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   Discours de la place du Trocadéro, Paris (01/05/2012)
   Mes chers concitoyens,
   Écoutez le Général de Gaulle. C’était le 1er mai 1950 devant la foule
   des Français de toutes
   conditions réunie sur la pelouse de Bagatelle !
   « A la bonne heure ! Nous sommes bien vivants ! Il n’est que de nous
   voir pour rtre sûr que
   notre peuple n’est aucunement disposé à terminer sa carrière. Il n’est
   que de nous voir pour
   discerner où les travailleurs mettent aujourd’hui leur espérance. La
   masse immense que
   voilà prouve aux insulteurs que rien n’est perdu pour la France. ª
   Avec le Général de Gaulle ils écrivaient l’Histoire.
   Nous aussi !
   Face aux insulteurs qui nous ont dénié le droit de parler aux Français
   le 1er mai comme s’ils
   en étaient les propriétaires, le Général De Gaulle nous a montré la
   voie.
   Regardez les cortèges !
   Ils ont choisi de défiler avec le drapeau rouge !
   Nous avons choisi de nous rassembler sous le drapeau tricolore !
   Ce drapeau tricolore c’est celui de Lamartine quand il disait :
   « Le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec nos libertés et nos
   gloires alors que le
   drapeau rouge n’a fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le
   sang du peuple ! »
   Je n’accepterai jamais de recevoir des leçons de morale de la part de
   ceux qui brandissent
   le drapeau qui a été l’étendard de tant de tyrannies et qui a enveloppé
   dans ses plis parmi
   les plus grands crimes de l’Histoire.
   Le drapeau rouge, c’est le drapeau d’un parti.
   Le drapeau tricolore, c’est le drapeau de la France.
   A ceux qui préfèrent leur parti à la France, nous opposerons toujours
   ceux qui préfèrent la
   France à
   leur parti.
   Si nous sommes réunis ici en ce 1er mai, jour de la Frte du travail,
   c’est bien parce que nous
   assumons la France dans toute sa diversité, parce que nous assumons
   toute son histoire,
   toutes ses familles spirituelles, toutes ses sensibilités.
   Il n’y a pas pour nous un peuple de droite et un peuple de gauche.
   Il n’y a pas pour nous une histoire de droite et une histoire de
   gauche.
   Il n’y a pas aujourd’hui, dans la rue, d’un côté les héritiers des
   Canuts lyonnais, des mineurs
   de

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   Germinal, des défenseurs de Dreyfus et de l’autre côté, les héritiers
   des maîtres de forges et
   des antidreyfusards.
   Il n’y a pas d’un côté les héritiers de la Révolution, du Front
   Populaire et du Conseil National
   de la Résistance, et de l’autre côté les héritiers de ce qu’il y a eu
   de pire dans l’histoire de
   France.
   Je n’ai pas entendu monter des cortèges où l’on brandissait des
   drapeaux rouges la grande
   voix de Jaurès défendant les mineurs de Carmaux, ni la grande voix de
   Léon Blum
   réclamant les congés payés, ni celle de Jean Moulin devant le CNR, ni
   celle de Zola
   demandant justice pour Dreyfus.
   Je n’ai pas entendu plaider la grande cause des travailleurs.
   J’ai entendu surtout des slogans politiques.
   Mais je veux le dire à tous ceux qui nous contestent le droit de nous
   rassembler aujourd’hui :
   nous nous considérons comme les héritiers de ceux qui ont lutté pour le
   droit de grève, pour
   la liberté syndicale et pour les congés payés.
   Nous nous considérons comme les héritiers de ceux qui ont défendu
   Dreyfus et de ceux qui
   ont créé la sécurité sociale.
   Je veux le dire à tous ceux qui ont défilé aujourd’hui, non pas pour le
   travail mais contre
   nous : nous nous considérons comme acteurs du progrès social autant que
   vous et sans
   doute plus que vous.
   Vous avez abîmé le travail en prétendant le défendre.
   Vous avez appauvri les travailleurs en prétendant les protéger.
   Vous avez fait les 35 heures.
   Vous avez avancé l’kge de la retraite à 60 ans sans en avoir le 1er
   centime.
   Vous avez alourdi le coût du travail.
   Je le dis aux partis de la gauche et aux syndicalistes qui se sont
   fourvoyés dans la politique :
   nous sommes tous les héritiers de ceux qui se sont battus pour nos
   droits, pour notre dignité
   et pour notre liberté. Mais ce que vous avez fait ne vous donne aucun
   titre à vous en arroger
   le monopole.
   Les 35 heures ont non seulement affaibli nos entreprises mais elles ont
   aussi détruit des
   centaines de milliers d’emplois.
   La retraite à 60 ans a mis notre système de répartition au bord de la
   faillite.
   L’alourdissement du cot du travail accélère les délocalisations et
   pèse sur le pouvoir
   d’achat.
   Vous voulez continuer à faire financer la protection sociale par le
   travail. C’est une erreur
   économique qui met en danger les emplois de ceux qui sont exposés à la
   concurrence
   étrangère.
   Vous essayez de faire croire que nous pouvons sortir de la crise sans
   effort. Vous mentez
   aux travailleurs parce que si l’on ne s’en sort pas par le travail,
   c’est le pouvoir d’achat que
   vous remettez
   en danger.
   Vous refusez le partage des bénéfices entre les actionnaires et les
   salariés comme vous
   avez refusé la participation au Général De Gaulle parce qu’au fond vous
   n’avez pas
   abandonné la lutte des classes qui dresse les uns contre les autres les
   ouvriers et les
   patrons.

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   Je veux m’adresser aux syndicats.
   Je veux leur dire qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté syndicale.
   Je veux leur dire que dans une société comme la nôtre où les tensions
   sont si vives, où la
   difficulté à s’écouter et à se parler est si grande, le dialogue social
   est à mes yeux
   indispensable.
   Tout le monde a quelque chose à gagner à la discussion.
   Tout le monde a quelque chose à apprendre de celui qui a un point de
   vue différent, une
   expérience différente.
   Tout le monde a quelque chose à gagner à l’effort pour trouver un
   accord.
   Sans doute faut-il réfléchir à d’autres formes de négociation
   collective, à d’autres manières
   de travailler ensemble comme cela se faisait jadis quand Jean Monnet et
   le Général De
   Gaulle mettaient
   en avant l’ardente obligation du Plan. Je n’oublie pas quel rôle
   décisif ont joué les
   partenaires sociaux
   dans la reconstruction de l’après-guerre et dans les Trente Glorieuses.
   Pour affronter la mondialisation, pour faire face aux bouleversements
   incessants du monde
   et aux crises gigantesques qui ébranlent les nations et les continents,
   pour inventer le
   nouveau modèle social qui permettra à la France de rééditer au XXIe
   siècle l’exploit des
   Trente Glorieuses, toutes les forces vives de la nation doivent être
   mobilisées.
   Pour faire face, la France doit être soudée, la France doit être unie,
   la France doit se
   rassembler.
   Alors, je le dis aux syndicats : posez le drapeau rouge et servez la
   France, servez les
   travailleurs qui vous font confiance. Car il n’y aura pas d’avenir pour
   les salariés, il n’y aura
   pas d’avenir pour le travail, il n’y aura pas d’avenir pour notre
   protection sociale si la France
   s’affaiblit, si la France s’appauvrit, si la France décroche.
   On ne peut pas séparer le destin de chacun du destin de tous. Il n’y a
   pas d’un côté des
   destins individuels et de l’autre, le destin de la France. Les deux
   sont liés.
   Laissez les partis ! Ceux que vous soutenez ne vous le rendront pas.
   Laissez les partis ! Votre rôle n’est pas de faire de la politique.
   Laissez les partis ! Votre rôle n’est pas de défendre une idéologie.
   Votre rôle est de défendre
   les salariés, de défendre le travail.
   Laissez les partis ! Dans la République, ce ne sont pas les syndicats
   qui gouvernent. C’est le
   gouvernement. Ce ne sont pas les syndicats qui font la loi. C’est le
   Parlement.
   Dans la République, c’est le peuple qui décide.
   Dans la République, quand il y a blocage, on donne la parole au peuple.
   C’est cela la
   République !
   Laissez le drapeau rouge et laissez les partis !
   Remplissez la mission qui est la vôtre dans une démocratie !
   Remplissez la mission qui est la vôtre dans la République !
   En regardant le monde tel qu’il est,
   En construisant l’avenir sur les réalités,
   En comprenant que dans un monde qui bouge autant, il n’est pas possible
   de rester
   immobiles.
   Si nous voulons que rien ne change quand tout change autour de nous,
   nous perdrons tout.
   C’est tromper les salariés. C’est mentir aux salariés que de leur faire
   croire que l’on peut
   faire l’économie du changement. Et c’est leur faire prendre un risque
   énorme.

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   Regardez ce qui arrive aux pays qui n’ont pas fait à temps les
   changements nécessaires, qui
   n’ont pas pris à temps les décisions qui s’imposaient.
   Regardez ce qui se passe en Grèce et en Espagne ! A la fin, c’est
   toujours le travail qui
   paye.
   Regardez l’explosion du chômage, la baisse des salaires, la baisse des
   retraites !
   Qui veut cela pour la France ?
   Qui veut cela pour les salariés français ?
   Qui veut cela pour les retraités qui ont travaillé toute leur vie ?
   Je veux un nouveau modèle social où les syndicats, au lieu d’rtre une
   force de conservation,
   seront une force de transformation sociale, mais où la négociation
   collective descendra
   jusque dans l’entreprise, où il sera possible, avec l’accord de tous,
   de déroger aux règles
   générales quand le carnet de commandes de l’entreprise l’exigera.
   Je veux un nouveau modèle français où chacun prendra ses
   responsabilités, où l’entreprise
   ne sera plus mise en difficulté simplement parce que les règles
   générales seront inadaptées
   à son cas particulier.
   Je veux un nouveau modèle Français où les rapports sociaux dans
   l’entreprise seront
   différents, où le rôle des syndicats dans l’économie sera différent, où
   il y aura davantage de
   souplesse mais une souplesse négociée qui permettra d’éviter bien des
   faillites, bien des
   licenciements, bien des conflits,
   bien des souffrances.
   Mes chers concitoyens,
   Si nous avons voulu nous rassembler aujourd’hui, ce n’est pas pour
   manifester contre
   quiconque.
   Si nous avons voulu nous rassembler aujourd’hui, c’est parce que pour
   nous, dans les choix
   que nous allons devoir faire pour l’avenir, la question du travail est
   centrale.
   C’est par le travail que nous sortirons de la crise.
   C’est par le travail que nous rembourserons nos dettes.
   C’est par le travail que nous retrouverons le chemin de la croissance.
   C’est par le travail que nous garantirons le pouvoir d’achat.
   C’est par le travail et par le mérite que nous pourrons reprendre la
   maîtrise de notre destin
   individuel et collectif.
   Je veux un nouveau modèle social français où le travail sera reconnu
   comme valeur, où l’on
   ne découragera pas le travail, où l’on n’emprchera pas ceux qui veulent
   travailler de
   travailler, où l’on ne partagera pas le travail parce que c’est le
   travail qui crée le travail, où le
   travail ne sera plus abîmé par les dumpings et les concurrences
   déloyales, où le travail sera
   protégé.
   Si j’ai mis les frontières au centre de mon projet c’est parce que les
   frontières expriment ce
   refus du laisser-faire et du laisser-aller.
   Si il n’y a plus de frontières entre l’Europe et le reste du monde,
   Si tout est ouvert,
   Si le rapport aux autres n’est plus maîtrisé,
   Si entre chez nous et chez les autres, entre le dedans et le dehors, il
   n’y a plus rien,
   Si le travail français avec toutes ses charges, avec toutes ses règles
   est mis en concurrence
   avec le travail de pays qui ne respectent aucune règle, qui pratiquent
   des dumpings

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   monétaires, sociaux, environnementaux, où les salaires sont très bas,
   où il n’y a pas de
   sécurité sociale, pas de droit du travail, où l’on fait travailler les
   enfants, les prisonniers,
   comment le travailleur français et Européen pourront-ils résister ?
   Comment demander à un ouvrier de l’industrie de travailler davantage,
   de faire des efforts de
   productivité s’il doit vivre toujours dans l’angoisse de la
   délocalisation parce qu’il sait que
   tous les efforts qu’il pourra faire ne compenseront jamais l’iniquité
   de la concurrence ?
   Se résigner à l’effacement des frontières, c’est le premier acte par
   lequel une nation renonce
   à maîtriser son avenir.
   Il faut des frontières à l’Europe.
   Il faut des frontières à la France.
   Non pour s’enfermer, mais pour s’affirmer dans le monde. Pour clarifier
   les rapports avec les
   autres.
   La frontière, c’est le droit opposé à la force.
   C’est la règle opposée au désordre.
   C’est la régulation au lieu du laisser-faire.
   Les frontières, cela peut paraître loin des préoccupations quotidiennes
   de ceux qui se lèvent
   tôt et
   qui travaillent dur.
   Pourtant, ce sont bien les conditions de la concurrence qui rendent la
   vie si dure et c’est
   notre capacité à nous protéger qui la rendra moins dure.
   Si l’euro est trop fort,
   si l’immigration n’est pas maîtrisée aux frontières de l’Europe,
   si nos marchés publics sont ouverts alors que les autres ne le sont
   pas,
   si nous ne pouvons pas en réserver une part à nos PME,
   s’il n’y a pas de traçabilité des produits que nous importons,
   alors la vie pour ceux qui travaillent continuera d’rtre difficile,
   alors tous ceux qui travaillent continueront de percevoir l’avenir non
   comme une promesse
   mais comme une menace.
   Je veux un nouveau modèle social français où tous les secteurs se
   sentiront solidaires les
   uns des autres, où tout le monde aura conscience que c’est en faisant
   front ensemble que
   l’on pourra relever le défi de la mondialisation, que la compétitivité
   de la Nation se fabriquera
   tout autant dans le secteur exposé à la concurrence que dans le secteur
   abrité et que l’on
   peut ni les séparer ni les opposer, même si les premiers ont davantage
   besoin d’rtre
   protégés que les seconds parce que lorsque l’entreprise ferme, ils
   perdent tout.
   Je veux un nouveau modèle social français où le travail sera enrichi
   par la formation, par
   l’innovation, par l’investissement, où chaque jeune pourra choisir
   l’alternance comme une
   filière d’excellence, où chacun pourra obtenir un stage dans une
   entreprise où le mur qui se
   dresse entre l’entreprise et le jeune apprenti qui n’a pas de relations
   sera abattu.
   Je veux un nouveau modèle français où plus aucun enfant n’entrera au
   collège sans savoir
   lire, écrire et compter, où l’école sera attentive aux fragilités de
   chacun, où les professeurs
   seront davantage présents au collège et au lycée pour que les élèves
   puissent s’appuyer sur
   eux.
   Je veux un nouveau modèle français où l’État ne sera plus un État
   bureaucratique mais un
   État entrepreneur servant d’appui à tous les entrepreneurs et à tous
   les créateurs.
   Je veux un nouveau modèle français où parce que le travail sera plus
   créatif, plus productif,
   il sera plus compétitif, plus fort face à la concurrence.

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   Je veux un nouveau modèle français où le coût du travail sera allégé,
   où tout le monde aura
   compris que plus le travail coûte cher, plus il a vocation à être
   délocalisé. Que plus le travail
   coûte cher, moins il supporte la concurrence.
   Je veux un nouveau modèle français où le poids des normes et des règles
   qui pèsent si
   lourdement sur le travail sera allégé parce qu’au lieu de protéger le
   travail, l’excès de normes
   finit par le détruire.
   Je veux un nouveau modèle français où l’on ne cherchera pas à diminuer
   le coût du travail
   en abaissant les salaires parce qu’en France, le salaire n’est pas trop
   haut, il est trop bas.
   Parce que la baisse des salaires, c’est entrer dans le cercle vicieux
   de la déflation et de la
   dépression.
   Il faut augmenter les salaires et il faut diminuer le coût du travail.
   Voilà le défi !
   Augmenter les salaires, cela se fera grkce à la suppression de la prime
   pour l’emploi.
   Diminuer le coût du travail, cela se fera en finançant une réduction
   des cotisations familiales
   par la
   TVA. Ainsi les importations seront taxées et elles contribueront au
   financement et de la
   protection sociale.
   Les exportations ne seront pas taxées et elles seront plus
   compétitives.
   La TVA anti délocalisation, c’est une TVA pour freiner les
   délocalisations, pour protéger
   l’emploi français.
   Ils étaient nombreux à gauche avant la campagne présidentielle à
   approuver cette idée. Où
   sont-ils ?
   On ne les entend plus !
   La gauche, celle que l’on entend, a crié à l’injustice parce qu’il
   s’agit de faire payer le
   consommateur.
   Mais les délocalisations, ce n’est pas injuste ?
   Le chômage, ce n’est pas injuste ?
   Celui qui n’a plus de travail que peut-il consommer ?
   Et puis, il y a l’autre voie, celle de la participation que le Général
   De Gaulle a ouverte contre
   la gauche, contre les syndicats, contre toutes les forces du
   conservatisme.
   Nous avons fait la prime dividende parce que le dialogue social n’avait
   débouché sur rien,
   parce que personne ne voulait bouger ni le patronat, ni les syndicats.
   Je veux un nouveau modèle français où le capitalisme des entrepreneurs
   aura remplacé le
   capitalisme financier, où l’entreprise sera redevenue une communauté
   humaine consciente
   de partager une destinée commune, où chacun sera récompensé de ses
   efforts, où les
   profits seront partagés, où la participation aura suffisamment
   progressé pour faire oublier ce
   reste de lutte des classes qui empoisonne encore nos relations
   sociales.
   Je veux un nouveau modèle français où la réussite ne sera plus regardée
   avec suspicion
   mais comme un exemple, où le talent et le mérite seront récompensés, où
   chacun pourra
   conserver assez du fruit de ses efforts pour pouvoir se constituer un
   patrimoine et le
   transmettre un jour à ses enfants, où le travail engendrera le
   patrimoine, où le patrimoine
   sera la récompense du travail.
   Je veux dire à tous ceux qui ne connaissent pas la France du travail
   que lorsque la France
   du travail considère son patrimoine elle ne le regarde pas comme une
   valeur pécuniaire mais

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   comme des dizaines d’années de labeur, de sueur et d’effort. Elle y
   voit toutes les peines,
   tous les sacrifices quelle y a mis. Elle le regarde avec émotion car
   lorsque l’on se retourne
   ainsi sur sa vie on est ému en pensant à ce que l’on a réussi à
   construire.
   Je veux dire à cette France du travail qu’elle n’a pas à s’excuser pour
   son patrimoine, qu’elle
   n’a pas à s’excuser pour ses efforts, qu’elle n’a pas à s’excuser pour
   son mérite, et que ce
   qu’elle possède elle l’a gagné. Son patrimoine c’est le sien, ce n’est
   pas le patrimoine de
   l’Etat. C’est le patrimoine de la
   Nation, c’est le patrimoine de tout un peuple de travailleurs. On n’a
   pas le droit de le lui
   prendre, on n’a pas le droit de le lui confisquer.
   Revenir sur l’exonération des droits de succession, durcir les
   conditions des donations,
   remettre en cause le quotient familial, matraquer fiscalement les
   classes moyennes pour
   payer une folie dépensière, ce serait briser pour longtemps le rêve de
   la France du travail.
   A tous ceux qui ne connaissent pas cette France du travail je veux leur
   dire que c’est une
   France qui n’est pas avide, qui n’est pas cupide, qui n’est pas
   malhonnrte, qui n’est pas
   immorale et c’est justement pour cela qu’elle ne supporte plus les
   mises en cause de la
   France. La France est un des pays les plus accueillants et les plus
   généreux du monde. Elle
   ne mérite pas qu’on la critique sans arrrt, elle ne mérite pas qu’on la
   stigmatise. Elle mérite
   qu’on la respecte.
   Je veux un nouveau modèle français où chacun aura sa chance, où ceux
   qui auront été
   brisés par les accidents de la vie auront droit à un nouveau départ, où
   la deuxième chance
   sera généralisée, où les familles de bonne foi qui seront surendettées
   pourront bénéficier de
   la faillite civile comme les entreprises. Le retour de l’égalitarisme,
   du nivellement par le bas
   briserait ce rrve d’égalité des chances.
   Je veux un nouveau modèle français où la spéculation et l’assistanat ne
   rapportent pas plus
   que le travail, où celui qui ne travaille pas ne vit pas mieux que
   celui qui travaille dur, où celui
   qui a travaillé et cotisé toute sa vie n’a pas moins de droits que
   celui qui n’a jamais travaillé
   et jamais cotisé, parce que c’est décourageant et parce que c’est
   immoral.
   Je veux un nouveau modèle français où ceux qui ont travaillé toute leur
   vie peuvent vivre
   sans être à la charge de leurs enfants, où ils peuvent se soigner.
   Il n’est pas juste que les aides soient trop souvent réservées à ceux
   qui n’ont pas travaillé et
   que ceux qui ont travaillé soient moins aidés.
   Il n’est pas juste que le petit retraité qui vit avec le minimum
   vieillesse, on ne l’aide pas pour
   qu’il puisse se soigner.
   Je veux réparer cette injustice.
   C’est pour respecter ceux qui ont travaillé que j’ai préféré reculer
   l’kge de départ à la retraite
   plutôt que de diminuer les pensions.
   C’est pour respecter ceux qui ont travaillé que j’ai conservé
   l’indexation intégrale des
   retraites sur les prix.
   C’est pour réparer une autre injustice qui attendait d’rtre réparée
   depuis 60 ans que je me
   suis engagé à faire payer les retraites le 1er de chaque mois parce
   qu’il était profondément
   injuste que l’État fasse sa trésorerie sur le dos des retraités et
   parce que cela plongeait
   beaucoup de petits retraités dans des difficultés inextricables quand
   toutes les échéances
   tombaient au début du mois.
   Je veux un nouveau modèle français où l’école sera une école de
   l’exigence qui apprendra
   aux enfants à tracer la frontière entre le bien et le mal, entre ce qui
   se fait et ce qui ne se fait
   pas, entre la vérité et le mensonge, entre le beau et le laid, et qui
   leur inculquera le goût de

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   l’effort et le respect du travail, qui leur fera éprouver la joie de la
   connaissance comme la
   récompense du travail de la pensée. Parce que c’est sur le socle des
   valeurs que la famille
   et l’école transmettent aux enfants que se construit un modèle social.
   Françaises, Français, mes chers compatriotes,
   C’est ce projet que je veux construire avec vous.
   Ce projet n’est rien d’autre que le rrve d’une nation Française
   rassemblée, fière de ses
   valeurs, de son identité, confortée en son idéal de mode de vie,
   rassurée dans sa volonté de
   rester différente.
   Oui, peuple de France, nous sommes différents et nous voulons le
   rester.
   Nous sommes la République et pas seulement la démocratie.
   Nous ne voulons à aucun prix du communautarisme parce que nous sommes
   républicains.
   Nous sommes les héritiers d’une grande culture, les enfants de
   Voltaire, de Chateaubriand,
   de Victor Hugo, de Maupassant.
   Nous ne voulons pas de l’aplatissement culturel du monde. Nous voulons
   garder notre
   langue, notre littérature, notre musique, notre cinéma.
   Nous sommes les héritiers d’une grande histoire. Les héritiers de
   Jeanne d’Arc, de
   Bonaparte, du Général de Gaulle, les héritiers de la Renaissance, de la
   Résistance, des
   Trentes Glorieuses.
   Nous ne voulons pas d’une petite ambition, nous voulons de grands
   projets, de grands
   rêves.
   Nous sommes le peuple de France.
   Nous avons reçu de nos parents et de nos grands-parents en héritage,
   comme un trésor, la
   réconciliation Franco-allemande, la paix en Europe, des territoires où
   se dressent partout
   des cathédrales et des églises, des valeurs, un art de vivre, une
   éducation. Cet héritage
   nous n’y renoncerons jamais. Nous sommes la France. C’est tout le sens
   de mon projet.
   Ce projet je veux l’accomplir avec tous ceux qui travaillent, avec tous
   ceux qui ont travaillé
   toute leur vie et qui connaissent la valeur du travail.
   Je veux rendre hommage à tous ceux qui contribuent à faire de la France
   un grand pays.
   Je veux rendre hommage à ceux de nos compatriotes issus de
   l’immigration qui ont fait des
   efforts pour s’intégrer, qui veulent devenir des Français comme les
   autres, qui travaillent dur,
   qui transmettent à leurs enfants des valeurs élevées, qui les éduquent
   avec une grande
   exigence morale et dans l’amour de la France.
   Je veux le dire aussi : c’est pour que la République puisse tenir sa
   promesse à leur égard
   qu’il faut ralentir les flux migratoires, c’est pour que le creuset
   français continue de
   fonctionner qu’il faut diminuer les entrées. Nous le devons à ceux qui
   sont là et qui ont fait
   tant d’efforts.
   Nous avons traversé bien des épreuves depuis cinq ans, côtoyé bien des
   précipices, mais
   nous avons réussi à ne pas être emportés.
   Après avoir été si absorbés par le présent, voici le moment de nous
   tourner vers l’avenir.
   Nous avons commencé à le préparer. Nous avons fait des réformes qui
   attendaient depuis si
   longtemps d’rtre accomplies.
   Maintenant, cet avenir nous devons le construire.
   Vous l’aurez compris, le nouveau modèle français que je vous propose
   n’est pas celui de la
   jalousie, ce n’est pas celui de l’amertume, qui conduise toujours à
   rabaisser celui qui s’élève.

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   Ce que je vous propose, ce n’est pas la fermeture, le repliement sur
   soi, la frilosité, ce n’est
   pas la haine de soi et la haine des autres.
   Ce que je vous propose, ce sont des frontières qui nous protègent pour
   ne plus subir et pour
   agir.
   Ce que je vous propose, c’est le contraire du laissez-faire, de
   l’abandon qui nous ont
   conduits à toutes les crises que nous avons connues depuis quatre ans.
   Ce que je vous propose, c’est de refonder la République du mérite,
   celle de Jules Ferry et du
   Général De Gaulle.
   En face, une gauche rattrapée par ses vieux démons. Une gauche dont une
   partie en
   appelle déjà à la rue pour faire pression sur l’autre partie sommée
   d’obtempérer. A quelle
   revendication le candidat socialiste cédera t-il ? Après avoir vendu
   les ouvriers du nucléaire
   pour un accord électoral avec les verts, que vendra t-il d’autre ?
   Prendra t-il le SMIC à 1700€ ou bien l’interdiction des licenciements ?
   C’est parce que tout cela est en cause que je vous appelle à un sursaut
   national.
   Écoutons encore le Général de Gaulle :
   « Travailleurs ! C’est avec vous, d’abord, que je veux bktir la France
   nouvelle. Quand encore
   une fois, ensemble, nous aurons gagné la partie, en dépit des
   excitations des destructeurs et
   des intrigues des diviseurs, on apercevra tout à coup une nation
   joyeuse et rassemblée où,
   je vous en réponds, vous aurez votre digne place. Alors, on verra
   sortir, des voiles qui le
   cache encore, le visage radieux de la
   France ! »
   C’était le 1er mai 1950 à Bagatelle. Je n’ai pas trouvé qui exprimait
   mieux ma pensée en cet
   instant où se joue le destin de la France.
   Il reste trois jours !
   Trois jours pour expliquer !
   Trois jours pour convaincre !
   Trois jours pour entraîner !
   Trois jours pour que chacun comprenne que dimanche il ne votera pas
   pour un candidat
   mais pour lui-même, pour son avenir et pour celui de ses enfants !
   Trois jours pour gagner !
   Vive la République !
   Vive la France !
