   [background1.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   Discours
   Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil national de
   l'UMP, 12 janvier 2008
   Discours de Nicolas Sarkozy, Président de la
   République
   Conseil national de l'UMP, le 12 janvier 2008
   Palais des Sports, Paris
   Regarder la vidéo
   Mes chers amis,
   Un journaliste me demandait si j’aimais Tony Blair. Récapitulons : il
   est
   intelligent, courageux, c’est un ami, il a modernisé un pays ami, le
   Royaume-Uni,
   et il est fidèle. Alors, bien sûr, il est socialiste, mais un
   socialiste tel que lui a
   toute sa place au gouvernement français !
   Tony Blair est un grand d’Europe, il a joué un rôle capital pour
   l’adoption du
   traité simplifié. Je veux lui dire que j’ai la conviction que nous
   avons besoin du
   Royaume-Uni en Europe. Nous avons besoin de vous, votre place est dans
   l’Union Européenne.
   Je suis très heureux, mes chers amis, de vous revoir en ce début
   d’année 2008.
   Si je suis là, ce n’est pas seulement pour tenir une promesse.
   Si je suis là, c’est parce que vous commenciez sérieusement à me
   manquer.
   Nous avons partagé tant de combats, tant d’épreuves, tant de moments
   forts,
   jamais je ne pourrai l’oublier.
   Je n’oublierai jamais cet instant, qui fut peut-être l’un des plus
   émouvants de ma
   vie politique, il y a un an, à quelques mètres d’ici, ce 14 janvier
   2007 où je vous
   ai demandé à vous, mes amis, avec qui j’avais tout partagé, de me
   laisser libre,
   libre d’aller vers ceux qui n’avaient jamais été mes amis, vers ceux
   qui n’avaient
   jamais partagé mes convictions et qui parfois même m’avaient combattu.
   Parce que pour être président de la République il faut être capable de
   rassembler les Français et non pas avoir la volonté de les diviser. Un
   leadership, c’est celui qui rassemble, pas celui qui divise. Et pour
   rassembler, il
   faut être libre.
   Un Président de la République, c’est quelqu’un qui s’ouvre, pas
   quelqu’un qui
   se ferme. Un président de la République est quelqu’un qui refuse le
   sectarisme
   et c’est quelqu’un qui pratique la tolérance.
   Je suis heureux d’être avec vous, d’être en famille. On me dit, et
   c’est une
   première rupture que je souhaite, qu’un Président de la République ne
   va pas
   parler devant les militants du parti où il a milité toute sa vie
   politique durant.
   Alors, j’aimerais affronter cette fausse idée.
   Militer dans un parti n’est pas une activité honteuse. C’est noble de
   s’engager
   au service de ses idées et au service de son pays. Pour qu’il y ait une
   démocratie, il faut bien qu’il y ait des partis politiques et des
   militants. C’est
   toujours mauvais signe pour une démocratie quand on ferme les partis
   politiques
   et que l’on dénonce les militants.
   En général, quand on interdit les partis politiques ce n’est pas pour
   renforcer la
   démocratie, ce n’est pas pour défendre les libertés, c’est plutôt le
   contraire.
   Dans la Constitution de la Ve République, les partis politiques, et
   c’est le
   général de Gaulle qui l’a voulu, participent à l’expression de la
   souveraineté
   nationale.
   C’est mépriser les partis politiques que de prétendre qu’il ne serait
   pas digne du
   président de la République d’aller s’exprimer devant eux. C’est une
   erreur
   majeure.
   J’ajoute que le piège est toujours le même : ceux qui ne m’apprécient
   pas, ne
   m’invitent pas, on peut le comprendre, et ceux qui veulent nous
   soutenir
   n’auraient pas le droit de m’inviter non plus. Où va-t-on chercher la
   majorité
   avec ça ?!
   Et ma générosité est sans limites, je suis bien ici, mais si le Parti
   Socialiste avait
   besoin que j’aille lui expliquer le traité simplifié, je suis prêt à me
   sacrifier et à le
   faire !
   D’ailleurs, ce n’est pas parce que le président de la République vient
   voir ses
   1 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background2.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   amis, ce n’est pas parce qu’il vient dans le parti politique auquel il
   a consacré 30
   ans de sa vie, auquel il a un attachement sentimental, que je
   deviendrais
   l’homme d’un parti. Le fait de m’avoir soutenu, d’avoir combattu à mes
   côtés,
   d’avoir partagé mes convictions ferait que je n’ai plus le droit de
   venir ? Le fait
   d’avoir été de ceux qui gagnent ferait que vous n’avez plus le droit de
   vous
   exprimer ? Et je n’aurais donc le droit d’aller que dans les endroits
   de France où
   il n’y a que des spectateurs alors que vous êtes des acteurs ?
   Vous avez beaucoup fait pour porter les changements de la France, il
   est normal
   que je vienne m’en expliquer devant vous.
   Et je voudrais dire à Jean-Pierre Raffarin et à Patrick Devedjian,
   comme à toute
   l’équipe nationale de l’UMP, qu’un parti politique, il ne faut pas y
   entrer pour
   arrêter de penser, pour arrêter de réfléchir, juste pour applaudir des
   discours, où
   il n’y a jamais une idée neuve, une idée qui dérange, où il n’y a en
   général
   même pas d’idée du tout.
   Le but, pour moi, ce n’est pas que l’UMP devienne une machine à
   applaudir. Je
   veux que l’UMP soit une force populaire majeure, où l’on débat, où l’on
   réfléchit,
   où l’on s’affronte à coup d’argument, où l’on pratique les idées
   neuves, où l’on
   va chercher l’innovation et la modernité et où l’on essaie de mettre
   son
   intelligence au service du pays.
   L’UMP doit être diverse et ne doit pas être uniforme.
   J’en ai entendu des réunions de l’UMP, où je me suis ennuyé à mourir…
   Ce
   n’était pas exactement l’UMP, mais juste avant. Pourquoi s’y
   ennuyait-on ?
   Parce que ceux qui étaient invités apprenaient dans la presse ce que
   l’on allait
   faire le lendemain ou le surlendemain. Et c’était rapide à lire car on
   y apprenait
   que l’on y ferait pas grand-chose.
   Moi, je préfère une UMP qui invite un homme comme Tony Blair, qui voit
   un
   certain nombre de ses leaders réfléchir à la meilleure stratégie en
   n’étant
   d’ailleurs pas forcément d’accord parce que les sujets sont si
   complexes qu’ils
   doivent être débattus.
   Je sais parfaitement que dans notre propre famille, lorsque j’ai créé
   et suscité
   des débats, il y a eu parfois des réactions.
   J’ai voulu créer le débat sur l’autorité. L’autorité, un mot qui vous
   faisait aussitôt
   accuser d’autoritarisme, un mot qui vous mettait par terre une carrière
   politique.
   Oui, j’ai parlé d’autorité et j’assume. Parce que sans autorité, il n’y
   a pas de
   liberté. Je veux vivre dans un pays où l’on respecte ses parents, les
   personnes
   âgées, le drapeau de notre pays, notre patrie et où n’importe qui ne
   peut pas
   dire n’importe quoi. Voilà l’autorité.
   L’identité, j’avais également employé ce mot pendant la campagne. Et
   immédiatement, on m’a indiqué que c’était une idée de l’extrême droite,
   que
   c’était une pathologie. Suivez le raisonnement, la diversité, tout le
   monde est
   d’accord, mais alors, je pose la question : qu’est-ce que la diversité
   si l’on n’a
   jamais le droit à l’identité ?
   L’identité nationale française est une idée si forte que je n’ai pas
   l’intention de la
   laisser comme la propriété de Monsieur Jean-Marie Le Pen.
   Et la question des valeurs chrétiennes, à force d’avoir méprisé cette
   question, la
   France a donné le spectacle du pays d’Europe où l’extrême droite était
   la plus
   forte ! Beau résultat pour ceux qui voulaient nous faire des leçons de
   morale.
   Et la repentance, souvenez-vous, qui n’est au fond que l’expression de
   la haine
   de soi. Il fallait se repentir de tout, s’excuser de tout. Il fallait
   que les fils expient
   les fautes des pères, il fallait s’excuser d’être français, d’être de
   droite, de faire
   de la politique et d’avoir des convictions.
   Moi, j’ai dit aux Français que la France n’avait pas toujours raison,
   qu’elle avait
   dans son histoire commis des erreurs et sans doute des fautes, mais que
   la
   France était un grand pays et que nous devions être fiers d’être
   français.
   Je ne retire rien à ce que j’ai dit.
   Et je dis d’ailleurs à Tony, avec l’affection d’un frère, que j’admire
   les Anglais
   quand ils ont le courage de célébrer Trafalgar et j’annonce que nous
   allons
   célébrer Austerlitz, parce que c’est ça le respect de l’histoire de son
   pays.
   Être amis, ce n’est pas renier son histoire, c’est être à un moment
   donné de
   l’histoire de son peuple en charge de le représenter. C’est surmonter
   les
   oppositions du passé, c’est savoir se tendre la main et comprendre que
   si nous
   ne voulons pas refaire les fautes de ceux qui nous ont précédé, nous
   devons
   travailler ensemble.
   Voilà pourquoi Tony Blair est un ami de la France et le Royaume-Uni est
   un
   pays allié et ami de la France. Justement parce que derrière nous, il y
   a eu cette
   2 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background3.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   histoire.
   Et la politique de civilisation, quand le 31 décembre, j’en ai parlé,
   le 1er janvier,
   j’en ai entendu dire : « C’est creux ! » Heureusement que c’était creux
   parce que
   depuis ils ne parlent que de ça ! Et si un homme politique ne met pas
   ses
   convictions au service d’un projet de civilisation, on les met au
   service de quoi ?
   Je me rappelle du coup de téléphone que François Fillon m’a passé
   revenant
   d’un de nos conseils me disant : l’ouverture, il faut la faire passer
   Nicolas ! Puis,
   je me souviens du Carrousel du Louvre et de la situation d’aujourd’hui.
   Tony explique et il a raison que le monde est plein d’opportunités et
   qu’il y a de
   grands changements à faire. Comment faire de grands changements sans
   grande majorité ? Et comment faire une grande majorité si vous n’allez
   pas
   chercher au-delà de vos propres rangs les femmes et les hommes qui vont
   vous
   aider à conduire ces changements ?
   Il y a dans le gouvernement de François Fillon un certain nombre de
   femmes et
   d’hommes de gauche qui ont eu le courage d’assumer le fait de
   travailler à nos
   côtés. Je ne leur ai pas demandé de se renier, ils sont courageux, ils
   ont
   accepté de rompre des habitudes, des facilités. Mais je ne leur ai pas
   dit :
   venez, changez d’idées, excusez-vous de ce que vous êtes et travaillez
   avec
   nous. Nous leur avons dit avec François Fillon : venez, restez des
   femmes et
   des hommes de gauche, nous vous respectons parce que, nous, nous sommes
   tolérants et portez votre intelligence et votre capacité de travail au
   service du
   projet présidentiel qui a été choisi par les Français.
   Mes chers amis, il ne faut pas s’excuser ou s’inquiéter du fait qu’ici
   ou là, tel ou
   tel peut avoir une expression différente. S’il est différent, il est
   normal qu’il ait
   une expression différente. Je veux que la tolérance, l’ouverture, la
   main tendue
   soient la marque de fabrique de la droite et du centre français et que
   le
   sectarisme et la fermeture soient la marque de fabrique de la gauche
   française.
   Voilà la différence entre eux et nous.
   Croyez-moi du fond du cœur, vous avez plus à craindre de l’uniformité
   que de la
   diversité.
   Alors, je voudrais terminer par ceci.
   Qu’essayons-nous de faire ? J’essaie de réhabiliter la politique.
   Que s’est-il passé de plus important lors de la dernière élection
   présidentielle ?
   85% des Français sont venus voter. Toute la France a voté dans un pays
   où il
   n’y avait plus qu’un Français sur deux qui votait. Pourquoi ont-ils
   voté ? Parce
   que tous les candidats ont essayé de porter et de défendre un vrai
   projet et une
   véritable politique.
   Nous essayons, avec le gouvernement, de faire de la politique.
   Lorsque nous avons organisé avec François, Jean-Louis et Nathalie le
   Grenelle
   de l’environnement, certains y ont vu une opération de communication.
   Je n’ai
   rien contre, sauf que les opérations de communication durent le temps
   que dure
   une opération de cette nature, peu de temps.
   Nous avons voulu faire un changement idéologique majeur. La droite
   était
   crédible sur l’immigration, la sécurité, sur les questions régaliennes.
   Sur les
   questions environnementales, nous avions à faire nos preuves. Ce n’est
   pas
   être critique que dire cela, c’est être lucide.
   Avec le gouvernement, nous avons dit que nous allions prendre des
   décisions
   fortes, c’est un geste politique majeur, nous voulons une nouvelle
   croissance.
   Nous voulons que la planète cesse de danser au bord d’un gouffre. Nous
   voulons entraîner le monde pour protéger les équilibres majeurs de
   notre
   planète. Jamais, dans l’histoire de l’Homme, notre espèce n’a été
   autant en
   danger. Et je n’ai pas voulu que la France donne des bons conseils et
   des
   leçons à tout le monde, sans s’appliquer à elle-même des règles qu’elle
   souhaite
   voir retenues par les autres.
   Si j’ai demandé à François Fillon que la clause de sauvegarde sur un
   seul OGM
   soit mise en attendant que la Commission Européenne rende sa décision,
   je
   n’ignore nullement que dans ma propre famille politique un certain
   nombre de
   nos amis sont contre, mais je veux les faire réfléchir à cela.
   J’avais le choix entre trois décisions. La première, ne rien faire,
   dans ce cas-là,
   toute la crédibilité du Grenelle de l’environnement était mise par
   terre. C’est un
   choix, mais ce choix politique-là je ne le veux pas, ni pour mon pays,
   ni pour ma
   famille. Tourner le dos aux questions d’environnement est une erreur
   historique.
   J’avais le choix de la suspension, mais cette suspension eut été
   critiquée à la
   fois par les partisans des OGM et par leurs adversaires. Les uns
   m’auraient dit
   3 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background4.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   que c’était trop et les autres pas assez. Avec ce genre de décision,
   vous
   accumulez les inconvénients sans accumuler les avantages. Ce n’est pas
   une
   décision mais une absence de décision.
   Moi, je suis là pour prendre des décisions. Voilà la raison pour
   laquelle je
   soutiens l’appel à la clause de sauvegarde. Cela ne veut pas dire que
   la France
   ne doit pas participer à la recherche sur les OGM. Cela ne veut pas
   dire qu’il n’y
   a pas d’avenir avec les OGM. Cela veut simplement dire que quand le
   principe
   de précaution est en jeu, je fais le choix politique majeur de porter
   notre pays à
   l’avant-garde du débat sur l’environnement.
   Pareil sur la télévision publique.
   Cela fait des années que j’entends des hommes politiques, surtout de
   gauche
   mais aussi de droite, dire : regardez, il faudrait que nous ayons une
   télévision
   publique de la qualité de la BBC. Quelle est la caractéristique de la
   BBC ? Il n’y
   a pas de publicité. Et ce qui est possible en Angleterre ne le serait
   pas en
   France ?
   Alors maintenant cela suffit, cela fait trop d’années que l’on en parle
   sans avoir
   le courage de le faire.
   Nous voulons un service public de qualité.
   Nous voulons un service public qui ne soit pas soumis aux diktats des
   recettes
   publicitaires et de l’audience.
   Nous ne voulons pas d’un service public qui copierait en moins bien les
   chaînes
   du privé, parce que si c’est ça, il n’y a pas besoin de service public.
   Et c’est la
   droite qui défend cette idée.
   Je le dis de la manière la plus claire : nous garantirons au service
   public les
   recettes dont il a besoin. Et la question de la privatisation d’une
   chaîne du
   service public ne se pose pas si les programmes sont différents. En
   revanche,
   continuer avec la même publicité sur le service public que sur les
   chaînes
   privées, avec les mêmes programmes, on se demande alors pourquoi il
   faudrait
   des chaînes du service public.
   Poser cette question, rendez vous compte du choix idéologique
   essentiel, cela
   veut dire que tout d’un coup la qualité, la culture, le service public
   deviennent
   des idées propres à votre famille politique, c’est un changement
   idéologique
   majeur.
   Nous n’avons pas à laisser l’environnement et la culture comme des
   valeurs de
   gauche. Nous devons proposer une alternative sur ces sujets qui sont
   essentiels pour l’avenir de notre pays.
   Comment faire une politique de civilisation sans se poser la question
   de savoir
   ce que nos enfants regardent à la télévision et ce que nos enseignants
   enseignent dans nos écoles.
   D’ailleurs, de ce point de vue aussi, j’ai voulu faire de la politique,
   au vrai sens
   du terme. On m’a dit : incroyable, la lettre de Guy Môquet ! Je ne sais
   pas ce qui
   était incroyable, était-ce de lire Guy Môquet ou était-ce que l’on
   demande, merci
   à Xavier Darcos, aux enseignants de faire lire une lettre ?
   Certains ont été plus choqués encore par le fait que l’on ose demander
   que par
   le fait que ce soit Guy Môquet.
   Alors je vais mettre les pieds dans le plat. Je respecte profondément
   le métier
   d’enseignant, un des plus nobles, des plus utiles et des plus
   difficiles. Mais, la
   question de l’éducation est si importante qu’elle ne peut pas être
   uniquement
   l’affaire des spécialistes. Et je dis très tranquillement et très
   calmement, la
   question de l’éducation est une question de civilisation. Et lorsque
   l’on parle de
   l’Education nationale je ne veux plus que l’on ne parle que de la
   question du
   statut, parce que le statut est une chose, les programmes en sont une
   autre. Et
   tous les Français ont le droit de donner leur opinion sur ce que l’on
   enseigne à
   leurs enfants.
   Sur l’autonomie des universités, nous avons fait de la politique, parce
   que c’était
   un choix majeur. Pourquoi nos universités étaient moins bonnes que les
   autres ?
   Ce n’est pas que nos enseignants ou nos étudiants sont moins bons, mais
   parce
   qu’elle étaient devenues les seules universités d’Europe qui n’avaient
   pas la
   liberté de se réformer, de penser et d’agir.
   C’est fait.
   Et je vais conduire une politique de civilisation également sur un
   sujet
   extraordinairement difficile qui est celui de la fonction publique.
   Nous avons 5
   millions de fonctionnaires dans notre pays. Ce sont des femmes et des
   hommes
   honnêtes, compétents et qui vivent dans un malaise existentiel et
   identitaire
   consternant compte tenu du niveau de dépenses publiques de la France.
   4 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background5.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   Depuis 1992, des centaines de milliers d’emplois ont été crées dans la
   fonction
   publique et depuis 1992 le malaise de la fonction publique n’a cessé de
   s’aggraver. Les fonctionnaires s’interrogent sur leur rôle, leur
   identité et sur
   leurs moyens. Je dis donc aux syndicats de la fonction publique : s’il
   suffisait
   d’engager plus de fonctionnaires pour que les fonctionnaires soient
   heureux, ça
   se saurait. Cela fait très exactement 16 ans que l’on poursuit cette
   politique.
   Nous allons changer la qualité de vie au travail des fonctionnaires.
   D’abord,
   nous partagerons les gains de productivité dus à la réduction des
   effectifs dans
   la fonction publique. Tous les fonctionnaires ne seront pas remplacés
   et la
   moitié des économies réalisées sera donnée pour qu’ils soient mieux
   payés. Il y
   a des payes dans la fonction publique qui sont trop petites. Les marges
   de
   manœuvre, nous allons les gagner comme cela : moins de fonctionnaires
   mais
   mieux payés, mieux formés, mieux considérés et mieux respectés.
   Et ceux qui pensent que l’on peut résoudre le problème de la fonction
   publique
   en augmentant le nombre des emplois veulent paupériser la fonction
   publique.
   Voilà la réalité, c’est la vérité.
   Et à ceux qui me diraient que ce que je dis maintenant, c’est ce que je
   disais
   avant l’élection, je réponds que c’est vrai, c’est ma spécificité. Ce
   que j’ai dit
   avant l’élection, je le ferai après. Je ne serai pas de ceux qui
   tiendront un
   discours inverse une fois les élections passées.
   Mais j’irai plus loin. Avec Eric Woerth, André Santini et François
   Fillon, nous
   avons demandé qu’on cesse avec la tyrannie des examens et des concours
   qui
   consistent à imposer à des femmes et des hommes de 45 ans pour assurer
   leur
   promotion sociale de passer des examens qui n’ont rien à voir avec la
   qualité de
   leur emploi. La valorisation de l’expérience, le mérite ou l’effort
   doivent compter
   autant que la capacité à bachoter pour passer de rédacteur à attaché
   principal.
   Et je voudrais en terminer par là. Une des questions les plus
   difficiles qu’est
   posée à un gouvernement, des plus complexes, Tony a connu cela comme
   tous
   l’ont connu : Serez-vous le président de la République de tous les
   Français ou
   de quelques-uns ?
   C’est une question essentielle sur laquelle, croyez-moi, avec François
   Fillon
   nous réfléchissons à chaque minute. Comment être fidèles à nos
   convictions, à
   nos idées et parler à tous les Français et pas à quelques-uns. C’est
   une
   question extraordinairement difficile. Elle est beaucoup plus large que
   la seule
   question du pouvoir d’achat, qui est aussi une question réelle.
   Nous avons décidé de proposer une véritable révolution culturelle en
   faisant
   franchir un pas décisif à la participation et à l’intéressement dans
   notre pays. On
   en parle depuis des années et plus on en parle moins on le fait.
   Le choix est celui-ci : nous voulons que les entreprises en France
   fassent des
   profits, plus elles en font, mieux c’est. Mais nous demandons que les
   entreprises
   qui font des profits puissent partager équitablement lesdits profits.
   Je considère
   qu’un véritable projet de société pour nous serait de poser la question
   du
   partage des profits : un tiers pour l’actionnaire, c’est normal, un
   tiers pour
   l’investissement, c’est nécessaire, un tiers pour les salariés parce
   qu’une
   entreprise vit aussi sur la richesse que représente la qualité du
   travail de tous
   les salariés dans notre pays.
   Je ne serai pas l’otage d’un groupe de pression, je ne serai pas le
   prisonnier de
   telle ou telle catégorie. Je veux défendre des idées justes.
   Je crois à la mondialisation, à la liberté, à la concurrence, mais je
   n’accepte pas
   que l’on puisse avoir des plans de stock-options pour 10 personnes dans
   une
   entreprise de 10 000, parce que les 10 000 participent à la richesse de
   cette
   entreprise. Ce n’est pas insulter les chefs d’entreprises que de dire
   cela.
   Je suis très heureux que telle ou telle compagnie fasse 12 milliards
   d’euros de
   bénéfices. Tant mieux, il vaut 12 milliards d’euros de bénéfices que 12
   milliards
   de déficits. Mais lorsque l’on fait des bénéfices de cette nature, on
   doit en faire
   profiter les salariés de son entreprise. Les bénéfices ne peuvent pas
   aller
   exclusivement aux seuls actionnaires. C’est une réalité.
   Je crois à la mondialisation, mais je n’accepte pas que quelques
   dizaines de
   fonds spéculatifs et agressifs aient fait porter sur la croissance
   mondiale un
   risque majeur, parce que nous ne sommes pour un capitalisme
   d’entrepreneurs
   et de création de richesses, pas pour un capitalisme de spéculateurs
   consistant
   à dépecer des entreprises que des entrepreneurs ont mis des années
   voire des
   décennies à créer.
   Demander la moralisation du capitalisme financier est une exigence pour
   la
   France.
   Je crois, comme Tony, à la mondialisation, mais je n’accepte pas que
   certains
   5 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background6.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   fonds souverains puissent tout acheter chez nous et que nos propres
   capitalistes ne puissent rien acheter chez eux. Je demande la
   réciprocité avant
   d’ouvrir les barrières de l’Europe.
   D’ailleurs, je crois à l’Europe politique. L’Europe politique a été
   faite pour
   protéger et non pour inquiéter. J’ai parfaitement conscience que ce
   n’est pas le
   traité simplifié qui va réconcilier la France, l’Angleterre et les
   Européens avec
   l’Europe. Le traité simplifié, ce sont des institutions.
   Nous allons nous doter d’un véritable président pour l’Union européenne
   et je
   souhaite d’ailleurs que pour ce président nous fassions un choix par le
   haut et
   non pas un choix du plus petit compromis.
   Comment voulez-vous que l’Europe marche avec un président qui changeait
   tous les 6 mois et qui en plus d’être président de l’Europe était
   président de son
   pays ? Je le serai pendant 6 mois, mais j’espère être le dernier.
   L’Europe se
   dotera d’un président pour 2 ans et demi.
   Et je souhaite une Europe politique qui affirme un projet de
   civilisation.
   Une Europe qui se batte pour avoir une politique de l’énergie ensemble.
   Qui se batte pour avoir une politique de l’immigration ensemble.
   Qui se batte pour avoir une politique de l’environnement ensemble.
   Qui se batte pour avoir une politique agricole commune ensemble, parce
   qu’il
   n’y a aucune raison de continuer à accepter en Europe des produits qui
   ne
   réponde à aucune des qualités que nous imposons pas ailleurs à nos
   propres
   éleveurs et producteurs. Ça, ce n’est pas la réciprocité.
   Et je le dis à Tony, devant nos amis Anglais, je souhaite que l’Europe
   se dote
   d’une politique de défense commune.
   L’Europe ne peut pas être un ensemble de 450 millions d’habitants parmi
   les
   plus riches au monde et s’en remettre pour sa protection soit à la
   providence
   soit aux Etats-Unis. Je suis un ami des Etats-Unis d’Amérique, mais je
   demande
   que l’Europe se dote d’une défense européenne autonome, parce que si
   nous
   ne sommes pas capables de nous défendre, nous ne sommes pas capables
   alors d’assumer notre indépendance.
   Cette politique de défense, nous la ferons main dans la main avec nos
   amis
   Anglais. Je rappelle que nous sommes les deux seuls pays d’Europe à
   posséder
   l’arme nucléaire et qu’il convient que deux puissances nucléaires
   démocratiques
   parlent ensemble, se complètent, organisent ensemble leurs efforts.
   Dans mon
   esprit, l’Europe de la défense autonome et indépendante n’est pas
   contradictoire avec l’OTAN. Je veux l’OTAN et l’Europe de la défense,
   l’alliance
   avec les Etats-Unis et la capacité pour l’Europe de se défendre par
   elle-même.
   Ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre, l’alliance avec
   l’autonomie et
   l’indépendance.
   Mes chers amis, il y aurait tant d’autres choses à dire.
   Sur la Méditerranée, nous allons faire l’Union pour la Méditerranée,
   parce que
   nous perdrons tout ou nous gagnerons tout.
   Sur l’ONU, je souhaite que la France porte un projet de modernisation
   car nous
   ne pouvons pas gérer le monde du XXIe siècle avec l’organisation du
   XXe.
   Je souhaite que l’on arrête avec le G8 pour faire le G13.
   Nous étions avec Tony à Heilingendamm et nous trouvions curieux de
   passer
   deux jours et demi ensemble à 8 et d’inviter pour les miettes du
   troisième jour,
   lors du dernier déjeuner, la Chine, 1,3 milliards d’habitants ; l’Inde,
   1 milliard
   d’habitants ; l’Afrique du Sud, parce qu’il faut bien qu’il y ait un
   pays africain,
   l’Afrique c’est 1 milliard d’habitants. Quant à l’Amérique latine, 1
   milliard
   d’habitants, il n’y avait ni le Brésil, ni le Mexique.
   Cette organisation du XXe siècle est devenue inacceptable, la France
   veut une
   organisation du XXIe pour le monde du XXIe siècle pas celle du siècle
   dernier.
   Mes chers amis, avec François Fillon, avec qui nous formons une équipe
   où les
   liens d’amitié et de confiance sont ce qu’ils étaient dès le premier
   jour, je veux le
   remercier de son travail et s’il me le permet de son affectueuse
   amitié. Avec les
   ministres qui font un travail remarquable, je suis fier de ce
   gouvernement parce
   que plus jamais aucun chef de gouvernement ou chef d’Etat n’osera
   composer
   un gouvernement différent du nôtre, justement parce que c’est la
   première fois
   que l’on a eu le courage en France de proposer un gouvernement qui
   respecte
   la diversité française.
   Cela fait huit mois et les épreuves n’ont pas manqué, le travail non
   plus, mais j’ai
   la même passion, j’ai la même envie de faire, de convaincre. Je mesure
   le poids
   de mes responsabilités. Nous devons changer la France parce qu’elle en
   a
   besoin et parce que dans le monde qui bouge, nous ne pouvons pas rester
   6 sur 7
   17/11/2009 17:26

   [background7.jpg]
   UMP - S'informer - Discours - Discours de Nicolas Sarkozy, Conseil
   na...
   http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/layout/set/print/s_informer/d..
   .
   immobile. J’adhère à ce qu’a dit Tony Blair à l’instant. Nous devons
   porter ce
   changement et si ce n’est pas nous qui le portons, personne ne le fera
   à notre
   place.
   Mes chers amis,
   J’ai besoin de vous, de votre soutien, de votre amitié, de votre
   intelligence, de
   votre engagement, de votre ouverture, de votre capacité de
   rassemblement.
   Parce qu’ensemble, nous sommes en train de mettre en oeuvre un train de
   réformes qui n’avait plus existé dans notre pays depuis 1958. C’est un
   rendez-vous historique, merci de l’avoir compris et de nous soutenir.
   7 sur 7
   17/11/2009 17:26
