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- Publié le 08/12/2009 à 11:31 - Modifié le 08/12/2009 à 18:41

En plein coeur d'un débat menacé de dérapage et critiqué à gauche comme à droite, Nicolas Sarkozy a défendu mardi sa conception de l'identité nationale comme "antidote au communautarisme" et a mis en garde contre toute "provocation" dans les pratiques religieuses.

Alors que les députés s'apprêtaient à entrer dans la discussion en fin d'après-midi, le chef de l'Etat, qui avait laissé vendredi son Premier ministre François Fillon s'exprimer à sa place, est sorti de son silence dans une tribune au quotidien Le Monde pour tenter de la recadrer.

Très attendu sur la question, qui a enflammé le débat en France, Nicolas Sarkozy s'est d'abord refusé à critiquer le vote des Suisses contre les minarets, estimant qu'il reflétait des "préoccupations" largement partagées.

"Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français", qui "sont accueillants, sont tolérants (...) mais ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", a-t-il écrit.

A l'inverse de son ministre de l'Industrie Christian Estrosi, le chef de l'Etat ne s'est pas prononcé clairement contre les minarets mais a appelé tous les croyants à "se garder de toute ostentation ou de toute provocation".

S'il a assuré aux Français musulmans qu'il ferait "tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres", il les a avertis que "dans notre pays où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde (...) tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France".

Une allusion au port de la burqa, dont il avait déjà dit à la mi-novembre dans la Drôme, qu'elle n'avait "pas sa place" en France.

Nicolas Sarkozy s'en est aussi pris aux "réactions excessives" suscitées par le vote suisse. Elles cachent une "méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple", comme celles "qui ont accueilli le rejet de la Constitution européenne en 2005", a-t-il estimé.

"Comment s'étonner du succès des extrêmes quand on ne prend pas en compte la souffrance des électeurs ?", s'est interrogé le chef de l'Etat, en reprenant l'argumentaire de sa campagne présidentielle de 2007 qui lui avait permis de rallier de nombreux électeurs du Front national.

Insistant sur le "besoin d'appartenance" exprimé par le vote suisse, il a justifié une nouvelle fois le débat sur l'identité nationale, un "antidote au tribalisme et au communautarisme".

Contre le "communautarisme", défini comme le "choix de vivre séparément", il a défendu le "métissage" et "la volonté de vivre ensemble", insistant sur l'obligation de "respecter ceux qui arrivent" comme "ceux qui accueillent".

Après celle de François Fillon vendredi, la mise au point du président est intervenue peu avant le débat prévu à l'Assemblée sur ce thème, de plus en plus controversé après le dérapage public d'un maire UMP.

Aux voix outrées de la gauche qui, comme Claude Bartolone (PS), n'y ont vu qu'un "amalgame insupportable entre immigration et identité nationale" se sont ajoutées les réticences d'une partie de l'UMP. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a ainsi réclamé "plus de rigueur intellectuelle" pour "éviter le populisme".

Premier à réagir mardi, le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a dénoncé dans la sortie présidentielle "un acte d'escalade dans les surenchères identitaires franchouillardes".

Plusieurs députés de la majorité contestaient mardi, dans les couloirs de l'Assemblée, l'opportunité du débat sur l'identité nationale, certains redoutant même, comme Maurice Leroy (NC), "un effet boomerang".

"A force de jouer avec l'identité nationale, il peut y avoir un effet boomerang dont on mesurera les premiers effets aux élections régionales; on ne joue pas avec le Front national !", a lancé M. Leroy, vice-président de l'Assemblée.

Pour Jean-Pierre Grand (UMP, villepiniste), ce débat est "un merveilleux appel d'air pour le Front national. Je le regrette profondément. L'identité nationale est un débat dangereux, inutile, qui ne fait pas honneur à la classe politique".

Autre députée villepiniste, Marie-Anne Montchamp estime que le débat, tel qu'il a "été posé, tombe à plat et fait un court-circuit avec l'opinion". Même si elle voit dans la tribune de Nicolas Sarkozy dans le Monde "un apaisement on ne peut mieux venu", "la France, aujourd'hui, a d'autres problèmes, de vrais points de souffrance".

Sans surprise, la gauche condamne le débat, même si elle participera à la discussion programmée dans l'hémicycle.

La tribune "est une séance de rattrapage", juge le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. "Mais il aurait mieux fait de ne pas ouvrir un débat qui divise. Il essaie de corriger le tir, mais le mal est fait".

"C'est un mauvais débat qui n'a pas lieu d'être. Il y a bien d'autres problèmes!", a lancé Yves Cochet (Verts).

Le porte-parole des députés PCF, Roland Muzeau, affirme avoir trouvé la tribune du président "atterrante": "Tout le long de son propos, on est dans le religieux. On est dans la stigmatisation de l'islam". Il "vient renforcer les ultras de sa majorité".

Claude Bartolone (PS) juge que cette tribune, "bien écrite", "donne l'impression d'un observateur et non du président de la République".

Par Philippe ALFROY

15Commentaires

ango le 08/12/2009 à 20:31

Mise en scène

Une grande majorité de Français approuvera certainement le contenu de son discours. Seul problème, les promesses d'aujourd'hui ne l'engagent pas pour demain et depuis 2 ans et demi qu'il est à la tête du pays peu de choses ont changé au quotidien en matière de fermeté face à la dérive délinquante et affirmation de l'identité française face au communautarisme musulman puisqu'il faut bien appeler un chat un chat.

thecho le 08/12/2009 à 19:31

Bien sûr

Nicolas Sarkozy a raison, il faut que les gens qui vivent en France se sentent Français.
Sinon ils n'ont rien à faire en France. Tout le monde est d'origine étrangère ou a un proche d'origine étrangère. Ce n'est pas une raison de ne pas se sentir Français.

Illitch le 08/12/2009 à 19:19

La religion dans le domaine privé

Une certaine représentation de l'islam faites de prières publiques (à Barbès, à Puteaux ou a Marseille) en piscines réservées (Lille ou Vigneux), de hijabs en burqas, n'est pas conforme à l'image de tolérance que peut parfois se donner la religion musulmane. La religion appartient au domaine privé et un minaret c'est une intrusion sur le champ public.
La Marseillaise sifflée, les tentatives d'intimidation d'enseignants au nom de la "liberté de croire sont d'autant d'avancées guerrières d'un islam conquérant qui fait du prosélytisme sur les espaces que laisse la République.

clair le 08/12/2009 à 18:49

Les mots et les actes

L'identité ? Quelle identité ? Poser la question de l'identité, c'est admettre que l'on ne sait plus de quelle identité on parle. Tout est recevable si les choses sont dites clairement et si la transparence des intentions est là. Ce n'est pas le cas. Un exemple ? Ce mardi 8 Décembre, dans les collèges et lycées de Corse, on fête "a festa di a nazione". Traduisez : "la fête de la Nation". Sous entendu, la Nation corse. Cela se passe dans des établissements de l'école de la "République", "fête" estampillée par le Rectorat, donc par l'État. Comment voulez vous que les gens et les jeunes en particulier, s'y retrouvent ? Que leur dit on ? Une nation corse opposée à un nation française ? Ou bien, une nation corse, à coté de ? Ou des nations, à l'intérieur de la Nation ? A la recherche de l'identité nationale, on trouve une confusion entretenue.

jaggerone le 08/12/2009 à 17:52

Ok !

Et maintenant ... des actes !

Dirty Larry le 08/12/2009 à 16:05

Du comportement

Choisir d'aller vivre dans un autre pays que le sien suppose que l'on accepte de se plier à certaines règles et de suivre certaines « coutumes », et a fortiori, si l'on décide de s'y installer pour une longue période. Ainsi, si demain je devais pour une raison ou une autre aller vivre en Arabie Saoudite, il est évident que j'inciterais mon épouse à prendre garde à sa tenue vestimentaire afin de ne pas choquer les Saoudiens, tout comme je me déchausserais avant d'entrer dans une mosquée. Pour autant, cela ne veut pas dire que j'abandonnerais totalement ma culture française et judéo-chrétienne. Si je ne souhaite pas me plier aux règles locales, alors je reste chez moi ! Les fondements de l'identité nationale ne sont ni raciales, ni religieuses, mais bien comportementales. Nous sommes en France, et même si l'Etat est laïc, notre culture est profondément marquée par plusieurs centaines d'années de judéo-christianisme. Ainsi, de nombreuses villes aux quatre coins de notre pays portent des noms de Saints (Saint-Etienne, Saint-Denis, Saint-Omer, Saint-Jean de Luz), faudrait-il pour faire plaisir à quelques intégristes débaptiser ces villes ? Il me semble normal, lorsque l'on vit en France, de ne pas être polygame, de ne pas exciser les petites filles, de ne pas lapider les femmes infidèles, etc. Nous avons des lois, et le respect de ces lois est la condition sine qua non de l'appartenance à la grande communauté nationale, et celui qui les enfreint doit être puni, quelle que soit sa religion, quelle que soit sa race et quelle que soit sa nationalité. [...]

Aberto le 08/12/2009 à 15:55

Provocations, il sait de quoi il parle

Des qu'un avion s'écrase, le voila qui parade sur son trône dans les lieux de cultes officiels de la République, dédaignant le devoir de réserve et la laïcité de base. Le tout en famille (la famiglia) devant les caméras de TV. Le CSA ne bronche pas, l'assemblée non plus, les commentateurs sont muets. Si on observe en détail, ce jour -la il aurait bien voulu faire un discours, et même empoigner l'évêque au bras, comme il l'avait fait, manquement a la réserve, a St Jean de Latran, lors de visites officielles au pape en compagnie d'intellecuels d'envergure: JM Bigard, et D. Perben. Les dépêches précisent qu'il est même allé a la messe. C'est pas de l'ostentation ?

L'ancien (Jacques) lui nous faisait le coup de la chapelle à Bormes les Mismosas régulièrement, pas mieux.

C'est ça l'ostentation, pas un minaret qui dépasse ou un clocher qui sonne.

alpha le 08/12/2009 à 15:00

Comment s'étonner du succès des extrêmes quand on

Il en a de bonne notre président. Qui lui a écrit son texte ? Parce que dans les actes, la souffrance des électeurs, il l'entretient avec passion.

Bourdoc le 08/12/2009 à 14:19

Je suis d'accord....

.... avec les termes de l'analyse de N.Sarkozy. De dire cela est courageux. Mais maintenant il faut joindre les actes aux paroles. De ce fait prendre les mesures nécessaires à la prise de conscience des citoyens quels qu'ils soient.

babette56 le 08/12/2009 à 14:00

Certes, tout cela est juste !

C'est tout de même ce même Sarkozy qui a contrecarré le Non français ( Constitution européenne) et modifié, sans l'avis du peuple le Traité de Lisbonne, c'est aussi lui qui a dit au lendemain du Non irlandais, qu'ils devraient revoter ! Le peuple bafoué ? N. Sarkozy n'a-t-il pas tout fait pour dire que les grèves n'auraient aucun effet, et que le peuple pouvait bien manifester, qu'il l'entendrait mais ne l'écouterait pas!! Alors...Entre ce qu'on dit et ce qu'on fait, il y a une botte de 7 lieues.

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