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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement veut que, d’ici à cinq ans, 70 % des patients sortent de l’hôpital le jour même de leur opération. Cette mue bouleverse les organisations.
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A l’hôpital Saint-Louis, le recours à l’ambulatoire « oblige à être plus efficient »

Le gouvernement veut que, d’ici à cinq ans, 70 % des patients sortent de l’hôpital le jour même de leur opération. Cette mue bouleverse les organisations.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h07
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Elle marche péniblement, entourée d’un côté par son mari, de l’autre par ses deux enfants. Emmitouflée dans un large manteau de lainage brun, elle se présente à la porte d’accueil de l’unité de chirurgie ambulatoire de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. « Il est 11 heures, c’est trop tôt, vous aviez rendez-vous à 13 heures », explique patiemment la secrétaire.
Un de ces petits contretemps — « accueillir, accompagner, rassurer », répète la secrétaire comme un mantra lénitif — qui fait partie de « tout ce qui est inquantifiable dans le travail hospitalier ». Et risque pourtant de gripper l’organisation millimétrée de la journée de ce service particulier, dans ce lieu où « encore plus qu’ailleurs, il faut tout anticiper », résume Michelle, brancardière dans l’unité depuis son ouverture, voila près de trois ans.
Dans cette mécanique de précision se joue, pour une part, l’avenir du système de santé français. La prise en charge dite « en ambulatoire » — c’est-à-dire avec une sortie du patient le jour même de son intervention chirurgicale — est un remède préconisé depuis les années 1990. Notamment dans une perspective de réduction des coûts : exit les dépenses liées aux frais d’hébergement et au personnel de nuit.
Objectif de 70 % en chirurgie en 2022
Ce « virage ambulatoire », la ministre de la santé, Agnès Buzyn, a rappelé qu’il constituait une priorité pour le gouvernement, rehaussant au passage à 70 % les objectifs de prise en charge en chirurgie d’ici à cinq ans. Aujourd’hui, un peu plus de cinq patients sur dix sont ainsi traités, avec des secteurs plus en pointe comme la chirurgie gynécologique, vasculaire, urologique, digestive ou encore dentaire.

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Ces chiffres seront au cœur des réflexions des 7es journées nationales de chirurgie ambulatoire, qui se tiennent les 10 et 11 janvier. Car cette mue hospitalière à marche forcée bouleverse les organisations et nécessite la mise en place de nouvelles méthodes de travail pour le personnel. « Si on est obtus, on fait pas d’ambu », résume Julie Garnon, cadre de santé de l’unité de l’hôpital Saint-Louis.
Derrière ce type de prise en charge se joue un débat plus large : si l’on cherche à réduire le coût d’une hospitalisation, cela signifie-t-il forcément en réduire la qualité ? Pour Julie Garnon, « le contre-exemple le plus évident vient de la maternité ». A 2 240 euros la nuit, le séjour y est vite coûteux. « Parce que les mères exprimaient le désir de rentrer plus tôt chez elles, logique sociale et logique économique se sont conjuguées », analyse la cadre, qui rappelle combien les séjours en maternité ont été réduits en quarante ans — sans hausse des complications ou de mortalité pour autant.
« Cela ne doit pas être tabou de dire qu’on peut alléger le nombre d’actes sans remettre en cause notre travail », résume celle qui rappelle qu’un « bilan de santé coûte en moyenne 40 euros ». « On dit juste qu’ils ne sont pas toujours tous nécessaires dans tous les cas », reprend-elle.

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« On ne laisse rien derrière nous »
Dans ce service parisien, il aura fallu un peu de temps avant que les équipes ne se fassent à cette nouvelle organisation. Le bloc opératoire commun a été abandonné au profit, depuis un an et demi, d’une salle réservée deux jours par semaine à la pratique de la chirurgie ambulatoire, où six spécialités sont pratiquées. Un tiers des opérations réalisées par Saint-Louis le sont désormais en ambulatoire.
Loin d’être rutilante et suréquipée, la petite aile du service paraît modeste pour accueillir tous les espoirs de l’hôpital du futur. Mais ceux qui travaillent là disent leur satisfaction d’évoluer dans un « service dynamique », « moins routinier ». « L’esprit d’équipe est plus fort car l’interdépendance est bien plus importante », souligne Julie Garnon.
Pour qu’un patient sorte dans les temps, il faut que le médecin soit passé, ait signé les documents nécessaires, délivré son compte rendu dans un délai satisfaisant. « Le patient n’est plus fait pour patienter », plaisante une aide-soignante, qui avoue apprécier qu’il n’y ait « plus autant de passe-droit dans l’équipe, chacun [devant] faire son boulot ». 
Surtout, « on rentre chez soi le soir avec la satisfaction d’avoir achevé notre travail, explique un infirmier du service. En partant, on ne laisse rien derrière nous de mal fait, ou de pas fait du tout. Rien à refiler salement à celui qui prend le relais, c’est un luxe dans un monde hospitalier où tout le monde écope en permanence le navire. » Le rythme de travail, qui épouse la journée des patients, empiète aussi moins sur la vie personnelle. « Cela rend le service attractif », reconnaît Mme Garnon.

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Des freins pratiques ou médicaux
La journée connaît, bien sûr, des pics d’activité, mais les emplois du temps de chacun sont anticipés au maximum pour éviter l’embouteillage. Chaque vérification médicale est ritualisée pour s’assurer des bonnes conditions d’hospitalisation et de suivi — l’appel du lendemain d’opération est obligatoire. « Cela tire vers le haut la prise en charge », affirme le docteur François Desgrandchamps, du service d’urologie. Lui dit se sentir « meilleur chirurgien » depuis l’ouverture du service, car « l’ambulatoire oblige à être plus efficient à tous les niveaux ». 
Certaines difficultés demeurent, néanmoins. Parfois de l’ordre du pratique : le bloc n’est pas situé au même étage que le service, ce qui complique la tâche de l’équipe soignante. « Il faudrait concevoir les bâtiments en fonction de ce besoin », explique Michelle, l’une des brancardières.
D’autres freins sont médicaux. Certaines techniques ne sont pas toujours souhaitables : « En urologie, l’utilisation du laser par exemple est parfois à éviter, car le taux de réopération peut être plus important qu’avec d’autres méthodes », explique le Dr Desgrandchamps. « Le séjour va coûter moins cher, mais risque de se répéter », dit celui qui affirme que le monde médical « doit réfléchir à ces problématiques et établir des consignes claires destinées à l’ensemble de la profession ». 

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« Ce petit plus qui prend du temps »
L’argument économique (la réduction des coûts), utilisé pour promouvoir la chirurgie ambulatoire, peut toutefois apparaître un peu simpliste. Dans certains services, le personnel a constaté que la charge de travail avait été augmentée du fait du développement de l’ambulatoire.

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La nuit, les lits étaient auparavant occupés à la fois par des patients aux pathologies lourdes — ceux qui ont besoin d’une prise en charge plus importante — et des patients plus légèrement touchés. Avec le développement de l’ambulatoire, ces derniers rentrent désormais chez eux le soir même, et les lits ne sont plus occupés que par des patients « lourds » et plus nombreux qu’avant.
« Le ratio d’un poste infirmier pour douze lits est forcément bouleversé quand on modifie le système », argue le chef du service d’urologie, pour qui l’ambulatoire ne rimera pas nécessairement avec réduction d’effectifs, contrairement aux idées reçues. Notamment parce qu’il faut aussi prendre en compte un souci commun : continuer de garantir une bonne prise en charge de tous les patients.
« Aujourd’hui, toutes les études montrent que la grande majorité des patients sont satisfaits », souligne le Dr Desgrandchamps. Mais il y a toujours « les autres ». Ce contingent évalué dans les études autour de 20 % des patients qui, interrogés, ont exprimé « un besoin le soir même de leur sortie d’hôpital ». De l’aide à la maison, un repas déjà préparé, ou juste un petit mot rassurant… « ce petit plus qui prend du temps », résume le chirurgien. « Même s’il n’y a pas d’acte à faire payer pour autant », résume-t-il.
Le spécialiste estime que « le rôle des autorités est désormais d’organiser cet après-hôpital pour lever le dernier frein de l’ambulatoire ». Faute de quoi, dit-il, on risque d’entretenir « la crainte d’un désengagement progressif du service public ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.
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Avec la Chine, « Macron n’a pas choisi de faire des libertés un cheval de bataille »

Le correspondant du « Monde » à Pékin a dressé, dans un tchat avec les internautes, le bilan économique et politique de la visite du président français.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 15h22
   





                        



   


Emmanuel Macron a terminé, mercredi 10 janvier, sa première visite d’Etat en Chine. Dans un tchat avec les internautes, le correspondant du Monde à Pékin, Brice Pedroletti, a fait le point sur les enjeux et le bilan de cette rencontre.
CB : A part l’usine d’Areva pour le retraitement de déchets radioactifs, les autres contrats ont-ils quoi que ce soit d’exceptionnel ? Par ailleurs, quelle est la perception d’Emmanuel Macron par l’opinion publique chinoise ?
Brice Pedroletti : Non, les contrats n’ont rien d’exceptionnel, il y a beaucoup d’accords de coopération dans de nombreux domaines. Le contrat de l’usine de recyclage n’est pas signé encore. Toutefois, il devrait l’être d’ici six mois et porte sur 10 milliards d’euros. Emmanuel Macron a revendiqué qu’il n’était pas là pour faire des annonces chiffrées, mais pour accompagner, faire avancer des dossiers – au contraire du président américain, Donald Trump. On reproche souvent aux dirigeants occidentaux la diplomatie des contrats. M. Macron veut prendre ses distances avec cette dernière.
Sur la question de la perception de M. Macron, elle est plutôt positive car les Chinois sont friands de vedettes politiques. Les leurs sont ternes. Emmanuel Macron, c’est un spectacle, un homme jeune, brillant, avec une histoire de couple peu commune qui fascine.
Momo : La Chine va-t-elle devenir un partenaire stratégique de l’Etat français et investir dans des grands projets d’infrastructures dans l’Hexagone, comme c’est le cas au Royaume-Uni dans le nucléaire ? Dans ce cas, le transfert de technologies opéré contre des investissements favorise-t-il les grandes entreprises françaises de ces secteurs ou les fragilise-t-il ?
L’un des messages exprimés par le président est qu’il fallait définir un périmètre de domaines stratégiques à protéger, au niveau de la France et de l’Europe, et qu’il fallait une stratégie européenne collective et cohérente. La logique de M. Macron a été de dire que la Chine ne respecte pas ces pays qui ouvrent trop grand leurs portes. En même temps, on se rappelle le cas de l’aéroport de Toulouse, cédé en partie à un actionnaire chinois au sujet duquel subsistent des doutes en matière de probité. Cette opération, décidée par l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, fut appliquée par Emmanuel Macron au moment où il a pris sa suite à Bercy. On peut se demander si c’était le bon choix.
M. Macron a rappelé que la France avait beaucoup plus investi en Chine que la Chine en France, donc les investissements chinois sont certainement bienvenus en France.

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Lulu : Les dérives autoritaires du régime chinois risquent-elles d’entraîner une modification des relations sino-françaises, M. Macron étant très attaché au respect des droits de l’homme ?
Le caractère autoritaire, dictatorial du régime chinois fait partie des données de départ avec la Chine. Depuis Xi Jinping, on assiste, il est vrai, à un autoritarisme de plus en plus abusif. Voire une tentation totalitaire. La société civile est violentée, brutalisée, dans des proportions sous-estimées. M. Macron, s’il y est attaché, n’a pas pris le parti d’en faire un cheval de bataille. On est toujours sur la même ligne : la Chine est trop importante comme partenaire, comme marché. On parle de nos différences, mais sans la provoquer ni la fâcher.
Les voyages officiels dans le pays hôte ne sont pas, pour un chef d’Etat invité, le meilleur moment pour soulever des questions sensibles, comme le sort de la veuve du dissident Liu Xiaobo, placée en résidence surveillée. On a vu Emmanuel Macron être caustique avec MM. Poutine et Erdogan lors de leur venue en France. Attendons de voir si, à la faveur d’un cas particulier ou d’un événement, il ose dire les choses plus franchement à Xi Jinping.

   


Alexia : A M. Xi, comme au président égyptien Sissi, Macron a refusé de « donner des leçons » sur les droits de l’homme. Est-ce que vous pensez qu’en Chine, la stratégie d’en parler « en tête à tête » est vraiment plus efficace que d’en parler publiquement, comme le président français l’a fait valoir ?
Pour un premier voyage en Chine, il aurait été difficile d’en parler de manière très directe. En même temps, les Chinois ont longtemps eu l’habitude que les dirigeants étrangers s’expriment sur ce dossier face à leur presse quand ils étaient chez eux, c’était un peu un mal nécessaire de leur point de vue. L’ennui, c’est que la Chine est devenue tellement agressive que même ce genre de déclarations, qui n’avaient pas grande efficacité, est devenu rare. Mais moins on ose, plus on passe sous silence ces questions.
On se dit qu’il serait mieux pour les dirigeants occidentaux d’en parler chez eux, sans aucune retenue, quand un cas se pose : comme la mort de Liu Xiaobo, la condamnation de tel ou tel avocat. Mais ça aussi, ils osent de moins en moins le faire par peur des représailles. Dans le monde occidental, c’est Angela Merkel qui a pour l’instant été la plus active, la plus franche sur ces questions. Et ça paie en partie.
Autre tactique : la libération de l’artiste Ai Weiwei avait été obtenue en 2011 par une lettre conjointe des trois dirigeants européens, le Français, l’Allemand et l’Anglais. Ces actions communes devraient être plus fréquentes, elles peuvent avoir des résultats. Sinon, comme pour le dalaï-lama, la Chine punit le pays qui s’est « mal tenu » et privilégie ses rivaux, qui croient obtenir des avantages.

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Célia : Le président Macron a-t-il évoqué la situation de la Corée du Nord ?
Oui, il en a parlé avec le président Xi et dans ses déclarations publiques. Le message qu’il a fait passer est que la France et la Chine ont des responsabilités, en tant que membres du Conseil de sécurité des Nations unies, en matière de contrôle de la prolifération nucléaire. Il a aussi affiché son soutien à la Chine dans la tâche qui lui incombe d’appliquer des sanctions, puisqu’elle est le plus gros partenaire de la Corée du Nord. Il s’est aussi félicité de la désescalade entre le Nord et le Sud par le sport, avec la participation de Pyongyang aux JO d’hiver de Pyeongchang, et a jeté plusieurs piques en direction de Donald Trump, très volatil sur cette question.
Nicki : Le fait qu’Emmanuel Macron a déclaré qu’il comptait revenir tous les ans en Chine ne reflète-t-il pas le déséquilibre entre ces deux nations ? Le président chinois a-t-il pour habitude de se déplacer à l’étranger ?
M. Xi s’est beaucoup déplacé durant son premier mandat de cinq ans. On peut imaginer qu’il aille une fois par an en Europe (souvent dans plusieurs pays), mais pas une fois par an en France. Ce n’est pas forcément un déséquilibre. Sous François Hollande, le principe avait été d’alterner. Cela avait été plus ou moins tenu, grâce aux sommets (COP21, G20). Angela Merkel se rend une fois par an en Chine – l’un des meilleurs clients de l’Allemagne. Il faut voir si, pour M. Macron, le jeu en vaut la chandelle. Il va peut-être s’apercevoir qu’il lui faudrait aussi soigner d’autres relations en Asie, comme avec le Japon, le Vietnam, l’Inde.
AM : D’Emmanuel Macron ou de Xi Jinping, qui avait le plus à gagner dans cette rencontre en termes d’image ?
Xi Jinping n’avait pas beaucoup à perdre, et n’a rien gagné : il est égal à lui-même, il assume son autoritarisme, son style de dirigeant communiste qui ne sort pas du cadre – d’ailleurs, il avait fait un peu plus d’efforts face à M. Obama pour apparaître dans le coup. Emmanuel Macron a plutôt bien réussi son show, dirait-on, avec des discours très inspirés, très riches de sens. L’idée d’offrir à la Chine un cheval de la garde républicaine est aussi assez forte, elle ne laisse personne indifférent, surtout quand on pense à la diplomatie du panda que Pékin utilise pour entretenir sa proximité avec des pays amis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les associations sont conviées à Matignon jeudi. Les grandes lignes du projet viennent de leur être adressées.
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La trame du projet de loi sur l’asile et l’immigration a été communiquée aux associations

Les associations sont conviées à Matignon jeudi. Les grandes lignes du projet viennent de leur être adressées.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h46
    |

            Maryline Baumard








                        


C’était chose promise. Les associations conviées à Matignon, jeudi 11 janvier, dans l’après-midi, viennent de recevoir une trame du projet de loi sur l’immigration et l’asile. C’est le secrétariat du premier ministre qui leur a adressé ce résumé alors que les acteurs de ce secteur se sentaient capables de décrypter un avant-texte législatif.
Lors de la première rencontre entre Edouard Philippe et le monde de l’aide aux migrants, le premier ministre s’était engagé à ce qu’ils disposent du texte élaboré par le ministère de l’intérieur avant de se revoir.
Même si les associations n’en attendent pas beaucoup, la réunion de jeudi est censée ouvrir et boucler une « concertation ». Emmanuel Macron est, en effet, attendu, mardi 16 janvier, à Calais pour en annoncer les conclusions.

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Les deux éléments les plus commentés des premières versions du texte de loi étaient le doublement de la durée de la rétention administrative et la mise en place d’une liste de pays tiers sûrs pour justifier les renvois sans examen du dossier.
Le premier point figure toujours dans le texte envoyé aujourd’hui, mais le second – qui aurait permis le renvoi de demandeurs d’asile hors d’Europe sans même avoir étudié leur dossier – a été enlevé sur décision du chef de l’Etat.

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Reste que cette trame ne donne que les grandes lignes. Il est précisé dans la lettre accompagnant le vade-mecum que « les questions relatives à la circulaire du 12 décembre sur l’examen des situations administratives seront examinées dans le cadre d’un groupe de suivi spécifique dont le premier ministre a proposé la mise en place ».
Cette circulaire permet d’envoyer des équipes mobiles contrôler la situation administrative des personnes hébergées dans l’accueil d’urgence, afin de sortir du parc les personnes sans papiers.
C’est à cause de ce texte, pris à l’initiative de Gérard Collomb, que les associations, après avoir claqué la porte du ministère de l’intérieur, le 8 décembre, sont désormais reçues à Matignon.

   Présentation des dispositions du projet de loi asile-immigration 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.
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Soldes : « On peut passer de la mode jetable à un système plus durable »

Alors que les soldes débutent mercredi, Erwan Autret, ingénieur de l’Ademe, revient sur l’impact dévastateur de l’industrie de la mode sur l’environnement.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 17h02
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Quelque 130 milliards de pièces de vêtements sont produites chaque année dans le monde. Une production massive au coût écologique faramineux : le textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante dans le monde, après le pétrole.
Alors que les soldes d’hiver débutent mercredi 10 janvier, Erwan Autret, ingénieur de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) chargé du suivi de la filière textile, constate que le système fonctionne encore sur le modèle de la mode jetable, mais observe des avancées.

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Quel est l’impact de l’industrie de la mode sur l’environnement ?
Erwan Autret : On relève trois impacts principaux : sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la consommation d’eau, et sur son eutrophisation, c’est-à-dire le changement de composition chimique de l’eau à cause des polluants qui y sont déversés.
Concernant la consommation d’eau, on sait qu’il faut 2 700 litres pour fabriquer un tee-shirt, soit ce que consomme un individu en trois ans. Pour un jean, entre 7 000 et 11 000 litres d’eau sont nécessaires, l’équivalent de 285 douches.
L’Ademe travaille depuis deux ans avec sept entreprises volontaires, dont Decathlon et Okaïdi, pour évaluer plus précisément ces trois impacts sur l’environnement. L’analyse des données à l’échelle de chaque produit est en cours. On aura tous les résultats d’ici à mi-2018.
L’objectif de cette démarche est de permettre aux entreprises de se doter d’un affichage environnemental. Les consommateurs le verront sur les étiquettes au cours du premier semestre 2018.
On milite également pour que cette méthode d’évaluation de l’impact sur l’environnement, que seule la France expérimente de manière exhaustive, soit reconnue à l’échelle européenne.
Le secteur de la mode s’est-il emparé des enjeux environnementaux ?
Il existe des entreprises précurseuses. Quelques dizaines de petites et moyennes entreprises (PME), comme la marque de jeans 1083, ou les chaussures de sport Ector, s’engagent résolument en développant « l’écoconception », qui consiste à concevoir un vêtement en minimisant son impact environnemental – à travers le choix des matières premières, l’entretien que nécessite le vêtement, etc.
Ces entreprises montrent que l’on peut passer de la mode jetable à un système plus durable, où le vêtement peut être porté plus longtemps, et que faire du textile à 100 % recyclé est possible.
Leur nombre reste marginal…
C’est vrai que la marge de progression des entreprises dans le secteur de la mode reste immense. On est encore sur le modèle : « Je vends plus, et le consommateur jette plus. »
On constate également, à travers la filière de récupération, une baisse de qualité des textiles par rapport à ceux d’il y a quinze ou vingt ans.
L’enseigne H&M, qui incarne cette mode jetable, invite ses clients à rapporter leurs vieux vêtements pour les recycler, en échange d’un bon d’achat. Comment considérez-vous cette initiative positive ?
Je ne peux pas me prononcer sur une marque en particulier. Mais toute initiative permettant de récupérer une partie des 400 000 tonnes de vêtements non collectés chaque année (sur les 600 000 tonnes annuelles mises sur le marché) est bonne à prendre.
La question, c’est : que deviennent-ils ensuite ? Peuvent-ils atterrir sur le marché de l’occasion ? Refaire du fil ? Etre redécoupés ? Tout l’enjeu consiste à créer vraiment de l’économie circulaire, c’est-à-dire maintenir le maximum de la valeur de la matière, et faire en sorte que le vêtement soit dégradé le plus tard possible.
Quel dispositif légal permet-il de limiter l’impact de la mode sur l’environnement ?
La filière Eco TLC (textile, linge, chaussures) rassemble les marques, les associations et les opérateurs industriels. C’est ce dispositif, agréé par les pouvoirs publics en 2009, qui vise à organiser en France les activités de collecte, de tri et de recyclage des déchets textiles.
Une partie du prix de chaque vêtement, de l’ordre de quelques dizaines de centimes, finance ces activités. Un système de bonus a également été mis en place pour favoriser les matières durables.
Il existe dix labels différents pour le textile. Comment s’y retrouver ?
Pour le consommateur, c’est la jungle. Mais il n’y a qu’un seul label valable, c’est l’« écolabel européen ». C’est LA référence et le label le plus fiable de tous, car il rassemble un grand nombre de critères environnementaux, et évalue chaque phase de vie du produit, de sa création à sa fin. Les autres sont souvent des autodéclarations des entreprises elles-mêmes.
Les attentes des consommateurs ont-elles évolué ?
Oui. Aujourd’hui ils manifestent une réelle préoccupation sur l’aspect éthique des vêtements. Mais cela ne se traduit pas encore dans leurs actes d’achat. Le prix reste le critère numéro un. On reste soumis à la fast fashion (vêtements achetés à bas prix et jetés rapidement), et des achats impulsifs. Cette logique n’est toutefois pas propre à la mode, elle est aussi à l’œuvre pour tout ce qui est alimentaire et produits détergents.
Je ne sais pas quand on sera sortis du tunnel, mais je constate un vrai changement. Des entreprises précurseuses font avancer la filière, et les pouvoirs publics se sont à leur tour emparés de la question. Chacun commence à jouer son rôle. Mais il faut bien sûr que cela continue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.
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En Angleterre, des villes estampillées « prince Charles »

L’héritier du trône britannique, adversaire de l’architecture moderne, développe sur ses terres du duché de Cornouailles des cités conçues comme des villages d’antan.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h41
    |

            Grégoire Allix (Newquay et Dorchester (Grande-Bretagne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Assis face à un feu de cheminée factice dans leur salon de Newquay, sur la côte de Cornouailles (Grande-Bretagne), Angela et Brian Keer sortent quelques photos tout en servant le thé. Sur les clichés, Brian, en bermuda sur le pas de sa porte, serre la main du prince Charles, abrité sous un grand parapluie. « Il est venu ici en visite en juillet, il pleuvait à verse, raconte le postier retraité. Je l’ai salué, il s’est approché et m’a demandé si le quartier me plaisait, si on était bien installés. »
La question n’était pas de pure politesse : ce quartier tout neuf aux allures de village d’autrefois, où Angela et Brian Keer venaient d’acheter leur petite maison de trois chambres avec jardinet, c’est le prince Charles lui-même qui l’a inspiré, lui qui a programmé sa construction sur ses terres du duché de Cornouailles, lui encore qui en contrôle les moindres détails pour y chasser toute trace visible de modernité.
L’héritier du trône, 24e duc de Cornouailles, n’a jamais manqué une occasion de dire publiquement tout le mal qu’il pensait de l’architecture contemporaine – y compris au plus éminent représentant britannique de la profession, Sir Norman Foster. Prince bâtisseur, Charles s’est donc attelé non pas à ériger des gratte-ciel ou des musées high-tech, mais à recréer de toutes pièces les bonnes vieilles villes d’antan : des rues biscornues à priorité piétonne, des quartiers denses mêlant habitat, commerces et activités, une architecture traditionnelle et à taille humaine, à l’opposé du monstre froid des métropoles modernes.
« Comme un vieux bourg »
Ces quartiers doivent exprimer « une sensation d’intemporalité, une tradition vivante », pour créer un « puissant sentiment d’identité locale et de communauté », revendique le prince Charles dans les maximes qui ponctuent le site Internet de sa fondation. Car pour mettre en œuvre sa « vision », le fils aîné d’Elizabeth II dispose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».
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« Mépris », « vieux monde »,… des féministes réagissent à une tribune publiée dans « Le Monde »

Une trentaine de militantes féministes ont signé un texte où elles écrivent que les femmes qui défendent la « liberté d’importuner » contribuent à « banaliser la violence sexuelle ».



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 13h52
   





                        


C’est un plaidoyer pour la « liberté d’importuner » qui ne passe pas. Des militantes féministes répondent, mercredi 10 janvier, à une tribune parue la veille dans Le Monde dans laquelle une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, défendaient la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes. Pour les militantes féministes, les signataires de cette tribune veulent « refermer la chape de plomb » soulevée par le scandale Weinstein et « méprisent » les victimes de violences sexuelles.

        Lire aussi :
         

                « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »



« A chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s’éveillent, les résistances apparaissent », pose d’emblée le texte, publié sur le site de francetvinfo. 
« Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans […]. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. »
« Leur vieux monde est en train de disparaître »
Le collectif de femmes signataires de la tribune parue dans Le Monde soulignait le risque « d’aller trop loin », de ne « plus pouvoir rien dire » ou de ne « plus pouvoir draguer », s’inquiétant d’un retour du « puritanisme ».
En réponse, la trentaine de féministes signataires de la tribune publiée sur francetvinfo — parmi lesquelles la militante Caroline De Haas, les journalistes Lauren Bastide et Giulia Foïs, la présidente des Chiennes de garde, Marie-Noëlle Bas, la psychiatre Muriel Salmona et de nombreuses militantes associatives — estime que « les signataires [de la tribune publiée dans Le Monde] mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence ».
Pour elles, « accepter des insultes envers les femmes, c’est de fait autoriser les violences ». Elles arguent également que la différence entre la drague et le harcèlement « n’est pas une différence de degré […] mais une différence de nature ».
Elles soulignent également, en miroir à la tribune, qui soutenait l’importance d’éduquer les petites filles à se défendre, la responsabilité des hommes dans le fait de violer ou d’agresser.
« Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer », poursuivent-elles.
Affirmant que la plupart des personnalités citées dans le quotidien sont « récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol », elles regrettent qu’elles « utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles » et « méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences ».
« Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas », poursuivent les signataires, concluant que « les porcs et leurs allié·e·s ont raison de s’inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître ».
« Une gifle »
Les militantes féministes ne sont pas les seules à avoir été choquées par cette tribune. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, a déclaré sur France Culture :
« Dans cette tribune il y a des choses profondément choquantes. Nous avons déjà énormément de mal à faire comprendre aux jeunes filles que frotter un sexe d’homme dans le métro contre elles, c’est une agression. Je pense que c’est dangereux de tenir ce discours. »
Tout aussi critique, l’ancienne ministre du droit des femmes et sénatrice de l’Oise, Laurence Rossignol, a jugé sur France inter que défendre un « droit d’importuner » était une « gifle contre les femmes qui dénoncent la prédation sexuelle » et ne « rend [ait] service qu’aux prédateurs ». Sur Twitter, elle avait également estimé que « l’angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes » conduisait « des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries ».
Ségolène Royale a aussi réagi sur RTL mardi, regrettant que Catherine Deneuve ait cosigné cette tribune « parce que les victimes des violences sexuelles sont déjà écrasées par la peur de parler, par la loi du silence ». « On n’a pas le droit de faire des choses comme cela », a-t-elle ajouté, affirmant que la signature d’une actrice reconnue comme Catherine Deneuve permettrait aux agresseurs de justifier leurs actes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Au cœur du quartier de la Reynerie, les règlements de compte liés au trafic de stupéfiants se multiplient. Une « hybridation » entre banditisme et religion s’opère, rendant certains dossiers particulièrement sensibles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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A Toulouse, dope, foi et vendetta

Au cœur du quartier de la Reynerie, les règlements de compte liés au trafic de stupéfiants se multiplient. Une « hybridation » entre banditisme et religion s’opère, rendant certains dossiers particulièrement sensibles.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h43
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

L’été était presque sage au pied du béton gris de la cité de la Reynerie, ce 3 juillet au soir. Les « choufs » (guetteurs) tenaient leur poste dans ce quartier toulousain, utopie ratée des années 1960 bâtie autour de barres de logements en forme de tripodes géants. Chacun était prêt, comme toujours, à parer aux mauvais coups. Mais le règlement de comptes qui a eu lieu, vers 21 heures, dans ce grand ensemble situé à moins de quinze minutes en métro du Capitole et devenu en cinquante ans le poumon noir du trafic local de stupéfiants, a surpris même les plus prudents.
A la Reynerie, jusque-là, à défaut d’emploi, il y avait Dieu ou l’argent, la foi ou la drogue, jamais le dévoiement des symboles du premier pour régler les conflits du second. En se présentant ce soir-là au quartier en tenue religieuse, les tueurs ont donc trompé leur monde. Il avait pourtant l’air étrange, ce père en djellaba, accompagné d’une épouse avec sa poussette, mal fagotée dans son niqab. Certains ont bien remarqué les mollets trop charnus de la dame, et ses épaules trop larges sous son voile. Mais le temps de glousser derrière les fenêtres, cet homme déguisé en femme a sorti un fusil d’assaut de la poussette et déclenché une mitraille d’une violence inouïe.
Le duo d’assassins avait une cible : Djamel Tahri, 27 ans, méfiant au possible sous ses airs de grand rigolard, cadet d’une fratrie accusée d’avoir la mainmise sur tout le deal de son bâtiment. Pour l’abattre, ses ennemis n’ont pas hésité à tirer dans le tas : une trentaine de balles au total, dont plusieurs ont atteint des appartements, perforé des véhicules, et blessé six passants, dont deux gravement. Le jeune Tahri, touché à neuf reprises, a rendu son dernier soupir devant la caisse d’allocations familiales.
Statistiques cruelles
Les témoins ont d’abord cru à un attentat. Mais très vite, le diagnostic est tombé : règlement de comptes. Le énième d’une série aux statistiques cruelles :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le groupe nordiste de distribution, qui se dit « consterné », présente ses excuses à ses clients et annonce avoir lancé un audit approfondi dans chacun de ses magasins.
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Lait contaminé : Auchan reconnaît à son tour avoir vendu des produits Lactalis après la date de rappel

Le groupe nordiste de distribution, qui se dit « consterné », présente ses excuses à ses clients et annonce avoir lancé un audit approfondi dans chacun de ses magasins.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h38
   





                        


Auchan a annoncé mercredi 10 janvier avoir vendu 52 boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées de ses rayons en raison d’une contamination aux salmonelles, selon un communiqué. « Malgré le retrait effectif de 36 000 produits, 52 produits supplémentaires – des boîtes de lait infantile – ont échappé à la vigilance de nos équipes et ont été vendus après la date du rappel sur 28 magasins (hypermarchés et supermarchés) », écrit Auchan, qui se dit « consterné et présente ses excuses pour ces erreurs subies par ses clients ».
Les boîtes de lait infantile concernées ont été produites dans l’usine Lactalis de Craon, en Mayenne, après le rappel, le 21 décembre 2017, par le géant de l’agroalimentaire, de 720 lots de lait infantile – qui s’ajoutaient aux 625 produits déjà retirés plus tôt dans le mois. L’annonce faite par le géant nordiste de la distribution s’ajoute aux révélations, la veille, sur la vente, par l’enseigne Leclerc, de produits Lactalis incriminés. Michel-Edouard Leclerc, le patron du distributeur, avait immédiatement présenté ses excuses.

        Lire aussi :
         

                Lactalis : quels sont les lots de laits infantiles concernés par le rappel et par quoi les remplacer ?



« Audit approfondi de la situation »
Le 2 janvier, explique Auchan, « un magasin a reçu une livraison comprenant des références concernées par le rappel du 21 décembre. Suite à cette anomalie, Auchan Retail France a lancé un audit approfondi de la situation dans chacun de ses magasins afin de vérifier la parfaite application de la procédure de rappel ».
« Des clients ont d’ores et déjà été informés, permettant le rappel des produits incriminés, les derniers clients sont en train d’être identifiés et contactés. »
En décembre, « comme toutes les enseignes françaises, Auchan Retail France a reçu trois messages successifs de rappel de la société Lactalis concernant des références de produits de nutrition infantile. L’entreprise a aussitôt mis en œuvre ses procédures de rappel interne, transmis les consignes et informations nécessaires à la mise en œuvre immédiate du rappel à l’ensemble de ses 641 points de vente et sites marchands en France », a tenu à rappeler l’enseigne de distribution nordiste.
Auchan précise qu’un numéro (03.5930.5930) est « à la disposition des consommateurs qui auraient des questions »

Intermarché va arrêter « définitivement » de vendre du lait Lactalis
Intermarché va arrêter « définitivement » de commercialiser des laits infantiles Lactalis de la marque Milumel, après le rappel de ces produits pour une contamination aux salmonelles, a annoncé, mercredi 10 janvier, Thierry Cotillard, le président du groupe de distribution, dénonçant notamment une « gestion chaotique de sa crise » par l’industriel laitier.
Accusé par une cliente, le groupe Intermarché a affirmé mercredi qu’il vérifiait « qu’aucun produit [interdit] n’a été vendu après la date de demande de rappel par Lactalis » dans ses magasins.
« A ce stade, nous avons deux produits qui nous ont été remontés par deux consommatrices », a indiqué M. Cotillard, qui a indiqué que la direction refaisait « un point avec l’ensemble de nos points de vente » pour établir un bilan précis des produits concernés par les procédures de rappel qui auraient éventuellement été vendus aux clients d’Intermarché.
Le groupe a également annoncé que « tout produit qui fera l’objet d’un retrait/rappel pourra faire désormais l’objet d’un blocage en caisse sur la totalité de nos points de vente », ainsi que la mise en place d’un numéro vert pour ses clients. Le groupe Intermarché compte 1 800 points de vente un peu partout en France.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Depuis plusieurs mois, Vivarte, engagé dans un plan de cession et de restructurations et s’est recentré sur ses marques phares.
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Le groupe Vivarte va céder Naf Naf au groupe chinois La Chapelle Fashion

Depuis plusieurs mois, Vivarte, engagé dans un plan de cession et de restructurations et s’est recentré sur ses marques phares.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h21
   





                        


La marque de prêt-à-porter féminin Naf Naf, Média d’appel appartenant au Vivarte, va être rachetée par le groupe chinois La Chapelle Fashion Co., ont annoncé mercredi 10 janvier des sources syndicales.
« On nous a annoncé que La Chapelle est entré en négociation exclusive avec Naf Naf et ses filiales », ont précisé ces sources à la suite d’une réunion avec la direction. Le groupe chinois Chapelle Fashion reprendra l’ensemble des boutiques, sauf une. L’enseigne Naf Naf emploie 920 personnes. « L’achat devrait être réalisé au début du deuxième trimestre, donc fin mars début avril », ont dit à l’AFP les représentants du personnel. Le groupe Vivarte n’a pas souhaité commenter ces informations dans l’immédiat.
Naf Naf compte environ 350 boutiques (dont une cinquantaine de franchises et 120 « corners » dans des grands magasins) en France et à l’étranger. Toutes seront reprises par La Chapelle Fashion Co., sauf une, située sur les Champs-Elysées, à Paris, actuellement fermée pour travaux.
La Chapelle Fashion Co. comprend de nombreuses marques, surtout connues en Chine (La Chapelle, Puella, UlifeStyle…), et se concentre sur « le marché grand public des vêtements pour femmes », selon son site. Le groupe chinois totalisait plus de 9 000 points de vente en Chine à l’été 2017, peut-on y lire.
Recentrage du groupe en difficulté
La semaine dernière, lors de la publication des résultats annuels de Vivarte, le PDG du groupe, Patrick Puy, avait annoncé qu’il donnerait cette semaine aux partenaires sociaux les noms des repreneurs des marques Naf Naf et André, mises en vente en mars 2017.
Depuis plusieurs mois, Vivarte, engagé dans un plan de cession et de restructurations, s’est recentré sur ses marques phares : La Halle (chaussures et vêtements), Minelli, San Marina, CosmoParis et Caroll.
Dans un communiqué annonçant ses résultats annuels pour l’exercice décalé 2016-2017, clos au 31 août, le groupe a annoncé un recul de son chiffre d’affaires d’environ 18 %, à 1,8 milliard d’euros, contre 2,2 milliards en 2016.
Vivarte s’est félicité d’avoir enregistré un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 84 millions d’euros, « en progression pour la première fois depuis six ans », après avoir dégagé 54 millions d’euros sur l’exercice précédent. Néanmoins, le groupe affiche toujours des pertes, même si son résultat net est en « amélioration significative », passant d’une perte de 672 millions d’euros en 2016 à une perte de 305 millions d’euros en 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le Bureau américain du renseignement naval précise que les 44 marins à bord du submersible, disparu des radars le 15 novembre 2017, sont morts instantanément.
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Le sous-marin argentin « San Juan » a implosé en « quarante millisecondes »

Le Bureau américain du renseignement naval précise que les 44 marins à bord du submersible, disparu des radars le 15 novembre 2017, sont morts instantanément.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h00
   





                        


Près de deux mois après la disparition du ARA San Juan, les circonstances de l’accident du sous-marin argentin sont désormais établies. Le signal acoustique détecté le 15 novembre 2017 est bien lié à la disparition du submersible, affirme dans un rapport le Bureau américain du renseignement naval (US Office of Naval Intelligence, ONI).

Analysis of Acoustic Detection of the loss of the Argentine Submarine #ARASanJuan by US Office of Naval Intelligence https://t.co/UCHjR8jQae— NavyLookout (@NavyLookout)


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L’ONI, qui s’appuie sur les données recueillies par l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, précise ainsi que le bruit enregistré ce 15 novembre 2017 a bien été produit par l’implosion du San Juan à une profondeur d’environ 400 mètres, libérant une énergie équivalente à celle produite par une explosion de près de six tonnes de TNT.
« Ils n’ont pas souffert »
La coque du submersible a été, du fait de la pression à cette profondeur, entièrement pulvérisée en « 40 millisecondes », note le rapport du Bureau américain du renseignement naval, et a sombré « verticalement » à une vitesse de 10 à 13 nœuds. Impossible donc, selon l’organisme américain, que les 44 marins argentins à bord du San Juan se soient rendu compte de la survenance de l’implosion. « Ils n’ont pas souffert, ils ne sont pas morts noyés. Leur mort a été instantanée », précise l’ONI.
Une précision qui aura du mal à taire la peine et la colère des familles des victimes qui, un temps maintenues dans l’espoir de retrouver leurs proches vivants, puis plongées dans le désespoir par la nouvelle de l’abandon des recherches, s’étaient indignées du traitement de la catastrophe par les autorités du pays. La disparition du sous-marin, acheté en Allemagne en 1985, avait également entraîné une polémique en Argentine sur l’état des bâtiments de la marine, certains l’expliquant par la réduction continue du budget militaire, quand des voix critiques n’hésitaient pas, elles, à imputer à la corruption endémique en Argentine les raisons de la déliquescence des navires argentins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Pour sa troisième et dernière participation au rallye d’Amérique du Sud, l’équipage Loeb-Elena jette l’éponge après avoir ensablé deux fois sa Peugeot 3008 DKR.
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Dakar : abandon de Sébastien Loeb

Pour sa troisième et dernière participation au rallye d’Amérique du Sud, l’équipage Loeb-Elena jette l’éponge après avoir ensablé deux fois sa Peugeot 3008 DKR.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 18h51
   





                        



   


Sébastien Loeb savait que le sable, dominant lors de la première semaine du Dakar, n’était pas son point fort : le pilote Peugeot a abandonné, mercredi 10 janvier, lors de la 5e étape péruvienne du rallye, après s’être ensablé deux fois, son copilote Daniel Elena souffrant d’une épaule.
« Ça s’est mal passé. Les dunes sont trop molles, on n’a pas vu le trou, on a tapé fort. Terminé. Daniel a mal, mais ça va. C’est hyper-mou, on ne s’en sort pas. Sans camion [d’assistance], on ne la sortira pas », a déclaré Loeb, cité par un journaliste de France Télévisions, le diffuseur de la course.
« D’habitude, je ne lâche rien mais là... »
Le binôme neuf fois champion du monde des rallyes WRC avait pourtant réussi à repartir deux fois lors de cette étape reliant San Juan de Marcona à Arequipa. Mais au terme de la première spéciale de 53 kilomètres, il a jeté l’éponge en raison des douleurs de Daniel Elena, selon son équipe.
« Nous sommes tombés dans une sorte d’entonnoir de sable qui n’était pas visible. Ce fut un gros choc. J’ai tout de suite ressenti une vive douleur au sternum et au coccyx qui ne s’est pas dissipée. Nous avons dû terminer la spéciale au ralenti tellement j’avais mal, a expliqué Daniel Elena, mercredi. D’habitude, je ne lâche rien mais là, je ne me sens vraiment pas de continuer un terrain où il y a autant de compressions. »

A day of struggle ended with an abandon for @SebastienLoeb & @DanosElena on stage 5 of the #Dakar2018.
— dakar (@DAKAR RALLY)


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2 heures 45 minutes de retard
La seconde fois, ils sont tombés dans un trou de sable mou et ont dû attendre l’assistance d’un camion pour sortir leur Peugeot 3008 DKR. Au premier pointage kilométrique, ils accusaient un retard de 2 heures 45 minutes sur la tête de la course, un retard rédhibitoire pour prétendre à la victoire finale.
Vainqueur la veille autour de San Juan de Marcona, deuxième au classement général, Sébastien Loeb « ouvrait » mercredi la course, sans pouvoir s’aider des traces des autres véhicules.
Loeb et Elena ambitionnaient de remporter leur premier Dakar pour leur troisième et dernière participation. C’est un coup dur pour Peugeot, dont c’est également le dernier Dakar et qui n’a plus que deux voitures en course : celle de l’équipage Cyril Despres-David Castera et celle du leader de la course, Stéphane Peterhansel - Jean-Paul Cottret, double tenant du titre et vainqueur de l’étape. En tête du classement général, ce dernier possède désormais une nette avance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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La Laponie, terre de conflit

Analyse. La Cour suprême norvégienne a condamné un éleveur sami à abattre une partie de son troupeau de rennes. Cette décision réveille le ressentiment de ce peuple autochtone face aux industriels qui grignotent leurs terres.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h48
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
Analyse. « J’ai entendu beaucoup de gens raconter que quelque part, par-là, il y a une montagne d’or, que les Lapons gardent secrète, car sa révélation ne leur apporterait que du malheur. Il faudrait alors abattre leurs forêts pour alimenter les fourneaux et ils seraient obligés de partir avec leurs rennes et ne pourraient peut-être pas revenir si facilement. » On doit ce récit à Johan Ferdinand Körningh, un missionnaire catholique qui traverse en 1659 et 1660 ces contrées presque inaccessibles que les Suédois ont commencé à coloniser pour exploiter les minerais dont regorge la Laponie. En 2018, l’exploitation des ressources de la région bat son plein, et les Sami sont confrontés au même choix qu’au XVIIe siècle.
Dernier épisode en date, venu alimenter leur ressentiment : le verdict de la Cour suprême de Norvège qui a condamné le 21 décembre 2017 un éleveur de rennes sami, Jovsset Ante Sara, à abattre une partie de son troupeau pour le faire passer de 116 à 75 rennes. Le jeune éleveur avait gagné en première instance et en appel contre l’Etat norvégien. Mais la Cour suprême a estimé que Sara devait savoir à quoi s’attendre en devenant membre du clan qu’il a rejoint, puisque celui-ci avait déjà dépassé son quota de rennes. Jovsset Ante Sara, soutenu par sa sœur artiste et par un collectif, a décidé de ne pas céder. Il va porter l’affaire devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et refuse d’abattre ses rennes.

Pour les Sami, ce verdict a un arrière-goût amer quand on sait qu’en 2017 la Norvège officielle a célébré, en grande pompe, le centenaire de la première rencontre politique du peuple sami le 6 février 1917. L’un des thèmes centraux était, déjà, la protection de l’élevage de rennes contre l’Etat. Des chercheurs sami ont publié en 2017 un recueil d’études montrant que le nombre trop élevé de rennes en Laponie était un mythe entretenu par les autorités pour presser les Sami....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Plus de 200 personnes ont été arrêtées et des dizaines blessées lors d’une nouvelle nuit de troubles en Tunisie.
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Tunisie : des manifestations anti-austérité émaillées de heurts



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-01-10T18:03:06+01:00"

        Le 10.01.2018 à 18h03






Durée : 01:57 | 


Des manifestations pacifiques ont débuté la semaine dernière à travers la Tunisie contre l’austérité. Lundi 8 janvier, des mobilisations ont eu lieu dans au moins 12 villes tunisiennes. Le gouvernement a voté un budget d’austérité entré en vigueur le 1er janvier, prévoyant des augmentations d’impôts et des hausses de prix. La contestation a dégénéré en émeutes dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Tunis et à Tebourba, à l’ouest de la capitale.
A Tunis, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. A Tebourba, un homme est mort dans la nuit de dimanche à lundi dans des heurts durant une manifestation et à Sidi Bouzid, ville qui fut l’épicentre de la contestation sociale en décembre 2010 et qui a marqué le début des « Printemps arabes », des jeunes ont coupé des routes, jeté des pierres et la police a répliqué à coup de gaz lacrymogènes. L’armée a été déployée autour de banques, postes et autres bâtiments gouvernementaux sensibles. Les militants de la campagne Fech Nestannew (Qu’est-ce qu’on attend) lancée en début d’année pour protester contre les hausses de prix ont appelé à manifester massivement vendredi 12 janvier.


                

                     Jude, migrante nigériane : « Quand tu te prostitues, ta vie ne tient qu’à un fil »

                

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les seniors pourront, à partir de juin 2018, voyager gratuitement sur le réseau de transports parisiens. La mesure coûtera 12 millions d’euros à la Ville de Paris.
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Anne Hidalgo instaure le passe Navigo gratuit pour les seniors sous conditions de ressources

Les seniors pourront, à partir de juin 2018, voyager gratuitement sur le réseau de transports parisiens. La mesure coûtera 12 millions d’euros à la Ville de Paris.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h56
   





                        


« C’est un nouveau droit à la mobilité qui sera accessible à 200 000 de nos aînés. » Anne Hidalgo a annoncé, mercredi 10 janvier, la gratuité du passe Navigo à partir de juin 2018 pour les Parisiens de plus de 65 ans, sous conditions de ressources (jusqu’à 2 200 euros de revenus pour une personne seule). La mesure coûtera 12 millions d’euros à la Ville de Paris, qui versera cet argent à IDF-Mobilités (ex-syndicat des transports d’Ile-de-France) chargé de la délivrance des passes de transport.

        Lire aussi :
         

                Les transports au cœur de la bataille entre la Ville de Paris et la région Ile-de-France



En faveur des seniors, la maire de Paris a également annoncé la mise en place à la rentrée 2018 d’un numéro vert « Allo senior », un guichet unique et gratuit où ils pourront prendre rendez-vous pour être accompagnés par un agent ou un bénévole dans leurs déplacements en dehors de chez eux (courses, médecins, etc.).
« Revirement opportuniste »
Les groupes politiques au Conseil de Paris ont diversement accueilli l’annonce faite par Anne Hidalgo. Les communistes ont salué une mesure qui aide le pouvoir d’achat des retraités « souvent mis à mal » et incite aux transports en commun. L’UDI-Modem, de son côté, s’est « félicité que la maire de Paris reconnaisse enfin son erreur d’avoir augmenté les tarifs du passe Navigo Améthyste pour les retraités ».
L’équipe du maire socialiste Bertrand Delanoë avait institué une contribution comprise entre 25 et 40 euros par an alors que le passe était gratuit jusqu’en 2012 pour les personnes âgées, les bénéficiaires des minima sociaux et les handicapés, selon un communiqué. Anne Hidalgo avait ensuite instauré une nouvelle grille de tarification en 2014, selon laquelle les retraités disposant de revenus inférieurs à 2 028 euros pouvaient payer jusqu’à 410 euros par an.
Le groupe Les Républicains et indépendants a salué le « revirement opportuniste » de la maire. Le député LR et élu du XVIIIe arrondissement de Paris Pierre-Yves Bournazel, en se « réjouissant » de cette décision, s’est aussi « interrogé sur ce revirement, alors que Mme Hidalgo avait décidé en 2015 d’une hausse sans précédent » pour les retraités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ En 2014, il avait démissionné de son poste de conseiller à l’Elysée après avoir été cité devant le tribunal correctionnel dans une affaire concernant une société de transport.
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Poursuivi pour abus de biens sociaux, Faouzi Lamdaoui, ancien conseiller de François Hollande, est relaxé en appel

En 2014, il avait démissionné de son poste de conseiller à l’Elysée après avoir été cité devant le tribunal correctionnel dans une affaire concernant une société de transport.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 17h54
   





                        



   


La cour d’appel de Paris a relaxé, mercredi 10 janvier, Faouzi Lamdaoui, ancien conseiller du président François Hollande, jugé pour « abus de biens sociaux » dans une affaire qui l’avait contraint à quitter son poste à l’Elysée en 2014.
Au cœur de ce dossier figure Alpha Distribution, une société de transport. Selon l’accusation, Faouzi Lamdaoui, qui en était officiellement salarié, était en réalité le gérant de fait de l’entreprise, dont le principal client, un laboratoire photographique, représentait 94 % des revenus.

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                Lamdaoui, l’homme à tout faire des années difficiles



M. Lamdaoui était soupçonné d’avoir bénéficié « en violation des intérêts de la société » de 307 912 euros en 2007 et 2008, en l’absence de comptabilité, de fiches de salaire et de contrat de travail, et de n’avoir déclaré que 155 344 euros sur ces revenus. Il lui était également reproché d’avoir bénéficié d’une somme de 152 561 euros provenant de la société sur un compte ouvert par son frère Rafik.
L’affaire avait débuté en 2009 par une plainte pour « faux et usage de faux » déposée par une femme, Naïma Addoun, qui accusait M. Lamdaoui d’avoir abusivement utilisé son nom en la déclarant gérante de la société de transport. Elle affirmait n’avoir jamais signé six documents, dont les statuts de l’entreprise, déposés au tribunal de commerce.

        Lire aussi :
         

                Un an de prison avec sursis requis contre l’ex-conseiller de François Hollande



Au procès, en octobre 2015, le parquet avait requis une peine de dix-huit mois de prison avec sursis assortie de l’obligation de verser 150 000 euros. Le mois suivant, le tribunal avait déclaré nulle la procédure, sans toutefois se prononcer sur le fond du dossier. Mais le parquet avait fait appel de ce jugement. Mercredi, la cour d’appel a relaxé les prévenus, parmi lesquels le frère de Faouzi Lamdaoui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La désignation du sponsor maillot de l’équipe nationale illustre la méthode à l’emporte-pièce du président  de la Fédération française de rugby.
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Bernard Laporte, président pressé

La désignation du sponsor maillot de l’équipe nationale illustre la méthode à l’emporte-pièce du président  de la Fédération française de rugby.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 10h46
    |

            Adrien Pécout








                        



                                


                            

Il l’avait marqué rouge sur blanc dans son programme de campagne : en décembre 2016, le candidat Bernard Laporte promettait de « réformer la gouvernance » de la Fédération française de rugby (FFR). Treize mois après son élection, le président dicte la marche. De façon efficace et volontariste, selon ses partisans. Dangereuse et omnipotente, selon ses détracteurs, qui ne manquent pas d’actualités.
Dernier exemple en date : lundi 8 janvier, sur le réseau social Twitter, le patron de la « fédé » a dit sa fierté de « mettre un fleuron industriel français sur le maillot » du XV de France. De 2018 à 2023, les joueurs de l’équipe nationale afficheront sur leur buste le logo du groupe Altrad, entreprise spécialisée dans le matériel de bâtiment, déjà « partenaire maillot » depuis mars 2017.
Un gain considérable
Le nouveau contrat devrait rapporter « au moins 35 millions d’euros » durant toute la période, assortis d’éventuels bonus suivant les résultats sportifs. Toujours au bénéfice, assure Bernard Laporte, de ce « rugby amateur » que l’ancien manageur de l’armada professionnelle de Toulon (2011-2016) invoque comme un mantra à chaque décision.
Si certains adversaires saluent un gain considérable, tous s’accordent à dénoncer la méthode et ses « coups de menton », pour reprendre la formule d’un dirigeant qui préfère rester anonyme. « Bernie le Dingue » – son vieux surnom d’entraîneur – a encore une fois voulu aller (trop ?) vite. Sans même prendre le temps de suivre les recommandations du comité d’éthique et de déontologie du rugby français.
Le 5 janvier, trois jours avant le vote du comité directeur de la FFR sur le sponsor maillot, cette instance consultative recommandait de « prévoir des garde-fous pour garantir l’absence de toute possibilité de favoritisme de la part de la FFR vis-à-vis du club dont l’entité propriétaire est le partenaire maillot », en particulier concernant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Proche de Nicolas Sarkozy, l’homme d’affaires avait été arrêté lundi à Londres dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne électorale de l’ancien président en 2007.
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Soupçons de financement libyen : Alexandre Djouhri obtient sa libération sous caution

Proche de Nicolas Sarkozy, l’homme d’affaires avait été arrêté lundi à Londres dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne électorale de l’ancien président en 2007.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h25
   





                        



   


Interpellé à Londres, lundi 8 janvier, dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007, Alexandre Djouhri a obtenu sa libération sous caution mercredi.

        Lire le portrait d’Alexandre Djouhri :
         

          Le petit caïd devenu l’encombrant ami de Sarkozy



En attendant une audience d’extradition vers la France qui se tiendra en avril, l’homme d’affaires devra s’acquitter d’une caution d’un million de livres (1,13 million d’euros) avant d’être effectivement libéré. M. Djouhri, 58 ans, avait été arrêté lundi en vertu d’un mandat d’arrêt européen pour « fraude » et « blanchiment d’argent » émis en décembre 2017 par les autorités françaises. Alors que l’homme d’affaires n’avait pas répondu à la convocation des enquêteurs en septembre 2016.
Durant l’audience mercredi, le procureur Stuart Allen a réclamé son maintien en détention, arguant du fait qu’il était l’objet d’accusations graves, qu’il avait deux nationalités – française et algérienne – et de nombreux liens en dehors du Royaume-Uni, ainsi que les moyens financiers nécessaires pour fuir à l’étranger.
Circuits financiers
La justice le soupçonne d’avoir été au cœur des circuits financiers entre la France de Nicolas Sarkozy et la Libye de Kadhafi, qui auraient pu servir à alimenter la campagne présidentielle du candidat de l’UMP en 2007.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’affaire de Sarkozy et la Libye en 2007



Parmi les éléments troublants contre M. Djouhri, la vente suspecte en 2009 d’une villa située à Mougins (Alpes-Maritimes), pour environ dix millions d’euros, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, l’ancien grand argentier du régime de Kadhafi, évincé du pouvoir et tué en 2011. Or, les juges soupçonnent M. Djouhri d’être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les correctifs protégeant de défauts importants récemment découverts dans la plupart des microprocesseurs sont compliqués à installer et font craindre un ralentissement des ordinateurs.
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Failles Meltdown et Spectre : l’incertaine mise à jour des microprocesseurs

Les correctifs protégeant de défauts importants récemment découverts dans la plupart des microprocesseurs sont compliqués à installer et font craindre un ralentissement des ordinateurs.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 16h36
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Le PDG d’Intel, Brian Krzanich, a donné lundi 8 janvier à Las Vegas la première grande conférence du Consumer Electronics Show (CES), grand raout de l’industrie mondiale des nouvelles technologies. Son intervention était attendue, quelques jours après la découverte de défauts majeurs dans les puces fabriquées par l’entreprise – ainsi que certains de ses concurrents.

        Lire nos explications :
         

          Meltdown et Spectre, les deux failles critiques découvertes dans la plupart des processeurs



M. Krzanich s’est contenté d’annoncer qu’un correctif palliant ces défauts serait déployé pour toutes ses puces fabriquées il y a cinq ans ou moins « d’ici la fin du mois », oubliant un peu vite qu’une partie de ces failles ne pouvaient être corrigées par une simple mise à jour. « La collaboration d’autant d’entreprises est vraiment remarquable », s’est-il cependant félicité, faisant référence au vaste effort entrepris depuis quelques jours par de nombreux acteurs des nouvelles technologies pour limiter l’impact de Meltdown et de Spectre.
Ces deux attaques tirent parti de défauts présents dans les microprocesseurs depuis une vingtaine d’années. Des pirates ou une agence de renseignement ont-ils pu dans ce laps de temps découvrir ces défauts et les exploiter avant que les chercheurs ne les rendent publics ?
Le PDG d’Intel a répété qu’aucune donnée en sa possession ne montrait une exploitation avant la découverte par les chercheurs. « Nous travaillons sans relâche pour que cette situation ne change pas », a-t-il déclaré. Tentant d’évacuer d’éventuels soupçons, le conseiller pour la sécurité informatique de l’administration Trump, Rob Joyce, a assuré que « la NSA [la très puissante agence de renseignement américaine] ne connaissait pas l’existence de cette faille ». « Elle ne l’a pas utilisée et le gouvernement n’aurait pas mis Intel sur la sellette en gardant secrète une telle vulnérabilité », a-t-il précisé au Washington Post.
La crainte d’un ralentissement des ordinateurs
Les deux failles repérées par les chercheurs trouvent leur source dans une technique d’optimisation des processeurs mise en place pour en accélérer la vitesse de calcul. Les divers correctifs tendent à brider ces techniques et beaucoup d’experts avaient anticipé un ralentissement des machines sur lesquelles ils allaient être appliqués.
« L’impact de ces mises à jour dépend du type de travail que fournit le processeur. […] Certains seront plus touchés que d’autres. Nous allons continuer de travailler avec nos partenaires dans l’industrie pour minimiser cet impact dans le temps », a tenté de rassurer le PDG d’Intel sur la scène du CES.
Il est en réalité difficile à ce stade de l’affaire de connaître précisément l’impact en termes de performance des mises à jour pour contrer ces failles, tant les paramètres sont nombreux (le type de matériel et de logiciel, leur configuration, le type d’activité informatique qui y est réalisée…).
« L’utilisateur d’ordinateur lambda ne devrait pas ressentir de ralentissements notables dans les tâches basiques comme lire leurs e-mails, rédiger un document ou consulter des photos », a expliqué Intel dans un communiqué publié mardi 9 janvier.
Selon Microsoft, qui a réalisé des tests de performance, le ralentissement sur les ordinateurs personnels vendus ces deux dernières années et dotés de puces récentes sera indétectable. Des ralentissements plus importants, potentiellement visibles par les utilisateurs, sont cependant à attendre sur des machines plus anciennes. De par la nature même des failles corrigées, certaines activités comme le jeu vidéo, pourtant gourmand en ressources au niveau du processeur, pourraient sortir quasiment indemnes des correctifs. Les quelques médias spécialisés ayant testé différents jeux vidéo n’ont, à ce stade, pas constaté de ralentissement significatif.
« Equilibre entre la sécurité et la performance »
Il en va un peu autrement pour les serveurs, ces gros ordinateurs qui servent à faire fonctionner de nombreux services utilisés par les internautes. Red Hat, une société qui édite de nombreux logiciels basés sur des solutions open source, en tout premier lieu Linux, très fréquemment utilisé sur les serveurs, a réalisé des tests sur ses systèmes. L’entreprise a constaté des ralentissements oscillant entre 1 % et 19 % des performances.
Microsoft avertit que sur certains matériels et certains usages précis, le ralentissement pourrait être conséquent. Le géant de Redmond incite même les gestionnaires de certains parcs informatiques à « trouver un équilibre entre la sécurité et la performance », sous-entendant que l’installation de correctif sur certains systèmes particulièrement vulnérables aux ralentissements n’était pas nécessairement conseillée. Microsoft a également annoncé la publication prochaine de mesures plus précises.
D’autres géants du secteur ont été plus rassurants. « Nous n’avons pas observé d’impact significatif en termes de performance », a expliqué Amazon, tout comme Google, qui a mesuré un « impact négligeable » des mises à jour.
Une mise à jour compliquée
Du côté de l’utilisateur lambda, la recommandation pour se protéger contre une éventuelle utilisation de Meltdown et de Spectre est d’installer toutes les dernières mises à jours logicielles. De Microsoft à Apple, en passant par Mozilla ou Android, de nombreux éditeurs de logiciels ou de systèmes d’exploitation ont proposé des correctifs ou sont en passe de le faire.
Problème : tout ne se passe pas toujours comme prévu. La mise à jour proposée par Windows bloque certains PC utilisant un type précis de processeurs, ce qui a conduit Windows à interrompre le déploiement de sa mise à jour de sécurité pour certaines machines.
Par ailleurs, l’installation de la dernière version de Windows, correctifs inclus, ne peut se faire que si l’antivirus installé sur la machine l’autorise. Ce qui n’est actuellement pas systématiquement le cas et nécessite un paramétrage précis de l’antivirus pour certaines marques.
Cela pourrait compliquer et ralentir la mise en place de mécanisme de sécurité protégeant contre l’utilisation concrète de Meltdown et de Spectre. Problématique puisque depuis mardi 9 janvier, les chercheurs à l’origine de leur découverte peuvent communiquer davantage de détails techniques sur ces vulnérabilités, notamment pour aider à leur compréhension et à leur correction. Mais cela va aussi permettre à des pirates d’en savoir plus et d’incorporer ces failles dans leurs outils, faisant craindre leur utilisation réelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le repreneur, le milliardaire Sanjeev Gupta, veut ajouter une unité de pièces automobiles sur le site lancé en 1991 par Pechiney. Un projet de 2 milliards d’euros.
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Aluminium : l’usine symbole de Dunkerque passe sous contrôle anglo-indien

Le repreneur, le milliardaire Sanjeev Gupta, veut ajouter une unité de pièces automobiles sur le site lancé en 1991 par Pechiney. Un projet de 2 milliards d’euros.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 14h33
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Comment mieux symboliser le déclin des empires industriels européens et la montée en puissance de champions venus d’Inde ou de Chine ? A Dunkerque (Nord), l’immense usine d’aluminium construite par Pechiney, un site modèle qui devait faire entrer la France dans une nouvelle ère industrielle, va passer sous le contrôle d’un milliardaire anglo-indien, Sanjeev Gupta. Un accord en ce sens a été dévoilé, mercredi 10 janvier, par Gupta Family Group (GFG Alliance), le groupe de M. Gupta. Un scénario aux airs de déjà-vu, douze ans après l’offre publique d’achat (OPA) lancée sur le leader européen de l’acier Arcelor par la famille Mittal, là aussi, des Indiens installés à Londres.
Mais M. Gupta ne compte pas seulement faire tourner au mieux les installations de Dunkerque, qui appartenaient jusqu’à présent au groupe minier anglo-australien Rio Tinto. Il entend ajouter sur place une deuxième usine qui transformera l’aluminium en pièces automobiles. Au total, l’achat et l’investissement consécutif sont évalués à 2 milliards d’euros. C’est le plus lourd projet jamais mené par GFG Alliance. A la clé, « des milliers de nouveaux emplois », prévoit déjà M. Gupta.
Le dossier a été récemment présenté au premier ministre Edouard Philippe. Ce dernier ne peut que se réjouir d’un tel développement dans le Nord, une confirmation que la France a retrouvé une partie de son attrait aux yeux des investisseurs étrangers. « L’entreprise, séduite par l’environnement pro-business mis en place par le président Emmanuel Macron et l’exécutif actuel, souhaite investir massivement en France », souligne d’ailleurs GFG Alliance dans son communiqué.

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Une histoire particulière, très politique
Mise en service en 1991, l’usine de Dunkerque est la plus grande fonderie d’aluminium d’Europe. Sa capacité est de 280 000 tonnes par an. Elle emploie 570 salariés et réalise un chiffre d’affaires annuel voisin de 500 millions d’euros. « Sa taille, bien inférieure à celle d’usines en Amérique ou en Asie, pouvait néanmoins poser un problème de compétitivité à terme », a expliqué au Monde M. Gupta. L’intégration en aval, une stratégie déjà mise en place dans d’autres usines de métal de son groupe, doit permettre de régler cette question. Aujourd’hui, toute la production de Dunkerque est vendue à des clients qui l’utilisent pour fabriquer des pièces automobiles et des boîtes boisson.
C’est le début d’une nouvelle vie pour cette usine à l’histoire particulière, très politique, qui fait d’elle un symbole. Tout commence le 19 novembre 1988. Ce jour-là, le premier ministre Michel Rocard annonce que, dans les quarante-huit heures, la France connaîtra « une grande et belle nouvelle économique ». Suspense… Deux jours plus tard, c’est officiel : Pechiney, alors l’un des fleurons du secteur public, engage une double initiative. D’une part, il lance une OPA sur American National Can, une transaction de 3,5 milliards de dollars qui fait du roi français de l’alu le numéro un mondial de l’emballage. D’autre part, le groupe décide de construire une énorme usine d’aluminium à Dunkerque pour 5 milliards de francs (1,1 milliard d’euros). Une façon de montrer que Pechiney ne délaisse pas l’Hexagone. La gauche au pouvoir peut être satisfaite.
Un laboratoire social qui a connu quelques ratés
A l’époque, malgré le délit d’initié qui ternit l’OPA américaine, ce double investissement est jugé brillant et ambitieux. Car pour Pechiney, il ne s’agit pas seulement de produire des tonnes d’aluminium en plus. Le PDG Jean Gandois et Martine Aubry, la socialiste qu’il a fait entrer à son comité exécutif, ne veulent rien moins que « réinventer le travail ». Les bâtiments, dessinés par un architecte extérieur au monde de l’industrie, sont conçus pour s’intégrer au mieux dans leur environnement. Et avec l’aide de sociologues, l’équipe de Pechiney repense toute l’organisation du travail. Fini le taylorisme. Dans ce laboratoire du progrès, la structure hiérarchique des chefs, sous-chefs, etc., est comprimée au maximum. Place à l’autonomie, la polyvalence, la responsabilité des ouvriers travaillant dans des équipes restreintes.
Près de trente ans après l’annonce de cet investissement, le bilan apparaît contrasté. Le chantier, piloté par Philippe Varin – futur président de PSA et d’Areva –, a été mené à bien en temps et en heure. Mais le laboratoire social a connu des ratés, notamment une grève dure en 1994. Quand les cours de l’aluminium ont plongé, l’ultra-performante « usine du nouveau millénaire » n’a pas échappé aux pertes. Et surtout, Pechiney a disparu.
Fragilisé par l’endettement lié à son OPA américaine, le groupe a été avalé par le canadien Alcan en 2003, lui-même absorbé par Rio Tinto en 2007. La suite, c’est l’éclatement de l’ex-gloire bleu-blanc-rouge, les dizaines d’usines de Pechiney étant revendues peu à peu à divers acquéreurs. De cette aventure, Rio Tinto n’a finalement conservé en France que Dunkerque. « Ce site s’inscrit dans le cœur de notre stratégie », assurait encore l’un des dirigeants, fin 2015.

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Une fortune bâtie sur la reprise d’usines délaissées
Ces derniers mois, Rio Tinto l’a pourtant mis en vente en toute discrétion, pour continuer à se recentrer sur ses actifs miniers. Et Sanjeev Gupta a remis la meilleure offre. Inconnu en France jusqu’à présent, ce natif du Pendjab est typique des dirigeants issus de pays émergents qui ont bâti des fortunes en reprenant des usines délaissées, en particulier dans les vieux pays industriels. Pas moins de 35 sites en ce qui le concerne, notamment en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis. Il a connu une année 2017 particulièrement active, avec neuf acquisitions. L’année précédente, M. Gupta avait déjà acheté une fonderie d’aluminium de Rio Tinto en Ecosse.
Résultat : le groupe GFG Alliance affiche un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros). Il est actif dans l’extraction minière, la production d’acier et d’aluminium, mais aussi la banque et l’immobilier.

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Dunkerque n’est pas la dernière pièce du puzzle. En France, M. Gupta fait partie des candidats les mieux placés pour acheter Ascometal. Il propose de reprendre les quatre principaux sites de ce petit groupe sidérurgique en redressement judiciaire. Prochaine audience, peut-être décisive, le 24 janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Hong Sang-soo poursuit son observation des tourments amoureux.
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« Seule sur la plage la nuit » : divagations mélancoliques autour d’un absent

Hong Sang-soo poursuit son observation des tourments amoureux.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du «  Monde » - A ne pas manquer
Il en va désormais des films d’Hong Sang-soo comme des saisons : ils se succèdent, déposant dans nos cœurs des qualités particulières qui s’éteignent et renaissent avec eux. Seule sur la plage la nuit se laisse ranger parmi ses contes d’hiver (comme, par exemple, Matins calmes à Séoul, 2011), transi par le froid et l’humidité, baignant dans des demi-jours et des pénombres fuligineuses, moucheté par ces phylactères de vapeur fugaces qui s’échappent des conversations en extérieur.

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Présenté à la Berlinale, en février 2017, dont il est revenu avec un prix d’interprétation, il s’inscrit dans une veine récente des films tournés avec Kim Min-hee (Le Jour d’après, La Caméra de Claire), comédienne récurrente et nouvelle muse du réalisateur, venue à ce cinéma de la valse-hésitation amoureuse comme pour y instaurer un nouveau point de vue. Celui d’une jeune femme bafouée et rejetée pour l’occasion dans une parenthèse de son existence, mais soutenue par sa lucidité et son intelligence sensible.
Une absence qui s’étend autour d’elle comme un trou noir
Elle joue ici le rôle de Yeong-hui, une actrice en vacances, d’abord à Hambourg, aux côtés d’une amie, puis de retour en Corée du Sud, à Gangneung, la petite ville côtière de son enfance. Cette goguette, rythmée par les promenades, les rencontres, les discussions, les repas, les retrouvailles, cache en vérité une douleur enfouie. Yeong-hui attend quelqu’un, un amant, qui s’obstine à ne pas la rejoindre et dont l’absence s’étend autour d’elle comme un trou noir.
Dans les détours et les trébuchements des échanges se laisse deviner un arrière-plan plus grave : un vent de scandale et d’adultère qui entoure la jeune femme esseulée et jette le discrédit sur sa relation agonisante. Son congé se révèle peu à peu pour ce qu’il est : une fuite, un exil, une relégation dont sourdent la solitude et l’opprobre. Seule sur la plage la nuit s’avance ainsi comme un film de coulisses et d’à-côtés, déserté par un drame qui semble avoir eu lieu en un autre temps et en un autre endroit, laissant place à la douleur et surtout à son lent cheminement pour se faire jour.
Deux facettes réversibles
Tout, dans l’errance de Yeong-hui, se présente alors selon deux facettes infiniment réversibles : la surface simple, excessivement banale, des choses et, derrière elles, les gouffres de mélancolie, d’attente, d’amertume, d’incertitude, qu’elles recouvrent. Suprême indétermination du cinéma d’Hong Sang-soo, qui fait de l’anodin le trajet le plus sûr vers les plus profonds, parfois les plus rugueux, sentiments humains.

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Le plus surprenant étant la façon dont le rêve (l’inconscient ?) s’invite ici, sous la forme d’un « homme en noir » surgissant plusieurs fois au-devant de Yeong-hui, pour commettre des actes incongrus (laver les carreaux, enlever l’héroïne comme un baluchon) ; silhouette venue trouer le récit comme un retour halluciné de l’homme qui manque. C’est ainsi que l’émotion se loge dans les recoins les plus inattendus des films d’Hong Sang-soo. Notamment dans ces quelques scènes gratuites, où Yeong-hui s’abandonne tout entière à des « actes de grâce » : prier avant de traverser un pont ou fredonner une ritournelle in extenso lors d’une pause cigarette, toutes choses qui ne servent à rien (au regard de la dramaturgie), mais qui tiennent, ne serait-ce qu’un instant, la douleur en respect.
Reste une chose : cette phrase merveilleuse du Quintette en ut majeur, de Schubert, qui revient ponctuellement souligner les mouvements d’âme de l’héroïne. Et si Seule sur la plage la nuit était le Winterreise d’Hong Sang-soo ?

Film sud-coréen d’Hong Sang-soo. Avec Kim Min-hee, Seo Young-hwa, Kwon Hae-hyo (1 h 41). Sur le web : www.capricci.fr, www.facebook.com/capricci

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 10 janvier)
Belinda, film français de Marie Dumora (à ne pas manquer)Downsizing, film américain d’Alexander Payne (à ne pas manquer)Seule sur la plage la nuit, film sud coréen de Hong Sang-soo (à ne pas manquer)Que le diable nous emporte, film français de Jean-Claude Brisseau (à voir)Las marimbas del infierno, film français de Julio Hernandez Cordon (à voir)Normandie nue, film français de Philippe Le Guay (pourquoi pas)Vers la lumière, film japonais de Naomi Kawase (pourquoi pas)Si tu voyais son cœur, film français de Joan Chemla (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir
La Monnaie de leur pièce, film français d’Anne Le NyLes films de l’été : Rien sauf l’été et le film de l’été, film français et belge de Claude Schmitz et Emmanuel MarreUne aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation, documentaire français de Daniel Cling





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’initiative du gouvernement est loin de faire l’unanimité dans les communes qui longent l’une des routes secondaires concernées par cet abaissement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/01/2018
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Limitation à 80 km/h : dans le Morbihan, un consensus introuvable

L’initiative du gouvernement est loin de faire l’unanimité dans les communes qui longent l’une des routes secondaires concernées par cet abaissement.



Le Monde
 |    10.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
10.01.2018 à 09h08
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        


Après Lorient, dans le Morbihan, la départementale 769 enjambe le Scorff, se déploie en ligne droite jusqu’aux Montagnes Noires, puis rejoint l’orée du Finistère. Longue d’environ 70 kilomètres, cette artère structurante, jalonnée d’une trentaine d’intersections, est empruntée chaque semaine par plusieurs dizaines de milliers de véhicules, dont de nombreux poids lourds.
Neuf automobilistes y ont trouvé la mort depuis 2012, selon la préfecture. Hors agglomérations et voies express, c’est l’un des axes les plus accidentogènes de Bretagne. Majoritairement constituée de tronçons à deux voies, la D769 figure parmi les routes concernées par l’abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la limitation de vitesse, annoncé mardi 8 janvier par le premier ministre, et qui doit entrer en vigueur le 1er juillet. Une perspective qui, localement, ne fait pas l’unanimité.
« Cela peut pénaliser mon activité »
David Le Solliec (divers droite) fait partie des maires de communes bordant cet axe. Depuis sa prise de fonctions à Gourin, en 2001, il a dû se rendre à plusieurs reprises sur les lieux d’accidents mortels survenus dans le secteur. En cause : « Alcool, psychotropes, perte de contrôle du véhicule, état de fatigue, survitesse… » Mais il prévient : « Je suis farouchement opposé à la baisse de la limitation de vitesse ! » Car, selon lui, la mesure ne « réglerait pas le problème ». 
« Les “criminels” ne roulent pas à 90 km/h, mais beaucoup plus vite ! (…) Il faudrait mieux placer certains radars, durcir la législation sur le permis, faire passer des visites médicales à partir d’un certain âge, mettre le paquet sur l’alcool et les drogues, réaménager les routes… »
M. Le Solliec affirme par ailleurs, à l’instar d’un certain nombre de ses homologues de l’Hexagone, que la mesure décidée par le gouvernement pourrait fragiliser son territoire : « On est à quarante-cinq minutes de Lorient, la grande ville la plus proche. Beaucoup de gens achètent des maisons à trente minutes maximum de leur lieu de travail. Baisser la vitesse de 10 km/h, c’est rajouter encore cinq minutes à leur trajet. Cela fait trop long pour beaucoup de familles. Pour les entreprises, c’est du monde en moins, des clients en moins… »

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Artisan multiservice à Gourin, Gérard Bourvic partage cet avis. Avec sa camionnette, il parcourt chaque année de 25 000 à 30 000 kilomètres dans les environs. La D769 est, selon lui, « adaptée pour rouler à 90 km/h ». La baisse de la limitation ? « Une catastrophe ! », jure-t-il. « Cela peut pénaliser mon activité. Il faudra partir plus tôt, passer plus de temps sur la route, on sera moins à l’heure, les chantiers n’avanceront pas ! Dix minutes de plus ou de moins, ça fait beaucoup, pour nous. » 
« Laisser les territoires gérer au cas par cas »
Ces considérations ne paraissent pas prioritaires aux yeux de Geneviève Potier. « Notre but, c’est de faire diminuer le nombre d’accidents », explique la retraitée, qui préside l’antenne morbihannaise de la Ligue contre la violence routière. L’association qu’elle représente réclame depuis plusieurs années « l’abaissement généralisé de 10 km/h des vitesses maximales hors agglomération ». Une mesure « utile », selon Mme Potier, étant donné la persistance de « conduites à risque ». Et d’évoquer les estimations du gouvernement selon lesquelles « trois cent cinquante à quatre cents vies » pourraient être sauvées chaque année grâce à la décision entérinée ces derniers jours.
« On fait dire ce qu’on veut aux statistiques ! », rétorque André Le Corre, maire (divers droite) du Faouët, commune proche de la D769. M. Le Corre, qui travaille comme ingénieur à Lorient, emprunte lui-même cet axe « plusieurs fois par jour ». Défavorable aux nouvelles mesures, il prône une « gestion plus pertinente de la voirie », qui consisterait à « laisser les territoires gérer au cas par cas les limitations. (…) Sur la D769, par exemple, il y a des portions qui méritent d’être limitées à 80 km/h, voire à 70, mais beaucoup d’autres où il est normal de rouler à 90. Il faudrait pouvoir ajuster. »

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Membre de la commission routes, transport et environnement du conseil départemental du Morbihan, maire (centre droit) de Caudan, ville traversée du nord au sud par la D769, Gérard Falquerho, quant à lui, soutient l’initiative gouvernementale. « La sécurité avant tout ! », justifie-t-il. Il dit être « régulièrement sollicité » par des habitants réclamant des baisses de la limitation sur certaines routes du département. « Une majeure partie » des personnes avec qui il a évoqué le sujet seraient favorables à la mesure annoncée par le premier ministre. Son homologue de Gourin, David Le Solliec, dit avoir constaté l’inverse : « Autour de moi, 60 % à 70 % des gens s’y opposent. » Une proportion qui correspond davantage, si l’on en croit les sondages publiés ces dernières semaines, à l’opposition entre « pour » et « contre » à l’échelle nationale.



                            


                        

                        

