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Israël lance un programme d’expulsion de dizaines de milliers de migrants

Les migrants qui accepteront de partir se verront remettre un billet d’avion et près de 3 000 euros.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 14h27
   





                        


L’objectif est clairement affiché, il faut les « faire partir », a annoncé le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Israël a annoncé, mercredi 3 janvier, le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération. Ceux-ci ont jusqu’à la fin mars pour quitter Israël, faute de quoi ils seront emprisonnés pour une durée indéterminée.
Selon les chiffres du ministère de l’intérieur, 38 000 personnes sont concernées, en majorité des Erythréens et des Soudanais. Les migrants qui accepteront de partir se verront remettre un billet d’avion et près de 3 000 euros.

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« Obligations légales »
Dans un communiqué, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude, en rappelant notamment qu’Israël avait « des obligations légales s’agissant de la protection des réfugiés ». Or, depuis que les autorités israéliennes ont pris en 2009 la responsabilité de déterminer qui entre dans cette catégorie, seuls huit Erythréens et deux Soudanais ont obtenu le statut, rappelle le HCR.
Dans le cadre de son programme d’expulsion, le gouvernement israélien reconnaît tacitement que les ressortissants de ces deux pays ne peuvent retourner chez eux, du fait de la situation politique dans leur pays. Mais selon des ONG israéliennes soutenant les migrants, Israël a signé des accords avec des pays tiers, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda, qui doivent accueillir les migrants volontaires venants du Soudan et de l’Erythrée.
Ces migrants sont pour la plupart entrés illégalement en Israël via le Sinaï égyptien à compter de 2007. Ces arrivées de réfugiés ont été ralenties à cause de la construction par l’Etat hébreu d’une clôture électronique, le long de la frontière avec l’Egypte.

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Fermeture des centres de rétention
Israël a ouvert des centres de rétention dans le Sud, où près de 1 500 migrants sont soumis à un régime de semi-liberté. Ces établissements vont fermer leurs portes, et les migrants qui refuseront de partir seront envoyés en prison, ont fait savoir les autorités israéliennes.
Après la date du 1er mars, il sera encore possible pour ces personnes de quitter volontairement Israël, mais une somme inférieure leur sera remise. Ceux qui refuseront seront emprisonnés, a prévenu le ministère de l’intérieur.

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Selon des chiffres officiels, 4 012 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté Israël en 2017, dont 3 332 originaires d’Afrique subsaharienne. Benyamin Nétanyahou s’était rendu à la fin août dernier dans le sud de Tel-Aviv, où résident des milliers de migrants africains, et s’était engagé « à rendre » ce secteur aux « citoyens israéliens ».




                            


                        

                        


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édition abonné


La Roumanie veut éviter l’ouverture d’une nouvelle route migratoire

Près de six cents migrants sont arrivés de Turquie par la mer Noire ces six derniers mois.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 13h16
    |

            Francesca Fattori








                        



                                


                            
Une nouvelle route migratoire vers l’Europe est-elle en train de s’ouvrir ? Les arrivées en Roumanie restent pour l’instant très faibles, mais, depuis le mois d’août 2017, six bateaux venus de Turquie ont été interceptés par les autorités à proximité des côtes, avec au total 549 passagers. Le dernier, chargé de 65 hommes, femmes et enfants irakiens, pakistanais, afghans et syriens, dérivait sur une mer houleuse lorsqu’il a été secouru par des gardes-côtes roumains à environ 35 kilomètres de la ville de Constanta, dans la nuit du 27 au 28 novembre.
« Il est trop tôt pour pouvoir parler d’une nouvelle route migratoire », relativise Adrien Popescu, inspecteur général adjoint de la police des frontières, qui évoque des « tentatives désespérées » et un phénomène « numériquement insignifiant » comparé aux autres routes migratoires. Les arrivées par la mer Noire en 2017 représentent en effet moins de 0,5 % des entrées irrégulières détectées aux frontières de l’UE par l’agence européenne Frontex.
Cette dernière précise néanmoins que la succession de bateaux interceptés depuis le mois d’août « suggère que les trafiquants pourraient chercher à réactiver cette route ». Utilisée pour la contrebande pendant la guerre froide, elle a brièvement servi à l’immigration irrégulière (environ 500 personnes, entre 2013 et février 2015, selon la police des frontières roumaines) pour être ensuite délaissée pendant deux ans, jusqu’à la reprise des départs en août 2017.

Pays jusqu’alors contourné
Côté turc, on constate également de nombreuses tentatives de rejoindre l’Europe par cette voie. Selon l’agence de presse Anatolie, sept « incidents » sont survenus entre le 13 août et le 9 septembre en mer Noire, ayant conduit à l’arrestation de plus de 800 migrants et de 10 passeurs. Le 22 septembre encore, au moins 21 personnes sont mortes dans le naufrage de leur embarcation.
Membre de l’UE depuis 2007, mais exclue pour l’instant...




                        

                        


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En Allemagne, le taux de chômage au plus bas depuis 1990

A la fin de décembre, le taux de chômage outre-Rhin a atteint 5,7 %. Il était de 6,1 % un an plus tôt.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 11h56
   





                        


La décrue du chômage en Allemagne ne se dément pas. L’économie allemande a clos l’année 2017 avec un niveau de chômage au plus bas depuis la réunification du pays, en 1990, d’après les chiffres publiés, mercredi 3 janvier, par l’Agence pour l’emploi.
Au cours de l’année, le nombre de chômeurs dans la première économie européenne a ainsi reculé de 158 000 personnes, pour se chiffrer à 2,53 millions. Le taux de chômage est donc tombé à 5,7 %, alors qu’il était de 6,1 % à la fin de 2016.

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Un nombre croissant d’immigrés
La raison de cette embellie tient à la santé de l’économie allemande : selon les grands instituts d’analyse conjoncturelle du pays, la trajectoire de croissance devrait se poursuivre encore ces deux prochaines années. L’Office fédéral de la statistique s’attend ainsi à ce que les niveaux d’emploi établissent des records l’an prochain, passant de 44,8 millions de poersonnes actives cette année à 45,2 millions l’an prochain.
L’office attribue cette progression à un nombre croissant d’immigrés arrivant sur le marché du travail en Allemagne, où plusieurs secteurs ont souffert de déficits de main-d’œuvre. Depuis 2015, on estime à environ un million et demi le nombre de réfugiés arrivés dans le pays. Selon l’office de la statistique, de plus en plus de femmes et de citoyens plus âgés ont également trouvé un emploi.

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Dans le détail, la population active a progressé dans le secteur des services (commerce, transport, service public, etc.), qui occupe les trois quarts des actifs, ainsi que dans l’industrie manufacturière et la construction. Elle a en revanche légèrement reculé (− 0,3 %) dans le secteur agricole.
Un actif sur dix est pauvre
C’est la septième année de croissance de la main-d’œuvre en Allemagne, dont l’économie bénéficie de la bonne tenue de la consommation, des dépenses de l’Etat et des exportations. Mais des difficultés de taille se dressent devant le pays.

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Berlin va en effet devoir trouver une solution pour ses travailleurs pauvres. Un actif sur dix est considéré comme pauvre en Allemagne, c’est-à-dire que son revenu est inférieur à 60 % du salaire médian. Cela correspond à 869 euros net par mois pour un travailleur seul et 1 826 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Le nombre de travailleurs pauvres a ainsi plus que doublé en dix ans.
En outre, le vieillissement de la population devrait entraver la croissance du pays à moyen terme, et cela en dépit du recours à l’immigration, a averti en avril la banque centrale allemande. D’après la Bundesbank, la population en âge de travailler (de 15 à 74 ans) va diminuer de 2,5 millions de personnes d’ici 2025.

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Au cours du seul mois de décembre, le taux de chômage a déjà stagné à 5,5 % en données corrigées des variations saisonnières :


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Le taux de chômage en Allemagne
Données corrigées des variations saisonnières

Source : Agence fédérale pour l’emploi allemande



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le suspect de l’attaque qui a fait 18 blessés, revendiquée par l’organisation Etat islamique, est un adepte de l’occultisme.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mystère sur l’auteur de l’attentat de Saint-Pétersbourg du 27 décembre

Le suspect de l’attaque qui a fait 18 blessés, revendiquée par l’organisation Etat islamique, est un adepte de l’occultisme.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 10h48
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


L’attentat contre un supermarché de Saint-Pétersbourg, qui a fait 18 blessés le 27 décembre 2017, a-t-il été commis par l’organisation Etat islamique (EI) ou par un déséquilibré adepte d’un tout autre genre de sciences occultes ? Deux jours après l’explosion d’une bombe placée dans la consigne d’un magasin de la chaîne Perekrestok, l’EI revendiquait l’attaque par son organe de propagande Amaq, évoquant l’action d’un « groupe dépendant de l’Etat islamique ». De quoi replonger l’ancienne capitale impériale dans le souvenir de l’attentat dans une rame de métro, en avril, commis par un groupe proche d’Al-Qaida et qui avait fait 14 tués.
L’arrestation par les autorités russes d’un suspect, samedi 30 décembre, et ses premières confessions, mettent à mal la crédibilité de cette version, alors même que l’EI a multiplié ces derniers mois les revendications infondées. L’homme arrêté, un habitant de Saint-Pétersbourg âgé de 35 ans, semble ainsi avoir bien peu à voir avec l’organisation djihadiste.
Amateur de drogues
« Lors de son interrogatoire, le suspect a confirmé avoir organisé et réalisé le crime. Selon lui, son acte était motivé par la haine envers les organisateurs et les membres d’ateliers psychologiques auxquels il a assisté », a indiqué le comité d’enquête, sans plus de détails. D’après la diffusion sur Internet de courts extraits de ces aveux filmés, il apparaît que les ateliers en question sont des formations dispensées par une « école de développement énergétique et informatif », décrite par le suspect comme une « secte de médiums ». L’homme dit avoir perpétré l’attentat « pour que les gens sachent ».
Ces explications peu limpides recoupent d’autres informations divulguées dans la presse russe, qui indiquent que Dmitri Loukianenko serait membre d’un mouvement intitulé New Age - Nouvelle Ere, un groupe décrit comme ultranationaliste et amateur de sciences occultes. Il serait, surtout, suivi par une clinique psychiatrique depuis ses 19 ans. Et amateur de drogues.
« L’enquête et l’expertise, y compris génétique, confirment l’implication de l’accusé dans la fabrication de l’engin explosif », assure encore le comité d’enquête. Les enquêteurs ont en outre décidé de requalifier l’affaire, initialement ouverte formellement pour « tentative d’homicide », en « acte de terrorisme ». A l’appui de ses aveux, l’homme a aussi indiqué avoir laissé sur les lieux deux clés USB dans lesquelles son mode opératoire et ses récriminations sont exposés en détail. L’une d’elles a bien été retrouvée au rayon charcuterie du magasin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’Union européenne est mal armée pour contraindre un pays membre à respecter ses valeurs fondatrices, estime, dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles.
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« Face à la Pologne, l’UE est désormais dos au mur »

L’Union européenne est mal armée pour contraindre un pays membre à respecter ses valeurs fondatrices, estime, dans sa chronique, Cécile Ducourtieux, correspondante du « Monde » à Bruxelles.



Le Monde
 |    03.01.2018 à 07h27
 • Mis à jour le
03.01.2018 à 11h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’était en septembre 2016, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, brisait un tabou bruxellois, reconnaissant devant les eurodéputés que l’Union européenne vivait une « crise existentielle », qu’elle était en danger de mort. Vote du Brexit au Royaume-Uni, crise migratoire, percées populistes, élections à haut risque aux Pays-Bas puis en France quelques mois plus tard… L’Union avait certes échappé à la sortie de la Grèce de la zone euro, mais jusqu’à présent si résiliente, elle était menacée d’effondrement si les gouvernements continuaient à la négliger ou la dénigrer au lieu de tenter de l’améliorer au bénéfice de la majorité de leurs citoyens.
En quelques mois, le ciel européen s’est brusquement dégagé. L’extrême droite néerlandaise a raté son pari de sortir en tête des législatives de mars 2017, les Français ont choisi un jeune président plein d’ambitions réformatrices pour l’Europe, qui a rendu à l’Hexagone son rôle de moteur de l’Union. La croissance s’est montrée plus dynamique qu’attendu, tandis que l’élection de Trump aux Etats-Unis et le choix des Britanniques de prendre le large ont ressoudé les Etats membres.
Pourtant, en ce tout début d’année, derrière l’optimisme de façade, la crise existentielle est toujours latente. Les dérives autoritaires du premier ministre hongrois Viktor Orban, chantre des démocraties « non libérales » et, plus récemment, les atteintes du gouvernement polonais à l’indépendance de sa justice, sapent les fondements d’une construction politique conçue après guerre comme une association volontaire de démocraties libérales.
Une procédure inédite
Après deux années de dialogue infructueux, la Commission s’est résolue le 20 décembre 2017 à recommander contre la Pologne le déclenchement de l’article 7 des traités, visant à corriger des violations graves et systématiques à l’Etat de droit, après l’adoption sous l’impulsion du parti Droit et Justice (PiS), de réformes mettant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le message de Beatrix von Storch, publié sur Twitter et Facebook, a été supprimé au motif qu’il pouvait constituer une « incitation à la haine ».
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En Allemagne, la suppression du message anti-musulmans d’une responsable de l’extrême droite fait débat

Le message de Beatrix von Storch, publié sur Twitter et Facebook, a été supprimé au motif qu’il pouvait constituer une « incitation à la haine ».



Le Monde
 |    02.01.2018 à 17h22
   





                        



   


A peine entrée en vigueur, la loi allemande qui oblige les grandes entreprises du Web à lutter plus durement contre les discours de haine fait débat. En vertu de cette nouvelle législation, un message publié sur Twitter et sur Facebook par la responsable du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) Beatrix von Storch, a été supprimé par ces réseaux sociaux, au motif qu’il pouvait constituer une « incitation à la haine ».
La responsable politique avait en effet publié après le Nouvel An un bref message s’indignant du fait que la police de Cologne avait publié des messages de prudence et d’information à la population locale, les traduisant notamment en arabe. « Que diable se passe-t-il dans ce pays ? Pourquoi la police publie-t-elle désormais ses messages officiels en arabe ? », a écrit Beatrix von Storch, avant d’ajouter : « S’adresse-t-elle par ce biais aux hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs pour chercher à les amadouer ? »

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                L’Europe menace les géants du Web de légiférer s’ils n’améliorent pas leur modération



La femme politique faisait ainsi référence explicite aux agressions sexuelles dont avaient été victimes de nombreuses femmes à Cologne lors du réveillon de la Saint-Sylvestre 2016 de la part de jeunes migrants.
Législation « liberticide »
Un message que le porte-parole de la police de Cologne n’a que peu apprécié, puisqu’il a décidé de porter plainte pour « incitation à la haine ». Le parquet de la ville a déclaré en parallèle avoir été saisi de plusieurs centaines d’autres plaintes sur le même sujet provenant de particuliers.

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                Comment débattre sans haine sur le net ?



Twitter et Facebook ont aussitôt retiré le message des comptes de l’élue AfD, en vertu de la nouvelle législation allemande visant à sanctionner plus durement les prises de position considérées comme incitant à la haine sur les réseaux sociaux. Entrée en vigueur au 1er janvier, cette loi oblige les plates-formes comme Facebook, Twitter ou YouTube à supprimer le plus souvent dans un délai de vingt-quatre heures les messages au contenu pénalement punissables, sous peine de fortes amendes.
Le coprésident de l’AfD, Alexander Gauland, a dénoncé une législation « liberticide ». « Ces méthodes dignes de la Stasi me rappellent la RDA », a-t-il dit mardi, en référence à l’ancienne police politique du régime communiste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Une nouvelle loi impose depuis le 1er janvier aux grandes plates-formes de supprimer en moins de vingt-quatre heures les contenus illégaux.
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Discours de haine : en Allemagne, les géants du Web risquent des millions d’euros d’amende

Une nouvelle loi impose depuis le 1er janvier aux grandes plates-formes de supprimer en moins de vingt-quatre heures les contenus illégaux.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 16h42
   





                        


C’est une loi que redoutaient les grandes entreprises du Web : depuis lundi 1er janvier, elles peuvent se voir condamner en Allemagne à une amende de 50 millions d’euros si elles ne parviennent pas à supprimer les messages illégaux en moins de vingt-quatre heures.
Approuvée en juin par le Parlement, cette loi a été votée à la suite des nombreuses critiques dont ont fait l’objet ces plates-formes, pour avoir laissé proliférer des discours haineux malgré leurs propres règlements.
Dorénavant, toute plate-forme comptant plus de deux millions d’utilisateurs doit supprimer les messages illégaux moins de vingt-quatre heures après leur signalement par les internautes. Un délai qui peut s’étendre à sept jours dans certains cas complexes.
Une loi critiquée
Les internautes constatant un manquement pourront se plaindre auprès du ministère de la justice à l’aide d’un formulaire conçu spécialement. Facebook, Twitter, Google, YouTube, Snapchat, et Instagram sont entre autres concernées. Elles devront aussi produire un rapport annuel sur le nombre de publications supprimées et la raison de ces suppressions.
La loi est officiellement entrée en vigueur en octobre, mais les entreprises ont bénéficié d’un délai de trois mois pour s’adapter avant qu’elle s’applique. Ce texte représente un échec pour les grands groupes du Web, qui cherchent à tout prix à éviter que les Etats légifèrent et encadrent davantage leurs activités. Or, depuis plusieurs mois, les menaces se multiplient, notamment au Royaume-Uni, tandis que les plates-formes multiplient les annonces expliquant qu’elles peuvent se réguler d’elles-mêmes.
Celles-ci ne sont pas les seules à critiquer cette loi, certains dénonçant un danger pour la liberté d’expression, d’autres s’inquiétant que soit confiée la difficile tâche de la censure à des entreprises privées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le corps d’Iryna Nozdrovska, 38 ans, a été découvert lundi dans une rivière près de Kiev, alors que la militante était portée disparue depuis plusieurs jours.
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En Ukraine, vague d’indignation après le meurtre d’une avocate défenseure des droits de l’homme

Le corps d’Iryna Nozdrovska, 38 ans, a été découvert lundi dans une rivière près de Kiev, alors que la militante était portée disparue depuis plusieurs jours.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 16h24
   





                        



   


C’est un « défi pour l’Etat », a reconnu mardi 2 janvier le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Kimkine. Un aveu d’impuissance qui illustre le désarroi des autorités du pays, après le meurtre d’Iryna Nozdrovska, une avocate qui militait pour la défense des droits de l’homme.
Le corps de cette femme de 38 ans a été découvert lundi dans une rivière près de Kiev, alors que la militante était portée disparue depuis plusieurs jours. La police ukrainienne a déclaré dans un communiqué avoir ouvert une enquête pour « meurtre prémédité ».
Cet assassinat a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux, où des appels à manifester ont aussitôt circulé. Plus d’une centaine de personnes se sont rendues devant le siège de la police régionale, scandant « Honte ! » et réclamant justice. Il s’agit d’un « test de la capacité de la société de protéger ses femmes militantes et d’assurer la justice » en général, a déclaré sur Twitter le ministre des affaires étrangères ukrainien.
L’ambassade américaine en Ukraine s’est également dite sur Twitter « choquée » par la mort de la militante, appelant à « traduire en justice » les coupables. « Nous allons faire tout notre possible » pour que les auteurs du meurtre soient arrêtés, a promis sur Facebook le chef adjoint de la police nationale, Viatcheslav Abroskine.
« Nombreuses menaces »
Iryna Nozdrovska avait notamment consacré les deux dernières années à empêcher la libération de l’homme qui avait mortellement blessé sa sœur dans un accident de la route en 2015. Condamné à sept ans de prison en juin, Dmytro Rossochansky, neveu d’un juge, avait de fortes chances d’être amnistié et remis en liberté, jusqu’au rejet de son appel par la cour d’appel de Kiev mercredi dernier.
Ce rejet a été obtenu « essentiellement grâce » à l’implication personnelle de l’avocate, a indiqué dans un communiqué le groupe ukrainien pour la protection des droits de l’homme de Kharkiv (KHPG), alors que le système judiciaire ukrainien est régulièrement accusé d’absoudre les personnes proches de hauts responsables. Mme Nozdrovska a reçu de « nombreuses menaces de la part de l’accusé et de sa famille », a affirmé le député ukrainien Moustafa Naïem. Selon lui, lors de la dernière audience du procès de M. Rossochansky, le père de ce dernier avait lancé à l’avocate : « Tu vas mal finir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.
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Le « colloque intime » entre la France et l’Allemagne

Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 15h32
   





                        


Editorial du « Monde ». A ce niveau-là d’harmonie dans le message, ce n’est plus du diapason, c’est de la stéréo. A quelques heures d’intervalle, dimanche 31 décembre, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron ont adressé à leurs concitoyens, en guise de vœux, le même message volontariste sur l’Europe : 2018 sera « une année décisive » pour « l’ambition européenne » (Macron) et la cohésion de l’Union « la question décisive des prochaines années » (Merkel).
La chancelière allemande et le chef de l’Etat français partent d’abord, tous deux, de cette certitude ancrée dans leurs convictions politiques : la construction européenne profite à chacun de ces deux grands pays fondateurs de l’Union. L’avenir de l’Allemagne est « lié de façon indissociable à l’avenir de l’Europe » (Merkel), « l’Europe est bonne pour la France » (Macron).
« Ce par quoi tout commence »
Pour faire avancer ce chantier, la chancelière allemande et le chef de l’Etat français comptent d’abord l’un sur l’autre, en plaçant tous deux, dans leurs discours de vœux de Nouvel An, le dialogue franco-allemand au cœur de la refondation européenne. « La France et l’Allemagne veulent travailler ensemble », a souligné Mme Merkel, pour permettre à l’UE de renforcer la cohésion des Vingt-Sept et de « représenter nos valeurs de manière solidaire et avec assurance, à l’intérieur comme à l’extérieur ».
Fidèle, chacun, à sa réputation, Angela Merkel est restée sobre et brève, là où Emmanuel Macron tenait à être plus lyrique et, forcément, plus long. Le président français a choisi, pour décrire la relation franco-allemande, une expression inhabituelle, celle du « colloque intime » : « Ce colloque intime avec nos amis allemands, a-t-il dit, est la condition nécessaire à toute avancée européenne : elle n’exclut pas le dialogue avec tous nos autres partenaires, mais elle est ce par quoi tout commence. »
Une démarche qui pourrait irriter
L’expression « colloque intime et singulier », que l’on doit à l’écrivain et médecin Georges Duhamel, est généralement employée à propos de la relation entre le médecin et le patient. Cette relation est marquée par la confiance, élément tout aussi crucial pour la relation franco-allemande, mais aussi par le secret – dont on espère fermement qu’il ne fait pas partie, en revanche, des exigences de M. Macron.
On s’abstiendra de chercher à savoir qui, de Paris ou de Berlin, est le médecin et qui est le patient, mais la phrase décrit bien la démarche commune, telle que veut la relancer M. Macron : se parler à deux d’abord, puis élargir la conversation aux autres membres de l’UE. L’histoire ne dit pas si le président français a testé, au préalable, sa formulation auprès de sa collègue allemande. Il est probable, cependant, qu’elle irritera passablement certains de leurs partenaires européens, à Rome, Madrid ou La Haye, aux yeux desquels l’intimité, précisément, de ce dialogue est généralement suspecte. Elle peut aussi inquiéter les membres de l’Union qui ont choisi de rester en dehors de la zone euro, à Copenhague ou à Varsovie, et que la perspective d’une intégration renforcée de cette zone de dix-neuf Etats membres inquiète d’autant plus qu’ils perdent, avec le Brexit, l’appui de la Grande-Bretagne.

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Dans la foulée, M. Macron a encore déclaré « avoir besoin d’aller plus loin » dans le dialogue franco-allemand et vouloir « rompre avec les habitudes passées », afin de « retrouver ce goût en commun d’un avenir dont nous décidons nous-mêmes ». Bonne résolution. Reste à la concrétiser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le ministre de l’économie espagnol a déploré le ralentissement économique de la région, qui fournit 19 % du produit intérieur brut espagnol.
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Madrid évalue à 1 milliard d’euros le coût de la crise catalane

Le ministre de l’économie espagnol a déploré le ralentissement économique de la région, qui fournit 19 % du produit intérieur brut espagnol.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 17h07
   





                        



Politiquement, il sera difficile de savoir ce que le conflit entre la Catalogne et l’Espagne a coûté aux indépendantistes et au gouvernement fédéral de Mariano Rajoy. Mais économiquement, le bilan de ce conflit est plus facilement estimable. Le ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, a évalué lundi 1er janvier à « 1 milliard d’euros » le coût économique de « la crise de l’indépendantisme » en Catalogne, du fait du ralentissement de la croissance dans la région.
Dans un entretien accordé à la radio Cadena Ser, le ministre a estimé que ce ralentissement au quatrième trimestre de 2017 avait fait de la Catalogne « un fardeau » pour l’Espagne. Un problème d’autant plus important pour le pays que la région avait auparavant « une croissance au-dessus de celle de l’Espagne », a rappelé le ministre, et constituait à ce titre « un des moteurs fondamentaux de la reprise espagnole ». La région fournit en effet 19 % du produit intérieur brut (PIB) espagnol.

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« Enorme incertitude »
Le ministre a attribué ce ralentissement de la croissance à « l’énorme incertitude, inquiétude et perte de confiance générées par les décisions du précédent gouvernement » régional de l’indépendantiste Carles Puigdemont. M. de Guindos a souhaité que le nouveau gouvernement catalan « soit conscient des coûts que génère cette politique » indépendantiste et « abandonne la voie unilatérale » à laquelle s’opposent, a-t-il insisté, « toute l’Europe et la communauté internationale ».
Ce nouvel appel de Madrid survient alors que la situation est loin d’être apaisée avec la région. Les trois partis séparatistes avaient voté en septembre 2017 des lois de « déconnexion » avec l’Espagne, organisé un référendum d’autodétermination interdit le 1er octobre – marqué par des violences policières – et proclamé unilatéralement l’indépendance d’une « République catalane » le 27 octobre. La Catalogne avait ensuite été placée sous administration directe par Madrid.
Aux élections régionales du 21 décembre, les partis indépendantistes ont retrouvé leur majorité en sièges au Parlement catalan et devraient pouvoir former un gouvernement. Mais le président catalan destitué par Madrid, Carles Puigdemont, reste actuellement à Bruxelles pour échapper aux poursuites judiciaires, et l’ex-vice-président, Oriol Junqueras, est en détention provisoire pour « sédition », « rébellion » et « détournements de fonds publics ». Il devrait être fixé sur son sort le 4 janvier.

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Pas de budget voté
En attendant de savoir qui prendra la tête du Parlement catalan, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy se veut rassurant. Le ministre de l’économie a ainsi assuré que 2018 allait être « une bonne année » pour son pays, alors que la banque centrale table sur 2,4 % de hausse du PIB pour 2018.
Reste que le gouvernement attend toujours de pouvoir adopter son budget de l’Etat pour 2018. Ce dernier ne peut être approuvé qu’avec les voix des députés du Parti nationaliste basque (PNV). Mais, alors qu’ils avaient soutenu M. Rajoy l’an dernier, les députés basques refusent d’approuver le budget de cette année, notamment tant que la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, imposée après la proclamation d’indépendance. Le ministre de l’économie s’est dit convaincu qu’« une fois qu’il y aura un nouveau gouvernement en Catalogne, le PNV sera disposé » à voter le budget.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Ils ou elles ont fui le Soudan, l’Ukraine, l’Irak, la Birmanie… Quatre médias européens, dont « Le Monde », ont recueilli leurs témoignages.
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2018 : espoirs et craintes de dix-huit réfugiés à travers le monde

Ils ou elles ont fui le Soudan, l’Ukraine, l’Irak, la Birmanie… Quatre médias européens, dont « Le Monde », ont recueilli leurs témoignages.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 06h35
    |

                            Le Monde Afrique








                        



   


Réfugiés, déplacés, demandeurs d’asile, migrants : plus de 65 millions de personnes vivent ou survivent actuellement loin de chez elles. C’est presque un humain sur 100 et, si ces personnes formaient un pays, ce serait le 21e par la population.
Pour démarrer cette année 2018, Le Monde, avec ses partenaires The Guardian, El Pais et Der Spiegel, a demandé à dix-huit réfugiés (issus de dix-huit pays d’où proviennent près de 90 % des déplacés) quels étaient leurs espoirs pour les temps à venir. Un travail soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates.
Nuela Etaku, 18 ans, Sud-Soudanais réfugié en Ouganda
Originaire de la province de Yei. Interrogé dans le camp d’Imvepi, en Ouganda, par Jason Burke. 4 millions de personnes ont fui le Soudan du Sud.
« J’aimerais que la guerre se termine et que nous puissions aller chercher mes parents. Si je dois rester ici, en Ouganda, alors j’espère que nous aurons assez à manger et que nous serons en sécurité. Mais avant tout, j’aimerais commencer à être formé comme infirmier. »

   


Ahmed Khamis, 27 ans, Soudanais réfugié en France
Originaire de Nyala, au Darfour du Sud. Interrogé à Vichy, en France, par Emile Costard. 2,9 millions de personnes ont fui le Soudan.
« Ça fait bientôt deux ans que je suis en France, six mois que j’ai le statut de réfugié et ça y est, j’ai mon appartement ! Ça a été très difficile de le trouver, mais maintenant je peux souffler un peu. Ma priorité pour 2018, c’est de trouver un travail. J’aimerais pouvoir faire venir ma femme, qui est toujours à Nyala, mais je dois d’abord avoir une situation. J’ai eu un entretien pour être conducteur de poids lourd. J’espère que ça va marcher.
J’ai dû quitter précipitamment le Soudan en 2015 après avoir subi des menaces de la sécurité nationale. J’étais alors chauffeur pour une ONG au Darfour. Les services de renseignement me demandaient de dénoncer des dissidents politiques dans les camps de réfugiés auxquels j’avais accès. J’avais une situation, des amis, une femme. Aujourd’hui, je dois tout reconstruire.
Mes proches me manquent, heureusement qu’il y a WhatsApp. Je pense souvent à ma vie d’avant, à des choses très simples, la nourriture, des odeurs, des ambiances, les soirées dehors, le ramadan en famille. Pour mon pays, en 2018, j’aimerais que cessent les exactions au Darfour. On en parle peu dans la presse, mais des crimes sont commis presque tous les jours par les milices du régime. »

   


Marwa Kadhim, 29 ans, Irakienne réfugiée en Turquie
Originaire de Bagdad. Interrogée à Samsun, en Turquie, par Mona Mahmood. 5,6 millions de personnes ont fui l’Irak.
« Mon espoir pour la nouvelle année est de retrouver mes parents, réfugiés en Allemagne. Mon inquiétude quotidienne est la possibilité de perdre un autre parent cher en Irak. Mon frère a été tué en 2014.
Ce qui me préoccupe, en Turquie, c’est l’éducation de ma fille aînée [7 ans]. Elle est entrée dans une école turque et je dois lui enseigner l’arabe à la maison. La vie est trop chère en Turquie et les possibilités de travailler sont très limitées. Mon mari travaille comme ouvrier dans la construction, mais il a récemment eu des maux de dos et a mis un peu de temps à se remettre. Cependant, il doit retourner sur le chantier, sinon ma petite fille [7 mois] se retrouvera affamée et tremblante dans un endroit froid et humide.
Je crains que l’école de ma fille nous soit refusée si mon mari tombe de nouveau malade. Nous sommes fatigués d’avoir souvent des nuits agitées et de ne pas savoir comment gagner notre vie. J’aimerais que l’Irak connaisse une période de paix et de sécurité, qu’on puisse emmener les enfants chez leurs grands-parents à Bagdad et visiter la tombe de mon frère. Il me manque beaucoup, c’était mon meilleur ami. »

   


Behrouz Boochani, 34 ans, Iranien détenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Originaire d’Iran. Il a envoyé ce message de Papouasie-Nouvelle-Guinée. 180 000 personnes ont fui l’Iran.
Le gouvernement australien a ouvert en 2012 sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un centre de détention pour les réfugiés et demandeurs d’asile ayant tenté d’entrer sur son territoire.
« Je vous écris de Manus, une île isolée au cœur de l’océan Pacifique. Je suis en détention indéterminée ici depuis près de cinq ans, comme environ 2 000 hommes, femmes et enfants que le gouvernement australien a exilés dans les îles Manus et Nauru. En 2018, j’espère que le gouvernement australien nous rendra notre liberté.
Je rêve que tous les gens qui ont quitté leur pays à cause de la guerre, de la discrimination et des persécutions se retrouvent dans un endroit sûr qui leur donnera l’occasion de commencer une nouvelle vie. A l’échelle mondiale, tant de gens sont morts à cause de la guerre et des millions de personnes sont devenues des réfugiés. Je souhaite que 2018 soit une année de paix, de justice et de compassion pour tous les réfugiés dans le monde. »

   


Anastasia Gundar, 27 ans, Ukrainienne réfugiée en Russie
Originaire de Louhansk. Interrogée à Moscou par Jack Losh. 2,1 millions de personnes ont fui l’Ukraine.
« J’ai fui l’est de l’Ukraine en février 2015, lorsqu’il y avait des combats sévères dans le Donbass. J’espère retrouver une vie normale, une vie où je ne suis pas constamment nerveuse, où le sol ne cède pas en permanence sous mes pieds. Je crains pour ma famille à Louhansk. Les combats sur la ligne de front créent certains risques, mais je suis plus préoccupée par l’impact de la lutte pour le pouvoir entre les groupes rebelles. Plus je suis loin de ma famille, moins je peux aider et moins je comprends leur vie.
Les Ukrainiens doivent se réveiller pour cesser de tomber dans l’abîme. Peu de gens comprennent la réalité de la vie dans l’Est. Les deux camps sont coupables de crimes, mais les gens ont une compréhension très superficielle et voient tout en noir et blanc. La guerre n’est pas le problème principal de l’Ukraine, c’est la corruption. Sauf que les gens sont comme des petits rongeurs, ils courent vers le bord de la falaise et ne voient pas qu’ils se font voler. Cela doit changer. »

   


Akram Ben Boubker, 28 ans, Libyen réfugié en Italie
Originaire de Tripoli. Interrogé à Catania, en Sicile, par Lorenzo Tondo. 640 000 personnes ont fui la Libye.
Akram est arrivé en Italie en août 2014. Il est parti de Sabratah à bord d’un bateau de 13 mètres. En Libye, il était mécanicien, puis, pendant la guerre, il a perdu son atelier et a été contraint d’accumuler des dettes pour rembourser les dommages. Pendant les conflits, en 2012, il a été touché par une balle à la jambe. Il a été opéré deux fois, à Tripoli, mais sa jambe a besoin d’une troisième opération. Sans travail et avec ses créanciers qui voulaient le tuer s’il ne rendait pas chaque centime, Akram a dû fuir.
« Je ne savais plus quoi faire, je n’avais pas l’argent et Tripoli était devenu trop dangereuse. J’ai décidé de fuir pour gagner ma vie en Europe. Je n’ai pas de maison, je vis dans la rue, je dors où je peux. Pour survivre, de temps à autre, je travaille dans les champs, en cueillant des fruits et légumes. Qu’est-ce que j’attends de la nouvelle année ? Tant de choses, comme chaque année. J’espère revoir mon frère. Il est tombé malade après un accident à Milan, où il a été heurté par un tramway. J’espère trouver un emploi stable. J’ai peur de ne pas trouver un foyer. J’ai peur de devoir dormir dans la rue pour le reste de ma vie. »

   


Ayaanle Ahmed Ibrahin, 24 ans, Somalien réfugié en Italie
Originaire de Mogadiscio. Interrogé en Sicile par Lorenzo Tondo. 2,7 millions de personnes ont fui la Somalie.
« Mogadiscio est devenue impossible à vivre. Des soldats partout dans les rues, des policiers corrompus, des miliciens Chebab. Mon père est mort il y a quelques années. Mon frère a été rendu aveugle par l’effondrement de sa maison. Nous n’avions ni argent ni travail. J’étais le seul espoir de soutenir ma famille. Je suis parti avec ma femme pour la Libye.
Mon rêve ? L’année prochaine, j’espère jouer au foot, trouver une équipe ici, en Italie. Je veux vivre ici. En Somalie, je n’ai pas eu la chance de montrer mon talent sur le terrain. J’espère pouvoir le faire en Europe. Ma peur ? J’ai peur de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ma famille [il est sur le point de devenir père]. J’ai peur de ne pas trouver de travail. »

   


Ruaa Abu Rashed, 24 ans, Syrienne réfugiée en Allemagne
Originaire de Damas. Interrogée à Iéna, en Allemagne, par Eva Thöne. 12,6 millions de personnes ont fui la Syrie.
« Ma famille et moi sommes arrivés en Allemagne en novembre 2013. J’ai vu un de mes meilleurs amis mourir à la guerre et j’ai failli me noyer dans la Méditerranée. J’ai appris l’allemand et j’ai travaillé pour atteindre mon objectif : étudier la médecine pour aider les personnes dans le besoin. Comme mes notes étaient bonnes mais pas extraordinaires, j’étudie finalement la technologie médicale. Cela me plaît, mais j’ai toujours l’espoir de devenir médecin. Je vais essayer de nouveau au printemps, je croise les doigts.
Mes parents ont beaucoup de mal à s’adapter en Allemagne. Ils ont tout perdu, leur maison, leur ferme. Aujourd’hui, ils sont en sécurité mais leur vie est faite de dépendances : protection sociale, cours de langue… J’espère qu’ils pourront retrouver le sentiment d’être les créateurs de leur propre vie. Ma plus grande crainte, c’est de ne plus revoir mes grands-parents. Ils vivent toujours à Damas, où la situation est dangereuse et la vie difficile. L’électricité est coupée régulièrement et les choses de base comme la nourriture deviennent de plus en plus chères. »

   


Abubakkar Yousafzai, 27 ans, Pakistanais déplacé à Karachi
Originaire de Bruner, dans la province du Swat. Interrogé à Karachi par Nosheen Abbas. 1,3 million de personnes ont fui le Pakistan ou y sont des déplacés internes.
« Je suis venu à Karachi et j’ai beaucoup lutté, j’ai soutenu mes deux frères et ma sœur. Je travaille avec une ONG dans le domaine de l’éducation. Nous faisons du travail de sensibilisation, mais nous sommes menacés par les talibans et par les forces de sécurité. Les services secrets nous prennent pour des espions et les talibans nous détestent.
Je n’ai pas de grands espoirs. Le truc, pour 2018, c’est plutôt de devenir réaliste. J’espère que le gouvernement sera stable, la société fonctionne mieux quand règnent la loi et l’ordre. La sécurité s’est un peu améliorée, mais les extrémistes ciblent toujours les gens. Si la situation actuelle se poursuit, le terrorisme reviendra et les mêmes incidents se reproduiront. J’espère que cela changera. »

   


Busine Diouf (nom d’emprunt), Centrafricaine déplacée à Bangui
Originaire de Bangui. Interrogée dans le camp de réfugiés de l’aéroport de la capitale par Rebecca Ratcliffe. 969 000 personnes ont quitté la Centrafrique ou y sont des déplacés internes.
« J’ai fui ma maison le 25 décembre 2013. Les miliciens de la Seleka sont venus dans mon quartier avec beaucoup de voitures, beaucoup de fusils, ils ont attaqué tout le monde et ont commencé à brûler des maisons et à tuer de jeunes hommes. Je suis partie avec ma famille pour aller au camp de réfugiés près de l’aéroport.
Quand je me suis enfuie, je n’ai rien pris, alors après un certain temps je suis retournée chez moi chercher des affaires et des vêtements. J’étais seule. Je n’ai pas vu que quatre hommes se cachaient près de la maison. Ils m’ont attaquée, m’ont violée un par un. L’un des hommes voulait me tuer, mais les autres l’en ont empêché. Puis ils sont montés dans une voiture et sont partis.
J’ai été découverte par des femmes qui étaient en route pour le camp de réfugiés. Il y avait un hôpital dans le camp, mais pas assez de médicaments. Je n’ai pas eu de test de dépistage de la maladie. J’aimerais obtenir justice et punir ces hommes. Mais je ne connais pas leurs visages. Même si je portais plainte, ça ne marcherait pas. Cela me fait beaucoup de mal.
Ce que je veux maintenant, c’est reconstruire ma vie. Je veux recommencer une nouvelle affaire. Je veux vraiment qu’on m’aide à commencer une nouvelle vie. »

   


Narul Amin, 12 ans, Birman réfugié au Bangladesh
Originaire de Tula Toli, dans la banlieue de Maungdaw, dans l’Etat de Rakhine. Interrogé dans le camp de réfugiés de Balukhali, au Bangladesh, par Poppy McPherson. 923 000 personnes ont fui la Birmanie.
« Je ne suis pas heureux au Bangladesh. Mon pays et mon village me manquent tellement. J’ai laissé deux chèvres, Lal Fari et Hasha, dont je me suis occupé quand elles étaient petites. Je ne sais pas si elles sont vivantes ou mortes. Je dois retourner en Birmanie et vivre à nouveau dans notre village. Si le gouvernement birman nous rend nos droits, nous serons en sécurité là-bas. J’aime aller à l’école. Sinon, je n’aime rien ici au Bangladesh. Je veux être une personne instruite. Une personne très instruite, comme un mollah. Mon grand-père était mollah très célèbre et je veux être comme lui. »

   


Edward Mola Rushambara, 24 ans, Congolais réfugié au Kenya
Né dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, dont il n’a pas bougé. Interrogé là par Verity Bowman. 3,5 millions de personnes ont fui la République démocratique du Congo (RDC) ou y sont des déplacés internes.
« Ma mère a fui la RDC parce qu’elle craignait d’être emprisonnée ou peut-être tuée. Quand elle s’est enfuie, elle était enceinte de moi. Dans le camp, c’est très dur. Le pire, c’est pour les enfants, parce qu’ils ne savent pas ce qui se passe.
En 2018, si Dieu pouvait se souvenir de moi et me faire installer hors du camp, dans un pays développé, ce serait une bonne chose pour moi. Je pourrais retourner à l’école, obtenir de bonnes notes et réaliser mon rêve : travailler dans l’humanitaire, avec des enfants, partout dans le monde. » 

   


Taqiah Ali Mansour, 45 ans, Yéménite déplacée à Sanaa
Originaire de Taïz. Interrogée au camp de Khamer, à Sanaa, par Ahmad Algohbary. 3 millions de personnes ont fui le Yémen ou y sont des déplacés internes.
« J’espère retourner chez moi, dans mon village, que quelqu’un m’aidera à reconstruire ma maison de toutes pièces et que la guerre prendra fin en 2018, car nous sommes dévastés. J’espère que je pourrai revoir ma famille, qui vit dans la ville de Taïz, où mon mari a été tué alors qu’il rentrait chez lui.
Ma santé s’est détériorée, je n’ai pas reçu de soins médicaux. Je suis vraiment triste que la guerre ait ravagé ma maison et ma vie. J’espère que l’Arabie saoudite mettra fin à ses bombardements et à son siège. J’espère également que les forces soutenues par les Houthi et les Hadi cesseront les combats et nous laisseront vivre en paix. »

   


Olivier N., 19 ans, Burundais réfugié en Ouganda
Originaire de Bujumbura. Interrogé au camp de Nakivale, en Ouganda, par Verity Bowman. 742 000 personnes ont fui le Burundi.
« J’espère que 2018 concrétisera mon rêve de poursuivre mes études, que ma passion pour la course à pied se réalisera, mais surtout que le Burundi redeviendra pacifique pour que les Burundais puissent y vivre ensemble sans peur d’être tués ou injustement emprisonnés. Etre loin de mon pays, de ma famille et de tout ce que j’avais est dur, mais j’ai de la chance et je remercie Dieu d’avoir pu fuir en Ouganda, où j’ai trouvé refuge depuis deux ans et demi. »

   


Orlando Burgos Garcia, 52 ans, Colombien déplacé à Bogota
Originaire de Barrancabermeja, près de Santander. Interrogé à Bogota. 7,7 millions de personnes ont fui la Colombie ou y sont des déplacés internes.
« Personnellement, j’ai peur que 2018 ne soit pas différente des autres années. J’ai été déplacé pour la première fois en 2000 et je n’ai toujours pas de qualité de vie digne de ce nom. Ceux d’entre nous qui ont été déplacés et qui ont fui sans rien n’ont toujours pas de soutien du gouvernement. Je suis une victime aux yeux de la société colombienne et cela signifie un statut inférieur.
J’espère que les miens continueront à se battre pour leurs droits. Heureusement, mes enfants travaillent maintenant et construisent une vie loin de là où nous avons été déplacés. Mais des familles comme la nôtre souffrent de traumatismes. La guerre [entre le gouvernement et les FARC] nous a fait du mal et nous avons besoin d’aide pour accomplir notre vie.
Je travaille depuis longtemps avec les personnes déplacées. Le gouvernement a adopté une loi sur les victimes en 2011, mais ce n’est qu’un écran de fumée. Il dit que les personnes déplacées recevront une indemnisation, mais ce n’est pas vrai. J’espère que la communauté internationale nous écoutera, mais je crains que nous ne continuions de vivre dans cette incertitude sur nos droits et notre sécurité. »

   


Aives Samuel Maiorana Flores, 34 ans, Vénézuélien réfugié en Espagne
Originaire de Barquisimeto. Interrogé à Madrid par Laura Delle Femmine. 52 000 personnes ont fui le Venezuela.
« Mon pays va de mal en pis. Il n’y a pas de médicaments, pas d’argent, pas de liberté. Il n’y a rien. Mon souhait pour 2018 est que la situation s’améliore, que la reconnaissance des droits soit rétablie, qu’il y ait une véritable démocratie. J’espère vraiment que ça arrivera vite, mais je n’y crois pas. Le Venezuela est dans une impasse. Le seul moyen est de changer de Constitution.
L’année 2018 sera déterminante pour moi, car je verrai si l’Espagne accepte ma demande d’asile. J’étais avocat et je fais une maîtrise en Espagne. Si la réponse est négative, je ne sais pas quoi faire.
Au Venezuela, j’avais peur tous les jours. J’ai reçu des menaces à la fois parce que j’étais homosexuel et pour mon idéologie, j’ai été enlevé par les militaires pour avoir participé à une manifestation de l’opposition. Ma vie ici est beaucoup plus calme, sur le plan personnel et émotionnel, mais je crois que chaque migrant aspire à mourir dans son pays. J’espère retrouver ma famille et mes amis et reprendre cette vie que j’ai laissée derrière moi. »

   


Deborah Morphus, 24 ans, Nigériane réfugiée au Tchad
Originaire de l’Etat d’Adamawa. Interrogée au camp de Baga Sola, au Tchad. 3,2 millions de personnes ont fui le Nigeria ou y sont des déplacés internes.
« Je suis venue ici à cause de Boko Haram, qui a attaqué notre village. Nous nous sommes enfuis, mais ma mère était trop vieille pour fuir, alors ils l’ont tuée. Il n’y a pas de paix dans notre village, Boko Haram y est toujours. Certains y sont retournés : ils ont peur mais ils ont des emplois là-bas. Mon père y est toujours. Je l’appelle toutes les semaines. Je demande toujours des nouvelles et si les gens sont vivants ou morts. Je ne veux pas retourner au Nigeria, je n’aime pas la vie là-bas, il n’y a pas de paix. J’aimerais avoir l’argent pour aller voir mon père, mais je ne resterai pas. »

   


Nasrat, 17 ans, Afghan réfugié en Suède
Originaire d’Afghanistan. Interrogé à Floda, en Suède, par Catherine Girouard. 5,2 millions de personnes ont fui l’Afghanistan.
« Nous rêvons juste de pouvoir vivre dans un pays où nous n’aurons pas peur de mourir. Je rêve de pouvoir faire sortir mon frère de 7 ans de l’Afghanistan. Il place beaucoup d’espoir en moi, mais il ne sait pas que j’ai reçu un avis d’expulsion.
Nos parents ont été tués par les talibans. Nous avons le droit de demander trois fois une révision de la décision d’immigration [en Suède], mais après trois refus, nous sommes arrêtés et mis dans un avion. Je fais trop de cauchemars. »

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’enquête interne n’a révélé « aucune lacune dans le cadre juridique du TPIY », où le Croate avait bu du cyanure de potassium au moment du verdict de son procès.
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Suicide au TPIY : le poison ingéré par Slobodan Praljak était impossible à détecter

L’enquête interne n’a révélé « aucune lacune dans le cadre juridique du TPIY », où le Croate avait bu du cyanure de potassium au moment du verdict de son procès.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 20h00
   





                        



   


Le poison ingéré par le Croate de Bosnie Slobodan Praljak, qui s’est suicidé en pleine audience devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), n’était en aucun cas détectable, a annoncé le tribunal dimanche 31 décembre, en publiant le résultat d’une enquête interne.
« Il n’existe aucune mesure qui aurait pu détecter le poison à quelque stade que ce soit », a affirmé le juge Hassan Jallow dans un communiqué.
Le tribunal avait ouvert une enquête interne sur la mort de Slobodan Praljak, qui s’est suicidé le 29 novembre en ingérant du cyanure de potassium en pleine salle d’audience et en direct devant les caméras, juste après avoir reçu la confirmation de sa condamnation à vingt ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

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                Le tribunal pour l’ex-Yougoslavie entre dans l’histoire



« Mon enquête n’a révélé aucune lacune dans le cadre juridique du TPIY », a poursuivi le juge, précisant que « les règles avaient été respectées par les agents du TPIY et du centre de détention » de La Haye où était détenu M. Praljak.
« La petite taille de la fiole, les limites des règles sur les fouilles intrusives et la nature de l’équipement de dépistage disponible au quartier pénitentiaire et dans les locaux du TPIY ont tous contribué à rendre difficile la détection du liquide », a insisté le juge, qui a été assisté d’experts indépendants lors de l’enquête.
Recommandations
L’enquête toujours en cours du parquet néerlandais, sollicité après l’incident par le TPIY, cherche à déterminer comment M. Praljak a pu se procurer et introduire dans le tribunal une fiole contenant du cyanure.
« Il n’est pas possible d’acquérir légalement du cyanure de potassium ou de le fabriquer illicitement à partir de choses disponibles au sein du centre de détention », a argumenté le juge.
Pour éviter que ce genre d’incident ne se reproduise, Hassan Jallow a toutefois émis des recommandations « relatives aux fouilles » et recommandé « des séances de formation pour le personnel de sécurité qui seront partagées avec d’autres tribunaux ».
Le suicide de M. Praljak avait eu lieu lors du prononcé du jugement en appel contre six anciens dirigeants et chefs militaires des Croates de Bosnie, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité durant le conflit croato-musulman (1993-1994) qui avait éclaté durant la guerre en Bosnie (1992-1995).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’auteur présumé de l’attentat du supermarché de Saint-Pétersbourg a reconnu les faits. Il s’agirait d’un déséquilibré. L’affaire a toutefois été requalifiée en « acte de terrorisme ».
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Attentat de Saint-Pétersbourg : l’homme arrêté samedi a reconnu sa culpabilité

L’auteur présumé de l’attentat du supermarché de Saint-Pétersbourg a reconnu les faits. Il s’agirait d’un déséquilibré. L’affaire a toutefois été requalifiée en « acte de terrorisme ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 15h59
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 17h04
   





                        


L’auteur présumé de l’attentat du supermarché de Saint-Pétersbourg, interpellé samedi par les services de sécurité russes, a reconnu sa culpabilité, ont annoncé dimanche 31 décembre les enquêteurs, dressant le portrait d’un déséquilibré.
« Lors de son interrogatoire, le suspect a confirmé avoir organisé et réalisé le crime. Selon lui, son acte était motivé par une haine envers les organisateurs et les membres des formations psychologiques auxquelles il a assisté », a indiqué le comité d’enquête russe dans un communiqué.
Selon les enquêteurs, le suspect est enregistré dans une clinique psychiatrique depuis qu’il a 19 ans et avait caché, près des lieux de l’explosion, deux clés USB qui contiennent des « informations sur les raisons qui l’ont poussé à l’acte et une photographie de l’engin explosif ».
« L’enquête et l’expertise, y compris génétique, confirment l’implication de l’accusé dans la fabrication de l’engin explosif et l’utilisation des deux clés USB », poursuit le Comité. Les enquêteurs ont, en outre, décidé de requalifier l’affaire, initialement ouverte formellement pour « tentative d’homicide », en « acte de terrorisme ».
Un tribunal de Saint-Pétersbourg a ordonné dimanche soir le placement en détention du suspect jusqu’au 28 février, selon l’agence publique RIA Novosti.
Mouvement nationaliste occultiste New Age
Une source proche du dossier interrogée par l’agence Interfax samedi avait indiqué que le suspect était « un habitant de Saint-Pétersbourg de 35 ans du nom de Dmitri Loukianenko ». Il serait membre du « mouvement nationaliste occultiste New Age », selon cette source.
Selon d’autres sources citées par les médias russes, le suspect menait une vie asociale et a déjà fait l’objet par le passé d’une condamnation pour possession de stupéfiants. Ce profil semble trancher avec celui d’un partisan de l’organisation Etat islamique, qui a revendiqué cet attentat via un communiqué diffusé par son organe de propagande Aamaq.
Dix-huit personnes ont été blessées dans l’explosion mercredi soir d’une bombe artisanale d’une puissance équivalant à 200 g de TNT, qui avait été placée dans un casier de la consigne d’un supermarché de Saint-Pétersbourg. Huit d’entre elles étaient toujours hospitalisées samedi.



                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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Eva Joly : « La colère me donne de l’énergie »

Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h18
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas vu dans le métro, en 1980, une affiche qui disait : « Devenez magistrat, un métier dynamique ». C’était une publicité pour un concours exceptionnel, destiné aux plus de 35 ans. J’en avais 37, une fille âgée de 10 ans, un fils de 5 ans, j’étais juriste à l’hôpital psychiatrique d’Etampes, où je faisais des journées harassantes, mon mari, médecin généraliste, travaillait lui aussi beaucoup, nous étions en train de refaire notre maison, je n’avais jamais une minute pour moi… Je me suis dit : « Je n’ai rien à perdre. Je vais prendre quelques jours pour préparer ce concours, et après les épreuves, j’aurai le reste de la journée pour faire du shopping ! » 
Et vous avez réussi le concours…
Je n’aurais eu aucune chance s’il y avait eu une épreuve de culture générale, terriblement difficile lorsque vous êtes étrangère. J’ai grandi en Norvège, je suis venue en France à 20 ans, je n’avais pas le formatage des bêtes à concours françaises, qui sont éduquées pour cela depuis la maternelle. Or, ce concours extérieur ne comportait que des épreuves techniques. Le jour du résultat des épreuves écrites, j’étais à la Foire de Paris avec mon mari – nous étions mordus de camping-cars, nous allions les voir chaque année.
Je téléphone, j’apprends que j’ai réussi l’écrit – ce qui était pour moi le plus dur –, et je dis à Pascal : « Ma vie va changer. » Je ne savais pas à quel point ce serait vrai ! Je suis arrivée en 1981 au tribunal de grande instance d’Orléans, à 90 km de mon domicile. Entre notre maison dans l’Essonne et mon lieu de travail, j’ai dû faire environ 150 000 km en deux ou trois ans.
Comment vivez-vous ces premières années au cœur de la magistrature ?
D’abord, c’est un choc. A l’hôpital où j’avais travaillé pendant les années 1970, tout le monde était très progressiste....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ « Je crois que 2018 peut être une année de confiance et de fierté renouvelées pour notre pays », lance la première ministre britannique dans son message du Nouvel An.
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Pour Theresa May, en 2018 les progrès sur le Brexit redonneront de la fierté aux Britanniques

« Je crois que 2018 peut être une année de confiance et de fierté renouvelées pour notre pays », lance la première ministre britannique dans son message du Nouvel An.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 04h59
   





                        



   


Un message optimiste pour la nouvelle année. La première ministre britannique Theresa May a déclaré dans son allocution du Nouvel An révélée dimanche 31 décembre que 2018 serait une année de « confiance et de fierté renouvelées » pour le Royaume-Uni alors qu’elle affronte les défis de la négociation sur le Brexit.
Les pourparlers du divorce entre Bruxelles et Londres sont prêts à passer à une nouvelle étape l’an prochain, le Royaume-Uni se préparant à quitter l’Union européenne (UE) en mars 2019.
Theresa May a jugé dans cette vidéo que 2017 avait été une année de progrès pour le Royaume-Uni, qui est parvenu à un accord sur le coût de sa séparation avec l’UE, sur l’Irlande du Nord et sur les droits des citoyens de l’Union lors de la conclusion de la première phase des négociations sur le Brexit.
« Je crois que 2018 peut être une année de confiance et de fierté renouvelées pour notre pays, a estimé la cheffe du gouvernement. Une année au cours de laquelle nous continuerons à faire de bons progrès vers un accord du Brexit couronné de succès, vers une économie prête pour l’avenir et une société plus forte et plus juste pour tous ».
« Crucial »
« Faire du Brexit une réussite est crucial mais ce ne sera pas la limite de nos ambitions », a-t-elle ajouté.
La dirigeante conservatrice a également indiqué qu’elle souhaitait « une approche équilibrée » de la dépense publique en réduisant la dette britannique tout en investissant dans l’éducation, les hôpitaux et la santé publique.
Mme May a aussi dit souhaiter faire disparaître le harcèlement au travail et « éliminer tous les préjugés et la discrimination de notre société ».
Sur le plan international, elle a assuré que le Royaume-Uni serait actif dans la lutte contre l’extrémisme, le changement climatique et les déchets plastiques dans l’Océan.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans un message enregistré à Bruxelles, où il est exilé, le président catalan destitué enjoint à Mariano Rajoy d’accepter la victoire des séparatistes aux législatives.
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Catalogne : Puigdemont « exige » la restauration de son gouvernement

Dans un message enregistré à Bruxelles, où il est exilé, le président catalan destitué enjoint à Mariano Rajoy d’accepter la victoire des séparatistes aux législatives.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 00h21
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 07h42
   





                        



   


Se présentant toujours comme le dirigeant « légitime » de la Catalogne, il s’est adressé aux habitants de la région autonome depuis Bruxelles, où il est exilé. L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont a exigé samedi 30 décembre, dans ses vœux pour 2018 au « peuple » catalan, une négociation politique et la restauration par Madrid de son gouvernement, destitué après la déclaration d’indépendance du 27 octobre.
« Comme président, j’exige du gouvernement espagnol et de ceux qui le soutiennent (...) qu’ils restaurent tous ceux qu’ils ont destitué sans l’autorisation des Catalans », déclare Carles Puigdemont dans un discours enregistré dans la capitale belge, dans lequel il demande aussi à Madrid de commencer à « négocier politiquement ».
« Peuple démocratiquement mature »
Dans ce message de sept minutes, Carles Puigdemont estime que les Catalans sont un « peuple démocratiquement mature, qui a gagné le droit de constituer une République d’hommes et de femmes libres », sans cependant préciser s’il encouragera à nouveau une tentative de rupture.
Carles Puigdemont a fui en Belgique peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, en lien avec la tentative de rupture unilatérale du 27 octobre. S’il rentre en Espagne, il sera placé en détention provisoire, au titre d’un mandat d’arrêt émis par la justice.
« Les urnes ont parlé (...) Qu’attend donc Monsieur [Mariano] Rajoy pour accepter les résultats ? », s’interroge Carles Puigdemont dans cette allocution, faisant référence au chef du gouvernement conservateur espagnol.

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« Absurde »
Lors d’élections régionales le 21 décembre, les trois partis indépendantistes ont obtenu ensemble 47,5 % des suffrages, ce qui leur permet, grâce à une pondération des voix profitant aux régions rurales, traditionnellement séparatistes, d’avoir la majorité absolue des sièges au Parlement régional et donc, en principe, de former un gouvernement. Mais près de 52 % des Catalans ont voté pour des partis qui défendent le maintien de la région en Espagne, compliquant davantage la sortie de crise.
M. Puigdemont dirige la liste qui a recueilli le plus de voix au sein du camp indépendantiste, « Ensemble pour la Catalogne », ce qui lui donne selon ses partisans le droit de retrouver son poste, quelle que soit sa situation judiciaire. S’il reste en Belgique, une éventuelle investiture de M. Puigdemont devrait se faire à distance et impliquerait une modification du règlement du Parlement régional.

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« M. Puigdemont croit qu’il pourra être président de la Généralité [l’exécutif catalan] par Internet et Whatsapp », depuis la Belgique, a ironisé samedi Inès Arrimadas, la cheffe en Catalogne du principal parti d’opposition aux indépendantistes, Ciudadanos. M. Rajoy lui-même a estimé vendredi qu’une telle situation serait « absurde ».
Sans évoquer son éventuel programme de gouvernement s’il revenait au pouvoir, le chef de file des séparatistes a dénoncé dans son message de vœux la répression du mouvement indépendantiste par Madrid et espéré que le résultat des élections permettra l’avènement de « l’ère du dialogue et de la négociation » qu’il dit réclamer « depuis des années ». Le gouvernement espagnol doit "commencer à négocier politiquement avec le gouvernement légitime de Catalogne, a-t-il dit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’explosion d’une bombe, qui a fait 18 blessés mercredi dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, avait été revendiquée par l’organisation Etat islamique.
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L’auteur de l’attentat du supermarché de Saint-Pétersbourg interpellé

L’explosion d’une bombe, qui a fait 18 blessés mercredi dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, avait été revendiquée par l’organisation Etat islamique.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 16h53
   





                        


Le FSB (service de sécurité russe) a annoncé, samedi 30 décembre, l’arrestation du responsable de l’explosion d’une bombe qui a fait 18 blessés mercredi dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, rapportent les agences de presse russes. L’attentat a été revendiqué vendredi par l’organisation Etat islamique.
Cette explosion, à quatre jours du réveillon du Nouvel An, qui marque le début de la période des fêtes pour les Russes avant le Noël orthodoxe (le 7 janvier), avait fait redouter une attaque terroriste d’ampleur.
Les autorités craignent notamment le retour en Russie de djihadistes ayant combattu en Syrie et en Irak. Près de 4 500 Russes sont partis pour l’étranger afin de combattre « du côté des terroristes », disait à la mi-décembre le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov.
Attentat en avril
En avril, Saint-Pétersbourg avait déjà été visé par un attentat dans son métro, qui avait fait 16 morts et des dizaines de blessés. Il avait été revendiqué par un groupe peu connu lié à Al-Qaida. L’auteur présumé de cette attaque, Akbarjon Djalilov, un homme de 22 ans originaire du Kirghizistan, une ex-République soviétique d’Asie centrale, avait été tué dans l’attentat.
A la mi-décembre, les services de sécurité avaient annoncé avoir démantelé une cellule de l’EI. Selon les enquêteurs, elle s’apprêtait à commettre des attentats le 16 décembre à Saint-Pétersbourg, notamment dans la très touristique cathédrale Notre-Dame-de-Kazan. Le président Vladimir Poutine avait alors appelé son homologue américain, Donald Trump, pour le « remercier » de renseignements transmis par la CIA ayant permis d’arrêter ces terroristes présumés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le président russe a également envoyé ses vœux à Emmanuel Macron, Angela Merkel et au président syrien Bachar Al-Assad.
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Poutine propose à Trump une « coopération pragmatique »

Le président russe a également envoyé ses vœux à Emmanuel Macron, Angela Merkel et au président syrien Bachar Al-Assad.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 13h43
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 15h39
   





                        


Le président russe Vladimir Poutine a appelé son homologue américain Donald Trump à une « coopération pragmatique » à l’occasion de ses vœux de Nouvel An, a fait savoir le Kremlin, samedi 30 décembre.
« Un dialogue russo-américain constructif est particulièrement nécessaire pour renforcer la stabilité stratégique dans le monde », affirme un communiqué du président russe adressé aux dirigeants du monde pour la nouvelle année.
Selon le communiqué de la présidence, Vladimir Poutine a estimé que « le respect mutuel » devait constituer « une base au développement des relations » entre les deux pays. « Cela devrait nous permettre d’avancer vers une coopération pragmatique, orientée sur le long terme », a ajouté le président russe.

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« Désir de voir la poursuite de changements majeurs en Syrie »
Vladimir Poutine a envoyé des messages à d’autres chefs d’Etat, notamment à ceux des pays de l’ancienne URSS, à l’Allemande Angela Merkel et au Français Emmanuel Macron, qu’il invite à se rendre en Russie.
M. Poutine présente aussi ses voeux au président syrien Bachar Al-Assad, qu’il a rencontré début décembre en Syrie, et à qui il « exprime le sincère désir de voir la poursuite de changements majeurs en Syrie dans l’année qui vient ». « La Russie continuera d’exprimer toutes formes de soutiens à la République arabe syrienne dans le but de protéger sa souveraineté, son unité et son intégrité territoriale », affirme le Kremlin.

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Le président russe a ordonné à la mi-décembre un retrait partiel des troupes déployées depuis septembre 2015 en Syrie en soutien à l’armée de Bachar Al-Assad, estimant leur mission avait été « brillamment accomplie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ A 73 ans, celui qui fut le premier directeur d’« El Pais » abandonne la tête du groupe, mais reste président du quotidien national.
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Médias : en Espagne, la fausse sortie du patron de Prisa Juan Luis Cebrian

A 73 ans, celui qui fut le premier directeur d’« El Pais » abandonne la tête du groupe, mais reste président du quotidien national.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 10h33
    |

            François Bougon et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

L’heure de la retraite a sonné en Espagne pour la génération qui mena avec succès la transition démocratique, de la mort de Franco, en 1975, à l’arrivée au pouvoir du socialiste Felipe Gonzalez, en 1982. Pour l’un de ses héros, le roi Juan Carlos, le départ s’est fait sans gloire, en 2014. Après une série de scandales, il a laissé le trône à son fils.
D’autres résistent, comme Juan Luis Cebrian. Celui qui fut, en 1976, le premier directeur du quotidien El Pais ne semble guère désireux, à 73 ans, de quitter la scène. Il nous reçoit dans une salle de réunion de la forteresse du groupe Prisa, à Tres Cantos, la belle banlieue de Madrid, au milieu de tomes reliés des numéros historiques d’El Pais. « Je ne pars pas complètement, parce qu’une série d’actionnaires portent un regard inquiet sur l’avenir de la presse écrite, explique-t-il. Je resterai donc, comme président d’El Pais, pendant trois ans en principe, et je souhaite en profiter pour développer des mécanismes destinés à institutionnaliser l’indépendance du quotidien, en renforçant le comité éditorial et en créant une fondation. »
« Je ne veux pas qu’El Pais, qui fut le symbole de la transition, soit une aventure personnelle », dit « Juan Luis » comme on a l’habitude de l’appeler.
Chevalier de l’indépendance, c’est ainsi qu’il se voit et qu’il s’est présenté lors de l’assemblée générale extraordinaire du 15 novembre 2017, où il a annoncé son départ de la présidence du groupe Prisa (actionnaire minoritaire du Monde) et confirmé qu’il restait à celle d’El Pais. Dans le discours qu’il a tenu devant les actionnaires, il a emprunté quelques lignes à Miguel Hernandez, un poète de la génération de 1927, qui eut à souffrir de la dictature : « Et je m’en vais, je m’en vais, mais je reste, mais je m’en vais. » « Ce n’était pas facile de partir après quarante-trois ans, mais je ne veux pas qu’El Pais, qui fut le symbole...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Selon des médias russes, Frode Berg, ancien inspecteur des frontières, a été arrêté avant de recevoir des documents sur la flotte du Nord.
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édition abonné


L’arrestation d’un « espion » norvégien à Moscou inquiète Oslo

Selon des médias russes, Frode Berg, ancien inspecteur des frontières, a été arrêté avant de recevoir des documents sur la flotte du Nord.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 10h26
    |

            Olivier Truc (Stockholm, correspondance)








                        



                                


                            

La Norvège, pays membre fondateur de l’OTAN, s’est longtemps considérée comme relativement privilégiée dans ses relations avec la Russie. L’arrestation pour espionnage, le 5 décembre à Moscou, d’un ancien inspecteur norvégien des frontières fait apparaître au grand jour les limites de cette croyance.
Selon des informations parues dans des médias russes sur la foi de sources anonymes, Frode Berg, 62 ans, a été arrêté par le FSB, les services de renseignement russes, alors qu’il s’apprêtait à recevoir des documents sur la flotte russe de la part d’Alexeï Zitniouk, lui-même accusé de trahison et emprisonné depuis fin novembre. Selon l’agence de presse russe Tass, la justice a décidé de garder Berg en détention au moins pendant deux mois, soit jusqu’au 5 février 2018. Depuis son arrestation, les services consulaires norvégiens lui ont rendu visite à deux reprises.
Le correspondant à Moscou du quotidien norvégien Aftenposten, Per Anders Johansen, a été informé que Berg serait venu à Moscou – ce qu’il fait régulièrement – pour rencontrer d’anciens collègues russes des gardes-frontières. Comme ce service dépend du FSB, « dans le climat politique actuel, cela a pu suffire à déclencher une alerte d’espionnage à Moscou », écrit le journaliste norvégien.
« Grand Nord, basse tension »
Frode Berg, retraité depuis 2014, a travaillé un quart de siècle comme inspecteur sur la frontière entre la Norvège et la Russie, chargé, en coordination avec ses collègues russes, de l’application du traité frontalier entre les deux voisins. Ceux-ci partagent une frontière de 196 kilomètres en Laponie, qui était pendant la guerre froide l’un des deux points de contact – avec la Turquie – entre l’URSS et l’OTAN. Une frontière restée calme tout au long de ces décennies, mais qui fait l’objet d’une surveillance accrue depuis l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014. En 2016, les Norvégiens ont par exemple mis en service un deuxième navire espion, basé...




                        

                        

