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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Les salles ont, par ailleurs, enregistré la troisième meilleure fréquentation depuis cinquante ans, avec 209,2 millions de spectateurs en 2017.
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Les films français à nouveau en progression en 2017

Les salles ont, par ailleurs, enregistré la troisième meilleure fréquentation depuis cinquante ans, avec 209,2 millions de spectateurs en 2017.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 14h11
   





                        



   


En progression depuis trois ans, les films français ont à nouveau accru leur part de marché en 2017. Les salles ont, par ailleurs, enregistré la troisième meilleure fréquentation depuis cinquante ans, avec 209,2 millions de spectateurs en 2017.
« La fréquentation des salles de cinéma demeure à un niveau particulièrement élevé. C’est le troisième plus haut niveau depuis cinquante ans. Avec plus de 78 millions d’entrées, les films français ont connu un beau succès dans les salles », observe Frédérique Bredin, présidente du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée).
Les films américains reculent de 8,6 %, à 102,04 millions d’entrées, en 2017. Leur part de marché atteint ainsi 48,8 % en 2017, contre 52,4 % en 2016. En 2017, la part de marché des films français a atteint 37,4 % contre 35,3 % (2016). « Après une année 2016 exceptionnelle, les spectateurs ont bénéficié cette année encore d’une offre de films français très riche dans tous les genres qui ont attiré les spectateurs », ajoute la présidente du CNC dans un communiqué.

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                Théâtre, humour, opéra, danse... les spectacles qui ont marqué 2017



Les films primés bien placés
Pour la quatrième année consécutive, la fréquentation des salles franchit les 200 millions d’entrées, très au-dessus de la moyenne des dix dernières années (205 millions), mais 2017 fait toutefois moins bien que 2016 (213,1 millions). En 2011, un record avait été établi avec 217 millions de fauteuils.
Les meilleurs scores français ont été réalisés par les comédies Raid Dingue de Dany Boon (4,6 millions d’entrées), Valérian et la Cité des milles planètes de Luc Besson (4 millions), Alibi.com de Philippe Lacheau (3,6 millions), Le Sens de la fête d’Eric Toledano (3 millions) et Au revoir là-haut d’Albert Dupontel (1,9 million).

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                Comment le cinéma se porte-t-il en France ?



Plusieurs films sélectionnés ou primés, notamment à Cannes, ont rencontré un large public tels 120 Battements par minute de Robin Campillo, grand prix du jury (812 000 entrées), Visages, Villages, réalisé par Agnès Varda et JR, œil d’or du meilleur documentaire (234 000), Barbara de Mathieu Amalric, primé à Un certain regard et lauréat des prix Jean Vigo et Louis Delluc (360 000), Petit Paysan d’Hubert Charuel, sélectionné à la Semaine de la critique (514 000).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs livres et une autobiographie éclairent la personnalité du réalisateur américain.
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Samuel Fuller, un cinéaste objet de commentaires et de débats passionnés

Plusieurs livres et une autobiographie éclairent la personnalité du réalisateur américain.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 09h29
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Rattraper le temps perdu. C’est à cette aune qu’il faut relever, à l’occasion de l’intégrale que lui consacre la Cinémathèque française, le soudain ­regain de littérature sur le cas­ Samuel Fuller. Est-ce à dire qu’il fut, au regard de la critique, un réalisateur méconnu en France ? Tout le contraire plutôt. Enjeu cinéphilique (étendard esthétique aux ­Cahiers du cinéma), enjeu politique (attaqué de tous côtés dans le contexte de la guerre froide), Fuller, par sa sécheresse, sa violence, ses thèmes de prédilection, son histoire aussi (journaliste, soldat dans l’armée américaine lors du Débarquement), fut très tôt objet de commentaires et de débats passionnés. Antoine de Baecque fit le point, voici quelques années déjà, sur le fiévreux accueil français du cinéaste dans un article remarquable (« La morale est affaire de travellings », Trafic nos 25 et 26, 1998).

Toutefois, comme le résume Jean-François Rauger – programmateur à la Cinémathèque française et collaborateur des pages cinéma du Monde – dans le préambule à Samuel Fuller, le choc et la caresse, ouvrage collectif qu’il codirige avec Jacques Déniel : « Tout s’est passé comme si la réalité, c’est-à-dire la biographie, avait pu, dans ce cas-là, rendre le commentaire inutile ou superflu. » Il en ressort un ouvrage collectif foisonnant qui, par une réaction qui aurait sans doute gagné à être moins intransigeante, n’accorde rien à la biographie ni à l’Histoire mais tout à l’esthétique. S’y ­découvrent, ou plutôt s’y confirment, un art foudroyant de l’action en même temps qu’une science consommée du paradoxe moral, qui tétanisent littéralement le spectateur, désamorcent la pensée. De quoi remettre en mémoire cette image de Fuller substituant au traditionnel ­« Action ! » un coup de feu (Colt 45 ou 9 mm Luger, les sources varient à ce sujet) tiré sur le plateau.
Homme de convictions
Cette logique de la frontalité de l’horreur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ La Cinémathèque française consacre une rétrospective au réalisateur américain qui a décloisonné les conventions hollywoodiennes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/01/2018
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Samuel Fuller, un iconoclaste à Hollywood

La Cinémathèque française consacre une rétrospective au réalisateur américain qui a décloisonné les conventions hollywoodiennes.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 09h59
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Jusqu’au 15 février, la Cinémathèque française met à l’honneur le grand Samuel Fuller (1912-1997), l’un des cinéastes les plus originaux de sa génération, en lui consacrant une rétrospective.
Sans doute est-il important aujourd’hui de redécouvrir une œuvre ayant vivement contribué au passage à l’âge adulte du cinéma américain, en décloisonnant les conventions hollywoodiennes, les ouvrant à un gain de réalisme, de complexité, d’ambiguïté sexuelle, de diversité éthique et sociale, de curiosité pour le monde au-delà des Etats-Unis et à l’intérieur de ceux-ci. Sur le chemin qui a mené d’un classicisme imperturbable à la conquête d’une conscience moderne (Cassavetes, Cimino, ­Rafelson, Friedkin, Altman) et inquiète, les films de Fuller occupent la première marche.

A cette situation particulière, on trouvera quelques raisons d’ordre biographique. Fuller ne vint à la mise en scène qu’à l’âge de 37 ans, après avoir d’abord été journaliste, profession dont il gravit les échelons dès l’adolescence, de grouillot à reporter criminel, et dont il a chanté les louanges dans Violences à Park Row (1952).

C’est de cette pratique chevronnée qu’il tire son flair pour le sujet porteur (la « story »), son talent de raconteur, son art des dialogues mordants, sa capacité à brosser des caractères saillants. Et c’est encore par le biais de l’écriture qu’il fit une première incursion à Hollywood, au milieu des années 1930, pour contribuer à la rédaction de scénarios et à la création d’histoires.
Une deuxième carrière militaire
A cette première carrière s’en ajoute une deuxième, militaire, dans la 1re division d’infanterie américaine, la « Big Red One », au sein de laquelle il accomplit ses états de service pendant la seconde guerre mondiale. Il lui rendra hommage dans la plupart de ses films, jusqu’à lui consacrer son grand œuvre récapitulatif, Au-delà de la gloire (1980), avec Lee Marvin.
Fuller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. De Fritz Lang à Stanley Kubrick ou Steven Spielberg, les plus grands réalisateurs ont nourri l’imaginaire du public en matière de machines pensantes.
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Petite histoire de l’intelligence artificielle à l’écran

AU CŒUR DE L’IA. De Fritz Lang à Stanley Kubrick ou Steven Spielberg, les plus grands réalisateurs ont nourri l’imaginaire du public en matière de machines pensantes.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 08h55
    |

            Samuel Blumenfeld








                        



                                


                            

Il n’est pas certain que la question de l’intelligence artificielle (IA) ait été la principale préoccupation de Fritz Lang lors de la première de Metropolis, le 10 janvier 1927, à l’Ufa-Palast am Zoo à Berlin. Le réalisateur allemand avait alors bien d’autres questions en tête : il venait de signer le film le plus attendu de l’histoire de son pays.
Avec un tournage de plus d’un an et un budget dix fois supérieur à celui d’une production hollywoodienne moyenne, son échec commercial aurait mis en péril toute l’industrie cinématographique allemande. S’il n’anticipait pas l’influence considérable de son chef-d’œuvre, le cinéaste ne mesurait probablement pas non plus l’importance d’un des aspects du scénario : la fabrication d’un robot possédant une silhouette et des attributs féminins par un savant fou régnant sur la ville futuriste de Metropolis.
Chefs-d’œuvre du genre
Avec cette créature à la fois mécanique et organique, Lang mettait en scène le premier androïde de l’histoire du cinéma. Il plaçait la question de l’IA au cœur de la science-fiction, avec une question – l’avancée technologique symbolisée par un robot est-elle une promesse de bonheur ou une malédiction ? – que poseront, plus tard, les rares chefs-d’œuvre du genre : 2001, l’odyssée de l’espace (1968), de Stanley Kubrick ; Blade Runner (1982), de Ridley Scott ; Terminator (1984), de James Cameron ; et A.I. (2001), de Steven Spielberg.

Lorsque Stanley Kubrick s’attelle, avec le romancier Arthur C. Clarke, à l’adaptation de trois de ses nouvelles, pour ce qui deviendra 2001, l’odyssée de l’espace, à la fois poème philosophique sur le destin de l’homme et film de spéculation où les extraterrestres se trouveraient à l’origine de notre civilisation, le metteur en scène américain est le premier à poser explicitement la question de l’IA.
Fasciné par les ordinateurs, Kubrick confie à l’un d’eux le rôle emblématique de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Né le 13 mars 1925 dans la province de Santa Fe (Argentine), le cinéaste et pédagogue était considéré comme le précurseur du nouveau cinéma latino-américain.
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Le cinéaste argentin Fernando Birri est mort

Né le 13 mars 1925 dans la province de Santa Fe (Argentine), le cinéaste et pédagogue était considéré comme le précurseur du nouveau cinéma latino-américain.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 14h53
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 15h54
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

Le réalisateur argentin Fernando Birri, partisan du néoréalisme, précurseur du nouveau cinéma en Amérique latine et fondateur de l’Ecole internationale de cinéma à Cuba, est mort mercredi 27 décembre, à Rome, à l’âge de 92 ans. Il s’était acquis une stature de patriarche du cinéma latino-américain et de prophète d’une utopie paradoxale, d’autant plus nécessaire qu’elle reste toujours inaccessible.
Fernando Birri est né le 13 mars 1925 à Santa Fe, en Argentine, dans une famille d’origine italienne qui avait choisi la Pampa gringa pour faire fortune. Poète, peintre et marionnettiste, il part à Rome en 1950, pour faire ses études au prestigieux centre expérimental de la cinématographie, l’école de Cinecitta, en plein apogée du néoréalisme. Il y fait la connaissance des futurs réalisateurs cubains Julio Garcia Espinosa et Tomas Gutierrez Alea et de l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez, tous attirés par les films italiens de l’après-guerre.
A son retour à Santa Fe, en 1956, il fonde l’Institut de cinématographie de l’Université nationale du littoral, une institution pionnière dans les Amériques. Avec ses étudiants, il reprend les expériences du scénariste italien Cesare Zavattini et du photographe américain Paul Strand, qui avaient utilisé la photographie comme moyen d’enquête sociale.
Ainsi naît le documentaire Tire dié (1958), sur des enfants qui font la manche au risque de leur vie auprès des passagers d’un train lorsque celui-ci ralentit pour traverser un pont. Ces images emblématiques deviennent une référence pour les partisans d’un cinéma engagé et sont citées dans L’Heure des brasiers (1968), le long-métrage fleuve de Fernando Solanas.
Exil après le coup d’Etat militaire de 1966
Fernando Birri se fait lui-même le propagandiste de ses premiers pas, avec un Manifeste de Santa Fe (1962) : « Le cinéma complice du sous-développement est un sous-cinéma. » Son Institut reçoit la visite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».
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« La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art »

Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    29.12.2017 à 09h24
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Chronique. Mickey Mouse croquant un renard dont la queue dépasse encore de sa bouche : la « une » du Hollywood Reporter au lendemain de l’annonce, le 14 décembre, du rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney a pu provoquer une certaine jubilation dans les milieux qu’on dit libéraux aux Etats-Unis – de gauche ailleurs. Le studio réformateur, qui, de Frozen (La Reine des neiges) à Star Wars, a transformé ses princesses animées en femmes d’action, donné des rôles de héros aux acteurs et actrices issus des minorités est venu à bout de l’empire de Rupert Murdoch, le parrain de la droite américaine, le facilitateur de l’élection de Donald Trump et du Brexit.
Parmi les conséquences annoncées de cette fusion, on a souvent mentionné le renoncement de Bob Iger, qui dirige la Walt Disney Company depuis 2005, à une éventuelle candidature à la nomination démocrate.

Il n’est pas besoin d’être spécialiste des rongeurs pour voir que l’appétit de la souris ne procède pas seulement – et loin de là – d’intentions vertueuses. Si l’on s’en tient au seul domaine du cinéma (des longs-métrages produits dans l’intention de les exploiter en salles), il faut faire changer de camp aux bons et aux méchants. La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art.
 et des films d’auteur
Depuis le rachat de la 20th Century Fox par Rupert Murdoch en 1985, cette vénérable institution (son premier avatar remonte à 1915) était restée un studio hollywoodien classique. Aussi conflictuels qu’aient été les rapports entre le magnat australien et les dirigeants successifs des activités cinéma de la Fox, ceux-ci ont produit, financé ou distribué à la fois des blockbusters (Titanic, Avatar, X-Men, la deuxième trilogie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Les critiques cinéma du « Monde » ont sélectionné chacun les cinq œuvres qui les ont le plus émus et convaincus cette année.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/12/2017
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« Moonlight », « Twin Peaks : The Return », « Detroit »… nos films coup de cœur de 2017

Les critiques cinéma du « Monde » ont sélectionné chacun les cinq œuvres qui les ont le plus émus et convaincus cette année.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 09h45
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 06h39
   





                        


La sélection de Thomas Sotinel

   


1. Ex aequo : Moonlight, de Barry Jenkins ; Get Out, de Jordan Peele ; I Am Not Your Negro, de Raoul Peck
4 : 120 battements par minute, de Robin Campillo
5 : Une vie violente, de Thierry de Peretti
Il ne faut surtout pas prendre le trio de tête pour un ghetto. La sortie quasi simultanée de ces trois films, reflets de l’expérience afro-américaine, relève autant de la coïncidence de cycles de production que de l’émergence d’une vague. Reste qu’on les a vus en même temps – le récit d’apprentissage de Barry Jenkins, l’essai littéraire et cinématographique autour de James Baldwin de Raoul Peck (qui est haïtien), le film d’horreur (qui est aussi un film sur l’horreur, celle de la servitude) de Jordan Peele – et qu’on y a trouvé une richesse de sensations, d’informations, de réflexions qui n’appartient qu’au cinéma. Quels que soient les périls qui guettent le cinéma américain, cette trilogie née du hasard témoigne de sa puissance d’analyse, de l’infinie diversité de ses approches et de ses effets.
La proximité entre 120 battements par minute et Une vie violente est du même ordre. Deux longs récits qui fouillent au cœur de l’engagement, dans un pays – la France – où la politique tend à échapper au commun des mortels. Les militants d’Act Up que filme Robin Campillo donnent chair et désir à l’action collective, quand bien même elle se déploie à l’ombre de la mort. Presque symétriquement, les nationalistes corses de Thierry de Peretti échouent à échapper à la logique létale de leur action. Là encore, tout près de chez vous, c’est le cinéma qui dit le mieux le monde et son histoire.
La sélection de Jacques Mandelbaum

   


1. Twin Peaks : The Return, de David Lynch
2. Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc, de Bruno Dumont
3. Bangkok Nites, de Katsuya Tomita
4. Certaines femmes, de Kelly Reichardt
5. Jackie, de Pablo Larrain
En plaçant en première et deuxième positions des films à strictement parler de télévision, on prend le risque de scandaliser la filière cinéma. En réalité, on le jure, point de dandysme ici. Il s’agit, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir, de deux œuvres de cinéastes qui poursuivent leur quête créatrice à la télévision, signant à cette occasion deux purs chefs-d’œuvre. David Lynch remet en désordre de marche après vingt-cinq ans d’absence son grand mystère sériel. Bruno Dumont imagine, au pied de chez lui, l’enfance de la pucelle entre Bresson, Péguy et pop baroque. A quoi tient leur réussite ? Au fait qu’ils nous réveillent, nous touchent au plus profond, nous engagent. Au sentiment devant eux de retrouver une voie poétique, pour ne pas dire mystique, du cinéma, perdue depuis si longtemps. Ce qu’on dit là se ressent, dans une mesure sinon égale du moins semblable, aux rangs 1, 2, 3, 4 et 5.
Pour autant, aucun de ces films ne flotte dans l’éther à quoi, trop souvent, on voudrait réduire une certaine radicalité artistique. Ces œuvres de cinéma relèvent pleinement du monde qui nous entoure. Lynch de « l’âge noir » que l’humanité traverse, et de l’espoir ténu mais bouleversant d’un retour à la vie. Dumont de la tiédeur et de la lâcheté qui corrompent le monde et de la révolte qu’il convient de leur opposer. Tomita, dans son envoûtant voyage entre Thaïlande et Laos, de l’aliénation politique et de la dignité des colonisés d’hier et d’aujourd’hui. Reichardt, à travers une chronique fragmentaire de la vie quotidienne au Montana, de l’atomisation douloureuse de la société américaine. Larrain, depuis la résidence endeuillée des Kennedy, du récit toujours défait de la bonne gouvernance des hommes et de la violence comme moteur de l’Histoire. Hommage enfin, on ne peut plus d’actualité après la révélation de l’affaire Weinstein, aux femmes qui luttent et se libèrent en 2, 3, 4 et 5. La route est longue, mais les portraits livrés par ces films, d’une beauté qui ne va jamais sans rudesse, montrent la voie.
La sélection d’Isabelle Regnier

   


1. Twin Peaks : The Return, de David Lynch
2. Un jour dans la vie de Billy Lynn, de Ang Lee
3. I Am Not Your Negro, de Raoul Peck
4. Creepy, de Kiyoshi Kurosawa
5. Un beau soleil intérieur, de Claire Denis
En 1992, à la fin du dernier épisode de Twin Peaks, Laura Palmer nous fixait un improbable rendez-vous un quart de siècle plus tard. En se pointant à l’heure avec cette troisième saison, David Lynch a prouvé qu’il était homme de parole, mais surtout un des artistes les plus déments de notre époque. Lui qui a révolutionné l’histoire de la télévision avec les deux premières saisons de Twin Peaks, signé avec Mulholland Drive un des plus beaux films de l’histoire du cinéma, revient avec une œuvre renversante : un film-monde de dix-huit heures dont les origines sont plus à chercher du côté de la peinture – de Brueghel l’Ancien, ou de Jérôme Bosch – que dans le cinéma ou la télévision. Plongée métaphysique au cœur du mal, Twin Peaks, the Return reconfigure l’espace et le temps en explosant les frontières du cinéma, des arts plastiques et de la télévision au fil d’un vertigineux récit en miroirs.
Difficile de se mesurer à une telle puissance, et ce n’est peut-être pas un hasard si les films qu’on aura préférés cette année s’en font l’écho. Un effet de sidération semblable naît, en effet, dans Un jour dans la vie de Billy Lynn de la collusion entre la sensibilité à vif d’un jeune soldat revenu d’Irak et le chaos du show patriotique géant dans lequel on le propulse. Le péché originel de l’Amérique que met en scène Raoul Peck à partir des écrits de James Baldwin dans I Am Not Your Negro résonne avec le forage qu’opère Twin Peaks dans les zones les plus sombres de l’horreur du XXe siècle. Quant à l’idée du mal tapi sous le masque lénifiant du voisin amical, sur laquelle repose Creepy, elle a toujours été la grande obsession de Lynch. Il n’y a guère qu’Un beau soleil intérieur, comédie tellement déliée qu’elle n’a de compte à rendre qu’à elle-même, pour échapper à cette orbite démoniaque.
La sélection de Mathieu Macheret 

   


1. Ex aequo : Certaines femmes, de Kelly Reichardt ; Un jour dans la vie de Billy Lynn, d’Ang Lee
3. L’Amant d’un jour, de Philippe Garrel
4. Split, de M. Night Shyamalan
5. Creepy, de Kiyoshi Kurosawa
+ Bonus : Twin Peaks : The Return, de David Lynch
Une œuvre par-dessus toutes a traversé l’année comme un grondement de tonnerre : le retour à Twin Peaks de David Lynch, vingt-six ans après une série originelle (1990-1991) qui avait, en son temps, redéfini les standards de la fiction télévisée. Cette troisième saison inattendue, loin de céder à la mode du « revival », a constitué un hapax fulgurant, sous forme de trou noir, dans le champ aujourd’hui majoritaire de la forme série. Lynch nous tend le reflet d’un monde profondément disloqué, trempé dans l’horreur et l’insensibilité contemporaines, et creuse un récit perclus d’accrocs et de suspensions. Il s’attaque ainsi au culte des « arcs narratifs » bien bouclés et invente une fiction zébrée de grandes scènes irrésolues, de soudaines déflagrations visuelles, de bouffées sentimentales et d’intermèdes musicaux, retrouvant dans ce geste de montage souverain l’essence même, hasardeuse et vagabonde, de la meilleure télévision – c’est-à-dire du cinéma.
Cette chronique d’une dévastation achevée trouvait parallèlement dans les salles obscures de troublants échos : cette Amérique des petites villes désaffectées que dépeint Kelly Reichardt dans Certaines femmes, ou encore celle croulant sous le règne sans partage du « show-business », que traverse le jeune soldat Billy Lynn avant de retourner au front (Un jour dans la vie de Billy Lynn). Tandis que Philippe Garrel décelait une rivalité enfouie dans l’amitié naissante entre deux jeunes femmes (L’Amant d’un jour), M. Night Shyamalan révélait une solidarité de souffrance entre un schizo-prédateur et sa proie adolescente (Split). C’est enfin dans Creepy, de Kiyoshi Kurosawa, que se nichait le moins vulnérable des psychopathes, sous les traits d’un simple voisin de palier dont la seule présence suffit à vous asservir. Bienvenue dans l’âge obscur.
La sélection de Jean-François Rauger

   


1. Detroit, de Kathryn Bigelow
2. Lost City of Z, de James Gray
3. L’Amant d’un jour, de Philippe Garrel
4. Yourself and Yours, de Hong Sang-soo
5. Logan, de James Mangold
Le cinéma comme moyen d’expression a fait l’objet en cette fin d’année d’une série d’attaques aussi grotesques que violentes. Il lui fut réclamé d’être exemplaire et socialement utile. Il lui fut reproché d’avoir depuis toujours contribué à la domination masculine. Sa capacité d’enregistrement devient suspecte, considérée comme dangereuse en soi, comme si elle contenait des pouvoirs magiques et nuisibles. Cette façon d’envisager le cinéma et de déconsidérer la manière dont imaginaire et fiction s’y affirment n’est pas très éloignée de celle de ces peuplades primitives de bandes dessinées considérant l’image photographique sans recul, comme une dangereuse voleuse d’âme. L’histoire du cinéma a fait ainsi, récemment, l’objet de tentatives de révision où la vérité poétique compterait peu face à ce qu’il faut bien considérer comme une infirmité de l’œil et de l’esprit et un désir de répression.
Les grandes œuvres rendent systématiquement dérisoires de tels a priori. Kathryn Bigelow désigne, au terme d’un récit éprouvant, la nature sexuelle du racisme. James Gray témoigne de la façon dont toute identité (et notamment masculine ou féminine) est le produit d’autres identités. Hong Sang-soo, par la simplicité de sa mise en scène et l’ironie de la construction conceptuelle de ces récits, décrit toujours, avec précision et humour, le cauchemar de l’indécision masculine. Garrel est au plus près de la vérité cruelle des sentiments. Et enfin, un film comme Logan subvertit la mythologie du super-héros en la transformant en road movie mélancolique et dépressif. Les bons films et les grands cinéastes ne sont jamais là où les idéologues les attendent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ La réalisatrice zambienne Rungano Nyoni met en scène avec grâce une enfance bafouée.
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« I Am Not a Witch » : Shula, la petite sorcière en cage

La réalisatrice zambienne Rungano Nyoni met en scène avec grâce une enfance bafouée.



Le Monde
 |    27.12.2017 à 07h20
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 08h30
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Un beau film, qui révèle le talent d’une cinéaste inconnue en même temps qu’il fait surgir un nouveau pays sur la carte du cinéma, l’événement est aussi rare qu’émouvant. Premier long-métrage de Rungano Nyoni, réalisatrice zambienne résidant au Portugal après avoir passé une bonne partie de sa jeunesse au Pays de Galles, I Am Not a Witch fut pour cette raison même une des belles sensations de la dernière Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Auteure d’une série de courts-métrages qui lui ont valu de nombreux de prix, passée par la Cinéfondation, la jeune femme, 35 ans, est aussi comédienne. Elle dit avoir appris le cinéma en autodidacte, et la singulière liberté de son film en témoigne.

        Lire le portrait :
         

          Rungano Nyoni, ni Zambienne ni Galloise, cinéaste



I Am Not a Witch est une histoire de sorcières dans la Zambie d’aujourd’hui. Une tentative très réussie, mise en scène avec beaucoup de grâce, de poésie, d’inscrire une forme de conte dans la réalité d’une Afrique contemporaine, mondialisée, pleinement en prise avec la modernité. Le film s’ouvre sur un groupe de Blancs en safari-photo, qui s’arrête devant un zoo humain où sont parquées des femmes vêtues d’un uniforme bleu. Les touristes interrogent leur guide sur le statut de ces personnes, leur dangerosité supposée. Ils prennent des photos et puis s’en vont. De l’autre côté de la grille, les femmes restent silencieuses. Ce sont des sorcières.

        Lire la critique parue lors du Festival de Cannes :
         

          Il était une fée en Zambie



Présence magnétique
Qu’est-ce qu’une sorcière ? La suite du film va le montrer en s’attachant à la petite Shula, fillette de 9 ans dont le regard immense, l’expression sidérée, la présence intense, vont littéralement magnétiser le film. Shula est là. Seule, sans attaches. Pas de parents, pas de famille. Possiblement en état de choc. Cette enfant sauvage qui n’a pas de place dans l’ordre social, à qui les villageois ont tôt fait d’attribuer des pouvoirs maléfiques, se voit confiée à un édile mielleux, le responsable de la « gestion » des sorcières.
Une cérémonie est organisée. Shula a le choix entre s’enfuir dans la brousse et devenir une « chèvre », ou embrasser l’état de sorcière, l’uniforme qui va avec et le long ruban blanc qui le relie à une bobine de fil géante, en signe de sa servitude. Posé en ces termes, le choix n’en est pas vraiment un. Une vie parmi les humains, même en laisse, paraît préférable à une vie de chèvre. Shula choisit d’intégrer la communauté des femmes en bleu.
Officiellement sorcière, la petite fille est vite appelée, au nom des pouvoirs occultes qu’on lui prête, à rendre la justice. Vêtue d’une splendide parure, posée sur une estrade, la voilà sommée de désigner, parmi la dizaine de suspects rassemblés devant elle, le coupable d’un vol de téléphone. Shula cherche. Rien ne vient. Elle demande un téléphone et appelle ses amies les vieilles sorcières. Tandis que les hommes attendent son verdict, elle écoute ce qu’on lui hurle à l’oreille : « C’est le plus noir ! », « Celui qui regarde ses pieds ! », « Non ! c’est celui qui regarde en l’air ! »… Investie dans son rôle avec ce sérieux absolu que peuvent avoir les enfants quand ils jouent, elle finit par en choisir un, qui va bien sûr hurler son innocence.
Un mélange de solennité et de comique colore tout le film, à des dosages variables. Le pari était risqué, mais il est réussi
Un mélange de solennité et de comique colore ainsi tout le film, à des dosages variables. Le pari était risqué, mais il est réussi, et la magie tient à cet équilibre subtil. Méditation sur la servitude volontaire et sur la liberté, évocation de la condition des femmes dans les sociétés patriarcales africaines, telle qu’elle participe d’un système plus vaste de domination et de corruption à tous les étages, I Am Not a Witch conjugue les registres allégorique et fantasmagorique d’une peinture réaliste de la société zambienne, et évite ainsi les écueils du film à sujet, du pathos, de la dénonciation programmatique…
Dans cette aventure absurde qui la conduit jusque sur un plateau de télévision où son tuteur vient vanter, pour mieux les vendre, les propriétés surnaturelles des œufs qu’elle aurait touchés, Shula tente de comprendre les règles du jeu, de voir comment elle pourrait en tirer son épingle. Elle joue sa partie, en somme, jusqu’à ce que sa condition d’animal en cage lui saute à la figure.
Saisissant avec amour les vagues d’effroi, de sidération, de joie, de désespoir, qui glissent sur ses yeux, la caméra la filme avec une tendresse infinie. C’est ainsi, par cette émotion brute jaillissant sur l’écran, que le film touche juste. Le scandale de la condition de ces femmes arrachées au monde, stigmatisées à vie, mises au service d’un pouvoir grotesque, le scandale de l’enfance bafouée, qu’incarne tout à la fois Shula, s’impriment sur son beau visage comme ce tatouage qu’on lui fait sur le front au début du film. La puissance de la fable est à la mesure de cette absolue simplicité.

Film zambien de Rungano Nyoni. Avec Margaret Mulubwa, Henry B.J. Phiri, Nancy Mulilo (1 h 34). Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/i-am-not-a-witch.html

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 27 décembre)
I Am Not a Witch, film zambien de Rungano Nyoni (à voir)Les Femmes de la rivière qui pleure, film philippin et français de Sheron Dayoc (à voir)L’Echange des princesses, film français de Marc Dugain (pourquoi pas)Le Rire de Madame Lin, film chinois et français de Zhang Tao (pourquoi pas)The Wedding Plan, film israélien de Rama Burshtein (pourquoi pas)Tout l’argent du monde, film américain de Ridley Scott (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir :
Heartstone. Un été islandais, film islandais de Gudmundur Arnar GudmundssonKedi. Des chats et des hommes, documentaire turc et américain de Ceyda TorunLes Hannas, film allemand de Julia C. KaiserMomo, film français de Vincent Lobelle et Sébastien ThiéryPitch Perfect 3, film américain de Trish Sie





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ L’ambivalence de la réalisatrice, née en Zambie, élevée au Pays de Galles et vivant au Portugal, nourrit « I Am Not a Witch ».
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Rungano Nyoni, ni Zambienne ni Galloise : cinéaste

L’ambivalence de la réalisatrice, née en Zambie, élevée au Pays de Galles et vivant au Portugal, nourrit « I Am Not a Witch ».



Le Monde
 |    27.12.2017 à 07h19
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 07h21
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Grandir à Lusaka, capitale de la Zambie, jusqu’à l’âge de 9 ans ; passer la fin de son enfance et son adolescence au Pays de Galles ; devenir actrice à Londres pour s’apercevoir qu’on veut être cinéaste, puis s’installer au Portugal, depuis deux ans : Rungano Nyoni, la réalisatrice de I Am Not A Witch, est partout chez elle, tout en se sentant un peu étrangère. Elle a tourné ce premier long-métrage dans son pays natal, dont elle dit qu’il est « comme un premier amour : quand je m’en souviens, je l’idéalise, et quand j’y retourne, je me demande ce qui m’a pris d’en tomber amoureuse ».

Cette ambivalence irrigue I Am Not a Witch, que son auteure définit comme une satire qui pousse jusqu’à l’absurde des situations empruntées à la réalité. Alors qu’elle était en vacances sur la ferme de sa grand-mère, à Lusaka, Rungano Nyoni a vu débarquer un jour une voisine affolée qui a expliqué que sa propre aïeule venait de se transformer en serpent. « Je lisais aussi les journaux zambiens qui étaient pleins d’histoires de sorcellerie, se souvient-elle. Je me suis demandé pourquoi c’étaient toujours des femmes qui étaient accusées de sorcellerie », trouvant dans cette interrogation le moyen de donner forme à la colère qu’elle voulait exprimer. Jusque-là, la réalisatrice avait envisagé de raconter l’histoire d’entrepreneuses défaites par le manque d’électricité ou celle d’une femme prisonnière d’un mariage qu’elle ne peut fuir.
Une œuvre de pure imagination
En Zambie, comme dans beaucoup de pays subsahariens, l’accusation de sorcellerie surgit lorsqu’un événement extraordinaire (décès, mauvaise récolte) survient dans une communauté. Elle peut aussi naître de l’ennui. « Une femme du district de Luapula, où ces croyances sont très fortes, m’a expliqué qu’il ne se passait jamais rien d’extraordinaire dans un village, raconte Rungano Nyoni. Si bien qu’il suffit de regarder le coucher...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le film de Sheron Dayoc ne se réfugie pas dans un discours trop édifiant sur le conflit dans les montagnes de Mindanao (Philippines).
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« Les Femmes de la rivière qui pleure » : une tragédie sur fond de vendetta familiale

Le film de Sheron Dayoc ne se réfugie pas dans un discours trop édifiant sur le conflit dans les montagnes de Mindanao (Philippines).



Le Monde
 |    27.12.2017 à 07h18
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Deux clans s’affrontent depuis de nombreuses années dans les montagnes de Mindanao aux Philippines. Des morts de part et d’autre ont entraîné deux familles dans une suite de vendettas dont on ne semble jamais voir la fin, chaque mort appelant une vengeance dans le sang. Une jeune veuve fait corps avec sa belle-famille pour venger le meurtre de son époux. Les adolescents sont élevés dans l’idée d’une lutte mortelle avec leurs voisins.
Les Femmes de la rivière qui pleure est une tragédie didactique, où les éclats de violence, à la fois atroces et filmés avec une distance respectable et une sécheresse qui en accentue l’horreur (les jeux d’enfants s’y terminent parfois par un brutal et irréfléchi assassinat), succèdent aux périodes de deuil. Rétribution au nom des liens du sang, guerres territoriales plongent les protagonistes du film dans un sourd cauchemar. Progressivement, la question de la paix et de la réconciliation s’instille dans l’esprit des femmes du groupe.
Didactisme élégant
Mené avec un didactisme élégant, le film de Sheron Dayoc ne se réfugie pas dans un discours trop édifiant mais pose les bases d’une situation à première vue inextricable, en glissant de discrètes allégories. La manière dont l’espace et le paysage (marécages, ciel gris et pluvieux, rochers et rivières) sont filmés ne cède jamais à la tentation de la joliesse.

Film philippin et français de Sheron Dayoc. Avec Sharifa Pearlsia Ali-Dans, Laila Ulao, Taha G. Daranda (1 h 35). Sur le Web : dissidenzfilms.com/les-femmes-de-la-riviere-qui-pleure



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Marc Dugain ne propose à l’écran qu’une vue fragmentaire du roman historique de Chantal Thomas.
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« L’Echange des princesses » : des Bourbons frelatés

Marc Dugain ne propose à l’écran qu’une vue fragmentaire du roman historique de Chantal Thomas.



Le Monde
 |    27.12.2017 à 07h17
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
C’est une famille pleine de petits talents et de gros défauts comme les aime le cinéma français. A la différence des Tuche, les Bourbons portent perruque et vivent en des palais. Mais ils ne valent pas mieux. C’est ce que démontrait brillamment Chantal Thomas dans L’Echange des princesses, qui narre la façon dont le ­régent Philippe d’Orléans organisa les noces simultanées de sa fille, Melle de Montpensier, à Louis, infant d’Espagne, et de son neveu le dauphin Louis (futur XV) à la demi-sœur de Louis, ­Marie Anne Victoire. C’était en 1722, les époux avaient, dans l’ordre, 12, 15, 13 et 4 ans.
Marc Dugain a voulu porter à l’écran ce roman construit sur les Mémoires du duc de Saint-Simon et les correspondances entre les cours de France et d’Espagne. Chantal Thomas en avait fait un édifice délicat et grotesque. Mettant en jeu la fragilité des enfants, elle faisait ressortir avec plus de violence l’obscénité d’un système qui n’avait qu’un seul concurrent dans son acharnement à faire le malheur de tous : la maladie – petite vérole, choléra… – qui s’abat sans distinction sur les grands et les humbles.
Face au défaut d’argent, Marc Dugain a préféré le détail et l’allusion à la stylisation ou à l’ellipse
Mais comment mettre en scène ces corps d’enfants ou d’ado­lescents échangés en fonction de leurs capacités reproductives, bientôt attaqués par les virus et les bacilles ? Ces figures altières de maniaco-dépressif (Philippe V d’Espagne, sous les traits de Lambert Wilson) et de jouisseur machiavélique (le régent, Olivier Gourmet) ? Il faudrait des moyens et une audace qui ont manqué.
Face au défaut d’argent, Marc Dugain a préféré le détail et l’allusion à la stylisation ou à l’ellipse. L’escorte de Melle de Montpensier comptait des cavaliers par centaines ? Ils ne seront plus qu’une douzaine. Elle fut ­accueillie à Madrid par un autodafé lors duquel des hérétiques furent brûlés ? On en parlera au dîner. En espérant que ces lacunes seront comblées par les clairs-obscurs de la belle photographie de Gilles Porte.
Jeu de patience
Plus ennuyeuse encore est la gêne que le cinéaste témoigne à l’encontre de ce qui fait l’essence même du récit de Chantal ­Thomas : l’obscénité. Dépeinte comme une enfant impubère ­atteinte de boulimie, la fille du ­régent devient ici une teen-ager un peu rebelle, qui finit par trouver le chemin du cœur de son fiancé ; à la cour de France, l’affaire était un peu moins grotesque.
La petite dauphine ne resta pas assez longtemps au côté du futur Louis XV pour que le mariage fût ­consommé. Il n’empêche que, en attendant, le dauphin était la proie de courtisans lubriques. Tout cela est évoqué par petits fragments, comme si l’on avait affaire à un jeu de patience qui attend encore d’être assemblé. C’est juste assez pour donner envie de lire L’Echange des princesses.

Film français de Marc Dugain. Avec Olivier Gourmet, Lambert Wilson, Kacey Mottet-Klein, Anamaria Vartolomei, Catherine Mouchet (1 h 40). Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/lechange-des-princesses



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Contribution à la sociologie de la Chine contemporaine, le récit des tribulations d’une aïeule rejetée par les siens peine à atteindre la dimension tragique à laquelle aspire le réalisateur Zhang Tao.
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« Le Rire de Madame Lin » : l’ancêtre indésirable

Contribution à la sociologie de la Chine contemporaine, le récit des tribulations d’une aïeule rejetée par les siens peine à atteindre la dimension tragique à laquelle aspire le réalisateur Zhang Tao.



Le Monde
 |    27.12.2017 à 07h15
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Ce n’est pas tout à fait une antiphrase : Madame Lin, la pauvre héroïne du premier long-métrage de Zhang Tao rit, de plus en plus fort, de plus en plus souvent. Mais ces éclats ne sont que le symptôme d’une condition qui va se dégradant – condition physique et mentale, condition sociale, celles d’une vieille femme qui ne trouve plus de place, ni dans son village, ni dans sa famille, qui finit par pouffer au lieu de sangloter.
Le Rire de Madame Lin apporte une pierre supplémentaire à la grande muraille de films qui tente de cerner le bouleversement survenu en Chine depuis la victoire de Deng Xiaoping. Passionnant dans ce qu’il montre du délitement des liens sociaux et familiaux, le film de Zhang Tao reste trop fruste dans son expression pour atteindre autrement que par éclairs l’intensité dramatique à laquelle le cinéaste aspire manifestement.
Succession de tragédies
Octogénaire, Madame Lin vit dans une masure. Après une mauvaise chute, ses enfants décident de la placer dans un de ces mouroirs dont la République populaire de Chine n’a pas l’exclusivité. Mais il n’y a pas encore de place, et, en attendant, l’aïeule est trimballée de la maison presque cossue de l’un à la ferme délabrée de l’autre. Cette situation permet au réalisateur de présenter un échantillon des franges inférieures de la classe moyenne chinoise : enseignant-fermier, petit commerçant, travailleur migrant.
A des degrés divers, tous ces rejetons témoignent à leur mère la même indifférence, pendant que les conjoints laissent libre cours à leur hostilité. L’accumulation de ces disputes familiales, encore alourdie par une succession de tragédies, petites ou grandes (un adolescent est arrêté par la police, un chauffeur de camion est victime d’un accident) finit par peser sur le mouvement du film. D’autant que la mise en scène – qui recourt à l’excès aux plans fixes pris dans l’embrasure d’une porte – ne fait rien pour donner un peu de vie à l’ensemble. Il faut attendre les dernières séquences pour que Le Rire de Madame Lin arrive à communiquer la grande tristesse qui l’habite.



Film chinois et français de Zhang Tao. Avec Yu Fengyuan, Li Fengyun, Chen Shilan (1 h 22). Sur le Web : www.sddistribution.fr/film/last-laugh/129



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/12/2017
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Sorcellerie à l’africaine et rapt à l’italienne : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



Le Monde
 |    27.12.2017 à 06h26
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 07h34
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Entre foie gras et huîtres, les salles de cinéma proposent très raisonnablement, un menu léger, ce qui ne veut pas dire inconsistant. Il permettra surtout de voyager, de la Zambie en Israël en passant par l’Italie des « années de plomb » et les Etats-Unis des Années folles.
Shula, la petite sorcière en cage : « I Am Not a Witch »

Un beau film, qui révèle le talent d’une cinéaste inconnue en même temps qu’il fait surgir un nouveau pays sur la carte du cinéma, l’événement est aussi rare qu’émouvant. Premier long-métrage de Rungano Nyoni, réalisatrice zambienne, I Am Not a Witch fut pour cette raison même une des belles sensations de la dernière Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Cette histoire de sorcières dans la Zambie d’aujourd’hui inscrit avec grâce une forme de conte dans la réalité d’une Afrique contemporaine, mondialisée, pleinement en prise avec la modernité.
Le destin de Shula, petite fille accusée de sorcellerie, emprisonnée avec ses consœurs conjugue les registres allégorique et fantasmagorique à la peinture réaliste de la société zambienne… Saisissant avec amour les vagues d’effroi, de sidération, de joie, de désespoir, qui glissent sur le visage de Shula, la caméra la filme avec une tendresse infinie.
C’est ainsi, par cette émotion brute jaillissant sur l’écran, que le film touche juste. Le scandale de la condition de ces femmes arrachées au monde, stigmatisées à vie, mises au service d’un pouvoir grotesque, le scandale de l’enfance bafouée, qu’incarne tout à la fois Shula, s’impriment sur son beau visage comme ce tatouage qu’on lui fait sur le front au début du film. La puissance de la fable est à la mesure de cette absolue simplicité. Isabelle Regnier
« I Am Not a Witch », film zambien de Rungano Nyoni. Avec Margaret Mulubwa, Henry B.J. Phiri, Nancy Mulilo (1 h 34).
La rançon de l’amour maternel : « Tout l’argent du monde »

Le sujet du film – le rapt de John Paul Getty III, petit-fils de l’homme le plus riche du monde, en 1973, par une bande mafieuse – destinait Tout l’argent du monde à l’indifférence des plus jeunes. Le remplacement in extremis de Kevin Spacey par Christopher Plummer dans le rôle du grand-père milliardaire et avare a donné une publicité inespérée au film de Ridley Scott.
Le réalisateur de Gladiator y déploie, avec la désinvolture d’un cinéaste qui n’a plus rien à prouver, ses défauts les plus navrants (Tout l’argent du monde est à l’Italie ce qu’Une grande année, le pire film de Scott, est à la Proven­ce). Mais aussi ses qualités les plus éprouvées – manipulation du suspense (Alien) et maîtrise du grand format (American Gangster).
Il met en scène ici son plus beau personnage féminin depuis le sergent ­Ripley d’Alien : Abigail Harris, la mère de l’adolescent enlevé, jouée par Michelle Williams. L’affrontement entre la mère folle d’inquiétude, qui se refuse au désespoir, et l’aïeul indigne donne au film ses meilleurs moments.
Christopher Plummer cherche à trouver un peu d’humani­té au fond de son personnage. Mission impossible : J. Paul Getty, qui fit installer une cabine téléphonique à pièces dans le hall de son manoir anglais pour que ses invités n’abusent pas de son hospitalité, n’avait (selon le scénario de David Scarpa, tiré d’un livre de John Pearson) d’autre fonction que de propager la corruption. Lors­que l’acteur se résout à se laisser aller à l’ignominie de son milliardaire, face à la force vitale qu’incar­ne ­Mi­chelle Williams, Tout l’argent du mon­de touche à la grandeur. Thomas Sotinel
« Tout l’argent du monde », film américain de Ridley Scott. Avec Christopher Plummer, Mark Wahlberg, Michelle Williams (2 h 15).
Un mari pour Hannouka : « The Wedding Plan »

Membre d’une communauté hassidique de Tel-Aviv, Rama Burshtein s’est fait reconnaître en Israël comme cinéaste à part entière, à la fois dans et hors de son ­milieu, l’addition comme l’adhésion de ces deux publics n’étant pas une évidence.
Sur le registre de la comédie romantique, The Wedding Plan, met en scène Michal, une jeune femme de stricte convenance hassidique, la trentaine bien frappée, qui s’aperçoit à un mois de son mariage que son futur ne l’aime pas plus que cela. Effondrée mais volontaire, elle n’annule rien (cérémonie à la synagogue, robe de mariage, traiteur, repas de deux cents convives) et fait le pari de trouver un mari pour le jour convenu, qui se trouve par une heureuse coïncidence être le huitième de la fête d’Hanoukka. Soit le mariage étonnant d’une trame classique de comédie romantique avec l’édification de l’histoire sainte, le cocktail du suspense dramaturgique et du miracle mystique.
Au premier de ses chapitres, comptons une bonne actrice en la personne de Noa ­Koler, la rencontre amusante de dizaines d’hommes à problèmes, et le suspense mené jusqu’à la dernière minute. Sur l’autre versant de la fable, il s’agit de célébrer le miracle d’Hanoukka, cette Fête des lumières célébrant la résistance du judaïsme à l’oppression. En vertu de quoi, Rama Burshtein fait d’une pierre deux coups. Elle signe un film d’une amplitude modeste mais bien troussé, et elle propage selon la tradition hassidique le message d’Hanoukka au plus grand nombre, qui plus est, à la bonne période. Jacques Mandelbaum
« The Wedding Plan », film israélien de Rama Burshtein. Avec Noa Koler, Amos Tamam, Oz Zehavi (1 h 50).
Harold Lloyd à la fondation Jérôme Seydoux-Pathé

De son vivant, Harold Lloyd était l’égal de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton. Reconnaissable à son canotier et ses petites lunettes rondes, son personnage de jeune homme discret, socialement intégré, tendu par le désir de prendre sa part du rêve américain et se donnant les moyens d’y parvenir n’a pas connu la même postérité que ses deux illustres contemporains.
La sélection opérée par la fondation Seydoux-Pathé parmi les quelque 200 films interprétés par Harold Lloyd permettra de combler les lacunes des plus jeunes, saturés d’images numériques ou de raviver les mémoires analogiques.
Cet immense acteur burlesque a bâti une œuvre cohérente, réjouissante, reflétant merveilleusement la dynamique des villes américaines de son temps. Rarement passé derrière la caméra, il s’est surtout illustré devant celles d’Hal Roach, futur producteur de Laurel et Hardy, Fred Newmeyer et Sam Taylor. Connu pour ses acrobaties, Harold Lloyd joue aussi formidablement avec les traits de son visage, et n’a pas son pareil pour exprimer l’embarras du timide piégé par son excès d’audace. Il porte son art à son apogée à partir de 1921, en passant au long-métrage avec une série de chefs-d’œuvre, comme Monte là-dessus ou Faut pas s’en faire, qui seront tous deux projetés avenue des Gobelins. I. R.
Jusqu’au 2 janvier, Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 72, avenue des Gobelins, Paris 13e.

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 27 décembre)
I Am Not a Witch, film zambien de Rungano Nyoni (à voir)Les Femmes de la rivière qui pleure, film philippin et français de Sheron Dayoc (à voir)L’Echange des princesses, film français de Marc Dugain (pourquoi pas)Le Rire de Madame Lin, film chinois et français de Zhang Tao (pourquoi pas)The Wedding Plan, film israélien de Rama Burshtein (pourquoi pas)Tout l’argent du monde, film américain de Ridley Scott (pourquoi pas)
Nous n’avons pas pu voir :
Heartstone. Un été islandais, film islandais de Gudmundur Arnar GudmundssonKedi. Des chats et des hommes, documentaire turc et américain de Ceyda TorunLes Hannas, film allemand de Julia C. KaiserMomo, film français de Vincent Lobelle et Sébastien ThiéryPitch Perfect 3, film américain de Trish Sie





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ L’acteur a été effacé en catastrophe de « Tout l’argent du monde », de Ridley Scott, suite à des accusations d’agression sexuelle.
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Kevin Spacey, un fantôme à Hollywood

L’acteur a été effacé en catastrophe de « Tout l’argent du monde », de Ridley Scott, suite à des accusations d’agression sexuelle.



Le Monde
 |    26.12.2017 à 07h54
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 08h11
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Deux disparitions hantent Tout l’argent du monde. Celle du personnage, John Paul Getty, jeune héritier enlevé en 1973 par la pègre calabraise. Et celle de Kevin Spacey, l’acteur qui interprétait à l’origine le rôle de son grand-père, le tortueux milliardaire Paul Getty, remplacé au pied levé par l’acteur canadien Christopher ­Plummer.

Accusé en octobre par plusieurs hommes de harcèlement et d’agression sexuels, notamment sur des mineurs à l’époque des faits, Spacey, qui avait conquis son statut de star grâce à des rôles de criminel prédateur (Seven, 1995 ; Usual Suspects, 1995), a été balayé de la scène ­ artistique comme fétu de paille, selon une procédure d’urgence dont il n’est pas l’unique objet depuis la déflagration de l’affaire Harvey Weinstein.

L’acteur a ainsi été éjecté par Netflix de la sixième saison de la série House of Cards, dans laquelle il tient pourtant le premier rôle. Gros défi scénaristique en vue pour l’équipe, chargée de terminer la saison en son absence, et, partant, de liquider la série. La chaîne renonce par ailleurs à diffuser le biopic Gore, de Michael Hoffman, film dans lequel Spacey interprète l’écrivain Gore ­Vidal.
Vingt-deux scènes à reprendre
Plus impressionnante encore est la manière dont Sony et le réalisateur de Tout l’argent du monde, Ridley Scott, ont décidé, à six semaines de la sortie du film, d’en extraire Kevin Spacey et de retourner toutes ses scènes en le remplaçant par Christopher Plummer. Cela alors même que des premiers extraits du film avec l’acteur étaient déjà disponibles sur Internet et que les publicistes de Sony donnaient Spacey pour « oscarisable » dans ce rôle central pour les besoins duquel une lourde transformation physique, comme les affectionne Hollywood, avait été nécessaire.

L’opération fut donc menée dans la plus grande urgence, à raison de vingt-deux scènes à reprendre, dix-huit heures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Dans ce film tiré d’un fait divers des années 1970, Ridley Scott accumule les clichés mais signe son plus beau portrait de femme depuis « Alien ».
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« Tout l’argent du monde » : une mère face à des monstres dans un biopic plein de poncifs

Dans ce film tiré d’un fait divers des années 1970, Ridley Scott accumule les clichés mais signe son plus beau portrait de femme depuis « Alien ».



Le Monde
 |    26.12.2017 à 07h53
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 08h32
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Dix millions de dollars, ce n’est qu’une minuscule fraction de tout l’argent du monde. Et c’est ce qu’a coûté le tour de passe-passe cinématographique exécuté par deux octogénaires, le réalisateur Ridley Scott et l’acteur Christopher Plummer, pour escamoter Kevin Spacey du film Tout l’argent du monde, dans lequel il tenait un rôle central.

        Lire l’analyse :
         

          Kevin Spacey, un fantôme à Hollywood



La manœuvre consistant à rem­pla­cer Spacey par Plummer a, selon le New York Times, porté le budget du film à 50 millions de dollars. Elle lui a surtout apporté un surcroît d’attention, inespéré pour un film lancé en toute fin d’année, à l’heu­re de pointe où sortent les candidats aux ­Oscars. D’autant que son sujet, un fait divers des années 1970, le destinait plutôt aux contemporains de MM. Scott et Plummer.

        Lire le portrait :
         

          Christopher Plummer, l’homme qui a remplacé Kevin Spacey



Tout l’argent du monde méritait sans dou­te cette onéreuse publicité. Dans cette relation du rapt, par une bande mafieuse, de John Paul Getty III, descendant – mais pas héritier – de la plus grande fortune de l’époque, Rid­ley Scott déploie, avec la désinvolture d’un cinéaste qui n’a plus rien à prouver, ses défauts les plus navrants (Tout l’argent du monde est à l’Italie ce qu’Une grande année, le pire film de Scott, est à la Proven­ce). Mais aussi ses qualités les plus éprouvées – manipulation du suspense (Alien) et maîtrise du grand format (American Gangster). Il met en scène ici son plus beau personnage féminin depuis le sergent ­Ripley d’Alien : Abigail Harris, la mère de l’adolescent enlevé, jouée par Michelle Williams.
Le film commence à San Francis­co, où John Paul Getty II (Andrew Buchan), Abigail Harris et leurs enfants vivent chichement, à l’ombre de la tour qui abrite Getty Oil, siège de l’empire que leur père, beau-pè­re et grand-père a édifié. Des flash-back un peu ridicules montreront Christopher Plummer, rajeuni numériquement, négociant, au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’achat de champs pétrolifères avec des nobles saoudiens, et lançant le premier supertanker des chantiers navals de Toulon (le bateau fut en fait construit à Dunkerque, mais la précision historique est le cadet des soucis de Ridley Scott et de son scénariste).
L’envers de la dolce vita
Pendant que se déploient les poncifs de ce biopic dynastique, on voit poindre un autre film, la tragédie d’une femme plongée dans un monde qui ne lui fera jamais de place. Après avoir poussé son mari à se réconcilier avec son père, Abigail Harris fait la connaissance du milliardaire qui, selon la version proposée par Plum­mer et Scott, est un hybride d’Oncle Picsou et du roi Lear, un avare mégalo qui lave ses caleçons à la main tout en faisant reconstruire à Malibu la villa d’Hadrien.
Installés à Rome, les Getty juniors se laissent aller à la dolce vita, grâce aux miettes que l’ancêtre leur jette. Papa prend goût à l’héroïne, maman se débrouille comme elle peut avec John Paul Getty III (Charlie Plum­mer), ado difficile. Si difficile qu’en traînant au pied du Colisée, il est enlevé par un gang qui réclame 17 millions de dol­lars pour le libérer. Le film trou­ve alors un ­curieux équilibre entre le récit de l’enlèvement, traité à gros traits, et l’affrontement entre la mère et le grand-père qui a affirmé dès les premiers jours son refus de débourser un cent.
Ridley Scott met en scène l’Italie des années 1970 en collant bout à bout les clichés : carabiniers empotés, presse corrompue, Etat défaillant.
Ridley Scott met en scène l’Italie des années 1970 en collant bout à bout les clichés : carabiniers empotés, presse corrompue, Etat défaillant. Et, cerise sur le gâteau, un mafieux incarné par Romain Duris, qui portait mieux la robe chez Ozon que l’inamovible galure crasseux dont l’a affligé la costumière Janty Yates. Dans ces moments, seul le sens du rythme du cinéaste empêche le film de sombrer dans le ridicule. Tandis que son fils est revendu par les ravisseurs, Abigail refuse de se résigner à l’inaction face à l’impéritie italienne et l’avarice de l’aïeul. Lequel, pour se donner bonne conscience, met sur l’affaire l’un de ses séides, Fletcher Chace (Mark Wahlberg), ex-agent de la CIA, qui passe peu à peu dans le camp de la mère.
Chace se révèle d’abord incompétent. Lors d’une visite au siège des Brigades rouges (un grand appartement au mur duquel le grou­pe de Renato Curcio a affiché sa raison sociale), il se laisse convaincre que l’adolescent a mis en scène son enlèvement. C’est l’une des pires séquences du film, mais aussi le ressort qui permet de mettre en mouvement le rapport entre Abigail et l’homme de main.
Ignominie du milliardaire
Selon les lois en vigueur jusqu’ici à Hollywood, le mâle alpha devrait accomplir héroïquement la mission confiée par la femme éplorée. C’est à peu près le contraire qui se passe. La bru réprouvée prend l’ascendant sur Chace, reflétant l’écart qui sépare les deux acteurs. Michelle Williams est ici aus­si résolue et habile qu’elle était blessée et désemparée dans Manchester by the Sea, alors que Mark Wahlberg utilise au mieux sa faculté à incarner les braves types pas très fins.
Quant à Plummer, il cherche à trouver un peu d’humani­té au fond de son personnage. Mission impossible : J. Paul Getty, qui fit installer une cabine téléphonique à pièces dans le hall de son manoir anglais pour que ses invités n’abusent pas de son hospitalité, n’avait (selon le scénario de David Scarpa, tiré d’un livre de John Pearson) d’autre fonction que de propager la corruption. Lors­que l’acteur se résout à se laisser aller à l’ignominie de son milliardaire, face à la force vitale qu’incar­ne ­Mi­chelle Williams, Tout l’argent du mon­de touche à la grandeur.

Film américain de Ridley Scott. Avec Christopher Plummer, Mark Wahlberg, Michelle Williams (2 h 15). Sur le Web : www.metrofilms.com/films/all-the-money-in-the-world et www.allthemoney-movie.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ La cinéaste Rama Burshtein réalise une sympathique comédie sentimentale qui allie suspense et miracle mystique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/12/2017
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« The Wedding Plan » : un mari pour Hanoukka

La cinéaste Rama Burshtein réalise une sympathique comédie sentimentale qui allie suspense et miracle mystique.



Le Monde
 |    26.12.2017 à 06h42
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 20h47
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Découverte à la Mostra de Venise en 2012 lors de la présentation de son premier long-métrage, Le cœur a ses raisons, la réalisatrice israélienne Rama Burshtein présente quelques caractéristiques inaccoutumées. Membre d’une communauté hassidique de Tel-Aviv, cette forte femme s’est fait reconnaître en Israël comme cinéaste à part entière, à la fois dans et hors de son ­milieu, l’addition comme l’adhésion de ces deux publics n’étant pas une évidence.
Une habileté toute particulière lui permet, visiblement, de concilier les exigences de sa religion et celles du récit cinématographique. Le cœur a ses raisons – lointaine réponse du camp de la foi à Kadosh (1999), film réputé du laïque Amos Gitaï – peignait ainsi l’histoire d’un ­mariage contraint (une jeune femme destinée à épouser le mari de sa sœur décédée) que les voies mystérieuses mais miraculeusement conjointes de la foi et des sentiments transformaient en bénédiction. Il y avait là une esthé­tisation un rien étouffante, une morale à laquelle on pouvait ne pas adhérer, mais aussi un goût certain pour la fiction.
Trame classique
C’est de nouveau autour du motif nuptial et de ses aléas que s’organise The Wedding Plan, qui substitue au mélodrame le registre, plus léger, de la comédie romantique. Soit Michal, une jeune femme de stricte convenance hassidique, la trentaine bien frappée, qui s’aperçoit à un mois de son mariage que son futur ne l’aime pas plus que cela. Il en faudrait davantage pour démoraliser cette battante. Effondrée mais volontaire, elle n’annule rien de la cérémonie prévue (cérémonie à la synagogue, robe de mariage, traiteur, repas de deux cents convives) et fait le pari de trouver un mari pour le jour convenu, qui se trouve par une heureuse coïncidence être le huitième de la fête de Hanoukka. Soit un pitch hollywoodien parfait, résumé dans cette ligne de dialogue où Dieu remplace simplement le déterminisme scénaristique : « J’ai la salle, j’ai la robe, j’ai l’appartement, Dieu n’a plus qu’à me trouver un mari. »

   


Ce qui se noue dès lors, explicite pour le public israélien, le sera peut-être moins pour une audience non avertie. C’est, justement, le mariage étonnant d’une trame classique de comédie romantique avec l’édification de l’Histoire sainte, le cocktail du suspense dramaturgique et du miracle mystique. Au premier de ses chapitres, comptons une bonne actrice en la personne de Noa ­Koler (entre burlesque dépressif et quiétisme nuptial), la rencontre amusante de dizaines d’hommes à problèmes, et le suspense ­évidemment mené, en dépit d’un timing défaillant, jusqu’à la dernière minute de la cérémonie.
D’une pierre deux coups
Sur l’autre versant de la fable, il s’agit de célébrer le miracle d’Hanoukka, cette Fête des lumières célébrant la résistance du judaïsme à l’oppression. En deux mots : la révolte, au IIe siècle avant l’ère chrétienne, de Judas Mac­cabée contre le colonisateur séleucide, la restauration consécutive du Temple profané de Jérusalem, et le miracle échu selon le Talmud en son sein d’une fiole d’huile censée alimenter la lumière d’un candélabre durant un jour, mais qui aura brûlé durant les huit jours nécessaires à la purification du Temple.
En vertu de quoi, Rama Burshtein fait d’une pierre deux coups. Elle signe un film d’une amplitude modeste mais plutôt bien troussé (si l’on peut se permettre), et elle propage selon la tradition hassidique le message d’Hanoukka au plus grand nombre (qui plus est à la bonne période). Il n’en faut pas moins remettre cet état des choses conjugales à l’échelle cinématographique israélienne, et se souvenir, par exemple, du sublime Mariage tardif (2001), de Dover Kosashvili, qui se termine lui aussi par une scène de mariage – mais autrement plus trouble et renversante – pour situer The Wedding Plan à sa juste place, qui est celle d’une sympathique curiosité.

Film israélien de Rama Burshtein. Avec Noa Koler, Amos Tamam, Oz Zehavi (1 h 50). Sur le Web : magdistribution.fr/the-wedding-plan



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Le Canadien a succédé à l’acteur rattrapé par un scandale sexuel dans « Tout l’argent du monde », le dernier long-métrage de Ridley Scott, alors que le film – en salle le 27 décembre – était déjà fini. Une expérience qui lui vaut une nomination aux Golden Globes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/12/2017
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Christopher Plummer, l’homme qui a remplacé Kevin Spacey


                      Le Canadien a succédé à l’acteur rattrapé par un scandale sexuel dans « Tout l’argent du monde », le dernier long-métrage de Ridley Scott, alors que le film – en salle le 27 décembre – était déjà fini. Une expérience qui lui vaut une nomination aux Golden Globes.



Le Monde
 |    22.12.2017 à 14h16
 • Mis à jour le
25.12.2017 à 13h49
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

Il y a à peine plus d’un mois, l’acteur canadien Christopher Plummer a reçu une proposition de rôle. Dans un film déjà tourné, Tout l’argent du monde, de Ridley Scott (en salle le 27 décembre), sur l’enlèvement à Rome en 1973 du petit-fils du milliardaire J. Paul Getty. Le film était fini, mais il était impossible à sortir. Fin octobre, celui qui jouait le magnat du pétrole, Kevin Spacey, était accusé d’agressions sexuelles, dénonciations survenues dans la foulée de l’affaire Weinstein. La production a jugé qu’elle ne pouvait pas se permettre de sortir le film, et le comédien a été effacé de l’écran. Chacun des plans où il apparaissait a été supprimé et, pour respecter le calendrier d’une sortie en décembre, il a fallu le remplacer.
« Franchement, je commence à me débrouiller dans mon métier. J’ai tout l’avenir devant moi désormais » Christopher Plummer, 88 ans
Ironie de l’histoire, quand il préparait son film, Ridley Scott avait justement pensé au Canadien Christopher Plummer, à la filmographie variée mais méconnue, si ce n’est pour son rôle de capitaine Georg von Trapp dans la comédie musicale La Mélodie du bonheur (1965). Mais la notoriété de Spacey l’avait emporté. Quand la production s’est rabattue sur Plummer, ce dernier s’est enthousiasmé pour l’exercice. Retourner toutes les scènes où Spacey apparaissait en seulement neuf jours, sans préparation. Un travail d’improvisation dans un film réglé au cordeau. Et qui vaut au presque nonagénaire une nomination aux Golden Globes.

Sa situation était tellement hors normes qu’il lui a fallu inventer sa vision du personnage. A 88 ans, Plummer s’amuse de cette urgence. « Il y a cinq ans, je ne vous dis pas, je n’étais qu’un jeune homme de 83 ans. Un blanc-bec, un bleu, avec même pas soixante ans de carrière. J’aurais hésité à me lancer dans l’aventure. Là, c’est différent. » Et d’ajouter : « Franchement, je commence à me débrouiller dans mon métier. J’ai tout...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le réalisateur peine à donner un supplément d’âme à cette histoire d’un amour fou entre une mère et son fils.
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« La Promesse de l’aube » : Eric Barbier adapte platement Romain Gary

Le réalisateur peine à donner un supplément d’âme à cette histoire d’un amour fou entre une mère et son fils.



Le Monde
 |    20.12.2017 à 18h07
 • Mis à jour le
21.12.2017 à 10h59
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
C’est l’histoire d’un amour fou, inconditionnel, entre une mère et son fils, entre Romain Gary et sa mère Nina, et que l’écrivain retraça dans un roman, La Promesse de l’aube, sorti en 1960. C’est aussi le portrait d’une femme pugnace qui exige de voir son fils au sommet, étreinte par la conviction que sa progéniture est promise à un destin hors du commun. De cela, elle ne doute pas une seule seconde. Porté une première fois au cinéma en 1970 par Jules Dassin, cet amour filial renaît dans une adaptation réalisée par Eric Barbier.
C’est une matière rêvée pour tout cinéaste où tous les ingrédients d’un bon scénario répondent à l’appel : la puissance mélodramatique, le romanesque échevelé, une passion amoureuse pas tout à fait comme les autres, le mélange entre réel et fiction, puisque La Promesse de l’aube est aussi l’histoire d’une fiction qu’une mère rêve de faire endosser à son fils et que celui-ci éclaire, des années après, d’une lumière rétrospective qui romance la matière autobiographique.
Un énième blockbuster délavé
Un sujet en or, qu’on regrette de voir traité aussi platement ici. Car La Promesse de l’aube dans la version d’Eric Barbier souffre de tous les maux trop souvent vus dans le cinéma français populaire, et nous fait l’effet d’un énième blockbuster délavé qui coûte trop cher pour ce qu’il est, à savoir une illustration du roman, ni plus ni moins, sans supplément d’âme, sinon celui de ces deux acteurs-stars, Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney, qui font de leur mieux au son des violons qui tonitruent à chaque plan.
Etouffant de linéarité et de littéralité, on ne peut qu’être pris du sentiment d’un terrible gâchis entre la matière initiale et son traitement, entre les moyens mis en œuvre et la platitude du résultat. D’une mise en scène figée, La Promesse de l’aube est aussi plongée dans une de ces lumières dorées, amidonnées, que bon nombre de cinéastes utilisent depuis Les Choristes et qui transforme, à elle seule, toute tentative de romanesque flamboyant en film légèrement passéiste.

Film français d’Eric Barbier avec Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney, Didier Bourdon (2 h 10). Sur le Web : www.pathefilms.com/film/lapromessedelaube



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a inscrit cet ambitieux projet dans ses principales pistes de réformes. Objectif : permettre à l’audiovisuel public de rivaliser face aux mastodontes américains.
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Le rêve d’un « Netflix européen »

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a inscrit cet ambitieux projet dans ses principales pistes de réformes. Objectif : permettre à l’audiovisuel public de rivaliser face aux mastodontes américains.



Le Monde
 |    20.12.2017 à 10h59
 • Mis à jour le
21.12.2017 à 18h52
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’idée était inscrite dans le programme du candidat Emmanuel Macron : « Créer les conditions de l’émergence d’un “Netflix européen” exposant le meilleur du cinéma et des séries européennes. » Elle se retrouve à présent parmi les solutions avancées pour permettre à l’audiovisuel public de lutter ­contre la menace des géants américains, qui sont distributeurs et producteurs, et diffusent à la demande sur Internet.
La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, en a fait l’une des principales mesures dans les pistes de réformes qu’elle a présentées, le 13 novembre, à la demande de la ministre de la culture, Françoise Nyssen.

Concrètement, quelle est la proposition ? Elle se scinde en deux. Au niveau français, France Télévisions propose de créer un service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) avec des chaînes comme TF1, M6 ou Canal+, même si cette dernière appartient à Vivendi, qui a un projet de plate-forme – pour l’heure au point mort – avec l’italien Mediaset.
Un autre partenaire important serait l’opérateur téléphonique Orange. Avec l’Etat comme actionnaire, il pourrait jouer le rôle de chef de file, en tant que distributeur grâce à ses « boxes » Internet, mais aussi comme propriétaire d’OCS, un bouquet de chaînes de télévision françaises consacrées aux séries et au cinéma. Un tel partenariat entre public et privé a déjà été envisagé à plusieurs reprises, mais sans que les concurrents parviennent à s’entendre.
Au niveau européen, France Télévisions propose un accord entre services publics qui permette de coproduire des contenus susceptibles de rivaliser face aux 7 à 8 milliards de dollars (6 à 7 milliards d’euros) investis par Netflix et aux 4,5 milliards d’Amazon.
Lourdeurs des coproductions
« Les services publics européens investissent chaque année 14 milliards d’euros dans la création originale de contenus. Si nous mettons en commun une partie de ces moyens, nous pouvons demain peser...




                        

                        

