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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».
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Bidonville de Champigny : « Nous nous opposons à l’instrumentalisation de notre histoire et de nos mémoires »

Opposer les « bons » immigrés portugais et les « mauvais » Arabes à l’occasion des incidents de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) est malhonnête et ne correspond pas à la réalité, témoigne un collectif de Portugais dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h51
    |

Victor Pereira (Historien) et Hugo dos Santos (Journaliste)







                        



                                


                            
Tribune. Il n’est pas rare de s’entendre dire que les immigrés portugais, en France, ne font pas d’histoires. D’une manière générale, cette immigration sert aujourd’hui d’exemple à ceux qui cherchent à mettre en avant une stratégie d’« intégration réussie », voire à mettre en avant une figure de « bon » immigré, un peu comme un professeur désignerait le chouchou de la classe.

Les incidents qui se sont déroulés à Champigny-sur-Marne à l’occasion du réveillon du Nouvel An ont été instrumentalisés en ce sens par le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio, l’universitaire Laurent Bouvet et le journaliste Benoît Rayski. S’appuyant sur un article du Parisien, daté du 21 juin 2015, le premier déclare sur Twitter que « Champigny était le plus grand bidonville de France. Plus de 10 000 Portugais y vivaient dans la boue. Pas d’eau, pas d’électricité, etc. Et pas de violence, ni association pour crier au racisme. Qui peut dès lors nier la désintégration française ? »
Allusion prétendument historique
Cette allusion prétendument historique est reprise deux jours plus tard par Laurent Bouvet sur le plateau de « 28 minutes » d’Arte, lors d’un débat portant sur la laïcité. Voulant démontrer que, de nos jours, le « problème des banlieues » ne serait plus seulement « social », il invoque les bidonvilles portugais où il « n’y avait pas de relations de violence ». Enfin, sur le site Atlantico.fr, Benoît Rayski reprend ce même article du Parisien pour, également, opposer des populations immigrées et/ou issues de l’immigration. Selon lui, parmi les descendants de Portugais « aucun d’entre eux n’a appris à détester la France », mais « après eux, d’autres populations sont venues ».
Nous, immigrés et Français descendants d’immigrés portugais, nous ne pouvons tolérer ces affirmations pour deux raisons principales.
D’abord, s’il y a un bon élève, il y a forcément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le premier ministre de Thaïlande, Prayuth Chan-ocha, a présenté lundi une maquette grandeur nature de lui-même aux journalistes, refusant leurs questions.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ces restrictions, qui s’ajoutent à de sérieuses difficultés économiques, viennent renforcer un arsenal ubuesque du code de conduite déjà en application.
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Au Turkménistan, pas de femmes au volant ni de voitures noires

Ces restrictions, qui s’ajoutent à de sérieuses difficultés économiques, viennent renforcer un arsenal ubuesque du code de conduite déjà en application.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 17h01
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


A Achgabat, la capitale turkmène, les voitures de couleur sombre disparaissent. Pour récupérer leurs biens, confisqués par les autorités sur les parkings et emmenés en fourrière, leurs malheureux propriétaires doivent produire un document établi par un garagiste selon lequel ils s’engagent à repeindre leurs véhicules d’une couleur claire « blanche ou argentée ». Aucune loi, ni aucun décret, n’a pourtant entériné la mesure ubuesque qui a filtré à l’extérieur début janvier grâce à des sites étrangers ou hors sol. Le Turkménistan, ex-République soviétique d’Asie centrale, est dirigé depuis 2006 par Gourbangouli Berdimoukhamedov, un autocrate qui aime le blanc et ne tolère aucune voix dissidente.
Selon des témoignages recueillis le 29 décembre 2017 par Azatlyk, la station privée membre du réseau Radio Liberty et financée par le Congrès américain, le nouveau code couleur infligé sur les routes impliquerait des « dépenses considérables » pour les 5 millions d’habitants de ce petit pays situé au bord de la mer Caspienne et cerné par l’Afghanistan, l’Iran, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.
« Cela coûte 7 000 manats [1 677 euros] et d’ici peu le prix augmentera à 11 000 manats, soit mon revenu annuel », déplorait ainsi un résident d’Achgabat, dont le véhicule avait été embarqué la veille. Le 6 janvier, le site Chroniques du Turkménistan a pour sa part affirmé que les exigences des autorités s’étendaient désormais aux véhicules de couleur bleue, rouge ou verte.
Interdictions des vitres teintées et des gris-gris
Ces restrictions, qui s’ajoutent à de sérieuses difficultés économiques, viennent renforcer un arsenal absurde du code de conduite déjà en application. En 2014, les vitres teintées et pare-soleil noirs ont été bannis. En 2015, l’importation de voitures noires a été interdite. Et en octobre 2017, la police routière s’est mise à arrêter les voitures munies de gris-gris que l’on trouve partout dans le monde accrochés aux rétroviseurs. Les conducteurs devaient enlever ces attributs.
Début janvier toujours, une autre loi officieuse est entrée en vigueur, interdisant aux femmes de prendre le volant, sous peine de voir leur véhicule et leur permis de conduite confisqués. Alors qu’en septembre 2017, l’Arabie saoudite a levé l’interdiction faite aux femmes de conduire, le Turkménistan enclenche la marche arrière, devenant ainsi le dernier pays à proscrire la conduite féminine.
Une source du site Informations alternatives du Turkménistan diffusé en russe rapporte que le 5 décembre 2017, le ministre de l’intérieur, Iskander Moulikov, avait commenté des statistiques « officielles » qui rendaient les « femmes responsables de la majorité des accidents de la route » dans le pays. Le président lui aurait alors donné pour mission de « régler le problème ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ A l’issue d’un entretien avec son homologue chinois, mardi, Emmanuel Macron a annoncé la signature de plusieurs accords, dont un chantier pour Areva.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Ce qu’il faut retenir des accords signés en Chine par Emmanuel Macron

A l’issue d’un entretien avec son homologue chinois, mardi, Emmanuel Macron a annoncé la signature de plusieurs accords, dont un chantier pour Areva.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 16h18
   





                        


L’essentiel
Au deuxième jour de sa visite d’Etat en Chine, Emmanuel Macron a été reçu, mardi 9 janvier, au Palais du peuple, bordant la place Tiananmen à Pékin, par son homologue chinois, Xi Jinping.A l’issue d’un entretien bilatéral, les deux chefs d’Etat ont assisté à la signature de plusieurs documents, dont un « mémorandum pour un accord commercial » sur la construction par Areva d’une usine de traitement des combustibles nucléaires usagés.Le président français espère un rééquilibrage de la relation commerciale avec Pékin. Une cinquantaine d’accords et de contrats doivent être signés lors de cette visite, notamment sur le nucléaire civil et l’aéronautique.
Le contexte
Emmanuel Macron est arrivé en Chine avec une cinquantaine de chefs d’entreprises, dont les dirigeants d’Areva, Airbus, Safran et d’EDF. Il a insisté sur l’importance du « partenariat stratégique » avec la Chine : « Il faut structurer les relations en termes de propriété intellectuelle, structurer un accès plus grand au marché chinois, permettre les investissements chinois en France et ouvrir les données de manière réciproque. »
Les principales annonces de signatures :
Centre de retraitement nucléaire. La France et la Chine ont signé un accord prévoyant la construction par Areva d’un centre de retraitement de combustible nucléaire usagé en Chine. Ce chantier colossal, providentiel pour le groupe français spécialisé dans l’atome civil, est évalué à au moins une dizaine de milliards d’euros.
Ce « mémorandum pour un accord commercial » ouvre la voie pour conclure dix ans de délicates négociations entre Areva et son partenaire chinois CNNC, géant étatique de l’atome civil.
Réacteur EPR. Emmanuel Macron a annoncé que le réacteur EPR, construit par EDF dans le sud de la Chine, devrait démarrer dans environ six mois. Ce serait le cas échéant le premier EPR opérationnel dans le monde, avant ceux en chantier à Flamanville (France) et en Finlande, qui ont subi de nombreux retards et surcoûts.
Viande bovine. Les deux pays ont signé un accord prévoyant « l’ouverture de l’accès de la viande bovine [au marché chinois] avec une résolution totale dans les six mois » de l’embargo imposé par Pékin depuis 2001, conséquence de la crise de la vache folle.
Art contemporain. Un partenariat a été conclu pour établir un Centre Pompidou d’art contemporain à Shanghaï. Ce partenariat prévoit également d’organiser une édition des Rencontres photographiques d’Arles dans la ville de Xiamen (est de la Chine).
La citation
Prononcée par M. Macron au deuxième jour de sa visite d’Etat en Chine :
« La Chine est en train de poursuivre sa stratégie de développement économique et, compte tenu de la taille de ce marché, cela a un impact sur toute la mondialisation. Le devoir de la France est de bien comprendre ces mouvements (...). Cela suppose une France forte : si la France ne sait pas s’adapter, elle sera effacée ».
La vidéo
Avant sa rencontre avec Xi Jinping, Emmanuel Macron s’est attiré les bonnes faveurs des internautes chinois en prononçant une phrase en mandarin lors de son premier discours, à Xian (Nord) :
« Rendre à nouveau notre planète grande et belle »
Dans une vidéo qu’il a mise en ligne sur son compte Twitter, on peut voir le président de la République répéter ces quelques mots de mandarin, sous le contrôle de l’interprète de l’ambassade de France.

Parce que le climat parle à tout le monde : "Make our planet great again" ... en chinois. https://t.co/C6UTeP16Nr— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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Pour aller plus loin
Un article sur les enjeux économiques qui se jouent lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine
Un zoom sur les attentes spécifiques d’Airbus et Areva
Une tribune du professeur et sinologue Jean-Philippe Béja sur les droits de l’homme en Chine et l’attitude de M. Macron
Une tribune de la chercheuse Valérie Niquet sur les divergences stratégiques de Paris et Pékin





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Depuis le départ de la guérilla marxiste, les habitants du sud-ouest de la Colombie, dépendant de la production de coca, se sentent livrés à eux-mêmes.
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<filnamedate="20180109"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180109"><AAMMJJHH="2018010919">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les températures dépassent actuellement 40 degrés Celsius. Des centaines de chauves-souris ont péri par hyperthermie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Après la Cour des comptes, en 2016, c’est au tour du contrôle général des armées de se pencher sur ce dossier qui fait l’objet d’une enquête pénale.
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Transport aérien militaire : les défaillances du contrôle interne

Après la Cour des comptes, en 2016, c’est au tour du contrôle général des armées de se pencher sur ce dossier qui fait l’objet d’une enquête pénale.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 16h32
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Daté du 1er décembre 2017, le document n’est qu’un « rapport intermédiaire », mais il comporte déjà de nombreuses critiques à l’encontre des responsables militaires. Saisi par le directeur du cabinet de la ministre des armées, Florence Parly, le 18 octobre 2017, le contrôle général des armées – le gendarme interne – dénonce à son tour, bien que tardivement, la mauvaise gestion du transport aérien des armées.
Sur ce dossier sensible, l’alerte avait été lancée dès l’automne 2016 par la Cour des comptes. Celle-ci relevait des « anomalies » dans les marchés du fret aérien des opérations militaires extérieures, sous-traité par des sociétés privées. Une enquête pénale, confiée par le parquet national financier à la section de recherche de la gendarmerie, est ouverte depuis l’été 2017. Elle porte sur d’éventuels délits de favoritisme, de faux en écriture, ou encore de non-respect du code des marchés.
Le contrôle général des armées dénonce les défaillances du contrôle interne à l’état-major. Les marchés d’affrètement aérien, passés notamment au profit des opérations au Sahel, concernent les vols logistiques de gros-porteurs de type Antonov 124 entre la France et l’étranger (40 millions d’euros en 2017) ou les liaisons par moyens-courriers et hélicoptères entre les bases françaises extérieures elles-mêmes (25 millions d’euros en 2017).
« Pour différentes raisons (déficiences de certains processus, manque d’effectif, jeunesse de certains services résultant des restructurations récentes, formation insuffisante du personnel), les procédures de passation et d’exécution de ces marchés » posent problème, écrivent les contrôleurs généraux. Soit, « pour (…) les avions-cargos des doutes sérieux qui justifient la transmission de documentation à la direction des affaires juridiques qui assure le lien avec l’autorité judiciaire ». Et pour les marchés du théâtre sahélien, des problèmes d’égalité de traitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Depuis la fin du mois de décembre 2017, des affrontements ont lieu entre deux groupes armés autour de la ville de Paoua.
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Compte rendu

Centrafrique : au moins 25 000 nouveaux déplacés dans le nord-ouest

Depuis la fin du mois de décembre 2017, des affrontements ont lieu entre deux groupes armés autour de la ville de Paoua.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 09.01.2018 à 12h13

     •
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        Mis à jour le 09.01.2018 à 14h20






    
Le « général » autoproclamé Ahamat Bahar du Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC), le 27 décembre 2017, à Betoko, dans le nord-ouest de la République centrafricaine.
Crédits : ALEXIS HUGUET/AFP


Entre 25 000 et 30 000 personnes ont fui les combats entre groupes armés qui ont lieu depuis le 27 décembre 2017 autour de la ville de Paoua, dans le nord-ouest de la Centrafrique, a appris l’AFP lundi 8 janvier de sources concordantes. Les affrontements opposent depuis cette date le groupe armé Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) créé en octobre par le « général » autoproclamé Ahamat Bahar, au groupe armé Révolution et justice (RJ).

        Lire aussi :
         

                Deux groupes armés s’accordent pour cesser les hostilités en Centrafrique



Nombre de déplacés ont été pris en charge dans des familles d’accueil à Paoua, selon une source au bureau humanitaire de l’ONU (Ocha). « Les humanitaires sont en train de voir où installer un site de déplacés car les familles d’accueil ont atteint la limite de leur capacité », a expliqué cette source à l’AFP, indiquant qu’Ocha avait dénombré 25 000 déplacés à Paoua.
« Ils sont souvent plus de 40 déplacés par famille, ce qui va créer très rapidement des problèmes d’approvisionnement en eau et nourriture », a déclaré, de son côté, Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué. L’ONG estime que 30 000 personnes se sont réfugiées à Paoua.
Villages brûlés, exactions et attaques
« Beaucoup [de déplacés] parlent d’hommes à chevaux qui tirent sur tout ce qui bouge, de personnes décédées ou blessées laissées en brousse », explique dans le communiqué Gwenola François, cheffe de mission MSF. Les personnes fuyant les combats ont fait état, selon MSF, de villages brûlés, d’exactions et d’attaques contre tous ceux qui se trouvaient dans la zone.
La Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) comptabilisait au 3 janvier deux morts et quatre blessés, indiquant toutefois que les casques bleus avaient ramené le calme en ville. Les affrontements dans cette zone ont violemment repris fin novembre après qu’un chef de RJ, Clément Bélanga, accusé de nombreuses exactions contre la population, a été tué par des membres du MNLC, selon des sources concordantes.

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                La RCA, six noms pour un Etat failli



Face à la violence des combats, MSF a dû fermer progressivement ses sept centres de santé situés autour de Paoua, et estime que trois parmi eux ont été pillés depuis.
La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L’Etat n’a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s’affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l’or et du bétail dans ce pays qui est l’un des plus pauvres du monde.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après les révélations du livre choc « Fire and Fury », le président américain et son entourage sont sur la défensive.
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Les embarrassants trous dans l’emploi du temps de Donald Trump

Après les révélations du livre choc « Fire and Fury », le président américain et son entourage sont sur la défensive.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 14h51
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Au lendemain d’un discours prononcé à Nashville (Tennessee) devant une organisation d’agriculteurs, Donald Trump devait plaider une nouvelle fois, mardi 9 janvier, pour le financement du « mur » qu’il souhaite voir érigé sur la frontière avec le Mexique. Une déclaration attendue à l’occasion d’une réunion à la Maison Blanche avec les responsables démocrates et républicains du Congrès.
La veille, le 8, son administration a mis fin au statut temporaire dont bénéficient environ 200 000 Salvadoriens présents illégalement aux Etats-Unis alors que leur pays est en proie à une criminalité particulièrement violente. Ce statut prévu pour les ressortissants de pays victimes de catastrophes naturelles ou de conflits armés, a déjà été retiré à près de 60 000 Haïtiens en décembre 2017.

Cet activisme ne fait cependant pas fait disparaître les doutes sur l’administration Trump suscités par la publication, le 5 janvier, du livre Fire and Fury de Michael Wolff (éd. Henry Holt, non traduit), qui dépeint un homme dépassé par sa fonction, ce qui a suscité l’ire présidentielle. Donald Trump, qui ne cesse de s’affranchir des conventions, y a contribué en publiant, samedi 6 janvier sur son compte Twitter, un message dans lequel il se qualifiait de « génie très stable », plaçant une nouvelle fois son entourage sur la défensive.
« Génie politique »
Dans l’avion qui conduisait le président dans le Tennessee, lundi, l’un des porte-parole adjoints de la Maison Blanche, Hogan Gridley, a justifié la formule en estimant qu’elle permettait de le présenter « exactement comme ce qu’il est ». « Il est brillant, pas seulement dans le monde des affaires, mais en tant que tacticien politique », a assuré le porte-parole, déplorant que « la plupart des journalistes le jugent instable et stupide ».
Alors que la fille aînée du président, Ivanka, et son gendre, Jared Kushner, sont également présentés sous un jour peu avantageux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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En crise, les hôpitaux britanniques annulent toutes les opérations non urgentes en janvier

Le Service national de santé britannique souffre de l’austérité et d’une pénurie de main-d’œuvre accentuée par le Brexit.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h49
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Des malades entassés dans les couloirs, des équipes soignantes au bord de la crise de nerfs, une vieille dame morte après avoir attendu quatre heures une ambulance… Chaque hiver sonne le retour de la crise pour le Service national de santé (NHS) britannique. Mais la saison 2018 balaie toutes les prévisions pessimistes, au point que la direction de cette administration d’Etat a dû prendre, le 3 janvier, une décision sans précédent : reporter toutes les interventions chirurgicales non urgentes programmées en janvier. Theresa May elle-même a dû faire acte de contrition : « Je sais que c’est difficile et irritant. Je sais que c’est décevant pour les gens, et je présente mes excuses. »
Le chaos dans les hôpitaux publics tombe mal pour la première ministre, au moment où elle s’efforce de convaincre l’opinion que le Brexit n’absorbe pas toute l’énergie du gouvernement et qu’elle va s’attaquer aux véritables problèmes. Système bureaucratique, le NHS raffole des statistiques, et celles-ci ne sont pas bonnes : 16 900 personnes ont attendu plus d’une demi-heure dans une ambulance avant d’être admis aux urgences entre Noël et jour de l’An, et l’objectif national consistant à réaliser « 92 % des opérations non urgentes avec moins de dix-huit semaines d’attente » a dû être abandonné.

Des facteurs conjoncturels – la vague de froid, l’épidémie de grippe – expliquent évidemment la mauvaise passe actuelle. Mais ils ne suffisent pas à la justifier totalement. Depuis 2010, les dépenses de santé ont augmenté chaque année de 1,2 point de plus que l’inflation au Royaume-Uni, contre 4 % en moyenne depuis la fondation du NHS, en 1948. Entièrement gratuit, le Service national de santé est financé non par des cotisations sur les salaires, comme en France, mais par l’impôt. Une rallonge a été accordée récemment par le ministre des finances Philip Hammond, mais elle est « insuffisante pour couvrir l’augmentation de la demande » selon le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Des officiels nord et sud-coréens se sont parlé mardi dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom. Un signe de détente fragile, mais qu’il ne faut pas bouder dans un moment de tension.
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En Corée, une accalmie bienvenue

Editorial. Des officiels nord et sud-coréens se sont parlé mardi dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom. Un signe de détente fragile, mais qu’il ne faut pas bouder dans un moment de tension.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h03
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après des mois d’escalade de la tension, attisée par les provocations incessantes entre le président américain, Donald Trump, et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un, une accalmie semble enfin se dessiner au-dessus de la péninsule coréenne.
Le 3 janvier, lors de sa traditionnelle adresse à la nation, M. Kim a certes réitéré ses menaces habituelles, précisant qu’il gardait à portée de main le « bouton atomique ». Mais il a tendu l’autre main à son frère ennemi sud-coréen en évoquant son souhait que son pays participe aux Jeux olympiques d’hiver qui débutent dans un mois en Corée du Sud. La réponse de Séoul a été immédiate : mardi 9 janvier, des officiels nord et sud-coréens se sont parlé dans le « village de l’armistice » de Panmunjeom, sur la zone démilitarisée qui, depuis 1953, divise le territoire au niveau du 38e parallèle.

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Cet apaisement doit tout, en réalité, à la volonté inébranlable d’un homme, le président progressiste élu par les citoyens sud-coréens en mai 2017, Moon Jae-in. Celui-ci veut garantir à tout prix la paix avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis, leur allié japonais et la droite sud-coréenne craignent qu’il ne cède trop à son voisin pour obtenir en retour sa participation aux Jeux olympiques. Ils accusent la République populaire démocratique de Corée de vouloir diviser Washington et Séoul, comme si la navrante diplomatie de Donald Trump ne justifiait pas, à elle seule, de prendre quelque distance avec un protecteur américain aussi imprévisible.
Sans les Etats-Unis
C’est peu de dire que les Etats-Unis n’ont pas contribué à cette détente inattendue. Depuis des mois, Donald Trump n’a eu de cesse de jeter de l’huile sur le feu en se livrant, par l’intermédiaire de Twitter, à des joutes puériles avec la propagande nord-coréenne. Et l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, n’aura pas ménagé ses efforts pour torpiller cette reprise du dialogue intercoréen, précisant que Washington ne le prendrait pas au sérieux tant que ne serait pas sur la table la question de la dénucléarisation de la Corée du Nord. Un prérequis bien illusoire, puisque Kim Jong-un conçoit l’arme nucléaire comme une assurance-vie qui doit lui éviter de finir comme Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi.

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C’est donc sans les Etats-Unis, et presque contre eux, que les Coréens se parlent. Ils se sentent otages des grandes puissances, leur sécurité à la merci des intérêts de géants qui les considèrent comme des pions. Un refrain récurrent de leur histoire : aux mains de la Chine, du Japon, puis déchirés entre les deux blocs, soviétique et occidental, les Coréens redoutent que leur destin, une nouvelle fois, leur échappe.
C’est cette crainte qui a poussé M. Moon, dès son installation à la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, à militer pour des « Jeux de la paix » et à tendre la main à son voisin du Nord. Cette détermination a payé : à un mois des Jeux, le Nord a dit sa volonté d’y envoyer une délégation. Et, à la demande de Séoul, l’armée américaine a accepté de reporter les exercices militaires organisés avec le Sud, initialement prévus au moment des Jeux.
Cette accalmie est évidemment des plus fragiles. Pour l’heure, elle ne fait que suspendre temporairement la logique périlleuse qui alterne essais balistiques et nucléaires nord-coréens, incessantes menaces de rétorsion américaines et nouvelles sanctions onusiennes contre Pyongyang. Mais, dans un climat aussi électrique, on ne saurait bouder ce moment de détente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Miguel Etchecolatz avait été condamné à perpétuité pour des crimes commis sous la dictature.
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En Argentine, manifestations contre l’assignation à résidence d’un tortionnaire

Miguel Etchecolatz avait été condamné à perpétuité pour des crimes commis sous la dictature.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h33
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

Les escraches, ces manifestations organisées depuis le retour de la démocratie devant les domiciles d’anciens tortionnaires de la dictature militaire (1976-1983), sont de retour en Argentine. Samedi 6 janvier, des centaines de personnes ont manifesté contre les assignations à résidence d’une vingtaine d’anciens tortionnaires, condamnés à la prison à perpétuité pour de graves violations des droits de l’homme.
Le plus emblématique est l’ancien policier Miguel Etchecolatz, 88 ans, bras droit du redoutable général Ramon Camps, ex-chef de la police de la province de Buenos Aires, qui lui avait confié la responsabilité de 21 centres clandestins de détention et de torture.
Les manifestants ont placardé des silhouettes de carton représentant les victimes d’Etchecolatz, pour signaler la maison où vit l’ancien tortionnaire, à Mar del Plata. La veille, une « caravane contre l’impunité » avait envahi la promenade en bordure de mer. A sa tête, les Mères de la place de Mai et Taty Almeida, 87 ans, dont le fils est porté disparu à ce jour. Elle s’est déclarée « inquiète du grand recul de la politique en faveur des droits de l’homme, depuis l’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri, après des années de lutte et des procès contre les tortionnaires, uniques au monde ».

Le 27 décembre 2017, un tribunal fédéral a autorisé Etchecolatz à rentrer chez lui, invoquant son âge et « sa santé fragile ». En Argentine, les prisonniers de plus de 70 ans peuvent prétendre à l’assignation à résidence au cas par cas, mais les organisations de défense des droits de l’homme se battent pour que les condamnés pour crimes contre l’humanité restent en prison. Alliée du président Macri, la gouverneure de la province de Buenos Aires, María Eugenia Vidal, a reconnu qu’il s’agissait d’« une décision difficile à accepter pour les familles des victimes », ajoutant toutefois qu’« il faut respecter la justice ».
Aucun repentir
Lors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ « Je crois toujours aux discussions », a affirmé le président américain Donald Trump.
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Washington marginalisé par la reprise du dialogue intercoréen

« Je crois toujours aux discussions », a affirmé le président américain Donald Trump.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h32
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Donald Trump a été contraint de changer de ton. Alors qu’il se flattait, le 2 janvier, de disposer d’un « bouton nucléaire » « plus gros » et « plus puissant » que celui du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, Pyongyang et Séoul annonçaient le lendemain la réouverture du téléphone rouge entre les deux pays, gelé depuis un an. Les deux capitales ont ensuite convenu de se retrouver mardi 9 janvier pour le premier dialogue intercoréen depuis deux ans. Un rapprochement prudent, qui a pris de court Washington après des mois de rhétorique belliqueuse.
Samedi 6 janvier, le président des Etats-Unis s’est résigné à en prendre acte. Interrogé sur la possibilité d’un échange téléphonique avec Kim Jong-un, M. Trump, qui avait réuni une partie de son cabinet à la résidence présidentielle de Camp David (Maryland), a répondu : « Je crois toujours aux discussions ». « Je le ferais bien sûr, je n’ai aucun problème avec ça », a-t-il ajouté, tout en soulignant que cela ne pourrait se faire sans conditions préalables. Le contraste était saisissant avec ses déclarations d’octobre 2017, lorsqu’il assurait sur Twitter que son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, « perd son temps en essayant de négocier avec le petit homme-fusée », le sobriquet dont il a affublé le responsable nord-coréen, dans une allusion aux essais balistiques de Pyongyang. L’ouverture de Séoul contredit par ailleurs la stratégie d’isolement adoptée depuis des mois par Washington.
« Je veux vraiment que cela marche »
Le président des Etats-Unis a salué les récents signes de détente dans la péninsule coréenne, notamment l’éventuelle participation d’athlètes nord-coréens aux Jeux olympiques d’hiver organisés en Corée du Sud en février. « J’adorerais les voir aller au-delà des JO », a-t-il déclaré au sujet des discussions intercoréennes. « Je veux vraiment que cela marche entre les deux pays, j’aimerais les voir participer aux Jeux olympiques, et les choses pourraient peut-être continuer à partir de là », avait-il expliqué.

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Dimanche, l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a cependant rappelé la position américaine. Les Nord-Coréens « doivent arrêter leurs essais. Ils doivent être d’accord pour parler de l’interdiction de leurs armes nucléaires », avant toute discussion, a-t-elle expliqué lors d’une interview sur ABC News. L’ambassadrice a ajouté que l’arrêt des essais nucléaires devrait durer pendant « une période suffisamment longue » avant que les négociations puissent passer à « la phase suivante » – des conditions pour l’instant inacceptables pour Pyongyang.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ La Cour suprême va réexaminer la constitutionnalité d’un article du code pénal qui interdit les rapports « contre l’ordre de la nature ».
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L’Inde s’achemine vers une dépénalisation définitive de l’homosexualité

La Cour suprême va réexaminer la constitutionnalité d’un article du code pénal qui interdit les rapports « contre l’ordre de la nature ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h27
    |

                            Intérim (Bombay, correspondance)








                        



   


Petit à petit, l’idée fait son chemin en Inde que ­l’homosexualité doit être dépénalisée une bonne fois pour toutes. Lundi 8 janvier, la Cour ­suprême du pays a franchi un pas important en ce sens, en annonçant qu’elle acceptait de réexaminer la constitutionnalité de l’article 377 du code pénal, lequel prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu’à la perpétuité pour toute personne ayant un « rapport charnel contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme ou un animal ».
Ce texte du XIXe siècle, que l’Inde doit à l’occupant britannique, avait été abrogé en 2009 par la Haute Cour de Delhi. Mais quatre ans plus tard, en décembre 2013, la Cour suprême avait cassé cette ­décision, estimant qu’il revenait au législateur, et non au pouvoir judiciaire, de statuer sur l’homosexualité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, même si le tristement célèbre article 377 concerne aussi la pédophilie et la zoophilie, ce qui encourage les homophobes aux amalgames les plus sordides.
Ces quatre dernières années, les associations de défense des homosexuels n’ont pas relevé de cas d’emprisonnement au titre de l’article 377, mais elles ont sans ­relâche dénoncé la pression exercée sur les homosexuels, en particulier par la police, les victimes se voyant extorquer de l’argent sous la menace de voir leur vie sexuelle révélée à leur famille, le cas échéant par la mise en ligne de vidéos filmées sur des lieux de drague ou lors de perquisitions.
Le virage à 180 degrés de la Cour suprême soulève un immense ­espoir au sein d’une communauté gay indienne qui s’était reprise à timidement espérer, en août 2017, lorsque l’institution avait rappelé, dans un jugement considéré comme historique, « le respect de la vie privée » auquel chaque citoyen a droit, en vertu de l’article 21 de la Constitution. Une vie privée qui englobe « intrinsèquement » la sexualité, avaient alors précisé les magistrats. « Toute discrimination envers un individu en raison de son orientation sexuelle est profondément ­offensante pour la dignité et l’estime de soi », avaient-ils alors admis.
Sujet extrêmement sensible
Ces derniers souhaitent donc passer à l’étape suivante, en mettant le code pénal en adéquation avec leur nouvelle interprétation de la Constitution. Pour justifier leur revirement, ils expliquent aujourd’hui que « l’ordre de la nature n’est pas invariable », que « la morale change au fil des générations » et que « la loi doit s’adapter aux réalités de la vie ». Ils considèrent également que « personne ne devrait jamais rester dans un état de peur » en raison de ses pratiques sexuelles.

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Les juges de la Cour suprême ont manifestement entendu le message répété depuis bientôt deux ans par cinq personnalités qui les avaient saisis du sujet : Aman Nath, écrivain et historien, compagnon du Français Francis Wacziarg (mort en 2014) avec qui il a fondé la chaîne hôtelière Neemrana ; Navtej Singh Johar, danseur qui avait orchestré la parade du Commonwealth à l’occasion du jubilé de la reine Elizabeth II, à Londres, en 2002, et son compagnon Sunil Mehra, journaliste, ancien rédacteur en chef de Maxim Magazine et fondateur d’une école de yoga réputée à Delhi ; Ritu Dalmia, chef cuisinière à l’origine de la chaîne de restaurants Diva ; Ayesha Kapur, enfin, consultante dans le secteur agroalimentaire et militante de la cause homosexuelle.
A ce stade, la Cour suprême se garde d’avancer un calendrier, alors que dans un an exactement, en janvier 2019, l’Inde entrera en campagne pour élire un nouveau Parlement. Le sujet reste extrêmement sensible, dans un pays gouverné depuis mai 2014 par les nationalistes hindous, très conservateurs sur les sujets de société.

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Le BJP, le mouvement du premier ministre, Narendra Modi, n’a pas de position officielle sur l’article 377, mais certains de ses dirigeants ont déclaré à plusieurs reprises que le parti considérait l’homosexualité comme « une anomalie génétique ». Lundi 8 janvier, l’un de ses porte-parole a néanmoins affirmé que « toute décision de la Cour suprême allant dans le sens des derniers développements de la jurisprudence sur les droits des homosexuels dans le monde [serait] la bienvenue ». – (Intérim.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les paysans du sud-ouest de la Colombie dénoncent l’abandon de l’Etat après le départ de la guérilla marxiste.
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Après les FARC, « on n’a eu que des promesses »

Les paysans du sud-ouest de la Colombie dénoncent l’abandon de l’Etat après le départ de la guérilla marxiste.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 16h04
    |

            Marie Delcas (Bas-Caguan (département du Caqueta, Colombie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

En descendant de sa chaloupe, l’homme annonce : « Ils ont volé quatre moteurs de bateaux cette nuit, plus haut sur le fleuve. » Sur le modeste ponton du Guamo, un hameau perdu au bord du Caguan, dans le sud de la Colombie, les quelques paysans réunis expriment leur consternation. « Du temps où la guérilla était là, ces choses n’arrivaient pas », commente Nelly Buitrago. Tout le monde approuve. « Pas de police, pas de centre de santé, pas de transport, pas de téléphone : vu d’ici, l’Etat n’existe pas », continue la femme.
Soixante-treize ans et le caractère trempé, Nelly vit avec son mari dans une maison de bois à une heure en bateau de là. Elle est l’âme de l’Association des paysans du Bas-Caguan. « Nous cultivons de la coca pour ne pas mourir de faim, rappelle-t-elle. Ici, personne ne s’est enrichi. »

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) ont longtemps régné en maître sur cette région lisière de la forêt amazonienne. Mais la guérilla a signé la paix fin 2016, après plus de cinquante ans de lutte armée. Les rebelles se sont repliés, ils ont rendu leurs armes et sont devenus un parti politique. Le Bas-Caguan s’inquiète de son avenir. « Les guérilleros se chargeaient de maintenir l’ordre. Je peux vous dire qu’il n’y avait ni voleurs, ni violeurs, ni assassin », assure Nelly. Les FARC fixaient le prix de la coca, prélevaient l’impôt, imposaient amendes et travaux forcés. Ils obligeaient les paysans à maintenir des cultures vivrières. 
« Les guérilleros ont aussi poussé les gens à s’organiser. Les décisions des assemblées communales étaient respectées », raconte Nelly. Ces assemblées se sont dotées d’un « manuel de vie commune » qui limitait à dix hectares par an la superficie que chaque foyer était autorisé à déboiser. « Il y a deux mois, un voisin a défriché soixante hectares. Et nous qui n’avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les nationalistes flamands menacent de quitter la coalition au pouvoir.
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L’expulsion contestée de Soudanais fait tanguer le gouvernement belge

Les nationalistes flamands menacent de quitter la coalition au pouvoir.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 10h25
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Pas question de lâcher Theo Francken, le secrétaire d’Etat à la migration. Et, si l’un des partis de la coalition fédérale belge réclame la démission de ce responsable de plus en plus contesté, c’est l’Alliance néoflamande (N-VA, nationaliste) tout entière qui quittera l’équipe de Charles Michel, provoquant ainsi sa chute. Dimanche 7 janvier, Bart De Wever, maire d’Anvers et président de la N-VA, le premier parti du royaume, a très clairement menacé de déclencher une crise politique si M. Francken, l’homme politique le plus populaire de Flandre et son successeur probable à la tête de la formation indépendantiste, continue à être la cible des critiques pour la politique sans concession qu’il mène. Et pour un épisode en particulier : le renvoi vers Khartoum, il y a quelques semaines, de migrants qui auraient, depuis, été arrêtés et maltraités, voire torturés.
Le dossier, révélé par l’Institut Tahrir, une ONG qui œuvre pour la démocratie au Moyen-Orient, est d’autant plus embarrassant pour le gouvernement que ces expulsions ont été précédées de la venue en Belgique, en septembre 2017, d’une délégation soudanaise, invitée par M. Francken dans le cadre d’une « coopération technique ». Ces agents issus d’un Etat connu pour bafouer les droits de l’homme étaient chargés, en réalité, d’identifier des migrants soudanais désireux pour la plupart de gagner la Grande-Bretagne, et l’Office belge des étrangers, qui statue à la fois sur les demandes d’asile et les expulsions, a validé le renvoi des clandestins. Son directeur, Freddy Roosemont, conteste aujourd’hui la validité des témoignages recueillis par Tahrir.

Des informations dissimulées
Theo Francken, qui exerce la tutelle sur l’Office des étrangers, a défendu les décisions de celui-ci mais il a, surtout, dissimulé une partie des informations dont il disposait au premier ministre, Charles Michel, le libéral francophone qui dirige la coalition avec la N-VA, ainsi que les chrétiens-démocrates et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Enlevé en Irak en 2004, Noriaki Imai a été victime d’insultes, de menaces de mort et d’agression à son retour dans l’Archipel. A partir des lettres de haine reçues par l’ex-otage, le photographe Hiroshi Okamoto a réalisé un ouvrage qui interroge l’ostracisme subi par ceux qui sortent du rang.
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Retour vers l’enfer ou la double peine d’un Japonais, ancien otage en Irak


                      Enlevé en Irak en 2004, Noriaki Imai a été victime d’insultes, de menaces de mort et d’agression à son retour dans l’Archipel. A partir des lettres de haine reçues par l’ex-otage, le photographe Hiroshi Okamoto a réalisé un ouvrage qui interroge l’ostracisme subi par ceux qui sortent du rang.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 08h15
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                              

                        

Noriaki Imai n’a plus peur de parler. Des flash-back perturbent encore parfois ses nuits mais ils se font rares. Et les feux d’artifices qui lui rappelaient tant les tirs de balles ne l’effraient plus. Il a même accepté de se prêter au jeu de l’objectif du photographe Hiroshi Okamoto, un ami il est vrai, pour revivre son histoire, tant elle est révélatrice du fonctionnement de la société japonaise. Un ouvrage titré We do not need you, here/If I could only fly (« nous n’avons pas besoin de vous ici/Si seulement je pouvais voler »), qui met en lumière l’ostracisme subi au Japon par ceux qui affirment leur différence. Ou, plus spécifiquement, comme l’explique le photographe, « la structure sociale de l’intolérance dans la société nippone en s’appuyant sur le vécu de Noriaki Imai ».
Son histoire remonte au printemps 2004. À l’époque, le jeune homme au regard doux mais déterminé et à la mèche sage a 18 ans. Fils d’un enseignant du secteur public et d’une infirmière, il vient de terminer ses trois années de lycée où il s’est formé au journalisme en démarrant une activité de pigiste. Le garçon a la fibre militante depuis les attentats du 11 septembre 2001 et les premiers bombardements américains de l’Afghanistan qui ont suivi. « Jusque-là, je n’avais jamais rien lu. Je jouais aux jeux vidéo. J’ai soudain ressenti un sentiment de vide et d’inutilité. »
Des dizaines de lettres insultantes, la plupart anonymes
En décembre 2003, il crée une association de lutte contre la miniaturisation des armes nucléaires. Il veut réunir des informations sur les victimes de l’utilisation des munitions à uranium appauvri en Irak. Mais sa famille renâcle. « “Tu n’as aucune raison d’aller en Irak”, m’a lancé mon frère aîné Yosuke, mais, moi, je répondais : “Si on ne prend pas de risques, on ne va nulle part” », a-t-il par la suite raconté. Le jeune homme finit par obtenir l’accord...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’Institut pour la population et la sécurité sociale évalue à 88 millions le nombre probable de Japonais en 2065, contre 126 millions en 2015. Le premier ministre Shinzo Abe parle d’« une crise nationale ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     


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La population du Japon poursuit son inquiétant déclin

L’Institut pour la population et la sécurité sociale évalue à 88 millions le nombre probable de Japonais en 2065, contre 126 millions en 2015. Le premier ministre Shinzo Abe parle d’« une crise nationale ».



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h52
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            
Lundi 8 janvier, 1,23 million de Japonais ayant eu 20 ans au cours des douze derniers mois ont participé aux traditionnelles « seijinshiki », les cérémonies d’entrée dans l’âge adulte. En ce jour férié, les jeunes femmes vêtues de kimonos aux teintes chatoyantes et les hommes en costume ou en ensemble hakama-haori ont assisté à des réunions publiques dans leur commune pour écouter leurs aînés énoncer leurs droits et devoirs. Puis ils ont envahi les gargotes pour fêter ce jour qui leur donne officiellement le droit de boire de l’alcool. Moment de fête, la seijinshiki, héritière d’une tradition liée au culte shinto, est révélatrice du déclin démographique de l’Archipel. En 1994, les jeunes de 20 ans étaient 2,07 millions.
Et la tendance à baisser devrait se poursuivre. Selon les chiffres rendus publics fin décembre 2017 par le ministère de la santé, seuls 941 000 bébés seraient nés cette année, soit 36 000 de moins qu’en 2016, et surtout, le chiffre le plus bas depuis 1899. Dans le même temps, 1,3 million de Japonais sont décédés. La population poursuit donc son déclin amorcé à la fin des années 2000. L’Institut pour la population et la sécurité sociale (IPSS) évalue à 88 millions le nombre probable de Japonais en 2065, contre 126 millions lors du dernier recensement effectué en 2015. Ce même IPSS voyait déjà en 2008 la population japonaise tomber à… zéro en l’An 3000.

La première conséquence de cette évolution est le vieillissement accéléré de la population. Les plus de 65 ans représentent 27,2 % de la population. En 2065, ils seront 40 %. Ce qui a un coût : les dépenses de la Sécurité sociale représentaient 32,5 % du budget de l’exercice 2017 clos fin mars, contre 17,6 % de celui de 2000. Et la question du paiement des retraites est soulevée, puisque la population active devrait tomber à 38 millions de personnes en 2060, contre 65,8 millions en 2013. Se pose aussi le problème de la prise en charge des personnes âgées. Yukio Noguchi,...




                        

                        


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Les « Trumpeconomics », bluff ou catastrophe ?

Débattue par des économistes américains lors d’un colloque, la doctrine économique de Donald Trump, si elle existe, se caractérise surtout selon eux par la chance dans un contexte global d’amélioration de la situation économique et… par l’inaction.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 11h41
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE WALL STREET
« Trumpeconomics. » Pardon, vous avez dit Trumpeconomics ? Comme s’il y avait une pensée économique construite du président des Etats-Unis, comme il y eut naguère les Reaganomics. Lors du colloque annuel de l’Alliance des associations des sciences sociales (ASSA) de Philadelphie, les pontes de l’économie américaine furent invités à plancher sur ce sujet.
Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), a commencé par balayer l’affaire : « Les Trumpeconomics, cela n’existe pas, en tout cas pas de manière cohérente. » Mais l’économiste français, qui travaille désormais au Peterson Institute de Washington, s’est employé à comprendre pourquoi la bourse américaine s’était envolée, contre toute attente. Aux grincheux qui trouvent commode d’annoncer un krach – ils auront raison un jour –, il a apporté un démenti : il n’y a pas d’« énorme bulle », a expliqué M. Blanchard.
La hausse de Wall Street, qui bat des records depuis l’élection de Trump et a progressé de 25 %, s’explique pour moitié par l’augmentation des profits des entreprises, pour un cinquième par la réforme fiscale finalement adoptée et, peut-être, par une anticipation de la baisse de la régulation. Le reste tient à la baisse de la prime de risque sur les actions, notamment en raison de l’amélioration considérable de la situation économique, non pas aux Etats-Unis mais en Europe, où le triple risque de déflation-récession-explosion de la zone euro a disparu en 2017.

Tirons-en notre première leçon : les Trumpeconomics, c’est d’abord un énorme coup de chance, une économie qui tourne à plein régime sans que M. Trump y contribue de manière décisive. Le triomphalisme de Donald Trump ne serait que du bluff. Devant un public plutôt démocrate (« le parti de 80 % de l’assistance dans cette salle, y compris moi-même, je suppose », a même plaisanté le prix Nobel d’économie 2006, Edmund Phelps), il fallait bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.
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Pékin tisse discrètement sa toile à Bruxelles

La Chine, qui a longtemps privilégié les relations bilatérales, prend conscience de l’intérêt d’investir le cœur de la machine communautaire. Un moyen de contrer les initiatives antidumping européennes.



Le Monde
 |    09.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.01.2018 à 15h00
    |

            Harold Thibault et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Rares sont les fonctionnaires européens à avoir franchi le seuil de ce superbe hôtel particulier rénové de frais, à quelques centaines de mètres seulement du Berlaymont, le siège de la Commission européenne à Bruxelles. Inauguré en 2015, le centre culturel chinois de la capitale belge affiche pourtant une programmation alléchante : séminaires sur la « culture chinoise ancienne », soirées cinéma avec sous-titres en anglais les lundis soir…
A l’image de ce lieu peu fréquenté malgré sa gratuité, la présence des Chinois à Bruxelles se fait discrète, mais croissante. Car Pékin – qui privilégie d’abord les relations bilatérales avec les capitales européennes – a aussi pris conscience de la nécessité d’investir le cœur de la machine communautaire. Surtout depuis que l’Union, sortant progressivement de sa naïveté à l’égard de son deuxième partenaire commercial, multiplie les dispositions réglementaires pour se protéger de ses visées expansionnistes.
Lundi 8 janvier, pour sa première visite officielle en Chine, Emmanuel Macron a salué les nouvelles routes de la soie, le projet colossal d’infrastructures cher au président Xi Jinping, tout en le mettant en garde contre une « nouvelle hégémonie » de la deuxième économie mondiale.
Trompeuses apparences
Fin décembre, au risque d’irriter Pékin, sont entrées en vigueur une série de dispositions pour renforcer les armes antidumping de l’Union et mieux préserver ses industriels d’une économie chinoise encore largement subventionnée. Anticipant ces changements, la Chine a porté plainte, fin 2016, auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre la nouvelle méthodologie européenne de mise en évidence des cas de dumping.

On croise très rarement les médias officiels chinois au « midday », la conférence de presse quotidienne de la Commission. Les 27 journalistes chinois enregistrés officiellement à Bruxelles (à fin 2017), dont une bonne part travaillent...




                        

                        

