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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.
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« Les Américains inquiets de la domination chinoise »

AU CŒUR DE L’IA. Pékin a fait de l’intelligence artificielle un véritable axe stratégique de développement. Une politique qui pourrait avoir des conséquences majeures sur les relations internationales.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h29
    |

Charles Thibout (chercheur en géopolitique, enseignant à l’IEJ-Paris.)







                        



                                


                            

TRIBUNE. « Celui qui deviendra leader en intelligence artificielle [IA] sera le maître du monde. » Le 1er septembre 2017, c’est sur un ton glacial que ­Vladimir Poutine lâche cette sentence sans équivoque. Trois jours plus tard, Elon Musk réagit sur Twitter. Le PDG de Tesla et de SpaceX prédit que la « lutte ­entre nations pour la ­supériorité en IA causera probablement la troisième guerre mondiale ». Une chose est sûre : la compétition est lancée et, dans cette ­rivalité nouvelle au résultat ­incertain, c’est vers la Chine aujourd’hui que tous les regards se tournent.
Le grand bond
Le 20 juillet, Pékin annonçait le lancement d’un plan de développement de la prochaine génération d’intelligence artificielle : un programme d’investissements pharamineux, dont l’objectif ne souffre aucune ambiguïté : faire de la Chine le ­leader mondial dans le domaine et, ainsi, déchoir les Etats-Unis de leur rang.
Pour y parvenir, le projet sera piloté par un organisme ad hoc (le bureau pour la promotion du plan IA) dépendant du ­ministère des sciences et technologies. Le plan prévoit qu’à l’horizon 2030 la Chine deviendra le premier pôle mondial ­d’innovation et le leader en IA, grâce en particulier aux percées décisives de ses industries de haute technologie dans le domaine des big data, des « réseaux de neurones artificiels », de l’intelligence ­hybride améliorée et des systèmes intelligents autonomes.

L’intérêt premier de l’Etat chinois est économique. Depuis plusieurs années, ses dirigeants s’alarment du ralentissement tendanciel de la croissance nationale, passée de 14,2 % en 2007 à 6,7 % en 2016. Au moyen de l’IA, ils espèrent ­redynamiser l’activité économique, en ouvrant la voie à une « nouvelle révolution scientifique et technologique », avec à la clé un nouveau cycle de croissance. L’intuition paraît justifiée : selon une récente étude du cabinet PwC, la richesse nationale chinoise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.
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« L’homme continue d’avoir le dernier mot »

AU CŒUR DE L’IA. Président d’une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle, Frédéric de Gombert estime que bien des discours sur l’IA relèvent du fantasme plus que de la réalité.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 13h43
    |

Frédéric de Gombert (Président d’Akeneo, start-up française spécialisée dans la gestion de l’information produits grâce au digital et à l’IA.)







                        



                                


                            

TRIBUNE. Depuis quelques semaines, le débat sur l’intelligence artificielle (IA) a changé de tonalité. Si l’on s’en tient à la thèse défendue par le chirurgien-urologue Laurent Alexandre dans La Guerre des intelligences (JC Lattès, 250 p., 20,90 euros), le questionnement relatif à la supériorité de l’IA (sur l’intelligence humaine) a été ­déplacé du domaine de la probabilité vers celui de la temporalité. Autrement dit, la question ne serait plus « est-ce possible ? », mais plutôt « quand cela aura-t-il lieu ? ». Si les prouesses de l’IA y sont pour beaucoup, elles ne suffisent pas à expliquer ce déplacement sémantique. Le storytelling compte aussi pour une bonne part. Et ce, depuis les origines de cette technologie.
Une sémantique trompeuse
Bien avant le médiatique médecin français, Alan Turing et Ray Kurzweil, chacun à sa façon, ont projeté par leurs mots des ­générations entières dans une ère futuriste. Celle où l’IA prendrait le pas sur ­l’intelligence humaine. Le premier s’était engagé à construire « des machines rivalisant avec les hommes dans les domaines purement intellectuels ». Quant au second, il a prévu une « révolution robotique permettant de créer une intelligence non biologique plus élevée que l’homme ».

Le terme « intelligence artificielle » lui-même s’inscrit dans ce récit. Parler d’intelligence, c’est donner l’illusion d’un ordinateur doté de compétences cognitives le conduisant vers l’autonomie. Or, comme l’expliquait récemment le neuroscientifique Tomaso Poggio, en marge d’une ­conférence organisée par le Massachusetts ­Institute of Technology, « l’intelligence ­artificielle n’est pas de l’intelligence. Aujourd’hui, personne ne sait encore comment reproduire une intelligence humaine ; et ce n’est pas en agrégeant des programmes spécialisés dans les jeux ou le classement d’images que nous y parviendrons ». Bref, l’IA n’est ni plus ni moins qu’une ­capacité d’analyse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.
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« N’oublions pas l’intelligence collective »

AU CŒUR DE L’IA. Vouloir engager une réflexion nationale sur l’intelligence artificielle est un piège politique que le gouvernement se tend à lui-même. Pour l’éviter, il vaut mieux chercher la synthèse de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 13h42
    |

Vincent Lorphelin (Entrepreneur, coprésident de l’Institut de l’Iconomie), Christian Saint-Etienne (Economiste, coprésident de l’Institut de l’Icon...







                        



                                


                            

TRIBUNE. Le premier ministre a confié au député et mathématicien Cédric Villani une mission sur l’intelligence artificielle (IA) pour l’éclairer et « ouvrir le champ à une ­réflexion nationale ». L’enjeu est de taille. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et Eric Schmidt, président exécutif de Google, pensent pouvoir, grâce à l’IA, « réparer tous les problèmes du monde ».

Ce courant de pensée est puissant, mais critiqué pour ses dérives « solutionnistes ». Demander à l’IA de ­résoudre le problème des sans-abri reviendrait à lui laisser les effacer en temps réel dans nos lunettes de ­réalité augmentée. Si perfectionnée soit-elle, l’IA ne sait pas contextualiser les problèmes pour les élucider, et se précipite trop tôt sur de fausses solutions. C’est pourquoi Elon Musk, fondateur de Tesla, craint le scénario de Terminator : « Jusqu’à ce que les gens voient vraiment des ­robots tuer des personnes, ils ne sauront pas comment réagir, tellement ça leur paraîtra irréel. » Pour contrer ce funeste destin, il a créé la société Neuralink, destinée à augmenter nos capacités cérébrales grâce à de minuscules composants électroniques entrelacés entre nos 86 milliards de neurones.Un deuxième courant de pensée « transhumaniste », lui-même critiqué pour être un remède pire que le mal.
Occasions ratées
A l’inverse, l’intelligence collective (IC) veut augmenter la coopération entre les humains. Un rêve ancien resté inachevé. L’intelligence est ­certes interconnectée avec Internet et collaborative avec Google et les ­réseaux sociaux, mais elle est encore peu collective. Ce développement s’est toujours heurté aux limites du bénévolat, de la gouvernance partagée ou de l’organisation hiérarchique. A chaque fois qu’une dynamique d’invention collective s’est mise à bouillonner, pour lancer la machine à vapeur ou la micro-informatique, elle s’est figée dès les premiers succès. Les contributeurs se disputent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.
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« Gouverner les algorithmes mais aussi avec eux »

AU CŒUR DE L’IA. Peut-on admettre qu’une machine juge une personne ? Pourra-t-on porter plainte contre un algorithme ? Seuls des citoyens éclairés pourront répondre à ce type de questions, qui vont devenir fondamentales, estime le chercheur Gilles Dowek.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h39
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l'Inria et enseignant à l'Ecole normale supérieure de Paris-Saclay)







                        



                                


                            
Tribune. Nos institutions et nos systèmes informatiques, qui sont les uns et les autres des dispositifs de traitement de l’information, coévoluent. Nous avons vu, en quelques années, l’augmentation du débit des canaux de communication périmer la fonction représentative, le Web favoriser l’émergence d’une mosaïque de mouvements politiques focalisés sur le mal-logement, les droits des malades…, les réseaux sociaux permettre le contournement des censures, voire les monnaies cryptographiques priver les Etats du privilège de leur émission.
Les avancées récentes des algorithmes d’apprentissage statistique, popularisés sous le nom d’« intelligence artificielle », transforment elles aussi nos systèmes ­politiques. Ces algorithmes sont, tout à la fois, des objets qui transforment nos manières de gouverner et des objets que nous devons gouverner.
L’espoir de décisions moins partiales
Une forme particulière du traitement de l’information est la « prise de décision ». Un juge, par exemple, collecte, au cours d’un procès, de l’information (un dossier, des témoignages, des plaidoiries…) et, en fonction de cette information et de sa connaissance du droit, produit une autre forme d’information : un jugement. Une question qui se pose alors est celle de l’opportunité de remplacer ce juge par un dispositif non humain de traitement de l’information : un algorithme. La prise de décision étant omniprésente dans nos institutions, cette question se pose sous de nombreuses formes et appelle une ­réponse nuancée : si nous sommes réticents à laisser un algorithme condamner une personne à une lourde peine, il n’est pas inenvisageable que déléguer à un ­algorithme certaines tâches comme l’attribution des logements sociaux contribue à rendre ces décisions plus transparentes et plus justes.

Ces algorithmes portent l’espoir de décisions moins partiales, car il est plus facile à un algorithme qu’à un être humain de ne pas prendre en compte les tatouages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la consultante Claire Gerardin estime que la confusion entre les différents niveaux d’IA – ce que l’on sait faire et ce que l’on imagine – nourrit les fantasmes.
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« La peur de l’intelligence artificielle n’est pas (encore) d’actualité »

Dans une tribune au « Monde », la consultante Claire Gerardin estime que la confusion entre les différents niveaux d’IA – ce que l’on sait faire et ce que l’on imagine – nourrit les fantasmes.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 12h45
    |

Claire Gerardin (Conseillère en communication, spécialiste des nouvelles technologies et de leurs impacts sociétaux)







                        



                                


                            
Tribune. Dans un contexte où l’économie mondiale marche au ralenti et où les inégalités sociales augmentent, le rêve technologique s’offre comme une des voies possibles vers un nouveau cycle de croissance économique. Mais la révolution technologique en cours est aussi source d’inquiétudes. En particulier l’intelligence artificielle (IA). Le débat n’est pas nouveau. Depuis des siècles les architectes des ruptures technologiques s’opposent aux penseurs qui aspirent à une société plus humaine.  L’intelligence artificielle, selon la définition donnée par le « Rapport de synthèse » du groupe de travail France IA, « désigne les dispositifs imitant ou remplaçant l’humain dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives ». Cette discipline scientifique a été lancée dans les années 1950 par des chercheurs en cybernétique aux Etats-Unis. Elle consistait à décomposer l’intelligence en facultés élémentaires – la mémoire, la vision, le raisonnement, la démonstration – et à les modéliser avec des ordinateurs, pour les simuler.

Puis les études évoluèrent vers des recherches sur les réseaux de neurones artificiels – un ensemble d’algorithmes inspirés du fonctionnement des neurones biologiques dédiés à la résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Ces travaux sont ensuite rapidement tombés en désuétude en raison de la puissance de calcul limitée des ordinateurs. Aujourd’hui, et depuis environ quinze ans, cette dernière ayant grandement progressé, les recherches sur l’intelligence artificielle ont pu reprendre. Les ordinateurs peuvent désormais ajuster eux-mêmes leurs paramètres internes pour progresser. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage profond, ou « deep learning ».
Polémique
Grâce à ce système, on peut aujourd’hui faire de la reconnaissance d’images, de paroles, de l’interprétation de textes, ou encore de la traduction. Et, à partir de ces techniques, les industriels construisent des voitures autonomes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.
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Le « colloque intime » entre la France et l’Allemagne

Editorial. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont présenté, le 31 décembre, des vœux qui insistent sur leur ambition commune pour l’Union européenne.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 15h32
   





                        


Editorial du « Monde ». A ce niveau-là d’harmonie dans le message, ce n’est plus du diapason, c’est de la stéréo. A quelques heures d’intervalle, dimanche 31 décembre, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron ont adressé à leurs concitoyens, en guise de vœux, le même message volontariste sur l’Europe : 2018 sera « une année décisive » pour « l’ambition européenne » (Macron) et la cohésion de l’Union « la question décisive des prochaines années » (Merkel).
La chancelière allemande et le chef de l’Etat français partent d’abord, tous deux, de cette certitude ancrée dans leurs convictions politiques : la construction européenne profite à chacun de ces deux grands pays fondateurs de l’Union. L’avenir de l’Allemagne est « lié de façon indissociable à l’avenir de l’Europe » (Merkel), « l’Europe est bonne pour la France » (Macron).
« Ce par quoi tout commence »
Pour faire avancer ce chantier, la chancelière allemande et le chef de l’Etat français comptent d’abord l’un sur l’autre, en plaçant tous deux, dans leurs discours de vœux de Nouvel An, le dialogue franco-allemand au cœur de la refondation européenne. « La France et l’Allemagne veulent travailler ensemble », a souligné Mme Merkel, pour permettre à l’UE de renforcer la cohésion des Vingt-Sept et de « représenter nos valeurs de manière solidaire et avec assurance, à l’intérieur comme à l’extérieur ».
Fidèle, chacun, à sa réputation, Angela Merkel est restée sobre et brève, là où Emmanuel Macron tenait à être plus lyrique et, forcément, plus long. Le président français a choisi, pour décrire la relation franco-allemande, une expression inhabituelle, celle du « colloque intime » : « Ce colloque intime avec nos amis allemands, a-t-il dit, est la condition nécessaire à toute avancée européenne : elle n’exclut pas le dialogue avec tous nos autres partenaires, mais elle est ce par quoi tout commence. »
Une démarche qui pourrait irriter
L’expression « colloque intime et singulier », que l’on doit à l’écrivain et médecin Georges Duhamel, est généralement employée à propos de la relation entre le médecin et le patient. Cette relation est marquée par la confiance, élément tout aussi crucial pour la relation franco-allemande, mais aussi par le secret – dont on espère fermement qu’il ne fait pas partie, en revanche, des exigences de M. Macron.
On s’abstiendra de chercher à savoir qui, de Paris ou de Berlin, est le médecin et qui est le patient, mais la phrase décrit bien la démarche commune, telle que veut la relancer M. Macron : se parler à deux d’abord, puis élargir la conversation aux autres membres de l’UE. L’histoire ne dit pas si le président français a testé, au préalable, sa formulation auprès de sa collègue allemande. Il est probable, cependant, qu’elle irritera passablement certains de leurs partenaires européens, à Rome, Madrid ou La Haye, aux yeux desquels l’intimité, précisément, de ce dialogue est généralement suspecte. Elle peut aussi inquiéter les membres de l’Union qui ont choisi de rester en dehors de la zone euro, à Copenhague ou à Varsovie, et que la perspective d’une intégration renforcée de cette zone de dix-neuf Etats membres inquiète d’autant plus qu’ils perdent, avec le Brexit, l’appui de la Grande-Bretagne.

        Lire aussi :
         

                Pour ses premiers vœux, Macron réaffirme son identité politique et corrige son image



Dans la foulée, M. Macron a encore déclaré « avoir besoin d’aller plus loin » dans le dialogue franco-allemand et vouloir « rompre avec les habitudes passées », afin de « retrouver ce goût en commun d’un avenir dont nous décidons nous-mêmes ». Bonne résolution. Reste à la concrétiser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Livre. Le chercheur Laurent Bonnefoy développe, dans un essai très documenté, la thèse que ce pays – aussi mythique que méconnu – aujourd’hui frappé par la violence du monde finira par se rappeler au bon souvenir de celui-ci.
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Le Yémen, un spécimen des ratés de la guerre contre le terrorisme

Livre. Le chercheur Laurent Bonnefoy développe, dans un essai très documenté, la thèse que ce pays – aussi mythique que méconnu – aujourd’hui frappé par la violence du monde finira par se rappeler au bon souvenir de celui-ci.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 15h41
    |

            Christophe Ayad








                        



                                


                            

Livre. Enfin un bon livre sur le Yémen ! En France, ils sont rares, un par décennie en moyenne. Un livre de chercheur, certes destiné au grand public, mais complexe, documenté, sans oublier une dimension théorique, qui est le propre de la recherche. Le Yémen - De l’Arabie heureuse à la guerre, de Laurent Bonnefoy, n’est pas une histoire de ce pays de la reine de Sabah à nos jours, contrairement à ce que son titre peut laisser croire. Les repères temporels sont présents et les grandes périodes dessinées à grand trait, mais c’est surtout la période récente, depuis le tournant du siècle, qui est analysée. Autre originalité du projet : le Yémen, pays aussi mythique que méconnu, n’est pas traité ici en soi mais plutôt dans son rapport au monde.

C’est un prisme difficile et original, parfois aride, voire touffu, quand il s’agit d’éclairer les innombrables contradictions de la diplomatie yéménite sous Ali Abdallah Saleh, le président autocrate qui dirigea le pays de 1978 à 2012, président à la réunification des deux Yémen, chassé par la révolution de 2011 avant de revenir en 2014 par la force des armes et allié à ses ennemis jurés, les houthistes, qu’il avait combattus sans merci – ils finirent par l’assassiner en décembre 2017, au lendemain d’une ultime volte-face. Mais la complexité n’est pas un défaut dans la recherche, au contraire.
Rôle de paradigme
La thèse de Laurent Bonnefoy est que, malgré son isolement apparent, malgré la négligence et la légèreté des puissances qui se sont penchées sur ce pays, la trajectoire du Yémen a joué – et joue encore – un rôle de paradigme dans les relations internationales.
Le Yémen est, en effet, un spécimen quasi-parfait des ratés de la guerre contre le terrorisme : comment le pouvoir a eu intérêt à agiter cette menace pour obtenir des subsides ; comment les Etats-Unis ont baissé la garde en croyant avoir gagné au moment où leur relais local, le président Saleh, ruinait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », rappelle qu’au seuil de la nouvelle année, la préoccupation numéro un des Français reste l’emploi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/01/2018
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« L’ode au travail de Macron ne prendra sens que s’il parvient à résorber le chômage »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », rappelle qu’au seuil de la nouvelle année, la préoccupation numéro un des Français reste l’emploi.



Le Monde
 |    02.01.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 07h04
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            
Chronique. Battre le fer quand il est chaud. Depuis son élection, Emmanuel Macron a appliqué avec détermination la devise du forgeron. Et il n’en a pas fait mystère lors de la présentation de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2017 : il va continuer « au même rythme » et « avec la même intensité », convaincu que la première année de son mandat est « cruciale » pour enclencher la transformation du pays.
De fait, le programme de travail du gouvernement pour les prochains mois est impressionnant. A une délicate révision constitutionnelle (visant notamment à réduire le nombre de parlementaires et à introduire une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin législatif) et aux projets de loi sur l’immigration et l’asile, sur le logement, sur le droit à l’erreur pour les entrepreneurs, sur la police de sécurité du quotidien, sur l’égalité entre les hommes et les femmes, s’ajouteront, dès janvier, deux décisions qui ne manqueront pas de soulever des polémiques : l’éventuelle réduction à 80 km/heure de la vitesse autorisée sur les routes nationales et départementales et le choix de réaliser ou d’abandonner le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), près de Nantes. Sans oublier le « sursaut européen » auquel appelle le chef de l’Etat, de concert avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Mais sans mésestimer l’ampleur et la difficulté de ces chantiers, c’est sur le terrain de l’emploi et du travail que va se jouer, pour une large part, la crédibilité du président de la République. Après celle du droit du travail réalisée à l’automne 2017, trois réformes – de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage – sont désormais à l’ordre du jour.
Une transformation en profondeur
Comme le candidat Macron l’a maintes fois expliqué durant sa campagne et comme il l’a redit le 31 décembre en faisant du travail « le cœur de notre projet de société »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Stéphane Dudoignon, chercheur au CNRS, analyse ce qu’il qualifie de « révolution ».
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« En Iran, une révolution menace le régime »

Dans un entretien au « Monde », Stéphane Dudoignon, chercheur au CNRS, analyse ce qu’il qualifie de « révolution ».



Le Monde
 |    02.01.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 10h10
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            
En Iran, treize personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, le 28 décembre 2017. Le pouvoir judiciaire, les leaders conservateurs et quelques réformateurs, alliés du président Hassan Rohani, ont exigé une répression implacable. Mais l’Etat traite encore avec une certaine prudence ce mouvement inédit, le plus important qu’ait connu le pays depuis celui qui avait suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence, en 2009. Stéphane Dudoignon, chercheur au CNRS, analyse une situation qu’il qualifie de « révolution ».
Comment définir les actuelles manifestations en Iran ?
Comme une révolution ! C’est comme cela que les manifestants ont baptisé leur mouvement l’appelant, grâce à un jeu de mots, à la fois « révolution des œufs » et « révolution à la con ».
On n’a pas assez souligné que depuis des années, notamment depuis deux à trois ans, l’Iran vit sous un régime de manifestations quasi-permanentes motivées par des difficultés économiques ou des catastrophes écologiques, liées au manque d’eau. Le phénomène a même donné lieu à de très intéressants documentaires. Mais souvent ces mouvements sont locaux et se produisent dans des villes en bordure du désert.
Cette fois-ci, cela n’a rien à voir. Il y a une quarantaine de villes touchées et l’on y entend des slogans radicaux contre le régime, avec des insultes y compris à caractère pornographique contre des dignitaires du régime. Et comme ces manifestations ont été provoquées par des mesures réduisant les aides sociales à certains retraités mais aussi par des annonces d’augmentation du prix de l’essence et des œufs, les manifestants parlent, depuis dimanche, de « révolution des œufs ».
Quels sont les slogans les plus marquants ?
Par exemple, on a entendu à Qom, cette ville qui fut le berceau de la Révolution islamique il y a près de quarante ans, des slogans en faveur de la monarchie et notamment en faveur de Reza Shah...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.
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« Mort au Hezbollah », « Pahlavi » : comprendre les slogans iraniens

Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h15
    |

Amélie Myriam Chelly (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. Des protestations inédites ont éclaté jeudi 28 décembre 2017 en Iran. Elles s’intensifient et s’étendent dans tout le pays. Lundi 1er janvier, au moins six personnes ont été tuées et la police a procédé à des centaines d’arrestations. Tout est parti de Mashhad, ville de la région Khorasan (dans le nord-est du pays), pour des raisons qui semblent évidentes pour une très large partie de la population iranienne. Les sympathisants d’Ebrahim Raissi, opposant conservateur au président Hassan Rohani dont Mashhad est le fief, seraient à la tête des mouvements de protestation. D’où les slogans « Marg bar Rohani ! » (« Mort à Rohani ! »).

Mais bien vite, d’autres manifestants – de tendance politique différente ou apolitiques – ont rejoint les rangs. Les revendications populaires ont pris des contours plus économiques, puis désormais nationalistes et « an-idéologiques ». Les slogans ont échappé aux mains du clan Raissi pour devenir des « Mort au Guide ! », « Mort au Hezbollah ! », « Pahlavi ! Pahlavi ! », « Reza shah, roi des rois ! ».
Que revendiquent les Iraniens ? Leur exaspération face aux problèmes économiques et l’aspiration de couches sociales de plus en plus diverses à plus de sécularisme sont des réalités depuis bien longtemps. Comment comprendre la teneur des slogans scandés lors des manifestations ?
« Mort au Hezbollah ! »
Le peuple se sent floué par l’Etat car celui-ci investit largement dans le développement d’infrastructures à l’étranger : les largesses financières accordées au Hezbollah – dont se targue son secrétaire général Hassan Nasrallah dans ses discours –, la construction de routes, d’écoles et d’hôpitaux dans le sud du Liban, l’entretien de lieux saints chiites en Syrie et en Irak irritent une population qui suffoque financièrement.
Les Iraniens ont globalement soutenu l’intervention de leur pays en Syrie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Nombreuses sont les voix qui s’expriment sur les dangers et les opportunités que présentent les machines pensantes. Petite typologie du discours médiatique sur la discipline.
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Les 5 familles de l’intelligence artificielle

AU CŒUR DE L’IA. Nombreuses sont les voix qui s’expriment sur les dangers et les opportunités que présentent les machines pensantes. Petite typologie du discours médiatique sur la discipline.





Le Monde
 |    31.12.2017 à 13h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h37
    |

            Sandrine Cassini, 
Alexandre Piquard et 
David Larousserie





                        Les pionniers
Ils ont, par leurs recherches sur les réseaux de neurones artificiels, contribué à l’essor de l’intelligence artificielle moderne.

Eux-mêmes se définissent comme les « conspirateurs des réseaux de neurones ». Le Britannique Geoffrey Hinton, le Français Yann LeCun et le Marocain Yoshua Bengio ont remis au goût du jour une technique des années 1950 imitant le fonctionnement du cerveau. Au début des années 2000, plus grand-monde ne croyait dans ces idées, à part eux. Jusqu’à ce que, en 2012, une équipe de Geoffrey Hinton batte les meilleurs algorithmes de reconnaissance d’images, démontrant ainsi la supériorité de cette approche.
Sauf pour « conspirer » et convaincre, tous trois ont travaillé indépendamment, même si LeCun fut postdoctorant chez Hinton et Bengio chez LeCun. Ils continuent leur voie séparément : Hinton entre à l’université de Toronto (Canada) et chez Google. LeCun à l’université de New York et chez Facebook. Bengio à l’université de Montréal, à la tête du plus gros laboratoire académique sur le sujet.

Ils gardent leur sang-froid devant les développements de l’IA. « Les réseaux de neurones ont l’intelligence d’un enfant de 2 ans », explique Yoshua Bengio. D’après lui, il manque ainsi aux machines une sorte de sens commun que l’apprentissage sur des millions d’exemples ne peut leur faire acquérir.

Un de leurs confrères, également pionnier, l’Allemand Jürgen Schmidhuber, conteste la version historique de la discipline portée par le trio et met en avant son propre rôle. Autre opposition : il croit en l’avènement d’une superintelligence. Ce chercheur, installé à l’Institut Dalle Molle pour la recherche en intelligence artificielle, à Lugano (Suisse), a notamment inventé en 1997 un type de réseaux de neurones très particulier, dit « à mémoire », utilisé dans bon nombre d’applications....





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pierre-Olivier Monteil, enseignant, « sème des graines de réflexion » à HEC et Dauphine.
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« Dans les écoles de commerce, la philosophie redonne du sens »

Pierre-Olivier Monteil, enseignant, « sème des graines de réflexion » à HEC et Dauphine.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 13h00
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h29
    |

                            Aurélie Djavadi








                        



   


Pierre-Olivier Monteil, auteur d’Ethique et philosophie du management (Erès, 2016), enseigne l’éthique à HEC et à Paris-Dauphine. Selon lui, les étudiants sont en demande de réflexion sur le sens de leur futur travail et la façon de le conduire.
Pourquoi intervenez-vous en école de management ?
J’ai soutenu ma thèse en philosophie politique à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) après vingt-deux ans de carrière en entreprise. Ce sont deux mondes qu’il faut rapprocher pour que les philosophes sachent ce qui se passe dans la vraie vie et que les manageurs bénéficient de leurs apports théoriques. Avant mon premier cours à HEC, on m’a fait remarquer que j’aurais en face de moi des jeunes à qui le monde du travail allait dérouler le tapis rouge : « S’ils ne se posent pas des questions maintenant, ils ne s’en poseront plus jusqu’à leur retraite ! » La philosophie doit toucher ce public amené à prendre des responsabilités.
En quoi l’enseignement de l’éthique consiste-t-il ?
Il se concentre souvent sur les cas de conscience et les dilemmes. C’est important mais insuffisant. Dans mes cours, j’aborde aussi la question de l’éthique professionnelle : pourquoi est-ce que je m’engage dans mon travail ? Par intérêt, par calcul, par idéal ? Comment puis-je contribuer à l’engagement de mon équipe ? A chaque séance, on se penche sur une proposition philosophique que l’on met à l’épreuve de situations, à travers des textes de management ou de sociologie. Ainsi, au sujet de l’entretien individuel d’appréciation, on pourra se référer à Kant et à ses deux grandes catégories de jugement pour voir dans quelle mesure l’évaluation ne se joue pas que sur des règles et des chiffres.
« Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent »
Comment les étudiants accueillent-ils ces cours ?
En fin de chapitre, je conseille toujours quelques extraits de livres. Et je constate souvent que les étudiants d’HEC lisent les ouvrages de A à Z. Nostalgiques des cours de culture générale de classe préparatoire, ils sont heureux de renouer avec un registre plus littéraire. A Dauphine, j’enseigne à des professionnels en formation continue. A leur demande, on examine des cas de figure courants, comme le conflit. Là, on démêle ce qui relève du désaccord, de la mésentente ou encore du conflit de personnes…
Les manageurs rencontrent-ils, dans leur travail, des contraintes qui amplifieraient leur intérêt pour la philosophie ?
L’urgence est un problème qui se pose à beaucoup de salariés. La vision à court terme vide la vie de sens. On réagit comme si l’on avait peur d’une panne de temps mais il ne s’agit pas d’un stock qui se gère ! Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent.
Qu’espérez-vous apporter à vos élèves ?
L’idée est de semer des graines de réflexion qui permettront à tous de développer leurs propres ressources. L’éthique ne peut avoir réponse à tout, mais il s’agit de prendre conscience de la marge de manœuvre qu’on a selon les situations, et de la complexité des choses.

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.
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« Nous ne pouvons pas laisser le football entre les mains d’une organisation pourrie »

Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h38
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 15h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Miguel Poiares Maduro (président des commissions de gouvernance et de contrôle de la FIFA de juillet 2016 à mai 2017), Navi Pillay (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017) et Joseph Weiler (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017)
Tribune. Qui ne s’est pas réjoui lorsque, après des années de scandales et de corruption, on a pu croire que les écuries d’Augias de la FIFA seraient enfin nettoyées ? A la suite d’une procédure pénale engagée contre certains des principaux délinquants identifiés, une nouvelle direction a été mise en place en février 2016, portée par de grandes promesses de réforme.
« Aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux »
En tant que membres indépendants de la nouvelle commission de gouvernance, nous nous étions engagés dans ce processus de réforme. Nous avions pris au sérieux notre tâche : superviser le processus de réforme de la FIFA, faire appliquer des règles en matière d’éligibilité pour les candidatures au sein de la FIFA, contrôler les élections et promouvoir la responsabilité sociale et les droits de l’homme dans le football. Aujourd’hui, aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux.
Nous savions, bien sûr, que changer une culture institutionnelle prendrait du temps. Il s’agit d’un monde – le football – doté d’organisations rétives à tout contrôle indépendant, dominées par un petit groupe d’acteurs peu enclins à rendre publiquement des comptes sur leur action et dans lequel d’énormes intérêts économiques et politiques sont en jeu.
Incroyable conflit d’intérêts
Un incroyable conflit d’intérêts est inscrit au cœur même de la gouvernance de la FIFA : ses dirigeants dépendent pour leur survie des associations de football dont ils sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


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Eva Joly : « La colère me donne de l’énergie »

Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h18
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas vu dans le métro, en 1980, une affiche qui disait : « Devenez magistrat, un métier dynamique ». C’était une publicité pour un concours exceptionnel, destiné aux plus de 35 ans. J’en avais 37, une fille âgée de 10 ans, un fils de 5 ans, j’étais juriste à l’hôpital psychiatrique d’Etampes, où je faisais des journées harassantes, mon mari, médecin généraliste, travaillait lui aussi beaucoup, nous étions en train de refaire notre maison, je n’avais jamais une minute pour moi… Je me suis dit : « Je n’ai rien à perdre. Je vais prendre quelques jours pour préparer ce concours, et après les épreuves, j’aurai le reste de la journée pour faire du shopping ! » 
Et vous avez réussi le concours…
Je n’aurais eu aucune chance s’il y avait eu une épreuve de culture générale, terriblement difficile lorsque vous êtes étrangère. J’ai grandi en Norvège, je suis venue en France à 20 ans, je n’avais pas le formatage des bêtes à concours françaises, qui sont éduquées pour cela depuis la maternelle. Or, ce concours extérieur ne comportait que des épreuves techniques. Le jour du résultat des épreuves écrites, j’étais à la Foire de Paris avec mon mari – nous étions mordus de camping-cars, nous allions les voir chaque année.
Je téléphone, j’apprends que j’ai réussi l’écrit – ce qui était pour moi le plus dur –, et je dis à Pascal : « Ma vie va changer. » Je ne savais pas à quel point ce serait vrai ! Je suis arrivée en 1981 au tribunal de grande instance d’Orléans, à 90 km de mon domicile. Entre notre maison dans l’Essonne et mon lieu de travail, j’ai dû faire environ 150 000 km en deux ou trois ans.
Comment vivez-vous ces premières années au cœur de la magistrature ?
D’abord, c’est un choc. A l’hôpital où j’avais travaillé pendant les années 1970, tout le monde était très progressiste....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.
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Vaccins : une obligation sanitaire de bon sens

Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h37
   





                        


Editorial du « Monde ». Affirmer que de grands laboratoires pharmaceutiques ne sont pas au-dessus de tout soupçon est un euphémisme. Des scandales comme celui du Mediator l’ont amplement démontré. Que, de leur côté, les autorités sanitaires se soient montrées pour le moins maladroites en différentes occasions, au point de nourrir des soupçons de conflits d’intérêts, n’est pas moins évident. La gestion des campagnes de vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990 ou contre la grippe A (H1N1) en 2009 suffit à le rappeler.
Ces constats justifient-ils de jeter le doute sur la nécessité de protéger la population, et en particulier les jeunes enfants, contre un certain nombre de maladies infectieuses ? Justifient-ils que des parents, égarés par des informations aussi alarmistes que douteuses, relayées notamment par les réseaux sociaux, récusent ces vaccinations au motif qu’elles seraient inutiles, voire dangereuses ? Evidemment non.
Le paradoxe veut que la France – patrie de Pasteur, où la première grande loi sur la vaccination obligatoire remonte à plus d’un siècle – soit le pays du monde où la défiance est désormais la plus forte à l’égard des vaccins. Selon une enquête internationale de 2016, 41 % de nos compatriotes ne sont pas convaincus qu’ils soient « sûrs ».
Onze vaccins
De fait, 30 % des enfants ne sont pas immunisés contre le méningocoque C et plus de 20 % contre la rougeole, la protection contre ces deux maladies n’étant pas obligatoires mais seulement recommandée. Or l’on estime que 90 % à 95 % des enfants doivent être vaccinés pour éviter la propagation des maladies les plus contagieuses.

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                La couverture vaccinale augmente, mais elle reste insuffisante



Pour rétablir la confiance et garantir une protection sanitaire aussi complète que possible des enfants et des adultes qui les entourent, le gouvernement a donc décidé d’intervenir vite et fort.
Annoncée par le premier ministre, Edouard Philippe, dans son discours de politique générale en juillet, la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2018 : aux trois vaccins déjà obligatoires pour les enfants de moins de 18 mois (diphtérie, tétanos et poliomyélite) s’ajoutent désormais huit autres (coqueluche, hépatite B, rougeole, rubéole, oreillons, pneumocoque, méningocoque C et Haemophilus influenzae B). Cette règle sera une condition d’admission dans les crèches, les garderies ou les écoles, ce qui devrait suffire à la faire respecter.

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                Comment la France est passée de trois à onze vaccins obligatoires



Jugée, ici ou là, trop brutale, cette extension de l’obligation vaccinale est parfaitement justifiée. Elle doit permettre de combattre la réémergence, même marginale, de maladies infectieuses comme la rougeole. Elle améliorera également la couverture vaccinale – insuffisante – des méningites et des hépatites B.
Mais surtout, elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique qui ne saurait être laissée au choix des parents. Seule cette prévention généralisée a permis d’éradiquer, pour l’essentiel, ces maladies du passé. Cet évident bénéfice fait plus que compenser les effets secondaires, voire les risques minimes, provoqués par les vaccins.

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                « Le risque est grand de voir la défiance s’accentuer vis-à-vis des vaccins »



Il sera bien temps, dans quelques années, d’évaluer les effets de la nouvelle législation. Rien n’interdit d’imaginer, si elle a atteint son but, qu’elle soit alors assouplie. Dans l’immédiat, elle s’impose. Comme s’impose le travail d’information et de pédagogie que doivent mener les autorités sanitaires pour contrecarrer les thèses, fantaisistes quand elles ne sont pas complotistes, qui nourrissent la défiance vaccinale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.
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« Le risque est grand de voir la défiance s’accentuer vis-à-vis des vaccins »

Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h02
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h41
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Dès le 1er janvier 2018, onze vaccins seront obligatoires en France. Jusqu’à présent, les jeunes enfants devaient être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ; ils devront désormais être aussi immunisés contre huit autres agents infectieux.
L’âpre débat qui s’est amplifié, ces derniers mois, autour de cette question ne change sans doute rien à l’affaire : si elle est rigoureusement appliquée, cette mesure se traduira certainement, sur le long terme, par un effet sanitaire positif pour la population française. Les bénéfices liés à la vaccination sont suffisamment documentés pour en avoir la conviction. Pourtant, il est à craindre que cette mesure ne renforce encore la grande défiance qui s’est installée en France vis-à-vis des vaccins.

Les bénéfices, d’abord : ceux-ci sont désormais devenus invisibles dans les pays du Nord, mais les programmes d’immunisation conduits avec succès, dans les pays en développement, permettent de les donner à voir. En octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait par exemple que le nombre de morts de la rougeole avait atteint, en 2016, son plus bas niveau de l’histoire moderne. Au total, selon l’OMS, le seul vaccin contre la rougeole aura sauvé quelque 20 millions de vies depuis 2000.

En France, le débat s’est focalisé sur les risques. La question des adjuvants vaccinaux à base de sels d’aluminium – destinés à stimuler la réponse immunitaire – a été centrale et a conduit à une saisine du Conseil d’Etat, début décembre, par un collectif de quelques milliers de personnes réclamant leur retrait.
Risques faibles mais très médiatisés
Pourquoi une telle polarisation du débat français autour de ces adjuvants ? D’abord parce que c’est en France que les premiers travaux ont été conduits sur le sujet, par l’équipe du professeur Romain Gherardi de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne), dont les résultats,...




                        

                        


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L’être humain est-il menacé par la technologie ? La machine risque-t-elle de le dominer ? Notre dossier spécial pour faire le tri entre fantasmes et réalité.





Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h00
 • Mis à jour le
02.01.2018 à 14h31
    |

            Morgane Tual





                        
L’intelligence artificielle (IA) est à la mode. Rien que dans Le Monde et sur ­Lemonde.fr, le sujet a été évoqué dans 200 articles en 2017, soit presque 15 % de plus qu’en 2016. Il en a été question dans tous les domaines : en économie, en science, et même en politique, ­puisque le premier ministre, Edouard Philippe, a confié une mission sur la question au député (La République en marche, LRM) de l’Essonne et mathématicien Cédric Villani, dont les conclusions sont attendues en janvier.
Il reste à savoir ce que cache ce terme. Bien sûr, il y a ces fantastiques percées montrant que des machines surpassent désormais l’homme dans des tâches spécifiques. Dans le secteur de la santé, elles repèrent mieux que les médecins des mélanomes ou des tumeurs du sein sur des images médicales. Dans le transport, elles causent moins d’accidents que des chauffeurs. Sans compter les autres avancées : la reconnaissance vocale, l’art du jeu (poker, go), l’écriture, la peinture ou la musique.
En coulisse de ce monde si particulier s’activent les géants du ­numérique (Google, Facebook, Amazon, Microsoft, IBM, Baidu…) ou des start-up désireuses de leur voler la vedette.

Elon Musk vs Mark Zuckerberg
Bien sûr, ces développements posent question. Les conséquences sur l’emploi inquiètent, celles sur la responsabilité légale en cas de bug paraissent sans ­réponse. Sans oublier la protection de la vie privée face à ces robots capables de tout voir, tout entendre, tout prévoir (ou presque) et d’envoyer les données ainsi récoltées sur les serveurs d’entreprises dont on ne sait pas toujours ce qu’elles en feront. Déjà, les dérapages ne manquent pas. Des informaticiens n’ont-ils pas mis au point un système de détection de l’orientation sexuelle à partir de simples photos de personnes ?

« Je n’arrête pas de tirer la sonnette d’alarme, mais tant que les gens ne verront pas des robots descendre dans la rue pour tuer tout le monde, ils ne sauront...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La journaliste Sandra Muller a dénoncé en octobre sur Twitter le comportement d’Eric Brion, ex-directeur général de la chaîne Equidia, consacrée au cheval.
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Comment l’affaire du hashtag #balancetonporc est née

La journaliste Sandra Muller a dénoncé en octobre sur Twitter le comportement d’Eric Brion, ex-directeur général de la chaîne Equidia, consacrée au cheval.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 08h00
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h24
    |

            Hélène Bekmezian








                        


Il est 8 h 06, ce 13 octobre, quand Sandra Muller cède à son « impulsivité », comme elle le racontera ensuite. Cela fait moins d’une semaine que les accusations de harcèlement, d’agression, voire de viol contre le producteur américain Harvey Weinstein ont commencé à inonder la presse mondiale. La journaliste française, qui suit d’autant plus l’affaire qu’elle est basée à New York, se connecte à son compte Twitter et publie ces vingt-trois mots, accompagnés d’un mot-clé qui deviendra fondateur pour des milliers de femmes françaises :
« #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
Quatre heures plus tard, elle répond à son propre appel et raconte l’histoire de « son » porc : « “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit.” Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc », écrit-elle dans un message à ce jour retweeté 2 800 fois et « aimé » par 2 320 personnes.

        Lire aussi :
         

                La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé



L’effet boule de neige, encore mineur après le premier message, prend alors une tout autre ampleur à mesure que des centaines, puis des milliers de femmes, s’emparent du mot-clé pour raconter, à leur tour, les violences sexuelles qu’elles ont subies.
« Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant »
« Dans le métro, un homme de 50 ans qui fixe ma jupe et qui lâche à un jeune à côté de moi “à ton âge je l’aurais violée”. Il a rigolé », écrit l’une. « 36 ans, patron, siège au tribunal de commerce, son poids dans mon dos, sa respiration, son odeur. 20 ans après, vomir encore », se souvient une autre. Ad nauseam, des histoires similaires venant de toutes les générations, tous les milieux, sont déballées. L’engouement autour du mot-clé est inédit : en seulement trois jours, #balancetonporc atteint plus de 200 000 mentions sur les réseaux sociaux (un chiffre qui grimpera à 500 000 en un mois). La presse relate le phénomène, et plus elle le fait, plus celui-ci prend de l’ampleur ; la parole des femmes s’est libérée.
« Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant », constate une semaine plus tard la sociologue Irène Théry dans une tribune au Monde. Entre-temps, le mode impératif et le verbe choisi pour le mot-clé ont suscité débats et polémiques ; « Le problème, c’est “balance” », a jugé le philosophe Raphaël Enthoven, qui propose plutôt aux femmes de « dénonce[r] [leur] porc à la justice ». Twitter se transforme-t-il en jury populaire ? Ces femmes n’auraient-elles pas mieux fait de porter plainte quand il était temps ? Peut-on jeter en pâture des noms d’hommes dont la culpabilité reste à prouver ? Toutes ces histoires peuvent-elles être mises sur le même plan ?

        Lire aussi :
         

                Eric Brion : « Je réclame le droit à la vérité et à la nuance »



C’est notamment pour essayer d’apporter des réponses à ces questions que nous publions les textes des deux protagonistes de l’affaire originelle, Eric Brion et Sandra Muller. Si le premier « regrette » ses propos, il réclame de la « nuance », se disant victime de « calomnie » et de « rumeur ». Dans sa tribune, Mme Théry s’interrogeait sur le choix du mot-clé : « Plus j’y pense, plus j’apprécie le chic de #balancetonporc », répondait-elle, car lui seul permet, selon elle, que « la honte, peu à peu, change de camp ». Le texte d’Eric Brion en est un bon exemple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia reconnaît avoir « tenu des propos déplacés » envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine du hashtag #balancetonporc.
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Eric Brion : « Je réclame le droit à la vérité et à la nuance »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia reconnaît avoir « tenu des propos déplacés » envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine du hashtag #balancetonporc.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 06h29
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 07h03
    |

Eric Brion (consultant, ex-directeur général d'Equidia)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a deux mois et demi, mon nom a été le premier associé à une campagne de dénonciation sur les réseaux sociaux consacrée au harcèlement sexuel. Dans un premier temps, j’ai délibérément choisi de garder le silence, toute parole à chaud pour tenter de rétablir la vérité ou corriger les inexactitudes étant laminée par les réseaux sociaux.
Quel rapport entre mon comportement et l’affaire Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ?
Mais ce silence laisse planer trop de doutes et de questions auxquels je souhaite ici répondre. J’ai effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller [la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc], lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise. Elle me plaisait. Je le lui ai dit, lourdement. Et une seule fois, je tiens à le préciser. Je ne veux certainement pas me disculper de ma goujaterie d’alors. Je lui réitère ici mes excuses.
Néanmoins, quel rapport entre mon comportement et l’affaire concernant Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ? Les deux premiers tweets quasi simultanés de Sandra Muller laissent pourtant volontairement planer une ambiguïté sur ce qui s’est passé ce soir-là, en me « balançant » après avoir appelé les femmes à donner les noms d’hommes qui les ont harcelés « au boulot » et en plaçant cela dans le prolongement des attaques contre le producteur américain.
La machine, inarrêtable, était lancée
Or, je n’ai jamais travaillé avec Sandra Muller. Je n’ai jamais été son collaborateur ou son supérieur hiérarchique, comme j’ai pu le lire ici ou là…. Cela est aisé à vérifier, mais, une fois que la machine infernale est lancée, on ne peut pas l’arrêter. Les conséquences personnelles et professionnelles de cet amalgame entre drague lourde et harcèlement sexuel « au boulot » ont été extrêmement importantes et pénalisantes.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc rappelle qu’une simple grivoiserie peut engendrer des traumatismes graves.
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La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé

Dans une tribune au « Monde », la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc rappelle qu’une simple grivoiserie peut engendrer des traumatismes graves.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 06h29
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 14h22
    |

Sandra Muller (Journaliste, directrice de la publication "La Lettre de l'audiovisuel")







                        



                                


                            

Tribune. Le hashtag #balancetonporc est né sur un coup de colère, un vendredi 13 octobre, sur fond d’affaire Weinstein, producteur américain accusé par une centaine de femmes de conduites sexuelles inappropriées. Il était temps de dénoncer l’ambiance malsaine du monde du cinéma, de la télévision et des médias. Au cours d’une conversation avec une amie journaliste qui me relatait son expérience, je lâchais sur Twitter : « #balancetonporc ! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
« Balance ton porc. » Je trouvais cette expression vulgaire. Au départ, elle décrivait le producteur Harvey Weinstein, sous le coup d’accusations différentes, du comportement irrespectueux au viol. A Cannes, on l’appelait « le porc ». Puis je me suis souvenue de paroles dégradantes que moi-même j’avais entendues. Au cours d’un festival qui se déroulait justement à Cannes, un directeur de chaîne m’assénait : « Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. » Cette phrase était choquante, pathétique et très présomptueuse. J’ai décidé de donner le nom de mon agresseur verbal sur mon réseau afin de montrer l’exemple. Il fallait d’urgence arrêter ce genre de comportement.

A ma grande surprise, mon témoignage, au départ réservé à mes contacts dans les médias, s’est propagé à la vitesse de l’éclair et a atteint toutes les strates de la population. Le dimanche soir, je recevais plus de 60 000 messages. En deux mois, sur le #balancetonporc, 715 000 messages ont été publiés, 5 823 articles de presse partagés, et #metoo, lancé deux jours plus tard, a récolté plus de 4,5 millions de messages publics, selon la plate-forme de veille Visibrain. 12 millions, selon Facebook qui intègre les messages privés.
Ne pas confondre dénonciation et délation
Ici, aux Etats-Unis, où je vis, nous...




                        

                        

