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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Sofia, qui voudrait accéder à l’espace Schengen, devra tenter de parvenir à un accord sur les migrants et accompagnera la deuxième phase de négociation sur le Brexit.
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Bulgarie : le plus pauvre des pays européens prend la présidence tournante de l’UE

Sofia, qui voudrait accéder à l’espace Schengen, devra tenter de parvenir à un accord sur les migrants et accompagnera la deuxième phase de négociation sur le Brexit.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 17h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Au 1er janvier 2018, c’est la Bulgarie, pays le plus pauvre de l’Union européenne (UE), qui pour la première fois a pris sa présidence tournante, jusqu’à fin juin. Une responsabilité considérable pour un Etat membre du club depuis seulement dix ans, disposant d’un nombre restreint de professionnels de la mécanique communautaire.
Pendant six mois, ce sont les officiels bulgares qui seront chargés, à Bruxelles, d’organiser les réunions ministérielles européennes, de fixer les agendas, de travailler à la formation des consensus. Pour les aider, la Commission leur a « prêté » une quarantaine de ses fonctionnaires, une pratique relativement courante quand de petits pays, peu aux faits des us bruxellois, récupèrent une présidence tournante.
Agenda chargé et délicat
Pour Sofia, l’agenda est particulièrement chargé et délicat. Sa tâche la plus compliquée sera probablement de parvenir à un accord sur un sujet qui a profondément divisé l’Europe ces deux dernières années : la migration. Bruxelles veut pourtant aboutir en juin. Mais les pays de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, continuent de refuser catégoriquement toute idée de « quotas ».

« Nous rejetons avec force une telle approche, qui porte atteinte aux décisions souveraines des Etats membres », a déclaré le tout nouveau premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, depuis Budapest, avec son homologue hongrois, Viktor Orban, mercredi 3 janvier. Ces prises de positions répétées promettent une belle bataille bruxelloise au printemps. Car l’Allemagne, la Suède ou l’Italie refusent de leur côté que la « solidarité » de l’Est, en cas d’afflux massifs de réfugiés, se limite à de l’aide financière ou logistique.
La Bulgarie, qui partage plus de 250 km de frontière terrestre avec la Turquie et fut aux avant-postes de la crise migratoire de 2015, devra tenter un compromis, sans pour autant prendre position – c’est le rôle d’une présidence que de rester le plus neutre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’Etat norvégien a octroyé, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à treize groupes pétroliers.
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Licences pétrolières dans l’Arctique : la justice norvégienne déboute plusieurs ONG

L’Etat norvégien a octroyé, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à treize groupes pétroliers.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h48
   





                        


C’est une affaire emblématique de la lutte contre le réchauffement climatique. La justice norvégienne a débouté, jeudi 4 janvier, Greenpeace et deux autres organisations non gouvernementales opposées à l’attribution par la Norvège de licences pétrolières dans l’Arctique.
Dans un jugement encore susceptible de faire l’objet d’un appel, le tribunal d’Oslo a estimé que l’Etat norvégien n’avait pas violé la Constitution en octroyant, en mai 2016, des concessions en mer de Barents à 13 groupes pétroliers, parmi lesquels le champion national Statoil, les américains Chevron et ConocoPhillips, et le russe Lukoil.

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                La Norvège attaquée en justice sur le climat



Avec les associations Nature et jeunesse et Campagne des grands-parents pour le climat, Greenpeace avait assigné la Norvège en justice, en invoquant une récente disposition constitutionnelle qui garantit le droit de tous à un environnement sain.
Leadeur du pétrole en Europe de l’Ouest
Si le tribunal d’Oslo reconnaît le droit de chacun à un environnement sain, il a estimé que l’attribution de licences d’exploration pétrolière ne violait pas ce droit. Le juge a également estimé que la Norvège, plus gros producteur de pétrole et de gaz naturel d’Europe de l’ouest, ne pouvait être tenue pour responsable des émissions de gaz carbonique liées aux hydrocarbures qu’elle exporte dans d’autres pays.
Les plaignants avaient également fait valoir que l’autorisation de nouvelles activités pétrolières dans l’Arctique, région a fortiori fragile, allait à l’encontre de l’accord de Paris signé par Oslo en 2016, qui vise à limiter à moins de 2 °C le réchauffement climatique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Au-delà de la participation d’athlètes de Pyongyang aux JO, la question nord-coréenne touche au cœur des habitants d’une région située à moins de 100 km au sud de la zone démilitarisée.
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A l’approche des JO de Pyeongchang, la Corée du Nord si proche, si loin

Au-delà de la participation d’athlètes de Pyongyang aux JO, la question nord-coréenne touche au cœur des habitants d’une région située à moins de 100 km au sud de la zone démilitarisée.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h48
    |

            Philippe Mesmer (Pyeongchang, envoyé spécial)








                        



                                


                            LETTRE DE PYEONGCHANG

En Corée du Sud, la neige est au rendez-vous. Les installations sont quasiment prêtes et la ligne à grande vitesse KTX reliant l’aéroport international d’Incheon – proche de Séoul – à Pyeongchang, dans la province orientale de Gangwon, a été inaugurée le 22 décembre. Les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver programmés en février et en mars 2018 peuvent commencer. Pourtant, un nuage continue de planer sur l’événement planétaire. A tous les niveaux de l’organisation se pose la question de la participation de la Corée du Nord.
Dans le bureau du maire de Pyeongchang, petite ville de 40 000 habitants essentiellement rurale couvrant une surface supérieure à celle de la capitale, Séoul, un calendrier montre deux drapeaux, celui du Nord et celui du Sud, se nouer. « L’image témoigne de notre attachement à la réunification », souligne l’édile, Sim Jae-kook. Ce dernier espère que Pyongyang enverra une délégation aux JO. « Ils ont deux qualifiés en patinage artistique et nous faisons tout pour les faire venir. »

Un discours unanime repris dans la ville voisine de Gangneung, 220 000 habitants et hôte des épreuves sur glace. « Le Comité international olympique est prêt à accorder des autorisations exceptionnelles pour une délégation », rappelle Choi Sung-il, chargé des Jeux dans la ville réputée pour ses plages et son marché aux poissons.
Outre la participation des athlètes, possible depuis que le dirigeant Kim Jong-un a surpris en profitant de son allocution du 1er janvier pour espérer « sincèrement » que les JO de Pyeongchang « seront menés avec succès » et pour se dire prêt à y « envoyer notre délégation », la question nord-coréenne touche au cœur des habitants d’une région qui se situe à moins de 100 km au sud de la zone démilitarisée (DMZ). Au-delà du fait que l’accent des habitants serait relativement proche, dit-on au Sud, de celui des habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ « Fire and Fury : Inside the Trump White House », de Michael Wolff, est une compilation hétéroclite d’anecdotes.
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Pleurs, trahisons et brosse à dents… ce que nous apprend le livre sur Trump et ses proches

« Fire and Fury : Inside the Trump White House », de Michael Wolff, est une compilation hétéroclite d’anecdotes.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 16h04
   





                        


Qu’y a-t-il de si explosif dans le livre de Michael Wolff pour que, quelques heures après la publication de ses bonnes feuilles dans le New York Magazine, l’ouvrage, qui ne paraîtra que le 9 janvier, ait déjà été en tête des précommandes chez tous les vendeurs américains ? Compilation hétéroclite d’anecdotes récoltées au cours de près de deux cents conversations avec l’entourage du 45e président américain, Fire and Fury : Inside the Trump White House (éditions Henry Holt) brosse le portrait d’une Maison Blanche qui bruisse de rivalités, d’obsessions, de fantasmes et d’angoisses.
Tour d’horizon de dix choses – parfois anodines, mais pas toujours – apprises à la lecture de ces premiers extraits.

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Steve Bannon considère Donald Trump Jr comme un « traître »
L’ancien conseiller spécial du président vs le fils du président. C’est assurément le duel fratricide qui agite le plus les médias américains au lendemain de la publication des extraits. Dans le livre, Steve Bannon, le sulfureux rédacteur en chef du site ultraconservateur Breitbart News, affirme que Donald Trump Jr s’est rendu coupable de « trahison » en organisant, le 9 juin 2016, à la Trump Tower de New York, une réunion avec trois Russes, le gendre du président Jared Kushner, et le directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort.
M. Bannon, considéré comme l’éminence grise de la campagne de Donald Trump, y dit :
« Ces trois mecs responsables de campagne ont pensé que c’était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger au sein même de la Trump Tower, dans la salle de réunion du 25e étage – sans la présence d’avocats. Ils n’avaient pas d’avocats. Même si vous pensez que ça ne constitue pas une trahison, quelque chose d’antipatriotique, ou une idée franchement de m***, et moi je pense que c’était tout ça d’un coup, vous auriez dû immédiatement appeler le FBI. »
Et l’ancien de Goldman Sachs, devenu pourfendeur des élites, d’enfoncer le clou en disant :
« La chance que Don Jr n’ait pas fait monter ces demeurés jusqu’au bureau de son père est égale à zéro. »
Pour Steve Bannon, aucun doute, le procureur spécial chargé d’éclairer les relations troubles entre la campagne de Donald Trump et le Kremlin va « faire craquer Don Junior comme un œuf en plein direct télévisé ». 

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                Tout comprendre de l’affaire Trump-Russie, après les accusations de Bannon



Quelques heures après la publication de cet extrait, les avocats de M. Trump ont fait part de leur intention de porter plainte contre M. Bannon, l’accusant d’avoir enfreint l’accord de confidentialité qui le liait à la Maison Blanche et d’avoir diffamé le président.

   


Trump était persuadé de perdre
Donald Trump avait prévu son retour à la vie civile après ce qu’il prévoyait être sa défaite à l’élection présidentielle.
« Une fois qu’il aurait perdu, Trump serait devenu à la fois extrêmement célèbre et l’éternel martyr de cette véreuse Hillary. Sa fille Ivanka et son gendre Jared seraient des célébrités internationales. Steve Bannon serait devenu de facto le dirigeant du Tea party. Kellyanne Conway serait une star de la télévision. Melania Trump, à qui on avait assuré que son mari ne deviendrait jamais président, pourrait retourner à ses discrets déjeuners. Perdre rendrait tout le monde heureux. Perdre, c’était gagner. »
Même l’ancien conseiller à la sécurité, Michael Flynn n’avait rien trouvé à redire à la décision de Trump d’accepter 45 000 dollars pour intervenir dans une conférence en Russie. « Ce ne serait un problème que s’il gagnait », avait-il alors commenté.

   


Trump a refusé d’investir son argent dans sa campagne
Preuve peut-être de cette incrédulité dans une possible victoire de sa candidature, Donald Trump « a refusé d’investir son argent personnel dans la campagne », note Michael Wolff. Selon lui, Steven Bannon a essayé d’inciter la famille Trump à injecter « une somme de 50 millions de dollars dans la campagne », note le journaliste, mais il a reçu une fin de non-recevoir de la part du gendre du président : « Hors de question qu’on investisse 50 millions si on n’est pas sûrs qu’il gagne derrière. »
Finalement, M. Trump, qui se revendique milliardaire, aura consenti à faire un prêt pour sa campagne de 10 millions de dollars (8,3 millions d’euros), sous la condition qu’il puisse récupérer son argent dès qu’assez de financements auraient été récoltés.
Fantôme et pleurs le soir de l’élection
La soirée du 8 novembre 2016 est entrée dans l’histoire des Etats-Unis, mythifiée à longueur d’interviews par les proches de Donald Trump depuis plus d’un an. Mais, comme souvent dans les événements qui font date, les petites anecdotes sont les plus éloquentes.
Ce que retient l’auteur de Fire and Fury de la nuit où Donald Trump a été élu président des Etats-Unis, ce sont d’abord les propos du fils de Donald Trump décrivant, auprès d’un proche, le visage de son père comme celui de « quelqu’un qui a vu un fantôme ». Puis les larmes de Melania, la femme de Donald Trump, qui n’étaient « pas des pleurs de joie ». Et un candidat « qui est passé de confus a horrifié en l’espace d’une grosse heure ».
« Et puis vint finalement la dernière transformation : soudain, Donald Trump est devenu un homme qui a cru qu’il le méritait, et qu’il était complètement capable d’être le président des Etats-Unis. »
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            data-slide-description="Au Javist Center de New York mardi soir, 8 novembre, les partisans d’Hillary Clinton ont attendu par milliers debout dans le calme, pour une élection dont ils croyaient connaître le vainqueur."
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            data-slide-description="Une supportrice de la candidate démocrate, à l’annonce des premiers résultats, à New York."
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            data-slide-description="Alors que les résultats tombent, dont beaucoup en faveur de Donald Trump, la tension monte dans le camp démocrate. Ici à New York."
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            data-slide-description="Un étudiant démocrate, lors de l’annonce des résultats du New Hampshire."
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            data-slide-description="Les écrans géants installés dans le QG d’Hillary Clinton montrent en temps réel la progression de son adversaire républicain, plongeant l’assemblée dans l’angoisse."
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            data-slide-description="Dans un hôtel de New York, des partisans de Donald Trump réagissent lorsqu’ils voient à la télévision le responsable de la campagne démocrate."
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            data-slide-description="Il est 22 heures passées à New York, il ne reste qu’une faible chance à la candidate démocrate de remporter l’élection."
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            data-slide-description="Des supporters de Donald Trump, à Times Square, dans Manhattan."
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            data-slide-description="Avec un décompte de délégués de plus en plus favorable au magnat de l’immobilier, la sidération laisse la place aux interrogations dans le camp démocrate, au Javist Center de New York."
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            data-slide-description="A Times Square, dans New York, un supporter de Trump exulte : « La majorité silencieuse est avec Trump ! » peut-on lire sur sa pancarte."
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            data-slide-description="Des partisans démocrates d’Hillary Clinton scrutent les résultats, au Hyatt Regency de Dallas, au Texas."
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            data-slide-description="Le camp Trump, réuni à New York, explose à l’annonce de sa victoire."
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            data-slide-description="Les nombreux supporters d’Hillary Clinton mettront souvent plusieurs heures à se résigner à la défaite de leur candidate."
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            data-slide-description="Un gâteau en forme de buste de Donald Trump est livré à l’hôtel où aura lieu le rassemblement républicain à New York."
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            data-slide-description="L’effondrement du camp démocrate au Javist Center de New York."
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Au Javist Center de New York mardi soir, 8 novembre, les partisans d’Hillary Clinton ont attendu par milliers debout dans le calme, pour une élection dont ils croyaient connaître le vainqueur.

DARCY PADILLA / AGENCE VU POUR "LE MONDE"
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Une cérémonie d’investiture « pas du tout appréciée »
Il s’était battu pour en faire un succès populaire, affirmant que les photographies montrant une foule moins importante que lors des investitures de Barack Obama étaient des montages erronés. Pourtant, Donald Trump « n’a pas du tout apprécié sa propre investiture », selon Michael Wolff, qui précise :
« Il était en colère que des stars de premier plan aient snobé l’événement, il était mécontent de son hébergement à la Blair House, il s’était disputé de manière ostentatoire avec sa femme qui était au bord des larmes. Toute la journée, il affichait sur le visage cette expression que son entourage appelle sa “tête de golfeur” : énervé et furax, les épaules voûtées, las bras ballants, les sourcils froncés et les lèvres pincées. »

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Télévisions, chemise au sol et pas touche à la brosse à dents
Selon Michael Wolff, Donald Trump a trouvé, à son arrivée à la Maison Blanche, que c’était « un lieu compliqué et un peu inquiétant ».
« Il s’est retiré dans sa chambre – pour la première fois depuis les Kennedy, le couple présidentiel fait chambre à part. Lors des premiers jours, il a commandé deux écrans de télévision supplémentaires à celui déjà existant dans la chambre, et un verrou sur la porte, obligeant à une brève altercation avec les services secrets, ces derniers insistant pour avoir accès en permanence à la chambre. »
Selon Michael Wolff, Donald Trump a réprimandé le personnel chargé de faire le ménage, pour avoir ramassé une chemise qui était par terre. « Si ma chemise est par terre, c’est parce que je la veux par terre », a justifié le président.
Enfin, le président a spécifié que « personne ne devrait rien toucher, et surtout pas sa brosse à dent ». Une demande justifiée par le journaliste par « sa peur de longue date d’être empoisonné – qui explique aussi pourquoi il a toujours aimé manger à McDonald’s, où personne ne sait qui va venir et où la nourriture est préparée en amont et en toute sécurité. »
D’ailleurs, la description des soirées présidentielles au début du mandat de Donald Trump suit cette logique :
« Si à 18 h 30 il n’avait pas dîné avec Steve Bannon, alors il était très probablement au lit avec un cheeseburger, regardant ses trois écrans et passant des coups de fil. »
Pour l’anecdote, après son élection, Bill Clinton avait appelé la Maison Blanche « le fleuron du système pénitentiaire », et Harry Truman la considérait comme « la grande prison blanche ».
Jusqu’au quatrième amendement, pas plus
Quand il a pris ses fonctions à la Maison Blanche, Donald Trump a reçu l’aide d’un assistant, Sam Nunberg, chargé de lui délivrer quelques éléments didactiques sur la Constitution américaine. Mais M. Nunberg n’a « pas pu dépasser le quatrième amendement » parce que son interlocuteur a montré son ennui en « baissant son index jusqu’à sa bouche et en levant les yeux au ciel ». 
Une coupe de cheveu – enfin – expliquée

   


Plus de suspense : il n’y a pas de perruque derrière le mystère capillaire Trump. D’après Michael Wolff, la coiffure paternelle est une des conversations récurrentes d’Ivanka Trump auprès de ses interlocuteurs :
« Elle décrit très souvent la mécanique derrière la coiffure à ses amis : un dessus du crâne parfaitement lisse – un îlot maîtrisé grâce à une chirurgie esthétique pour réduire le cuir chevelu – entouré par un cercle de cheveux broussailleux qui part des côtés pour arriver sur le devant de la tête, qui sont tous tirés vers le haut pour se rencontrer au sommet, puis balayés en arrière avant d’être consolidés par un spray raidisseur. »
Pour « ajouter à l’effet comique », note le livre, Ivanka Trump délivre également le secret de la couleur de cheveux si particulière, qui a valu tant de moqueries à Donald Trump.
« La couleur vient d’un produit qui s’appelle Just for Men (juste pour les hommes), et qui fonce à mesure qu’on le laisse agir. L’impatience de Trump est donc la cause de cette couleur orange-blonde ».
Des priorités, quelles priorités ?
La question devait paraître simple pour Katie Walsh, chef de cabinet adjointe. Six semaines après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, la conseillère a demandé au gendre et haut conseiller du président, Jared Kushner : « Quelles sont les trois priorités de la Maison Blanche, donne-moi juste trois choses sur lesquelles le président veut se concentrer. » Réponse de l’intéressé : « Oui, on devrait probablement avoir cette conversation. »

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Ivanka Trump, première femme présidente des Etats-Unis
Les ambitions politiques de la fille de Donald Trump, Ivanka Trump, étaient déjà connues. Elle et son mari, Jared Kushner, ont un rôle de premier plan dans l’administration Trump, à tel point que les médias américains font souvent référence à Ivanka Trump comme la « vraie première dame » de la Maison Blanche.
Dans Fire and Fury : Inside the Trump White House, Michael Wolff va plus loin, en affirmant l’existence d’un « pacte » entre Ivanka Trump et son mari.
« Entre eux, les deux se sont accordés : si à l’avenir l’opportunité se présentait, c’est elle qui se présenterait à l’élection présidentielle. La première femme présidente, a plaisanté Ivanka Trump, ce ne serait pas Hillary Clinton, ce serait Ivanka Trump. Steve Bannon, qui a créé le terme de “Jarvanka” pour désigner le couple qui a gagné en pouvoir à la Maison Blanche, était horrifié quand il a été informé de cet accord conjugal. »

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Bombay a été paralysée pour dénoncer les violences subies par les dalits, ou « intouchables », lors des commémorations d’une bataille qui divise toujours, deux siècles plus tard.
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Lutte des castes dans le centre financier de l’Inde

Bombay a été paralysée pour dénoncer les violences subies par les dalits, ou « intouchables », lors des commémorations d’une bataille qui divise toujours, deux siècles plus tard.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 15h31
    |

                            Intérim (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

La mégapole de Bombay, sur la côte ouest de l’Inde, a été déclarée « ville morte », mercredi 3 janvier. Sous la pression des dalits, anciennement appelés « intouchables », la communauté la plus basse dans le système des castes, tous les transports de la capitale financière du pays ont été paralysés. Trains, bus, taxis privés, mais aussi avions… ont été bloqués durant toute la journée par des milliers de manifestants qui avaient également réussi à imposer aux autorités la fermeture des écoles et des commerces.
Spectacle à peine croyable dans cette agglomération de 21 millions d’habitants habituellement grouillante de monde, les rues sont demeurées désertes et silencieuses, sauf à l’endroit des défilés, comme dans la plupart des autres villes du Maharashtra. Mercredi, mais également la veille, des autobus ont été endommagés et des rickshaws retournés sur la chaussée, tandis que des voies ferrées étaient prises d’assaut.

Jets de pierres
Les dalits souhaitaient dénoncer les violences qui ont eu lieu lundi 1er janvier, alors qu’ils commémoraient le 200e anniversaire de la bataille de Bhima-Koregaon, un village proche de la cité industrielle de Pune. La Compagnie britannique des Indes orientales s’y est imposée militairement en 1818, ouvrant la voie à sa domination dans toute la partie occidentale du sous-continent pour près de cent trente ans.
A l’époque la principale ethnie locale relevant du groupe des dalits, les Mahars, avait rallié les Anglais. Elle s’estimait maltraitée par des gouvernants hindous pour la quasi-totalité membres de la communauté des Marathes, dont les leadeurs étaient brahmanes, le sommet de la hiérarchie des castes. La légende veut que 28 000 soldats marathes échouèrent à battre les 500 Mahars venus défendre les Anglais.
Deux siècles plus tard, les Marathes ont encore en mémoire cette humiliation, et certains d’entre eux, versés dans le nationalisme hindou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Dans un essai récent, best-seller  outre-Atlantique, ce professeur émérite à Harvard examine la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis à la lumière de l’Histoire : les deux puissances peuvent-elles échapper au « piège de Thucydide » ?
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Graham Allison, ce politologue qui éclaire notre monde grâce à la Grèce antique

Dans un essai récent, best-seller  outre-Atlantique, ce professeur émérite à Harvard examine la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis à la lumière de l’Histoire : les deux puissances peuvent-elles échapper au « piège de Thucydide » ?



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h15
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Le premier à avoir évoqué cette éventualité tragique est le milliardaire new-yorkais Stephen Schwarzman, inquiet des tensions grandissantes entre la Chine et les Etats-Unis : telles Athènes et Sparte pendant la guerre du Péloponnèse (431-404 avant J.-C.), les deux puissances risquent de courir à un conflit destructeur sans vraiment l’avoir voulu. Elles sont prêtes à tomber dans le « piège de Thucydide ».
« Piège de Thucydide », l’expression intrigue… Elle a été forgée par Graham Allison. Ce professeur émérite à Harvard, âgé de 77 ans, a publié un essai sur les guerres qui éclatent lorsqu’une puissance ascendante conteste l’hégémonie d’une puissance jusque-là dominante, Destined for War. Can America and China escape Thucydide’s Trap ? (« Vouées à la guerre : l’Amérique et la Chine peuvent-elles échapper au piège de Thucydide ? », Houghton Mifflin Harcourt, 2017, non traduit). « Ce qui rendit la guerre inévitable fut la montée en puissance du pouvoir d’Athènes et la peur qu’elle inspira à Sparte », écrivit en son temps l’historien grec Thucydide. L’hubris d’Athènes suscita la paranoïa de Sparte.
Depuis la ­Renaissance, ce phénomène s’est répété, ­selon Graham Allison, à seize reprises, et a conduit douze fois à la guerre. Or, la Chine et les Etats-Unis sont pris dans cette mécanique infernale, même si, estime-t-il, « la guerre n’est pas inévitable ». Son livre, qui s’est vendu à 50 000 exemplaires aux Etats-Unis, va paraître au Royaume-Uni, au Japon, mais aussi en Chine, où, prudemment, Allison a attendu que passe le congrès du Parti communiste, en octobre 2017, pour éviter la censure.
Si les spécialistes de géopolitique se sont entichés de Thucydide, c’est notamment qu’il flatte l’ego des anciens hellénistes. Graham ­Allison est l’un d’eux. « Notre professeur de grec ancien nous avait dit que, si nous travaillions assidûment, en fin de première année, nous pourrions traduire l’Anabase de Xénophon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le président américain Donald Trump voulait sortir de cet accord avec la Corée du Sud entré en vigueur en 2012. Pressé par les milieux d’affaires et son administration, il y a renoncé.
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Washington et Séoul renégocient leur accord de libre-échange Korus

Le président américain Donald Trump voulait sortir de cet accord avec la Corée du Sud entré en vigueur en 2012. Pressé par les milieux d’affaires et son administration, il y a renoncé.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 15h00
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Au terme de plusieurs mois de préparation, Américains et Sud-Coréens doivent entamer vendredi 5 janvier à Washington une délicate renégociation de leur accord bilatéral de libre-échange, le Korus. La rencontre entre Yoo Myung-hee, directeur général au sein du ministère sud-coréen du commerce, et Michael Beeman, représentant adjoint au commerce, doit permettre d’étudier d’éventuels « amendements et modifications » à apporter à cet accord signé en 2007 et entré en vigueur en mars 2012.

Les discussions répondent aux attentes du président américain Donald Trump, parti en guerre contre les déficits commerciaux au nom de son engagement en faveur de « l’Amérique en premier » et qui a notamment qualifié le Korus d’« horrible ». A 27,7 milliards de dollars en 2016, le déficit commercial américain avec la Corée du Sud a doublé par rapport à la période qui avait précédé le traité. En cinq ans, les exportations américaines vers la Corée du Sud ont reculé de 5,6 %. Celles de la Corée du Sud vers les Etats-Unis ont crû de 22,2 %.
Des demandes américaines limitées
M. Trump voulait sortir les Etats-Unis de l’accord mais, pressé par les milieux d’affaires et des membres de son administration, il a opté pour des pourparlers, que Séoul a acceptés en octobre 2017.
A la différence de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) en cours de révision approfondie avec le Mexique et le Canada, le président américain n’a pas notifié le Congrès de son intention de renégocier le Korus, comme l’exige la Trade Promotion Authority. De ce fait, la partie sud-coréenne s’attend à des demandes limitées. « Nous estimons qu’une révision partielle est dans notre intérêt », déclarait le 18 décembre le ministre sud-coréen du commerce Kim Hyun-chong.
« La Corée impose des normes très différentes aux voitures américaines et n’accorde qu’un quota très réduit aux véhicules n’ayant pas à les respecter », a déploré le secrétaire...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La lutte d’influence entre Doha, Riyad et Abou Dhabi s’est intensifiée avec le soutien financier de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis au G5 Sahel.
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Chronique

L’Afrique de l’Ouest courtisée par le Qatar et ses rivaux du Golfe

La lutte d’influence entre Doha, Riyad et Abou Dhabi s’est intensifiée avec le soutien financier de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis au G5 Sahel.

Par                                            Benjamin Augé (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-01-04T14:43:41+01:00"

        Le 04.01.2018 à 14h43






    
Le président sénégalais Macky Sall accueille l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, à son arrivée à Dakar, première étape de sa tournée en Afrique de l’Ouest, le 20 décembre 2017.
Crédits : HANDOUT / AFP


Prévue depuis la fin de l’été, la tournée en Afrique de l’Ouest de l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al-Thani, entre le 20 et le 24 décembre 2017, a clairement été organisée afin de remercier les Etats ne s’étant pas rangés derrière l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU) dans la crise du Golfe. Ces deux pays accusent Doha de soutenir le terrorisme, lui reprochant, entre autres, son appui aux mouvements proches des Frères musulmans dans le monde arabe.

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Tamim Ben Hamad Al-Thani s’est rendu dans six pays : Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Ghana. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, il n’avait pas encore effectué de visite dans cette région, se concentrant davantage sur l’Afrique de l’Est. Mais le rappel dans leurs capitales respectives, en juin, des ambassadeurs mauritanien, nigérien, tchadien et sénégalais en poste au Qatar – avant que ce dernier ne retourne à Doha en septembre – a achevé de convaincre les autorités de l’émirat de la nécessité d’investir davantage de temps et de moyens en Afrique de l’Ouest.
Délégation d’hommes d’affaires
Initialement, la tournée de l’émir devait comprendre deux pays supplémentaires : la Sierra Leone et le Nigeria. Cependant, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma devrait se rendre à Doha dans les prochaines semaines. Quant au Nigeria, Etat le plus peuplé et plus important marché du continent, Tamim Ben Hamad Al-Thani prévoit d’y séjourner avec une large délégation d’hommes d’affaires au cours du premier trimestre 2018.

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Le point commun entre ces deux Etats et ceux visités par l’émir qatari est qu’aucun d’entre eux n’a pris position dans le conflit qui oppose son pays à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Une neutralité analysée à Doha comme bienveillante, Riyad et Abou Dhabi ayant exercé une forte pression sur les dirigeants africains pour qu’ils mettent au ban le Qatar.
Alpha Condé, le chef de l’Etat guinéen, également président de l’Union africaine, a appelé au dialogue et à la poursuite de la médiation koweïtienne. Au Nigeria, les conseillers de Muhammadu Buhari considèrent que cette crise concerne le Golfe, non l’Afrique, et qu’il n’y a donc pas lieu de se plier aux pressions saoudiennes. De son côté, le Ghana a même fait le pari de densifier sa relation avec le Qatar en y ouvrant, courant novembre, en pleine crise, une ambassade.
« Terra incognita »
Doha n’a pas de stratégie politique et d’investissements bien définie en Afrique de l’Ouest. Parent pauvre du ministère des affaires étrangères, le continent reste – à l’exception du Maghreb, géré par une autre direction – une quasi-terra incognita. Le Qatar y prend peu de risques et les rares investissements effectués s’opèrent via un partenaire déjà actif dans l’émirat (comme Total dans le secteur pétrolier) ou concernent des organismes bancaires aux affaires florissantes, tels qu’Ecobank.

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Cette tournée ouest-africaine ne s’est d’ailleurs pas accompagnée de l’annonce de grands investissements économiques. La plupart des signatures intervenues entre le Qatar et les six pays visités ont concerné les domaines de l’aviation, du développement d’infrastructures sportives, de l’éducation ou de la santé. Doha, qui peine encore à appréhender comment et dans quels secteurs investir en Afrique de l’Ouest, s’en tient pour l’heure à de la coopération et des dons.
En matière de sécurité, l’émirat devrait rester en retrait, de crainte que ses annonces ne donnent lieu à interprétation. Son influence en Libye a été très critiquée et il préfère, jusqu’à nouvel ordre, prêter son concours dans des secteurs moins polémiques.
130 millions de dollars
Alors que le Qatar s’emploie à remercier ses amis d’Afrique de l’Ouest « bienveillants » dans la querelle qui l’oppose à l’Arabie saoudite et aux EAU, ces derniers ont relevé d’un cran leur coopération avec leurs principaux soutiens sur place. Ainsi, l’annonce, mi-décembre, du déblocage de 100 millions de dollars (82,8 millions d’euros) par Riyad et de 30 millions de dollars par Abou Dhabi afin de soutenir le G5 Sahel démontre une volonté nouvelle de s’impliquer directement dans la sécurisation de la bande sahélienne.

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Si le G5 Sahel comprend un volet de développement économique, les nouveaux fonds du Golfe iront à ses activités de défense et de sécurité. Or les deux piliers de cette organisation créée en 2014, la Mauritanie et le Tchad, sont les principaux soutiens de la position saoudo-émiratie. Après le rappel de son ambassadeur à Doha en juin, le Tchad a fermé son ambassade et rompu les relations diplomatiques avec le Qatar au motif que celui-ci tenterait de le déstabiliser politiquement via la présence sur son territoire de Timan Erdimi, ancien directeur de cabinet d’Idriss Déby devenu opposant. Autre soutien de la mise au ban du Qatar, le Niger, qui appartient également au G5 Sahel.
En revanche, la forte pression exercée sur les deux autres membres de l’organisation, le Mali et le Burkina Faso, pour qu’ils se rangent derrière Riyad et Abou Dhabi n’a pas encore fonctionné. Bamako et Ouagadougou, qui ont récemment ouvert une ambassade à Doha après plusieurs années de négociations, n’ont pas souhaité briser cette nouvelle dynamique porteuse d’espoirs économiques.
Douce pression occidentale
La concomitance de la tournée ouest-africaine du chef de l’Etat qatari et du versement des fonds saoudiens et émiratis au G5 Sahel n’est pas fortuite. Les deux blocs tentent de conforter leurs acquis dans la région. Cependant, il ne faut pas minorer le rôle joué par les Occidentaux dans ce nouveau militantisme. La France en particulier, très présente dans la bande sahélienne afin de lutter contre les mouvements terroristes, souhaite que les pays du Golfe prennent une part du fardeau sécuritaire de la zone. C’est d’ailleurs le président français Emmanuel Macron qui a sollicité l’implication de Riyad et d’Abou Dhabi dans le G5 Sahel.
Les Européens et les Américains comprennent parfaitement que la crise du Golfe est propice à mettre en concurrence les différents blocs qui s’affrontent afin de les faire participer aux longs et coûteux efforts nécessaires à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.

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Si l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis s’engagent directement dans le domaine sécuritaire, le Qatar pourrait, sous la douce pression des Occidentaux, accélérer son implication dans le développement économique et l’éducation. Une contribution de Doha au Partenariat mondial pour l’éducation serait d’ailleurs à l’étude. La crise du Golfe peut ainsi représenter une occasion pour Paris, Bruxelles et Washington de se désengager doucement, au moins au niveau financier, d’une zone où les progrès sont lents et les échecs encore nombreux.
Benjamin Augé est chercheur associé aux programmes Afrique et Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Il avait été interpellé en mars 2017 avec plusieurs autres employés après un contrôle des autorités de régulation locales ayant mis au jour des stocks de farine « périmée ».
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Détenu en Chine, un pâtissier français placé en libération conditionnelle

Il avait été interpellé en mars 2017 avec plusieurs autres employés après un contrôle des autorités de régulation locales ayant mis au jour des stocks de farine « périmée ».



Le Monde
 |    04.01.2018 à 12h55
   





                        


Un pâtissier français, ex-employé à Shanghai de boulangeries accusées d’utiliser des farines périmées et emprisonné depuis neuf mois en Chine, a été placé en liberté conditionnelle jeudi 4 janvier, selon une source diplomatique chinoise à l’Agence France-Presse, peu avant une visite à Pékin du président Emmanuel Macron. L’homme de 48 ans a pu sortir de prison, mais reste visé par des poursuites judiciaires et ne peut quitter la Chine, selon cette même source.
Originaire de l’Eure (ouest de la France), Laurent Fortin était parti en décembre 2016 à Shanghai pour travailler dans un centre de production de la petite chaîne Farine Bakery. Mais son expérience chinoise avait tourné court : il avait été interpellé en mars 2017 avec plusieurs autres employés après un contrôle des autorités de régulation locales ayant mis au jour des stocks de farine « périmée », selon la presse d’Etat chinoise.
Emoi en Chine
Le média local Shanghai Daily avait peu après rapporté que Laurent Fortin – qualifié par le journal de « responsable de la production » – et trois de ses collègues chinois étaient inculpés par des procureurs shanghaïens pour usage de produits alimentaires périmés.
Déclenchée par une vidéo tournée par un ex-employé, l’affaire avait causé un vif émoi parmi les internautes chinois, la chaîne de boulangeries vantant précisément la qualité de ses farines pour justifier des prix de vente élevés.
Quatre boulangeries du groupe avaient été fermées à la suite du contrôle sanitaire. Le patron et fondateur français de Farine Bakery, en revanche, ne se trouvait pas en Chine lors de ces interpellations.

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Une pétition pour sa libération
La famille de M. Fortin avait dénoncé courant août les conditions de détention du pâtissier, assurant par ailleurs que ce dernier risquait « entre un an et quinze ans de détention ».
Elle avait lancé à l’attention du Quai d’Orsay et de l’Elysée une pétition réclamant des efforts diplomatiques pour obtenir sa libération. Le ministère français des affaires étrangères avait assuré « suivre avec la plus grande attention la situation ».
Cette libération intervient peu avant une visite d’Etat du président français Emmanuel Macron en Chine, de lundi à mercredi. Il rencontrera mardi à Pékin son homologue Xi Jinping.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les prix dans la capitale ont reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à subir une baisse en 2017.
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Baisse des prix immobiliers à Londres en 2017, une première en huit ans

Les prix dans la capitale ont reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à subir une baisse en 2017.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 12h44
   





                        


C’est un poncif tenace qui caractérise la ville de Londres : les montants exorbitants de ses loyers. Après huit ans de hausse, la tendance semble s’inverser. Les prix de l’immobilier résidentiel ont enregistré un coup de frein en 2017 au Royaume-Uni et ont même légèrement reculé à Londres sur fond d’incertitudes quant au Brexit, révèle une étude publiée jeudi 4 janvier.
Selon les chiffres de la banque mutualiste Nationwide, qui font référence dans le pays, le prix moyen d’un bien immobilier a progressé de 2,6 % dans le pays l’an passé, loin de la hausse de 4,5 % de 2016. Les prix dans la capitale ont quant à eux reculé de 0,5 % en moyenne au quatrième trimestre sur un an, Londres étant la seule région à connaître une baisse en 2017.

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                Au Royaume-Uni, un marché de l’immobilier « cassé »



« Londres a subi un ralentissement particulièrement marqué, avec la première baisse annuelle en huit ans », souligne Robert Gardner, économiste chez Nationwide. C’est en outre la première fois depuis 2004 que Londres affiche la plus mauvaise performance de l’ensemble des régions britanniques.
Deux fois plus cher à Londres
L’étude note de grandes disparités régionales, remarquant notamment qu’il est de plus en plus difficile de trouver un logement dans Londres et plus généralement dans le sud-est de l’Angleterre. Ces zones restent inabordables pour de nombreuses personnes ou nécessitent d’importants emprunts pour financer les achats immobiliers.
Le prix moyen d’une maison ou d’un appartement à Londres s’est établi à 470 922 livres (530 071 euros) au quatrième trimestre de 2017, soit plus du double de la moyenne nationale, qui s’élève à 211 433 livres.

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                Immobilier : A Londres, le logement n’a jamais été aussi inabordable



Pour l’année 2018, Nationwide s’attend à un nouveau ralentissement du marché au plan national, avec des prix prévus en hausse très modeste de 1 %. La banque souligne que les performances dépendront en grande partie de l’activité économique et de l’impact du Brexit, qu’il est encore difficile d’anticiper selon elle.
Les pouvoirs publics s’attendent à une croissance économique de 1,4 % en 2018 au Royaume-Uni, freinée par la consommation des ménages et par la toujours faible productivité dans le pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La Cour constitutionnelle reproche au prorusse Igor Dodon de s’être systématiquement opposé à la nomination de sept ministres par le premier ministre proeuropéen, Pavel Filip.
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En Moldavie, le président prorusse suspendu de ses fonctions

La Cour constitutionnelle reproche au prorusse Igor Dodon de s’être systématiquement opposé à la nomination de sept ministres par le premier ministre proeuropéen, Pavel Filip.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 12h11
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Habituée des crises politiques à répétition, la Moldavie vit un nouvel épisode d’instabilité qui voit son président, le prorusse Igor Dodon, guerroyer contre à peu près toutes les institutions du pays. Depuis la fin décembre 2017, il s’oppose à la nomination de sept ministres par le premier ministre proeuropéen, Pavel Filip.
Face à l’obstruction du président, la Cour constitutionnelle a annoncé, mardi 2 janvier, qu’elle suspendait les pouvoirs de M. Dodon, élu confortablement en novembre 2016. « Le président a le droit de refuser une seule fois d’approuver la candidature d’un membre du gouvernement », a justifié la Cour. La suspension devrait être effective le temps que le remaniement soit mis en œuvre.
Igor Dodon a immédiatement donné une tonalité dramatique à la crise, évoquant un « recul honteux et regrettable pour un Etat qui se dit démocratique ». « J’ai décidé de ne pas céder, a-t-il encore prévenu, même si ses marges de manœuvre paraissent limitées. Cela vaut mieux que de passer des années à expliquer pourquoi certains des ministres compromis ont été nommés à leur poste. »

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M. Dodon reproche – sans preuve – aux ministres nommés d’être impliqués dans le scandale retentissant de la disparition d’un milliard de dollars des plus grandes banques du pays entre 2012 et 2014, qualifié à Chisinau de « vol du siècle ». Il estime aussi que le gouvernement ne remplit pas sa promesse de former un gouvernement plus technocratique, en nommant de vieux routiers de la politique. Chiril Gaburici, l’un des ministres pressentis, est par exemple un ancien chef du gouvernement qui avait dû démissionner après que la presse eut prouvé qu’il avait falsifié son diplôme de baccalauréat. Certains sont des affairistes suspectés dans le passé de malversations.
Nouvelle phase de guérilla
Le président Dodon, un admirateur affirmé de Vladimir Poutine, a lancé son offensive de retour d’un déplacement à Moscou, le 28 décembre 2017, ont noté les observateurs. A plusieurs reprises, le président s’est opposé à la majorité proeuropéenne sur des sujets touchant à l’orientation stratégique du pays, et ce alors même que les relations entre Chisinau et Moscou sont dégradées. Le 18 décembre, la Moldavie, liée à l’Union européenne par un accord d’association, a rappelé son ambassadeur à Moscou, le ministère des affaires étrangères accusant les services russes de « harceler » les officiels moldaves, notamment lors de leurs voyages en Russie.
Ces tensions n’ont pas empêché M. Dodon de signer un mémorandum de coopération avec l’Union économique eurasiatique promue par Moscou et de solliciter de manière unilatérale un statut d’observateur auprès de l’organisation. Son défi au gouvernement serait dès lors une nouvelle phase de la guérilla entre les camps prorusse et proeuropéen.
Mais la crise actuelle est d’abord à replacer dans un contexte local, avec notamment les élections législatives prévues à la fin de l’année. « Constitutionnellement, le président a peu de pouvoir face au gouvernement, explique le politologue Dionis Cenusa. Jusqu’à présent, il a dû se contenter de mesures symboliques ou populistes. Cette offensive est pour lui un moyen d’exister et de rappeler à ses électeurs qu’il agit. »
Une crise qui arrange les deux camps
De fait, la manœuvre de M. Dodon a toutes les chances d’apparaître populaire dans l’opinion, puisqu’elle est dirigée directement contre Vladimir Plahotniuc, le président du Parti démocrate auquel appartient le premier ministre Filip, et le véritable homme fort du pays. Oligarque le plus puissant de Moldavie, M. Plahotniuc a réussi à étendre son contrôle sur la plupart des institutions du pays, depuis la banque nationale jusqu’aux tribunaux. Impopulaire, il dirige en sous-main la majorité gouvernementale. « Les ministres, dont M. Dodon bloque la nomination, sont tous les affidés de Plahotniuc », rappelle Dionis Cenusa.
De ce point de vue, la crise semble arranger les deux camps, puisqu’elle leur permet de mobiliser l’opinion sur une ligne de fracture claire, celle de la géopolitique, et de rappeler les parrains bruxellois et moscovite à leurs obligations. L’UE a ainsi récemment suspendu le versement de 100 millions d’euros d’aide à Chisinau à cause de la lenteur des réformes judiciaires et de la persistance de la corruption généralisée. « L’approche géopolitique est un piège, prévient toutefois un diplomate occidental, qui est surtout utilisée comme stratégie par ceux qui veulent prendre le pouvoir et qui n’ont aucune idéologie, sinon celle de leurs intérêts. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Mercredi déjà, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans une vingtaine de villes pour soutenir le pouvoir et dénoncer les violences.
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En Iran, de nouveaux rassemblements de soutien au pouvoir

Mercredi déjà, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans une vingtaine de villes pour soutenir le pouvoir et dénoncer les violences.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 13h49
   





                        


De nouveaux rassemblements de soutien au pouvoir iranien ont été organisés jeudi 4 janvier, au lendemain de la proclamation de la « fin de la sédition » par les autorités. Ces dernières espérent ainsi recentrer l’attention sur les revendications économiques, point de départ de la contestation qui a fait 21 morts.
Jeudi matin, la télévision iranienne diffusait des images de nouvelles manifestations importantes en soutien au pouvoir dans les villes d’Ispahan (centre), Machhad (nord-est), Ouroumieh (nord-ouest), Babol ou encore Ardabil (nord).
« Nous sommes tous ensemble, derrière le Guide ! », l’ayatollah Ali Khamenei, scandaient ces manifestants, selon les images de la télévision d’Etat. Les manifestants ont aussi repris les slogans « mort à l’Amérique ! », « mort à Israël ! » ou « mort à monafegh ! », (hypocrite en persan), un terme qui désigne dans la bouche des autorités les Moudjahidin du peuple, principal groupe d’opposition en exil, interdit en Iran.
Mercredi déjà, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans une vingtaine de villes de province pour soutenir le pouvoir et dénoncer les violences.

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Un mouvement en berne ?
Après plusieurs jours de manifestations contre le gouvernement et les autorités religieuses, parties d’un mouvement de colère contre la vie chère, la plupart des villes du pays ont connu une deuxième nuit calme, ainsi que la capitale, Téhéran, qui avait cependant vu moins de mouvements.

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Au moins 21 personnes sont mortes au cours des derniers jours, dont 16 manifestants, et des centaines ont été arrêtées, dont 450 à Téhéran, selon les autorités. Les milices islamiques du pouvoir, les gardiens de la révolution, ont proclamé mercredi la fin de ce mouvement qualifié de « sédition ». Parti le 28 décembre de Machhad (nord-est), la deuxième ville du pays, cette contestation inédite depuis 2009 a secoué l’Iran.
Le pouvoir avait notamment accusé les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, grande rivale régionale, d’avoir attisé les troubles en soutenant les manifestations violentes. L’Iran s’est plaint auprès du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, « d’ingérence » dans ses affaires intérieures.

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Accusations d’ingérence
« Au cours des derniers jours, l’administration américaine (…) a augmenté ses interventions d’une manière grotesque dans les affaires intérieures de l’Iran sous prétexte de fournir un soutien à des manifestations sporadiques », a affirmé le représentant à l’ONU, Gholamali Khoshroo.
Depuis le début de la contestation, Donald Trump a pris fait et cause pour les protestataires et a condamné le régime. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a demandé des réunions d’urgence du Conseil de sécurité et de celui des droits de l’homme.
La classe politique en Iran — réformateurs comme conservateurs — s’est, elle, positionnée contre les violences, tout en soulignant la nécessité de trouver une solution aux problèmes économiques, principalement le chômage, qui atteint 30 % chez les jeunes.
Réélu en mai, le réformateur Hassan Rohani avait promis dès sa première accession à la présidence, en 2013, d’œuvrer à l’amélioration de la situation économique et sociale ; un espoir amplifié par l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, et la levée de certaines sanctions internationales. Mais le renchérissement du coût de la vie et le chômage n’ont pas apaisé les frustrations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », se demande dans sa chronique si l’Iran pourra conserver son statut de puissance régionale prépondérante.
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« Passager ou durable, ce coup de grisou intérieur iranien peut secouer toute la région »

Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », se demande dans sa chronique si l’Iran pourra conserver son statut de puissance régionale prépondérante.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 16h37
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Chronique. La République islamique d’Iran savoure sa victoire en Syrie. Son influence est primordiale en Irak. Elle tient une partie du pouvoir au Liban. Mais à la maison, c’est moins brillant. Depuis une semaine, le régime est contesté dans la rue, à Téhéran et dans beaucoup d’autres villes. Passager ou durable, ce coup de grisou intérieur peut secouer toute la région.

La bonne vieille dialectique du « centre » et des « provinces » est ici à l’œuvre. L’Iran sort en position de force des années de guerre qui ont ravagé le Moyen-Orient. Ses alliés arabes sont aux commandes, peu ou prou, à Bagdad, à Damas, à Beyrouth. Cette situation donne à la théocratie iranienne le statut de puissance régionale prépondérante. Mais elle a un coût intérieur. L’investissement « étranger » de l’Iran – politique, militaire, économique – doit se chiffrer en centaines de millions de dollars, sinon en milliards. Quel « empire » n’est pas passé par là ?

Affaibli, le régime peut-il longtemps soutenir à bout de bras celui de Bachar Al-Assad à Damas ? Continuer à financer partis amis et milices armées à Bagdad ? Entretenir à grands frais le Hezbollah à Beyrouth ? En un sens, ces questions sont posées par les manifestants eux-mêmes, qui, depuis le 28 décembre, pointent le prix de l’engagement arabe de la République islamique. Le président Hassan Rohani a, lui aussi, reconnu que la situation intérieure iranienne avait un impact extérieur : au-delà de « notre système politique et de nos intérêts nationaux », ce qui est en jeu, a-t-il dit lundi, c’est « la stabilité de notre pays et celle de la région ».
Le dernier mot au « Guide »
Les manifestants ont choisi. Ils veulent qu’on s’occupe d’eux, prioritairement. Par centaines, par milliers, sans soutien politique, sans organisation, ils défilent dans une trentaine de villes du pays. Ils dénoncent le chômage – 30 % des jeunes sont sans emploi –, la suppression des subventions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les conservateurs de la CSU proposent notamment d’augmenter le délai d’accès aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.
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Les migrants, au centre des négociations de coalition gouvernementale en Allemagne

Les conservateurs de la CSU proposent notamment d’augmenter le délai d’accès aux aides sociales pour les demandeurs d’asile.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Cela avait été l’un des points de crispation majeurs causant l’échec des pourparlers entre libéraux-démocrates, conservateurs et écologistes allemands en vue de la formation d’une coalition dite « jamaïcaine », le 19 novembre 2017. La politique migratoire pourrait être de nouveau le sujet le plus délicat des négociations engagées en ce début d’année entre conservateurs et sociaux-démocrates afin de parvenir à la constitution d’un nouveau gouvernement, alors qu’un rapport commandé par le gouvernement et publié le 3 janvier affirme que le nombre de crimes violents a augmenté de 10,4 % entre 2014 et en 2016 en Basse-Saxe – le Land pris pour exemple dans l’étude – et que cette hausse serait due pour plus de 90 % aux demandeurs d’asile.
Selon les auteurs de l’étude, cela s’expliquerait essentiellement par la différence de la structure de population des demandeurs d’asile, plus jeune et plus masculine que la moyenne. Mais, en amont de ces discussions, les conservateurs bavarois de la CSU ont décidé de se montrer offensifs, formulant des exigences qui vont au-delà de l’accord qu’ils ont scellé il y a quelques mois avec la CDU d’Angela Merkel. Parmi leurs propositions, le rallongement de quinze à trente-six mois du délai au terme duquel les demandeurs d’asile pourraient bénéficier des aides sociales accordées aux autres citoyens, ou encore l’instauration de tests médicaux visant à vérifier l’âge des jeunes demandeurs d’asile afin d’éviter les fraudes en cas de doute.

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Cette idée a été lancée à la suite du décès d’une adolescente de 15 ans, poignardée par un réfugié afghan du même âge, à Kandel (Rhénanie-Palatinat). Selon le père de la victime, l’auteur des faits, qui était le petit ami de celle-ci, a déclaré à l’état civil un âge nettement inférieur à son âge véritable afin de s’assurer de pouvoir rester en Allemagne. Promue par la CSU bavaroise, la proposition a été reprise, mercredi 3 janvier, par le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière (CDU).
Le Parti social-démocrate (SPD) a déjà fait savoir qu’il était opposé à l’ensemble de ces mesures. Ses dirigeants ont toutefois réagi de façon relativement modérée aux propositions de la CSU, formulées à la veille des assises à huis clos du parti bavarois, qui se tiennent en cette fin de semaine. « Il faut voir plus loin que [cette réunion] », a ainsi laconiquement réagi Martin Schulz, le président du SPD. Une façon de sous-entendre que la CSU, en formulant de telles exigences, chercherait avant tout à marquer un rapport de force purement tactique, mais pourrait être amenée dans les semaines qui viennent à assouplir ses positions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Des manifestants ont piétiné le portrait du général Ghassem Soleimani, chef des missions menées en Syrie et en Irak.
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Les opérations militaires extérieures iraniennes critiquées pour leur coût

Des manifestants ont piétiné le portrait du général Ghassem Soleimani, chef des missions menées en Syrie et en Irak.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h14
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance) et 
Louis Imbert (à Paris)








                        



                                


                            

« Mort au Hezbollah ! » Ce slogan, scandé dans de nombreuses manifestations en Iran depuis le 29 décembre 2017, a résonné dans toute la région. Les protestataires, préoccupés par leur situation économique, osaient critiquer ouvertement le soutien qu’apporte Téhéran à son allié libanais. Ils exprimaient plus généralement un malaise face au coût des opérations militaires iraniennes à l’étranger, principalement en Syrie, où l’Iran défend le régime Assad avec l’aide du Hezbollah depuis 2013, et en Irak, où il assiste les forces irakiennes depuis 2014 contre l’organisation Etat islamique (EI). Des manifestants ont arraché et piétiné le portrait du général Ghassem Soleimani, qui dirige les opérations iraniennes dans ces deux pays, et dont les victoires et une propagande massive avaient pourtant fait l’une des personnalités les plus populaires d’Iran depuis plus de deux ans.
Mercredi 3 janvier, dans des démonstrations de soutien au pouvoir organisées en Iran, des portraits du général Soleimani ont été brandis, et les partisans du pouvoir ont scandé des slogans en faveur des forces armées. Il s’agissait de rappeler que l’engagement de ces forces dans la région ne se discute pas, à l’heure où l’Iran y jouit d’une influence inédite.
« Axe de la résistance »
Au soir, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a lui-même rappelé l’importance des acquis de cinq ans de guerre en Syrie, et la solidité des liens qui unissent le mouvement chiite libanais à son parrain régional. Dans une interview accordée à Sami Kleib, journaliste vedette de la chaîne Al-Mayadin, une antenne libanaise connue pour ses positions pro-iraniennes, le chef du Hezbollah a jugé, pour la première fois depuis le début de la crise, que les manifestations en cours en Iran n’étaient pas une source de « préoccupation » et qu’elles pourraient prendre fin rapidement.
D’un ton calme, il a estimé que les problèmes économiques de son allié, à l’origine des manifestations,...




                        

                        


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L’Allemagne n’attend pas de nouveau gouvernement avant mars

La CDU, la CSU et le SPD sont fragilisés avant la reprise des négociations en vue de former une coalition.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 12h28
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Angela Merkel s’y est engagée : elle fera tout pour « constituer un gouvernement stable rapidement », a assuré la chancelière allemande dans ses vœux télévisés, dimanche 31 décembre 2017. La promesse sera-t-elle tenue ? A vrai dire, bien rares sont ceux qui se risquent aujourd’hui à un pronostic, tant la situation politique dans laquelle se trouve l’Allemagne en ce début d’année est inédite.
Trois mois et demi après les élections législatives du 24 septembre 2017, une chose est en tout cas certaine : l’adverbe « rapidement » utilisé par Mme Merkel ne doit pas faire illusion. Avant qu’un gouvernement soit constitué, plusieurs étapes doivent en effet être franchies. Celle, d’abord, des « discussions exploratoires » entre les représentants des partis conservateurs (CDU-CSU) et social-démocrate (SPD), prévues du dimanche 5 au dimanche 12 janvier. Au terme de ces premiers pourparlers, qui doivent déboucher sur une ébauche de programme gouvernemental, le SPD a prévu de tenir un congrès extraordinaire, à Bonn (Rhénanie-du-Nord - Westphalie), le 21 janvier. En cas de rejet du texte par les délégués du parti, les discussions s’arrêteront. En cas de vote positif commencera alors la phase de rédaction du « contrat de coalition », qui devrait prendre environ trois semaines.
Or, une fois le document finalisé, le SPD a déjà prévu de le faire valider par l’ensemble de ses adhérents par voie postale : une consultation dont les résultats pourraient n’être connus qu’au bout de trois semaines. Au mieux, donc, le nouveau gouvernement pourrait être nommé autour de la mi-mars. Horst Seehofer, le président de la CSU bavaroise, a d’ores et déjà prévenu qu’il se donnait « au plus tard jusqu’à Pâques » – qui tombe cette année le 1er avril – pour que le processus aboutisse.
« Confiance à la hausse »
Voilà pour le calendrier théorique. Mais sera-t-il respecté ? Difficile à dire, tant les trois protagonistes de l’affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain estime que son ancien conseiller, qui met en cause son fils dans l’enquête russe, a « perdu la raison ».
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La rupture est consommée entre Trump et Bannon

Le président américain estime que son ancien conseiller, qui met en cause son fils dans l’enquête russe, a « perdu la raison ».



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h07
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

En quelques heures, le livre était en tête des ventes sur Amazon, alors qu’il ne sera disponible qu’à partir du 9 janvier. La publication par le site du New York Magazine, mercredi 3 janvier, des bonnes feuilles du récit du chroniqueur Michael Wolff sur les coulisses de l’élection de Donald Trump a ravivé l’atmosphère de crise à la Maison Blanche, après plusieurs mois de relative discipline.
Dans son livre (Fire and Fury : Inside the Trump White House, éditions Henry Holt), Michael Wolff, un ancien biographe de Rupert Murdoch qui écrit pour diverses publications (Vanity Fair, USA Today, Hollywood Reporter, Guardian) relate la grande surprise qui a saisi le camp du candidat républicain à l’annonce de la victoire le 8 novembre 2016. Donald Trump Junior a lu, sur le visage de son père, l’expression de quelqu’un « qui a vu un fantôme », écrit-il. Melania a pleuré, « et ça n’était pas des larmes de joie ».
Quelques mois plus tôt, Melania Trump avait demandé à son mari ce qu’il comptait faire en apprenant que le New York Post avait des photos d’elle nue datant de sa période de mannequinat, selon ce récit. « Il lui avait demandé d’attendre encore un peu. Tout serait fini en novembre. Il a donné à sa femme une garantie solennelle : il n’y avait simplement aucune chance qu’il gagne », écrit M. Wolff.
Le pacte de « Jarvanka »
Selon l’auteur, qui a bénéficié d’un accès privilégié à la West Wing et fait état de quelque deux cents conversations avec l’entourage de l’ex-magnat de l’immobilier, Donald Trump avait lui-même exposé à Roger Ailes, le PDG de Fox News, sa conception de la victoire : une notoriété lui permettant d’accomplir son projet de « Trump télévision ». Michael Flynn, le futur conseiller à la sécurité nationale, aujourd’hui poursuivi, n’y croyait pas davantage. Ses émoluments de 45 000 dollars pour un discours à Moscou ? Ce ne serait un problème...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Des manifestants, en province et à Téhéran, expliquent leurs motivations et leurs inquiétudes.
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A Téhéran : « Ne me parlez pas de Rohani »

Des manifestants, en province et à Téhéran, expliquent leurs motivations et leurs inquiétudes.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 16h31
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            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance) et 
Louis Imbert (à Paris)








                        



                                


                            

Il fallait du courage à ce petit groupe d’hommes pour qu’ils se décident à participer à une manifestation à Sari, un chef-lieu de province situé au bord de la mer Caspienne, dans le nord de l’Iran, alors que l’Etat avait mis en garde contre toute « manifestation illégale ». Il leur fallait aussi une dose de désespoir, pour qu’ils osent encore défier les policiers qui les interpellaient, en pleine rue. « Ils ont simplement dit aux policiers : “Nous sommes ici pour demander du travail. Donnez-nous-en et nous partirons.” Ils n’avaient pas peur, ils étaient impassibles », raconte ­Babak, un commerçant de la ville.
La ville de Babak, Sari, n’a connu qu’un seul rassemblement depuis le 28 décembre 2017, depuis qu’une vague de protestation contre la stagnation économique et politique du pays s’est répandue à travers l’Iran des petites villes, jusque dans les campagnes, faisant 21 morts, selon le bilan officiel. Dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 janvier, la ville est restée paisible, comme la plupart de la quarantaine d’agglomérations touchées jusqu’ici. Le chef des gardiens de la révolution, le principal corps d’armée du pays, a même annoncé que « la sédition » avait pris fin.
« Je veux que l’Iran s’ouvre »
Mais ce qui a frappé Babak, c’est la détermination des manifestants, qui ne semblent pas prêts à renoncer rapidement. A 34 ans, il n’en est pas à son premier cortège. En 2009, Babak avait participé à la grande vague de contestation qui avait suivi la réélection houleuse de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence. « Ceux qui se faisaient arrêter alors, ils prenaient tout de suite l’air innocent et désœuvré. Mais pas ces gens-là. » Babak constate que les manifestants si décidés qu’il a rejoints cette semaine à Sari sont plus jeunes que lui d’une dizaine d’années, pour la plupart, et beaucoup plus pauvres. Babak ne voit aucune ressemblance entre ces jeunes et les militants politiques...




                        

                        


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Compte rendu

L’Ethiopie promet de libérer des prisonniers politiques

L’annonce soulève des interrogations sur l’identité et le nombre des détenus concernés alors que les autorités sont souvent accusées de museler les opposants.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
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        Le 04.01.2018 à 11h03

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        Mis à jour le 04.01.2018 à 11h46






                        

Crédits : ZACHARIAS ABUBEKER / AFP


                    

Simple effet d’annonce ou réel pas en avant vers la démocratie ? Les militants éthiopiens s’interrogent après la promesse faite par le premier ministre, Hailemariam Desalegn, mercredi 3 janvier, de libérer des prisonniers, notamment des figures politiques. Ceux qui ont déjà été condamnés seront graciés, tandis que les charges pesant contre ceux qui sont en instance de jugement seront abandonnées, a annoncé le chef de gouvernement lors d’une conférence de presse. Il n’a toutefois pas apporté davantage de détails sur la date de l’amnistie, ni sur le nombre de prisonniers concernés et leur identité.
Cette déclaration était inattendue dans ce pays, le deuxième plus peuplé du continent, où les autorités sont souvent accusées de bafouer les libertés et de museler les opposants politiques. Le premier ministre a prôné le « consensus national » et rappelé son intention « d’élargir l’espace politique ». La décision intervient peu après la demande faite par l’Union européenne, mercredi 20 décembre 2017, d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur des affrontements communautaires à la frontière entre les régions Oromia et Somali, dans l’est du pays, qui auraient fait des centaines de morts, selon des chiffres officiels.
Emballement
L’Ethiopie est secouée par de vives tensions politiques, notamment par une crise au sein de la coalition au pouvoir depuis plus d’un quart de siècle, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), menaçant la stabilité de cet allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la région.
Dix mois d’un état d’urgence, levé en août 2017, n’ont pas apaisé la colère du peuple qui était descendu dans les rues entre novembre 2015 et octobre 2016, Oromo et Amhara en tête. Les deux principaux groupes ethniques du pays, qui forment près des deux tiers d’une population de 100 millions d’habitants, ont manifesté notamment contre les expropriations de terres et la mainmise de la minorité...



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édition abonné


En dépit de la levée des sanctions, l’économie iranienne ne décolle pas

La politique de rigueur menée par Hassan Rohani frappe les plus pauvres.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 11h22
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Hassan Rohani est bien seul. Les dirigeants européens ont beau lui adresser des marques de confiance – ils voient dans ce président modéré le meilleur obstacle à la répression des manifestations entamées en Iran le 28 décembre –, Téhéran estime que c’est en partie à cause d’eux qu’il subit cette crise. L’Iran se désespère de longue date des difficultés qu’ont les Européens à rassurer leurs entreprises pour qu’elles reviennent en Iran, deux ans après la levée de sanctions qui a suivi l’accord international de 2015 sur son programme nucléaire. Un diplomate iranien explique que ses collègues en poste à Londres font encore la navette depuis Téhéran avec du cash dans leurs valises, qu’ils stockent dans les sous-sols de l’ambassade, faute de pouvoir ouvrir un compte dans une banque britannique. Un signe de l’isolement prolongé du pays.

Les Européens cherchent pourtant à éviter le pire à M. Rohani. Ils pressent le président Donald Trump de confirmer la levée de sanctions américaines contre l’Iran, comme il en a l’occasion à partir du 12 janvier. Ils savent qu’un refus de M. Trump compromettrait l’accord nucléaire, achèverait de décourager nombre d’investisseurs étrangers, et risquerait d’enflammer la contestation dans les rues iraniennes. Mais depuis plus d’un an que M. Trump menace de rompre l’accord, M. Rohani est bien forcé de chercher d’autres leviers de croissance. « Le gouvernement a soulevé trop d’attentes, avec l’accord nucléaire, résume l’analyste conservateur Amir Mohebbian, à Téhéran. Aujourd’hui, le peuple perd espoir dans l’avenir. »
Or, M. Rohani a bien peu à offrir aux plus pauvres : il poursuit contre vents et marées une politique de rigueur qui pèse sur eux. Le président estime n’avoir pas d’autre choix que de limiter l’investissement public, massif en Iran, qui vide ses caisses. Il fait le pari que le secteur privé, laissé un peu plus libre, pourra employer le million de jeunes Iraniens qui affluent chaque...




                        

                        

