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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le naufrage de plusieurs embarcations de fortune parties de Libye a tué dix migrants. Plus d’une cinquantaine de personnes sont toujours portées disparues.
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Naufrages meurtriers en Méditerranée

Le naufrage de plusieurs embarcations de fortune parties de Libye a tué dix migrants. Plus d’une cinquantaine de personnes sont toujours portées disparues.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 17h02
   





                        


Le naufrage d’embarcations parties de Libye vers l’Europe a causé la mort d’au moins dix migrants en Méditerranée, selon le dernier bilan transmis lundi 8 janvier. Plus d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles de jeunes enfants, sont toujours portées disparues.
Un premier canot est parti de Garabulli, à 50 kilomètres à l’est de Tripoli, dans la nuit de vendredi à samedi mais, au bout de 8 ou 9 heures, il a commencé à se dégonfler et à prendre l’eau. Dans la panique, beaucoup de personnes sont tombées à l’eau, tandis que d’autres ont attendu les secours, accrochées à ce qu’il restait du canot, avec les cadavres de leurs proches flottant alentour.
Prévenus par un avion de surveillance de la mission navale européenne antipasseur « Sophia », la marine et les gardes-côtes italiens ont pu sauver 86 personnes et récupérer les corps sans vie de six femmes et deux hommes.

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Plusieurs naufrages
Selon les survivants, qui ont rencontré des représentants du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de Médecins sans frontières (MSF) à leur arrivée lundi à Catane, en Sicile, le canot était parti avec 140 ou 150 personnes à bord. Cela fait au moins entre 40 et 50 disparus, dont quinze femmes et six enfants âgés de deux à six ans.
Selon l’OIM et le HCR, les migrants qui se trouvaient à bord de ce canot venaient de Gambie, de Guinée, du Sierra Leone, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Cameroun et du Nigeria.

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Dimanche, la marine libyenne est intervenue auprès de deux embarcations en détresse au large de la Libye, parties samedi soir, elles aussi, de Garabulli, récupérant 290 migrants et les corps sans vie de deux femmes. Les migrants ont été reconduits en Libye, où, selon l’OIM, ils ont signalé dix personnes disparues.
En 2017, au moins 3 116 migrants sont morts ou disparus en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, dont 2 833 au large de la Libye, selon un décompte de l’OIM. Mais les tentatives de traversées sont en forte baisse depuis l’été, après les efforts italiens pour empêcher les migrants de prendre la mer, à la suite d’accords avec les autorités et les milices libyennes.



                            


                        

                        


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Formation d’un gouvernement en Allemagne : dépêchez-vous, Mme Merkel

Editorial. Les élections européennes de 2019 risquent de tourner au fiasco si les dirigeants allemands n’accélèrent pas à former un gouvernement.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 14h44
   





                        


Editorial du « Monde » C’est presque une routine : au lendemain de la trêve des confiseurs, nos voisins allemands ont repris, dimanche 7 janvier, les négociations qui leur permettront peut-être, au printemps, de parvenir à former un gouvernement, à moins que ces pourparlers n’échouent. Il n’y aurait alors d’autre solution que de tenir de nouvelles élections ; aucun gouvernement ne serait plus à espérer avant le deuxième semestre 2018, car, très probablement, de nouvelles négociations s’imposeraient pour construire une autre coalition.

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C’est l’infortunée situation dans laquelle le scrutin législatif du 24 septembre 2017 a plongé la chancelière Angela Merkel. Sa formation, les chrétiens-démocrates de la CDU-CSU, en est sortie affaiblie avec seulement 33 % des voix, une contre-performance aggravée par la forte poussée du parti d’extrême droite AfD. Partenaire de la CDU dans la coalition sortante, le parti social-démocrate SPD a réalisé son pire score de l’après-guerre. Une première tentative de négociation en vue de former une coalition dite « Jamaïque », rassemblant la CDU-CSU, les libéraux du FDP et les Verts, a échoué en novembre. Mme Merkel s’est donc tournée vers le SPD, avec lequel elle mène jusqu’au 12 janvier des entretiens « exploratoires ». Si ces discussions se révèlent positives, d’autres négociations seront entamées le 22 janvier, au lendemain du congrès du SPD, pour élaborer le contrat de coalition.
Tout cela est d’une lenteur insupportable. On fera valoir, outre-Rhin, que les longues négociations de coalition sont une spécificité de la vie politique allemande, et que, même avec un gouvernement qui expédie les affaires courantes, l’Allemagne va très bien, merci. Une sorte de version germanique de Chi va piano, va sano, s’imposerait donc naturellement.
Dynamique européenne au point mort
Mais le temps n’est pas à la routine, ni même à se hâter lentement. L’Allemagne n’est plus seule, elle est le plus grand pays de l’Union européenne, par sa population et par sa puissance économique. Profondément arrimée à l’UE, elle joue un rôle essentiel dans la zone euro. L’infortunée situation qui a résulté des élections du 24 septembre n’affecte pas seulement la chancelière Merkel, mais l’Europe tout entière.
Ailleurs, les forces populistes ne désarment pas.
Elle affecte au premier chef la France, que nos amis allemands ont assez mise en garde au printemps 2017 contre une possible victoire de Marine Le Pen et des forces populistes aux élections de mai et juin. De tels choix, faisait valoir Berlin à juste titre, sonneraient le glas de la construction européenne. La victoire d’Emmanuel Macron, puis la vague parlementaire de La République en marche ont renversé la tendance, au grand soulagement de Berlin et de Bruxelles. M. Macron s’est mis au travail et a présenté, deux jours après le scrutin allemand, avec le discours de la Sorbonne le 26 septembre, ses propositions de refondation de l’Europe.
Depuis, le silence de Berlin est assourdissant. Angela Merkel est trop occupée pour répondre. La dynamique européenne créée par les élections françaises est au point mort. Ailleurs, les forces populistes ne désarment pas. Une autre échéance critique se profile, celle des élections législatives en Italie, le 4 mars. Les élections européennes de 2019 risquent de tourner au fiasco si l’Allemagne n’accélère pas. Si les dirigeants allemands sont capables de sortir de leur enfermement pour entendre un seul message, le voici : Beeilen Sie sich, Frau Merkel ! Dépêchez-vous, MmeMerkel !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’ex-chef d’Etat est considéré comme un rival potentiel pour l’élection présidentielle de 2019.
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Turquie : guerre des mots entre le président Erdogan et son ancien allié Abdullah Gül

L’ex-chef d’Etat est considéré comme un rival potentiel pour l’élection présidentielle de 2019.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 11h06
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

La promulgation d’un décret-loi controversé a fait voler en éclats le fragile consensus existant entre l’actuel président turc, Recep Tayyip Erdogan, et son prédécesseur, Abdullah Gül, tous deux fondateurs du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir depuis 2002.
Les dissensions entre l’actuel et l’ancien président ont éclaté au grand jour à la fin du mois de décembre 2017, juste après la publication du décret-loi n° 696 qui accorde l’immunité à tous les civils, quelle que soit la nature de leurs actes, dès lors qu’ils agissent au nom de l’antiterrorisme ou pour prévenir une tentative de renversement du gouvernement. Publié au journal officiel, le texte a suscité l’indignation de la classe politique, y compris celle d’Abdullah Gül.

Réagissant sur son compte Twitter, l’ancien président (2007-2014) a alors fustigé l’« ambiguïté » du décret-loi, « préoccupante », selon lui, au regard de la notion d’Etat de droit. « J’espère qu’il sera réexaminé afin d’éviter des développements susceptibles de nous attrister », a souhaité l’ancien compagnon de route du président Erdogan, qui vit aujourd’hui retiré de la vie politique.
Abdullah Gül a ouvertement critiqué l’« ambiguïté préoccupante » d’un texte de loi antiterroriste
Il n’en fallait pas plus pour irriter l’homme fort de Turquie. « C’est quoi ce défaitisme au moment même où nous sommes en train d’approfondir nos relations avec notre nation ? », a fulminé M. Erdogan lors d’une réunion de l’AKP à Düzce (à l’est d’Istanbul). « Ne sommes-nous pas des amis ? Comment peux-tu monter dans le bateau de Kemal ? », a-t-il insisté, en référence à Kemal Kiliçdaroglu, le responsable du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition, tout en se gardant de nommer directement M. Gül.
Cofondateur de l’AKP avec M. Erdogan, Abdullah Gül a souvent pris publiquement ses distances avec son ancien compagnon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’échec des pourparlers avec les Verts et le FDP est attibué à leur caractère trop public.
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Négociations à huis clos entre les conservateurs et le SPD

L’échec des pourparlers avec les Verts et le FDP est attibué à leur caractère trop public.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 10h43
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Les conservateurs allemands (CDU-CSU) en sont convaincus : s’ils ont échoué à former un gouvernement avec les libéraux (FDP) et les Verts après les élections législatives du 24 septembre 2017, cela tient notamment à la façon trop publique dont se sont déroulés les pourparlers. Avec les sociaux-démocrates, sur qui ils comptent désormais pour constituer une « grande coalition », ils ont décidé de procéder différemment.
A l’automne 2017, la CDU-CSU, le FDP et les Verts s’étaient donné un mois pour dire s’ils estimaient possible de gouverner ensemble. Pendant ce mois, les négociateurs des trois partis se sont largement exprimés dans les médias et sur les réseaux sociaux pour exposer leurs exigences et leurs griefs. Parallèlement, ils ont abondamment profité du balcon du bâtiment où avaient lieu leurs réunions, en face du Bundestag, à Berlin, pour se mettre en scène. Grâce aux cameramen et aux photographes postés face à ce fameux balcon pour saisir les jeux de regard et la géographie des apartés entre les uns et les autres, les Allemands ont pu suivre, pratiquement comme au spectacle, l’évolution des tractations.
Papier occultant sur les fenêtres
Cette fois, les dirigeants de la CDU-CSU et du SPD ont estimé que cinq journées suffiraient pour constater, ou non, la possibilité de s’entendre sur un programme de gouvernement. Au terme de ce délai, soit vendredi 12 janvier, l’idée est d’aboutir à un document de 6 à 8 pages listant les principaux points d’accord. Le 19 novembre 2017, le mois de pourparlers avait accouché d’un texte de travail de 61 pages qui, parce qu’il se voulait peut-être trop précis, se révéla finalement impossible à boucler. Enfin, les trente-neuf négociateurs de la CDU-CSU et du SPD ont été priés de se faire discrets sur les réseaux sociaux et dans la presse afin d’éviter que des expressions médiatiques intempestives ne compliquent les discussions à huis clos.

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La consigne a été respectée, dimanche 7 janvier, au premier jour des pourparlers. Après dix heures de discussions à l’abri des regards indiscrets – au point que du papier occultant avait été mis aux fenêtres derrière lesquelles elles avaient lieu, au siège du SPD –, seul un dirigeant social-démocrate a pris la parole devant les journalistes pour indiquer, au nom des trois partis, que les échanges avaient été « constructifs » et « ouverts », et que les participants partageaient la conviction suivante : « On ne peut pas simplement continuer comme avant, car les temps ont changé et cette nouvelle époque appelle une nouvelle politique (…) et un nouveau style politique. » Il n’en a pas dit davantage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Une nouvelle génération de conservateurs allemands, plus à droite, tente de s’affirmer face à la chancelière.
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A la CDU, l’« après-Merkel » n’est plus tabou

Une nouvelle génération de conservateurs allemands, plus à droite, tente de s’affirmer face à la chancelière.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 10h36
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un sondage qui résume l’ambivalence de la situation où se trouve Angela Merkel, celle d’une chancelière affaiblie mais dont personne ne sait quand elle quittera le pouvoir ni à qui elle cédera la place à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Publiée jeudi 4 janvier, trois jours avant le début des pourparlers entre les conservateurs et les sociaux-démocrates en vue de la formation d’une « grande coalition », cette étude Infratest dimap pour la chaîne ARD est à la fois encourageante et embarrassante pour les prétendants à la succession de Mme Merkel. Encourageante, car 60 % des sympathisants de la CDU estiment que le temps est venu de renouveler la direction du parti. Embarrassante, car 70 % des électeurs conservateurs considèrent, malgré cela, que Mme Merkel doit continuer à diriger le gouvernement.
Cette situation donne au climat qui règne à l’intérieur de la CDU des allures de veillée d’armes. Après le résultat décevant des conservateurs aux élections législatives du 24 septembre 2017 (33 % des voix, leur plus mauvais score depuis 1949), quelques responsables locaux ont ainsi réclamé publiquement le départ de Mme Merkel. Certes, ils ne sont qu’une poignée, mais en raison de leur concomitance, leurs récents coups de colère sont le signe d’une impatience qui ne craint plus de s’exprimer au grand jour.
Parmi les élus et au sein de la direction du parti, personne n’a encore osé formuler une telle revendication. Mais, chez certains, l’évocation d’un après-Merkel ne semble plus être un sujet tabou. En témoignent les propos rapportés par le quotidien Bild, le 20 décembre 2017, selon lequel l’ancien président du Bundestag, Norbert Lammert, aurait expliqué à des proches que Mme Merkel ne saurait être à nouveau candidate à la chancellerie en cas d’échec des négociations avec le SPD et d’organisation de nouvelles élections. Ou encore l’entretien croisé accordé par Daniel Günther et Jens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Dans cette ville de l’ex-RDA, le projet de reconstruction d’une église dont l’histoire est fortement liée à l’époque nazie suscite de vives oppositions, révélatrices des fractures mémorielles du pays.
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A Potsdam, l’église de la discorde

Dans cette ville de l’ex-RDA, le projet de reconstruction d’une église dont l’histoire est fortement liée à l’époque nazie suscite de vives oppositions, révélatrices des fractures mémorielles du pays.



Le Monde
 |    08.01.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 06h48
    |

            Thomas Wieder (Potsdam (Brandebourg) - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un culte au milieu des pelleteuses, un froid dimanche d’automne. Ce 29 octobre 2017, environ quatre cents personnes fêtent le début de la reconstruction de l’église de la Garnison (Garnisonkirche), au cœur de Potsdam, la capitale du Brandebourg, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Berlin. Mais elles ne sont pas seules : à peine l’office religieux a-t-il commencé qu’une centaine d’opposants au projet font irruption, sifflet en bouche et pancartes à la main. « Pas de mémorial pour les ennemis de la démocratie ! », « Non à un lieu de pèlerinage nazi ! », peut-on lire. « Honte à vous ! », scanderont les manifestants tout au long de la cérémonie, orchestrée par l’évêque Wolfgang Huber, l’ancien président de l’Eglise évangélique allemande (EKD), qui fédère 22 millions de protestants à travers le pays.
Pourquoi une telle indignation ? Comment expliquer que la réédification de cette église, bâtie entre 1733 et 1735 sur ordre de Frédéric Ier de Prusse, puis largement détruite par la Royal Air Force lors des bombardements d’avril 1945, et dont les derniers vestiges ont été rasés à la fin des années 1960 à la demande des autorités est-allemandes, suscite une telle opposition, au point d’avoir été qualifiée par le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung de « reconstruction la plus contestable d’Allemagne » ?

Pour le comprendre, il faut remonter au 21 mars 1933. Ce jour-là, Adolf Hitler, chancelier depuis moins de deux mois, se rend à la Garnisonkirche accompagné du président du Reich, le vieux maréchal Paul von Hindenburg, pour la séance inaugurale du Reichstag (Parlement), issu des dernières élections législatives. Le choix de la date ne doit rien au hasard : c’est le 21 mars 1871, soixante-deux ans plus tôt jour pour jour, que Bismarck a inauguré le premier Reichstag. Le lieu non plus n’a rien d’anodin : en choisissant cette église où se trouvent les tombeaux de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’Ofpra, qui accorde la protection de la France aux personnes persécutées dans leur pays, a enregistré 17 % de demandes de plus qu’en 2016
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/01/2018
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Le cap des 100 000 demandes d’asile franchi en France en 2017

L’Ofpra, qui accorde la protection de la France aux personnes persécutées dans leur pays, a enregistré 17 % de demandes de plus qu’en 2016



Le Monde
 |    08.01.2018 à 06h41
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08.01.2018 à 11h23
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
En 2017, la barre symbolique des 100 000 demandes d’asile a été franchie, selon les chiffres publiés lundi 8 janvier par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Une hausse de 17 % sur un an, et un record, en dépit de la difficulté à faire enregistrer sa demande à Paris ou dans les Hauts-de-France, et même plus prosaïquement à entrer sur le territoire français. Malgré un discours de bienvenue aux réfugiés, la dissuasion se décline sur tous les modes.

Si 2017 marque un tournant quantitatif, avec 100 412 demandes, l’année a aussi vu l’émergence de nouveaux profils, venus d’Afrique. Parmi les dix nationalités qui ont le plus sollicité la France, la moitié est issue de ce continent. Les Soudanais, qui sont en bonne place (la quatrième en 2017) dans la liste des pays demandeurs depuis 2015, sont désormais rejoints par des francophones : Guinéens (5e place), Ivoiriens (7e), Congolais (8e) et Algériens (9e).

A peine installé à l’Elysée, Emmanuel Macron s’est attaqué à ce dossier de la migration africaine. Le chef de l’Etat tente de limiter les départs vers l’Europe par une collaboration étroite avec les pays du Sahel, chargés de les retenir ; mais aussi en travaillant avec des forces libyennes et en faisant venir 3 000 réfugiés africains d’ici à 2019, pour créer une voie légale et dissuader – espère-t-il – les départs.
Albanie, premier pays demandeur d’asile
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui travaille lui aussi à réduire les entrées en France, s’est surtout focalisé sur l’Albanie depuis son arrivée place Beauvau, en faisant pression sur les autorités pour dissuader les départs. En dépit de son étroitesse territoriale, ce petit Etat des Balkans se classe premier demandeur d’asile en France en 2017, avec une hausse globale de 66 % des dossiers sur un an. L’année 2018 pourrait être différente puisque la courbe de cette demande montre une baisse de 40 % entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Cette pratique décriée est interdite par l’Union européenne depuis 1998, mais des dérogations ont été accordées par Bruxelles à partir de 2007.
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Pêche électrique : des ONG accusent la Commission européenne

Cette pratique décriée est interdite par l’Union européenne depuis 1998, mais des dérogations ont été accordées par Bruxelles à partir de 2007.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 22h23
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08.01.2018 à 09h37
   





                        


Alors que le Parlement européen doit voter, le 16 janvier, sur le développement de la pêche électrique, les opposants à cette pratique interpellent la Commission européenne et appellent à ne pas l’autoriser largement, révèlent dimanche 8 janvier Le Journal du dimanche et Libération.
Des ONG telles que Bloom et The Black Fish ont publié un document signé par des scientifiques de la Commission européenne qui mettaient en garde dès novembre 2006 contre les dangers de ce mode de pêche très décrié consistant à « envoyer des décharges dans le sédiment afin de capturer plus facilement les poissons plats qui y sont enfouis ». Sont utilisés des chaluts à perche – des filets fixés à une armature rigide et lestés pour racler les fonds – dont les chaînes sont remplacées par des électrodes.

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La pêche électrique est interdite par l’Union européenne depuis 1998, mais des dérogations ont été accordées par Bruxelles à partir de 2007. Selon les ONG, qui ont adressé une lettre aux institutions européennes, le comité d’experts scientifiques de la Commission européenne n’a pas donné son feu vert au développement de cette pratique, dans un rapport publié un mois seulement avant l’accord des dérogations.
« Non seulement l’organe scientifique de la Commission européenne n’a jamais donné son aval pour de telles dérogations, mais il a même explicitement déconseillé à la Commission européenne d’en accorder », s’indigne dans Libération le directeur scientifique de l’association Bloom, Frédéric Le Manach.
Un premier vote en novembre
Cette méthode de prélèvement est autorisée à titre expérimental à hauteur de 5 % des flottes de chalutiers à perche de chaque Etat membre, et uniquement en mer du Nord, mais selon Bloom, les Pays-Bas dépassent largement ces quotas. La France n’a pas recours à cette méthode.
En novembre 2017, la commission de la pêche au Parlement européen a voté un possible élargissement de cette pratique, supprimant toute limite en mer du Nord, et élargissant notamment à tous les types de pêche, et plus seulement les flottes de chalut à perche. Les eurodéputés voteront le 16 janvier en session plénière sur les propositions de la commission spécialisée. Selon Le Journal du dimanche, l’eurodéputé français Yannick Jadot (EELV) va demander le report de ce vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.
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Anwar et les chantiers d’insertion : travailler le jour pour ne pas gamberger la nuit

Dans le cadre du projet européen « Les nouveaux arrivants », « Le Monde » suit un groupe de réfugiés installés à Vichy. Durant un an, nous racontons l’intégration de ces hommes originaires du Soudan et d’Erythrée.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
08.01.2018 à 13h07
    |

Emile Costard (Vichy, envoyé spécial)







                        



   


Il y a peine trois mois, Anwar arpentait les rues de Vichy sur un vélo Peugeot rafistolé. Aujourd’hui, il a troqué sa vieille bicyclette contre un vélo de course flambant neuf. A l’époque, ce jeune Soudanais tuait ses après-midi sur les ordinateurs de la bibliothèque municipale. Il avait l’air soucieux. A présent, ses journées sont bien remplies et son visage barré d’un sourire franc traduit un certain apaisement.
Travailler, s’occuper, c’est un peu comme quand il fait du vélo : s’il arrête de pédaler, il tombe. Alors, quand il a reçu un retour positif pour intégrer un chantier d’insertion, il n’a pas hésité une seconde. Lorsque nous l’avions rencontré en septembre 2017, il se rendait à une réunion d’information pour en intégrer un. Dans l’ancienne usine d’embouteillage des eaux de Vichy, située à deux pas de la gare et reconvertie depuis 2008 en pôle tertiaire, une trentaine de personnes – surtout des hommes – attendaient patiemment pour signer la feuille d’émargement.

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« Les ateliers et chantiers d’insertion proposent un accompagnement et une activité professionnelle aux personnes sans emploi rencontrant des difficultés, alors il faudra nous parler de vos problèmes, on vous accompagnera ensuite dans vos projets professionnels », expliquait alors le référent Pôle emploi en guise d’introduction. Collecte de vêtements, réparation de voitures dans un garage solidaire, recyclage de palettes en bois pour les entreprises ou de matériel électroménager récupéré en déchetteries, plusieurs chantiers d’insertion étaient proposés par quatre associations.
Le chemin de l’emploi
Alors que la réunion se terminait, Anwar semblait légèrement perplexe. Les activités proposées ne l’emballaient pas vraiment. S’il avait pu choisir, il aurait préféré travailler dans la mécanique. Mais le chantier du garage solidaire était déjà plein, alors il a pris ce qu’on lui donnait. « Au Soudan, j’ai étudié la littérature pendant trois ans et j’ai des compétences en maintenance informatique, racontait-il. Dans un premier temps, je suis prêt à faire n’importe quoi mais j’aimerais vraiment reprendre des études. »

   


Depuis le 10 octobre, Anwar travaille sur les hauteurs de Bellerive (Allier), à dix minutes en transport du centre-ville de Vichy. Au fond d’une impasse, un grand portail s’ouvre sur un hangar entouré de montagnes de palettes. Le son d’une scie à bois rythme les allers et retours d’un monte-charge qui zigzague entre les tours de bois. Stéphane Trinidad, encadrant technique d’Avenir Bois, nous accueille dans un Algéco qui abrite le secrétariat avant de nous faire faire le tour des ateliers. « Ici, nous collectons des palettes usagées et nous les reconditionnons avant de les revendre aux entreprises. Tous les gars viennent avec leurs problèmes, nos équipes sont très mélangées mais j’ai un taux d’absentéisme égal à zéro », témoigne cet homme trapu d’une quarantaine d’années. « Mon objectif, c’est qu’après être passés ici, tous prennent le chemin de l’emploi. »
Devenir écrivain
Il est 10 heures, le moment pour les employés de prendre leur pause. Anwar retire ses boules Quiès, quitte la cloueuse sur laquelle il assemblait des planches de bois et se dirige vers l’accueil pour se faire un café. Stéphane Trinidad a acheté une bûche pour fêter le dernier jour de travail avant les vacances de Noël et l’équipe célèbre aussi le départ d’Isabelle, la secrétaire. Alors la pause s’éternise et les conversations vont bon train. Un réfugié tchétchène installé en France depuis plusieurs années s’extasie devant le niveau de langue d’Anwar et d’Isabelle, s’insurge contre ce qu’elle entend parfois dans les médias concernant les migrants. D’Anwar, ils ne savent que peu de chose, mais imaginent tous qu’il n’est pas venu ici pour le plaisir.

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Anwar a presque 30 ans et quand il vivait au Soudan, il rêvait de devenir écrivain. Mais la guerre a bousculé ses projets. « J’étudiais à l’université de Juba, j’écrivais aussi dans un journal en ligne soudanais. Mais après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, la situation a rapidement dégénéré. Les cours n’étaient plus dispensés. La guerre a éclaté, je n’avais plus aucune perspective. » Il est originaire du Darfour, d’un village de l’ouest du Soudan qui n’existe plus aujourd’hui. « En 2004, mon village a été rasé. Depuis, les gens vivent dans les camps alentour. Quand j’ai dû quitter Juba, je n’avais nulle part où aller. »

   


Avant d’arriver en France en 2015, Anwar est passé par l’Egypte et l’Italie. Après six mois d’errance dans les rues françaises et un séjour à Calais qu’il compare à ce qu’il a vécu dans les camps du Darfour, il est envoyé dans un centre d’accueil et d’orientation à Varennes-sur-Allier (CAO). En 2016, une fois son statut de réfugié obtenu, il décide d’emménager à Vichy. Mais Il lui faudra six mois pour trouver un appartement jusqu’à ce qu’un employé du 115 le mette en contact avec le propriétaire d’un studio. L’appartement n’est pas grand, mais il dort au chaud.
« Drame de vie »
Anwar ne s’étend pas sur son exil, mais raconte les mois passés dehors en France. L’entraide entre Soudanais. La solitude aussi. Il parle du conflit au Darfour, des bombardements qu’il a vécus, des millions de morts. Il s’insurge du silence planétaire, explique ce sentiment d’abandon et la résignation de ses compatriotes face à l’horreur. Il parle « d’un drame de vie ». Pour lui, le Darfour se résume ainsi. L’expression est récurrente et ponctue son récit.
« Le drame de vie » se déroule aujourd’hui à des milliers de kilomètres de son quotidien, mais le smartphone sur lequel il pianote à intervalles réguliers lui rappelle souvent la situation dans laquelle vivent ses proches. « Je suis en contact avec eux. Toute ma famille vit dans un camp et j’ai des amis de l’université à Juba. Les exactions sont quotidiennes. La nuit, je pense trop, je ne dors pas beaucoup. »

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Alors le jour, il s’occupe pour ne pas gamberger. Il a passé des heures à faire des lignes d’écriture et à lire en français. Le soir, quand il allume son téléviseur, son smartphone n’est jamais loin. « Quand je ne comprends pas un mot, je le répète dans l’application traduction de Google pour améliorer mon vocabulaire. » En à peine deux ans, il a été capable d’assimiler l’alphabet latin et parle aujourd’hui un français qu’il juge encore trop hésitant. La langue est l’une de ses priorités. La pause se termine. Il s’engouffre dans l’atelier. Un appartement et un emploi, les mois d’errance sont derrière lui. S’il n’est pas « arrivé », Anwar a déjà bien avancé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Des négociations reprennent à Berlin ce dimanche. En cas d’échec, l’avenir politique d’Angela Merkel pourrait être compromis.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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Allemagne : les conservateurs se tournent vers les sociaux-démocrates pour une « grande coalition »

Des négociations reprennent à Berlin ce dimanche. En cas d’échec, l’avenir politique d’Angela Merkel pourrait être compromis.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 08h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Près de deux mois après avoir échoué à former un gouvernement avec les libéraux (FDP) et les Verts, les conservateurs allemands (CDU-CSU) entament, à partir de dimanche 7 janvier, un nouveau cycle de négociations à Berlin, cette fois avec les sociaux-démocrates (SPD), dans l’espoir de constituer avec eux une « grande coalition ».
Ces négociations se dérouleront en deux étapes. La première, qui doit durer jusqu’au vendredi 12 janvier, est celle dite des « discussions exploratoires » : pendant six jours, les représentants de la CDU-CSU et du SPD – 39 personnes au total – doivent se réunir par petits groupes thématiques afin de fixer les grandes orientations du prochain gouvernement. La seconde, celle de la rédaction du contrat de coalition proprement dit, commencera lundi 22 janvier, au lendemain du congrès du SPD, prévu la veille à Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), lors duquel les délégués du parti seront appelés à valider les résultats des discussions exploratoires.

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Séquence à haut risque pour Angela Merkel
Pour Angela Merkel, la réussite de ces négociations est un impératif. Affaiblie par le score décevant de la CDU-CSU aux élections législatives du 24 septembre 2017 (33 % des voix, le pire résultat obtenu par les conservateurs depuis 1949) puis par l’échec des pourparlers avec le FDP et les Verts, la chancelière sortante a tout intérêt à former une « grande coalition » avec le SPD.

   


En cas d’échec, son avenir à la tête de l’Allemagne pourrait être compromis. Dans une telle perspective, les deux hypothèses envisageables pour la suite sont, en effet, politiquement risquées, qu’il s’agisse de la mise en place d’un gouvernement minoritaire, une expérience jamais tentée en Allemagne et à laquelle Mme Merkel s’est déjà dite défavorable, ou de la tenue de nouvelles élections, forcément périlleuse dans la mesure où certains, à la CDU-CSU, pourraient en profiter pour réclamer son départ et la désignation d’un(e) autre candidat(e) à la chancellerie.
Vis-à-vis de l’opinion, la réussite des pourparlers avec le SPD est d’autant plus importante pour Angela Merkel que les trois mois qui se sont écoulés depuis les législatives ont érodé sa popularité. Selon le dernier baromètre ARD-DeutschlandTrend, publié jeudi 4 janvier, 53 % des Allemands souhaitent qu’elle reste chancelière. Ils étaient 61 % en octobre 2017.
De même, d’après un sondage YouGov pour l’agence de presse DPA, paru le 27 décembre 2017, 47 % des Allemands souhaitent que Mme Merkel quitte la chancellerie avant la fin de son mandat, en 2021 (soit 11 points de plus qu’en octobre), seuls 36 % d’entre eux souhaitant la voir au pouvoir pour quatre ans encore (ils étaient 44 % deux mois plus tôt).
Martin Schulz sous la pression de sa base
Pour Martin Schulz, la partie s’annonce également délicate. Après avoir déclaré, au soir des législatives, qu’il ne souhaitait pas que son parti gouverne à nouveau avec les conservateurs, le président du SPD doit maintenant convaincre sa base qu’il a eu raison de changer d’avis, fin novembre, après l’échec des pourparlers entre la CDU-CSU, le FDP et les Verts.

   


Aujourd’hui, les sociaux-démocrates sont en effet très réservés quant à l’idée d’une nouvelle grande coalition. Depuis l’arrivée de Mme Merkel à la chancellerie, ils ont en effet déjà participé à deux reprises à un gouvernement de ce type (2005-2009 puis 2013-2017). Or, au terme de ces deux expériences, le SPD a été lourdement sanctionné dans les urnes. Aux dernières législatives, il n’a ainsi recueilli que 20,5 % des voix, 5,2 points de moins qu’en 2013.
Dans ce contexte, beaucoup estiment qu’il serait suicidaire de poursuivre l’aventure, et que le parti aurait davantage intérêt à se refaire une santé dans l’opposition plutôt que de servir de force d’appoint à une Mme Merkel en fin de course.
Obtenir des concessions significatives
S’il veut avoir le feu vert des délégués du SPD lors du congrès prévu à Bonn, le 21 janvier, avant de faire valider le contrat de coalition par l’ensemble des adhérents quelques semaines plus tard, M. Schulz sait qu’il doit obtenir des concessions significatives de la part de la CDU-CSU. En 2013, le SPD avait réussi à introduire le salaire minimum dans le contrat de coalition. Cette année, il ne semble en mesure d’imposer aucune réforme d’envergure aux conservateurs, ces derniers ayant déjà fait savoir qu’ils étaient opposés à la réforme du système de santé, prônée par les sociaux-démocrates.
Ceux-ci plaident, en effet, pour la création d’une assurance citoyenne (Bürgerversicherung) financée par l’ensemble des revenus afin de lutter contre « une médecine à deux vitesses », comme l’a martelé Martin Schulz pendant la campagne électorale.
Le SPD parviendra-t-il à faire plier la CDU-CSU sur d’autres points, en obtenant par exemple une augmentation des impôts sur les plus hauts revenus, une politique d’investissements ambitieuse dans le domaine des infrastructures ou une intégration plus forte de la zone euro, en phase avec les propositions du président français Emmanuel Macron ? Sera-t-il en mesure de contrer les conservateurs en matière de politique migratoire, alors que ceux-ci – et tout particulièrement la CSU bavaroise – veulent imposer plusieurs mesures auxquelles le SPD est opposé, comme la mise en place de tests médicaux visant à vérifier l’âge des migrants, la fixation à 200 000 du nombre de demandeurs d’asile susceptibles d’être accueillis chaque année en Allemagne ou le rallongement de quinze à trente-six mois du délai au terme duquel ces derniers pourraient bénéficier des aides sociales accordées aux autres citoyens ?
Ces questions seront au cœur des pourparlers qui commencent ce dimanche à Berlin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans, ont été tuées de plusieurs balles dans la tête dans le Xe arrondissement.
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Des milliers de Kurdes manifestent à Paris, cinq ans après l’assassinat de trois militantes

Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans, ont été tuées de plusieurs balles dans la tête dans le Xe arrondissement.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 12h30
   





                        


Plusieurs milliers de Kurdes ont manifesté, samedi 6 janvier, à Paris pour réclamer « vérité » et « justice » sur l’assassinat en 2013 dans la capitale française de trois militantes kurdes, dénonçant le « silence » des autorités françaises sur cette affaire.
« Cinq ans de silence, cinq ans de déni de justice, cinq ans d’impunité », a proclamé une grande banderole montrant les portraits souriants des trois militantes, portée en tête du cortège par plusieurs femmes kurdes aux visages graves. Ce défilé dans les rues de Paris a réuni des manifestants venus de plusieurs pays européens, en particulier d’Allemagne.

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Les renseignements turcs incriminés
Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 28 ans, et Leyla Saylemez, 24 ans, ont été tuées de plusieurs balles dans la tête au siège du Centre d’information du Kurdistan, dans le Xe arrondissement de Paris.
« Erdogan, assassin ! », a scandé, à de nombreuses reprises, la foule au lendemain même de la visite à Paris du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a été reçu par le président français Emmanuel Macron.
Le seul suspect, le Turc Omer Güney, est mort fin 2016 en prison avant de comparaître. Les enquêteurs français avaient pointé « l’implication » de membres des services secrets turcs, le MIT, dans ce triple assassinat, sans désigner de commanditaires. Des médias turcs avaient notamment diffusé un document présenté comme un « ordre de mission » du MIT pour Omer Güney. Le MIT avait officiellement démenti toute implication en janvier 2014.
« On a l’impression qu’on nous cache des choses »
Ali Dogan, 33 ans, frère d’une des victimes, a confié en défilant samedi aux côtés d’autres membres des familles des militantes « n’avoir plus d’espoir » en la France sur ce dossier.
« J’ai regardé à la télévision la conférence de presse entre Erdogan et M. Macron hier, c’est triste que le président n’ait pas évoqué l’assassinat de ma sœur, (…) on a l’impression qu’on nous cache des choses et que la France n’a pas voulu divulguer des informations pour préserver ses intérêts [par rapport à la Turquie] »
Agit Polat, représentant du Conseil démocratique kurde en France (CDK), organisateur de cette manifestation, a notamment dénoncé le fait qu’aucune des familles des victimes « n’aient été reçues en cinq ans par les autorités françaises ».
De son côté, Didier Le Reste, élu du Parti communiste français (PCF) au Conseil de Paris pour le Xe arrondissement, qui a participé aux côtés d’autres élus PCF à la manifestation, a estimé que la réception à Paris de M. Erdogan la veille de ce rassemblement était une « provocation vis-à-vis du peuple kurde et des familles des militantes assassinées », a-t-il déclaré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Le 5 janvier face à Recep Tayyip Erdogan, le chef de l’Etat a choisi, comme en mai 2017 face à Vladimir Poutine, d’adresser à voix haute certaines critiques à celui qu’il recevait en grande pompe.
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Le « parler vrai » de Macron à l’épreuve des autocrates

Editorial. Le 5 janvier face à Recep Tayyip Erdogan, le chef de l’Etat a choisi, comme en mai 2017 face à Vladimir Poutine, d’adresser à voix haute certaines critiques à celui qu’il recevait en grande pompe.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 07h09
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Comment gérer les dictateurs ? Le nombre croissant d’autocrates sur la scène internationale pose un problème de plus en plus épineux aux dirigeants des pays démocratiques. Plusieurs attitudes sont possibles : il y a l’option gel des relations, pour ceux qui sont vraiment infréquentables. Il y a la rencontre discrète en se pinçant le nez, si possible en marge de grandes conférences internationales. Il y a la posture « realpolitik », qui assume un dialogue pas forcément glorieux, mais adouci par la signature d’énormes contrats réparateurs pour la balance commerciale.
Et puis il y a la méthode Macron. Elle consiste à recevoir avec tous les honneurs les autocrates de haut rang, ou à aller leur rendre visite en grande pompe, mais à se servir de la rituelle conférence de presse conjointe pour désamorcer, par quelques vérités assénées la tête haute, les critiques de ceux qui l’accusent de se compromettre. Dans son activisme diplomatique, le président français, dont on sait maintenant combien il aime parler, ne veut exclure personne : il souhaite rencontrer « tout le monde », y compris ceux avec lesquels le dialogue n’est pas forcément « cool », comme il le confiait au Point en septembre 2017 à propos de Recep Tayyip Erdogan. Mais il affirme aussi leur parler sans détour, et sans rougir.
Cette méthode a été inaugurée le 29 mai face à Vladimir Poutine, reçu dans le faste de Versailles pour s’entendre dire devant les journalistes que les médias officiels russes n’étaient que des organes d’influence et de propagande. Le président russe écouta stoïquement, le visage fermé : Versailles vaut bien une leçon.
Quels bénéfices ?
Emmanuel Macron a voulu rééditer l’exploit, vendredi 5 janvier, avec le président turc, dont la dérive autoritaire et répressive est dénoncée dans toute l’Europe. Il a souhaité, au cours « d’une discussion très franche », mettre fin à « l’hypocrisie » d’éternels pourparlers sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne : « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a dit M. Macron au côté de M. Erdogan. Franc aussi sur leurs « désaccords sur la vision des libertés individuelles », le président français a soumis au président turc une liste de personnes que la France, et notamment les ONG, considère comme injustement poursuivies en Turquie, et a rappelé que la liberté d’expression est « un bloc qui ne se divise ni ne se détricote ».
La question, bien sûr, est la contrepartie espérée. Sortir de ces rencontres la tête haute est une chose, en tirer les bénéfices attendus en est une autre. L’avenir dira si l’accueil de M. Poutine et de M. Erdogan permet d’avancer, notamment, sur le déblocage du dossier syrien.

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                Face à Erdogan, Macron propose un « partenariat » plutôt que l’intégration de la Turquie à l’UE



La méthode Macron semble, en outre, souffrir déjà des exceptions : recevant, le 24 octobre à l’Elysée, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, dont le pays abrite quelque 60 000 prisonniers politiques, le chef de l’Etat a refusé « de donner des leçons hors de tout contexte » – le contexte étant, en l’occurrence, la lutte commune contre le djihadisme.
Cette méthode sera à nouveau mise à l’épreuve cette semaine lorsque M. Macron rencontrera en Chine le plus puissant de tous les autocrates, le président Xi Jinping. Sur la réciprocité des ouvertures commerciales, sur les libertés individuelles et sur la protection des intérêts stratégiques européens, le président français aura, à Pékin, plus d’une occasion de tester son « parler vrai ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le président français a rencontré vendredi à Paris son homologue turc, avec lequel il a également évoqué la question du respect des droits de l’homme
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Face à Erdogan, Macron propose un « partenariat » plutôt que l’intégration de la Turquie à l’UE

Le président français a rencontré vendredi à Paris son homologue turc, avec lequel il a également évoqué la question du respect des droits de l’homme



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 10h32
    |

            Marc Semo








                        


Face au président turc Recep Tayyip Erdogan, venu chercher le soutien de Paris pour une relance du processus d’adhésion de son pays à l’Union européenne, Emmanuel Macron a fait le choix du parler vrai. « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a déclaré le président français lors de leur conférence de presse commune, vendredi 5 janvier. Jamais un chef de l’Etat français n’avait aussi clairement appelé, en s’adressant directement à son homologue turc, à en finir « avec l’hypocrisie qui consiste à penser qu’une progression naturelle vers l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation est possible ».
Et de suggérer de « repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais d’une coopération, d’un partenariat ». « La finalité, c’est de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire en sorte que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe », a-t-il insisté, avouant que « l’Europe n’a pas toujours bien fait vis-à-vis de la Turquie, en laissant croire des choses possibles alors qu’elles ne l’étaient pas totalement ».

   


La plupart des dirigeants de l’UE, surtout depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, ne croient plus à la possibilité dans un proche avenir d’une adhésion pleine et entière de la Turquie, comme le souhaite Ankara au moins en paroles. L’accord sur les migrants de mars 2016 avait relancé une reprise des discussions, qui a fait long feu quelques mois plus tard. « La Turquie s’éloigne à pas de géant de l’Europe », a déclaré, en août 2017, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
En septembre, la chancelière allemande, Angela Merkel, alors en campagne électorale, avait même annoncé lors d’un débat télévisé être favorable à l’arrêt des négociations. Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Cavusoglu, était samedi en Allemagne, pour rencontrer son homologue Sigmar Gabriel, afin de tenter d’améliorer les rapports très dégradés entre les deux pays. Les autorités françaises, si l’on excepte le quinquennat de Nicolas Sarkozy, étaient quant à elles toujours restées plus floues sur la perspective de l’adhésion.
Isolement diplomatique d’Ankara
Avec ce pays qu’il juge un partenaire stratégique essentiel, le président français suggère un « dialogue apaisé qui tiendrait compte des réalités d’aujourd’hui ». C’est vague et très loin des attentes de l’homme fort d’Ankara, qui comptait sur celui qu’il appelle son « ami » Emmanuel Macron pour renouer avec l’Europe et sortir de son isolement diplomatique.
Avec son langage cru habituel, Recep Tayyip Erdogan n’a pas caché son irritation. « Les premiers pas du processus d’adhésion datent de 1963 et cela fait donc maintenant cinquante-quatre ans que la Turquie attend dans l’antichambre de l’UE. Aucun autre pays n’a été traité de la sorte », a-t-il martelé, ajoutant : « Cela nous a fatigués », « cela nous pousse à prendre des décisions : on ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Le leader de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2002, brandit régulièrement depuis deux ans la menace d’un référendum sur l’adhésion à l’UE.
Emmanuel Macron a tenu son engagement d’évoquer lors de leurs entretiens les atteintes aux droits de l’homme et un certain nombre de cas concrets de dirigeants d’ONG, de journalistes, ainsi que celui du mécène et figure de proue de la société civile Osman Kavala. « L’Etat de droit ne se divise pas. (…) Une opinion, si elle n’est pas une invitation au crime ou à des thèses terroristes, c’est une opinion et elle doit pouvoir s’exprimer librement », a expliqué le président français, appelant aussi Ankara à préserver son ancrage dans la Convention européenne des droits de l’homme.
Un pas vers une relance de la coopération militaire
M. Erdogan a rétorqué en évoquant les nécessités de la lutte contre le terrorisme. « Il ne se crée pas tout seul, il y a des jardiniers du terrorisme, hommes de pensée et d’idées qui, dans leurs écrits, apportent de l’eau au moulin du terrorisme », a-t-il lancé avant de s’en prendre, quelques minutes plus tard, à un journaliste de l’émission « Envoyé spécial » de France 2 qui lui posait une question sur des soupçons de livraisons d’armes à des groupes djihadistes par Ankara en 2014.
Une grande partie des échanges a porté sur les crises régionales, et notamment la question syrienne. Emmanuel Macron a évoqué une « communauté de vues et d’intérêts stratégiques » afin de construire la paix avec la dimension « la plus inclusive possible ».
Très symboliquement, juste avant le début de la conférence de presse, a été aussi signé le contrat pour l’étude d’un système de défense aérienne et de missiles mené en commun par la société franco-italienne Eurosam et les sociétés turques Aselsan et Roketsan. C’est un pas vers une relance de la coopération militaire avec les Occidentaux, après qu’Ankara a signé un contrat avec la Russie pour des missiles sol-air S-400 qui suscite l’inquiétude de ses partenaires de l’OTAN.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les nationalistes dénoncent la décision de la justice espagnole, qui évoque un risque de récidive. Huit députés indépendantistes , dont l’ancien vice-président, sont en exil ou en prison.
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Le leader indépendantiste de gauche Junqueras reste en prison, la Catalogne dans l’impasse

Les nationalistes dénoncent la décision de la justice espagnole, qui évoque un risque de récidive. Huit députés indépendantistes , dont l’ancien vice-président, sont en exil ou en prison.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 10h25
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Elle semblait fort peu probable, mais la mise en liberté sous caution d’Oriol Junqueras aurait peut-être fait avancer les choses en Catalogne. Le Tribunal suprême espagnol en a décidé autrement, vendredi 5 janvier, en maintenant en détention provisoire l’ancien vice-président indépendantiste et tête de file de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), accusé de sédition, rébellion et malversation.
Réélu député lors des élections régionales du 21 décembre 2017, M. Junqueras avait demandé à être libéré pour exercer ses fonctions. Devant les juges, jeudi 4 janvier, il s’était présenté comme un « homme de paix » aux fortes convictions religieuses, disposé à entamer « un dialogue bilatéral » avec Madrid afin de résoudre la crise catalane.
Mais cela n’a pas suffi à convaincre les trois magistrats du Tribunal suprême, qui ont estimé que M. Junqueras n’avait pas véritablement renoncé à ses intentions politiques. Ils ont rappelé que le responsable de l’ERC, en tant que membre du gouvernement du président Carles Puigdemont, avait participé à l’organisation du référendum du 1er octobre 2017, déclaré illégal, ainsi qu’à la proclamation unilatérale de l’indépendance, le 27 octobre, se plaçant ainsi « hors de l’Etat de droit », un comportement jugé « gravissime ».
« Prisonnier politique »
« Dans ces conditions, toute offre de dialogue ne peut s’interpréter comme un abandon de l’affrontement contre l’Etat », ont écrit les juges. En outre, la possibilité de répéter de tels délits ne peut être écartée « car aucune donnée ne permet de déduire que le plaignant a l’intention d’abandonner la voie qu’il a suivie jusqu’à maintenant ».
Le maintien en détention provisoire de M. Junqueras a indigné les indépendantistes, pour qui l’ancien vice-président est un « prisonnier politique ». Ils parlent maintenant d’« otage » de Madrid. De Bruxelles où il s’est exilé, M. Puigdemont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La société, dans laquelle Bono avait une participation minoritaire, s’est acquittée de 34 000 euros d’impôts et de 19 000 euros d’amende.
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« Paradise papers » : une société liée au chanteur Bono régularise sa situation fiscale

La société, dans laquelle Bono avait une participation minoritaire, s’est acquittée de 34 000 euros d’impôts et de 19 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 19h53
   





                        


Elle faisait partie des sociétés pointées du doigt dans les « Paradise papers », révélés il y a deux mois par Le Monde et de nombreuses rédactions en partenariat avec l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation). Une société appartenant en partie au chanteur Bono a acquitté 53 000 euros d’impôts qu’elle avait évité de verser, a annoncé vendredi l’administration fiscale lituanienne.
Lire tous nos articles de l’enquête « Paradise papers »
En 2007, Bono, figure de la lutte contre la pauvreté dans le monde, avait pris des parts dans une société maltaise qui avait acheté un centre commercial dans la ville lituanienne d’Utena. Or, cet investissement avait non seulement transité par l’intermédiaire de discrètes sociétés-écrans installées à Malte puis à Guernesey, mais avait aussi violé les règles fiscales lituaniennes, à l’insu du chanteur de U2.
C’est ce qu’affirmaient des experts fiscaux lituaniens sur la base des documents soumis par le journal lituanien 15min – partenaire de l’ICIJ – en soulignant notamment l’usage de prêts douteux entre sociétés et une sous-évaluation immobilière grossière du centre commercial. L’administration fiscale lituanienne avait ouvert une enquête qui s’est terminée à la fin de l’année.

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                Le chanteur Bono, victime heureuse des « Paradise Papers »



« Totalement écœuré »
La société concernée, Nude Estates 2, a suivi les « recommandations » du service lituanien enquêtant sur des opérations d’optimisation fiscale et a versé 34 000 euros d’impôt sur le revenu. Elle a également payé 19 000 euros d’amende pour le retard de paiement, a fait savoir la porte-parole de l’Inspection fiscale, Ruta Asadauskaite, à l’Agence France-Presse.
La participation de Bono à la société incriminée avait été révélée par les « Paradise papers », mais les différents acteurs du dossier avaient assuré que le chanteur était un investisseur « minoritaire » et « passif » du centre commercial.
A l’époque, le rockeur irlandais, Paul David Hewson de son vrai nom, s’était déclaré « totalement écœuré si, même en tant qu’investisseur minoritaire et passif », son « nom a pu être mêlé à quelque chose d’un tant soit peu illégal ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».
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Macron : la situation en Turquie ne permet « aucune avancée » avec l’UE

Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 23h53
   





                        



   


Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré vendredi que les « évolutions récentes » en Turquie dans le domaine des droits de l’homme excluaient toute « avancée » dans les négociations d’adhésion de ce pays à l’Union européenne.
« Il faut sortir de l’hypocrisie qui consiste à penser que l’on peut ouvrir de nouveaux chapitres dans la négociation avec l’Union européenne [UE], ce n’est pas vrai », a tranché le président lors d’une conférence de presse aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, invité à Paris vendredi. En réponse, M. Erdogan a déclaré que la Turquie était « fatiguée » d’attendre une éventuelle adhésion à l’Union européenne. « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE », a-t-il estimé devant la presse.

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                Visite à Paris d’Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale



Le président français a également insisté sur l’importance de « l’ancrage de la Turquie au sein de la Convention européenne des droits de l’homme ». A défaut d’une adhésion, le président français a ainsi proposé à la Turquie un « partenariat » avec l’UE.
« Il faut (…) regarder si on ne peut pas repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais peut-être d’une coopération, d’un partenariat avec [pour] finalité (…) de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe. »
« Respecter l’Etat de droit »
M. Macron a évoqué la « relation économique forte » qu’entretiennent la France et la Turquie, et salué la « coopération exemplaire » des deux pays – et de l’UE – en matière de lutte contre le terrorisme. Il a également invité son homologue à une coopération dans la construction de la paix en Syrie.
Mais le président français a surtout souligné des « visions différentes » sur les libertés individuelles entre les deux pays. Le chef de l’Etat a assuré qu’il avait évoqué avec le président turc les cas de plusieurs universitaires ou journalistes poursuivis en Turquie, et a appelé M. Erdogan à « respecter complètement l’Etat de droit » sur la question, notamment, de la liberté de la presse. M. Erdogan a assuré qu’il demanderait au ministère de la justice des informations sur la liste de noms et d’organisations que lui a fournie M. Macron.
Peu après, le président Erdogan s’en est pris à une journaliste d’« Envoyé spécial » qui l’interrogeait sur l’interception, en janvier 2014, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant des armes supposément destinées à des groupes djihadistes . « Tu parles avec les mots du FETÖ [« organisation terroriste güléniste », nom donné par le gouvernement turc au mouvement Hizmet, auquel il impute le putsch manqué de juillet 2016 ], pas comme un journaliste », a accusé M. Erdogan, prévenant la journaliste qu’elle n’avait pas face à elle « quelqu’un qui va avaler ça facilement ».
Un contrat d’étude signé
Cette visite diplomatique a également donné lieu à la signature d’un contrat d’étude dans la défense aérienne et antimissile. Le contrat, dont le montant n’est pas connu, porte sur l’étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue distance portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc, selon l’Elysée.
Ces systèmes de défense antiaérienne sont déjà utilisés par les armées française et italienne. L’Italie en a même déployé certains en Turquie pendant un temps, pour l’aider à intercepter d’éventuels missiles tirés de la Syrie voisine, en pleine guerre.
Les pays de l’OTAN n’avaient pas caché leur inquiétude lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé en septembre qu’il avait signé avec la Russie un contrat portant sur l’achat de systèmes de défense antiaérienne S-400.
Ces systèmes de missiles de technologie russe n’étant pas compatibles avec ceux de l’Alliance atlantique, l’annonce avait été perçue comme une manifestation de mauvaise humeur de la part du président turc, sur fond de graves tensions avec plusieurs dirigeants européens et les Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.
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Le tribunal sur les crimes de guerre au Kosovo en danger

Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h04
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La manœuvre avait tout du coup tordu de dernière minute. Vendredi 22 décembre au soir, à la veille du week-end de Noël, dans une capitale du Kosovo en passe d’être vidée de ses diplomates occidentaux en partance pour les fêtes, le président du Parlement a essayé de convoquer en toute urgence les députés de ce petit pays des Balkans qui s’apprête à célébrer en 2018 ses dix ans d’indépendance de la Serbie. L’objet de ce soudain empressement nocturne ? Supprimer le très contesté et très sensible tribunal international spécial établi en 2016 pour juger les crimes de guerre commis au Kosovo entre 1998 et fin 2000, soit pendant et juste après la guerre d’indépendance.
Plusieurs anciens commandants de la guérilla albanophone (UCK) pourraient être mis en cause. L’association des vétérans, qui a demandé la suppression du tribunal, le juge « discriminatoire » en l’accusant d’épargner les criminels serbes, même si ceux-ci ont souvent été traduits en justice devant d’autres instances. Seule la réaction spectaculaire de l’ambassadeur américain, accouru en urgence au Parlement en assurant que les Etats-Unis « n’avaient pas investi autant d’effort dans le succès du Kosovo pour le voir détruire son futur », semble avoir temporairement empêché la majorité d’arriver à ses fins. Pendant la guerre, le soutien de l’OTAN avait été crucial pour permettre à l’UCK de l’emporter rapidement face aux troupes serbes.
Regain d’inquiétude diplomatique
Faute de quorum suffisant, le bureau de l’Assemblée n’a en effet finalement pas pu convoquer de session le 22 décembre. Pour autant, le pouvoir kosovar ne semble pas avoir totalement renoncé. Les ambassades américaine, britannique, française et italienne ont de nouveau publié un communiqué commun alarmiste, jeudi 4 janvier, appelant « à abandonner tout projet d’annulation ou de renégociation » du tribunal, menaçant sinon « de graves conséquences négatives, notamment pour l’intégration euro-atlantique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ New Scotland Yard va mettre en place une nouvelle technologie de reconnaissance des images de pédopornographie, non sans alimenter quelques controverses.
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Au Royaume-Uni, l’intelligence artificielle s’invite dans la lutte contre la pédophilie


                      New Scotland Yard va mettre en place une nouvelle technologie de reconnaissance des images de pédopornographie, non sans alimenter quelques controverses.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 15h04
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                              

                        

Au Royaume-Uni, l’intelligence artificielle devrait bientôt venir en renfort de la lutte contre la pédophilie. De quoi alléger l’énorme charge mentale qui pèse sur les policiers dont le travail consiste à consulter à longueur de journée ces images atroces. En 2016, la Metropolitan Police, l’unité londonienne de la police, a dû en repérer parmi 53 000 appareils électroniques différents lors de ses enquêtes. « Vous pouvez imaginer que faire cela d’année en année est extrêmement perturbant », explique, dans un entretien au Daily Telegraph, Mark Stokes, responsable des nouvelles technologies à Scotland Yard.
Selon lui, la technologie devrait être disponible « d’ici deux à trois ans ». A l’heure actuelle, des logiciels de reconnaissance automatique sont déjà utilisés, mais il faut encore manuellement classer chaque image selon son degré de sévérité. « Nous devons noter les images indécentes en fonction des différents niveaux de sanction pénale, précise Mark Stokes. Mais l’apprentissage par des machines va pouvoir éviter cette tâche aux humains. »
Les limites du logiciel
Les difficultés techniques sont cependant très importantes. D’abord, la reconnaissance d’images, qui fonctionne bien pour les armes à feu ou l’argent, n’est pas au point en ce qui concerne la nudité, souligne Mark Stokes : « Parfois, [le logiciel] déniche un désert et l’analyse comme étant une image indécente ou de la pornographie. Beaucoup de gens ont des déserts en fond d’écran, et il l’assimile à la couleur de la peau. »
Ensuite, l’intelligence artificielle, qui consiste à laisser des systèmes informatiques apprendre à se repérer par eux-mêmes dans d’énormes masses de données, nécessite des puissances de calcul informatique importantes, que la Metropolitan Police ne possède pas. Pour contourner le problème, celle-ci envisage de transférer ses données sur le « nuage » informatique des...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

La justice espagnole refuse de libérer l’indépendantiste Oriol Junqueras

Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 14h25
   





                        



   


La justice espagnole a refusé, vendredi 5 janvier, la demande de libération du numéro deux de l’indépendantisme catalan, Oriol Junqueras, toujours incarcéré pour « rébellion » et « sédition ». Chef de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), il a été arrêté au début de novembre 2017 à la suite de la proclamation d’indépendance unilatérale faite par le gouvernement régional le 27 octobre.
Pour les magistrats, il y a bien dans le dossier « des indices de commission des délits de rébellion, sédition et malversation de fonds de la part de M. Junqueras, incarcéré depuis deux mois ».
En outre, la possibilité de répéter de tels délits ne peut être écartée, « car aucune donnée ne permet de déduire que le plaignant a l’intention d’abandonner la voie qu’il a suivie jusqu’à maintenant ».
Imbroglio au Parlement
En théorie, cette décision du tribunal empêchera donc Oriol Junqueras d’assister à la séance inaugurale du Parlement de Catalogne, prévue le 17 janvier. C’est un coup dur pour le bloc indépendantiste, puisque l’ancien président de la région, Carles Puigdemont, est toujours exilé à Bruxelles, alors que son parti est arrivé en deuxième position aux dernières élections régionales, derrière le parti libéral et « unioniste », Ciudadanos. Le parti d’Oriol Junqueras, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), est arrivé en troisième position.

        Lire :
         

          Ce qu’il faut retenir des élections régionales en Catalogne



La cour se défend de tout procès politique, soulignant que le fait d’être indépendantiste « est légitime, puisque la Constitution admet la défense de n’importe quelle position politique ». Mais cela doit se faire « sans commettre de délit », argumentent les magistrats.
Les indépendantistes catalans ont obtenu la majorité absolue au Parlement en nombre de sièges, mais leurs divisions et la situation judiciaire des leadeurs du bloc rendent très difficile l’émergence d’un futur gouvernement catalan. Huit députés ne peuvent pas siéger car ils sont soit en fuite soit en prison.
S’ils ne peuvent sortir de prison ou s’ils restent en exil, ils pourraient céder leur siège au candidat suivant sur la liste aux élections régionales. Quant à Carles Puigdemont, il avait déclaré, après les élections, être prêt à prendre le risque de rentrer en Catalogne pour diriger les indépendantistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.
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L’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili condamné par contumace à trois ans de prison

M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 13h19
   





                        


Un tribunal de Tbilissi, la capitale de la Géorgie, a condamné vendredi 5 janvier, par contumace à trois ans de prison Mikheïl Saakachvili, l’ex-président géorgien (2004-2013), pour « abus de pouvoir » dans l’affaire de l’assassinat d’un jeune banquier géorgien, Sandro Girgvliani, en 2006, durant sa présidence. M. Saakachvili était accusé de s’être engagé de manière illégale à épargner les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire.
Sandro Girgvliani avait été retrouvé mort le 28 janvier 2006. Il s’était vivement disputé la veille au soir avec quatre hauts responsables du ministère de l’intérieur qui étaient accompagnés de la femme du ministre de l’époque, Vano Merabichvili.
Sous la pression des médias et de l’opposition, le ministre avait annoncé l’arrestation de quatre officiers subalternes, mais écarté la responsabilité des quatre hauts responsables dans l’affaire, alors que l’enquête, conduite par le ministère de l’intérieur lui-même, avait souffert de nombreuses irrégularités.
M. Saakachvili, qui a quitté la Géorgie après l’arrivée au pouvoir de ses adversaires prorusses, en 2013, et qui a ensuite été privé de sa citoyenneté géorgiene, a refait sa carrière en Ukraine, où il a pris la tête d’un mouvement d’opposition au président, Petro Porochenko.

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M. Saakachvili a dénoncé le caractère politique de ce procès et déclaré qu’il ne faisait pas confiance à la justice géorgienne.



                            


                        

                        

