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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Spécialiste du Vatican, Constance Colonna-Cesari a enquêté sur l’influence du Saint-Siège à travers le monde (sur Arte à 22 h 20).
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TV - « Les Diplomates du pape »

Notre choix du soir. Spécialiste du Vatican, Constance Colonna-Cesari a enquêté sur l’influence du Saint-Siège à travers le monde (sur Arte à 22 h 20).



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 17h51
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 20

   


Le meilleur service de renseignement extérieur au monde ? Après le visionnage de ce passionnant documentaire, on aurait en tout cas tendance à écarter la CIA américaine, le SVR russe, le MI6 britannique, la DGSE française, le MSS chinois ou le Mossad israélien de la première marche du podium au profit… des très discrets diplomates du Vatican !
Depuis de longues années, Constance Colonna-Cesari suit de près les affaires du Saint-Siège. Auteure de plusieurs documentaires et ouvrages de référence, dont Dans les secrets de la diplomatie vaticane (Seuil, 2016), la journaliste effectue dans cette nouvelle enquête une plongée inédite dans l’univers feutré des diplomates de l’Eglise ­catholique, habiles et très compétents représentants d’un minuscule Etat installé sur quarante-quatre hectares au cœur de Rome.
Politique diplomatique ambitieuse
En mars 2013, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio devient le pape François. L’élection du premier souverain pontife sud-américain de l’histoire marque le début d’une vaste et ambitieuse offensive de l’Eglise catholique sur le front ­diplomatique. L’Eglise du pape François se veut celle des périphéries et tient à s’occuper de manière concrète des migrants en danger comme des chrétiens opprimés. Mais pas seulement. En effet, des diplomates mènent des actions et négociations sur de nombreuses zones sensibles, de la Syrie à Cuba en passant par l’Irak, la Grèce, la ­République centrafricaine ou la Colombie.
Les résultats positifs enregistrés pour sauver des vies, atténuer des tensions ou favoriser le dialogue entre deux pays prouvent que la célèbre formule ironique pro­noncée en 1935 par Staline (« Oh, le pape ! Combien de divisions ­a-t-il ? ») n’avait pas pris en compte la véritable puissance du Vatican sur la scène internationale. En ­février 1929, les accords du Latran, signés par le secrétaire d’Etat de Pie XI et Mussolini, restituaient à l’Eglise l’autonomie territoriale perdue en 1870. Le Vatican acquiert, de fait, le statut d’Etat et un pouvoir politique réel, reconnu par les organisations ­internationales.
Secret et discrétion
Comme le rappelle ce documentaire, le Saint-Siège a des informateurs partout, jusqu’au cœur des villages perdus dans les forêts africaines, asiatiques ou latino-américaines : prêtres, évêques, religieuses et fidèles font remonter les ­informations jusqu’à Rome. Là, le Conseil pour le développement humain intégral recueille toutes les données et constitue, de fait, l’un des bureaux les mieux informés de la planète. C’est aussi à Rome que la célèbre école des nonces enseigne, avec un savoir-faire reconnu, la diplomatie à des élèves triés sur le volet. Seuls les séminaristes les plus brillants peuvent ­espérer faire une carrière diplomatique. Avec, comme règles de base, le secret et la discrétion. Face ­caméra, le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter­religieux, esquisse un sourire : « Comment peut-on être à la fois prêtre et diplomate ? On est d’abord prêtre ! La diplomatie est un moyen dont se sert l’Eglise, pas un but. »
Fortes personnalités
L’un des mérites de ce documentaire est de décrypter les objectifs et les missions des diplomates les plus influents d’une Eglise catholique rassemblant plus de 1 milliard de fidèles dans le monde. Et aussi de les entendre parler, ce qui est rare en public. On découvre ainsi de fortes personnalités, comme Mgr Gallagher, originaire de Liverpool et ministre des affaires étrangères du Saint-Siège. Ou le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Vatican. Sans oublier l’étonnant Mario Zenari, nonce apostolique en poste depuis sept ans à Damas. Un poste stratégique, car le soutien au régime de Damas est une constante de sa diplomatie, le Vatican estimant que Bachar Al-Assad ­continue d’offrir les meilleures garanties aux chrétiens syriens.
Pierre angulaire de la diplomatie vaticane : la protection des chrétiens d’Orient. D’où le dialogue nécessaire avec Vladimir Poutine. Mais la diplomatie du pape François se veut bien plus ambitieuse. Sauver les migrants, rétablir le dialogue avec l’islam, mis à mal par le discours de Benoît XVI en 2006, assurer la paix en Colombie, obliger les Etats-Unis et Cuba à renouer des liens, imposer ses vues à l’ONU… Le travail ne manque pas.
Efficaces sur le terrain, les diplomates envoyés de Rome savent agir sur des conflits sans que les protagonistes se sentent agressés. Le décryptage du réchauffement entre les Etats-Unis d’Obama et le Cuba de Raul Castro met en avant le rôle prépondérant du cardinal Ortega, intermédiaire officieux entre La Havane, Washington et le Saint-Siège. Et les voyages ciblés du pape François en 2016 (Colombie, Philippines, Centrafrique) confirment l’offensive diplomatique du Vatican sur la scène mondiale.
Les Diplomates du pape, de Constance Colonna-Cesari (Fr, 2017, 52 min)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Ce pionnier de la préservation du patrimoine architectural et urbain du XIXe siècle et de la première moitié du XXe est décédé le 5 janvier, à l’âge de 79 ans.
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Mort de Bruno Foucart, historien de l’art et du patrimoine

Ce pionnier de la préservation du patrimoine architectural et urbain du XIXe siècle et de la première moitié du XXe est décédé le 5 janvier, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 14h58
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

L’historien de l’art et du patrimoine Bruno Foucart est mort à Paris le 5 janvier, à 79 ans. Né le 4 août 1938 à Dijon, il est admis à l’Ecole normale supérieure en 1959, interrompt ses études pour cause de guerre d’Algérie, puis, à son retour, obtient l’agrégation de lettres.
Convaincu l’un des premiers qu’il y a nécessité à préserver le patrimoine architectural et urbain du XIXe siècle et de la première moitié du XXe, qui n’ont alors que peu de défenseurs et une foule d’adversaires formée de promoteurs immobiliers et d’élus locaux, il met en pratique cette conviction au sein de l’Inventaire général du patrimoine culturel – en abrégé Inventaire général – qui est créé à cette fin le 4 mars 1964, à l’initiative du ministre de la culture, André Malraux, et de l’historien d’art André Chastel.
Parmi les bâtiments qui bénéficient de cette politique patrimoniale figure la gare d’Orsay, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, le 8 mars 1973, ce qui met un terme au projet de sa destruction et prépare sa transformation ultérieure en musée du second XIXe siècle.
Le souvenir d’un temps d’initiative
Bruno Foucart poursuit et amplifie son action au cabinet d’Alain Peyrefitte, brièvement ministre des affaires culturelle en 1974, et surtout à celui de Michel Guy, qui lui succède rue de Valois de juin 1974 à août 1976, premier ministre de la culture de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac étant alors premier ministre. De cette période, qu’il aimait à évoquer, Bruno Foucart gardait le souvenir d’un temps d’initiative. Michel Guy permet que soient décidés des classements au titre des monuments historiques dans les centres anciens d’une centaine de villes françaises et, parmi eux, de nombreux édifices des XIXe et XXe siècles. C’est encore sous son impulsion qu’il est décidé de convertir l’Hôtel Salé en Musée Picasso.
Tout en poursuivant son action en faveur du patrimoine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.
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La mort du philosophe et sociologue Michel Verret

L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h15
    |

Jean-Claude Passeron (ancien directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            

Michel Verret, né le 6 novembre 1927 à Cambrai (Nord), est mort le 28 novembre 2017 à Nantes. Signe tranquille de sa constance philosophique, à rebours de toute convenance ou religion, ses cendres ont été dispersées, comme il le souhaitait, dans le Jardin du souvenir au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
A Nantes, où il s’était installé en 1953 sitôt passée l’agrégation de philosophie, avec son épouse, Eliane Berenbaum, elle aussi militante et psychologue, et où naquirent leurs quatre enfants, il a enseigné près de quarante ans, d’abord professeur de philosophie au lycée Clemenceau, puis à l’université de cette ville, où il a assuré, à partir de 1969, la direction du département de sociologie, qu’il renforça et associa à des enquêtes statistiques et ethnographiques, en créant le Lersco – Laboratoire d’études et de recherches sociologiques sur la classe ouvrière –, reconnu comme laboratoire associé au CNRS en 1974.
L’expérience de la génération intellectuelle née autour des années 1930 a été marquée par l’insatisfaction d’avoir manqué de peu les combats de la Résistance. D’où, à la Libération, un regain d’énergie, comme pour effacer la grisaille de la vie au temps de l’enfance sous l’Occupation, en s’investissant activement dans le renouvellement théorique des sciences de l’homme ou dans l’espérance revigorée d’une révolution à venir.
Militant communiste
Issus de de la victoire des Alliés sur le nazisme et les fascismes mondiaux, les choix politiques de Michel Verret en ont été marqués durablement — pendant la guerre froide, comme plus tard, lors des déchirures du bloc socialiste ou des rebonds de puissance du capitalisme mondialisé. Son itinéraire philosophique a été d’une rectitude intellectuelle et militante sans concession : entré aux Jeunesses communistes (JC) à la Libération, puis au PCF dès 1945, avant même sa réussite au concours de l’Ecole normale supérieure (ENS) en 1948, il abandonna « silencieusement »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».
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Frédéric Schlesinger : « Europe 1 se régénère profondément »

Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h01
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Frédéric Schlesinger, vice-PDG d’Europe 1, se prépare déjà à un moment difficile. Après la mauvaise vague d’audience précédente, qui signait la pire rentrée de sa radio, la prochaine, celle de novembre-décembre, qui sera dévoilée jeudi 18 janvier, ne devrait pas être meilleure. Mais, avec le soutien du principal actionnaire, Arnaud Lagardère, l’ancien numéro deux de Radio France reste confiant et se donne jusqu’à 2020 pour redresser Europe 1, explique-t-il au Monde.

Peut-on parler d’une rentrée ratée pour Europe 1 ?
Qui connaît la radio sait parfaitement que, quand on change 90 % de sa grille, ce n’est pas en quelques mois qu’on repart à la hausse. Quand nous sommes arrivés à Europe 1, mon équipe et moi-même avons pris le risque de renouveler complètement le concept de radio parlée. Je souris lorsque l’on évoque une rentrée ratée : il ne peut en être autrement, car il faut d’abord perdre avant de gagner. D’ailleurs, nous n’attendons toujours rien de bon des chiffres du mois de janvier.
Gardez-vous confiance malgré tout ?
J’ai toujours dit qu’il nous fallait trois ans pour atteindre nos objectifs. Je le redis et j’ai toujours confiance, car je travaille avec des équipes de grande qualité. Nous n’avons pas à rougir face à la concurrence, notamment en ce qui concerne nos trois piliers éditoriaux : information, récit et débat, divertissement. Non, notre rentrée n’est pas ratée, mais nous avons à gérer l’impatience de tous. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, nous n’avons jamais rêvé de prendre des auditeurs à France Inter. Il faudrait être un débutant pour le penser : France Inter, c’est beaucoup de choses, mais c’est notamment la radio des publiphobes. Nous nous attendions aux difficultés dès que nous avons accepté cette mission. Mais en interne, il y a une excellente ambiance. Pour la première fois, nous avons pu signer la négociation annuelle obligatoire que les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Comédien et essayiste, Yves Cusset pratique l’humour sur scène autant qu’il l’analyse dans ses livres. Pour ce philosophe de formation qui estime que cet art est un « moyen de rouvrir l’espace du débat », « le rire est une grâce qui nous est offerte, il ne se prévoit pas ».
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Yves Cusset : « A trop rechercher le rire, on l’abîme »


                      Comédien et essayiste, Yves Cusset pratique l’humour sur scène autant qu’il l’analyse dans ses livres. Pour ce philosophe de formation qui estime que cet art est un « moyen de rouvrir l’espace du débat », « le rire est une grâce qui nous est offerte, il ne se prévoit pas ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
    |

            Marc-Olivier Bherer








                              

                        

Yves Cusset est philosophe et comédien. Il est l’auteur de Rire. Tractatus philo-comicus ­ (Flammarion, 2016) et de Réflexion sur l’accueil et le droit d’asile (Editions François Bourin, 2016). Il présente La Philosophie enseignée à ma chouette (dont le texte a été publié en 2008 aux éditions Max Milo), au Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, depuis le 7 janvier. Son nouveau spectacle, Réussir sa vie, master class, sera au prochain Festival « off » d’Avignon.
Comment expliquez-vous le besoin d’humour aujourd’hui ?
La difficulté est toujours dans la comparaison historique : est-ce que ce besoin a toujours été aussi important ? Probablement. Se libérer de nos tendances agressives, des tensions qu’alimentent les contraintes et la monotonie de la vie sociale, la violence de l’actualité, a toujours été une nécessité. La différence réside dans le fait qu’il y a aujourd’hui bien davantage de médias prêts à diffuser ­des contenus dits humoristiques.

Certains y voient une surcharge. Je préfère ne pas moraliser la chose. Je considère cependant que rares sont ceux qui parviennent à vraiment faire rire et surtout à toucher juste, car il y a recherche systématique de l’effet. C’est une question esthétique, de goût, avant d’être une question morale. Ceux qui en font une question morale adoptent la posture du défenseur de la civilisation contre les barbares, contre la mutation culturelle qui les menace. Ainsi Alain Finkielkraut affirme que l’on entre dans l’ère du ricanement perpétuel, et François ­L’Yvonnet pourfend ce qu’il appelle ­ « l’intégrisme de la rigolade ». Ces postures m’inspirent une certaine suspicion.

Je pense qu’il faut en revenir tout simplement aux analyses du philosophe Henri Bergson [1859-1941] et du psychanalyste Sigmund Freud [1856-1939]. Ce dernier voit dans le rire le moyen de détourner nos tendances agressives de leur but premier....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La réalisatrice du très beau portrait documentaire « Belinda » s’intéresse aux communautés en marge de la société civile.
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Les ricochets de Marie Dumora

La réalisatrice du très beau portrait documentaire « Belinda » s’intéresse aux communautés en marge de la société civile.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h35
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

« Je suis très mal à l’aise avec l’autobiographie », nous prévient, par mesure de précaution, Marie Dumora, réalisatrice du très beau portrait documentaire Belinda. C’est un même refus de la typologie sociale, des grilles déformantes, que l’on perçoit chez elle et au cœur de ses films. Au fil de la conversation, elle ne laisse affleurer de son parcours personnel que ses rencontres avec d’autres, ceux qu’elle a filmés, ou avec les œuvres qui l’ont nourrie. Elle le reconnaît : « Les dates, dans ma tête, c’est un foutoir. »
Un jeu de piste se dessine alors : enfance et adolescence passées dans un « petit coin perdu » de la banlieue parisienne (Yvelines), études de lettres modernes et de philosophie, le tout traversé grâce à la lecture et au cinéma, mais aussi à l’univers coloré des fêtes foraines, comme seules bouées de sauvetage.
« J’ai découvert le cinéma toute seule. Je prenais le vélo et le RER pour aller au Balzac, sur les Champs-Elysées, puis je revenais chez moi comme si de rien n’était. Il y avait aussi un très vague ciné-club, dans ma banlieue, de ceux qui, sans le savoir, vous sauvent la vie. »
S’ouvre alors un panthéon personnel sous la forme d’un autoportrait éparpillé, où se dressent les héroïnes fougueuses et fugueuses, comme Mouchette (1967), de Robert Bresson, ou Wanda (1970), de Barbara Loden, des films de Maurice Pialat, les « univers romanesques » de William Faulkner (le cycle de Yoknapatawpha), de Marcel Proust, de Charles Dickens, ou encore Les Sept Samouraïs (1954), d’Akira Kurosawa, qui l’ont « beaucoup aidée à traverser les épreuves les plus rudes, comme partir en tournage par exemple ». Un vade-mecum de combativité et de refus qui en dit certainement plus long que tous les récits de soi.
Si l’œuvre de Marie Dumora se construit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re) découvrir sur petit écran
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Trois séries couronnées aux Golden Globes

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection de séries à (re) découvrir sur petit écran



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h45
    |

                            Martine Delahaye et 
Renaud Machart








                        



                                


                            LES CHOIX DE LA MATINALE
La Servante écarlate, Big Little Lies et Master of None se sont toutes démarquées lors de la 75e édition des Golden Globes, dimanche 7 janvier à Los Angeles. Retrouvez sans tarder ces séries dramatiques, dystopiques ou douces-amères sur le petit écran français.
« Big Little Lies » : des violences si bien dissimulées

Adaptée du livre Petits secrets, grands mensonges (Albin Michel, 2017), de l’Australienne Liane Moriarty, Big Little Lies, minisérie réalisée par le Canadien Jean-Marc Vallée, est née de la volonté commune de Reese Witherspoon et Nicole Kidman. Après avoir découvert ce roman, les deux actrices y ont vu des rôles principaux plus complexes et subtils que ceux qui leur sont d’ordinaire proposés. Le créateur et scénariste de la série, David E. Kelley, parvient à com­biner avec bonheur scènes de soap et questionnement sociopolitique.
Il laisse transparaître les pulsions contradictoires qui traversent ces femmes et, plus important, leurs non-dits. Mais, avec seulement sept épisodes, il aurait gagné à concentrer l’intrigue sur l’histoire d’une seule de ces femmes : celle de Celeste Wright (Nicole Kidman), énigmatique victime d’un mari violent… Thème qu’a évoqué Nicole Kidman, alors qu’elle recevait le prix de la meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm lors de la cérémonie des 75es Golden Globes, dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 janvier.
Big Little Lies a été déclarée meilleure minisérie ou meilleur téléfilm, tandis que deux autres comédiens de la série, Laura Dern et Alexander Skarsgard, ont respectivement remporté les trophées de la meilleure actrice dans un second rôle dans une série, une minisérie ou un téléfilm et du meilleur acteur dans un second rôle dans une série, une minisérie ou un téléfilm.
Big Little Lies, série de David E. Kelley. Avec Reese Witherspoon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le réalisateur de « Nebraska » revient avec « Downsizing », une farce pré-apocalyptique réussie.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Alexander Payne : « On me donne carte blanche jusqu’à un certain budget »

Le réalisateur de « Nebraska » revient avec « Downsizing », une farce pré-apocalyptique réussie.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 09h59
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            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Alexander Payne, cinéaste américain de 56 ans, a réalisé sept longs-métrages depuis 1996. Autant dire que son rythme témoigne d’un accommodement difficile à la nomenclature hollywoodienne actuelle. On en dira tout autant de son tempérament et de son style. Des films tels que Monsieur Schmidt (2002), The Descendants (2011) ou Nebraska (2013) dénotent une ironie mélancolique, une exigence de complexité, un humanisme viscéral qui semblent en rupture de stock dans l’usine à rêves.
Son nouveau film, Downsizing, farce pré-apocalyptique qui envisage notre fin avec un enthousiasme bien frappé, n’est pas loin d’être son meilleur. Matt Damon y interprète, dans un futur proche, un citoyen de la classe moyenne américaine déclinante qui réduit sa taille pour intégrer une cité lilliputienne. Il pense croître et prospérer dans le monde rétréci, où quelques déconvenues l’attendent…
Ce projet a mis très longtemps à aboutir. Qu’est-ce qui s’est opposé à une réalisation plus rapide ?
Nous avons commencé à travailler à ce projet avec mon coscénariste Jim Taylor après la sortie de Sideways, en 2006 exactement. Nous avons peiné un peu à lui trouver une forme qui nous satisfasse. Une fois le scénario écrit, il nous a fallu convaincre les studios, et ça n’a pas non plus été évident. Deux responsables m’ont dit que mon projet était trop « intelligent » pour le budget qu’il requiert. C’était leur mot, et pas le mien. Ce que je peux comprendre d’ailleurs. J’ai à Hollywood le profil d’un auteur à l’européenne, et on me donne carte blanche jusqu’à un certain point. Passé un certain budget, mes projets sont considérés comme trop risqués. Jusqu’à ce moment où, à la Paramount, arrive l’homme providentiel qui vous dit : « On va le faire quand même ! »
Concrètement, quel est le seuil financier à partir duquel vos projets ont du mal à être acceptés ?
La réponse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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T’es sûr qu’on est mardi ?, par Voutch (épisode 68)

« La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 07h12
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Ces derniers mois, la célèbre présentatrice américaine a multiplié les signaux montrant son intérêt pour la politique, tout en assurant ne pas vouloir briguer de mandat.
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Le discours d’Oprah Winfrey aux Golden Globes relance les spéculations sur sa candidature en 2020

Ces derniers mois, la célèbre présentatrice américaine a multiplié les signaux montrant son intérêt pour la politique, tout en assurant ne pas vouloir briguer de mandat.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 21h16
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 07h59
   





                        



Ira, ira pas ? L’élection présidentielle américaine de 2020 est encore loin. Mais la célèbre présentatrice américaine Oprah Winfrey a fait dimanche soir aux Golden Globes un discours qui ressemblait plus à celui d’une femme politique qu’à une vedette de télévision. Son intervention a relancé les spéculations sur une éventuelle candidature à la présidence des Etats-Unis.
Récompensée par le prix Cecil B. DeMille pour l’ensemble de sa carrière lors de la cérémonie des Golden Globes, « Oprah » a construit son discours sur le mouvement amorcé par l’affaire Weinstein, mais en allant bien au-delà.
Elle a fait le lien avec deux héroïnes de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis, Rosa Parks et Recy Taylor, et annoncé l’arrivée d’une « aube nouvelle » pour les femmes et les jeunes filles maltraitées par les hommes.
Beaucoup ont vu dans cette déclaration de neuf minutes un tournant dans la vie publique d’Oprah Winfrey, dont la stature dépasse depuis longtemps déjà celle d’une animatrice, d’une actrice ou d’une femme d’affaires, activités qui ont fait d’elle la première femme noire milliardaire.
La sexagénaire est parfaitement alignée sur son époque, avec son combat pour la cause des femmes, mais aussi son parcours issu de la société civile. Première présentatrice noire à percer à la télévision, il y a trente ans, Oprah Winfrey a su créer autour de son nom et de son image une véritable marque, à l’influence considérable aux Etats-Unis.
Interrogée immédiatement après son discours dimanche pour savoir si elle comptait ou non se présenter, elle a répondu ne pas y penser. « C’est aux gens de décider », a déclaré au Los Angeles Times Stedman Graham, son compagnon de longue date, ajoutant : « Elle le ferait, c’est clair. » Selon CNN, l’actrice de 63 ans « réfléchit sérieusement » à une candidature, à près de trois ans de l’échéance.
Ambiguïté
En mars, sur Bloomberg, elle avait eu un commentaire volontairement ambigu, laissant entendre dans une interview que la victoire électorale d’un promoteur immobilier sans la moindre expérience politique, Donald Trump, l’avait fait réfléchir à une candidature. Dès le lendemain, une amie, la présentatrice Gayle King, avait toutefois assuré qu’il s’agissait d’une « plaisanterie ».

« Je ne me présenterai jamais à aucun mandat politique », avait ensuite déclaré Oprah Winfrey, en juin, au site du Hollywood Reporter. « C’est une position assez définitive. »
« Je ne crois pas qu’elle avait l’intention » de se déclarer, a réagi l’actrice Meryl Streep au Washington Post, « mais maintenant, elle n’a plus le choix ». Un sondage publié en mars par l’institut Public Policy Polling donnait Oprah Winfrey gagnante en 2020 contre Donald Trump à 47 % des suffrages contre 40 % au président sortant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Notre choix du soir. La minisérie britannique fait le portrait glaçant et pourtant sensible d’un jeune tueur en série et de son entourage familial (sur Canal+ à 21 heures).
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TV – « Born to Kill », un ange exterminateur

Notre choix du soir. La minisérie britannique fait le portrait glaçant et pourtant sensible d’un jeune tueur en série et de son entourage familial (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Canal+ à 21  heures
Le portrait d’un jeune tueur en série n’est certes pas inédit. Mais les variations sur ce thème inusable que proposent les créatrices Tracey Malone et Kate Ashfield avec la minisérie Born to Kill (« Tueur-né ») sont étourdissantes et glaçantes.
Sam, 16 ans (joué par Jack Rowan, troublant et virtuose), est un lycéen beau et souriant dont la mère, Jenny, a tout lieu de penser qu’il est le fils parfait : il lui prépare le petit-déjeuner, vient faire la lecture aux patients d’un hôpital où elle est infirmière, lui réclame des câlins à un âge où d’ordinaire on les refuse.
Sam croit son père mort ; il est en fait emprisonné depuis douze ans, pour meurtre. Mais il n’attendra pas cette nouvelle, qu’il découvre sur le tard, et la libération de son géniteur pour assouvir ses pulsions létales. Dans le même temps, le jeune homme découvre l’amour physique avec Chrissie, une jeune lycéenne perturbée, tandis que Jenny et Bill, le père de Chrissie, nouent une idylle.
Thriller en quatre épisodes à la courbe dramatique parfaite, et formidablement interprété, Born to Kill a aussi la qualité d’une fine peinture psychologique des rapports parents-enfants – notamment celle de Bill avec son acariâtre vieille mère.

   


On regrettera simplement, dans cette excellente réalisation (signée Bruce Goodison), ce tic, souvent relevé ailleurs, qui occasionne un décalage parfois gênant entre un dialogue (ou un son) et une scène (ou un plan).
Ainsi, lorsqu’elle se rend à la prison pour une réunion de conciliation avec le père de Sam, entend-on Jenny s’exprimer depuis quelques longues secondes alors que, à l’image, elle quitte silencieusement le parc de stationnement de sa voiture.
Dans le dernier épisode – acmé haletant s’il en est –, on entend un téléphone sonner. Est-ce celui qu’on verra décroché dans la scène suivante ? Non, c’est bien celui de Chrissie, qui le sort de sa poche.
Cet artifice a, on imagine, la vertu présumée de donner de l’élan à la réalisation en gagnant quelques secondes ici ou là. Il est inutile en ce cadre, tant le tempo de Born to Kill est juste.
Born to Kill, série créée par Tracey Malone et Kate Ashfield. Avec Jack Rowan, Romola Garai, Lara Peake, Daniel Mays, Richard Coyle, Sharon Small, Elizabeth Counsell (GB, 2017, 4 × 49 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ En marge de la visite d’Emmanuel Macron, la France jette les bases d’un « partage de pratiques avec les restaurateurs chinois ».
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Patrimoine : vers une nouvelle coopération franco-chinoise

En marge de la visite d’Emmanuel Macron, la France jette les bases d’un « partage de pratiques avec les restaurateurs chinois ».



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 17h49
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



   


Xi’an et la province du Shaanxi, dans le centre de la Chine, où le président français Emmanuel Macron a entamé lundi 8 janvier sa visite d’état en Chine, sont appelées à devenir un lieu privilégié pour la coopération franco chinoise en matière de patrimoine. C’est à Xi’an que se trouve le site de l’armée en terre cuite du premier empereur de Chine, Qin Shi Huang, au IIIe siècle avant notre ère, ainsi que son mausolée, jamais exploré à ce jour. Ce célèbre site, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, a été visité par le couple Macron. La région, qui fut la capitale de la Chine des Tang, est riche d’un incroyable potentiel de fouilles, avec une multitude de mausolées, mais aussi de temples.
Cette coopération nouvelle dans le domaine du patrimoine, initiée en 2014 après le réchauffement des relations franco-chinoises, a conduit à l’organisation en novembre 2017 d’un premier colloque qui a réuni 350 experts de toute la Chine et les représentants des principales institutions françaises dans le domaine du patrimoine.
« On a toujours eu une forme de projection internationale, or, travailler avec la Chine est très important explique au Monde, en marge de la visite présidentielle, Philippe Barbat, directeur de l’Institut national du Patrimoine. C’est un pays où le rapport du patrimoine est en train d’évoluer de manière spectaculaire. Les Chinois on une insistance nouvelle dans ce domaine, ils sont doués, plein d’énergie, très désireux d’atteindre le plus haut niveau international, mais nous avons une petite avance sur le savoir-faire et la méthodologie en France. Nous avons une expertise en matière de restauration du patrimoine qu’ils n’ont pas encore atteint » .
Les Français distancés
Les Français avaient été distancés en Chine par les Italiens et les Allemands, déjà présents de longue date, notamment sur le site de l’armée en terre cuite. Les Italiens travaillent notamment sur la polychromie des statues de guerriers. Ces opérateurs français, regroupés dans un consortium, ont signé en novembre 2017 un accord avec le Bureau du patrimoine du Shaanxi pour œuvrer à la restauration de la structure et des peintures d’un temple taoïste, le gongshu tang, sous la forme de chantiers-école, sous l’égide d’une professeure de l’Institut national du Patrimoine. Il s’agit d’établir « un partage de pratiques avec les restaurateurs chinois » précise M. Barbat.
Le temple est situé dans un village à proximité de Xi’an. Ces peintures, très fines, représentent des scènes religieuses chinoises. Il faut en bloquer la dégradation et tenter de redonner leur subtilité aux couleurs et aux traits. D’autres sites ont été proposés par les Chinois pour une collaboration scientifique et technique, dont un constitué de très grosses sculptures en pierre, datant du début de l’ère chrétienne et représentant des animaux. « Toutes sortes de mécanismes de dégradation sont en œuvre, liés à la qualité de la pierre et aux intempéries » explique Philippe Barbat. L’une des sculptures représente un tigre. Une autre, très connue, met en scène un cheval en train d’écraser un envahisseur barbare.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dès 1985, la chanteuse, morte ce week-end, s’engage auprès de l’association Chanteurs sans frontières, créée pour venir en aide aux victimes de la famine qui sévit alors en Ethiopie.
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France Gall et l’Afrique « flamboyante », une relation privilégiée

Dès 1985, la chanteuse, morte ce week-end, s’engage auprès de l’association Chanteurs sans frontières, créée pour venir en aide aux victimes de la famine qui sévit alors en Ethiopie.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 19h57
    |

                            Le Monde.fr et 
                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)








                        


« France Gall, la Française la plus sénégalaise est décédée », titrait, dimanche 7 janvier, jour de la mort de la chanteuse, le site d’information Dakaractu, rappelant l’« amour » de l’artiste pour ce petit pays de la côte ouest africaine. Dès les années 1980, et tout au long de sa carrière, France Gall a entretenu une relation particulière avec l’Afrique de manière générale, et avec le Sénégal, en particulier.

        Lire :
         

          Mort de France Gall, l’une des interprètes les plus populaires de la variété française



En 1985, la chanteuse s’engage auprès de l’association Chanteurs sans frontières, créée pour venir en aide aux victimes de la famine qui sévit alors en Ethiopie. Dans le cadre de cette association, dirigée notamment par Rony Brauman, alors président de Médecins sans frontières, France Gall participe à l’album SOS Ethiopie, qui sera vendu à plus d’un million d’exemplaires.
La même année, elle lance, avec son époux, Michel Berger, Daniel Balavoine, Lionel Rotcage et Richard Berry, l’opération humanitaire « Action écoles ». Partout en France, des milliers de comités sont créés dans des établissements scolaires pour récolter des fonds en vue de financer des microprojets dans l’éducation et l’approvisionnement en eau.



Tombés sous le charme du Sénégal, France Gall et Michel Berger achètent une maison sur l’île de Ngor, au large de la presqu’île du Cap-Vert, près de Dakar, la capitale. Dans le village de pêcheurs, situé en face de l’île, ils font construire dans les années 1990 une école maternelle. Elle existe toujours aujourd’hui. Lundi 8 janvier, au lendemain de la mort de la chanteuse, « les élèves lui ont rendu hommage en chanson », rapporte d’ailleurs Samba Diop, pêcheur et guide du village. C’est dans ce pays, rappelait-elle, en 2012, face à Yann Arthus-Bertrand, sur la chaîne Planète +, qu’elle prend également « conscience des problèmes que peut rencontrer le monde, l’Afrique entre autres ».
« Babacar »
C’est aussi là-bas qu’elle rencontre Babacar, qui deviendra, en 1987, le héros d’une des chansons les plus emblématiques de sa carrière. A l’époque, France Gall se trouve au Sénégal pour « Action écoles ». Un soir, alors qu’elle traverse un village, elle voit, « dans le noir », « un petit bébé qui dort ». Elle dit à la maman : « Qu’il est beau ton bébé ! » Elle lui répond : « Si tu veux, je te le donne. » « Quand je suis rentrée à Paris, j’en ai parlé à Michel, six mois plus tard, il me sort cette chanson, Babacar », racontait-elle, il y a quelques années, sur RTL.
Lorsqu’elle retourne sur place tourner le clip de la chanson, elle retrouve Babacar, et décide de donner à sa mère « les moyens de trouver un métier ». « Une belle histoire qui se finit bien. »



Après la mort de sa fille, Pauline, en 1997, France Gall décide de partager sa vie entre la France et le Sénégal. C’est d’ailleurs dans ce pays, disait-elle à Yann Arthus-Bertrand, qu’elle retrouvera « une paix et une vraie sérénité ». 
Bien que sa présence fût discrète, France Gall avait noué des liens intimes avec les Lébous, communauté de pêcheurs de la presqu’île de Dakar. Dans le village de Ngor, ils sont nombreux à se rappeler celle qui se baladait pieds nus sur la plage, près des pirogues de pêche. Samba Diop se souvient :
« Quand elle était jeune, elle partait parfois en mer avec nous. Elle venait nous voir dès qu’elle était au Sénégal. A l’annonce de son cancer du sein, elle est venue se recueillir près de notre baobab sacré pour se guérir. C’était devenu un pèlerinage qu’elle faisait avec des amis, comme Gérard Depardieu. Nous étions tous très proches d’elle et tout le monde ici est attristé par son décès. Nous sommes en train de discuter avec les anciens du village pour savoir comment honorer sa mémoire. »
« C’était une sœur pour nous »
A l’annonce de sa mort, de nombreux artistes ont également tenu à lui rendre hommage, notamment le célèbre auteur-compositeur sénégalais Youssou N’Dour :
« C’est une sœur pour nous au Sénégal. Parce que c’est une personne qui a montré et démontré son amour pour le pays et son attachement pour la ville de Dakar et pour l’île de Ngor. »
Il y a quelques années, France Gall expliquait, dans un documentaire, à propos de l’Afrique, combien « la beauté des êtres » y est « flagrante ». Et de conclure : « L’Afrique flamboyante, c’est l’image de ce continent que je veux donner. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dimanche 7 janvier, Oprah Winfrey a reçu un prix prestigieux récompensant l’ensemble de sa carrière. La célèbre présentatrice y a prononcé un discours contre le harcèlement.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Sur la station de Radio France, l’humour occupe deux heures trente d’antenne par jour. Rajeunissement des auditeurs, succès des podcasts et des soirées spéciales… Un filon que la Maison de la radio compte exploiter jusqu’au bout.
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édition abonné


France Inter, le rire de bon aloi


                      Sur la station de Radio France, l’humour occupe deux heures trente d’antenne par jour. Rajeunissement des auditeurs, succès des podcasts et des soirées spéciales… Un filon que la Maison de la radio compte exploiter jusqu’au bout.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 14h35
    |

            Sandrine Blanchard








                              

                        

« Vous comparez Jean-Luc Mélenchon à un élément vital ? » Le 1er janvier, sur France Inter, Guillaume Meurice se prête à son jeu favori, le « taquinage » des militants de base, lors d’un rassemblement de La France insoumise. Les chroniques de l’humoriste ont cumulé, en novembre 2017, 1,8 million de podcasts. « Par Jupiter », l’émission de Charline Vanhoenacker et d’Alex Vizorek, arrive largement en tête des programmes les plus réécoutés du groupe Radio France, avec 4,3 millions de podcasts le même mois.
« Quand il est bien manié et pris au sérieux, l’humour est vraiment la chronique d’une époque. » Laurence Bloch, directrice de France Inter
Entre les chroniqueurs du 7-9, « La Bande originale » de Naguy et « Par Jupiter », l’humour occupe deux heures trente d’antenne quotidienne et est devenu « un super produit d’appel » pour la radio publique, reconnaît sa directrice, ­Laurence Bloch. 2,4 millions de personnes se sont abonnées au podcast L’Humour d’Inter. Parallèlement, la part des 25-34 ans parmi les auditeurs est passée de 6,9 % à 10,6 % en quatre ans. « C’est grâce aux humoristes, affirme Laurence Bloch. Quand il est bien manié et pris au sérieux, l’humour est vraiment la chronique d’une époque. C’est indispensable pour une grande chaîne généraliste d’avoir une bande d’yeux et d’oreilles très acérés. »

Illustration supplémentaire du succès de ces rendez-vous, dont les vidéos circulent en masse sur les réseaux sociaux, une partie de la bande des humoristes d’Inter se retrouve, lundi 15 janvier, dans le cadre du Festival d’humour de Paris (FUP), sur la scène de L’Olympia pour une soirée « France Inter, génération humour ». « Tout ce qui peut donner de la notoriété à la station est bon à prendre. L’objectif est de prolonger l’antenne de manière différente pour porter la marque à l’extérieur », martèle Laurence Bloch. Le spectacle sera d’ailleurs repris le 29 mars dans le mythique...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La cérémonie des Golden Globes, qui précède d’un mois les Oscars et récompense aussi bien la télévision que le 7e art s’est déroulée le 7 janvier au Beverly Hilton Hotel, à Los Angeles. Retour en images sur quelques-uns des primés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La comédie musicale de Michel Berger et Luc Plamondon a été un grand succès dans les années 1980 et marqué la carrière de la chanteuse morte dimanche à l’âge de 70 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Dans « Starmania », France Gall n’était « pas heureuse de jouer Cristal »

La comédie musicale de Michel Berger et Luc Plamondon a été un grand succès dans les années 1980 et marqué la carrière de la chanteuse morte dimanche à l’âge de 70 ans.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 12h16
   





                        



Le Monde est stone, Le Blues du businessman ou encore SOS d’un Terrien en détresse… La carrière de France Gall, qui s’est éteinte dimanche 7 janvier à l’âge de 70 ans, a notamment été marquée par l’aventure Starmania. Sorti en disque en 1978, l’opéra-rock de Michel Berger et Luc Plamondon s’est, depuis, vendu à plus de 3 millions d’exemplaires.

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Pourtant, à l’époque, les détracteurs jugeaient cette comédie musicale « mièvre » et « ridicule ». Les créateurs de Starmania ont choisi alors des interprètes inconnus, à l’exception de Diane Dufresne, Québécoise comme M. Plamondon, et de France Gall. Mais la force des chansons l’a emporté sur la faiblesse du scénario.
France Gall y interprétait le rôle de Cristal, présentatrice vedette de « Télé-Capitale ». Dans une interview à Paris Match en 2015, la chanteuse avait reconnu qu’elle n’était « pas heureuse de jouer Cristal, car ce n’était pas [elle] ».
« Tout le monde s’identifie »
Starmania est un succès. Après quatre semaines sur scène au Palais des Congrès à Paris en 1979, la comédie musicale, qui regroupe une quarantaine d’artistes sur scène, est rejouée dix ans plus tard dans une deuxième version au Théâtre de Paris, puis au Théâtre Marigny en 1988. La tournée qui s’ensuit est énorme, et conduit la troupe, composée d’un autre casting, dont Maurane, jusqu’à Saint-Pétersbourg, en Russie.

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Aujourd’hui, l’opéra-rock est considéré comme prémonitoire. « Michel Berger et Luc Plamondon avaient compris beaucoup de choses avant l’heure, constatait France Gall dans Le Monde en 2009. Ce qu’il y a de formidable avec Starmania, c’est que tout le monde s’identifie. »
Dans une interview à VSD en février 2017, Luc Plamondon avait annoncé le retour de la comédie musicale « à Paris en 2018 ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ De « l’autobahn » germanique aux « highways » américains, le cinéaste allemand a su capter l’errance dans ses films comme dans ses photographies. Des Polaroid qui témoignent de sa passion pour les grands espaces, urbains ou désertiques.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Bien avant Instagram, le cinéaste allemand a accumulé les clichés pris avec son Polaroid, comme s’il remplissait un journal intime. Rencontres, voyages, repérages… Ces images, prises entre 1960 et 1980, font l’objet d’une exposition.
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Wim Wenders, le Polaroid au fil du temps


                      Bien avant Instagram, le cinéaste allemand a accumulé les clichés pris avec son Polaroid, comme s’il remplissait un journal intime. Rencontres, voyages, repérages… Ces images, prises entre 1960 et 1980, font l’objet d’une exposition.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 12h15
    |

                            Clément Ghys








   


A la fin des années 1960, Wim Wenders était comme tout le monde. Il n’était pas encore le cinéaste récompensé par une Palme d’or à Cannes en 1984 pour Paris, Texas, ni l’auteur des Ailes du désir ou de Buena Vista Social Club. Wenders était étudiant à Munich, écrivait des critiques de films, réalisait des courts-métrages et participait au bouillonnement artistique de sa génération. Et, comme tout le monde, il avait un Polaroid. Il fallait alors attendre longtemps pour développer des pellicules, et l’impression instantanée était bienvenue.
Avec son appareil, Wenders a photographié ses amis, ceux qu’il admirait, comme son confrère Rainer Werner Fassbinder ou l’écrivain Peter Handke, des paysages, sa chambre à coucher… Jusqu’aux années 1980, le cinéaste allemand a pris des Polaroid comme s’il remplissait les pages d’un journal intime. Puis le genre est passé de mode. Les développements ont été plus rapides et moins chers et les appareils numériques et les smartphones l’ont rendu obsolète. Wim Wenders a laissé de côté les boîtes à cigares dans lesquelles il avait rangé ses 3 000 images.
« A une époque, les Polaroid c’était de la science-fiction, aujourd’hui, cela appartient au passé. » Wim Wenders
Plus de 400 d’entre elles sont exposées jusqu’au 11 février à la Photographers’Gallery londonienne, puis en juillet au musée C/O de Berlin. Elles sont rassemblées dans un beau livre, publié en février prochain chez Schirmer Mosel. Dans l’avant-propos de cet ouvrage, le réalisateur écrit : « Les Polaroid étaient uniques ! A une époque, c’était de la science-fiction, aujourd’hui, cela appartient au passé. Ils occupent une place très spéciale dans le rapport entre imagerie et photographie. En tout cas dans la mienne. »
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        De « l’autobahn » germanique aux « highways » américains, le cinéaste allemand a su capter l’errance dans ses films comme dans ses photographies. Des Polaroid qui témoignent de sa passion pour les grands espaces, urbains ou désertiques."
            data-slide-description="« Dead Man Smoking », 1977."
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            data-slide-description="« Fairground », Los Angeles, 1973."
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            data-slide-description="« Radio City », New York, 1972."
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            data-slide-description="De gauche à droite et de haut en bas : « San Francisco », 1973 ; « Monument Valley », Utah, 1977 ; « Chicago », 1975 ; « Chicago », 1975."
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            data-slide-description="« Selportrait », 1975."
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            data-slide-description="De gauche à droite et de haut en bas : « New York Parade », 1972 ; « New York Parade », 1972 ; Campbell Soup, 1972 ; New York, 1972."
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            data-slide-description="« Valley of the Gods », Utah, 1977."
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            data-slide-description="De gauche à droite et de haut en bas : « Valley of the Gods », Utah, 1977 ; « Grocery Stop », Bluff City, 1977 ; « Monument Valley », Utah, 1977 ; « Approaching Monument Valley », Utah, 1977."
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            data-slide-description="« CDG Airport », Paris, 1981."
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            data-slide-description="« Paris », 1980."
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            data-slide-description="« Sydney », non datée."
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            data-slide-description="« Entrance to the Cinémathèque », Paris, 1981."
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De « l’autobahn » germanique aux « highways » américains, le cinéaste allemand a su capter l’errance dans ses films comme dans ses photographies. Des Polaroid qui témoignent de sa passion pour les grands espaces, urbains ou désertiques.            
« Dead Man Smoking », 1977.

Courtesy Wim Wenders Foundation
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S’y lit son évolution en tant que cinéaste. Notamment son voyage aux Etats-Unis, en 1977, à l’invitation de Francis Ford Coppola. L’Américain a repéré ses longs-métrages allemands et lui propose d’en produire un sur l’auteur de polars Dashiell Hammett. La production de Hammett sera chaotique, mais Wenders en profite pour arpenter le territoire américain. Il photographie les étendues désertiques, les publicités Marlboro, Disneyland ou les rues de New York. Dans ces images apparaît déjà la patte très léchée de Wenders, sa manière de concevoir des plans avec précision, en ne laissant aucune place à l’accident, et qui explosera avec Les Ailes du désir.
Un grain particulier
Si ces photographies de Wenders attirent encore l’œil, c’est parce qu’elles sont authentiquement anciennes. Car l’esthétique seventies est loin d’être enterrée, et elle est aujourd’hui recréée, trafiquée. Sur Instagram, des filtres sépia permettent de faire passer les photos de vacances pour de vieilles images. Et nombre de photographes, de mode notamment, tentent de retrouver ce grain si particulier.



Quant aux vrais Polaroid, ils sont en voie d’extinction. En 2008, l’entreprise arrêtait la production de films instantanés, et neuf ans plus tard, en 2016, Fujifilm, qui en avait repris l’exploitation, l’interrompait également. Chaque fois, les annonces ont provoqué un tollé chez une foule de jeunes graphistes, photographes ou amateurs nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pas connue. Chaque fois, des repreneurs ont relancé la marque et augmenté les tarifs au passage. Désormais, les amateurs payent le prix fort ou se rabattent sur des boutiques spécialisées, et sur eBay, pour trouver les derniers stocks restants.
Cette nostalgie amuse Wenders. Son iPhone est rempli d’images. Mais il regrette les Polaroid. Il aimait prendre la photo de quelqu’un, attendre qu’elle s’imprime et la regarder ensemble. « Votre ami, votre mère, tous ces gens étaient encore vivants, et ils tenaient la photo dans leurs mains », dit-il. Avec les smartphones, c’est différent, il n’y a pas d’objet : « Si vous montrez une image de glace à un enfant, il n’est pas intéressé. Si vous lui montrez une glace en vrai, il veut la prendre. C’est la même chose avec les Polaroid. Ils étaient les glaces de la photographie. »
Exposition « Instant Stories » à la Photographers’Gallery, 16-18 Ramillies St, Soho, Londres. Jusqu’au 11 février. https ://thephotographersgallery.org.uk
Instant Stories, de Wim Wenders, 320 p., Schirmer Mosel, à paraître le 13 février.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le 7 janvier, les convives des Golden Globes étaient invités à porter du noir en protestation contre le harcèlement. Ce n’est pas la première fois que des acteurs profitent d’une cérémonie pour porter des revendications.
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Golden Globes : quand le vêtement se fait militant


                      Le 7 janvier, les convives des Golden Globes étaient invités à porter du noir en protestation contre le harcèlement. Ce n’est pas la première fois que des acteurs profitent d’une cérémonie pour porter des revendications.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h39
    |

                            Laurent Telo et 
                            Clément Ghys







Les grands-messes du cinéma sont le moment rêvé pour faire passer des messages devant les caméras du monde entier.
2018. Aux Golden Globes, en noir tu iras

   


Des tenues toutes noires sur tapis rouge. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, et à l’initiative de Salma Hayek, Jessica Chastain, Meryl Streep ou l’acteur Dwayne « The Rock » Johnson, les convives des Golden Globes, le 7 janvier, étaient invités à porter du noir pour dénoncer symboliquement la culture du harcèlement et des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma hollywoodien.
2017. Aux Oscars, un ruban bleu tu porteras

   


Plusieurs des invités des 89es Oscars décident d’épingler sur leur tenue de gala un ruban bleu aussi léger que lourd de sens. Il signifie leur soutien à l’ACLU, l’Union américaine pour les libertés civiles, qui a vu le nombre de ses adhérents exploser au lendemain de la publication du décret anti-immigration du nouveau président américain, Donald Trump.
2016. A Cannes, pieds nus le tapis rouge tu fouleras

   


Pour sa première venue au Festival de Cannes, Julia Roberts décide de monter les marches… pieds nus. Pas vraiment une excentricité de star. Plutôt un acte de militantisme féministe pour ne pas oublier que, en 2015, plusieurs femmes avaient été refoulées du tapis rouge en raison de leurs talons plats. Un excès de zèle du service de sécurité, selon la direction du Festival.
2015. Aux Oscars, la robe tu négligeras

   


En 2014, The Representation Project, organisation féministe américaine, lance le mouvement Ask Her More. Soit une invitation à interpeller, sur Twitter, les journalistes qui ont l’habitude d’interroger les actrices seulement sur leurs robes et jamais sur leurs choix artistiques. Soutenu par l’actrice Reese Witherspoon, le mouvement est très suivi l’année suivante, notamment lors des Oscars de 2015.
1942. Aux Oscars, l’uniforme tu endosseras

   


Le 26 février 1942, la 14e cérémonie des Oscars se déroule au Biltmore Hotel, à Los Angeles. Quelques mois plus tôt, l’armée japonaise a bombardé Pearl Harbor, et les Etats-Unis sont entrés en guerre. Pour ne pas choquer le public, la soirée est organisée avec sobriété, proscrivant les tenues de soirée. L’acteur James Stewart s’y rend vêtu de son uniforme de l’US Air Force, où il s’est enrôlé l’année précédente.


