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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes, la ville d’Omar Sy, de Benoît Hamon et de Nicolas Anelka. Portrait d’une banlieue rugueuse des Yvelines.
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« La Communauté » : plongée dans la ville de Trappes, de Jamel Debbouze au fondamentalisme musulman

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes, la ville d’Omar Sy, de Benoît Hamon et de Nicolas Anelka. Portrait d’une banlieue rugueuse des Yvelines.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 18h15
    |

            Ariane Chemin et 
Raphaëlle Bacqué








                        



                                


                            

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes. « Le Monde » en publie des extraits en avant-première.
Bonnes feuilles. Béchir est mort ! Il a été retrouvé une seringue plantée dans l’avant-bras, un matin, dans une cave de Léo-Lagrange : overdose d’héro. Ses voisins avaient depuis longtemps remarqué son regard vitreux, sa démarche hésitante, mais la nouvelle secoue le square comme un électrochoc. Béchir vivait seul avec sa mère depuis la mort de son père. Chacun essayait à sa manière d’aider la famille à joindre les deux bouts. Si son décès, au début des années 1990, bouleverse tant ses voisins, c’est parce que la drogue a tué un garçon qui était plus que d’autres un enfant du quartier.
Léo-Lagrange n’est plus le square d’il y a dix ans, quand les Algériens, les juifs d’Afrique du Nord et les Portugais se mélangeaient aux « Gaulois » et que leurs enfants jouaient ensemble au pied de l’immeuble (…) Les halls se sont déglingués, des bandes « biznessent » dans les escaliers et plus une boîte aux lettres ne ferme (…) Il a fallu murer les caves pour tenter de limiter les trafics et le local à poubelles est devenu un coupe-gorge. Au collège, les enfants des pavillons surnomment le square « Léo-la-jungle ».
« Pour rejoindre son appartement, il faut regarder droit devant soi dans le hall, ne pas s’attarder sur les dealers qui le squattent, et parfois montrer patte blanche pour qu’ils déplacent les Caddie barrant l’escalier. »
Pas un mois désormais sans qu’à Trappes ne tombe un « grand. » Dans les banlieues françaises, l’héroïne est devenue un fléau, une catastrophe nationale qui se déploie en silence. A Camus, à George-Sand, à la Commune, cuillères et citrons jonchent les bosquets. On retrouve des seringues au milieu des balançoires et des bacs à sable où jouent les « petits ». Pour rejoindre son appartement, il faut regarder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Les espions Jennings reprennent du service dans une saison 5 qui fait écho aux liens supposés de Donald Trump avec la Russie (sur Canal+ Séries à 20 h 50).
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TV – « The Americans » fait monter la tension

Notre choix du soir. Les espions Jennings reprennent du service dans une saison 5 qui fait écho aux liens supposés de Donald Trump avec la Russie (sur Canal+ Séries à 20 h 50).



Le Monde
 |    03.01.2018 à 18h00
    |

            Daniel Psenny








                        


Série sur Canal+ Séries à 20 h 50

La vie d’espion est un inépuisable réservoir à intrigues. La série The Americans qui, depuis 2013, raconte la vie tourmentée et compliquée d’un couple d’agents secrets soviétiques infiltrés à Washington en pleine guerre froide des années Reagan, le prouve une fois de plus. Après tant d’aventures, de meurtres, de faux-semblants, de manigances et de mensonges, on pouvait craindre, pour cette cinquième et avant-dernière saison, une usure des procédés. Il n’en est rien. On s’installe dans son fauteuil pour déguster et l’on n’en bouge plus.
Tout au long des treize épisodes, Philip (Matthew Rhys) et Eli­zabeth Jennings (Keri Russell) – deux fabuleux interprètes – vont devoir jongler au quotidien, face à leur fille (qui, dans la saison précédente, a découvert que ses parents n’étaient pas des agents de voyages biens sous tous rapports), et à leur fils, très teenager américain, que le KGB veut enrôler dans ses rangs. Sans oublier leur voisin Stan Beeman (Noah Emmerich), un agent du FBI pris dans ses contradictions fami­liales et professionnelles, chargé de traquer les espions soviétiques sur le territoire américain et qui, depuis le début de la série, ne se doute de rien.
Ennemis de l’Amérique
Cette fois, pour les besoins de la cause, Philip et Elizabeth se sont aussi créé une nouvelle (fausse) vie de famille avec l’adoption d’un petit Vietnamien… sujet et prétexte à de nombreux rebondissements qui, étrangement, font écho avec les affaires dont est actuellement accusé Donald Trump concernant ses liens supposés avec la Russie de Poutine durant sa campagne électorale. « The Americans a toujours baigné dans la mélancolie, en partie à cause de son cadre historique. On savait après tout qu’Elizabeth et Philip, même s’ils sont les ennemis de l’Amérique, se battent pour une cause perdue. Perdue, vraiment ? Mais le scandale de l’élection, les démonstrations de force de la Russie en Europe et ce qu’il se passe entre Poutine et le président Trump donnent à la série une tout autre résonance », a-t-on ainsi pu lire dans The New York Times.

   


Cette résonance avec la réalité n’est évidemment pas étrangère au succès critique dont la série a été l’objet aux Etats-Unis. « The Americans est soudain devenu la série la plus actuelle de la télévision », ont estimé de concert les journaux américains lors de la diffusion de la cinquième saison, de mars à mai 2017, sur la chaîne américaine FX. Le public ne s’y est pas trompé : cette saison a été suivie, en moyenne à chaque épisode, par 700 000 téléspectateurs.
Brillamment construite et interprétée, intelligemment réalisée, exempte d’invraisemblances, The Americans compte aujourd’hui parmi les références dans le domaine des séries mais aussi du ­thriller d’espionnage. Son créateur, Joe Weisberg, lui-même ancien agent de la CIA, connaît déjà la fin de la dernière saison. « La plupart des idées que nous avons eues au fil des ans ont été modifiées ­durant le processus d’écriture des différentes saisons, mais pas pour la fin », a-t-il confié au site Web TVLine. « Je crois que nous l’avons trouvée au moment de la deuxième saison et c’est bien celle-là que nous allons utiliser. » On l’attend !
The Americans (saison 5), série créée par Joel Fields et Joe Weisberg. Avec Matthew Rhys, Keri Russell, Noah Emmerich, Keidrich Sellati (EU, 2017, 13 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. Un « docufiction » retrace la vraie histoire de Florence Foster Jenkins, probablement la cantatrice chantant le plus faux de l’histoire (sur Arte à 22 h 45).
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TV – La diva de la fausse note

A voir aussi ce soir. Un « docufiction » retrace la vraie histoire de Florence Foster Jenkins, probablement la cantatrice chantant le plus faux de l’histoire (sur Arte à 22 h 45).



Le Monde
 |    03.01.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Docufiction sur Arte à 22 h 45

   


Florence Foster Jenkins (1868-1944) est un flamboyant cas de déni auditif : cette riche et excentrique mondaine new-yorkaise était persuadée qu’elle était une grande can­tatrice alors que, ses disques en témoignent, elle était incapable d’émettre une note juste.
Sa légende vivante trouva son climax lors d’un concert à ­Carnegie Hall, en 1944, où le Tout-New York se précipita pour y rire à gorge déployée. La soprano, au stade tertiaire d’une syphi­lis transmise par son premier époux, ne se remit pas des cri­tiques carnassières publiées le lendemain. L’une d’entre elles ironisait sur « sa capacité à improviser en quarts de ton ».
Un kitsch digne de « La Cage aux folles »
Pour raconter cette histoire – devenue célèbre notamment grâce aux films Marguerite (2015), de Xavier Giannoli, et Florence Foster Jenkins (2016), de Stephen Frears –, Arte a choisi l’artifice du docufiction : des entretiens avec des historiens sont mêlés à des scènes et à des tableaux vivants reconstitués, d’un kitsch digne de La Cage aux folles.
La mezzo-soprano Joyce DiDonato – également productrice exécutive – incarne Madame Florence. Seul problème : pourquoi l’entend-on davantage chanter magnifiquement que contrefaire les sons criards de Foster Jenkins ? Et pourquoi ces nombreuses vues du New York d’aujourd’hui ?

On recommandera plutôt de voir le documentaire de Donald Collup, Florence Foster Jenkins, a World of Her Own (1 DVD VAI, 2007, disponible sur YouTube, non sous-titré), avec la collabo­ration du spécialiste de Foster ­Jenkins, Gregor Benko, qui participe également au film d’Arte.
On y entend, dans le texte, les commentaires réinterprétés par la chaîne franco-allemande et, surtout, on y voit moult documents photographiques originaux, dont, entre autres, les fameux tableaux vivants dont la Castafiore new-yorkaise avait le secret.
Ce documentaire de quatre-vingt-dix minutes, sans images animées (des captations filmées des tableaux vivants ont été retrouvés en 2009), est certes austère. Mais Arte aurait trouvé profit à puiser aux mêmes sources documentaires plutôt que de souscrire à la facilité d’un récit qui meuble beaucoup en donnant l’im­pression d’avoir peur d’ennuyer le téléspectateur.
Florence Foster Jenkins, la vraie histoire de la soprano qui chantait faux, de Ralf Pleger (Allemagne, 2015, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Collaborateur de nombreux titres de presse, dont « Le Monde », le dessinateur d’humour, né sous le nom de Paul Autin, est décédé le 29 décembre, à l’âge de 78 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
      

Mort de l’illustrateur Avoine

Collaborateur de nombreux titres de presse, dont « Le Monde », le dessinateur d’humour, né sous le nom de Paul Autin, est décédé le 29 décembre, à l’âge de 78 ans.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 16h35
   





                        



   


Le dessinateur d’humour et illustrateur Avoine est décédé vendredi 29 décembre à Dijon, à l’âge de 78 ans. Il collabora longtemps avec Le Monde, ainsi qu’avec de nombreux titres de la presse française, tels que Paris Match, Elle, Marie-Claire, Le Nouvel Observateur, Libération, Lire, Lui, Le Figaro, L’Express, Le Point, Télérama, (A suivre), L’Equipe Magazine…
Né à Nevers le 3 octobre 1939 sous le nom de Paul Autin, cet autodidacte avait fait ses débuts à Bizarre, la revue de Jean-Jacques Pauvert, dans le sillage de Georges Wolinski. Il dessina les couvertures de multiples romans et publia plusieurs ouvrages à son nom, comme Faites-moi rire, je pars dans quatre minutes (édité à compte d’auteur, 1980) et Eclats de sourire (Casterman, 1988).
L’une de ses réalisations les plus fameuses reste l’illustration d’une édition du dictionnaire Larousse en 1979 qu’il agrémenta de quelque 800 dessins. Héritier de Bosc et Chaval, chroniqueur des petits faits du quotidien et des grands maux du monde, Avoine avait mis au service de l’absurde et de la poésie son trait sobre et délicat, d’une invariable justesse.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Avec « Les Bouées jaunes », le critique de cinéma livre un adieu solaire à sa compagne, l’écrivaine Emmanuèle Bernheim, morte en mai 2017.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Récit. Serge Toubiana dans la lumière d’Emmanuèle Bernheim

Avec « Les Bouées jaunes », le critique de cinéma livre un adieu solaire à sa compagne, l’écrivaine Emmanuèle Bernheim, morte en mai 2017.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 16h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
Les Bouées jaunes, de Serge Toubiana, Stock, 192 p., 18 €.

Ce furent les ultimes mots qu’Emmanuèle Bernheim adressa à son compagnon, Serge Toubiana : « Et toi, tu vas tenir ? » L’écrivaine (et scénariste) est morte deux jours plus tard, le 10 mai 2017, à l’hôpital Bichat où, atteinte d’un cancer du poumon, elle a passé les trois dernières semaines de sa vie. Pour « tenir » et pour garder encore un peu auprès de lui celle dont il partagea la vie durant vingt-sept ans, l’ancien directeur des Cahiers du cinéma et de la Cinémathèque française s’est lancé dans l’écriture d’un récit revenant sur la disparition, à 61 ans, d’Emmanuèle Bernheim, autant que sur leur existence commune, presque trois décennies d’harmonie. Il s’est accroché à ces Bouées jaunes pour surnager, ne pas se noyer. Pourtant, ce texte de deuil, d’une simplicité jamais alourdie par le chagrin, se révèle d’un bout à l’autre admirablement solaire. Fidèle à la vitalité dont témoigna jusqu’à la fin celle qui l’inspire.
Il raconte ainsi, sobrement, l’extraordinaire cérémonie des adieux qu’elle inventa pour ses proches, et qu’abrita le service de pneumologie de l’hôpital. L’un après l’autre, Emmanuèle Bernheim reçut ses amis (qui se trouvent être Michel Houellebecq, Catherine Deneuve, Claude Lanzmann ou Olivier Assayas) dans sa chambre pour une dernière conversation où il serait question du bonheur, de l’amour, du cinéma, de la littérature – des échanges tranquilles, intenses et doux, dont ses interlocuteurs sortaient à la fois chavirés et plus vivants. Ragaillardis, aussi, comme s’ils venaient d’écouter la chanson favorite d’Emmanuèle Bernheim, Eye of the Tiger, cette bande-son du film Rocky III qui, après l’avoir accompagnée pendant trente ans, serait la seule musique jouée à son enterrement.
Le regard admiratif
Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est en effet à Rocky...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Personnage singulier, le metteur en scène est décédé mardi 2 janvier, à Paris, à l’âge de 81 ans.
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Jacques Lassalle, la passion du théâtre

Personnage singulier, le metteur en scène est décédé mardi 2 janvier, à Paris, à l’âge de 81 ans.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h36
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

C’était un homme entier, pour qui seul comptait le théâtre, à qui il a beaucoup donné au cours de sa riche carrière, et dont il a reçu de vilains coups, comme son éviction de la Comédie-Française, après un seul mandat d’administrateur général, de 1990 à 1993. Jacques Lassalle, qui est mort mardi 2 janvier, à Paris, à 81 ans, était aussi un homme singulier : suspicieux et ombrageux, il tenait sa tête penchée en angle droit sur l’épaule, et livrait tout bas de passionnants développements sur l’art qu’il a servi en signant pas loin de cent cinquante mises en scène, parées, à leur meilleur, d’une belle élégance classique.
L’une des dernières, en 2014, fut Matin et soir, de Jon Fosse, un de ses auteurs de prédilection, avec Michel Vinaver, Marivaux, Nathalie Sarraute, Carlo Goldoni ou Molière. La pièce fétiche de Jacques Lassalle était d’ailleurs Le Misanthrope, ce qui n’étonne pas ceux qui ont connu cet homme capable d’arpenter pieds nus les rues d’Avignon, tel un pèlerin, mortifié par l’échec de sa mise en scène d’Andromaque, de Racine, dans la cour d’honneur, en 1994, puis de déclarer publiquement qu’il renonçait à tout jamais au théâtre. Ce que, heureusement, il ne fit pas.
Né à Clermont-Ferrand, le 6 juillet 1936, Jacques Lassalle ne s’attardait pas sur sa biographie, qu’il faisait commencer avec ses études, à Paris : une agrégation de lettres classiques, une licence de sociologie, puis le Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où il est élève d’un grand professeur, Fernand Ledoux. Mais ce n’est pas le métier de comédien qui l’intéresse. Il veut mettre en scène et s’inscrire dans le grand mouvement de la décentralisation théâtrale. Le maire de Vitry (Val-de-Marne) lui en fournit l’opportunité, en lui proposant de créer un théâtre dans sa ville. Ainsi naît, en 1964, le Studio-Théâtre, qu’il dirige jusqu’en 1982. C’est là qu’il creuse son sillon, d’abord avec ses propres pièces, puis des créations subtiles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Exposée au musée d’Orsay, l’un des ballerines du peintre est au cœur d’un livre enquête de Camille Laurens.
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Dans les pas de la « Petite danseuse » de Degas

Exposée au musée d’Orsay, l’un des ballerines du peintre est au cœur d’un livre enquête de Camille Laurens.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h15
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

C’est l’histoire d’un tutu… Plus proche du jupon, il habille la ­silhouette d’une gamine maigrichonne modelée dans la cire par Edgar Degas (1834-1917) entre 1878 et 1880, puis coulée en bronze quelques années après sa mort, en 1930. Ce chiffon en tulle, très vivant, accentué par un ruban de satin, intensifie le trouble de cette fameuse Petite danseuse de 14 ans qui fit scandale parce que trop crue, trop cambrée, trop vraie, en 1881, au Salon des artistes français.
Où qu’elle soit aujourd’hui dans le monde – une trentaine de ces statues est exhibée dans les plus grands musées, de New York à Copenhague –, cette sculpture fait toujours danser les visiteurs. Envie de vérifier son degré d’inertie ? Pas touche à la poupée. Celle du Musée d’Orsay, à Paris, au cœur de l’exposition « Degas Danse Dessin »,qui entrecroise ses motifs avec des événements chorégraphiques et musicaux, a été le déclencheur d’une affaire insolite qui n’en finit pas de faire des vagues.

Il était donc une fois un tutu… En 1997, le tulle, en matière synthétique depuis les années 1950, ne colle pas avec l’œuvre et son époque. Le Musée d’Orsay demande à Martine Kahane, alors conservatrice générale du service culturel de l’Opéra national de ­Paris, de réfléchir à la réfection de ce jupon avec l’atelier de couture maison. Passionnément curieuse, Martine Kahane se lance dans une enquête inédite autour de l’identité de la jeune danseuse qui servit de modèle à Degas. « Son nom courait les rues, mais personne n’en était certain, et il a fallu le vérifier », précise Mme Kahane. Pendant un an, elle compulse les archives, croise les informations et met au jour l’histoire de ce modèle qui a tant fait parler de lui.
« Vision très réaliste »
Une œuvre d’art s’efface devant une vie, celle de Marie van Goethem, fille d’un tailleur et d’une blanchisseuse d’origine belge émigrés à Paris : le père disparaîtra autour de 1870. Elle a deux sœurs, également...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ « Degas danse dessin », souligne l’importance essentielle du trait dans le processus créatif d’Edgar Degas.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Au musée d’Orsay, le peintre dialogue avec Paul Valéry

« Degas danse dessin », souligne l’importance essentielle du trait dans le processus créatif d’Edgar Degas.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 09h57
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h17
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Edgar Degas est mort le 27 septembre 1917, à 83 ans. Son décès provoque alors moins d’émoi que celui d’Auguste Rodin, quelques semaines plus tard. Le sculpteur, à défaut de funérailles nationales, refusées par le gouvernement en raison de la guerre, a des obsèques publiques et photographiées, alors que le peintre a exigé que les siennes soient discrètes et dépourvues de discours. Cette inégalité de traitement se poursuit à titre posthume : Rodin a eu le Grand Palais au printemps, alors que Degas est célébré au Musée d’Orsay par une exposition qui n’est pas une rétrospective ni un hommage : juste une exposition de quelques salles. Mais intelligemment conçue et garnies d’œuvres admirables.

Elle lui fait retrouver l’un de ses rares amis, l’écrivain Paul Valéry, nettement son cadet. Né en 1871, il s’établit à Paris en 1894 et, cette même année, rencontre Degas dans une exposition de dessins et d’estampes de Manet. Ils ont des amis en commun : la famille Rouart. Eugène Rouart, ami de Valéry et également proche d’André Gide, est l’un des fils d’Henri Rouart, ingénieur, peintre amateur et l’un des principaux mécènes du groupe impressionniste. Il est le plus proche ami de Degas.
Eugène introduit donc Valéry chez l’artiste en 1896, et les visites deviennent de plus en plus fréquentes. Degas se prend d’amitié pour celui qui pourrait être son fils. Il l’aide même à la conclusion de son mariage, le 31 mai 1900. Double mariage en fait et affaire en famille : Ernest Rouart, frère d’Eugène, épouse Julie Manet, fille de Berthe Morisot et nièce d’Edouard Manet, et Valéry se marie avec Jeannie Gobillard, cousine de Julie Manet. Par la suite, le peintre et le poète ont de nombreuses conversations, dont Valéry tire parti plus tard dans son livre sur Degas, que le marchand Ambroise Vollard accepte de publier en 1929 et qui ne l’est qu’en 1936 : c’est Degas Danse Dessin, également titre de l’exposition.
Exercices de perception
Dans un premier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ En filmant la traite des Noirs de façon esthétisante, la réalisatrice Daniela Thomas s’est attirée les foudres de certains critiques dans son pays.
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« Vazante », le film qui ravive les plaies de l’esclavage au Brésil


                      En filmant la traite des Noirs de façon esthétisante, la réalisatrice Daniela Thomas s’est attirée les foudres de certains critiques dans son pays.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 09h34
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








   


La caméra s’attarde de longues minutes sur le regard perdu de Beatriz, une fillette de 12 ans, mariée, ou plutôt cédée par sa famille, à un fazendeiro (propriétaire terrien) quadragénaire, avant même sa puberté. Nous sommes dans le Brésil esclavagiste du début du XIXe siècle, dans l’État du Minas Gerais, à une époque où l’or se tarit. C’est de cette « banalité du mal » au sein d’« une société pervertie par la violence de l’esclavage » et par l’oppression des femmes que la réalisatrice Daniela Thomas a voulu témoigner dans son film Vazante, sur les écrans brésiliens depuis le 9 novembre. Et qui suscite de nombreux débats depuis sa sortie en salle. Car Beatriz, l’héroïne, est blanche. Et la communauté noire et métisse ne pardonne pas à la cinéaste de ne pas s’être intéressée à un personnage d’esclave.
Après un accueil dithyrambique au Festival de Berlin en février dernier où le film a fait l’ouverture de la section Panorama, Vazante (littéralement « marée descendante ») a provoqué une controverse au Festival de Brasília, sept mois plus tard. Au cours des discussions qui ont suivi la projection, Daniela Thomas a été accusée d’avoir, une fois de plus, décrit l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du pays à travers le prisme des Blancs.
Les stigmates de l’esclavage
Le long-métrage, filmé en noir et blanc de manière esthétisante, montre les chaînes, les coups de fouet, l’humiliation, l’exploitation sexuelle d’esclaves réduits au rang de sous-hommes. Mais, aux yeux des critiques, tel Juliano Gomes, de la revue “Cinética”, les esclaves sont représentés comme des pions anonymes, des éléments de décor, passifs, sans identité ni histoire. « Le problème est que Daniela adopte un modèle obsolète pour raconter un épisode central de l’histoire du pays. Les artistes brésiliens doivent évoluer vers une interprétation plus complexe des Noirs », a-t-il argué après la projection, soutenu par les militants de la cause noire.

Blessée, la cinéaste s’est défendue d’avoir voulu réaliser un film politique. « Vazante me représente. C’est ma vision du monde et des horreurs qu’il nous a faites, à nous, Brésiliens de toutes les couleurs, et qui cause encore des douleurs, comme on peut le constater », a-t-elle répondu dans une tribune à la revue Piauí, rappelant l’idée selon laquelle les coupables ne sont pas seulement des hommes mais un système entier. Un plaidoyer inaudible dans un pays où quelque 4 millions d’esclaves noirs ont été débarqués d’Afrique entre 1530 et 1888 et où cette barbarie laisse des stigmates encore visibles aujourd’hui.
« Les Noirs ne peuvent plus être dépeints comme une masse indéfinie. » Elisa Larkin Nascimento, directrice de l’Ipeafro
Longtemps baigné par le mythe du « racisme cordial », le Brésil ne peut plus fermer les yeux sur la violence quotidienne faite à une communauté directement descendante des esclaves. Majoritaires, les Noirs et métis composent 54 % de la population mais sont sous-représentés dans les classes aisées et surreprésentés dans les emplois de domestiques ou de vendeurs ambulants. Plus accablant encore, selon le Forum brésilien de sécurité publique, sur 100 victimes de tirs de policiers, 76 sont des Noirs.
« Les Noirs ne peuvent plus être dépeints comme une masse indéfinie. Un Noir est un homme qui souffre et qui réagit », s’emporte Elisa Larkin Nascimento, directrice de l’Institut de recherches et d’études afro-brésiliennes (Ipeafro), lassée de voir des personnalités comme Daniela Thomas qui, malgré de bonnes intentions, perpétuent l’idée d’une communauté invisible et soumise, alors que les historiens ont prouvé l’existence d’esclaves héroïques et résistants.
« Le sujet de l’esclavage au Brésil est un thème délicat à aborder. C’est un sujet chargé, constitutif de l’histoire de la majeure partie de la population et ceux qui en parlent sont souvent ignorants. Quel qu’aurait été le film, il aurait donné lieu à des commentaires exaltés », analyse Luiz Felipe de Alencastro. Mais l’historien perçoit dans cette polémique une évolution positive : les Noirs au Brésil prennent désormais la parole. « Il va falloir s’y habituer », assure-t-il.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La collection particulière du peintre est réunie pour la première fois à Marmottan, à Paris.
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édition abonné


Les trésors cachés de Claude Monet

La collection particulière du peintre est réunie pour la première fois à Marmottan, à Paris.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 09h24
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Claude Monet (1840-1926), le plus célèbre des impressionnistes, est aussi le plus secret des collectionneurs. Les chefs-d’œuvre de ses contemporains, qu’il accumule, constituent un ensemble aussi rare qu’exceptionnel. Pour la première fois, le Musée Marmottan, à Paris, lève le voile sur cette passion et expose les trésors de « Monet collectionneur ».
Signés Delacroix, Corot, Boudin, Jongkind, Manet, Renoir, Caillebotte, Cézanne, Morisot, Pissarro, Rodin ou encore Signac, peintures, dessins, sculptures révèlent la face cachée de la vie de l’artiste. Le Musée Marmottan, dépositaire du premier fonds mondial des œuvres de Claude Monet, fait ainsi dialoguer entre eux les artistes phares de l’impressionnisme et leurs mentors. Ceux qu’il admirait, et dont il a acquis les œuvres sa vie durant, animent le travelling qui raconte la révolution de l’art pictural français à la fin du XIXe siècle.

Reconstituer cette collection personnelle de Monet, telle fut la mission que s’était donnée ­Marianne Mathieu à son arrivée à Marmottan, en 2013, alors qu’elle était chargée des collections à la direction du musée. Un travail colossal car il s’agissait, pour l’historienne d’art, de retrouver puis de réunir lesdites œuvres dispersées tous azimuts et qui, du vivant de Monet, tapissaient les murs de sa vaste chambre à Giverny (Eure).
La plupart avaient été vendues par son unique fils vivant, lé­gataire universel, Michel Monet. Celui-ci, après la mort de son père, vivra grand train, courant les sa­faris en Afrique. « Il a besoin d’argent et vend les Renoir, Cézanne, Corot… », note Marianne Mathieu, co-commissaire de l’exposition avec Dominique Lobstein. Difficulté supplémentaire : « Claude Monet possédait une centaine de toiles, sans aucune documentation ; ni des conditions de leur achat, ni même de photos de leur accrochage au premier étage de Giverny », ajoute-t-elle.
« Ma collection est pour moi seul »
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Réalisé en 1951, le film de Robert Wise met en scène un extraterrestre animé de bonnes intentions.
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Reprise : « Le Jour où la Terre s’arrêta », plaidoyer contre l’arme nucléaire

Réalisé en 1951, le film de Robert Wise met en scène un extraterrestre animé de bonnes intentions.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h58
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Tiens, si on commençait l’année par la fin du monde ? On remerciera Splendor Films, distributeur patrimonial plein d’allant, d’en avoir eu l’idée, en programmant Le Jour où la Terre s’arrêta, réalisé en 1951 par Robert Wise. ­Cinéaste particulièrement apprécié de Jean-Pierre Melville, également monteur du Citizen Kane d’Orson Welles, il fut un de ces bons artisans hollywoodiens à l’œuvre inégale et remarquablement éclectique. Soixante ans de carrière, quarante longs-métrages, parmi lesquels des titres aussi marquants que Nous avons gagné ce soir (1949), West Side Story (1961), La Mélodie du bonheur (1965).
Nombreux seront les modernes à rendre hommage au film, de George Lucas à Paul ­Verhoeven etTim Burton
La science-fiction et le fantastique font aussi bien son affaire. Il a d’ailleurs commencé sa carrière au côté du célèbre producteur Val Lewton au studio RKO, où il signe La Malédiction des hommes-chats (1944) puis, d’après la nouvelle de Robert Louis Stevenson, Le ­Récupérateur de cadavres (1945). Le Jour où la Terre s’arrêta, tourné plus tardivement pour le compte de la Fox, adapte quant à lui une nouvelle d’Harry Bates publiée en 1940, Farewell to The Master. Ceci expliquant peut-être cela, le film sera donc une œuvre atypique de la science-fiction américaine des années 1950, durant lesquelles l’idéologie mise au service de la guerre froide fait des ravages dans les mœurs, les consciences et les œuvres. Plus volontiers pacifiste qu’anticommuniste, humaniste que nationaliste-délateur, le film, qui montre par surcroît un extraterrestre véritablement extraterrestre en ce qu’il est animé de bonnes intentions, est un vibrant plaidoyer contre l’arme nucléaire et l’équilibre de la terreur.
L’action se déroule à Washington, avec l’arrivée d’une soucoupe volante. L’extraterrestre qui en descend a forme humaine et belle prestance, il se nomme Klaatu, tient des propos conciliateurs et raisonnables. On lui tire néanmoins dessus. Hospitalisé, il demande à rencontrer urgemment les présidents des principales nations, mais on lui fait comprendre qu’ils sont en guerre et ont d’autres chats à fouetter. Il s’enfuit et entreprend, sous couvert d’un anonymat bientôt levé, de se faire une opinion de l’espèce humaine in vivo, contactant l’un des plus grands savants américains pour tenter de lui délivrer son message. Par ailleurs installé dans une modeste pension de famille, il devient ami avec un gentil garçonnet, inspire à sa mère des sentiments troubles, et trouve en l’amant de celui-ci, qui le dénonce, un prototype de la bêtise et de la méchanceté humaine.
Délicieusement kitsch
L’extraterrestre tient en guise d’adieu à l’espèce humaine un discours d’essence hobbesienne sur la nécessité pour les Terriens, ces apprentis sorciers atomiques, de se placer désormais sous la protection d’une police de l’espace créée pour maintenir la paix cosmique, sans quoi la Terre sera rayée dudit cosmos. Raidi par l’âge et doté d’accessoires délicieusement kitsch (la combinaison phosphorescente de Klaatu, le fouet à mayonnaise avec lequel il descend de l’engin…), le film se distingue néanmoins par son souci de réalisme et l’extrême parcimonie de ses effets.
Une soucoupe étincelante comme une assiette, un robot métallique doté d’un rayon désintégrateur (nommé Gnut dans la nouvelle, il devient Gort dans le film), une panne d’électricité générale, un extraterrestre distingué qui fleure l’after-shave anglais (le hiératique Michael ­Rennie, dans son unique premier rôle), et le tour est joué. Le film – soutenu par la composition pionnière pour thérémines du génial Bernard Herrmann – est par ailleurs suffisamment habité et inquiétant pour poser au grand ancêtre de la science-fiction intelligente. Nombreux seront les modernes à lui rendre hommage, de George Lucas jusqu’à Paul ­Verhoeven, en passant par Tim Burton qui parodie dans Mars ­Attacks ! la scène inaugurale du film et en inverse par malice la polarisation. Vous noterez enfin au passage le syntagme extraterrestre « Klaatu barada nikto », formule que des générations de fans énamourés et de petits malins se sont amusés à reprendre ici et là depuis plus de soixante ans.

Film américain de Robert Wise. Avec Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe (1 h 32). Sur le web: www.splendor-films.com, www.facebook.com/SplendorFilms/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Gary Oldman incarne l’homme d’Etat dans le film de Joe Wright, qui semble surtout conçu pour accumuler les trophées.
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« Les heures sombres » : la légende Winston Churchill pieusement relatée

Gary Oldman incarne l’homme d’Etat dans le film de Joe Wright, qui semble surtout conçu pour accumuler les trophées.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h57
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h20
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Dans un monde idéal, Les Heures sombres serait le volet politique d’un diptyque dont le panneau militaire serait Dunkerque, le beau film de Christopher Nolan. Joe Wright, le réalisateur des Heures sombres, qui a, par le passé, fait preuve d’ampleur (Reviens-moi, 2007) et d’invention (Anna Karenine, 2012), aurait acclimaté à Westminster la rigueur lyrique de Nolan. Mais le monde idéal n’existe pas, sinon Winston Churchill n’aurait pas précipité le cataclysme dans ­lequel son pays fut plongé en 1940 par sa complaisance à l’égard du camp franquiste pendant la guerre d’Espagne (1936-1939).
Les Heures sombres, malgré l’étonnante métamorphose de Gary Oldman, interprète de Churchill, ne s’élève pas au-dessus du tout-venant des productions ­manufacturées avec pour seul ­horizon le ressassement de la fierté nationale britannique (produit d’exportation particulièrement prisé aux Etats-Unis) et l’accumulation de trophées.
Une succession de réparties spirituelles et de confrontations mélodramatiques
Quelques jours après le début de l’offensive nazie en France, le premier ministre Neville Chamberlain (Ronald Pickup) est contraint à la démission. Malgré les réticences des partisans de l’appeasement, au premier rang desquels Lord Halifax (Stephen Dillane), le roi George VI (dans le rôle duquel Ben Mendelsohn a succédé à ­Colin Firth) fait appel au premier lord de l’Amirauté, Winston ­Churchill, malgré son impopularité dans la classe politique britannique, en particulier auprès des parlementaires de son propre camp, les conservateurs.
Comment mettre en scène ce moment d’ingénierie politique sur fond d’apocalypse militaire ? Plutôt que de s’aventurer dans les rouages et le cambouis (à la ­manière de Peter Morgan, le scénariste de The Queen, de Stephen Frears, et de la série The Crown), le scénario d’Anthony McCarten en fait une succession de réparties spirituelles, de confrontations mélodramatiques toutes mises en scène pour accentuer la stature héroïque du personnage principal, tel cet appel téléphonique désespéré à Franklin Delano Roosevelt (David Strathairn).
Britannique universel
Il faut avouer que ce serait un gâchis que de ne pas profiter de Gary Oldman. D’abord parce que cette prise de rôle, trente et un ans après que l’on a découvert Oldman sous les traits de Sid Vicious, dans Sid & Nancy, d’Alex Cox, fait de l’acteur le Britannique universel, capable d’incarner aussi bien les rebuts de la société que ses ­défenseurs les plus ardents. Après avoir bu le sang des Londoniennes (Dracula, de Coppola) et ­défendu les confettis de l’Empire contre le KGB (La Taupe, d’Alfredson), Gary Oldman se transforme en figure tutélaire du royaume.
C’est de transformation qu’il s’agit plus que d’incarnation. Epaissi, dégarni, Oldman adopte les intonations, les mimiques et les gestes de son modèle. C’est le rêve de tous les directeurs de ­musée de cire qui s’accomplit : du passé surgit un spectre en trois dimensions, paré de toutes les qualités – vision politique, ténacité, génie oratoire – et de juste ce qu’il faut de défauts pour rappeler que, de son vivant, il fut un être humain.
On ne s’étendra pas sur les résonances contemporaines de cette eulogie au temps du Brexit, on se contentera d’observer qu’elle prend ici la forme d’un spectacle simpliste, dont est évacué le principal intéressé – en l’occurrence le peuple britannique. Et quand scénariste et réalisateur tentent de réintroduire les loyaux sujets de Sa Majesté dans le jeu, le résultat touche au ridicule : au hasard d’une alerte aérienne, Sir ­Winston prend le « tube » et rencontre de vraies gens qui lui ­témoignent de leur admiration et de leur patriotisme.
C’est le rêve de tous les directeurs de ­musée de cire qui s’accomplit : du passé surgit un spectre en trois dimensions
Curieusement, Joe Wright, qui avait presque incidemment mis en scène ce moment de l’histoire britannique dans Reviens-moi et en avait extrait un mélange d’exaltation et de terreur, se trouve comme paralysé face à cette matière, comme si toute ­inflexion du panégyrique vers la complexité relevait du sacrilège.
Le film se détend par moments, lorsque l’on retrouve le grand homme dans son intimité. La peinture que Kristin Scott ­Thomas fait de Clementine ­Churchill, qui traite son alcoolique de mari (un trait impossible à passer sous silence) avec une ­attention ironique très maternelle, instille un peu d’humour dans ces Heures sombres empreintes d’esprit de sérieux. Quant à la grandeur, le film ne l’effleure que dans les séquences oratoires. Là, Gary Oldman peut s’envoler et toucher à la légende qui est ici pieusement relatée.

Film britannique de Joe Wright, avec Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Ben Mendelsohn, Lily James (2 h 05). Sur le web : www.facebook.com/UniversalFR

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 janvier)
Le Lion est mort ce soir, film franco-japonais de Nobuhiro Suwa (à ne pas manquer)Tharlo, le berger tibétain, film tibétain et chinois de Pema Tseden (à voir)Cœurs purs, film italien de Roberto De Paolis (à voir)Le Grand Jeu, film américain d’Aaron Sorkin (pourquoi pas)Les Heures sombres, de Joe Wright (pourquoi pas)El presidente, film argentin, espagnol et français de Santiago Mitre (pourquoi pas)L’Echappée belle, film italien et français de Paolo Virzi (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir :
A Fuller Life, documentaire américain de SamanthaBurn Out, film français de Yann GozlanFireworks, film d’animation japonais de Akiyuki Shinbo, Nobuyuki TakeuchiInsidious la dernière clé, film américain d’Adam Robitel





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Polar sexy mâtiné de drame filial, le film d’Aaron Sorkin, avec Jessica Chastain, peine à captiver faute de véritable enjeu.
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« Le grand jeu » : overdose d’adrénaline et d’addiction

Polar sexy mâtiné de drame filial, le film d’Aaron Sorkin, avec Jessica Chastain, peine à captiver faute de véritable enjeu.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h56
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 09h02
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Scénariste (Des hommes d’honneur ; The Social Network) et showrunner réputé (A la maison blanche), Aaron Sorkin passe enfin à la réalisation en adaptant les mémoires d’une ex-reine de poker clandestin, écrites en 2014 pour se renflouer après un mirifique naufrage. Donné pour réalisateur sur de multiples projets qui ont éclaté comme bulles de savon, Sorkin aura donc jeté son dévolu sur une histoire dont les ingrédients semblent un gage quasiment assuré de réussite.
Une héroïne empruntée à la réalité, qui porte un nom de roman (Molly Bloom, échappée de chez James Joyce). Une interprète de feu (Jessica Chastain). Un monde de la nuit enfiévré et plus grand que nature où s’entrechoquent le gratin du showbiz, celui des affaires et de la Mafia. Une relation père-fille compliquée par un secret de famille. Une parabole sur l’hybris américaine.

        Lire aussi la critique :
         

          « Miss Sloane » : souvenir d’une campagne perdue



Qu’on puisse se fourvoyer avec autant de tickets présumés gagnants en main est presque naturel. Trop gourmand, Sorkin a voulu tout jouer en même temps. Lebling-bling, le polar sexy, le drame filial, le film d’arnaque, le film de procès, le tout mouliné en deux heures vingt de narration désynchronisée pour faire plus malin et débité à cent à l’heure, sur la ligne néanmoins molle d’un freudisme de comptoir.
Tout commencerait par une compétition de ski. Membre de l’équipe américaine, Molly se prépare à la descente de sa vie avec les injonctions et autres flashs du paternel (Kevin Costner), obsédé de gagne, qui lui vrillent le cerveau. « La gaufre » qui s’ensuit lui casse la colonne et lui interdit toute carrière sportive mais lui ouvre les portes de l’université, à quoi, restant malgré tout la fille de son père, elle préfère celle de la réussite à tout prix, fût-elle frauduleuse.
Sérail hollywoodien
Engagée comme assistante et hôtesse auprès d’un organisateur de soirées VIP de poker clandestin, elle prend goût à la nuit et à l’argent facile, au point de voler rapidement de ses propres ailes. Racontée depuis son point de chute (arrestation au petit matin, rencontre avec son avocat, préparation du procès), sa résistible ascension la mène de salon en appartement de luxe, de Hollywood à New York, en embarquant des gens de moins en moins fréquentables (mafia russe et indics du FBI).
On voit bien ce qui a pu, dans ce récit d’addiction et d’adrénaline impliquant le sérail hollywoodien, intéresser à titre personnel Aaron Sorkin. Ce qui en ressort, qui n’est qu’un simulacre de complexité et d’énergie, manque pourtant cruellement d’enjeu.

Film américain d’Aaron Sorkin, avec Jessica Chastain (2 h 20). Sur le web : www.facebook.com/pg/sndfilms

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 janvier)
Le Lion est mort ce soir, film franco-japonais de Nobuhiro Suwa (à ne pas manquer)Tharlo, le berger tibétain, film tibétain et chinois de Pema Tseden (à voir)Cœurs purs, film italien de Roberto De Paolis (à voir)Le Grand Jeu, film américain d’Aaron Sorkin (pourquoi pas)Les Heures sombres, de Joe Wright (pourquoi pas)El presidente, film argentin, espagnol et français de Santiago Mitre (pourquoi pas)L’Echappée belle, film italien et français de Paolo Virzi (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir :
A Fuller Life, documentaire américain de SamanthaBurn Out, film français de Yann GozlanFireworks, film d’animation japonais de Akiyuki Shinbo, Nobuyuki TakeuchiInsidious la dernière clé, film américain d’Adam Robitel





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Les mésaventures d’un jeune homme naïf parti à Lhassa pour chercher une carte d’identité, et qui finit par y perdre la sienne.
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« Tharlo » : un berger thibétain séduit par le chant d’une sirène

Les mésaventures d’un jeune homme naïf parti à Lhassa pour chercher une carte d’identité, et qui finit par y perdre la sienne.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h55
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
L’heureuse sortie en salle du quatrième long-métrage de Pema Tseden permet de découvrir le travail de cet écrivain cinéaste, disciple du maître iranien Abbas Kiarostami, jusqu’alors jamais distribué en France en dehors du circuit des festivals, et tristement réputé pour ses démêlés avec les autorités chinoises – en juin 2016, une prise de bec avec des policiers, à l’aéroport de Xining, lui avait valu quelques jours d’hospitalisation et de détention.
Originaire de l’Amdo, à l’ouest de la Chine, il est l’un des rares à incarner l’hypothèse d’un cinéma tibétain qui ne soit pas de l’ordre de l’excursion exotique ou du particularisme revendiqué. Et il n’est pas étonnant, comme pour toute culture minoritaire et menacée, que ses récits rejouent à leur façon le mythe du jardin d’Eden, c’est-à-dire l’inévitable corruption de l’ancien par le nouveau, du village par la ville, de l’existence concrète par les séductions illusoires.

        Lire aussi le focus :
         

          L’itinéraire inattendu d’un film tibétain en Chine



C’est aussi, peu ou prou, ce que raconte Tharlo, sans déploration, sans commisération, mais avec l’âpre sinuosité d’un conte cruel. Tharlo, berger, se retrouve convoqué au poste de police pour l’émission, devenue obligatoire, de sa carte d’identité. Mais il lui manque les photos adéquates, qu’il doit aller faire dans la ville la plus proche. Sur place, il rencontre une coiffeuse, qui l’invite à boire puis à passer la nuit chez elle. Au petit matin, sur le ton du soupir amoureux, elle l’encourage à vendre son cheptel et fuir avec elle à Lhassa ou à Pékin. Sans flairer l’arnaque, le pauvre homme retourne dans ses paysages rocailleux et laisse cette promesse mûrir en lui… A la fin de l’aventure, décoiffé, renommé et frappé d’amnésie, il finira par récupérer sa carte, sans que l’on ne sache plus très bien de quelle identité celle-ci est la dépositaire.
Deux temporalités
Le film programme ainsi, étape par étape, la déconvenue de son berger trop naïf, selon les termes d’une écriture austère et rigoureuse, qui mêle un noir et blanc minéral à un découpage méditatif en longs blocs de temps. Il est vrai que le « plan qui dure » est devenu l’une des tartes à la crème d’un certain cinéma d’auteur radical chic. Mais ici, cette durée parfois pléthorique est la traduction sensible d’une rencontre entre deux mondes et, plus précisément, deux temporalités : celles, irréconciliables, de la ruralité et de l’urbanité. Le berger transporte avec lui ses cycles immémoriels, ses durées longues, qui permettent aux gens de la ville d’y enfouir leurs véritables intentions.
Chaque scène prend ainsi la forme d’un petit théâtre unitaire, que les acteurs habitent avec un naturel confondant, confinant par moments à la grâce (la scène du karaoké), tandis que la respiration longue du montage laisse les plans mourir à petit feu dans les silences des conversations. Le film en tire un alliage convaincant de dureté et de douceur, d’austérité et de générosité, de cruauté et de compassion qui fait tout son prix. Cédant parfois à l’écueil du « paysagisme » (notamment dans les scènes en montagne), Pema Tseden n’en orchestre pas moins une scansion fascinante de glissements du jour vers la nuit, où son protagoniste plonge tête baissée jusqu’à y laisser sa véritable personnalité.

Film chinois en langue tibétaine de Pema Tseden. Avec Shide Nyima, Yangshik Tso (2 h 03). Sur le web : www.eddistribution.com/tharlo-berger-tibetain , www.facebook.com/eddistribution/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Santiago Mitre tente de mêler réalisme magique et politique fiction.
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« El Presidente » : en Argentine, lutte de pouvoirs au sommet

Santiago Mitre tente de mêler réalisme magique et politique fiction.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h54
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Un temps, on se croirait dans un Borgen des antipodes. Hernan Blanco (Ricardo Darin), président argentin fraîchement élu, s’apprête à participer à un sommet régional au Chili. Le jeune réalisateur argentin Santiago Mitre a obtenu l’autorisation de tourner dans le palais présidentiel de Buenos Aires que les acteurs arpentent avec les mines préoccupées qui siéent aux décideurs. Mais le cinéaste a d’autres ambitions, qui vont faire dérailler la mécanique que l’on avait entrevue, faisant d’El Presidente un film moins ordinaire, mais aussi plus imparfait.
A la veille de ce sommet, Hernan Blanco est averti de la prochaine publication d’informations compromettantes au temps où il était gouverneur d’une province. Hernan Blanco, dont la position sur l’échiquier politique argentin n’est pas définie (on comprend qu’il n’est de toute façon pas péroniste), est un homme nouveau, issu du peuple, et tout soupçon de corruption grèverait ce capital politique encore inentamé.

        Lire aussi le portrait :
         

          Ricardo Darín, acteur sans frontières



Entravé par cette menace, le président s’envole néanmoins pour la station de sports d’hiver chilienne où se tiendra le sommet. Là, il rencontre des homologues inspirés de la réalité, une présidente chilienne aussi affable que Michelle Bachelet, un chef de l’Etat brésilien aussi impérieux que Lula. Le Mexicain, suavement interprété par Daniel Gimenez Cacho, est une synthèse de l’onctuosité de MM. Calderon et Peña Nieto. Autour de l’enjeu du sommet – un pacte énergétique qui consacrerait la primauté du Brésil dans la région –, Santiago Mitre (scénariste, avec Mariano Llinas) déploie une métaphore sur l’ombre permanente que les Etats-Unis étendent sur tout un continent, ombre qui s’incarne en la personne de Christian Slater, machiavélique à souhait. Pendant ce temps, une vedette du journalisme hispanophone interviewe les participants au sommet. Voilà pour la politique-fiction, construite sur le modèle d’A la Maison Blanche, via la télévision danoise.
Nœud de vipères
L’irruption de Marina (Dolores Fonzi), la fille du président, introduit d’autres enjeux. C’est par elle – plus exactement par son ex-mari – que menace le scandale. Mais au lieu de simplement représenter la sphère privée, ce nœud de vipères qui risque d’empoisonner la vie publique, le personnage est investi de pouvoirs quasi magiques, mis au jour par un étrange personnage d’hypnothérapeute chilien (Alfredo Castro). Si la pirouette avait réussi, l’injection de cette dose de réalisme magique dans la chronique politique aurait fait d’El Presidente un prototype impressionnant. La sagesse de la mise en scène et la peine que les scénaristes mettent à nouer ces deux fils narratifs le maintiennent au rang d’expérience intéressante à ne pas renouveler.

Film argentin de Santiago Mitre. Avec Ricardo Darin, Dolores Fonzi, Alfredo Castro, Daniel Gimenez Cacho (1 h 54). Sur le web : distribution.memento-films.com, www.facebook.com/mementofilms.distrib/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film de Roberto De Paolis évite avec subtilité les écueils de la chronique sociale.
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Sortie cinéma : « Cœurs purs », une romance romaine moderne

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le film de Roberto De Paolis évite avec subtilité les écueils de la chronique sociale.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h53
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 11h12
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde - A voir
Agnese, jeune adolescente de 18 ans est choyée par une mère très pieuse qui exige d’elle qu’elle fasse vœu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, enchaîne les petits boulots précaires. Tous deux vivent à Rome : lorsqu’ils se rencontrent au détour d’un incident, leur relation mettra à mal les principes rigoristes auxquels Agnese obéit. Entre amour et religion, il faudra choisir. Au premier abord, Cœurs purs, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, donne le sentiment de voir le cinéma italien une nouvelle fois englué dans la chronique sociale un peu terne qui peine à faire surgir l’imaginaire. Mais subtilement le film échappe aux écueils du genre qui s’effacent devant ce coup de foudre naissant. Le romantisme échevelé et la sensualité débordante de certaines scènes et des deux acteurs parviennent finalement à exploser les limites parfois étriquées du petit film réaliste et l’emmènent ailleurs, vers le récit d’un amour fou qui fait désordre.  

Film italien de Roberto De Paolis, avec  Selene Caramazza, Simone Liberati, Barbora Bobulova. 1h55. Sortie le 3 janvier 2018. Sur le web : www.ufo-distribution.com/prochainement/cuori-puri/, www.facebook.com/ufodistrib/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le réalisateur italien Paolo Virzi offre un petit cadre à deux immenses acteurs, Donald Sutherland et Helen Mirren.
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« L’Echappée belle » : road movie de fin de vie

Le réalisateur italien Paolo Virzi offre un petit cadre à deux immenses acteurs, Donald Sutherland et Helen Mirren.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 08h53
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - pourquoi pas
Si vous avez plus de 70 ans et que vous n’avez jamais joué un vieillard frappé d’une forme ou d’une autre de démence sénile, vous n’êtes pas un grand acteur. En vertu de cette règle hollywoodienne tacite, Donald Sutherland est atteint de la maladie d’Alzheimer dans ce petit road movie tourné aux Etats-Unis par l’Italien Paolo Virzi. On aimerait voir dans les EPHAD des patients aussi altiers que l’immense acteur canadien. Mais tout le talent de Sutherland, auquel vient s’ajouter le renfort considérable du jeu de Helen Mirren (elle incarne son épouse, plus jeune, mais arrivée à la phase terminale de son cancer) ne suffit pas à éviter les pièges tendus par les ressorts dramatiques de cette Echappée belle.
Stations sentimentales prévisibles
Ella (Helen Mirren) et John (Donald Sutherland) Spencer se soustraient à la surveillance affectueuse de leurs deux enfants adultes pour remettre en service leur mobile home, baptisé le Leisure Seeker (le chercheur de loisir, d’oisiveté) et quitter le New Jersey pour la Floride, où ils espèrent visiter la maison d’Ernest Hemingway. C’est que John fut professeur d’anglais, de ceux que ses anciens élèves reconnaissent des années plus tard, à travers le brouillard des années et la brume des larmes que fait jaillir l’émotion des retrouvailles.
Plus encore que la géographie des étapes (les sites historiques du Sud – dont est originaire Madame, la côte géorgienne, les keys de Floride), ce sont les stations sentimentales de ce trajet que l’on devine à peine la clé de contact tournée pour la première fois. Il faudrait dévoiler l’issue parfaitement prévisible de l’Echappée belle pour dire tout le mal que l’on pense du procédé qui consiste à rendre comestibles (enfin… drôles, attendrissants) les derniers chapitres d’existences ravagées par la maladie. L’engagement des acteurs (Donald Sutherland sait à merveille entrer et sortir de l’état de conscience, Helen Mirren ferait presque croire qu’elle est vraiment malade) n’y change rien, il ne faut pas ciller quand on parle de ces affaires, comme l’avait bien compris Michael Haneke lorsqu’il a dirigé Amour.

Film italien et américain de Paolo Virzi, avec Donald Sutherland, Helen Mirren (1 h 52). Sur le web : www.bacfilms.com, www.facebook.com/bacfilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’orchestrateur de la bande originale du film sorti en 1999 explique les subtilités de cette musique qui ponctue l’affrontement entre Qui-Gon Jinn, Obi-Wan Kenobi et Darth Maul.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Jean-Pierre Léaud est parfait dans ce conte fantastique subtil, plein de moments cocasses et de mélancolie.
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Sortie cinéma : « Le lion est mort ce soir », fantaisies enfantines autour du temps qui passe

Jean-Pierre Léaud est parfait dans ce conte fantastique subtil, plein de moments cocasses et de mélancolie.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h04
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - A ne pas manquer
Parce que le tournage du film auquel il participait, dans le sud de la France, est interrompu quelques jours, un acteur vieillissant décide de retrouver, dit-il, une amie qu’il n’a pas vue depuis longtemps. L’objet de sa quête est en fait le souvenir d’un amour de jeunesse, mort il y a des années. C’est donc à la rencontre d’un fantôme que se rend l’homme, un fantôme qui resurgit et avec qui il va dialoguer dans la maison abandonnée où il s’est installé.
L’acteur, c’est Jean-Pierre Léaud qui l’incarne, introduisant immédiatement dans le plan la mémoire de ce dont il a été lui-même l’emblème, celui d’un cinéma moderne dont le souvenir est désormais un peu lointain.
Une aventure peuplée d’événements imprévus
Au cours d’une brève séquence, il retrouve ainsi une femme interprétée par Isabelle Weingarten : réminiscence et clin d’œil, résurrection brève d’un couple renvoyant subliminalement à La Maman et la Putain, soit une des plus grandes œuvres du cinéma français moderne… Mais Léaud est surtout un comédien qui déjoue tous les naturalismes, et qui va engendrer immédiatement une sensation d’irréalité parfaite pour ce qui s’avère une sorte de conte fantastique très inattendu.

        Voir aussi le portrait :
         

          Le soleil noir du roi Léaud



Le vieux comédien est dérangé dans sa retraite par un groupe de gamins et de gamines qui ont en tête de tourner un film dans le cadre de ce que l’on devine être un programme scolaire. Découvrant sa profession, ils parviennent à le convaincre de participer à leur projet et lui demandent d’accepter un rôle. Ils écoutent ses conseils et iront de surprise en surprise grâce à sa capacité, parfois burlesque, d’improvisation.
Dès lors, le récit semble suivre les détours d’une aventure peuplée d’événements imprévus. Le ciel méditerranéen, les rues lumineuses du Midi de la France, les couloirs frais et obscurs d’une demeure antique constituent le théâtre et le décor de saynètes réjouissantes, d’une spontanéité trompeuse. Le vieil acteur surprend les enfants eux-mêmes à la fois par sa juvénilité clownesque et par sa capacité à les interroger sur le fondement même de leur désir de filmer une histoire de maison hantée. Cette rencontre va ainsi se transformer, très subtilement, en un récit d’initiation collective.
Des moments cocasses
Ce qui pourrait ne constituer qu’une allégorie facile se révèle une redoutable machine où s’imbriquent, avec virtuosité, spontanéité et maîtrise, vision documentaire et construction mentale. Tout cela n’est guère étonnant lorsque l’on se souvient que l’on avait découvert le cinéaste Nobuhiro Suwa avec son deuxième long-métrage, en 1999, M/Other, chronique d’une vie familiale tout autant qu’approche conceptuelle de la notion de vie quotidienne.
La rencontre des enfants et du vieux comédien ne repose que superficiellement sur celle d’une confrontation entre une vitalité prétendument représentée par ceux-ci et une sérénité qui serait celle de l’homme âgé.
Une redoutable machine où s’imbriquent, avec virtuosité, spontanéité et maîtrise, vision documentaire et construction mentale
D’abord parce que Léaud, devenu une véritable figura, est bien loin de tout ça, possédé lui-même par un esprit enfantin qui déjoue toutes les attentes. Ensuite parce que les enfants, derrière l’amusement et le jeu qu’induit le tournage de leur petit film, tournage donnant lieu à des moments cocasses, incarnent moins la négation de l’obsession morbide de l’homme confit dans le souvenir d’un amour défunt qu’ils n’en proposent, dans leur candide projet, une variation, une sublimation paradoxale.
Car c’est de la mort que parle le film de Nobuhiro Suwa, la mort acceptée comme une péripétie inévitable mais également comme un moment de la vie elle-même. Et l’histoire de fantômes que les gamins ambitionnent de tourner dans les couloirs de cette maison en ruines, histoire issue d’imaginations emplies à la fois de contes de terreur tout autant que de films hollywoodiens à effets spéciaux, serait ainsi la conscience infantile du néant.
Là réside sans doute la subtilité de Le lion est mort ce soir, dans le refus de ce clivage trop facile. Le deuil et la mélancolie, la vision stoïcienne de la fin de toutes choses sont délicatement soumis au crible d’une fantaisie enfantine. C’est le nouveau tour de force d’un cinéaste qui poursuit une œuvre rare, intransigeante et unique.


LE LION EST MORT CE SOIR - Bande Annonce from Shellac on Vimeo.

« Le lion est mort ce soir », film français de Nobuhiro Suwa. Avec Jean-Pierre Léaud, Isabelle Weingarten, Pauline Etienne (1 h 43). Sur le Web : Shellac-altern.org , Facebook.com/toma.shellac

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 janvier)
Le Lion est mort ce soir, film franco-japonais de Nobuhiro Suwa (à ne pas manquer)Tharlo, le berger tibétain, film tibétain et chinois de Pema Tseden (à voir)Cœurs purs, film italien de Roberto De Paolis (à voir)Le Grand Jeu, film américain d’Aaron Sorkin (pourquoi pas)Les Heures sombres, de Joe Wright (pourquoi pas)El presidente, film argentin, espagnol et français de Santiago Mitre (pourquoi pas)L’Echappée belle, film italien et français de Paolo Virzi (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir :
A Fuller Life, documentaire américain de SamanthaBurn Out, film français de Yann GozlanFireworks, film d’animation japonais de Akiyuki Shinbo, Nobuyuki TakeuchiInsidious la dernière clé, film américain d’Adam Robitel





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


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Nouveautés, reprises, rétrospective : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 08h47
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, oublions la tempête, la pluie et le froid et offrons-nous le réconfort d’une toile sur grand écran…
« Le lion est mort ce soir » : Léaud le gentil fantôme

Parce que le tournage auquel il participait, dans le sud de la France, est interrompu quelques jours, un acteur vieillissant décide de retrouver, dit-il, une amie qu’il n’a pas vue depuis longtemps. L’objet de sa quête est en fait le souvenir d’un amour de jeunesse, morte il y a des années. C’est donc à la rencontre d’un fantôme auquel se rend l’homme, un fantôme qui resurgit et avec qui il va dialoguer dans la maison abandonnée où il s’est installé. Le vieux comédien est dérangé dans sa retraite par un groupe de gamins et de gamines qui ont en tête de tourner un film dans le cadre de ce que l’on devine être un programme scolaire.
L’acteur, c’est Jean-Pierre Léaud qui l’incarne, introduisant immédiatement dans le plan la mémoire de ce dont il a été lui-même l’emblème, celui d’un cinéma moderne dont le souvenir est désormais un peu lointain. Ce qui pourrait ne constituer qu’une allégorie facile se révèle une redoutable machine où s’imbrique, avec virtuosité, spontanéité et maîtrise, vision documentaire et construction mentale. Jean-François Rauger
« Le lion est mort ce soir », film français de Nobohiro Suwa. Avec Jean-Pierre Léaud, Isabelle Weingarten, Pauline Etienne (1 h 43).
« Tharlo le berger tibétain » : fable édénique et minoritaire

Tharlo, berger des hautes montagnes tibétaines, se retrouve convoqué au poste de police pour l’émission, devenue obligatoire, de sa carte d’identité. Mais il lui manque encore les photos adéquates, qu’il doit aller faire dans la ville la plus proche. Sur place, il rencontre une jeune coiffeuse, qui l’invite à boire puis à passer la nuit chez elle. Au petit matin, sur le ton du soupir amoureux, elle l’encourage à vendre son cheptel pour fuir avec elle à Lhassa ou à Pékin. Sans flairer l’arnaque, le pauvre homme retourne dans ses paysages rocailleux et laisse cette promesse mûrir en lui.
L’heureuse sortie en salle du quatrième long-métrage de Pema Tseden permet enfin de découvrir le travail de cet écrivain cinéaste, disciple du maître iranien Abbas Kiarostami, jusqu’alors jamais distribué en France en dehors du circuit des festivals, et tristement réputé pour ses récents démêlés avec les autorités chinoises – en juin 2016, une prise de bec avec des policiers, à l’aéroport de Xining, lui avait valu quelques jours d’hospitalisation et de détention. Originaire de l’Amdo, à l’ouest de la Chine, il est l’un des rares à incarner aujourd’hui l’hypothèse d’un cinéma tibétain qui ne soit pas de l’ordre de l’excursion exotique ou du particularisme revendiqué. Mathieu Macheret
« Tharlo le berger tibétain », film chinois en langue tibétaine de Pema Tseden. Avec Shide Nyima, Yangshik Tso. (2 h 03).
« Le jour où la terre s’arrêta » : mais qui c’est ce mec-là ?

Si on commençait l’année par la fin du monde ? On remerciera Splendor Films, distributeur patrimonial plein d’allant, d’en avoir eu l’idée, en programmant Le jour où la Terre s’arrêta, réalisé en 1951 par Robert Wise. Cinéaste particulièrement apprécié de Jean-Pierre Melville, également monteur du Citizen Kane d’Orson Welles, il fut un de ces bons artisans hollywoodiens à l’œuvre inégale et remarquablement éclectique. Le jour où la Terre s’arrêta, tourné en 1951 pour le compte de la Fox, adapte une nouvelle d’Harry Bates publiée en 1940, Farewell to The Master. Ceci expliquant peut-être cela, le film sera donc une œuvre atypique de la science-fiction américaine des années 1950, durant lesquelles l’idéologie mise au service de la guerre froide fait des ravages dans les mœurs, les consciences et les œuvres.
Plus volontiers pacifiste qu’anticommuniste, humaniste que nationaliste-délateur, le film montre un extraterrestre véritablement extraterrestre en ce qu’il est animé de bonnes intentions et qu’il tient son hiératisme de l’acteur plus anglais que nature qui l’interprète. Plaidoyer contre l’arme nucléaire et l’équilibre de la terreur, œuvre relativement sobre et réflexive, Le jour où la Terre s’arrêta est devenu un titre légendaire. Jacques Mandelbaum
« Le jour où la terre s’arrêta », film américain de Robert Wise. Avec Michael Rennie, Patricia Neal, Hugh Marlowe. (1 h 32)
« Samuel Fuller » : Rétrospective à la cinémathèque

Du 3 janvier au 15 février, la Cinémathèque française met à l’honneur Samuel Fuller (1912-1997), l’un des cinéastes les plus originaux de sa génération, ex-journaliste puis soldat d’infanterie lors de la seconde guerre mondiale, en lui consacrant une rétrospective. Sans doute est-il important de redécouvrir une œuvre ayant vivement contribué au passage à l’âge adulte du cinéma américain, en décloisonnant les conventions hollywoodiennes, les ouvrant à un gain de réalisme, de complexité, d’ambiguïté sexuelle, de diversité éthique et sociale, de curiosité pour le monde au-delà des Etats-Unis et à l’intérieur de ceux-ci.
Sur le chemin qui a mené d’un classicisme imperturbable à la conquête d’une conscience moderne (Cassavetes, Cimino, Rafelson, Friedkin, Altman) et inquiète, les films de Fuller – de J’ai tué Jesse James (1949) à Dressé pour tuer (1982), en passant par La Maison de bambou (1955) et Au-delà de la gloire (1980) – occupent la première marche. Ma. Mt
Rétrospective Fuller, La Cinémathèque Française, 51, rue de Bercy, Paris 12e.



                            


                        

                        

