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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.
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« Mort au Hezbollah », « Pahlavi » : comprendre les slogans iraniens

Les frustrations économiques et sociales de la population expliquent les manifestations de ces derniers jours, décrypte la sociologue Amélie Myriam Chelly.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 17h02
    |

Amélie Myriam Chelly (sociologue, autrice d’ « Iran, autopsie du chiisme politique », Le Cerf, 2017)







                        



                                


                            

Tribune. Des protestations ont éclaté jeudi 28 décembre 2017 en Iran. Elles s’intensifient et s’étendent dans tout le pays. Tout est parti de Mashhad, ville de la région Khorasan (dans le nord-est du pays), pour des raisons qui semblent évidentes pour une très large partie de la population iranienne : les sympathisants d’Ebrahim Raissi, dont Mashhad est le fief, opposants conservateurs au président, Hassan Rohani, seraient à la tête des mouvements de protestation. D’où les slogans « marg bar Rohani ! » (« mort à Rohani ! »).
Mais bien vite d’autres manifestants, d’autres tendances politiques, ou même sans rattachement à quelque parti que ce soit, ont rejoint les rangs des protestataires. Les revendications populaires ont pris des contours plus économiques, puis désormais nationalistes et « an-idéologiques ». Les slogans ont échappé aux mains du clan Raissi pour devenir des « mort au Guide ! », « mort au Hezbollah ! », « Pahlavi ! Pahlavi ! », « Reza shah, roi des rois ! ».
Que revendiquent les Iraniens ? L’exaspération de la société quant aux problèmes économiques et l’aspiration de couches sociales de plus en plus diverses à plus de sécularisme sont des réalités depuis bien longtemps. Comment comprendre la teneur des slogans scandés lors des manifestations ?

« Mort au Hezbollah ! »
Le peuple se sent floué par l’Etat du fait que le régime apporte des aides financières importantes pour des infrastructures à l’étranger. Les largesses financières accordées au Hezbollah, largesses dont se targue le secrétaire général Hassan Nasrallah dans ses discours, la construction de routes, d’écoles, d’hôpitaux dans le sud du Liban, l’entretien de lieux saints chiites en Syrie et en Irak irritent une population iranienne qui suffoque financièrement.
Les Iraniens ont globalement soutenu l’intervention de leur pays en Syrie et en Irak. Au lendemain de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pierre-Olivier Monteil, enseignant, « sème des graines de réflexion » à HEC et Dauphine.
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« Dans les écoles de commerce, la philosophie redonne du sens »

Pierre-Olivier Monteil, enseignant, « sème des graines de réflexion » à HEC et Dauphine.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 13h00
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h29
    |

                            Aurélie Djavadi








                        



   


Pierre-Olivier Monteil, auteur d’Ethique et philosophie du management (Erès, 2016), enseigne l’éthique à HEC et à Paris-Dauphine. Selon lui, les étudiants sont en demande de réflexion sur le sens de leur futur travail et la façon de le conduire.
Pourquoi intervenez-vous en école de management ?
J’ai soutenu ma thèse en philosophie politique à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) après vingt-deux ans de carrière en entreprise. Ce sont deux mondes qu’il faut rapprocher pour que les philosophes sachent ce qui se passe dans la vraie vie et que les manageurs bénéficient de leurs apports théoriques. Avant mon premier cours à HEC, on m’a fait remarquer que j’aurais en face de moi des jeunes à qui le monde du travail allait dérouler le tapis rouge : « S’ils ne se posent pas des questions maintenant, ils ne s’en poseront plus jusqu’à leur retraite ! » La philosophie doit toucher ce public amené à prendre des responsabilités.
En quoi l’enseignement de l’éthique consiste-t-il ?
Il se concentre souvent sur les cas de conscience et les dilemmes. C’est important mais insuffisant. Dans mes cours, j’aborde aussi la question de l’éthique professionnelle : pourquoi est-ce que je m’engage dans mon travail ? Par intérêt, par calcul, par idéal ? Comment puis-je contribuer à l’engagement de mon équipe ? A chaque séance, on se penche sur une proposition philosophique que l’on met à l’épreuve de situations, à travers des textes de management ou de sociologie. Ainsi, au sujet de l’entretien individuel d’appréciation, on pourra se référer à Kant et à ses deux grandes catégories de jugement pour voir dans quelle mesure l’évaluation ne se joue pas que sur des règles et des chiffres.
« Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent »
Comment les étudiants accueillent-ils ces cours ?
En fin de chapitre, je conseille toujours quelques extraits de livres. Et je constate souvent que les étudiants d’HEC lisent les ouvrages de A à Z. Nostalgiques des cours de culture générale de classe préparatoire, ils sont heureux de renouer avec un registre plus littéraire. A Dauphine, j’enseigne à des professionnels en formation continue. A leur demande, on examine des cas de figure courants, comme le conflit. Là, on démêle ce qui relève du désaccord, de la mésentente ou encore du conflit de personnes…
Les manageurs rencontrent-ils, dans leur travail, des contraintes qui amplifieraient leur intérêt pour la philosophie ?
L’urgence est un problème qui se pose à beaucoup de salariés. La vision à court terme vide la vie de sens. On réagit comme si l’on avait peur d’une panne de temps mais il ne s’agit pas d’un stock qui se gère ! Plutôt que de raisonner en termes de performance, il faudrait se demander ce que nous faisons du présent.
Qu’espérez-vous apporter à vos élèves ?
L’idée est de semer des graines de réflexion qui permettront à tous de développer leurs propres ressources. L’éthique ne peut avoir réponse à tout, mais il s’agit de prendre conscience de la marge de manœuvre qu’on a selon les situations, et de la complexité des choses.

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Pour aider les 16-25 ans, leurs familles et les enseignants à se formuler les bonnes questions au moment d’effectuer les voeux d’orientation, Le Monde organise les conférences O21/s’orienter au 21e siècle, à Nancy (1er et 2 décembre 2017), Lille (19 et 20 janvier 2018), Nantes (16 et 17 février 2018), Bordeaux (2 et 3 mars 2018) et Paris (17 et 18 mars 2018).

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Lille, Nantes, Bordeaux et Paris en 2018



S’y ajoutent des salons étudiants : après le salon des grandes écoles (SAGE) et celui des  formations artistiques START, organisés chaque année en novembre et décembre, le Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) est prévu le 27 janvier. A consulter également, notre rubrique Le Monde Campus, et tout particulièrement ses sous-rubriques APB / Parcoursup, O21 et Etudes supérieures.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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« Nous ne pouvons pas laisser le football entre les mains d’une organisation pourrie »

Dans une tribune au « Monde », trois anciens membres de la commission de gouvernance de la FIFA, chargée notamment de superviser le processus de réforme de l’organisation, proposent deux mesures dont l’Union européenne devrait s’emparer.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h38
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 15h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Par Miguel Poiares Maduro (président des commissions de gouvernance et de contrôle de la FIFA de juillet 2016 à mai 2017), Navi Pillay (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017) et Joseph Weiler (membre de la commission de gouvernance de la FIFA de décembre 2016 à mai 2017)
Tribune. Qui ne s’est pas réjoui lorsque, après des années de scandales et de corruption, on a pu croire que les écuries d’Augias de la FIFA seraient enfin nettoyées ? A la suite d’une procédure pénale engagée contre certains des principaux délinquants identifiés, une nouvelle direction a été mise en place en février 2016, portée par de grandes promesses de réforme.
« Aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux »
En tant que membres indépendants de la nouvelle commission de gouvernance, nous nous étions engagés dans ce processus de réforme. Nous avions pris au sérieux notre tâche : superviser le processus de réforme de la FIFA, faire appliquer des règles en matière d’éligibilité pour les candidatures au sein de la FIFA, contrôler les élections et promouvoir la responsabilité sociale et les droits de l’homme dans le football. Aujourd’hui, aucun de nous n’a conservé son poste. Quelle a été notre faute ? Il semble que nous ayons pris notre tâche un peu trop au sérieux.
Nous savions, bien sûr, que changer une culture institutionnelle prendrait du temps. Il s’agit d’un monde – le football – doté d’organisations rétives à tout contrôle indépendant, dominées par un petit groupe d’acteurs peu enclins à rendre publiquement des comptes sur leur action et dans lequel d’énormes intérêts économiques et politiques sont en jeu.
Incroyable conflit d’intérêts
Un incroyable conflit d’intérêts est inscrit au cœur même de la gouvernance de la FIFA : ses dirigeants dépendent pour leur survie des associations de football dont ils sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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Eva Joly : « La colère me donne de l’énergie »

Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h18
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas vu dans le métro, en 1980, une affiche qui disait : « Devenez magistrat, un métier dynamique ». C’était une publicité pour un concours exceptionnel, destiné aux plus de 35 ans. J’en avais 37, une fille âgée de 10 ans, un fils de 5 ans, j’étais juriste à l’hôpital psychiatrique d’Etampes, où je faisais des journées harassantes, mon mari, médecin généraliste, travaillait lui aussi beaucoup, nous étions en train de refaire notre maison, je n’avais jamais une minute pour moi… Je me suis dit : « Je n’ai rien à perdre. Je vais prendre quelques jours pour préparer ce concours, et après les épreuves, j’aurai le reste de la journée pour faire du shopping ! » 
Et vous avez réussi le concours…
Je n’aurais eu aucune chance s’il y avait eu une épreuve de culture générale, terriblement difficile lorsque vous êtes étrangère. J’ai grandi en Norvège, je suis venue en France à 20 ans, je n’avais pas le formatage des bêtes à concours françaises, qui sont éduquées pour cela depuis la maternelle. Or, ce concours extérieur ne comportait que des épreuves techniques. Le jour du résultat des épreuves écrites, j’étais à la Foire de Paris avec mon mari – nous étions mordus de camping-cars, nous allions les voir chaque année.
Je téléphone, j’apprends que j’ai réussi l’écrit – ce qui était pour moi le plus dur –, et je dis à Pascal : « Ma vie va changer. » Je ne savais pas à quel point ce serait vrai ! Je suis arrivée en 1981 au tribunal de grande instance d’Orléans, à 90 km de mon domicile. Entre notre maison dans l’Essonne et mon lieu de travail, j’ai dû faire environ 150 000 km en deux ou trois ans.
Comment vivez-vous ces premières années au cœur de la magistrature ?
D’abord, c’est un choc. A l’hôpital où j’avais travaillé pendant les années 1970, tout le monde était très progressiste....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.
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Vaccins : une obligation sanitaire de bon sens

Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h37
   





                        


Editorial du « Monde ». Affirmer que de grands laboratoires pharmaceutiques ne sont pas au-dessus de tout soupçon est un euphémisme. Des scandales comme celui du Mediator l’ont amplement démontré. Que, de leur côté, les autorités sanitaires se soient montrées pour le moins maladroites en différentes occasions, au point de nourrir des soupçons de conflits d’intérêts, n’est pas moins évident. La gestion des campagnes de vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990 ou contre la grippe A (H1N1) en 2009 suffit à le rappeler.
Ces constats justifient-ils de jeter le doute sur la nécessité de protéger la population, et en particulier les jeunes enfants, contre un certain nombre de maladies infectieuses ? Justifient-ils que des parents, égarés par des informations aussi alarmistes que douteuses, relayées notamment par les réseaux sociaux, récusent ces vaccinations au motif qu’elles seraient inutiles, voire dangereuses ? Evidemment non.
Le paradoxe veut que la France – patrie de Pasteur, où la première grande loi sur la vaccination obligatoire remonte à plus d’un siècle – soit le pays du monde où la défiance est désormais la plus forte à l’égard des vaccins. Selon une enquête internationale de 2016, 41 % de nos compatriotes ne sont pas convaincus qu’ils soient « sûrs ».
Onze vaccins
De fait, 30 % des enfants ne sont pas immunisés contre le méningocoque C et plus de 20 % contre la rougeole, la protection contre ces deux maladies n’étant pas obligatoires mais seulement recommandée. Or l’on estime que 90 % à 95 % des enfants doivent être vaccinés pour éviter la propagation des maladies les plus contagieuses.

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                La couverture vaccinale augmente, mais elle reste insuffisante



Pour rétablir la confiance et garantir une protection sanitaire aussi complète que possible des enfants et des adultes qui les entourent, le gouvernement a donc décidé d’intervenir vite et fort.
Annoncée par le premier ministre, Edouard Philippe, dans son discours de politique générale en juillet, la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2018 : aux trois vaccins déjà obligatoires pour les enfants de moins de 18 mois (diphtérie, tétanos et poliomyélite) s’ajoutent désormais huit autres (coqueluche, hépatite B, rougeole, rubéole, oreillons, pneumocoque, méningocoque C et Haemophilus influenzae B). Cette règle sera une condition d’admission dans les crèches, les garderies ou les écoles, ce qui devrait suffire à la faire respecter.

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                Comment la France est passée de trois à onze vaccins obligatoires



Jugée, ici ou là, trop brutale, cette extension de l’obligation vaccinale est parfaitement justifiée. Elle doit permettre de combattre la réémergence, même marginale, de maladies infectieuses comme la rougeole. Elle améliorera également la couverture vaccinale – insuffisante – des méningites et des hépatites B.
Mais surtout, elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique qui ne saurait être laissée au choix des parents. Seule cette prévention généralisée a permis d’éradiquer, pour l’essentiel, ces maladies du passé. Cet évident bénéfice fait plus que compenser les effets secondaires, voire les risques minimes, provoqués par les vaccins.

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                « Le risque est grand de voir la défiance s’accentuer vis-à-vis des vaccins »



Il sera bien temps, dans quelques années, d’évaluer les effets de la nouvelle législation. Rien n’interdit d’imaginer, si elle a atteint son but, qu’elle soit alors assouplie. Dans l’immédiat, elle s’impose. Comme s’impose le travail d’information et de pédagogie que doivent mener les autorités sanitaires pour contrecarrer les thèses, fantaisistes quand elles ne sont pas complotistes, qui nourrissent la défiance vaccinale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.
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« Le risque est grand de voir la défiance s’accentuer vis-à-vis des vaccins »

Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h02
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h41
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Dès le 1er janvier 2018, onze vaccins seront obligatoires en France. Jusqu’à présent, les jeunes enfants devaient être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ; ils devront désormais être aussi immunisés contre huit autres agents infectieux.
L’âpre débat qui s’est amplifié, ces derniers mois, autour de cette question ne change sans doute rien à l’affaire : si elle est rigoureusement appliquée, cette mesure se traduira certainement, sur le long terme, par un effet sanitaire positif pour la population française. Les bénéfices liés à la vaccination sont suffisamment documentés pour en avoir la conviction. Pourtant, il est à craindre que cette mesure ne renforce encore la grande défiance qui s’est installée en France vis-à-vis des vaccins.

Les bénéfices, d’abord : ceux-ci sont désormais devenus invisibles dans les pays du Nord, mais les programmes d’immunisation conduits avec succès, dans les pays en développement, permettent de les donner à voir. En octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait par exemple que le nombre de morts de la rougeole avait atteint, en 2016, son plus bas niveau de l’histoire moderne. Au total, selon l’OMS, le seul vaccin contre la rougeole aura sauvé quelque 20 millions de vies depuis 2000.

En France, le débat s’est focalisé sur les risques. La question des adjuvants vaccinaux à base de sels d’aluminium – destinés à stimuler la réponse immunitaire – a été centrale et a conduit à une saisine du Conseil d’Etat, début décembre, par un collectif de quelques milliers de personnes réclamant leur retrait.
Risques faibles mais très médiatisés
Pourquoi une telle polarisation du débat français autour de ces adjuvants ? D’abord parce que c’est en France que les premiers travaux ont été conduits sur le sujet, par l’équipe du professeur Romain Gherardi de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne), dont les résultats,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La journaliste Sandra Muller a dénoncé en octobre sur Twitter le comportement d’Eric Brion, ex-directeur général de la chaîne Equidia, consacrée au cheval.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Comment l’affaire du hashtag #balancetonporc est née

La journaliste Sandra Muller a dénoncé en octobre sur Twitter le comportement d’Eric Brion, ex-directeur général de la chaîne Equidia, consacrée au cheval.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 08h00
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h24
    |

            Hélène Bekmezian








                        


Il est 8 h 06, ce 13 octobre, quand Sandra Muller cède à son « impulsivité », comme elle le racontera ensuite. Cela fait moins d’une semaine que les accusations de harcèlement, d’agression, voire de viol contre le producteur américain Harvey Weinstein ont commencé à inonder la presse mondiale. La journaliste française, qui suit d’autant plus l’affaire qu’elle est basée à New York, se connecte à son compte Twitter et publie ces vingt-trois mots, accompagnés d’un mot-clé qui deviendra fondateur pour des milliers de femmes françaises :
« #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
Quatre heures plus tard, elle répond à son propre appel et raconte l’histoire de « son » porc : « “Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit.” Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc », écrit-elle dans un message à ce jour retweeté 2 800 fois et « aimé » par 2 320 personnes.

        Lire aussi :
         

                La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé



L’effet boule de neige, encore mineur après le premier message, prend alors une tout autre ampleur à mesure que des centaines, puis des milliers de femmes, s’emparent du mot-clé pour raconter, à leur tour, les violences sexuelles qu’elles ont subies.
« Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant »
« Dans le métro, un homme de 50 ans qui fixe ma jupe et qui lâche à un jeune à côté de moi “à ton âge je l’aurais violée”. Il a rigolé », écrit l’une. « 36 ans, patron, siège au tribunal de commerce, son poids dans mon dos, sa respiration, son odeur. 20 ans après, vomir encore », se souvient une autre. Ad nauseam, des histoires similaires venant de toutes les générations, tous les milieux, sont déballées. L’engouement autour du mot-clé est inédit : en seulement trois jours, #balancetonporc atteint plus de 200 000 mentions sur les réseaux sociaux (un chiffre qui grimpera à 500 000 en un mois). La presse relate le phénomène, et plus elle le fait, plus celui-ci prend de l’ampleur ; la parole des femmes s’est libérée.
« Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant », constate une semaine plus tard la sociologue Irène Théry dans une tribune au Monde. Entre-temps, le mode impératif et le verbe choisi pour le mot-clé ont suscité débats et polémiques ; « Le problème, c’est “balance” », a jugé le philosophe Raphaël Enthoven, qui propose plutôt aux femmes de « dénonce[r] [leur] porc à la justice ». Twitter se transforme-t-il en jury populaire ? Ces femmes n’auraient-elles pas mieux fait de porter plainte quand il était temps ? Peut-on jeter en pâture des noms d’hommes dont la culpabilité reste à prouver ? Toutes ces histoires peuvent-elles être mises sur le même plan ?

        Lire aussi :
         

                Eric Brion : « Je réclame le droit à la vérité et à la nuance »



C’est notamment pour essayer d’apporter des réponses à ces questions que nous publions les textes des deux protagonistes de l’affaire originelle, Eric Brion et Sandra Muller. Si le premier « regrette » ses propos, il réclame de la « nuance », se disant victime de « calomnie » et de « rumeur ». Dans sa tribune, Mme Théry s’interrogeait sur le choix du mot-clé : « Plus j’y pense, plus j’apprécie le chic de #balancetonporc », répondait-elle, car lui seul permet, selon elle, que « la honte, peu à peu, change de camp ». Le texte d’Eric Brion en est un bon exemple.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia reconnaît avoir « tenu des propos déplacés » envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine du hashtag #balancetonporc.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/12/2017
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Eric Brion : « Je réclame le droit à la vérité et à la nuance »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia reconnaît avoir « tenu des propos déplacés » envers la journaliste Sandra Muller, à l’origine du hashtag #balancetonporc.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 06h29
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 07h03
    |

Eric Brion (consultant, ex-directeur général d'Equidia)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a deux mois et demi, mon nom a été le premier associé à une campagne de dénonciation sur les réseaux sociaux consacrée au harcèlement sexuel. Dans un premier temps, j’ai délibérément choisi de garder le silence, toute parole à chaud pour tenter de rétablir la vérité ou corriger les inexactitudes étant laminée par les réseaux sociaux.
Quel rapport entre mon comportement et l’affaire Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ?
Mais ce silence laisse planer trop de doutes et de questions auxquels je souhaite ici répondre. J’ai effectivement tenu des propos déplacés envers Sandra Muller [la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc], lors d’un cocktail arrosé très tard dans une soirée, mais à une seule reprise. Elle me plaisait. Je le lui ai dit, lourdement. Et une seule fois, je tiens à le préciser. Je ne veux certainement pas me disculper de ma goujaterie d’alors. Je lui réitère ici mes excuses.
Néanmoins, quel rapport entre mon comportement et l’affaire concernant Harvey Weinstein, accusé de viols et de harcèlement sexuel par plusieurs femmes ? Les deux premiers tweets quasi simultanés de Sandra Muller laissent pourtant volontairement planer une ambiguïté sur ce qui s’est passé ce soir-là, en me « balançant » après avoir appelé les femmes à donner les noms d’hommes qui les ont harcelés « au boulot » et en plaçant cela dans le prolongement des attaques contre le producteur américain.
La machine, inarrêtable, était lancée
Or, je n’ai jamais travaillé avec Sandra Muller. Je n’ai jamais été son collaborateur ou son supérieur hiérarchique, comme j’ai pu le lire ici ou là…. Cela est aisé à vérifier, mais, une fois que la machine infernale est lancée, on ne peut pas l’arrêter. Les conséquences personnelles et professionnelles de cet amalgame entre drague lourde et harcèlement sexuel « au boulot » ont été extrêmement importantes et pénalisantes.
La...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc rappelle qu’une simple grivoiserie peut engendrer des traumatismes graves.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/12/2017
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La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé

Dans une tribune au « Monde », la journaliste à l’origine du hashtag #balancetonporc rappelle qu’une simple grivoiserie peut engendrer des traumatismes graves.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 06h29
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 14h22
    |

Sandra Muller (Journaliste, directrice de la publication "La Lettre de l'audiovisuel")







                        



                                


                            

Tribune. Le hashtag #balancetonporc est né sur un coup de colère, un vendredi 13 octobre, sur fond d’affaire Weinstein, producteur américain accusé par une centaine de femmes de conduites sexuelles inappropriées. Il était temps de dénoncer l’ambiance malsaine du monde du cinéma, de la télévision et des médias. Au cours d’une conversation avec une amie journaliste qui me relatait son expérience, je lâchais sur Twitter : « #balancetonporc ! Toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlement sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
« Balance ton porc. » Je trouvais cette expression vulgaire. Au départ, elle décrivait le producteur Harvey Weinstein, sous le coup d’accusations différentes, du comportement irrespectueux au viol. A Cannes, on l’appelait « le porc ». Puis je me suis souvenue de paroles dégradantes que moi-même j’avais entendues. Au cours d’un festival qui se déroulait justement à Cannes, un directeur de chaîne m’assénait : « Tu as de gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. » Cette phrase était choquante, pathétique et très présomptueuse. J’ai décidé de donner le nom de mon agresseur verbal sur mon réseau afin de montrer l’exemple. Il fallait d’urgence arrêter ce genre de comportement.

A ma grande surprise, mon témoignage, au départ réservé à mes contacts dans les médias, s’est propagé à la vitesse de l’éclair et a atteint toutes les strates de la population. Le dimanche soir, je recevais plus de 60 000 messages. En deux mois, sur le #balancetonporc, 715 000 messages ont été publiés, 5 823 articles de presse partagés, et #metoo, lancé deux jours plus tard, a récolté plus de 4,5 millions de messages publics, selon la plate-forme de veille Visibrain. 12 millions, selon Facebook qui intègre les messages privés.
Ne pas confondre dénonciation et délation
Ici, aux Etats-Unis, où je vis, nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Le comité Syrie-Europe, après Alep réclame des mesures d’urgence pour sauver les centaines de milliers de personnes piégées dans cette région syrienne.
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Il faut « sauver la population de la Ghouta en Syrie »

Le comité Syrie-Europe, après Alep réclame des mesures d’urgence pour sauver les centaines de milliers de personnes piégées dans cette région syrienne.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 16h05
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 10h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Par : Hala Alabdalla (cinéaste), Jonathan Chalier (Secrétaire de rédaction, revue « Esprit »), Catherine Coquio (Professeure de littérature, université Paris-Diderot), Frédérik Detue (Maître de conférences, université de Poitiers), Marc Hakim (Médecin hospitalier santé publique), Joël Hubrecht (Juriste), Salam Kawakibi (Politologue), Sarah Kilani (Médecin anesthésiste-réanimateur hospitalier et auteure d’articles sur le conflit syrien), Véronique Nahoum-Grappe (Anthropologue, EHESS), Majd Al-Dik (Activiste syrien), Nadine Vasseur (Auteure) et les membres du Comité Syrie-Europe, après Alep
380 000 personnes sont actuellement piégées dans une nasse infernale en Syrie, dans la région de la Ghouta orientale, à l’est de Damas. Leur survie physique et politique s’organise grâce à des structures civiles et administratives qui, créées il y a cinq ans, résistent à la fois au régime officiel de Bachar Al-Assad et aux brigades et groupes islamistes.
Mais elles comptent déjà un grand nombre de victimes et si elles ne bénéficient pas au plus vite d’un accès humanitaire, accès que la France s’est engagée à faire respecter par la voix de son président, elles sont condamnées à périr de la plus terrible des façons, du fait de la guerre d’extermination menée encore aujourd’hui par le régime contre son propre peuple. Autant de souffrances et de courage dans l’organisation d’une survie collective dans des conditions de siège méritent autre chose que l’indifférence des démocraties.

Il convient d’y insister, pour mémoire : dans ce contexte épouvantable et malgré une répression féroce depuis que cette zone a été libérée du régime fin octobre 2012, de véritables institutions citoyennes ont été mises en place, créant des espaces de liberté et d’égalité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ L’ancien ministre communiste devenu membre du PS, dans une tribune au « Monde », juge inéluctable « l’effondrement idéologique et la sclérose organisationnelle » de ce parti.
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Charles Fiterman : « J’ai décidé de quitter le Parti socialiste »

L’ancien ministre communiste devenu membre du PS, dans une tribune au « Monde », juge inéluctable « l’effondrement idéologique et la sclérose organisationnelle » de ce parti.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 15h25
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 21h22
    |

Charles Fiterman (Ministre des transports (1981-1984), membre du PCF de 1951 à 1994)







                        



                                


                            

Tribune. J’ai adhéré au Parti socialiste en 1998. Après les Assises de la transformation sociale, après la victoire électorale de 1997, après les ouvertures politiques et idéologiques faites par Lionel Jospin, j’ai pensé que des possibilités existaient d’engager, à partir de sa force centrale, la refondation nécessaire de la gauche.
Le système soviétique s’était effondré laissant le champ libre à un néolibéralisme qui s’était affirmé dès le début des années 1980 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Qui pouvait penser que les conséquences de ce bouleversement géopolitique ne concerneraient que les seuls communistes et non pas toutes les forces attachées au rôle social de l’Etat et à un certain niveau de contrôle social de l’économie ?
Et puis, l’émergence et la mise en place de nouveaux moyens de communication contrôlés par de puissantes entreprises capitalistes agissant à l’échelle mondiale ouvraient à celles-ci, au système économique et politique capitaliste lui-même, de nouveaux champs d’exploitation et de domination, un nouveau souffle.
Une terrible dérive néolibérale
Comment penser qu’une telle situation ne posait pas en termes nouveaux l’action de ce qu’on a appelé l’Etat providence et aussi la nécessaire construction européenne ? J’ai pu alerter à plusieurs reprises – et notamment après 2002 – la direction du Parti socialiste sur la nécessité d’engager un travail en profondeur, de construire une nouvelle vision de ce que pouvait être le rôle du socialisme démocratique, aussi bien en termes d’idées que de formes de l’action politique ou de modes d’organisation.
J’ai bien entendu des promesses, quelques déclarations, j’ai lu quelques textes intéressants, mais rien qui soit à la hauteur des exigences de l’époque. Et le pire est que pour remplir le vide laissé par cette carence, le Parti socialiste, sous l’impulsion de ses principaux dirigeants, s’est engagé dans une terrible dérive néolibérale.
Le président...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Tout a été fait pour raccourcir la durée de vie des produits, faisant fi des consommateurs et des enjeux environnementaux. Or des solutions existent pour stopper cette gabegie.
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Obsolescence programmée : le grand gâchis

Editorial. Tout a été fait pour raccourcir la durée de vie des produits, faisant fi des consommateurs et des enjeux environnementaux. Or des solutions existent pour stopper cette gabegie.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 12h00
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 13h50
   





                        


Editorial du « Monde ». Produire, acheter, jeter. Pendant des décennies, nos sociétés de consommation ont vécu au rythme de ce cercle vicieux, dont le cycle n’a cessé de s’accélérer. Afin de maintenir une croissance qui menace de s’essouffler, tout a été fait pour raccourcir la durée de vie des produits, inciter à leur renouvellement sans nécessairement se préoccuper des conséquences environnementales de cette course au consumérisme.
La prise de conscience de l’impasse à laquelle conduit cette logique a été tardive, mais les initiatives se multiplient pour tenter de la remettre en cause. Ainsi, le parquet de Nanterre a ouvert, le 24 novembre, une enquête préliminaire visant le fabricant japonais d’imprimantes Epson. Celui-ci est accusé d’« obsolescence programmée » et de « tromperie ».

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                Enquête ouverte pour « obsolescence programmée » contre Epson



C’est une première en France, pays précurseur qui a fait de l’obsolescence programmée un délit. La loi sur la transition énergétique de 2015 prévoit, en effet, une peine maximale de deux ans de prison et une amende de 300 000 euros dans le cas où un fabricant serait reconnu coupable de « réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement ».
Culture du jetable
En l’espèce, Epson est suspecté d’avoir poussé les consommateurs à racheter des cartouches d’encre, quand bien même celles-ci n’étaient pas vides. Selon ses détracteurs, un autre stratagème aurait été utilisé concernant une pièce, dont le prix de remplacement équivaut à celui d’une imprimante neuve. Le fabricant aurait ainsi intentionnellement persuadé les clients de changer prématurément de machine.
Apple fait l’objet d’accusations similaires. Le fabricant californien est mis en cause pour avoir bridé certains smartphones afin d’en ralentir le fonctionnement, incitant ainsi les utilisateurs à se procurer un modèle plus récent. Des plaintes ont été déposées aux Etats-Unis, en Israël et en France, à l’initiative de l’association Halte à l’obsolescence programmée, déjà à l’origine de l’action contre Epson.

        Lire aussi :
         

                Apple et le soupçon de l’obsolescence programmée



Ces deux affaires sont à resituer dans le contexte de la culture du jetable. Aux Etats-Unis, chaque année, 1,8 million de tonnes de déchets électroniques sont mis à la poubelle. En France, chaque habitant en jette une vingtaine de kilos par an. En trente ans, la durée de vie d’un ordinateur a été divisée par deux et, depuis le début des années 2000, le taux d’appareils ménagers défectueux remplacés dans les cinq premières années d’utilisation a quasiment doublé pour atteindre 13 %. Quant aux téléphones portables, ils sont remplacés en moyenne tous les vingt mois.
Les consommateurs, invités de façon plus ou moins contrainte à se rééquiper, ont le sentiment grandissant de se faire gruger. A cela s’ajoutent des enjeux environnementaux avec l’extraction toujours plus intensive des ressources pour fabriquer ces objets, qui, de surcroît, ne sont pas toujours recyclés.

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                Apple s’excuse et réduit le coût de remplacement de ses batteries



Des solutions existent pour stopper cette gabegie. D’abord, il faut changer nos comportements qui conduisent parfois à confondre marketing et véritable innovation. Ensuite, il faut inciter les fabricants à allonger la durée de vie des produits. Un rapport des Nations unies publié en septembre recommande de l’afficher au moment de l’achat. Il propose également de remettre en cause l’exclusivité des réseaux agréés par les fabricants sur les pièces détachées et les réparations. C’est, enfin, en passant progressivement d’une économie de la possession à une économie de l’usage que l’on aura peut-être une chance de ralentir cet immense gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le dernier essai du journaliste Brice Couturier fournit un décodage minutieux, utile et éclairant du logiciel intellectuel du chef de l’Etat, qu’il définit surtout comme un « libéral de gauche ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Philosophie du « macronisme »

Le dernier essai du journaliste Brice Couturier fournit un décodage minutieux, utile et éclairant du logiciel intellectuel du chef de l’Etat, qu’il définit surtout comme un « libéral de gauche ».



Le Monde
 |    29.12.2017 à 10h42
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 11h28
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Livre. Passons sur le mépris quelque peu obsidional affiché par l’auteur à l’égard du « parti des médias », cette « caste » à ses yeux égocentrique, superficielle et incompétente dont on l’imaginait pourtant membre éminent, en tant que producteur-chroniqueur à France Culture depuis des lustres.
Passons également sur l’admiration envahissante dont il témoigne à l’égard de ce président philosophe, doté d’une « colonne vertébrale théorique impressionnante » qui siège à l’Elysée depuis sept mois. C’est tout juste s’il doute, en conclusion, que son « activisme enthousiaste » suffise à renverser le sombre pessimisme des Français, à réconcilier une société anxieuse et à remettre en mouvement une Europe encalminée.
Ces deux agacements surmontés, le livre que Brice Couturier consacre à Emmanuel Macron est utile et éclairant. Utile, parce qu’il fait l’exégèse des mille et un discours, textes ou entretiens qui ont permis au candidat Macron de préciser sa conception de la politique et sa vision de la France et du monde. Et parce que, en même temps, il décortique savamment – le plus souvent pour les récuser – les critiques qui lui ont été opposées ; notamment celle qui consiste à mettre la démarche philosophique du chef de l’Etat sur le compte d’une « simple stratégie de communication, destinée à gommer la réalité technocratique du personnage », alors que celui-ci est, au contraire, « un authentique intellectuel ».
Décodage minutieux
Ce postulat posé, l’analyse fournit un décodage minutieux du logiciel intellectuel du chef de l’Etat. Au-delà de l’apprentissage à la lecture d’Hegel, bientôt corrigé par le compagnonnage avec Paul Ricœur, maintes fois évoqué par Macron lui-même, Brice Couturier explore bien d’autres sources auxquelles s’est nourri le futur président : en particulier le « libertarisme égalitariste » de John Rawls, la théorie des « capabilités »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Livre. Cette autobiographie, que le biathlète français nous livre a seulement 29 ans, nous offre une plongée intéressante dans la tête d’un champion d’une certaine fragilité mais à la formidable force de caractère.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Martin Fourcade, le doute et l’ego

Livre. Cette autobiographie, que le biathlète français nous livre a seulement 29 ans, nous offre une plongée intéressante dans la tête d’un champion d’une certaine fragilité mais à la formidable force de caractère.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 10h11
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 11h48
    |

            Clément Guillou








                        



                                


                            

Livre. Avant de porter le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang en Corée du Sud (du 9 au 25 février 2018), Martin Fourcade a fait sa psychanalyse. C’est ainsi que le biathlète décrit son autobiographie publiée à l’âge de 29 ans seulement, suffisamment tôt pour qu’on soupçonne une part de narcissisme qu’il concède volontiers.
« (J’espère) qu’exprimer tout cela me permettra (…) d’éviter, justement, que les mauvais souvenirs me restent coincés au travers de la gorge ou que les bons me transforment en nombriliste. J’espère qu’il n’est pas trop tard ! », écrit le double champion olympique de Sotchi (en 2014) pour justifier l’existence de ce récit personnel qui, sans réinventer le genre de l’autobiographie de sportif, offre une plongée intéressante dans la tête d’un champion.
Roi d’un sport éminemment psychologique, Fourcade vacille parfois et se décrit comme insupportable avant les compétitions
Les amateurs de scandale passeront leur tour, Martin Fourcade est un garçon sage et, surtout, l’icône du biathlon mondial : il ne lève pas le voile sur les mœurs du circuit ou sur la réalité du dopage dans un sport qu’il domine de la tête et des épaules.
Mon rêve d’or et de neige révèle un athlète tiraillé par le doute, un mot que l’on pensait ne plus être au vocabulaire d’un sextuple vainqueur de la Coupe du monde, onze fois champion du monde. Roi d’un sport éminemment psychologique, Fourcade vacille parfois et se décrit comme insupportable avant les compétitions.

La veille de son premier titre olympique, à Sotchi : « J’aime être l’homme à battre et trouve jouissif d’arriver à surmonter les attentes qui pèsent parfois sur mes épaules. Mais en refermant le journal, allongé sur mon lit, seul dans ma chambre au cœur du village olympique, j’ai peur. Je suis mort de peur. Je me mets doucement à trembler et à avoir du mal à respirer. »
Relation complexe
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».
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« La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art »

Le rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney risque d’avoir des conséquences néfastes pour les films d’auteur, analyse dans sa chronique Thomas Sotinel, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    29.12.2017 à 09h24
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Chronique. Mickey Mouse croquant un renard dont la queue dépasse encore de sa bouche : la « une » du Hollywood Reporter au lendemain de l’annonce, le 14 décembre, du rachat de la majorité des actifs de la 21st Century Fox par Disney a pu provoquer une certaine jubilation dans les milieux qu’on dit libéraux aux Etats-Unis – de gauche ailleurs. Le studio réformateur, qui, de Frozen (La Reine des neiges) à Star Wars, a transformé ses princesses animées en femmes d’action, donné des rôles de héros aux acteurs et actrices issus des minorités est venu à bout de l’empire de Rupert Murdoch, le parrain de la droite américaine, le facilitateur de l’élection de Donald Trump et du Brexit.
Parmi les conséquences annoncées de cette fusion, on a souvent mentionné le renoncement de Bob Iger, qui dirige la Walt Disney Company depuis 2005, à une éventuelle candidature à la nomination démocrate.

Il n’est pas besoin d’être spécialiste des rongeurs pour voir que l’appétit de la souris ne procède pas seulement – et loin de là – d’intentions vertueuses. Si l’on s’en tient au seul domaine du cinéma (des longs-métrages produits dans l’intention de les exploiter en salles), il faut faire changer de camp aux bons et aux méchants. La montée en puissance de Disney représente une menace sans précédent pour le 7e art.
 et des films d’auteur
Depuis le rachat de la 20th Century Fox par Rupert Murdoch en 1985, cette vénérable institution (son premier avatar remonte à 1915) était restée un studio hollywoodien classique. Aussi conflictuels qu’aient été les rapports entre le magnat australien et les dirigeants successifs des activités cinéma de la Fox, ceux-ci ont produit, financé ou distribué à la fois des blockbusters (Titanic, Avatar, X-Men, la deuxième trilogie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Livre. Dans son essai, le cédétiste Jean-Louis Malys défend avec passion ses idées et nous fait partager le « cheminement totalement personnel et forcément imparfait » qui a déterminé son engagement à la fois syndical et citoyen.
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Le plaidoyer d’un réformiste indigné

Livre. Dans son essai, le cédétiste Jean-Louis Malys défend avec passion ses idées et nous fait partager le « cheminement totalement personnel et forcément imparfait » qui a déterminé son engagement à la fois syndical et citoyen.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 08h44
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 10h38
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Livre. S’il n’avait pas été ouvrier sidérurgiste, dès l’âge de 18 ans en Moselle, Jean-Louis Malys aurait pu être écrivain. Il n’a jamais été étudiant mais il a un vrai talent de plume. A 58 ans, l’ancien secrétaire national de la CFDT, notamment en charge de 2006 à 2016 du lourd dossier des retraites – il est toujours vice-président de l’ARRCO (retraite complémentaire des salariés) –, n’a pas écrit un livre pour raconter sa vie. Il a choisi de parler de l’engagement, à la fois syndical et citoyen.
Il s’agit d’un « cheminement totalement personnel et forcément imparfait, construit à partir d’une réflexion qui tente de distinguer ce qui désespère de ce qui réconforte, ce qui éclaire et décrypte de ce qui obscurcit et caricature. Bref de donner les raisons et l’envie de s’engager ». Profondément réformiste, Malys ne rêve pas d’un monde parfait, qui serait « ennuyeux, sans aspérités, sans risques, ni combats à mener ». Pour celui qui flirta avec le maoïsme dans sa jeunesse, « la perfection a quelque chose de définitif et d’absolu qui ressemble trop aux ordres impeccables des défilés militaires, des processions religieuses et des parades de clones ». 
Dans cet ouvrage où il puise ses métaphores dans le sport, le cinéma, la littérature ou le jeu d’échecs, Jean-Louis Malys défend avec passion ses idées. Il n’aime ni les déclinologues, ni les démagogues, ni les populistes, ni les complotistes. Dans un long chapitre sur la « loi travail » de 2016, que la CFDT a défendue, il règle ses comptes avec la CGT qui a fait de ce texte « le totem à abattre à tout prix ».
Eviter « les racourcis »
Il voit dans le dialogue social une confrontation de « logiques d’intérêt » qui évite « les raccourcis entre ces “salauds” de patrons et ces “fainéants” de salariés manipulés par les syndicats ». S’il reconnaît que la mondialisation libérale provoque des « dégâts majeurs »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Terrorisme, précarité, dérèglement climatique… Les raisons d’avoir peur ne manquent pas. Elles sont légitimes, voire nécessaires pour agir. A condition, prévient Marc Crépon, qui travaille sur la démocratie face à la violence, de craindre aussi toute politique qui les exploite
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En 2018, apprivoisez vos peurs avec le philosophe Marc Crépon

Terrorisme, précarité, dérèglement climatique… Les raisons d’avoir peur ne manquent pas. Elles sont légitimes, voire nécessaires pour agir. A condition, prévient Marc Crépon, qui travaille sur la démocratie face à la violence, de craindre aussi toute politique qui les exploite



Le Monde
 |    29.12.2017 à 07h00
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 10h27
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

Le terrorisme, les migrants aux portes de l’Europe, les catastrophes climatiques, la montée des extrêmes… Faut-il vivre avec ces peurs ou cesser d’avoir peur ?
N’ayons pas peur de la peur. Dans beaucoup de domaines de l’existence, elle est légitime, utile et même nécessaire. La menace terroriste est réelle, et il serait absurde de refuser certaines mesures de sécurité et de vigilance qu’elle implique. Il est aussi parfaitement légitime en ce moment de craindre la tension folle que Donald Trump attise avec la Corée du Nord et au Proche-Orient, en y impliquant des pays qui disposent d’armes nucléaires.
Il est légitime de s’inquiéter pour l’insertion dans le monde de nos enfants, lorsque les transformations du travail risquent d’entretenir des générations entières dans la précarité permanente. Il est légitime de craindre le dérèglement du climat qui affecte les conditions de survie de l’humanité, et nous savons que si rien n’est fait, les crises migratoires que nous connaissons ne sont rien à côté de celles qui nous attendent.
La peur est une dimension de la prise de conscience collective, donc de la responsabilité politique. Elle est indispensable si l’on ne veut pas que la citoyenneté se résume à mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ou six ans comme on répond à un sondage d’opinion. La peur est un principe d’action ; le mouvement est premier.
A condition de ne pas se laisser paralyser par elle…
D’où l’importance de reconnaître l’objet de ses peurs, de savoir le nommer, l’identifier. La paralysie est plutôt provoquée par l’angoisse ou l’anxiété, qui ne connaissent pas vraiment leur objet. Sur le plan privé, chacun peut en faire l’expérience : l’anxiété est communicative, elle peut étouffer, soi-même et ses proches, empêcher de vivre, se transformer en phobie. J’aime citer cette phrase de Roosevelt devant le Congrès à l’époque du New Deal : « Ce dont nous devons avoir peur, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’Union européenne menace d’imploser et ses décisions ne sont parfois pas à la hauteur de ses ambitions premières. Pour Justine Lacroix, elle doit cesser d’être un destin forcé pour trouver la force de se renouveler.
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En 2018, vous verrez l’Europe d’un œil nouveau avec la philosophe Justine Lacroix

L’Union européenne menace d’imploser et ses décisions ne sont parfois pas à la hauteur de ses ambitions premières. Pour Justine Lacroix, elle doit cesser d’être un destin forcé pour trouver la force de se renouveler.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 07h00
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 10h20
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Pourquoi l’Europe peut-elle redevenir intéressante ?
La question est surprenante, car aujourd’hui l’hypothèse d’une dislocation ou d’une évaporation progressive du projet européen n’est pas à exclure. Qu’il s’agisse du retrait de la Grande-Bretagne, de l’impuissance de l’Union européenne devant le tournant autoritaire et antidémocratique d’Etats comme la Hongrie ou la Pologne (lesquels s’affranchissent allégrement des principes qui figurent au sein même des traités européens), de notre incapacité à apporter non pas une réponse généreuse ou utopique mais simplement conforme aux principes de la convention de Genève aux demandeurs d’asile, rien n’incite à l’optimisme. Tous ces éléments pourraient conduire à porter un regard très désabusé sur l’aventure européenne.
« Il existe en France des clivages forts entre différentes conceptions de la vie en société sans que personne puisse être soupçonné d’être “pour” ou “contre” la France.» 
Néanmoins, je discerne quelques éléments d’espoir quand j’entends des voix s’élever pour inviter à une plus grande politisation du projet européen, comme celle, par exemple, de mon collègue universitaire, l’homme politique belge Paul Magnette ­ [ministre-président de la Wallonie, il a retardé en 2016 la signature de l’Accord économique et commercial global (CETA) entre l’Union européenne et le Canada]. Nous nous sommes enfermés trop longtemps dans une opposition stérile entre les pro-européens et les anti-européens. Trop longtemps, nous avons considéré que, si l’on est pro-européen, on est obligé d’accepter l’idée qu’il n’y ait qu’une seule politique économique possible, celle empruntée depuis 1986, depuis l’Acte unique et le lancement du marché intérieur.
Il est temps de situer les débats sur la forme concrète que doit prendre le projet européen au sein de l’Union européenne elle-même. Exactement comme on le fait à l’échelon national : il existe en France des clivages forts entre différentes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Livre. Les trois sociologues du CNRS dressent, en utilisant une nouvelle nomenclature des catégories socioprofessionnelles, une cartographie très précise des différences de mode de vie des trois classes sociales sur notre Vieux Continent.
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Les classes populaires ne sont pas parties au paradis

Livre. Les trois sociologues du CNRS dressent, en utilisant une nouvelle nomenclature des catégories socioprofessionnelles, une cartographie très précise des différences de mode de vie des trois classes sociales sur notre Vieux Continent.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 07h00
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Livre. Ce n’est que récemment que les travaux d’économistes comme Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais ont remis en question le dogme en vigueur sur la « disparition » des classes populaires au profit d’une vaste « classe moyenne ». Mais cette démonstration d’un creusement des différences ne concernait que les revenus. Le travail des trois sociologues du CNRS présenté ici y ajoute d’autres dimensions, en profitant de la récente (2016) adoption par Eurostat d’une nouvelle nomenclature des catégories socioprofessionnelles (CSP) qui permet désormais de classer toute la population européenne selon 42 CSP définies et harmonisées.
les auteurs concluent à l’existence de trois catégories sociales bien différenciées
Les auteurs sont ainsi revenus à la base de ce qui a défini au XIXe siècle la notion de « classe » : la profession exercée. En croisant chaque CSP avec les résultats des études européennes décrivant les revenus et leur structure, mais aussi les conditions de travail, le logement, l’équipement du foyer, les loisirs, la consommation culturelle, l’état de santé, le niveau scolaire, les auteurs détectent des similitudes d’existence sociale entre certaines professions qui leur permet de conclure à l’existence de trois catégories sociales bien différenciées, rappelant de « vieux » souvenirs : des classes supérieures (19 % de la population européenne), des classes moyennes (38 %) et des classes populaires (43 %) – ces dernières étant donc loin d’être l’espèce en voie d’extinction que l’on se complaît à décrire.
Différences de mode de vie
Il y a ainsi, dans toute l’Europe, plus de points communs que de différences entre une vendeuse, un ouvrier, une femme de ménage, une infirmière, un agriculteur, un chauffeur et un petit artisan – ici, l’emploi du féminin est volontaire. Un seul exemple : « sept femmes des classes populaires sur dix déclarent que leur travail implique de ne jamais ou presque jamais travailler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Du travail à l’Europe, en passant par le réchauffement climatique ou les « fake news », rencontres avec des femmes et des hommes qui aident à éclaircir le fouillis du monde.
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En 2018, changez de regard sur le monde avec sept philosophes

Du travail à l’Europe, en passant par le réchauffement climatique ou les « fake news », rencontres avec des femmes et des hommes qui aident à éclaircir le fouillis du monde.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 07h00
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 10h01
    |

                            Julie Clarini








                        



   


Et si les philosophes nous donnaient des superpouvoirs ? Si leur réflexion accroissait notre puissance en nous rendant plus lucides, plus pertinents, plus justes ? Si, en nous permettant d’envisager les choses autrement, ils nous ouvraient de nouveaux horizons et surtout nous offraient une capacité d’action inédite ? Car, plus que jamais, l’époque nous requiert, l’urgence environnementale nous presse, les attentats nous mobilisent, la crise politique nous alarme. Il nous faudrait retrouver une ligne de conduite et donc une ligne de pensée.
On a beaucoup sollicité, ces derniers mois, les historiens ou les économistes, devenus maîtres dans les grandes questions : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? C’est au tour des philosophes. Le pari de ce supplément spécial est de proposer des rencontres avec des femmes et des hommes qui travaillent à éclaircir le fouillis du monde, loin de l’agitation médiatique.
La nécessité de retrouver du commun
Ce sont des voix nouvelles qui s’expriment. Toutes proposent de reprendre la main – tant sur le changement climatique, qui n’est pas une apocalypse, que sur les algorithmes, dont la dictature n’est pas une fatalité. Elles contestent l’emprise inéluctable des « fake news » ou la propagation d’un travail déshumanisant. Elles considèrent que les peurs qui nous habitent peuvent nous donner de l’élan, tout comme l’espoir d’un monde qui s’arrache aux positions assignées en fonction des sexes nous rend de la liberté.
Quant à l’Europe, elle est à la croisée des chemins : le débat démocratique peut lui conférer son sens comme espace de droits et de dignité. Dans leur grande majorité, ces voix insistent sur la nécessité de retrouver du commun.
Bref, ces entretiens sont des moments de pause. Pour nous tous et pour vous autres. Pour que vous sautiez dans la nouvelle année en sachant qu’à défaut de changer de monde vous pouvez changer d’idées, et que c’est déjà une façon de le transformer.

Sept rencontres avec des philosophes
En 2018, résistez aux algorithmes avec la philosophe Antoinette Rouvroy
En 2018, vous pourrez contribuer à la fin du patriarcat grâce au philosophe Thierry Hoquet
En 2018, vous verrez l’Europe d’un œil nouveau avec la philosophe Justine Lacroix
En 2018, prenez plaisir à travailler grâce au philosophe Pascal Chabot
En 2018, apprivoisez vos peurs avec le philosophe Marc Crépon
En 2018, avec le philosophe Maurizio Ferraris, vous arrêterez de croire n’importe quoi
En 2018, vous ne verrez plus le réchauffement climatique comme une fatalité grâce à la philosophe Emilie Hache





                            


                        

                        

