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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes, la ville d’Omar Sy, de Benoît Hamon et de Nicolas Anelka. Portrait d’une banlieue rugueuse des Yvelines.
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« La Communauté » : plongée dans la ville de Trappes, de Jamel Debbouze au fondamentalisme musulman

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes, la ville d’Omar Sy, de Benoît Hamon et de Nicolas Anelka. Portrait d’une banlieue rugueuse des Yvelines.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 18h15
    |

            Ariane Chemin et 
Raphaëlle Bacqué








                        



                                


                            

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au « Monde », publient, jeudi 4 janvier chez Albin Michel, leur enquête sur Trappes. « Le Monde » en publie des extraits en avant-première.
Bonnes feuilles. Béchir est mort ! Il a été retrouvé une seringue plantée dans l’avant-bras, un matin, dans une cave de Léo-Lagrange : overdose d’héro. Ses voisins avaient depuis longtemps remarqué son regard vitreux, sa démarche hésitante, mais la nouvelle secoue le square comme un électrochoc. Béchir vivait seul avec sa mère depuis la mort de son père. Chacun essayait à sa manière d’aider la famille à joindre les deux bouts. Si son décès, au début des années 1990, bouleverse tant ses voisins, c’est parce que la drogue a tué un garçon qui était plus que d’autres un enfant du quartier.
Léo-Lagrange n’est plus le square d’il y a dix ans, quand les Algériens, les juifs d’Afrique du Nord et les Portugais se mélangeaient aux « Gaulois » et que leurs enfants jouaient ensemble au pied de l’immeuble (…) Les halls se sont déglingués, des bandes « biznessent » dans les escaliers et plus une boîte aux lettres ne ferme (…) Il a fallu murer les caves pour tenter de limiter les trafics et le local à poubelles est devenu un coupe-gorge. Au collège, les enfants des pavillons surnomment le square « Léo-la-jungle ».
« Pour rejoindre son appartement, il faut regarder droit devant soi dans le hall, ne pas s’attarder sur les dealers qui le squattent, et parfois montrer patte blanche pour qu’ils déplacent les Caddie barrant l’escalier. »
Pas un mois désormais sans qu’à Trappes ne tombe un « grand. » Dans les banlieues françaises, l’héroïne est devenue un fléau, une catastrophe nationale qui se déploie en silence. A Camus, à George-Sand, à la Commune, cuillères et citrons jonchent les bosquets. On retrouve des seringues au milieu des balançoires et des bacs à sable où jouent les « petits ». Pour rejoindre son appartement, il faut regarder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les économistes Ivar Ekeland et Jean-Charles Rochet ouvrent le débat, dans une tribune au « Monde », sur la concurrence entre cryptomonnaies et monopole étatique en matière de création monétaire.
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« La monnaie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux banques centrales ou aux “technofreaks” »

Les économistes Ivar Ekeland et Jean-Charles Rochet ouvrent le débat, dans une tribune au « Monde », sur la concurrence entre cryptomonnaies et monopole étatique en matière de création monétaire.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 17h36
    |

Ivar Ekeland (mathématicien et économiste, ancien président de l’université Paris-Dauphine) et Jean-Charles Rochet (professeur à l’université de Ge...







                        



                                


                            

Tribune. Les économistes appellent « bulle spéculative » le phénomène, hélas trop fréquent, qui voit les prix d’un actif, réel ou financier, s’envoler bien au-dessus de sa valeur fondamentale. L’histoire abonde de tels épisodes, plus ou moins pittoresques, comme la bulle des tulipes aux Pays-Bas au XVIIe siècle ou, plus près de nous, la bulle Internet de la fin des années 1990 et la bulle immobilière du début du siècle aux Etats-Unis, qui a abouti à la fameuse crise des subprimes en 2008-2009. Les bulles spéculatives finissent toujours par éclater, c’est-à-dire que le prix des actifs concernés finit par s’effondrer brutalement, entraînant dans sa chute tous ceux qui n’ont pas sauté à temps.
Mais la caractérisation d’une bulle est souvent sujette à caution, car il est très difficile d’évaluer la valeur fondamentale d’un actif. Ainsi, la valeur fondamentale d’une action est-elle définie comme la somme actualisée de tous les dividendes futurs que versera l’entreprise qui a émis cette action. Mais le plus souvent, nul n’a la moindre idée du montant de ces dividendes futurs, ni même de la durée de vie de l’entreprise en question. Dans la plupart des cas, on ne peut vraiment reconnaître une bulle que quand il est trop tard, c’est-à-dire quand elle a éclaté.
Un cas d’école
Le bitcoin est en revanche un cas d’école de bulle spéculative, car sa valeur fondamentale est clairement nulle : jamais le détenteur d’un bitcoin ne recevra le moindre coupon ou dividende. Sa seule utilité est de servir de moyen de paiement pour un certain type de transactions, parfois en marge de la légalité. Bitcoin, comme son clone ether (géré par la plate-forme Ethereum) est une cryptomonnaie, c’est-à-dire une monnaie qui n’est ni contrôlée ni garantie par un gouvernement.
Il fascine pour tout un tas de raisons : les conditions dans lesquelles il est apparu et s’est développé (personne ne connaît son mystérieux fondateur, Satoshi Nakamoto),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. L’accord sur le nucléaire iranien est une source indirecte du mouvement de protestation populaire qui embrase le pays depuis une semaine et pourrait aussi en être une victime collatérale. Les désaccords occidentaux sur cette affaire la compliquent.
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Divisions transatlantiques sur l’Iran

Editorial. L’accord sur le nucléaire iranien est une source indirecte du mouvement de protestation populaire qui embrase le pays depuis une semaine et pourrait aussi en être une victime collatérale. Les désaccords occidentaux sur cette affaire la compliquent.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 12h02
   





                        


Editorial du « Monde ». Le mouvement de protestation populaire qui embrase l’Iran depuis une semaine place les Occidentaux dans une position difficile : l’accord sur le nucléaire iranien, dont ils sont signataires, est une source indirecte de cette contestation et pourrait aussi en être une victime collatérale.
Conclu le 14 juillet 2015 entre l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) plus l’Allemagne, et l’Union européenne, l’accord prévoit le gel par Téhéran de certaines de ses activités nucléaires, en échange de la levée des sanctions qui frappaient le régime iranien. La signature de l’accord, promue par l’aile réformatrice du régime menée par le président Hassan Rohani, et les espoirs d’investissements étrangers qu’elle a suscités avec la perspective de la levée des sanctions, a fait naître dans la population de fortes attentes d’amélioration de la situation économique. Ces attentes, cependant, ne se sont guère concrétisées, les réticences de la présidence Trump ayant paralysé les ambitions européennes de retour en Iran.

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                Inflation, chômage des jeunes, dépendance au pétrole : 4 graphiques sur la situation en Iran



L’affaire est d’autant plus compliquée que les Occidentaux sont très nettement divisés sur l’Iran. Sans craindre de jeter de l’huile sur le feu, le président Donald Trump a ouvertement, et à plusieurs reprises, encouragé les manifestants iraniens dès le début du mouvement. La Maison Blanche voit dans l’expression de ce soutien une occasion de plus de se démarquer du prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama, qui s’était montré très prudent face au « mouvement vert », brutalement réprimé, de 2009. Conscients de la confusion sur le terrain, les Européens, eux, se sont limités à rappeler l’exigence du respect de la liberté d’expression et de manifestation, et à dire leur « préoccupation » face à la répression, qui a déjà causé une vingtaine de morts.
Période délicate pour Washington
Ces différences de réactions occidentales ont pour toile de fond une franche opposition sur l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien. M. Trump ne cache pas son hostilité envers l’Iran et pour ce texte, alors que les Européens tiennent à le préserver. Amené à prendre position sur la certification de l’accord en octobre, le président américain avait opté pour une demi-mesure, refusant de certifier lui-même le texte mais laissant au Congrès la responsabilité d’en améliorer les termes. Les choses ont peu évolué depuis.
Or la période actuelle est délicate pour Washington. Entre le 11 et le 17 janvier, M. Trump affronte de nouvelles échéances déterminantes pour le sort de l’accord sur le nucléaire iranien : il devra à nouveau décider s’il certifie l’accord et confirme la levée des sanctions vis-à-vis de Téhéran, ou s’il le dénonce formellement. Cette deuxième hypothèse, ajoutée aux désordres dans les villes d’Iran, aggraverait sans doute la tension à Téhéran.

        Lire aussi :
         

                Iran : la stratégie d’équilibriste de la France



En France, le président Macron, qui souhaite se rendre en Iran cette année, tente de concilier la défense de l’accord, les inquiétudes sur le rôle de l’Iran dans la déstabilisation régionale, le maintien du dialogue avec le président Rohani, avec lequel il s’est entretenu par téléphone mardi soir 2 janvier, et la prudence face à un mouvement qui peut être écrasé dans le sang. Il a donc appelé M. Rohani à la « retenue » et à « l’apaisement », et demandé au ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, de reporter sa visite à Téhéran prévue vendredi. Sage décision, qui tranche avec l’agitation à Washington.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’ancien président de l’ONG Médecins sans frontières explique la difficulté, technique ou politique, d’obtenir des chiffres fiables sur le coût humain des catastrophes naturelles.
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Rony Brauman : « C’est la première fois que la mortalité indirecte liée à une catastrophe fait débat »

L’ancien président de l’ONG Médecins sans frontières explique la difficulté, technique ou politique, d’obtenir des chiffres fiables sur le coût humain des catastrophes naturelles.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 12h44
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Ancien président de l’ONG Médecins sans frontières et actuel directeur d’études du Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires de la Fondation MSF, le docteur Rony Brauman, 67 ans, explique la difficulté d’obtenir des chiffres fiables sur le coût humain des catastrophes naturelles.
Comment quantifie-t-on les pertes humaines liées aux catastrophes naturelles ?
C’est très variable et approximatif. On se base sur des critères géographiques et démographiques. On applique un taux d’attrition (pourcentage de victimes) hypothétique à la population de la zone touchée.
J’ai constaté, à Port-au-Prince, que c’est la méthode qui avait abouti à une estimation d’environ 300 000 morts après le séisme de 2010. Cette méthode comporte cependant deux facteurs d’imprécision : d’abord, la démographie n’est pas tenue à jour dans tous les pays, ensuite, le pourcentage de victimes varie selon l’heure de la journée à laquelle survient l’événement, la qualité du bâti, la densité de l’habitat et la puissance du phénomène.
Les bilans suivent donc systématiquement une courbe d’emballement lors des catastrophes naturelles majeures, c’est-à-dire dont l’ampleur dépasse le millier de morts. Ils passent d’une sous-estimation initiale à une surestimation qui peut être très forte. On retrouve généralement des chiffres réalistes trois ou quatre semaines plus tard. Ça n’est pas l’effet d’une manipulation, mais le résultat des difficultés techniques rencontrées.
Existe-t-il tout de même des cas de manipulation des chiffres des bilans humains ?
Un Etat peut minimiser ces chiffres pour ne pas perdre la face, ou au contraire les exagérer pour susciter l’attention et s’assurer davantage d’aide financière et matérielle mais, contrairement aux bilans humains de conflits armés comme ceux du Soudan ou du Darfour, les bilans liés aux catastrophes naturelles sont rarement controversés. Car ils ne sont pas soumis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’Union européenne est mal armée pour contraindre un pays membre à respecter ses valeurs fondatrices, estime, dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles.
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« Face à la Pologne, l’UE est désormais dos au mur »

L’Union européenne est mal armée pour contraindre un pays membre à respecter ses valeurs fondatrices, estime, dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 07h27
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 11h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’était en septembre 2016, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, brisait un tabou bruxellois, reconnaissant devant les eurodéputés que l’Union européenne vivait une « crise existentielle », qu’elle était en danger de mort. Vote du Brexit au Royaume-Uni, crise migratoire, percées populistes, élections à haut risque aux Pays-Bas puis en France quelques mois plus tard… L’Union avait certes échappé à la sortie de la Grèce de la zone euro, mais jusqu’à présent si résiliente, elle était menacée d’effondrement si les gouvernements continuaient à la négliger ou la dénigrer au lieu de tenter de l’améliorer au bénéfice de la majorité de leurs citoyens.
En quelques mois, le ciel européen s’est brusquement dégagé. L’extrême droite néerlandaise a raté son pari de sortir en tête des législatives de mars 2017, les Français ont choisi un jeune président plein d’ambitions réformatrices pour l’Europe, qui a rendu à l’Hexagone son rôle de moteur de l’Union. La croissance s’est montrée plus dynamique qu’attendu, tandis que l’élection de Trump aux Etats-Unis et le choix des Britanniques de prendre le large ont ressoudé les Etats membres.
Pourtant, en ce tout début d’année, derrière l’optimisme de façade, la crise existentielle est toujours latente. Les dérives autoritaires du premier ministre hongrois Viktor Orban, chantre des démocraties « non libérales » et, plus récemment, les atteintes du gouvernement polonais à l’indépendance de sa justice, sapent les fondements d’une construction politique conçue après guerre comme une association volontaire de démocraties libérales.
Une procédure inédite
Après deux années de dialogue infructueux, la Commission s’est résolue le 20 décembre 2017 à recommander contre la Pologne le déclenchement de l’article 7 des traités, visant à corriger des violations graves et systématiques à l’Etat de droit, après l’adoption sous l’impulsion du parti Droit et Justice (PiS), de réformes mettant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ambassadeur de France à Damas suggère que Paris devrait s’inspirer du processus qui a mis fin à la guerre en Bosnie en 1995.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/01/2018
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Michel Duclos : « Nous pourrions réfléchir à une sorte de “Dayton” pour la Syrie »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ambassadeur de France à Damas suggère que Paris devrait s’inspirer du processus qui a mis fin à la guerre en Bosnie en 1995.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 07h21
    |

Michel Duclos (ancien ambassadeur en Syrie, conseiller spécial à l'Institut Montaigne)







                        



                                


                            
Tribune. Dans son interview du 16 décembre 2017, Emmanuel Macron a consacré quelques minutes à la Syrie. Pas un mot sur l’usage systématique du viol par les services syriens ou sur le siège et le bombardement de la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas ; son propos a essentiellement concerné la personne de Bachar Al-Assad : il va falloir parler avec lui lorsque les Occidentaux auront fini de vaincre l’organisation Etat islamique (EI) et l’homme devra rendre compte de ses crimes devant son peuple et devant la justice internationale.
Force est de constater, aujourd’hui, que le Kremlin traite par le dédain notre proposition de « groupe de contact »
On peut être d’accord ou non avec ce que mentionne le président de la République sur ce sujet, mais ce qui paraît étrange, c’est cette focalisation sur la question d’Assad. Le chef de l’Etat ne tombe-t-il pas dans le même piège que ses prédécesseurs, dont la rhétorique anti-Assad couvrait une politique finalement peu active, au moins sur le terrain, privant la France de tout réel levier ? L’insistance répétée de M. Macron sur la « non-précondition du départ d’Assad » et sur « Assad n’est pas notre ennemi », ne risque-t-elle pas de constituer une distraction par rapport à une vraie feuille de route ?
On avait pu penser, il y a quelques mois, que l’inflexion du langage opérée par la France sous M. Macron allait au moins rétablir notre relation avec la Russie et renforcer notre influence sur sa politique syrienne. Force est de constater, aujourd’hui, que le Kremlin traite par le dédain notre proposition de « groupe de contact », que nous ne sommes pas plus qu’avant associés au « processus d’Astana » (Russie, Iran, Turquie), et que Moscou franchit allègrement la « ligne rouge humanitaire » – dans la Ghouta orientale, en ce moment, par exemple – fixée par M. Macron à M. Poutine lors de leur rencontre à Versailles, fin mai 2017.
Agir sur le processus...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Clément Therme estime que la République islamique se trouve dans une double impasse, économique et politique, qui explique les manifestations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Iran : « Un désaveu cinglant pour les partisans d’un gouvernement religieux »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Clément Therme estime que la République islamique se trouve dans une double impasse, économique et politique, qui explique les manifestations.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 04h00
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 11h37
    |

                            Clément Therme (Chercheur pour le programme Moyen-Orient de l'International Institute for Strategic Studies (IISS)








                        



                                


                            

Tribune. Après plusieurs jours de manifestations des classes populaires et d’une partie de la classe moyenne iraniennes contre la détérioration des conditions de vie et contre la République islamique, Téhéran est face à un défi majeur pour restaurer l’ordre et, à plus long terme, assurer la survie de la révolution de 1978-1979. Ces manifestations contre le régime ont des raisons à la fois immédiates et structurelles. Les raisons immédiates, ce sont les hausses des prix – les œufs qui ont par exemple augmenté de 40 % –, la fin annoncée des subventions mensuelles versées aux plus démunis et la faillite d’établissements bancaires.

D’une manière générale, il y a une grande déception par rapport à l’accord sur le nucléaire du 14 juillet 2015, qui n’a pas conduit à ce que les Iraniens espéraient : des améliorations dans leur vie. Les manifestants soulignent ainsi, une nouvelle fois, leur lassitude par rapport aux idéaux révolutionnaires de la République islamique en général et à leur coût économique en particulier. Ils visent la distribution de l’argent de la rente pétrolière à des clients de la République islamique (Hezbollah, Hamas, certaines milices chiites en Irak mais surtout en Syrie) dans les pays de la région ; des sommes qu’ils préféreraient voir dépensées à l’intérieur du pays.
De même, comment le candidat Rohani peut-il promettre la fin des sanctions américaines non liées au nucléaire, alors que son gouvernement n’a pas les moyens de mettre en œuvre une réforme de la politique régionale de l’Iran visée par ces mêmes sanctions ?
Libéralisme persan
Mais, au-delà de l’exacerbation des mécontentements liés au double discours des instances élues de la République islamique, il y a bien des raisons structurelles à la contestation sociale en Iran, comme la corruption et la mauvaise redistribution de la rente pétrolière, des problèmes auxquels le régime est incapable d’apporter un remède. Celui-ci apparaît comme une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Les Américains inquiets de la domination chinoise »

AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h30
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Charles Thibout (chercheur à l'IRIS, enseignant à l’IEJ-Paris)







                        



                                


                            

TRIBUNE. « Celui qui deviendra leader en intelligence artificielle [IA] sera le maître du monde. » Le 1er septembre 2017, c’est sur un ton glacial que ­Vladimir Poutine lâche cette sentence sans équivoque. Trois jours plus tard, Elon Musk réagit sur Twitter. Le PDG de Tesla et de SpaceX prédit que la « lutte ­entre nations pour la ­supériorité en IA causera probablement la troisième guerre mondiale ». Une chose est sûre : la compétition est lancée et, dans cette ­rivalité nouvelle au résultat ­incertain, c’est vers la Chine aujourd’hui que tous les regards se tournent.
Le grand bond
Le 20 juillet, Pékin annonçait le lancement d’un plan de développement de la prochaine génération d’intelligence artificielle : un programme d’investissements pharamineux, dont l’objectif ne souffre aucune ambiguïté : faire de la Chine le ­leader mondial dans le domaine et, ainsi, déchoir les Etats-Unis de leur rang.
Pour y parvenir, le projet sera piloté par un organisme ad hoc (le bureau pour la promotion du plan IA) dépendant du ­ministère des sciences et technologies. Le plan prévoit qu’à l’horizon 2030 la Chine deviendra le premier pôle mondial ­d’innovation et le leader en IA, grâce en particulier aux percées décisives de ses industries de haute technologie dans le domaine des big data, des « réseaux de neurones artificiels », de l’intelligence ­hybride améliorée et des systèmes intelligents autonomes.

L’intérêt premier de l’Etat chinois est économique. Depuis plusieurs années, ses dirigeants s’alarment du ralentissement tendanciel de la croissance nationale, passée de 14,2 % en 2007 à 6,7 % en 2016. Au moyen de l’IA, ils espèrent ­redynamiser l’activité économique, en ouvrant la voie à une « nouvelle révolution scientifique et technologique », avec à la clé un nouveau cycle de croissance. L’intuition paraît justifiée : selon une récente étude du cabinet PwC, la richesse nationale chinoise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.
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« L’homme continue d’avoir le dernier mot »

AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 13h43
    |

Frédéric de Gombert (Président d’Akeneo, start-up française spécialisée dans la gestion de l’information produits grâce au digital et à l’IA.)







                        



                                


                            

TRIBUNE. Depuis quelques semaines, le débat sur l’intelligence artificielle (IA) a changé de tonalité. Si l’on s’en tient à la thèse défendue par le chirurgien-urologue Laurent Alexandre dans La Guerre des intelligences (JC Lattès, 250 p., 20,90 euros), le questionnement relatif à la supériorité de l’IA (sur l’intelligence humaine) a été ­déplacé du domaine de la probabilité vers celui de la temporalité. Autrement dit, la question ne serait plus « est-ce possible ? », mais plutôt « quand cela aura-t-il lieu ? ». Si les prouesses de l’IA y sont pour beaucoup, elles ne suffisent pas à expliquer ce déplacement sémantique. Le storytelling compte aussi pour une bonne part. Et ce, depuis les origines de cette technologie.
Une sémantique trompeuse
Bien avant le médiatique médecin français, Alan Turing et Ray Kurzweil, chacun à sa façon, ont projeté par leurs mots des ­générations entières dans une ère futuriste. Celle où l’IA prendrait le pas sur ­l’intelligence humaine. Le premier s’était engagé à construire « des machines rivalisant avec les hommes dans les domaines purement intellectuels ». Quant au second, il a prévu une « révolution robotique permettant de créer une intelligence non biologique plus élevée que l’homme ».

Le terme « intelligence artificielle » lui-même s’inscrit dans ce récit. Parler d’intelligence, c’est donner l’illusion d’un ordinateur doté de compétences cognitives le conduisant vers l’autonomie. Or, comme l’expliquait récemment le neuroscientifique Tomaso Poggio, en marge d’une ­conférence organisée par le Massachusetts ­Institute of Technology, « l’intelligence ­artificielle n’est pas de l’intelligence. Aujourd’hui, personne ne sait encore comment reproduire une intelligence humaine ; et ce n’est pas en agrégeant des programmes spécialisés dans les jeux ou le classement d’images que nous y parviendrons ». Bref, l’IA n’est ni plus ni moins qu’une ­capacité d’analyse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.
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« N’oublions pas l’intelligence collective »

AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 13h42
    |

Vincent Lorphelin (Entrepreneur, coprésident de l’Institut de l’Iconomie), Christian Saint-Etienne (Economiste, coprésident de l’Institut de l’Icon...







                        



                                


                            

TRIBUNE. Le premier ministre a confié au député et mathématicien Cédric Villani une mission sur l’intelligence artificielle (IA) pour l’éclairer et « ouvrir le champ à une ­réflexion nationale ». L’enjeu est de taille. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et Eric Schmidt, président exécutif de Google, pensent pouvoir, grâce à l’IA, « réparer tous les problèmes du monde ».

Ce courant de pensée est puissant, mais critiqué pour ses dérives « solutionnistes ». Demander à l’IA de ­résoudre le problème des sans-abri reviendrait à lui laisser les effacer en temps réel dans nos lunettes de ­réalité augmentée. Si perfectionnée soit-elle, l’IA ne sait pas contextualiser les problèmes pour les élucider, et se précipite trop tôt sur de fausses solutions. C’est pourquoi Elon Musk, fondateur de Tesla, craint le scénario de Terminator : « Jusqu’à ce que les gens voient vraiment des ­robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraîtra irréel. » Pour contrer ce funeste destin, il a créé la société Neuralink, destinée à augmenter nos capacités cérébrales grâce à de minuscules composants électroniques entrelacés entre nos 86 milliards de neurones.Un deuxième courant de pensée « transhumaniste », lui-même critiqué pour être un remède pire que le mal.
Occasions ratées
A l’inverse, l’intelligence collective (IC) veut augmenter la coopération entre les humains. Un rêve ancien resté inachevé. L’intelligence est ­certes interconnectée avec Internet et collaborative avec Google et les ­réseaux sociaux, mais elle est encore peu collective. Ce développement s’est toujours heurté aux limites du bénévolat, de la gouvernance partagée ou de l’organisation hiérarchique. A chaque fois qu’une dynamique d’invention collective s’est mise à bouillonner, pour lancer la machine à vapeur ou la micro-informatique, elle s’est figée dès les premiers succès. Les contributeurs se disputent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.
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« Gouverner les algorithmes mais aussi avec eux »

AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h39
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l'Inria et enseignant à l'Ecole normale supérieure de Paris-Saclay)







                        



                                


                            
Tribune. Nos institutions et nos systèmes informatiques, qui sont les uns et les autres des dispositifs de traitement de l’information, coévoluent. Nous avons vu, en quelques années, l’augmentation du débit des canaux de communication périmer la fonction représentative, le Web favoriser l’émergence d’une mosaïque de mouvements politiques focalisés sur le mal-logement, les droits des malades…, les réseaux sociaux permettre le contournement des censures, voire les monnaies cryptographiques priver les Etats du privilège de leur émission.
Les avancées récentes des algorithmes d’apprentissage statistique, popularisés sous le nom d’« intelligence artificielle », transforment elles aussi nos systèmes ­politiques. Ces algorithmes sont, tout à la fois, des objets qui transforment nos manières de gouverner et des objets que nous devons gouverner.
L’espoir de décisions moins partiales
Une forme particulière du traitement de l’information est la « prise de décision ». Un juge, par exemple, collecte, au cours d’un procès, de l’information (un dossier, des témoignages, des plaidoiries…) et, en fonction de cette information et de sa connaissance du droit, produit une autre forme d’information : un jugement. Une question qui se pose alors est celle de l’opportunité de remplacer ce juge par un dispositif non humain de traitement de l’information : un algorithme. La prise de décision étant omniprésente dans nos institutions, cette question se pose sous de nombreuses formes et appelle une ­réponse nuancée : si nous sommes réticents à laisser un algorithme condamner une personne à une lourde peine, il n’est pas inenvisageable que déléguer à un ­algorithme certaines tâches comme l’attribution des logements sociaux contribue à rendre ces décisions plus transparentes et plus justes.

Ces algorithmes portent l’espoir de décisions moins partiales, car il est plus facile à un algorithme qu’à un être humain de ne pas prendre en compte les tatouages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la consultante Claire Gerardin estime que la confusion entre les différents niveaux d’IA – ce que l’on sait faire et ce que l’on imagine – nourrit les fantasmes.
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« La peur de l’intelligence artificielle n’est pas (encore) d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la consultante Claire Gerardin estime que la confusion entre les différents niveaux d’IA – ce que l’on sait faire et ce que l’on imagine – nourrit les fantasmes.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 12h45
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Claire Gerardin (Conseillère en communication, spécialiste des nouvelles technologies et de leurs impacts sociétaux)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un contexte où l’économie mondiale marche au ralenti et où les inégalités sociales augmentent, le rêve technologique s’offre comme une des voies possibles vers un nouveau cycle de croissance économique. Mais la révolution technologique en cours est aussi source d’inquiétudes. En particulier l’intelligence artificielle (IA). Le débat n’est pas nouveau. Depuis des siècles les architectes des ruptures technologiques s’opposent aux penseurs qui aspirent à une société plus humaine.  L’intelligence artificielle, selon la définition donnée par le « Rapport de synthèse » du groupe de travail France IA, « désigne les dispositifs imitant ou remplaçant l’humain dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives ». Cette discipline scientifique a été lancée dans les années 1950 par des chercheurs en cybernétique aux Etats-Unis. Elle consistait à décomposer l’intelligence en facultés élémentaires – la mémoire, la vision, le raisonnement, la démonstration – et à les modéliser avec des ordinateurs, pour les simuler.

Puis les études évoluèrent vers des recherches sur les réseaux de neurones artificiels – un ensemble d’algorithmes inspirés du fonctionnement des neurones biologiques dédiés à la résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Ces travaux sont ensuite rapidement tombés en désuétude en raison de la puissance de calcul limitée des ordinateurs. Aujourd’hui, et depuis environ quinze ans, cette dernière ayant grandement progressé, les recherches sur l’intelligence artificielle ont pu reprendre. Les ordinateurs peuvent désormais ajuster eux-mêmes leurs paramètres internes pour progresser. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage profond, ou « deep learning ».
Polémique
Grâce à ce système, on peut aujourd’hui faire de la reconnaissance d’images, de paroles, de l’interprétation de textes, ou encore de la traduction. Et, à partir de ces techniques, les industriels construisent des voitures autonomes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.
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Le « colloque intime » entre la France et l’Allemagne

Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 15h32
   





                        


Editorial du « Monde ». A ce niveau-là d’harmonie dans le message, ce n’est plus du diapason, c’est de la stéréo. A quelques heures d’intervalle, dimanche 31 décembre, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron ont adressé à leurs concitoyens, en guise de vœux, le même message volontariste sur l’Europe : 2018 sera « une année décisive » pour « l’ambition européenne » (Macron) et la cohésion de l’Union « la question décisive des prochaines années » (Merkel).
La chancelière allemande et le chef de l’Etat français partent d’abord, tous deux, de cette certitude ancrée dans leurs convictions politiques : la construction européenne profite à chacun de ces deux grands pays fondateurs de l’Union. L’avenir de l’Allemagne est « lié de façon indissociable à l’avenir de l’Europe » (Merkel), « l’Europe est bonne pour la France » (Macron).
« Ce par quoi tout commence »
Pour faire avancer ce chantier, la chancelière allemande et le chef de l’Etat français comptent d’abord l’un sur l’autre, en plaçant tous deux, dans leurs discours de vœux de Nouvel An, le dialogue franco-allemand au cœur de la refondation européenne. « La France et l’Allemagne veulent travailler ensemble », a souligné Mme Merkel, pour permettre à l’UE de renforcer la cohésion des Vingt-Sept et de « représenter nos valeurs de manière solidaire et avec assurance, à l’intérieur comme à l’extérieur ».
Fidèle, chacun, à sa réputation, Angela Merkel est restée sobre et brève, là où Emmanuel Macron tenait à être plus lyrique et, forcément, plus long. Le président français a choisi, pour décrire la relation franco-allemande, une expression inhabituelle, celle du « colloque intime » : « Ce colloque intime avec nos amis allemands, a-t-il dit, est la condition nécessaire à toute avancée européenne : elle n’exclut pas le dialogue avec tous nos autres partenaires, mais elle est ce par quoi tout commence. »
Une démarche qui pourrait irriter
L’expression « colloque intime et singulier », que l’on doit à l’écrivain et médecin Georges Duhamel, est généralement employée à propos de la relation entre le médecin et le patient. Cette relation est marquée par la confiance, élément tout aussi crucial pour la relation franco-allemande, mais aussi par le secret – dont on espère fermement qu’il ne fait pas partie, en revanche, des exigences de M. Macron.
On s’abstiendra de chercher à savoir qui, de Paris ou de Berlin, est le médecin et qui est le patient, mais la phrase décrit bien la démarche commune, telle que veut la relancer M. Macron : se parler à deux d’abord, puis élargir la conversation aux autres membres de l’UE. L’histoire ne dit pas si le président français a testé, au préalable, sa formulation auprès de sa collègue allemande. Il est probable, cependant, qu’elle irritera passablement certains de leurs partenaires européens, à Rome, Madrid ou La Haye, aux yeux desquels l’intimité, précisément, de ce dialogue est généralement suspecte. Elle peut aussi inquiéter les membres de l’Union qui ont choisi de rester en dehors de la zone euro, à Copenhague ou à Varsovie, et que la perspective d’une intégration renforcée de cette zone de dix-neuf Etats membres inquiète d’autant plus qu’ils perdent, avec le Brexit, l’appui de la Grande-Bretagne.

        Lire aussi :
         

                Pour ses premiers vœux, Macron réaffirme son identité politique et corrige son image



Dans la foulée, M. Macron a encore déclaré « avoir besoin d’aller plus loin » dans le dialogue franco-allemand et vouloir « rompre avec les habitudes passées », afin de « retrouver ce goût en commun d’un avenir dont nous décidons nous-mêmes ». Bonne résolution. Reste à la concrétiser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Livre. Le chercheur Laurent Bonnefoy développe, dans un essai très documenté, la thèse que ce pays – aussi mythique que méconnu – aujourd’hui frappé par la violence du monde finira par se rappeler au bon souvenir de celui-ci.
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Le Yémen, un spécimen des ratés de la guerre contre le terrorisme

Livre. Le chercheur Laurent Bonnefoy développe, dans un essai très documenté, la thèse que ce pays – aussi mythique que méconnu – aujourd’hui frappé par la violence du monde finira par se rappeler au bon souvenir de celui-ci.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 15h41
    |

            Christophe Ayad








                        



                                


                            

Livre. Enfin un bon livre sur le Yémen ! En France, ils sont rares, un par décennie en moyenne. Un livre de chercheur, certes destiné au grand public, mais complexe, documenté, sans oublier une dimension théorique, qui est le propre de la recherche. Le Yémen - De l’Arabie heureuse à la guerre, de Laurent Bonnefoy, n’est pas une histoire de ce pays de la reine de Sabah à nos jours, contrairement à ce que son titre peut laisser croire. Les repères temporels sont présents et les grandes périodes dessinées à grand trait, mais c’est surtout la période récente, depuis le tournant du siècle, qui est analysée. Autre originalité du projet : le Yémen, pays aussi mythique que méconnu, n’est pas traité ici en soi mais plutôt dans son rapport au monde.

C’est un prisme difficile et original, parfois aride, voire touffu, quand il s’agit d’éclairer les innombrables contradictions de la diplomatie yéménite sous Ali Abdallah Saleh, le président autocrate qui dirigea le pays de 1978 à 2012, président à la réunification des deux Yémen, chassé par la révolution de 2011 avant de revenir en 2014 par la force des armes et allié à ses ennemis jurés, les houthistes, qu’il avait combattus sans merci – ils finirent par l’assassiner en décembre 2017, au lendemain d’une ultime volte-face. Mais la complexité n’est pas un défaut dans la recherche, au contraire.
Rôle de paradigme
La thèse de Laurent Bonnefoy est que, malgré son isolement apparent, malgré la négligence et la légèreté des puissances qui se sont penchées sur ce pays, la trajectoire du Yémen a joué – et joue encore – un rôle de paradigme dans les relations internationales.
Le Yémen est, en effet, un spécimen quasi-parfait des ratés de la guerre contre le terrorisme : comment le pouvoir a eu intérêt à agiter cette menace pour obtenir des subsides ; comment les Etats-Unis ont baissé la garde en croyant avoir gagné au moment où leur relais local, le président Saleh, ruinait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », rappelle qu’au seuil de la nouvelle année, la préoccupation numéro un des Français reste l’emploi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/01/2018
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« L’ode au travail de Macron ne prendra sens que s’il parvient à résorber le chômage »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », rappelle qu’au seuil de la nouvelle année, la préoccupation numéro un des Français reste l’emploi.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 07h04
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. Battre le fer quand il est chaud. Depuis son élection, Emmanuel Macron a appliqué avec détermination la devise du forgeron. Et il n’en a pas fait mystère lors de la présentation de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2017 : il va continuer « au même rythme » et « avec la même intensité », convaincu que la première année de son mandat est « cruciale » pour enclencher la transformation du pays.
De fait, le programme de travail du gouvernement pour les prochains mois est impressionnant. A une délicate révision constitutionnelle (visant notamment à réduire le nombre de parlementaires et à introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin législatif) et aux projets de loi sur l’immigration et l’asile, sur le logement, sur le droit à l’erreur pour les entrepreneurs, sur la police de sécurité du quotidien, sur l’égalité entre les hommes et les femmes, s’ajouteront, dès janvier, deux décisions qui ne manqueront pas de soulever des polémiques : l’éventuelle réduction à 80 km/heure de la vitesse autorisée sur les routes nationales et départementales et le choix de réaliser ou d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), près de Nantes. Sans oublier le « sursaut européen » auquel appelle le chef de l’Etat, de concert avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Mais sans mésestimer l’ampleur et la difficulté de ces chantiers, c’est sur le terrain de l’emploi et du travail que va se jouer, pour une large part, la crédibilité du président de la République. Après celle du droit du travail réalisée à l’automne 2017, trois réformes – de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage – sont désormais à l’ordre du jour.
Une transformation en profondeur
Comme le candidat Macron l’a maintes fois expliqué durant sa campagne et comme il l’a redit le 31 décembre en faisant du travail « le cœur de notre projet de société »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pour le chercheur au CNRS Stéphane Dudoignon, le pouvoir iranien est dépassé par l’ampleur des manifestations.
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« C’est la base sociale du régime qui manifeste » en Iran

Pour le chercheur au CNRS Stéphane Dudoignon, le pouvoir iranien est dépassé par l’ampleur des manifestations.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 15h35
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

En Iran, treize personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, le 28 décembre 2017. Le pouvoir judiciaire, les leaders conservateurs et quelques réformateurs, alliés du président Hassan Rohani, ont exigé une répression implacable. Mais l’Etat traite encore avec une certaine prudence ce mouvement inédit, le plus important qu’ait connu le pays depuis celui qui avait suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, en 2009. Stéphane Dudoignon, chercheur au CNRS, analyse la situation.
Comment définir les actuelles manifestations en Iran ?
Stéphane Dudoignon.- Si l’on en croit les manifestants, comme une révolution ! C’est comme cela que les manifestants ont baptisé leur mouvement l’appelant, grâce à un jeu de mots, à la fois « révolution des œufs » et « révolution à la con ».
Mais on n’a pas assez souligné que depuis des années, notamment depuis deux à trois ans, l’Iran vit sous un régime de manifestations quasi permanentes motivées par des difficultés économiques ou des catastrophes écologiques, liées au manque d’eau. Le phénomène a même donné lieu à de très intéressants documentaires. Mais souvent ces mouvements sont locaux et se produisent dans des villes en bordure du désert.

Cette fois-ci, cela n’a rien à voir. Il y a une quarantaine de villes touchées et l’on y entend des slogans radicaux contre le régime, avec des insultes y compris à caractère pornographique contre des dignitaires du régime. Et comme ces manifestations ont été provoquées par des mesures réduisant les aides sociales à certains retraités mais aussi par des annonces d’augmentation du prix de l’essence et des œufs, les manifestants parlent, depuis dimanche, de « révolution des œufs ».
Quels sont les slogans les plus marquants ?
Par exemple, on a entendu à Qom, cette ville qui fut le berceau de la Révolution islamique il y a près de quarante ans, des slogans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.
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« Mort au Hezbollah », « Pahlavi » : comprendre les slogans iraniens

Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h15
    |

Amélie Myriam Chelly (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. Des protestations inédites ont éclaté jeudi 28 décembre 2017 en Iran. Elles s’intensifient et s’étendent dans tout le pays. Lundi 1er janvier, au moins six personnes ont été tuées et la police a procédé à des centaines d’arrestations. Tout est parti de Mashhad, ville de la région Khorasan (dans le nord-est du pays), pour des raisons qui semblent évidentes pour une très large partie de la population iranienne. Les sympathisants d’Ebrahim Raissi, opposant conservateur au président Hassan Rohani dont Mashhad est le fief, seraient à la tête des mouvements de protestation. D’où les slogans « Marg bar Rohani ! » (« Mort à Rohani ! »).

Mais bien vite, d’autres manifestants – de tendance politique différente ou apolitiques – ont rejoint les rangs. Les revendications populaires ont pris des contours plus économiques, puis désormais nationalistes et « an-idéologiques ». Les slogans ont échappé aux mains du clan Raissi pour devenir des « Mort au Guide ! », « Mort au Hezbollah ! », « Pahlavi ! Pahlavi ! », « Reza shah, roi des rois ! ».
Que revendiquent les Iraniens ? Leur exaspération face aux problèmes économiques et l’aspiration de couches sociales de plus en plus diverses à plus de sécularisme sont des réalités depuis bien longtemps. Comment comprendre la teneur des slogans scandés lors des manifestations ?
« Mort au Hezbollah ! »
Le peuple se sent floué par l’Etat car celui-ci investit largement dans le développement d’infrastructures à l’étranger : les largesses financières accordées au Hezbollah – dont se targue son secrétaire général Hassan Nasrallah dans ses discours –, la construction de routes, d’écoles et d’hôpitaux dans le sud du Liban, l’entretien de lieux saints chiites en Syrie et en Irak irritent une population qui suffoque financièrement.
Les Iraniens ont globalement soutenu l’intervention de leur pays en Syrie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Nombreuses sont les voix qui s’expriment sur les dangers et les opportunités que présentent les machines pensantes. Petite typologie du discours médiatique sur la discipline.
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Les 5 familles de l’intelligence artificielle

AU CŒUR DE L’IA. Nombreuses sont les voix qui s’expriment sur les dangers et les opportunités que présentent les machines pensantes. Petite typologie du discours médiatique sur la discipline.





Le Monde
 |    31.12.2017 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h37
    |

            Sandrine Cassini, 
Alexandre Piquard et 
David Larousserie





                        Les pionniers
Ils ont, par leurs recherches sur les réseaux de neurones artificiels, contribué à l’essor de l’intelligence artificielle moderne.

Eux-mêmes se définissent comme les « conspirateurs des réseaux de neurones ». Le Britannique Geoffrey Hinton, le Français Yann LeCun et le Marocain Yoshua Bengio ont remis au goût du jour une technique des années 1950 imitant le fonctionnement du cerveau. Au début des années 2000, plus grand-monde ne croyait dans ces idées, à part eux. Jusqu’à ce que, en 2012, une équipe de Geoffrey Hinton batte les meilleurs algorithmes de reconnaissance d’images, démontrant ainsi la supériorité de cette approche.
Sauf pour « conspirer » et convaincre, tous trois ont travaillé indépendamment, même si LeCun fut postdoctorant chez Hinton et Bengio chez LeCun. Ils continuent leur voie séparément : Hinton entre à l’université de Toronto (Canada) et chez Google. LeCun à l’université de New York et chez Facebook. Bengio à l’université de Montréal, à la tête du plus gros laboratoire académique sur le sujet.

Ils gardent leur sang-froid devant les développements de l’IA. « Les réseaux de neurones ont l’intelligence d’un enfant de 2 ans », explique Yoshua Bengio. D’après lui, il manque ainsi aux machines une sorte de sens commun que l’apprentissage sur des millions d’exemples ne peut leur faire acquérir.

Un de leurs confrères, également pionnier, l’Allemand Jürgen Schmidhuber, conteste la version historique de la discipline portée par le trio et met en avant son propre rôle. Autre opposition : il croit en l’avènement d’une superintelligence. Ce chercheur, installé à l’Institut Dalle Molle pour la recherche en intelligence artificielle, à Lugano (Suisse), a notamment inventé en 1997 un type de réseaux de neurones très particulier, dit « à mémoire », utilisé dans bon nombre d’applications....





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« Dans les écoles de commerce, la philosophie redonne du sens »

Pierre-Olivier Monteil, enseignant, « sème des graines de réflexion » à HEC et Dauphine.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 13h00
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h29
    |

                            Aurélie Djavadi








                        



   


Pierre-Olivier Monteil, auteur d’Ethique et philosophie du management (Erès, 2016), enseigne l’éthique à HEC et à Paris-Dauphine. Selon lui, les étudiants sont en demande de réflexion sur le sens de leur futur travail et la façon de le conduire.
Pourquoi intervenez-vous en école de management ?
J’ai soutenu ma thèse en philosophie politique à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) après vingt-deux ans de carrière en entreprise. Ce sont deux mondes qu’il faut rapprocher pour que les philosophes sachent ce qui se passe dans la vraie vie et que les manageurs bénéficient de leurs apports théoriques. Avant mon premier cours à HEC, on m’a fait remarquer que j’aurais en face de moi des jeunes à qui le monde du travail allait dérouler le tapis rouge : « S’ils ne se posent pas des questions maintenant, ils ne s’en poseront plus jusqu’à leur retraite ! » La philosophie doit toucher ce public amené à prendre des responsabilités.
En quoi l’enseignement de l’éthique consiste-t-il ?
Il se concentre souvent sur les cas de conscience et les dilemmes. C’est important mais insuffisant. Dans mes cours, j’aborde aussi la question de l’éthique professionnelle : pourquoi est-ce que je m’engage dans mon travail ? Par intérêt, par calcul, par idéal ? Comment puis-je contribuer à l’engagement de mon équipe ? A chaque séance, on se penche sur une proposition philosophique que l’on met à l’épreuve de situations, à travers des textes de management ou de sociologie. Ainsi, au sujet de l’entretien individuel d’appréciation, on pourra se référer à Kant et à ses deux grandes catégories de jugement pour voir dans quelle mesure l’évaluation ne se joue pas que sur des règles et des chiffres.
« Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent »
Comment les étudiants accueillent-ils ces cours ?
En fin de chapitre, je conseille toujours quelques extraits de livres. Et je constate souvent que les étudiants d’HEC lisent les ouvrages de A à Z. Nostalgiques des cours de culture générale de classe préparatoire, ils sont heureux de renouer avec un registre plus littéraire. A Dauphine, j’enseigne à des professionnels en formation continue. A leur demande, on examine des cas de figure courants, comme le conflit. Là, on démêle ce qui relève du désaccord, de la mésentente ou encore du conflit de personnes…
Les manageurs rencontrent-ils, dans leur travail, des contraintes qui amplifieraient leur intérêt pour la philosophie ?
L’urgence est un problème qui se pose à beaucoup de salariés. La vision à court terme vide la vie de sens. On réagit comme si l’on avait peur d’une panne de temps mais il ne s’agit pas d’un stock qui se gère ! Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent.
Qu’espérez-vous apporter à vos élèves ?
L’idée est de semer des graines de réflexion qui permettront à tous de développer leurs propres ressources. L’éthique ne peut avoir réponse à tout, mais il s’agit de prendre conscience de la marge de manœuvre qu’on a selon les situations, et de la complexité des choses.

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.
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« Nous ne pouvons pas laisser le football entre les mains d’une organisation pourrie »

Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h38
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 15h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Miguel Poiares Maduro (président des commissions de gouvernance et de contrôle de la FIFA de juillet 2016 à mai 2017), Navi Pillay (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017) et Joseph Weiler (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017)
Tribune. Qui ne s’est pas réjoui lorsque, après des années de scandales et de corruption, on a pu croire que les écuries d’Augias de la FIFA seraient enfin nettoyées ? A la suite d’une procédure pénale engagée contre certains des principaux délinquants identifiés, une nouvelle direction a été mise en place en février 2016, portée par de grandes promesses de réforme.
« Aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux »
En tant que membres indépendants de la nouvelle commission de gouvernance, nous nous étions engagés dans ce processus de réforme. Nous avions pris au sérieux notre tâche : superviser le processus de réforme de la FIFA, faire appliquer des règles en matière d’éligibilité pour les candidatures au sein de la FIFA, contrôler les élections et promouvoir la responsabilité sociale et les droits de l’homme dans le football. Aujourd’hui, aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux.
Nous savions, bien sûr, que changer une culture institutionnelle prendrait du temps. Il s’agit d’un monde – le football – doté d’organisations rétives à tout contrôle indépendant, dominées par un petit groupe d’acteurs peu enclins à rendre publiquement des comptes sur leur action et dans lequel d’énormes intérêts économiques et politiques sont en jeu.
Incroyable conflit d’intérêts
Un incroyable conflit d’intérêts est inscrit au cœur même de la gouvernance de la FIFA : ses dirigeants dépendent pour leur survie des associations de football dont ils sont...




                        

                        

