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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».
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Frédéric Schlesinger : « Europe 1 se régénère profondément »

Dans un entretien au « Monde », le vice-PDG de la station du groupe Lagardère présente certains ajustements. Objectif : faire de la radio celle « d’une France positive, d’une France qui a confiance en elle ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h01
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Frédéric Schlesinger, vice-PDG d’Europe 1, se prépare déjà à un moment difficile. Après la mauvaise vague d’audience précédente, qui signait la pire rentrée de sa radio, la prochaine, celle de novembre-décembre, qui sera dévoilée jeudi 18 janvier, ne devrait pas être meilleure. Mais, avec le soutien du principal actionnaire, Arnaud Lagardère, l’ancien numéro deux de Radio France reste confiant et se donne jusqu’à 2020 pour redresser Europe 1, explique-t-il au Monde.

Peut-on parler d’une rentrée ratée pour Europe 1 ?
Qui connaît la radio sait parfaitement que, quand on change 90 % de sa grille, ce n’est pas en quelques mois qu’on repart à la hausse. Quand nous sommes arrivés à Europe 1, mon équipe et moi-même avons pris le risque de renouveler complètement le concept de radio parlée. Je souris lorsque l’on évoque une rentrée ratée : il ne peut en être autrement, car il faut d’abord perdre avant de gagner. D’ailleurs, nous n’attendons toujours rien de bon des chiffres du mois de janvier.
Gardez-vous confiance malgré tout ?
J’ai toujours dit qu’il nous fallait trois ans pour atteindre nos objectifs. Je le redis et j’ai toujours confiance, car je travaille avec des équipes de grande qualité. Nous n’avons pas à rougir face à la concurrence, notamment en ce qui concerne nos trois piliers éditoriaux : information, récit et débat, divertissement. Non, notre rentrée n’est pas ratée, mais nous avons à gérer l’impatience de tous. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, nous n’avons jamais rêvé de prendre des auditeurs à France Inter. Il faudrait être un débutant pour le penser : France Inter, c’est beaucoup de choses, mais c’est notamment la radio des publiphobes. Nous nous attendions aux difficultés dès que nous avons accepté cette mission. Mais en interne, il y a une excellente ambiance. Pour la première fois, nous avons pu signer la négociation annuelle obligatoire que les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Altice : Drahi protège ses activités américaines de ses difficultés en France

Altice NV, la holding de Patrick Drahi, a annoncé une réorganisation en profondeur du groupe avec la scission d’Altice USA et une nouvelle structure en Europe.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 00h52
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 09h08
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


En période de tempêtes, mieux vaut organiser la séparation de ses activités. Ainsi, en cas de malheur, on est sûr de ne pas tout perdre. C’est cette précaution qu’a prise Patrick Drahi, propriétaire du groupe de télécoms Altice NV. L’homme d’affaires franco-israélien, qui s’est bâti un empire à coup d’endettement bon marché, a annoncé lundi 8 janvier la séparation de ses activités américaines de ses activités européennes : les premières, Altice USA, sont prospères et seront ainsi protégées des secondes, qui traversent de graves difficultés. Le groupe, endetté à hauteur de 50 milliards d’euros, soit cinq fois son excédent brut d’exploitation, a ainsi décidé d’une répartition secondaire d’actions (un « spin-off ») de sa filiale à 67,2 %, Altice USA.
Techniquement, les actionnaires de la maison mère Altice NV recevront chacun des actions d’Altice USA : cette société cotée vivra sa vie outre-atlantique, tandis que Altice NV, réduite aux activités européennes, sera rebaptisée Altice Europe. Les deux entreprises n’auront plus rien en commun… si ce n’est leur actionnaire de contrôle, M. Drahi, qui sera président des deux entités. Les groupes auront un management distinct : le Néerlandais Dennis Okhuijsen, dirigera Altice Europe, tandis que l’Américain Dexter Goei restera patron des activités outre-atlantique. Chacun « rendra compte à Patrick Drahi », explique le communiqué d’Altice.
M. Drahi va siphonner la trésorerie de sa filiale américaine, qui peut se le permettre. Endettée à hauteur de 21 milliards de dollars, Altice USA connaît un désendettement assez rapide et des marges en progression. M. Drahi va opérer en deux étapes : avant le spin-off, Altice USA versera un superdividende de 1,5 milliard de dollars, ce qui permettra, avec un euro à 1,20 dollar, de renflouer à hauteur de 900 millions d’euros Altice NV.

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Ensuite, Altice USA pourra racheter ses propres actions à hauteur de 2 milliards de dollars. Objectif, faire remonter le cours de Bourse de la société, introduite en grande pompe à New York au cours de 30 dollars en juin 2017, et qui avait réussi à lever 1,9 milliard de dollars. L’action a depuis perdu 30 % de sa valeur, puisqu’elle valait, à la clôture du 8 janvier, 21 dollars. Toutefois, dans les échanges après Bourse, l’action progressait de près de 2 % à New York, signe d’accueil plutôt positif de la restructuration. La part flottante du capital devra passer de 10 à 42 %.
Remporter la course contre l’endettement
M. Drahi s’était lancé dans l’aventure américaine à partir de 2015. Il y avait notamment acquis coup sur coup les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision pour plus de 26 milliards de dollars. « C’est le plus gros investissement jamais fait par un groupe français aux Etats Unis. On a battu Sanofi et j’en suis fier », avait-il déclaré devant la commission des affaires économiques du Sénat en juin 2016. Il vient d’y lancer la première box permettant aux abonnés d’avoir accès à internet, au téléphone fixe et à la télévision par le biais d’un seul appareil. Cet été, M. Drahi avait envisagé une acquisition majeure, le rachat de Charter Communications, câblo-opérateur valorisé 100 milliards de dollars.
Côté européen, il va falloir redresser les activités pour remporter la course contre l’endettement, qui dépassera les 31 milliards d’euros, soit 5,4 années d’excédent brut d’exploitation (EBE). L’action Altice NV cotée à Amsterdam, qui avait culminé en juin 2015 à 44 euros, ne valait lundi que 9,45 euros.
En France, le groupe, propriétaire de SFR (racheté en 2014 via le câblo-opérateur Numéricable), a souffert de la guerre des prix. Il a augmenté ses tarifs dans le câble et imposé des contenus sportifs qui n’intéressaient qu’une minorité de ses clients, conduisant à une perte d’abonnés.

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                L’avertissement de Standard & Poors à Altice



Dans le mobile, SFR a endigué l’hémorragie des clients mais a vu son revenu par abonné baisser. Le tout dans un contexte de démobilisation des salariés, dont les effectifs sont passés de 15 000 à 10 000 en un an. D’une manière générale, les synergies contenus-contenants prédites par Jean-Marie Messier à la tête de Vivendi à la fin des années 1990, ne sont pas encore au rendez-vous financier. Ces difficultés ont conduit, à l’automne, au départ du patron de SFR, Michel Combes.
Dépendante de la France
Altice Europe se réorganisera en trois entités : Altice France, Altice International (active au Portugal, en Israël et en République dominicaine) et une nouvelle filiale de télévision payante. Le groupe va se séparer d’actifs non stratégiques, notamment en République dominicaine et en Suisse ainsi que de ses tours de téléphonie mobile, pour se désendetter. Le groupe insiste sur le fait qu’Altice France et Altice Europe n’ont pas d’échéance de remboursement majeure avant 2022 et 2023, respectivement. L’objectif est de limiter l’endettement à quatre années d’EBE.
M. Drahi espère avoir bouclé ces opérations, avec les contraintes légales afférentes, avant la fin du premier semestre 2018. En 2016, M. Drahi, partisan de la réduction de quatre à trois du nombre d’acteurs dans les télécoms, avait déclaré au Sénat que la consolidation du secteur en France était « plus indispensable pour ceux dont la France représente 100 % du chiffre dans le métier ». Il visait à l’époque Bouygues-Telecom et Free, le groupe de Xavier Niel (actionnaire du Monde à titre personnel), qui avait renoncé à acheter l’opérateur américain T-Mobile en 2014. Mais séparé d’Altice USA, revoilà Altice Europe bien dépendante de la France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ L’ancien rédacteur en chef du quotidien de centre gauche est mort samedi, à l’âge de 79 ans, après avoir transformé un journal austère et déficitaire en fleuron de la presse britannique.
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Peter Preston, rénovateur du « Guardian », est mort

L’ancien rédacteur en chef du quotidien de centre gauche est mort samedi, à l’âge de 79 ans, après avoir transformé un journal austère et déficitaire en fleuron de la presse britannique.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 14h13
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Promoteur du renouveau du Guardian dans les années 1980 et infatigable défenseur de la presse papier, Peter Preston, rédacteur en chef du quotidien de centre gauche entre 1975 et 1995, est mort, samedi 6 janvier, à l’âge de 79 ans. Ses proches tendaient à relier son énergie, sa pugnacité et son caractère taciturne au drame de son enfance : la polio dont son père était mort, lorsqu’il avait 10 ans, et que lui-même avait alors contractée et qui l’avait obligé à vivre pendant des mois dans un poumon d’acier.
Né le 23 mai 1938, Peter Preston s’est passionné pour l’écriture dès sa jeunesse. Il collabora puis dirigea Cherwell, le journal des étudiants d’Oxford, ville où il fit des études d’anglais. Il entra comme journaliste au Guardian en 1963, l’année précédant le déménagement à Londres du quotidien jusque-là basé à Manchester. Spécialiste des questions d’éducation puis reporter à l’étranger, Peter Preston se fit remarquer en donnant un ton irrévérencieux et drôle à la « Lettre de Londres », une chronique faite d’échos et de commentaires rebaptisée « Miscellany » (« mélanges »).
Un journal alors peu attrayant
Il a tout juste 30 ans lorsque sa rigueur, son exigence journalistique et sa force de caractère le propulsent au poste de rédacteur en chef. Le Guardian traverse alors une mauvaise passe. Déficitaire, le journal est contraint d’augmenter de 50 % son prix et son tirage chute de 306 000 exemplaires en 1976 à 260 000 l’année suivante (157 000 aujourd’hui). Le jeune et enthousiaste chef de la rédaction transforme rapidement un journal austère, peu attrayant et qui perd de l’argent, en fleuron de la presse britannique moderne. Il multiplie les pages spécialisées sur l’éducation, les questions de société et les médias, qui attirent la publicité et les offres d’emploi.
Le journal dirigé par Peter Preston innove à la fois graphiquement (…) et rédactionnellement
Au milieu des années 1980, le Guardian...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.
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Motion de défiance à LCP contre la réintégration de Frédéric Haziza, accusé d’agression sexuelle

LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 19h04
   





                        



   


Les journalistes de LCP-AN ont voté, lundi 8 janvier, une motion de défiance à l’encontre des dirigeants de la chaîne, Marie-Eve Malouines et Eric Moniot. La rédaction entend protester contre la réintégration, jeudi 11 janvier, du présentateur vedette Frédéric Haziza, suspendu en novembre après la plainte d’une consœur pour agression sexuelle.
Selon la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne, Frédéric Haziza doit revenir à l’antenne ce jeudi pour son émission « Questions d’info » (en partenariat avec Le Monde, Franceinfo et l’AFP). LCP-AN l’avait suspendu le 21 novembre et ouvert une enquête interne après une plainte d’une journaliste de la chaîne, Astrid de Villaines, pour agression sexuelle.
A la question « faites-vous encore confiance à Marie-Eve Malouines et Éric Moniot pour gérer La Chaîne parlementaire ? », les votants ont répondu non à l’unanimité moins un vote blanc, sur 26 votants, précise la Société des journalistes de la chaîne dans un communiqué. La rédaction de LCP compte 39 journalistes, dont 32 sont membres de la SDJ.
« La décision de la direction de LCP, Marie-Eve Malouines et Éric Moniot, de réintégrer Frédéric Haziza au sein de la rédaction, malgré l’ouverture d’une enquête préliminaire après la plainte déposée par une de nos collègues pour agression sexuelle, nous choque », dit la Société des journalistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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« Charlie Hebdo » : trois ans après l’attentat, les journalistes témoignent

Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 06h53
   





                        



   


Trois ans après l’attentat contre Charlie Hebdo par les frères Kouachi, qui ont tué douze personnes dans les locaux de l’hebdomadaire, plusieurs collaborateurs du titre prennent la parole pour expliquer à quoi ressemblent leurs vies depuis le 7 janvier 2015, décrire leurs rapports au journal et au slogan « Je suis Charlie ».

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Sur le site de Libération, le journaliste Philippe Lançon livre un témoignage poignant à propos du slogan « Je suis Charlie ». Lui-même victime de l’attentat, gravement blessé à la mâchoire, il explique dans sa tribune que « ce slogan a vite cessé de [le] convaincre ».
Le journaliste de Libé et de Charlie Hebdo juge qu’« au départ (…), “Je suis Charlie” était un cri humaniste, d’effroi et de mélancolie. (…) On se levait pour un principe, pour la vie, pour un principe de vie ». Il déplore que ce slogan a ensuite été détourné en même temps que « l’idéologie s’est installée ».
« Très vite, l’individualisme publicitaire du slogan s’est dilué dans les diverses et inévitables traductions politiques dont il fut l’objet. (…) “Je suis Charlie” est devenu l’étiquette magique qu’on faisait valser au gré de ses intérêts, de ses combats et de ses préjugés ; en clair, une injonction. »
« Je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante »
Philippe Lançon critique cette injonction qui « visait à regrouper autant qu’à exclure, à regrouper en excluant (…) Dès qu’un slogan apparaît comme l’arme d’un pouvoir, tous ceux qui se sentent à tort ou à raison désignés par ce slogan, par ce pouvoir, ont un plaisir nerveux à s’y opposer. Résister à l’ordre et au consensus est souvent un point d’orgueil, mais aussi une manière d’exister », explique celui qui écrit pour Libération depuis vingt-quatre ans.
Il martèle qu’il n’a « jamais attendu de qui que ce soit qu’il me dise : “Je suis Charlie”, avant d’évoquer ce que veulent dire ces trois mots pour lui : « “Je suis Charlie” continue donc simplement de signifier pour moi : je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante, et que les autres bénéficient de cette liberté. »

   


Cette tribune est parue alors que l’événement « Toujours Charlie, de la mémoire au combat » se déroulait samedi 6 janvier aux Folies-Bergère, à Paris. Organisé notamment par le Printemps républicain, l’événement en faveur de la liberté d’expression est vu par ses détracteurs comme une tentative de récupération.

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« On ne s’appartient plus totalement »
Gravement touché aux jambes et à l’abdomen, le journaliste Fabrice Nicolino raconte, lui, combien « c’est flippant de travailler à Charlie ». Il a confié à France Info « presque rire » de menaces que ses collègues et lui-même jugent « totalement délirantes », mais que « d’autres [leur] font penser qu’il y a derrière des gens très sérieux et qui sont capables de passer aux actes. (…) On peut encore se faire plomber par ces crétins ».
« De terribles mesures de protection », « des voitures lourdement blindées », « beaucoup de flics »… Fabrice Nicolino énumère les moyens utilisés pour protéger les journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo. L’hebdomadaire est « en état de siège en plein Paris en 2018 », ce qui provoque une ambiance « fatalement anxiogène », mais « l’ambiance n’est pas sinistre », selon lui. Une « panic room » a été créée, « un endroit ultra-sécurisé où on est censé se précipiter en cas d’alerte », ajoute-t-il.
« Il y a une responsabilité morale et politique à continuer ce journal. On ne s’appartient plus totalement, on appartient à cette lutte séculaire pour la liberté et la démocratie. On ne peut pas se débiner. »
Des déclarations qui recoupent ce qu’a publié Charlie Hebdo mercredi 3 janvier, dans un numéro spécial racontant l’impact d’un traumatisme qui continue de bouleverser profondément son fonctionnement. Le dessinateur et caricaturiste Riss, directeur de la rédaction, y déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux — « entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal », soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Le géant du commerce en ligne prévoit de faire une offre lors de la prochaine vente aux enchères des droits de diffusion du championnat de football le plus suivi d’Europe.
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Amazon souhaiterait acquérir les droits de la Premier League

Le géant du commerce en ligne prévoit de faire une offre lors de la prochaine vente aux enchères des droits de diffusion du championnat de football le plus suivi d’Europe.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h19
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Amazon aurait des vues sur le football européen. Après avoir obtenu le droit de retransmission audio des rencontres du championnat allemand, la firme de Seattle (Etats-Unis) souhaiterait se tourner vers le football anglais, a rapporté Bloomberg, vendredi 5 janvier. Dans le cadre d’une stratégie plus large, destinée à apporter plus de contenus attrayants à ses clients, Amazon prévoit de faire une offre lors de la prochaine vente aux enchères de la Premier League anglaise, en mai. Le géant du commerce en ligne s’intéresserait au plus petit des sept packs de la compétition, qui regroupe chacun entre 20 et 32 matchs.
Malgré des montants records et difficiles à rentabiliser – BT et Sky ont dépensé près de 7 milliards d’euros en 2015 pour diffuser l’intégralité de la Premier League –, le géant du numérique serait prêt à mettre la main à la poche pour fidéliser ses clients. « Amazon n’est pas dans une logique de profit, mais de recherche de parts de marché. Dans cette optique, le championnat anglais est un excellent produit d’appel, la plus belle vitrine du football mondial », analyse l’économiste français Pascal Perri.

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Amazon n’a pas commenté cette information. « Nous allons continuer à ajouter du contenu que les membres de Prime [Video d’Amazon] recherchent », s’était contenté de déclarer le groupe, en novembre. Alors que ses offres pour le sport en direct ont jusqu’ici porté sur le tennis et le football américain, Amazon avait mis un premier pied dans le football anglais en s’associant à Manchester City, il y a deux mois. Sa plate-forme vidéo proposera à ses abonnés une série documentaire sur les coulisses du club, lors de la saison 2017-2018.
Nouvelle surenchère
Pour la boutique en ligne, les contenus permettent d’attirer de nouveaux clients. Une fois abonnés à Prime, le service de fidélisation proposant une livraison gratuite et d’autres services, comme la diffusion de musiques et de films, les utilisateurs d’Amazon commandent deux fois plus sur la plate-forme, selon une étude du cabinet Consumer Intelligence Research Partners.

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L’arrivée sur le marché des acteurs du numérique risque aussi d’entraîner une nouvelle surenchère sur les droits sportifs. « Face à des acteurs télévisuels cloisonnés dans les frontières d’un territoire national, seuls les [Google, Apple, Facebook et autres Amazon] peuvent renchérir. S’il y a une bataille finale, elle sera très difficile à gagner pour les acteurs traditionnels avec leurs moyens limités », avertit Pascal Perri. Mais, pour le moment, aucun géant du numérique ne s’est réellement lancé dans la bataille des droits sportifs, en concurrence directe avec les chaînes de télévision traditionnelles.

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Avant de conquérir un public passionné et habitué à certains codes propres au journalisme et au commentaire sportifs, la tâche ne sera cependant pas aisée pour Amazon. Pour l’économiste, « le divertissement sportif est une aventure quotidienne qui suppose une connaissance de l’histoire et un lien enraciné avec le territoire où sont installés les spectateurs ». En 2012, BeIN Sports était pourtant parti de zéro. En très peu de temps, la chaîne qatarie avait réussi à gagner du terrain face à Canal+.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron a annoncé le 3 janvier une prochaine loi contre les fausses nouvelles en période électorale. Un objectif louable qui risque de se heurter à une réalité complexe.
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« Fake news » : les risques d’une loi

Editorial. Emmanuel Macron a annoncé le 3 janvier une prochaine loi contre les fausses nouvelles en période électorale. Un objectif louable qui risque de se heurter à une réalité complexe.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 13h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ce président qui ne dort jamais ne veut pas que la France s’endorme. Ne souhaitant pas non plus que les journalistes s’assoupissent, il leur a réservé, lors de la cérémonie des vœux de Nouvel An à la presse, mercredi 3 janvier, l’une de ces annonces dont il ponctue chacune de ses apparitions publiques : le chef de l’Etat veut offrir à la démocratie française une loi sur les « fake news ».
Quel beau sujet en effet ! Quoi de plus légitime que de s’attaquer à ce phénomène qui, décuplé par la puissance du Net, pourrit la vie démocratique en sapant la crédibilité de l’information et abuse de la crédulité des esprits non avertis ? Emmanuel Macron avait déjà réussi un très joli coup en mai dernier lorsque, recevant Vladimir Poutine à Versailles, il avait expliqué à une journaliste russe la différence entre information et propagande : à ses yeux, Russia Today (RT) et Sputnik étaient des organes de « propagande mensongère », diffuseurs de « contre-vérités », et donc indignes d’être accrédités pour couvrir sa campagne électorale.
Grâce à ce pilier des démocraties libérales qu’est la liberté d’expression, la chaîne de télévision RT en français a, depuis, été autorisée à émettre en France. Est-ce à dire qu’elle pourra en toute impunité déverser sa « propagande mensongère » dans le cadre de nos prochaines campagnes électorales ? En bonne logique, non. Il faut, a dit le président, en finir avec les « bobards inventés pour salir », traduction élyséenne des « fake news ».
Un domaine mouvant
La création délibérée de fausses nouvelles, ou la déformation de nouvelles réelles, et leur diffusion massive à travers les réseaux sociaux sont un fléau qui sape l’exercice électoral. Comme le montrent les travaux d’enquête réalisés depuis un an sur la campagne électorale américaine de 2016, la stratégie des « fake news » vise non seulement à salir mais à exploiter les divisions de nos sociétés ouvertes. C’est devenu l’une des armes de cette guerre technologique de l’information que livrent aujourd’hui aux démocraties occidentales certains régimes autocratiques, au premier rang desquels, sans la nommer, le président Macron place évidemment la Russie. La claire mise en garde du chef de l’Etat contre la « tentation illibérale », où, comme en Europe centrale, la liberté de la presse est menacée, est également opportune. 

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Mais une loi pour « protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles » est-elle la solution ? M. Macron a promis un texte sur le sujet dans les semaines à venir et nous l’examinerons avec intérêt. Une chose est, comme l’a fait sentencieusement Emmanuel Macron mercredi soir, de donner une leçon de journalisme sur « les propos d’antichambre » – que lui-même et son équipe ne dédaignent pas de dispenser par ailleurs –, qui ne sauraient rivaliser avec « l’expression publique ». Une autre est de fixer un cadre juridique contraignant pour « imposer des obligations de transparence » aux plates-formes du Net, « afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent ». Ce type d’ambition législative, dans un domaine aussi mouvant et complexe que les technologies numériques et sur un sujet aussi crucial que la liberté de la presse, est par nature périlleux. La sauvegarde de la qualité et de la crédibilité de l’information est un combat de fond, dans lequel Le Monde est engagé. Il commence par l’éducation et passe par la défense des modèles économiques des médias d’information. Modifier les lois qui existent déjà apparaît pour le moins risqué.




                            


                        

                        


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Après avoir été la cible de rumeurs pendant la présidentielle, Macron veut une loi contre les « fake news »

La loi sur la liberté de presse n’est plus suffisante, selon le président qui a annoncé mercredi vouloir une loi contre les fausses nouvelles en période électorale.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h51
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

« Fake news » : l’expression popularisée par le président américain Donald Trump a été désignée mot de l’année 2017 par le dictionnaire britannique Collins. Et, en 2018, elle devrait rapidement être dans toutes les bouches à l’Assemblée nationale et au Sénat. Emmanuel Macron a en effet annoncé, mercredi 3 janvier, lors de ses vœux à la presse, sa volonté de voir adopter prochainement - « probablement avant la fin de l’année », selon le porte-parole gu gouvernement, Benjamin Griveaux - une loi pour lutter contre les fausses nouvelles en période électorale, avec des sanctions extrêmement lourdes comme le blocage de sites Internet.
Face à un public de journalistes et de responsables des médias réunis dans la salle des fêtes de l’Elysée, le président a jugé indispensable de « faire évoluer notre dispositif juridique ». Actuellement, la loi de 1881 sur la liberté de la presse punit d’une amende de 45 000 euros « la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler ».
Ingérences russes
Mais, pour le président de la République, elle n’est plus suffisante. « Les plates-formes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a-t-il précisé. Les ingérences russes via les réseaux sociaux lors de la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis ont marqué les esprits. En novembre 2017, Facebook, Google et Twitter avaient dû s’expliquer devant des commissions du Congrès américain, dans le cadre d’une enquête pour déterminer si Moscou avait favorisé une victoire de Donald Trump en diffusant massivement des messages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu’un « texte de loi » destiné à lutter contre les « fake news » sur Internet en « période électorale » allait être déposé « prochainement ».
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé, jeudi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
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Macron veut une loi contre les fausses informations en période électorale

Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé, jeudi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 18h37
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h10
   





                        



Emmanuel Macron a annoncé mercredi 3 janvier qu’un « texte de loi » allait être déposé « prochainement » pour lutter contre la diffusion des fake news (« fausses informations ») sur Internet en « période électorale ». Le chef de l’Etat a annoncé ce futur texte lors de ses vœux à la presse, essentiellement consacrés à l’économie des médias, et prononcés à l’Elysée face à des journalistes et acteurs des médias. Le projet de loi sera présenté « probablement avant la fin de l’année », a précisé jeudi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Nous allons faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours. « Les plates-formes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a-t-il précisé.
Le chef de l’Etat, lui-même victime de nombreuses fausses informations amplement relayées sur les réseaux sociaux durant la campagne présidentielle, a fustigé « cette propagande articulée avec des milliers de comptes sur les réseaux sociaux », qui « en un instant répandent partout dans le monde, dans toutes les langues, des bobards inventés pour salir un responsable politique, une personnalité, une figure publique, un journaliste ».

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« En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet. »
Pouvoirs du CSA étendus
M. Macron a également annoncé que les pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) « seraient accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers ».
« Cela permettra (…) de refuser de conclure des conventions avec de tels services », ou de « suspendre ou annuler » ces conventions « en prenant en compte tous les contenus édités par ces services, y compris sur Internet », a ajouté M. Macron. Récemment, M. Macron avait notamment critiqué deux médias russes, RT et Sputnik, accusés de s’être comportés durant la campagne présidentielle « comme des organes d’influence (…) et de propagande mensongère ».
Le chef de l’Etat a par ailleurs appelé « à responsabiliser les plates-formes et les diffuseurs sur Internet », tout en demandant à la profession journalistique d’entamer « une réflexion » déontologique. En ce sens, « la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît intéressante et souhaitable », a-t-il salué.
Loi sur l’audiovisuel public
Le président en a également profité pour confirmer un projet de loi sur l’audiovisuel public « avant la fin de l’année » 2018. Il a précisé :
« A la fin du premier trimestre 2018, des propositions partagées, chiffrées et structurées, construisant un scénario de transformation à mettre en œuvre seront rendues par la mission sur laquelle s’appuie la ministre de la culture. »
Ces propositions « seront la matière d’un débat que nous voulons large avec l’ensemble des professionnels », a ajouté le chef de l’Etat, qui a expliqué que les réflexions s’inspireraient de « différents modèles européens et internationaux ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Le journal satirique revient sur le traumatisme de l’attentat du 7 janvier 2015, décrivant les escortes, les menaces et le deuil « qui ne finira jamais ».
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Trois ans après la tuerie, « Charlie Hebdo » sort un numéro anniversaire

Le journal satirique revient sur le traumatisme de l’attentat du 7 janvier 2015, décrivant les escortes, les menaces et le deuil « qui ne finira jamais ».



Le Monde
 |    03.01.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 15h06
   





                        



   


« Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies. » Trois ans après l’attentat qui a décimé sa rédaction, Charlie Hebdo revient dans un numéro anniversaire sur ce traumatisme qui continue de bouleverser profondément son fonctionnement. Escorte policière permanente, avalanche de menaces sur les réseaux sociaux, coût très élevé pour le journal de la sécurisation permanente…, le numéro qui paraît mercredi 3 janvier dévoile les conséquences de l’attentat sur les conditions de travail au jour le jour.
Le dessinateur et caricaturiste Riss, directeur de la rédaction, déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux — « entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal » soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an.

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« Est-il normal pour un journal d’un pays démocratique que plus d’un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent ? », regrette Riss dans son éditorial, estimant que la liberté d’expression « est en train de devenir un produit de luxe ».
Le chiffre d’affaires du journal est tombé à 19,4 millions d’euros en 2016, après un record en 2015 avec plus de 60 millions d’euros, selon des chiffres de BFM Business, confirmés à l’AFP.
« La date rouge sang qui sépare deux vies »
Tout a changé il y a trois ans, quand deux hommes armés, Saïd et Chérif Kouachi, ont assassiné onze personnes dans les locaux parisiens de l’hebdomadaire satirique. C’était le début d’une série d’attaques djihadiste sans précédent en France qui a fait, depuis, deux cent quarante et un morts.
Parmi les victimes, des figures emblématiques du journal comme Cabu, Wolinksi, Honoré, Tignous, l’ex-directeur de la rédaction Charb ou l’économiste Bernard Maris.

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« Le 7 janvier 2015 nous a propulsés dans un monde nouveau, fait de policiers en armes, de sas et de portes blindées, de trouille, de mort. Et cela en plein Paris, et cela dans des conditions qui n’honorent pas la République française. Est-ce qu’on se marre quand même ? Oui », raconte le journaliste Fabrice Nicolino dans un long récit intitulé « Ce que ces trois années ont vraiment changé ».
« Le 7 janvier 2015 est la date rouge sang qui sépare deux vies. Avant, il y a les blagues de Charb qui nous faisaient pleurer de rire, les petits gâteaux de Cabu, déposés avec grâce sur la table, les mots coquins de Wolin, l’arrivée tonitruante de Tignous, le rire pleines dents de Bernard, les cris d’Elsa. Et depuis, un deuil que nous portons tous, et qui ne finira jamais », écrit-il.
Menaces
D’autres articles reviennent sur les menaces dont Charlie fait régulièrement l’objet, notamment sur les réseaux sociaux, qui « continuent à relayer les appels à des attaques physiques contre le journal, le forçant parfois à porter plainte ».
Très scrutées, les « unes » de Charlie, devenu un symbole bien au-delà des frontières françaises, font souvent grincer des dents. Dernièrement, le journal a reçu des menaces pour une couverture sur la maladie de Johnny Hallyday, et s’est empoigné avec Mediapart au sujet de l’islamologue controversé Tariq Ramadan.

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Samedi 6 janvier, une journée intitulée « Toujours Charlie », organisée par la Licra, le comité Laïcité République et le Printemps républicain, proposera débats, tables-rondes et concerts aux Folies Bergère, à Paris, en présence de membres de l’équipe de Charlie et de l’ancien premier ministre Manuel Valls.
Dimanche, le ministre de l’intérieur devrait participer à une commémoration à Paris, porte de Vincennes, et un rassemblement est organisé place de la République à l’appel du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a pour sa part appelé à un rassemblement mardi porte de Vincennes en hommage aux victimes de l’Hyper Cacher.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ La parole des femmes ne représente que 14,7 % des citations enregistrées selon le classement de l’Observatoire annuel de la parité dans la presse.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/01/2018
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En France, parmi les 1 000 personnes les plus médiatisées en 2017, seules 169 sont des femmes

La parole des femmes ne représente que 14,7 % des citations enregistrées selon le classement de l’Observatoire annuel de la parité dans la presse.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 19h48
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 07h27
   





                        


Elles représentent la moitié de la population, sauf dans la presse. Les femmes sont restées peu visibles dans les médias en 2017, rapporte mardi 2 janvier la plate-forme Pressedd dans son Observatoire annuel de la parité dans la presse. Avec à l’appui de cette assertion un chiffre choc : parmi les 1 000 personnalités les plus médiatisées au cours de l’année écoulée, 169 seulement sont des femmes. Pis, leur parole ne représente que 14,7 % des citations globales enregistrées pour les 1 000 personnalités du classement.
La proportion de femmes dans les personnalités les plus médiatisées est restée peu ou prou équivalent à celle de l’année précédente, puisqu’elle s’était établie à 16,8 % en 2016. Un chiffre loin des niveaux de 2013 (19,2 %) et 2014 (17,3 %), annonce Pressedd, dont le rapport est basé sur l’analyse des 1 500 premiers titres de presse française – quotidiens nationaux et régionaux, presse magazine, presse hebdomadaire régionale, professionnelle et spécialisée – et de 1 500 sites d’informations.

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Business et sport, le néant paritaire
C’est dans la catégorie « business » que les femmes sont le moins sollicitées, puisqu’elles ne représentent que 1 % des intervenants. Parmi les 41 personnalités de cette catégorie présentes dans les 1 000 personnalités les plus médiatisées en 2017, le rapport recense seulement deux femmes : la patronne de la Fédération nationales des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Christiane Lambert, et la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Les femmes ne représentent ainsi que 6 % du total des citations attribuées aux personnalités de la catégorie en 2017.
Une rareté que l’on retrouve également dans la catégorie « sport ». Ainsi, on note en 2017 la présence de seulement trois femmes sur les cent premières personnalités sportives (les joueuses de tennis Kristina Mladenovic, Caroline Garcia et Simona Halep). Les sportives totalisent même environ 46 fois moins de citations que les hommes.

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Une femme candidate à la présidence
En catégorie politique, le bilan est un peu moins morose, mais il accuse tout de même un sévère déséquilibre. On compte ainsi vingt-quatre femmes parmi les cent personnalités les plus médiatisées. Leur parole reste en outre rare, puisqu’elles n’ont prononcé que 17 % des citations attribuées aux politiques en 2017.
C’est un chiffre cependant en hausse par rapport à 2016, grâce notamment à la candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen (Front national), qui, avec 160 417 citations, est la troisième personnalité la plus sollicitée dans les médias. Viennent ensuite – loin derrière – la chancelière allemande, Angela Merkel, la première ministre britannique, Theresa May, et la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.
A noter que dans le gouvernement d’Edouard Philippe, c’est la ministre du travail, Muriel Pénicaud, qui est la plus citée, devant sa collègue de la santé, Agnès Buzyn, puis celle de la culture, Françoise Nyssen.

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« Contexte singulier »
Pressedd souligne toutefois qu’un domaine atteint presque la parité en termes de répartition de la parole. Avec 49,7 % de citations de femmes, la catégorie « culture et médias » donne un peu plus voix à la gent féminine, dont trente-quatre représentantes figurent dans le classement des cent personnes les plus médiatisées. L’actrice française Isabelle Huppert est en tête de ce décompte, devant les Américaines Kim Kardashian, Beyoncé Knowles, Ariana Grande et Rihanna.

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Un chiffre que l’Observatoire ne manque pas de mettre en relation avec « le séisme provoqué par les révélations de harcèlement sexuel à l’encontre du producteur américain Harvey Weinstein ». Un « contexte singulier », note l’observatoire, puisque davantage de femmes ont été sollicitées pour évoquer leur expérience en termes de harcèlement sexuel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Sur petit écran, TMC et BFM-TV prospèrent, au détriment notamment de M6, qui signe une mauvaise année, ou encore de Canal+, qui poursuit sa dégringolade.
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Télévision : en 2017, la TNT a continué de grignoter la part d’audience des chaînes historiques

Sur petit écran, TMC et BFM-TV prospèrent, au détriment notamment de M6, qui signe une mauvaise année, ou encore de Canal+, qui poursuit sa dégringolade.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 06h30
   





                        



   


TF1, devant France 2 et M6. Si le classement des audiences télévisuelles 2017 n’est pas bousculé, le trio de tête reste en perte de vitesse. L’audimat des chaînes historiques a continué à reculer au cours de l’année écoulée au profit de celui de leurs concurrentes de la télévision numérique terrestre (TNT), selon les chiffres publiés mardi 2 janvier par Médiamétrie.
France 3, portée par le succès de ses séries policières comme Capitaine Marleau, est la seule chaîne historique à tirer son épingle du jeu, avec une part d’audience (PDA) stable, à 9,1 %, toutes catégories de téléspectateurs confondues. En revanche, les autres « grandes chaînes » sont en repli – leurs audiences continuent année après année d’être grignotées par leurs rivales de la TNT.

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Ainsi, TF1 cède 0,4 point à 20 % de PDA, de même que France 2 qui perd également 0,4 point à 13 %. De son côté, M6 signe une mauvaise année (– 0,7 point à 9,5 %). Enfin Arte, pourtant plombée par l’actualité électorale en France, sauve les meubles grâce à une bonne performance en fin d’année (– 0,1 point à 2,2 % de PDA). Canal+ de son côté poursuit sa dégringolade (– 0,5 point à 1,2 %).

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C8 stagne, BFM-TV accélère
A l’inverse, ce cru 2017 est positif pour la plupart des autres chaînes de la TNT, qui ont débarqué sur les ondes hertziennes depuis une douzaine d’années.
TMC, filiale de TF1, portée par le succès de « Quotidien », de Yann Barthès, gagne 0,2 point à 3,2 % de PDA, et talonne en moyenne annuelle C8 (– 0,1 point à 3,3 %). La chaîne du groupe Canal+, dont l’émission phare « Touche pas à mon poste » et son animateur vedette Cyril Hanouna ont été secoués par plusieurs polémiques, est même tombée à 3 % de PDA au mois de décembre 2017, derrière TMC (3,2 %).

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                Record de plaintes de téléspectateurs au CSA en 2017



Sur l’année écoulée, la chaîne d’info BFM-TV s’en est tirée particulièrement bien, avec une audience dopée par l’actualité politique et électorale. Elle a ainsi gagné 0,4 point à 2,7 % de PDA, un nouveau record annuel pour la chaîne du groupe Altice, grâce à des scores remarquables en avril et en mai (3,7 % et 3,4 % de PDA), autour de l’élection présidentielle. Parmi les autres chaînes d’info, LCI prend 0,3 point à 0,6 % et CNews en perd autant à 0,6 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Si le numérique s’est imposé, l’éclosion de deux hebdomadaires, « Ebdo » et « Vraiment », prouve que le « print » n’a pas dit son dernier mot.
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ A 73 ans, celui qui fut le premier directeur d’« El Pais » abandonne la tête du groupe, mais reste président du quotidien national.
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Médias : en Espagne, la fausse sortie du patron de Prisa Juan Luis Cebrian

A 73 ans, celui qui fut le premier directeur d’« El Pais » abandonne la tête du groupe, mais reste président du quotidien national.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 10h33
    |

            François Bougon et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

L’heure de la retraite a sonné en Espagne pour la génération qui mena avec succès la transition démocratique, de la mort de Franco, en 1975, à l’arrivée au pouvoir du socialiste Felipe Gonzalez, en 1982. Pour l’un de ses héros, le roi Juan Carlos, le départ s’est fait sans gloire, en 2014. Après une série de scandales, il a laissé le trône à son fils.
D’autres résistent, comme Juan Luis Cebrian. Celui qui fut, en 1976, le premier directeur du quotidien El Pais ne semble guère désireux, à 73 ans, de quitter la scène. Il nous reçoit dans une salle de réunion de la forteresse du groupe Prisa, à Tres Cantos, la belle banlieue de Madrid, au milieu de tomes reliés des numéros historiques d’El Pais. « Je ne pars pas complètement, parce qu’une série d’actionnaires portent un regard inquiet sur l’avenir de la presse écrite, explique-t-il. Je resterai donc, comme président d’El Pais, pendant trois ans en principe, et je souhaite en profiter pour développer des mécanismes destinés à institutionnaliser l’indépendance du quotidien, en renforçant le comité éditorial et en créant une fondation. »
« Je ne veux pas qu’El Pais, qui fut le symbole de la transition, soit une aventure personnelle », dit « Juan Luis » comme on a l’habitude de l’appeler.
Chevalier de l’indépendance, c’est ainsi qu’il se voit et qu’il s’est présenté lors de l’assemblée générale extraordinaire du 15 novembre 2017, où il a annoncé son départ de la présidence du groupe Prisa (actionnaire minoritaire du Monde) et confirmé qu’il restait à celle d’El Pais. Dans le discours qu’il a tenu devant les actionnaires, il a emprunté quelques lignes à Miguel Hernandez, un poète de la génération de 1927, qui eut à souffrir de la dictature : « Et je m’en vais, je m’en vais, mais je reste, mais je m’en vais. » « Ce n’était pas facile de partir après quarante-trois ans, mais je ne veux pas qu’El Pais, qui fut le symbole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ La station musicale poursuit sa montée en puissance sur le numérique avec la création d’un espace où sont proposés, en live, les concerts des orchestres de Radio France.
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France Musique se dote d’une salle de concerts virtuelle

La station musicale poursuit sa montée en puissance sur le numérique avec la création d’un espace où sont proposés, en live, les concerts des orchestres de Radio France.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 15h54
    |

            Christine Rousseau








                        



                                


                            
Un an après la refonte de son site Internet et le lancement de sept webradios, France Musique poursuit, sur un rythme allegro, sa transformation en média global. En effet, le 22 décembre, la station a inauguré une nouvelle salle de concerts virtuelle où seront désormais régulièrement diffusées en vidéo les prestations des quatre formations musicales de Radio France.
Avec l’ouverture de cet espace consacré aux « concerts » (en direct ou en rattrapage) et aux « sessions studio », le catalogue d’archives – près de 1 600 œuvres en ligne – s’enrichira ainsi, chaque semaine, de la captation d’un concert maison. « On se donne les moyens de conserver ce que l’on produit, affirme Marc Voinchet, directeur de France Musique, et de faire de l’archive pour demain. »
A cet effet, dès le début 2018, une régie vidéo va être installée dans l’Auditorium afin de piloter la dizaine de caméras tourelles HD. La réalisation sera opérée par les équipes d’Arte – avec laquelle Radio France resserre son partenariat – avant que celles de la Maison ronde, une fois formées, ne prennent la main. « Les captations audio resteront les plus nombreuses, précise Laurent Frisch, directeur du numérique à Radio France. Pour autant, notre objectif, à partir de janvier, est d’offrir un “live” par semaine. Soit 40 à 45 captations par an, là où, précédemment, avec Arte, nous en proposions entre 5 et 7. »
Rajeunir le public de la station
Faire fructifier un patrimoine en rendant moins « évanescentes » les productions musicales du groupe public, tel est le sens de ce projet qui vise aussi à capter un nouveau public, plus large, plus jeune. « Pour toucher le plus grand nombre, il faut que les œuvres demeurent disponibles en ligne davantage qu’une semaine ou un mois. Quand vous écoutez une superbe interprétation, elle le demeure dix, vingt ou trente ans après. Il faut donner une chance aux œuvres de s’installer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ En conflit avec son employeur, un journaliste de la compagnie de radio-télévision révèle les pratiques et le climat au sein de la chaîne Rossiya 1.
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En Russie, les petits secrets d’une télévision publique aux ordres

En conflit avec son employeur, un journaliste de la compagnie de radio-télévision révèle les pratiques et le climat au sein de la chaîne Rossiya 1.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 10h29
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Il suffit parfois d’un grain de sable pour enrayer une machine. Pour Dimitri Skoroboutov, cela a pris la forme d’une bagarre une nuit d’août 2016 dans les locaux de VGTRK, la compagnie d’Etat russe de radio-télévision, lorsqu’un collègue éméché le prend violemment à partie et l’expédie aux urgences avec contusion cérébrale et déplacement de cervicales. Licencié peu après, le journaliste, qui multiplie depuis un an les recours devant les tribunaux, dévoile les pratiques de son employeur.
« On me disait : “Calme-toi, on va punir Micha [le collègue].” Au début, j’ai accepté toutes leurs conditions, ne rien dire, ne pas aller voir les flics… », expose Dimitri Skoroboutov, rencontré dans un café de Moscou, un épais dossier sur les genoux. Employé depuis quinze ans comme éditeur en chef de « Vesti », le journal d’information diffusé plusieurs fois par jour sur la première chaîne, Rossiya 1, il connaissait bien son agresseur dont il s’était plaint à plusieurs reprises de l’état d’ébriété pendant les heures de travail. « Il ne supportait pas que je sois gay, il me faisait toujours des plaisanteries graveleuses. » Membre de la rédaction en chef, une équipe formée avec sept autres personnes, il dirigeait à lui seul une trentaine de subordonnés.
Sujets censurés
VGTRK ne prend pourtant pas son parti. « Kondrachov a eu peur du scandale, c’est un personnage public », estime le journaliste. Andreï Kondrachov, directeur de « Vesti », est en effet connu. Il est l’interlocuteur de Vladimir Poutine, dans le documentaire Crimée, le chemin vers la patrie, diffusé en mars 2015 sur Rossiya 1, qui justifiait l’annexion de la péninsule ukrainienne. Après deux mois de silence de sa direction et devant le refus de lui fournir les enregistrements vidéo du soir de son agression, Dimitri Skoroboutov finit donc par déposer plainte et se retrouve aussitôt licencié pour « manquement aggravé de la discipline » alors qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».
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« La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art »

Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    29.12.2017 à 09h24
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Chronique. Mickey Mouse croquant un renard dont la queue dépasse encore de sa bouche : la « une » du Hollywood Reporter au lendemain de l’annonce, le 14 décembre, du rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney a pu provoquer une certaine jubilation dans les milieux qu’on dit libéraux aux Etats-Unis – de gauche ailleurs. Le studio réformateur, qui, de Frozen (La Reine des neiges) à Star Wars, a transformé ses princesses animées en femmes d’action, donné des rôles de héros aux acteurs et actrices issus des minorités est venu à bout de l’empire de Rupert Murdoch, le parrain de la droite américaine, le facilitateur de l’élection de Donald Trump et du Brexit.
Parmi les conséquences annoncées de cette fusion, on a souvent mentionné le renoncement de Bob Iger, qui dirige la Walt Disney Company depuis 2005, à une éventuelle candidature à la nomination démocrate.

Il n’est pas besoin d’être spécialiste des rongeurs pour voir que l’appétit de la souris ne procède pas seulement – et loin de là – d’intentions vertueuses. Si l’on s’en tient au seul domaine du cinéma (des longs-métrages produits dans l’intention de les exploiter en salles), il faut faire changer de camp aux bons et aux méchants. La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art.
 et des films d’auteur
Depuis le rachat de la 20th Century Fox par Rupert Murdoch en 1985, cette vénérable institution (son premier avatar remonte à 1915) était restée un studio hollywoodien classique. Aussi conflictuels qu’aient été les rapports entre le magnat australien et les dirigeants successifs des activités cinéma de la Fox, ceux-ci ont produit, financé ou distribué à la fois des blockbusters (Titanic, Avatar, X-Men, la deuxième trilogie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le nombre de « saisines » des téléspectateurs a été multiplié par dix en deux ans, notamment en raison d’une « plus grande sensibilité du public ».
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Record de plaintes de téléspectateurs au CSA en 2017

Le nombre de « saisines » des téléspectateurs a été multiplié par dix en deux ans, notamment en raison d’une « plus grande sensibilité du public ».



Le Monde
 |    27.12.2017 à 11h00
   





                        


Ce sont plus de 90 000 « saisines » du public qui ont été adressées au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en 2017, soit plus du double par rapport à l’année précédente, selon les chiffres des Echos publiés mardi 26 décembre. En 2015, le nombre de saisines, adressées par e-mails ou courriers, était même dix fois inférieur (presque 9 000).
Selon Guillaumes Blanchot, directeur général du CSA, interrogé dans Les Echos, cette forte croissance est due « à la fois à une plus grande sensibilité des téléspectateurs et à une volonté plus importante d’ouverture du CSA. On a voulu développer le lien avec le téléspectateur ». Les plaintes, qui visent principalement la télévision, concernent notamment la déontologie des programmes et le pluralisme de l’information.
39 000 plaintes pour « TPMP »
Le record revient, sans surprise, à l’émission de Cyril Hanouna sur C8, « Touche pas à mon poste », qui a concentré 39 000 plaintes pour une séquence homophobe en mai. L’altercation entre Christine Angot et Sandrine Rousseau dans l’émission « On n’est pas couché » a suscité quant à elle 2 000 saisines.

        Lire aussi :
         

                Affaire Hanouna, que fait le Conseil supérieur de l’audiovisuel ?



Si toutes les saisines sont étudiées, seules deux tiers font l’objet d’un examen approfondi. En 2017, le gendarme de l’audiovisuel a prononcé 35 mises en demeure et 7 sanctions, dont 6 concernant la déontologie (3 concernent C8, une France 2, une NRJ et une Radio Courtoisie) et une sur les quotas de diffusion (Chérie 25), après une seule en 2016.
La plus lourde sanction financière – 3 millions d’euros – a été infligée à C8, mais il ne s’agit pas d’un record. Selon Les Echos, en 1992, TF1 s’était vu infliger une amende de 30 millions de francs (4,6 millions d’euros) pour non-respect de quotas de diffusion d’œuvres françaises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le procès de 17 membres de cette publication d’opposition, jugés pour « activités terroristes », cristallise les inquiétudes liées à l’érosion de la liberté de la presse dans le pays.
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Turquie : quatre collaborateurs de « Cumhuriyet » maintenus en détention

Le procès de 17 membres de cette publication d’opposition, jugés pour « activités terroristes », cristallise les inquiétudes liées à l’érosion de la liberté de la presse dans le pays.



Le Monde
 |    25.12.2017 à 15h26
 • Mis à jour le
26.12.2017 à 06h52
   





                        



   


La tension reste vive au procès de Cumhuriyet, journal d’opposition régulièrement critique envers le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Un tribunal d’Istanbul a ordonné, lundi 25 décembre, le maintien en détention de quatre collaborateurs du quotidien, à l’issue d’une audience marquée par un vif échange entre l’un des accusés et le juge.
Le tribunal a décidé de laisser derrière les barreaux de manière préventive le patron du journal, Akin Atalay, son rédacteur en chef Murat Sabuncu, son journaliste d’investigation vedette Ahmet Sik – écroué depuis trois cent soixante jours –, et son comptable Emre Iper. Le procès a été renvoyé au 9 mars et la prochaine audience se déroulera dans la prison de Silivri, ville située à la lisière ouest d’Istanbul, a annoncé l’avocat de la défense, après l’énoncé de la décision à huis clos.
« Faire taire la liberté d’expression »
Dix-sept dirigeants, journalistes et autres employés actuels ou passés de Cumhuriyet sont jugés pour « activités terroristes ». L’affaire cristallise les inquiétudes liées à l’érosion de la liberté de la presse en Turquie. « Ce procès est le symbole des tentatives visant à faire taire la liberté d’expression dans le pays aujourd’hui. Il est le symbole des pressions exercées contre les journalistes », a déclaré une avocate de la défense, Me Gülendam San Karabulutlar, à l’Agence France-Presse (AFP).
Sans surprise, la cinquième audience de ce procès a été marquée par des échanges particulièrement tendus. L’un des accusés, le journaliste d’investigation Ahmet Sik, a ainsi été exclu de la salle d’audience à la demande du président du tribunal, qui lui reprochait de se livrer à une « défense politique », selon l’AFP.
S’exprimant devant la cour, le journaliste a accusé le gouvernement de « traiter comme des terroristes ceux qui ne lui ressemblent pas » et la « justice contrôlée par le pouvoir » de porter des « accusations absurdes ». « Ça suffit ! Si vous voulez faire de la politique, devenez député ! (…) Je ne peux pas laisser l’accusé continuer ainsi. Qu’on le fasse sortir de la salle », a alors lancé le président du tribunal, Abdurrahman Orkun Dag.
Cette décision a indigné les dizaines de soutiens de Cumhuriyet venus assister au procès : « Vous finirez par être jugés un jour ! », « Ahmet [Sik] sortira de prison, il écrira de nouveau ! », ont-ils lancé dans la salle en huant le juge, provoquant une suspension d’audience.

        Lire :
         

          Le procès « Cumhuriyet » révèle le délitement de l’institution judiciaire en Turquie



L’un des derniers journaux indépendants du pays
Les dix-sept collaborateurs du journal risquent jusqu’à quarante-trois ans de prison pour des accusations d’aide à trois groupes qualifiés de « terroristes » par Ankara : le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ; l’organisation d’extrême gauche Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C) ; le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen – ce dernier, désigné par Ankara comme l’instigateur de la tentative de putsch du 15 juillet 2016, nie toute implication. Cumhuriyet rejette ces accusations et soutient que ce procès vise à réduire au silence l’un des derniers journaux indépendants du pays.

        Lire aussi :
         

                « Le procès de Cumhuriyet doit cesser, les accusés doivent être libérés »



Ce procès suscite l’inquiétude des partenaires occidentaux de la Turquie, où les autorités ont multiplié les arrestations de journalistes après le putsch manqué. Selon le site Internet P24, spécialisé dans la liberté de la presse, quelque cent soixante-dix journalistes sont détenus en Turquie, qui occupe la 155e, place sur 180, au classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF).



                            


                        

                        

