<FILE-date="2018/01/06/16">

<article-nb="2018/01/06/16-1">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Le 5 janvier face à Recep Tayyip Erdogan, le chef de l’Etat a choisi, comme en mai 2017 face à Vladimir Poutine, d’adresser à voix haute certaines critiques à celui qu’il recevait en grande pompe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Le « parler vrai » de Macron à l’épreuve des autocrates

Editorial. Le 5 janvier face à Recep Tayyip Erdogan, le chef de l’Etat a choisi, comme en mai 2017 face à Vladimir Poutine, d’adresser à voix haute certaines critiques à celui qu’il recevait en grande pompe.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 14h43
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Comment gérer les dictateurs ? Le nombre croissant d’autocrates sur la scène internationale pose un problème de plus en plus épineux aux dirigeants des pays démocratiques. Plusieurs attitudes sont possibles : il y a l’option gel des relations, pour ceux qui sont vraiment infréquentables. Il y a la rencontre discrète en se pinçant le nez, si possible en marge de grandes conférences internationales. Il y a la posture « realpolitik », qui assume un dialogue pas forcément glorieux, mais adouci par la signature d’énormes contrats réparateurs pour la balance commerciale.
Et puis il y a la méthode Macron. Elle consiste à recevoir avec tous les honneurs les autocrates de haut rang, ou à aller leur rendre visite en grande pompe, mais à se servir de la rituelle conférence de presse conjointe pour désamorcer, par quelques vérités assénées la tête haute, les critiques de ceux qui l’accusent de se compromettre. Dans son activisme diplomatique, le président français, dont on sait maintenant combien il aime parler, ne veut exclure personne : il souhaite rencontrer « tout le monde », y compris ceux avec lesquels le dialogue n’est pas forcément « cool », comme il le confiait au Point en septembre 2017 à propos de Recep Tayyip Erdogan. Mais il affirme aussi leur parler sans détour, et sans rougir.
Cette méthode a été inaugurée le 29 mai face à Vladimir Poutine, reçu dans le faste de Versailles pour s’entendre dire devant les journalistes que les médias officiels russes n’étaient que des organes d’influence et de propagande. Le président russe écouta stoïquement, le visage fermé : Versailles vaut bien une leçon.
Quels bénéfices ?
Emmanuel Macron a voulu rééditer l’exploit, vendredi 5 janvier, avec le président turc, dont la dérive autoritaire et répressive est dénoncée dans toute l’Europe. Il a souhaité, au cours « d’une discussion très franche », mettre fin à « l’hypocrisie » d’éternels pourparlers sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne : « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a dit M. Macron au côté de M. Erdogan. Franc aussi sur leurs « désaccords sur la vision des libertés individuelles », le président français a soumis au président turc une liste de personnes que la France, et notamment les ONG, considère comme injustement poursuivies en Turquie, et a rappelé que la liberté d’expression est « un bloc qui ne se divise ni ne se détricote ».
La question, bien sûr, est la contrepartie espérée. Sortir de ces rencontres la tête haute est une chose, en tirer les bénéfices attendus en est une autre. L’avenir dira si l’accueil de M. Poutine et de M. Erdogan permet d’avancer, notamment, sur le déblocage du dossier syrien.

        Lire aussi :
         

                Face à Erdogan, Macron propose un « partenariat » plutôt que l’intégration de la Turquie à l’UE



La méthode Macron semble, en outre, souffrir déjà des exceptions : recevant, le 24 octobre à l’Elysée, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, dont le pays abrite quelque 60 000 prisonniers politiques, le chef de l’Etat a refusé « de donner des leçons hors de tout contexte » – le contexte étant, en l’occurrence, la lutte commune contre le djihadisme.
Cette méthode sera à nouveau mise à l’épreuve cette semaine lorsque M. Macron rencontrera en Chine le plus puissant de tous les autocrates, le président Xi Jinping. Sur la réciprocité des ouvertures commerciales, sur les libertés individuelles et sur la protection des intérêts stratégiques européens, le président français aura, à Pékin, plus d’une occasion de tester son « parler vrai ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-2">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le président français a rencontré vendredi à Paris son homologue turc, avec lequel il a également évoqué la question du respect des droits de l’homme
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/01/2018
Découvrir l’application


                        

Face à Erdogan, Macron propose un « partenariat » plutôt que l’intégration de la Turquie à l’UE

Le président français a rencontré vendredi à Paris son homologue turc, avec lequel il a également évoqué la question du respect des droits de l’homme



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 10h32
    |

            Marc Semo








                        


Face au président turc Recep Tayyip Erdogan, venu chercher le soutien de Paris pour une relance du processus d’adhésion de son pays à l’Union européenne, Emmanuel Macron a fait le choix du parler vrai. « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a déclaré le président français lors de leur conférence de presse commune, vendredi 5 janvier. Jamais un chef de l’Etat français n’avait aussi clairement appelé, en s’adressant directement à son homologue turc, à en finir « avec l’hypocrisie qui consiste à penser qu’une progression naturelle vers l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation est possible ».
Et de suggérer de « repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais d’une coopération, d’un partenariat ». « La finalité, c’est de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire en sorte que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe », a-t-il insisté, avouant que « l’Europe n’a pas toujours bien fait vis-à-vis de la Turquie, en laissant croire des choses possibles alors qu’elles ne l’étaient pas totalement ».

   


La plupart des dirigeants de l’UE, surtout depuis la dérive autoritaire qui a suivi le coup d’Etat manqué de juillet 2016, ne croient plus à la possibilité dans un proche avenir d’une adhésion pleine et entière de la Turquie, comme le souhaite Ankara au moins en paroles. L’accord sur les migrants de mars 2016 avait relancé une reprise des discussions, qui a fait long feu quelques mois plus tard. « La Turquie s’éloigne à pas de géant de l’Europe », a déclaré, en août 2017, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
En septembre, la chancelière allemande, Angela Merkel, alors en campagne électorale, avait même annoncé lors d’un débat télévisé être favorable à l’arrêt des négociations. Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Cavusoglu, était samedi en Allemagne, pour rencontrer son homologue Sigmar Gabriel, afin de tenter d’améliorer les rapports très dégradés entre les deux pays. Les autorités françaises, si l’on excepte le quinquennat de Nicolas Sarkozy, étaient quant à elles toujours restées plus floues sur la perspective de l’adhésion.
Isolement diplomatique d’Ankara
Avec ce pays qu’il juge un partenaire stratégique essentiel, le président français suggère un « dialogue apaisé qui tiendrait compte des réalités d’aujourd’hui ». C’est vague et très loin des attentes de l’homme fort d’Ankara, qui comptait sur celui qu’il appelle son « ami » Emmanuel Macron pour renouer avec l’Europe et sortir de son isolement diplomatique.
Avec son langage cru habituel, Recep Tayyip Erdogan n’a pas caché son irritation. « Les premiers pas du processus d’adhésion datent de 1963 et cela fait donc maintenant cinquante-quatre ans que la Turquie attend dans l’antichambre de l’UE. Aucun autre pays n’a été traité de la sorte », a-t-il martelé, ajoutant : « Cela nous a fatigués », « cela nous pousse à prendre des décisions : on ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Le leader de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie depuis 2002, brandit régulièrement depuis deux ans la menace d’un référendum sur l’adhésion à l’UE.
Emmanuel Macron a tenu son engagement d’évoquer lors de leurs entretiens les atteintes aux droits de l’homme et un certain nombre de cas concrets de dirigeants d’ONG, de journalistes, ainsi que celui du mécène et figure de proue de la société civile Osman Kavala. « L’Etat de droit ne se divise pas. (…) Une opinion, si elle n’est pas une invitation au crime ou à des thèses terroristes, c’est une opinion et elle doit pouvoir s’exprimer librement », a expliqué le président français, appelant aussi Ankara à préserver son ancrage dans la Convention européenne des droits de l’homme.
Un pas vers une relance de la coopération militaire
M. Erdogan a rétorqué en évoquant les nécessités de la lutte contre le terrorisme. « Il ne se crée pas tout seul, il y a des jardiniers du terrorisme, hommes de pensée et d’idées qui, dans leurs écrits, apportent de l’eau au moulin du terrorisme », a-t-il lancé avant de s’en prendre, quelques minutes plus tard, à un journaliste de l’émission « Envoyé spécial » de France 2 qui lui posait une question sur des soupçons de livraisons d’armes à des groupes djihadistes par Ankara en 2014.
Une grande partie des échanges a porté sur les crises régionales, et notamment la question syrienne. Emmanuel Macron a évoqué une « communauté de vues et d’intérêts stratégiques » afin de construire la paix avec la dimension « la plus inclusive possible ».
Très symboliquement, juste avant le début de la conférence de presse, a été aussi signé le contrat pour l’étude d’un système de défense aérienne et de missiles mené en commun par la société franco-italienne Eurosam et les sociétés turques Aselsan et Roketsan. C’est un pas vers une relance de la coopération militaire avec les Occidentaux, après qu’Ankara a signé un contrat avec la Russie pour des missiles sol-air S-400 qui suscite l’inquiétude de ses partenaires de l’OTAN.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-3">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les nationalistes dénoncent la décision de la justice espagnole, qui évoque un risque de récidive. Huit députés indépendantistes , dont l’ancien vice-président, sont en exil ou en prison.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le leader indépendantiste de gauche Junqueras reste en prison, la Catalogne dans l’impasse

Les nationalistes dénoncent la décision de la justice espagnole, qui évoque un risque de récidive. Huit députés indépendantistes , dont l’ancien vice-président, sont en exil ou en prison.



Le Monde
 |    06.01.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
06.01.2018 à 10h25
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Elle semblait fort peu probable, mais la mise en liberté sous caution d’Oriol Junqueras aurait peut-être fait avancer les choses en Catalogne. Le Tribunal suprême espagnol en a décidé autrement, vendredi 5 janvier, en maintenant en détention provisoire l’ancien vice-président indépendantiste et tête de file de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), accusé de sédition, rébellion et malversation.
Réélu député lors des élections régionales du 21 décembre 2017, M. Junqueras avait demandé à être libéré pour exercer ses fonctions. Devant les juges, jeudi 4 janvier, il s’était présenté comme un « homme de paix » aux fortes convictions religieuses, disposé à entamer « un dialogue bilatéral » avec Madrid afin de résoudre la crise catalane.
Mais cela n’a pas suffi à convaincre les trois magistrats du Tribunal suprême, qui ont estimé que M. Junqueras n’avait pas véritablement renoncé à ses intentions politiques. Ils ont rappelé que le responsable de l’ERC, en tant que membre du gouvernement du président Carles Puigdemont, avait participé à l’organisation du référendum du 1er octobre 2017, déclaré illégal, ainsi qu’à la proclamation unilatérale de l’indépendance, le 27 octobre, se plaçant ainsi « hors de l’Etat de droit », un comportement jugé « gravissime ».
« Prisonnier politique »
« Dans ces conditions, toute offre de dialogue ne peut s’interpréter comme un abandon de l’affrontement contre l’Etat », ont écrit les juges. En outre, la possibilité de répéter de tels délits ne peut être écartée « car aucune donnée ne permet de déduire que le plaignant a l’intention d’abandonner la voie qu’il a suivie jusqu’à maintenant ».
Le maintien en détention provisoire de M. Junqueras a indigné les indépendantistes, pour qui l’ancien vice-président est un « prisonnier politique ». Ils parlent maintenant d’« otage » de Madrid. De Bruxelles où il s’est exilé, M. Puigdemont...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-4">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La société, dans laquelle Bono avait une participation minoritaire, s’est acquittée de 34 000 euros d’impôts et de 19 000 euros d’amende.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Paradise papers » : une société liée au chanteur Bono régularise sa situation fiscale

La société, dans laquelle Bono avait une participation minoritaire, s’est acquittée de 34 000 euros d’impôts et de 19 000 euros d’amende.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 19h53
   





                        


Elle faisait partie des sociétés pointées du doigt dans les « Paradise papers », révélés il y a deux mois par Le Monde et de nombreuses rédactions en partenariat avec l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation). Une société appartenant en partie au chanteur Bono a acquitté 53 000 euros d’impôts qu’elle avait évité de verser, a annoncé vendredi l’administration fiscale lituanienne.
Lire tous nos articles de l’enquête « Paradise papers »
En 2007, Bono, figure de la lutte contre la pauvreté dans le monde, avait pris des parts dans une société maltaise qui avait acheté un centre commercial dans la ville lituanienne d’Utena. Or, cet investissement avait non seulement transité par l’intermédiaire de discrètes sociétés-écrans installées à Malte puis à Guernesey, mais avait aussi violé les règles fiscales lituaniennes, à l’insu du chanteur de U2.
C’est ce qu’affirmaient des experts fiscaux lituaniens sur la base des documents soumis par le journal lituanien 15min – partenaire de l’ICIJ – en soulignant notamment l’usage de prêts douteux entre sociétés et une sous-évaluation immobilière grossière du centre commercial. L’administration fiscale lituanienne avait ouvert une enquête qui s’est terminée à la fin de l’année.

        Lire aussi :
         

                Le chanteur Bono, victime heureuse des « Paradise Papers »



« Totalement écœuré »
La société concernée, Nude Estates 2, a suivi les « recommandations » du service lituanien enquêtant sur des opérations d’optimisation fiscale et a versé 34 000 euros d’impôt sur le revenu. Elle a également payé 19 000 euros d’amende pour le retard de paiement, a fait savoir la porte-parole de l’Inspection fiscale, Ruta Asadauskaite, à l’Agence France-Presse.
La participation de Bono à la société incriminée avait été révélée par les « Paradise papers », mais les différents acteurs du dossier avaient assuré que le chanteur était un investisseur « minoritaire » et « passif » du centre commercial.
A l’époque, le rockeur irlandais, Paul David Hewson de son vrai nom, s’était déclaré « totalement écœuré si, même en tant qu’investisseur minoritaire et passif », son « nom a pu être mêlé à quelque chose d’un tant soit peu illégal ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-5">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Macron : la situation en Turquie ne permet « aucune avancée » avec l’UE

Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 23h53
   





                        



   


Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré vendredi que les « évolutions récentes » en Turquie dans le domaine des droits de l’homme excluaient toute « avancée » dans les négociations d’adhésion de ce pays à l’Union européenne.
« Il faut sortir de l’hypocrisie qui consiste à penser que l’on peut ouvrir de nouveaux chapitres dans la négociation avec l’Union européenne [UE], ce n’est pas vrai », a tranché le président lors d’une conférence de presse aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, invité à Paris vendredi. En réponse, M. Erdogan a déclaré que la Turquie était « fatiguée » d’attendre une éventuelle adhésion à l’Union européenne. « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE », a-t-il estimé devant la presse.

        Lire aussi :
         

                Visite à Paris d’Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale



Le président français a également insisté sur l’importance de « l’ancrage de la Turquie au sein de la Convention européenne des droits de l’homme ». A défaut d’une adhésion, le président français a ainsi proposé à la Turquie un « partenariat » avec l’UE.
« Il faut (…) regarder si on ne peut pas repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais peut-être d’une coopération, d’un partenariat avec [pour] finalité (…) de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe. »
« Respecter l’Etat de droit »
M. Macron a évoqué la « relation économique forte » qu’entretiennent la France et la Turquie, et salué la « coopération exemplaire » des deux pays – et de l’UE – en matière de lutte contre le terrorisme. Il a également invité son homologue à une coopération dans la construction de la paix en Syrie.
Mais le président français a surtout souligné des « visions différentes » sur les libertés individuelles entre les deux pays. Le chef de l’Etat a assuré qu’il avait évoqué avec le président turc les cas de plusieurs universitaires ou journalistes poursuivis en Turquie, et a appelé M. Erdogan à « respecter complètement l’Etat de droit » sur la question, notamment, de la liberté de la presse. M. Erdogan a assuré qu’il demanderait au ministère de la justice des informations sur la liste de noms et d’organisations que lui a fournie M. Macron.
Peu après, le président Erdogan s’en est pris à une journaliste d’« Envoyé spécial » qui l’interrogeait sur l’interception, en janvier 2014, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant des armes supposément destinées à des groupes djihadistes . « Tu parles avec les mots du FETÖ [« organisation terroriste güléniste », nom donné par le gouvernement turc au mouvement Hizmet, auquel il impute le putsch manqué de juillet 2016 ], pas comme un journaliste », a accusé M. Erdogan, prévenant la journaliste qu’elle n’avait pas face à elle « quelqu’un qui va avaler ça facilement ».
Un contrat d’étude signé
Cette visite diplomatique a également donné lieu à la signature d’un contrat d’étude dans la défense aérienne et antimissile. Le contrat, dont le montant n’est pas connu, porte sur l’étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue distance portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc, selon l’Elysée.
Ces systèmes de défense antiaérienne sont déjà utilisés par les armées française et italienne. L’Italie en a même déployé certains en Turquie pendant un temps, pour l’aider à intercepter d’éventuels missiles tirés de la Syrie voisine, en pleine guerre.
Les pays de l’OTAN n’avaient pas caché leur inquiétude lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé en septembre qu’il avait signé avec la Russie un contrat portant sur l’achat de systèmes de défense antiaérienne S-400.
Ces systèmes de missiles de technologie russe n’étant pas compatibles avec ceux de l’Alliance atlantique, l’annonce avait été perçue comme une manifestation de mauvaise humeur de la part du président turc, sur fond de graves tensions avec plusieurs dirigeants européens et les Etats-Unis.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-6">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le tribunal sur les crimes de guerre au Kosovo en danger

Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h04
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La manœuvre avait tout du coup tordu de dernière minute. Vendredi 22 décembre au soir, à la veille du week-end de Noël, dans une capitale du Kosovo en passe d’être vidée de ses diplomates occidentaux en partance pour les fêtes, le président du Parlement a essayé de convoquer en toute urgence les députés de ce petit pays des Balkans qui s’apprête à célébrer en 2018 ses dix ans d’indépendance de la Serbie. L’objet de ce soudain empressement nocturne ? Supprimer le très contesté et très sensible tribunal international spécial établi en 2016 pour juger les crimes de guerre commis au Kosovo entre 1998 et fin 2000, soit pendant et juste après la guerre d’indépendance.
Plusieurs anciens commandants de la guérilla albanophone (UCK) pourraient être mis en cause. L’association des vétérans, qui a demandé la suppression du tribunal, le juge « discriminatoire » en l’accusant d’épargner les criminels serbes, même si ceux-ci ont souvent été traduits en justice devant d’autres instances. Seule la réaction spectaculaire de l’ambassadeur américain, accouru en urgence au Parlement en assurant que les Etats-Unis « n’avaient pas investi autant d’effort dans le succès du Kosovo pour le voir détruire son futur », semble avoir temporairement empêché la majorité d’arriver à ses fins. Pendant la guerre, le soutien de l’OTAN avait été crucial pour permettre à l’UCK de l’emporter rapidement face aux troupes serbes.
Regain d’inquiétude diplomatique
Faute de quorum suffisant, le bureau de l’Assemblée n’a en effet finalement pas pu convoquer de session le 22 décembre. Pour autant, le pouvoir kosovar ne semble pas avoir totalement renoncé. Les ambassades américaine, britannique, française et italienne ont de nouveau publié un communiqué commun alarmiste, jeudi 4 janvier, appelant « à abandonner tout projet d’annulation ou de renégociation » du tribunal, menaçant sinon « de graves conséquences négatives, notamment pour l’intégration euro-atlantique...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-7">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ New Scotland Yard va mettre en place une nouvelle technologie de reconnaissance des images de pédopornographie, non sans alimenter quelques controverses.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                
                                       
édition abonné


Au Royaume-Uni, l’intelligence artificielle s’invite dans la lutte contre la pédophilie


                      New Scotland Yard va mettre en place une nouvelle technologie de reconnaissance des images de pédopornographie, non sans alimenter quelques controverses.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h03
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 15h04
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                              

                        

Au Royaume-Uni, l’intelligence artificielle devrait bientôt venir en renfort de la lutte contre la pédophilie. De quoi alléger l’énorme charge mentale qui pèse sur les policiers dont le travail consiste à consulter à longueur de journée ces images atroces. En 2016, la Metropolitan Police, l’unité londonienne de la police, a dû en repérer parmi 53 000 appareils électroniques différents lors de ses enquêtes. « Vous pouvez imaginer que faire cela d’année en année est extrêmement perturbant », explique, dans un entretien au Daily Telegraph, Mark Stokes, responsable des nouvelles technologies à Scotland Yard.
Selon lui, la technologie devrait être disponible « d’ici deux à trois ans ». A l’heure actuelle, des logiciels de reconnaissance automatique sont déjà utilisés, mais il faut encore manuellement classer chaque image selon son degré de sévérité. « Nous devons noter les images indécentes en fonction des différents niveaux de sanction pénale, précise Mark Stokes. Mais l’apprentissage par des machines va pouvoir éviter cette tâche aux humains. »
Les limites du logiciel
Les difficultés techniques sont cependant très importantes. D’abord, la reconnaissance d’images, qui fonctionne bien pour les armes à feu ou l’argent, n’est pas au point en ce qui concerne la nudité, souligne Mark Stokes : « Parfois, [le logiciel] déniche un désert et l’analyse comme étant une image indécente ou de la pornographie. Beaucoup de gens ont des déserts en fond d’écran, et il l’assimile à la couleur de la peau. »
Ensuite, l’intelligence artificielle, qui consiste à laisser des systèmes informatiques apprendre à se repérer par eux-mêmes dans d’énormes masses de données, nécessite des puissances de calcul informatique importantes, que la Metropolitan Police ne possède pas. Pour contourner le problème, celle-ci envisage de transférer ses données sur le « nuage » informatique des...




<article-nb="2018/01/06/16-8">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La justice espagnole refuse de libérer l’indépendantiste Oriol Junqueras

Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 14h25
   





                        



   


La justice espagnole a refusé, vendredi 5 janvier, la demande de libération du numéro deux de l’indépendantisme catalan, Oriol Junqueras, toujours incarcéré pour « rébellion » et « sédition ». Chef de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), il a été arrêté au début de novembre 2017 à la suite de la proclamation d’indépendance unilatérale faite par le gouvernement régional le 27 octobre.
Pour les magistrats, il y a bien dans le dossier « des indices de commission des délits de rébellion, sédition et malversation de fonds de la part de M. Junqueras, incarcéré depuis deux mois ».
En outre, la possibilité de répéter de tels délits ne peut être écartée, « car aucune donnée ne permet de déduire que le plaignant a l’intention d’abandonner la voie qu’il a suivie jusqu’à maintenant ».
Imbroglio au Parlement
En théorie, cette décision du tribunal empêchera donc Oriol Junqueras d’assister à la séance inaugurale du Parlement de Catalogne, prévue le 17 janvier. C’est un coup dur pour le bloc indépendantiste, puisque l’ancien président de la région, Carles Puigdemont, est toujours exilé à Bruxelles, alors que son parti est arrivé en deuxième position aux dernières élections régionales, derrière le parti libéral et « unioniste », Ciudadanos. Le parti d’Oriol Junqueras, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), est arrivé en troisième position.

        Lire :
         

          Ce qu’il faut retenir des élections régionales en Catalogne



La cour se défend de tout procès politique, soulignant que le fait d’être indépendantiste « est légitime, puisque la Constitution admet la défense de n’importe quelle position politique ». Mais cela doit se faire « sans commettre de délit », argumentent les magistrats.
Les indépendantistes catalans ont obtenu la majorité absolue au Parlement en nombre de sièges, mais leurs divisions et la situation judiciaire des leadeurs du bloc rendent très difficile l’émergence d’un futur gouvernement catalan. Huit députés ne peuvent pas siéger car ils sont soit en fuite soit en prison.
S’ils ne peuvent sortir de prison ou s’ils restent en exil, ils pourraient céder leur siège au candidat suivant sur la liste aux élections régionales. Quant à Carles Puigdemont, il avait déclaré, après les élections, être prêt à prendre le risque de rentrer en Catalogne pour diriger les indépendantistes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-9">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

L’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili condamné par contumace à trois ans de prison

M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 13h19
   





                        


Un tribunal de Tbilissi, la capitale de la Géorgie, a condamné vendredi 5 janvier, par contumace à trois ans de prison Mikheïl Saakachvili, l’ex-président géorgien (2004-2013), pour « abus de pouvoir » dans l’affaire de l’assassinat d’un jeune banquier géorgien, Sandro Girgvliani, en 2006, durant sa présidence. M. Saakachvili était accusé de s’être engagé de manière illégale à épargner les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire.
Sandro Girgvliani avait été retrouvé mort le 28 janvier 2006. Il s’était vivement disputé la veille au soir avec quatre hauts responsables du ministère de l’intérieur qui étaient accompagnés de la femme du ministre de l’époque, Vano Merabichvili.
Sous la pression des médias et de l’opposition, le ministre avait annoncé l’arrestation de quatre officiers subalternes, mais écarté la responsabilité des quatre hauts responsables dans l’affaire, alors que l’enquête, conduite par le ministère de l’intérieur lui-même, avait souffert de nombreuses irrégularités.
M. Saakachvili, qui a quitté la Géorgie après l’arrivée au pouvoir de ses adversaires prorusses, en 2013, et qui a ensuite été privé de sa citoyenneté géorgiene, a refait sa carrière en Ukraine, où il a pris la tête d’un mouvement d’opposition au président, Petro Porochenko.

        Lire aussi :
         

                Ukraine : l’opposant Mikheïl Saakachvili libéré



M. Saakachvili a dénoncé le caractère politique de ce procès et déclaré qu’il ne faisait pas confiance à la justice géorgienne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-10">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La justice estime que l’Etat n’a pas violé le droit en autorisant la prospection en Arctique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Climat : les ONG perdent leur procès contre la « pétromonarchie » norvégienne

La justice estime que l’Etat n’a pas violé le droit en autorisant la prospection en Arctique.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h22
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
La « pétromonarchie » norvégienne a évité l’humiliation en gagnant, jeudi 4 janvier, le procès l’opposant à des organisations environnementales qui contestent l’exploitation pétrolière dans l’Arctique. Mais cette affaire marque peut-être le début de la fin pour les tenants du tout-pétrole qui dirigent actuellement la Norvège.
Greenpeace et Natur og ungdom (« Nature et jeunesse ») avaient porté plainte devant le tribunal d’Oslo contre le ministère du pétrole, en raison de l’attribution, en 2016, de licences d’exploration en mer de Barents, une décision qui, selon les plaignants, contrevient à l’accord de Paris sur le climat et au droit constitutionnel des Norvégiens à un environnement sain et sûr pour les générations actuelles et à venir (article 112 de la Constitution).
C’était la première fois qu’un procès se tenait sur la base de cet article adopté dans les années 1990 puis amendé en 2014 et intégré au chapitre des droits de l’homme. Il dispose que « toute personne a droit à un environnement salubre ainsi qu’à un milieu naturel dont soient préservées la capacité de production et la diversité ».

Pas de violation constitutionnelle
Une des principales questions posées portait sur l’utilisation du mot « droit » : devait-elle être comprise au sens strict et impliquer une responsabilité devant les tribunaux, ou bien au sens large, comme un principe général ?
« Le côté positif du verdict est que la Cour nous a donné raison sur l’interprétation de cet article 112, en considérant qu’il s’agit d’un vrai droit, qui implique la possibilité de porter une affaire devant un tribunal, et non pas seulement d’un joli principe, explique au Monde Truls Gulowsen, responsable de Greenpeace Norvège. C’est important pour l’avenir, pour les procès qui ne manqueront pas de suivre. »
Pour le reste, le tribunal a considéré que les autorités ont pris des mesures appropriées pour remédier aux impacts environnementaux...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-11">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le barreau de Paris appelle Emmanuel Macron à agir auprès de Recep Tayyip Erdogan au sujet des avocats emprisonnés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
      

Journalistes et avocats dénoncent les purges d’Ankara

Le barreau de Paris appelle Emmanuel Macron à agir auprès de Recep Tayyip Erdogan au sujet des avocats emprisonnés.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h15
    |

            Marc Semo








                        



   


La visite de Recep Tayyip Erdogan dans la capitale française irrite les organisations de défense des droits de l’homme, les associations professionnelles des avocats comme des journalistes, et les partis de gauche. Basile Ader, vice-bâtonnier du barreau de Paris, demande au chef de l’Etat d’« interférer avec fermeté auprès du président turc pour la libération sans condition des soixante et onze avocats condamnés à de longues peines d’emprisonnement, et l’abandon des poursuites qui visent au total 1 486 avocats ». Le barreau de Paris rappelle aussi que la « situation des avocats turcs et des magistrats n’a cessé de s’aggraver depuis un an, victimes d’une purge de grande ampleur, au mépris de toutes les conventions internationales et des droits les plus élémentaires ».
« Arrestations arbitraires »
Dans un communiqué commun, Reporters sans frontières, la Société civile des auteurs multimedia, l’équipe du prix Albert-Londres et Informer n’est pas un délit, un collectif de journalistes d’investigation, appellent Emmanuel Macron « à dénoncer avec fermeté l’injustice qui frappe les journalistes turcs et qui aboutit à ce que plus d’une centaine d’entre eux soient actuellement emprisonnés, déjà condamnés ou dans l’attente d’un jugement ».

        Lire aussi :
         

                Visite à Paris d’Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale



Sur le plan politique, La France insoumise et le Parti communiste français ont l’un et l’autre condamné la visite. La Ville de Paris, dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, a notamment fait part de sa « préoccupation quant au respect des droits humains et de la démocratie locale en Turquie » et de « son soutien aux élus locaux » face à des « arrestations arbitraires ». Dans le sud-est de la Turquie, à majorité kurde, des dizaines de maires du Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde) ont été remplacés par des fonctionnaires nommés par Ankara.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-12">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La venue du président turc, vendredi, suscite nombre d’interrogations alors que les atteintes à l’Etat de droit et aux libertés s’aggravent de jour en jour dans son pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/01/2018
Découvrir l’application


                        

Visite à Paris d’Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale

La venue du président turc, vendredi, suscite nombre d’interrogations alors que les atteintes à l’Etat de droit et aux libertés s’aggravent de jour en jour dans son pays.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 12h50
    |

            Marc Semo








                        



Toujours plus isolé diplomatiquement, le président turc doit impérativement renouer avec les pays de l’Union européenne. Il veut se poser comme un partenaire incontournable des Vingt-Huit sur la question migratoire et les crises régionales. « Nous voulons augmenter le nombre de nos amis et réduire celui de nos ennemis », déclarait récemment Recep Tayyip Erdogan. La visite du chef d’Etat à Paris, vendredi 5 janvier pour une demi-journée – la première dans une grande capitale européenne depuis le putsch manqué de juillet 2016, à l’exception de Bruxelles –, n’en suscite pas moins nombre d’interrogations alors que les atteintes à l’Etat de droit et aux libertés fondamentales s’aggravent de jour en jour en Turquie.
La question sera ouvertement abordée par le président français lors de leur rencontre. Emmanuel Macron revendique le fait de « parler à tout le monde et de dire clairement les choses », même celles qui fâchent. « Je le ferai dans le respect mais avec le souci de défendre en même temps nos valeurs et nos intérêts », expliquait-il en début de semaine avant d’évoquer, le 3 janvier, lors de ses vœux à la presse, la triste situation des médias en Turquie. « Ce n’est pas parce qu’ils sont journalistes qu’ils ne vont pas commettre un crime », avait rétorqué Ibrahim Kalin, le porte-parole du président turc.
A l’Elysée, on insiste sur le souci du président « de maintenir le fil du dialogue sans cacher les divergences ». Les autorités françaises rappellent qu’Ankara devra faire des « gestes très concrets » sur les droits de l’homme si elle veut donner un nouvel élan à un processus d’adhésion à l’UE engagé en octobre 2005 et au point mort depuis le coup d’Etat raté. « Ce processus est gelé parce qu’il y a un certain nombre d’attentes des pays européens sur les libertés fondamentales », déclarait à Sud Radio Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires étrangères.
Le « nouveau sultan »
Des cas très concrets seront abordés lors des entretiens, dont celui du mécène Osman Kavala, figure de proue de la société civile et de l’intelligentsia stambouliote, arrêté en novembre 2017 et accusé contre toute vraisemblance d’avoir financé le coup d’Etat et même la révolte de Gezi, au cœur d’Istanbul, au printemps 2013. Quelque 50 000 personnes sont actuellement détenues en Turquie pour leurs liens supposés avec la confrérie islamiste de Fetullah Gülen, accusée par les autorités d’avoir organisé le putsch raté, ou pour complicité avec la rébellion kurde.

   


Au moins 140 000 fonctionnaires ont été limogés pour les mêmes raisons. La répression contre les ONG de défense des droits de l’homme et la presse a aussi visé des ressortissants européens, notamment allemands, et des binationaux. Les deux journalistes français arrêtés au cours des derniers mois, Mathias Depardon et Loup Bureau, ont certes été libérés – un geste à l’égard de Paris. Mais Deniz Yücel, le correspondant turco-allemand de Die Welt, est incarcéré depuis bientôt un an sans qu’aient été rendues publiques les charges pesant contre lui.
Même si l’économie tourne à plein régime, avec une croissance de 7 % en 2017, une bonne partie des classes moyennes urbaines commence à se détourner de l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002, et s’inquiètent des dérives autoritaires de celui que beaucoup surnomment le « nouveau sultan ». Lors du référendum d’avril 2017 visant à élargir encore les pouvoirs du chef de l’Etat, les grandes villes comme Ankara et Istanbul avaient voté pour le non.
Intérêts stratégiques communs
Les relations avec le traditionnel allié américain sont de plus en plus mauvaises. Celles avec l’OTAN sont devenues exécrables. La carte russe de l’alliance avec Vladimir Poutine, qui avait permis à Ankara de revenir dans le jeu en Syrie, montre toutes ses limites.
D’où ce retour vers l’Europe, et c’est avec Paris que les relations sont les moins mauvaises. Au printemps 2017, les autorités turques n’avaient pas hésité à accuser les dirigeants allemands de « pratiques nazies » pour avoir interdit à des ministres de l’AKP de venir mener campagne auprès des immigrés turcs. La chancelière allemande Angela Merkel avait annoncé, début septembre, être favorable à l’arrêt des négociations d’adhésion avec Ankara. Emmanuel Macron veut, lui, « éviter les ruptures » avec un partenaire qu’il juge essentiel.
« Sur les questions régionales et dans le domaine bilatéral, les pas que nous avons faits avec Emmanuel Macron vont dans le bon sens », a affirmé Recep Tayyip Erdogan mercredi sur LCI. Les deux chefs d’Etat se sont déjà plusieurs fois rencontrés en marge de sommets internationaux. « Les discussions ont été directes et denses », souligne-t-on à Paris. Si les personnalités et les visions du monde des deux dirigeants sont opposées à bien des égards, il existe aussi des intérêts stratégiques communs et des convergences sur nombre de dossiers régionaux, à commencer par la Syrie. Longtemps principal soutien de la rébellion avant de se rapprocher de Moscou et de Téhéran en 2016, Recep Tayyip Erdogan n’en estime pas moins, comme la diplomatie française, que Bachar Al-Assad ne peut incarner à terme l’avenir de son pays.

   


Les deux hommes s’entretiendront aussi de la situation dans le Golfe et en Libye, et de l’instabilité née de la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël. « La Turquie reste un partenaire stratégique à de nombreux égards : en matière de migrations, de lutte contre le terrorisme, de résolution de crises régionales », expliquait jeudi le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, soulignant que ce dialogue « exigeant et constructif » doit être « fondé sur des engagements que la Turquie a elle-même pris en matière de droits de l’homme ».
« Dérive autocratique irréversible »
Cela ne dissipe pas les doutes sur l’opportunité de cette visite alors même que le président turc, depuis le coup d’Etat raté, n’avait été reçu que dans la Pologne des ultranationalistes conservateurs du parti PiS et chez le voisin grec, où la visite a été houleuse. 
« La rencontre à l’Elysée représente un succès d’image pour Recep Tayyip Erdogan, mais elle ne le fera en rien dévier d’une trajectoire politique toujours plus autoritaire au fur et à mesure qu’il sent son pouvoir menacé », relève Marc Pierini, ancien ambassadeur de l’UE à Ankara et chercheur à la fondation Carnegie à Bruxelles, soulignant qu’en revanche Emmanuel Macron n’a rien à y gagner. « Qu’il s’agisse des accords migratoires ou de la lutte contre le terrorisme, la coopération fonctionne au niveau technique sans qu’il soit besoin de lui donner un tel adoubement politique », s’inquiète l’ex-diplomate.
Nombre d’intellectuels turcs partagent ce point de vue. « Si la visite parisienne pouvait freiner la dérive autocratique d’Erdogan, ce serait une bonne chose, mais cette dernière est irréversible », analyse Ahmet Insel, auteur notamment de La Nouvelle Turquie d’Erdogan (La Découverte). Nul ne croit plus vraiment, y compris à Ankara, à une future adhésion pleine et entière à l’UE. « Les relations de la Turquie avec l’UE se situent désormais dans la logique d’une politique de bon voisinage, ce qui donne à Bruxelles comme à Paris ou Berlin toujours moins de prises sur Ankara », insiste l’universitaire. Recep Tayyip Erdogan le sait et en joue, même s’il assure « vouloir avoir de bonnes relations avec l’UE ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-13">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’analyste Ellie Geranmayeh explique, dans une tribune au « Monde », que l’accord nucléaire de 2015 a permis à la société iranienne de ne plus rejeter sur les seules sanctions la responsabilité de la stagnation économique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Iran : « L’Union européenne a raison de se démarquer des Etats-Unis »

L’analyste Ellie Geranmayeh explique, dans une tribune au « Monde », que l’accord nucléaire de 2015 a permis à la société iranienne de ne plus rejeter sur les seules sanctions la responsabilité de la stagnation économique.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 09h27
    |

Ellie Geranmayeh (Analyste au Conseil européen des relations internationales)







                        



                                


                            

Tribune. Le défi intérieur lancé au président Hassan Rohani par les manifestants a braqué les projecteurs sur les profondes frustrations économiques et politiques de la population, et ce à un moment délicat de la politique étrangère du président liée à l’accord nucléaire. Le président Donald Trump a remis en question le maintien de cet accord et dénoncé les dirigeants iraniens. Il devra décider dès la mi-janvier s’il donne son accord à la poursuite du processus de levée des sanctions, condition sine qua non pour que l’Iran puisse réintégrer l’économie mondiale. L’administration américaine n’a pas encore arrêté sa position et certains signes indiquent que les manifestations en Iran pourraient peser dans la décision finale.

Les Etats-Unis ont été l’un des premiers pays à publier une déclaration accusant les dirigeants iraniens de transformer leur pays en un « Etat voyou économiquement affaibli ». La remarque se situait dans le droit fil d’une déclaration du secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, en juin 2017, dans laquelle il exprimait son soutien « aux éléments qui, en Iran, permettraient de parvenir à une transition pacifique du pouvoir ».
Le président Trump a utilisé le canal de Twitter pour émettre une série de commentaires sur les manifestations, dont l’un exprimait son « respect au peuple iranien qui tente de se débarrasser de son gouvernement corrompu ». Ajoutant  :  « Vous verrez un grand soutien des Etats-Unis au moment opportun ! »
Ces messages de responsables américains apportent de l’eau au moulin des officiels iraniens qui accusent les manifestants d’être soutenus par des ennemis de l’étranger. Les Tweet de Trump sont du pain bénit pour l’aile la plus dure du régime iranien : ils légitiment la sécurisation toujours plus grande du pays, dissuadant par là la société civile de s’organiser et réduisant l’espace de futurs mouvements de contestation.
Les Tweet de Donald Trump...



                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-14">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Sofia, qui voudrait accéder à l’espace Schengen, devra tenter de parvenir à un accord sur les migrants et accompagnera la deuxième phase de négociation sur le Brexit.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La Bulgarie, le plus pauvre des pays européens, prend la présidence tournante de l’UE

Sofia, qui voudrait accéder à l’espace Schengen, devra tenter de parvenir à un accord sur les migrants et accompagnera la deuxième phase de négociation sur le Brexit.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 06h36
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Au 1er janvier, c’est la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union européenne (UE), qui pour la première fois en assure la présidence tournante, et ce jusqu’à la fin juin. Une responsabilité considérable pour un Etat membre du club depuis seulement dix ans, disposant d’un nombre restreint de professionnels de la mécanique communautaire.
Pendant six mois, ce sont les officiels bulgares qui seront chargés, à Bruxelles, d’organiser les réunions ministérielles européennes, de fixer les agendas, de travailler à la formation de consensus. Pour les y aider, la Commission leur a « prêté » une quarantaine de ses fonctionnaires, une pratique relativement courante quand de petits pays, peu aux faits des us bruxellois, récupèrent une présidence tournante.
Agenda chargé et délicat
Pour Sofia, l’agenda est particulièrement chargé et délicat. Sa tâche la plus compliquée sera probablement de parvenir à un accord sur un sujet qui a profondément divisé l’Europe ces deux dernières années : la migration. Bruxelles veut pourtant aboutir à un consensus en juin. Mais les pays de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, continuent de refuser catégoriquement toute idée de « quotas ».

        Lire aussi :
         

                Migrants : en Europe, Macron entre l’Allemagne et les pays de l’Est



« Nous rejetons avec force une telle approche, qui porte atteinte aux décisions souveraines des Etats membres », a déclaré le tout nouveau premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, à Budapest avec son homologue hongrois, Viktor Orban, mercredi 3 janvier. Ces prises de position répétées promettent une belle bataille bruxelloise au printemps. Car l’Allemagne, la Suède ou l’Italie refusent de leur côté que la « solidarité » de l’Est, en cas d’afflux de réfugiés, se limite à de l’aide financière ou logistique.
La Bulgarie, qui partage plus de 250 km de frontière terrestre avec la Turquie et fut aux avant-postes de la crise migratoire de 2015, devra tenter un compromis, sans pour autant prendre position – c’est le rôle d’une présidence que de rester le plus neutre possible à Bruxelles. Même si son premier ministre, Boïko Borissov, s’est montré plus proche des positions de M. Orban que de celles d’Angela Merkel, eux aussi membres du Parti conservateur européen, le premier parti politique à Bruxelles.
Les officiels bulgares devront également accompagner la négociation du Brexit, qui entre dans sa deuxième phase (les termes du divorce d’avec Londres ont été arrêtés à la fin de 2017). Probablement la plus difficile : la première ministre Theresa May continue de promettre à ses concitoyens « le meilleur accord » commercial possible avec l’UE, tout en défendant une sortie du marché intérieur et de l’union bancaire, qui aura un coût considérable pour les acteurs économiques britanniques.

        Lire aussi :
         

                Brexit : « Pourquoi on ne risque pas la “chute de la falaise” »



Rude bataille sur le budget
Autre dossier piégé, le « cadre financier pluriannuel », le budget de l’UE pour 2021-2027, au sujet duquel la Commission doit faire des propositions en mai. La bataille pour en définir les priorités et l’enveloppe globale a déjà largement commencé, et elle est rude.
Après le Brexit, les vingt-sept Etats restants devront faire avec environ 10 milliards d’euros annuels en moins (la contribution britannique). Et certains (France et Allemagne) ont déjà prévenu qu’ils voulaient conditionner l’octroi de fonds au respect de l’Etat de droit, visant directement les dérives « illibérales » en Pologne et en Hongrie.
Les Bulgares réussiront-ils à éviter que la fracture Est/Ouest ne se creuse encore un peu plus ? Le pays, où le salaire minimal est presque neuf fois inférieur à celui en vigueur au Luxembourg (selon les données Eurostat du deuxième semestre 2017), espère en tout cas faire aboutir une de ses principales revendications à Bruxelles : pouvoir, enfin, accéder à l’espace sans passeport Schengen, dont il est toujours exclu, comme la Roumanie. C’est « une injustice qui ne peut pas durer », juge la commissaire bulgare Mariya Gabriel.

        Lire aussi :
         

                Mariya Gabriel, benjamine de la Commission européenne et chasseuse de « fake news »



Surveillance rapprochée
Les deux Etats sont entrés par la petite porte dans l’UE, car jugés insuffisamment prêts. La Bulgarie doit encore se soumettre à une surveillance rapprochée, la Commission vérifiant tous les ans si le pays progresse dans la réforme de son système judiciaire, très défaillant, et dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée.
Mais il n’est pas sûr, malgré le soutien appuyé du président Jean-Claude Juncker apporté en septembre 2017, que Sofia parvienne à convaincre tous ses partenaires européens : l’unanimité au Conseil (les Etats membres) est requise pour une entrée dans Schengen. Le fait que, sur le front de la corruption, ses progrès soient très lents n’y aide pas. Dans un rapport datant de janvier 2017, la Commission regrettait que « la lutte contre la corruption soit le secteur où la Bulgarie a réalisé le moins de progrès depuis dix ans ».
Mardi 2 janvier, le président bulgare, Roumen Radev, a mis son veto à une loi anticorruption réclamée par Bruxelles, mais qu’il juge trop faible pour se révéler efficace. Selon ce texte, une institution unique remplacerait plusieurs organes existants, qui n’ont jusque-là pas fourni de résultats tangibles. M. Radev craint que la direction de cette institution unique, désignée à la majorité simple par le Parlement, ne tombe sous la coupe du parti majoritaire, Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), du premier ministre Borissov.
« Nous travaillons en étroite relation avec la présidence bulgare [sur ces sujets]. Nous avons publié une série très concrète de recommandations au pays à la fin de 2017 et nous réévaluerons la situation à la fin de 2018 », a assuré, jeudi, Mina Andreeva, porte-parole de la Commission européenne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-15">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’Etat norvégien a octroyé, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à treize groupes pétroliers.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Licences pétrolières dans l’Arctique : la justice norvégienne déboute plusieurs ONG

L’Etat norvégien a octroyé, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à treize groupes pétroliers.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 19h08
   





                        


C’est une affaire emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique. La justice norvégienne a débouté, jeudi 4 janvier, Greenpeace et deux autres organisations non gouvernementales opposées à l’attribution par la Norvège de licences pétrolières dans l’Arctique.
Dans un jugement encore susceptible de faire l’objet d’un appel, le tribunal d’Oslo a estimé que l’Etat norvégien n’avait pas violé la Constitution en octroyant, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à 13 groupes pétroliers, parmi lesquels le champion national Statoil, les américains Chevron et ConocoPhillips, et le russe Lukoil.

        Lire aussi :
         

                La Norvège attaquée en justice sur le climat



Avec les associations Nature et jeunesse et Campagne des grands-parents pour le climat, Greenpeace avait assigné la Norvège en justice, en invoquant une récente disposition constitutionnelle qui garantit le droit de tous à un environnement sain.
Leadeur du pétrole en Europe de l’Ouest
Si le tribunal d’Oslo reconnaît le droit de chacun à un environnement sain, il a estimé que l’attribution de licences d’exploration pétrolière ne violait pas ce droit. Le juge a également estimé que la Norvège, plus gros producteur de pétrole et de gaz naturel d’Europe de l’Ouest, ne pouvait être tenue pour responsable des émissions de gaz carbonique liées aux hydrocarbures qu’elle exporte dans d’autres pays.
Les plaignants avaient également fait valoir que l’autorisation de nouvelles activités pétrolières dans l’Arctique, région a fortiori fragile, allait à l’encontre de l’accord de Paris signé par Oslo en 2016, qui vise à limiter à moins de 2 °C le réchauffement climatique.
« Nous sommes satisfaits que le tribunal ait donné un contenu clair au paragraphe sur l’environnement (…) qui peut être utilisé pour stopper des décisions politiques néfastes », a réagi le chef de Greenpeace Norvège, Truls Gulowsen. « En même temps, a-t-il ajouté, nous sommes très déçus qu’il ait créé un vide juridique en prétendant que les émissions dues au pétrole norvégien à l’étranger ne sont pas couvertes par cette disposition de la Constitution. »
« La politique pétrolière de la Norvège est l’affaire du Parlement, pas du système judiciaire, a pour sa part commenté Tommy Hansen, porte-parole de l’organisation représentant le secteur pétrolier. Et c’est un Parlement unanime moins une voix qui avait adopté le 23e cycle de concessions pétrolières. Il bénéficie donc d’une solide majorité politique et démocratique. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-16">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les prix dans la capitale ont reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à subir une baisse en 2017.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Baisse des prix immobiliers à Londres en 2017, une première en huit ans

Les prix dans la capitale ont reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à subir une baisse en 2017.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 09h23
   





                        


C’est un poncif tenace qui caractérise la ville de Londres : les montants exorbitants de ses loyers. Après huit ans de hausse, la tendance semble s’inverser. Les prix de l’immobilier résidentiel ont enregistré un coup de frein en 2017 au Royaume-Uni et ont même légèrement reculé à Londres sur fond d’incertitudes quant au Brexit, révèle une étude publiée jeudi 4 janvier.
Selon les chiffres de la banque mutualiste Nationwide, qui font référence dans le pays, le prix moyen d’un bien immobilier a progressé de 2,6 % dans le pays l’an passé, loin de la hausse de 4,5 % de 2016. Les prix dans la capitale ont quant à eux reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à connaître une baisse en 2017.

        Lire aussi :
         

                Au Royaume-Uni, un marché de l’immobilier « cassé »



« Londres a subi un ralentissement particulièrement marqué, avec la première baisse annuelle en huit ans », souligne Robert Gardner, économiste chez Nationwide. C’est en outre la première fois depuis 2004 que Londres affiche la plus mauvaise performance de l’ensemble des régions britanniques.
Deux fois plus cher à Londres
L’étude note de grandes disparités régionales, remarquant notamment qu’il est de plus en plus difficile de trouver un logement dans Londres et plus généralement dans le sud-est de l’Angleterre. Ces zones restent inabordables pour de nombreuses personnes ou nécessitent d’importants emprunts pour financer les achats immobiliers.
Le prix moyen d’une maison ou d’un appartement à Londres s’est établi à 470 922 livres (530 071 euros) au quatrième trimestre de 2017, soit plus du double de la moyenne nationale, qui s’élève à 211 433 livres.

        Lire aussi :
         

                Immobilier : A Londres, le logement n’a jamais été aussi inabordable



Pour l’année 2018, Nationwide s’attend à un nouveau ralentissement du marché au plan national, avec des prix prévus en hausse très modeste de 1 %. La banque souligne que les performances dépendront en grande partie de l’activité économique et de l’impact du Brexit, qu’il est encore difficile d’anticiper selon elle.
Les pouvoirs publics s’attendent à une croissance économique de 1,4 % en 2018 au Royaume-Uni, freinée par la consommation des ménages et par la toujours faible productivité dans le pays.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-17">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les conservateurs de la CSU proposent notamment d’augmenter le délai d’accès aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Les migrants, au centre des négociations de coalition gouvernementale en Allemagne

Les conservateurs de la CSU proposent notamment d’augmenter le délai d’accès aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Cela avait été l’un des points de crispation majeurs causant l’échec des pourparlers entre libéraux-démocrates, conservateurs et écologistes allemands en vue de la formation d’une coalition dite « jamaïcaine », le 19 novembre 2017. La politique migratoire pourrait être de nouveau le sujet le plus délicat des négociations engagées en ce début d’année entre conservateurs et sociaux-démocrates afin de parvenir à la constitution d’un nouveau gouvernement, alors qu’un rapport commandé par le gouvernement et publié le 3 janvier affirme que le nombre de crimes violents a augmenté de 10,4 % entre 2014 et en 2016 en Basse-Saxe – le Land pris pour exemple dans l’étude – et que cette hausse serait due pour plus de 90 % aux demandeurs d’asile.
Selon les auteurs de l’étude, cela s’expliquerait essentiellement par la différence de la structure de population des demandeurs d’asile, plus jeune et plus masculine que la moyenne. Mais, en amont de ces discussions, les conservateurs bavarois de la CSU ont décidé de se montrer offensifs, formulant des exigences qui vont au-delà de l’accord qu’ils ont scellé il y a quelques mois avec la CDU d’Angela Merkel. Parmi leurs propositions, le rallongement de quinze à trente-six mois du délai au terme duquel les demandeurs d’asile pourraient bénéficier des aides sociales accordées aux autres citoyens, ou encore l’instauration de tests médicaux visant à vérifier l’âge des jeunes demandeurs d’asile afin d’éviter les fraudes en cas de doute.

        Lire aussi :
         

                L’Allemagne n’attend pas de nouveau gouvernement avant mars



Cette idée a été lancée à la suite du décès d’une adolescente de 15 ans, poignardée par un réfugié afghan du même âge, à Kandel (Rhénanie-Palatinat). Selon le père de la victime, l’auteur des faits, qui était le petit ami de celle-ci, a déclaré à l’état civil un âge nettement inférieur à son âge véritable afin de s’assurer de pouvoir rester en Allemagne. Promue par la CSU bavaroise, la proposition a été reprise, mercredi 3 janvier, par le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière (CDU).
Le Parti social-démocrate (SPD) a déjà fait savoir qu’il était opposé à l’ensemble de ces mesures. Ses dirigeants ont toutefois réagi de façon relativement modérée aux propositions de la CSU, formulées à la veille des assises à huis clos du parti bavarois, qui se tiennent en cette fin de semaine. « Il faut voir plus loin que [cette réunion] », a ainsi laconiquement réagi Martin Schulz, le président du SPD. Une façon de sous-entendre que la CSU, en formulant de telles exigences, chercherait avant tout à marquer un rapport de force purement tactique, mais pourrait être amenée dans les semaines qui viennent à assouplir ses positions.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-18">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La CDU, la CSU et le SPD sont fragilisés avant la reprise des négociations en vue de former une coalition.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Allemagne n’attend pas de nouveau gouvernement avant mars

La CDU, la CSU et le SPD sont fragilisés avant la reprise des négociations en vue de former une coalition.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 12h28
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Angela Merkel s’y est engagée : elle fera tout pour « constituer un gouvernement stable rapidement », a assuré la chancelière allemande dans ses vœux télévisés, dimanche 31 décembre 2017. La promesse sera-t-elle tenue ? A vrai dire, bien rares sont ceux qui se risquent aujourd’hui à un pronostic, tant la situation politique dans laquelle se trouve l’Allemagne en ce début d’année est inédite.
Trois mois et demi après les élections législatives du 24 septembre 2017, une chose est en tout cas certaine : l’adverbe « rapidement » utilisé par Mme Merkel ne doit pas faire illusion. Avant qu’un gouvernement soit constitué, plusieurs étapes doivent en effet être franchies. Celle, d’abord, des « discussions exploratoires » entre les représentants des partis conservateurs (CDU-CSU) et social-démocrate (SPD), prévues du dimanche 5 au dimanche 12 janvier. Au terme de ces premiers pourparlers, qui doivent déboucher sur une ébauche de programme gouvernemental, le SPD a prévu de tenir un congrès extraordinaire, à Bonn (Rhénanie-du-Nord - Westphalie), le 21 janvier. En cas de rejet du texte par les délégués du parti, les discussions s’arrêteront. En cas de vote positif commencera alors la phase de rédaction du « contrat de coalition », qui devrait prendre environ trois semaines.
Or, une fois le document finalisé, le SPD a déjà prévu de le faire valider par l’ensemble de ses adhérents par voie postale : une consultation dont les résultats pourraient n’être connus qu’au bout de trois semaines. Au mieux, donc, le nouveau gouvernement pourrait être nommé autour de la mi-mars. Horst Seehofer, le président de la CSU bavaroise, a d’ores et déjà prévenu qu’il se donnait « au plus tard jusqu’à Pâques » – qui tombe cette année le 1er avril – pour que le processus aboutisse.
« Confiance à la hausse »
Voilà pour le calendrier théorique. Mais sera-t-il respecté ? Difficile à dire, tant les trois protagonistes de l’affaire...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-19">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ 2018 se profile comme une nouvelle année faste pour la zone euro, où la confiance a fait son retour.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’économie européenne a retrouvé sa vigueur

2018 se profile comme une nouvelle année faste pour la zone euro, où la confiance a fait son retour.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 10h23
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Quoi de mieux qu’un record pour commencer l’année ? Selon les chiffres du cabinet IHS Markit, publiés mardi 2 janvier, l’industrie de la zone euro fait des étincelles. En décembre, l’indice PMI des directeurs d’achats du secteur manufacturier a en effet culminé à 60,6 : du jamais-vu depuis le lancement de cet indicateur, en 1997.
L’activité des industriels a enregistré une forte hausse dans la plupart des pays membres, portée par des niveaux historiques de production et de nouvelles commandes. « De quoi permettre aux fabricants des pays membres d’aborder les prochains mois sur des bases solides », souligne Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit.
Après une année 2017 prometteuse, 2018 sera-t-elle un aussi bon cru pour l’économie européenne ? La plupart des conjoncturistes se montrent optimistes. « Les douze prochains mois seront encore meilleurs que les précédents », estime ainsi Stéphanie Villers, chef économiste d’Humanis.

« Il y a un an, personne n’imaginait que l’industrie européenne repartirait de si bon pied, commente James Nixon, chez Oxford Economics. A l’époque, le consensus était plombé par le Brexit et la crainte qu’il pèse sur la croissance de la zone euro. »
Mais celle-ci a tenu bon. Mieux : après des années difficiles, marquées par le doute et les séquelles de la crise de 2008, la confiance a enfin fait son retour au sein des pays membres. Les populistes n’ont pas réussi la percée politique tant redoutée – du moins en France. Grâce à l’embellie du commerce mondial, les carnets de commandes des entreprises se sont remplis. En conséquence, ­elles ont recommencé à embaucher et à investir.
La consommation des ménages, quant à elle, s’est raffermie, portée par la baisse du chômage. Depuis 2013, la zone euro a en effet créé 7 millions de postes, si bien que l’emploi a retrouvé son niveau d’avant-crise au premier semestre 2017.
Reprise généralisée
Au fil...




                        

                        


<article-nb="2018/01/06/16-20">
<filnamedate="20180106"><AAMM="201801"><AAMMJJ="20180106"><AAMMJJHH="2018010616">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Dans un entretien, l’ex-premier ministre Tony Blair estime que les Européens doivent « garder l’esprit ouvert » au cas où « les Britanniques changeraient d’avis ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 03/01/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Les Européens doivent prendre conscience que le Brexit est aussi très dangereux pour eux »

Dans un entretien, l’ex-premier ministre Tony Blair estime que les Européens doivent « garder l’esprit ouvert » au cas où « les Britanniques changeraient d’avis ».



Le Monde
 |    04.01.2018 à 00h00
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 11h36
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Que chacune de ses interventions sur l’Europe soit utilisée comme repoussoir par les partisans du Brexit n’empêche nullement Tony Blair de clamer haut et fort son point de vue. En guise de vœux pour 2018, l’ancien premier ministre britannique, impopulaire dans son pays à cause de ses mensonges sur la guerre en Irak, espère que l’année nouvelle sera celle du ressaisissement des Britanniques et d’une « nouvelle réflexion » de leur part remettant en cause le divorce avec l’Union européenne (UE).
Dans un entretien accordé à plusieurs journaux « continentaux », dont Le Monde, mercredi 3 janvier à Londres, l’ancien chef de gouvernement met aussi en garde les Européens. « L’Europe sera considérablement affaiblie si le Royaume-Uni quitte l’UE », avertit-il, non seulement en termes de défense et de sécurité, mais parce qu’elle « perdrait un pilier important du pont qui relie les deux rives de l’Atlantique ». 

Alors que le gouvernement de Theresa May a été contraint à d’importantes concessions et que les négociations sur les futures relations commerciales entre Londres et Bruxelles sont programmées de mars à octobre 2018 pour un départ effectif le 29 mars 2019, M. Blair s’inquiète « du danger que représente un certain fatalisme chez les Européens à propos du Brexit ». Selon lui, les Vingt-Sept doivent prendre conscience que « le Brexit est aussi très dangereux pour eux » et que ce serait « une erreur » pour l’Europe « si elle prenait une décision de cette ampleur par lassitude ». 

« Garder l’esprit ouvert »
Les Européens doivent comprendre que « le débat n’est pas clos au Royaume-Uni » et « garder l’esprit ouvert pour le cas où les Britanniques changeraient d’avis », estime M. Blair, installé dans les luxueux locaux de la Fondation pour le changement global, qu’il a créée fin 2016, afin de lutter contre le populisme et pour une mondialisation juste.
« Les...




                        

                        

