<FILE-date="2018/01/06/16">

<article-nb="2018/01/06/16-1">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La danseuse d’origine italienne, 28 ans, a été nommée au grade ultime du ballet, vendredi, par Aurélie Dupont, la directrice de la danse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Valentine Colasante, nouvelle danseuse étoile de l’Opéra de Paris

La danseuse d’origine italienne, 28 ans, a été nommée au grade ultime du ballet, vendredi, par Aurélie Dupont, la directrice de la danse.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 14h04
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Pic émotionnel pour lancer l’année 2018 à l’Opéra national de Paris. Valentine Colasante, 28 ans, a été nommée danseuse étoile, grade ultime du ballet, vendredi 5 janvier, par Aurélie Dupont, directrice de la danse, avec l’accord de Stéphane Lissner, directeur général, à l’issue de la représentation de Don Quichotte, dans la chorégraphie de Rudolf Noureev.

        Lire aussi :
         

                « Don Quichotte », un classique bien cambré



Elle y interprétait pour la première fois Kitri, femme libérée avant l’heure qui cloue le bec à son père d’un coup d’éventail. Un personnage de tempérament que cette jeune femme au geste puissant a dû assumer avec classe et mordant, remplaçant Amandine Albisson, blessée. Récemment, en novembre, sa performance dans le rôle de l’Elue du Sacre du printemps, dans la version de Pina Bausch, avait emporté l’adhésion. La fermeté graphique de son mouvement, vrillé par l’effroi de ce sacrifice à mort qu’est le Sacre, avait fait surgir des nuances subtiles de fragilité et d’égarement, qui faisaient miroiter une facette peu connue de la danseuse.
Valentine Colasante, d’origine italienne, a grandi dans une famille d’artistes : son père est pianiste et sa mère enseigne la danse classique. Elle approfondit ses apprentissages auprès de Max Bozzoni et entre dans la foulée à l’Ecole de danse de l’Opéra national de Paris en 1998. Elle intègre le corps de ballet en 2006 : elle a 17 ans et grimpe vite les échelons en s’emparant de pièces de Roland Petit.
Multiples talents
En 2012, lors du concours de promotion pour décrocher le titre de première danseuse, elle avait été promue sur une variation du Lac des Cygnes, dans la chorégraphie de Noureev. Elle s’impose aussi bien dans les ballets classiques du répertoire comme La Sylphide de Pierre Lacotte ou Le Palais de Cristal, de Georges Balanchine que dans les pièces contemporaines, qu’il s’agisse du tourbillonnant Rain, d’Anne Teresa de Keersmaeker ou du cassant In the Middle, Somewhat Elevated, de William Forsythe. Autant dire que le spectre de son talent est large.
Parallèlement à son parcours dans l’institution parisienne, Valentine Colasante participait au groupe des Italiens de l’Opéra de Paris, piloté depuis 2016 par le premier danseur de l’Opéra de Paris Alessio Carbone. Lors du festival de Ravello (Italie), en août 2017, elle avait tenu les rênes d’un duo intitulé Black Dust, de Matteo Levaggi, en dépit d’un plateau hyperglissant.
En novembre 2016, à Venise, pour le premier gala de la troupe, elle s’était aussi distinguée dans des créations de Simone Valastro. Sur son compte Instagram, elle a posté un slogan coup de poing d’Oscar Wilde : « Be yourself, everyone else is taken ». Valentine Colasante entend bien faire rayonner sa personnalité fonceuse.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-2">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le désir accompli du sociologue, par Jacques André

Le psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Jacques André, psychanalyste

« L’“inconscient” n’est que l’oubli de l’histoire que l’histoire elle-même produit en incorporant les structures objectives qu’elle produit dans ces quasi-natures que sont les habitus. » La phrase est de Pierre Bourdieu, mais si Bernard Lahire la reprend à son compte, c’est qu’elle s’applique fort bien à son projet d’une « interprétation sociologique des rêves ». L’individu ne tient pas ses expériences passées devant lui comme un « avoir » ou un ­ « acquis » : elles sont une part constitutive de lui-même qui détermine, sans qu’il en soit conscient, ses représentations ou ses actes… et aussi ses rêves.
Le social gît dans les plis les plus intimes des individus. Nul besoin d’invoquer un quelconque refoulement pour définir l’inconscient. Lahire fait le saut d’une contribution de la sociologie à l’étude des rêves au « rêve » d’une nouvelle théorie intégratrice qui, partant des acquis du modèle d’interprétation synthétique proposé par Freud en son temps, s’efforce d’en corriger les faiblesses, les manques et les erreurs.
La force hallucinatoire du rêve
Freud théorise l’inconscient, il ne le découvre pas. Dans le sommeil, écrivait Platon dans La République, la partie sauvage de l’âme « ose tout, elle n’hésite pas à essayer en pensée de violer sa mère ou tout autre quel qu’il soit, homme, dieu ou animal ». Pour l’inconscient, le rêve, la liberté qu’il prend avec les contraintes de la vie éveillée, est une aubaine, l’occasion « rêvée » de s’y exprimer. La force hallucinatoire du rêve fait se réveiller en sursaut parce que son enfant tombé par la fenêtre va inéluctablement s’écraser au bas de l’immeuble. Comment faire face consciemment à la haine qui fait « rêver » de jeter par la fenêtre cet enfant que l’on aime tant ? Le refoulement ne se contente pas d’écarter une pensée trop désirable, il la rend inconnue. C’est étrange, comme le notait Althusser...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-3">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Entre l’Histoire et nos histoires, par Françoise Davoine

La psychanalyste a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Françoise Davoine, psychanalyste

L’inconscient, selon Lacan (1901-1981), c’est le discours de l’Autre. Prise dans un faisceau de relations sociales, cette altérité n’échappe évidemment pas à une « interprétation sociologique des rêves ». Celle à laquelle Bernard Lahire nous invite est une analyse objective et exhaustive des théories du rêve, appréhendées de manière non cloisonnée. Son but est de dégager les déterminismes sociaux à l’œuvre dans cette expérience intime apparemment la plus éloignée du champ de la sociologie.
En effet, nos rêves n’obéissent pas à nos catégories académiques, quelle que soit l’époque ou la culture où ils surgissent. Ils sont à la croisée de l’Histoire et des histoires que nous aimons raconter ou que nous redoutons de dire. Ce champ interdisciplinaire existe dans l’art thérapeutique du conteur et de la tradition orale, à laquelle participe la psychanalyse depuis plus d’un siècle. On comprend que les rêves cherchent aujourd’hui à échapper à l’emprise de cette vieille dame. Le sujet du rêve, à défaut d’être psy, est-il sociologique, comme l’interprète Bernard Lahire ?
Je fus directement confrontée à ce dilemme dans les années 1970, entre le Centre d’études des mouvements sociaux fondé par Alain Touraine à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, où je travaillais comme sociologue, et ma participation à l’Ecole freudienne de Jacques Lacan. A l’époque, j’effectuais, avec Jean-Max Gaudillière, une recherche intitulée « Folie et lien social » dans un hôpital psychiatrique de l’Est de la France. Les délires et les rêves des personnes internées actualisaient les guerres apparemment révolues. Bien plus, leurs histoires réveillèrent en nous la mémoire d’un passé qui n’était pas passé, au point de nous faire « devenir » analystes de folies auxquelles on n’accolait pas encore le mot de trauma.
L’enjeu des cauchemars de soldats : la vérité historique
Pourquoi rêve-t-on de...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-4">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le dramaturge a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le rêve, retour de flamme, par Lancelot Hamelin

Le dramaturge a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Lancelot Hamelin, dramaturge et écrivain

A la suite des attentats du 13 novembre 2015, Arte Radio et Rue89 ont proposé, en guise de reportages, des récits de rêve. Comment rapporter le réel quand le fantasme le déborde ? Par quel biais penser les ténèbres ?
Le rêve revient, retour de flamme. Notre société découvre ce territoire politique et social, situé entre L’Interprétation des rêves, de Freud (1900), La Banque des rêves, de Jean Duvignaud (Payot, 1979), Rêver sous le IIIe Reich, de Charlotte Beradt (Payot, 2002).
Bernard Lahire éclaire cet angle mort de la sociologie, fait le point sur la question du rêve, croise les disciplines – des neurosciences à la philosophie –, donne des pistes pour une interprétation du rêve à visée sociale.
Je partage l’intuition d’une unité possible, pour l’homme pluriel, par le songe.
Depuis 2012, je recueille des récits de rêve dans de grandes villes. A Nanterre, en résidence au Théâtre Nanterre-Amandiers ; mais aussi à La Nouvelle-Orléans, Paris, Lyon, Valence, Rome, au bidonville de Calais, à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban (Lozère) – et à la fin du mois de janvier à New York, pour la Nuit de la philosophie, à la Brooklyn Public Library.
« As-tu rêvé cette nuit ? »
Ma démarche est devenue collective l’an passé, grâce au metteur en scène Duncan Evennou, qui fait du théâtre un outil de recherche, en dialogue avec les sciences humaines. De janvier à mai 2017, nous avons arpenté les rues de Nanterre avec un groupe de jeunes artistes, chercheurs et amateurs, en posant aux passants la question des ­Indiens Zapara : « As-tu rêvé cette nuit ? »
Deux cents personnes ont ainsi témoigné de leur rapport à la vie onirique pendant la campagne présidentielle. C’est The Light House Project. En archivant des récits de rêve, nous questionnons le rôle des résidus oniriques dans nos vies quotidiennes....




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-5">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le sociologue a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La sociologie tirée de son sommeil, par Arnaud Esquerre

Le sociologue a lu « L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire. Regard critique.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 12h45
   





                        



                                


                            


par Arnaud Esquerre, sociologue

Alors que la sociologie, ces temps-ci, est accusée d’être dévoyée et de présenter un danger par des sociologues qui veulent l’orienter vers l’expertise spécialisée et lui faire abandonner l’enquête de terrain, la meilleure réponse à ces inquiétudes, au fond plus politiques que scientifiques, nous est apportée par la parution de L’Interprétation sociologique des rêves, de Bernard Lahire : un livre ambitieux, faisant œuvre de science, d’une grande ampleur théorique et appelant à l’enquête de terrain.
Certes, il est difficile d’apprécier pleinement une recherche dont seulement la moitié est livrée [un second tome est à paraître]. Toutefois, cette partition ne retire pas son intérêt à cette première partie. ­Celle-ci propose un cadre théorique et une méthodologie sociologique appropriés aux rêves. Faute d’outils théoriques adaptés, les sociologues, qui s’étaient intéressés aux rêves aux origines de la discipline, à la fin du XIXe siècle, Durkheim dans un cours, Tarde dans un ouvrage, ne s’en sont plus beaucoup préoccupés ensuite. La théorie des champs de Bourdieu n’aurait été ici d’aucun secours, comme le reconnaît Lahire. Il semble désormais tellement évident que les rêves relèvent du domaine des professionnels du psychisme qu’il ne viendrait même plus à l’esprit de la plupart des sociologues d’y consacrer une recherche.
Concevoir le rêve comme une communication de soi à soi
Un travail important, comme l’a accompli Lahire, était donc nécessaire pour faire des rêves, en tant que réalité sociale, un objet sociologique à part entière. Il lui a fallu, pour cela, engager la discussion avec ces professionnels du psychisme, au premier rang desquels Freud, davantage qu’avec Halbwachs (1877-1945) et Elias (1897-1990). C’est par un argument sociologique, en concevant le rêve comme une communication de soi à soi, que ­Lahire écarte, de manière convaincante,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-6">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’éditeur de comics a annoncé le lancement d’une plate-forme permettant aux internautes de créer leurs propres histoires. Mais la liste des sujets interdits fait grincer des dents.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Marvel incite ses lecteurs à créer des comics… mais sans « questions sociales » (ni abeilles tueuses)

L’éditeur de comics a annoncé le lancement d’une plate-forme permettant aux internautes de créer leurs propres histoires. Mais la liste des sujets interdits fait grincer des dents.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 11h00
    |

            Morgane Tual








                        


« Amusez-vous bien à créer des comics Marvel incroyablement ennuyeux que vous ne posséderez pas et ne pourrez partager avec personne ! » Comme une bonne partie des amateurs de pop culture et de comics américains, le site The Verge a accueilli avec dérision la dernière annonce de Marvel. Fin décembre, l’emblématique éditeur américain de comics a dévoilé Create your own, une plate-forme permettant aux internautes de concevoir leur propre bande dessinée, en y intégrant des personnages issus de l’univers Marvel.

La plate-forme n’a pas encore ouvert – elle « arrivera bientôt » selon Marvel –, mais elle a déjà fait l’objet d’un grand nombre de commentaires cinglants. En cause : ses conditions d’utilisation particulièrement restrictives. A commencer par le fait que toutes les créations des internautes appartiendront non seulement entièrement à Marvel, mais ne pourront officiellement pas être partagées sur d’autres plates-formes par leur auteur.
Contraception, lobbyistes et parcs d’attraction
Mais ce sont surtout les restrictions relatives au contenu de ces bandes dessinées qui ont suscité consternation et railleries. Marvel a dressé une longue liste des contenus qu’il est interdit de faire apparaître dans ces comics amateurs, et celle-ci a parfois de quoi surprendre.
Outre la pornographie, la violence ou le racisme, inscrits de façon prévisible, Marvel refuse, pêle-mêle : la mort, la contraception, l’alcool, les abeilles tueuses, la politique, les lobbyistes ainsi que les parcs d’attraction, studios de cinéma et films d’animation qui n’appartiendraient pas à Marvel ou Disney, sa maison mère. Le « sensationnalisme » est aussi interdit, et en guise d’exemple, Marvel cite, en plus des abeilles tueuses, « les aliens, les ragots, etc. ».
Mais c’est une autre ligne qui a particulièrement indigné les internautes : elle souligne qu’est aussi interdit « tout autre sujet controversé », précisant, entre parenthèses, « questions sociales, etc. ». Marvel interdit aussi la « promotion de modes de vie alternatifs », ce qui a fait grincer des dents.
« L’épine dorsale de la plupart des comics »
« Ils sont bêtes chez Marvel ou quoi ? Les questions sociales sont littéralement l’épine dorsale de la plupart des comics », s’indigne une internaute. Une autre juge, quant à elle, absurde « le fait que Marvel pense qu’il soit humainement possible de raconter une histoire de superhéros sans aucun élément politique ». « Pas de questions sociales, dit une entreprise qui a engendré les comics les plus beaux et les plus populaires en évoquant des questions sociales », déplore une autre.
« Est-ce que Captain America a toujours le droit de combattre les nazis ? », ironise, de son côté, le site féministe The Mary Sue, spécialisé dans la pop culture. Et d’évoquer le personnage de Kamala Khan, première héroïne musulmane de Marvel, introduite en 2013 : « va-t-on vraiment l’interdire d’évoquer l’islamophobie ? », abonde The Mary Sue.
Un certain nombre de critiques se concentrent aussi sur l’interdiction de la « promotion de modes de vie alternatifs ». « Ce terme permet plusieurs définitions potentielles, du véganisme au tatouage », souligne Polygon, un site spécialisé dans le jeu vidéo. « C’est aussi un terme souvent utilisé pour désigner les membres de la communauté LGBT [lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres]. »
Détournements
En imposant cette multitude de règles, Marvel veut s’assurer que le contenu produit par les internautes soit accessible aux enfants et ne choque aucune sensibilité – alors même que les comics produits par l’éditeur ne respectent pas ce cahier des charges. Etablir de telles restrictions est aussi une tentative d’éviter les détournements grossiers, vulgaires et provocants qui auraient, à coup sûr, afflué sur la plate-forme dès ses premières heures d’existence.
Et peut-être aussi d’esquiver un certain nombre d’amateurs de fanfictions, cette pratique très populaire consistant à écrire des histoires se déroulant dans l’univers d’une œuvre, comme un comic-book. Une grande partie de ces fanfics mettent en scène des histoires d’amour, souvent homosexuelles, entre des personnages, parfois de façon très graphique – Marvel pourrait voir d’un mauvais œil que cette créativité ne s’exprime sur cette nouvelle plate-forme. Celle-ci « passe à côté de tout ce qui rend les fanfictions géniales », regrette une internaute.
A côté des réactions offensées, d’autres passionnés de comics ont préféré jouer la carte de l’humour, en tentant de rassembler dans une seule image tout ce que Marvel interdit dans ses conditions d’utilisation.

Heyyy so I heard Marvel is letting us make our own comics now and there are some rules about stuff we have to inclu… https://t.co/rwnmC3delH— alexdecampi (@Alex de Campi)


require(["twitter/widgets"]);

« Je suis obligé de contourner l’application de Marvel pour que je puisse montrer au monde ma vision, sans compromis », ironise cet internaute. Dans sa bande dessinée, Spider Man prononce des gros mots, se retrouve confronté à des abeilles tueuses, défie un scientifique nazi, évoque un film du studio Dreamworks, avant de conclure, une fois son ennemi anéanti : « je vais aller me promener dans le parc et trouver des mecs sexy à embrasser. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-7">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A la télé, la radio, comme au supermarché, le rire est devenu un passage obligé. Même les portables se mettent à vanner. A contre-courant de ces blagues indolores, une nouvelle génération d’humoristes redonne ses lettres de noblesse à cet art si difficile.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                
                                       
édition abonné


Comique, un métier d’avenir


                      A la télé, la radio, comme au supermarché, le rire est devenu un passage obligé. Même les portables se mettent à vanner. A contre-courant de ces blagues indolores, une nouvelle génération d’humoristes redonne ses lettres de noblesse à cet art si difficile.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 09h45
    |

            Magali Cartigny








                              

                        

En 1983, Pierre Desproges raconte un retour en taxi à Paris dans « Le Rire, parlons-en » (Vivons heureux en attendant la mort, Seuil), « accompagné d’une pulpeuse comédienne, avec qui j’aime bien travailler, non pas pour de basses raisons sexuelles, mais parce qu’elle a des nichons magnifiques », précise-t-il. Le chauffeur s’exclame soudainement : « Moi les Arabes, je peux pas les saquer. » S’ensuit l’inévitable échange stérile, à une banquette d’intervalle, quand le taux d’alcoolémie ou la foi en l’homme l’autorise encore…
En 2018, Kevin Razy décrit, dans son spectacle Mise à jour, le prototype du chauffeur ubérisé qui en fait des tonnes pour paraître poli dans l’espoir de décrocher les inaccessibles étoiles qui conditionnent son plein quotidien. Avant de traiter d’« enculé de sa race » le type qui lui a grillé la prio. Et qui pose la question que redoute tout usager de VTC et/ou de taxi : « Et sinon, vous faites quoi dans la vie ? » Pas de bol, Kevin est humoriste. « Moi, disons, je veux pas entrer dans les détails, mais y a des gens sur qui on doit pas faire de blagues », lance le chauffeur. Blanc, regard vers la vitre. « Non parce que les juifs… » « Et là tu te dis putain de merde, je vais devoir faire un débat sur l’antisémitisme avec un mec qui écoute Jul. »

Peut-on rire de tout avec tout le monde ? Pour le jeune humoriste, qui anime « Rendez-vous avec Kevin Razy » sur Canal+, « on peut tout faire, c’est une question de timing et de plate-forme. Parfois c’est trop tôt et, en télé, sur une chronique c’est souvent plus glissant. Sur scène, on a le temps d’expliquer son point de vue, il n’y a pas de doute sur l’attention. »
Confusion des genres entre information et divertissement
La question ressurgit aujourd’hui, mais les enjeux sont ailleurs. Car l’humour a changé. La confusion des genres entre information et divertissement a placé la culture...




<article-nb="2018/01/06/16-8">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec « Couleurs de l’incendie », le romancier poursuit le feuilleton de l’entre-deux-guerres qui lui a valu le Goncourt en 2013. Secrets de « fabricant d’émotions ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les deux adages de Pierre Lemaitre

Avec « Couleurs de l’incendie », le romancier poursuit le feuilleton de l’entre-deux-guerres qui lui a valu le Goncourt en 2013. Secrets de « fabricant d’émotions ».



Le Monde
 |    06.01.2018 à 08h00
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaitre, Albin Michel, 544 p., 22,90 €.

Œil malicieux, sourire en coin, Pierre Lemaitre accepte bien volontiers de parler métier. « C’est bien simple, j’ai deux adages. Adage n° 1 : “Méfie-toi de l’écriture.” Adage n° 2 : “Fais confiance à l’écriture.” » Pas mécontent de son effet, le lauréat du prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut (Albin Michel) détaille ce qu’il ne considère pas vraiment comme une « méthode », mais plutôt comme un ensemble de « trucs et astuces » qui lui permettent de mener à bien son travail de romancier. C’est-à-dire, précise-t-il aussitôt, de « fabricant d’émotions ». Car sa plus grande crainte, en dévoilant comme il le fait, avec générosité, les coulisses de son nouveau roman, Couleurs de l’incendie, serait de donner l’impression que ce n’est « que de la mécanique ». Et de passer, lui qui vient du polar, pour « un bon faiseur » s’amusant un peu vainement à raconter des histoires bien ficelées.
Ce risque de malentendu écarté, il revient sur les préceptes qui l’ont guidé pour ce deuxième volet de la trilogie inaugurée avec le roman « goncourisé ». « “Méfie-toi de l’écriture”, ça veut dire qu’il ne faut pas confier à l’écriture ce qu’elle ne sait pas faire. On a toujours hâte de se mettre à écrire, le travail de préparation et de construction est long, laborieux, ingrat. On aimerait l’abréger pour passer à l’étape jubilatoire. Mais l’écriture au fil de la plume est incapable de construire un scénario, ce n’est pas son boulot. » Dans ce roman-ci, la structure est celle du Comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas (1844-1846). Dans la première partie, l’héroïne est victime d’une machination. Dans la seconde, elle revient se venger de tous ceux qui ont causé sa perte, en finissant par le plus coupable. « Mais j’abandonne vite l’intrigue, précise Pierre...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-9">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le sociologue signe une étude ambitieuse où il explore à nouveaux frais, au-delà de Freud, ce que nous exprimons en rêvant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Bernard Lahire : « Les rêves font preuve d’une incroyable lucidité »

Le sociologue signe une étude ambitieuse où il explore à nouveaux frais, au-delà de Freud, ce que nous exprimons en rêvant.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 07h06
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            
« L’Interprétation sociologique des rêves », de Bernard Lahire, La Découverte, « Laboratoire des sciences sociales », 488 pages, 25 €.
Livre après livre, le sociologue Bernard Lahire (né en 1963) nous avait déjà habitués à des projets ambitieux. Qu’il ait exploré les ressorts de nos actions (L’Homme pluriel, Nathan, 1998) ou la complexité de nos pratiques culturelles (La Culture des individus, La Découverte, 2004), qu’il ait entrepris de bâtir une théorie de la création littéraire (Franz Kafka, La Découverte, 2010) ou de la « magie sociale » qui opère dans notre rapport à l’art (Ceci n’est pas qu’un tableau, La Découverte, 2015), il visait toujours, au-delà, une véritable pensée du monde social.
On retrouve cette ambition, et ce projet, dans son nouveau livre, L’Interprétation sociologique des rêves, premier tome d’une enquête qui en comptera deux, produit d’une recherche audacieuse entamée il y a vingt ans. Dialoguant avec d’autres disciplines (psychanalyse, neurosciences, linguistique, anthropologie…), le sociologue y propose un nouveau modèle d’interprétation des rêves, envisagés d’abord comme une « forme d’expression ».
Votre livre s’efforce de faire entrer le rêve « dans la grande maison des sciences sociales ». Comment expliquez-vous qu’elles l’aient si longtemps mal accueilli  ?
Le rêve est une production imaginaire a priori très « personnelle », bizarre aux yeux même de celui ou celle qui l’a produite, évanescente si on ne la raconte pas dès le réveil, fabriquée pendant que la personne est endormie et coupée des interactions sociales ordinaires et de toutes les sollicitations qu’elles charrient… Bref, le rêve est un vrai cauchemar pour le sociologue ! Et, depuis 1900 [année de publication à Vienne de L’Interprétation des rêves, de Sigmund Freud], qui dit « rêve » dit « psychanalyse », et la...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-10">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des émissions, films, séries, à voir ou à écouter en différé.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

De la jungle amazonienne au bazar de Téhéran : nos idées de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose des émissions, films, séries, à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h35
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
L’humour cru de Blanche Gardin, un voyage sur les « impossibles » routes du Brésil, une comédie entre Iran et Corrèze, et une plongée dans l’histoire des arts de la table. Voilà notre sélection de replays.
« Je parle toute seule » : Blanche Gardin drôlissime

Après Il faut que je vous parle, son premier seule en scène (l’histoire d’une trentenaire ravagée par une rupture amoureuse), en 2015, Blanche Gardin est revenue en 2017 en célibataire qui se soigne dans un nouveau stand-up logiquement intitulé Je parle toute seule. Dans ce spectacle que diffuse Canal+, elle poursuit sans tabou son introspection. Après le temps de la rupture vient celui de la solitude. Qu’elle apprivoise tant bien que mal.
Son humour noir ne l’a pas quittée. C’est son exutoire. Elle s’est mise à porter des colliers (« quitte à me faire baiser autant ressembler à une femme de lettres »), se sent « mûre » pour sortir avec « un demi-vieux philosophe » et se demande si elle n’est pas « une homosexuelle contrariée. Mais c’est trop tard, je me suis habituée aux bites depuis trop longtemps. »
Son corps ne va pas fort, « quand il pleut je boite ». Quant aux discussions de soirée entre potes, elles tournent désormais autour des allergies alimentaires et de la clope électronique. Blanche Gardin ne cache rien : ni sa première masturbation quand elle était gamine avec son oreiller, ni le supplice de sa première sodomie. Elle dit tout cela d’une voix douce et quasi monocorde, habillée d’une robe très sage.
Secouée comme tout le monde par les attentats (« après les semaines qu’on vient de passer on commence à prendre nos petites habitudes, on ne dit plus ça va ? mais ça vit ? »), flippée par les milliards qu’investit Google pour éradiquer la mort, déroutée par la nouvelle application pour nourrir les pauvres, Blanche Gardin est à l’image de notre époque : désenchantée et cynique. A la fin, elle repart comme elle est venue, par la salle, tranquillement, laissant son public un peu sonné. Sandrine Blanchard
« Je parle toute seule », de Blanche Gardin, mise en scène Maïa Sandoz. Sur myCANAL.
« Les Routes de l’impossible » : l’Amazonie en autocar

Voilà dix ans que la série documentaire Les Routes de l’impossible suit des fous du volant, qui, souvent contraints par leur travail, sont prêts à emprunter les routes les plus dangereuses de la planète. Pentes escarpées, ponts presque détruits, pistes englouties sous des litres d’eau... ils doivent pouvoir tout affronter.
Cette fois-ci, les deux protagonistes de l’aventure sont Luis et Leandro. Père et fils, ils sont les derniers à transporter des passagers entre les villes brésiliennes d’Humaita et de Manaus dans leur car abîmé. Les routes abandonnées et boueuses de l’Amazonie en ont découragé plus d’un. Le périple long de 700 kilomètres s’avère d’autant plus compliqué en période de pluies, où le temps de trajet peut être doublé.
Dans le film de Daniel Lainé, le voyage a explosé tous les records et a duré plus de quatre jours. C’est au milieu de cette « route de la douleur », comme la surnomment les chauffeurs qui l’empruntent, que ce documentaire dresse le portrait émouvant d’hommes téméraires et solidaires, capables de rester optimistes malgré les épreuves. Guidés par cette seule phrase : « Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. » Gauthier Le Bret
« Les Routes de l’impossible : Brésil, l’union fait la force », de Daniel Lainé (France, 2017, 52 minutes). Sur Pluzz.
« Les Pieds dans le tapis » : du burlesque revigorant

Pendant l’absence de son père – censé être parti s’offrir des bains de boue en Corée –, Morteza tente de gérer les affaires de l’entreprise de tapis située dans le grand bazar de Téhéran. Mais voilà qu’il apprend un jour par téléphone la mort du paternel, terrassé par une crise cardiaque à… Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. Sa mère et lui partent aussitôt pour la France afin de faire rapatrier le corps et élucider quelques mystères familiaux.
Débute alors un voyage initiatique où tendresse et légèreté, comique et tragique se mêlent avec subtilité. Le réalisateur, Nader Takmill Homayoun, prend un malin plaisir à se jouer des clichés sur les différences culturelles, à émettre certaines critiques à l’encontre de la société traditionaliste iranienne et à dénoncer – par l’absurde et le burlesque – l’embargo français contre l’Iran. Un embargo qui, ici, empêche le rapatriement du corps du chef de famille.
Les Pieds dans le tapis livre une approche délicate sur la difficulté des hommes à communiquer entre eux. L’essentiel est encore de se dire les choses et de ne rien garder secret : un message énergique et revigorant. A l’image du film qui le porte. G. L. B.
« Les Pieds dans le tapis », de Nader Takmill Homayoun (France, 2016, 90 minutes). Sur Arte.tv
« Les Trésors des arts de la table » décortiqués



Le sujet est très « période de fêtes de fin d’année », mais ce long propos sur les arts de la table dans les traditions françaises est hautement instructif. Quand les fourchettes sont-elles apparues ? A quel moment le service « à la française » a-t-il supplanté le service « à la russe » ? Pourquoi et comment le cristal se taille-t-il ? Quels sont les trois types d’or utilisés pour une chocolatière du XVIIIe siècle ? Qu’est-ce que le « soufflé-tourné » ? Quel est le restaurant qu’Alain Ducasse anime en plus de la myriade d’établissements ouverts sous son égide ?  A tout cela réponse est donnée, avec des spécialistes – des conservateurs du château de Versailles en particulier –, dans ce documentaire riche et vivant animé par Sophie Jovillard. Renaud Machart
« Les Trésors des arts de la table », de Simon Thisse (France, 2017, 95 minutes). Sur pluzz à la demande jusqu’au 10 janvier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-11">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Avec une cinquantaine de pièces présentées, l’exposition du Tripostal fait dialoguer oeuvres et disciplines.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Lille, la performance dans toute sa vitalité

Avec une cinquantaine de pièces présentées, l’exposition du Tripostal fait dialoguer oeuvres et disciplines.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 09h19
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Il fallait garder une proposition tonique pour l’ultime exposition décentralisée des 40 ans du Centre Pompidou : pari réussi pour ce « Performance ! », présenté au Tripostal de Lille, qui vient donc clore cette année marathon, après une soixantaine d’accrochages inédits présentés à travers la France.
Exposer la performance, plusieurs musées se sont prêtés à l’exercice ces dernières années. En 2010, il y a eu « Move » à la Hayward Gallery, à Londres, centré sur les performances interactives, et une histoire de la performance en dix actes par Boris Charmatz, au ZKM de Karlsruhe, ou les rétrospectives entièrement performées de Xavier Le Roy à Rennes en 2012, et de Tino Sehgal en 2016 au Palais de Tokyo, à Paris. Ici, l’idée est d’explorer une discipline qui échappe à toute catégorisation. « Dès le début, la performance est une pratique qui traverse plusieurs formes d’art. Cette exposition veut rendre justice à cette nature hybride », résume Marcella Lista, cocuratrice de l’exposition lilloise avec Bernard Blistène, le directeur du Musée national d’art moderne.
« Les années 1960 et 1970, qui voient éclore la performance, correspondent à un grand tournant dans l’art, avec une recherche de la dématérialisation en opposition à la marchandisation, et une ­convergence des arts de la scène, de la vidéo, du cinéma ou de la musique », détaille la commissaire. Les performances entrent d’abord dans les collections institutionnelles sous la forme de traces filmées, pour documenter des happenings, puis à travers des protocoles ou des partitions, pour être rejouées. « Un autre moment important a été l’apport de la danse conceptuelle à partir des années 1990. Et au tournant des années 2000, on sort de l’identification de l’activisme ou du Body Art : les performances peuvent être déléguées à d’autres danseurs », précise Marcella Lista.

Les quelque 4 000 m2 du Tripostal permettent de déployer...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-12">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Notre choix du soir. Témoignages et images d’archives retracent la vie et l’œuvre du danseur et chorégraphe, qui rénova sa discipline (sur Histoire à 20 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

TV - « Serge Lifar ou la révolution de la danse »

Notre choix du soir. Témoignages et images d’archives retracent la vie et l’œuvre du danseur et chorégraphe, qui rénova sa discipline (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h45
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


« N’importe quelle ­concierge à Paris, si on lui parlait de Serge Lifar, savait qui il était », s’exclame Claude Bessy, directrice de l’école de danse de l’Opéra national de Paris de 1972 à 2004, en évoquant les années 1930-1940. « Lifar était un dieu », ajoute Cyril Atanassoff, étoile de l’Opéra de Paris. Star, ­légende oubliée, personnalité ­exceptionnelle par sa créativité, les compliments pleuvent sur le danseur et chorégraphe Serge Lifar (1905-1986), figure majeure de la scène artistique, rénovateur de la danse classique, dont le parcours bouillonne.
En zone d’ombre, les années de guerre, où il fut accusé de collaboration. Autant dire que le phénomène Lifar, parfaitement détaillé par nombre de spécialistes dans ce documentaire à suspense cosigné par Florent Durth et Ivan Kuzmin, mérite une analyse fine. Rien que l’adolescence de ce fils de bonne famille russe qui se rêvait une carrière de pianiste donnerait du grain à moudre à une saga. Lifar, dont le grand-père fut arrêté par la police secrète pendant la révolution et la grand-mère brûlée vive dans sa maison soumise à un pillage, sauta du navire qui l’emmenait en Pologne pour aller poursuivre le combat révolutionnaire. Le bateau fut bombardé et Lifar, déserteur chanceux, resta en vie.

Il a 16 ans lorsqu’il découvre la danse au cours de Bronislava ­Nijinska, à Kiev. D’abord refusé comme élève, il trouve un stratagème. Nijinska est obligée par les autorités soviétiques de donner des cours à tous : Lifar endosse son uniforme de l’armée rouge et le voilà à la barre. Et ainsi de suite, la jeunesse de Lifar compile les anecdotes les plus rocambolesques, traçant la route d’un homme qui a su inventer sa vie sans reculer devant rien. Deux ans plus tard, à 18 ans, il intègre la fameuse compagnie des Ballets russes, dirigée par Serge Diaghilev, qui fait un ­tabac à Paris dans les années 1920. Il se fait remarquer dans le ballet Jeux (1913), de Nijinski, sur une musique de Debussy. Beauté, énergie athlétique, la touche Lifar magnétise.
Chronologique sans lourdeur
Vite, il se fait connaître et devient danseur et maître de ballet à l’Opéra de Paris en 1930. Il a 25 ans. D’emblée, il intensifie la présence de la danse peu programmée à l’époque en instituant des soirées entières consacrées au ballet. Il crée aussi des pièces au style incisif comme Icare, en 1935. « Il en a fait lui-même la musique, précise le chorégraphe Charles Jude, directeur du Ballet de Bordeaux. Il ­tapait les rythmes et les a donnés à Honegger pour les mettre en musique et tout a été fait ensuite avec des percussions. »
La période de la seconde guerre mondiale est longuement auscultée dans le film. Selon Mario Bois, éditeur musical, « Lifar est resté à l’Opéra pour sauver l’Opéra. » Il y reçoit Goebbels, accueillera le public des hauts dignitaires allemands présents à Paris et rencontrera Hitler à Berlin. En 1944, à la suite d’un procès, il est exclu de l’Opéra et des théâtres d’Etat en France. Jusqu’en mai 1945, où un mouvement des danseurs contre les machinistes fait revenir Lifar dans l’institution parisienne. Jusqu’au bout de sa vie, Lifar surprend par sa passion féroce, inentamée pour la danse et la création.

Chronologique sans lourdeur, le film, nourri en images d’archives, télescope les informations historiques, les anecdotes artistiques et intimes, en invitant des personnalités françaises et russes à brosser ce portrait à facettes, passionnant de bout en bout.
Serge Lifar ou la révolution de la danse, de Florent Durth et Ivan Kuzmin (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-13">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La Mairie de Paris veut faire de cette friche urbaine une vitrine verte tout en goudronnant un tronçon dans le 13e arrondissement.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La reconversion écologique de l’ex-voie ferrée en question

La Mairie de Paris veut faire de cette friche urbaine une vitrine verte tout en goudronnant un tronçon dans le 13e arrondissement.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 18h44
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Sur plus d’un kilomètre, une bande d’asphalte est en train de recouvrir les voies. Dans le 13e arrondissement de ­Paris, entre les portes d’Italie et de Vitry, une partie des rails de la Petite Ceinture ont été cisaillés et ­déferrés. Puis une goudronneuse est entrée dans la danse. Jusqu’en 2025, ces travaux doivent permettre notamment l’installation d’une centrale à béton et l’accès quotidien de plus d’une centaine de camions. D’ici là, la RATP acheminera une partie des éléments nécessaires à la prolongation de la ligne 14 du métro jusqu’à l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne).
Révélée par la chaîne YouTube de François Godard, chroniqueur inlassable de la petite ceinture, l’atteinte portée à la biodiversité par ce projet menace pour longtemps le retour de la vie sauvage. En particulier dans la portion de 250 mètres à l’air libre qui longe la rue Regnault, l’un des rares endroits où faune et flore avaient pris leurs aises dans l’intra-muros parisien. Déjà préempté par l’appel à projets urbains « Réinventer Paris II », le vaste parking sauvage de la gare des Gobelins toute proche, elle aussi raccordée à la Petite Ceinture, n’offrait pas, selon la RATP, les conditions favorables à l’implantation de la ­fameuse centrale ; une position défendue par la Mairie.

Mystérieuse inaccessibilité
Yves Contassot, conseiller de Paris Europe Ecologie-Les Verts, la ­conteste. « La RATP avait déjà passé les marchés avec les entre­prises et ne voulait pas perdre de temps », affirme l’élu. Le projet, dont sa nature le dispensait d’une enquête publique, a fait l’objet au sein de la Mairie de « deux ­petites réunions d’information quasi confidentielles », poursuit M. Contassot. D’abord rejetée ­durant l’été 2017, la délibération permettant sa validation a été ­votée à l’automne après que les communistes ont apporté leur soutien à la Ville.
La Petite Ceinture, qui dévoile parfois sa mystérieuse inaccessibilité depuis la rue, est...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-14">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le Hasard ludique, La Recyclerie, Le Poinçon qui ouvrira en 2018… A Paris, sur l’ancienne ligne ferroviaire désaffectée, les cafés-concerts, tendance économie solidaire, ont remplacé les stations.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Au bonheur des gares de la Petite Ceinture

Le Hasard ludique, La Recyclerie, Le Poinçon qui ouvrira en 2018… A Paris, sur l’ancienne ligne ferroviaire désaffectée, les cafés-concerts, tendance économie solidaire, ont remplacé les stations.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 20h59
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

« Une gare, c’est un lieu d’éphémère, d’aller-retour. Où l’on passe et où l’on reviendra… » Renaud Barillet s’apprête à ouvrir, courant 2018, une salle de restaurant et de concerts, Le Poinçon, dans l’ancienne gare de Montrouge à la porte d’Orléans. Le patron de La Bellevilloise, la salle du 20e arrondissement qui a depuis essaimé dans tout le Nord-Est parisien, aime s’imaginer en chef de gare : « Elle avait disparu, elle réapparaît, site post-apocalyptique d’un nouveau genre : le post-industriel. »

A l’instar du Poinçon, l’ensemble des stations de la Petite Ceinture, la ligne de chemin de fer qui jusqu’à l’entre-deux-guerres faisait le tour complet de Paris, est aujourd’hui remis en service au-dessus des voies désaffectées : Le Hasard ludique, porte de Saint-Ouen ; La Recyclerie, porte de Clignancourt ; Gare jazz à La Villette, La Flèche d’or, gare de Charonne… La Mairie a demandé une étude sur la transformation de la gare d’Avron, porte de Montreuil, et l’ancienne gare d’Orléans-Ceinture, boulevard Masséna, doit, à l’horizon 2019, se transformer en lieu consacré à l’alimentation durable pour y « cultiver et se cultiver » dans le cadre de l’opération « Réinventer Paris ». Seize stations en tout. Dont quatre à l’ouest de la capitale sont utilisées par le RER, et une, celle de Passy, est depuis belle lurette un resto chic des beaux quartiers.

Barbichette, piercing à l’oreille gauche, sac Rains, Vincent Merlet saute de son vélo ­vintage Peugeot gris. La nouvelle gare de la porte de Saint-Ouen, dont il est l’un des trois corefondateurs, est à son image. Travaillée. Avant ça, la gare a servi à tout : ­cinéma pendant la seconde guerre mondiale, puis café, elle est devenue un Viniprix, puis un bric-à-brac de vaisselle discount… ­Depuis juillet 2017, elle est Le Hasard ludique : un tiers restaurant, un tiers salle de concerts, un tiers animation de quartier : des ateliers de yoga, de rigologie, d’art-thérapie,...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-15">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A Chaillot, « Nouvelles pièces courtes » empile les tableaux dans une construction hasardeuse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Philippe Decouflé en pilotage automatique

A Chaillot, « Nouvelles pièces courtes » empile les tableaux dans une construction hasardeuse.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h13
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

On dirait une comédie sentimentale qui surfe entre douceur, gravité et tendresse. Un pianiste fait swinguer sa partenaire, qui lui renvoie la balle en dégainant sa flûte, tandis qu’un peu plus tard une voltigeuse tourbillonne, entraînant son complice dans un décollage immédiat. Armement des toboggans, vérification de la porte ­opposée, et c’est parti dans les airs pour Nouvelles pièces courtes, de Philippe Decouflé, à l’affiche de Chaillot-Théâtre national de la danse jusqu’au 12 janvier.
Le chorégraphe fantaisiste affiche ici son goût pour les tableaux courts qui se culbutent les uns les autres, sans souci de tenir le cap. Il joue frontalement l’inspiration dépareillée, les formats disproportionnés, les horizons aux antipodes sur le fil de six tableaux. ­Entre le plus court, de sept minutes, et le plus long, une trentaine, un trait commun : le pas de deux, ou parfois de trois, qui révèle les dessous amoureux de la danse et du théâtre. Des cintres au trou du souffleur, la boîte noire dans tous ses recoins est le terrain de jeu préféré de Decouflé, qui en renverse les perspectives depuis ses débuts dans les années 1980.

Un voyage qui recycle les poncifs
Le déséquilibre et le disparate sont évidemment les règles du jeu, mais tout de même ! Dans cette construction hasardeuse, qui laisse parfois en plan à force de ne tenir aucun compte narratif ou rythmique – on passe du beatbox à du jazz planant et à du Vivaldi –, la dernière séquence – la plus étirée – est celle d’un voyage au Japon mené par la danseuse Alice ­Roland. Elle déplace trop longuement le propos d’ensemble et en parasite le charme surréaliste en optant pour un récit moins ­énigmatique. Plus proche de ­l’esprit sketch et surtout trop cliché, ce voyage recycle les poncifs. Entre gags à l’aéroport, atelier origami, apparitions de danseurs en kimono et clips de J-pop, ces ­inserts survolent sans surprise l’imagerie nipponne.
Dans ce dédale de sensations, le point...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-16">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Cinquante ans après, le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan de Mai 68. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                
                                       
édition abonné


De Mai-68 à Macron, Romain Goupil, l’éternel révolté


                      Cinquante ans après, le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan de Mai 68. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 06h39
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Cinquante ans après Mai-68, on dirait les deux vieux du « Muppet Show » au balcon de l’Histoire ; il y en a un qui boite, l’autre est un peu ventru, et là, ils dissertent sur les sanglochons. On ne sait plus trop pourquoi, eux non plus, aucune importance, le débat continue, c’est l’essentiel. Daniel Cohn-Bendit a deux hanches en carton et une tête de lutin, il explique que comme « il n’y avait pas assez de sangliers, les éleveurs ont fait des croisements avec des cochons. C’est pas des conneries, hein ! Aux européennes de 1999, ça a été un problème soulevé pendant ma campagne, la prolifération des sanglochons. »
Romain Goupil est toujours un militant avide de la chose politique et un cinéaste inclonable, il a toujours une gueule incroyable au-dessus de son bidon et une grande théorie sur les sanglochons, mais trop technique pour être retranscrite ici. Le héros du jour, c’est lui.
Two-men-show
Goupil finit de monter un film avec Cohn-Bendit parti ausculter la France cinquante ans après vous-savez-quoi. La direction de France 5 est attendue pour visionner l’affaire. Un road-movie de cinquante jours de tournage ramené à 2 h 21 de film. La chaîne avait commandé un 52 minutes mais Goupil a toujours été très persuasif, il a un sourire magique, il n’est jamais à court d’arguments.
Ce talent date d’il y a au moins cinquante ans, quand ils se sont croisés vite fait avec Cohn-Bendit, en mai 1968, sur l’estrade enfiévrée d’un meeting incandescent, ou l’inverse, puis ils sont devenus copains comme sanglochons depuis 1991 et la guerre en Yougoslavie. Officiellement, ils ne parlent plus trop de Mai. Sauf pour s’écharper sur l’imposture supposée de l’autre.
« Tu peux nous écouter. A nous deux, on a 140 années d’expériences en agitation tous azimuts sans avoir fait l’ENA. On est tes meilleurs conseillers… Parce qu’en plus… On a tout foiré. » Romain Goupil à Emmanuel Macron
En général, ça se passe comme ça. Goupil attaque : « Il y a...




<article-nb="2018/01/06/16-17">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ De l’Amérique latine à Hollywood, en passant par l’Europe, le Mexicain est sur tous les fronts. Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour cet acteur engagé en faveur des migrants.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                
                                       
édition abonné


Gael García Bernal, acteur sans frontières


                      De l’Amérique latine à Hollywood, en passant par l’Europe, le Mexicain est sur tous les fronts. Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour cet acteur engagé en faveur des migrants.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h06
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                              

                        

Sur le seuil d’une maison coloniale du quartier branché de la Roma Norte, au centre de Mexico, Gael García Bernal arbore un look d’étudiant : sac en bandoulière, baskets assorties à son jean et veste en velours bleu. Seuls des cheveux poivre et sel trahissent l’approche de la quarantaine chez l’acteur, réalisateur et producteur né en 1978 à Guadalajara, et incarnation, depuis son rôle en 2000 dans Amours chiennes, d’Alejandro Gonzalez Iñarritu, d’un cinéma latino-américain vigoureux.
Sa renommée a dépassé les frontières de son pays, et même de son continent, puisque Gael García Bernal a tourné aux Etats-Unis ou en Europe. Mais le comédien, à l’affiche de Si tu voyais son cœur, premier long-métrage de la jeune réalisatrice française Joan Chemla, en salle le 10 janvier, a toujours gardé une attache forte avec Mexico. Et il reçoit au siège d’Ambulante, festival itinérant de documentaires qu’il a fondé en 2005 avec un ami, l’acteur Diego Luna.
Une expérience émotionnelle
« C’est mon bureau quand je suis au Mexique », lâche celui qui vit entre Mexico et Buenos Aires, où habitent ses deux enfants avec son ex-compagne, l’actrice argentine Dolores Fonzi. Dans cette demeure rénovée aux allures de start-up, deux assistantes à peine trentenaires pianotent derrière leur écran. Gael García Bernal les salue d’un geste amical, puis s’installe dans une salle de réunion aux étagères remplies de dizaines de DVD et de bobines. « C’est ici que j’ai préparé le tournage de mon film », raconte l’acteur qui réalise, en ce moment au sud de la mégalopole, son second long-métrage de fiction, dix ans après Déficit. L’histoire ? « Deux jeunes Mexicains rêvent de partir pour un avenir meilleur », répond-il, avant de confier, dans un large sourire, ne pas souhaiter en dire plus pour l’instant.

Un tournage qui l’empêche d’être à Paris pour la promotion du film de Joan Chemla, dont il évoque la rencontre avec...




<article-nb="2018/01/06/16-18">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Un grand et récent succès du cinéma indien fait écho à l’une des promesses du premier ministre Narendra Modi, une complaisance qui ne plaît pas à tout le monde.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                
                                       
édition abonné


A Bollywood, des toilettes au service du gouvernement


                      Un grand et récent succès du cinéma indien fait écho à l’une des promesses du premier ministre Narendra Modi, une complaisance qui ne plaît pas à tout le monde.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 06h37
   





                              

                        

L’un des plus grands succès des salles de cinéma indiennes des derniers mois est une histoire de toilettes. Depuis sa sortie cet été, Toilettes : une histoire d’amour, de Shree Narayan Singh, a récolté 2,16 milliards de roupies de recettes (28,4 millions d’euros). Si le sujet a trouvé un écho certain dans le pays, c’est qu’il constitue un problème majeur de société. Sur les 950 millions d’humains dans le monde qui n’ont pas accès aux toilettes, 60 % se trouvent dans le sous-continent. Tout comme les personnages du film de Shree Narayan Singh.
Dans cette romance à l’eau de rose, qui se déroule dans un village perdu au milieu de nulle part, un jeune homme du nom de Keshav, joué par l’acteur canadien d’origine indienne Akshay Kumar, tombe amoureux d’une jolie fille, qu’il finit par épouser.
Mais l’insolente a des exigences. Une fois mariée, Jaya (interprétée par Bhumi Pednekar) n’a plus qu’une obsession : installer des toilettes dans sa maison, fatiguée qu’elle est d’aller faire ses besoins dans les champs chaque matin, en compagnie de ses voisines. Keshav refuse d’engager les travaux mais, comme sa jeune épouse lui annonce qu’elle quitte le foyer pour retourner vivre chez ses parents, il finit par obtempérer et construit des latrines dans la cour de leur maison.
Félicitations de Narendra Modi
C’était compter sans son vieux père, qui juge l’affaire indécente et entreprend aussitôt de démolir les latrines toutes neuves. Ulcérée, Jaya demande le divorce. Un coup de théâtre vient débloquer la situation : les autorités politiques locales annoncent la construction de toilettes publiques dans le village. Les choses rentrent dans l’ordre et les habitants des alentours découvrent, comme Keshav et Jaya, les joies de la défécation dans l’intimité, à toute heure du jour et de la nuit.

Après avoir vu Toilettes : une histoire d’amour, le premier ministre Narendra Modi s’est même fendu d’un tweet de félicitations. Car si,...




<article-nb="2018/01/06/16-19">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… Sur scène, un bataillon de trentenaires expose ses travers les plus inavouables. Des limites  ? Aucune.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                
                                       
édition abonné


Les amazones trash de l’humour


                      Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… Sur scène, un bataillon de trentenaires expose ses travers les plus inavouables. Des limites  ? Aucune.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h46
    |

            Sandrine Blanchard








                              

                        

Elles n’ont pas attendu les hashtags #metoo et #balancetonporc pour libérer leur parole sur scène. Elles s’appellent Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… et constituent une nouvelle génération de femmes humoristes qui portent haut l’humour noir, l’irrévérence et l’insolence.
Debout, immobile derrière son micro à pied, robe sage, Blanche Gardin se confesse sur son intimité. Sa première masturbation, quand elle était gamine, avec son oreiller, ou, ado, sa première sodomie non consentie provoquent une hilarité coupable et jouissive. C’est corrosif, désenchanté et « interdit au moins de 16 ans ». Depuis deux ans, Blanche Gardin met en mots la crise existentielle qu’elle traverse depuis une douloureuse rupture amoureuse. Sans présence sur les réseaux sociaux, son succès a été fulgurant. « Chaque spectacle correspond à une période de vie. Je continue une sorte d’autoportrait en contre-modèle de celui de la femme performante, qui réussit, entrepreneuse d’elle-même avec un profil Facebook parfait. Ce qui est intéressant dans la vie, c’est l’incomplétude et comment on se débrouille avec notre statut d’humain », explique cette quadra qui ne cesse d’écrire.


Comme elle, depuis quelques années, les femmes ont investi la scène humoristique, à tel point qu’il est difficile de toutes les citer. Fini l’époque où seules quelques reines du genre, de Sylvie Joly à Florence Foresti en passant par Muriel Robin, dominaient plateaux de théâtre et de télé. YouTube et le développement du stand-up ont permis aux filles d’émerger sur un terrain longtemps réservé aux hommes, en s’adressant directement au public.
Ecriture peaufinée, regard acéré, Marina Rollman se place dans la même lignée qu’une ­Blanche Gardin. Cette Suissesse espiègle joue de sa voix enfantine pour s’épancher sur sa vie d’enfant cajolée devenue dépressive à l’âge de travailler dans un open space, pour...




<article-nb="2018/01/06/16-20">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale, « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Contre les violences faites aux femmes, un metteur en scène revisite la fin de « Carmen »

Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale, « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 19h41
   





                        


Et à la fin, c’est Carmen qui tue Don José… Le metteur en scène Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».
« L’idée m’a été suggérée par le directeur du théâtre, qui voulait que je trouve un moyen pour ne pas faire mourir Carmen. »
« Il estime qu’à notre époque, marquée par le fléau des violences faites aux femmes, il est inconcevable qu’on applaudisse le meurtre de l’une d’elles », a ajouté le metteur en scène, qui présente dans la capitale toscane une version contemporaine de Carmen. Leo Muscato admet avoir d’abord été « déconcerté » par la demande, le destin de mort de Carmen constituant le moteur du chef-d’œuvre de Georges Bizet.
Créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique, à Paris, il est l’un des opéras les plus joués au monde. Avant même d’avoir été vu, le spectacle florentin — dont la première est prévue le 7 janvier au Teatro Maggio — suscite d’âpres débats parmi les critiques, certains saluant la démarche du metteur en scène, ancrée dans la réalité contemporaine, tandis que d’autres crient au sacrilège.

        Lire aussi :
         

                Théâtre, humour, opéra, danse... les spectacles qui ont marqué 2017



Dans l’œuvre de Bizet, Carmen, une Gitane séductrice et rebelle, est poignardée par le brigadier Don José, fou d’amour pour elle, qui la poursuit de sa jalousie. « Un mois après la proposition du directeur, je suis revenu avec ma solution où Carmen ne meurt pas mais se défend contre son agresseur d’une façon inattendue, comme n’importe qui le ferait à sa place », explique Leo Muscato.
Le crime, seule issue
Sans dévoiler le ressort dramatique qu’il utilise, le metteur en scène laisse entendre que le crime est la seule issue possible pour une femme sur le point d’être tuée. Et il assure avoir respecté scrupuleusement la musique et le livret originaux.
« Don José se rend compte que le fait d’avoir poussé Carmen à un geste aussi extrême revient à l’avoir tuée et ses dernières paroles “Vous pouvez m’arrêter. C’est moi qui l’ai tuée” prennent alors une dimension symbolique. »
Autre liberté prise par Leo Muscato, celle de situer sa Carmen dans un camp de Roms au début des années 1980. Il met en scène l’évacuation du campement, occupé illégalement, par des forces de l’ordre en tenue antiémeute.
« Bizet avait situé “Carmen” en 1830, soit quarante-cinq ans avant sa première représentation. J’ai donc mis la même distance entre ma version et le moment où elle est jouée, pour que les spectateurs soient placés dans les mêmes conditions temporelles vis-à-vis de l’œuvre. »
Eviter le manichéisme
Carmen, qui travaille dans une manufacture de cigarettes voisine du camp, est soumise aux coups de matraque répétés de Don José, un policier irascible et violent.
« Mais ce n’est pas une violence gratuite, car on pourrait facilement tomber dans une vision manichéenne des choses avec d’un côté les hommes affreux, sales et méchants et de l’autre les femmes gentilles », explique Leo Muscato.
« Don José est un homme qui combat ses démons intérieurs, il a des moments de douceur et de générosité, puis des accès de grande violence, comme cela arrive dans les foyers où sévissent les violences conjugales », observe-t-il.
Une analyse que Leo Muscato dit avoir puisée à la source de l’œuvre. La nouvelle de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra, débute par une citation du poète grec Palladas en épigraphe :
« Toute femme est amère comme le fiel, mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l’autre à sa mort. »



                            


                        

                        

