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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».
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Bidonville de Champigny : « Nous nous opposons à l’instrumentalisation de notre histoire et de nos mémoires »

Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h51
    |

Victor Pereira (Historien) et Hugo dos Santos (Journaliste)







                        



                                


                            
Tribune. Il n’est pas rare de s’entendre dire que les immigrés portugais, en France, ne font pas d’histoires. D’une manière générale, cette immigration sert aujourd’hui d’exemple à ceux qui cherchent à mettre en avant une stratégie d’« intégration réussie », voire à mettre en avant une figure de « bon » immigré, un peu comme un professeur désignerait le chouchou de la classe.

Les incidents qui se sont déroulés à Champigny-sur-Marne à l’occasion du réveillon du Nouvel An ont été instrumentalisés en ce sens par le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, l’universitaire Laurent Bouvet et le journaliste Benoît Rayski. S’appuyant sur un article du Parisien, daté du 21 juin 2015, le premier déclare sur Twitter que « Champigny était le plus grand bidonville de France. Plus de 10 000 Portugais y vivaient dans la boue. Pas d’eau, pas d’électricité, etc. Et pas de violence, ni association pour crier au racisme. Qui peut dès lors nier la désintégration française ? »
Allusion prétendument historique
Cette allusion prétendument historique est reprise deux jours plus tard par Laurent Bouvet sur le plateau de « 28 minutes » d’Arte, lors d’un débat portant sur la laïcité. Voulant démontrer que, de nos jours, le « problème des banlieues » ne serait plus seulement « social », il invoque les bidonvilles portugais où il « n’y avait pas de relations de violence ». Enfin, sur le site Atlantico.fr, Benoît Rayski reprend ce même article du Parisien pour, également, opposer des populations immigrées et/ou issues de l’immigration. Selon lui, parmi les descendants de Portugais « aucun d’entre eux n’a appris à détester la France », mais « après eux, d’autres populations sont venues ».
Nous, immigrés et Français descendants d’immigrés portugais, nous ne pouvons tolérer ces affirmations pour deux raisons principales.
D’abord, s’il y a un bon élève, il y a forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Médecin, elle-même victime de harcèlement sexuel, Murielle Mollo estime, dans une tribune au « Monde », que la société n’a rien à gagner à mélanger propos insultants à l’égard des femmes et véritable agression sexuelle.
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« A force de laisser croire qu’il est aussi grave de dire que de faire, on finit par inciter au rejet de l’autre »

Médecin, elle-même victime de harcèlement sexuel, Murielle Mollo estime, dans une tribune au « Monde », que la société n’a rien à gagner à mélanger propos insultants à l’égard des femmes et véritable agression sexuelle.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 16h29
    |

Murielle Mollo (Médecin, chercheuse, écrivaine,)







                        



                                


                            

Tribune. Suite à l’affaire Weinstein, la parole se libère dans les médias et les réseaux sociaux. Mais à force de vouloir tout dénoncer, on en vient à brouiller le message. D’après le Larousse, harceler quelqu’un, c’est le soumettre à des attaques incessantes et continuelles. Or, être la cible d’une drague lourde ou de blagues graveleuses n’entre pas dans cette définition, surtout si ces attaques ne sont pas le fait d’un supérieur hiérarchique et/ou répétées dans le temps.
Car le harcèlement implique une triple condition : une notion de répétition assortie le plus souvent d’un abus de pouvoir, qui engendre une relation dissymétrique entre deux protagonistes non situés sur un même pied d’égalité du fait du rapport hiérarchique.
Il serait souhaitable de ne pas entretenir cette confusion qui représente une insulte faite aux femmes réellement victimes de harcèlement ! C’est du moins mon ressenti lorsque je lis ou entends des témoignages de personnes qui ne font pas la différence entre simples grivoiseries et véritable agression, même s’il n’est pas question d’excuser ni de banaliser les premières qui témoignent d’un manque de respect envers les femmes.
Un roman exutoire
Toutefois, il apparaît essentiel de les distinguer du harcèlement sexuel qui n’use pas des mêmes ressorts, n’implique pas les mêmes causes et n’entraîne pas les mêmes conséquences, autant sur un plan physique que psychologique.
Moi-même victime de harcèlement sexuel au travail, j’ai tenté d’en décrypter quelques rouages à travers l’écriture d’un roman exutoire. En ma qualité de médecin chercheur, j’ai voulu apporter un nouvel éclairage sur ce sujet pour décortiquer les multiples facettes de cette situation imposée et présenter un regard cru sur son mécanisme terrifiant qui entraîne la victime dans une spirale destructrice.

Comme le souligne la psychiatre Marie-France Hirigoyen, le harcèlement sexuel n’est qu’une étape supplémentaire dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.
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La mort du philosophe et sociologue Michel Verret

L’universitaire nantais, créateur du Lersco, le Laboratoire d’études et de recherches scientifiques sur la classe ouvrière, est décédé à l’âge de 90 ans.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h15
    |

Jean-Claude Passeron (ancien directeur d'études à l'EHESS)







                        



                                


                            

Michel Verret, né le 6 novembre 1927 à Cambrai (Nord), est mort le 28 novembre 2017 à Nantes. Signe tranquille de sa constance philosophique, à rebours de toute convenance ou religion, ses cendres ont été dispersées, comme il le souhaitait, dans le Jardin du souvenir au cimetière du Père-Lachaise à Paris.
A Nantes, où il s’était installé en 1953 sitôt passée l’agrégation de philosophie, avec son épouse, Eliane Berenbaum, elle aussi militante et psychologue, et où naquirent leurs quatre enfants, il a enseigné près de quarante ans, d’abord professeur de philosophie au lycée Clemenceau, puis à l’université de cette ville, où il a assuré, à partir de 1969, la direction du département de sociologie, qu’il renforça et associa à des enquêtes statistiques et ethnographiques, en créant le Lersco – Laboratoire d’études et de recherches sociologiques sur la classe ouvrière –, reconnu comme laboratoire associé au CNRS en 1974.
L’expérience de la génération intellectuelle née autour des années 1930 a été marquée par l’insatisfaction d’avoir manqué de peu les combats de la Résistance. D’où, à la Libération, un regain d’énergie, comme pour effacer la grisaille de la vie au temps de l’enfance sous l’Occupation, en s’investissant activement dans le renouvellement théorique des sciences de l’homme ou dans l’espérance revigorée d’une révolution à venir.
Militant communiste
Issus de de la victoire des Alliés sur le nazisme et les fascismes mondiaux, les choix politiques de Michel Verret en ont été marqués durablement — pendant la guerre froide, comme plus tard, lors des déchirures du bloc socialiste ou des rebonds de puissance du capitalisme mondialisé. Son itinéraire philosophique a été d’une rectitude intellectuelle et militante sans concession : entré aux Jeunesses communistes (JC) à la Libération, puis au PCF dès 1945, avant même sa réussite au concours de l’Ecole normale supérieure (ENS) en 1948, il abandonna « silencieusement »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Comédien et essayiste, Yves Cusset pratique l’humour sur scène autant qu’il l’analyse dans ses livres. Pour ce philosophe de formation qui estime que cet art est un « moyen de rouvrir l’espace du débat », « le rire est une grâce qui nous est offerte, il ne se prévoit pas ».
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Yves Cusset : « A trop rechercher le rire, on l’abîme »


                      Comédien et essayiste, Yves Cusset pratique l’humour sur scène autant qu’il l’analyse dans ses livres. Pour ce philosophe de formation qui estime que cet art est un « moyen de rouvrir l’espace du débat », « le rire est une grâce qui nous est offerte, il ne se prévoit pas ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 13h00
    |

            Marc-Olivier Bherer








                              

                        

Yves Cusset est philosophe et comédien. Il est l’auteur de Rire. Tractatus philo-comicus ­ (Flammarion, 2016) et de Réflexion sur l’accueil et le droit d’asile (Editions François Bourin, 2016). Il présente La Philosophie enseignée à ma chouette (dont le texte a été publié en 2008 aux éditions Max Milo), au Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, depuis le 7 janvier. Son nouveau spectacle, Réussir sa vie, master class, sera au prochain Festival « off » d’Avignon.
Comment expliquez-vous le besoin d’humour aujourd’hui ?
La difficulté est toujours dans la comparaison historique : est-ce que ce besoin a toujours été aussi important ? Probablement. Se libérer de nos tendances agressives, des tensions qu’alimentent les contraintes et la monotonie de la vie sociale, la violence de l’actualité, a toujours été une nécessité. La différence réside dans le fait qu’il y a aujourd’hui bien davantage de médias prêts à diffuser ­des contenus dits humoristiques.

Certains y voient une surcharge. Je préfère ne pas moraliser la chose. Je considère cependant que rares sont ceux qui parviennent à vraiment faire rire et surtout à toucher juste, car il y a recherche systématique de l’effet. C’est une question esthétique, de goût, avant d’être une question morale. Ceux qui en font une question morale adoptent la posture du défenseur de la civilisation contre les barbares, contre la mutation culturelle qui les menace. Ainsi Alain Finkielkraut affirme que l’on entre dans l’ère du ricanement perpétuel, et François ­L’Yvonnet pourfend ce qu’il appelle ­ « l’intégrisme de la rigolade ». Ces postures m’inspirent une certaine suspicion.

Je pense qu’il faut en revenir tout simplement aux analyses du philosophe Henri Bergson [1859-1941] et du psychanalyste Sigmund Freud [1856-1939]. Ce dernier voit dans le rire le moyen de détourner nos tendances agressives de leur but premier....




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Contrairement à la croyance dominante, la dépense publique en faveur du rail reste en France inférieure à la moyenne européenne. Il n’est donc guère étonnant que sa performance soit en baisse, expliquent les deux experts du Boston Consulting Group, Vincent Gauche et Joël Hazan dans une tribune au « Monde ».
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« La dégradation du système ferroviaire découle principalement de décisions de politiques publiques relevant de l’Etat »

Contrairement à la croyance dominante, la dépense publique en faveur du rail reste en France inférieure à la moyenne européenne. Il n’est donc guère étonnant que sa performance soit en baisse, expliquent les deux experts du Boston Consulting Group, Vincent Gauche et Joël Hazan dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 12h00
    |

Joël Hazan (Directeur associé au Boston Consulting Group) et Vincent Gauche (Directeur de mission au Boston Consulting Group)







                        



                                


                            

Tribune. Le 14 décembre, une terrible collision a provoqué la mort de six collégiens sur un passage à niveau de Millas (Pyrénées-Orientales). Moins dramatique, bien sûr, mais pénalisant pour les voyageurs, le 23 décembre a été une nouvelle journée de crise pour la SNCF. Ce samedi noir a été l’occasion d’un afflux, aussi inédit que mal géré, de 1,7 million de passagers. Le 26 décembre, la panne électrique de la gare Saint-Lazare attisait plus encore la colère des voyageurs. Tout cela alors que nous n’avions pas encore oublié les incidents de l’été à la gare Montparnasse.
Mais cette situation est-elle vraiment surprenante ? En fait, la dégradation du système ferroviaire découle principalement de l’insuffisance des investissements réalisés au cours des vingt à trente dernières années. Il s’agit donc de décisions de politiques publiques relevant davantage de l’Etat que de la SNCF.
Notre cabinet de conseil en stratégie, le Boston Consulting Group, a construit un outil de comparaison de la performance des systèmes ferroviaires européens en 2012, 2015 et 2017, le Rail Performance Index. Pour ce faire ont été analysés le nombre de passagers, les tonnes transportées, la qualité de l’offre (ponctualité, prix, vitesse), la sécurité et le coût pour la collectivité de 2005 à aujourd’hui, afin de fournir un indicateur de performance simple et comparable entre pays européens.
e rang européen en 2012
Principale conclusion : rien n’influe plus sur la performance ferroviaire que le niveau de dépense publique. Au second rang intervient la bonne répartition de cette dépense entre le gestionnaire d’infrastructures et les opérateurs. En revanche, la gouvernance du système et le niveau d’ouverture à la concurrence ne changent presque rien.
La France a toujours figuré en bonne place dans notre classement malgré un fret ferroviaire peu développé, démontrant l’excellence du transport de voyageurs. La France affiche également...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Des officiels nord et sud-coréens se sont parlé mardi dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom. Un signe de détente fragile, mais qu’il ne faut pas bouder dans un moment de tension.
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En Corée, une accalmie bienvenue

Editorial. Des officiels nord et sud-coréens se sont parlé mardi dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom. Un signe de détente fragile, mais qu’il ne faut pas bouder dans un moment de tension.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h03
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après des mois d’escalade de la tension, attisée par les provocations incessantes entre le président américain, Donald Trump, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, une accalmie semble enfin se dessiner au-dessus de la péninsule coréenne.
Le 3 janvier, lors de sa traditionnelle adresse à la nation, M. Kim a certes réitéré ses menaces habituelles, précisant qu’il gardait à portée de main le « bouton atomique ». Mais il a tendu l’autre main à son frère ennemi sud-coréen en évoquant son souhait que son pays participe aux Jeux olympiques d’hiver qui débutent dans un mois en Corée du Sud. La réponse de Séoul a été immédiate : mardi 9 janvier, des officiels nord et sud-coréens se sont parlé dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom, sur la zone démilitarisée qui, depuis 1953, divise le territoire au niveau du 38e parallèle.

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                Entre les deux Corées, un début de détente



Cet apaisement doit tout, en réalité, à la volonté inébranlable d’un homme, le président progressiste élu par les citoyens sud-coréens en mai 2017, Moon Jae-in. Celui-ci veut garantir à tout prix la paix avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis, leur allié japonais et la droite sud-coréenne craignent qu’il ne cède trop à son voisin pour obtenir en retour sa participation aux Jeux olympiques. Ils accusent la République populaire démocratique de Corée de vouloir diviser Washington et Séoul, comme si la navrante diplomatie de Donald Trump ne justifiait pas, à elle seule, de prendre quelque distance avec un protecteur américain aussi imprévisible.
Sans les Etats-Unis
C’est peu de dire que les Etats-Unis n’ont pas contribué à cette détente inattendue. Depuis des mois, Donald Trump n’a eu de cesse de jeter de l’huile sur le feu en se livrant, par l’intermédiaire de Twitter, à des joutes puériles avec la propagande nord-coréenne. Et l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, n’aura pas ménagé ses efforts pour torpiller cette reprise du dialogue intercoréen, précisant que Washington ne le prendrait pas au sérieux tant que ne serait pas sur la table la question de la dénucléarisation de la Corée du Nord. Un prérequis bien illusoire, puisque Kim Jong-un conçoit l’arme nucléaire comme une assurance-vie qui doit lui éviter de finir comme Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi.

        Lire aussi :
         

                Washington marginalisé par la reprise du dialogue intercoréen



C’est donc sans les Etats-Unis, et presque contre eux, que les Coréens se parlent. Ils se sentent otages des grandes puissances, leur sécurité à la merci des intérêts de géants qui les considèrent comme des pions. Un refrain récurrent de leur histoire : aux mains de la Chine, du Japon, puis déchirés entre les deux blocs, soviétique et occidental, les Coréens redoutent que leur destin, une nouvelle fois, leur échappe.
C’est cette crainte qui a poussé M. Moon, dès son installation à la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, à militer pour des « Jeux de la paix » et à tendre la main à son voisin du Nord. Cette détermination a payé : à un mois des Jeux, le Nord a dit sa volonté d’y envoyer une délégation. Et, à la demande de Séoul, l’armée américaine a accepté de reporter les exercices militaires organisés avec le Sud, initialement prévus au moment des Jeux.
Cette accalmie est évidemment des plus fragiles. Pour l’heure, elle ne fait que suspendre temporairement la logique périlleuse qui alterne essais balistiques et nucléaires nord-coréens, incessantes menaces de rétorsion américaines et nouvelles sanctions onusiennes contre Pyongyang. Mais, dans un climat aussi électrique, on ne saurait bouder ce moment de détente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Plutôt qu’une réforme juridique imposée, Jean-Michel Volot, chef d’entreprise, prône dans une tribune au « Monde » une nouvelle évaluation comptable de l’apport des salariés pour fonder le partage de la gouvernance et des bénéfices
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Pour « une valorisation du capital réel, financier et humain, de l’entreprise »

Plutôt qu’une réforme juridique imposée, Jean-Michel Volot, chef d’entreprise, prône dans une tribune au « Monde » une nouvelle évaluation comptable de l’apport des salariés pour fonder le partage de la gouvernance et des bénéfices



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h38
    |

Jean-Claude Volot (Président de Dedienne Aerospace)







                        



                                


                            

Tribune. Ces dernières semaines est ressortie une vieille lune de la CFDT, soutenue par les ministres du travail Murielle Pénicaud et de l’environnement, Nicolas Hulot, qui consiste à investir beaucoup plus les salariés dans les décisions des entreprises et à mieux les rémunérer par une portion des bénéfices (des dividendes qui ne disent pas leur nom). Une autre tentative est en cours, parallèle et de même essence, qui consiste à vouloir réviser dans le code civil les responsabilités des entreprises envers les tiers qu’elles utilisent pour vivre et se développer.

Il y a certainement, pour ce siècle, un bien fondé dans ces objectifs, comme les 35 heures en avaient un en leur temps. Le problème, avec les gens de gauche au pouvoir, est l’application autoritaire et maladroite de changements profonds. Nous savons que Murielle Pénicaud a été très imprégnée par la « délicatesse » de Martine Aubry – elle fut conseillère de la ministre du travail de 1991 à 1993 – en matière de progrès social et… de recul économique. Evitons un énième « coup de cabinet » du ministère du travail !
Mon parcours de médiateur national des entreprises m’a beaucoup fait réfléchir aux méthodes aptes à faire évoluer sensiblement les comportements et les positions des acteurs économiques et sociaux en entreprise, ceci en pleine crise de 2008.
Evaluer le capital immatériel
Face au massacre des sous-traitants français d’alors, principalement motivé par une préservation des marges des donneurs d’ordre, il fallut faire comprendre à ces derniers que tailler sans vergogne dans un réseau de fournisseurs d’élite (car c’était le cas), n’était pas sans conséquences sur leur capital immatériel, qui était malheureusement hors bilan et sans évaluation.
Une évaluation faite à partir d’une entreprise du CAC 40 et de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires montrait que ce capital invisible pouvait être évalué entre 20 % et 30 % du capital social, réserves...




                        

                        


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<filnamedate="20180109"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180109"><AAMMJJHH="2018010919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Armand Hatchuel, professeur à Mines ParisTech, explique que la réforme annoncée par le gouvernement est celle de la société anonyme, afin qu’elle crée des emplois et contribue à inventer les techniques, les modes de vie et les formes de gouvernance du développement durable.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Un nouveau « cadre de droit pour l’entreprise »

Armand Hatchuel, professeur à Mines ParisTech, explique que la réforme annoncée par le gouvernement est celle de la société anonyme, afin qu’elle crée des emplois et contribue à inventer les techniques, les modes de vie et les formes de gouvernance du développement durable.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h39
    |

                            Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech, PSL Research university)








                        



                                


                            

Chronique. Le gouvernement a annoncé une « réforme de l’entreprise ». Il s’agirait de prendre en compte, dans l’objet social des sociétés anonymes, d’autres intérêts (salariés, fournisseurs…) que ceux des associés, ainsi que le respect des exigences environnementales et sociétales. Il y aurait aussi l’instauration de nouvelles formes de sociétés qui, en plus du but lucratif, se doteraient d’une « mission » engageant autant les actionnaires que les dirigeants.
Une proposition de loi (n° 476) ayant des objectifs similaires a été déposée par un groupe de députés de gauche. Sans préjuger de ce que sera cette réforme, il importe d’en comprendre les fondements car il s’agit de questions mal connues du public et qui font l’objet de confusions persistantes, y compris dans les milieux scientifiques.
Il y a d’abord l’usage indistinct des notions d’entreprise et de société (anonyme). Car si la société est le véhicule juridique de l’entreprise, celle-ci est autre chose que le groupement des associés.
Un régime de création de richesses sans précédent
Mais qu’est-ce que l’entreprise ? Depuis l’Antiquité, Il existe des marchands, des affaires commerciales et des associés. Mais l’entreprise telle que nous la connaissons ne pouvait naître qu’à la fin du XIXe siècle, bien après la loi de 1867 qui libéralisait le statut juridique des sociétés anonymes.
En effet, l’entreprise moderne est née de l’impact de la démarche scientifique sur l’activité productive et commerciale et de la systématisation de l’invention de nouveaux produits par les ingénieurs et les créateurs. Entre 1890 et 1914, les effets de cette mutation sont spectaculaires : développement de la chimie, de l’électricité, du téléphone, de l’automobile, de l’avion, du cinéma, des plastiques…

A la différence de l’entrepreneur qui organisait simplement la production dans la vie habituelle des affaires, l’entreprise forme un régime de création de richesses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Olivier Roy explique que l’affaire Weinstein place la nature du mâle à l’origine de la violence.
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Violences sexuelles : « La nature a remplacé la culture comme origine de la violence »

Dans une tribune au « Monde », le politologue Olivier Roy explique que l’affaire Weinstein place la nature du mâle à l’origine de la violence.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 18h45
    |

Olivier Roy (Politologue, professeur à l'Institut universitaire européen de Florence)







                        



                                


                            

Tribune. Quelque chose vient de changer dans la dénonciation des agressions sexuelles. Qu’on se rappelle celles de Cologne lors du Nouvel An 2016, ou bien le débat sur la circulation des femmes dans les « quartiers » : la faute était attribuée alors à la culture des agresseurs (en l’occurrence, bien sûr, l’islam). Les agressions commises par des hommes occidentaux bien sous tous les rapports étaient soit minimisées, soit présentées comme relevant d’une pathologie individuelle. Et la solution était de promouvoir les « valeurs occidentales » de respect de la femme.
Or avec l’affaire Weinstein et « balance ton porc », on a un renversement de perspective : le problème n’est plus la culture de l’agresseur (de toutes races et de toutes religions, éduqué, cultivé voire même, en public, grand défenseur des « valeurs occidentales »), c’est sa nature même de mâle, d’animal, de cochon. La nature a remplacé la culture comme origine de la violence. Mais on ne soigne pas le mal du mâle de la même manière quand il s’agit d’un retour d’animalité ou d’un conditionnement culturel.
Ce changement de perspective (qu’il soit ou non pertinent, qu’il soit une vraie révolution ou bien un coup de mode) a de profondes conséquences anthropologiques. En effet, jusqu’ici, comme l’ont noté depuis longtemps les auteures féministes, toutes les grandes constructions idéologiques expliquant l’origine de la société s’entendaient pour faire de l’homme l’acteur du passage à la culture, et pour voir en la femme celle qui garde un pied (voire plus) dans la nature. Et pas la peine de revenir aux pères de l’Eglise.
La philosophie des Lumières, qu’on crédite de nos « valeurs » séculières modernes, faisait de l’homme l’acteur du contrat social, qui arrachait l’humanité à un état de nature dans lequel restait largement immergée la femme, logiquement dépourvue de droits civiques jusqu’à récemment ; cette dernière mettait au monde l’être humain, l’homme en faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».
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« Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 18h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.
A la suite de l’affaire Weinstein a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !
Or c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie.
Délations et mises en accusation
De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque.
Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment, au nom d’une conception substantielle du bien et de la morale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Débattue par des économistes américains lors d’un colloque, la doctrine économique de Donald Trump, si elle existe, se caractérise surtout selon eux par la chance dans un contexte global d’amélioration de la situation économique et… par l’inaction.
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Les « Trumpeconomics », bluff ou catastrophe ?

Débattue par des économistes américains lors d’un colloque, la doctrine économique de Donald Trump, si elle existe, se caractérise surtout selon eux par la chance dans un contexte global d’amélioration de la situation économique et… par l’inaction.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h41
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE WALL STREET
« Trumpeconomics. » Pardon, vous avez dit Trumpeconomics ? Comme s’il y avait une pensée économique construite du président des Etats-Unis, comme il y eut naguère les Reaganomics. Lors du colloque annuel de l’Alliance des associations des sciences sociales (ASSA) de Philadelphie, les pontes de l’économie américaine furent invités à plancher sur ce sujet.
Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), a commencé par balayer l’affaire : « Les Trumpeconomics, cela n’existe pas, en tout cas pas de manière cohérente. » Mais l’économiste français, qui travaille désormais au Peterson Institute de Washington, s’est employé à comprendre pourquoi la bourse américaine s’était envolée, contre toute attente. Aux grincheux qui trouvent commode d’annoncer un krach – ils auront raison un jour –, il a apporté un démenti : il n’y a pas d’« énorme bulle », a expliqué M. Blanchard.
La hausse de Wall Street, qui bat des records depuis l’élection de Trump et a progressé de 25 %, s’explique pour moitié par l’augmentation des profits des entreprises, pour un cinquième par la réforme fiscale finalement adoptée et, peut-être, par une anticipation de la baisse de la régulation. Le reste tient à la baisse de la prime de risque sur les actions, notamment en raison de l’amélioration considérable de la situation économique, non pas aux Etats-Unis mais en Europe, où le triple risque de déflation-récession-explosion de la zone euro a disparu en 2017.

Tirons-en notre première leçon : les Trumpeconomics, c’est d’abord un énorme coup de chance, une économie qui tourne à plein régime sans que M. Trump y contribue de manière décisive. Le triomphalisme de Donald Trump ne serait que du bluff. Devant un public plutôt démocrate (« le parti de 80 % de l’assistance dans cette salle, y compris moi-même, je suppose », a même plaisanté le prix Nobel d’économie 2006, Edmund Phelps), il fallait bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ 1958, 1968, 2008… « Difficile, devant les soubresauts ou les tumultes des années en 8, d’imaginer de quoi 2018 sera porteuse », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.
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« Les années en 8 ont scandé avec une saisissante régularité notre histoire contemporaine »

1958, 1968, 2008… « Difficile, devant les soubresauts ou les tumultes des années en 8, d’imaginer de quoi 2018 sera porteuse », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 07h58
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Emmanuel Macron a attendu le 8 janvier 2018 pour aller à la rencontre de la Chine. Sage précaution si l’on en croit la symbolique des chiffres, fort prisée dans l’empire du Milieu : signe de plénitude et de prospérité, le 8 y est considéré comme un porte-bonheur. Pékin n’avait-elle pas mis un point d’honneur, il y a dix ans, à inaugurer « ses » Jeux olympiques le 8 août, autrement dit le 8/8/8…
Il sera bien temps de vérifier si 2018 confirme, à Paris, les prédictions de la numérologie chinoise. Une chose est sûre, cependant. Même si elles furent loin de garantir à tout coup réussite et sérénité, les années en 8 ont scandé avec une saisissante régularité notre histoire contemporaine.
Prenez 1958, date évidemment inscrite à l’agenda des commémorations officielles des prochains mois. Nul ne doutait, en janvier de cette année-là, que la IVe République était à bout de souffle, minée par la guerre d’Algérie et empêtrée dans l’écheveau de ses intrigues. Mais le jeune Félix Gaillard, président du conseil depuis quelques semaines, tentait encore un énième rafistolage. Hormis chez les gaullistes les plus activistes, l’hypothèse d’en appeler à l’homme du 18 Juin pour sortir le pays de l’ornière était encore évanescente.
En peu de temps, pourtant, l’Histoire bascula. Le 13 mai, c’est l’insurrection, à Alger, des partisans de l’Algérie française. Le 15 mai, le général de Gaulle se dit « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Le 1er juin, il est investi président du conseil par l’Assemblée nationale avec, pendant six mois, les pleins pouvoirs. Le 28 septembre, par référendum, les Français approuvent à 83 % la Constitution de la Ve République. Le 21 décembre, de Gaulle est élu président de la République. Beaucoup, alors, croyaient le régime taillé aux seules mesures du « général ». Soixante ans plus tard, consolidé par l’élection présidentielle au suffrage universel, il a démontré une plasticité à toute épreuve....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Jean-Paul Reich, ancien directeur scientifique d’Engie, plaide dans une tribune au « Monde » pour un « coup de pouce » à la production d’hydrogène par électrolyse, afin de stocker l’électricité éolienne et solaire et de limiter les émissions industrielles.
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L’hydrogène, « double moteur pour l’énergie et le climat »

Jean-Paul Reich, ancien directeur scientifique d’Engie, plaide dans une tribune au « Monde » pour un « coup de pouce » à la production d’hydrogène par électrolyse, afin de stocker l’électricité éolienne et solaire et de limiter les émissions industrielles.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h00
    |

Jean-Paul Reich (Vice-président de l’ Association française de l’hydrogène et des piles à combustible (Afhypac) et ancien directeur scientifique du...







                        



                                


                            

Tribune. Que ni le soleil ni le vent n’acceptent de briller et de souffler en fonction des besoins des consommateurs d’électricité – ce que l’on appelle « l’intermittence des énergies renouvelables » – n’est curieusement pas considéré comme un des obstacles majeurs aux ambitions énergétiques de la France, actuellement discutées dans le cadre de la « Programmation pluriannuelle de l’énergie » jusqu’en 2030.
Cela peut se comprendre. A ce jour en effet, les énergies renouvelables ne représentent qu’une part infime de la production d’électricité en France – seulement 4 % pour l’éolien et moins de 2 % pour le photovoltaïque. Du coup, rares sont les périodes où l’électricité produite ne peut être injectée dans les réseaux faute de demande simultanée des consommateurs.

Lorsqu’elles surviennent, le fait que l’on ne sache pas encore stocker cette électricité massivement et sur de longues périodes dans des conditions économiques acceptables n’est même pas un problème : les centrales à gaz et nucléaires arrivent encore à réduire la voilure pour laisser la priorité aux renouvelables sans que cela ne nuise (trop) à leur fonctionnement.
Un modèle économique rentable
Bref, le mécanisme fonctionne encore bien, et il faudrait qu’une part plus importante de l’électricité produite – probablement entre 40 % et 60 % – soit issue des énergies renouvelables pour qu’il commence à se gripper. Or, si les objectifs officiels de la transition énergétique sont respectés, cela ne devrait pas se produire avant 2030… ou 2040 pour les plus pessimistes. On a donc le temps a priori. D’autant que tout le monde espère que d’ici là, on aura enfin trouvé un modèle économique rentable de « smart grid » [réseau de distribution « intelligent »] et de stockage massif de l’électricité. Ce qui réglerait tout…
Sauf qu’attendre et espérer revient surtout à se priver dans l’immédiat d’un double moteur, tant pour le développement des énergies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine Belinda Cannone salue le mouvement contre le harcèlement.
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« Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivaine Belinda Cannone salue le mouvement contre le harcèlement.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h02
    |

Belinda Cannone (Romancière et essayiste)







                        



                                


                            

Tribune. L’extraordinaire mouvement de protestation contre le harcèlement et les violences faites aux femmes, qui a embrasé une grande partie du monde occidental, représente un bond en avant décisif dont nous pouvons nous réjouir sans réserve. On imagine mal comment les rapports entre les sexes pourraient ne pas être définitivement transformés par la vigueur et l’étendue de la dénonciation.
Si l’on a fait remarquer qu’elle comportait parfois des outrances ou des maladresses dans certaines de ses expressions, il n’en reste pas moins qu’aucun homme ne peut plus feindre d’ignorer la violence contenue dans des attitudes qui passaient jusqu’ici pour acceptables, sinon normales, et qu’aucune femme ne se reprochera plus d’exagérer lorsqu’elle souffre de cette violence.
Mais prenons garde aux écueils possibles. Une partie importante du féminisme qui s’est développé depuis 1949 a ceci de beau et de mûr qu’il a constamment évité plusieurs pièges, principalement l’appel à la guerre des sexes et son corollaire, le victimisme, mais aussi un puritanisme qui, on le voit ailleurs, transforme le commerce amoureux en procédure et affecte l’idée même du désir, avec ce qu’il engage de risque, d’inattendu et de tension.
Tout le monde gagnerait à une réelle égalité dans l’érotisme
Autant il me paraît capital de dénoncer enfin le lien du pouvoir et du sexe qui a privé les femmes de la maîtrise de leur corps, autant je crois nécessaire de continuer à combattre la morale désuète qui a toujours cherché à refréner les « désordres de la sexualité », de même qu’il faut, à présent, se méfier de la confusion qui pourrait naître entre expression du désir et violence de la domination masculine.
Cette confusion pourrait bien survenir du fait que la révolution sexuelle et le féminisme des années 1970 n’ont pas été suffisants pour modifier en profondeur les stéréotypes. Une asymétrie persiste, dans toutes les étapes de la relation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La taxe sur les meublés touristiques est légitime, mais son produit doit être partagé au profit d’investissements d’intérêt régional, comme les transports en Ile-de-France, plaident dans une tribune au « Monde » le sénateur Olivier Léonhardt et Antoine Pavamani.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« La taxe AirBnb va enrichir des communes déjà très bien loties »

La taxe sur les meublés touristiques est légitime, mais son produit doit être partagé au profit d’investissements d’intérêt régional, comme les transports en Ile-de-France, plaident dans une tribune au « Monde » le sénateur Olivier Léonhardt et Antoine Pavamani.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 20h00
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Olivier Léonhardt (Sénateur Rassemblement démocratique et social européen de l’Essonne) et Antoine Pavamani (Président de l’association La Vignette...







                        



                                


                            

Tribune. La saison budgétaire touche à sa fin, et laisse aux pieds du sapin de certains un cadeau surprenant. Au rayon des surprises bienvenues se trouve la taxe AirBnB, qui va permettre de prélever entre 1 % et 5 % des recettes générées par l’économie florissante des meublés touristiques.
Chacun peut le comprendre, de nouvelles formes de régulation doivent être mises en œuvre pour adapter le cadre fiscal et réglementaire à l’émergence de ces géants du numérique qui bouleversent des pans entiers de nos économies. Ces entreprises qui ont tendance à pousser le sens de l’innovation jusqu’à l’art de l’évitement fiscal doivent contribuer à l’effort national et les initiatives du gouvernement en la matière vont dans le bon sens. Dès lors, nous devons tous nous réjouir du renforcement de la taxe Airbnb qui permet de corriger les distorsions contributives entre les différents acteurs de l’économie.

Si l’existence de la recette est une bonne nouvelle, une question n’a pas été suffisamment examinée : qui doit bénéficier des sommes générées ? Au moment où nous sommes, ce sont les communes dans lesquelles sont localisés les meublés touristiques qui doivent percevoir la recette.
Des charges nouvelles
A quelle logique cela répond-il ? Ces communes ont-elles des charges nouvelles en matière d’éducation, de culture, de sport, d’aide sociale, de logement à cause des meublés touristiques ? Car, rappelons-le, les propriétaires de ces logements restent malgré tout soumis aux autres formes de fiscalité locale (taxe foncière et taxe d’habitation notamment) qui abondent les caisses des collectivités concernées.
Pour elles, la taxe AirBnb constitue un surplus financier dont la légitimité est finalement assez contestable, notamment dans un contexte d’amplification des inégalités territoriales. Elle viendrait souvent enrichir des collectivités territoriales très bien loties financièrement. Ce ne sont pas Denain, Argenton-sur-Creuse,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti explique que les inégalités territoriales d’accès à la santé sont au moins aussi importantes que l’accessibilité financière aux soins. Mais la libre installation des médecins reste un sujet tabou.
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« Les espaces délaissés par les professionnels de santé sont en progression constante »

Dans une tribune au « Monde », le docteur Pierre Micheletti explique que les inégalités territoriales d’accès à la santé sont au moins aussi importantes que l’accessibilité financière aux soins. Mais la libre installation des médecins reste un sujet tabou.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 17h57
    |

Pierre Micheletti (Responsable pédagogique du diplôme universitaire « Santé précarité » à la faculté de médecine de Grenoble, membre du Conseil nat...







                        



                                


                            

Tribune. Le débat sur les questions de santé, a été récemment relancé par le journal Le Monde à propos des gynécologues et des dépassements d’honoraires (« Dépassements d’honoraires des gynécologues : des consultations supérieures à 120 euros à Paris », par Laura Motet et François Béguin). Il s’organise ainsi autour d’une considération certes respectable et importante : la question de la couverture maladie et des entraves à ce que l’on nomme l’accessibilité financière aux soins. Mais, à elle seule, cette discussion ne saurait résumer ce qui fait le quotidien de nos concitoyens de façon beaucoup plus immédiate et concrète : les criantes inégalités en termes d’offre de soins sur les territoires touchent de nombreuses spécialités médicales.
Un constat, en particulier, fait consensus : des quartiers urbains et périurbains jusqu’il y a peu dits « sensibles » cumulent les mauvais indicateurs de précarité. Proportion de populations d’origine étrangère, taux de chômage, taux de pauvreté, taux de familles monoparentales sans emploi, taux de population sans aucun diplôme, taux d’illettrisme y sont nettement plus dégradés.

La santé ressentie, les taux de couverture vaccinale, les taux d’obésité chez les enfants, la prévalence de caries dentaires non soignées, y sont également moins bons qu’ailleurs sur le territoire national. Pour prendre en charge ces problèmes de santé, le déséquilibre est patent entre les ex-ZUS (zones urbaines sensibles) et les quartiers favorisés des principales agglomérations concernant la médecine générale et majeur si on s’intéresse à l’offre de soins dentaires.
Inquiétudes en pédopsychiatrie
Telle est l’illustration de ce qu’a spontanément produit notre système de santé, en partie rééquilibré, ça et là – pour la médecine générale –, par l’implantation de « maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) » et de centres de santé soutenus par les élus locaux. Ne parlons pas, car alors les écarts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Cette technique d’inspiration bouddhiste, qui séduit l’Occident, peut-elle se fondre dans les pratiques médicales classiques ?
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/01/2018
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Les médecins face aux sirènes de la méditation

Cette technique d’inspiration bouddhiste, qui séduit l’Occident, peut-elle se fondre dans les pratiques médicales classiques ?



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h56
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Au début de la séance, il faut rajouter des chaises. On les agence en cercle afin que les participants puissent discuter de leurs expériences. Une bonne vingtaine en tout pour cette séance de thérapie cognitive fondée sur la méditation de pleine conscience, à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
Cette technique inspirée de la méditation boud­dhiste consiste à porter son attention, sans jugement, sur ses sensations, ses pensées et ses émotions de manière à en devenir pleinement conscient et à se libérer de leur emprise. L’intérêt en psychiatrie ? Il s’agit d’un complément de la psychothérapie que suivent ces patients pour traiter leur dépression, afin de prévenir les ruminations, un symptôme qui précède les rechutes.
« J’ai essayé “Le scanner du corps”, avec la voix de Christophe André. Cela m’a fait du bien », raconte Martin (les prénoms ont été changés), curieux d’explorer de nouvelles méthodes. « Moi, j’aimerais savoir comment lutter contre les insomnies. Je me réveille à 2 heures du matin et je médite. Je me sens parfaitement relâchée, mais je n’arrive toujours pas à me rendormir, et le lendemain ça me gâche la journée », s’inquiète Hélène, le visage labouré par la fatigue.
Certains participants écoutent attentivement, d’autres, distraitement. Martin témoigne encore de l’expérience qu’il vient de faire d’une autre technique, inspirée du yoga : le bourdonnement de l’abeille. Florent Dulong, l’infirmier psychiatrique qui, en 2013, a succédé au psychiatre Christophe André pour l’animation de ces groupes, explique : « C’est un exercice de respiration très utile pour lutter contre la colère et pour se concentrer. »
« La pratique de la méditation nécessite un ego solide. S’il est altéré par un trauma ou par une psychose, alors la méditation est contre-indiquée » Nicholas Van Dam, psychologue
« Cela ne vous empêchera pas forcément de vous mettre en colère, mais cela peut vous aider », poursuit Florent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts et fondateur d’une méthode destinée à la ­réduc­tion du stress, « la rapidité avec laquelle la pleine conscience s’implante en Occident fait courir le risque qu’elle perde son sens ».
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Méditation : « Il y a un risque d’intrumentalisation »

Pour Jon Kabat-Zinn, professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts et fondateur d’une méthode destinée à la ­réduc­tion du stress, « la rapidité avec laquelle la pleine conscience s’implante en Occident fait courir le risque qu’elle perde son sens ».



Le Monde
 |    08.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h57
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Formé initialement au Massachusetts Technological Institute (MIT) en biologie moléculaire, Jon Kabat-Zinn est professeur de médecine émérite à l’université du Massachusetts. Il a créé en 1979 la Mindfulness Based Stress Reduction (MBSR), une méthode de méditation de pleine conscience destinée à la ­réduc­tion du stress. Fondée sur un ­programme de huit séances hebdomadaires de deux heures et ­demie chacune et encadrées par un instructeur, cette méthode a connu un succès rapide. Elle s’inspire à la fois des pratiques boud­dhistes, du yoga et des connaissances de la médecine occidentale.
Quelle est l’origine de votre ­intérêt pour la méditation ?
Je me suis très tôt questionné sur la manière dont l’esprit pouvait être présent à ce qu’il vit, habité. Mon père était un biologiste reconnu de l’Ecole de médecine de l’université de Columbia, à New York. Ma mère, elle, était peintre. Elle n’était pas reconnue comme mon père, mais ses peintures étaient très belles. Tous deux comprenaient mal leurs travaux réciproques et je cherchais un moyen de réconcilier en moi les humanités, l’approche du monde par l’expérience sensible de ma mère et la science de mon père.
Mon intérêt pour la méditation vient de là et, lorsque j’étais au MIT, j’ai eu l’occasion de rencontrer un maître qui enseignait le bouddhisme zen au Rochester Zen Center. Par la suite, j’ai suivi l’enseignement de différents maîtres. La méditation s’appuie sur une connaissance du fonctionnement de l’esprit, des émotions et de la souffrance, et c’est cela qui m’a intéressé.
Comment vous est venue l’idée de la MBSR ?
C’est une intuition que j’ai eue au cours d’un stage de méditation, en retraite en 1979. A l’époque, la médecine peinait à traiter certaines pathologies comme la douleur, et la MBSR a immédiatement apporté des réponses aux patients. L’intention du programme MBSR était de leur fournir les moyens d’explorer leur souffrance et de s’en libérer....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Question de droit social. La création de ce « super comité social et économique » représente une petite révolution pour les institutions représentatives du personnel dans les grandes entreprises françaises.
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Pourquoi instaurer un conseil d’entreprise ?

Question de droit social. La création de ce « super comité social et économique » représente une petite révolution pour les institutions représentatives du personnel dans les grandes entreprises françaises.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 16h00
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Chronique. Au 1er janvier a commencé le big bang des institutions représentatives du personnel dans les grandes entreprises françaises avec la fusion obligée, à l’issue des prochaines élections professionnelles, des délégués du personnel, du comité d’entreprise (CE) et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), au profit de l’unique comité social et économique (CSE), qui hérite de l’essentiel de leurs attributions d’information-consultation. Mais une autre instance, beaucoup plus novatrice, va aussi pouvoir être créée : le conseil d’entreprise.
Il s’agit d’un « super CSE », car il est également habilité à négocier un accord collectif, alors signé par la majorité des titulaires élus. C’est une petite révolution dans notre droit, où dominait l’opposition entre des institutions élues, avec leurs attributions consultatives, et les délégués syndicaux désignés, ayant le monopole de la négociation collective. Même si, dans les faits, il s’agissait souvent des mêmes personnes, du fait de la crise des vocations syndicales.

Paradoxe apparent : il revient aux délégués syndicaux de créer, ou non, ce conseil d’entreprise, qui les laisse subsister mais leur retire le cœur de leurs attributions. L’explication réside dans le nécessaire respect des règles ou des principes de valeur constitutionnelle ou conventionnelle, à l’instar de la convention no 135 de l’OIT, qui énonce que « la présence de représentants élus ne [peut] servir à affaiblir la situation des syndicats ou de leurs représentants ».
Recherche de consensus
Mais pourquoi des délégués syndicaux participeraient-ils à leur propre affaiblissement ? Parce que, outre des contreparties classiques, comme une hausse de la subvention au CSE ou une valorisation des parcours syndicaux, l’accord instituant le conseil d’entreprise doit aussi « [fixer] la liste des thèmes (…) soumis à l’avis conforme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de bâtonniers exprime son inquiétude face à la suppression de petites cours d’appel pour des raisons comptables à court terme, et propose la création de cours d’appel de délestage.
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« Non à la réforme dispendieuse et injuste » de la carte judiciaire de Nicole Belloubet

Dans une tribune au « Monde », un collectif de bâtonniers exprime son inquiétude face à la suppression de petites cours d’appel pour des raisons comptables à court terme, et propose la création de cours d’appel de délestage.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 15h50
    |

Corinne Jouhanneau-Boureille (Bâtonnière de Guéret), Isabelle Lescure (Bâtonnière de Brive), Christine Marche (Bâtonnière de Tulle) et Abel-Henri P...







                        



                                


                            

Tribune. Nous avons compris. Nous avons compris que la France doit présenter un déficit en dessous de 3 % de son produit intérieur brut (PIB) aux autorités européennes. Nous avons compris que tous les ministères doivent mener des réformes au pas de charge pour faire des économies. Nous comprenons que le ministère de la justice n’échappe pas à la règle. Nous avons compris que le maillage territorial de la justice doit tenir compte des évolutions démographiques. Nous ne sommes pas enfermés dans un corporatisme régionaliste comme certains voudraient le faire croire.
Nous savons parfaitement que le barreau du XXIe siècle doit s’adapter aux très importantes évolutions de notre société, que la numérisation est un enjeu majeur auquel la profession a très largement répondu en s’adaptant sans résistance ni manifestations au réseau Intranet entre les juridictions et nos cabinets.
Nous savons que notre profession ne peut pas faire l’économie d’une réflexion profonde sur sa place dans un marché du droit désormais très largement ouvert qui la contraint, de plus en plus, à sortir des prétoires qui ne peuvent plus être l’unique lieu d’exercice des généralistes de province que nous sommes.
Des cartes « secrètes »
Nous ne pouvons pas comprendre, en revanche, la logique simpliste à l’origine de la réforme de la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
Madame la ministre a lancé une « large concertation » et a désigné à cet effet deux rapporteurs, Dominique Raimbourg et Philippe Houillon, chargés de recevoir les observations et doléances des acteurs concernés. Le rapport doit être déposé le 15 janvier mais aucun projet n’est communiqué, aucune carte n’est mise sur la table, en sorte que les bâtonniers doivent faire face aux inquiétudes légitimes de leurs troupes sans pouvoir y répondre.
Des cartes « secrètes » circulent dans la presse et dans les couloirs, sur lesquelles certaines cours d’appel ont disparu ou ne...




                        

                        

