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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ L’Assurance-maladie vient de lancer une campagne invitant à lutter contre les lombalgies et autres tours de rein en choisissant le mouvement plutôt que l’immobilité.
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Contre le mal de dos, bouger plus, mais pas n’importe comment

L’Assurance-maladie vient de lancer une campagne invitant à lutter contre les lombalgies et autres tours de rein en choisissant le mouvement plutôt que l’immobilité.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 15h09
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Alors que pendant des années, le maître mot pour lutter contre le mal de dos a été de ­rester au lit, surtout pour les lumbagos aigus, désormais, il a changé : il faut bouger. Tel est le message de l’Assurance-maladie, qui a lancé une campagne fin 2017 sur le thème : « Mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement ! »
Lumbago, tour de reins, mal de dos… presque tout le monde (84 %) a eu ou aura une lombalgie au cours de sa vie. Deuxième motif de consultation chez le médecin généraliste, une lombalgie sur cinq entraîne un arrêt de travail. Son coût atteint un milliard d’euros pour l’assurance maladie et les entreprises. Le plus souvent sans gravité, elle n’en a pas moins de lourdes conséquences, notamment sur la qualité de vie, le sommeil, etc. Le risque est que la douleur devienne chronique.
Or, « pour les douleurs chroniques, il est maintenant démontré que l’activité physique a des effets non seulement sur la douleur, mais aussi sur votre sommeil, votre humeur… Il s’agit donc d’un véritable traitement à part entière dont l’efficacité est au moins égale à celle des médicaments », explique le professeur ­Didier Bouhassira dans son livre L’Anti-Douleur, à ­paraître fin janvier (Cherche Midi, 255 p., 19 €).
D’abord pour rompre le cercle vicieux lié à la peur du mouvement (la kinésiophobie), par crainte d’aggraver la douleur. Le repos peut même être plus néfaste qu’utile. En effet, « la réduction d’activité physique, qui entraîne des positions anormales, une faiblesse, voire une fonte musculaire, contribue elle-même à accroître votre douleur », explique ce spécialiste. Cela peut être une baisse de la pratique sportive mais aussi, petit à petit, des activités physiques comme le jardinage, le bricolage, ou faire les courses.
Pratique encadrée
Il est donc fondamental de réintroduire une activité physique, progressivement, même de façon minime. Un constat partagé par...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Il y a plus de 200 millions d’années, un énorme rocher venu du ciel s’écrasait dans ce coin du Limousin. Pour la première fois, les géologues creusent à l’endroit même de l’impact, là où l’érosion a fait disparaître le cratère, afin d’étudier ce trésor géologique.
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Astéroïde : l’astroblème de Rochechouart sort de l’ombre

Il y a plus de 200 millions d’années, un énorme rocher venu du ciel s’écrasait dans ce coin du Limousin. Pour la première fois, les géologues creusent à l’endroit même de l’impact, là où l’érosion a fait disparaître le cratère, afin d’étudier ce trésor géologique.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 13h06
    |

                            Ludivine Loncle








                        



                                


                            

Des millénaires et des millénaires qu’il est enfoui là, à l’abri des ­regards, enraciné dans les profondeurs de Rochechouart (Haute-Vienne). Qu’il garde ses secrets bien au chaud dans cette terre paisible du ­Limousin quand pourtant, ici, tout dans l’air respire le cataclysme venu du fond des âges. Le Camping de la météorite, Météore Moto, l’hôtel La Météorite… La petite commune de Rochechouart, son économie et son tourisme, surtout, savent se rappeler quand il le faut l’incroyable collision cosmique qui s’est produite en ces lieux il y a un peu plus de 200 millions d’années. Non pas une météorite d’ailleurs, mais plutôt un gros astéroïde de 1,5 kilomètre de diamètre qui s’est écrasé ici dans un fracas immense, pulvérisant tout sur son passage et laissant derrière lui un ­gigantesque cratère d’impact d’une vingtaine de kilomètres de diamètre.
A dire vrai, l’unique astroblème de France est un trésor géologique, enseveli comme les mystères de Pompéi dans ce sous-sol situé à la limite de la Haute-Vienne et de la Charente. Mais une campagne de forage exceptionnelle le sort enfin de l’ombre. Une première. Depuis quatre mois, géologues, planétologues, biologistes fouillent en effet les entrailles de Rochechouart, aidés dans leur tâche par un chenillard de 11 tonnes, une ­foreuse géante et sa grosse colonne cylindrique qui creusent la terre à des profondeurs variées. Une quinzaine de prélèvements s’enfonçant de 1 mètre à 120 mètres, sur huit sites différents de la Réserve naturelle nationale de l’astroblème de Rochechouart-Chassenon. Des carottes en sont extraites : 500 mètres au total de roches à nulles autres pareilles en France. « Ce sont elles que nous allons étudier. Elles vont nous permettre d’approfondir nos connaissances sur ce site et, d’une manière générale, sur les cratères d’impact qui restent encore une science méconnue », explique Philippe Lambert, l’astrogéologue à la tête de cette opération inédite, directeur d’une ­structure associative,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le neuromanagement s’intéresse à la motivation, au bien-être ou encore à l’innovation.
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Les manageurs découvrent les neurosciences

Le neuromanagement s’intéresse à la motivation, au bien-être ou encore à l’innovation.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h43
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            

Les recherches en neurosciences apportent de nouvelles connaissances sur le fonctionnement cérébral. On a ainsi découvert des concepts tels que la plasticité cérébrale (capacité du cerveau à remodeler ses connexions en fonction de l’environnement et des expériences), les neurones miroirs (qui jouent un rôle dans l’apprentissage par imitation ou dans l’empathie), le cerveau social (les relations aux autres), les biais cognitifs, la force des stéréotypes…
Les neurosciences se sont par ailleurs rapprochées de différents univers : la santé, l’éducation, la psychologie… et le management. Le neuromanagement explore différentes notions relatives au monde du travail : la motivation, l’engagement, la coopération, le bien-être, la prise de décision, l’innovation, etc. Les connaissances issues des neurosciences peuvent-elles aider les dirigeants et manageurs dans leur vie professionnelle et leurs pratiques ?

Pour Pierre-Marie Lledo, directeur de recherche à l’institut Pasteur et au CNRS, on peut devenir un manageur « neuro-amical » – comprendre, capable d’organiser son travail et celui de son équipe pour réduire le stress, d’encourager et de féliciter, de stimuler la créativité et de se préoccuper de l’épanouissement professionnel de ses collaborateurs.
« Cerveau social »
Selon David Destoc, président d’Oasys mobilisation, un cabinet de conseil, il est intéressant d’établir des passerelles entre le management et les neurosciences pour « porter un regard neuf sur des problématiques récurrentes, notamment en termes de gestion d’équipes, de stress et de motivation. Elles offrent des clés d’analyse et d’action intéressantes ».
Depuis deux ans, Oasys s’appuie sur les neurosciences pour ses activités de conseil et de formation. « Nous accompagnons des comités de direction à envisager de nouvelles façons de faire pour être plus agiles et améliorer la prise de décisions. Au départ, lorsqu’on parle de neurosciences, les manageurs...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Des neuropsychologues américains rapportent le cas d’un homme doté d’hyperthymésie, et qui possède une mémoire phénoménale et un savoir encyclopédique.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La Chine vise le très long terme avec une stratégie inspirée du modèle français dans la perspective, lointaine, d’une raréfaction de l’uranium naturel.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Pour dormir en plein hiver, le rongeur américain a un secret : ses neurones ne sentent pas le froid.
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L’écureuil à treize bandes, un modèle d’hibernation

Pour dormir en plein hiver, le rongeur américain a un secret : ses neurones ne sentent pas le froid.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 19h12
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Cette expérience, vous l’avez sans doute vécue au moins une fois. Vous êtes dans votre lit, le début d’hiver a fait chuter la température, le froid vous a réveillé, à moins qu’il vous ait empêché de trouver le sommeil. « C’est normal, explique Elena Gracheva, directrice du Laboratoire de physiologie sensorielle de l’université Yale, aux Etats-Unis. Votre corps et votre cerveau vous intiment d’abord l’ordre de vous réchauffer. C’est un mécanisme de défense universel. » Enfin, presque. Sur la surface de la Terre, pléthore d’animaux semblent avoir contourné cette contrainte. Ils empruntent même le chemin opposé. Les premiers froids venus, ils hibernent. « Cela fait longtemps que l’on tente de percer leurs secrets, poursuit la biologiste. Au niveau moléculaire, nous ne savions rien. » Son équipe vient de lever une partie du voile et expose ses découvertes dans la revue Cell Reports. 
Pour cela, les scientifiques ont trouvé deux alliés, sinon de poids, du moins de qualité : le hamster doré et le spermophile rayé, également surnommé écureuil à treize bandes. Chez le premier, l’hibernation est un dernier recours : quand le froid raréfie les ressources alimentaires, le hamster plonge dans une torpeur profonde, ralentit son métabolisme, limite ses besoins au strict minimum et passe ainsi les quelques semaines les plus critiques. Le spermophile, au contraire, a fait de l’hibernation un mode de vie. Dès la fin du mois d’août, qu’il pleuve, qu’il vente ou que le soleil brille, il s’endort… pour ne se réveiller qu’à la fin du printemps. Huit ou neuf mois sans boire ni manger : le rongeur a perdu la moitié de son poids. « Deux façons radicalement différentes d’appréhender l’hibernation. Pourtant, et ce fut notre plus grande surprise, nous avons retrouvé des mécanismes identiques », insiste Elena Gracheva.

Au cœur du dispositif se trouve la tolérance au froid. Les scientifiques ont proposé aux deux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans une tribune, le militant écologiste et secrétaire général du Modem demande également à la France de porter auprès de l’Unesco une demande d’inscription des grands singes au patrimoine mondial de l’humanité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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Yann Wehrling : « Pour sauver les grands singes, il faut les doter d’un statut particulier d’hominidés »

Dans une tribune, le militant écologiste et secrétaire général du Modem demande également à la France de porter auprès de l’Unesco une demande d’inscription des grands singes au patrimoine mondial de l’humanité.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 10h13
    |

Yann Wehrling (Militant de la protection des animaux et des espèces et secrétaire général du Mouvement démocrate)







                        


Tribune. 99. 2 novembre 2017. 2050.
Voici un chiffre et deux dates pour résumer la situation des grands singes.
99, c’est le pourcentage de gènes que nous, humains, partageons avec eux. Et pour cause, nous sommes, comme eux, membres de la même famille, celle des hominidés. D’ailleurs, d’un point de vue scientifique, ceci fait de nous la cinquième espèce de grands singes.
2 novembre 2017 est la date à laquelle une équipe de scientifiques a annoncé avoir découvert une nouvelle espèce d’orangs-outans sur l’île de Sumatra. Mais à peine sortie de l’ombre de sa forêt, elle est déjà menacée d’extinction. Il en reste à peine 800 individus.
2050 est précisément l’échéance à laquelle de nombreux scientifiques, dont Pascal Picq, estiment la disparition totale à l’état sauvage de tous les grands singes, gorilles, chimpanzés, bonobos et orangs-outans.
Il nous reste 32 années
32 courtes années durant lesquelles l’une des 5 espèces de la famille aura terminé d’éliminer les 4 autres. 32 petites années à comparer aux 7 millions d’années d’évolutions communes qui font de nous, humains, un membre de cette même famille de grands singes.
Oui, ce sont « les nôtres » et nous nous apprêtons, dans l’indifférence générale, à les éradiquer de la surface du globe. En avons-nous le droit ? Non !

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                Découverte d’une nouvelle espèce de grand singe en Indonésie



32 ans, c’est donc le temps qui nous reste pour éviter cet acte qui défie notre conscience. Echouer ? Nos descendants ne nous le pardonneront pas.
Que faire ?
Le premier acte, c’est d’affirmer que nous refusons cette fatalité. Après les scientifiques et plusieurs associations qui nous alertent depuis des années, ce sont maintenant les opinions publiques, les hommes et les femmes politiques, et les Etats, qui doivent décréter une mobilisation d’urgence.
Et le premier acte, c’est le symbole, celui des mots. Dire les choses, c’est l’acte qui précède tous les autres.
Le symbole des mots, il doit exister dans notre droit.
Cher Nicolas Hulot, je sais que vous partagerez cette idée qu’il faut agir pour sauver les grands singes. Il est donc entre vos mains de décider que la France envoie un signal fort. Ce signal, ce serait de décider, symboliquement, dans notre droit, dans une loi, de doter les grands singes d’un statut particulier d’« hominidés ». C’est une idée qui fait son chemin, d’ailleurs, portée par des organisations internationales de primatologues comme le Great Ape Project depuis 1994. Notre propre droit reconnaît de fait que les grands singes ne sont pas à considérer comme d’autres espèces puisque, depuis 2013, nous avons interdit leur « usage » dans des expérimentations à des fins scientifiques.
Sauver les grands singes, ce n’est pas oublier les autres espèces menacées, bien au contraire
Allons jusqu’au bout de ce qui, peu à peu, devient évident. Dans notre juridiction, aucun grand singe ne pourrait plus ainsi être tué, torturé, maltraité, ni même privé de liberté sauf si, bien sûr, il était né en captivité. Parce que la France est un grand pays, membre du conseil de sécurité de l’ONU, membre du G7, nul doute qu’un tel acte ne resterait pas sans impact dans la communauté internationale.
Second symbole : portons auprès de l’Unesco une demande d’inscription des 4 espèces de grands singes au patrimoine mondial de l’humanité. L’Unesco peut décider une telle chose car elle considère la biodiversité et le vivant comme étant des éléments pouvant être un patrimoine de l’humanité. Une telle décision est donc à la fois possible, mais son caractère symbolique de protection la rend absolument nécessaire.

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                Un crâne de 13 millions d’années éclaire l’origine des grands singes



Ne nous arrêtons pas là. Les citoyens que nous sommes peuvent agir. Regardons les étiquettes de ce que nous consommons. Plus de bois tropical ou de produits à base d’huile de palme ! Les habitats des grands singes sont grignotés par ces cultures. Abstenons-nous !
« Perdre les grands singes, c’est perdre les forêts »
Entreprises, dans les actions responsables que vous menez, choisissez d’investir dans la préservation des grands singes. Vous dépensez des millions d’euros dans des opérations environnementales telles que la replantation d’arbres. Diversifiez vos actions et investissez dans la préservation des grands singes. Proposez des parrainages de grands singes dans des sanctuaires. Achetez des hectares de forêts tropicales ou équatoriales, habitats des grands singes, pour y éviter qu’elles ne disparaissent en cultures agricoles. Financez les salaires des gardes qui les protègent du braconnage.
Créons enfin, à l’initiative de la France, un fonds d’urgence pour les grands singes qui puissent recueillir les dons des centaines de milliers de personnes dans le monde qui, n’en doutons pas, voudront s’engager dans ce combat essentiel.

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                La biodiversité déjà bouleversée par le réchauffement



Pour finir, précisons un point : sauver les grands singes, ce n’est pas oublier les autres espèces menacées, bien au contraire. Au-delà du symbole de sauver les « nôtres », Jane Goodall, grande primatologue qui consacre sa vie à la sauvegarde des grands singes, résume fort bien les choses : « Si nous perdons les grands singes, ce sera probablement parce que nous avons également perdu les forêts, et cela aura des conséquences totalement dévastatrices sur le changement climatique. » Autrement dit, si nous savons trouver les moyens de sauver les grands singes, c’est que l’humanité aura compris quelque chose de sa relation aux autres espèces animales, au vivant qui l’entoure… c’est que nous aurons trouvé la voie vers un vrai développement durable.
N’oublions pas : dans 32 ans, il sera trop tard. La disparition d’une espèce est une chose irréversible.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’Américain est décédé des suites d’une pneumonie, à l’âge de 87 ans. Il avait participé aux programmes Gemini, Apollo et aux projets de navette spatiale.
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L’astronaute John Young, pionnier des sorties dans l’espace, est mort

L’Américain est décédé des suites d’une pneumonie, à l’âge de 87 ans. Il avait participé aux programmes Gemini, Apollo et aux projets de navette spatiale.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 23h11
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 11h31
   





                        



   


Six sorties dans l’espace et un atterrissage sur la Lune. L’astronaute John Young, pionnier du programme spatial américain, est mort, a annoncé, samedi 6 janvier, la NASA. Il avait 87 ans. Il s’est éteint vendredi soir des complications d’une pneumonie. Il vivait dans la banlieue de Houston (Texas), près du centre spatial de l’agence gouvernementale.
John Young était le seul astronaute à avoir participé aux programmes Gemini, Apollo et aux projets de navette spatiale. Il était aussi le premier à effectuer six sorties dans l’espace et a, à un moment, détenu le record du temps passé au-delà de l’atmosphère terrestre.
Première mission de la navette spatiale
Pilote d’essai pour la Navy, il a réalisé l’ascension la plus rapide depuis le sol sur un jet F-4 Phantom II, avant d’intégrer la NASA. M. Young a ensuite participé à la mission Gemini 3 (1965), avant de commander Gemini 10 (1966), de voler en orbite autour de la Lune avec Apollo 10 (1969) et de s’y poser avec Apollo 16 en 1972. Il a également commandé la première mission de la navette spatiale américaine en 1981.
Ingénieur aéronautique de formation, il avait ensuite intégré l’encadrement de l’agence, en étant notamment chargé de sélectionner les astronautes pour la navette spatiale. Dans son autobiographie, il avait révélé se sentir responsable des accidents des appareils Challenger (1986) et Columbia (2003). Il avait pris sa retraite en 2004.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La plus grosse planète du Système solaire et de l’une des plus petites sont observables à l’œil nu sur presque toute la Terre en cette fin de semaine.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/01/08/17-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jacques Testart propose la mise en place de « conventions de citoyens », seul moyen, selon lui, de définir le « bien commun » hors de toute influence des lobbies.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/01/2018
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Jacques Testart : « L’avis citoyen devrait être prépondérant dans la fabrication de la loi de bioéthique »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Jacques Testart propose la mise en place de « conventions de citoyens », seul moyen, selon lui, de définir le « bien commun » hors de toute influence des lobbies.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 15h55
    |

Jacques Testart (Directeur de recherches honoraire à l’Inserm,   président d’honneur de Sciences citoyennes)







                        



                                


                            

Tribune. Le président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) devrait annoncer, jeudi 18 janvier, le lancement des Etats généraux de la bioéthique (EGBE), dont l’objectif est, depuis une loi de 2011, de faire précéder par de larges consultations l’actualisation périodique des lois de bioéthique. Ceux-ci devraient durer plusieurs mois. Le CCNE remettra ensuite un rapport au gouvernement et au Parlement pour un débat parlementaire prévu à la fin de 2018.
Rappelons que de tels Etats généraux s’étaient déjà tenus en 2009, sous la houlette de la ministre Roselyne Bachelot. Ils s’étaient déroulés dans un grand laxisme procédural et avaient conduit à des conclusions annoncées à l’avance par la ministre. Peu de progrès ont été effectués avec les « conférences de citoyens » organisées dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique en 2013 (sur la « fin de vie ») et en 2014 (sur « l’assistance médicale à la procréation sociétale ») révélant des carences quant à l’expertise, insuffisamment contradictoire, et à la transparence.
Selon le texte qui institue les conférences de citoyens (loi 2011-814, art 46), ces derniers sont « choisis de manière à représenter la société dans sa diversité. Après avoir reçu une formation préalable, ils débattent et rédigent un avis ainsi que des recommandations qui sont rendus publics. Les experts participant à la formation des citoyens et aux Etats généraux sont choisis en fonction de critères d’indépendance, de pluralisme et de pluridisciplinarité ».
« Des questions provenant vraiment du public »
Nous approuvons ces principes mais regrettons leur imprécision qui permet des interprétations pour parvenir à des « avis citoyens » au moindre coût et au plus vite, et souvent en bousculant les espoirs démocratiques.
Sans connaître encore précisément la nature des EGBE 2018, il semble que soient prévues des modifications par rapport aux précédentes procédures. Selon Régis Aubry,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ L’astre principal de la constellation du Grand Chien offre d’étonnants changements d’éclat et de couleur.
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<filnamedate="20180108"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180108"><AAMMJJHH="2018010817">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Des skieurs suédois ont pu filmer un parhélie le 1er décembre. Cet effet d’optique donne l’impression à son observateur de voir trois soleils en même temps dans le ciel.
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Les équipes de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont réussi à lire un testament scellé à la cire datant du XIVe siècle. La technologie s’appuie sur la tomographie par rayons X.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Une étude parue dans « The Lancet » pointe le mauvais suivi postopératoire et les complications fatales qui touchent un patient sur cinq.
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Compte rendu

Etre opéré en Afrique tue deux fois plus qu’ailleurs

Une étude parue dans « The Lancet » pointe le mauvais suivi postopératoire et les complications fatales qui touchent un patient sur cinq.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-04T09:45:12+01:00"

        Le 04.01.2018 à 09h45






    
Chirurgie à la clinique privée La Rochelle d’Abidjan en octobre 2017.
Crédits : SIA KAMBOU/AFP


Le taux de mortalité lors des opérations chirurgicales est deux fois plus élevé en Afrique qu’en moyenne dans le monde, ont affirmé, mercredi 4 janvier, des chercheurs dans une étude mettant au jour un fléau rarement discuté.
En théorie, la mortalité pourrait être moins élevée sur ce continent qu’ailleurs. Les patients y sont en effet plus jeunes et y subissent des interventions moins lourdes.
Mais, d’après les auteurs de cette étude parue dans la revue médicale The Lancet, « près d’un patient sur cinq en Afrique a des complications après une opération ».

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                Drepacare, l’application pour lutter contre la drépanocytose



Et là où existent des chiffres comparables, à savoir dans la chirurgie non urgente, la mortalité atteint 1 % sur le continent, contre 0,5 % dans le monde. L’étude est décrite comme la plus vaste et la plus fouillée sur la chirurgie africaine.
Elle a réuni plus de 30 chercheurs qui ont rassemblé les données de 247 hôpitaux dans 25 pays du continent, de l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par le Sénégal et les deux Congos. Ont été suivis les dossiers de 10 885 patients, dont un tiers a subi une césarienne.
Tueur silencieux
L’étude montre « qu’une pénurie de main-d’œuvre et de ressources aboutit à une chirurgie moins sûre dans la région. Pour améliorer ces résultats, elle appelle à une amélioration de la surveillance des patients pendant et juste après leur opération », a souligné The Lancet.
Au total, 18,2 % de ceux-ci ont connu des complications, et parmi eux presque 10 % en sont morts. Pourtant, quatre patients sur cinq étaient considérés à risque faible, sachant leur jeune âge et leur bon état de santé.
« Beaucoup de vies pourraient être sauvées par un suivi efficace des patients (…) Le résultat des opérations restera mauvais tant que le problème du manque de ressources ne sera pas réglé », a affirmé le principal auteur, le Sud-Africain Bruce Biccard, de l’hôpital Groote Schuur au Cap.

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D’autres experts se sont dits encore plus inquiets face à d’autres chiffres, exposant le besoin criant de chirurgie sur le continent. L’Afrique ne connaît « que » 212 opérations pour 100 000 habitants par an, soit « 20 fois moins » que nécessaire pour couvrir les besoins vitaux d’une population, ont relevé trois chercheurs.
Le continent compte 0,7 spécialiste de la chirurgie (chirurgiens, obstétriciens et anesthésistes) pour 100 000 habitants, loin des 20 à 40 recommandés par l’OMS. Si les patients meurent trop souvent, « l’absence de chirurgie en Afrique représente un tueur silencieux qui fait probablement plus de victimes », ont déploré les chercheurs.


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Ils étaient un peu moins d’un quart, soit 24 %, à y être favorable en 1990, souligne un sondage IFOP, publié mercredi dans le quotidien « La Croix ».
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60 % des Français se disent favorables à la PMA pour les couples de femmes

Ils étaient un peu moins d’un quart, soit 24 %, à y être favorable en 1990, souligne un sondage IFOP, publié mercredi dans le quotidien « La Croix ».



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 14h48
   





                        



   


Alors que s’ouvriront les états généraux de la bioéthique le 18 janvier, un sondage IFOP dresse un vaste état des lieux de l’opinion des Français sur la procréation médicalement assistée (PMA), la gestation pour autrui (GPA), l’euthanasie, le suicide assisté et la modification génétique des embryons humains.
Six Français sur dix sont favorables à la PMA pour les couples de femmes homosexuelles, selon le sondage, publié mercredi 3 janvier dans le quotidien La Croix. Ils étaient un peu moins d’un quart, soit 24 %, à y être favorable en 1990, souligne le journal. Une majorité (57 %) pensent que les femmes célibataires devraient aussi pouvoir recourir à la PMA (insémination artificielle), un chiffre qui a en revanche peu évolué sur cette période.
En France, l’aide médicale à la procréation est aujourd’hui réservée aux couples hétérosexuels infertiles. En Europe, la PMA est autorisée pour les couples de même sexe dans huit pays : Finlande, Suède, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Autriche et Espagne.
Autre sujet qui déchaîne les passions : la gestation pour autrui, appelée GPA, recueille l’approbation des sondés : 64 % se disent favorables à ce que l’on autorise en France le recours à une mère porteuse, dont 18 % « dans tous les cas » et 46 % « pour des raisons médicales seulement ». La gestation pour autrui, elle, est autorisée au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Grèce.

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                La gestation pour autrui côté business



« Aucun clivage majeur »
Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP, ne relève dans cette enquête « aucun clivage majeur, ni entre les générations, ni selon les préférences politiques », selon un communiqué du quotidien. « Cela confirme qu’il s’agit d’une vague de fond », ajoute-t-il.
Ces chiffres confortent d’ailleurs une précédente enquête IFOP parue en septembre 2017, montrant qu’au moins 64 % des Français sont favorables à l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples lesbiens.
La PMA pour toutes, célibataires ou en couple, est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Il a depuis souhaité qu’un « débat apaisé » puisse avoir lieu « durant l’année 2018 ». L’Elysée se dit soucieux en effet d’éviter de nouvelles tensions politiques et sociales semblables à celles qui avaient émaillé le débat parlementaire sur le projet de loi instaurant le mariage pour tous, au début du quinquennat de François Hollande. Le comité d’éthique s’est prononcé en juin en faveur de cette mesure.

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                PMA : la sagesse et les questions du Comité d’éthique



90 % des Français estiment, en outre, que la gratuité du don de gamète (ovocytes ou spermatozoïdes) doivent être conservés. Et 85 % défendent également l’anonymat. Par ailleurs, la grande majorité, soit 80 % d’entre eux, se prononce en faveur de la modification génétique des embryons humains mais « pour guérir les maladies les plus graves avant la naissance ».
Faire évoluer la fin de vie
En revanche, ils sont tout aussi nombreux (78 %) à rejeter le recours aux manipulations génétiques « pour améliorer certaines caractéristiques des enfants à naître (obésité, couleurs des yeux…) ».
Une grande partie de la société, soit 89 % des personnes interrogées, se prononce aussi pour une évolution de la loi sur la fin de vie, note le quotidien : pour 47 %, il faut légaliser l’euthanasie, pour 24 %, il faut légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, et pour 18 %, le suicide assisté. Par contre, 11 % estiment qu’il ne faut pas changer la législation actuelle.

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                Né par PMA, « j’ai grandi avec l’idée que j’allais pouvoir dire merci au donneur »



 > Sondage IFOP pour La Croix et le Forum européen de bioéthique réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 010 personnes de 18 ans et plus (questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 11 décembre 2017).




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un fœtus qui se sauve lui-même en sauvant sa mère, un ver revenu de l’espace avec deux têtes, des médicaments qui déclenchent des orgasmes spontanés ou encore la lombalgie chronique du président Kennedy figurent dans ce « Top 10 ».
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.
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« Les Américains inquiets de la domination chinoise »

AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
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Charles Thibout (chercheur à l'IRIS, enseignant à l’IEJ-Paris)







                        



                                


                            

TRIBUNE. « Celui qui deviendra leader en intelligence artificielle [IA] sera le maître du monde. » Le 1er septembre 2017, c’est sur un ton glacial que ­Vladimir Poutine lâche cette sentence sans équivoque. Trois jours plus tard, Elon Musk réagit sur Twitter. Le PDG de Tesla et de SpaceX prédit que la « lutte ­entre nations pour la ­supériorité en IA causera probablement la troisième guerre mondiale ». Une chose est sûre : la compétition est lancée et, dans cette ­rivalité nouvelle au résultat ­incertain, c’est vers la Chine aujourd’hui que tous les regards se tournent.
Le grand bond
Le 20 juillet, Pékin annonçait le lancement d’un plan de développement de la prochaine génération d’intelligence artificielle : un programme d’investissements pharamineux, dont l’objectif ne souffre aucune ambiguïté : faire de la Chine le ­leader mondial dans le domaine et, ainsi, déchoir les Etats-Unis de leur rang.
Pour y parvenir, le projet sera piloté par un organisme ad hoc (le bureau pour la promotion du plan IA) dépendant du ­ministère des sciences et technologies. Le plan prévoit qu’à l’horizon 2030 la Chine deviendra le premier pôle mondial ­d’innovation et le leader en IA, grâce en particulier aux percées décisives de ses industries de haute technologie dans le domaine des big data, des « réseaux de neurones artificiels », de l’intelligence ­hybride améliorée et des systèmes intelligents autonomes.

L’intérêt premier de l’Etat chinois est économique. Depuis plusieurs années, ses dirigeants s’alarment du ralentissement tendanciel de la croissance nationale, passée de 14,2 % en 2007 à 6,7 % en 2016. Au moyen de l’IA, ils espèrent ­redynamiser l’activité économique, en ouvrant la voie à une « nouvelle révolution scientifique et technologique », avec à la clé un nouveau cycle de croissance. L’intuition paraît justifiée : selon une récente étude du cabinet PwC, la richesse nationale chinoise...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.
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« L’homme continue d’avoir le dernier mot »

AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 13h43
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Frédéric de Gombert (Président d’Akeneo, start-up française spécialisée dans la gestion de l’information produits grâce au digital et à l’IA.)







                        



                                


                            

TRIBUNE. Depuis quelques semaines, le débat sur l’intelligence artificielle (IA) a changé de tonalité. Si l’on s’en tient à la thèse défendue par le chirurgien-urologue Laurent Alexandre dans La Guerre des intelligences (JC Lattès, 250 p., 20,90 euros), le questionnement relatif à la supériorité de l’IA (sur l’intelligence humaine) a été ­déplacé du domaine de la probabilité vers celui de la temporalité. Autrement dit, la question ne serait plus « est-ce possible ? », mais plutôt « quand cela aura-t-il lieu ? ». Si les prouesses de l’IA y sont pour beaucoup, elles ne suffisent pas à expliquer ce déplacement sémantique. Le storytelling compte aussi pour une bonne part. Et ce, depuis les origines de cette technologie.
Une sémantique trompeuse
Bien avant le médiatique médecin français, Alan Turing et Ray Kurzweil, chacun à sa façon, ont projeté par leurs mots des ­générations entières dans une ère futuriste. Celle où l’IA prendrait le pas sur ­l’intelligence humaine. Le premier s’était engagé à construire « des machines rivalisant avec les hommes dans les domaines purement intellectuels ». Quant au second, il a prévu une « révolution robotique permettant de créer une intelligence non biologique plus élevée que l’homme ».

Le terme « intelligence artificielle » lui-même s’inscrit dans ce récit. Parler d’intelligence, c’est donner l’illusion d’un ordinateur doté de compétences cognitives le conduisant vers l’autonomie. Or, comme l’expliquait récemment le neuroscientifique Tomaso Poggio, en marge d’une ­conférence organisée par le Massachusetts ­Institute of Technology, « l’intelligence ­artificielle n’est pas de l’intelligence. Aujourd’hui, personne ne sait encore comment reproduire une intelligence humaine ; et ce n’est pas en agrégeant des programmes spécialisés dans les jeux ou le classement d’images que nous y parviendrons ». Bref, l’IA n’est ni plus ni moins qu’une ­capacité d’analyse...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.
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« N’oublions pas l’intelligence collective »

AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
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Vincent Lorphelin (Entrepreneur, coprésident de l’Institut de l’Iconomie), Christian Saint-Etienne (Economiste, coprésident de l’Institut de l’Icon...







                        



                                


                            

TRIBUNE. Le premier ministre a confié au député et mathématicien Cédric Villani une mission sur l’intelligence artificielle (IA) pour l’éclairer et « ouvrir le champ à une ­réflexion nationale ». L’enjeu est de taille. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et Eric Schmidt, président exécutif de Google, pensent pouvoir, grâce à l’IA, « réparer tous les problèmes du monde ».

Ce courant de pensée est puissant, mais critiqué pour ses dérives « solutionnistes ». Demander à l’IA de ­résoudre le problème des sans-abri reviendrait à lui laisser les effacer en temps réel dans nos lunettes de ­réalité augmentée. Si perfectionnée soit-elle, l’IA ne sait pas contextualiser les problèmes pour les élucider, et se précipite trop tôt sur de fausses solutions. C’est pourquoi Elon Musk, fondateur de Tesla, craint le scénario de Terminator : « Jusqu’à ce que les gens voient vraiment des ­robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraîtra irréel. » Pour contrer ce funeste destin, il a créé la société Neuralink, destinée à augmenter nos capacités cérébrales grâce à de minuscules composants électroniques entrelacés entre nos 86 milliards de neurones.Un deuxième courant de pensée « transhumaniste », lui-même critiqué pour être un remède pire que le mal.
Occasions ratées
A l’inverse, l’intelligence collective (IC) veut augmenter la coopération entre les humains. Un rêve ancien resté inachevé. L’intelligence est ­certes interconnectée avec Internet et collaborative avec Google et les ­réseaux sociaux, mais elle est encore peu collective. Ce développement s’est toujours heurté aux limites du bénévolat, de la gouvernance partagée ou de l’organisation hiérarchique. A chaque fois qu’une dynamique d’invention collective s’est mise à bouillonner, pour lancer la machine à vapeur ou la micro-informatique, elle s’est figée dès les premiers succès. Les contributeurs se disputent...




                        

                        


<article-nb="2018/01/08/17-20">
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.
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« Gouverner les algorithmes mais aussi avec eux »

AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
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Gilles Dowek (Chercheur à l'Inria et enseignant à l'Ecole normale supérieure de Paris-Saclay)







                        



                                


                            
Tribune. Nos institutions et nos systèmes informatiques, qui sont les uns et les autres des dispositifs de traitement de l’information, coévoluent. Nous avons vu, en quelques années, l’augmentation du débit des canaux de communication périmer la fonction représentative, le Web favoriser l’émergence d’une mosaïque de mouvements politiques focalisés sur le mal-logement, les droits des malades…, les réseaux sociaux permettre le contournement des censures, voire les monnaies cryptographiques priver les Etats du privilège de leur émission.
Les avancées récentes des algorithmes d’apprentissage statistique, popularisés sous le nom d’« intelligence artificielle », transforment elles aussi nos systèmes ­politiques. Ces algorithmes sont, tout à la fois, des objets qui transforment nos manières de gouverner et des objets que nous devons gouverner.
L’espoir de décisions moins partiales
Une forme particulière du traitement de l’information est la « prise de décision ». Un juge, par exemple, collecte, au cours d’un procès, de l’information (un dossier, des témoignages, des plaidoiries…) et, en fonction de cette information et de sa connaissance du droit, produit une autre forme d’information : un jugement. Une question qui se pose alors est celle de l’opportunité de remplacer ce juge par un dispositif non humain de traitement de l’information : un algorithme. La prise de décision étant omniprésente dans nos institutions, cette question se pose sous de nombreuses formes et appelle une ­réponse nuancée : si nous sommes réticents à laisser un algorithme condamner une personne à une lourde peine, il n’est pas inenvisageable que déléguer à un ­algorithme certaines tâches comme l’attribution des logements sociaux contribue à rendre ces décisions plus transparentes et plus justes.

Ces algorithmes portent l’espoir de décisions moins partiales, car il est plus facile à un algorithme qu’à un être humain de ne pas prendre en compte les tatouages...




                        

                        

