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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail. Deux personnes ont été interpellées.
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Deux policiers blessés agressés la nuit du réveillon à Champigny-sur-Marne

Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail. Deux personnes ont été interpellées.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 18h41
    |

            Soren Seelow








                        


Les circonstances de l’agression sont encore confuses, mais les images diffusées sur les réseaux sociaux suffisent à comprendre l’émoi qu’elle a suscité dans le monde policier. Plusieurs vidéos publiées sur Twitter montrent une jeune gardienne de la paix au sol, rouée de coups par un groupe de jeunes gens. La scène ne dure que quelques secondes, mais sa violence a provoqué l’indignation de plusieurs responsables politiques, dont le président de la République.
Dimanche 31 décembre, une soirée privée était organisée dans une salle de la rue Benoît-Frachon, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), quand un groupe de plusieurs dizaines de personnes a tenté de se mêler aux festivités. Refoulés par les participants, les intrus auraient alors forcé le passage. La situation dégénère rapidement. Alertés, les policiers et les pompiers se rendent sur les lieux peu avant minuit. La tension monte alors d’un cran, les forces de l’ordre essuyant des tirs de projectiles, précise au Monde la préfecture de police de Paris.
Fracture du nez et contusions
Pour une raison qui reste à éclaircir, deux fonctionnaires de Chennevières-sur-Marne, circonscription voisine de Champigny, un officier et une gardienne de la paix, se sont retrouvés isolés et ont été pris à partie par plusieurs dizaines de personnes. L’officier souffre d’une fracture du nez et d’hématomes, la gardienne de la paix, dont l’agression a été filmée, de nombreuses contusions. Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail (ITT).
Les forces de l’ordre ont alors « fait usage de tirs de grenades et de moyens de désencerclement », précise une source policière. Plusieurs véhicules, dont deux véhicules des pompiers et de la sécurité civile, ont été dégradés. Deux personnes ont rapidement été interpellées, « mais il est encore trop tôt pour dire si elles étaient impliquées dans les dégradations ou dans l’agression des fonctionnaires de police », précise une autre source policière. L’enquête a été confiée au commissariat de Champigny-sur-Marne.
« Actes inqualifiables »
La violence de cette agression a suscité de nombreuses réactions de la classe politique. L’un des premiers responsables nationaux à réagir, Eric Ciotti, secrétaire général adjoint des Républicains, a saisi l’occasion pour interpeller, lundi à 16 h 34, le ministre de l’intérieur sur Twitter : « Le lynchage d’une policière à Champigny est inqualifiable. Les images sont insoutenables. (…) Va-t-on entendre Gérard Collomb dénoncer cette agression immonde ? »
Moins de vingt minutes plus tard, le ministre de l’intérieur, qui venait de rencontrer les deux policiers blessés, a assuré, lui aussi sur Twitter, que tout était « mis en œuvre pour que les lâches auteurs de ces actes inqualifiables soient appréhendés et condamnés ». Le préfet de police de Paris a également condamné « fermement » cette agression.

#Champigny : je viens de m’entretenir avec les fonctionnaires de Police agressés. 
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Sur son compte Twitter, le président de la République, Emmanuel Macron, a lui aussi assuré que « les coupables du lynchage lâche et criminel des policiers faisant leur devoir une nuit de 31 décembre seront retrouvés et punis ». Dans un communiqué, le Front national a dénoncé « une insécurité confinant parfois à la guérilla urbaine » et demandé au ministre de l’intérieur d’instaurer une « présomption de légitime défense pour l’ensemble des forces de l’ordre ».

Les coupables du lynchage lâche et criminel des policiers faisant leur devoir une nuit de 31 décembre seront retrou… https://t.co/EQzqbZ2uZV— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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Le syndicat Alternative Police-CFDT a exhorté les autorités à prendre des mesures pour que les « policiers puissent exercer dans des conditions optimales de sécurité », peut-on lire dans un communiqué. « Ainsi, les patrouilles, qui plus est de nuit, doivent se faire en nombre suffisant et non à deux, comme cela a été le cas à Champigny-sur-Marne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix.
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Pour 2018, le pape François veut un « avenir de paix » pour les migrants

Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 17h20
   





                        



   


Le pape François a fait de la défense des migrants l’un des thèmes principaux de sa papauté. Sa première bénédiction de l’Angelus, lundi 1er janvier, a ainsi été une nouvelle occasion pour le souverain pontife d’appeler les fidèles catholiques à prier pour un avenir de paix en 2018, notamment pour les migrants et réfugiés.
Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix, célébrée chaque 1er janvier par le Vatican.
Devant 40 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre à Rome, le chef de l’Eglise catholique a ainsi souligné que les migrants et les réfugiés cherchaient avant tout un endroit pour vivre à l’écart des guerres ou de la misère.
« Beaucoup d’entre eux sont disposés à risquer leur vie au long d’un voyage qui, dans la plupart des cas, est aussi long que périlleux ; ils sont disposés à subir la fatigue et les souffrances, à affronter des clôtures de barbelés et des murs dressés pour les tenir loin de leur destination », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                Le plaidoyer du pape François pour l’intégration des réfugiés et des migrants



« Avenir de paix »
Jorge Bergoglio a rappelé qu’il était important que tous s’engagent à leur assurer un avenir de paix « qui est un droit pour tous ». « N’éteignons pas l’espoir dans leurs cœurs, n’étouffons pas leurs attentes de paix », a lancé le pape argentin aux milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.
Dans un message pour la Journée mondiale de la paix diffusé en novembre, il avait dénoncé « ceux qui fomentent la peur des migrants, parfois à des fins politiques, au lieu de construire la paix ».
« Tous les éléments dont dispose la communauté internationale indiquent que les migrations globales continueront à caractériser notre avenir. Certains les considèrent comme une menace. Moi, au contraire, je vous invite à les regarder avec un regard rempli de confiance, comme une occasion de construire un avenir de paix », avait-il ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Immigration, égalité femmes-hommes, chômage… Le blog de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, Lui Président, fait le point sur les chantiers qui attendent le chef de l’Etat.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. En France, plusieurs start-up se positionnent sur le marché, potentiellement très important, du droit civil et commercial.
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Des « juges virtuels » pour désengorger les tribunaux

AU CŒUR DE L’IA. En France, plusieurs start-up se positionnent sur le marché, potentiellement très important, du droit civil et commercial.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 13h00
    |

            Yves Eudes








                        



                                


                            

Depuis quelques mois, les juristes français peuvent se faire aider par des moteurs d’intelligence artificielle (IA) accessibles par Internet. Il leur suffit de s’abonner à un service payant, proposé par l’une des start-up qui tentent de s’installer sur ce marché. Les premiers clients sont des cabinets d’avocats, des directions ­juridiques de grandes entreprises et des compagnies d’assurances.
L’un des services les plus innovants est proposé par la société Case Law Analytics, fondée par deux Nantais : Jérôme Dupré, un avocat qui fut juriste d’entreprise puis magistrat, et Jacques Lévy Véhel, ex-chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). Leur société se positionne sur le marché du droit civil et commercial : licenciements injustifiés, divorces compliqués, ruptures soudaines de relations commerciales… Elle propose à ses clients de soumettre leur affaire à un « juge virtuel », c’est-à-dire un moteur d’IA capable de fournir des simulations de décisions judiciaires.
« Justice prédictive »
Le client doit d’abord répondre à un questionnaire en ligne – par exemple, pour un divorce : durée du mariage, âge des époux, lieu de résidence, revenus et patrimoine, état de santé, enfants… En une seconde, Case Law Analytics produit une série de probabilités sur le montant de la prestation complémentaire.
Plus précisément, le système fait travailler en parallèle 100 « juges virtuels », qui ­proposeront chacun une décision indépendante. Le client apprendra par exemple que 25 « juges » lui octroient 10 000 euros, 22 autres 12 000 euros, qu’un juge ne lui ­accorde rien, un autre 24 000 euros, et qu’au total, 90 % d’entre eux lui octroient moins de 15 000 euros. Grâce à ces informations, il sera incité à accepter une proposition à l’amiable inférieure à 15 000 euros, ce qui évitera une procédure judiciaire longue, coûteuse et incertaine.
Jacques Lévy Véhel insiste sur le fait que ses « juges virtuels »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’homme sortait d’un bar du 15e arrondissement pour rejoindre son véhicule lorsque plusieurs personnes lui ont tiré dessus.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Marseille : un homme tué à la kalachnikov la nuit de la Saint-Sylvestre

L’homme sortait d’un bar du 15e arrondissement pour rejoindre son véhicule lorsque plusieurs personnes lui ont tiré dessus.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 07h48
   





                        


Un homme de 29 ans, connu des services de police, a été tué à la kalachnikov, dix minutes avant le Nouvel An, dans la nuit de dimanche 31 décembre à lundi 1er janvier, à Marseille. Le procureur de la République a confirmé cette information publiée par le quotidien La Provence.
L’homme sortait d’un bar du 15e arrondissement pour rejoindre son véhicule lorsque plusieurs personnes lui ont tiré dessus. Vingt-neuf douilles ont été retrouvées sur place. La victime avait des antécédents judiciaires mais pas liés au trafic de stupéfiants, a précisé le procureur, Xavier Tarabeux.

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                A Marseille, l’appareil judiciaire débordé par les affaires de narcotrafic et de grande criminalité



Selon La Provence, s’il était confirmé qu’il s’agissait d’un règlement de comptes – la piste n’est pas forcément privilégiée par les enquêteurs – il s’agirait du treizième de l’année dans les Bouches-du-Rhône, et du neuvième à Marseille.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Outre les traditionnelles augmentations, l’année qui débute est marquée par des relèvements dus à l’entrée en vigueur de réformes votées en  2017.
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Transports, assurances, timbres… les hausses du 1er  janvier  2018

Outre les traditionnelles augmentations, l’année qui débute est marquée par des relèvements dus à l’entrée en vigueur de réformes votées en  2017.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 20h00
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 10h56
    |

                            Service économie








                        



   


Le 1er janvier 2018 sera marqué par des hausses de tarifs ou de cotisations et l’entrée en vigueur de réformes décidées au cours de 2017.

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                Economie française : les (prudentes) raisons d’espérer en 2018



Transports Les amendes (17 euros dans toute la France) pour défaut de stationnement sont remplacées par un « forfait de post-stationnement ». Son montant variera d’une commune à l’autre. A Paris, par exemple, il est fixé à 50 euros dans les arrondissements de 1 à 11 et à 35 euros dans les arrondissements de 12 à 20.En Ile-de-France, le passe Navigo n’augmente pas. Un « Navigo Jour » est créé pour se déplacer de façon illimitée sur une journée et sur de courts trajets. Son prix sera par exemple de 7,50 euros pour deux zones et de 10 euros pour trois zones.  Energie Les tarifs réglementés du gaz augmenteront de 6,9 %. Les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz sont remplacés par un chèque énergie de 150 euros en moyenne, versé au printemps.Les prix des carburants à la pompe augmentent de 7,6 centimes par litre pour le gazole et 3,84 centimes pour l’essence, dans le cadre de l’alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence d’ici à 2021.   Automobile Le gouvernement offre une « prime à la conversion » de 1 000 euros à 2 000 euros à ceux qui vendent leur voiture (d’avant 1997 pour les modèles essence, 2001 pour les diesel ou 2006 pour les ménages non imposables) pour en acheter une récente. Elle atteindra 2 500 euros pour l’achat d’un véhicule électrique.  Tarifs postaux Les prix vont grimper de 4,7 % en moyenne. Le timbre rouge passe de 0,85 à 0,95 euro, le vert de 0,73 à 0,80 euro. Les tarifs des colis augmentent en moyenne de 1,5 % pour les envois des particuliers.  Assurances Le cabinet de conseil Fact & Figures estime que la hausse moyenne sera comprise entre 2 % et 3 % pour l’automobile et entre 1 % et 2 % pour l’habitation. Les complémentaires santé devraient aussi relever leurs tarifs.  Frais bancaires Selon le comparateur Panorabanques, la dépense moyenne des Français sera de 194,30 euros par an, soit 0,25 % de plus qu’en 2017. Si les frais les plus courants (tenue de compte, cartes bancaires, packages) progressent peu, les frais de transfert vers un établissement concurrent des plans épargne logement (PEL) et des plans d’épargne en actions (PEA) augmenteront respectivement de 9 % et 10 %.  Smic, santé, social Un salarié au smic touchera 20 euros de plus en janvier, puis 15 euros supplémentaires en octobre grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum et à l’exonération des cotisations chômage et maladie.Les salariés profiteront de la suppression de cotisations chômage et maladie (– 3,15 %). Une compensation est prévue pour les 5 millions de fonctionnaires. Mais la CSG augmentera de 1,7 point pour l’ensemble des Français.Onze vaccins (trois actuellement) sont obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier. S’ajoutent coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C. Les enfants devront être à jour pour être admis en crèche ou à l’école.Le forfait hospitalier augmente de 2 euros pour passer à 20 euros par jour.Le jour de carence en cas d’arrêt maladie est rétabli pour les fonctionnaires.  Fiscalité du patrimoine Un prélèvement forfaitaire unique de 30 % est créé sur les revenus mobiliers, à l’exception du Livret A, du PEA, des contrats d’assurance-vie de moins de 150 000 euros et gardés plus de huit ans. Les PEL ouverts à partir de janvier y seront donc soumis.  Tabac Les prix de certains paquets de cigarettes, comme Camel et Winston, baisseront de 20 centimes le 2 janvier à la suite d’ajustements des fabricants, en attendant la hausse de 1,10 euro prévue en mars.  Journaux Plusieurs titres augmentent leur prix de 10 centimes : Le Monde, Le Figaro, Les Echos (20 centimes le week-end). En semaine, Le Parisien passe à 1,50 euro (+ 20 centimes) et Le Parisien/Aujourd’hui en France à 1,20 euro (+ 10 centimes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le grand rassemblement annuel, le Chaos Communication Congress, a été émaillé d’accusations de violence et de harcèlement.
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Les hackeurs rattrapés par la question des violences sexuelles

Le grand rassemblement annuel, le Chaos Communication Congress, a été émaillé d’accusations de violence et de harcèlement.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 14h43
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 15h34
    |

            Martin Untersinger (Leipzig (Allemagne), envoyé spécial)








                        



   


« J’ai lu des choses qui m’ont perturbée et déçue. » Après une heure d’un érudit exposé de la censure et de la surveillance à l’œuvre sur l’Internet iranien, la chercheuse Mahsa Alimardani change abruptement de sujet. Sur l’écran d’une salle du 34e Chaos Communication Congress (34C3) vient d’apparaître l’héroïne du film iranien A Girl Walks Home Alone At Night, une femme vampire s’attaquant aux hommes dangereux. Tout sauf un hasard : Mme Alimardani s’apprête à évoquer publiquement ce qui agite les coulisses du 34C3 depuis plusieurs jours.
Des participants à cette grand-messe de la contre-culture numérique qui s’est déroulée sur quatre jours à Leipzig fin décembre ont en effet accusé sur les réseaux sociaux ses organisateurs d’avoir autorisé la participation d’individus accusés d’agressions, dans certains cas sexuelles ; et plus généralement de ne pas avoir suffisamment fait pour lutter contre ce type de comportement. Comme tant d’autres pans de la société dans le monde entier, le milieu hackeur est confronté à la vague de dénonciation et de prise de conscience des problématiques de violences à l’encontre des femmes. Et son principal rassemblement, le Chaos Communication Congress, n’a pas fait pas exception.
De nombreux témoignages
Dans une série de messages postés sur Twitter, et abondamment relayés par de nombreux membres de la communauté hackeur, un participant au congrès, Thomas Covenant, est le premier, à la veille du début du 34C3, à en accuser les organisateurs.
« Le type qui m’a violemment agressé l’année dernière a été autorisé à venir cette année. (…) J’ai appelé la police, je suis allé aux urgences (…), j’ai porté plainte. Le CCC l’a quand même admis parce qu’“on ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé”, même après que je leur ai fourni des documents officiels. »

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          A Leipzig, une « utopie » technologique rattrapée par la réalité



Dans un long billet de blog, la développeuse de Tor Isis Lovecruft lui emboîte le pas et détaille ses accusations, visant notamment un participant accusé de viol qui doit donner deux conférences dans le cadre du congrès. Sur Twitter, elle affirme que ces organisateurs ont « protégé des violeurs et des harceleurs, facilité leurs actes [et] fait taire les discussions visant au progrès, à la sécurité et à l’inclusivité. Les violeurs sont présents et bienvenus au 34C3 ».
En plein congrès, une des personnes ayant accusé de viol, en 2016, l’activiste Jacob Appelbaum, une des figures du milieu hackeur, poste à son tour un billet de blog, cette fois sous sa véritable identité. Chelsea Komlo écrit :
« Aujourd’hui, l’environnement qui a rendu mon viol possible il y a deux ans n’a pas changé et prospère. Jusqu’ici, le CCC et d’autres organisations ont abrité délibérément des agresseurs. (…) Dans le passé, le CCC a refusé de voir les abus et a même mis sur la touche ceux qui ont dénoncé la situation. En procédant de la sorte, le CCC refuse activement de protéger sa communauté. »
Mise en cause des organisateurs du CCC
Publiquement – sur les réseaux sociaux – et en privé – dans les travées du congrès –, de nombreux participants ou membres proches de cette communauté ont dénoncé ce qu’ils perçoivent comme un attentisme intolérable des organisateurs vis-à-vis des comportements problématiques. Des bénévoles ont même cessé leur contribution à la suite des accusations formulées sur les réseaux sociaux. C’est le cas de l’équipe chargée de la cartographie du congrès. « Au vu des nouvelles récentes concernant la manière dont le 34C3 a traité des victimes d’abus et accueilli le responsable, ainsi que le fait que certains agresseurs aient le droit à la scène, nous ne pouvons pas continuer notre travail », a écrit sur Twitter la petite équipe.
« Ce n’est pas correct que certains ne se sentent pas en sécurité. J’en ai personnellement fait l’expérience. J’espère que, dans le futur, nous ferons mieux », a lancé Mme Alimardani sous les applaudissements et les vivats de la salle. « C’est assez. (…) Il est temps qu’une nouvelle génération prenne les choses en main », a par exemple jugé Jilian C. York, une des cadres de l’ONG américaine Electronic Frontier Foundation, une organisation incontournable de ce milieu.
Même si une discussion informelle a fait son apparition, tardivement, au programme du congrès, beaucoup ont remarqué l’absence de rendez-vous consacré aux questions de harcèlement, alors que le monde entier est agité par les remous de #Metoo et que ces derniers mois le milieu hackeur a été confronté à des cas de harcèlement, voire de viol. L’année dernière, Jacob Applebaum, figure du milieu, a été accusé par plusieurs personnes de viol et d’agression sexuelle. Il avait été forcé à la démission du projet Tor – l’équipe qui développe le logiciel d’anonymat anticensure, une référence du secteur –, dont il était un contributeur majeur. Plus récemment, Morgan Marquis-Boire, autre personnalité très en vue, avait fait l’objet d’accusations graves, lesquelles avaient entraîné son départ de plusieurs projets et organisations dans lesquelles il était impliqué. Ce n’est pas non plus la première fois que le congrès lui-même est confronté à ces problèmes : en 2012, il a été le théâtre de plusieurs incidents sexistes documentés.
Sollicité par Le Monde, un porte-parole du Chaos Computer Club ne souhaite pas évoquer les détails des accusations, par respect pour la vie privée des victimes comme des accusés. Il préfère pointer vers les nombreux mécanismes mis en place au sein du congrès pour parer à toute forme de violence, notamment l’Awareness Team chargée de régler tout problème entre participants, y compris « en cas d’intimidation, de harcèlement sexuel ou de toute forme de discrimination ».
Evolution du milieu hackeur sur la question du sexisme
Sous bien des aspects et depuis des années, le congrès et, plus largement, la communauté des hackeurs tentent de prendre en compte les problématiques de sexisme et de discrimination. Plusieurs participants – en privé et plus rarement en public – ont ainsi tenu à rappeler que ces deux cercles étaient plus bienveillants à leur endroit que le reste de la société, sans compter que le congrès, une occasion quasi unique pour ces activistes éparpillés dans le monde entier de se réunir, leur était très précieux. Les reproches visaient ainsi moins la communauté dans son ensemble que les organisateurs de la conférence, jugés incapables d’en écarter les membres dangereux. Ainsi Thomas Covenant de saluer « les nombreux groupes qui m’ont été ouverts, des compagnons geeks vérifiant si j’allais bien, plusieurs groupes Signal [une application de discussion sécurisée] qui se sont mis en place si j’avais besoin d’aide » ou encore « les gens que je connaissais m’ont promis de m’avertir si le type qui m’a attaqué était vu à proximité ».
Par ailleurs, les hackeurs, particulièrement ceux qui se rendent au congrès, se sont toujours perçus comme une avant-garde éclairée, d’un point de vue technologique aussi bien que social. Cet idéal, la prise de conscience mondiale au sujet du harcèlement mais aussi la féminisation récente de cette communauté, rend la violence sexuelle dans ce milieu encore plus intolérable pour un nombre croissant de ses membres. D’autres, de plus en plus minoritaires, ont peut-être du mal à concevoir que leur groupe, qu’ils perçoivent en lutte contre les structures de pouvoir traditionnelles, puisse souffrir des mêmes travers sexistes que le reste de la société.
Au-delà du cas du 34C3, certains observateurs voient le milieu hackeur évoluer dans le bon sens. Ainsi la journaliste américaine Sarah Jeong, qui a longuement enquêté sur ces questions, voyait dans la rapidité avec laquelle Morgan Marquis-Boire avait été écarté de cette communauté à la suite des accusations le visant « le signe le plus prometteur que le moment post-Weinstein n’est pas juste un moment ». Autrement dit, si les hackeurs, dont la culture « valorise l’outrepassement non consenti des limites », ont réussi à identifier et écarter de leurs rangs une personnalité toxique, tous les pans de la société seront, à terme, capables de le faire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».
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Eva Joly : « La colère me donne de l’énergie »

Députée européenne, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, Eva Joly, ancienne juge d’instruction, se confie sur son parcours pour La Matinale du « Monde ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 11h18
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Je ne serais pas arrivée là si…
… si je n’avais pas vu dans le métro, en 1980, une affiche qui disait : « Devenez magistrat, un métier dynamique ». C’était une publicité pour un concours exceptionnel, destiné aux plus de 35 ans. J’en avais 37, une fille âgée de 10 ans, un fils de 5 ans, j’étais juriste à l’hôpital psychiatrique d’Etampes, où je faisais des journées harassantes, mon mari, médecin généraliste, travaillait lui aussi beaucoup, nous étions en train de refaire notre maison, je n’avais jamais une minute pour moi… Je me suis dit : « Je n’ai rien à perdre. Je vais prendre quelques jours pour préparer ce concours, et après les épreuves, j’aurai le reste de la journée pour faire du shopping ! » 
Et vous avez réussi le concours…
Je n’aurais eu aucune chance s’il y avait eu une épreuve de culture générale, terriblement difficile lorsque vous êtes étrangère. J’ai grandi en Norvège, je suis venue en France à 20 ans, je n’avais pas le formatage des bêtes à concours françaises, qui sont éduquées pour cela depuis la maternelle. Or, ce concours extérieur ne comportait que des épreuves techniques. Le jour du résultat des épreuves écrites, j’étais à la Foire de Paris avec mon mari – nous étions mordus de camping-cars, nous allions les voir chaque année.
Je téléphone, j’apprends que j’ai réussi l’écrit – ce qui était pour moi le plus dur –, et je dis à Pascal : « Ma vie va changer. » Je ne savais pas à quel point ce serait vrai ! Je suis arrivée en 1981 au tribunal de grande instance d’Orléans, à 90 km de mon domicile. Entre notre maison dans l’Essonne et mon lieu de travail, j’ai dû faire environ 150 000 km en deux ou trois ans.
Comment vivez-vous ces premières années au cœur de la magistrature ?
D’abord, c’est un choc. A l’hôpital où j’avais travaillé pendant les années 1970, tout le monde était très progressiste....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Vaccins obligatoires, hausses des prix des carburants, du gaz et du tabac, revalorisation du smic… Découvrez les nombreux changements du quotidien à partir de janvier.
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2018 : ce qui va changer pour les Français à partir du 1er janvier

Vaccins obligatoires, hausses des prix des carburants, du gaz et du tabac, revalorisation du smic… Découvrez les nombreux changements du quotidien à partir de janvier.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
   





                        


Le début d’année signe l’entrée en vigueur de nombre de mesures votées ou décidées dans les derniers mois de l’année 2017, dont certaines auront un impact immédiat sur la vie quotidienne. Retrouvez ci-dessous la liste de tout ce qui changera, souvent dès le 1er janvier 2018 :
Onze vaccins obligatoires Un paquet de cigarette plus cher Hausse de 2 euros de la participation du patient pour un séjour à l’hôpital Droits aux soins funéraires pour les malades du VIHLe tarif du stationnement en ville aux mains des mairiesHausse des prix de l’essence et du dieselPrime à la conversion automobileNouveaux Vélib’dans les rues de ParisHausse des prix des timbresRevalorisation du smic Hausse de la CSG, baisse des cotisations salarialesRestauration du jour de carence dans la fonction publiqueGénéralisation du bulletin de paie simplifiéL’ISF devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)Un prélèvement de 30 % sur l’épargneDébut de l’exonération de la taxe d’habitationFin progressive du RSI pour les indépendantsHausse du prix du gazEntrée en vigueur du chèque énergie
Santé et sécurité sociale
Onze vaccins obligatoires pour les nouveau-nés 
Onze vaccins, contre trois, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, s’ajoutent désormais ceux contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons et la rubéole (le ROR), l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, contre le pneumocoque et le méningocoque C.
Ces vaccins seront indispensables pour l’accès en collectivité (crèche, école…). Les antivaccins, eux, dénoncent la mesure prise par le gouvernement. Dans les faits, 70 % des enfants reçoivent déjà ces vaccins.

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                L’Assemblée nationale vote le passage de trois à onze vaccins obligatoires



Hausse du prix du tabac
Pour réduire la consommation de tabac, le gouvernement a prévu des augmentations successives pour atteindre, d’ici à novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de vingt cigarettes. La prochaine hausse, de 1,10 euro par paquet, est prévue pour mars 2018.
En attendant, le prix de certains paquets de cigarettes baissera de 20 centimes le 2 janvier, à la suite d’ajustements des prix de la part des fabricants.

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                L’effet pervers du paquet de tabac à 10 euros



Hausse du forfait hospitalier
Le gouvernement a choisi d’inscrire dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale l’augmentation de deux euros du montant du forfait hospitalier, inchangé depuis 2010, une hausse qui présente l’avantage d’être – en apparence – indolore pour la plupart des Français, car pris en charge par leur complémentaire santé.
A partir du 1er janvier, la participation du patient à son séjour à l’hôpital passera donc de 18 euros à 20 euros par jour en hôpital ou en clinique et de 13,50 euros à 15 euros par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé. Soit près de 200 millions d’euros supplémentaires qui iront directement dans les caisses des hôpitaux.

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          L’augmentation du forfait hospitalier de 2 euros en 2018 est déjà contestée



Droit aux soins funéraires pour les malades du VIH
Alors qu’ils en sont exclus depuis trente-deux ans, les malades atteints par le VIH – et par les virus des hépatites – pourront bénéficier de soins funéraires, ces maladies ayant été retirées, en juillet 2017, de la liste des « maladies transmissibles pour lesquelles les soins funéraires sont interdits ». Le refus de pratiquer les mesures de thanatopraxie assurant la conservation du corps par des injections de produits aboutissait à des situations telles que l’impossibilité pour les proches de voir le défunt dans de bonnes conditions.

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                Levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives



Transports, énergie et communication
Réforme du stationnement en ville
Les villes vont pouvoir fixer le tarif du stationnement des automobiles ainsi que le montant du forfait remplaçant l’amende, les infractions étant désormais dépénalisées. A Paris, par exemple, seul un automobiliste sur dix s’en acquitte, représentant un manque à gagner de plus de 200 millions d’euros pour la municipalité.

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          Stationnement : la fin des amendes amères



Augmentation des prix à la pompe
Les prix des carburants vont augmenter de 7,6 centimes par litre pour le gazole et 3,84 centimes pour l’essence. Le gouvernement entend aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence d’ici 2021. Aujourd’hui, les taxes sur le carburant représentent plus de 60 % du prix du diesel. Avec une hausse de 10 %, la baisse du prix du pétrole en 2017 devrait être complètement annihilée.

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                Le gouvernement confirme une hausse du prix des carburants en 2018



Prime à la conversion automobile
Le gouvernement offre 1 000 euros aux automobilistes (2 000 euros pour ceux non imposables) vendant leur vieille voiture (avant 1997 pour les modèles essence, 2001 ou 2006 pour les diesel) pour en acheter un véhicule neuf ou une occasion récente, et jusqu’à 2 500 euros pour l’achat d’un modèle électrique, soit une baisse par rapport à la prime actuelle de 4 000 euros. Une prime à laquelle s’ajoute l’aide de 6 000 euros octroyée pour l’achat d’un véhicule électrique qui est, elle, reconduite. Objectif de cette « prime à la conversion » : sortir 100 000 véhicules polluants du parc automobile en 2018.

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          La nouvelle prime à la casse satisfait le secteur automobile



De nouveaux Vélib’dans les rues de Paris, mais avec un peu de retard
Lancé en 2007, le système de vélos en libre-service de Paris sera géré, à partir de janvier, par Smovengo et non plus JC Decaux. L’offre sera élargie à soixante communes de la région en 2018. Mais cette nouvelle mouture du Vélib’ne sera pas pleinement opérationnelle à la fin mars, du fait d’un retard pris dans le déploiement du dispositif : seule « une centaine de stations [seront] opérationnelles début 2018 », contre 300 prévues initialement. Plus légers, plus solides, connectés, ces nouveaux Vélib’, dont 30 % seront dotés d’une assistance électrique, pourront être garés dans une station même lorsque celle-ci est déjà pleine.
Autre nouveauté au 1er janvier, la hausse du prix des abonnements : l’abonnement classique passera de 29 euros à 37,20 euros par an. Il en coûtera 99,60 euros par an pour un vélo électrique. Toutefois, compte tenu des retards dans le déploiement, les abonnés actuels « bénéficieront d’un crédit de trois heures offertes, pour tester sans surcoût les nouveaux Vélib’électriques ou prolonger leur usage des vélos mécaniques » et les nouveaux souscripteurs bénéficieront de 50 % de réduction sur leur abonnement mensuel en janvier, février et mars.

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                Vélib’: les tarifs augmentent à partir du 1er janvier 2018



Hausse des prix des timbres
Les prix des services postaux vont augmenter de 4,7 % en moyenne en 2018. La lettre prioritaire à timbre rouge passera au 1er janvier de 0,85 à 0,95 euro (+ 11,7 %), approchant le seuil symbolique de 1 euro. A la fin de 2014, le timbre rouge valait encore 0,66 euro.
La hausse du timbre vert, qui correspond à une expédition en 48 heures et représente 60 % des envois ordinaires, est à peine moins forte : son prix qui passera de 0,73 à 0,80 euro (+ 9,5 %). Pour les envois de colis pour les particuliers, les tarifs progresseront de 1,5 %. Soit 4,95 euros pour un Colissimo France de moins de 250 g. Le coût d’une lettre recommandée augmentera de 2 %.

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          L’Etat invite La Poste à faire mieux avec moins



Salaires, épargne et impôts
Revalorisation du smic 
Un salarié payé au smic touchera 20 euros de plus en janvier, puis 15 euros supplémentaires à partir d’octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum et à l’exonération des cotisations chômage et maladie. Le smic passera de 9,76 euros à 9,88 euros brut de l’heure (7,83 euros net), soit 1 498,47 euros brut par mois (1 188 euros net). Le gouvernement s’est contenté d’appliquer la formule de revalorisation automatique du smic, sans appliquer de « coup de pouce », alors que des économistes lui recommandaient d’abandonner le système d’indexation du salaire minimum.

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                Augmentation du smic de 1,24 % le 1er janvier



Hausse de la CSG, baisse des cotisations salariales
La contribution sociale généralisée (CSG) augmentera de 1,7 point. Cette hausse concerne tous les salaires, mais aussi les revenus du patrimoine ou encore les produits de placements. Les allocations-chômage, les indemnités journalières de la Sécurité sociale ou encore les retraites bénéficiant d’un taux réduit de CSG sont en revanche épargnées.
En parallèle, les cotisations salariales maladie et chômage prélevées sur les salaires sont supprimées. La cotisation maladie (0,75 %) est supprimée dès janvier, alors que la cotisation chômage sera abaissée en deux temps (1,45 point en janvier, 0,95 point en octobre). Les salariés, à l’exception des fonctionnaires, devraient ainsi gagner en pouvoir d’achat dès le mois de janvier.
Restauration du jour de carence pour les fonctionnaires 
A partir du 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires ne sera rémunéré qu’à partir du deuxième jour. Cette disposition, mise en place par Nicolas Sarkozy en 2012, avait été supprimée en 2014 par François Hollande. L’objectif du gouvernement est de « lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an ». En comparaison, trois jours de carence sont imposés dans le privé, mais l’employeur compense souvent la perte de rémunération.

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Généralisation du bulletin de paie simplifié
Testé en 2016 dans une dizaine d’« entreprises-pilotes », appliqué ensuite aux sociétés d’au moins 300 personnes, depuis janvier 2017, le toilettage du bulletin de salaire se généralise à tous les employeurs au début de 2018. L’objectif de cette réforme était double : rendre plus compréhensible la fiche de paie, qui « bat des records de complexité » par rapport à d’autres pays européens, et en faire un « instrument de pédagogie » sur le système de protection sociale.

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          Le bulletin de paie simplifié: mode d’emploi



L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)
L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est supprimé et transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Avec ce nouvel impôt, les valeurs mobilières, comme les actions, ne sont plus assujetties à l’impôt sur la fortune. Le gouvernement espère ainsi développer l’investissement dans l’activité économique. Cette mesure phare du programme de campagne du candidat Macron lui vaut l’étiquette de « président des riches ». Pour tenter de calmer les esprits sur ce sujet hautement inflammable, le gouvernement a accepté des amendements de la majorité pour taxer les signes extérieurs de richesse (bateaux de plaisance, voitures de sport, métaux précieux).

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                Quinze tribunes pour ou contre la réforme de l’ISF



Une « flat tax » de 30 % sur l’épargne
Mesure parmi les plus controversées du budget 2018, l’introduction d’une « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital a été adoptée par les députés le 11 octobre, au terme de vifs débats entre la majorité et la gauche ainsi qu’une partie de la droite.
Un prélèvement forfaitaire unique de 30 % est donc mis en place sur l’ensemble des revenus mobiliers, à l’exception du Livret A, du plan épargne en actions (PEA) et des contrats d’assurance-vie de moins de 150 000 euros et gardés plus de huit ans. Les plans épargne logement (PEL) ouverts à partir de janvier y seront donc soumis.

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                Ce que la « flat tax » va changer pour vos placements



Début de la suppression de la taxe d’habitation
Le changement ne sera réellement palpable qu’à la fin de l’année 2018, au moment de payer la taxe d’habitation, mais environ 85 % des ménages (les 15 % restants ne payant déjà pas de taxe d’habitation) verront cet impôt diminuer d’un tiers en 2018. Il sera encore réduit en 2019. Emmanuel Macron a confirmé, samedi 30 décembre, lors de la signature des trois dernières lois votées au Parlement, dont celle du budget 2018, vouloir supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des ménages en 2020.
Pour bénéficier de cette baisse, un célibataire ne doit pas dépasser le plafond de 27 000 euros de revenu fiscal de référence ; 43 000 euros pour un couple sans enfant ; 54 000 euros pour un couple avec enfants.

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                Calculette : serez-vous exonéré de la taxe d’habitation en 2020 ?



Fin progressive du RSI pour les indépendants
Les indépendants verront leur régime social progressivement intégré au régime général et bénéficieront de deux baisses de cotisations (– 2,15 points sur les cotisations famille, et exonération accrue des cotisations d’assurance maladie et maternité). Pour les 6,5 millions d’assurés (commerçants, artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs, actifs comme retraités, et leurs familles) rien ne change ou presque le 1er janvier. Les règles de calcul des cotisations et prestations sont maintenues. Une « période transitoire » de deux ans est prévue pour intégrer les indépendants au régime général.
La réforme vise à améliorer le service rendu aux indépendants qui ont « perdu confiance » dans le RSI, handicapé par de nombreux dysfonctionnements depuis une réforme datant de 2008.

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                L’Assemblée vote la suppression progressive du régime social des indépendants



Logement
Hausse du prix du gaz
Les tarifs réglementés du gaz naturel, appliqués par Engie augmenteront en moyenne de 6,9 % au 1er janvier, du fait notamment de la hausse d’une taxe, selon une délibération de la Commission de régulation de l’énergie. Hors taxes, les tarifs augmenteront en moyenne de 2,3 % au 1er janvier, reflétant la hausse des prix du gaz sur les marchés de gros.
Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, les 10,6 millions de consommateurs français abonnés au gaz ont le choix entre les tarifs réglementés de l’ancien monopole et les prix de marché, proposés tant par Engie que par ses concurrents (EDF, Direct Energie, Eni, Lampiris, etc.).
Chèque énergie pour les plus démunis
Les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz sont remplacés par le « chèque énergie ». Il devrait aider 4 millions de ménages en situation de précarité à payer leurs factures. D’un montant de 150 euros en moyenne en 2018, il sera versé au printemps.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Gare à la malinformation à propos du chèque énergie ! »



En septembre, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, avait précisé que ce chèque concernait les ménages avec des revenus annuels de moins de 7 500 euros pour une personne seule et de 16 100 euros pour un couple avec deux enfants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La promotion du 1er janvier 2018 compte 336 personnes, à « parité exacte hommes-femmes », critère imposé déjà depuis plusieurs années.
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Légion d’honneur : Véronique Colucci et Tomi Ungerer distingués

La promotion du 1er janvier 2018 compte 336 personnes, à « parité exacte hommes-femmes », critère imposé déjà depuis plusieurs années.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h14
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 11h57
   





                        



   


Véronique Colucci, des Restos du cœur, le dessinateur et auteur Tomi Ungerer ou Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, font partie de la promotion du 1er janvier de la Légion d’honneur, qui compte assez peu de noms célèbres.
Cette promotion « illustre la volonté d’un respect plus strict des critères d’attribution et des valeurs fondamentales du premier ordre honorifique : universalité, mérite, contribution au bien commun », a indiqué la grande chancellerie de la Légion d’honneur dans un communiqué.
Le président de la République Emmanuel Macron avait décidé en novembre une révision des critères d’attribution de cette récompense, annonçant une réduction du nombre de bénéficiaires pour « retrouver l’esprit » de la plus haute distinction française, créée en 1802 par Napoléon Bonaparte.

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                Macron veut sensiblement réduire le nombre d’attributions de la Légion d’honneur



« Parité exacte »
A « parité exacte hommes-femmes », critère imposé déjà depuis plusieurs années, cette nouvelle promotion compte 336 personnes. C’est plus que la première sélection d’Emmanuel Macron, « exceptionnellement resserrée » le 14 juillet dernier, avec 101 décorés. Mais moins que les dernières de François Hollande, avec 562 noms en avril et 731 le 1er janvier 2017.
Plusieurs personnalités sont honorées dans cette promotion pour leur « engagement au bénéfice de l’intérêt général » : outre Véronique Colucci, administratrice des Restos du cœur créés par son ex-mari Coluche, qui est promue officière, Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’ATD Quart monde, devient chevalière.

   


Deux des derniers compagnons de la Libération encore vivants sont élevés à la dignité de grand-croix : Daniel Cordier, 97 ans, secrétaire de Jean Moulin pendant l’Occupation et également connu pour son autobiographie Alias Caracalla, ainsi qu’Hubert Germain, qui avait rejoint le général de Gaulle en Angleterre à l’été 1940.
Pour leur contribution au « rayonnement de la France à travers la culture », le dessinateur et auteur Tomi Ungerer, la philosophe et romancière Catherine Clément, le décorateur Jacques Garcia sont promus commandeurs. Le directeur général de la Philharmonie de Paris, Laurent Bayle, la productrice de cinéma Sylvie Pialat et l’écrivaine, membre de l’Académie française, Dominique Bona, sont promus officiers. Jean-Luc Martin, président du festival des Vieilles Charrues, est fait chevalier.

   


Baisse du nombre de décorés civils et militaires
Pour « service de l’Etat », les anciens ministres Dominique Bussereau, aujourd’hui président de l’Assemblée des départements de France, et Valérie Fourneyron, à la tête de l’autorité de contrôle indépendante mise en place par l’Agence mondiale antidopage, sont faits chevaliers. Laurence Le Vert, ancienne juge d’instruction antiterroriste, est promue officier.
Le pédiatre Alain Fischer, connu pour ses travaux sur les bébés-bulles et pour avoir présidé un comité ayant recommandé en 2016 de rendre obligatoires plusieurs vaccins, est de son côté promu commandeur. La pâtissière Christine Ferber, célèbre pour ses confitures, est nommée chevalière.

   


Au total, cette promotion compte 282 chevaliers, 43 officiers, 7 commandeurs, 2 grands officiers et 2 grands-croix.

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Hors promotion spéciale, la promotion du 1er janvier est l’une des trois promotions civiles annuelles de la Légion d’honneur, avec celles de Pâques et du 14 juillet. Jusqu’ici, environ 3 000 personnes étaient distinguées chaque année, deux tiers à titre civil et un tiers à titre militaire. Mais M. Macron a décidé de réduire de 50 % le nombre de décorés civils et de 10 % celui des décorés militaires, soit moins de 2 000 par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Répondant à la polémique autour du projet de loi en préparation sur le droit d’asile, le patron de LRM appelle à dresser « un constat lucide sur notre système d’intégration ».
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La France « peut relever le défi de l’intégration des réfugiés », assure Castaner

Répondant à la polémique autour du projet de loi en préparation sur le droit d’asile, le patron de LRM appelle à dresser « un constat lucide sur notre système d’intégration ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 03h05
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 06h49
   





                        



   


Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), affirme que la France « peut relever le défi de l’intégration des réfugiés », à condition de réformer son système d’accueil qui « ne peut plus continuer ainsi », dans une tribune au Journal du dimanche (JDD) du 31 décembre.
Face aux critiques suscitées par le projet de loi en préparation sur le droit d’asile, il invite à dresser « un constat lucide sur notre système d’accueil et d’intégration ».

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« Les demandes d’asile ont augmenté de 80 % depuis 2010 », souligne le responsable de LRM, pour qui les conditions dans lesquelles la France accueille les demandeurs d’asile et les réfugiés « ne sont pas dignes ». Nous changerons la réalité du droit d’asile « en ayant le courage de remettre à plat toute notre procédure d’asile pour en assurer vraiment l’efficacité », poursuit-il, en soulignant l’« approche pragmatique » du président Emmanuel Macron sur ce sujet.
« Trois conditions »
La France aura dans les prochains mois « un débat important sur le droit d’asile », qui « sera réussi à trois conditions », note-t-il.
« Il devra d’abord permettre de réformer en profondeur les procédures de demande d’asile. En confortant les moyens de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et en lui fixant pour objectif de traiter les dossiers en moins de deux mois », poursuit M. Castaner. L’Ofpra devra également organiser « des missions » dans les pays de transit « pour mieux maîtriser les flux ».
L’accueil de ceux « qui ont vocation à s’installer durablement dans le pays » suppose également d’« éloigner plus systématiquement ceux qui n’ont pas obtenu le droit d’asile », fait-il valoir, rappelant que « seuls 4 % des déboutés » font aujourd’hui l’objet d’une mesure d’éloignement.
« La France peut relever ce défi de l’intégration des réfugiés. C’est la conviction du gouvernement, qui s’est saisi avec courage et sans tabou de ce sujet sensible. Parce que notre système d’accueil ne peut plus continuer ainsi », conclut-il.
Dimanche dernier, l’ancien candidat du Parti socialiste à la présidentielle Benoît Hamon avait accusé le gouvernement de mettre en place « la politique migratoire la plus répressive que notre pays a connue depuis des décennies », également dans une tribune dans le JDD.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Sur la même période, 154 soldats sont morts sur des théâtres de combats extérieurs.
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Plus de 600 soldats français blessés en opérations extérieures de 2007 à 2016

Sur la même période, 154 soldats sont morts sur des théâtres de combats extérieurs.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 17h41
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 06h36
   





                        



   


Entre 2007 et 2016, 620 militaires français ont été blessés en opérations extérieures (OPEX), « par armes à feu ou engins explosifs », selon un rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire reçu samedi 30 décembre. Un nombre « élevé », souligne le rapport.
De manière générale, l’état-major des armées rechigne à publier ces chiffres, estimant que les blessés ne doivent pas devenir des « trophées pour l’ennemi ».
Sur la même période, 154 soldats sont morts sur des théâtres de combats extérieurs, dont 97 « par armes à feu ou engins explosifs », souligne aussi le rapport. L’année 2011 a été particulièrement sanglante, avec 28 morts et 168 blessés, juste avant le désengagement des troupes françaises déployées en Afghanistan.

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Plus de 2 200 victimes d’un stress post-traumatique
Par ailleurs, plus de 2 200 militaires ont été victimes d’un stress post-traumatique (SPT) entre 2009 et 2016, précise le rapport.
Plus de 8 000 soldats français sont actuellement mobilisés dans des opérations extérieures, dont 3 500 au Sahel et 1 500 contre l’organisation Etat islamique en Irak et Syrie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ La journaliste et réalisatrice Stefania Rousselle a passé l’été sur les routes de France pour entendre des histoires de cœur. En juillet, elle a rencontré Nora.
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L’été de l’amour : « La fusion, c’est la prison »


                      La journaliste et réalisatrice Stefania Rousselle a passé l’été sur les routes de France pour entendre des histoires de cœur. En juillet, elle a rencontré Nora.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 17h15
    |

                            Stefania Rousselle








                              

                        
Nora Nadour, 38 ans, responsable des ressources humaines, vit avec Olivier Nadour, 42 ans, chargé d’affaires.

« J’habitais Sevran. Il est venu s’installer dans ma rue. J’avais 8 ans. Il en avait 12. Je suis tout de suite tombée amoureuse de lui. Il était juste là, trois maisons à gauche de la mienne. J’étais la “petite”. J’avais un cœur d’artichaut à cet âge-là. A 14 ans, je me suis dit : “Quand même, j’aimerais bien l’embrasser !” Lui, les filles, il ne les calculait pas. C’était un bad boy, un sauvage qui se bastonnait, faisait des conneries, traînait avec des mecs pas trop fréquentables. Il avait aussi un côté protecteur et hyperdoux.
« Je dis “mon mec”, c’est plus charnel »
Olivier travaillait à l’atelier municipal et bossait beaucoup avec le bois. Je montais des vieux plans drague : j’allais le voir, je faisais semblant de m’intéresser à ce qu’il fabriquait. Et puis ça a marché ! On s’est embrassés. Le lendemain pourtant, il m’a dit que j’étais trop jeune. Jusqu’au jour où, à une fête, un de ses amis lui a soufflé qu’il me trouvait mignonne, et là, il a eu le déclic. J’avais 15 ans et lui 19. J’étais une gamine et, en même temps, j’avais l’impression d’être si grande. Un soir, il a oublié son pull bleu électrique à la maison. Je mettais mon visage dedans pour avoir son odeur. Il sentait tellement bon.
Ça fait vingt-trois ans que l’on est ensemble et on a deux filles. Je suis très fière de ma famille.
Je n’ai jamais été avec un autre homme. Il n’est pas mon meilleur ami. C’est mon homme. Je ne dis pas “mon mari”, je dis “mon mec”. Parce que c’est plus charnel et plus animal. Mes meilleurs amis m’accompagnent dans la vie, on partage des délires. A mon meilleur ami, je vais dire des choses que je ne vais pas raconter à mon mec. Olivier, c’est ma vie, on a des enfants, on a une vision commune. Nos parents ont divorcé, donc on sait que rien n’est jamais acquis. On se séduit. On s’envoie des messages...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Alors que la population française vieillit et que les pathologies liées à l’âge se développent, les services de gériatrie peinent à recruter des jeunes motivés.
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Alzheimer : apprendre à lutter contre l’oubli

Alors que la population française vieillit et que les pathologies liées à l’âge se développent, les services de gériatrie peinent à recruter des jeunes motivés.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 15h15
    |

                            Agathe Charnet








                        



                                


                            

« A quel pied avez-vous mal, le droit ou le gauche ? » « Celui-ci… Non… Attendez… Je ne sais plus… » Accroupie face à sa patiente octogénaire, l’air concentré, Zeynab Trikha est à l’affût du moindre mouvement. Au bout de quelques instants d’observation minutieuse, la jeune femme parvient à identifier le pied douloureux. « Ce qui est propre aux malades d’Alzheimer, c’est qu’il faut chercher les indices, explique-t-elle. Comme les patients ont du mal à exprimer leurs symptômes, il y a une vraie gymnastique à faire pour les soigner sans leur aide. »
Depuis trois semaines, Zeynab Trikha est intégrée à l’unité Soins de suite et réadaptation (SSR) Alzheimer de l’Hôpital Paul-Brousse, à Villejuif. Pour cette interne, qui se destine à la médecine générale, cette expérience sera précieuse lors de sa future pratique : « Je sais que je vais être confrontée à une patientèle âgée. C’est important d’apprendre à travailler avec des personnes atteintes de troubles cognitifs. »
« Un enjeu de santé publique majeur »
D’ici à 2020, un Français de plus de 65 ans sur quatre sera atteint d’Alzheimer ou de maladies apparentées, prédit l’association France Alzheimer. Depuis une dizaine d’années, des diplômes universitaires spécialisés ont été mis en place pour accompagner ce défi sociétal. Une formation d’assistant de soins en gérontologie a également été créée à l’intention des aides-soignants et des aides médico-psychologiques, lors du plan Alzheimer 2008-2012.

« Personne ne s’intéressait à la maladie d’Alzheimer au début des années 1990, rappelle le docteur Thibaud Lebouvier, coordinateur du diplôme interuniversitaire Diagnostic et Prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées (DIU MA2) de l’université de Lille. On a réalisé, somme toute, assez récemment que l’on pouvait vieillir sans démence. Aujourd’hui, Alzheimer et les maladies neurodégénératives sont un enjeu de santé public...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Cette année encore a été riche en actualité : l’élection présidentielle française, la reprise de Mossoul (Irak), les Catalans dans la rue…
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.
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Vaccins : une obligation sanitaire de bon sens

Editorial. L’extension de l’obligation vaccinale, qui entre en vigueur le 1er janvier, est parfaitement justifiée car elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h37
   





                        


Editorial du « Monde ». Affirmer que de grands laboratoires pharmaceutiques ne sont pas au-dessus de tout soupçon est un euphémisme. Des scandales comme celui du Mediator l’ont amplement démontré. Que, de leur côté, les autorités sanitaires se soient montrées pour le moins maladroites en différentes occasions, au point de nourrir des soupçons de conflits d’intérêts, n’est pas moins évident. La gestion des campagnes de vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990 ou contre la grippe A (H1N1) en 2009 suffit à le rappeler.
Ces constats justifient-ils de jeter le doute sur la nécessité de protéger la population, et en particulier les jeunes enfants, contre un certain nombre de maladies infectieuses ? Justifient-ils que des parents, égarés par des informations aussi alarmistes que douteuses, relayées notamment par les réseaux sociaux, récusent ces vaccinations au motif qu’elles seraient inutiles, voire dangereuses ? Evidemment non.
Le paradoxe veut que la France – patrie de Pasteur, où la première grande loi sur la vaccination obligatoire remonte à plus d’un siècle – soit le pays du monde où la défiance est désormais la plus forte à l’égard des vaccins. Selon une enquête internationale de 2016, 41 % de nos compatriotes ne sont pas convaincus qu’ils soient « sûrs ».
Onze vaccins
De fait, 30 % des enfants ne sont pas immunisés contre le méningocoque C et plus de 20 % contre la rougeole, la protection contre ces deux maladies n’étant pas obligatoires mais seulement recommandée. Or l’on estime que 90 % à 95 % des enfants doivent être vaccinés pour éviter la propagation des maladies les plus contagieuses.

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Pour rétablir la confiance et garantir une protection sanitaire aussi complète que possible des enfants et des adultes qui les entourent, le gouvernement a donc décidé d’intervenir vite et fort.
Annoncée par le premier ministre, Edouard Philippe, dans son discours de politique générale en juillet, la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2018 : aux trois vaccins déjà obligatoires pour les enfants de moins de 18 mois (diphtérie, tétanos et poliomyélite) s’ajoutent désormais huit autres (coqueluche, hépatite B, rougeole, rubéole, oreillons, pneumocoque, méningocoque C et Haemophilus influenzae B). Cette règle sera une condition d’admission dans les crèches, les garderies ou les écoles, ce qui devrait suffire à la faire respecter.

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Jugée, ici ou là, trop brutale, cette extension de l’obligation vaccinale est parfaitement justifiée. Elle doit permettre de combattre la réémergence, même marginale, de maladies infectieuses comme la rougeole. Elle améliorera également la couverture vaccinale – insuffisante – des méningites et des hépatites B.
Mais surtout, elle devrait rappeler à chacun que la vaccination de masse est une nécessité de santé publique qui ne saurait être laissée au choix des parents. Seule cette prévention généralisée a permis d’éradiquer, pour l’essentiel, ces maladies du passé. Cet évident bénéfice fait plus que compenser les effets secondaires, voire les risques minimes, provoqués par les vaccins.

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Il sera bien temps, dans quelques années, d’évaluer les effets de la nouvelle législation. Rien n’interdit d’imaginer, si elle a atteint son but, qu’elle soit alors assouplie. Dans l’immédiat, elle s’impose. Comme s’impose le travail d’information et de pédagogie que doivent mener les autorités sanitaires pour contrecarrer les thèses, fantaisistes quand elles ne sont pas complotistes, qui nourrissent la défiance vaccinale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.
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« Le risque est grand de voir la défiance s’accentuer vis-à-vis des vaccins »

Imposer l’obligation vaccinale, avant qu’une réelle évaluation des risques liés aux adjuvants soit menée, expose les autorités sanitaires à renforcer la méfiance envers ce type de traitement, relève Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 11h02
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 11h41
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. Dès le 1er janvier 2018, onze vaccins seront obligatoires en France. Jusqu’à présent, les jeunes enfants devaient être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ; ils devront désormais être aussi immunisés contre huit autres agents infectieux.
L’âpre débat qui s’est amplifié, ces derniers mois, autour de cette question ne change sans doute rien à l’affaire : si elle est rigoureusement appliquée, cette mesure se traduira certainement, sur le long terme, par un effet sanitaire positif pour la population française. Les bénéfices liés à la vaccination sont suffisamment documentés pour en avoir la conviction. Pourtant, il est à craindre que cette mesure ne renforce encore la grande défiance qui s’est installée en France vis-à-vis des vaccins.

Les bénéfices, d’abord : ceux-ci sont désormais devenus invisibles dans les pays du Nord, mais les programmes d’immunisation conduits avec succès, dans les pays en développement, permettent de les donner à voir. En octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçait par exemple que le nombre de morts de la rougeole avait atteint, en 2016, son plus bas niveau de l’histoire moderne. Au total, selon l’OMS, le seul vaccin contre la rougeole aura sauvé quelque 20 millions de vies depuis 2000.

En France, le débat s’est focalisé sur les risques. La question des adjuvants vaccinaux à base de sels d’aluminium – destinés à stimuler la réponse immunitaire – a été centrale et a conduit à une saisine du Conseil d’Etat, début décembre, par un collectif de quelques milliers de personnes réclamant leur retrait.
Risques faibles mais très médiatisés
Pourquoi une telle polarisation du débat français autour de ces adjuvants ? D’abord parce que c’est en France que les premiers travaux ont été conduits sur le sujet, par l’équipe du professeur Romain Gherardi de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne), dont les résultats,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les enfants nés à partir du 1er  janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses pour aller à la crèche ou à l’école.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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Comment la France est passée de trois à onze vaccins obligatoires

Les enfants nés à partir du 1er  janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses pour aller à la crèche ou à l’école.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 09h12
 • Mis à jour le
31.12.2017 à 06h51
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
La réforme a été menée au pas de charge. Moins de six mois après que le premier ministre Edouard Philippe en a fait l’annonce dans son discours de politique générale, le nombre de vaccins infantiles obligatoires va passer de trois à onze. Tous les enfants qui naîtront à partir du 1er janvier 2018 devront les avoir reçus pour être admis dans les lieux d’accueil collectifs (crèche, garderie, école…). A l’exception des contre-indications médicales, aucune exemption ne sera possible.
Après plusieurs années de débat et de réflexion, ce durcissement de la loi s’est imposé pour faire face à la résurgence de certaines maladies. Même si une majorité d’enfants reçoivent déjà ces onze vaccins, la nouvelle règle va permettre de vacciner les 30 % d’entre eux qui ne sont pas immunisés contre le méningocoque C (méningite) et les plus de 20 % qui ne reçoivent pas le rappel du ROR (rougeole-oreillons-rubéole), soit près de 80 000 enfants supplémentaires immunisés dès l’année prochaine pour le ROR.

Pour la ministre de la santé Agnès Buzyn, ardente défenseure de l’évolution de la loi, cette « contrainte vise à rendre la confiance ». Cela sera-t-il suffisant ? Une partie de la population a été échaudée par la gestion maladroite de la vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990, de la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009 et par plusieurs scandales sanitaires, comme celui du Mediator. Résultat : en 2016, près d’un quart (24,7 %) des Français se disaient « plutôt pas » ou « pas du tout » favorables à la vaccination ; ils n’étaient que 8,5 % en 2000, selon les chiffres de Santé publique France.


Pendant longtemps, les pouvoirs publics ont refusé de voir monter cette « hésitation vaccinale », désormais irriguée par Internet et les réseaux sociaux. La France serait aujourd’hui le pays où le doute sur la vaccination est le plus fort au monde, avec 41 % des Français qui estiment que les vaccins ne sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les enfants nés à partir  du 1er janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses  pour aller à la crèche ou à l’école.
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La couverture vaccinale augmente, mais elle reste insuffisante

Les enfants nés à partir  du 1er janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses  pour aller à la crèche ou à l’école.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 09h10
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 09h51
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

On a trop souvent tendance à l’oublier, mais la vaccination reste l’intervention publique la plus efficace contre les maladies infectieuses. Chaque année, elle permet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’éviter entre 2 et 3 millions de décès de jeunes enfants dans le monde. Le vendredi 22 décembre, un parterre de scientifiques est venu le rappeler lors d’une conférence de presse sur le sujet à l’université Paris-Descartes.
Concrètement, c’est grâce à l’effet individuel de la vaccination, et à l’immunité de groupe, que l’agent infectieux (virus ou bactérie) ne pourra plus circuler dans la population. Au moins 90 % des enfants doivent être vaccinés pour éviter la transmission des maladies, insiste l’OMS, voire 95 % pour les maladies les plus contagieuses comme la rougeole. Une personne malade à cause de ce virus peut contaminer de 15 à 20 personnes. L’immunité de groupe permet de protéger les bébés trop jeunes pour être vaccinés, les personnes qui présentent une contre-indication (ayant un trouble de l’immunité, qui ne peuvent être vaccinées) et constituent les populations risquant le plus d’être atteintes de formes graves de la maladie, ou bien celles qui n’ont pas été vaccinées.

Or la rougeole est devenue l’une des bêtes noires des autorités sanitaires françaises. Sa couverture vaccinale n’est pas suffisante pour protéger la population de façon satisfaisante, martèlent-elles depuis des semaines, afin de faire passer le message d’une vaccination obligatoire. De fait, le pourcentage de la population vaccinée contre la rougeole, à deux ans, reste inférieur à 80 % (78,8 % en 2015 contre 60,9 % en 2010).
« Déficit immunitaire »
Conséquence : ce seuil insuffisant a été à l’origine d’une épidémie entre 2008 et 2012 qui a causé près de 24 000 cas et 10 décès. « Des maladies que l’on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire, des enfants meurent...




                        

                        


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En Ardèche, voyage au pays de la défiance vaccinale

Les habitants du canton des Vans ne cachent pas leurs réticences face aux vaccins obligatoires.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 09h06
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 10h54
    |

            François Béguin (Les Vans (Ardèche), envoyé spécial)








                        



                                


                            
En ce début décembre 2017, une belle lumière d’hiver baigne les ruelles des Vans, une commune de 2 700 habitants des Cévennes ardéchoises. Boutiques et restaurants bio ou équitables vivotent en attendant la belle saison et le retour des touristes. A deux heures de route d’Avignon ou de Valence, tout n’est que calme et sérénité.
C’est sur ce territoire presque insulaire, peuplé de nombreux néoruraux en quête d’un mode de vie plus proche de la nature, que 84 cas de rougeole ont été signalés lors de la dernière grande épidémie, en 2011 (15 000 cas au niveau national), ce qui en a fait le canton le plus touché de la région Auvergne-Rhônes-Alpes. En Ardèche, selon Santé publique France, seuls 85,5 % des enfants de 24 mois ont reçu une dose de vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et 71,2 % ont reçu les deux doses en 2015, ce qui place le département parmi les dix plus bas taux du pays.

Cet été, aux Vans, beaucoup d’habitants ont accueilli avec une certaine méfiance le passage de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants qui naîtront à partir du 1er janvier 2018. « On trouve une réticence très forte à l’égard des vaccins. Ils incarnent pour une partie de la population ce que la société a de plus pervers : “Je fais des choses empoisonnées et je vous oblige à les consommer” », décrit Francis Pellet, l’un des six médecins généralistes de la commune. « Il y a ici une sorte de suspicion vis-à-vis de tout ce qui est chimique », confirme Philippe Rose, le co-titulaire de la pharmacie de la Clairette.
26 % de « résistants »
Il y a trois ans, dans le cadre de sa thèse, « Approche géopolitique de la résistance aux vaccinations en France », la géographe Lucie Guimier avait interrogé 150 parents dans la salle d’attente de la maison de santé et du centre de la Protection maternelle et infantile (PMI) de la commune. Résultat : 26 % d’entre eux se déclaraient résistants aux vaccins, 21 %...




                        

                        

