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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Pour la quatrième nuit d’affilée, les Iraniens sont de nouveau descendus dimanche soir dans la rue pour protester contre le pouvoir et les difficultés économiques.
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En Iran, au moins six morts dans les manifestations contre la vie chère

Pour la quatrième nuit d’affilée, les Iraniens sont de nouveau descendus dimanche soir dans la rue pour protester contre le pouvoir et les difficultés économiques.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 18h00
   





                        


La vague de manifestations qui agitent l’Iran connaît ses premières victimes. Au moins six personnes sont mortes pendant le week-end du 30 et 31 décembre, en marge des rassemblements antigouvernementaux qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays.
Dans le détail, on sait pour l’heure que deux manifestants ont été tués par balle à Izeh, ville du sud-ouest de l’Iran, selon le député local Hedayatollah Khademi, cité par l’agence Ilna (proche des réformateurs). Deux autres personnes ont péri dans la ville de Doroud (Ouest) dans un incident lié indirectement aux manifestations, a fait savoir le préfet de la ville à la télévision d’Etat. Samedi soir, deux personnes avaient également été tuées dans cette même ville, mais le vice-gouverneur de la province avait affirmé que les forces de l’ordre n’avaient pas tiré sur les manifestants.
La télévision iranienne a évoqué le chiffre de dix morts, uniquement dans la nuit de dimanche à lundi, sans donner plus de précisions sur ce bilan.
Jamais vu depuis 2009
Pour la quatrième nuit d’affilée, les Iraniens sont de nouveau descendus dimanche soir dans la rue pour protester contre le pouvoir et les difficultés économiques. Le mouvement, partie jeudi de Machhad, la deuxième ville du pays, s’est propagé à travers le territoire, gagnant même Téhéran. Des protestations contre la vie chère et le pouvoir corrompu qui sont sans pareil dans le pays depuis 2009.
Selon des vidéos mises en ligne par les médias iraniens et les réseaux sociaux, les manifestants ont attaqué et parfois incendié des bâtiments publics, des centres religieux et des banques ou des sièges du Bassidj (milice islamique du régime). Les manifestants ont aussi mis le feu à des voitures de police.
Pour tenter de limiter l’ampleur des manifestations, l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint par intermittence depuis ce week-end. Dimanche après-midi, l’accès à la messagerie cryptée Telegram, très utilisée en Iran, était limité.

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« Fauteurs de troubles et hors-la-loi »
Les violences de dimanche soir ont eu lieu malgré un appel du président Hassan Rohani au calme. Dans un discours diffusé à la télévision nationale dimanche soir, le chef de l’Etat a tenté à la fois de ménager les manifestants et ses propres adversaires conservateurs. Hassan Rohani a condamné « la violence et la destruction de biens publics », mais il a affirmé qu’il fallait créer « un espace pour que les partisans de la révolution et le peuple puissent exprimer leurs inquiétudes quotidiennes ».
Suite à cette nouvelle nuit de violences, le président Hassan Rohani a déclaré lundi que le peuple iranien répondrait aux « fauteurs de troubles et hors-la-loi ». Depuis le début des troubles, quelque 400 personnes ont été arrêtées, dont 200 à Téhéran, selon les médias. Une centaine ont ensuite été libérées.

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De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé que « le temps du changement » était venu en Iran. Revenant à la charge contre le régime iranien, ennemi juré des Etats-Unis, le président américain a dit que « les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Parti d’Hollywood, le projet disposera notamment de moyens pour financer un soutien légal pour les victimes de harcèlement sexuel au travail, partout aux Etats-Unis.
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« Time’s Up » à Hollywood, un fonds pour soutenir les victimes de harcèlement sexuel

Parti d’Hollywood, le projet disposera notamment de moyens pour financer un soutien légal pour les victimes de harcèlement sexuel au travail, partout aux Etats-Unis.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 17h16
   





                        



   


A Hollywood, le #metoo s’organise et se dote de moyens financiers. Plus de trois cents actrices, scénaristes, metteuses en scène et autres personnalités du cinéma ont lancé, lundi 1er janvier, un projet pour lutter concrètement contre le harcèlement sexuel, aussi bien dans l’industrie cinématographique que dans d’autres métiers partout aux Etats-Unis.
Le projet « Time’s Up » (« c’est fini ») sera notamment destiné aux personnes qui n’ont pas les moyens financiers de se défendre. « Souvent, le harcèlement persiste parce que les harceleurs ne payent jamais les conséquences de leurs actes », explique l’organisation dans sa « lettre de solidarité » sur son site :
« A toutes les femmes employées dans l’agriculture qui ont dû repousser des avances sexuelles non désirées de la part de leur employeur,
à toutes les femmes de ménage qui ont tenté d’échapper à un client agressif,
à toutes les concierges prises au piège la nuit dans un immeuble où sévit un responsable devenu prédateur,
à toutes les serveuses palpées par un client et à qui on demande de répondre par un sourire,
à toutes les travailleuses dans les usines à qui on échange des heures contre des actes sexuels,
à toutes les employées de maison ou aides à domicile qui se sont fait toucher par un patient,
à toutes les immigrées sans papiers poussées au silence par la peur d’être dénoncées,
et à toutes les femmes dans tous les domaines professionnels qui sont objet d’indignité et de comportements agressifs, qu’elles sont obligées de tolérer pour continuer à gagner leur vie.
Nous sommes avec vous. Nous vous soutenons. »

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13 millions de dollars collectés
L’organisation disposera ainsi d’un fonds destiné à financer un soutien légal pour les victimes de harcèlement sexuel au travail. L’organisation a déjà collecté plus de 13 millions (10,85 millions d’euros) sur 15 millions de dollars qu’elle escompte pour financer le projet.
Time’s Up appelle également à ce qu’il y ait plus de femmes en position de pouvoir, estimant que doit cesser « ce monopole incompréhensible : la difficulté pour les femmes de s’imposer, de grimper les échelons, et simplement être entendues et reconnues dans des lieux de travail dominés par les hommes ». 

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Le projet appelle également à des salaires et opportunités pour les femmes égales à ceux des hommes, et demande aux médias de mettre en lumière les abus ayant lieu « dans des domaines professionnels moins glamour et moins valorisés » que le cinéma.
« Nous nous engageons également à continuer à pousser pour de réels changements dans notre propre domaine, afin de faire de l’industrie du show-business un endroit sûr et équitable pour tous. »
La lettre, qui commence par « Chères sœurs » et se termine par « solidairement », a été publiée sur une pleine page dans le New York Times et dans le journal en langue espagnole La Opinion.

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Natalie Portman et Meryl Streep
Parmi les membres de Time’s Up, formées à la suite du déluge d’accusations de harcèlement sexuel qui a suivi le scandale autour de la conduite du producteur Harvey Weinstein, figurent notamment les actrices Cate Blanchett, Ashley Judd, Natalie Portman et Meryl Streep, la présidente d’Universal Pictures, Donna Langley, mais aussi l’écrivaine féministe Gloria Steinem, l’avocate et ex-chef de cabinet de Michelle Obama, Tina Tchen, et la coprésidente de la Fondation Nike, Maria Eitel.

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Toutes disent dans la lettre « être reconnaissantes des nombreuses personnes – qui ont survécu ou ont aidé des victimes – qui ont pris la parole et ont obligé la société à parler ouvertement de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles, et de sexisme ». Pour les signataires, l’objectif reste de « modifier la perception de la société et la manière dont sont traitées les femmes ». 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail. Deux personnes ont été interpellées.
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Deux policiers blessés agressés la nuit du réveillon à Champigny-sur-Marne

Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail. Deux personnes ont été interpellées.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 18h41
    |

            Soren Seelow








                        


Les circonstances de l’agression sont encore confuses, mais les images diffusées sur les réseaux sociaux suffisent à comprendre l’émoi qu’elle a suscité dans le monde policier. Plusieurs vidéos publiées sur Twitter montrent une jeune gardienne de la paix au sol, rouée de coups par un groupe de jeunes gens. La scène ne dure que quelques secondes, mais sa violence a provoqué l’indignation de plusieurs responsables politiques, dont le président de la République.
Dimanche 31 décembre, une soirée privée était organisée dans une salle de la rue Benoît-Frachon, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), quand un groupe de plusieurs dizaines de personnes a tenté de se mêler aux festivités. Refoulés par les participants, les intrus auraient alors forcé le passage. La situation dégénère rapidement. Alertés, les policiers et les pompiers se rendent sur les lieux peu avant minuit. La tension monte alors d’un cran, les forces de l’ordre essuyant des tirs de projectiles, précise au Monde la préfecture de police de Paris.
Fracture du nez et contusions
Pour une raison qui reste à éclaircir, deux fonctionnaires de Chennevières-sur-Marne, circonscription voisine de Champigny, un officier et une gardienne de la paix, se sont retrouvés isolés et ont été pris à partie par plusieurs dizaines de personnes. L’officier souffre d’une fracture du nez et d’hématomes, la gardienne de la paix, dont l’agression a été filmée, de nombreuses contusions. Les deux policiers se sont vu prescrire respectivement huit et sept jours d’incapacité totale de travail (ITT).
Les forces de l’ordre ont alors « fait usage de tirs de grenades et de moyens de désencerclement », précise une source policière. Plusieurs véhicules, dont deux véhicules des pompiers et de la sécurité civile, ont été dégradés. Deux personnes ont rapidement été interpellées, « mais il est encore trop tôt pour dire si elles étaient impliquées dans les dégradations ou dans l’agression des fonctionnaires de police », précise une autre source policière. L’enquête a été confiée au commissariat de Champigny-sur-Marne.
« Actes inqualifiables »
La violence de cette agression a suscité de nombreuses réactions de la classe politique. L’un des premiers responsables nationaux à réagir, Eric Ciotti, secrétaire général adjoint des Républicains, a saisi l’occasion pour interpeller, lundi à 16 h 34, le ministre de l’intérieur sur Twitter : « Le lynchage d’une policière à Champigny est inqualifiable. Les images sont insoutenables. (…) Va-t-on entendre Gérard Collomb dénoncer cette agression immonde ? »
Moins de vingt minutes plus tard, le ministre de l’intérieur, qui venait de rencontrer les deux policiers blessés, a assuré, lui aussi sur Twitter, que tout était « mis en œuvre pour que les lâches auteurs de ces actes inqualifiables soient appréhendés et condamnés ». Le préfet de police de Paris a également condamné « fermement » cette agression.

#Champigny : je viens de m’entretenir avec les fonctionnaires de Police agressés. 
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Sur son compte Twitter, le président de la République, Emmanuel Macron, a lui aussi assuré que « les coupables du lynchage lâche et criminel des policiers faisant leur devoir une nuit de 31 décembre seront retrouvés et punis ». Dans un communiqué, le Front national a dénoncé « une insécurité confinant parfois à la guérilla urbaine » et demandé au ministre de l’intérieur d’instaurer une « présomption de légitime défense pour l’ensemble des forces de l’ordre ».

Les coupables du lynchage lâche et criminel des policiers faisant leur devoir une nuit de 31 décembre seront retrou… https://t.co/EQzqbZ2uZV— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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Le syndicat Alternative Police-CFDT a exhorté les autorités à prendre des mesures pour que les « policiers puissent exercer dans des conditions optimales de sécurité », peut-on lire dans un communiqué. « Ainsi, les patrouilles, qui plus est de nuit, doivent se faire en nombre suffisant et non à deux, comme cela a été le cas à Champigny-sur-Marne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les ventes légales de marijuana débutent le 1er janvier, après des ratés dans la mise en place du marché.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/12/2017
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La Californie face au défi du cannabis récréatif

Les ventes légales de marijuana débutent le 1er janvier, après des ratés dans la mise en place du marché.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h35
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 14h27
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



   


A Berkeley, tout est prêt. A 6 heures du matin, lundi 1er janvier, le maire Jesse Arreguin doit couper le ruban : les ventes de marijuana pourront commencer au magasin du Berkeley Patients Group (BPG), sur San Pablo Avenue. Un moment « historique » selon le propriétaire du dispensaire, Sean Luse, qui milite pour la légalisation du cannabis depuis vingt ans et qui a connu les hauts et les bas du combat contre la prohibition de 1915 : les premières prescriptions de marijuana médicale, en 1996, la brusque répression pendant la présidence de George W. Bush, en 2004, et la grande libéralisation des années Obama.
Sean Luse s’attend à une file d’attente qui fera « le tour du pâté de maison ». Le magasin a installé des distributeurs automatiques de joints préroulés. Il prévoit des « kits du débutant » pour les néophytes qui voudront tester les différentes variétés (Indica, Sativa, etc.). Il faudra payer en espèces. Le secteur bancaire hésite toujours à s’engager dans un commerce qui reste illégal au niveau fédéral. Tout comme les assurances : 44 des multiples plantations illégales du « triangle d’Emeraude » du nord de la Californie viennent d’en faire l’expérience. Dévastées par les incendies d’octobre, elles n’ont aucun espoir de compensation.
La légalisation de la marijuana – avec ses produits dérivés exotiques, soupes, élixirs – est devenue presque banale aux Etats-Unis. Sept Etats l’ont déjà approuvée. Mais par son importance (39 millions d’habitants), le Golden State donne une dimension irréversible au mouvement lancé par le Colorado, premier Etat à avoir franchi le pas, le 1er janvier 2014. A partir du 1er janvier 2018, un Américain sur cinq vivra dans un Etat qui autorise la consommation à des fins récréatives. Seule une poignée d’Etats, dans le Sud républicain, résistent à la tendance et interdisent même la marijuana médicale.
Une once et six plants
Le marché, dans l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis, s’annonce colossal. Les estimations décrivent des ventes annuelles de 7 milliards de dollars (5,8 milliards d’euros) en 2020, soit plus que le chiffre d’affaires de l’industrie laitière et autant que la récolte des amandes et des pistaches, les fleurons de l’agriculture locale. Inquiet de voir circuler autant de cash dans l’Etat (les entreprises apportent leurs liasses de liquide en fourgonnettes blindées chez le receveur des impôts), le bureau du gouverneur Jerry Brown a pris contact avec les représentants de 65 banques et établissements de crédit pour contourner l’obstacle fédéral.

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La légalisation fait suite à l’adoption par les électeurs de la proposition 64, en novembre 2016, à une majorité de 56 %. L’administration californienne avait un an pour se préparer. Elle a pris du retard, ce qui a introduit une certaine pagaille. La réglementation n’a été publiée qu’en novembre 2017 : elle prévoit que les adultes pourront acheter une once (28,3 grammes) et cultiver six plants à domicile. Surtout, elle requiert que les exploitants obtiennent au préalable une licence de leur municipalité. Résultat : des bagarres au sein des conseils municipaux, qui ont fait apparaître une réalité contrastée. Alors qu’elle a été le premier Etat à développer la marijuana médicale, la Californie, bastion progressiste, traîne les pieds pour la mise en place du marché « récréatif ».
En Californie, 2,7 millions d’arrestations liées à la marijuana ont eu lieu entre 1915 et 2016
Au jeudi 28 décembre, seules 42 autorisations avaient été accordées par l’Etat, 150 autres étaient en cours d’examen et les employés du bureau de contrôle du cannabis prévoyaient de travailler tout le week-end pour expédier les dossiers. Los Angeles ne sera pas prête pour le 1er janvier et à San Francisco, l’ouverture des premiers magasins n’aura lieu que le 5, et avec des permis temporaires de cent vingt jours.
Seule une minorité de collectivités locales (27 %), parmi les 500 de l’Etat, ont approuvé la vente libre sur leur territoire. Les localités désargentées de l’intérieur et les desert towns de Californie du Sud ont donné leur feu vert, alléchées par la manne fiscale (de 7 à 9 % des ventes, en plus de la taxe fédérale de 15 %). En revanche, les communautés asiatiques ont refusé. Tout comme Palo Alto, où siège l’université Stanford. Même dans le comté de Marin, au nord de la baie de San Francisco, le lieu de naissance de la fête du cannabis – le 20 avril –, les anciens hérauts de la contre-culture se sont opposés aux pot shops.

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Il semblerait que la Californie a pris en compte les injustices provoquées par les années de répression. Selon le groupe NORML, qui milite pour l’abrogation de la prohibition, 2,7 millions d’arrestations liées à la marijuana ont eu lieu entre 1915 et 2016. Or, selon l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), les Noirs ont quatre fois plus de chance que les Blancs d’être arrêtés pour possession de cannabis, alors qu’ils ne consomment pas plus.
Cause populaire
En guise de « réparations », selon l’expression des militants, plusieurs localités, dont San Francisco et Los Angeles, ont mis en place des programmes dits « d’équité ». L’idée est née à Oakland, le fief historique des revendications afro-américaines. Dès le printemps, la ville a décidé de réserver la moitié des autorisations d’exploiter aux victimes de la « guerre contre la drogue ». Conditions : avoir été condamné pour un délit lié à la marijuana, avoir des revenus de moins de 80 % de la moyenne locale, ou avoir résidé pendant dix des vingt dernières années dans un quartier ayant connu un nombre élevé d’arrestations. Cent trente personnes ont postulé au programme.
La municipalité d’Oakland a aussi encouragé les riches investisseurs à s’associer à des victimes s’ils voulaient bénéficier d’une autorisation d’exploiter. L’industrie du cannabis nécessite des capitaux importants, hors de portée des jeunes des quartiers pauvres. Il faut assurer le traçage de chaque pied, installer un système de vidéosurveillance, soumettre la récolte à des tests de pesticides, recruter des agents de sécurité pour le convoyage.
Depuis un an, l’administration Trump renvoie des signaux contradictoires. Le ministre de la justice, Jeff Sessions, répète régulièrement qu’il est opposé au marché libre et qu’il n’a pas perdu espoir de sévir. Jusqu’à présent, le Congrès a préféré fouetter d’autres chats, d’autant que la légalisation est une cause populaire chez les libertariens et que 64 % de la population américaine y est favorable, selon le sondage effectué par Gallup depuis 1969 (12 % à l’époque, 36 % en 2006). En 2017, la proportion de républicains soutenant la normalisation a dépassé 50 % pour la première fois.

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La légalisation ne repose que sur deux textes, fragiles, mais qui témoignent de la souplesse du fédéralisme américain. Le premier est un mémorandum (« Cole Memo ») d’août 2013, dans lequel l’adjoint du ministre de la justice de Barack Obama, James Cole, recommandait aux procureurs fédéraux de ne pas poursuivre les individus ou entreprises agissant en accord avec une série de principes qu’il énonçait – pas de vente aux mineurs, pas de débordements dans les Etats non légalisateurs, pas d’usage ou de production sur les terres fédérales, pas de retombées financières au profit de gangs ou de cartels… Il n’a pas été officiellement abrogé, mais nombre de procureurs ne l’appliquent plus.
Le second est un amendement, dit amendement Rohrabacher-Farr, qui empêche les procureurs fédéraux de consacrer des ressources aux poursuites contre ces entités. L’amendement, qui date de mai 2014, a été discrètement reconduit le 22 décembre lorsque Donald Trump a signé la loi de finances rectificative. Les avocats de la marijuana pourront profiter de la fête du 1er janvier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ AU CŒUR DE L’IA. En France, plusieurs start-up se positionnent sur le marché, potentiellement très important, du droit civil et commercial.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Des « juges virtuels » pour désengorger les tribunaux

AU CŒUR DE L’IA. En France, plusieurs start-up se positionnent sur le marché, potentiellement très important, du droit civil et commercial.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 13h00
    |

            Yves Eudes








                        



                                


                            

Depuis quelques mois, les juristes français peuvent se faire aider par des moteurs d’intelligence artificielle (IA) accessibles par Internet. Il leur suffit de s’abonner à un service payant, proposé par l’une des start-up qui tentent de s’installer sur ce marché. Les premiers clients sont des cabinets d’avocats, des directions ­juridiques de grandes entreprises et des compagnies d’assurances.
L’un des services les plus innovants est proposé par la société Case Law Analytics, fondée par deux Nantais : Jérôme Dupré, un avocat qui fut juriste d’entreprise puis magistrat, et Jacques Lévy Véhel, ex-chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). Leur société se positionne sur le marché du droit civil et commercial : licenciements injustifiés, divorces compliqués, ruptures soudaines de relations commerciales… Elle propose à ses clients de soumettre leur affaire à un « juge virtuel », c’est-à-dire un moteur d’IA capable de fournir des simulations de décisions judiciaires.
« Justice prédictive »
Le client doit d’abord répondre à un questionnaire en ligne – par exemple, pour un divorce : durée du mariage, âge des époux, lieu de résidence, revenus et patrimoine, état de santé, enfants… En une seconde, Case Law Analytics produit une série de probabilités sur le montant de la prestation complémentaire.
Plus précisément, le système fait travailler en parallèle 100 « juges virtuels », qui ­proposeront chacun une décision indépendante. Le client apprendra par exemple que 25 « juges » lui octroient 10 000 euros, 22 autres 12 000 euros, qu’un juge ne lui ­accorde rien, un autre 24 000 euros, et qu’au total, 90 % d’entre eux lui octroient moins de 15 000 euros. Grâce à ces informations, il sera incité à accepter une proposition à l’amiable inférieure à 15 000 euros, ce qui évitera une procédure judiciaire longue, coûteuse et incertaine.
Jacques Lévy Véhel insiste sur le fait que ses « juges virtuels »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Après huit mois de mandat, le président de la République a défendu son premier bilan gouvernemental mais a aussi insisté sur les valeurs de « fraternité » et de « collectif ».
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Pour ses premiers vœux, Macron réaffirme son identité politique et corrige son image

Après huit mois de mandat, le président de la République a défendu son premier bilan gouvernemental mais a aussi insisté sur les valeurs de « fraternité » et de « collectif ».



Le Monde
 |    31.12.2017 à 22h07
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 14h17
    |

            Bastien Bonnefous








                        



   


Pour ses premiers vœux aux Français en tant que président de la République, Emmanuel Macron a livré, dimanche 31 décembre 2017, un discours des plus classiques. Alors que son entourage et l’Elysée bruissaient depuis plusieurs semaines d’un possible renouvellement de ce genre ultracodifié, le chef de l’Etat s’est inscrit finalement, ni plus ni moins, dans les pas de ses prédécesseurs.
Sur la forme, il s’est exprimé peu après 20 heures, pendant dix-sept minutes, depuis son bureau, installé dans le salon d’angle au premier étage du palais. Les historiens de l’Elysée noteront que, avant lui, seul Valéry Giscard d’Estaing avait choisi cette pièce pour présenter ses vœux aux Français. Très attaché à la mise en scène de son pouvoir, M. Macron a pris la parole dans un cadre volontairement épuré, assis à une table en marbre, avec, devant lui, une feuille de papier et un simple crayon de bois ; dans son dos, les traditionnels drapeaux français et européen, augmentés du tableau représentant la Marianne de l’artiste Shepard Fairey, alias Obey, le tout devant une fenêtre ouvrant sur le parc du Château.

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« Faire ce à quoi je me suis engagé »
Comme de coutume chaque 31 décembre, le chef de l’Etat a rendu hommage aux militaires français engagés à l’étranger et aux forces de l’ordre, et a eu une pensée pour les Français seuls en ce soir de réveillon. Sur le fond, M. Macron a tenu surtout à réaffirmer son identité politique. Après huit mois de mandat, l’ancien candidat de la disruption a défendu son premier bilan gouvernemental, citant notamment la loi travail et les mesures dans l’éducation nationale, et rappelé qu’il avait été élu pour « faire ce à quoi [il s’était] engagé ».
Une caractéristique souvent mise à son crédit dans les enquêtes d’opinion sur sa popularité, et qu’il a l’intention de perpétuer en 2018, alors que plusieurs réformes d’envergure (assurance-chômage, formation professionnelle, loi sur l’immigration, réforme de la Constitution, etc.) sont à l’agenda des prochains mois. « Je continuerai à faire ce pour quoi vous m’avez élu », a-t-il expliqué. Un message directement adressé à ses détracteurs et aux différentes oppositions, de gauche comme de droite, à sa politique : « Toujours j’écouterai, j’expliquerai, je respecterai, mais toujours à la fin je ferai (…) C’est ce que vous attendez de moi », a-t-il ainsi résumé.

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Corriger son image
Mais, par petites touches, M. Macron a tenu également à corriger son image. Qualifié de « président des riches » par ses adversaires, souvent critiqué dans les sondages pour son manque d’empathie ou de proximité, le président de la République a particulièrement insisté sur les valeurs de « fraternité », de « cohésion nationale » et de « collectif ». Citant les « territoires ruraux », les « quartiers populaires », les « agriculteurs » ou les « fonctionnaires », il a ainsi tenté de montrer qu’il s’adressait à tous les Français et pas seulement à ceux qui vont bien et tirent profit de la mondialisation, comme le reproche lui en est souvent fait.
Alors qu’il avait vanté le 15 octobre sur TF1 la réussite des « premiers de cordée » qui tirent, selon lui, l’ensemble de la société vers l’avant, M. Macron a cette fois semblé regretter « les succès de quelques-uns qui nourrissent les égoïsmes et les cynismes ». Il a également critiqué les « divisions irréconciliables [qui] minent le pays » et défendu « un grand projet social » à venir pour le pays, sans pour autant le détailler.
Cette évolution du discours présidentiel ne s’applique pas en revanche à l’accueil des migrants en France. Critiqué récemment pour sa politique, jugée comme une des plus dures de ces dernières décennies en France, le chef de l’Etat a, certes, reconnu de possibles « tensions éthiques », mais il a refusé de reculer, se maintenant derrière sa « ligne humanité et efficacité ». Si le droit d’asile pour les réfugiés est « un devoir moral [que] nous respecterons », M. Macron a également précisé que « nous ne pouvons accueillir tout le monde ».

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Fidèle à sa volonté de « faire vivre la renaissance française » – une expression qu’il avait déjà employée lors de son entrée en fonction le 14 mai – le chef de l’Etat, qui vient d’avoir 40 ans, a conclu ses premiers vœux aux Français par un appel à l’action : « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays », a-t-il déclaré. Des mots directement empruntés à ceux d’un autre président quadragénaire célèbre, l’Américain John Fitzgerald Kennedy qui, lors de son discours d’investiture à la Maison Blanche en 1961, avait lancé à ses compatriotes américains : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

Des vœux express pour la « jeunesse »
Dans la foulée de son allocution en direct à la télévision pour ses vœux aux Français, dimanche, le chef de l’Etat a enregistré une vidéo de deux minutes où il synthétise son propos, à destination de la jeunesse.
« Je viens de présenter mes vœux à tous les Français pendant dix-huit minutes. On me dit que c’est trop long », introduit Emmanuel Macron dans cette vidéo diffusée sur Twitter, avant de dérouler un message sensiblement identique en un peu moins développé.

Vœux 2018 à la jeunesse. https://t.co/jSaHk5BQ12— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le procureur du tribunal militaire israélien a requis lundi douze chefs d’inculpation contre la jeune fille.
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Ahed Tamimi, jeune figure familière de la résistance palestinienne

Le procureur du tribunal militaire israélien a requis lundi douze chefs d’inculpation contre la jeune fille.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 16h26
    |

                            Claire Bastier (Jérusalem, correspondance)








                        



   


Sa chambre est restée intacte. Comme si Ahed Tamimi allait bientôt rentrer à la maison. La pile de livres entassés sur le bureau, les vêtements sur une chaise, un poster de footballeur collé au mur… rien n’a changé depuis son arrestation, dans la nuit du 18 au 19 décembre, par l’armée israélienne.
Le visage fatigué de la jeune Palestinienne, arrêtée et placée en garde à vue au tribunal militaire israélien d’Ofer, en Cisjordanie occupée, a fait le tour de la Toile. Tout autant que la vidéo publiée quelques jours auparavant, et dans laquelle elle provoque, avec sa cousine Nour Naji Tamimi, deux soldats israéliens qui voulaient s’introduire dans la cour de leur maison à Nabi Saleh, au nord de Ramallah. A la suite de cet épisode, Ahed Tamimi, sa cousine puis sa mère, qui apparaît sur la vidéo, ont donc été arrêtées.
La détention des trois Palestiniennes dans la prison de Hasharon, en Israël, devrait se terminer lundi 1er janvier. Rien n’est moins sûr pour Ahed Tamimi. Les juges du tribunal militaire ont accusé l’adolescente de 16 ans d’avoir giflé un des soldats, nui à la sécurité dans le secteur et incité à la haine.
Mais ce n’est pas le seul grief qui lui est reproché. Le procureur du tribunal militaire israélien a requis lundi douze chefs d’inculpation contre la jeune fille, concernant au total cinq autres incidents l’impliquant l’année passée. Le procureur a également requis cinq chefs d’accusation contre Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, également impliquée dans l’incident du 15 décembre. Le tribunal militaire doit en principe décider lundi s’il suit les réquisitions du procureur.
Enfant militante
L’enquête devrait donc se poursuivre. D’ailleurs, son père, Bassem Tamimi, ne se fait guère d’illusion quant à sa libération : « D’après mon expérience, elle risque encore six à huit mois de prison », estime ce militant de longue date. Il voit dans sa fille une de celle et ceux qui poursuivront « la lutte pour la libération du peuple palestinien ».
« Ahed n’a jamais voulu être une icône, mais la situation l’a amenée à le devenir. La résistance n’est pas un choix, c’est une responsabilité. »
Née en 2001 et seule fille d’une fratrie de quatre enfants, Ahed Tamimi fait partie d’une génération qui n’a rien connu d’autre que l’occupation israélienne. A Nabi Saleh, c’est une réalité quotidienne : la route qui traverse ce village de 600 habitants pour rejoindre Ramallah dessert aussi la colonie israélienne de Halamish (1 328 habitants), établie en 1977 sur des terres palestiniennes privées. D’une colline à l’autre, Nabi Saleh et Halamish se font face.
Pendant l’été 2008, le captage de sources d’eau au profit de la colonie provoque la colère des villageois palestiniens spoliés. A partir de 2009, une marche pacifique est instaurée tous les vendredis, le jour de congé, par les familles de Nabi Saleh, pour dénoncer l’occupation. La confrontation hebdomadaire avec l’armée israélienne tourne souvent à la violence : des manifestants sont arrêtés, d’autres blessés.
Les heurts des jeunes, placés en tête de cortège, avec l’armée israélienne sont systématiquement filmés par certains villageois. « La caméra fait partie de notre lutte, elle rétablit la vérité, explique Bassem Tamimi. La diffusion de nos films sur les réseaux sociaux permet de contrer les médias conventionnels qui fournissent une image biaisée de la situation. » Très vite, son épouse, Nariman, filme leur fille, souvent meneuse parmi les plus jeunes. Les images de l’enfant militante diffusées sur Internet, par l’agence de presse de son oncle, font mouche.
Provocations face à des soldats israéliens

   


En 2012, Ahed Tamimi est prise en vidéo brandissant le poing sous le nez de soldats israéliens : la scène fait le tour du monde et lui vaut d’être reçue par Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre turc. Trois ans plus tard, en 2015, elle apparaît sur des clichés également remarqués, parmi des femmes qui tentent de faire lâcher prise à un soldat plaquant contre un rocher un enfant au bras dans le plâtre, son petit frère Salam. Ahed Tamimi est ainsi devenue une figure familière de la résistance palestinienne à Nabi Saleh.

   


Ses faits d’armes relèvent surtout de provocations face à des soldats israéliens, qui demeurent parfois impassibles. Sa jeunesse, sa liberté et sa fierté interpellent ; les médias israéliens dénoncent d’ailleurs une manipulation de la jeune fille par ses proches, ainsi que son jeu forcé, face aux caméras, pour pousser les soldats à bout. Le public palestinien, quant à lui, admire son courage et s’identifie à elle.
« Beaucoup de Palestiniens se sentent humiliés par les Israéliens sans jamais pouvoir leur répondre. Lorsque Ahed Tamimi gifle ou interpelle un soldat, elle est vue comme une héroïne, parce qu’elle fait ce que beaucoup aimeraient mais n’osent pas faire », explique Dr Samah Jabr, psychiatre et psychothérapeute palestinienne, souvent confrontée à la problématique de la résistance nationale chez ses patients.
A une échelle plus internationale, l’intérêt pour la jeune fille, et la mobilisation virale suscitée pour sa libération s’expliquent notamment par son physique atypique, loin des idées préconçues : une Palestinienne aux yeux bleus, à la peau claire et aux boucles blondes.
Pour Samah, Jabr :
« Si Ahed avait été brune et voilée, elle n’aurait pas reçu la même empathie de la part des médias internationaux. Un tel profil [brune et voilée] est plus facilement associé à l’islamisme et donc au terrorisme. Son attitude aurait alors été aussitôt liée à de la violence plus qu’à de l’héroïsme, comme c’est le cas aujourd’hui. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les enfants nés à partir  du 1er janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses  pour aller à la crèche ou à l’école.
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La couverture vaccinale augmente, mais elle reste insuffisante

Les enfants nés à partir  du 1er janvier 2018 devront être vaccinés contre onze maladies infectieuses  pour aller à la crèche ou à l’école.



Le Monde
 |    30.12.2017 à 09h10
 • Mis à jour le
30.12.2017 à 09h51
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

On a trop souvent tendance à l’oublier, mais la vaccination reste l’intervention publique la plus efficace contre les maladies infectieuses. Chaque année, elle permet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’éviter entre 2 et 3 millions de décès de jeunes enfants dans le monde. Le vendredi 22 décembre, un parterre de scientifiques est venu le rappeler lors d’une conférence de presse sur le sujet à l’université Paris-Descartes.
Concrètement, c’est grâce à l’effet individuel de la vaccination, et à l’immunité de groupe, que l’agent infectieux (virus ou bactérie) ne pourra plus circuler dans la population. Au moins 90 % des enfants doivent être vaccinés pour éviter la transmission des maladies, insiste l’OMS, voire 95 % pour les maladies les plus contagieuses comme la rougeole. Une personne malade à cause de ce virus peut contaminer de 15 à 20 personnes. L’immunité de groupe permet de protéger les bébés trop jeunes pour être vaccinés, les personnes qui présentent une contre-indication (ayant un trouble de l’immunité, qui ne peuvent être vaccinées) et constituent les populations risquant le plus d’être atteintes de formes graves de la maladie, ou bien celles qui n’ont pas été vaccinées.

Or la rougeole est devenue l’une des bêtes noires des autorités sanitaires françaises. Sa couverture vaccinale n’est pas suffisante pour protéger la population de façon satisfaisante, martèlent-elles depuis des semaines, afin de faire passer le message d’une vaccination obligatoire. De fait, le pourcentage de la population vaccinée contre la rougeole, à deux ans, reste inférieur à 80 % (78,8 % en 2015 contre 60,9 % en 2010).
« Déficit immunitaire »
Conséquence : ce seuil insuffisant a été à l’origine d’une épidémie entre 2008 et 2012 qui a causé près de 24 000 cas et 10 décès. « Des maladies que l’on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire, des enfants meurent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Environ 65 000 foyers étaient privés d’électricité dans l’ouest du pays, lundi après-midi.
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Tempête Carmen : un mort et 40 départements placés en vigilance orange

Environ 65 000 foyers étaient privés d’électricité dans l’ouest du pays, lundi après-midi.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 08h31
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 16h06
   





                        



   


Les vents violents annonçant la tempête Carmen qui devrait traverser la France d’ouest en est, lundi 1er janvier, ont provoqué dimanche la mort d’un homme d’une soixantaine d’années dans les Pyrénées-Atlantiques, tué par la chute d’un arbre sur la voiture dans laquelle il se trouvait près d’un bois à Esterençuby, à proximité de Saint-Jean-Pied-de-Port.
A 5 heures, lundi, des rafales à 129 km/h ont été enregistrées à Camaret, 109 km/h à la pointe du Raz et 91 km/h à Ouessant (Finistère). Carmen est la troisième tempête hivernale après Ana et Bruno, en décembre. Dans les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Nouvelle-Aquitaine, le nombre de foyers privés d’électricité est passé de 2 500 à 7 heures à environ 65 000 dans l’après-midi, selon Enedis qui précise dans un communiqué que « 1 500 agents (...) et entreprises prestataires sont mobilisés sur tout le territoire pour faire face à la situation ».
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé dans un tweet dimanche soir qu’il se rendait au centre opérationnel de gestion interministérielle des crises de la sécurité civile qui suit heure par heure la situation.
Dans la perspective de vents « violents » qui pourront souffler jusqu’à 140 km/h par endroits, Météo France avait annoncé dimanche le placement, dès lundi 6 heures, de 26 départements en vigilance orange « vent » et/ou « vagues-submersion » : Calvados, Charente, Charente-Maritime, Cher, Corrèze, Côtes-d’Armor, Creuse, Dordogne, Finistère, Gironde, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre-et-Loire, Landes, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Manche, Mayenne, Morbihan, Orne, Pyrénées-Atlantiques, Sarthe, Deux-Sèvres, Vendée, Vienne et Haute-Vienne.
Risque de submersion marine
Lundi matin, Météo-France a ajouté neuf départements en vigilance orange « vent » (Allier, Ariège, Cantal, Haute-Garonne, Gers, Lot-et-Garonne, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne) et la Corse-du-Sud et la Haute-Corse en vigilance « vents » et « vagues-submersion ». Puis, à 10 heures, trois autres départements, le Lot, l’Aveyron et les Hautes-Pyrénées ont également été placées en vigilance orange « vents », portant à 40 le nombre de départements concernés.
La concomitance entre le passage de Carmen et des coefficients de marée élevés (97 pour la pleine mer lundi après-midi) constitue un phénomène aggravant et risque d’entraîner des phénomènes de submersion marine sur les parties « exposées ou vulnérables » du littoral atlantique.
Les rafales dans l’intérieur des terres seront en général comprises entre 80 et 100 km/h, mais pourraient atteindre localement 110 à 120 km/h, comme dans le nord de la Nouvelle-Aquitaine et le sud de la région Centre.
Météo France s’attend à ce que la tempête se concentre ensuite sur les Pyrénées, vers la fin d’après-midi. Mais aucune région ne devrait être épargnée par les rafales de vent, qui toucheront aussi les Alpes et la Méditerranée dans le courant de la journée.
Les consignes à observer
La Corse en particulier sera touchée par « un vent violent en soirée et durant la nuit suivante », indique Emmanuel Demaël, prévisionniste à Météo France, qui évoque des « rafales certainement supérieures à 140 km/h » sur l’île de Beauté.

#Tempête #Carmen ce 1er janvier : violentes rafales de #vent progressant sur une large partie ouest du pays (90-120… https://t.co/4COaRWjBH6— EKMeteo (@Etienne Kapikian)


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Ce genre de phénomène « n’est pas quelque chose d’exceptionnel », souligne le prévisionniste Sébastien Léas, précisant que la France connaît entre « entre deux et cinq » tempêtes hivernales chaque année. Les consignes à observer en cas de vents violents sont de limiter ses déplacements, d’adapter sa vitesse en voiture, de faire attention aux chutes d’objets, d’éviter de se promener sur les zones littorales et forestières. Face aux risques de submersion, Météo France conseille de ne pas se baigner et appelle à ne pas s’approcher du bord de l’eau et à éviter de prendre la mer.
Evénements annulés
Ces risques météo ont cependant conduit plusieurs municipalités à annuler certains événements prévus en bord de mer. Ainsi, certains traditionnels bains du Nouvel An ont été annulés ou reportés comme celui d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques), reprogrammé pour le 7 janvier.
La mairie de La Rochelle (Charente-Maritime) a annulé le bal du Nouvel An prévu lundi soir sur le Vieux-Port et la ville de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) a interdit l’accès aux plages jusqu’à mardi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Immigration, égalité femmes-hommes, chômage… Le blog de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, Lui Président, fait le point sur les chantiers qui attendent le chef de l’Etat.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La tenue du scrutin a été plusieurs fois repoussée depuis 2015. Une partie de l’opposition juge l’actuel Parlement « illégitime ».
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Compte rendu

Le président tchadien Idriss Déby annonce l’organisation de législatives en 2018

La tenue du scrutin a été plusieurs fois repoussée depuis 2015. Une partie de l’opposition juge l’actuel Parlement « illégitime ».


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-01-01T16:29:52+01:00"

        Le 01.01.2018 à 16h29






    
Le président tchadien, Idriss Déby Itno, à Addis-Abeba, en janvier 2016.
Crédits : © Tiksa Negeri / Reuters / REUTERS


Le président tchadien, Idriss Déby Itno, a annoncé, dimanche 31 décembre 2017, la tenue cette année d’élections législatives, prévues depuis 2015 mais plusieurs fois repoussées. « Il me plaît d’annoncer, à l’orée de l’année nouvelle, que des élections législatives seront organisées en 2018 », a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision.
La troisième législature à l’Assemblée devait se terminer le 21 juin 2015, mais une loi constitutionnelle l’avait prolongée.

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                Idriss Déby : « Je ne suis pas un aventurier, un guerrier, je suis un homme seul »



En février 2017, les élections avaient été repoussées sine die par le président Déby, au pouvoir depuis 1990 et réélu pour un cinquième mandat en avril 2016 à l’issue d’un scrutin contesté. Arguant d’un manque de moyens, le chef de l’Etat avait déclaré que les législatives n’auraient pas lieu avant 2019, suscitant la colère de l’opposition.
« Cette échéance électorale majeure, qui est attendue par toute la classe politique tchadienne, sera sans nul doute un moment de grande ferveur politique », a relevé Idriss Déby Itno dans son discours du 31 décembre. Les partis d’opposition ont plusieurs fois appelé à la tenue des législatives, jugeant pour certains « illégitime » le Parlement en place.

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« D’ores et déjà, j’en appelle au sens de la responsabilité et du patriotisme des différents acteurs politiques », a ajouté le chef de l’Etat.
« Maintenir l’alerte sur le front sécuritaire »
Il a par ailleurs annoncé la tenue d’un « forum national inclusif », qui rassemblera « toutes les forces vives du Tchad afin de disséquer et d’examiner dans les menus détails les différents axes des réformes » à venir.
« Nous devons veiller au grain sur la paix et la sécurité, qui sont les conditions premières du progrès. A cet égard, il importe de ne pas baisser la garde et de toujours maintenir l’alerte sur le front sécuritaire et de la lutte contre le terrorisme, ce véritable mal du siècle », a enfin indiqué Idriss Déby Itno.

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                L’engagement payant d’Idriss Déby au Sahel



Le Tchad, pays pétrolier et allié majeur de l’Occident en Afrique subsaharienne dans la lutte contre les djihadistes, se débat dans une crise économique et sociale sévère, principalement due à la chute du cours de l’or noir.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix.
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Pour 2018, le pape François veut un « avenir de paix » pour les migrants

Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 17h20
   





                        



   


Le pape François a fait de la défense des migrants l’un des thèmes principaux de sa papauté. Sa première bénédiction de l’Angelus, lundi 1er janvier, a ainsi été une nouvelle occasion pour le souverain pontife d’appeler les fidèles catholiques à prier pour un avenir de paix en 2018, notamment pour les migrants et réfugiés.
Le pape a également souhaité une « bonne année de paix » à tous, rappelant que ce premier jour de l’année était aussi l’occasion de fêter la Journée mondiale de la paix, célébrée chaque 1er janvier par le Vatican.
Devant 40 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre à Rome, le chef de l’Eglise catholique a ainsi souligné que les migrants et les réfugiés cherchaient avant tout un endroit pour vivre à l’écart des guerres ou de la misère.
« Beaucoup d’entre eux sont disposés à risquer leur vie au long d’un voyage qui, dans la plupart des cas, est aussi long que périlleux ; ils sont disposés à subir la fatigue et les souffrances, à affronter des clôtures de barbelés et des murs dressés pour les tenir loin de leur destination », a-t-il dit.

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« Avenir de paix »
Jorge Bergoglio a rappelé qu’il était important que tous s’engagent à leur assurer un avenir de paix « qui est un droit pour tous ». « N’éteignons pas l’espoir dans leurs cœurs, n’étouffons pas leurs attentes de paix », a lancé le pape argentin aux milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.
Dans un message pour la Journée mondiale de la paix diffusé en novembre, il avait dénoncé « ceux qui fomentent la peur des migrants, parfois à des fins politiques, au lieu de construire la paix ».
« Tous les éléments dont dispose la communauté internationale indiquent que les migrations globales continueront à caractériser notre avenir. Certains les considèrent comme une menace. Moi, au contraire, je vous invite à les regarder avec un regard rempli de confiance, comme une occasion de construire un avenir de paix », avait-il ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le ministre de l’économie espagnol a déploré le ralentissement économique de la région, qui fournit 19 % du produit intérieur brut espagnol.
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Madrid évalue à 1 milliard d’euros le coût de la crise catalane

Le ministre de l’économie espagnol a déploré le ralentissement économique de la région, qui fournit 19 % du produit intérieur brut espagnol.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 17h07
   





                        



Politiquement, il sera difficile de savoir ce que le conflit entre la Catalogne et l’Espagne a coûté aux indépendantistes et au gouvernement fédéral de Mariano Rajoy. Mais économiquement, le bilan de ce conflit est plus facilement estimable. Le ministre de l’économie espagnol, Luis de Guindos, a évalué lundi 1er janvier à « 1 milliard d’euros » le coût économique de « la crise de l’indépendantisme » en Catalogne, du fait du ralentissement de la croissance dans la région.
Dans un entretien accordé à la radio Cadena Ser, le ministre a estimé que ce ralentissement au quatrième trimestre de 2017 avait fait de la Catalogne « un fardeau » pour l’Espagne. Un problème d’autant plus important pour le pays que la région avait auparavant « une croissance au-dessus de celle de l’Espagne », a rappelé le ministre, et constituait à ce titre « un des moteurs fondamentaux de la reprise espagnole ». La région fournit en effet 19 % du produit intérieur brut (PIB) espagnol.

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« Enorme incertitude »
Le ministre a attribué ce ralentissement de la croissance à « l’énorme incertitude, inquiétude et perte de confiance générées par les décisions du précédent gouvernement » régional de l’indépendantiste Carles Puigdemont. M. de Guindos a souhaité que le nouveau gouvernement catalan « soit conscient des coûts que génère cette politique » indépendantiste et « abandonne la voie unilatérale » à laquelle s’opposent, a-t-il insisté, « toute l’Europe et la communauté internationale ».
Ce nouvel appel de Madrid survient alors que la situation est loin d’être apaisée avec la région. Les trois partis séparatistes avaient voté en septembre 2017 des lois de « déconnexion » avec l’Espagne, organisé un référendum d’autodétermination interdit le 1er octobre – marqué par des violences policières – et proclamé unilatéralement l’indépendance d’une « République catalane » le 27 octobre. La Catalogne avait ensuite été placée sous administration directe par Madrid.
Aux élections régionales du 21 décembre, les partis indépendantistes ont retrouvé leur majorité en sièges au Parlement catalan et devraient pouvoir former un gouvernement. Mais le président catalan destitué par Madrid, Carles Puigdemont, reste actuellement à Bruxelles pour échapper aux poursuites judiciaires, et l’ex-vice-président, Oriol Junqueras, est en détention provisoire pour « sédition », « rébellion » et « détournements de fonds publics ». Il devrait être fixé sur son sort le 4 janvier.

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Pas de budget voté
En attendant de savoir qui prendra la tête du Parlement catalan, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy se veut rassurant. Le ministre de l’économie a ainsi assuré que 2018 allait être « une bonne année » pour son pays, alors que la banque centrale table sur 2,4 % de hausse du PIB pour 2018.
Reste que le gouvernement attend toujours de pouvoir adopter son budget de l’Etat pour 2018. Ce dernier ne peut être approuvé qu’avec les voix des députés du Parti nationaliste basque (PNV). Mais, alors qu’ils avaient soutenu M. Rajoy l’an dernier, les députés basques refusent d’approuver le budget de cette année, notamment tant que la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, imposée après la proclamation d’indépendance. Le ministre de l’économie s’est dit convaincu qu’« une fois qu’il y aura un nouveau gouvernement en Catalogne, le PNV sera disposé » à voter le budget.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Faire du sport est l’un de ces engagements que nous prenons rituellement vis-à-vis de nous-mêmes. Pourquoi certains les honorent-ils, et d’autres pas ? Le cerveau des souris pourrait nous souffler la réponse.
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Neurobiologie des bonnes résolutions

Faire du sport est l’un de ces engagements que nous prenons rituellement vis-à-vis de nous-mêmes. Pourquoi certains les honorent-ils, et d’autres pas ? Le cerveau des souris pourrait nous souffler la réponse.



Le Monde
 |    26.12.2017 à 09h00
 • Mis à jour le
26.12.2017 à 13h02
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Parmi les résolutions de nouvelle année, faire du sport est toujours bien placé, avec celles d’arrêter le tabac et de perdre du poids. « L’activité sportive reste dans le peloton de tête des résolutions des Français », notait ainsi un sondage effectué il y a un an par Ipsos pour la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire. Tout le monde sait que le sport est bon pour la santé, mais seulement 53 % des femmes et 70 % des hommes atteignent les niveaux recommandés par l’OMS. Plus préoccupant encore, on tombe à 28 % des garçons et 18 % des filles de 6 à 17 ans.
D’où vient la motivation ? Les trois quarts des Français interrogés déclarent faire du sport pour se distraire et rester en forme. Vient ensuite (pour 57 % des femmes) l’envie d’évacuer le stress. Sont aussi identifiés : la santé, l’apparence, la perte de poids, le support social, la détente, le contact avec la nature, etc.
Décortiquer la motivation
La neurobiologie peut aussi décortiquer la motivation. Francis Chaouloff et ses collaborateurs du Neurocentre Inserm à Bordeaux ont montré en 2013, dans la revue Biological Psychiatry, que des souris privées du récepteur des cannabinoïdes CB1 ont un déficit de 30 % de performance : elles courent moins vite et moins longtemps dans une roue d’exercice. La protéine CB1 est impliquée dans de nombreuses fonctions cérébrales (humeur, anxiété, prise alimentaire, mémoire…). Cette étude a également mis en ­lumière le fait que ce récepteur agissait indirectement sur le circuit cérébral de la motivation pour les récompenses.
Bien que la course puisse être en soi une récompense naturelle, à l’instar d’un aliment apprécié ou du sexe, une des limites de cette étude est qu’elle n’apporte pas la preuve directe que le récepteur CB1 soit spécifiquement impliqué dans la motivation pour courir. En effet, la mesure de la motivation pour une récompense repose sur l’estimation des ­efforts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Vaccins obligatoires, hausses des prix des carburants, du gaz et du tabac, revalorisation du smic… Découvrez les nombreux changements du quotidien à partir de janvier.
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2018 : ce qui va changer pour les Français à partir du 1er janvier

Vaccins obligatoires, hausses des prix des carburants, du gaz et du tabac, revalorisation du smic… Découvrez les nombreux changements du quotidien à partir de janvier.



Le Monde
 |    31.12.2017 à 06h34
   





                        


Le début d’année signe l’entrée en vigueur de nombre de mesures votées ou décidées dans les derniers mois de l’année 2017, dont certaines auront un impact immédiat sur la vie quotidienne. Retrouvez ci-dessous la liste de tout ce qui changera, souvent dès le 1er janvier 2018 :
Onze vaccins obligatoires Un paquet de cigarette plus cher Hausse de 2 euros de la participation du patient pour un séjour à l’hôpital Droits aux soins funéraires pour les malades du VIHLe tarif du stationnement en ville aux mains des mairiesHausse des prix de l’essence et du dieselPrime à la conversion automobileNouveaux Vélib’dans les rues de ParisHausse des prix des timbresRevalorisation du smic Hausse de la CSG, baisse des cotisations salarialesRestauration du jour de carence dans la fonction publiqueGénéralisation du bulletin de paie simplifiéL’ISF devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)Un prélèvement de 30 % sur l’épargneDébut de l’exonération de la taxe d’habitationFin progressive du RSI pour les indépendantsHausse du prix du gazEntrée en vigueur du chèque énergie
Santé et sécurité sociale
Onze vaccins obligatoires pour les nouveau-nés 
Onze vaccins, contre trois, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, s’ajoutent désormais ceux contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons et la rubéole (le ROR), l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, contre le pneumocoque et le méningocoque C.
Ces vaccins seront indispensables pour l’accès en collectivité (crèche, école…). Les antivaccins, eux, dénoncent la mesure prise par le gouvernement. Dans les faits, 70 % des enfants reçoivent déjà ces vaccins.

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Hausse du prix du tabac
Pour réduire la consommation de tabac, le gouvernement a prévu des augmentations successives pour atteindre, d’ici à novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de vingt cigarettes. La prochaine hausse, de 1,10 euro par paquet, est prévue pour mars 2018.
En attendant, le prix de certains paquets de cigarettes baissera de 20 centimes le 2 janvier, à la suite d’ajustements des prix de la part des fabricants.

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                L’effet pervers du paquet de tabac à 10 euros



Hausse du forfait hospitalier
Le gouvernement a choisi d’inscrire dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale l’augmentation de deux euros du montant du forfait hospitalier, inchangé depuis 2010, une hausse qui présente l’avantage d’être – en apparence – indolore pour la plupart des Français, car pris en charge par leur complémentaire santé.
A partir du 1er janvier, la participation du patient à son séjour à l’hôpital passera donc de 18 euros à 20 euros par jour en hôpital ou en clinique et de 13,50 euros à 15 euros par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé. Soit près de 200 millions d’euros supplémentaires qui iront directement dans les caisses des hôpitaux.

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          L’augmentation du forfait hospitalier de 2 euros en 2018 est déjà contestée



Droit aux soins funéraires pour les malades du VIH
Alors qu’ils en sont exclus depuis trente-deux ans, les malades atteints par le VIH – et par les virus des hépatites – pourront bénéficier de soins funéraires, ces maladies ayant été retirées, en juillet 2017, de la liste des « maladies transmissibles pour lesquelles les soins funéraires sont interdits ». Le refus de pratiquer les mesures de thanatopraxie assurant la conservation du corps par des injections de produits aboutissait à des situations telles que l’impossibilité pour les proches de voir le défunt dans de bonnes conditions.

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                Levée de l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives



Transports, énergie et communication
Réforme du stationnement en ville
Les villes vont pouvoir fixer le tarif du stationnement des automobiles ainsi que le montant du forfait remplaçant l’amende, les infractions étant désormais dépénalisées. A Paris, par exemple, seul un automobiliste sur dix s’en acquitte, représentant un manque à gagner de plus de 200 millions d’euros pour la municipalité.

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          Stationnement : la fin des amendes amères



Augmentation des prix à la pompe
Les prix des carburants vont augmenter de 7,6 centimes par litre pour le gazole et 3,84 centimes pour l’essence. Le gouvernement entend aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence d’ici 2021. Aujourd’hui, les taxes sur le carburant représentent plus de 60 % du prix du diesel. Avec une hausse de 10 %, la baisse du prix du pétrole en 2017 devrait être complètement annihilée.

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                Le gouvernement confirme une hausse du prix des carburants en 2018



Prime à la conversion automobile
Le gouvernement offre 1 000 euros aux automobilistes (2 000 euros pour ceux non imposables) vendant leur vieille voiture (avant 1997 pour les modèles essence, 2001 ou 2006 pour les diesel) pour en acheter un véhicule neuf ou une occasion récente, et jusqu’à 2 500 euros pour l’achat d’un modèle électrique, soit une baisse par rapport à la prime actuelle de 4 000 euros. Une prime à laquelle s’ajoute l’aide de 6 000 euros octroyée pour l’achat d’un véhicule électrique qui est, elle, reconduite. Objectif de cette « prime à la conversion » : sortir 100 000 véhicules polluants du parc automobile en 2018.

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De nouveaux Vélib’dans les rues de Paris, mais avec un peu de retard
Lancé en 2007, le système de vélos en libre-service de Paris sera géré, à partir de janvier, par Smovengo et non plus JC Decaux. L’offre sera élargie à soixante communes de la région en 2018. Mais cette nouvelle mouture du Vélib’ne sera pas pleinement opérationnelle à la fin mars, du fait d’un retard pris dans le déploiement du dispositif : seule « une centaine de stations [seront] opérationnelles début 2018 », contre 300 prévues initialement. Plus légers, plus solides, connectés, ces nouveaux Vélib’, dont 30 % seront dotés d’une assistance électrique, pourront être garés dans une station même lorsque celle-ci est déjà pleine.
Autre nouveauté au 1er janvier, la hausse du prix des abonnements : l’abonnement classique passera de 29 euros à 37,20 euros par an. Il en coûtera 99,60 euros par an pour un vélo électrique. Toutefois, compte tenu des retards dans le déploiement, les abonnés actuels « bénéficieront d’un crédit de trois heures offertes, pour tester sans surcoût les nouveaux Vélib’électriques ou prolonger leur usage des vélos mécaniques » et les nouveaux souscripteurs bénéficieront de 50 % de réduction sur leur abonnement mensuel en janvier, février et mars.

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Hausse des prix des timbres
Les prix des services postaux vont augmenter de 4,7 % en moyenne en 2018. La lettre prioritaire à timbre rouge passera au 1er janvier de 0,85 à 0,95 euro (+ 11,7 %), approchant le seuil symbolique de 1 euro. A la fin de 2014, le timbre rouge valait encore 0,66 euro.
La hausse du timbre vert, qui correspond à une expédition en 48 heures et représente 60 % des envois ordinaires, est à peine moins forte : son prix qui passera de 0,73 à 0,80 euro (+ 9,5 %). Pour les envois de colis pour les particuliers, les tarifs progresseront de 1,5 %. Soit 4,95 euros pour un Colissimo France de moins de 250 g. Le coût d’une lettre recommandée augmentera de 2 %.

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Salaires, épargne et impôts
Revalorisation du smic 
Un salarié payé au smic touchera 20 euros de plus en janvier, puis 15 euros supplémentaires à partir d’octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum et à l’exonération des cotisations chômage et maladie. Le smic passera de 9,76 euros à 9,88 euros brut de l’heure (7,83 euros net), soit 1 498,47 euros brut par mois (1 188 euros net). Le gouvernement s’est contenté d’appliquer la formule de revalorisation automatique du smic, sans appliquer de « coup de pouce », alors que des économistes lui recommandaient d’abandonner le système d’indexation du salaire minimum.

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Hausse de la CSG, baisse des cotisations salariales
La contribution sociale généralisée (CSG) augmentera de 1,7 point. Cette hausse concerne tous les salaires, mais aussi les revenus du patrimoine ou encore les produits de placements. Les allocations-chômage, les indemnités journalières de la Sécurité sociale ou encore les retraites bénéficiant d’un taux réduit de CSG sont en revanche épargnées.
En parallèle, les cotisations salariales maladie et chômage prélevées sur les salaires sont supprimées. La cotisation maladie (0,75 %) est supprimée dès janvier, alors que la cotisation chômage sera abaissée en deux temps (1,45 point en janvier, 0,95 point en octobre). Les salariés, à l’exception des fonctionnaires, devraient ainsi gagner en pouvoir d’achat dès le mois de janvier.
Restauration du jour de carence pour les fonctionnaires 
A partir du 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires ne sera rémunéré qu’à partir du deuxième jour. Cette disposition, mise en place par Nicolas Sarkozy en 2012, avait été supprimée en 2014 par François Hollande. L’objectif du gouvernement est de « lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an ». En comparaison, trois jours de carence sont imposés dans le privé, mais l’employeur compense souvent la perte de rémunération.

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Généralisation du bulletin de paie simplifié
Testé en 2016 dans une dizaine d’« entreprises-pilotes », appliqué ensuite aux sociétés d’au moins 300 personnes, depuis janvier 2017, le toilettage du bulletin de salaire se généralise à tous les employeurs au début de 2018. L’objectif de cette réforme était double : rendre plus compréhensible la fiche de paie, qui « bat des records de complexité » par rapport à d’autres pays européens, et en faire un « instrument de pédagogie » sur le système de protection sociale.

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          Le bulletin de paie simplifié: mode d’emploi



L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)
L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est supprimé et transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Avec ce nouvel impôt, les valeurs mobilières, comme les actions, ne sont plus assujetties à l’impôt sur la fortune. Le gouvernement espère ainsi développer l’investissement dans l’activité économique. Cette mesure phare du programme de campagne du candidat Macron lui vaut l’étiquette de « président des riches ». Pour tenter de calmer les esprits sur ce sujet hautement inflammable, le gouvernement a accepté des amendements de la majorité pour taxer les signes extérieurs de richesse (bateaux de plaisance, voitures de sport, métaux précieux).

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Une « flat tax » de 30 % sur l’épargne
Mesure parmi les plus controversées du budget 2018, l’introduction d’une « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital a été adoptée par les députés le 11 octobre, au terme de vifs débats entre la majorité et la gauche ainsi qu’une partie de la droite.
Un prélèvement forfaitaire unique de 30 % est donc mis en place sur l’ensemble des revenus mobiliers, à l’exception du Livret A, du plan épargne en actions (PEA) et des contrats d’assurance-vie de moins de 150 000 euros et gardés plus de huit ans. Les plans épargne logement (PEL) ouverts à partir de janvier y seront donc soumis.

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                Ce que la « flat tax » va changer pour vos placements



Début de la suppression de la taxe d’habitation
Le changement ne sera réellement palpable qu’à la fin de l’année 2018, au moment de payer la taxe d’habitation, mais environ 85 % des ménages (les 15 % restants ne payant déjà pas de taxe d’habitation) verront cet impôt diminuer d’un tiers en 2018. Il sera encore réduit en 2019. Emmanuel Macron a confirmé, samedi 30 décembre, lors de la signature des trois dernières lois votées au Parlement, dont celle du budget 2018, vouloir supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des ménages en 2020.
Pour bénéficier de cette baisse, un célibataire ne doit pas dépasser le plafond de 27 000 euros de revenu fiscal de référence ; 43 000 euros pour un couple sans enfant ; 54 000 euros pour un couple avec enfants.

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                Calculette : serez-vous exonéré de la taxe d’habitation en 2020 ?



Fin progressive du RSI pour les indépendants
Les indépendants verront leur régime social progressivement intégré au régime général et bénéficieront de deux baisses de cotisations (– 2,15 points sur les cotisations famille, et exonération accrue des cotisations d’assurance maladie et maternité). Pour les 6,5 millions d’assurés (commerçants, artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs, actifs comme retraités, et leurs familles) rien ne change ou presque le 1er janvier. Les règles de calcul des cotisations et prestations sont maintenues. Une « période transitoire » de deux ans est prévue pour intégrer les indépendants au régime général.
La réforme vise à améliorer le service rendu aux indépendants qui ont « perdu confiance » dans le RSI, handicapé par de nombreux dysfonctionnements depuis une réforme datant de 2008.

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                L’Assemblée vote la suppression progressive du régime social des indépendants



Logement
Hausse du prix du gaz
Les tarifs réglementés du gaz naturel, appliqués par Engie augmenteront en moyenne de 6,9 % au 1er janvier, du fait notamment de la hausse d’une taxe, selon une délibération de la Commission de régulation de l’énergie. Hors taxes, les tarifs augmenteront en moyenne de 2,3 % au 1er janvier, reflétant la hausse des prix du gaz sur les marchés de gros.
Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, les 10,6 millions de consommateurs français abonnés au gaz ont le choix entre les tarifs réglementés de l’ancien monopole et les prix de marché, proposés tant par Engie que par ses concurrents (EDF, Direct Energie, Eni, Lampiris, etc.).
Chèque énergie pour les plus démunis
Les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz sont remplacés par le « chèque énergie ». Il devrait aider 4 millions de ménages en situation de précarité à payer leurs factures. D’un montant de 150 euros en moyenne en 2018, il sera versé au printemps.

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          « Gare à la malinformation à propos du chèque énergie ! »



En septembre, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, avait précisé que ce chèque concernait les ménages avec des revenus annuels de moins de 7 500 euros pour une personne seule et de 16 100 euros pour un couple avec deux enfants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Sur son blog, Jean-Pierre Filiu estime que le président de la République, aveuglé par sa volonté de rupture avec son prédécesseur, est en train de tomber dans le piège pourtant grossier que lui tend le président syrien.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Quel est le point commun entre un footballeur et un développeur dans l’informatique ? A un certain niveau, les deux ont désormais leur agent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Les développeurs stars du web ont désormais leurs agents

Quel est le point commun entre un footballeur et un développeur dans l’informatique ? A un certain niveau, les deux ont désormais leur agent.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 14h30
    |

                            Béatrice Madeline








                        



   


Les pointures des réseaux et logiciels ont désormais leur agent. Un homme, une femme de confiance, qui gère leur carrière, négocie leurs contrats, les décharge de toutes sortes de préoccupations quotidiennes. Ludovic Hindryckx, 34 ans, en fait partie. Après treize ans de salariat, ce développeur full-stack (« à tout faire ») a choisi de se mettre à son compte. Suivant la tendance dans ce métier, où le free-lance est de plus en plus prisé, il s’est vite rendu compte que cela impliquait certaines contraintes : « Il fallait s’occuper de la création de l’entreprise, trouver une banque, trouver des clients, s’occuper des assurances… »
Des tâches chronophages pour ces experts sursollicités. Ludovic Hindryckx a donc fait appel à Top Five, une agence qui prend en charge tout ce qu’il n’aime pas faire. Et, surtout, qui lui déniche les missions : trois mois pour commencer, puis six mois et encore six mois renouvelables, lui épargnant l’aspect commercial de son métier. Ce service a un coût, bien sûr : 1 000 à 2 000 euros par mois chez Top Five, par exemple.
Un marché tendu
« Mais, à la fin du mois, je m’y retrouve très bien, assure ce professionnel des langages informatiques. La preuve, depuis que je suis free-lance, je n’ai jamais été aussi détendu ! » « Le statut d’indépendant devient la norme pour les développeurs, autant auprès des start-up que des grands groupes », confirme Rony Msika, cofondateur de Top Five. Comme souvent, la tendance vient d’outre-Atlantique. Aux Etats-Unis, 80 % des développeurs travaillent en free-lance, contre 5 % seulement en France − mais déjà 20 % de la « crème » de la profession.
Une première raison à cette montée en puissance des agents : le marché est extrêmement tendu, avec des besoins croissants du côté des entreprises, qui ne cessent de développer des projets numériques – et des start-up qui n’ont pas les moyens d’embaucher plusieurs développeurs –, et une offre limitée des écoles d’ingénieurs, qui ne « fournissent » pas assez de bataillons.
Du coup, les développeurs peuvent se permettre de choisir leurs missions. « Les très bons développeurs coûtent cher : ils peuvent facturer entre 800 et 1 500 euros la journée. La plupart acceptent rarement des CDI, ils préfèrent travailler en free-lance », ajoute Grégory Herbé, chasseur de têtes spécialisé dans le recrutement centré sur les réseaux sociaux.
La deuxième explication vient de la nature même des projets qui leur sont confiés : souvent circonscrits dans le temps, ils ne justifient pas une embauche en CDI. Et la diversité des environnements techniques ou des langages informatiques fait que chaque projet peut nécessiter une compétence différente. Il est donc plus efficace de faire appel à des free-lances.
Des contrats sur mesure
Le cœur de la mission des agents reste de trouver à leurs « poulains » des contrats correspondant exactement à leurs compétences techniques, leurs envies et aussi leur personnalité. Certains geeks ont du mal à s’intégrer à de grosses équipes, d’autres sont plus ouverts… L’agent doit aussi « optimiser » le temps de travail de son client. « Les développeurs sont un peu reclus dans leur monde, précise Grégory Herbé. Il faut qu’il y ait quelqu’un pour trier les projets qui leur sont soumis, car 90 % des propositions sont un peu bidon. Nous sommes là pour faire la négociation avec le client. »
L’agent va aussi faire en sorte que le développeur enchaîne les missions de manière fluide, sans qu’il y ait trop de journées non facturées dans l’intervalle… Avantage pour l’entreprise : « Elle est sûre que son free-lance se consacre à 100 % à sa mission et ne prospecte pas pour dénicher la suivante », note Rony Msika.
Damien Spennato, à la tête d’AgentdeDéveloppeur.com, une start-up basée à Lyon, va même plus loin dans la vision de son métier : « Notre rôle est aussi de les aider dans leur épanouissement professionnel : la plupart n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire dans cinq à dix ans. » Lui attache ainsi beaucoup d’importance à valoriser ses « clients » dans les réseaux, par exemple en suscitant des rencontres entre des développeurs aux profils similaires.
Enfin, comme dans le monde du football, les agents peuvent se charger des « transferts » internationaux. Eric Busch, PDG de Busch & Partners, un cabinet installé au Luxembourg, travaille beaucoup à l’international. « On les accompagne dans les démarches administratives, la recherche d’un logement, toutes les choses dont les jeunes comme eux n’ont pas l’habitude de s’occuper ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Agathe Charnet, sur son blog L’Ecole du Spectacle, vous propose de pousser les portes de l’Opéra ou celles des conservatoires, mais aussi de vous initier à la critique culturelle.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Spécialisée en philosophie pragmatique et en écologie politique, Emilie Hache cherche des solutions durables pour répondre à l’urgence écologique. L’une de ses pistes consiste à écouter nos émotions pour passer à l’action.
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édition abonné


En 2018, vous ne verrez plus le réchauffement climatique comme une fatalité grâce à la philosophe Emilie Hache

Spécialisée en philosophie pragmatique et en écologie politique, Emilie Hache cherche des solutions durables pour répondre à l’urgence écologique. L’une de ses pistes consiste à écouter nos émotions pour passer à l’action.



Le Monde
 |    29.12.2017 à 07h00
 • Mis à jour le
29.12.2017 à 10h24
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Vous avez été formée à la philosophie pragmatique. Comment cette discipline ­aborde-t-elle la crise écologique actuelle ?
La philosophie pragmatique est un courant anglo-saxon, principalement états-unien, radicalement empirique. Outre le fait de partir du sensible et de problèmes concrets, une de ses particularités consiste à prendre en compte les effets de ce qu’on dit. Il y a d’un côté les propositions conceptuelles que l’on peut faire à partir du monde empirique et, de l’autre, l’interrogation sur leurs éventuels effets sur le monde.
En ce qui concerne la crise écologique, le rôle de la philosophie pragmatique est moins d’apporter une réponse que de poser d’une certaine manière le problème auquel nous sommes désormais confrontés. Il s’agit d’abord et avant tout de reconnaître que nous sommes devant une inconnue. Nous n’avons aucune idée de ce qui va se passer, et il importe de résister à la tentation de se prendre pour des prédicateurs de l’avenir.
Comme le dit la philosophe Isabelle Stengers, « il n’y a qu’un seul véritable mystère en jeu : c’est la réponse que nous serons capables de créer face aux conséquences de ce que nous avons provoqué ». Le changement climatique dans lequel nous sommes embarqués requiert d’être capables de changer nos concepts, nos idées, et d’essayer en permanence d’être au plus près de ce qui arrive pour pouvoir en rendre compte et y répondre.
Précisément, comment réagir face ­à l’effondrement qui nous menace ?
La première chose à faire, c’est peut-être de questionner le concept même d’effondrement. Celui-ci est à mettre en miroir avec le concept d’anthropocène, ce sont les deux faces d’une même pièce et toutes deux posent problème.
Popularisé à la fin du XXe siècle, le terme « anthropocène » désigne l’époque de l’histoire de la Terre qui a débuté avec la révolution industrielle, lorsque les activités humaines ont commencé à avoir un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le capitaine de remorqueur Joe Gray pousse depuis vingt-neuf ans des barges de marchandises, le long de la rivière Ohio. Il a été témoin du déclin du cœur industriel de l’Amérique dans la « ceinture de rouille » du pays.
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<article-nb="2018/01/01/19-21">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Ils ou elles ont fui le Soudan, l’Ukraine, l’Irak, la Birmanie… Quatre médias européens, dont « Le Monde », ont recueilli leurs témoignages.
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2018 : espoirs et craintes de 18 réfugiés à travers le monde

Ils ou elles ont fui le Soudan, l’Ukraine, l’Irak, la Birmanie… Quatre médias européens, dont « Le Monde », ont recueilli leurs témoignages.



Le Monde
 |    01.01.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
01.01.2018 à 09h51
    |

                            Le Monde Afrique








                        



   


Réfugiés, déplacés, demandeurs d’asile, migrants : plus de 65 millions de personnes vivent ou survivent actuellement loin de chez elles. C’est presque un humain sur 100 et, si ces personnes formaient un pays, ce serait le 21e par la population.
Pour démarrer cette année 2018, Le Monde, avec ses partenaires The Guardian, El Pais et Der Spiegel, a demandé à 18 réfugiés (issus de 18 pays d’où proviennent près de 90 % de tous les déplacés) quels étaient leurs espoirs pour cette nouvelle année. Un travail soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates.
Nuela Etaku, 18 ans, Sud-Soudanais réfugié en Ouganda
Originaire de la province de Yei. Interrogé dans le camp d’Imvepi, en Ouganda, par Jason Burke. 4 millions de personnes ont fui le Soudan du Sud.
« J’aimerais que la guerre se termine et que nous puissions aller chercher mes parents. Si je dois rester ici, en Ouganda, alors j’espère que nous aurons assez à manger et que nous serons en sécurité. Mais avant tout j’aimerais commencer à être formé comme infirmier. »

   


Ahmed Khamis, 27 ans, Soudanais réfugié en France
Originaire de Nyala, au Darfour du Sud. Interrogé à Vichy, en France, par Emile Costard. 2,9 millions de personnes ont fui le Soudan.
« Ça fait bientôt deux ans que je suis en France, six mois que j’ai le statut de réfugié et ça y est, j’ai mon appartement ! Ç’a été très difficile de le trouver, mais maintenant je peux souffler un peu. Ma priorité pour 2018, c’est de trouver un travail. J’aimerais pouvoir faire venir ma femme, qui est toujours à Nyala, mais je dois d’abord avoir une situation. J’ai eu un entretien pour être conducteur de poids lourd. J’espère que ça va marcher.
J’ai dû quitter précipitamment le Soudan en 2015 après avoir subi des menaces de la sécurité nationale. J’étais alors chauffeur pour une ONG au Darfour. Les services de renseignement me demandaient de dénoncer des dissidents politiques dans les camps de réfugiés auxquels j’avais accès. J’avais une situation, des amis, une femme. Aujourd’hui je dois tout reconstruire.
Mes proches me manquent, heureusement qu’il y a WhatsApp. Je pense souvent à ma vie d’avant, à des choses très simples, la nourriture, des odeurs, des ambiances, les soirées dehors, le ramadan en famille. Pour mon pays, en 2018, j’aimerais que cessent les exactions au Darfour. On en parle peu dans la presse, mais des crimes sont commis presque tous les jours par les milices du régime. »

   


Marwa Kadhim, 29 ans, Irakienne réfugiée en Turquie
Originaire de Bagdad. Interrogée à Samsun, en Turquie, par Mona Mahmood. 5,6 millions de personnes ont fui l’Irak.
« Mon espoir pour la nouvelle année est de retrouver mes parents, réfugiés en Allemagne. Mon inquiétude quotidienne est la possibilité de perdre un autre parent cher en Irak. Mon frère a été tué en 2014.
Ce qui me préoccupe, en Turquie, c’est l’éducation de ma fille aînée [7 ans]. Elle est entrée dans une école turque et je dois lui enseigner l’arabe à la maison. La vie est trop chère en Turquie et les possibilités de travailler sont très limitées. Mon mari travaille comme ouvrier dans la construction, mais il a récemment eu des maux de dos et a mis un peu de temps à se remettre. Cependant il doit retourner sur le chantier, sinon ma petite fille [7 mois] se retrouvera affamée et tremblante dans un endroit froid et humide.
Je crains que l’école de ma fille nous soit refusée si mon mari tombe de nouveau malade. Nous sommes fatigués d’avoir souvent des nuits agitées et de ne pas savoir comment gagner notre vie. J’aimerais que l’Irak connaisse une période de paix et de sécurité, qu’on puisse emmener les enfants chez leurs grands-parents à Bagdad et visiter la tombe de mon frère. Il me manque beaucoup, c’était mon meilleur ami. »

   


Behrouz Boochani, 34 ans, Iranien détenu en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Originaire d’Iran. Il a envoyé ce message de Papouasie-Nouvelle-Guinée. 180 000 personnes ont fui l’Iran.
Le gouvernement australien a ouvert en 2012 sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, un centre de détention pour les réfugiés et demandeurs d’asile ayant tenté d’entrer sur son territoire.
« Je vous écris de Manus, une île isolée au cœur de l’océan Pacifique. Je suis en détention indéterminée ici depuis près de cinq ans, comme environ 2 000 hommes, femmes et enfants que le gouvernement australien a exilés dans les îles Manus et Nauru. En 2018, j’espère que le gouvernement australien nous rendra notre liberté.
Je rêve que tous les gens qui ont quitté leur pays à cause de la guerre, de la discrimination et des persécutions se retrouvent dans un endroit sûr qui leur donnera l’occasion de commencer une nouvelle vie. À l’échelle mondiale, tant de gens sont morts à cause de la guerre et des millions de personnes sont devenues des réfugiés. Je souhaite que 2018 soit une année de paix, de justice et de compassion pour tous les réfugiés dans le monde. »

   


Anastasia Gundar, 27 ans, Ukrainienne réfugiée en Russie
Originaire de Louhansk. Interrogée à Moscou par Jack Losh. 2,1 millions de personnes ont fui l’Ukraine.
« J’ai fui l’est de l’Ukraine en février 2015, lorsqu’il y avait des combats sévères dans le Donbass. J’espère retrouver une vie normale, une vie où je ne suis pas constamment nerveuse, où le sol ne cède pas en permanence sous mes pieds. Je crains pour ma famille à Louhansk. Les combats sur la ligne de front créent certains risques, mais je suis plus préoccupée par l’impact de la lutte pour le pouvoir entre les groupes rebelles. Plus je suis loin de ma famille, moins je peux aider et moins je comprends leur vie.
Les Ukrainiens doivent se réveiller pour cesser de tomber dans l’abîme. Peu de gens comprennent la réalité de la vie dans l’Est. Les deux camps sont coupables de crimes, mais les gens ont une compréhension très superficielle et voient tout en noir et blanc. La guerre n’est pas le problème principal de l’Ukraine, c’est la corruption. Sauf que les gens sont comme des petits rongeurs, ils courent vers le bord de la falaise et ne voient pas qu’ils se font voler. Cela doit changer. »

   


Akram Ben Boubker, 28 ans, Libyen réfugié en Italie
Originaire de Tripoli. Interrogé à Catania, en Sicile, par Lorenzo Tondo. 640 000 personnes ont fui la Libye.
Akram est arrivé en Italie en août 2014. Il est parti de Sabratah à bord d’un bateau de 13 mètres. En Libye, il était mécanicien, puis, pendant la guerre, il a perdu son atelier et a été contraint d’accumuler des dettes pour rembourser les dommages. Pendant les conflits, en 2012, il a été touché par une balle à la jambe. Il a été opéré deux fois, à Tripoli, mais sa jambe a besoin d’une troisième opération. Sans travail et avec ses créanciers qui voulaient le tuer s’il ne rendait pas chaque centime, Akram a dû fuir.
« Je ne savais plus quoi faire, je n’avais pas l’argent et Tripoli était devenu trop dangereuse. J’ai décidé de fuir pour gagner ma vie en Europe. Je n’ai pas de maison, je vis dans la rue, je dors où je peux. Pour survivre, de temps à autre, je travaille dans les champs, en cueillant des fruits et légumes. Qu’est-ce que j’attends de la nouvelle année ? Tant de choses, comme chaque année. J’espère revoir mon frère. Il est tombé malade après un accident à Milan, où il a été heurté par un tramway. J’espère trouver un emploi stable. J’ai peur de ne pas trouver un foyer. J’ai peur de devoir dormir dans la rue pour le reste de ma vie. »

   


Ayaanle Ahmed Ibrahin, 24 ans, Somalien réfugié en Italie
Originaire de Mogadiscio. Interrogé en Sicile par Lorenzo Tondo. 2,7 millions de personnes ont fui la Somalie.
« Mogadiscio est devenue impossible à vivre. Des soldats partout dans les rues, des policiers corrompus, des miliciens Chebab. Mon père est mort il y a quelques années. Mon frère a été rendu aveugle par l’effondrement de sa maison. Nous n’avions ni argent ni travail. J’étais le seul espoir de soutenir ma famille. Je suis parti avec ma femme pour la Libye.
Mon rêve ? L’année prochaine, j’espère jouer au foot, trouver une équipe ici, en Italie. Je veux vivre ici. En Somalie, je n’ai pas eu la chance de montrer mon talent sur le terrain. J’espère pouvoir le faire en Europe. Ma peur ? J’ai peur de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ma famille [il est sur le point de devenir père]. J’ai peur de ne pas trouver de travail. »

   


Ruaa Abu Rashed, 24 ans, Syrienne réfugiée en Allemagne
Originaire de Damas. Interrogée à Iéna, en Allemagne, par Eva Thöne. 12,6 millions de personnes ont fui la Syrie.
« Ma famille et moi sommes arrivés en Allemagne en novembre 2013. J’ai vu un de mes meilleurs amis mourir à la guerre et j’ai failli me noyer dans la Méditerranée. J’ai appris l’allemand et j’ai travaillé pour atteindre mon objectif : étudier la médecine pour aider les personnes dans le besoin. Comme mes notes étaient bonnes mais pas extraordinaires, j’étudie finalement la technologie médicale. Cela me plaît, mais j’ai toujours l’espoir de devenir médecin. Je vais essayer de nouveau au printemps, je croise les doigts.
Mes parents ont beaucoup de mal à s’adapter en Allemagne. Ils ont tout perdu, leur maison, leur ferme. Aujourd’hui, ils sont en sécurité mais leur vie est faite de dépendances : protection sociale, cours de langue… J’espère qu’ils pourront retrouver le sentiment d’être les créateurs de leur propre vie. Ma plus grande crainte, c’est de ne plus revoir mes grands-parents. Ils vivent toujours à Damas, où la situation est dangereuse et la vie difficile. L’électricité est coupée régulièrement et les choses de base comme la nourriture deviennent de plus en plus chères. »

   


Abubakkar Yousafzai, 27 ans, Pakistanais déplacé à Karachi
Originaire de Bruner, dans la province du Swat. Interrogé à Karachi par Nosheen Abbas. 1,3 million de personnes ont fui le Pakistan ou y sont des déplacés internes.
« Je suis venu à Karachi et j’ai beaucoup lutté, j’ai soutenu mes deux frères et ma sœur. Je travaille avec une ONG dans le domaine de l’éducation. Nous faisons du travail de sensibilisation, mais nous sommes menacés par les talibans et par les forces de sécurité. Les services secrets nous prennent pour des espions et les talibans nous détestent.
Je n’ai pas de grands espoirs. Le truc, pour 2018, c’est plutôt de devenir réaliste. J’espère que le gouvernement sera stable, la société fonctionne mieux quand règnent la loi et l’ordre. La sécurité s’est un peu améliorée, mais les extrémistes ciblent toujours les gens. Si la situation actuelle se poursuit, le terrorisme reviendra et les mêmes incidents se reproduiront. J’espère que cela changera. »

   


Busine Diouf (nom d’emprunt), Centrafricaine déplacée à Bangui
Originaire de Bangui. Interrogée dans le camp de réfugiés de l’aéroport de la capitale par Rebecca Ratcliffe. 969 000 personnes ont quitté la Centrafrique ou y sont des déplacés internes.
« J’ai fui ma maison le 25 décembre 2013. Les miliciens de la Seleka sont venus dans mon quartier avec beaucoup de voitures, beaucoup de fusils, ils ont attaqué tout le monde et ont commencé à brûler des maisons et à tuer de jeunes hommes. Je suis partie avec ma famille pour aller au camp de réfugiés près de l’aéroport.
Quand je me suis enfuie, je n’ai rien pris, alors après un certain temps je suis retournée chez moi chercher des affaires et des vêtements. J’étais seule. Je n’ai pas vu que quatre hommes se cachaient près de la maison. Ils m’ont attaquée, m’ont violée un par un. L’un des hommes voulait me tuer, mais les autres l’en ont empêché. Puis ils sont montés dans une voiture et sont partis.
J’ai été découverte par des femmes qui étaient en route pour le camp de réfugiés. Il y avait un hôpital dans le camp, mais pas assez de médicaments. Je n’ai pas eu de test de dépistage de la maladie. J’aimerais obtenir justice et punir ces hommes. Mais je ne connais pas leurs visages. Même si je portais plainte, ça ne marcherait pas. Cela me fait beaucoup de mal.
Ce que je veux maintenant, c’est reconstruire ma vie. Je veux recommencer une nouvelle affaire. Je veux vraiment qu’on m’aide à commencer une nouvelle vie. »

   


Narul Amin, 12 ans, Birman réfugié au Bangladesh
Originaire de Tula Toli, dans la banlieue de Maungdaw, dans l’Etat de Rakhine. Interrogé dans le camp de réfugiés de Balukhali, au Bangladesh, par Poppy McPherson. 923 000 personnes ont fui la Birmanie.
« Je ne suis pas heureux au Bangladesh. Mon pays et mon village me manquent tellement. J’ai laissé deux chèvres, Lal Fari et Hasha, dont je me suis occupé quand elles étaient petites. Je ne sais pas si elles sont vivantes ou mortes. Je dois retourner en Birmanie et vivre à nouveau dans notre village. Si le gouvernement birman nous rend nos droits, nous serons en sécurité là-bas. J’aime aller à l’école. Sinon, je n’aime rien ici au Bangladesh. Je veux être une personne instruite. Une personne très instruite, comme un mollah. Mon grand-père était mollah très célèbre et je veux être comme lui. »

   


Edward Mola Rushambara, 24 ans, Congolais réfugié au Kenya
Né dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, dont il n’a pas bougé. Interrogé là par Verity Bowman. 3,5 millions de personnes ont fui la République démocratique du Congo (RDC) ou y sont des déplacés internes.
« Ma mère a fui la RDC parce qu’elle craignait d’être emprisonnée ou peut-être tuée. Quand elle s’est enfuie, elle était enceinte de moi. Dans le camp, c’est très dur. Le pire, c’est pour les enfants, parce qu’ils ne savent pas ce qui se passe.
En 2018, si Dieu pouvait se souvenir de moi et me faire installer hors du camp, dans un pays développé, ce serait une bonne chose pour moi. Je pourrai retourner à l’école, obtenir de bonnes notes et réaliser mon rêve : travailler dans l’humanitaire, avec des enfants, partout dans le monde. » 

   


Taqiah Ali Mansour, 45 ans, Yéménite déplacée à Sanaa
Originaire de Taïz. Interrogée au camp de Khamer, à Sanaa, par Ahmad Algohbary. 3 millions de personnes ont fui le Yémen ou y sont des déplacés internes.
« J’espère retourner chez moi, dans mon village, que quelqu’un m’aidera à reconstruire ma maison de toutes pièces et que la guerre prendra fin en 2018, car nous sommes dévastés. J’espère que je pourrai revoir ma famille, qui vit dans la ville de Taïz, où mon mari a été tué alors qu’il rentrait chez lui.
Ma santé s’est détériorée, je n’ai pas reçu de soins médicaux. Je suis vraiment triste que la guerre ait ravagé ma maison et ma vie. J’espère que l’Arabie saoudite mettra fin à ses bombardements et à son siège. J’espère également que les forces soutenues par les Houthi et les Hadi cesseront les combats et nous laisseront vivre en paix. »

   


Olivier N., 19 ans, Burundais réfugié en Ouganda
Originaire de Bujumbura. Interrogé au camp de Nakivale, en Ouganda, par Verity Bowman. 742 000 personnes ont fui le Burundi.
« J’espère que 2018 concrétisera mon rêve de poursuivre mes études, que ma passion pour la course à pied se réalisera, mais surtout que le Burundi redeviendra pacifique pour que les Burundais puissent y vivre ensemble sans peur d’être tués ou injustement emprisonnés. Etre loin de mon pays, de ma famille et de tout ce que j’avais est dur, mais j’ai de la chance et je remercie Dieu d’avoir pu fuir en Ouganda, où j’ai trouvé refuge depuis deux ans et demi. »

   


Orlando Burgos Garcia, 52 ans, Colombien déplacé à Bogota
Originaire de Barrancabermeja, près de Santander. Interrogé à Bogota. 7,7 millions de personnes ont fui la Colombie ou y sont des déplacés internes.
« Personnellement, j’ai peur que 2018 ne soit pas différente des autres années. J’ai été déplacé pour la première fois en 2000 et je n’ai toujours pas de qualité de vie digne de ce nom. Ceux d’entre nous qui ont été déplacés et qui ont fui sans rien n’ont toujours pas de soutien du gouvernement. Je suis une victime aux yeux de la société colombienne et cela signifie un statut inférieur.
J’espère que les miens continueront à se battre pour leurs droits. Heureusement, mes enfants travaillent maintenant et construisent une vie loin de là où nous avons été déplacés. Mais des familles comme la nôtre souffrent de traumatismes. La guerre [entre le gouvernement et les FARC] nous a fait du mal et nous avons besoin d’aide pour accomplir notre vie.
Je travaille depuis longtemps avec les personnes déplacées. Le gouvernement a adopté une loi sur les victimes en 2011, mais ce n’est qu’un écran de fumée. Il dit que les personnes déplacées recevront une indemnisation, mais ce n’est pas vrai. J’espère que la communauté internationale nous écoutera, mais je crains que nous ne continuions de vivre dans cette incertitude sur nos droits et notre sécurité. »

   


Aives Samuel Maiorana Flores, 34 ans, Vénézuélien réfugié en Espagne
Originaire de Barquisimeto. Interrogé à Madrid par Laura Delle Femmine. 52 000 personnes ont fui le Venezuela.
« Mon pays va de mal en pis. Il n’y a pas de médicaments, pas d’argent, pas de liberté. Il n’y a rien. Mon souhait pour 2018 est que la situation s’améliore, que la reconnaissance des droits soit rétablie, qu’il y ait une véritable démocratie. J’espère vraiment que ça arrivera vite, mais je n’y crois pas. Le Venezuela est dans une impasse. Le seul moyen est de changer de Constitution.
L’année 2018 sera déterminante pour moi, car je verrai si l’Espagne accepte ma demande d’asile. J’étais avocat et je fais une maîtrise en Espagne. Si la réponse est négative, je ne sais pas quoi faire.
Au Venezuela, j’avais peur tous les jours. J’ai reçu des menaces à la fois parce que j’étais homosexuel et pour mon idéologie, j’ai été enlevé par les militaires pour avoir participé à une manifestation de l’opposition. Ma vie ici est beaucoup plus calme, sur le plan personnel et émotionnel, mais je crois que chaque migrant aspire à mourir dans son pays. J’espère retrouver ma famille et mes amis et reprendre cette vie que j’ai laissée derrière moi. »

   


Deborah Morphus, 24 ans, Nigériane réfugiée au Tchad
Originaire de l’Etat d’Adamawa. Interrogée au camp de Baga Sola, au Tchad. 3,2 millions de personnes ont fui le Nigeria ou y sont des déplacés internes.
« Je suis venue ici à cause de Boko Haram, qui a attaqué notre village. Nous nous sommes enfuis, mais ma mère était trop vieille pour fuir, alors ils l’ont tuée. Il n’y a pas de paix dans notre village, Boko Haram y est toujours. Certains y sont retournés : ils ont peur mais ils ont des emplois là-bas. Mon père y est toujours. Je l’appelle toutes les semaines. Je demande toujours des nouvelles et si les gens sont vivants ou morts. Je ne veux pas retourner au Nigeria, je n’aime pas la vie là-bas, il n’y a pas de paix. J’aimerais avoir l’argent pour aller voir mon père, mais je ne resterai pas. »

   


Nasrat, 17 ans, Afghan réfugié en Suède
Originaire d’Afghanistan. Interrogé à Floda, en Suède, par Catherine Girouard. 5,2 millions de personnes ont fui l’Afghanistan.
« Nous rêvons juste de pouvoir vivre dans un pays où nous n’aurons pas peur de mourir. Je rêve de pouvoir faire sortir mon frère de 7 ans de l’Afghanistan. Il place beaucoup d’espoir en moi, mais il ne sait pas que j’ai reçu un avis d’expulsion.
Nos parents ont été tués par les talibans. Nous avons le droit de demander trois fois une révision de la décision d’immigration [en Suède], mais après trois refus, nous sommes arrêtés et mis dans un avion. Je fais trop de cauchemars. »

   





                            


                        

                        

