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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Alors que le dialogue semble dans l’impasse, une nouvelle session de négociations en vue d’une solution à la crise du Venezuela s’ouvre jeudi en République dominicaine.
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Venezuela : le régime chaviste et l’opposition ont rendez-vous à Saint-Domingue

Alors que le dialogue semble dans l’impasse, une nouvelle session de négociations en vue d’une solution à la crise du Venezuela s’ouvre jeudi en République dominicaine.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h17
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



   


Les négociations entre le régime chaviste et l’opposition vénézuélienne ressemblent à un serpent de mer, à peine entrevu et aussitôt submergé par le flot des événements. Les deux parties ont rendez-vous à Saint-Domingue, les jeudi 11 et vendredi 12 janvier, pour un troisième round de discussions. Les deux premières sessions, en novembre et décembre 2017, n’avaient permis aucune avancée.
Depuis l’élection controversée de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela, en 2013, plusieurs autres tentatives de médiation ont échoué. En 2016, une amorce de dialogue avait eu lieu sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines. Mais le Saint-Siège semble, depuis, avoir jeté l’éponge. Dans une lettre sévère adressée au gouvernement, le Vatican a reproché à Nicolas Maduro de ne pas tenir ses engagements et d’avoir aggravé l’impasse avec son Assemblée constituante, élue le 30 juillet 2017 lors d’un scrutin sur mesure qui n’a pas été validé par la communauté internationale, et destinée à verrouiller davantage la marge de manœuvre infime des opposants.

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L’assignation à résidence de l’opposant Leopoldo Lopez, qui est resté enfermé plus de trois ans dans une prison militaire, est le seul résultat palpable obtenu par l’ancien président socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui a fait plusieurs voyages à Caracas pour jouer les médiateurs. Les opposants, qui le jugeaient trop dépendant de Nicolas Maduro, ont fini par le récuser.
Lorsque les contacts ont repris à Saint-Domingue en 2017, le Mexique et le Chili ont été choisis par l’opposition comme facilitateurs, tandis que le pouvoir faisait appel à ses alliés, la Bolivie et le Nicaragua. Ces tractations n’ont abouti qu’à la libération d’une quarantaine de prisonniers politiques à Noël. Les Mexicains et les Chiliens songent à quitter la table des négociations, faute d’avancées.
Le chavisme n’accepte pas l’alternance
Le Forum pénal vénézuélien, une association d’avocats qui est la référence en la matière, estime qu’il reste plus de 200 détenus politiques dans les prisons, parfois dans des conditions indignes. Ceux qui ont été relâchés sont toujours sous le coup d’une inculpation, alors que les tribunaux ne respectent pas les droits de la défense.
Cette question des prisonniers politiques est cruciale pour la crédibilité des négociations. Pour l’opposition, les fraudes orchestrées par les autorités lors des deux scrutins de 2017, l’Assemblée constituante et les régionales, rendent urgente une réforme du Conseil national électoral (CNE). D’autant que 2018 est l’année prévue pour la présidentielle.
Or, le chavisme n’accepte pas l’alternance politique. La large victoire des opposants aux élections législatives de 2015 a suscité un blocage institutionnel. Ni l’exécutif ni la Cour suprême, contrôlés par le pouvoir, ne reconnaissent le Parlement, où l’opposition est majoritaire. « Une révolution ne cède pas le pouvoir », martèlent les dirigeants. C’est dire l’enjeu et la difficulté d’obtenir un scrutin présidentiel équitable, honnête, sous surveillance internationale, ce que réclame l’opposition, et qui serait la seule chance pour elle de reprendre la main.
Difficulté supplémentaire, la recherche d’une issue négociée de l’impasse politique a lieu dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent. La famine, les pénuries, l’hyperinflation réduisent la base électorale du chavisme, mais déstabilisent aussi l’opposition, divisée, et qui ne parvient pas à donner un débouché politique à la grogne sociale.
Pression internationale et sanctions
Les opposants, mais aussi l’Eglise catholique et les chancelleries occidentales, demandent l’ouverture d’un « canal humanitaire » pour faire parvenir aux Vénézuéliens les plus vulnérables les aliments et les médicaments dont ils manquent cruellement. Le régime refuse, pour ne pas avouer son échec : puissance pétrolière, le Venezuela chaviste est devenu une nation plongée dans la misère et le dénouement.
L’immense majorité des opposants sont favorables à une négociation autour de ces objectifs : libération des prisonniers politiques, autorisation de l’aide humanitaire, rétablissement des prérogatives du Parlement, réforme du CNE et organisation d’une élection présidentielle sans fraude ni interdiction de candidatures, et avec des observateurs étrangers. Des francs-tireurs, comme l’ancienne député Maria Corina Machado ou l’ancien maire de Caracas Antonio Ledezma, qui a fui le Venezuela en novembre 2017, refusent néanmoins toute négociation avec le gouvernement, mais sans proposer une alternative.
Toutefois, la pression internationale et les sanctions n’ont pas amené le régime chaviste à négocier sérieusement. D’autant que son principal allié, Cuba, a toujours besoin du brut vénézuélien et des pétrodollars fournis par Caracas. Nicolas Maduro compte aussi avec le soutien de la Russie et de la Chine, prêts à lui accorder des rallonges contre la concession des ressources pétrolières et minières du pays.
La politologue Colette Capriles, de l’université Simon-Bolivar, a participé aux réunions de Saint-Domingue aux côtés des opposants. « Si la négociation échoue, nous, les Vénézuéliens, nous aurons tous des problèmes », assure-t-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Au moins 13 personnes sont mortes dans des crues et une coulée de boue, dans le sud de la Californie le 9 janvier.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.
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« Les droits de l’homme sont nécessaires à la bonne gouvernance du monde »

Pour l’essayiste Thierry Wolton, qui s’exprime dans une tribune au « Monde » à l’occasion du voyage d’Emmanuel Macron en Chine, mettre son drapeau dans sa poche est une trahison pour les peuples qui aspirent à la démocratie.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h01
    |

Thierry Wolton (Essayiste)







                        



                                


                            

Tribune. Ainsi, Emmanuel Macron n’a pas voulu donner de leçon sur les droits de l’homme à la Chine. Un courage qui fait de la morale en politique un principe à géométrie variable selon qu’un pays est riche et puissant ou pauvre et faible. Le président de la République avait pourtant bien commencé face à Poutine en début de quinquennat, ou plus récemment devant Erdogan. Le ton n’a pas été le même à Pékin, au point d’être inaudible. Lui-même semble objecter que s’il est en droit de faire des rappels à l’ordre sur ses terres, il n’a pas à se faire donneur de leçon à l’étranger.
Le silence assourdissant de l’Elysée lors de la réception de l’Egyptien Sissi, il y a quelques semaines, infirme le propos. Comme tous ses prédécesseurs, Macron s’abrite derrière les « intérêts supérieurs » de l’Etat pour oublier les plus élémentaires des principes démocratiques. La priorité donnée à la lutte contre l’islamisme, lorsqu’il reçoit Sissi, ou le rééquilibrage des échanges Paris-Pékin, lorsqu’il visite la Chine, justifient leur mise sous le boisseau. Depuis Henri de Navarre on sait que l’exercice du pouvoir vaut bien des renoncements.
Une forme de racisme
Pourtant, dans un monde fondé sur des rapports de forces, tel que le pratiquent justement les dirigeants chinois, n’est-ce pas en affichant ses valeurs et en s’y tenant qu’un pays existe et peut se faire respecter ? La France qui s’autoproclame volontiers « patrie des droits de l’homme » n’est-elle pas dans son rôle en s’en faisant la porte-parole ?

Ici, les contempteurs du « droit-de-l’hommisme », expression si méprisante, qui se féliciteront du réalisme macronien, oublient qu’ils jouissent de ces libertés qu’ils refusent à d’autres, ce qui est une forme de racisme, à bien y réfléchir. La vague de moralisation politique qui a suivi la chute du communisme à la fin du siècle dernier semble donc achevée, et les peuples encore sous le joug sont de nouveau laissés à leur sort comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le Bureau américain du renseignement naval précise que les 44 marins à bord du submersible, disparu des radars le 15 novembre 2017, sont morts instantanément.
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Le sous-marin argentin « San Juan » a implosé en « quarante millisecondes »

Le Bureau américain du renseignement naval précise que les 44 marins à bord du submersible, disparu des radars le 15 novembre 2017, sont morts instantanément.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h00
   





                        


Près de deux mois après la disparition du ARA San Juan, les circonstances de l’accident du sous-marin argentin sont désormais établies. Le signal acoustique détecté le 15 novembre 2017 est bien lié à la disparition du submersible, affirme dans un rapport le Bureau américain du renseignement naval (US Office of Naval Intelligence, ONI).

Analysis of Acoustic Detection of the loss of the Argentine Submarine #ARASanJuan by US Office of Naval Intelligence https://t.co/UCHjR8jQae— NavyLookout (@NavyLookout)


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L’ONI, qui s’appuie sur les données recueillies par l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, précise ainsi que le bruit enregistré ce 15 novembre 2017 a bien été produit par l’implosion du San Juan à une profondeur d’environ 400 mètres, libérant une énergie équivalente à celle produite par une explosion de près de six tonnes de TNT.
« Ils n’ont pas souffert »
La coque du submersible a été, du fait de la pression à cette profondeur, entièrement pulvérisée en « 40 millisecondes », note le rapport du Bureau américain du renseignement naval, et a sombré « verticalement » à une vitesse de 10 à 13 nœuds. Impossible donc, selon l’organisme américain, que les 44 marins argentins à bord du San Juan se soient rendu compte de la survenance de l’implosion. « Ils n’ont pas souffert, ils ne sont pas morts noyés. Leur mort a été instantanée », précise l’ONI.
Une précision qui aura du mal à taire la peine et la colère des familles des victimes qui, un temps maintenues dans l’espoir de retrouver leurs proches vivants, puis plongées dans le désespoir par la nouvelle de l’abandon des recherches, s’étaient indignées du traitement de la catastrophe par les autorités du pays. La disparition du sous-marin, acheté en Allemagne en 1985, avait également entraîné une polémique en Argentine sur l’état des bâtiments de la marine, certains l’expliquant par la réduction continue du budget militaire, quand des voix critiques n’hésitaient pas, elles, à imputer à la corruption endémique en Argentine les raisons de la déliquescence des navires argentins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Lors de la cérémonie des Golden Globes, dimanche, la célèbre présentatrice américaine a marqué les esprits par un puissant discours contre les violences faites aux femmes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.
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Avec la Chine, « Macron n’a pas choisi de faire des libertés un cheval de bataille »

Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h22
   





                        



   


Emmanuel Macron a terminé, mercredi 10 janvier, sa première visite d’Etat en Chine. Dans un tchat avec les internautes, le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti, a fait le point sur les enjeux et le bilan de cette rencontre.
CB : A part l’usine d’Areva pour le retraitement de déchets radioactifs, les autres contrats ont-ils quoi que ce soit d’exceptionnel ? Par ailleurs, quelle est la perception d’Emmanuel Macron par l’opinion publique chinoise ?
Brice Pedroletti : Non, les contrats n’ont rien d’exceptionnel, il y a beaucoup d’accords de coopération dans de nombreux domaines. Le contrat de l’usine de recyclage n’est pas signé encore. Toutefois, il devrait l’être d’ici six mois et porte sur 10 milliards d’euros. Emmanuel Macron a revendiqué qu’il n’était pas là pour faire des annonces chiffrées, mais pour accompagner, faire avancer des dossiers – au contraire du président américain, Donald Trump. On reproche souvent aux dirigeants occidentaux la diplomatie des contrats. M. Macron veut prendre ses distances avec cette dernière.
Sur la question de la perception de M. Macron, elle est plutôt positive car les Chinois sont friands de vedettes politiques. Les leurs sont ternes. Emmanuel Macron, c’est un spectacle, un homme jeune, brillant, avec une histoire de couple peu commune qui fascine.
Momo : La Chine va-t-elle devenir un partenaire stratégique de l’Etat français et investir dans des grands projets d’infrastructures dans l’Hexagone, comme c’est le cas au Royaume-Uni dans le nucléaire ? Dans ce cas, le transfert de technologies opéré contre des investissements favorise-t-il les grandes entreprises françaises de ces secteurs ou les fragilise-t-il ?
L’un des messages exprimés par le président est qu’il fallait définir un périmètre de domaines stratégiques à protéger, au niveau de la France et de l’Europe, et qu’il fallait une stratégie européenne collective et cohérente. La logique de M. Macron a été de dire que la Chine ne respecte pas ces pays qui ouvrent trop grand leurs portes. En même temps, on se rappelle le cas de l’aéroport de Toulouse, cédé en partie à un actionnaire chinois au sujet duquel subsistent des doutes en matière de probité. Cette opération, décidée par l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, fut appliquée par Emmanuel Macron au moment où il a pris sa suite à Bercy. On peut se demander si c’était le bon choix.
M. Macron a rappelé que la France avait beaucoup plus investi en Chine que la Chine en France, donc les investissements chinois sont certainement bienvenus en France.

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Lulu : Les dérives autoritaires du régime chinois risquent-elles d’entraîner une modification des relations sino-françaises, M. Macron étant très attaché au respect des droits de l’homme ?
Le caractère autoritaire, dictatorial du régime chinois fait partie des données de départ avec la Chine. Depuis Xi Jinping, on assiste, il est vrai, à un autoritarisme de plus en plus abusif. Voire une tentation totalitaire. La société civile est violentée, brutalisée, dans des proportions sous-estimées. M. Macron, s’il y est attaché, n’a pas pris le parti d’en faire un cheval de bataille. On est toujours sur la même ligne : la Chine est trop importante comme partenaire, comme marché. On parle de nos différences, mais sans la provoquer ni la fâcher.
Les voyages officiels dans le pays hôte ne sont pas, pour un chef d’Etat invité, le meilleur moment pour soulever des questions sensibles, comme le sort de la veuve du dissident Liu Xiaobo, placée en résidence surveillée. On a vu Emmanuel Macron être caustique avec MM. Poutine et Erdogan lors de leur venue en France. Attendons de voir si, à la faveur d’un cas particulier ou d’un événement, il ose dire les choses plus franchement à Xi Jinping.

   


Alexia : A M. Xi, comme au président égyptien Sissi, Macron a refusé de « donner des leçons » sur les droits de l’homme. Est-ce que vous pensez qu’en Chine, la stratégie d’en parler « en tête à tête » est vraiment plus efficace que d’en parler publiquement, comme le président français l’a fait valoir ?
Pour un premier voyage en Chine, il aurait été difficile d’en parler de manière très directe. En même temps, les Chinois ont longtemps eu l’habitude que les dirigeants étrangers s’expriment sur ce dossier face à leur presse quand ils étaient chez eux, c’était un peu un mal nécessaire de leur point de vue. L’ennui, c’est que la Chine est devenue tellement agressive que même ce genre de déclarations, qui n’avaient pas grande efficacité, est devenu rare. Mais moins on ose, plus on passe sous silence ces questions.
On se dit qu’il serait mieux pour les dirigeants occidentaux d’en parler chez eux, sans aucune retenue, quand un cas se pose : comme la mort de Liu Xiaobo, la condamnation de tel ou tel avocat. Mais ça aussi, ils osent de moins en moins le faire par peur des représailles. Dans le monde occidental, c’est Angela Merkel qui a pour l’instant été la plus active, la plus franche sur ces questions. Et ça paie en partie.
Autre tactique : la libération de l’artiste Ai Weiwei avait été obtenue en 2011 par une lettre conjointe des trois dirigeants européens, le Français, l’Allemand et l’Anglais. Ces actions communes devraient être plus fréquentes, elles peuvent avoir des résultats. Sinon, comme pour le dalaï-lama, la Chine punit le pays qui s’est « mal tenu » et privilégie ses rivaux, qui croient obtenir des avantages.

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Célia : Le président Macron a-t-il évoqué la situation de la Corée du Nord ?
Oui, il en a parlé avec le président Xi et dans ses déclarations publiques. Le message qu’il a fait passer est que la France et la Chine ont des responsabilités, en tant que membres du Conseil de sécurité des Nations unies, en matière de contrôle de la prolifération nucléaire. Il a aussi affiché son soutien à la Chine dans la tâche qui lui incombe d’appliquer des sanctions, puisqu’elle est le plus gros partenaire de la Corée du Nord. Il s’est aussi félicité de la désescalade entre le Nord et le Sud par le sport, avec la participation de Pyongyang aux JO d’hiver de Pyeongchang, et a jeté plusieurs piques en direction de Donald Trump, très volatil sur cette question.
Nicki : Le fait qu’Emmanuel Macron a déclaré qu’il comptait revenir tous les ans en Chine ne reflète-t-il pas le déséquilibre entre ces deux nations ? Le président chinois a-t-il pour habitude de se déplacer à l’étranger ?
M. Xi s’est beaucoup déplacé durant son premier mandat de cinq ans. On peut imaginer qu’il aille une fois par an en Europe (souvent dans plusieurs pays), mais pas une fois par an en France. Ce n’est pas forcément un déséquilibre. Sous François Hollande, le principe avait été d’alterner. Cela avait été plus ou moins tenu, grâce aux sommets (COP21, G20). Angela Merkel se rend une fois par an en Chine – l’un des meilleurs clients de l’Allemagne. Il faut voir si, pour M. Macron, le jeu en vaut la chandelle. Il va peut-être s’apercevoir qu’il lui faudrait aussi soigner d’autres relations en Asie, comme avec le Japon, le Vietnam, l’Inde.
AM : D’Emmanuel Macron ou de Xi Jinping, qui avait le plus à gagner dans cette rencontre en termes d’image ?
Xi Jinping n’avait pas beaucoup à perdre, et n’a rien gagné : il est égal à lui-même, il assume son autoritarisme, son style de dirigeant communiste qui ne sort pas du cadre – d’ailleurs, il avait fait un peu plus d’efforts face à M. Obama pour apparaître dans le coup. Emmanuel Macron a plutôt bien réussi son show, dirait-on, avec des discours très inspirés, très riches de sens. L’idée d’offrir à la Chine un cheval de la garde républicaine est aussi assez forte, elle ne laisse personne indifférent, surtout quand on pense à la diplomatie du panda que Pékin utilise pour entretenir sa proximité avec des pays amis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.
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La journaliste la plus redoutée de Chine, Hu Shuli, prend une semi-retraite

Figure de la presse chinoise, la fondatrice du magazine « Caijing », puis du groupe Caixin Media, a révélé des affaires de corruption, repoussant les limites de la censure officielle.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
    |

            François Bougon








                        


La journaliste la plus redoutée de Chine a décidé de prendre du recul. A quelques jours de ses 65 ans, Hu Shuli abandonne son poste de rédactrice en chef. Dans un communiqué, le groupe de presse Caixin Media, qu’elle a fondé en 2009, a annoncé, mardi 9 janvier, sans plus de détails, qu’elle continuerait cependant à s’occuper du « développement stratégique et des prises de décision majeures ».
Hu Shuli est une figure du journalisme chinois. De la même génération que le numéro un chinois, Xi Jinping – comme lui, elle a été envoyée à la campagne pendant la Révolution culturelle –, elle a couvert avec entrain les débuts de la réforme économique dans son pays, à partir de la fin des années 1970. Elle interviewe des jeunes gens, pour certains revenus des universités américaines, qui formeront, des années plus tard, l’élite économique et politique du pays.

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Dévoiler la face sombre des « trente glorieuses chinoises »
Si Hu Shuli a commencé dans la presse officielle, elle se fait un nom avec le magazine Caijing (« finances et économie » en chinois), qu’elle crée en 1998. Il devient une référence et se distingue par un journalisme offensif, qui traque la corruption des grands groupes et repousse les limites de la censure officielle. La journaliste dévoile ainsi la face sombre des « trente glorieuses » chinoises. En 2003, défiant les consignes officielles, Caijing enquête sur l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont le pouvoir communiste cherchait à minimiser l’ampleur.

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A la suite d’un conflit interne, Hu Shuli quitte Caijing pour créer un autre groupe de presse, Caixin. Même succès. Du président Xi Jinping, elle soutient la lutte anticorruption. C’est Caixin qui révèle ainsi les pratiques douteuses de l’assureur Anbang et de son patron, Wu Xiaohui. Mais elle n’hésite pas à critiquer le renforcement du contrôle de la presse. En 2016, la journaliste dénonce sur son site la censure d’un article plaidant pour la liberté d’expression. Aux oreilles de certains, sa semi-retraite sonne comme l’amère victoire des censeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.
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édition abonné


« L’innovation, nouveau chapitre de la “success story” chinoise »

Dans cette chronique, les économistes américains Johnson et Ruane déplorent que la politique protectionniste de l’administration Trump n’ait pas suffisamment pris en compte le dynamisme en matière de recherche et développement (R&D) de la Chine.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 16h41
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Simon Johnson (Professeur à la Sloan School of Management du Massachusetts Institute of Technology (MIT)) et Jonathan Ruane (Maître de conférences ...







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. La Chine a immensément progressé depuis 1978, date à laquelle Deng Xiaoping a lancé la transition vers une économie de marché. Son PIB a augmenté chaque année de 10 % en moyenne, remodelant le commerce mondial et la propulsant au rang de deuxième puissance économique de la planète. Cette réussite a permis d’extraire de la pauvreté quelque 800 millions d’individus, et de diviser par deux, entre 2006 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. La question est désormais de savoir si le pays atteindra le statut de leadeur mondial de l’innovation dès 2018, ou un peu plus tard…
En 2016, la Chine a exporté 13 % du total des exportations mondiales
Cette transformation s’est fondée sur un boom sans précédent du secteur manufacturier. En 2016, la Chine a exporté plus de 2 000 milliards de dollars (1 680 milliards d’euros) de marchandises, soit 13 % du total des exportations mondiales. Elle s’est modernisée par des investissements massifs en infrastructures. En moins de dix ans, son réseau TGV, le plus vaste au monde, a dépassé les 22 000 kilomètres. Sa consommation annuelle augmentera d’environ 2 000 milliards de dollars d’ici à 2021.
Début décembre 2017, le PDG d’Apple, Tim Cook, déclarait : « La Chine a cessé d’être un pays à faible coût de main-d’œuvre il y a de nombreuses années. Ce n’est plus la raison pour laquelle beaucoup viennent en Chine. » Les points forts du secteur manufacturier chinois sont désormais un savoir-faire de production avancé et de solides réseaux de chaîne d’approvisionnement.
« Nation innovante »
Les dirigeants chinois entendent gravir toujours plus haut la chaîne de valeur. Le 13e plan quinquennal (mai 2016) a pour objectif de faire du pays une « nation innovante » d’ici à 2020, un « leadeur international de l’innovation » d’ici à 2030, et une « grande puissance mondiale de l’innovation scientifique et technologique » d’ici à 2050....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le principal changement consiste en la restauration du scrutin présidentiel à deux tours qui avait été abandonné en 2003.
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Décryptage

Le Congrès gabonais s’apprête à adopter la réforme constitutionnelle

Le principal changement consiste en la restauration du scrutin présidentiel à deux tours qui avait été abandonné en 2003.

Par                                            Sophie Motte




LE MONDE
              datetime="2018-01-10T14:40:10+01:00"

        Le 10.01.2018 à 14h40






    
Le président Ali Bongo Ondimba, le 26 novembre 2016, peu après sa réélection controversée, à son arrivée au 16e sommet de la Francophonie à Antananarivo.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA/AFP


Fruit d’un compromis entre députés et sénateurs, la version définitive de la révision constitutionnelle devait être votée, mercredi 10 janvier, par le Congrès gabonais. Contestée par l’opposition, qui dénonce une « monarchisation du pouvoir », cette révision modifie une quarantaine d’articles. Le vote du jour ne devrait être qu’une formalité pour le président Ali Bongo Ondimba, dont le Parti démocratique gabonais est largement majoritaire au sein des deux Chambres.
Sa réélection, en 2016, a été entachée de fraudes et les violences post-électorales meurtrières sont toujours présentes dans l’esprit des Gabonais. Au-delà de l’aspect formel de cette réforme constitutionnelle se pose la question de sa portée réelle alors que domine la défiance vis-à-vis d’institutions contrôlées, depuis cinquante ans, par la famille Bongo, père et fils. Voici les principaux points de cette révision constitutionnelle.
Scrutin à deux tours pour la présidentielle
« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant l’annonce des résultats, à un second tour. » La proposition de loi présentée devant le Congrès modifie en ces termes l’article 9. Le scrutin uninominal à deux tours pour la présidentielle devrait donc faire son grand retour dans la Constitution après avoir été abandonné lors de la révision constitutionnelle de 2003.

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Souhaité par beaucoup d’opposants, l’abandon du scrutin unique est un moyen d’apaiser les contestations post-électorales. L’instauration d’un second tour empêcherait un président d’être élu avec un faible suffrage et lui conférerait ainsi une plus forte légitimité démocratique. C’est également offrir une plus grande ouverture à l’alternance politique dans ce pays, à condition de respecter l’ensemble des règles électorales préalablement établies.
Réélection
Alors que l’opposition demande en force la limitation des mandats présidentiels, la nouvelle rédaction de l’article 9 est claire : « Le président de la République est élu pour sept ans au suffrage universel direct. Il est rééligible. » Les opposants espéraient un retour à la version initiale de la Constitution datant du 26 mars 1991 qui limitait à deux le nombre de mandats successifs. Une limitation qui avait vite disparu grâce à une révision en 1997. Rien ne devrait donc empêcher Ali Bongo Ondimba de se présenter, pour la troisième fois, à la prochaine élection présidentielle prévue en 2023.
Principe de la cohabitation
« En cas de changement de majorité à l’Assemblée nationale, la politique de la nation est conduite par le gouvernement en concertation avec le président de la République. » L’article 28 modifié formalise, pour la première fois, la possibilité d’une cohabitation au sommet de l’Etat gabonais. Un ajout inévitable au regard de la victoire courte et controversée d’Ali Bongo Ondimba lors de l’élection présidentielle du 27 août 2016.

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L’opposition se trouve en bonne place pour remporter les futures législatives fixées en avril et ainsi ouvrir la voie au premier gouvernement de cohabitation. Néanmoins, le nouvel article 8 stipule à présent que le président de la République « détermine la politique de la nation ». La mention « en collaboration avec le gouvernement » a disparu. Cela pose la question de la réelle collaboration qui pourrait s’exercer entre le gouvernement et le président au cours d’une période de cohabitation.
Prestation de serment
Les membres du gouvernement et les commandants en chef des forces de défense et de sécurité devront désormais prêter serment devant le président de la République. Des dispositions qu’avaient écartées les sénateurs dans un premier temps, mais qui finalement sont toujours présentes dans le projet de loi soumis au vote mercredi 10 janvier. Ministres et commandants en chef des forces de défense et de sécurité seront donc soumis à « des obligations de loyauté et de fidélité à l’égard du chef de l’Etat », comme le stipulent les termes du serment qu’ils devront prononcer.
Création de la Cour de justice de la République
« La Cour de justice de la République est une juridiction d’exception. » L’article 81 annonce la création de cette nouvelle juridiction d’exception chargée de juger le vice-président de la République, les présidents et vice-présidents des institutions constitutionnelles, les chefs des hautes cours et les membres de la Cour constitutionnelle pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Elle sera composée de treize juges : sept magistrats désignés par le Conseil supérieur de la magistrature et six membres du Parlement.
En réalité, il s’agit de la même composition que l’actuelle Haute Cour de justice qui était jusqu’à maintenant chargée de régler ces conflits. Cette dernière se cantonnera désormais à juger uniquement le président de la République en cas de violation du serment ou de haute trahison grâce à une toute nouvelle composition : 21 membres, dont les 9 membres de la Cour constitutionnelle et 12 autres désignés au sein du Parlement.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h41
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            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des centaines de femmes originaires du Nigeria sont victimes des réseaux de prostitution européens. Trois d’entre elles, qui tentent de sortir de cet enfer grâce un atelier de couture, témoignent.
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Jude, migrante nigériane : « Quand tu te prostitues, ta vie ne tient qu’à un fil »


Par                                            Emile Costard




LE MONDE
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        Le 10.01.2018 à 13h10

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        Mis à jour le 10.01.2018 à 13h42






Durée : 06:44 | 

Originaires de Benin City, une ville située dans l’Etat d’Edo, dans le sud-ouest du Nigeria, Jude, Ellen et Blessing racontent au Monde Afrique l’histoire d’une fausse promesse : celle de l’espoir d’une vie meilleure en Europe. Comme elles, plusieurs centaines de femmes partent chaque année pour se retrouver finalement sur le trottoir en France, en Italie, en Grèce ou en Allemagne, au péril de leur vie. A Paris, l’association Aux captifs, la libération les aident à apprendre le métier de couturière pour sortir des réseaux de traite des êtres humains.


                

                     Tunisie : des manifestations anti-austérité émaillées de heurts

                

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                     Qui est Mohamed Salah, le Ballon d’or africain 2017 ?


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Ankara a convoqué, mardi 9 janvier, les ambassadeurs d’Iran et de Russie pour protester contre l’offensive menée par l’armée syrienne et l’aviation russe dans la région d’Idlib
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Syrie : l’alliance Russie-Iran-Turquie est plus fragile que jamais

Ankara a convoqué, mardi 9 janvier, les ambassadeurs d’Iran et de Russie pour protester contre l’offensive menée par l’armée syrienne et l’aviation russe dans la région d’Idlib



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h37
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            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Ulcérée par l’offensive menée par le régime de Damas dans la région d’Idlib (nord-ouest de la Syrie), la Turquie a convoqué, mardi 9 janvier, les ambassadeurs d’Iran et de Russie au ministère des affaires étrangères, à Ankara. Il s’agissait de leur dire l’« embarras » turc face à la « violation des frontières de la zone de désescalade d’Idlib » telle qu’elle avait été définie au printemps 2017, lors d’un accord tripartite à Astana (Kazakhstan). Les deux diplomates ont été priés de demander à leurs pays respectifs de faire pression sur Damas pour en finir avec les opérations militaires à Idlib.
Depuis octobre, le régime syrien mène, avec l’appui de l’aviation russe, une offensive dans le sud-est de la province. Sous le contrôle d’une multitude de groupes rebelles dominés par l’ex-Front Al-Nosra (filiale syrienne d’Al-Qaida), la région d’Idlib abrite 2,6 millions de personnes, dont plus d’un million de déplacés en raison du conflit. Forte du soutien militaire de ses alliés russe et iranien, l’armée de Bachar Al-Assad a conquis une centaine de villages de la province et cherche désormais à prendre le contrôle de la route qui relie Damas à Alep, ainsi que de la base d’Abou Al-Douhour, tenue par les rebelles. Les opérations militaires ont jeté des milliers de civils sur les routes, toujours plus près de la frontière turque. Or, la Turquie, qui héberge déjà 3 millions de réfugiés syriens, ne veut pas d’un nouvel afflux, quand bien même sa frontière est fermée à double tour.
« Sous le couvert de la lutte contre Al-Nosra, les forces du régime frappent aussi les rebelles modérés, a déploré, mardi, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Çavusoglu, non sans mettre en garde l’allié russe. Cette attitude pourrait saboter le processus de règlement politique » du conflit.
Postes d’observation à Idlib
Les 29 et 30 janvier, un sommet doit réunir, à Sotchi, la station balnéaire russe des bords de la mer Noire, le régime...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président français a effectué sa première visite officielle en Chine du 8 au 10 janvier.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Richard Liu, PDG du numéro deux du e-commerce de détail chinois, a signé, mardi, à Pékin un accord de coopération avec Business France.
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JD.com veut importer davantage de produits alimentaires français

Richard Liu, PDG du numéro deux du e-commerce de détail chinois, a signé, mardi, à Pékin un accord de coopération avec Business France.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h26
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Le rééquilibrage du commerce extérieur français avec la Chine (15 milliards d’euros d’exportations pour 45 milliards d’importations) passera-t-il par le commerce en ligne ? C’est ce que laissent espérer les ambitieux projets du géant chinois de l’e-commerce, JD.com. Son PDG, Richard Liu (Liu Qiangdong), a signé mardi 9 janvier à Pékin un accord de coopération avec Business France, l’agence publique créée pour favoriser l’internationalisation de l’économie française, afin de vendre pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois au cours des deux prochaines années.
Le patron chinois s’est engagé également à acquérir pour 100 millions d’euros de technologie de triage auprès du groupe d’ingénierie industrielle français Fives. JD.com est le numéro deux de l’e-commerce de détail en Chine, derrière Tmall, la filiale d’Alibaba. Après avoir installé son siège français dans de grands bureaux, avenue George-V à Paris, JD.com va prochainement annoncer l’arrivée d’un directeur général pour son activité en France et y ouvrir une centrale d’achats en 2018, a promis son président.
Ces accords ont été signés en présence du président Emmanuel Macron, en visite d’Etat en Chine, sur le site de l’incubateur Soho 3Q. Avec une base annoncée de 266 millions de consommateurs chinois actifs, JD.com vend de plus en plus de produits étrangers par le biais des nouvelles zones d’entrepôts sous douane conçues pour favoriser l’e-commerce transfrontalier dans une dizaine de villes chinoises.
Les produits concernés sont moins lourdement taxés et exemptés d’une partie des procédures d’homologation. « Nous n’avons pas besoin de faire les tests animaux pour les cosmétiques que nous importons de cette manière », précise le PDG du géant de l’e-commerce. Certains autres cosmétiques proposés par JD.com sur son site sont déjà distribués en Chine et font, eux, l’objet de contrats de distribution avec une marque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Une journaliste indienne a affirmé avoir eu besoin de dix minutes et moins de 7 euros pour accéder aux données de plus d’un milliard d’Indiens. L’agence gouvernementale responsable du fichier a déposé plainte.
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Soupçons de brèche dans le mégafichier d’identité indien : le gouvernement contre-attaque

Une journaliste indienne a affirmé avoir eu besoin de dix minutes et moins de 7 euros pour accéder aux données de plus d’un milliard d’Indiens. L’agence gouvernementale responsable du fichier a déposé plainte.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h50
    |

                            Pierre-Olivier Chaput








                        


Le gouvernement indien a déposé plainte, après un article du quotidien indien The Tribune, dont l’auteure affirme s’être procuré un accès à l’immense base de données gouvernementale, rassemblant les informations personnelles et biométriques de près de 1,2 milliard de personnes.
La journaliste Rachna Khaira expliquait, mercredi 3 janvier, qu’il lui avait fallu dix minutes et 500 roupies (moins de 7 euros), versées à un inconnu rencontré sur WhatsApp, pour obtenir un accès au moteur de recherche de cette base de données. Chaque résident indien se voit attribuer un numéro Aadhaar, un identifiant personnel et unique, qui a donné son nom à ce gigantesque fichier. La journaliste assure qu’elle pouvait entrer n’importe quel identifiant et obtenir le nom, l’adresse, le code postal, la photo, l’adresse e-mail, ainsi que le numéro de téléphone correspondants.
La journaliste raconte aussi comment on lui a donné, pour 300 roupies supplémentaires, un logiciel censé permettre l’impression de cartes Aadhaar – le document qui prouve sa présence dans la base de données et peut servir de preuve d’identité – à partir de n’importe quel numéro entré dans la base.
Qui plus est, le site d’information indien The Quint a, de son côté, affirmé peu après qu’il était possible d’acquérir des comptes administrateur sur la base de données, permettant de créer autant de comptes que souhaité, y compris d’autres comptes administrateur.
Un fichier critiqué
Le projet Aadhaar (« fondation » en hindi), introduit en 2009, est le plus grand relevé d’identité numérique au monde. En plus des informations listées ci-dessus, les habitants doivent fournir leurs empreintes digitales et d’iris.
L’inscription dans la base de données n’est pas obligatoire, mais l’utilisation d’une carte Aadhaar est devenue essentielle pour avoir accès à un nombre grandissant de services, comme des assurances, des services sociaux ou encore des inscriptions scolaires. Critiqué par les ONG qui défendent le droit à la vie privée depuis sa mise en place, le projet s’est régulièrement retrouvé sous le feu des projecteurs pour des fuites de données et des obstacles judiciaires. Sans toutefois l’empêcher de poursuivre son extension.

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                En Inde, le respect de la vie privée devient un droit fondamental



Après la publication de l’article de The Tribune, l’Autorité indienne de l’identification unique (UIDAI, Unique Identification Authority of India), organisme gouvernemental qui gère la collecte et la conservation des données, a déposé une plainte par l’intermédiaire de l’un de ses responsables. Le document cite la journaliste qui en est l’auteure et le journal, mais pas seulement. Des sources contactées par Rachna Khaira au cours de son investigation sont citées comme « ayant accédé sans autorisation » à la base de données, « en connivence avec une association de malfaiteurs ». Un gradé policier a confirmé dans le journal The Indian Express l’ouverture d’une enquête.
L’existence de la brèche contestée
Le ministre indien de la justice et des nouvelles technologies, Ravi Shankar Prasad, a déclaré que la plainte ne visait personne en particulier, et que son gouvernement restait attaché à la liberté de la presse.
En parallèle, l’UIDAI soutient qu’il n’y a pas eu de brèche dans la sécurité, car l’accès décrit dans l’article servirait à gérer les réclamations des citoyens et consommateurs, et ne permettrait en aucun cas d’avoir accès aux données biométriques contenues dans la base de données.
Plusieurs associations indiennes de journalistes ont apporté leur soutien à Rachna Khaira et dénoncé une manœuvre d’intimidation et d’obstruction de la part de l’UIDAI à travers cette plainte. Edward Snowden a fait de même via son compte Twitter. Le lanceur d’alerte estime que les journalistes ayant révélé la faille « méritent une récompense et pas une enquête » et pointe du doigt l’UIDAI qu’il juge responsable de la destruction de la vie privée d’un milliard d’Indiens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Test chinois pour Macron et « l’Europe qui protège »

Editorial. Pour son premier voyage en Chine, du 8 au 10 janvier, le président français a souhaité insister sur la réciprocité souhaitable entre les deux pays.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 12h39
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Réciprocité : ce devait être le maître mot du premier voyage du président Emmanuel Macron en Chine, du 8 au 10 janvier. Un coup d’œil à la balance commerciale franco-chinoise permet en effet de comprendre l’urgence d’un rééquilibrage.
Le déficit commercial a coûté à la France un demi-point de croissance en 2017 ; une bonne part du déséquilibre provient de la Chine. Non seulement la France n’exporte pas assez, mais les Chinois investissent dix fois moins en France que les Français en Chine. Entre la Chine et la France, la puissance de feu est inégale. Raison de plus pour poser quelques règles.
Il a donc bien été question de réciprocité pendant cette visite, dont la conduite, en réalité, a davantage rappelé la méthode de la chancelière Merkel que celle des précédents présidents français : un séjour de trois jours, y compris hors de Pékin, plutôt que des sauts de puce, la promesse de retour chaque année, la priorité donnée aux relations économiques.
Compte tenu de la paralysie diplomatique actuelle d’Angela Merkel, enlisée dans ses négociations de coalition, M. Macron n’a pas hésité à se poser en porte-parole de l’Europe ; ce n’était pas inutile, tant Pékin sait mettre à profit les divisions au sein de l’UE.

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La tâche du « parler vrai » et la défense de « l’Europe qui protège » sont, cette fois, revenues au ministre de l’économie, Bruno Le Maire. « On accepte des investissements sur le long terme, pas des investissements de pillage », a-t-il averti. Le mot de « pillage » est fort, mais il a le mérite de la clarté : dans leur soif d’investissements en Europe, les Chinois visent volontiers les secteurs sensibles, surtout s’ils sont prometteurs de transferts de technologies.
Ouverte à tous vents, l’Europe a trop longtemps toléré ce « pillage ». Elle s’est « réveillée il y a quelques mois », a reconnu M. Macron. Bruxelles cherche en effet à protéger les intérêts stratégiques européens face aux investisseurs étrangers.
Sourire convenu
Si Emmanuel Macron a répété que le but de ce voyage n’était pas de « venir chercher un maximum de contrats avec des montants affichés très élevés », qui ne correspondent pas toujours à la réalité, il a tout de même cédé à la tentation d’annoncer une traditionnelle moisson de coopérations. Parmi les plus visibles figurent la commande de 184 Airbus A320 et l’accélération de la production de cet appareil dans l’usine de Tianjin.
L’énergie est aussi en bonne place, avec la promesse de la construction d’une usine de traitement et de recyclage des combustibles nucléaires usagés. Ce contrat, d’un montant estimé de 10 milliards d’euros, représente une formidable bouée de sauvetage pour Areva, en grande difficulté.

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La France s’est également trouvé une vitrine en signant un accord de coopération avec le géant chinois du commerce électronique JD.com, qui s’est engagé à vendre pour 2 milliards d’euros de produits français aux consommateurs chinois au cours des deux prochaines années. Une occasion de doper les exportations françaises, notamment dans l’agroalimentaire et la cosmétique. C’est bien.
Mais, derrière son sourire convenu, le président Xi Jinping s’est gardé de donner des gages de réciprocité : l’avenir dira si la poussée diplomatique de M. Macron produit des effets sur ce plan. Si la Chine sait parfaitement protéger ses marchés et se montrer sélective sur les investissements étrangers, les Européens, eux, ont encore du chemin à faire pour maîtriser cet art.



                            


                        

                        


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A 92 ans, l’ex-homme fort Mahathir tente un improbable retour au pouvoir en Malaisie

A l’approche des élections, l’opposition se réunit par dépit derrière l’ancien premier ministre.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h11
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Le vieux lion est de retour pour un dernier tour de piste. A 92 ans, près de quinze années après avoir quitté la tête du gouvernement malaisien, Mahathir Mohamad va tenter sa chance. Lui qui dirigea le pays vingt-deux années durant (1981-2003) d’une main de fer sous l’étiquette du parti au pouvoir sera le candidat de l’opposition lors des élections générales qui doivent se tenir avant le mois d’août.
Les partis d’opposition, dont le seul ferment est le rejet de l’actuel premier ministre Najib Razak, se sont accordés par dépit sur la candidature du revenant. Mahathir Mohamad a l’une des formations les plus fonctionnelles et un charisme, tandis que les autres partis affirment vouloir lutter contre la corruption mais peinent à formuler des propositions concrètes. « Cela n’a pas été pas facile pour les partis qui étaient mes ennemis de m’accepter, mais ils sont conscients de l’importance de faire tomber le gouvernement », s’est-il félicité. Depuis deux ans, il dénonce très ouvertement celui qu’il a longtemps considéré comme son dauphin et dont il a personnellement appuyé l’ascension.
Le vieil homme est convaincu d’être le sauveur du pays face à Najib Razak, empêtré dans les scandales
Le vieil homme est convaincu d’être le sauveur du pays face à Najib, empêtré dans le scandale 1MDB, l’une des plus grosses affaires de détournement de fonds publics de l’histoire. Des enquêtes ont été ouvertes à Singapour, en Suisse ou encore aux Etats-Unis ; selon la justice américaine, environ 3,8 milliards d’euros ont disparu des caisses du fonds souverain créé par l’actuel premier ministre. Le chef de gouvernement a notamment démenti que 680 millions de dollars (570 millions d’euros) virés sur son compte en banque personnel aient été détournés et soutient qu’il s’agit d’un don en provenance de l’Arabie saoudite.

Mais Najib est soutenu par la formation historique de l’ethnie majoritaire malaise, l’UMNO, une machine à remporter les élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.
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Bruxelles et Varsovie baissent le ton

Lors d’un remaniement, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a écarté des ministres en conflit avec l’UE, avant de rencontrer Jean-Claude Juncker.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 11h05
    |

                            Intérim (à Varsovie), 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Un dîner « amical » qui, mardi 9 janvier, n’aura pas totalement rapproché les points de vue, mais qui était censé calmer le jeu après le coup de semonce tiré le 20 décembre 2017 par la Commission de Bruxelles : c’est ainsi, à en croire les deux parties, qu’il faut interpréter la rencontre entre le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, et le président du collège européen, Jean-Claude Juncker. Les deux responsables sont censés se revoir avant la fin février.
Une poignée de main et une brève séance de pose pour les caméras : on ne célébrait pas vraiment des retrouvailles mardi soir, mais on insistait sur le fait que Bruxelles et Varsovie « ne sont pas en guerre », comme l’avait dit un peu plus tôt le porte-parole de M. Juncker.
Le 20 décembre 2017, le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans – présent au dîner –, avait annoncé, « le cœur lourd », qu’il demandait au Conseil (les Etats membres) des sanctions contre un pays accusé d’avoir adopté 13 lois litigieuses bafouant l’indépendance de la justice. Si elle va à son terme – c’est peu probable car cela suppose l’unanimité des pays membres que rendra impossible un probable veto hongrois –, la procédure pourrait priver la Pologne de ses droits de vote à Bruxelles.

Profils techniques
Avant sa venue dans la capitale belge, M. Morawiecki, un ancien banquier anglophone et familier des contacts avec l’étranger, a remanié son gouvernement afin de tenter de le rendre plus présentable aux yeux de l’UE et des investisseurs internationaux. L’opération a entraîné le départ de plusieurs ministres dont les déclarations à Bruxelles avaient créé la polémique.
Défenseur inconditionnel des « valeurs polonaises traditionnelles », Witold Waszczykowski est remplacé aux affaires étrangères par l’universitaire Jacek Czaputowicz. A l’environnement, Jan Szyszko avait placé sa politique sous le mot d’ordre biblique « Assujettissez...




                        

                        


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En Colombie, la paix tarde à être scellée avec la guérilla de l’ELN

Le cessez-le-feu conclu pour cent un jours a pris fin mardi, mais les négociations reprennent entre gouvernement et mouvement castriste.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 11h10
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Le cessez-le-feu « bilatéral, national et temporaire » entre le gouvernement colombien et les guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN, castriste) a pris fin mardi 9 janvier à minuit. Conclu en septembre 2017 à l’occasion de la visite du pape François en Colombie, il a duré, comme prévu, cent un jours. La question de savoir si une nouvelle trêve va être décidée domine la reprise des négociations de paix entre les deux parties, mercredi à Quito. Officiellement engagées depuis février 2017, ces tractations entrent dans leur cinquième cycle, sans avancées substantielles sur le fond.
« Avec ou sans cessez-le-feu, nous continuerons à négocier », avait indiqué la direction de l’ELN le 31 décembre 2017. Mais il semble très improbable qu’un accord de paix puisse être scellé avec cette guérilla avant les législatives de mars ou la présidentielle de mai. Le président Juan Manuel Santos, qui ne peut pas se représenter, a obtenu le prix Nobel de la paix pour avoir signé en 2016 un accord de paix avec la grande guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). Il aurait voulu boucler les négociations avec l’ELN en vue d’une « paix totale ». L’ELN compterait entre 1 500 et 2 500 combattants.
« Nous sommes plus que disposés à proroger le cessez-le-feu avec l’ELN », avait déclaré M. Santos dimanche. Mais l’ELN ne veut pas l’étendre davantage : il entend renégocier les termes de la trêve, en exigeant que le gouvernement mette fin au paramilitarisme et aux assassinats ciblés. Sur le terrain, le commandant guérillero « Uriel », qui dirige les troupes de l’ELN dans l’est du pays, a donné ordre « à toutes les unités de reprendre leurs activités ». Le ministre de la défense, Luis Carlos Villegas, avait précisé : « S’il y a prorogation [du cessez-le-feu], nous sommes prêts à le respecter. Et s’il n’y a pas prorogation, nous sommes prêts à combattre l’ELN avec détermination. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’engouement suscité par la star illustre le flottement d’un parti désarçonné par la présidence de Donald Trump.
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Oprah Winfrey, miroir du désarroi démocrate

L’engouement suscité par la star illustre le flottement d’un parti désarçonné par la présidence de Donald Trump.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 10h57
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Il a suffi de quelques mots prononcés à l’occasion de la cérémonie des Golden Globes, à Beverly Hills (Los Angeles), dimanche 7 janvier, pour qu’Oprah Winfrey devienne en quelques heures une candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2020. La formule, « Une aube nouvelle se profile à l’horizon », renvoyait au succès de la campagne en cours contre les violences faites aux femmes.
Mais la conviction, la volonté et la force dégagées par cette incarnation familière du rêve américain, distinguée ce soir-là par un prix récompensant sa carrière d’actrice, ont dessiné une ambition plus grande. Elle a été disséquée tout au long de la journée de lundi sur les sites d’information et les chaînes de télévision, pendant que la principale ­intéressée restait silencieuse.

L’emballement s’est prolongé mardi 9 janvier avec un commentaire de Donald Trump en marge d’une réunion de membres du Congrès, à la Maison Blanche. « Je la connais très bien », a assuré le président, reçu souvent par Oprah Winfrey lorsqu’elle était une animatrice vedette. « Je l’aime bien (…) Je ne pense pas qu’elle sera candidate », a-t-il ajouté, convaincu par ailleurs de l’emporter si elle se mettait d’aventure sur les rangs. La femme d’affaires devenue milliardaire, considérée comme proche du Parti démocrate, a pourtant exclu, en octobre 2017, toute incursion dans le domaine de la politique.
Pas de chef de file incontesté
L’engouement qui s’est brutalement cristallisé sur son nom tient d’abord à l’absence, pour l’instant, d’une figure pouvant incarner une alternative au président sortant lors de la prochaine présidentielle. Electrisé par la rhétorique et les choix politiques de Donald Trump, le camp démocrate a pourtant regagné en vigueur après une défaite inattendue et traumatisante en 2016. En témoigne sa bonne tenue lors des élections survenues en novembre et en décembre 2017, en Virginie et en Alabama. En septembre, plus d’un...




                        

                        

