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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Dimanche 7 janvier, Oprah Winfrey a reçu un prix prestigieux récompensant l’ensemble de sa carrière. La célèbre présentatrice y a prononcé un discours contre le harcèlement.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ La cérémonie des Golden Globes, qui précède d’un mois les Oscars et récompense aussi bien la télévision que le 7e art s’est déroulée le 7 janvier au Beverly Hilton Hotel, à Los Angeles. Retour en images sur quelques-uns des primés.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le 7 janvier, les convives des Golden Globes étaient invités à porter du noir en protestation contre le harcèlement. Ce n’est pas la première fois que des acteurs profitent d’une cérémonie pour porter des revendications.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤                
                                    

Golden Globes : quand le vêtement se fait militant


                      Le 7 janvier, les convives des Golden Globes étaient invités à porter du noir en protestation contre le harcèlement. Ce n’est pas la première fois que des acteurs profitent d’une cérémonie pour porter des revendications.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h39
    |

                            Laurent Telo et 
                            Clément Ghys







Les grands-messes du cinéma sont le moment rêvé pour faire passer des messages devant les caméras du monde entier.
2018. Aux Golden Globes, en noir tu iras

   


Des tenues toutes noires sur tapis rouge. Dans le sillage de l’affaire Weinstein, et à l’initiative de Salma Hayek, Jessica Chastain, Meryl Streep ou l’acteur Dwayne « The Rock » Johnson, les convives des Golden Globes, le 7 janvier, étaient invités à porter du noir pour dénoncer symboliquement la culture du harcèlement et des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma hollywoodien.
2017. Aux Oscars, un ruban bleu tu porteras

   


Plusieurs des invités des 89es Oscars décident d’épingler sur leur tenue de gala un ruban bleu aussi léger que lourd de sens. Il signifie leur soutien à l’ACLU, l’Union américaine pour les libertés civiles, qui a vu le nombre de ses adhérents exploser au lendemain de la publication du décret anti-immigration du nouveau président américain, Donald Trump.
2016. A Cannes, pieds nus le tapis rouge tu fouleras

   


Pour sa première venue au Festival de Cannes, Julia Roberts décide de monter les marches… pieds nus. Pas vraiment une excentricité de star. Plutôt un acte de militantisme féministe pour ne pas oublier que, en 2015, plusieurs femmes avaient été refoulées du tapis rouge en raison de leurs talons plats. Un excès de zèle du service de sécurité, selon la direction du Festival.
2015. Aux Oscars, la robe tu négligeras

   


En 2014, The Representation Project, organisation féministe américaine, lance le mouvement Ask Her More. Soit une invitation à interpeller, sur Twitter, les journalistes qui ont l’habitude d’interroger les actrices seulement sur leurs robes et jamais sur leurs choix artistiques. Soutenu par l’actrice Reese Witherspoon, le mouvement est très suivi l’année suivante, notamment lors des Oscars de 2015.
1942. Aux Oscars, l’uniforme tu endosseras

   


Le 26 février 1942, la 14e cérémonie des Oscars se déroule au Biltmore Hotel, à Los Angeles. Quelques mois plus tôt, l’armée japonaise a bombardé Pearl Harbor, et les Etats-Unis sont entrés en guerre. Pour ne pas choquer le public, la soirée est organisée avec sobriété, proscrivant les tenues de soirée. L’acteur James Stewart s’y rend vêtu de son uniforme de l’US Air Force, où il s’est enrôlé l’année précédente.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ « Lady Bird » de Greta Gerwig et la série « Big Little Lies » ont été primés, dimanche 7 janvier à Los Angeles.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les Golden Globes célèbrent la « puissance des femmes »

« Lady Bird » de Greta Gerwig et la série « Big Little Lies » ont été primés, dimanche 7 janvier à Los Angeles.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 16h48
    |

            Isabelle Regnier








                        



Respectivement récompensés par quatre Golden Globes chacun, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, de Martin McDonagh (dont le meilleur film dramatique) et Big Little lies (dont la meilleure mini-série) auront été, respectivement, le film et la série les plus primés de la soirée des Golden Globes 2018. Juste derrière se pressent Lady Bird de Greta Gerwig (meilleure comédie ou comédie musicale, et meilleure actrice dans cette catégorie pour Saoirse Ronan), La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro (meilleur réalisateur et meilleure musique pour Alexandre Desplat), The Handmaids Tale (meilleure série télé dramatique, entre autres). Parmi les autres lauréats de ce palmarès prestigieux, généralement considéré comme un indicateur de tendance pour les Oscars, citons encore James Franco (meilleur acteur dans une comédie pour The Disaster Artist), Coco (meilleur film d’animation), Gary Oldman (pour son rôle de Churchill dans Les Heures sombres), In the Fade de Fatih Akin (meilleur film étranger) .

        Lire aussi le palmarès :
         

          Golden Globes 2018 : les femmes au cœur de la cérémonie



Mais les vraies gagnantes auront été les femmes. Première grand-messe du cinéma et de la télévision américaine depuis le début de l’affaire Weinstein et du mouvement de libération de la parole des victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles, cette 75e remise des prix de l’association des journalistes étrangers à Hollywood où étaient invitées, une fois n’est pas coutume, des militantes féministes, a été marquée par des prises de parole fortes qui laissent entendre que la vague ne va pas retomber.
Dress code noir

   


Le dress code noir qu’ont décidé de suivre, en signe de protestation contre la culture machiste hollywoodienne, la quasi intégralité des invités, femmes et hommes, symbolisait la gravité du moment. Appointé pour la première fois maître de cérémonie, le comédien et animateur de télévision Seth Meyers a joué son rôle avec une certaine retenue.
Enchaînement de punchlines et de bons mots, son discours tournait presque exclusivement autour de la question de la condition des femmes à Hollywood. « Bonsoir Mesdames, et ce qu’il reste de vous, Messieurs, a-t-il lancé en d’ouverture. Nous sommes en 2018, la marijuana est enfin autorisée, et le harcèlement sexuel, enfin, ne l’est plus. » Ciblant quelques uns des hommes dont les noms sont devenus des synonymes du démon de la prédation sexuelle, certaines de ses blagues donnaient l’impression embarrassante, de voir un vautour dépecer en public les dépouilles de ceux que l’industrie portait encore au pinacle. Harvey Weinstein, promit-il ainsi, « reviendra dans vingt ans, dans le rôle du premier homme hué à son propre enterrement ». Kevin Spacey, réduit à sa frénésie sexuelle, était allégrement moqué pour son incapacité à imiter correctement l’accent sudiste ; Woody Allen se voyait rhabillé à bon compte également, son Manhattan n’étant plus que ce film pénible sur « une jeune fille naïve qui se fait avoir par un vieux monstre dégoûtant ».
Seth Meyers, animateur de la cérémonie : « Nous sommes en 2018, la marijuana est enfin autorisée, et le harcèlement sexuel, enfin, ne l’est plus. »
Ces giclées fielleuses furent vite balayées par la force des discours des lauréats, et surtout des lauréates. Couronnée meilleur actrice dans une mini-série, Nicole Kidman a ainsi salué d’un « I love you », Reese Witherspoon, co-productrice de la série avec elle, et les trois autres actrices qui complètent le quintette féminin sur lequel elle repose (Laura Dern, Zoe Kravitz et Shailene Woodley), pour célébrer l’incroyable « puissance des femmes ». Rendant ensuite hommage à sa mère, « une grande avocate du droit des femmes » à qui elle dit devoir tous ses accomplissements, elle a lancé, inspirée :
« Je crois que nous pouvons changer les choses, que nous pouvons le faire par les histoires que nous racontons, et la manière dont nous le racontons. »
Meilleure actrice dans un film dramatique, pour 3 Billboards, Frances McDormand, a également eu de belles paroles :
« Je n’ai pas l’habitude d’étaler mes opinions politiques. Mais c’était vraiment formidable d’être dans cette assemblée ce soir, et de participer à ce mouvement de basculement tectonique de la structure de pouvoir de notre industrie. »
Un nouveau jour se lève
Le discours le plus galvanisant fut toutefois celui d’une actrice d’un autre genre, la grande prêtresse de la télévision américaine Oprah Winfrey, qui s’est vu décerner le très symbolique Cecil B. DeMille award. Elle a d’abord évoqué le moment où elle a assisté à la télévision à la remise de l’Oscar du meilleur acteur à Sidney Poitier. Expliquant l’importance pour elle, petite-fille de femme de ménage noire, de voir un homme noir célébré de la sorte, elles s’est félicitée que « des petites filles [la] regardent aujourd’hui , elle , première femme noire à recevoir ce même trophée ». Elle a ensuite rendu hommage à toutes les femmes qui, comme sa mère, ont supporté les abus simplement parce qu’elles avaient « des enfants à nourir, des factures à payer, des rêves à accomplir... », et salué la mémoire de Recy Taylor, une femme noire qui fut enlevée et violée par six hommes blancs armés en 1954, dont le combat pour la vérité fut défendu dans la presse par Rosa Parks mais dont les agresseurs n’ont jamais été condamnés . Elle a conclu son poignant discours par ces mots :
« Je veux que toutes les filles qui regardent, sachent qu’un nouveau jour se lève. Un jour (...) qui va nous conduire vers une nouvelle ère où plus personne n’aura à dire #metoo», en référence au mouvement de protestation contre le harcèlement.

Le palmarès complet des Golden Globes 2018
En cinéma, le palmarès comprend :
Meilleur film de comédie : Lady Bird
Meilleur film dramatique : 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Le film « 3 Billboards, les panneaux de la vengeance » a reçu quatre récompenses, dont meilleur film dramatique, à Beverly Hills, le 7 janvier.      
Meilleur réalisateur : Guillemo del Toro pour La forme de l’eau. Il a remporté le très convoité trophée face à Martin McDonagh, Christopher Nolan, Ridley Scott et Steven Spielberg. Cette romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien a également récolté un Golden Globe pour la musique du compositeur français Alexandre Desplat.
Meilleur acteur dramatique : Gary Oldman dans Les heures sombres
Meilleure actrice dramatique : Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur de comédie : James Franco, pour The Disaster Artist
Meilleure actrice de comédie : Saoirse Ronan, pour Lady Bird
Meilleur second rôle masculin : Sam Rockwell, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur second rôle féminin : Allison Janney, pour Moi, Tonia
Meilleure chanson : This is Me, de The Greatest Showman, par Benj Pasek, Justin Paul, paroles de Benj Pasek, Justin Paul.
Meilleur film d’animation : Coco
Meilleur scénario : Martin McDonagh, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur film en langue étrangère : In the Fade.
En télévision, La Servante écarlate et Big Little Lies se démarquent :
Meilleure série dramatique : La Servante écarlate
Meilleure minisérie : Big Little Lies
Meilleur acteur dramatique : Sterling K. Brown dans This is Us
Meilleure actrice dramatique : Elisabeth Moss dans La Servante écarlate
Meilleure série comique : The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleure actrice de série télé de comédie : Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleur acteur de série télé de comédie : Aziz Ansari, Master of None.
Meilleure second rôle féminin dans une minisérie : Laura Dern, Big Little Lies
Meilleure second rôle masculin dans une minisérie : Alexander Skarsgard, Big Little Lies
Meilleure actrice de minisérie : Nicole Kidman
Meilleur acteur dans une minisérie : Ewan McGregor, Fargo






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Gary Oldman et Frances McDormand, meilleurs acteur et actrice dramatiques. James Franco et Saoirse Ronan ont été récompensés dans la catégorie comédie.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/01/2018
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Golden Globes 2018 : les femmes au cœur de la cérémonie

Gary Oldman et Frances McDormand, meilleurs acteur et actrice dramatiques. James Franco et Saoirse Ronan ont été récompensés dans la catégorie comédie.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 00h50
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 11h11
   





                        


La soirée des Golden Globes avait commencé, dimanche 7 janvier, avec une déferlante de railleries sur l’affaire Weinstein et les hommes qui abusent de leur pouvoir à Hollywood.
« Bonjour mesdames et les hommes qui restent », « ça fait des années que les hommes blancs n’ont pas été aussi nerveux à Hollywood », a déclaré l’humoriste Seth Meyers, présentateur de cette édition. « On est en 2018, la marijuana est finalement autorisée et le harcèlement sexuel ne l’est plus. Ça va être une bonne année », a-t-il ajouté.
La présentatrice et femme d’affaires américaine Oprah Winfrey a reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière et en a profité pour parler du mouvement #metoo, qui a incité les femmes victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle à témoigner publiquement.

   


Elle a déploré « une culture brisée par des hommes puissants et brutaux ». « Depuis trop longtemps, les femmes n’ont pas été entendues ou crues si elles osaient dire la vérité face au pouvoir de ces hommes. Mais c’est fini pour eux ! C’est fini pour eux », a-t-elle martelé, devant une salle debout, dont certains membres avaient les larmes aux yeux. « Donc je veux que toutes les jeunes filles qui regardent maintenant sachent qu’une aube nouvelle se profile à l’horizon », a-t-elle ajouté. Elle a cité ce faisant le nom de l’organisation « Time’s up » (« C’est fini ») fondée pour financer la défense de victimes d’agressions sexuelles au travail par plusieurs centaines d’actrices, dont Natalie Portman et Reese Witherspoon.
Presque tous les participants à la soirée portaient d’ailleurs du noir, répondant à l’appel de l’organisation Time’s up, afin de protester contre les violences sexuelles. Le producteur déchu Harvey Weinstein a été accusé par plus de 100 femmes de harcèlement, agressions sexuelles ou viols. Depuis ces révélations, une litanie de personnalités d’Hollywood, comme les acteurs Kevin Spacey, Dustin Hoffman ou Jeffrey Tambor, les producteurs et cinéastes Brett Ratner et John Lasseter, ont à leur tour été accusés d’abus sexuels.
Les histoires de femmes récompensées
C’est Nicole Kidman qui a emporté le premier prix de la soirée, sacrée meilleure actrice dans une minisérie pour Big Little Lies, dans lequel elle joue une femme battue par son mari. Elle a rendu hommage à ses co-stars, en particulier à la coproductrice, comme elle, de la minisérie, Reese Witherspoon. « Wouah, le pouvoir des femmes ! » a-t-elle déclaré en recevant le 4e Globe de sa carrière.
La Servante écarlate, qui dépeint un monde apocalyptique où les Etats-Unis sont aux mains d’une secte fondamentaliste maintenant les femmes fertiles en esclavage, a remporté la statuette de meilleure série dramatique. Son créateur, Bruce Miller, a encouragé à continuer « tous ceux et celles qui font ce qu’ils peuvent pour que “La Servante écarlate” ne devienne pas réalité », alors que beaucoup dénoncent les atteintes aux droits des femmes aux Etats-Unis.
Sans surprise, son interprète principale, Elisabeth Moss, qui a déjà accumulé une brassée de prix pour ce rôle, a gagné le prix de la meilleure actrice dans une série dramatique, dédié à Margaret Atwood, auteure du roman dont est adaptée la série. « C’est pour vous et les femmes (…) suffisamment courageuses pour s’élever contre l’intolérance et l’injustice », a affirmé la comédienne.
Les biopics honorés
James Franco a remporté le Golden Globe du meilleur acteur de comédie pour son rôle dans The Disaster Artist, qui retrace l’épopée du film le plus raté d’Hollywood et dans lequel il joue auprès de son frère Dave, et de Seth Rogen. Ce film retrace le tournage du film The Room, de Tommy Wiseau, que James Franco a remercié en recevant son prix, et qui l’a rejoint sur scène. « Je suis ravi de partager ce moment avec lui aujourd’hui », a relevé l’acteur et réalisateur de The Disaster Artist.

   


Allison Janney a remporté le Golden Globe du meilleur second rôle pour sa prestation dans Moi, Tonya, film sur la patineuse américaine Tonya Harding. En 1994, elle avait été accusée d’être impliquée dans l’agression de sa compatriote Nancy Kerrigan pour l’empêcher de participer aux Jeux olympiques.
Le long-métrage In the Fade, une coproduction franco-germanique réalisée par Fatih Akin, a été choisi pour le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère.

Le palmarès complet des Golden Globes 2018
En cinéma, le palmarès comprend :
Meilleur film de comédie : Lady Bird
Meilleur film dramatique : 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Le film « 3 Billboards, les panneaux de la vengeance » a reçu quatre récompenses, dont meilleur film dramatique, à Beverly Hills, le 7 janvier.      
Meilleur réalisateur : Guillemo del Toro pour La forme de l’eau. Il a remporté le très convoité trophée face à Martin McDonagh, Christopher Nolan, Ridley Scott et Steven Spielberg. Cette romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien a également récolté un Golden Globe pour la musique du compositeur français Alexandre Desplat.
Meilleur acteur dramatique : Gary Oldman dans Les heures sombres
Meilleure actrice dramatique : Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur de comédie : James Franco, pour The Disaster Artist
Meilleure actrice de comédie : Saoirse Ronan, pour Lady Bird
Meilleur second rôle masculin : Sam Rockwell, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur second rôle féminin : Allison Janney, pour Moi, Tonia
Meilleure chanson : This is Me, de The Greatest Showman, par Benj Pasek, Justin Paul, paroles de Benj Pasek, Justin Paul.
Meilleur film d’animation : Coco
Meilleur scénario : Martin McDonagh, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur film en langue étrangère : In the Fade.
En télévision, La Servante écarlate et Big Little Lies se démarquent :
Meilleure série dramatique : La Servante écarlate
Meilleure minisérie : Big Little Lies
Meilleur acteur dramatique : Sterling K. Brown dans This is Us
Meilleure actrice dramatique : Elisabeth Moss dans La Servante écarlate
Meilleure série comique : The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleure actrice de série télé de comédie : Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleur acteur de série télé de comédie : Aziz Ansari, Master of None.
Meilleure second rôle féminin dans une minisérie : Laura Dern, Big Little Lies
Meilleure second rôle masculin dans une minisérie : Alexander Skarsgard, Big Little Lies
Meilleure actrice de minisérie : Nicole Kidman
Meilleur acteur dans une minisérie : Ewan McGregor, Fargo





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ « La forme de l’eau » et « Pentagon Papers » partent favoris alors que l’affaire Weinstein sera aussi sur le devant de la scène.
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Golden Globes 2018 : « La Forme de l’eau », « Pentagon Papers » et l’affaire Weinstein à l’affiche

« La forme de l’eau » et « Pentagon Papers » partent favoris alors que l’affaire Weinstein sera aussi sur le devant de la scène.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 05h20
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 11h12
   





                        



   


Hollywood célèbre, dimanche 7 janvier, sa première grande soirée de prix de l’année : les Golden Globes. Côté récompenses, La Forme de l’eau et Pentagon Papers partent favoris. Côté discours et prises de position, l’affaire Weinstein sera sur le devant de la scène.
Le présentateur Seth Meyers n’a pas caché que le scandale qui éclabousse l’industrie américaine du cinéma depuis le mois d’octobre serait au cœur de ses interventions. « Il y a des gens qui ont clairement passé une ligne rouge et ça devrait être ressenti comme quelque chose de positif de se moquer d’eux », a ainsi expliqué l’humoriste au New York Times.
Il a assuré que cette période d’introspection devrait « être un moment d’optimisme », soulignant l’émergence de réponses comme Time’s Up, fonds de défense de victimes d’agressions sexuelles formé par 300 femmes de Hollywood.

        Lire aussi :
         

                Porter du noir aux Golden Globes : un geste contre les violences sexuelles qui fait débat à Hollywood



Gary Oldman en Winston Churchill
C’est la romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien, La Forme de l’eau, du mexicain Guillermo del Toro, qui part avec le plus de nominations – sept. Suivent Pentagon Papers, saga historique retraçant la publication par le Washington Post de documents fracassants et confidentiels sur la guerre du Vietnam, à égalité avec Three Billboards : Les panneaux de la vengeance, la quête de justice d’une mère jouée par Frances McDormand, avec six nominations chacun.
Dans la catégorie comédies, le film d’horreur mâtiné de satire sociale sur le racisme Get out est favori. Côté actrices dramatiques, Sally Hawkins (La Forme de l’eau) est pressentie pour la statuette, avec Frances McDormand qui la talonne dans les pronostics du site spécialisé Goldderby.com.
Pour les acteurs, les prédictions vont à Gary Oldman en Winston Churchill dans Les Heures sombres, le jeune Franco-Américain Timothée Chalamet lui faisant, cependant, de l’ombre avec sa performance en adolescent amoureux d’un beau doctorant dans Call Me by Your Name.
Violences faites aux femmes
En télévision, c’est la mini-série de HBO, Big Little Lies, qui traite notamment des violences faites aux femmes, qui affiche le plus grand nombre de nominations – six –, suivie par Feud, autre minisérie sur la rivalité entre les idoles de l’âge d’or du cinéma Bette Davis et Joan Croawford – quatre.
Le thème de La Servante écarlate, adaptation d’un roman post-apocalyptique de Margaret Atwood où les rares femmes fertiles restantes sont des esclaves sexuelles, pourrait décrocher des prix grâce à son sujet qui résonne avec le climat politique aux Etats-Unis.
La cérémonie sera retransmise dans le monde entier sur NBC à partir de 17 heures locales (2 heures, lundi à Paris) et Isabelle Huppert, sacrée meilleure actrice dramatique l’an dernier, fera partie des stars qui monteront sur scène pour remettre des prix.
Les Golden Globes sont décernés par un petit groupe de 90 membres de l’Association de la presse étrangère de Hollywood et forment un baromètre à la fiabilité variable sur les titres et artistes les mieux placés pour décrocher des Oscars, apogée de la saison des prix qui se tiendra le 4 mars.

Le palmarès complet des Golden Globes 2018
En cinéma, le palmarès comprend :
Meilleur film de comédie : Lady Bird
Meilleur film dramatique : 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Le film « 3 Billboards, les panneaux de la vengeance » a reçu quatre récompenses, dont meilleur film dramatique, à Beverly Hills, le 7 janvier.      
Meilleur réalisateur : Guillemo del Toro pour La forme de l’eau. Il a remporté le très convoité trophée face à Martin McDonagh, Christopher Nolan, Ridley Scott et Steven Spielberg. Cette romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien a également récolté un Golden Globe pour la musique du compositeur français Alexandre Desplat.
Meilleur acteur dramatique : Gary Oldman dans Les heures sombres
Meilleure actrice dramatique : Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur de comédie : James Franco, pour The Disaster Artist
Meilleure actrice de comédie : Saoirse Ronan, pour Lady Bird
Meilleur second rôle masculin : Sam Rockwell, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur second rôle féminin : Allison Janney, pour Moi, Tonia
Meilleure chanson : This is Me, de The Greatest Showman, par Benj Pasek, Justin Paul, paroles de Benj Pasek, Justin Paul.
Meilleur film d’animation : Coco
Meilleur scénario : Martin McDonagh, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur film en langue étrangère : In the Fade.
En télévision, La Servante écarlate et Big Little Lies se démarquent :
Meilleure série dramatique : La Servante écarlate
Meilleure minisérie : Big Little Lies
Meilleur acteur dramatique : Sterling K. Brown dans This is Us
Meilleure actrice dramatique : Elisabeth Moss dans La Servante écarlate
Meilleure série comique : The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleure actrice de série télé de comédie : Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleur acteur de série télé de comédie : Aziz Ansari, Master of None.
Meilleure second rôle féminin dans une minisérie : Laura Dern, Big Little Lies
Meilleure second rôle masculin dans une minisérie : Alexander Skarsgard, Big Little Lies
Meilleure actrice de minisérie : Nicole Kidman
Meilleur acteur dans une minisérie : Ewan McGregor, Fargo





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les abus sexuels après l’affaire Weinstein.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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Porter du noir aux Golden Globes : un geste contre les violences sexuelles qui fait débat à Hollywood

L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les abus sexuels après l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 19h35
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 11h11
   





                        


Pour protester contre les violences sexuelles et manifester leur solidarité face aux victimes de prédateurs sexuels à Hollywood, des actrices comme Jessica Chastain, Emma Stone ou Meryl Streep envisagent de ne revêtir que du noir à la cérémonie des Golden Globes, qui se tient à Los Angeles dimanche 7 janvier.
L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les violences sexuelles dans ce milieu.
Les Golden Globes 2018, où seront attribuées des récompenses aux films et séries de l’année 2017 dans une cérémonie qui réunira de nombreuses célébrités, doivent être « un moment de solidarité, pas un défilé de mode », estime dans le New York Times l’actrice Eva Longoria. « Depuis des années, les femmes promeuvent ces événements avec leur glamour, leurs visages et leurs couleurs. Cette fois-ci, l’industrie ne peut pas attendre ça de nous », selon elle.

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« Célébrer notre pouvoir »
L’initiative ne fait pas l’unanimité. « Chères actrices, s’il vous plaît, revêtez des couleurs vives pour célébrer notre pouvoir, pas du noir pour faire le deuil des prédateurs. Ils ne le méritent pas », a répondu la productrice Elisabeth Sereda.
« Dans un moment où les femmes se saisissent de leur autorité et élèvent la voix, le but est d’être vues et entendues », estime dans le Washington Post la journaliste Robin Givhan.
Jenny Cooney, membre de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood (HFPA), qui organise les Golden Globes, demande aussi : « Pourquoi les femmes ne se tiennent pas fières et en couleurs vives pour montrer que nous ne serons pas piétinées ? ».
Rose McGowan, qui accuse le producteur Harvey Weinstein de viol, est encore plus critique : « Des actrices comme Meryl Streep, qui étaient très contentes de travailler pour le monstre [Harvey Weinstein], vont porter du noir aux Golden Globes pour protester silencieusement. VOTRE SILENCE EST LE PROBLÈME. Vous accepterez un faux prix, le souffle court, et rien ne changera. »

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Des hommes souhaitent participer
Des vedettes masculines ont promis de se joindre à l’initiative en signe de solidarité, à l’instar de Dwayne « The Rock » Johnson… s’attirant les moqueries de ceux qui observent que le smoking noir est déjà la tenue privilégiée aux cérémonies hollywoodiennes.
La styliste Ilaria Urbinati, qui choisit la garde-robe de « The Rock », celle de Armie Hammer ou Liev Schreiber, a écrit sur Instagram : « Parce que tout le monde me demande… Oui, les hommes seront solidaires des femmes sur le mouvement tous en noir pour protester contre les violences sexuelles aux Golden Globes. »
Certains commentateurs recommandaient une épingle ou un ruban. Le styliste new-yorkais Michael Fisher, qui veille sur les tenues de Hugh Jackman, a lui aussi fait savoir que ses clients seraient en costumes sombres « avec des pochettes noires ».
« Je suis si inspirée par les hommes en noir aux Golden Globes, un événement où ils portent d’ordinaire des smokings noirs », « c’est dans la tradition des hommes de faire le moins d’efforts possible mais d’attendre des remerciements quand même », raillait ainsi Erin Gloria Ryan dans The Daily Beast.
Pendant ce temps-là, les affaires continuent d’émerger. Vendredi 5 janvier, quatre femmes ont déposé plainte au civil contre le réalisateur canadien Paul Haggis, accusé d’agressions sexuelles et de viol.

Le palmarès complet des Golden Globes 2018
En cinéma, le palmarès comprend :
Meilleur film de comédie : Lady Bird
Meilleur film dramatique : 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Le film « 3 Billboards, les panneaux de la vengeance » a reçu quatre récompenses, dont meilleur film dramatique, à Beverly Hills, le 7 janvier.      
Meilleur réalisateur : Guillemo del Toro pour La forme de l’eau. Il a remporté le très convoité trophée face à Martin McDonagh, Christopher Nolan, Ridley Scott et Steven Spielberg. Cette romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien a également récolté un Golden Globe pour la musique du compositeur français Alexandre Desplat.
Meilleur acteur dramatique : Gary Oldman dans Les heures sombres
Meilleure actrice dramatique : Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur de comédie : James Franco, pour The Disaster Artist
Meilleure actrice de comédie : Saoirse Ronan, pour Lady Bird
Meilleur second rôle masculin : Sam Rockwell, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur second rôle féminin : Allison Janney, pour Moi, Tonia
Meilleure chanson : This is Me, de The Greatest Showman, par Benj Pasek, Justin Paul, paroles de Benj Pasek, Justin Paul.
Meilleur film d’animation : Coco
Meilleur scénario : Martin McDonagh, 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur film en langue étrangère : In the Fade.
En télévision, La Servante écarlate et Big Little Lies se démarquent :
Meilleure série dramatique : La Servante écarlate
Meilleure minisérie : Big Little Lies
Meilleur acteur dramatique : Sterling K. Brown dans This is Us
Meilleure actrice dramatique : Elisabeth Moss dans La Servante écarlate
Meilleure série comique : The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleure actrice de série télé de comédie : Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel
Meilleur acteur de série télé de comédie : Aziz Ansari, Master of None.
Meilleure second rôle féminin dans une minisérie : Laura Dern, Big Little Lies
Meilleure second rôle masculin dans une minisérie : Alexander Skarsgard, Big Little Lies
Meilleure actrice de minisérie : Nicole Kidman
Meilleur acteur dans une minisérie : Ewan McGregor, Fargo





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Cinquante ans après, le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan de Mai 68. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.
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De Mai-68 à Macron, Romain Goupil, l’éternel révolté


                      Cinquante ans après, le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan de Mai 68. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 06h39
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Cinquante ans après Mai-68, on dirait les deux vieux du « Muppet Show » au balcon de l’Histoire ; il y en a un qui boite, l’autre est un peu ventru, et là, ils dissertent sur les sanglochons. On ne sait plus trop pourquoi, eux non plus, aucune importance, le débat continue, c’est l’essentiel. Daniel Cohn-Bendit a deux hanches en carton et une tête de lutin, il explique que comme « il n’y avait pas assez de sangliers, les éleveurs ont fait des croisements avec des cochons. C’est pas des conneries, hein ! Aux européennes de 1999, ça a été un problème soulevé pendant ma campagne, la prolifération des sanglochons. »
Romain Goupil est toujours un militant avide de la chose politique et un cinéaste inclonable, il a toujours une gueule incroyable au-dessus de son bidon et une grande théorie sur les sanglochons, mais trop technique pour être retranscrite ici. Le héros du jour, c’est lui.
Two-men-show
Goupil finit de monter un film avec Cohn-Bendit parti ausculter la France cinquante ans après vous-savez-quoi. La direction de France 5 est attendue pour visionner l’affaire. Un road-movie de cinquante jours de tournage ramené à 2 h 21 de film. La chaîne avait commandé un 52 minutes mais Goupil a toujours été très persuasif, il a un sourire magique, il n’est jamais à court d’arguments.
Ce talent date d’il y a au moins cinquante ans, quand ils se sont croisés vite fait avec Cohn-Bendit, en mai 1968, sur l’estrade enfiévrée d’un meeting incandescent, ou l’inverse, puis ils sont devenus copains comme sanglochons depuis 1991 et la guerre en Yougoslavie. Officiellement, ils ne parlent plus trop de Mai. Sauf pour s’écharper sur l’imposture supposée de l’autre.
« Tu peux nous écouter. A nous deux, on a 140 années d’expériences en agitation tous azimuts sans avoir fait l’ENA. On est tes meilleurs conseillers… Parce qu’en plus… On a tout foiré. » Romain Goupil à Emmanuel Macron
En général, ça se passe comme ça. Goupil attaque : « Il y a...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour l’acteur mexicain, engagé en faveur des migrants, qui réalise son second long-métrage sur… deux jeunes mexicains et leurs rêves d’ailleurs.
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Gael García Bernal : « J’ai été un migrant toute ma vie »


                      Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour l’acteur mexicain, engagé en faveur des migrants, qui réalise son second long-métrage sur… deux jeunes mexicains et leurs rêves d’ailleurs.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 12h31
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                              

                        

Sur le seuil d’une maison coloniale du quartier branché de la Roma Norte, au centre de Mexico, Gael García Bernal arbore un look d’étudiant : sac en bandoulière, baskets assorties à son jean et veste en velours bleu. Seuls des cheveux poivre et sel trahissent l’approche de la quarantaine chez l’acteur, réalisateur et producteur né en 1978 à Guadalajara, et incarnation, depuis son rôle en 2000 dans Amours chiennes, d’Alejandro Gonzalez Iñarritu, d’un cinéma latino-américain vigoureux.
Sa renommée a dépassé les frontières de son pays, et même de son continent, puisque Gael García Bernal a tourné aux Etats-Unis ou en Europe. Mais le comédien, à l’affiche de Si tu voyais son cœur, premier long-métrage de la jeune réalisatrice française Joan Chemla, en salle le 10 janvier, a toujours gardé une attache forte avec Mexico. Et il reçoit au siège d’Ambulante, festival itinérant de documentaires qu’il a fondé en 2005 avec un ami, l’acteur Diego Luna.
Une expérience émotionnelle
« C’est mon bureau quand je suis au Mexique », lâche celui qui vit entre Mexico et Buenos Aires, où habitent ses deux enfants avec son ex-compagne, l’actrice argentine Dolores Fonzi. Dans cette demeure rénovée aux allures de start-up, deux assistantes à peine trentenaires pianotent derrière leur écran. Gael García Bernal les salue d’un geste amical, puis s’installe dans une salle de réunion aux étagères remplies de dizaines de DVD et de bobines. « C’est ici que j’ai préparé le tournage de mon film », raconte l’acteur qui réalise, en ce moment au sud de la mégalopole, son second long-métrage de fiction, dix ans après Déficit. L’histoire ? « Deux jeunes Mexicains rêvent de partir pour un avenir meilleur », répond-il, avant de confier, dans un large sourire, ne pas souhaiter en dire plus pour l’instant.
« Moi aussi, j’ai été un migrant toute ma vie, même si j’ai la chance de le vivre moins dramatiquement que d’autres. » Gael...



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Un grand et récent succès du cinéma indien fait écho à l’une des promesses du premier ministre Narendra Modi, une complaisance qui ne plaît pas à tout le monde.
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A Bollywood, des toilettes au service du gouvernement


                      Un grand et récent succès du cinéma indien fait écho à l’une des promesses du premier ministre Narendra Modi, une complaisance qui ne plaît pas à tout le monde.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 06h37
   





                              

                        

L’un des plus grands succès des salles de cinéma indiennes des derniers mois est une histoire de toilettes. Depuis sa sortie cet été, Toilettes : une histoire d’amour, de Shree Narayan Singh, a récolté 2,16 milliards de roupies de recettes (28,4 millions d’euros). Si le sujet a trouvé un écho certain dans le pays, c’est qu’il constitue un problème majeur de société. Sur les 950 millions d’humains dans le monde qui n’ont pas accès aux toilettes, 60 % se trouvent dans le sous-continent. Tout comme les personnages du film de Shree Narayan Singh.
Dans cette romance à l’eau de rose, qui se déroule dans un village perdu au milieu de nulle part, un jeune homme du nom de Keshav, joué par l’acteur canadien d’origine indienne Akshay Kumar, tombe amoureux d’une jolie fille, qu’il finit par épouser.
Mais l’insolente a des exigences. Une fois mariée, Jaya (interprétée par Bhumi Pednekar) n’a plus qu’une obsession : installer des toilettes dans sa maison, fatiguée qu’elle est d’aller faire ses besoins dans les champs chaque matin, en compagnie de ses voisines. Keshav refuse d’engager les travaux mais, comme sa jeune épouse lui annonce qu’elle quitte le foyer pour retourner vivre chez ses parents, il finit par obtempérer et construit des latrines dans la cour de leur maison.
Félicitations de Narendra Modi
C’était compter sans son vieux père, qui juge l’affaire indécente et entreprend aussitôt de démolir les latrines toutes neuves. Ulcérée, Jaya demande le divorce. Un coup de théâtre vient débloquer la situation : les autorités politiques locales annoncent la construction de toilettes publiques dans le village. Les choses rentrent dans l’ordre et les habitants des alentours découvrent, comme Keshav et Jaya, les joies de la défécation dans l’intimité, à toute heure du jour et de la nuit.

Après avoir vu Toilettes : une histoire d’amour, le premier ministre Narendra Modi s’est même fendu d’un tweet de félicitations. Car si,...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Près de cent ans après la sortie du chef-d’œuvre du cinéma muet, Gaumont sort un superbe coffret comprenant les trois versions du film.
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Le « J’accuse » d’Abel Gance resurgit d’entre les morts

Près de cent ans après la sortie du chef-d’œuvre du cinéma muet, Gaumont sort un superbe coffret comprenant les trois versions du film.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 13h24
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Perfectionniste maladif, Abel Gance (1889-1981) ne cessa tout au long de sa carrière de remonter et de transformer ses films. Notamment J’accuse, chef-d’œuvre du cinéma muet, sorti en France en 1919, dont il fit une deuxième version parlante et sonore en 1938, puis une troisième en Magirama, en 1956. Ces trois films n’étaient quasiment plus visibles. Jamais éditée en vidéo VHS, la version de 1919 ne fut numérisée qu’en 2008. Il fallut attendre 2014 pour qu’elle soit de nouveau ­projetée en France.
Près de cent ans après la sortie du premier J’accuse, Gaumont lance un coffret prestigieux comprenant ces trois versions restaurées. S’y ajoutent les fac-similés des scénarios de 1917 et de 1937, un ouvrage (Abel Gance et la Grande Guerre. Le Visionnaire contrarié, de l’historien Laurent Véray), ainsi que deux autres films de ce monstre sacré du cinéma muet, Les Gaz mortels (1916) et La Fin du monde (1931).
Le film pose les jalons d’une représentation de la guerre jusqu’alors inconnue à l’écran
Ecrit et réalisé pendant les derniers mois de la Grande Guerre, le premier J’accuse met en scène avec compassion la souffrance des poilus. Ce film, qui emprunte son titre à la célèbre lettre ouverte publiée en 1898 par Emile Zola au cours de l’affaire Dreyfus, pose les jalons d’une représentation de la guerre jusqu’alors inconnue à l’écran. ­Réformé, Abel Gance ne voit rien du front, ce qui ne l’empêche pas d’être marqué à vie par la brutalité inédite de ce conflit.
Il raconte le calvaire subi par Edith, étouffée entre un père nationaliste et revanchard et son mari, François, un homme brutal et jaloux. Son amoureux, le poète Jean Diaz (Romuald Joubé en 1919), part au front, où il se retrouve dans la même compagnie que son mari, tandis qu’elle est capturée et violée par des Allemands. Après la guerre, Jean Diaz décide d’éduquer l’enfant du viol et d’en faire une ­citoyenne européenne de ­demain...




                        

                        


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« Wormwood » : un cauchemar surgi de la guerre froide

Le film d’Errol Morris plonge dans l’abîme de mystères entourant la mort d’un chercheur américain spécialisé dans les armes biologiques.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h01
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
En 1988, après la sortie du Dossier Adams – le film qui a fait la gloire d’Errol Morris –, le sujet de ce documentaire, Randall Dale Adams, condamné à la détention à perpétuité pour un meurtre, a été innocenté. Ancien détective privé, le réalisateur était arrivé, à travers son enquête cinématographique, jusqu’à la vérité, en l’occurrence l’innocence d’Adams.
Avec Wormwood, film monstrueux – et pas seulement pour sa durée de quatre heures, Errol Morris se lance une fois encore à l’assaut de la vérité. Celle qui se cache derrière la mort par défenestration (volontaire ou forcée), le 28 novembre 1953, de Frank Olson, scientifique travaillant pour la CIA dans le cadre du programme d’armes biologiques des Etats-Unis. Peut-être est-ce l’âge (il est presque septuagénaire) – ou la sagesse, cette fois –, c’est l’incertitude qui l’emporte. Wormwood est un documentaire historique qui jette une lumière inquiétante sur le système militaire américain au temps de la guerre froide. C’est aussi un labyrinthe peuplé de cauchemars où l’on entrevoit Hamlet et le président Gerald Ford, un exécuteur des basses œuvres de la CIA devenu hippie et un légiste spécialisé dans les exhumations de cadavres qui ont passé des décennies six pieds sous terre. Qu’on le ­consomme à petites doses (pour sa diffusion sur Netflix, après sa présentation au festival de Telluride, le film a été découpé en six épisodes) ou d’une traite, l’effet sera puissant : une vision infernale du monde, faite d’hallucinations et de grands morceaux de réalité, jusqu’à ce qu’on désespère de l’existence même de la vérité.
Le film jette une lumière inquiétante sur le système militaire américain au temps de la guerre froide
Le 28 novembre 1953, Frank Olson tombait de la fenêtre d’une chambre située au 13e étage de l’hôtel Statler, à Manhattan. Son épouse et ses trois enfants, qui résidaient aux abords de Fort Detrick, site de recherche sur les armes biologiques, dans le Maryland, furent informés de son suicide. Vingt-deux ans plus tard, l’administration Ford apportait les précisions suivantes : quelques jours avant sa mort, des collègues avaient administré au défunt, à son insu, une dose de LSD, produit sur lequel la CIA menait des recherches, dans l’espoir de s’en servir comme instrument d’interrogatoire. Le suicide d’Olson était la conséquence de ce que – quinze ans plus tard – les ennemis de l’Etat américain, hippies et autres yippies, appelleraient un bad trip.
Poses volontairement théâtrales
Ces premiers chapitres, Errol Morris les raconte à sa manière habituelle. Il mêle les images d’archives, les entretiens et les séquences jouées. Celles-ci ne peuvent tomber dans la catégorie des reenactments, ces scènes dont l’histoire a gardé la trace interprétées par des acteurs qui égaient les « docudrama ». Personne ne sait ce qui s’est passé lors du week-end entre agents pendant lequel le LSD a été administré à Olson, pas plus qu’on est certain de l’attitude de l’homme qui partageait sa chambre au Statler. Ce que propose Morris, ce sont des séquences qui semblent arrachées à un film noir oublié, jouées par des acteurs de premier rang (Peter Sarsgaard joue Olson, l’excellent Christian Camargo le seul témoin de sa mort).

        Lire aussi la chronique :
         

          Netflix, le nouveau nabab d’Hollywood



A la mise en scène spectaculaire de ces moments répondent les entretiens entre Morris et Eric Olson, le fils de Frank, enfant lors de la mort de son père, qui a consacré sa vie à une quête de la vérité qui l’a coupé de la plupart de ses amis et privé de la carrière universitaire que ses débuts brillants lui promettaient. Le réalisateur se filme face à son sujet, dans des poses volontairement théâtrales. Le discours obsessionnel (ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas convaincant) de cet orphelin est aussi matière à mise en scène.
Une quête qui n’a aucune chance d’aboutir
Wormwood (« absinthe ») emprunte son titre au verset de l’Apocalypse de Jean qui prédit la contamination des eaux lors des temps derniers. Ce qu’Errol Morris filme, c’est la contamination des certitudes par le mensonge d’Etat, mais aussi l’empoisonnement d’une vie par une quête qui n’a aucune chance d’aboutir. Le LSD n’est peut-être pas la raison de la mort de Frank Olson, qui aurait pu être impliqué dans l’emploi d’armes chimiques pendant la guerre de Corée. La CIA aurait conduit un programme d’assassinats de citoyens américains sur le sol national. Plus Eric Olson avance dans le temps, plus ses hypothèses les plus fantasques semblent approcher de la réalité, sans que celle-ci se laisse saisir.
Le réalisateur a parsemé son film d’extraits du Hamlet de Laurence Olivier. A la fin de cette expérience cinématographique hors du commun, on ne distingue presque plus Eric Olson, vengeur impuissant, de la figure du prince danois.

Film américain d’Errol Morris, avec Peter Sarsgaard, Christian Camargo, Molly Parker, Bob Balaban, disponible sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Steven Spielberg,  Danny Boon, Abdellatif Kechiche et Clint Eastwood font partie des réalisateurs qui marqueront ce début d’année.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/01/2018
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Pour tous les amateurs de cinéma, le programme de 2018

Steven Spielberg,  Danny Boon, Abdellatif Kechiche et Clint Eastwood font partie des réalisateurs qui marqueront ce début d’année.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 16h56
    |

            Isabelle Regnier, 
Jacques Mandelbaum et 
                                Thomas Sotinel








                        



                                


                            

A égrener la liste des films programmés dans les salles françaises dans les prochains mois, on se croirait dans une ­réunion de famille : de vieilles connais­sances qui ne peuvent s’empêcher de refaire un tour de piste pour amuser petits et grands, des chevaux de retour forcés de reprendre du service.
Le premier trimestre est aussi le moment où les productions américaines candidates aux Oscars se pressent dans les salles, du premier long-métrage en tant que réalisatrice de Greta Gerwig au dernier Steven Spielberg, qui, à 71 ans, proposera deux films (un pour les trophées, l’autre pour la famille) en trois mois. Enfin, les distributeurs proposeront un florilège de films non moins attendus par les cinéphiles, découverts ou non dans les festivals.
Frappées d’un label tricolore orné d’un coq gaulois, les confections traditionnelles déplaceront les foules, c’est en tout cas l’espoir des maisons qui les produisent : La Ch’tite Famille, de Danny Boon (23 février), Les Tuche (qui tentent le hat trick), d’Olivier Barroux (31 janvier), Taxi à la mode ­Besson, qui pour sa cinquième course reprend la route sous la conduite de Franck Gastambide (11 avril).

Toujours tricolore, mais noir, jaune et rouge (puisque Franquin était belge), on est invité à découvrir les avatars cinématographiques de Spirou et Fantasio (par Alexandre Coffre, 21 février) et de Gaston Lagaffe (par Pierre-François Martin-Laval, 4 avril).
Remakes, sequels et réincarnations
Au rayon grandes personnes en collants, on attend l’arrivée du premier super-héros afrodescendant, Black Panther, dirigé par Ryan Coogler (14 février), le retour des Avengers, pour Infinity War, des frères Russo (25 avril) et – ce n’est pas le même type de sous-vêtements – de Christian Grey et Anastasia Steele (50 nuances plus claires, de James Foley, 7 février).
Quant aux remakes, sequels et réincarnations,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ L’Australienne, engagée contre le harcèlement sexuel, a été nommée présidente du jury du 71e Festival de Cannes. Une nomination qui fait écho à l’affaire Harvey Weinstein.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ L’homme, qui a publié entre autres Duras et Belletto, est mort mardi 2 janvier lors d’un accident de la route, à l’âge de 73 ans.
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édition abonné


Mort de Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur subjectif et déraisonnable

L’homme, qui a publié entre autres Duras et Belletto, est mort mardi 2 janvier lors d’un accident de la route, à l’âge de 73 ans.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 10h09
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Il y a un peu plus d’un mois sortait en salle son deuxième film, Editeur, dans lequel Paul Otchakovsky-Laurens racontait que publier les livres écrits par d’autres lui avait « sauvé la vie ». Victime à 13 ans d’un abus sur lequel il avait dû garder le silence, il avait réussi à s’exprimer par la voix d’écrivains : « C’est la solution que j’ai trouvée pour ne pas devenir fou, pour rester à peu près maître de ce que je faisais », nous confiait fin novembre le patron des éditions qui portent ses initiales, P.O.L., s’estimant immensément « redevable », pour cette raison, à l’égard de ses auteurs (« Le Monde des livres » du 1er décembre). Lesquels, en retour, lui vouaient admiration et reconnaissance, ainsi qu’une amitié donnant un sens très familial à l’expression « maison d’édition ».

Ce formidable passeur, voué, disait-il, à « une littérature qui dit la vérité, par le biais d’une langue et d’une forme », qui fut l’éditeur de Georges Perec, Marguerite Duras, Emmanuel Carrère, Marie Darrieussecq, Jean Rolin, et tant d’autres, qui ouvrait les manuscrits, assis sur le sol en jonc de mer de son bureau avec une gourmandise intacte, après quarante-sept ans de métier, est mort le mardi 2 janvier, d’un accident de voiture à Marie-Galante (Petites Antilles). Il y passait des vacances avec sa compagne, l’écrivaine et peintre Emmelene Landon, qui a été blessée. Il avait 73 ans.
Il est né en 1944 à Valréas (Vaucluse) ; son père, le peintre Zelman Otchakovsky, juif de Bessarabie, meurt alors que Paul est nourrisson ; sa mère le confie bientôt à une cousine habitant Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), qui adopte l’enfant, lequel ajoutera son nom, Laurens, à son état civil. Après une enfance sur laquelle ce grand pudique lèvera un coin de voile dans son premier film, Sablé-sur-Sarthe, Sarthe (2009), il rêve d’études de cinéma, mais sa mère l’en dissuade, au prétexte qu’il prend des « photos minables »....




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 03/01/2018
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L’actrice Cate Blanchett présidera le jury du 71e Festival de Cannes

L’Australienne, couronnée de deux Oscars et engagée contre le harcèlement, est la onzième femme à se voir confier la présidence du rendez-vous cannois.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 06h21
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h23
   





                        



   


« Une présidente engagée », promettent les organisateurs : l’Australienne Cate Blanchett, actrice aussi exigeante que glamour, couronnée de deux Oscars, présidera le jury du 71e Festival de Cannes (8-19 mai), un choix qui s’est aussi porté sur une figure de proue de la lutte contre le harcèlement sexuel.
Cate Blanchett est la onzième femme à se voir confier cette fonction, quatre ans après la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. Agée de 48 ans, elle succède au cinéaste espagnol Pedro Almodovar, dont le jury avait décerné la Palme d’or au Suédois Ruben Ostlund pour The Square.
« Je viens à Cannes depuis des années comme actrice, comme productrice, pour les soirées de gala et pour les séances en compétition, pour le marché même. Mais je ne suis encore jamais venue pour le seul plaisir de profiter de la corne d’abondance de films qu’est ce grand festival », a réagi la star australienne dans un communiqué.
« Elle sera une présidente engagée »
« Nous sommes très heureux d’accueillir une artiste rare et singulière dont le talent et les convictions irriguent les écrans de cinéma comme les scènes de théâtre. Nos conversations, cet automne, nous promettent qu’elle sera une présidente engagée, une femme passionnée et une spectatrice généreuse », ont déclaré Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, délégué général.
Ce choix, s’il apparaît logique d’un point de vue artistique comme médiatique, peut être aussi interprété comme une volonté du Festival de Cannes de soutenir le combat contre le harcèlement sexuel dans la profession, depuis que l’affaire Harvey Weinstein a ébranlé le septième art à l’automne 2017.
Cate Blanchett a, en effet, été une des premières célébrités à prendre ouvertement position contre le producteur américain, accusé depuis le 5 octobre 2017 par une centaine de femmes de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol.

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                Et la parole des femmes se libéra



Quelques jours plus tard, lors de la cérémonie des InStyle Awards à Los Angeles (Californie), elle avait lancé « nous aimons toutes être sexy, mais ça ne veut pas dire que nous voulons b… avec vous », visant, sans le nommer l’ex-mogul de Hollywood qui a produit plusieurs films dont elle a été à l’affiche, comme Aviator de Martin Scorsese.
« Tout homme qui se trouve dans une position d’autorité ou de pouvoir et pense avoir le droit de harceler, menacer ou agresser sexuellement des femmes qu’il rencontre ou avec lesquelles il travaille doit rendre des comptes », avait-elle dit également à l’émission « Entertainment Tonight ». « Ce n’est jamais facile pour une femme de se dévoiler dans de telles situations et je soutiens de tout cœur celles qui l’ont fait », avait-elle ajouté.
Time’s Up
De la parole aux actes, la star australienne vient de lancer, avec d’autres actrices célèbres, comme Natalie Portman et Meryl Streep, la fondation Time’s Up (C’est fini). Ce projet disposera notamment d’un fonds destiné à financer un soutien légal pour les femmes et les hommes victimes de harcèlement sexuel au travail. L’organisation a déjà recueilli plus de treize des quinze millions de dollars (12,5 millions d’euros) qu’elle s’était fixés comme but.

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                « Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir toutes les victimes de harcèlement sexuel



Blonde diaphane, Blanchett, qui a remporté en 2005 l’Oscar de l’actrice dans un second rôle pour sa performance dans la peau de Katharine Hepburn dans The Aviator, a glané une autre statuette dans la catégorie reine de meilleure actrice en 2014 pour Blue Jasmine de Woody Allen. En 2007, elle a remporté le prix de la meilleure actrice à la Mostra de Venise, pour I’m Not There de Todd Haynes, dans lequel elle interprète le rôle d’un Bob Dylan androgyne.
Aussi à l’aise dans des films d’auteur, comme Babel, d’Alejandro González Iñárritu ; La Vie aquatique, de Wes Anderson ; Coffee and Cigarettes, de Jim Jarmusch ; Knights of Cup, de Terrence Malick ; que des superproductions hollywoodiennes, telle la trilogie du Seigneur des anneaux, de Peter Jackson, ou un des derniers films Marvel Thor : Ragnarok, elle a tourné avec les plus grands cinéastes contemporains.
Preuve de sa gymnastique de comédienne, elle sera bientôt à l’affiche de Ocean’s Eight, premier volet d’une saga de braqueuses, et elle jouera dans Where’d You Go Bernadette, adapté du roman de Maria Semple par Richard Linklater.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ En filmant la traite des Noirs de façon esthétisante, la réalisatrice Daniela Thomas s’est attirée les foudres de certains critiques dans son pays.
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« Vazante », le film qui ravive les plaies de l’esclavage au Brésil


                      En filmant la traite des Noirs de façon esthétisante, la réalisatrice Daniela Thomas s’est attirée les foudres de certains critiques dans son pays.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 09h34
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








   


La caméra s’attarde de longues minutes sur le regard perdu de Beatriz, une fillette de 12 ans, mariée, ou plutôt cédée par sa famille, à un fazendeiro (propriétaire terrien) quadragénaire, avant même sa puberté. Nous sommes dans le Brésil esclavagiste du début du XIXe siècle, dans l’État du Minas Gerais, à une époque où l’or se tarit. C’est de cette « banalité du mal » au sein d’« une société pervertie par la violence de l’esclavage » et par l’oppression des femmes que la réalisatrice Daniela Thomas a voulu témoigner dans son film Vazante, sur les écrans brésiliens depuis le 9 novembre. Et qui suscite de nombreux débats depuis sa sortie en salle. Car Beatriz, l’héroïne, est blanche. Et la communauté noire et métisse ne pardonne pas à la cinéaste de ne pas s’être intéressée à un personnage d’esclave.
Après un accueil dithyrambique au Festival de Berlin en février dernier où le film a fait l’ouverture de la section Panorama, Vazante (littéralement « marée descendante ») a provoqué une controverse au Festival de Brasília, sept mois plus tard. Au cours des discussions qui ont suivi la projection, Daniela Thomas a été accusée d’avoir, une fois de plus, décrit l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du pays à travers le prisme des Blancs.
Les stigmates de l’esclavage
Le long-métrage, filmé en noir et blanc de manière esthétisante, montre les chaînes, les coups de fouet, l’humiliation, l’exploitation sexuelle d’esclaves réduits au rang de sous-hommes. Mais, aux yeux des critiques, tel Juliano Gomes, de la revue “Cinética”, les esclaves sont représentés comme des pions anonymes, des éléments de décor, passifs, sans identité ni histoire. « Le problème est que Daniela adopte un modèle obsolète pour raconter un épisode central de l’histoire du pays. Les artistes brésiliens doivent évoluer vers une interprétation plus complexe des Noirs », a-t-il argué après la projection, soutenu par les militants de la cause noire.

Blessée, la cinéaste s’est défendue d’avoir voulu réaliser un film politique. « Vazante me représente. C’est ma vision du monde et des horreurs qu’il nous a faites, à nous, Brésiliens de toutes les couleurs, et qui cause encore des douleurs, comme on peut le constater », a-t-elle répondu dans une tribune à la revue Piauí, rappelant l’idée selon laquelle les coupables ne sont pas seulement des hommes mais un système entier. Un plaidoyer inaudible dans un pays où quelque 4 millions d’esclaves noirs ont été débarqués d’Afrique entre 1530 et 1888 et où cette barbarie laisse des stigmates encore visibles aujourd’hui.
« Les Noirs ne peuvent plus être dépeints comme une masse indéfinie. » Elisa Larkin Nascimento, directrice de l’Ipeafro
Longtemps baigné par le mythe du « racisme cordial », le Brésil ne peut plus fermer les yeux sur la violence quotidienne faite à une communauté directement descendante des esclaves. Majoritaires, les Noirs et métis composent 54 % de la population mais sont sous-représentés dans les classes aisées et surreprésentés dans les emplois de domestiques ou de vendeurs ambulants. Plus accablant encore, selon le Forum brésilien de sécurité publique, sur 100 victimes de tirs de policiers, 76 sont des Noirs.
« Les Noirs ne peuvent plus être dépeints comme une masse indéfinie. Un Noir est un homme qui souffre et qui réagit », s’emporte Elisa Larkin Nascimento, directrice de l’Institut de recherches et d’études afro-brésiliennes (Ipeafro), lassée de voir des personnalités comme Daniela Thomas qui, malgré de bonnes intentions, perpétuent l’idée d’une communauté invisible et soumise, alors que les historiens ont prouvé l’existence d’esclaves héroïques et résistants.
« Le sujet de l’esclavage au Brésil est un thème délicat à aborder. C’est un sujet chargé, constitutif de l’histoire de la majeure partie de la population et ceux qui en parlent sont souvent ignorants. Quel qu’aurait été le film, il aurait donné lieu à des commentaires exaltés », analyse Luiz Felipe de Alencastro. Mais l’historien perçoit dans cette polémique une évolution positive : les Noirs au Brésil prennent désormais la parole. « Il va falloir s’y habituer », assure-t-il.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Réalisé en 1951, le film de Robert Wise met en scène un extraterrestre animé de bonnes intentions.
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Reprise : « Le Jour où la Terre s’arrêta », plaidoyer contre l’arme nucléaire

Réalisé en 1951, le film de Robert Wise met en scène un extraterrestre animé de bonnes intentions.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h58
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Tiens, si on commençait l’année par la fin du monde ? On remerciera Splendor Films, distributeur patrimonial plein d’allant, d’en avoir eu l’idée, en programmant Le Jour où la Terre s’arrêta, réalisé en 1951 par Robert Wise. ­Cinéaste particulièrement apprécié de Jean-Pierre Melville, également monteur du Citizen Kane d’Orson Welles, il fut un de ces bons artisans hollywoodiens à l’œuvre inégale et remarquablement éclectique. Soixante ans de carrière, quarante longs-métrages, parmi lesquels des titres aussi marquants que Nous avons gagné ce soir (1949), West Side Story (1961), La Mélodie du bonheur (1965).
Nombreux seront les modernes à rendre hommage au film, de George Lucas à Paul ­Verhoeven etTim Burton
La science-fiction et le fantastique font aussi bien son affaire. Il a d’ailleurs commencé sa carrière au côté du célèbre producteur Val Lewton au studio RKO, où il signe La Malédiction des hommes-chats (1944) puis, d’après la nouvelle de Robert Louis Stevenson, Le ­Récupérateur de cadavres (1945). Le Jour où la Terre s’arrêta, tourné plus tardivement pour le compte de la Fox, adapte quant à lui une nouvelle d’Harry Bates publiée en 1940, Farewell to The Master. Ceci expliquant peut-être cela, le film sera donc une œuvre atypique de la science-fiction américaine des années 1950, durant lesquelles l’idéologie mise au service de la guerre froide fait des ravages dans les mœurs, les consciences et les œuvres. Plus volontiers pacifiste qu’anticommuniste, humaniste que nationaliste-délateur, le film, qui montre par surcroît un extraterrestre véritablement extraterrestre en ce qu’il est animé de bonnes intentions, est un vibrant plaidoyer contre l’arme nucléaire et l’équilibre de la terreur.
L’action se déroule à Washington, avec l’arrivée d’une soucoupe volante. L’extraterrestre qui en descend a forme humaine et belle prestance, il se nomme Klaatu, tient des propos conciliateurs et raisonnables. On lui tire néanmoins dessus. Hospitalisé, il demande à rencontrer urgemment les présidents des principales nations, mais on lui fait comprendre qu’ils sont en guerre et ont d’autres chats à fouetter. Il s’enfuit et entreprend, sous couvert d’un anonymat bientôt levé, de se faire une opinion de l’espèce humaine in vivo, contactant l’un des plus grands savants américains pour tenter de lui délivrer son message. Par ailleurs installé dans une modeste pension de famille, il devient ami avec un gentil garçonnet, inspire à sa mère des sentiments troubles, et trouve en l’amant de celui-ci, qui le dénonce, un prototype de la bêtise et de la méchanceté humaine.
Délicieusement kitsch
L’extraterrestre tient en guise d’adieu à l’espèce humaine un discours d’essence hobbesienne sur la nécessité pour les Terriens, ces apprentis sorciers atomiques, de se placer désormais sous la protection d’une police de l’espace créée pour maintenir la paix cosmique, sans quoi la Terre sera rayée dudit cosmos. Raidi par l’âge et doté d’accessoires délicieusement kitsch (la combinaison phosphorescente de Klaatu, le fouet à mayonnaise avec lequel il descend de l’engin…), le film se distingue néanmoins par son souci de réalisme et l’extrême parcimonie de ses effets.
Une soucoupe étincelante comme une assiette, un robot métallique doté d’un rayon désintégrateur (nommé Gnut dans la nouvelle, il devient Gort dans le film), une panne d’électricité générale, un extraterrestre distingué qui fleure l’after-shave anglais (le hiératique Michael ­Rennie, dans son unique premier rôle), et le tour est joué. Le film – soutenu par la composition pionnière pour thérémines du génial Bernard Herrmann – est par ailleurs suffisamment habité et inquiétant pour poser au grand ancêtre de la science-fiction intelligente. Nombreux seront les modernes à lui rendre hommage, de George Lucas jusqu’à Paul ­Verhoeven, en passant par Tim Burton qui parodie dans Mars ­Attacks ! la scène inaugurale du film et en inverse par malice la polarisation. Vous noterez enfin au passage le syntagme extraterrestre « Klaatu barada nikto », formule que des générations de fans énamourés et de petits malins se sont amusés à reprendre ici et là depuis plus de soixante ans.

Film américain de Robert Wise. Avec Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe (1 h 32). Sur le web: www.splendor-films.com, www.facebook.com/SplendorFilms/



                            


                        

                        

