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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La Franco-Ivoirienne Anna-Alix Koffi s’apprête à sortir le troisième numéro de son trimestriel consacré à l’art contemporain et à la pensée critique en Afrique.
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Entretien

« Something We Africans Got », la revue qui veut « replacer le continent au centre de l’Histoire »

La Franco-Ivoirienne Anna-Alix Koffi s’apprête à sortir le troisième numéro de son trimestriel consacré à l’art contemporain et à la pensée critique en Afrique.

Propos recueillis par                                            Roxana Azimi




LE MONDE
              datetime="2018-01-07T18:00:32+01:00"

        Le 07.01.2018 à 18h00






    
Fondatrice en 2017 de la revue « Something We Africans Got », Anna-Alix Koffi est née en Côte d’Ivoire et a grandi en France.
Crédits : Joana Choumali


Née en Côte d’Ivoire et élevée en France, Anna-Alix Koffi a lancé en 2017 Something We Africans Got, une magnifique revue trimestrielle consacrée à l’art contemporain et à la pensée critique en Afrique. Le troisième numéro, qui abordera notamment les liens culturels entre le continent et l’Allemagne et comprendra un focus sur le Mali, sera lancé le 9 janvier à l’espace culturel La Colonie, à Paris. Elle répond à nos questions.
Le titre de votre revue exprime un sentiment de fierté mais sonne aussi comme une provocation…
Anna Alix Koffi Le titre ne laisse pas indifférent, mais je ne suis pas dans la provocation. J’ai d’ailleurs mis en couverture du premier numéro Nelson Mandela, la figure de l’Africain « triple A », celui qu’on rêve tous d’être. On cherche tous le prochain Mandela, quelqu’un qui œuvrerait pour le bien-être de ses concitoyens, l’antithèse des schémas qu’on voit en Afrique… Bref, je n’ai pas voulu faire peur. Comme Ivoirienne, je ne revendique rien, je veux partager des richesses insoupçonnées, les diffuser au maximum.

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L’idée n’est pas d’enfermer la scène africaine, mais de montrer les liens culturels existant entre l’Afrique et le monde, de replacer le continent au centre de l’Histoire, en reliant chaque pays africain traité à un pays d’un autre continent, avec un seul mot d’ordre : qu’il n’y ait pas eu de lien colonial entre les deux.
En raccourci, le titre peut faire penser à « swag », qui signifie en anglais être stylé ou cool…
Ce n’est pas « swag ». Quand on parle de l’Afrique, on pense soit en termes de catastrophe, du style « Oh mon Dieu, ces gens sont dans une grande détresse ! », soit au contraire sur le mode extra swag : « Oh ils savent bien danser, ils sont trop classe. » Mais entre ces deux extrêmes, il y a des penseurs, des artistes.
En 2017, quelques artistes et commissaires d’exposition africains-américains ont appelé à la destruction de l’œuvre d’une artiste blanche américaine qui reprenait l’image d’un adolescent noir tué dans les années 1950. Un « camp d’été décolonial » interdit aux Blancs a aussi suscité une controverse en France. Comment vous situez-vous par rapport à ces positions radicales ?
Je suis contre les interdictions intercommunautaires mais, honnêtement, je ne tranche pas car tout est encore à fleur de peau. Ceux qui ne connaissent pas l’Histoire ne prennent pas en compte le passif. Il n’y a pas eu de demande de pardon. Il faut comprendre que faire une affiche pour un festival de photo avec comme sous-titre « I love Africa » et un imprimé zèbre [comme celui de La Gacilly pour son édition 2017], ça peut faire mal.

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« Je ne cherche pas à régler des comptes mais à inviter les gens à une grande table de discussion »
Je n’ai pas grandi en Côte d’Ivoire mais en France. Je me suis forgée dans la République. Je suis une « bonne négresse » qui rassure, bien élevée, qui parle sans accent. Je n’ai pas de ressentiment, mais je le comprends. Pour autant, je pense qu’il faut faire passer les messages en douceur plutôt qu’en force. La posture de guerre me semble inutile. Je ne cherche pas à régler des comptes mais à inviter les gens à une grande table de discussion.
Votre principe de focus sur un pays est-il un clin d’œil à la « Revue noire » ?
Nous sommes une toute petite sœur de la Revue noire et je suis honorée de la comparaison. Jean Loup Pivin et Simon Njami nous ont montré la voie.

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Quelle est votre méthodologie lorsque vous traitez d’une scène spécifique ?
Je cherche plusieurs sons de cloche, j’évite les systèmes de chapelle, je ne veux pas être exhaustive. Je mélange de vrais essais et des articles plus faciles d’accès, car il faut différentes portes d’entrée.

    
En couverture du premier numéro de la revue « Something We Africans Got » : Nelson Mandela, « l’Africain “triple A”, celui qu’on rêve tous d’être », explique sa créatrice Anna-Alix Koffi.
Crédits : 


Comment la revue est-elle financée ?
C’est la partie acrobatique du boulot. La revue est totalement indépendante, il n’y a pas de groupe derrière moi. J’ai un actionnaire qui possède 5 % de la société. La publication se finance par la publicité, le mécénat. J’avais eu une fois un soutien de Sindika Dokolo pour un numéro d’Off the Wall [revue trimestrielle de photographie publiée de 2012 à 2016].

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J’ai une équipe fabuleuse, qui ne compte pas ses heures. Bien sûr, je ne peux pas me permettre certains voyages. On fait des entretiens par mail ou par téléphone [depuis Paris]. On ne peut pas avoir de grandes signatures mais on a des universitaires qui veulent soutenir le projet et pour lesquels cela peut devenir une promotion personnelle. Malgré tout, je reste très exigeante. Je ne vois pas pourquoi je ferais une maquette moins belle parce que je parle d’Afrique.
Imaginez-vous une diffusion en Afrique ?
Pour l’instant, nous sommes diffusés à la Fondation Donwahi pour l’art contemporain, à Abidjan. J’aimerais donner des numéros aux lycées et universités en Afrique, et en France dans les zones d’éducation prioritaire. Je veux montrer que les portes ne sont pas fermées, qu’il faut certes mettre un pied en travers pour qu’elles s’ouvrent mais qu’il y a d’autres manières d’agir que la revendication.
« Il est plus facile de galvaniser avec des messages haineux qu’avec un magazine aux textes pointus, mais j’y crois »
Je ne suis pas naïve : ce n’est pas mon magazine qui va éviter une bavure policière. Mais il peut montrer aux descendants de la diaspora africaine qu’ils ont une culture riche, que l’art n’est pas que pour les blonds aux yeux bleus. J’aimerais que ça suscite des vocations. Bien sûr, il est plus facile de galvaniser les foules avec des messages haineux qu’avec un magazine aux textes pointus. C’est plus lent, mais j’y crois.

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Au printemps 2017, les institutions françaises ont vécu au rythme de l’Afrique. Est-ce une mode passagère ou une lame de fond ?
Je pense que ça y est, c’est lancé et cela va se normaliser, même si les choses ne vont pas changer du jour au lendemain. Peut-être qu’un jour il n’y aura plus de foire consacrée à l’art du continent africain parce que ces artistes seront exposés dans toutes les autres foires. Tant mieux si un jour on n’a plus besoin de ma revue. Ce sera le signe que les choses auront avancé.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Dans le cadre d’une soirée spéciale, Elisabeth Kapnist restitue avec éclat et poésie le destin de la romancière et conteuse danoise (sur Arte à 23 h 30).
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TV - « Karen Blixen, le songe d’une nuit africaine »

Notre choix du soir. Dans le cadre d’une soirée spéciale, Elisabeth Kapnist restitue avec éclat et poésie le destin de la romancière et conteuse danoise (sur Arte à 23 h 30).



Le Monde
 |    07.01.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Arte à 23 h 35



La rediffusion, en première partie de soirée, d’Out of Africa, de Sydney Pollack, classique sublimé par les compositions de Meryl Streep et Robert Redford, poussera peut-être les plus jeunes téléspectateurs à se plonger dans La Ferme africaine (1937), le roman de Karen Blixen dont s’empara, avec succès, le cinéaste américain.
Reste que pour approcher l’œuvre de « la Shéhérazade ­danoise »,qui ensorcela Carson McCullers et Ernest Hemingway, on ne saurait trop conseiller la ­lecture des Sept Contes gothiques (1934). Ou encore, ainsi que le ­recommande Judith Thurman, sa biographe, les Contes d’hiver (1942), « livre très ombrageux et froid par ses paysages ».
Echappée belle en Afrique
Même si les premières minutes du documentaire qu’Elisabeth Kapnist consacre à l’écrivaine s’offrent comme un prolongement au film de Sydney Pollack – dont il ­emprunte certaines scènes –, très vite, celui-ci se pare, par ses ­reconstitutions oniriques, des atours du conte fantastique.

A l’égal de l’existence de l’auteure, marquée, dès le plus jeune âge, par un drame : le suicide de son père adoré. Esthète et aventurier, épris de liberté, il sensibilise sa fille, dans le beau domaine de Rungstedlung, près de Copenhague, aux beautés de la nature. Il lui fait entrevoir ses richesses et ses mystères, la pousse à cultiver son imaginaire et sa différence. Toutes choses auxquelles la fillette ­demeurera fidèle, en dépit d’une mère prude et d’un milieu familial bourgeois, rigoriste, qui l’étouffe.
Si la lecture, l’écriture et la peinture s’offrent déjà comme un ­refuge, l’Afrique, cet « Eden rêvé par son père », selon Elisabeth Kapnist, se présente en 1913 comme une échappée belle et amoureuse pour la jeune femme, qui croit en son destin. Invitée par son cousin et futur époux à exploiter une ferme au Kenya, la romancière voit cette aventure africaine qui s’ouvre à elle lui faire endosser tous les ­rôles : celui de baronne Blixen, après son mariage avec Bror, qui lui transmet la syphilis dont elle souffrira toute sa vie ; d’administratrice de Ngong et de sa plantation de café ; de médecin et protectrice des familles kikuyu et massaï qui travaillent pour elle. Mais aussi celui de Diane chasseresse dans la savane ou d’amoureuse passionnée auprès de son amant, l’aventurier nomade Denys Finch Hatton.



Dans ce « vaste univers de poésie », où elle s’initie à la beauté et à la sagesse africaines, Karen Blixen tente de surmonter les coups du sort : la sécheresse, le gel, les invasions de sauterelles, auxquels s’ajoute le krach de 1929. Après la vente aux enchères de sa ferme, qu’elle assortit de la restitution des terres aux familles autochtones, la mort de Denys dans un accident d’avion en 1931 parachève dramatiquement cette odyssée africaine.

   


« Rêver, c’est le suicide que se permettent les gens biens élevés », écrivait cette flamboyante aventurière, qui, de retour au Danemark, sous le masque de personnages tourmentés, d’êtres déchirés, trouve enfin son unité dans l’écriture. Avant les Danois, les Américains seront les premiers à festoyer à la table de Babette, reconnaissant en cette conteuse d’une étonnante modernité l’un des grands écrivains du XXe siècle. Une voix qu’Elisabeth Kapnist, dans le tissu des songes et des textes auréolés de splendides images, restitue ici avec éclat.
Karen Blixen, le songe d’une nuit africaine, d’Elisabeth Kapnist (Fr, 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Avec ses tubes, l’interprète préférée de Michel Berger, a profondément marqué l’histoire de la variété hexagonale. Retour sur les moments forts de sa carrière en quelques grandes compositions.
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« Ella, elle l’a », « Sacré Charlemagne »... Pourquoi France Gall a marqué la chanson française en 5 titres

Avec ses tubes, l’interprète préférée de Michel Berger, a profondément marqué l’histoire de la variété hexagonale. Retour sur les moments forts de sa carrière en quelques grandes compositions.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 14h55
    |

                            Brice Laemle








                        



   


La chanteuse France Gall, 70 ans, est morte, dimanche 7 janvier, peu après 10 heures des suites d’un cancer. L’inoubliable interprète de Poupée de cire, poupée de son a marqué l’histoire de la chanson française avec ses dizaines de tubes populaires, impossible à ne pas fredonner. France Gall s’était retirée de la scène après le décès de sa fille Pauline de la mucoviscidose en 1997, mais même après vingt ans d’absence, nombre de ses morceaux restent des classiques de la variété française.
« Sacré Charlemagne » (1964)

« Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école ? », chante France Gall en 1964 alors qu’elle n’est qu’une adolescente de quinze ans. Poussée vers la chanson par son père, le chanteur Robert Gall, elle a déjà deux tubes à son actif : Ne sois pas si bête et N’écoute pas les idoles. Avec ses paroles entêtantes, bientôt chantées dans les écoles françaises, et même au Japon, Sacré Charlemagne se vend à deux millions d’exemplaires à travers le monde.
« Poupée de cire, poupée de son » (1965)

Lorsqu’elle se présente devant le micro en ce 20 mars 1965 pour représenter le Luxembourg au concours de l’Eurovision, la voix de France Gall tremble un brin. Contrairement à ce que laissent entendre les paroles qui font d’elle un pantin, c’est bien elle qui a choisi cette composition parmi dix titres. Un choix culotté et efficace puisqu’elle remporte cette dixième édition de l’Eurovision. Du haut de ses 18 ans, elle chante devant 150 millions de téléspectateurs à travers l’Europe, cette chanson composée par Serge Gainsbourg. Celle-ci a tellement d’écho que France Gall fait même des adaptations japonaise et allemande, dont chacun jugera la qualité.

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« La Déclaration » (1974)

La seconde moitié des années soixante sera moins fertile en termes de succès pour France Gall. En 1966, elle chante Les Sucettes de Serge Gainsbourg, chanson aux paroles qui paraissent innocentes, mais sont en réalité tendancieuses. Son public lui en tient rigueur et il faut attendre 1974 pour qu’elle revienne en tête des charts avec une balade romantique La Déclaration. L’année précédente, elle a pris un nouveau départ en rencontrant son futur mari Michel Berger. A eux deux, lui, compositeur prolifique, elle, géniale interprète, ils formeront une machine à tubes pendant les quinze années à venir.
« Besoin d’amour » (1979)

France Gall dit être « née avec Michel Berger ». L’opéra-rock Starmania, dans lequel elle joue le rôle de Cristal, composé par Berger et écrit par Luc Plamondon, est présenté pendant un mois au Palais des Congrès en 1979. Les morceaux Quand on arrive en ville, Le monde est stone, Le Blues du businessman, Monopolis ou encore Besoin d’amour remportent l’adhésion du public. Un triomphe d’autant plus retentissant que le genre de la comédie musicale n’est pas très reconnu en France à la fin des années 1970.

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« Ella, elle l’a » (1987)

Musique, Si maman si, Il jouait du piano debout, Babacar, Résiste, Diego libre dans sa tête, Débranche : voilà quelques-uns des plus grands succès signés par le duo Berger-Gall qui émaillent les années 1980. Ensemble, ils rendent un hommage « de son vivant » à la chanteuse de jazz noire Ella Fitzgerald en 1987 avec la chanson Ella, elle l’a. Résultat : 1,5 million d’exemplaires vendus dans le monde. « Elle a ce tout petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme, cette petite flamme », chantait France Gall. Elle s’est éteinte le 7 janvier 2018.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La chanteuse est morte, dimanche 7 janvier, à l’âge de 70 ans.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’interprète de « Résiste », « Il jouait du piano debout » ou « Tout pour la musique », qui a été la muse et l’épouse de Michel Berger, a succombé à un cancer à l’âge de 70 ans.
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La chanteuse France Gall est morte

L’interprète de « Résiste », « Il jouait du piano debout » ou « Tout pour la musique », qui a été la muse et l’épouse de Michel Berger, a succombé à un cancer à l’âge de 70 ans.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 17h37
   





                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="France Gall a connu un premier succès populaire avec le titre enfantin « Sacré Charlemagne », vendu à 2 millions d’exemplaires en 1963."
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            data-slide-description="Portrait de l’artiste en 1969."
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            data-slide-description="Au Zénith de Paris en 1987. Sa tournée Tour de France 88, mis en scène par Michel Berger, rencontre un grand succès."
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            data-slide-description="En 1966 à Cannes. La chanteuse vient de susciter un scandale en interprétant « Les Sucettes », de Serge Gainsbourg."
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            data-slide-description="Elle remporte l’Eurovision de la chanson pour le Luxembourg en 1965 avec une chanson de Serge Gainsbourg."
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            data-slide-description="En 1968 avec Joe Dassin."
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            data-slide-description="Malgré la mort brutale de son mari, France Gall poursuit ses concerts, comme à Bercy en 1993. Elle est ensuite frappée par un cancer du sein, puis touchée durement par la mort de sa fille en 1997."
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            data-slide-description="Entre 1980 et 1985, France Gall enchaîne les succès avec ses albums « Paris », « France » et « Débranche ! ». Ici, en 1985 à Bercy."
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            data-slide-description="Avec ses deux enfants Raphael et Pauline lors des obsèques de Michel Berger, qui fut son mari et l’auteur de ses plus grandes chansons."
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            data-slide-description="En 2012 sur Canal+. Retirée depuis 1997, France Gall apparaît dans une vidéo en 2015 pour la comédie musicale « Résiste » en hommage à son mari."
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France Gall a connu un premier succès populaire avec le titre enfantin « Sacré Charlemagne », vendu à 2 millions d’exemplaires en 1963.

STR / AFP
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La chanteuse France Gall est morte, dimanche 7 janvier, à Paris, a annoncé sa chargée de communication, Geneviève Salama : « Il y a des mots qu’on ne voudrait jamais prononcer. France Gall a rejoint le Paradis blanc le 7 janvier, après avoir défié depuis deux ans, avec discrétion et dignité, la récidive de son cancer. » L’interprète de Poupée de cire, poupée de son et de Résiste avait été hospitalisée mi-décembre à l’Hôpital américain de Neuilly, près de Paris, officiellement pour une infection sévère.

        Les réactions :
         

          Mort de France Gall : Macron salue la « sincérité » et la « générosité » de l’artiste



Une famille de musiciens
Isabelle Gall, de son vrai nom, est née le 9 octobre 1947 à Paris. Elle grandit dans l’univers de la musique. Son père, Robert Gall, lui-même chanteur et auteur, avait composé des chansons pour Edith Piaf et Charles Aznavour ; son grand-père avait, lui, cofondé les Petits Chanteurs à la Croix de bois.
Commençant à chanter dès l’adolescence, elle monte sur scène dès l’âge de 16 ans et connaît son premier succès populaire avec Sacré Charlemagne, écrit par son père, qui se vend à plus de deux millions d’exemplaires.

        A écouter :
         

          Pourquoi France Gall a marqué la chanson française en 5 titres



Gagnante de l’Eurovision
En 1965, France Gall remporte le concours Eurovision de la chanson, pour le Luxembourg, en interprétant Poupée de cire, poupée de son, de Serge Gainsbourg. Elle suscitera le scandale en chantant un autre tube écrit par l’auteur-compositeur, Les Sucettes, aux paroles suggestives.
A la fin des années 1960, elle enchaîne les disques et part chanter en Allemagne, mais sans renouer avec le succès populaire de ses débuts. Elle entretient une brève liaison avec Claude François auquel leur rupture inspirera Comme d’habitude. Après Bébé Requin (1967), sa carrière piétine. France Gall vit cinq ans avec Julien Clerc, puis le quitte. Il chantera Souffrir par toi n’est pas souffrir.
La rencontre avec Michel Berger
Sa rencontre avec Michel Berger en 1973 constitue le tournant de sa carrière. Il écrit pour elle La Déclaration d’amour en 1974, un single qui relance durablement sa carrière. France Gall devient sa muse mais aussi son épouse et la mère de ses deux enfants, Pauline en 1978 et Raphaël en 1981.

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Elle enchaîne avec lui les succès musicaux : Musique, Viens je t’emmène, Besoin d’amour, Il jouait du piano debout, Tout pour la musique, Résiste, Diego, Evidemment, Ella, elle l’a… La chanteuse participe aussi à la comédie musicale Starmania. Le couple s’investit en Afrique, achète une maison à Dakar et s’engage à travers l’album Babacar, et l’action SOS Ethiopie.
Touchée par des drames personnels

   


Tout bascule lors que Michel Berger meurt brutalement d’une crise cardiaque en 1992 à l’âge de 44 ans, deux mois après la sortie de leur album Double jeu. Un an après, la chanteuse est frappée par un cancer du sein. France Gall remonte pourtant sur scène jusqu’à un nouveau coup dur, la mort de sa fille Pauline de mucoviscidose en 1997, qui signe sa retraite.
En 2015, à l’âge de 68 ans, la chanteuse avait fait son retour via une vidéo pour la comédie musicale Résiste, qui remettait au goût du jour les tubes du couple qu’elle formait avec Michel Berger.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le romancier américain est convaincu de la place centrale du fortuit dans toute vie. Il pousse cette obsession à son comble en imaginant quatre destins divergents au héros de « 4 3 2 1 ».
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Paul Auster se joue du hasard

Le romancier américain est convaincu de la place centrale du fortuit dans toute vie. Il pousse cette obsession à son comble en imaginant quatre destins divergents au héros de « 4 3 2 1 ».



Le Monde
 |    07.01.2018 à 08h00
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Un portrait de Paul Auster en une page ? Qu’en penserait l’intéressé ? Il en rirait sans doute. A moins qu’il n’en pleure. Lui à qui il a fallu pas moins de cinq livres autobiographiques pour se raconter sérieusement. Lui qui, pour tenter d’approcher l’authentique Paul Auster, est allé fouiller les souvenirs les plus anciens enregistrés par son corps et son esprit. Depuis ses premiers pas d’enfant sur le sol froid de sa chambre (Chronique d’hiver, Actes Sud, comme tous ses livres, 2013) jusqu’à l’illumination intellectuelle fondatrice – lorsqu’il « sut » qu’il n’y avait « rien de mieux que d’avoir 6 ans » parce que, jusque-là, « on est, seulement », tandis qu’ensuite, on « sait que l’on est » (Excursions dans la zone intérieure, 2014).
On sait que l’on est. Mais sait-on qui l’on est ? Ou mieux, qui l’on aurait pu être ? A ces interrogations vertigineuses, Paul Auster consacre aujourd’hui plus de mille pages. « J’ai réfléchi toute ma vie à ces questions, confesse-t-il. Le vrai problème, comme le souligne le narrateur de ce roman, 4 3 2 1, c’est que l’on ne peut se trouver qu’à un endroit à la fois. Sauf par la magie de la fiction, il est impossible d’emprunter quatre chemins simultanément. Il faut en choisir un et un seul. ­Celui qui deviendra l’histoire de votre vie. »
Ses débuts difficiles
La sienne – comme celle de Philip Roth quatorze ans avant lui – commence à Newark, dans le New Jersey, en 1947. Et se poursuit à Brooklyn, sur Park Slope, dans cette jolie maison de pierre brune qu’il partage avec son épouse, l’écrivaine Siri Hustvedt. C’est là que nous le rencontrons, à l’été 2017. Assis dans le jardin, à l’ombre des hydrangéas, l’auteur de L’Invention de la solitude (1988) commente : « Cela fait vingt-cinq ans que nous habitons ici. Là-haut, il y a le bureau de Siri. Le mien est au rez-de-chaussée. »
Il évoque ses débuts difficiles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A voir ce soir. Franck Ribéry, Zlatan Ibrahimovic, Eric Abidal ou Thierry Henry dévoilent leurs blessures intimes à l’ancien joueur Olivier Dacourt (sur Canal+ à 19 h 15).
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« Ma part d’ombre » : six stars du foot à confesse

A voir ce soir. Franck Ribéry, Zlatan Ibrahimovic, Eric Abidal ou Thierry Henry dévoilent leurs blessures intimes à l’ancien joueur Olivier Dacourt (sur Canal+ à 19 h 15).



Le Monde
 |    07.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 16h38
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Canal+ à 19 h 15

Depuis près de quatre ans, Franck Ribéry ne parle plus aux médias français. En cause : les nombreuses critiques qui l’ont fait « souffrir », dit-il, lui, et surtout les siens. Aussi, le voir dans le film d’Olivier Dacourt évoquer les moments difficiles de son enfance et de sa carrière est en soi un petit événement. Pour autant, si le joueur du Bayern Munich s’y révèle souvent touchant, là n’est pas le seul attrait de ce documentaire (diffusé en clair), qui donne à entendre d’autres paroles inédites, à plus d’un titre. A commencer par celle de l’auteur de Ma part d’ombre et consultant pour Canal+ : Olivier Dacourt.
En effet, pour la première fois, l’ancien international de foot, qui a évolué entre autres à l’AS Roma et à l’Inter Milan, évoque le suicide d’Alexandre, son plus proche ami, au centre de formation de Strasbourg, où il débuta adolescent. « J’ai fait toute ma carrière avec ce traumatisme sans pouvoir en parler. C’est un sujet tabou dans le milieu du foot. » Un trauma sur lequel il s’est construit. « Ce fut ma force. A chaque fois que je rentrais sur un terrain, je pensais à lui », explique-t-il, au fil d’une déambulation en forme d’introspection. Un exercice auquel six stars du ballon ont accepté de se livrer : Zlatan Ibrahimovic, Eric Abidal, Thierry Henry, Antonio Cassano, Emmanuel Adebayor et Franck Ribéry.

   


Désireux de briser le miroir des apparences, des réputations bâties à la hâte, Olivier Dacourt a cherché à comprendre de quelle manière les parcours de vie parfois chaotiques de ces hommes ont façonné les joueurs qu’ils sont devenus. Et comment ils ont transformé leurs blessures en force, quitte à brouiller parfois leur image, à susciter durablement malentendus, critiques et caricatures.
« J’ai grandi avec ce que j’ai raté »
L’enfance et l’adolescence occupent bien évidemment une large place dans ces témoignages. A travers elles s’éclaire notamment la part d’ombre du survolté Antonio Cassano, livré à 10 ans à lui-même, après le divorce de ses parents, et qui surmontera la faim, dans la rue, grâce au foot ; celle de Zlatan Ibrahimovic, le « mouton noir » de Malmö, en butte au racisme. « Comme j’étais différent, j’ai dû en faire dix fois plus que les autres », confie-t-il. Ou encore du Togolais Emmanuel Adebayor, parti assouvir ses rêves de foot en Europe, avant que sa famille, par appât du gain, ne les transforme en cauchemar.
Le « côté obscur » et austère de Thierry Henry, qui, jamais ou presque, ne célébrait ses buts, est à chercher du côté de son père. Un homme exigeant, qui martelait à son fils ses défauts, quelle que soit l’issue du match. « J’ai grandi avec ce que j’ai raté. Ma plus grande pression, c’était de mettre un sourire sur le visage de mon père », raconte l’ex-joueur d’Arsenal, qui verra sa carapace se rompre sous une déferlante de critiques après son but de la main qui qualifia la France pour la Coupe du monde de 2010, en Afrique du Sud.

   


« Ce fut un massacre », s’exclame Franck Ribéry, qui connut lui aussi les affres de la notoriété. Adulé comme un « gosse génial » en 2006, avant d’être traité de « caïd immature » lors de la débâcle sud-africaine de 2010, l’ailier gauche du Bayern revient sur la « cicatrice » – terme d’ailleurs qu’il applique à toutes ses blessures – laissée par cet épisode. Un épisode qui ne sera pas sans conséquence, selon lui, sur le Ballon d’or raté, alors qu’il était au sommet de sa carrière. « C’est un vol, une injustice. Je n’ai pas eu le soutien de mon pays », lâche l’homme à l’enfance balafrée.
Ma part d’ombre, d’Olivier Dacourt et Marc Sauvourel (Fr., 2017, 85 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 83)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 07h07
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’architecte français, distingué par le prix Pritzker en 2008, vient de voir sa dernière réalisation, le Louvre Abu Dhabi, ouvrir au public.
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Jean Nouvel : « Mon meilleur outil de travail, c’est mon lit »

L’architecte français, distingué par le prix Pritzker en 2008, vient de voir sa dernière réalisation, le Louvre Abu Dhabi, ouvrir au public.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 14h05
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivé là si…
… si je n’avais pas été le fils d’enseignants pour qui les arts n’étaient pas la première préoccupation. L’essentiel, c’était le français, les mathématiques, les sciences. Mais, en seconde, je suis tombé sur un professeur de dessin, Marcel Deviers. Deviers m’a dévié. C’était aussi un peintre local, il travaillait au couteau, avec de la terre parfois. Il m’a invité à peindre dans son atelier. Des natures mortes. Pour les nus, je n’étais pas invité… Il m’a collé le virus du dessin et de la peinture. J’ai commencé à caricaturer les profs, à peindre des fresques dans le foyer des jeunes. Il m’est venu l’idée d’être artiste plasticien.
Quand j’ai eu mon bac, j’ai donc dit à mes parents que j’allais entrer aux Beaux-Arts. Mais, pour eux, il n’en était pas question. J’allais tirer le diable par la queue ! Alors j’ai proposé de faire mathématiques générales-physique en même temps que les Beaux-Arts en section architecture – avec la forte intention de passer ensuite en arts plastiques. Evidemment, j’ai vite prouvé qu’il était impossible de mener les deux cursus de front. Et j’ai mieux compris ce qu’était l’architecture. Mère des arts. Toujours en relation avec la peinture, la sculpture. Finalement, je me suis dit que je pouvais y rester.
Vous avez été stratège… Auriez-vous pu vous opposer frontalement à vos parents ?
Je suis né en 1945. Mon père – qui a 97 ans aujourd’hui – était cette figure imposante, ce résistant glorieux qui avait combattu dans le maquis des Landes, qui était parti en 1944 en Allemagne avec l’armée du général de Lattre de Tassigny, cet enseignant devenu inspecteur d’académie. Et il y avait son action pour les enfants handicapés, qui m’a beaucoup marqué. Il a créé des établissements… J’avais une sœur de deux ans plus âgée que moi, qui avait eu une encéphalite à 4 ans. Elle est restée un bébé toute sa vie. Mes parents attendaient donc beaucoup de moi, je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ « La forme de l’eau » et « Pentagon Papers » partent favoris alors que l’affaire Weinstein sera aussi sur le devant de la scène.
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Golden Globes 2018 : « La Forme de l’eau », « Pentagon Papers » et l’affaire Weinstein à l’affiche

« La forme de l’eau » et « Pentagon Papers » partent favoris alors que l’affaire Weinstein sera aussi sur le devant de la scène.



Le Monde
 |    07.01.2018 à 05h20
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 11h02
   





                        



   


Hollywood célèbre, dimanche 7 janvier, sa première grande soirée de prix de l’année : les Golden Globes. Côté récompenses, La Forme de l’eau et Pentagon Papers partent favoris. Côté discours et prises de position, l’affaire Weinstein sera sur le devant de la scène.
Le présentateur Seth Meyers n’a pas caché que le scandale qui éclabousse l’industrie américaine du cinéma depuis le mois d’octobre serait au cœur de ses interventions. « Il y a des gens qui ont clairement passé une ligne rouge et ça devrait être ressenti comme quelque chose de positif de se moquer d’eux », a ainsi expliqué l’humoriste au New York Times.
Il a assuré que cette période d’introspection devrait « être un moment d’optimisme », soulignant l’émergence de réponses comme Time’s Up, fonds de défense de victimes d’agressions sexuelles formé par 300 femmes de Hollywood.

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                Porter du noir aux Golden Globes : un geste contre les violences sexuelles qui fait débat à Hollywood



Gary Oldman en Winston Churchill
C’est la romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien, La Forme de l’eau, du mexicain Guillermo del Toro, qui part avec le plus de nominations – sept. Suivent Pentagon Papers, saga historique retraçant la publication par le Washington Post de documents fracassants et confidentiels sur la guerre du Vietnam, à égalité avec Three Billboards : Les panneaux de la vengeance, la quête de justice d’une mère jouée par Frances McDormand, avec six nominations chacun.
Dans la catégorie comédies, le film d’horreur mâtiné de satire sociale sur le racisme Get out est favori. Côté actrices dramatiques, Sally Hawkins (La Forme de l’eau) est pressentie pour la statuette, avec Frances McDormand qui la talonne dans les pronostics du site spécialisé Goldderby.com.
Pour les acteurs, les prédictions vont à Gary Oldman en Winston Churchill dans Les Heures sombres, le jeune Franco-Américain Timothée Chalamet lui faisant, cependant, de l’ombre avec sa performance en adolescent amoureux d’un beau doctorant dans Call Me by Your Name.
Violences faites aux femmes
En télévision, c’est la mini-série de HBO, Big Little Lies, qui traite notamment des violences faites aux femmes, qui affiche le plus grand nombre de nominations – six –, suivie par Feud, autre minisérie sur la rivalité entre les idoles de l’âge d’or du cinéma Bette Davis et Joan Croawford – quatre.
Le thème de La Servante écarlate, adaptation d’un roman post-apocalyptique de Margaret Atwood où les rares femmes fertiles restantes sont des esclaves sexuelles, pourrait décrocher des prix grâce à son sujet qui résonne avec le climat politique aux Etats-Unis.
La cérémonie sera retransmise dans le monde entier sur NBC à partir de 17 heures locales (2 heures, lundi à Paris) et Isabelle Huppert, sacrée meilleure actrice dramatique l’an dernier, fera partie des stars qui monteront sur scène pour remettre des prix.
Les Golden Globes sont décernés par un petit groupe de 90 membres de l’Association de la presse étrangère de Hollywood et forment un baromètre à la fiabilité variable sur les titres et artistes les mieux placés pour décrocher des Oscars, apogée de la saison des prix qui se tiendra le 4 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les abus sexuels après l’affaire Weinstein.
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Porter du noir aux Golden Globes : un geste contre les violences sexuelles qui fait débat à Hollywood

L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les abus sexuels après l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 19h35
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 06h37
   





                        


Pour protester contre les violences sexuelles et manifester leur solidarité face aux victimes de prédateurs sexuels à Hollywood, des actrices comme Jessica Chastain, Emma Stone ou Meryl Streep envisagent de ne revêtir que du noir à la cérémonie des Golden Globes, qui se tient à Los Angeles dimanche 7 janvier.
L’initiative est venue du collectif Time’s Up, formé récemment par plus de 300 femmes actrices et agents d’Hollywood, pour lutter contre les violences sexuelles dans ce milieu.
Les Golden Globes 2018, où seront attribuées des récompenses aux films et séries de l’année 2017 dans une cérémonie qui réunira de nombreuses célébrités, doivent être « un moment de solidarité, pas un défilé de mode », estime dans le New York Times l’actrice Eva Longoria. « Depuis des années, les femmes promeuvent ces événements avec leur glamour, leurs visages et leurs couleurs. Cette fois-ci, l’industrie ne peut pas attendre ça de nous », selon elle.

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« Célébrer notre pouvoir »
L’initiative ne fait pas l’unanimité. « Chères actrices, s’il vous plaît, revêtez des couleurs vives pour célébrer notre pouvoir, pas du noir pour faire le deuil des prédateurs. Ils ne le méritent pas », a répondu la productrice Elisabeth Sereda.
« Dans un moment où les femmes se saisissent de leur autorité et élèvent la voix, le but est d’être vues et entendues », estime dans le Washington Post la journaliste Robin Givhan.
Jenny Cooney, membre de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood (HFPA), qui organise les Golden Globes, demande aussi : « Pourquoi les femmes ne se tiennent pas fières et en couleurs vives pour montrer que nous ne serons pas piétinées ? ».
Rose McGowan, qui accuse le producteur Harvey Weinstein de viol, est encore plus critique : « Des actrices comme Meryl Streep, qui étaient très contentes de travailler pour le monstre [Harvey Weinstein], vont porter du noir aux Golden Globes pour protester silencieusement. VOTRE SILENCE EST LE PROBLÈME. Vous accepterez un faux prix, le souffle court, et rien ne changera. »

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Des hommes souhaitent participer
Des vedettes masculines ont promis de se joindre à l’initiative en signe de solidarité, à l’instar de Dwayne « The Rock » Johnson… s’attirant les moqueries de ceux qui observent que le smoking noir est déjà la tenue privilégiée aux cérémonies hollywoodiennes.
La styliste Ilaria Urbinati, qui choisit la garde-robe de « The Rock », celle de Armie Hammer ou Liev Schreiber, a écrit sur Instagram : « Parce que tout le monde me demande… Oui, les hommes seront solidaires des femmes sur le mouvement tous en noir pour protester contre les violences sexuelles aux Golden Globes. »
Certains commentateurs recommandaient une épingle ou un ruban. Le styliste new-yorkais Michael Fisher, qui veille sur les tenues de Hugh Jackman, a lui aussi fait savoir que ses clients seraient en costumes sombres « avec des pochettes noires ».
« Je suis si inspirée par les hommes en noir aux Golden Globes, un événement où ils portent d’ordinaire des smokings noirs », « c’est dans la tradition des hommes de faire le moins d’efforts possible mais d’attendre des remerciements quand même », raillait ainsi Erin Gloria Ryan dans The Daily Beast.
Pendant ce temps-là, les affaires continuent d’émerger. Vendredi 5 janvier, quatre femmes ont déposé plainte au civil contre le réalisateur canadien Paul Haggis, accusé d’agressions sexuelles et de viol.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Notre choix du soir. Martin Lamotte s’approprie avec pudeur et malice le rôle du lieutenant immortalisé par Peter Falk (sur Paris Première à 22 h 35).
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TV- « Colombo » sur les planches

Notre choix du soir. Martin Lamotte s’approprie avec pudeur et malice le rôle du lieutenant immortalisé par Peter Falk (sur Paris Première à 22 h 35).



Le Monde
 |    06.01.2018 à 18h00
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Théâtre sur Paris Première à 22 h 35



La pièce Columbo : meurtre sous prescription que diffuse Paris Première célèbre une sorte de retour aux sources pour le lieutenant à l’imper défraîchi, puisque ce dernier, avant de devenir une star du petit écran, fut d’abord un héros des planches. Et le spectacle que met en scène Didier Caron n’est autre que la version française de la pièce américaine écrite en 1962 par William Link et Richard Levinson, les créateurs du personnage. Personnage qu’incarne à l’époque, au Curran Theatre de San Francisco, le brillant acteur de seconds rôles Thomas Mitchell (alors âgé de 70 ans).
Ce n’est qu’en 1968, dans un téléfilm de la chaîne américaine NBC, qu’apparaît pour la première fois Peter Falk dans le rôle de Columbo, dont les aventures se prolongeront, sous la forme d’une série, à partir de 1971. Elles s’arrêteront en 2003, avec 18 saisons et 69 épisodes au compteur.

   


Autant dire qu’il fallait du culot et du courage pour passer derrière celui sans qui le fameux lieutenant de police n’aurait pas été doté de tous les attributs auxquels se sont attachés les téléspectateurs. C’est en effet Peter Falk qui apporta à Columbo sa tignasse en pétard, son œil de verre, son allure fripée, son étourderie prononcée.
Martin Lamotte n’a pas minimisé le danger, qui a commencé par refuser la proposition de Didier Caron, avant de se laisser convaincre par le metteur en scène et le texte. Il a bien fait. Son interprétation n’imite pas. Elle ne renie pas non plus le jeu de Peter Falk, mais en donne une épure solide.
Parti nostalgique
Rusé, malicieux, le comédien plante son personnage avec conviction et finesse. Pierre Azéma, dans le rôle du psychiatre assassin, et Karine Belly, dans celui de la maîtresse, sont tout aussi convaincants dans cette mécanique immuable où l’assassin est révélé dès le début – le suspense reposant dans la manière dont Columbo va réussir à le confondre.
La mise en scène, quant à elle, assume un parti pris nostalgique qui rend hommage – en les modernisant – aux années 1970. Malgré quelques longueurs, cette captation réalisée par Antoine Galey au Théâtre Michel, à Paris, en mars 2017, est un petit régal.
Columbo : meurtre sous prescription, pièce de William Link et Richard Levinson, enregistrée au Théâtre Michel, à Paris, le 17 mars 2017. Réalisé par Antoine Galey. Avec Martin Lamotte, Pierre Azéma, Karine Belly, Augustin de Monts (110 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.
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« Charlie Hebdo » : trois ans après l’attentat, les journalistes témoignent

Des collaborateurs de l’hebdomadaire satirique, notamment Philippe Lançon et Fabrice Nicolino, prennent la parole avant les hommages aux victimes du 7 janvier 2015.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 06h53
   





                        



   


Trois ans après l’attentat contre Charlie Hebdo par les frères Kouachi, qui ont tué douze personnes dans les locaux de l’hebdomadaire, plusieurs collaborateurs du titre prennent la parole pour expliquer à quoi ressemblent leurs vies depuis le 7 janvier 2015, décrire leurs rapports au journal et au slogan « Je suis Charlie ».

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Sur le site de Libération, le journaliste Philippe Lançon livre un témoignage poignant à propos du slogan « Je suis Charlie ». Lui-même victime de l’attentat, gravement blessé à la mâchoire, il explique dans sa tribune que « ce slogan a vite cessé de [le] convaincre ».
Le journaliste de Libé et de Charlie Hebdo juge qu’« au départ (…), “Je suis Charlie” était un cri humaniste, d’effroi et de mélancolie. (…) On se levait pour un principe, pour la vie, pour un principe de vie ». Il déplore que ce slogan a ensuite été détourné en même temps que « l’idéologie s’est installée ».
« Très vite, l’individualisme publicitaire du slogan s’est dilué dans les diverses et inévitables traductions politiques dont il fut l’objet. (…) “Je suis Charlie” est devenu l’étiquette magique qu’on faisait valser au gré de ses intérêts, de ses combats et de ses préjugés ; en clair, une injonction. »
« Je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante »
Philippe Lançon critique cette injonction qui « visait à regrouper autant qu’à exclure, à regrouper en excluant (…) Dès qu’un slogan apparaît comme l’arme d’un pouvoir, tous ceux qui se sentent à tort ou à raison désignés par ce slogan, par ce pouvoir, ont un plaisir nerveux à s’y opposer. Résister à l’ordre et au consensus est souvent un point d’orgueil, mais aussi une manière d’exister », explique celui qui écrit pour Libération depuis vingt-quatre ans.
Il martèle qu’il n’a « jamais attendu de qui que ce soit qu’il me dise : “Je suis Charlie”, avant d’évoquer ce que veulent dire ces trois mots pour lui : « “Je suis Charlie” continue donc simplement de signifier pour moi : je veux me sentir libre d’écrire et de lire ce qui me chante, et que les autres bénéficient de cette liberté. »

   


Cette tribune est parue alors que l’événement « Toujours Charlie, de la mémoire au combat » se déroulait samedi 6 janvier aux Folies-Bergère, à Paris. Organisé notamment par le Printemps républicain, l’événement en faveur de la liberté d’expression est vu par ses détracteurs comme une tentative de récupération.

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« On ne s’appartient plus totalement »
Gravement touché aux jambes et à l’abdomen, le journaliste Fabrice Nicolino raconte, lui, combien « c’est flippant de travailler à Charlie ». Il a confié à France Info « presque rire » de menaces que ses collègues et lui-même jugent « totalement délirantes », mais que « d’autres [leur] font penser qu’il y a derrière des gens très sérieux et qui sont capables de passer aux actes. (…) On peut encore se faire plomber par ces crétins ».
« De terribles mesures de protection », « des voitures lourdement blindées », « beaucoup de flics »… Fabrice Nicolino énumère les moyens utilisés pour protéger les journalistes et collaborateurs de Charlie Hebdo. L’hebdomadaire est « en état de siège en plein Paris en 2018 », ce qui provoque une ambiance « fatalement anxiogène », mais « l’ambiance n’est pas sinistre », selon lui. Une « panic room » a été créée, « un endroit ultra-sécurisé où on est censé se précipiter en cas d’alerte », ajoute-t-il.
« Il y a une responsabilité morale et politique à continuer ce journal. On ne s’appartient plus totalement, on appartient à cette lutte séculaire pour la liberté et la démocratie. On ne peut pas se débiner. »
Des déclarations qui recoupent ce qu’a publié Charlie Hebdo mercredi 3 janvier, dans un numéro spécial racontant l’impact d’un traumatisme qui continue de bouleverser profondément son fonctionnement. Le dessinateur et caricaturiste Riss, directeur de la rédaction, y déplore notamment le coût très lourd de la protection des locaux — « entre 1 et 1,5 million d’euros par an, entièrement à la charge du journal », soit l’équivalent de près de 800 000 exemplaires par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La danseuse d’origine italienne, 28 ans, a été nommée au grade ultime du ballet, vendredi, par Aurélie Dupont, la directrice de la danse.
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Valentine Colasante, nouvelle danseuse étoile de l’Opéra de Paris

La danseuse d’origine italienne, 28 ans, a été nommée au grade ultime du ballet, vendredi, par Aurélie Dupont, la directrice de la danse.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 14h04
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Pic émotionnel pour lancer l’année 2018 à l’Opéra national de Paris. Valentine Colasante, 28 ans, a été nommée danseuse étoile, grade ultime du ballet, vendredi 5 janvier, par Aurélie Dupont, directrice de la danse, avec l’accord de Stéphane Lissner, directeur général, à l’issue de la représentation de Don Quichotte, dans la chorégraphie de Rudolf Noureev.

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Elle y interprétait pour la première fois Kitri, femme libérée avant l’heure qui cloue le bec à son père d’un coup d’éventail. Un personnage de tempérament que cette jeune femme au geste puissant a dû assumer avec classe et mordant, remplaçant Amandine Albisson, blessée. Récemment, en novembre, sa performance dans le rôle de l’Elue du Sacre du printemps, dans la version de Pina Bausch, avait emporté l’adhésion. La fermeté graphique de son mouvement, vrillé par l’effroi de ce sacrifice à mort qu’est le Sacre, avait fait surgir des nuances subtiles de fragilité et d’égarement, qui faisaient miroiter une facette peu connue de la danseuse.
Valentine Colasante, d’origine italienne, a grandi dans une famille d’artistes : son père est pianiste et sa mère enseigne la danse classique. Elle approfondit ses apprentissages auprès de Max Bozzoni et entre dans la foulée à l’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris en 1998. Elle intègre le corps de ballet en 2006 : elle a 17 ans et grimpe vite les échelons en s’emparant de pièces de Roland Petit.
Multiples talents
En 2012, lors du concours de promotion pour décrocher le titre de première danseuse, elle avait été promue sur une variation du Lac des Cygnes, dans la chorégraphie de Noureev. Elle s’impose aussi bien dans les ballets classiques du répertoire comme La Sylphide de Pierre Lacotte ou Le Palais de Cristal, de Georges Balanchine que dans les pièces contemporaines, qu’il s’agisse du tourbillonnant Rain, d’Anne Teresa de Keersmaeker ou du cassant In the Middle, Somewhat Elevated, de William Forsythe. Autant dire que le spectre de son talent est large.
Parallèlement à son parcours dans l’institution parisienne, Valentine Colasante participait au groupe des Italiens de l’Opéra de Paris, piloté depuis 2016 par le premier danseur de l’Opéra de Paris Alessio Carbone. Lors du festival de Ravello (Italie), en août 2017, elle avait tenu les rênes d’un duo intitulé Black Dust, de Matteo Levaggi, en dépit d’un plateau hyperglissant.
En novembre 2016, à Venise, pour le premier gala de la troupe, elle s’était aussi distinguée dans des créations de Simone Valastro. Sur son compte Instagram, elle a posté un slogan coup de poing d’Oscar Wilde : « Be yourself, everyone else is taken ». Valentine Colasante entend bien faire rayonner sa personnalité fonceuse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
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Le désir accompli du sociologue, par Jacques André

Le psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Jacques André, psychanalyste

« L’“inconscient” n’est que l’oubli de l’histoire que l’histoire elle-même produit en incorporant les structures objectives qu’elle produit dans ces quasi-natures que sont les habitus. » La phrase est de Pierre Bourdieu, mais si Bernard Lahire la reprend à son compte, c’est qu’elle s’applique fort bien à son projet d’une « interprétation sociologique des rêves ». L’individu ne tient pas ses expériences passées devant lui comme un « avoir » ou un ­ « acquis » : elles sont une part constitutive de lui-même qui détermine, sans qu’il en soit conscient, ses représentations ou ses actes… et aussi ses rêves.
Le social gît dans les plis les plus intimes des individus. Nul besoin d’invoquer un quelconque refoulement pour définir l’inconscient. Lahire fait le saut d’une contribution de la sociologie à l’étude des rêves au « rêve » d’une nouvelle théorie intégratrice qui, partant des acquis du modèle d’interprétation synthétique proposé par Freud en son temps, s’efforce d’en corriger les faiblesses, les manques et les erreurs.
La force hallucinatoire du rêve
Freud théorise l’inconscient, il ne le découvre pas. Dans le sommeil, écrivait Platon dans La République, la partie sauvage de l’âme « ose tout, elle n’hésite pas à essayer en pensée de violer sa mère ou tout autre quel qu’il soit, homme, dieu ou animal ». Pour l’inconscient, le rêve, la liberté qu’il prend avec les contraintes de la vie éveillée, est une aubaine, l’occasion « rêvée » de s’y exprimer. La force hallucinatoire du rêve fait se réveiller en sursaut parce que son enfant tombé par la fenêtre va inéluctablement s’écraser au bas de l’immeuble. Comment faire face consciemment à la haine qui fait « rêver » de jeter par la fenêtre cet enfant que l’on aime tant ? Le refoulement ne se contente pas d’écarter une pensée trop désirable, il la rend inconnue. C’est étrange, comme le notait Althusser...




                        

                        


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Entre l’Histoire et nos histoires, par Françoise Davoine

La psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Françoise Davoine, psychanalyste

L’inconscient, selon Lacan (1901-1981), c’est le discours de l’Autre. Prise dans un faisceau de relations sociales, cette altérité n’échappe évidemment pas à une « interprétation sociologique des rêves ». Celle à laquelle Bernard Lahire nous invite est une analyse objective et exhaustive des théories du rêve, appréhendées de manière non cloisonnée. Son but est de dégager les déterminismes sociaux à l’œuvre dans cette expérience intime apparemment la plus éloignée du champ de la sociologie.
En effet, nos rêves n’obéissent pas à nos catégories académiques, quelle que soit l’époque ou la culture où ils surgissent. Ils sont à la croisée de l’Histoire et des histoires que nous aimons raconter ou que nous redoutons de dire. Ce champ interdisciplinaire existe dans l’art thérapeutique du conteur et de la tradition orale, à laquelle participe la psychanalyse depuis plus d’un siècle. On comprend que les rêves cherchent aujourd’hui à échapper à l’emprise de cette vieille dame. Le sujet du rêve, à défaut d’être psy, est-il sociologique, comme l’interprète Bernard Lahire ?
Je fus directement confrontée à ce dilemme dans les années 1970, entre le Centre d’études des mouvements sociaux fondé par Alain Touraine à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, où je travaillais comme sociologue, et ma participation à l’Ecole freudienne de Jacques Lacan. A l’époque, j’effectuais, avec Jean-Max Gaudillière, une recherche intitulée « Folie et lien social » dans un hôpital psychiatrique de l’Est de la France. Les délires et les rêves des personnes internées actualisaient les guerres apparemment révolues. Bien plus, leurs histoires réveillèrent en nous la mémoire d’un passé qui n’était pas passé, au point de nous faire « devenir » analystes de folies auxquelles on n’accolait pas encore le mot de trauma.
L’enjeu des cauchemars de soldats : la vérité historique
Pourquoi rêve-t-on de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le dramaturge a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
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Le rêve, retour de flamme, par Lancelot Hamelin

Le dramaturge a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Lancelot Hamelin, dramaturge et écrivain

A la suite des attentats du 13 novembre 2015, Arte Radio et Rue89 ont proposé, en guise de reportages, des récits de rêve. Comment rapporter le réel quand le fantasme le déborde ? Par quel biais penser les ténèbres ?
Le rêve revient, retour de flamme. Notre société découvre ce territoire politique et social, situé entre L’Interprétation des rêves, de Freud (1900), La Banque des rêves, de Jean Duvignaud (Payot, 1979), Rêver sous le IIIe Reich, de Charlotte Beradt (Payot, 2002).
Bernard Lahire éclaire cet angle mort de la sociologie, fait le point sur la question du rêve, croise les disciplines – des neurosciences à la philosophie –, donne des pistes pour une interprétation du rêve à visée sociale.
Je partage l’intuition d’une unité possible, pour l’homme pluriel, par le songe.
Depuis 2012, je recueille des récits de rêve dans de grandes villes. A Nanterre, en résidence au Théâtre Nanterre-Amandiers ; mais aussi à La Nouvelle-Orléans, Paris, Lyon, Valence, Rome, au bidonville de Calais, à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban (Lozère) – et à la fin du mois de janvier à New York, pour la Nuit de la philosophie, à la Brooklyn Public Library.
« As-tu rêvé cette nuit ? »
Ma démarche est devenue collective l’an passé, grâce au metteur en scène Duncan Evennou, qui fait du théâtre un outil de recherche, en dialogue avec les sciences humaines. De janvier à mai 2017, nous avons arpenté les rues de Nanterre avec un groupe de jeunes artistes, chercheurs et amateurs, en posant aux passants la question des ­Indiens Zapara : « As-tu rêvé cette nuit ? »
Deux cents personnes ont ainsi témoigné de leur rapport à la vie onirique pendant la campagne présidentielle. C’est The Light House Project. En archivant des récits de rêve, nous questionnons le rôle des résidus oniriques dans nos vies quotidiennes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le sociologue a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
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La sociologie tirée de son sommeil, par Arnaud Esquerre

Le sociologue a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Arnaud Esquerre, sociologue

Alors que la sociologie, ces temps-ci, est accusée d’être dévoyée et de présenter un danger par des sociologues qui veulent l’orienter vers l’expertise spécialisée et lui faire abandonner l’enquête de terrain, la meilleure réponse à ces inquiétudes, au fond plus politiques que scientifiques, nous est apportée par la parution de L’Interprétation sociologique des rêves, de Bernard Lahire : un livre ambitieux, faisant œuvre de science, d’une grande ampleur théorique et appelant à l’enquête de terrain.
Certes, il est difficile d’apprécier pleinement une recherche dont seulement la moitié est livrée [un second tome est à paraître]. Toutefois, cette partition ne retire pas son intérêt à cette première partie. ­Celle-ci propose un cadre théorique et une méthodologie sociologique appropriés aux rêves. Faute d’outils théoriques adaptés, les sociologues, qui s’étaient intéressés aux rêves aux origines de la discipline, à la fin du XIXe siècle, Durkheim dans un cours, Tarde dans un ouvrage, ne s’en sont plus beaucoup préoccupés ensuite. La théorie des champs de Bourdieu n’aurait été ici d’aucun secours, comme le reconnaît Lahire. Il semble désormais tellement évident que les rêves relèvent du domaine des professionnels du psychisme qu’il ne viendrait même plus à l’esprit de la plupart des sociologues d’y consacrer une recherche.
Concevoir le rêve comme une communication de soi à soi
Un travail important, comme l’a accompli Lahire, était donc nécessaire pour faire des rêves, en tant que réalité sociale, un objet sociologique à part entière. Il lui a fallu, pour cela, engager la discussion avec ces professionnels du psychisme, au premier rang desquels Freud, davantage qu’avec Halbwachs (1877-1945) et Elias (1897-1990). C’est par un argument sociologique, en concevant le rêve comme une communication de soi à soi, que ­Lahire écarte, de manière convaincante,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’éditeur de comics a annoncé le lancement d’une plate-forme permettant aux internautes de créer leurs propres histoires. Mais la liste des sujets interdits fait grincer des dents.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/01/2018
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Marvel incite ses lecteurs à créer des comics… mais sans « questions sociales » (ni abeilles tueuses)

L’éditeur de comics a annoncé le lancement d’une plate-forme permettant aux internautes de créer leurs propres histoires. Mais la liste des sujets interdits fait grincer des dents.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
07.01.2018 à 07h01
    |

            Morgane Tual








                        


« Amusez-vous bien à créer des comics Marvel incroyablement ennuyeux que vous ne posséderez pas et ne pourrez partager avec personne ! » Comme une bonne partie des amateurs de pop culture et de comics américains, le site The Verge a accueilli avec dérision la dernière annonce de Marvel. Fin décembre, l’emblématique éditeur américain de comics a dévoilé Create your own, une plate-forme permettant aux internautes de concevoir leur propre bande dessinée, en y intégrant des personnages issus de l’univers Marvel.

La plate-forme n’a pas encore ouvert – elle « arrivera bientôt », selon Marvel –, mais elle a déjà fait l’objet d’un grand nombre de commentaires cinglants. En cause : ses conditions d’utilisation particulièrement restrictives. A commencer par le fait que toutes les créations des internautes appartiendront non seulement entièrement à Marvel, mais ne pourront officiellement pas être partagées sur d’autres plates-formes par leur auteur.
Contraception, lobbyistes et parcs d’attraction
Mais ce sont surtout les restrictions relatives au contenu de ces bandes dessinées qui ont suscité consternation et railleries. Marvel a dressé une longue liste des contenus qu’il est interdit de faire apparaître dans ces comics amateurs, et celle-ci a parfois de quoi surprendre.
Outre la pornographie, la violence ou le racisme, inscrits de façon prévisible, Marvel refuse, pêle-mêle : la mort, la contraception, l’alcool, les abeilles tueuses, la politique, les lobbyistes ainsi que les parcs d’attraction, studios de cinéma et films d’animation qui n’appartiendraient pas à Marvel ou Disney, sa maison mère. Le « sensationnalisme » est aussi interdit, et en guise d’exemple, Marvel cite, en plus des abeilles tueuses, « les aliens, les ragots, etc. ».
Mais c’est une autre ligne qui a particulièrement indigné les internautes : elle souligne qu’est aussi interdit « tout autre sujet controversé », précisant, entre parenthèses, « questions sociales, etc. ». Marvel interdit aussi la « promotion de modes de vie alternatifs », ce qui a fait grincer des dents.
« L’épine dorsale de la plupart des comics »
« Ils sont bêtes chez Marvel ou quoi ? Les questions sociales sont littéralement l’épine dorsale de la plupart des comics », s’indigne une internaute. Une autre juge, quant à elle, absurde « le fait que Marvel pense qu’il soit humainement possible de raconter une histoire de superhéros sans aucun élément politique ». « Pas de questions sociales, dit une entreprise qui a engendré les comics les plus beaux et les plus populaires en évoquant des questions sociales », déplore une autre.
« Est-ce que Captain America a toujours le droit de combattre les nazis ? », ironise, de son côté, le site féministe The Mary Sue, spécialisé dans la pop culture. Et d’évoquer le personnage de Kamala Khan, première héroïne musulmane de Marvel, introduite en 2013 : « Va-t-on vraiment l’interdire d’évoquer l’islamophobie ? », abonde The Mary Sue.
Un certain nombre de critiques se concentrent aussi sur l’interdiction de la « promotion de modes de vie alternatifs ». « Ce terme permet plusieurs définitions potentielles, du véganisme au tatouage », souligne Polygon, un site spécialisé dans le jeu vidéo. « C’est aussi un terme souvent utilisé pour désigner les membres de la communauté LGBT [lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres]. »
Détournements
En imposant cette multitude de règles, Marvel veut s’assurer que le contenu produit par les internautes soit accessible aux enfants et ne choque aucune sensibilité – alors même que les comics produits par l’éditeur ne respectent pas ce cahier des charges. Etablir de telles restrictions est aussi une tentative d’éviter les détournements grossiers, vulgaires et provocants qui auraient, à coup sûr, afflué sur la plate-forme dès ses premières heures d’existence.
Et peut-être aussi d’esquiver un certain nombre d’amateurs de fanfictions, cette pratique très populaire consistant à écrire des histoires se déroulant dans l’univers d’une œuvre, comme un comic-book. Une grande partie de ces fanfics mettent en scène des histoires d’amour, souvent homosexuelles, entre des personnages, parfois de façon très graphique – Marvel pourrait voir d’un mauvais œil que cette créativité ne s’exprime sur cette nouvelle plate-forme. Celle-ci « passe à côté de tout ce qui rend les fanfictions géniales », regrette une internaute.
A côté des réactions offensées, d’autres passionnés de comics ont préféré jouer la carte de l’humour, en tentant de rassembler dans une seule image tout ce que Marvel interdit dans ses conditions d’utilisation.

Heyyy so I heard Marvel is letting us make our own comics now and there are some rules about stuff we have to inclu… https://t.co/rwnmC3delH— alexdecampi (@Alex de Campi)


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« Je suis obligé de contourner l’application de Marvel pour que je puisse montrer au monde ma vision, sans compromis », ironise cet internaute. Dans sa bande dessinée, Spider Man prononce des gros mots, se retrouve confronté à des abeilles tueuses, défie un scientifique nazi, évoque un film du studio Dreamworks, avant de conclure, une fois son ennemi anéanti : « Je vais aller me promener dans le parc et trouver des mecs sexy à embrasser. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A la télé, la radio, comme au supermarché, le rire est devenu un passage obligé. Même les portables se mettent à vanner. A contre-courant de ces blagues indolores, une nouvelle génération d’humoristes redonne ses lettres de noblesse à cet art si difficile.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                
                                       
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Comique, un métier d’avenir


                      A la télé, la radio, comme au supermarché, le rire est devenu un passage obligé. Même les portables se mettent à vanner. A contre-courant de ces blagues indolores, une nouvelle génération d’humoristes redonne ses lettres de noblesse à cet art si difficile.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 09h45
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            Magali Cartigny








                              

                        

En 1983, Pierre Desproges raconte un retour en taxi à Paris dans « Le Rire, parlons-en » (Vivons heureux en attendant la mort, Seuil), « accompagné d’une pulpeuse comédienne, avec qui j’aime bien travailler, non pas pour de basses raisons sexuelles, mais parce qu’elle a des nichons magnifiques », précise-t-il. Le chauffeur s’exclame soudainement : « Moi les Arabes, je peux pas les saquer. » S’ensuit l’inévitable échange stérile, à une banquette d’intervalle, quand le taux d’alcoolémie ou la foi en l’homme l’autorise encore…
En 2018, Kevin Razy décrit, dans son spectacle Mise à jour, le prototype du chauffeur ubérisé qui en fait des tonnes pour paraître poli dans l’espoir de décrocher les inaccessibles étoiles qui conditionnent son plein quotidien. Avant de traiter d’« enculé de sa race » le type qui lui a grillé la prio. Et qui pose la question que redoute tout usager de VTC et/ou de taxi : « Et sinon, vous faites quoi dans la vie ? » Pas de bol, Kevin est humoriste. « Moi, disons, je veux pas entrer dans les détails, mais y a des gens sur qui on doit pas faire de blagues », lance le chauffeur. Blanc, regard vers la vitre. « Non parce que les juifs… » « Et là tu te dis putain de merde, je vais devoir faire un débat sur l’antisémitisme avec un mec qui écoute Jul. »

Peut-on rire de tout avec tout le monde ? Pour le jeune humoriste, qui anime « Rendez-vous avec Kevin Razy » sur Canal+, « on peut tout faire, c’est une question de timing et de plate-forme. Parfois c’est trop tôt et, en télé, sur une chronique c’est souvent plus glissant. Sur scène, on a le temps d’expliquer son point de vue, il n’y a pas de doute sur l’attention. »
Confusion des genres entre information et divertissement
La question ressurgit aujourd’hui, mais les enjeux sont ailleurs. Car l’humour a changé. La confusion des genres entre information et divertissement a placé la culture...



