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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. Au Japon et en Europe, cette thématique a été une source d’inspiration majeure pour les dessinateurs.
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Les robots, superstars de la bande dessinée

AU CŒUR DE L’IA. Au Japon et en Europe, cette thématique a été une source d’inspiration majeure pour les dessinateurs.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 18h00
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Art de peu – de l’encre et du papier suffisent –, la bande dessinée n’a jamais craint de se confronter à des sujets complexes. L’intelligence artificielle (IA) en est un. Avec ses armées de robots, cyborgs et autres androïdes, la thématique a largement nourri un médium ayant fait de la science-fiction un courant à part entière. Abordée dans la production éditoriale des trois principaux marchés mondiaux (Etats-Unis, Japon, France), l’IA a même donné naissance à des œuvres majeures du 9e art, comme Astro, le petit robot, d’Osamu Tezuka.
Lancée en 1952 dans un Japon encore traumatisé par sa défaite militaire, cette série met en scène un robot animé par l’énergie atomique, symbole de progrès et de destruction. Son créateur est un savant rendu inconsolable par la mort de son fils. Conçu à son image, le jeune robot est doué de sentiments, mais ne satisfait pas son « père », qui le vend à un cirque. Succès planétaire maintes fois adapté à l’écran, Astro sera à l’origine du développement d’un sous-genre dans le manga, appelé « mecha », consistant à mettre en scène des robots. Goldorak en deviendra l’étendard, vingt ans plus tard.

Alors que le géant de fer créé par Go ­Nagai, et piloté par le prince en exil Actarus, reste dépourvu de cerveau, le thème d’une machine dotée d’une conscience propre va par la suite nourrir de très nombreux mangas. Ainsi, Ghost in the Shell (1989), de Masamune Shirow, où un cyborg féminin traque un génie du mal (lui-même issu de l’IA), fable existentialiste invitant le lecteur à se questionner sur la nature humaine. Ou encore Gunnm (1990), de Yukito Kishiro, une dystopie incarnée par une androïde amnésique cherchant un sens à sa vie.
Humanoïde cyberpunk
Faire du robot un être pensant, situé du côté du bien, n’a pas toujours été une évidence. Dans Magnus, l’anti-robot (1963), l’Américain Russ Manning relate la lutte menée par un humain contre des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 81)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr » d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h36
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 07h03
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/12/2017
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Pena (épisode 27)

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » publie un strip de la dessinatrice Nancy Pena.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 06h30
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 07h02
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ La romancière américaine était atteinte d’un cancer. Elle avait 77 ans.
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L’auteure de « L’Abécédaire du crime », Sue Grafton, est morte

La romancière américaine était atteinte d’un cancer. Elle avait 77 ans.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 23h36
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h02
   





                        



   


La romancière américaine Sue Grafton est morte, jeudi 28 décembre, des suites d’un cancer. Elle avait 77 ans.
Elle est l’auteure de la série policière « L’Abécédaire du crime ». Le premier livre de cette saga, A comme Alibi est sorti en 1982. Le dernier, Y is for Yesterday, a été publié en août. Ses livres ont été traduits en 26 langues.
La fille de l’écrivaine a précisé qu’il n’y en aurait pas d’autres. « Beaucoup d’entre vous savent qu’elle était catégorique sur le fait que ses livres ne soient jamais transformés en films ou séries télé, et dans la même veine, elle n’autoriserait jamais l’utilisation d’un prête-nom pour écrire en son nom », a-t-elle ainsi écrit sur la Facebook de Sue Grafton.
« En raison de tout cela, et de l’amour profond et respectueux de notre chère et douce Sue pour notre famille, l’alphabet se termine maintenant à Y. »
Kinsey Millhone, le personnage principal de « L’Abécédaire du crime », est une ancienne policière devenue détective privée. Les récits se déroulent à Santa Teresa, une version romancée de Santa Barbara, ville où résidait Sue Grafton dans le sud de la Californie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Elle avait travaillé pour le quotidien « Haaretz » et était l’une des figures majeures de la littérature israélienne contemporaine. Elle avait critiqué, l’an dernier dans un entretien, l’évolution politique de son pays.
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La romancière israélienne Ronit Matalon est morte

Elle avait travaillé pour le quotidien « Haaretz » et était l’une des figures majeures de la littérature israélienne contemporaine. Elle avait critiqué, l’an dernier dans un entretien, l’évolution politique de son pays.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 11h12
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 11h26
   





                        



   


La romancière israélienne Ronit Matalon est morte jeudi 28 décembre à 58 ans des suites d’un cancer. Le quotidien Haaretz, pour lequel elle avait travaillé plusieurs années, a annoncé sa disparition.
Le chef de l’Etat israélien, Reuven Rivlin, a déploré dans un communiqué la disparition d’une « auteure merveilleuse, dont la voix originale et déterminée a contribué à la culture israélienne ». Elle était l’une des figures majeures de la littérature israélienne contemporaine, se définissait comme « féministe », et son œuvre est enseignée depuis 2014 dans le cadre du baccalauréat de lettres israélien.
Née en 1959 à Gnei Tikva, dans une famille originaire d’Egypte, elle a travaillé comme journaliste pour Haaretz, où elle couvrait la bande de Gaza et la Cisjordanie entre 1987 et 1993. Elle avait remporté en 2009 le prix de la Fondation Bernstein, qui récompense les auteurs d’expression hébraïque, pour son roman Le Bruit de nos pas (Stock, 2012).
« Régime d’apartheid »
Dans un long entretien au Monde, en janvier 2016, elle dénonçait le « régime d’apartheid » dans lequel son pays était, selon elle, entré.
« Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait que ces deux dernières années j’ai commencé à avoir peur d’exprimer mes idées. Ce qui se passe à l’intérieur de la société israélienne me fait plus peur que les couteaux. Plus que des coups de couteau, j’ai peur que l’on ne perde notre démocratie. Et je ne suis pas la seule. Nous commençons à nous méfier les uns des autres. »
La romancière s’exprimait à propos des séries d’attaques au couteau menées par des Palestiniens, dont Israël était la cible régulière, et du climat qui en découlait dans son pays. Ses propos avaient alors été critiqués en Israël.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque vendredi un strip signé Winshluss.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/12/2017
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Le dernier homme sur Terre (s’appelle Patrick), par Winshluss (épisode 45)

« La Matinale du Monde » publie chaque vendredi un strip signé Winshluss.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 06h41
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 07h05
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Auteur charismatique, Ta-Nehisi Coates voit sa conception de la condition noire remise en cause par d’autres penseurs, qui la jugent trop politiquement correcte.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/12/2017
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Les intellectuels afro-américains en pleine bataille d’idées


                      Auteur charismatique, Ta-Nehisi Coates voit sa conception de la condition noire remise en cause par d’autres penseurs, qui la jugent trop politiquement correcte.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 06h40
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 20h51
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Le coup a été porté entre la dinde et la bûche, le 17 décembre. La presse internationale était affairée à établir ses listes de best of, quand un article paru dans The Guardian a mis le feu aux poudres du côté des intellectuels noirs américains. Dans une tribune intitulée « Ta-Nehisi Coates est le visage néolibéral de la lutte pour les droits des Noirs », le très respecté Cornel West, 64 ans, professeur à Harvard rendu célèbre dans les années 1990 par son essai Race Matters, et devenu une figure de la pop culture (il a collaboré avec Prince, joué son propre rôle dans Matrix…), s’en prenait à Ta-Nehisi Coates, 42 ans. Il y qualifiait sa pensée d’« étroite » et de « dangereusement trompeuse », car refusant de voir le système capitaliste comme l’un des éléments clés de l’oppression des minorités.
Proclamé porte-parole de sa communauté
En 2015, avec le succès de son livre Between the World and Me (paru en français sous le titre Une colère noire en 2016, récompensé par le National Book Award, traduit en vingt langues et vendu à 1,5 million d’exemplaires), Ta-Nehisi Coates s’était imposé comme le penseur africain-américain le plus important de sa génération. Jusque-là, le journaliste, né à Baltimore en 1975, affûtait son discours dans les colonnes de The Atlantic, dressant un constat désespéré et sans concession de la condition des Noirs, ancrée dans l’ADN de son pays et construite sur l’oppression systématique. Après la parution de son livre, Coates et son fatalisme deviennent les représentants officiels d’une communauté tout entière, sans personne pour venir gâcher ce concert de louanges.

« Cela fait longtemps que ça couve dans le cercle des universitaires noirs, mais Cornel West est le premier de cette envergure à l’attaquer », constate Thomas Chatterton Williams, écrivain et journaliste, qui lui-même a été l’un des premiers intellectuels noirs américains à émettre des réserves,...




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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Les Editions Arcane 17 ont mis à contribution une trentaine d’auteurs de polars et de romans noirs, parmi lesquels Didier Daeninckx, Hervé Le Corre ou Pierre Dharréville, sur le thème de l’année de la Révolution russe.
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1917, une source d’inspiration jubilatoire

Les Editions Arcane 17 ont mis à contribution une trentaine d’auteurs de polars et de romans noirs, parmi lesquels Didier Daeninckx, Hervé Le Corre ou Pierre Dharréville, sur le thème de l’année de la Révolution russe.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 18h00
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Livre. C’est une drôle de façon de fêter le centenaire de la Révolution bolchevique. Arcane 17, petite maison d’édition proche du Parti communiste, a demandé à une trentaine d’auteurs de polars et de romans noirs de travailler autour d’un thème simple, résumé en une date : 1917. Le résultat est détonant : une série de nouvelles noires qui donnent une déclinaison – à la fois critique et respectueuse – de l’héritage contemporain de ces journées d’octobre qui changèrent le monde.
Parmi les auteurs, certains sont bien connus des amateurs de romans policiers. On pense notamment à Didier Daeninckx et Hervé Le Corre, tous deux engagés à gauche et qui travaillent en permanence la mémoire historique française et ses tabous. Il y a également Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône.
Dans son texte, Didier Daeninckx fait revivre John Reed, journaliste communiste américain, auteur de Dix jours qui ébranlèrent le monde, récit de la Révolution qui sera préfacé par Lénine. Sous la plume de l’auteur français, Reed rencontre un bolchevique arborant fièrement un Stetson… en plein Petrograd à la veille de la prise du Palais d’Hiver.
C’est en fait un Géorgien qui a fui aux Etats-Unis pour échapper à la police du tsar après un braquage sous les ordres d’un certain Ivanovitch. Qui se révélera être Staline. L’occasion pour Daeninckx de rappeler la jeunesse délinquante du « Petit Père du peuple ».
Mélenchon 100 ans en arrière
Hervé Le Corre, lui, décline le thème « rouge » en racontant la vie d’un militant communiste, de sa conception à sa mort. Un texte fin et touchant qui interroge la part de l’héritage politique dans l’engagement des jeunes générations. Pierre Dharréville, quant à lui, a choisi une forme plus classique de l’intrigue policière : l’enquête sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée dans la Neva. Le cadavre révélera un secret inavouable qui fascine jusqu’à aujourd’hui certains esprits portés sur les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ « Réparer le monde »  : telle est la tâche que s’assignent de nombreux écrivains français actuels, estime le critique Alexandre Gefen dans un entretien accordé au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/12/2017
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La littérature peut-elle améliorer nos existences ?

« Réparer le monde »  : telle est la tâche que s’assignent de nombreux écrivains français actuels, estime le critique Alexandre Gefen dans un entretien accordé au « Monde ».



Le Monde
 |    28.12.2017 à 07h00
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 14h36
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
« Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle », d’Alexandre Gefen, Corti, « Les Essais », 392 pages, 25 €.

Dans Réparer le monde, le critique Alexandre ­Gefen, directeur de recherche au CNRS, tente de trouver une caractéristique commune à la production littéraire en France depuis les années 1980, et pense pouvoir trouver cette marque distinctive à travers la notion de « littérature réparatrice ». Rompant avec le formalisme et l’idéal d’une écriture autonome et esthétisante, la fiction actuelle chercherait au contraire à s’ouvrir au réel, qu’elle se donnerait pour tâche de corriger. Adoucir les imperfections du monde, telle serait donc, selon Alexandre Gefen, la démarche de beaucoup de romanciers contemporains, au risque – assumé – d’effacer les frontières entre la littérature et le journalisme, la thérapie, le développement personnel ou l’ingénierie sociale. Entretien.
Que voulez-vous dire en parlant d’une tendance « réparatrice » propre à la littérature française la plus contemporaine ?
Que la littérature, loin d’être un simple divertissement, constitue une opération fondamentale d’aménagement de nos structures mentales, de nos anticipations du futur et des types de réponses que nous apportons aux questions morales. La fiction, au sens le plus étendu possible, doit avant tout être considérée du point de vue des effets (sociaux, thérapeutiques, émotionnels) qu’elle déclenche chez les lecteurs.
Ma réflexion doit être replacée dans le contexte de la théorie littéraire actuelle, qui se nourrit des sciences cognitives. Elle montre comment le récit romanesque entend intervenir pour réguler les problèmes de la vie ordinaire. La littérature est donc fondamentalement conçue comme utile à l’homme en tant que celui-ci est un « animal fabulateur », autrement dit un fabricant d’histoires.
La littérature n’en perd-elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ « La Fille que j’ai abandonnée », de Shusaku Endo.
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« Jérôme Ferrari, quel est votre livre réparateur ? »

« La Fille que j’ai abandonnée », de Shusaku Endo.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 06h45
 • Mis à jour le
28.12.2017 à 21h25
    |

                            Jérôme Ferrari (écrivain)








                        



                                


                            


J’ai toujours cru que la littérature avait d’autres fins qu’elle-même, quoiqu’il me soit impossible de déterminer quelles pourraient bien être ces fins. Le concept de littérature est essentiellement vague et, par conséquent, incapable de déterminer a priori le genre d’objets qui lui correspondent. Toute définition trop rigoureuse se condamne à écarter du champ littéraire ou romanesque des œuvres qui en relèvent manifestement. Je n’ai pas le sentiment que la littérature ait jamais contribué à réparer quoi que ce soit, et l’un de mes romans français préférés s’appelle Démolir Nisard, d’Eric Chevillard (Minuit, 2006). Le seul livre auquel je puisse penser qui m’ait paru en un certain sens « réparateur » – ce qui ne signifie pas « optimiste » et encore moins « niais » –, c’est La Fille que j’ai abandonnée, de Shusaku Endo (1923-1996) dont, comme beaucoup d’autres, sans doute, j’ai découvert l’œuvre à l’occasion de l’adaptation de Silence (Calmann-Lévy, 1971) par Martin Scorsese en 2017.
Dans l’immédiat après-guerre, Yoshioka partage à Tokyo un appartement crasseux avec un de ses camarades étudiants. Les deux seules choses qui l’intéressent jusqu’à l’obsession, l’argent et les filles, sont précisément celles qui lui font le plus cruellement défaut. En ce qui concerne l’argent, Yoshioka parvient à en gagner un peu grâce aux petits boulots minables, à l’extrême limite de la légalité, que lui propose un sympathique escroc coréen. Le problème des filles semble insoluble jusqu’à ce que Yoshioka ait l’idée brillante et sournoise de traquer sa proie dans le courrier des lectrices d’un magazine populaire. Des jeunes filles y cherchent des correspondants avec lesquels partager leur passion pour les stars de cinéma. « Voilà comment, écrit Yoshioka, je fis la connaissance de Mitsu que j’abandonnerais par la suite, comme un chien. »
Remords vagues mais persistants
Mitsu est une jeune ouvrière arrivée de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ « Blonde », de Joyce Carol Oates.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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« Lola Lafon, quel est votre livre réparateur ? »

« Blonde », de Joyce Carol Oates.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 06h45
 • Mis à jour le
28.12.2017 à 21h23
    |

                            Lola Lafon (écrivaine)








                        



                                


                            


Auscultation d’une Amérique qui fait son cinéma à grand renfort de jeunes filles, ce négoce majuscule qu’est Hollywood, dont le surnom, « The ­Industry », énonce clairement l’enjeu, auscultation de l’enfant abandonnée Norma, de l’adolescente Norma Jean, pin-up qu’on épingle et écartèle comme un papillon rare, nue sur du velours rouge, auscultation de Marilyn Monroe menée sans le moindre espoir d’une intervention salvatrice puisque le prologue est consacré au personnage de « La Mort », Blonde, de Joyce Carol Oates, s’annonce trompeusement comme une réhabilitation de l’actrice Monroe.
Si la mécanique de la fabrication des stars est un sujet classique de la littérature nord-américaine, le coup de maître d’Oates est de prendre la « réparation » au mot et d’en faire le pivot, le corollaire de toute célébrité féminine. Car pas une seule des près de mille pages du roman ne laisse le moindre doute : si on prépare les acteurs avant leur mise sur le marché, les actrices, on les répare, on les rafistole. Le jeune corps féminin du personnage Monroe est « découvert » comme un territoire convoité, une maison à transformer avant de la louer. A moins de 20 ans, ses dents seront redressées, son nez raboté, ses seins refaits.

Il faut relire les pages consacrées à sa mise en scène par elle-même et ses coiffeurs, ses maquilleurs, de Marilyn, ce temps infini à se fabriquer, cinq heures, « autant que pour préparer un cadavre ». Les teintures qui brûlent le cuir chevelu, produits si puissants qu’il faut diriger un ventilateur sur Marilyn pour lui éviter l’asphyxie, les mules si étroites et à talons si hauts qu’elle ne peut avancer qu’à pas de bébé, le fond de teint à la texture d’enduit qui bouche les pores, les somnifères pour un teint reposé et les amphétamines pour la brillance du regard. Joyce Carol Oates prend note de chacun des outrages faits à la « dumb blonde » qui n’était ni blonde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ « Dora Bruder », de Patrick Modiano.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« Camille Laurens, quel est votre livre réparateur ? »

« Dora Bruder », de Patrick Modiano.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 06h45
 • Mis à jour le
28.12.2017 à 21h22
    |

                            Camille Laurens (écrivaine)








                        



                                


                            


De plus en plus de livres apportent une forme de témoignage – réel ou fictif – sur les marges : malheureux, malades, déclassés, migrants, victimes, tous ceux que l’Histoire avec sa grande hache laisse sur le carreau, abandonne aux confins de l’indifférence. « L’ère du soupçon » dont parlait Nathalie Sarraute (Gallimard, 1956) se prolonge par une remise en question des discours officiels et des hiérarchies traditionnelles ; pour les historiens comme pour les écrivains, les anonymes sont désormais des héros dont la vie compte. Beaucoup d’œuvres offrent ainsi aux oubliés du monde un asile de mémoire et de compassion.
Si j’envisage la littérature sous cet angle, c’est Modiano et sa Dora Bruder qui me viennent aussitôt à l’esprit. Tout ce qu’analyse Alexandre Gefen sur le désir de réparation et l’identification empathique aux êtres les plus fragiles, ce récit l’incarne avec une sobriété poignante. En partant à la recherche d’une jeune fugueuse juive de 15 ans disparue le 31 décembre 1941 d’un pensionnat de la rue de Picpus, à Paris, et déportée à Auschwitz le 18 septembre 1942, Patrick Modiano brave les « sentinelles de l’oubli », toujours promptes à effacer les traces. Il cherche dans la géographie urbaine celle des invisibles que sont Dora Bruder et ses parents. L’enquête est malaisée car « ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j’ai découvert, par hasard, qu’elles avaient habité. Ce que l’on sait d’elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l’on ignorera toujours de leur vie ».

D’un autre côté, le verbe « réparer » ne saurait s’appliquer à son récit : on ne répare pas l’irréparable. Si, comme l’évoque le beau titre de Maylis de Kerangal, on peut « réparer les vivants » (Verticales, 2014), il est plus difficile...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ Tous les jeudis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn » signée Eric Salch.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/12/2017
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« Pop corn », par Salch (épisode 15)

Tous les jeudis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn » signée Eric Salch.



Le Monde
 |    28.12.2017 à 06h34
 • Mis à jour le
28.12.2017 à 07h02
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ Chaque jeudi, « Le Monde des livres » partage ses conseils de lecture avec les abonnés de « La Matinale ».
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Trois polars à lire sous la couette avant et après le réveillon

Chaque jeudi, « Le Monde des livres » partage ses conseils de lecture avec les abonnés de « La Matinale ».



Le Monde
 |    28.12.2017 à 06h31
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Le retour du commissaire Bordelli, la dernière enquête de l’inspecteur Harry Hole et la traque par les unités antiterroristes d’un « mort-vivant », un jeune Saoudien prêt à commettre un attentat-suicide sur le sol britannique, sont au menu de notre sélection hebdomadaire.
« Mort à Florence », de Marco Vichi
C’est ce qu’on appelle une âme en peine. En cet automne 1966, l’humeur du commissaire Bordelli est aussi sombre que les flots boueux de l’Arno qui se déversent dans les rues de Florence : il n’arrive pas à retrouver les violeurs et assassins du jeune Giacomo, 13 ans, disparu à la sortie du collège. Un indice retrouvé près de la scène de crime l’amènera néanmoins sur la piste d’anciens fascistes.
Le titre de ce troisième volet des enquêtes de Bordelli est évidemment une référence à La Mort à Venise, de Thomas Mann (1912), dont on retrouve l’atmosphère nostalgique et l’obsession de la mort. On peut aussi penser au Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1976). Comme dans ce film, le fascisme est ici synonyme de violence, de corps martyrisés et d’injustice. Et la boue qui défigure les rues florentines après la crue historique de 1966 devient l’image de la dictature mussolinienne qui colle et salit encore la conscience italienne. Abel Mestre

   


« Mort à Florence » (Morte a Firenze), de Marco Vichi, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Philippe Rey, 400 pages, 21 €.
« En marche vers la mort », de Gerald Seymour
« Les morts-vivants » : ainsi les services britanniques de sécurité appellent-ils ceux qui veulent commettre un attentat-suicide. C’est l’itinéraire de l’un d’entre eux que Gerald Seymour suit dans ce roman au réalisme saisissant. Ibrahim Hussein, un jeune Saoudien, veut mourir en martyr. Le chef de son groupe l’envoie accomplir sa « mission » au Royaume-Uni, dans la petite ville de Luton, au nord de Londres. Il y retrouvera d’autres membres de son réseau, cachés dans une maison en périphérie, pendant que toutes les unités antiterroristes partiront à sa poursuite.
Roman polyphonique à la construction précise, En marche vers la mort a été écrit il y a dix ans, peu après les attentats londoniens du 7 juillet 2005, qui ont fait 56 morts et 700 blessés. Il n’y est donc pas question de l’organisation Etat islamique. Mais cela importe peu, tant l’actualité de son sujet est prégnante. Londres a été plusieurs fois la cible des terroristes en 2017. A. Me

   


« En marche vers la mort » (The Walking Dead), de Gerald Seymour, traduit de l’anglais par Paul Benita, Sonatine, 510 pages, 22 €.
« La Soif », de Jo Nesbo
L’écrivain Jo Nesbo fait partie de ces auteurs qui ne cessent de s’améliorer. En témoigne la dernière enquête de son inspecteur torturé et alcoolique, Harry Hole. Celui-ci pensait pourtant en avoir fini avec le crime. Paisiblement installé avec sa femme et son fils adoptif, il coule des jours heureux en tant qu’instructeur à l’école de police. Las ! Ses anciens collègues l’appellent à la rescousse afin d’arrêter un tueur qui se prend pour un vampire et saigne ses victimes, ciblées sur des sites de rencontres.
Reprenant des ingrédients bien connus de ses lecteurs – un tueur psychopathe, des flics corrompus, un héros en souffrance, une société norvégienne en perte de repères –, Nesbo réussit encore à convaincre avec une intrigue à tiroirs, une écriture sèche, nerveuse, des rebondissements multiples et des personnages secondaires qui n’ont rien d’accessoire. A. Me

   


« La Soif » (Torst), de Jo Nesbo, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, Gallimard, « Série noire », 624 pages, 21 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Chaque mercredi, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la dessinatrice Aude Picault.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/12/2017
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« Coworkingdom », par Aude Picault (épisode 14)

Chaque mercredi, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la dessinatrice Aude Picault.



Le Monde
 |    27.12.2017 à 06h28
 • Mis à jour le
27.12.2017 à 07h05
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/12/2017
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T’es sûr qu’on est mardi ?, par Voutch (épisode 65)

« La Matinale du Monde » publie chaque mardi un strip du dessinateur Voutch.



Le Monde
 |    26.12.2017 à 06h44
 • Mis à jour le
26.12.2017 à 07h03
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Le diariste et auteur, en 1989, de « L’Année de l’éveil », a appris par l’écriture à se connaître lui-même – non sans mal. Et à écouter autrui, comme en témoigne encore le neuvième tome de son « Journal ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Charles Juliet, l’âme en paix

Le diariste et auteur, en 1989, de « L’Année de l’éveil », a appris par l’écriture à se connaître lui-même – non sans mal. Et à écouter autrui, comme en témoigne encore le neuvième tome de son « Journal ».



Le Monde
 |    25.12.2017 à 09h00
    |

            Amaury da Cunha








                        



                                


                            

A 33 ans, alors qu’il n’a rien encore publié, Charles ­Juliet rencontre Samuel Beckett, sur les conseils du peintre Bram Van Velde. Nous sommes en 1968. Fasciné par l’auteur d’En attendant Godot (Minuit, 1952), il s’entretiendra plusieurs fois avec lui à son domicile, boulevard Saint-Jacques, à Paris. Dans le livre qu’il lui consacrera (Rencontre avec Samuel Beckett, POL, 1999), on peut lire cette phrase : « Curieuse idée, pensé-je, que de venir interroger celui qui n’est qu’interrogation. »
Ce jugement sur Beckett peut aussi s’appliquer à Charles Juliet – et à l’ensemble de son œuvre, qui vient d’être récompensé par le Grand Prix de l’Académie française. Chacun de ses livres est une question. Chacun de ses textes – qu’il soit un poème, un récit (citons notamment le très beau Lambeaux, POL, 1995), un fragment de son journal – interroge son drame originel, qui est celui de la perte. A 1 mois, il est séparé de sa mère, internée à l’asile pour dépression. L’enfant sera ensuite placé dans une famille d’accueil. Le travail de Charles Juliet sera marqué à jamais par cet arrachement à la mère. Dans son récit L’Année de l’éveil (POL, 1989), l’écrivain racontera comment il a pu surmonter ce drame primitif pour enfin « laisser son cœur se débrider ».
A peine entre-t-il dans le café parisien où nous avons rendez-vous que quelque chose attire l’attention : la gravité de son visage. Traits figés, regard perçant, mais bienveillant. Dès qu’il commence à parler, malgré les conversations voisines et la musique ambiante, sa voix calme et feutrée s’impose dans la douceur. Pour Charles Juliet, tout doit se passer librement, dans l’écriture comme dans la parole.
L’écrivain ne perd jamais de vue le monde extérieur, ni l’époque dans laquelle il vit
A 83 ans, il publie le neuvième tome de son journal, Gratitude, rédigé entre 2004 et 2008. Son avant-dernier ouvrage, comme il l’explique à la fin du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ L’historienne Valentine Zuber, auteure de « L’Origine religieuse des droits de l’homme », et le théologien Christoph Theobald, qui signe « Urgences pastorales », débattent de la place des chrétiens dans la société contemporaine.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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« Le christianisme est entré dans une formidable mutation »

L’historienne Valentine Zuber, auteure de « L’Origine religieuse des droits de l’homme », et le théologien Christoph Theobald, qui signe « Urgences pastorales », débattent de la place des chrétiens dans la société contemporaine.



Le Monde
 |    24.12.2017 à 09h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
L’Origine religieuse des droits de l’homme. Le christianisme face aux libertés modernes (XVIIIe-XXIe siècle), de Valentine Zuber, Labor et Fides, 384 p., 24 €.
Urgences pastorales. Comprendre, partager, réformer, de Christoph Theobald, Bayard, « Religions et société », 300 p., 19,90 €.
Donner un à-venir à la théologie, de Christoph Theobald, Bayard, « Religions et société », 80 p., 12,90 €.

Depuis quelques années, le christianisme semble s’interroger sur la place qu’il occupe dans l’Europe du XXIe siècle. Doit-il se replier, s’opposer frontalement aux évolutions de la société ou s’adapter, au risque de se perdre ? A l’heure où, en France, la progression du catholicisme conservateur semble à nouveau poser la question de l’acceptation de la République laïque par les Eglises, « Le Monde des livres » a rencontré deux intellectuels dont les travaux, loin des tentations de rupture et des polémiques binaires, montrent la richesse du débat religieux et la profondeur des renouvellements en cours. Valentine ­Zuber, historienne, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études, à Paris, spécialiste de la laïcité et de la liberté religieuse, signe L’Origine religieuse des droits de l’homme, une impressionnante synthèse de l’histoire de l’intégration des valeurs démocratiques dans les doctrines protestante et catholique. Christoph Theobald, jésuite, professeur de théologie au Centre Sèvres, à Paris également, rédacteur en chef de la revue Recherches de science religieuse, est l’auteur d’une œuvre théologique importante. Ses deux nouveaux livres, Donner un à-venir à la théologie et Urgences pastorales, multiplient les audaces théoriques au service d’un catholicisme inventif, mobile, en constante métamorphose.

Comment,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Exploration rigoureuse de la figure centrale du christianisme, « Jésus. L’encyclopédie » soulève d’inépuisables questions : qui était le Christ ? Quelle place occupe-t-il aujourd’hui ?
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/12/2017
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Jésus donne de ses nouvelles

Exploration rigoureuse de la figure centrale du christianisme, « Jésus. L’encyclopédie » soulève d’inépuisables questions : qui était le Christ ? Quelle place occupe-t-il aujourd’hui ?



Le Monde
 |    24.12.2017 à 06h37
 • Mis à jour le
26.12.2017 à 10h14
    |

                            Emilie Tardivel (Philosophe)








                        



                                


                            


Disons-le d’emblée. Que celui qui s’interroge sur l’existence ou la non-existence de Jésus passe son chemin. Cette question est volontairement mise entre parenthèses dans la magistrale encyclopédie réalisée sous la férule de Joseph Doré et Christine Pedotti. Non pas supprimée mais subordonnée à une autre interrogation qui la précède, interrogation à la fois plus actuelle et plus personnelle : « Qui est Jésus ? »
Plus actuelle, car l’existence de Jésus de Nazareth fait l’objet d’un très large consensus scientifique depuis le siècle dernier, point d’aboutissement de deux cents ans de recherches historiques internationales sur la question. Oui, Jésus a existé, c’est un fait attesté par les historiens et aujourd’hui admis par toute personne s’intéressant au sujet de manière objective. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter, par exemple, le livre de l’historien américain Bart D. Ehrman, agnostique à tendance athée, intitulé Did Jesus Exist ? (2012, non traduit). Le « mythe-Jésus » étant ainsi renvoyé aux ténèbres de l’ignorance ou de la mauvaise foi idéologique, il devient possible de se concentrer sur ce que Joseph Doré appelle le « problème-Jésus », dont l’intérêt est de mettre croyants et non-croyants sur un pied d’égalité.
Passionnante enquête scientifique sur l’identité de Jésus
C’est dans cette perspective qu’a été conçu Jésus. L’encyclopédie, dont le premier mérite est de rendre accessible au grand public la recherche la plus en pointe. Historiens, théologiens, philosophes et psychanalystes, de toute confession et conviction, sont convoqués pour nous faire entrer dans une passionnante enquête scientifique sur l’identité de Jésus. On se laisse ainsi embarquer dans le cheminement de la « rumeur » de sa résurrection, à laquelle on ne savait quel crédit accorder, à son « récit », c’est-à-dire à la constitution de l’Evangile qui en rend raison, en passant par sa naissance, son baptême,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Les vedettes du sucre font recette dans l’édition. Sélection des livres incontournables.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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La pâtisserie à livres ouverts

Les vedettes du sucre font recette dans l’édition. Sélection des livres incontournables.



Le Monde
 |    24.12.2017 à 06h00
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Histoires d’hier et d’aujourd’hui
L’emballement suscité par les nouveautés pâtissières ne doit pas faire oublier la prestigieuse histoire du savoir-faire français. Dans La Merveilleuse Histoire des pâtisseries (Gründ, 168 pages, 24,95 euros), Michel Tanguy en retrace les grandes étapes, décrit les gâteaux iconiques de notre patrimoine – le paris-brest, le millefeuille, l’opéra – et ajoute, pour chacun d’eux, la recette ultime élaborée par Jacques Genin.
L’effervescence sucrée contemporaine justifiait une mise en perspective. Figure de cette nouvelle vague, Christophe Michalak publie La Crème des pâtissiers (Ducasse, 164 pages, 35 euros), dans lequel il dresse le portrait de 35 de ses confrères. Qu’ils soient des pionniers (Pierre Hermé, Philippe Conticini, Yves Thuriès…) ou des agitateurs en vogue (Ophélie Barès, Yann Menguy, Emmanuel Ryon…), chacun d’eux lui a confié une recette.
Les métiers de la pâtisserie englobent la chocolaterie, qui a son histoire et ses artistes. En trois volumes rassemblés dans un coffret, Les Génies du chocolat, Histoire & Eloge du chocolat artisanal français ­ (éditions Renard(s), 653 pages, 80 euros), l’experte Eri Ikezi retrace, avec une minutie inédite et formidablement documentée, l’aventure du cacao et de ses transformations créatives.
Bibles d’apprentissage
Après une encyclopédie pédagogique du salé, l’école française de gastronomie Ferrandi récidive avec une version sucrée. Pâtisserie (Flammarion, 656 pages, 49,90 euros) est un imposant volume rassemblant l’essentiel des tours de main et techniques du patrimoine français. On y trouve également 130 recettes de grands classiques très clairement illustrées.
Une fois ces bases acquises, les passionnés pourront côtoyer les arcanes des Relais Desserts, l’association regroupant l’élite mondiale de la pâtisserie. Haute pâtisserie, 100 créations par...




                        

                        

