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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’administration Trump a fait part jeudi de son intention d’ouvrir la quasi-totalité des eaux littorales des Etats-Unis à l’exploitation du pétrole et du gaz offshore.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’auteur de « Fire and Fury » s’est toujours enorgueilli de n’être ni journaliste ni critique des médias. Et sa réputation de brûleur d’embargo irrespectueux des paroles n’est plus à faire.
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Qui est Michael Wolff, « gros piranha dans le petit étang médiatique » et auteur du livre sur Trump ?

L’auteur de « Fire and Fury » s’est toujours enorgueilli de n’être ni journaliste ni critique des médias. Et sa réputation de brûleur d’embargo irrespectueux des paroles n’est plus à faire.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h52
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


C’était en février 2004, et le gratin new-yorkais en était tout émoustillé. Le livre de Michael Wolff, Autumn of the Moguls (L’Automne des magnats, éditions Flamingo), n’en finissait pas d’excorier les nababs du microcosme médiatique américain, ces « titans, frimeurs et hommes d’argent qui maîtrisent et bousillent le grand média ».
Parmi eux, Steven Rattner, un ancien journaliste du New York Times reconverti en mandarin de Wall Street, que la plume astringente du chroniqueur du New York Magazine vitriolait avec force anecdotes. Des histoires pas toujours obtenues « dans les règles de l’art », se vantera lui-même l’auteur dans l’une de ses chroniques, avançant ainsi avoir recruté son fils de 8 ans, Steven, pour aller jouer avec le fils de M. Rattner, Izzy, et « espionner le foyer familial » pour lui ramener matière à élucubrer.
L’anecdote illustre bien la réputation de ce mondain new-yorkais, que le New Republic, dans un long portrait publié en 2004, décrivait comme un « savant mélange entre un chroniqueur féru de cancans, un psychothérapeute et un anthropologue de la société, qui offre aux lecteurs l’opportunité de devenir une mouche posée dans les pénates des puissants ». Un phénomène « difficile à comprendre pour qui n’est pas New-Yorkais », décrivait alors le bimensuel américain, tant son talent semblait intrinsèquement lié à sa matière et son terrain de prédilection : les happy few de Manhattan, et la table cinq du célèbre restaurant Michael’s, sis en plein cœur du quartier.
« Sur un canapé de la Maison Blanche »
Mais Michael Wolff a, depuis, gagné ses galons nationaux – si ce n’est planétaires. Les premiers extraits de son dernier ouvrage, Fire and Fury : Inside the Trump White Housey, fruit de dix-huit mois et deux cents entretiens à la Maison Blanche, ont provoqué un séisme, mercredi 3 janvier. Fou de rage, Donald Trump a demandé l’interdiction de sa publication, en réaction, l’éditeur, Henry Holt & Company, l’a avancée au vendredi 5 janvier.

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Compilation hétéroclite d’anecdotes récoltées dans l’univers du 45e président américain, le livre dépeint une fresque décadente et foutraque, où Donald Trump est décrit en bizut mal dégrossi, entouré d’une armée de « longues dents » sidérées par ce président « crétin et idiot ». Un portrait truculent qui ne manque pas de provoquer une interrogation : faut-il croire Michael Wolff, qui s’est vanté d’avoir eu, pour écrire son livre, « une place quasi attitrée sur un canapé de la Maison Blanche » ?
La présentatrice de « New Day », émission phare de CNN, n’y a pas été de main morte. « Nous devrons rappeler que le modus operandi de Michael Wolff est de laisser les personnes avec qui il s’entretient dérouler leur fil. Et il ne prend pas toujours la peine de vérifier ce qu’ils disent. Il n’a pas besoin d’avoir deux sources pour avancer un fait. Ce n’est pas du journalisme », a affirmé Alisyn Camerota. Avant de résumer :
« C’est une lecture très intéressante, quand on garde en tête que l’auteur admet lui-même dans ses notes qu’il laisse ses sources raconter leurs histoires et ne fait que les imprimer. »
« Le journalisme conventionnel n’est pas sa tasse de thé »
C’est le « style Wolff », l’art de se mettre en scène au milieu d’un univers social dont il aime étriller les verrues et les cicatrices pour mieux décortiquer les egos insatiables qui le peuplent. « Aux yeux de Michael Wolff, rien n’est plus érotique qu’un milliardaire », écrit ainsi The Esquire.
L’intéressé s’est d’ailleurs toujours enorgueilli de n’être ni journaliste (« passer des coups de téléphone n’est pas vraiment dans mes habitudes », disait-t-il), ni critique des médias (« cette figure austère de maître d’école »). Sa réputation de brûleur d’embargo irrespectueux des paroles off the record n’est plus à faire. « Avec Michael, vous êtes toujours enregistré et en scène, je crois que les gens ne l’aiment pas parce qu’ils sont toujours obligés de faire très attention quand ils sont en sa présence », disait de lui le prestigieux journaliste du New York Times, David Carr. Alors que Donald Trump a affirmé « n’avoir jamais parlé à Michael Wolff pour un livre », ce dernier a rétorqué jeudi 4 janvier : « Qu’il ait réalisé que c’était une interview ou pas, je ne sais pas, mais ce n’était pas en “off”. »
Dans son portrait de 2004, la journaliste de New Republic allait même plus loin, affirmant : « Les scènes que Wolff dépeint dans ses chroniques ne sont pas tant rapportées que créées – surgissant de l’imagination de Wolff plutôt que de faits existants. » « M. Wolff reconnaît lui-même que le journalisme conventionnel n’est pas sa tasse de thé », poursuit l’article.
Incohérences factuelles
Une éthique douteuse qui n’a pas manqué de soulever le débat. Politiciens et médias n’ont pas tardé à tirer à boulets rouges sur ce qui, dès la première lecture, ressemble à des petits arrangements avec la vérité. Bien sûr, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, a dit qu’il s’agissait d’une suite « d’erreurs, encore des erreurs, et toujours plus d’erreurs ». Katie Walsh, ancienne conseillère de Donald Trump, a démenti avec véhémence avoir tenu les propos rapportés dans Fire and Fury.
Mais si le Washington Post liste les incohérences factuelles contenues dans les premiers extraits publiés, le prestigieux quotidien est loin d’invalider pour autant tout le propos éditorial de Michael Wolff. Déjà parce que ce natif des banlieues du New Jersey, fils d’un cadre de la publicité et d’une journaliste, n’est pas n’importe qui.
Entré tôt comme petite main au New York Times, ce père de trois enfants, âgé de 64 ans, est devenu, au fil des ans et des titres avec lesquels il a collaboré – USA Today, The Hollywood Reporter, GQ, Vanity Fair –, « un gros piranha dans le petit étang médiatique », décrit son premier journal. « Il a un don pour donner l’apparence d’avoir eu un accès intime à quelqu’un », dit de lui un collègue cité par le site d’information Splinter. « Il est excellent pour lire les gens, c’est un psychiatre sur papier », explique un de ses amis, interrogé par le New Republic – Michael Wolff affirme avoir parlé trois heures à Donald Trump.
Sa plume ciselée lui a d’ailleurs valu plusieurs récompenses, dont, à deux reprises, le prix du meilleur chroniqueur décerné par la prestigieuse American Society of Magazine Editors. Michael Wolff s’est notamment fait un nom en publiant une biographie du magnat médiatique Rupert Murdoch, intitulée The Man who own the news (l’homme qui possède les informations). L’homme d’affaires australo-américain avait détesté le résultat, évidemment. Un ennemi parmi d’autres – « partout où je vais les gens me haïssent », se vantait M. Wolff auprès d’une amie.

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« Trop bon pour ne pas le croire »
Nul n’ignore donc Michael Wolff, dont la célébrité l’a même conduit à faire une apparition dans l’épisode pilote d’une émission de téléréalité conçue par Donald Trump lui-même, Trump Town Girls – il visitait un appartement dans cette production, mettant en scène des concurrentes de concours de beautés, tellement sexiste qu’elle n’avait même pas été diffusée.
« Le vrai mystère dans tout ça, c’est pourquoi la Maison Blanche lui a autorisé un tel accès », souligne, dans les colonnes du New York Times, l’ancien rédacteur en chef de Michael Wolff à Vanity Fair, Graydon Carter. « Il faut un voleur pour attraper un voleur », résume le Los Angeles Times, qui s’interroge : « Pourquoi croire Michael Wolff ? » « Parce que, pour l’heure, ce qu’il a produit est trop bon pour ne pas le croire », répond le journal, confessant un voyeurisme jubilatoire.

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Dans une administration qui revendique sans cesse une société de la post-vérité, qui hurle à la fake news dès qu’une information la dessert, les méthodes de M. Wolff ne semblent être qu’un juste retour de bâton. Michael Wolff l’écrit d’ailleurs lui-même dans son livre : « De nombreux événements qui se produisent au sein de la Maison Blanche de Donald Trump entrent en contradiction les uns avec les autres ; beaucoup, dans un style typiquement trumpiste, sont évidemment fausses. Ces contradictions, ce rapport fluctuant avec la vérité, si ce n’est avec la réalité elle-même, sont des éléments constitutifs de ce livre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».
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Pour Macron, les évolutions récentes de la Turquie ne « permettent aucune avancée » dans ses relations avec l’UE

Le président français a notamment évoqué des visions différentes sur le respect des libertés individuelles et a appelé la Turquie au « respect de l’Etat de droit ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 17h39
   





                        



   


Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré vendredi que les « évolutions récentes » en Turquie dans le domaine des droits de l’homme excluaient toute « avancée » dans les négociations d’adhésion de ce pays à l’Union européenne.
« Il faut sortir de l’hypocrisie qui consiste à penser que l’on peut ouvrir de nouveaux chapitres dans la négociation avec l’Union européenne [UE], ce n’est pas vrai », a tranché le président lors d’une conférence de presse aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, invité à Paris vendredi. En réponse, M. Erdogan a déclaré que la Turquie était « fatiguée » d’attendre une éventuelle adhésion à l’Union européenne. « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE », a-t-il estimé devant la presse.

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« Respecter l’Etat de droit »
M. Macron a évoqué la « relation économique forte » qu’entretiennent la France et la Turquie, et salué la « coopération exemplaire » des deux pays – et de l’UE – en matière de lutte contre le terrorisme. Il a également invité son homologue à une coopération dans la construction de la paix en Syrie.
Mais le président français a surtout souligné des « visions différentes » sur les libertés individuelles entre les deux pays. Le chef de l’Etat a assuré qu’il avait évoqué avec le président turc les cas de plusieurs universitaires ou journalistes poursuivis en Turquie, et a appelé M. Erdogan à « respecter complètement l’Etat de droit » sur cette question. M. Erdogan a assuré qu’il demanderait au ministère de la justice des informations sur la liste de noms et d’organisations que lui a fournie M. Macron.
Ce dernier a également insisté sur l’importance de « l’ancrage de la Turquie au sein de la Convention européenne des droits de l’homme ». A défaut d’une adhésion, le président français a ainsi proposé à la Turquie un « partenariat » avec l’UE.
« Il faut (…) regarder si on ne peut pas repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais peut-être d’une coopération, d’un partenariat avec [pour] finalité (…) de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.
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Compte rendu

Au Burkina Faso, un ancien ministre de la sécurité inculpé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat »

Le colonel Auguste Denise Barry est accusé d’avoir mis en place un mouvement insurrectionnel pour déstabiliser le régime actuel.

Par                                            Morgane Le Cam (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-01-05T17:07:31+01:00"

        Le 05.01.2018 à 17h07






    
Le colonel Auguste Denise Barry.
Crédits : Sophie Garcia_hanslucas.com


Après deux ans et demi d’ombre, le colonel Auguste Denise Barry revient dans la lumière, malgré lui. Le bras droit de Yacouba Isaac Zida, l’ancien premier ministre de la transition, a été, selon le parquet militaire, inculpé, jeudi 4 janvier, d’« atteinte à la sûreté de l’Etat » et écroué à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA).
L’ancien ministre de la sécurité avait été arrêté par la gendarmerie nationale à Ouagadougou le 29 décembre 2017. Selon l’acte d’instruction que Le Monde Afrique a pu consulter, il lui est reproché « de prévoir avec d’autres personnes la déstabilisation du régime en place par un mouvement insurrectionnel ».
« La tentative est claire et avérée, assure une source sécuritaire. Le colonel Barry voulait se baser sur les organisations de la société civile afin de monter des manifestations prévues pour le 30 décembre dans le but de déstabiliser le pays », poursuit notre source, qui évoque de fortes sommes données à ces associations. « Une importante somme d’argent a été saisie », a confirmé le parquet militaire dans un communiqué. En parallèle, le colonel Auguste Denise Barry aurait contacté des éléments des forces de défense et de sécurité afin de s’assurer de leur soutien. En vain. « L’un d’entre eux a parlé et divulgué son plan », ajoute notre source.
Soupçons de coup d’Etat
Entendu jeudi, le colonel Barry rejette en bloc ces accusations. « Il attend qu’on lui présente ce qu’on lui reproche exactement », affirme un connaisseur du dossier, précisant qu’aucun élément précis et factuel sur le chef d’accusation d’atteinte à la sûreté de l’Etat n’a pour l’instant été présenté à l’intéressé.

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Ministre de la sécurité éphémère sous l’ancien régime du président Blaise Compaoré, en 2011, le colonel Barry avait continué au même poste sous la transition, avant d’être remercié, en juillet 2015, suite à ce que les Burkinabés surnomment la « troisième crise du RSP ». Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde rapprochée de M. Compaoré, dissoute après le putsch manqué de septembre 2015, était en conflit ouvert depuis des mois avec le premier ministre de la transition, Yacouba Isaac Zida.
En juin 2015, des militaires de l’ex-RSP ont été accusés de fomenter un coup d’Etat et même un complot visant à abattre l’avion du premier ministre. Fantasme ou réalité, le président de la transition, Michel Kafando, trouva sa solution : déboulonner Auguste Denise Barry, proche de M. Zida, à qui la hiérarchie militaire reprochait d’instrumentaliser des organisations de la société civile afin de demander une réforme de l’armée et la dissolution du RSP.
Règlement de comptes
Depuis juillet 2015, le colonel était resté discret, profitant de son éloignement du pouvoir pour créer son institut, le Centre d’études stratégiques en défense et sécurité (CESDS), en septembre 2016. A Ouagadougou, une partie de l’opinion lie son arrestation aux contradictions qui l’opposent à la hiérarchie militaire depuis la création de ce centre, qui s’apprêtait à publier une étude sur l’état des forces de défense et de sécurité au Burkina Faso. De source proche du dossier, un règlement de comptes n’est pas à exclure dans la mesure où « le colonel se savait surveillé depuis quelques temps ».

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Tentative de putsch avérée ou bagarre politique… Ce n’est en tout cas pas la première tentative de déstabilisation des institutions annoncée par les autorités depuis leur arrivée au pouvoir, fin 2015. En janvier 2016, des éléments de l’ex-RSP avaient été accusés,, après l’attaque de la poudrière de Yimdi, de fomenter un complot militaire. Huit mois plus tard, Simon Compaoré, le ministre de la sécurité, avait cette fois annoncé avoir déjoué une tentative de déstabilisation des institutions orchestrée, là encore, par l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.
Inculpé, le colonel Auguste Denise Barry devra donc prolonger son séjour à la MACA . Et continuer à en partager les couloirs décrépis avec l’ancien chef du RSP, le général Gilbert Diendéré, et ses hommes, qui y sont écroués depuis leur coup d’Etat de septembre 2015, lui aussi avorté.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.
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Le tribunal sur les crimes de guerre au Kosovo en danger

Le pouvoir kosovar veut supprimer le tribunal international créé pour juger en priorité les crimes commis par la guérilla indépendantiste albanophone.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h04
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La manœuvre avait tout du coup tordu de dernière minute. Vendredi 22 décembre au soir, à la veille du week-end de Noël, dans une capitale du Kosovo en passe d’être vidée de ses diplomates occidentaux en partance pour les fêtes, le président du Parlement a essayé de convoquer en toute urgence les députés de ce petit pays des Balkans qui s’apprête à célébrer en 2018 ses dix ans d’indépendance de la Serbie. L’objet de ce soudain empressement nocturne ? Supprimer le très contesté et très sensible tribunal international spécial établi en 2016 pour juger les crimes de guerre commis au Kosovo entre 1998 et fin 2000, soit pendant et juste après la guerre d’indépendance.
Plusieurs anciens commandants de la guérilla albanophone (UCK) pourraient être mis en cause. L’association des vétérans, qui a demandé la suppression du tribunal, le juge « discriminatoire » en l’accusant d’épargner les criminels serbes, même si ceux-ci ont souvent été traduits en justice devant d’autres instances. Seule la réaction spectaculaire de l’ambassadeur américain, accouru en urgence au Parlement en assurant que les Etats-Unis « n’avaient pas investi autant d’effort dans le succès du Kosovo pour le voir détruire son futur », semble avoir temporairement empêché la majorité d’arriver à ses fins. Pendant la guerre, le soutien de l’OTAN avait été crucial pour permettre à l’UCK de l’emporter rapidement face aux troupes serbes.
Regain d’inquiétude diplomatique
Faute de quorum suffisant, le bureau de l’Assemblée n’a en effet finalement pas pu convoquer de session le 22 décembre. Pour autant, le pouvoir kosovar ne semble pas avoir totalement renoncé. Les ambassades américaine, britannique, française et italienne ont de nouveau publié un communiqué commun alarmiste, jeudi 4 janvier, appelant « à abandonner tout projet d’annulation ou de renégociation » du tribunal, menaçant sinon « de graves conséquences négatives, notamment pour l’intégration euro-atlantique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Maha Vajiralongkorn, alias Rama X, est un homme à femmes, imprévisible et colérique, qui diffère son couronnement et préfère vivre en ­Bavière. Son règne pourrait être très brutal.
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Rama X, l’inquiétant nouveau roi de Thaïlande


                      Maha Vajiralongkorn, alias Rama X, est un homme à femmes, imprévisible et colérique, qui diffère son couronnement et préfère vivre en ­Bavière. Son règne pourrait être très brutal.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h12
    |

            Harold Thibault








                              

                        

Les Allemands ne prêtaient pas vraiment attention à sa présence jusqu’à ce jour de juillet 2016 où le tabloïd Bild a publié des photos de lui sur les pistes de l’aéroport de Munich. Il y apparaît vêtu d’un débardeur couvrant à peine la moitié de son ventre et d’un jean tombant sur le bas des hanches, laissant deviner dans son dos un immense tatouage.

C’est en Bavière, bien loin de Bangkok, de ses palais et de la sulfureuse réputation qu’il s’y est bâtie que l’héritier du trône de Thaïlande a passé le plus clair de son temps ces dernières années, alors que son père, Bhumibol Adulyadej, était alité et que ses sujets, l’armée et toute l’élite politique craignaient l’inexorable dénouement.
Couronnement en mars ?
Il eut lieu le 13 octobre 2016, après soixante-dix ans et 126 jours de règne. Maha Vajiralongkorn rentre alors au pays avant de le quitter à nouveau quinze jours plus tard. Les habitants de l’ex-royaume de Siam porteront le deuil de Rama IX, son nom dynastique, pendant un an. Jusqu’à sa crémation, le 26 octobre 2017. S’il a été proclamé roi le 1er décembre 2016, Maha Vajiralongkorn doit maintenant se faire couronner. Mais quand ? « Vers la fin de l’année » 2017, croyait savoir le vice-premier ministre Wissanu Krea-Ngam. Il n’en a rien été, car au sein du gouvernement, nul ne peut prédire quand l’héritier du trône se décidera à signer le décret. On parle désormais du mois de mars 2018.

La personnalité de Maha Vajiralongkorn est un sujet sensible dans le royaume. Son caractère irascible, ses caprices, ses mariages, répudiations et maîtresses sont un secret de Polichinelle en Thaïlande, mais il n’en est pas moins tabou. Et gare à celui qui le brise. L’article 112 du code pénal menace d’une peine allant jusqu’à quinze années d’emprisonnement quiconque se risquerait à critiquer la monarchie ou même à évoquer la problématique royale. En 2015, un homme a même été arrêté pour un...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ A un peu plus d’un mois du début des JO d’hiver, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a ouvert la porte à une éventuelle participation de ses athlètes.
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Les Jeux olympiques de la réconciliation entre les deux Corées ?

A un peu plus d’un mois du début des JO d’hiver, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a ouvert la porte à une éventuelle participation de ses athlètes.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h03
    |

            Clément Martel et 
Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

« J’espère sincèrement que les Jeux olympiques d’hiver seront menés avec succès. Nous sommes disposés à prendre les mesures nécessaires, y compris à envoyer notre délégation à Pyeongchang. » Dans son allocution du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a pour la première fois ouvert la porte à une participation de son pays aux 23es Jeux olympiques d’hiver, qui se dérouleront du 9 au 25 février, à 80 kilomètres de la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées. Puis, dans un fax transmis vendredi, la Corée du Nord a accepté la proposition de Séoul de tenir des discussions mardi 9 janvier dans le village de Panmunjom, dans la DMZ, sur les modalités de l’envoi d’une délégation nord-coréenne aux Jeux.
La participation de la Corée du Nord, absente des précédents JO d’hiver et qui avait refusé de prendre part aux Jeux olympiques de Séoul, en 1988, est, cette fois, espérée par les Sud-Coréens et le Comité international olympique (CIO), pour ce qu’ils ont érigé en « Jeux olympiques de la paix ». Et les villes organisatrices, Pyeongchang, Gangneung et Jeongseon, se disent prêtes à accueillir la délégation du Nord.

Puissance invitante, le CIO dispose de toute latitude pour convier un pays. « La charte olympique énonce qu’aux JO, c’est le CIO qui invite les athlètes à participer, pas le pays organisateur, ni les fédérations internationales », précise l’historien du sport Patrick Clastres, professeur à l’université de Lausanne (Suisse). Une fois les délégations nationales établies en fonction des minima sportifs, « le CIO se réserve le droit de les accepter ou non ». C’est grâce à ce dispositif que l’instance internationale a pu exclure certains athlètes – russes notamment – ayant contrevenu aux règles olympiques.
Le CIO satisfait
Ici, une telle décision dépend aussi, et surtout, des négociations politiques entre Séoul et Pyongyang. « Tant que nous serons dans une situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le président des Etats-Unis va devoir décider au cours des prochaines semaines s’il livre ou non les guerres commerciales annoncées.
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Donald Trump ou la tentation du protectionnisme

Le président des Etats-Unis va devoir décider au cours des prochaines semaines s’il livre ou non les guerres commerciales annoncées.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 15h00
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

L’année 2018 sera-t-elle celle du protectionnisme américain ? L’hiver a commencé en fanfare avec le blocage, par les autorités américaines, du rachat de MoneyGram, spécialiste des échanges de fonds sécurisés, par Alibaba, géant chinois du commerce en ligne.
Cette acquisition aurait servi de tête de pont à Alibaba sur le marché américain et l’aurait aidé à concurrencer Amazon. Le Comité pour l’investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS) a argué de la protection des données des consommateurs américains pour refuser, mercredi 3 janvier, cet investissement de 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros).
La notion de sécurité nationale est désormais utilisée de manière de plus en plus extensive
Ce rejet s’inscrit dans le cadre d’une série de refus d’acquisitions chinoises, intervenus depuis l’été, sans qu’il ait été nécessaire que M. Trump mette son veto, les entreprises ayant renoncé d’elles-mêmes. Le rachat de la société de semi-conducteurs à applications militaires Lattice a échoué, tout comme la reprise d’Aleris, groupe d’aluminium de Cleveland (Ohio). Dans chaque cas, des explications raisonnables peuvent être avancées.

Il n’empêche : la notion de sécurité nationale est désormais utilisée de manière de plus en plus extensive. Surtout, un projet de loi déposé par le sénateur républicain du Texas, John Cornyn, prévoit d’étendre officiellement les prérogatives du CFIUS pour qu’il examine toutes les conséquences d’acquisitions, y compris sur le plan économique. L’étau se resserre donc, tandis que le président Trump va devoir décider, au cours des prochaines semaines, s’il livre ou non les guerres commerciales annoncées.
La Chine dans le collimateur
La première année de son mandat a été plus tempérée que ne laissaient augurer ses promesses électorales. Il a retiré sa signature du Traité transpacifique (TPP), dont Hillary Clinton ne voulait pas non plus, mais il a renoncé à imposer des droits de douane unilatéraux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Alors que les fronts étaient presque figés, des attaques ont lieu entre Sanaa et Marib depuis que les rebelles ont assassiné, le 4 décembre 2017, leur allié, l’ancien président Ali Abadallah Saleh.
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Au Yémen, « une économie de guerre s’est installée »

Alors que les fronts étaient presque figés, des attaques ont lieu entre Sanaa et Marib depuis que les rebelles ont assassiné, le 4 décembre 2017, leur allié, l’ancien président Ali Abadallah Saleh.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h59
    |

            Louis Imbert (Mareb, Yémen, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Dans le hall du principal hôpital de Marib, il est difficile de se frayer un passage à travers la foule. On se cogne les narines contre le canon d’un fusil sous le porche ; on piétine parmi les treillis militaires dans l’escalier. L’hôpital est plein, en cette fin d’automne : 117 lits sur 120 sont occupés, en bonne partie par des soldats. En raison du manque d’installations sanitaires dans la région, le centre de soins de Marib fait office d’hôpital de campagne à mi-temps. On se bat contre les rebelles houthistes à 30 kilomètres à peine, à l’ouest de la ville, à Sirwah, le front le plus actif des environs.
Les casernes de Marib se tiennent en alerte depuis que les rebelles ont assassiné, le 4 décembre 2017, leur allié, l’ancien président Ali Abadallah Saleh. Les troupes progouvernementales ont, depuis, progressé à la faveur de ces divisions, à la frontière saoudienne, dans la province d’Al-Jawf. Il s’agit d’une courte avancée, mais elle se remarque dans une région où, depuis deux ans, rien ne bouge. Car on se bat entre Marib et la capitale, Sanaa, mais sans grande conviction : ces fronts demeuraient jusqu’ici presque figés. « On recense peu de morts, peu de blessés, dit une source militaire à Riyad. Des attaques sporadiques rappellent que l’on est toujours en guerre, et l’armée reçoit ses financements. C’est une économie de guerre qui s’est installée. »
Il faut plusieurs heures pour transporter un soldat blessé depuis l’un de ces fronts vers l’arrière, à Marib. Les blessés graves ont tout le temps de mourir avant d’être pris en charge : à mi-chemin ne se trouvent que de très rares centres de soins mal équipés, explique le directeur de l’hôpital, Mohammed Al-Koubati. Ainsi, une ou deux fois par mois, les jours d’offensive, son établissement est saturé. « C’est l’une des raisons pour lesquelles l’armée ne peut pas poursuivre ses assauts. Nous n’avons pas assez de lits. Les soldats n’ont pas les appuis nécessaires à l’arrière »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Nour Tamimi, 20 ans, est l’une des deux protagonistes palestiniennes d’une vidéo devenue virale la montrant avec sa cousine, Ahed Tamimi, 16 ans, en train de frapper des soldats en Cisjordanie.
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La seconde Palestinienne qui avait frappé des soldats israéliens en Cisjordanie a été placée en liberté conditionnelle

Nour Tamimi, 20 ans, est l’une des deux protagonistes palestiniennes d’une vidéo devenue virale la montrant avec sa cousine, Ahed Tamimi, 16 ans, en train de frapper des soldats en Cisjordanie.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 15h42
   





                        


Une Palestinienne poursuivie pour avoir frappé des soldats israéliens a été relâchée vendredi 5 janvier d’une prison militaire israélienne en Cisjordanie occupée, après paiement d’une caution.
Nour Tamimi, 20 ans, est l’une des deux protagonistes palestiniennes d’une vidéo devenue virale la montrant avec sa cousine, Ahed Tamimi, 16 ans, en train de frapper des soldats en Cisjordanie. Dans cette vidéo filmée au téléphone portable le 15 décembre, on les voit approcher de soldats israéliens, qui se trouvaient dans la cour d’une maison. Les deux cousines leur disent de quitter les lieux, avant de les pousser, leur donner des coups de pied et les frapper.
Arrêtée le 20 décembre, Nour Tamimi a été mise en examan dimanche pour agression aggravée d’un soldat et atteinte à des soldats en fonctions, selon l’acte d’accusation. Elle a été relâchée dans son village de Nabi Saleh contre le versement d’une caution de 5 000 shekels (1 200 euros) et après le rejet par un tribunal militaire israélien siégeant en Cisjordanie d’un appel du procureur contre sa libération, a fait savoir son père, Naji Tamimi.
Un garant s’est en outre engagé à ce qu’elle comparaisse devant le tribunal à partir du 12 février, a affirmé son avocate Gaby Lasky. Nour Tamimi devra en outre d’ici là se présenter à un commissariat de la police israélienne tous les vendredis à midi.

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                Ahed Tamimi, figure familière de la résistance palestinienne



Deux personnes toujours en détention
Les deux soldats étaient dans la cour d’une maison pour empêcher des Palestiniens de jeter des pierres sur des Israéliens à proximité, selon l’acte d’accusation. La famille d’Ahed Tamimi affirme que l’incident avait eu lieu dans la cour de leur maison.
Les soldats, lourdement armés, apparaissent eux impassibles face à ce qui semble relever davantage de la provocation que de la volonté de faire mal. Puis ils s’éloignent dès l’arrivée de la mère d’Ahed. Ahed Tamimi apparaît comme la plus agressive des deux jeunes femmes dans la vidéo.
Le tribunal militaire d’Ofer a retenu lundi 12 chefs d’accusation contre Ahed Tamimi et cinq chefs d’accusation contre sa mère, Nariman. Toutes les deux demeureront en détention jusqu’à au moins le 8 janvier, date d’une nouvelle audience.
Arrêtée le 19 décembre, Ahed Tamimi est devenue pour les Palestiniens une icône de la lutte contre l’occupation israélienne. Elle s’est fait connaître dans des confrontations avec l’armée. Les médias israéliens la qualifient de « provocatrice ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Alors que le mouvement a perdu en intensité depuis quarante-huit heures, les spécialistes de la région tirent les premières leçons de la « révolte des œufs ».
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Iran : que traduisent les manifestations de ces derniers jours ?

Alors que le mouvement a perdu en intensité depuis quarante-huit heures, les spécialistes de la région tirent les premières leçons de la « révolte des œufs ».



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 15h30
   





                        



   


Le mouvement de protestation en Iran, qui avait débuté voici une semaine, semble avoir perdu en intensité ces derniers jours, les autorités ayant notamment déployé un important dispositif de sécurité. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont toutefois fait état de petites manifestations, jeudi 4 janvier dans la soirée, mais sans qu’il soit possible de vérifier leur authenticité. Aucune manifestation n’a eu lieu ces trois derniers jours dans la capitale, Téhéran.
Pour la troisième journée de suite, de nouveaux rassemblements de soutien au régime ont, en revanche, été organisés vendredi après la prière collective, dans la province de Téhéran et dans plusieurs villes de province, pour condamner les « fauteurs de troubles », selon les images diffusées par la télévision d’Etat.

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          En Iran, de nouveaux rassemblements de soutien au pouvoir



Au terme de cette semaine, tous les observateurs s’accordent pour reconnaître que ce sont des raisons économiques qui se trouvent à l’origine du mouvement de contestation sur l’ensemble du territoire. Mais la plupart d’entre eux considèrent en même temps que le mécontentement général traduit autre chose. C’est ce que montrent plusieurs tribunes publiées par Le Monde.
L’écart entre le pouvoir et la société se creuse
« On demande désormais la fin du régime, non pas tant pour davantage de démocratie, mais par désespoir sur la capacité de la théocratie à satisfaire aux demandes des catégories fragiles », relève le sociologue Farhad Khosrokhavar.
« La révolte est beaucoup plus celle des “va-nu-pieds” que des classes moyennes : elle témoigne de la misère, de la baisse du niveau de vie dans une société où la rente pétrolière enrichit indûment, et par la corruption, les élites du régime », ajoute M. Khosrokhavar, selon qui ce mouvement montre que l’écart entre le pouvoir et la société se creuse de manière inexorable, le régime ayant perdu toute légitimité, car le système est bloqué.
L’universitaire Firouzeh Nahavandi insiste, quant à elle, sur le fait que les jeunes, « très présents » dans la contestation (même si celle-ci « touche toutes les catégories d’Iraniens désespérés, pris à la gorge et ne voyant aucune perspective d’avenir »), aspirent « en priorité, à l’amélioration de leur situation économique et à l’accès à un travail décent et en concordance avec leur niveau de formation ».
Le « cercle des intimes » et les « fils de… »
Sur ce plan, souligne l’universitaire, l’échec du régime est cuisant : « Le taux de chômage des jeunes, souvent très diplômés, se situe entre 30 % et 50 %. » Mme Nahavandi explique notamment que « dans le système iranien, les postes disponibles ou les meilleurs sont accaparés par les proches du régime, le “cercle des intimes” et leurs enfants, les “fils de…”, signe de l’un des échecs les plus importants de la révolution, qui se voulait populaire et qui a abouti à une croissance des inégalités. »
« De manière générale, confrontés à la répression du régime, les jeunes ont surtout fait le choix de défier le pouvoir, non pour demander de changement politique de grande envergure, mais pour des réformes concrètes », relève la professeuse d’université.
La crise de ces derniers jours traduit aussi une remise en cause de la politique du gouvernement iranien au Moyen-Orient. Les manifestants ont demandé des comptes au pouvoir, qui d’un côté prétend manquer de ressources pour améliorer le quotidien des Iraniens mais de l’autre finance par exemple les projets du Hezbollah au Liban, ou la guerre contre l’organisation Etat islamique en Irak et Syrie.
Le professeur Mohammad-Reza Djalili fait, lui, remarquer que ce n’est pas le président, Hassan Rohani, qui a la main sur la politique régionale de l’Iran, mais les gardiens de la révolution, piliers du régime et garant de l’ordre révolutionnaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.
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La justice espagnole refuse de libérer l’indépendantiste Oriol Junqueras

Les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au Parlement catalan, mais leurs divisions et la situation judiciaire rendent difficile l’émergence d’un gouvernement.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 14h25
   





                        



   


La justice espagnole a refusé, vendredi 5 janvier, la demande de libération du numéro deux de l’indépendantisme catalan, Oriol Junqueras, toujours incarcéré pour « rébellion » et « sédition ». Chef de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), il a été arrêté au début de novembre 2017 à la suite de la proclamation d’indépendance unilatérale faite par le gouvernement régional le 27 octobre.
Pour les magistrats, il y a bien dans le dossier « des indices de commission des délits de rébellion, sédition et malversation de fonds de la part de M. Junqueras, incarcéré depuis deux mois ».
En outre, la possibilité de répéter de tels délits ne peut être écartée, « car aucune donnée ne permet de déduire que le plaignant a l’intention d’abandonner la voie qu’il a suivie jusqu’à maintenant ».
Imbroglio au Parlement
En théorie, cette décision du tribunal empêchera donc Oriol Junqueras d’assister à la séance inaugurale du Parlement de Catalogne, prévue le 17 janvier. C’est un coup dur pour le bloc indépendantiste, puisque l’ancien président de la région, Carles Puigdemont, est toujours exilé à Bruxelles, alors que son parti est arrivé en deuxième position aux dernières élections régionales, derrière le parti libéral et « unioniste », Ciudadanos. Le parti d’Oriol Junqueras, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), est arrivé en troisième position.

        Lire :
         

          Ce qu’il faut retenir des élections régionales en Catalogne



La cour se défend de tout procès politique, soulignant que le fait d’être indépendantiste « est légitime, puisque la Constitution admet la défense de n’importe quelle position politique ». Mais cela doit se faire « sans commettre de délit », argumentent les magistrats.
Les indépendantistes catalans ont obtenu la majorité absolue au Parlement en nombre de sièges, mais leurs divisions et la situation judiciaire des leadeurs du bloc rendent très difficile l’émergence d’un futur gouvernement catalan. Huit députés ne peuvent pas siéger car ils sont soit en fuite soit en prison.
S’ils ne peuvent sortir de prison ou s’ils restent en exil, ils pourraient céder leur siège au candidat suivant sur la liste aux élections régionales. Quant à Carles Puigdemont, il avait déclaré, après les élections, être prêt à prendre le risque de rentrer en Catalogne pour diriger les indépendantistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les forces militaires doivent « cesser d’être un problème » a affirmé le chef d’état-major lors de la présentation des vœux au président Ouattara.
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Compte rendu

En Côte d’Ivoire, l’armée présente ses excuses à la nation pour les mutineries

Les forces militaires doivent « cesser d’être un problème » a affirmé le chef d’état-major lors de la présentation des vœux au président Ouattara.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-05T14:02:14+01:00"

        Le 05.01.2018 à 14h02






    
Le président ivoirien Alassane Ouattara et le général Sekou Touré, chef d’état-major des armées, lors de la cérémonie des vœux à la présidence, le 4 janvier 2018 à Abidjan.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Le général Sekou Touré, chef d’état-major des armées ivoiriennes, a présenté, jeudi 4 janvier, « ses excuses à la nation » pour les mutineries qui ont ébranlé le pays en 2017. S’exprimant à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de Nouvel An au président Alassane Ouattara, il a promis qu’en 2018 l’armée remplirait « son devoir ».
« Je voudrais […] présenter solennellement, à vous personnellement [le président Ouattara] et à la nation toute entière, nos sincères excuses », a affirmé le général qui avait été nommé chef d’état-major après la mutinerie de janvier 2017 mais n’avait pas réussi à éviter la réplique de mai.
« L’année 2017, il faut le dire, a été marquée par des mutineries qui ont remis en cause les fondements de notre armée. […] Le mouvement d’humeur a amené à s’interroger sur le degré de loyauté et d’engagement envers la mère patrie », a-t-il reconnu.

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                Côte d’Ivoire : comment les mutins ont fait plier le gouvernement



Ces mutineries « ont eu des graves conséquences économiques et sociales sur notre pays », a rappelé le général, promettant de « redorer le blason terni » de l’armée qui « doit cesser d’être un problème ». Selon lui, 230 militaires ont été radiés en 2017.
D’anciens rebelles intégrés dans l’armée et réclamant le paiement de primes se sont mutinés en janvier puis en mai, 8 400 hommes obtenant finalement 12 millions de francs CFA (18 000 euros) chacun. Ces troubles ont terni l’image de stabilité retrouvée du pays après la crise politico-militaire de 2010-2011 et fragilisé le président Alassane Ouattara et l’équipe gouvernementale.
« Nous n’allons pas tolérer d’indiscipline »
« Il était bon qu’au nom des forces, [le général] exprime ses regrets » à propos de « ces événements qui ont marqué les consciences », a estimé le ministre de la défense, Hamed Bakayoko, interrogé quelques instants plus tard.
Ce personnage influent du régime Ouattara, ancien ministre de l’intérieur, a pris en main la défense en juillet 2017 avec comme mission claire de remettre de l’ordre. « Pas de mutinerie en 2018, a-t-il promis. Quelles que soient les préoccupations, nous avons demandé aux hommes de l’intégrer dans le cadre de la hiérarchie. Nous n’allons pas tolérer d’indiscipline. »

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« On avance. On a pris le pouls des réalités de nos soldats. On a commencé un certain nombre de programmes pour améliorer les conditions de vie et donner une taille [plus petite] à l’armée » aux effectifs pléthoriques, a poursuivi Hamed Bakayoko.
Fin décembre, un millier d’hommes l’ont quittée dans le cadre d’une réforme. De source militaire, l’armée ivoirienne comptait avant ce départ, 23 000 hommes du rang (dont 13 000 issus de la rébellion qui a tenu le nord du pays de 2002 à 2011) et pas moins de 15 000 sous-officiers.
Les autorités avaient promu massivement des militaires du rang en intégrant d’anciens rebelles. Les experts estiment qu’une armée doit avoir 20 % à 30 % de sous-officiers et 65 % à 70 % de militaires du rang.

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Dans son allocution télévisée du Nouvel An, le président Ouattara avait affirmé sa volonté de transformer l’armée en une force « véritablement républicaine ».
Comme pour faire mentir les ambitions du chef des armées et du ministre de la défense, quelques heures plus tard, dans la nuit de jeudi à vendredi, des coups de feu ont été entendus dans un camp militaire de Bouaké, épicentre des mutineries de 2017, ont rapporté des sources militaires et des habitants à l’AFP. « Une brève querelle entre militaires », précise un proche de l’état-major.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

L’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili condamné par contumace à trois ans de prison

M. Saakachvili, installé en Ukraine depuis plusieurs années, a été condamné par un tribunal géorgien, pour « abus de pouvoir », dans l’affaire de l’assassinat d’un banquier en 2006, durant sa présidence.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 13h19
   





                        


Un tribunal de Tbilissi, la capitale de la Géorgie, a condamné vendredi 5 janvier, par contumace à trois ans de prison Mikheïl Saakachvili, l’ex-président géorgien (2004-2013), pour « abus de pouvoir » dans l’affaire de l’assassinat d’un jeune banquier géorgien, Sandro Girgvliani, en 2006, durant sa présidence. M. Saakachvili était accusé de s’être engagé de manière illégale à épargner les personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire.
Sandro Girgvliani avait été retrouvé mort le 28 janvier 2006. Il s’était vivement disputé la veille au soir avec quatre hauts responsables du ministère de l’intérieur qui étaient accompagnés de la femme du ministre de l’époque, Vano Merabichvili.
Sous la pression des médias et de l’opposition, le ministre avait annoncé l’arrestation de quatre officiers subalternes, mais écarté la responsabilité des quatre hauts responsables dans l’affaire, alors que l’enquête, conduite par le ministère de l’intérieur lui-même, avait souffert de nombreuses irrégularités.
M. Saakachvili, qui a quitté la Géorgie après l’arrivée au pouvoir de ses adversaires prorusses, en 2013, et qui a ensuite été privé de sa citoyenneté géorgiene, a refait sa carrière en Ukraine, où il a pris la tête d’un mouvement d’opposition au président, Petro Porochenko.

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                Ukraine : l’opposant Mikheïl Saakachvili libéré



M. Saakachvili a dénoncé le caractère politique de ce procès et déclaré qu’il ne faisait pas confiance à la justice géorgienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Deux premiers missiles, tirés en novembre et en décembre, avaient été interceptés au-dessus de la capitale saoudienne, Riyad.
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Yémen : l’Arabie saoudite intercepte à nouveau un missile balistique et met en cause l’Iran

Deux premiers missiles, tirés en novembre et en décembre, avaient été interceptés au-dessus de la capitale saoudienne, Riyad.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 12h41
   





                        


La coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite et engagée contre les rebelles houthistes au Yémen a de nouveau mis en cause l’Iran, vendredi 5 janvier, après avoir intercepté un tir de missile balistique au-dessus du territoire saoudien.
« Cet acte hostile des houthistes, soutenus par l’Iran, prouve l’implication du régime iranien et son soutien aux rebelles » yéménites, a écrit dans un communiqué le porte-parole de la coalition saoudien, accusant l’Iran « de transférer des missiles balistiques aux groupes armés ».
L’Arabie saoudite a annoncé vendredi avoir intercepté le troisième tir de missile balistique tiré par des rebelles yéménites depuis le 4 novembre.

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                En une journée, 68 civils meurent sous les bombes saoudiennes au Yémen



Troisième tir depuis novembre
Les rebelles houthistes sont en guerre contre le pouvoir au Yémen, aidé militairement depuis 2015 par une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite. La coalition sous commandement saoudien soutient le président Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé de Sanaa par les houthistes.
Ces derniers ont annoncé vendredi matin avoir tiré un missile sur la province de Najrane, en Arabie saoudite, dans un communiqué publié par leur télévision, Al-Massirah TV. Selon la télévision d’Etat saoudienne Al-Ekhbariya, la défense antiaérienne a bien intercepté le missile balistique au-dessus de Najrane.
Les deux premiers missiles, tirés en novembre et en décembre, avaient été interceptés au-dessus de la capitale saoudienne, Riyad, l’un avait ciblé l’aéroport international, l’autre, le palais Yamama, la résidence officielle du roi Salmane.
Les autorités saoudiennes accusent l’Iran, qui dément, d’armer les houthistes et ont mis en cause ce pays dans les deux premiers tirs de missile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Selon la chercheuse israélienne, Téhéran est le grand gagnant de la guerre contre l’Etat islamique. Pour la première fois, ses forces sont postées hors de ses frontières, en Syrie. Une menace sérieuse pour Israël.
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Sima Shine : « Le mariage de raison entre l’Iran et la Russie s’est transformé en lien stratégique »

Selon la chercheuse israélienne, Téhéran est le grand gagnant de la guerre contre l’Etat islamique. Pour la première fois, ses forces sont postées hors de ses frontières, en Syrie. Une menace sérieuse pour Israël.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 12h41
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
Ancienne haute responsable du Mossad, puis directrice adjointe du Conseil national de sécurité israélien, Sima Shine est actuellement chercheuse à l’Institute for National Securities Studies, le plus influent think tank d’études stratégiques en Israël.

Qui sont les grands gagnants de la guerre en Syrie ?
Incontestablement l’Iran, même si les mouvements de protestation de ce début janvier représentent un réel défi pour le régime… L’organisation Etat islamique était leur ennemi mortel et, désormais, les forces iraniennes ou leurs protégés locaux occupent la plupart des territoires qui étaient sous contrôle de ce groupe. La Russie aussi, quoique dans une moindre mesure. Elle a l’initiative, aussi bien diplomatiquement que politiquement. A la différence de l’époque soviétique, le Kremlin est aujourd’hui en mesure de parler avec toutes les parties. Jamais Moscou n’a eu un rôle aussi central au Moyen-Orient. Mais la Russie a besoin de l’Iran sur le terrain syrien, car la situation est loin d’être encore stabilisée. Cette alliance avec l’Iran est une carte essentielle de la Russie vis-à-vis d’Israël comme des Etats-Unis. La réciproque est vraie : Téhéran a peut-être plus encore besoin de Moscou. Ce qui était au début un mariage de raison s’est transformé en un lien stratégique qui va se maintenir, malgré les divergences autour du sort de Bachar Al-Assad – les Russes sachant très bien à qui ils ont affaire – ou sur le maintien des ­forces iraniennes en Syrie.
Pensez-vous que la guerre est finie en Syrie ?
Cela va prendre encore du temps, mais les jeux sont faits. Grâce au soutien aérien des Russes et à l’aide au sol de l’Iran et de ses milices chiites, Bachar Al-Assad a pu se maintenir au pouvoir, même si son régime est loin de contrôler tout le territoire. Il n’y a plus aucune force à même de le menacer militairement, mais toute la question est de savoir s’il pourra diriger longtemps la Syrie. Six millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans un Yémen épuisé par le conflit entre les forces du président Hadi et les rebelles houtistes, la ville de Marib profite d’une paix relative. Cette situation rare attire des habitants du nord du pays.
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Yémen : Marib, en marge de la guerre

Dans un Yémen épuisé par le conflit entre les forces du président Hadi et les rebelles houtistes, la ville de Marib profite d’une paix relative. Cette situation rare attire des habitants du nord du pays.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
05.01.2018 à 17h58
    |

            Louis Imbert (Marib, Yémen, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’Etat, à Marib, a la voix qui ne porte guère. Il faut tendre l’oreille pour écouter le gouverneur Sultan Al-Arada qui reçoit, souriant, bonhomme, jusque tard dans la nuit, dans un complexe de bâtiments sous haute protection, hérissé de points de contrôle et de barrières à clous, où des hommes en armes vaquent entre palmiers dattiers et jujubiers.
Le gouverneur Al-Arada, 59 ans, figure respectée de l’une des tribus les plus puissantes de la région, les Abida, règne sur une localité qui comptait moins de 40 000 âmes en 2014, avant la guerre. Marib est le chef-lieu d’une région tribale et déshéritée du nord-est du Yémen, où Al-Qaida a très tôt prospéré. « Des gens simples », dit avec condescendance un fonctionnaire, recruté par le gouverneur dans la capitale, Sanaa.
Pourtant, depuis trois ans que l’Etat yéménite s’éparpille aux quatre vents, Marib prend de l’importance. La population de la ville s’est multipliée par deux, par trois, par quatre… On ne trouve pas deux responsables pour avancer le même chiffre. Ce qui compte, c’est que Marib soit en paix, ou plus ou moins, et que cette situation, rare et enviable au Yémen, attire des habitants en provenance de toutes les provincesdu nord du pays. C’est une crise humanitaire – de nombreux déplacés peinent à se nourrir – et une chance pour la province, tout à la fois. Marib est une ville-champignon. Elle croît discrètement, dans son coin de désert. L’avenir semble lui sourire, puisque la guerre ne finit pas.
Sultan Al-Arada est un homme prudent. Il témoigne de ses excellentes relations avec les puissants du pays, tout en reconnaissant que sa province « se gouverne plus ou moins seule ». Sanaa n’est pourtant pas loin : à 170 kilomètres plein ouest, à travers des lacets de montagne, à quelques heures de route. Mais la capitale reste sous contrôle de la rébellion houthiste, descendue des hauts plateaux du Nord, en septembre 2014.
Le 4 décembre, les rebelles houthistes ont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La justice estime que l’Etat n’a pas violé le droit en autorisant la prospection en Arctique.
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Climat : les ONG perdent leur procès contre la « pétromonarchie » norvégienne

La justice estime que l’Etat n’a pas violé le droit en autorisant la prospection en Arctique.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h22
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            
La « pétromonarchie » norvégienne a évité l’humiliation en gagnant, jeudi 4 janvier, le procès l’opposant à des organisations environnementales qui contestent l’exploitation pétrolière dans l’Arctique. Mais cette affaire marque peut-être le début de la fin pour les tenants du tout-pétrole qui dirigent actuellement la Norvège.
Greenpeace et Natur og ungdom (« Nature et jeunesse ») avaient porté plainte devant le tribunal d’Oslo contre le ministère du pétrole, en raison de l’attribution, en 2016, de licences d’exploration en mer de Barents, une décision qui, selon les plaignants, contrevient à l’accord de Paris sur le climat et au droit constitutionnel des Norvégiens à un environnement sain et sûr pour les générations actuelles et à venir (article 112 de la Constitution).
C’était la première fois qu’un procès se tenait sur la base de cet article adopté dans les années 1990 puis amendé en 2014 et intégré au chapitre des droits de l’homme. Il dispose que « toute personne a droit à un environnement salubre ainsi qu’à un milieu naturel dont soient préservées la capacité de production et la diversité ».

Pas de violation constitutionnelle
Une des principales questions posées portait sur l’utilisation du mot « droit » : devait-elle être comprise au sens strict et impliquer une responsabilité devant les tribunaux, ou bien au sens large, comme un principe général ?
« Le côté positif du verdict est que la Cour nous a donné raison sur l’interprétation de cet article 112, en considérant qu’il s’agit d’un vrai droit, qui implique la possibilité de porter une affaire devant un tribunal, et non pas seulement d’un joli principe, explique au Monde Truls Gulowsen, responsable de Greenpeace Norvège. C’est important pour l’avenir, pour les procès qui ne manqueront pas de suivre. »
Pour le reste, le tribunal a considéré que les autorités ont pris des mesures appropriées pour remédier aux impacts environnementaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le barreau de Paris appelle Emmanuel Macron à agir auprès de Recep Tayyip Erdogan au sujet des avocats emprisonnés.
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Journalistes et avocats dénoncent les purges d’Ankara

Le barreau de Paris appelle Emmanuel Macron à agir auprès de Recep Tayyip Erdogan au sujet des avocats emprisonnés.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h15
    |

            Marc Semo








                        



   


La visite de Recep Tayyip Erdogan dans la capitale française irrite les organisations de défense des droits de l’homme, les associations professionnelles des avocats comme des journalistes, et les partis de gauche. Basile Ader, vice-bâtonnier du barreau de Paris, demande au chef de l’Etat d’« interférer avec fermeté auprès du président turc pour la libération sans condition des soixante et onze avocats condamnés à de longues peines d’emprisonnement, et l’abandon des poursuites qui visent au total 1 486 avocats ». Le barreau de Paris rappelle aussi que la « situation des avocats turcs et des magistrats n’a cessé de s’aggraver depuis un an, victimes d’une purge de grande ampleur, au mépris de toutes les conventions internationales et des droits les plus élémentaires ».
« Arrestations arbitraires »
Dans un communiqué commun, Reporters sans frontières, la Société civile des auteurs multimedia, l’équipe du prix Albert-Londres et Informer n’est pas un délit, un collectif de journalistes d’investigation, appellent Emmanuel Macron « à dénoncer avec fermeté l’injustice qui frappe les journalistes turcs et qui aboutit à ce que plus d’une centaine d’entre eux soient actuellement emprisonnés, déjà condamnés ou dans l’attente d’un jugement ».

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                Visite à Paris d’Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale



Sur le plan politique, La France insoumise et le Parti communiste français ont l’un et l’autre condamné la visite. La Ville de Paris, dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, a notamment fait part de sa « préoccupation quant au respect des droits humains et de la démocratie locale en Turquie » et de « son soutien aux élus locaux » face à des « arrestations arbitraires ». Dans le sud-est de la Turquie, à majorité kurde, des dizaines de maires du Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde) ont été remplacés par des fonctionnaires nommés par Ankara.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les chrétiens palestiniens protestent contre des transactions immobilières qui favoriseraient l’Etat juif.
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Les affaires opaques de l’Eglise orthodoxe en Israël

Les chrétiens palestiniens protestent contre des transactions immobilières qui favoriseraient l’Etat juif.



Le Monde
 |    05.01.2018 à 11h11
    |

                            Claire Bastier








                        



                                


                            

A l’occasion du Noël orthodoxe à Bethléem, en Cisjordanie, samedi 6 janvier, les fidèles entendent manifester contre la corruption de leur clergé. Et particulièrement contre celle de leur chef spirituel, le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Théophile III. Celui-ci est soupçonné de dilapider les biens de son Eglise, à Jérusalem comme en Israël. La revendication prend des allures nationalistes, en mobilisant les Palestiniens chrétiens orthodoxes à Jérusalem, en Israël comme en Cisjordanie occupée.
Tout a commencé en 2005 lorsque la presse israélienne a dévoilé l’étrange transaction immobilière passée, une année auparavant, entre l’Eglise grecque-orthodoxe et trois sociétés privées. Moyennant 1,5 million de dollars, ces dernières auraient acquis deux hôtels situés près de la porte de Jaffa ainsi qu’un bâtiment jouxtant l’esplanade des mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem. Basées à l’étranger, ces sociétés auraient servi les intérêts de l’organisation Ateret Cohanim, qui œuvre depuis 1978 pour la colonisation juive dans la vieille ville et à Jérusalem-Est.
L’affaire suscite alors la colère des chrétiens palestiniens qui dénoncent la perte de leur patrimoine au profit de l’occupant israélien. Le patriarche de l’époque, Irénéos 1er, doit démissionner. Pour regagner la confiance des fidèles, son successeur, Théophile III, s’engage à faire annuler les transactions. Le 30 juillet 2017, au terme d’une longue procédure judiciaire, la cour de justice israélienne a donné raison aux sociétés mandées par Ateret Cohanim. Jugeant la décision « politique », le patriarche Théophile III a fait appel de la décision auprès de la Cour suprême israélienne. Celle-ci ne s’est toujours pas prononcée.
Sociétés écrans
Mais alors qu’il défend l’affaire de la porte de Jaffa, Théophile III dilapide le patrimoine de l’Eglise grecque-orthodoxe, second propriétaire terrien en Israël. Depuis son arrivée en 2005, ce sont au total des centaines...




                        

                        

