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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Témoignages et images d’archives retracent la vie et l’œuvre du danseur et chorégraphe, qui rénova sa discipline (sur Histoire à 20 h 40).
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TV - « Serge Lifar ou la révolution de la danse »

Notre choix du soir. Témoignages et images d’archives retracent la vie et l’œuvre du danseur et chorégraphe, qui rénova sa discipline (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h45
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


« N’importe quelle ­concierge à Paris, si on lui parlait de Serge Lifar, savait qui il était », s’exclame Claude Bessy, directrice de l’école de danse de l’Opéra national de Paris de 1972 à 2004, en évoquant les années 1930-1940. « Lifar était un dieu », ajoute Cyril Atanassoff, étoile de l’Opéra de Paris. Star, ­légende oubliée, personnalité ­exceptionnelle par sa créativité, les compliments pleuvent sur le danseur et chorégraphe Serge Lifar (1905-1986), figure majeure de la scène artistique, rénovateur de la danse classique, dont le parcours bouillonne.
En zone d’ombre, les années de guerre, où il fut accusé de collaboration. Autant dire que le phénomène Lifar, parfaitement détaillé par nombre de spécialistes dans ce documentaire à suspense cosigné par Florent Durth et Ivan Kuzmin, mérite une analyse fine. Rien que l’adolescence de ce fils de bonne famille russe qui se rêvait une carrière de pianiste donnerait du grain à moudre à une saga. Lifar, dont le grand-père fut arrêté par la police secrète pendant la révolution et la grand-mère brûlée vive dans sa maison soumise à un pillage, sauta du navire qui l’emmenait en Pologne pour aller poursuivre le combat révolutionnaire. Le bateau fut bombardé et Lifar, déserteur chanceux, resta en vie.

Il a 16 ans lorsqu’il découvre la danse au cours de Bronislava ­Nijinska, à Kiev. D’abord refusé comme élève, il trouve un stratagème. Nijinska est obligée par les autorités soviétiques de donner des cours à tous : Lifar endosse son uniforme de l’armée rouge et le voilà à la barre. Et ainsi de suite, la jeunesse de Lifar compile les anecdotes les plus rocambolesques, traçant la route d’un homme qui a su inventer sa vie sans reculer devant rien. Deux ans plus tard, à 18 ans, il intègre la fameuse compagnie des Ballets russes, dirigée par Serge Diaghilev, qui fait un ­tabac à Paris dans les années 1920. Il se fait remarquer dans le ballet Jeux (1913), de Nijinski, sur une musique de Debussy. Beauté, énergie athlétique, la touche Lifar magnétise.
Chronologique sans lourdeur
Vite, il se fait connaître et devient danseur et maître de ballet à l’Opéra de Paris en 1930. Il a 25 ans. D’emblée, il intensifie la présence de la danse peu programmée à l’époque en instituant des soirées entières consacrées au ballet. Il crée aussi des pièces au style incisif comme Icare, en 1935. « Il en a fait lui-même la musique, précise le chorégraphe Charles Jude, directeur du Ballet de Bordeaux. Il ­tapait les rythmes et les a donnés à Honegger pour les mettre en musique et tout a été fait ensuite avec des percussions. »
La période de la seconde guerre mondiale est longuement auscultée dans le film. Selon Mario Bois, éditeur musical, « Lifar est resté à l’Opéra pour sauver l’Opéra. » Il y reçoit Goebbels, accueillera le public des hauts dignitaires allemands présents à Paris et rencontrera Hitler à Berlin. En 1944, à la suite d’un procès, il est exclu de l’Opéra et des théâtres d’Etat en France. Jusqu’en mai 1945, où un mouvement des danseurs contre les machinistes fait revenir Lifar dans l’institution parisienne. Jusqu’au bout de sa vie, Lifar surprend par sa passion féroce, inentamée pour la danse et la création.

Chronologique sans lourdeur, le film, nourri en images d’archives, télescope les informations historiques, les anecdotes artistiques et intimes, en invitant des personnalités françaises et russes à brosser ce portrait à facettes, passionnant de bout en bout.
Serge Lifar ou la révolution de la danse, de Florent Durth et Ivan Kuzmin (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La Mairie de Paris veut faire de cette friche urbaine une vitrine verte tout en goudronnant un tronçon dans le 13e arrondissement.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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La reconversion écologique de l’ex-voie ferrée en question

La Mairie de Paris veut faire de cette friche urbaine une vitrine verte tout en goudronnant un tronçon dans le 13e arrondissement.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h36
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Sur plus d’un kilomètre, une bande d’asphalte est en train de recouvrir les voies. Dans le 13e arrondissement de ­Paris, entre les portes d’Italie et de Vitry, une partie des rails de la Petite Ceinture ont été cisaillés et ­déferrés. Puis une goudronneuse est entrée dans la danse. Jusqu’en 2025, ces travaux doivent permettre notamment l’installation d’une centrale à béton et l’accès quotidien de plus d’une centaine de camions. D’ici là, la RATP acheminera une partie des éléments nécessaires à la prolongation de la ligne 14 du métro jusqu’à l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne).
Révélée par la chaîne YouTube de François Godard, chroniqueur inlassable de la petite ceinture, l’atteinte portée à la biodiversité par ce projet menace pour longtemps le retour de la vie sauvage. En particulier dans la portion de 250 mètres à l’air libre qui longe la rue Regnault, l’un des rares endroits où faune et flore avaient pris leurs aises dans l’intra-muros parisien. Déjà préempté par l’appel à projets urbains « Réinventer Paris II », le vaste parking sauvage de la gare des Gobelins toute proche, elle aussi raccordée à la Petite Ceinture, n’offrait pas, selon la RATP, les conditions favorables à l’implantation de la ­fameuse centrale ; une position défendue par la Mairie.

Mystérieuse inaccessibilité
Yves Contassot, conseiller de Paris Europe Ecologie-Les Verts, la ­conteste. « La RATP avait déjà passé les marchés avec les entre­prises et ne voulait pas perdre de temps », affirme l’élu. Le projet, dont sa nature le dispensait d’une enquête publique, a fait l’objet au sein de la Mairie de « deux ­petites réunions d’information quasi confidentielles », poursuit M. Contassot. D’abord rejetée ­durant l’été 2017, la délibération permettant sa validation a été ­votée à l’automne après que les communistes ont apporté leur soutien à la Ville.
La Petite Ceinture, qui dévoile parfois sa mystérieuse inaccessibilité depuis la rue, est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le Hasard ludique, La Recyclerie, Le Poinçon qui ouvrira en 2018... A Paris, sur l’ancienne ligne ferrovière désaffectée, les cafés-concerts, tendance économie solidaire, ont remplacé les stations.
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Au bonheur des gares de la Petite Ceinture

Le Hasard ludique, La Recyclerie, Le Poinçon qui ouvrira en 2018... A Paris, sur l’ancienne ligne ferrovière désaffectée, les cafés-concerts, tendance économie solidaire, ont remplacé les stations.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h35
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

« Une gare, c’est un lieu d’éphémère, d’aller-retour. Où l’on passe et où l’on reviendra… » Renaud Barillet s’apprête à ouvrir, courant 2018, une salle de restaurant et de concerts, Le Poinçon, dans l’ancienne gare de Montrouge à la porte d’Orléans. Le patron de La Bellevilloise, la salle du 20e arrondis­sement qui a depuis essaimé dans tout le Nord-Est parisien, aime s’imaginer en chef de gare : « Elle avait disparu, elle réapparaît, site post-apocalyptique d’un nouveau genre : le post-industriel. »

A l’instar du Poinçon, l’ensemble des stations de la Petite Ceinture, la ligne de chemin de fer qui jusqu’à l’entre-deux-guerres faisait le tour complet de Paris, est aujourd’hui remis en service au-dessus des voies désaffectées : Le Hasard ludique, porte de Saint-Ouen ; La Recyclerie, porte de Clignancourt ; Gare jazz à La Villette, La Flèche d’or, gare de Charonne… La Mairie a demandé une étude sur la transformation de la gare d’Avron, porte de Montreuil, et l’ancienne gare d’Orléans-Ceinture, boulevard Masséna, doit, à l’horizon 2019, se transformer en lieu consacré à l’alimentation durable pour y « cultiver et se cultiver » dans le cadre de l’opération « Réinventer Paris ». Seize stations en tout. Dont quatre à l’ouest de la capitale sont utilisées par le RER, et une, celle de Passy, est depuis belle lurette un resto chic des beaux quartiers.

Barbichette, piercing à l’oreille gauche, sac Rains, Vincent Merlet saute de son vélo ­vintage Peugeot gris. La nouvelle gare de la porte de Saint-Ouen, dont il est l’un des trois corefondateurs, est à son image. Travaillée. Avant ça, la gare a servi à tout : ­cinéma pendant la seconde guerre mondiale, puis café, elle est devenue un Viniprix, puis un bric-à-brac de vaisselle discount… ­Depuis juillet 2017, elle est Le Hasard ludique : un tiers restaurant, un tiers salle de concerts, un tiers animation de quartier : des ateliers de yoga, de rigologie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A Chaillot, « Nouvelles pièces courtes » empile les tableaux dans une construction hasardeuse.
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Philippe Decouflé en pilotage automatique

A Chaillot, « Nouvelles pièces courtes » empile les tableaux dans une construction hasardeuse.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h13
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

On dirait une comédie sentimentale qui surfe entre douceur, gravité et tendresse. Un pianiste fait swinguer sa partenaire, qui lui renvoie la balle en dégainant sa flûte, tandis qu’un peu plus tard une voltigeuse tourbillonne, entraînant son complice dans un décollage immédiat. Armement des toboggans, vérification de la porte ­opposée, et c’est parti dans les airs pour Nouvelles pièces courtes, de Philippe Decouflé, à l’affiche de Chaillot-Théâtre national de la danse jusqu’au 12 janvier.
Le chorégraphe fantaisiste affiche ici son goût pour les tableaux courts qui se culbutent les uns les autres, sans souci de tenir le cap. Il joue frontalement l’inspiration dépareillée, les formats disproportionnés, les horizons aux antipodes sur le fil de six tableaux. ­Entre le plus court, de sept minutes, et le plus long, une trentaine, un trait commun : le pas de deux, ou parfois de trois, qui révèle les dessous amoureux de la danse et du théâtre. Des cintres au trou du souffleur, la boîte noire dans tous ses recoins est le terrain de jeu préféré de Decouflé, qui en renverse les perspectives depuis ses débuts dans les années 1980.

Un voyage qui recycle les poncifs
Le déséquilibre et le disparate sont évidemment les règles du jeu, mais tout de même ! Dans cette construction hasardeuse, qui laisse parfois en plan à force de ne tenir aucun compte narratif ou rythmique – on passe du beatbox à du jazz planant et à du Vivaldi –, la dernière séquence – la plus étirée – est celle d’un voyage au Japon mené par la danseuse Alice ­Roland. Elle déplace trop longuement le propos d’ensemble et en parasite le charme surréaliste en optant pour un récit moins ­énigmatique. Plus proche de ­l’esprit sketch et surtout trop cliché, ce voyage recycle les poncifs. Entre gags à l’aéroport, atelier origami, apparitions de danseurs en kimono et clips de J-pop, ces ­inserts survolent sans surprise l’imagerie nipponne.
Dans ce dédale de sensations, le point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Cinquante ans après, que reste-t-il de Mai 68 ? Au moins un militant perpétuel. Le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.
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De Mai 68 à Macron, Romain Goupil, l’éternel révolté


                      Cinquante ans après, que reste-t-il de Mai 68 ? Au moins un militant perpétuel. Le cinéaste s’est associé à son vieux complice Daniel Cohn-Bendit pour réaliser un film-bilan. L’occasion de radiographier le pays dirigé par un jeune président, dont il a l’oreille.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h20
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Cinquante ans après Mai 68, on dirait les deux vieux du « Muppet show » au balcon de l’Histoire, il y en a un qui boite, l’autre est un peu ventru, et là, ils dissertent sur les sanglochons. On ne sait plus trop pourquoi, eux non plus, aucune importance, le débat continue, c’est l’essentiel. Daniel Cohn-Bendit a deux hanches en carton et une tête de lutin, il explique que comme « il n’y avait pas assez de sangliers, les éleveurs ont fait des croisements avec des cochons. C’est pas des conneries, hein ! Aux européennes de 1999, ça a été un problème soulevé pendant ma campagne, la prolifération des sanglochons. »
Romain Goupil est toujours un militant avide de la chose politique et un cinéaste inclonable, il a toujours une gueule incroyable au-dessus de son bidon et une grande théorie sur les sanglochons, mais trop technique pour être retranscrite ici. Le héros du jour, c’est lui. Goupil finit de monter un film avec Cohn-Bendit parti ausculter la France cinquante ans après vous-savez-quoi. La direction de France 5 est attendue pour visionner l’affaire. Un road-movie de cinquante jours de tournage ramené à 2 h 21 de film. La chaîne avait commandé un 52 minutes mais Goupil a toujours été très persuasif, il a un sourire magique, il n’est jamais à court d’arguments.
Ce talent date d’il y a au moins cinquante ans, quand ils se sont croisés vite fait avec Cohn-Bendit, en mai 1968, sur l’estrade enfiévrée d’un meeting incandescent, ou l’inverse, puis ils sont devenus copains comme sanglochons depuis 1991 et la guerre en Yougoslavie. Officiellement, ils ne parlent plus trop de Mai. Sauf pour s’écharper sur l’imposture supposée de l’autre.
« Tu peux nous écouter. À nous deux, on a 140 années d’expériences en agitation tous azimuts sans avoir fait l’ENA. On est tes meilleurs conseillers… Parce qu’en plus… On a tout foiré. » Romain Goupil à Emmanuel Macron
En général, ça se passe comme ça. Goupil attaque : « Il y a la version 68 de Dany,...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ De l’Amérique latine à Hollywood, en passant par l’Europe, le Mexicain est sur tous les fronts. Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour cet acteur engagé en faveur des migrants.
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Gael García Bernal, acteur sans frontières


                      De l’Amérique latine à Hollywood, en passant par l’Europe, le Mexicain est sur tous les fronts. Dans « Si tu voyais son cœur », en salle le 10 janvier, il incarne un Gitan marseillais. Un rôle taillé pour cet acteur engagé en faveur des migrants.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h06
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                              

                        

Sur le seuil d’une maison coloniale du quartier branché de la Roma Norte, au centre de Mexico, Gael García Bernal arbore un look d’étudiant : sac en bandoulière, baskets assorties à son jean et veste en velours bleu. Seuls des cheveux poivre et sel trahissent l’approche de la quarantaine chez l’acteur, réalisateur et producteur né en 1978 à Guadalajara, et incarnation, depuis son rôle en 2000 dans Amours chiennes, d’Alejandro Gonzalez Iñarritu, d’un cinéma latino-américain vigoureux.
Sa renommée a dépassé les frontières de son pays, et même de son continent, puisque Gael García Bernal a tourné aux Etats-Unis ou en Europe. Mais le comédien, à l’affiche de Si tu voyais son cœur, premier long-métrage de la jeune réalisatrice française Joan Chemla, en salle le 10 janvier, a toujours gardé une attache forte avec Mexico. Et il reçoit au siège d’Ambulante, festival itinérant de documentaires qu’il a fondé en 2005 avec un ami, l’acteur Diego Luna.
Une expérience émotionnelle
« C’est mon bureau quand je suis au Mexique », lâche celui qui vit entre Mexico et Buenos Aires, où habitent ses deux enfants avec son ex-compagne, l’actrice argentine Dolores Fonzi. Dans cette demeure rénovée aux allures de start-up, deux assistantes à peine trentenaires pianotent derrière leur écran. Gael García Bernal les salue d’un geste amical, puis s’installe dans une salle de réunion aux étagères remplies de dizaines de DVD et de bobines. « C’est ici que j’ai préparé le tournage de mon film », raconte l’acteur qui réalise, en ce moment au sud de la mégalopole, son second long-métrage de fiction, dix ans après Déficit. L’histoire ? « Deux jeunes Mexicains rêvent de partir pour un avenir meilleur », répond-il, avant de confier, dans un large sourire, ne pas souhaiter en dire plus pour l’instant.

Un tournage qui l’empêche d’être à Paris pour la promotion du film de Joan Chemla, dont il évoque la rencontre avec...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans « Toilettes : une histoire d’amour », un couple se déchire au sujet de la construction de latrines. Un succès en salle accusé de complaisance avec le premier ministre, qui a fait du sujet une promesse de son quinquennat.
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A Bollywood, des toilettes au service du gouvernement


                      Dans « Toilettes : une histoire d’amour », un couple se déchire au sujet de la construction de latrines. Un succès en salle accusé de complaisance avec le premier ministre, qui a fait du sujet une promesse de son quinquennat.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h58
   





                              

                        

L’un des plus grands succès des salles de cinéma indiennes des derniers mois est une histoire de toilettes. Depuis sa sortie cet été, Toilettes : une histoire d’amour, de Shree Narayan Singh, a récolté 2,16 milliards de roupies de recettes (28,4 millions d’euros). Si le sujet a trouvé un écho certain dans le pays, c’est qu’il constitue un problème majeur de société. Sur les 950 millions d’humains dans le monde qui n’ont pas accès aux toilettes, 60 % se trouvent dans le sous-continent. Tout comme les personnages du film de Shree Narayan Singh.
Félicitations de Narendra Modi
Dans cette romance à l’eau de rose, qui se déroule dans un village perdu au milieu de nulle part, un jeune homme du nom de Keshav, joué par l’acteur canadien d’origine indienne Akshay Kumar, tombe amoureux d’une jolie fille, qu’il finit par épouser. Mais l’insolente a des exigences. Une fois mariée, Jaya (interprétée par Bhumi Pednekar) n’a plus qu’une obsession : installer des toilettes dans sa maison, fatiguée qu’elle est d’aller faire ses besoins dans les champs chaque matin, en compagnie de ses voisines. Keshav refuse d’engager les travaux mais, comme sa jeune épouse lui annonce qu’elle quitte le foyer pour retourner vivre chez ses parents, il finit par obtempérer et construit des latrines dans la cour de leur maison.
C’était compter sans son vieux père, qui juge l’affaire indécente et entreprend aussitôt de démolir les latrines toutes neuves. Ulcérée, Jaya demande le divorce. Un coup de théâtre vient débloquer la situation : les autorités politiques locales annoncent la construction de toilettes publiques dans le village. Les choses rentrent dans l’ordre et les habitants des alentours découvrent, comme Keshav et Jaya, les joies de la défécation dans l’intimité, à toute heure du jour et de la nuit.

Après avoir vu Toilettes : une histoire d’amour, le premier ministre Narendra Modi s’est même fendu d’un tweet de félicitations. Car si, à Bollywood,...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… Sur scène, un bataillon de trentenaires expose ses travers les plus inavouables. Des limites  ? Aucune.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                
                                       
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Les amazones trash de l’humour


                      Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… Sur scène, un bataillon de trentenaires expose ses travers les plus inavouables. Des limites  ? Aucune.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h46
    |

            Sandrine Blanchard








                              

                        

Elles n’ont pas attendu les hashtags #metoo et #balancetonporc pour libérer leur parole sur scène. Elles s’appellent Blanche Gardin, ­Constance, Laura Laune, Marina Rollman, Laura ­Domenge, Nora Hamzawi, Agnès Hurstel… et constituent une nouvelle génération de femmes humoristes qui portent haut l’humour noir, l’irrévérence et l’insolence.
Debout, immobile derrière son micro à pied, robe sage, Blanche Gardin se confesse sur son intimité. Sa première masturbation, quand elle était gamine, avec son oreiller, ou, ado, sa première sodomie non consentie provoquent une hilarité coupable et jouissive. C’est corrosif, désenchanté et « interdit au moins de 16 ans ». Depuis deux ans, Blanche Gardin met en mots la crise existentielle qu’elle traverse depuis une douloureuse rupture amoureuse. Sans présence sur les réseaux sociaux, son succès a été fulgurant. « Chaque spectacle correspond à une période de vie. Je continue une sorte d’autoportrait en contre-modèle de celui de la femme performante, qui réussit, entrepreneuse d’elle-même avec un profil Facebook parfait. Ce qui est intéressant dans la vie, c’est l’incomplétude et comment on se débrouille avec notre statut d’humain », explique cette quadra qui ne cesse d’écrire.


Comme elle, depuis quelques années, les femmes ont investi la scène humoristique, à tel point qu’il est difficile de toutes les citer. Fini l’époque où seules quelques reines du genre, de Sylvie Joly à Florence Foresti en passant par Muriel Robin, dominaient plateaux de théâtre et de télé. YouTube et le développement du stand-up ont permis aux filles d’émerger sur un terrain longtemps réservé aux hommes, en s’adressant directement au public.
Ecriture peaufinée, regard acéré, Marina Rollman se place dans la même lignée qu’une ­Blanche Gardin. Cette Suissesse espiègle joue de sa voix enfantine pour s’épancher sur sa vie d’enfant cajolée devenue dépressive à l’âge de travailler dans un open space, pour...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale, « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».
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Contre les violences faites aux femmes, un metteur en scène revisite la fin de « Carmen »

Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale, « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h41
   





                        


Et à la fin, c’est Carmen qui tue Don José… Le metteur en scène Leo Muscato présente à Florence une version insolite du célèbre opéra de Bizet, dont il a réécrit le finale « parce qu’on ne peut pas applaudir le meurtre d’une femme ».
« L’idée m’a été suggérée par le directeur du théâtre, qui voulait que je trouve un moyen pour ne pas faire mourir Carmen. »
« Il estime qu’à notre époque, marquée par le fléau des violences faites aux femmes, il est inconcevable qu’on applaudisse le meurtre de l’une d’elles », a ajouté le metteur en scène, qui présente dans la capitale toscane une version contemporaine de Carmen. Leo Muscato admet avoir d’abord été « déconcerté » par la demande, le destin de mort de Carmen constituant le moteur du chef-d’œuvre de Georges Bizet.
Créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique, à Paris, il est l’un des opéras les plus joués au monde. Avant même d’avoir été vu, le spectacle florentin — dont la première est prévue le 7 janvier au Teatro Maggio — suscite d’âpres débats parmi les critiques, certains saluant la démarche du metteur en scène, ancrée dans la réalité contemporaine, tandis que d’autres crient au sacrilège.

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Dans l’œuvre de Bizet, Carmen, un Gitane séductrice et rebelle, est poignardée par le brigadier Don José, fou d’amour pour elle, qui la poursuit de sa jalousie. « Un mois après la proposition du directeur, je suis revenu avec ma solution où Carmen ne meurt pas mais se défend contre son agresseur d’une façon inattendue, comme n’importe qui le ferait à sa place », explique Leo Muscato.
Le crime, seule issue
Sans dévoiler le ressort dramatique qu’il utilise, le metteur en scène laisse entendre que le crime est la seule issue possible pour une femme sur le point d’être tuée. Et il assure avoir respecté scrupuleusement la musique et le livret originaux.
« Don José se rend compte que le fait d’avoir poussé Carmen à un geste aussi extrême revient à l’avoir tuée et ses dernières paroles “Vous pouvez m’arrêter. C’est moi qui l’ai tuée” prennent alors une dimension symbolique. »
Autre liberté prise par Leo Muscato, celle de situer sa Carmen dans un camp de Roms au début des années 1980. Il met en scène l’évacuation du campement, occupé illégalement, par des forces de l’ordre en tenue antiémeute.
« Bizet avait situé “Carmen” en 1830, soit quarante-cinq ans avant sa première représentation. J’ai donc mis la même distance entre ma version et le moment où elle est jouée, pour que les spectateurs soient placés dans les mêmes conditions temporelles vis-à-vis de l’œuvre. »
Eviter le manichéisme
Carmen, qui travaille dans une manufacture de cigarettes voisine du camp, est soumise aux coups de matraque répétés de Don José, un policier irascible et violent.
« Mais ce n’est pas une violence gratuite, car on pourrait facilement tomber dans une vision manichéenne des choses avec d’un côté les hommes affreux, sales et méchants et de l’autre les femmes gentilles », explique Leo Muscato.
« Don José est un homme qui combat ses démons intérieurs, il a des moments de douceur et de générosité, puis des accès de grande violence, comme cela arrive dans les foyers où sévissent les violences conjugales », observe-t-il.
Une analyse que Leo Muscato dit avoir puisée à la source de l’œuvre. La nouvelle de Prosper Mérimée, qui inspira l’opéra, débute par une citation du poète grec Palladas en épigraphe :
« Toute femme est amère comme le fiel, mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l’autre à sa mort. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les équipes de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne ont réussi à lire un testament scellé à la cire datant du XIVe siècle. La technologie s’appuie sur la tomographie par rayons X.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la traductrice de l’écrivain décédé dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, évoque leurs liens « fraternels ».
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Valérie Zenatti : « Aharon Appelfeld, un écrivain de l’enfance, des sensations et des sentiments »

Dans un entretien au « Monde », la traductrice de l’écrivain décédé dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, évoque leurs liens « fraternels ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h56
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Valérie Zénatti est romancière et scénariste mais aussi, depuis le début des années 2000, la traductrice d’Aharon Appelfeld.
Dans « Mensonges » (L’Olivier, 2011), vous avez évoqué l’influence d’Aharon Appelfeld sur votre propre travail romanesque. Y a-t-il une réception particulière de cet écrivain en France ?
Cette réception s’est faite en deux temps. Dans les années 1980, on commence à le traduire, chez Belfond puis chez Gallimard. Puis, les publications cessent parce qu’on s’intéresse avant tout aux écrivains israéliens, alors qu’Appelfeld est un écrivain juif européen. Pour ma part, après les grands procès pour crime contre l’humanité (Paul Touvier, Maurice Papon, etc.), j’avais lu Le Temps des prodiges (Belfond, 1985), qui était au programme de l’agrégation d’hébreu. Cette lecture a provoqué en moi un vrai choc littéraire. En 2004, la renaissance éditoriale a eu lieu grâce à Olivier Cohen et les éditions de L’Olivier qu’il dirige, où Appelfeld est désormais publié. Ce regain d’intérêt doit beaucoup aussi au dialogue que Philip Roth a établi avec lui dans Parlons travail (Gallimard, 2004). L’œuvre d’Appelfeld était à ce moment susceptible de toucher un public plus large, cherchant à entendre sur cette période une voix plus pudique, évitant le lyrisme ou le pathos et proposant de l’événement – la Shoah – une vision plus métaphysique qu’historique. Proust et Camus ont été en outre des auteurs qui ont compté pour lui.

La situation est-elle différente en Israël ?
En Israël, Aharon Appelfeld est certes considéré comme un grand écrivain, mais seulement auprès d’un cercle de fidèles appartenant plus ou moins à sa génération, et chez les anciens du kibboutz. On lui reproche de ne jamais parler de la réalité israélienne actuelle, en particulier politique. En revanche, en France, où la Shoah demeure un sujet, ses lecteurs juifs comme non juifs ont été vivement touchés par sa puissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Celui qui récusait l’étiquette d’« écrivain de la Shoah » s’est éteint dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, à l’âge de 85 ans.
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Mort d’Aharon Appelfeld, « écrivain juif » de l’exil

Celui qui récusait l’étiquette d’« écrivain de la Shoah » s’est éteint dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 10h03
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            

L’écrivain israélien Aharon Appelfeld est mort d’un arrêt du cœur à Petah Tikva, en Israël, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, à l’âge de 85 ans. Avec cet homme modeste en dépit de sa renommée mondiale – lauréat du prix d’Israël en 1983 et du Médicis étranger en 2004, on lui doit plus d’une quarantaine de livres traduits en 35 langues – disparaît, après Primo Levi ou Elie Wiesel, l’un des derniers survivants à avoir fait passer dans l’écriture l’expérience restée pour beaucoup incommunicable du génocide. Lui-même n’en récusait pas moins l’étiquette d’« écrivain de la Shoah » parce qu’elle était loin d’épuiser, pensait-il, les sources poétiques, religieuses et surtout musicales qui ont alimenté son œuvre.
Il opposait la « mémoire » et l’« acte de se souvenir », la réminiscence dynamique, vivante, palpable, à laquelle il adhérait
Ce qui lui importait était d’arracher la littérature à la gangue de la sociologie, de l’histoire et de la politique où se perdent les destins et les tragédies des individus. Ecrire contre l’histoire se confondait avec un acte de rébellion contre l’effacement provoqué par l’oppression et l’extermination. Sa méfiance vis-à-vis des pensées toutes faites, de la politique et des « paroles gelées » s’exprimait aussi par sa réticence à s’exprimer sur le conflit israélo-palestinien ou sur la politique en général, contrairement à bon nombre de ses collègues. Il était lui-même, et par son milieu, pourtant libéral et comptait même quelques oncles communistes évoqués dans L’Amour, soudain (L’Olivier, 2004).
Il n’entendait pas non plus renforcer la mémoire officielle de la Shoah. Dans un dialogue avec le journaliste israélien Dan Margalit, que l’on peut trouver sur le site du quotidien Haaretz, il opposait, il y a deux ans, la « mémoire » (zikaron) – objet pour les spécialistes des sciences sociales ou pour les commémorations – et l’« acte de se souvenir » (hizakrout), la réminiscence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Près de cent ans après la sortie du chef-d’œuvre du cinéma muet, Gaumont sort un superbe coffret comprenant les trois versions du film.
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Le « J’accuse » d’Abel Gance resurgit d’entre les morts

Près de cent ans après la sortie du chef-d’œuvre du cinéma muet, Gaumont sort un superbe coffret comprenant les trois versions du film.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 13h24
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Perfectionniste maladif, Abel Gance (1889-1981) ne cessa tout au long de sa carrière de remonter et de transformer ses films. Notamment J’accuse, chef-d’œuvre du cinéma muet, sorti en France en 1919, dont il fit une deuxième version parlante et sonore en 1938, puis une troisième en Magirama, en 1956. Ces trois films n’étaient quasiment plus visibles. Jamais éditée en vidéo VHS, la version de 1919 ne fut numérisée qu’en 2008. Il fallut attendre 2014 pour qu’elle soit de nouveau ­projetée en France.
Près de cent ans après la sortie du premier J’accuse, Gaumont lance un coffret prestigieux comprenant ces trois versions restaurées. S’y ajoutent les fac-similés des scénarios de 1917 et de 1937, un ouvrage (Abel Gance et la Grande Guerre. Le Visionnaire contrarié, de l’historien Laurent Véray), ainsi que deux autres films de ce monstre sacré du cinéma muet, Les Gaz mortels (1916) et La Fin du monde (1931).
Le film pose les jalons d’une représentation de la guerre jusqu’alors inconnue à l’écran
Ecrit et réalisé pendant les derniers mois de la Grande Guerre, le premier J’accuse met en scène avec compassion la souffrance des poilus. Ce film, qui emprunte son titre à la célèbre lettre ouverte publiée en 1898 par Emile Zola au cours de l’affaire Dreyfus, pose les jalons d’une représentation de la guerre jusqu’alors inconnue à l’écran. ­Réformé, Abel Gance ne voit rien du front, ce qui ne l’empêche pas d’être marqué à vie par la brutalité inédite de ce conflit.
Il raconte le calvaire subi par Edith, étouffée entre un père nationaliste et revanchard et son mari, François, un homme brutal et jaloux. Son amoureux, le poète Jean Diaz (Romuald Joubé en 1919), part au front, où il se retrouve dans la même compagnie que son mari, tandis qu’elle est capturée et violée par des Allemands. Après la guerre, Jean Diaz décide d’éduquer l’enfant du viol et d’en faire une ­citoyenne européenne de ­demain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Roman, rotor, stator », le Centre Pompidou consacre une riche exposition au Prix Goncourt 1999.
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Avec Jean Echenoz dans son labyrinthe

« Roman, rotor, stator », le Centre Pompidou consacre une riche exposition au Prix Goncourt 1999.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 10h45
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Jean Echenoz Imperator. C’est presque une impression de triomphe romain que le vi­siteur éprouve aux abords de l’exposition donnée à la Bibliothèque publique d’information (BPI), avec son mystérieux titre, « Roman, rotor, stator », et sa promotion à travers le Centre Pompidou, qui abrite la BPI. On ­retrouve le portrait, signé Roland Allard, affiche de la manifestation, placardé un peu partout à travers le Centre, ainsi qu’en fond d’écran des ordinateurs de la bibliothèque. En faisant le trajet jusqu’à l’exposition avec Jean Echenoz pour aller la visiter en sa compagnie, on voit celui-ci gagné par l’effarement, à mesure qu’il réalise sa propre omniprésence. « C’est si étrange, murmure-t-il, bizarrement narcissique. En principe, on fait ça avec les écrivains morts. »
Mais il se trouve que, en plus d’être, à 69 ans, un écrivain majeur, l’auteur de Cherokee (Minuit, comme tous ses livres, prix ­Femina 1983) et de Je m’en vais ­(Goncourt 1999), objet d’une quarantaine de thèses, Jean Echenoz est aussi le premier à avoir confié de son vivant ses archives à la ­Bibliothèque Jacques-Doucet, partenaire de l’exposition. Lui décrit ce legs comme une espèce d’opération logistique : « En 2011, je m’apprêtais à quitter un appartement comprenant une pièce dans laquelle je mettais tous les vieux papiers – manuscrits, documentation – que je n’arrivais pas à jeter… Je partais pour un endroit où il y aurait moins de place. C’est à ce moment-là que la bibliothèque ­Jacques-Doucet m’a proposé de prendre mes archives. En quelque sorte, ça tombait bien. » Les tapuscrits amendés, cahiers de notes, photos et autres éléments de documentation qui se trouvaient dans ces quarante cartons nourrissent cette exposition, mê­me si elle ne s’y cantonne pas – la richesse du matériau et des ­approches proposées rappelle qu’Emmanuèle Payen, l’une des commissaires (avec Isabelle Bastian-Dupleix, Gérard Berthomieu et Isabelle Diu), a codirigé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Installé à Perpignan, le groupe formé par Lionel et Marie Limiñana est devenu en quelques années une référence du rock garage à l’étranger. Leur cinquième album, à l’atmosphère sombre et puissante, pourrait enfin leur valoir la reconnaissance nationale qu’ils méritent.
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The Limiñanas, le duo français prophète en son garage


                      Installé à Perpignan, le groupe formé par Lionel et Marie Limiñana est devenu en quelques années une référence du rock garage à l’étranger. Leur cinquième album, à l’atmosphère sombre et puissante, pourrait enfin leur valoir la reconnaissance nationale qu’ils méritent.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h29
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 09h31
    |

                            Stéphane Davet








                              

                        

Il y a deux ans, sur la terrasse de leur maison de Cabestany (Pyrénées-Orientales), au sud de Perpignan, Lionel et Marie Limiñana découvraient, incrédules, un Tweet envoyé par Anton Newcombe. Le fantasque leader de The Brian Jonestown Massacre, groupe culte du revival psychédélique californien, écrivait au couple français qui forme The Limiñanas : « We should be friends. I want to record with you » (« Nous devrions être amis. Je veux enregistrer avec vous »). Le souhait a été exaucé. Il s’est concrétisé en un puissant album, leur cinquième, qui sort mi-janvier, Shadow People. Il est donc produit avec l’Américain, qui signe une nouvelle étape de l’improbable destinée du duo français.
Depuis leur formation en 2009, et un premier album en 2010, le multi-instrumentiste à la foisonnante barbe noire et la batteuse aux cheveux rouges et aux yeux bleu piscine ont acquis une place à part dans le paysage musical français, devenant, à leur rythme et depuis les Pyrénées-Orientales, les chouchous de l’internationale garage rock. Longtemps méconnus en leur pays, ils sont au seuil de la reconnaissance nationale, notamment depuis leur signature avec le label Because (Christine and the Queens, Charlotte Gainsbourg…).
Gossip Girl et New Order
La réputation d’Anton Newcombe aurait pu inquiéter les Français. Dans le film DIG ! (2004), grand moment de documentaire rock’n’roll dressant le portrait croisé de deux groupes, The Dandy Warhols et The Brian Jonestown Massacre, le chanteur-guitariste apparaissait en tyran destroy, drogué et paranoïaque. Ce songwriter prolifique (17 albums depuis 1995) s’est, semble-t-il, calmé. « On a découvert quelqu’un de généreux et ultra-carré », précise Lionel Limiñana. Après une première collaboration pour une reprise (Two Sisters) sur une compilation hommage aux Kinks, les Catalans sollicitent à nouveau Newcombe pour chanter un titre (Istanbul is Sleepy)...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’ouvrage d’Ariane Dollfus retrace la vie et la carrière du chorégraphe.
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Livre : Béjart, la révolution du ballet

L’ouvrage d’Ariane Dollfus retrace la vie et la carrière du chorégraphe.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 10h08
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Maurice Béjart (1927-2007) rayonne toujours. Populaire ? Celui qui réalisa son rêve d’une danse grand public rassemblant les foules dans des palais des sports a réussi son affaire. Il est devenu le porte-étendard d’une certaine idée du spectacle de danse métissé avant l’heure, théâtral et philosophique, ouvert sur les cultures et les musiques du monde. Dans la biographie intitulée Béjart. Le démiurge, Ariane Dollfus trace, avec une foule de détails glanés auprès de dizaines de danseurs et collaborateurs, les grandes étapes et motifs esthétiques de la carrière du chorégraphe dont la vie et l’œuvre se sont entremêlées.
Celui qui fila un sérieux coup de pied dans les codes classiques, en mettant les hommes en jean et en imposant des femmes athlétiques, est né en 1927, à Marseille. Du sang noir coule dans ses veines : celui de son arrière-grand-mère paternelle, Fatou Diagne, sénégalaise. Son père est le philosophe Gaston Berger, ce qui explique sans doute l’esprit d’ouverture et de curiosité de Béjart qui, tout jeune, lit Shakespeare, mais aussi les pièces de Sacha Guitry. Dès l’âge de 8 ans, celui qui allait convertir, quelques années plus tard, des textes signés Nietzsche ou Faust à la cause de la danse met en scène de petits spectacles de marionnettes avant de faire répéter sa première troupe, composée de sa sœur et de deux cousins.
Phénomène mondial
Ses débuts d’interprète ont lieu en 1945 dans le ballet de l’Opéra de Marseille, avant qu’il poursuive ses apprentissages à Paris. Béjart n’a pas le physique de l’emploi, mais il saute bien et bosse beaucoup. Il s’essaie vite à la chorégraphie et explose en 1955 avec Symphonie pour un homme seul, qu’il considère comme une « naissance chorégraphique », sur la musique de Pierre Henry et Pierre Schaeffer. La suite file. A Bruxelles, à partir de 1959, Béjart fait grimper la danse en haut de l’affiche avec sa version, qui fit scandale à l’époque, du Sacre du printemps,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le film d’Errol Morris plonge dans l’abîme de mystères entourant la mort d’un chercheur américain spécialisé dans les armes biologiques.
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« Wormwood » : un cauchemar surgi de la guerre froide

Le film d’Errol Morris plonge dans l’abîme de mystères entourant la mort d’un chercheur américain spécialisé dans les armes biologiques.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 09h01
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
En 1988, après la sortie du Dossier Adams – le film qui a fait la gloire d’Errol Morris –, le sujet de ce documentaire, Randall Dale Adams, condamné à la détention à perpétuité pour un meurtre, a été innocenté. Ancien détective privé, le réalisateur était arrivé, à travers son enquête cinématographique, jusqu’à la vérité, en l’occurrence l’innocence d’Adams.
Avec Wormwood, film monstrueux – et pas seulement pour sa durée de quatre heures, Errol Morris se lance une fois encore à l’assaut de la vérité. Celle qui se cache derrière la mort par défenestration (volontaire ou forcée), le 28 novembre 1953, de Frank Olson, scientifique travaillant pour la CIA dans le cadre du programme d’armes biologiques des Etats-Unis. Peut-être est-ce l’âge (il est presque septuagénaire) – ou la sagesse, cette fois –, c’est l’incertitude qui l’emporte. Wormwood est un documentaire historique qui jette une lumière inquiétante sur le système militaire américain au temps de la guerre froide. C’est aussi un labyrinthe peuplé de cauchemars où l’on entrevoit Hamlet et le président Gerald Ford, un exécuteur des basses œuvres de la CIA devenu hippie et un légiste spécialisé dans les exhumations de cadavres qui ont passé des décennies six pieds sous terre. Qu’on le ­consomme à petites doses (pour sa diffusion sur Netflix, après sa présentation au festival de Telluride, le film a été découpé en six épisodes) ou d’une traite, l’effet sera puissant : une vision infernale du monde, faite d’hallucinations et de grands morceaux de réalité, jusqu’à ce qu’on désespère de l’existence même de la vérité.
Le film jette une lumière inquiétante sur le système militaire américain au temps de la guerre froide
Le 28 novembre 1953, Frank Olson tombait de la fenêtre d’une chambre située au 13e étage de l’hôtel Statler, à Manhattan. Son épouse et ses trois enfants, qui résidaient aux abords de Fort Detrick, site de recherche sur les armes biologiques, dans le Maryland, furent informés de son suicide. Vingt-deux ans plus tard, l’administration Ford apportait les précisions suivantes : quelques jours avant sa mort, des collègues avaient administré au défunt, à son insu, une dose de LSD, produit sur lequel la CIA menait des recherches, dans l’espoir de s’en servir comme instrument d’interrogatoire. Le suicide d’Olson était la conséquence de ce que – quinze ans plus tard – les ennemis de l’Etat américain, hippies et autres yippies, appelleraient un bad trip.
Poses volontairement théâtrales
Ces premiers chapitres, Errol Morris les raconte à sa manière habituelle. Il mêle les images d’archives, les entretiens et les séquences jouées. Celles-ci ne peuvent tomber dans la catégorie des reenactments, ces scènes dont l’histoire a gardé la trace interprétées par des acteurs qui égaient les « docudrama ». Personne ne sait ce qui s’est passé lors du week-end entre agents pendant lequel le LSD a été administré à Olson, pas plus qu’on est certain de l’attitude de l’homme qui partageait sa chambre au Statler. Ce que propose Morris, ce sont des séquences qui semblent arrachées à un film noir oublié, jouées par des acteurs de premier rang (Peter Sarsgaard joue Olson, l’excellent Christian Camargo le seul témoin de sa mort).

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A la mise en scène spectaculaire de ces moments répondent les entretiens entre Morris et Eric Olson, le fils de Frank, enfant lors de la mort de son père, qui a consacré sa vie à une quête de la vérité qui l’a coupé de la plupart de ses amis et privé de la carrière universitaire que ses débuts brillants lui promettaient. Le réalisateur se filme face à son sujet, dans des poses volontairement théâtrales. Le discours obsessionnel (ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas convaincant) de cet orphelin est aussi matière à mise en scène.
Une quête qui n’a aucune chance d’aboutir
Wormwood (« absinthe ») emprunte son titre au verset de l’Apocalypse de Jean qui prédit la contamination des eaux lors des temps derniers. Ce qu’Errol Morris filme, c’est la contamination des certitudes par le mensonge d’Etat, mais aussi l’empoisonnement d’une vie par une quête qui n’a aucune chance d’aboutir. Le LSD n’est peut-être pas la raison de la mort de Frank Olson, qui aurait pu être impliqué dans l’emploi d’armes chimiques pendant la guerre de Corée. La CIA aurait conduit un programme d’assassinats de citoyens américains sur le sol national. Plus Eric Olson avance dans le temps, plus ses hypothèses les plus fantasques semblent approcher de la réalité, sans que celle-ci se laisse saisir.
Le réalisateur a parsemé son film d’extraits du Hamlet de Laurence Olivier. A la fin de cette expérience cinématographique hors du commun, on ne distingue presque plus Eric Olson, vengeur impuissant, de la figure du prince danois.

Film américain d’Errol Morris, avec Peter Sarsgaard, Christian Camargo, Molly Parker, Bob Balaban, disponible sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que depuis le tsunami Weinstein le regard sur la culture a changé, se déplaçant de la création vers son créateur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/01/2018
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« Vivre dans un monde plus multiculturel devrait ouvrir les esprits, et c’est le contraire qui se produit »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que depuis le tsunami Weinstein le regard sur la culture a changé, se déplaçant de la création vers son créateur.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 07h06
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Pour 2018, demandons l’impossible. Que les artistes dérangent et que le public réagisse, mais que les deux camps débattent. Vœux illusoires, tant les vents sont contraires. Ce qui tourne à plein régime, ce n’est plus la création, ce sont les diktats.
En décembre 2017, une pétition demandait que le Metropolitan Museum of Art de New York retire de ses murs un tableau de Balthus, Thérèse rêvant (1938), où l’on voit une gamine montrant sa culotte – le musée a tenu bon. Le même mois, plusieurs affiches de nus du peintre Egon Schiele apparaissaient à Londres et en Allemagne pour annoncer une exposition à Vienne en 2018 ; mais avec le sexe masqué d’un carré blanc où on pouvait lire : « Désolé, cent ans mais toujours aussi scandaleux aujourd’hui. »
Cent ans ? Oui et non. Des dizaines d’œuvres, anciennes comme contemporaines, ont fait depuis des lustres l’objet de scandales et de censures. Mais les nus de Balthus et de Schiele résonnent avec deux éléments nouveaux.
Le premier est large : vivre dans un monde toujours plus multiculturel devrait ouvrir les esprits, et c’est le contraire qui se produit – chaque communauté agressée par une œuvre appelle au boycottage ou à la censure. Et puis il y a le tsunami Harvey Weinstein. Depuis que le scandale a éclaté, le regard sur la culture a changé, il s’est déplacé de la création à son créateur, amplifié par les réseaux sociaux : toute œuvre, outre qu’elle est disqualifiée si son auteur n’est pas irréprochable, a perdu de son aura pour devenir un produit de consommation comme un autre.
« Tentation hygiéniste »
La conséquence la plus commentée est celle de l’« effacement » de créateurs-harceleurs, au nom de la morale dit-on, du commerce surtout, ce que notre confrère Jacques Mandelbaum, dans Le Monde du 27 décembre 2017, qualifie de « tentation hygiéniste ».
Effacé, l’acteur Kevin Spacey de films et de séries. Effacé le metteur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Steven Spielberg,  Danny Boon, Abdellatif Kechiche et Clint Eastwood font partie des réalisateurs qui marqueront ce début d’année.
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Pour tous les amateurs de cinéma, le programme de 2018

Steven Spielberg,  Danny Boon, Abdellatif Kechiche et Clint Eastwood font partie des réalisateurs qui marqueront ce début d’année.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h46
    |

            Isabelle Regnier, 
Jacques Mandelbaum et 
                                Thomas Sotinel








                        



                                


                            

A égrener la liste des films programmés dans les salles françaises dans les prochains mois, on se croirait dans une ­réunion de famille : de vieilles connais­sances qui ne peuvent s’empêcher de refaire un tour de piste pour amuser petits et grands, des chevaux de retour forcés de reprendre du service.
Le premier trimestre est aussi le moment où les productions américaines candidates aux Oscars se pressent dans les salles, du premier long-métrage en tant que réalisatrice de Greta Gerwig au dernier Steven Spielberg, qui, à 71 ans, proposera deux films (un pour les trophées, l’autre pour la famille) en trois mois. Enfin, les distributeurs proposeront un florilège de films non moins attendus par les cinéphiles, découverts ou non dans les festivals.
Frappées d’un label tricolore orné d’un coq gaulois, les confections traditionnelles déplaceront les foules, c’est en tout cas l’espoir des maisons qui les produisent : La Ch’tite Famille, de Danny Boon (23 février), Les Tuche (qui tentent le hat trick), d’Olivier Barroux (31 janvier), Taxi à la mode ­Besson, qui pour sa cinquième course reprend la route sous la conduite de Franck Gastambide (11 avril).

Toujours tricolore, mais noir, jaune et rouge (puisque Franquin était belge), on est invité à découvrir les avatars cinématographiques de Spirou et Fantasio (par Alexandre Coffre, 21 février) et de Gaston Lagaffe (par Pierre-François Martin-Laval, 4 avril).
Remakes, sequels et réincarnations
Au rayon grandes personnes en collants, on attend l’arrivée du premier super-héros afrodescendant, Black Panther, dirigé par Ryan Coogler (14 février), le retour des Avengers, pour Infinity War, des frères Russo (25 avril) et – ce n’est pas le même type de sous-vêtements – de Christian Grey et Anastasia Steele (50 nuances plus claires, de James Foley, 7 février).
Quant aux remakes, sequels et réincarnations,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La tournée d’adieux du chanteur s’achèvera le 24 mars à La Seine musicale, à Boulogne-Billancourt.
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Michel Sardou en piste pour « La Dernière Danse »

La tournée d’adieux du chanteur s’achèvera le 24 mars à La Seine musicale, à Boulogne-Billancourt.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 06h34
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Commencée en juil­let 2017, la tournée de Michel Sardou s’intitule La Dernière Danse, titre d’une chanson de 2006. Un spectacle avec une trentaine de musiciennes et musiciens, dont un ­ensemble à cordes, une section de vents, des choristes, pour près de 80 concerts dans des grandes salles généralement de type ­Zénith. Elle se terminera les 23 et 24 mars, avec un retour à La Seine musicale, sur l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt. Comme un peu partout, le chanteur y ­affiche complet depuis le 26 décembre 2017 et jusqu’au 7 janvier.
Une tournée de « remerciements » à son public, précise le programme, qui présente quelques extraits d’un nouvel album, Le Choix du fou, sorti fin octobre 2017 et vendu à près de 150 000 exemplaires en quelques semaines.
Ensuite, Michel Sardou, plus de cinquante ans de carrière – premiers enregistrements en 1965 – arrêtera la chanson. Mais pas la scène. Il reviendra au théâtre, cette fois à plein-temps, lui qui, depuis le milieu des années 1990, a été comédien dans six pièces, dont L’Homme en question, de Félicien Marceau, en 2001-2002, et récemment Représailles, d’Eric Assous.
Partir « en pleine force »
A son domicile parisien, fin décembre 2017, quelques heures avant de se rendre à La Seine musicale, Michel Sardou revient sur les raisons de cette décision. « J’ai 70 ans, la voix est toujours là, un peu plus grave, je suis passé de la tessiture ténor à baryton. Je peux assurer un spectacle de deux heures qui se tient, mais je sens aussi qu’après je suis un peu plus fatigué que dans le passé. » Autant partir « en pleine force ». Et une carrière qui s’éterniserait à chanter des romances à 80 ou 90 ans, il trouverait cela un peu saugrenu.
Par ailleurs, auteur de la plupart de ses textes, seul ou en collaboration avec d’autres, dont Vline Buggy, Pierre Delanoë, Yves Descca, Claude Lemesle, Jean-Loup Dabadie, Didier Barbelivien… Michel Sardou s’est...




                        

                        

