sahélien, des problèmes d’égalité de traitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.
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En crise, les hôpitaux britanniques annulent toutes les opérations non urgentes en janvier

Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 19h05
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Des malades entassés dans les couloirs, des équipes soignantes au bord de la crise de nerfs, une vieille dame morte après avoir attendu quatre heures une ambulance… Chaque hiver sonne le retour de la crise pour le Service national de santé (NHS) britannique. Mais la saison 2018 balaie toutes les prévisions pessimistes, au point que la direction de cette administration d’Etat a dû prendre, le 3 janvier, une décision sans précédent : reporter toutes les interventions chirurgicales non urgentes programmées en janvier. Theresa May elle-même a dû faire acte de contrition : « Je sais que c’est difficile et irritant. Je sais que c’est décevant pour les gens, et je présente mes excuses. »
Le chaos dans les hôpitaux publics tombe mal pour la première ministre, au moment où elle s’efforce de convaincre l’opinion que le Brexit n’absorbe pas toute l’énergie du gouvernement et qu’elle va s’attaquer aux véritables problèmes. Système bureaucratique, le NHS raffole des statistiques, et celles-ci ne sont pas bonnes : 16 900 personnes ont attendu plus d’une demi-heure dans une ambulance avant d’être admis aux urgences entre Noël et jour de l’An, et l’objectif national consistant à réaliser « 92 % des opérations non urgentes avec moins de dix-huit semaines d’attente » a dû être abandonné.

Des facteurs conjoncturels – la vague de froid, l’épidémie de grippe – expliquent évidemment la mauvaise passe actuelle. Mais ils ne suffisent pas à la justifier totalement. Depuis 2010, les dépenses de santé ont augmenté chaque année de 1,2 point de plus que l’inflation au Royaume-Uni, contre 4 % en moyenne depuis la fondation du NHS, en 1948. Entièrement gratuit, le Service national de santé est financé non par des cotisations sur les salaires, comme en France, mais par l’impôt. Une rallonge a été accordée récemment par le ministre des finances Philip Hammond, mais elle est « insuffisante pour couvrir l’augmentation de la demande » selon le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les nationalistes flamands menacent de quitter la coalition au pouvoir.
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L’expulsion contestée de Soudanais fait tanguer le gouvernement belge

Les nationalistes flamands menacent de quitter la coalition au pouvoir.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h25
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Pas question de lâcher Theo Francken, le secrétaire d’Etat à la migration. Et, si l’un des partis de la coalition fédérale belge réclame la démission de ce responsable de plus en plus contesté, c’est l’Alliance néoflamande (N-VA, nationaliste) tout entière qui quittera l’équipe de Charles Michel, provoquant ainsi sa chute. Dimanche 7 janvier, Bart De Wever, maire d’Anvers et président de la N-VA, le premier parti du royaume, a très clairement menacé de déclencher une crise politique si M. Francken, l’homme politique le plus populaire de Flandre et son successeur probable à la tête de la formation indépendantiste, continue à être la cible des critiques pour la politique sans concession qu’il mène. Et pour un épisode en particulier : le renvoi vers Khartoum, il y a quelques semaines, de migrants qui auraient, depuis, été arrêtés et maltraités, voire torturés.
Le dossier, révélé par l’Institut Tahrir, une ONG qui œuvre pour la démocratie au Moyen-Orient, est d’autant plus embarrassant pour le gouvernement que ces expulsions ont été précédées de la venue en Belgique, en septembre 2017, d’une délégation soudanaise, invitée par M. Francken dans le cadre d’une « coopération technique ». Ces agents issus d’un Etat connu pour bafouer les droits de l’homme étaient chargés, en réalité, d’identifier des migrants soudanais désireux pour la plupart de gagner la Grande-Bretagne, et l’Office belge des étrangers, qui statue à la fois sur les demandes d’asile et les expulsions, a validé le renvoi des clandestins. Son directeur, Freddy Roosemont, conteste aujourd’hui la validité des témoignages recueillis par Tahrir.

Des informations dissimulées
Theo Francken, qui exerce la tutelle sur l’Office des étrangers, a défendu les décisions de celui-ci mais il a, surtout, dissimulé une partie des informations dont il disposait au premier ministre, Charles Michel, le libéral francophone qui dirige la coalition avec la N-VA, ainsi que les chrétiens-démocrates et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Selon l’association Bloom et des artisans-pêcheurs, la Commission européenne aurait travesti une expertise afin d’autoriser une pratique destructrice.
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Les ONG dénoncent la position de Bruxelles sur la pêche électrique

Selon l’association Bloom et des artisans-pêcheurs, la Commission européenne aurait travesti une expertise afin d’autoriser une pratique destructrice.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 12h42
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Sur la pêche comme sur d’autres sujets, le problème des expertises scientifiques est, semble-t-il, qu’elles ne sont pas toujours lues. En décembre 2006, la Commission européenne s’était prévalue d’un rapport d’experts pour réautoriser partiellement la pêche électrique, interdite depuis 1998 en Europe. Mais le rapport en question, rendu par le Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) européen, disait en réalité l’inverse de ce que l’exécutif européen lui faisait dire : loin de préconiser la remise en selle de cette technique controversée – qui consiste à envoyer des décharges électriques dans les fonds marins pour en déloger les poissons benthiques –, il mettait en garde contre ses effets potentiellement délétères sur les écosystèmes.
Mis au jour par l’association Bloom, spécialisée dans la lutte pour la préservation des océans, ce hiatus entre décision politique et expertise scientifique suscite la colère des ONG environnementales et de plusieurs associations d’artisans-pêcheurs. Lundi 8 janvier, une quinzaine de ces organisations ont adressé à Karmenu Vella, le commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche, une lettre demandant à ce que l’Union renonce à toute nouvelle concession aux flottes industrielles utilisant cette technique.
Celle-ci, activement soutenue par les Pays-Bas, est en effet revenue au centre de l’attention ces derniers mois, car un projet de règlement doit être voté par le Parlement européen en séance plénière le 16 janvier. Selon ses opposants, ce nouveau texte ouvre la porte, s’il est adopté, à une extension massive de cette technique de pêche, accusée de « transformer l’océan en désert », selon Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom.

« Scandale politique »
Découvert tardivement par Bloom, le rapport de 2006 du CSTEP a été, selon les associations, galvaudé par la Commission. « A la lumière de l’avis du CSTEP, il convient d’autoriser [en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Pékin tisse discrètement sa toile à Bruxelles

La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h00
    |

            Harold Thibault et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Rares sont les fonctionnaires européens à avoir franchi le seuil de ce superbe hôtel particulier rénové de frais, à quelques centaines de mètres seulement du Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Inauguré en 2015, le centre culturel chinois de la capitale belge affiche pourtant une programmation alléchante : séminaires sur la « culture chinoise ancienne », soirées cinéma avec sous-titres en anglais les lundis soir…
A l’image de ce lieu peu fréquenté malgré sa gratuité, la présence des Chinois à Bruxelles se fait discrète, mais croissante. Car Pékin – qui privilégie d’abord les relations bilatérales avec les capitales européennes – a aussi pris conscience de la nécessité d’investir le cœur de la machine communautaire. Surtout depuis que l’Union, sortant progressivement de sa naïveté à l’égard de son deuxième partenaire commercial, multiplie les dispositions réglementaires pour se protéger de ses visées expansionnistes.
Lundi 8 janvier, pour sa première visite officielle en Chine, Emmanuel Macron a salué les nouvelles routes de la soie, le projet colossal d’infrastructures cher au président Xi Jinping, tout en le mettant en garde contre une « nouvelle hégémonie » de la deuxième économie mondiale.
Trompeuses apparences
Fin décembre, au risque d’irriter Pékin, sont entrées en vigueur une série de dispositions pour renforcer les armes antidumping de l’Union et mieux préserver ses industriels d’une économie chinoise encore largement subventionnée. Anticipant ces changements, la Chine a porté plainte, fin 2016, auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la nouvelle méthodologie européenne de mise en évidence des cas de dumping.

On croise très rarement les médias officiels chinois au « midday », la conférence de presse quotidienne de la Commission. Les 27 journalistes chinois enregistrés officiellement à Bruxelles (à fin 2017), dont une bonne part travaillent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La première ministre britannique n’est pas parvenue à se donner un second souffle après l’échec des législatives de 2017. Les poids lourds restent en place, et plusieurs ministres lui ont même résisté.
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Affaiblie, Theresa May remanie son gouvernement sans trancher sur le Brexit

La première ministre britannique n’est pas parvenue à se donner un second souffle après l’échec des législatives de 2017. Les poids lourds restent en place, et plusieurs ministres lui ont même résisté.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h42
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

En pleine période de vœux, le remaniement ministériel auquel Theresa May a commencé de procéder, lundi 8 janvier, devait sonner comme l’annonce d’un renouveau. Après son échec électoral de juin, après ses reculades face à Bruxelles sur le Brexit, la première ministre britannique devait reprendre la barre et préciser le cap. Mais, prisonnière des divisions des conservateurs, affaiblie par la perte de sa majorité parlementaire, elle n’a fait que rafistoler une équipe toujours coupée en deux : d’un côté, les partisans d’un divorce brutal avec l’Union européenne; de l’autre, les défenseurs du maintien du maximum de liens avec le continent.
« Ce ne sont pas les heures les plus brillantes du numéro 10 [Downing Street] », a résumé un responsable tory. Dans le Telegraph, des députés conservateurs qualifient même d’« embarrassant » le scénario de la journée. Depuis la bérézina des législatives anticipées du printemps 2017, la première ministre n’a plus guère d’autorité sur son gouvernement. Elle en a donné une nouvelle fois le spectacle, se montrant incapable de congédier, et même de changer d’affectation ses ministres.
Non seulement les poids lourds du gouvernement restent en place, mais l’apport de sang neuf est très limité. Aux deux « hard brexiters » que sont Boris Johnson, ministre des affaires étrangères, et David Davis, ministre du Brexit, continueront de faire face les « proeuropéens » Philip Hammond, ministre des finances, et Amber Rudd, à l’intérieur.

Soucieuse de ne pas ébranler un fragile équilibre, Theresa May a choisi David Lidington, 61 ans, ancien ministre des affaires européennes, pour remplacer Damian Green, son bras droit au sein du gouvernement. En décembre 2017, M. Green, proeuropéen comme M. Lidington, avait été limogé après avoir menti à propos de la découverte, il y a dix ans, d’images pornographiques sur l’ordinateur de son bureau au Parlement. Un bon connaisseur de l’UE, disposant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En plein cœur de Varsovie, en octobre 2017, un citoyen de 54 ans s’est transformé en torche humaine pour protester contre l’évolution conservatrice de son pays.
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Piotr Szczesny, cet « homme ordinaire » qui s’est immolé pour réveiller la Pologne

En plein cœur de Varsovie, en octobre 2017, un citoyen de 54 ans s’est transformé en torche humaine pour protester contre l’évolution conservatrice de son pays.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 10h18
    |

            Alain Salles (Cracovie, Varsovie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est le « tombeau » symbolique d’un simple citoyen, un inconnu aux cheveux courts, au regard clair. Au cœur de Varsovie, devant le Palais de la culture, les bougies restent allumées en signe d’hommage. Des passants se recueillent devant cet autel improvisé, avec ses fleurs, ses pierres ornées de croix ou de cœurs. Des graffitis « RIP Piotr S. » sont inscrits sur le mur à côté de sa photographie. Autour du portrait, ces mots : « Moi, l’homme gris, ordinaire, j’aime la liberté. »
Piotr Szczesny avait 54 ans. Il s’est immolé ici même le 19 octobre 2017, dans un geste politique assumé, laissant au pays un acte d’accusation en quinze points qui débutait ainsi : « Je proteste parce que le pouvoir limite les libertés civiques. Je proteste parce que les gouvernants enfreignent les principes de la démocratie. Je proteste en particulier contre la destruction (en pratique) du Tribunal constitutionnel et la destruction du système de tribunaux indépendants. » Dans la Pologne de Jaroslaw Kaczynski, le tout puissant président du parti Droit et justice (PiS) au pouvoir depuis 2015, on peut mourir pour l’indépendance de la justice.

Cet homme « gris, ordinaire » était né en 1963 dans l’est du pays. Après des études de chimie à Cracovie, il s’y installe pour travailler dans la formation professionnelle. Avec son épouse, pharmacienne, ils ont eu deux enfants : Zofia, 28 ans, artiste, professeure à l’académie des arts de Cracovie, et Krzysztof, 24 ans, ingénieur en informatique. La famille habite à Niepolomice, une petite ville résidentielle située à 20 kilomètres de Cracovie. Amateur de poésie, Piotr Szczesny aime envoyer à ses amis des billets humoristiques pour la nouvelle année, mais au fond, il n’a guère le cœur à rire. Miné par une profonde dépression, il souffre devant l’évolution récente du pays. Sans pour autant participer aux manifestations contre le gouvernement – « Il n’aimait pas la foule », assurent ses enfants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le naufrage de plusieurs embarcations de fortune parties de Libye a tué dix migrants. Plus d’une cinquantaine de personnes sont toujours portées disparues.
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Naufrages meurtriers en Méditerranée

Le naufrage de plusieurs embarcations de fortune parties de Libye a tué dix migrants. Plus d’une cinquantaine de personnes sont toujours portées disparues.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 18h03
   





                        


Le naufrage d’embarcations parties de Libye vers l’Europe a causé la mort d’au moins dix migrants en Méditerranée, selon le dernier bilan transmis lundi 8 janvier. Plus d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles de jeunes enfants, sont toujours portées disparues.

   


Un premier canot est parti de Garabulli, à 50 kilomètres à l’est de Tripoli, dans la nuit de vendredi à samedi mais, au bout de 8 ou 9 heures, il a commencé à se dégonfler et à prendre l’eau. Dans la panique, beaucoup de personnes sont tombées à l’eau, tandis que d’autres ont attendu les secours, accrochées à ce qu’il restait du canot, avec les cadavres de leurs proches flottant alentour.
Prévenus par un avion de surveillance de la mission navale européenne antipasseur « Sophia », la marine et les gardes-côtes italiens ont pu sauver 86 personnes et récupérer les corps sans vie de six femmes et deux hommes.

        Lire aussi :
         

                Morts en Méditerranée : comment le drame des migrants s’est concentré en Italie



Plusieurs naufrages
Selon les survivants, qui ont rencontré des représentants du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de Médecins sans frontières (MSF) à leur arrivée lundi à Catane, en Sicile, le canot était parti avec 140 ou 150 personnes à bord. Cela fait au moins entre 40 et 50 disparus, dont quinze femmes et six enfants âgés de deux à six ans.
Selon l’OIM et le HCR, les migrants qui se trouvaient à bord de ce canot venaient de Gambie, de Guinée, du Sierra Leone, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Cameroun et du Nigeria.

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Dimanche, la marine libyenne est intervenue auprès de deux embarcations en détresse au large de la Libye, parties samedi soir, elles aussi, de Garabulli, récupérant 290 migrants et les corps sans vie de deux femmes. Les migrants ont été reconduits en Libye, où, selon l’OIM, ils ont signalé dix personnes disparues.
En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un décompte de l’OIM. Mais les tentatives de traversées sont en forte baisse depuis l’été, après les efforts italiens pour empêcher les migrants de prendre la mer, à la suite d’accords avec les autorités et les milices libyennes.



                            


                        

                        


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Formation d’un gouvernement en Allemagne : dépêchez-vous, Mme Merkel

Editorial. Les élections européennes de 2019 risquent de tourner au fiasco si les dirigeants allemands n’accélèrent pas à former un gouvernement.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 18h32
   





                        


Editorial du « Monde » C’est presque une routine : au lendemain de la trêve des confiseurs, nos voisins allemands ont repris, dimanche 7 janvier, les négociations qui leur permettront peut-être, au printemps, de parvenir à former un gouvernement, à moins que ces pourparlers n’échouent. Il n’y aurait alors d’autre solution que de tenir de nouvelles élections ; aucun gouvernement ne serait plus à espérer avant le deuxième semestre 2018, car, très probablement, de nouvelles négociations s’imposeraient pour construire une autre coalition.

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C’est l’infortunée situation dans laquelle le scrutin législatif du 24 septembre 2017 a plongé la chancelière Angela Merkel. Sa formation, les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU, en est sortie affaiblie avec seulement 33 % des voix, une contre-performance aggravée par la forte poussée du parti d’extrême droite AfD. Partenaire de la CDU dans la coalition sortante, le parti social-démocrate SPD a réalisé son pire score de l’après-guerre. Une première tentative de négociation en vue de former une coalition dite « Jamaïque », rassemblant la CDU-CSU, les libéraux du FDP et les Verts, a échoué en novembre. Mme Merkel s’est donc tournée vers le SPD, avec lequel elle mène jusqu’au 12 janvier des entretiens « exploratoires ». Si ces discussions se révèlent positives, d’autres négociations seront entamées le 22 janvier, au lendemain du congrès du SPD, pour élaborer le contrat de coalition.
Tout cela est d’une lenteur insupportable. On fera valoir, outre-Rhin, que les longues négociations de coalition sont une spécificité de la vie politique allemande, et que, même avec un gouvernement qui expédie les affaires courantes, l’Allemagne va très bien, merci. Une sorte de version germanique de Chi va piano, va sano, s’imposerait donc naturellement.
Dynamique européenne au point mort
Mais le temps n’est pas à la routine, ni même à se hâter lentement. L’Allemagne n’est plus seule, elle est le plus grand pays de l’Union européenne, par sa population et par sa puissance économique. Profondément arrimée à l’UE, elle joue un rôle essentiel dans la zone euro. L’infortunée situation qui a résulté des élections du 24 septembre n’affecte pas seulement la chancelière Merkel, mais l’Europe tout entière.
Ailleurs, les forces populistes ne désarment pas.
Elle affecte au premier chef la France, que nos amis allemands ont assez mise en garde au printemps 2017 contre une possible victoire de Marine Le Pen et des forces populistes aux élections de mai et juin. De tels choix, faisait valoir Berlin à juste titre, sonneraient le glas de la construction européenne. La victoire d’Emmanuel Macron, puis la vague parlementaire de La République en marche ont renversé la tendance, au grand soulagement de Berlin et de Bruxelles. M. Macron s’est mis au travail et a présenté, deux jours après le scrutin allemand, avec le discours de la Sorbonne le 26 septembre, ses propositions de refondation de l’Europe.
Depuis, le silence de Berlin est assourdissant. Angela Merkel est trop occupée pour répondre. La dynamique européenne créée par les élections françaises est au point mort. Ailleurs, les forces populistes ne désarment pas. Une autre échéance critique se profile, celle des élections législatives en Italie, le 4 mars. Les élections européennes de 2019 risquent de tourner au fiasco si l’Allemagne n’accélère pas. Si les dirigeants allemands sont capables de sortir de leur enfermement pour entendre un seul message, le voici : Beeilen Sie sich, Frau Merkel ! Dépêchez-vous, MmeMerkel !



                            


                        

                        


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Turquie : guerre des mots entre le président Erdogan et son ancien allié Abdullah Gül

L’ex-chef d’Etat est considéré comme un rival potentiel pour l’élection présidentielle de 2019.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h06
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La promulgation d’un décret-loi controversé a fait voler en éclats le fragile consensus existant entre l’actuel président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son prédécesseur, Abdullah Gül, tous deux fondateurs du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir depuis 2002.
Les dissensions entre l’actuel et l’ancien président ont éclaté au grand jour à la fin du mois de décembre 2017, juste après la publication du décret-loi n° 696 qui accorde l’immunité à tous les civils, quelle que soit la nature de leurs actes, dès lors qu’ils agissent au nom de l’antiterrorisme ou pour prévenir une tentative de renversement du gouvernement. Publié au journal officiel, le texte a suscité l’indignation de la classe politique, y compris celle d’Abdullah Gül.

Réagissant sur son compte Twitter, l’ancien président (2007-2014) a alors fustigé l’« ambiguïté » du décret-loi, « préoccupante », selon lui, au regard de la notion d’Etat de droit. « J’espère qu’il sera réexaminé afin d’éviter des développements susceptibles de nous attrister », a souhaité l’ancien compagnon de route du président Erdogan, qui vit aujourd’hui retiré de la vie politique.
Abdullah Gül a ouvertement critiqué l’« ambiguïté préoccupante » d’un texte de loi antiterroriste
Il n’en fallait pas plus pour irriter l’homme fort de Turquie. « C’est quoi ce défaitisme au moment même où nous sommes en train d’approfondir nos relations avec notre nation ? », a fulminé M. Erdogan lors d’une réunion de l’AKP à Düzce (à l’est d’Istanbul). « Ne sommes-nous pas des amis ? Comment peux-tu monter dans le bateau de Kemal ? », a-t-il insisté, en référence à Kemal Kiliçdaroglu, le responsable du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition, tout en se gardant de nommer directement M. Gül.
Cofondateur de l’AKP avec M. Erdogan, Abdullah Gül a souvent pris publiquement ses distances avec son ancien compagnon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’échec des pourparlers avec les Verts et le FDP est attibué à leur caractère trop public.
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Négociations à huis clos entre les conservateurs et le SPD

L’échec des pourparlers avec les Verts et le FDP est attibué à leur caractère trop public.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 10h43
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Les conservateurs allemands (CDU-CSU) en sont convaincus : s’ils ont échoué à former un gouvernement avec les libéraux (FDP) et les Verts après les élections législatives du 24 septembre 2017, cela tient notamment à la façon trop publique dont se sont déroulés les pourparlers. Avec les sociaux-démocrates, sur qui ils comptent désormais pour constituer une « grande coalition », ils ont décidé de procéder différemment.
A l’automne 2017, la CDU-CSU, le FDP et les Verts s’étaient donné un mois pour dire s’ils estimaient possible de gouverner ensemble. Pendant ce mois, les négociateurs des trois partis se sont largement exprimés dans les médias et sur les réseaux sociaux pour exposer leurs exigences et leurs griefs. Parallèlement, ils ont abondamment profité du balcon du bâtiment où avaient lieu leurs réunions, en face du Bundestag, à Berlin, pour se mettre en scène. Grâce aux cameramen et aux photographes postés face à ce fameux balcon pour saisir les jeux de regard et la géographie des apartés entre les uns et les autres, les Allemands ont pu suivre, pratiquement comme au spectacle, l’évolution des tractations.
Papier occultant sur les fenêtres
Cette fois, les dirigeants de la CDU-CSU et du SPD ont estimé que cinq journées suffiraient pour constater, ou non, la possibilité de s’entendre sur un programme de gouvernement. Au terme de ce délai, soit vendredi 12 janvier, l’idée est d’aboutir à un document de 6 à 8 pages listant les principaux points d’accord. Le 19 novembre 2017, le mois de pourparlers avait accouché d’un texte de travail de 61 pages qui, parce qu’il se voulait peut-être trop précis, se révéla finalement impossible à boucler. Enfin, les trente-neuf négociateurs de la CDU-CSU et du SPD ont été priés de se faire discrets sur les réseaux sociaux et dans la presse afin d’éviter que des expressions médiatiques intempestives ne compliquent les discussions à huis clos.

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La consigne a été respectée, dimanche 7 janvier, au premier jour des pourparlers. Après dix heures de discussions à l’abri des regards indiscrets – au point que du papier occultant avait été mis aux fenêtres derrière lesquelles elles avaient lieu, au siège du SPD –, seul un dirigeant social-démocrate a pris la parole devant les journalistes pour indiquer, au nom des trois partis, que les échanges avaient été « constructifs » et « ouverts », et que les participants partageaient la conviction suivante : « On ne peut pas simplement continuer comme avant, car les temps ont changé et cette nouvelle époque appelle une nouvelle politique (…) et un nouveau style politique. » Il n’en a pas dit davantage.



                            


                        

                        


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A la CDU, l’« après-Merkel » n’est plus tabou

Une nouvelle génération de conservateurs allemands, plus à droite, tente de s’affirmer face à la chancelière.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 20h14
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un sondage qui résume l’ambivalence de la situation où se trouve Angela Merkel, celle d’une chancelière affaiblie mais dont personne ne sait quand elle quittera le pouvoir ni à qui elle cédera la place à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Publiée jeudi 4 janvier, trois jours avant le début des pourparlers entre les conservateurs et les sociaux-démocrates en vue de la formation d’une « grande coalition », cette étude Infratest dimap pour la chaîne ARD est à la fois encourageante et embarrassante pour les prétendants à la succession de Mme Merkel. Encourageante, car 60 % des sympathisants de la CDU estiment que le temps est venu de renouveler la direction du parti. Embarrassante, car 70 % des électeurs conservateurs considèrent, malgré cela, que Mme Merkel doit continuer à diriger le gouvernement.
Cette situation donne au climat qui règne à l’intérieur de la CDU des allures de veillée d’armes. Après le résultat décevant des conservateurs aux élections législatives du 24 septembre 2017 (33 % des voix, leur plus mauvais score depuis 1949), quelques responsables locaux ont ainsi réclamé publiquement le départ de Mme Merkel. Certes, ils ne sont qu’une poignée, mais en raison de leur concomitance, leurs récents coups de colère sont le signe d’une impatience qui ne craint plus de s’exprimer au grand jour.
Parmi les élus et au sein de la direction du parti, personne n’a encore osé formuler une telle revendication. Mais, chez certains, l’évocation d’un après-Merkel ne semble plus être un sujet tabou. En témoignent les propos rapportés par le quotidien Bild, le 20 décembre 2017, selon lequel l’ancien président du Bundestag, Norbert Lammert, aurait expliqué à des proches que Mme Merkel ne saurait être à nouveau candidate à la chancellerie en cas d’échec des négociations avec le SPD et d’organisation de nouvelles élections. Ou encore l’entretien croisé accordé par Daniel Günther et Jens...




                        

                        

