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Discours politique

Jean-Marie Le Pen, Convention présidentielle à Lille (26/02/2007)

   Françaises, Français,

   Militants et Sympathisants du Front National,

   Chers Amis,

   Si j'ai choisi d'exposer mon programme économique et social, ici même à
   Lille, au milieu des gens du Nord qui, comme dans la chanson, " ont
   dans les yeux le bleu qui manque à leur décor, ces gens du Nord qui ont
   dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors ", c'est que cette
   belle ville de Lille est emblématique des difficultés et des chances
   françaises, des souffrances et des espoirs de notre beau pays.

   Car il est des lieux prédestinés par l'Histoire,

   Des lieux propices à inspirer la parole de celui qui, animé par le
   désir de servir sa Patrie, se présente au service et aux suffrages des
   hommes et des femmes de son pays. Des lieux qui jalonnent les étapes de
   l'Histoire de la Nation.

   Lille, ainsi que la région Nord-Pas-de-Calais qui l'abrite et
   l'entoure, incarnent aujourd'hui le lieu géométrique où s'entrelacent
   toutes les grandes questions qui se posent à la France.

   Car ici plus qu'ailleurs a été versé le sang français pour la défense
   de la Patrie comme pour notre croissance économique, dans la guerre
   comme dans la paix, quand tombaient par milliers les poilus dans la
   bataille des Flandres, ou que mouraient 1200 mineurs au coup de grisou
   de Courrières, ou encore les 42 de Liévin en 1974...

   Aujourd'hui, il n'y a plus de mines mais le charbon vient encore de
   tuer deux dockers à Dunkerque.

   ville frontière, vigilante sentinelle au rempart de notre défense,
   aujourd'hui encore à la pointe du combat pour la sauvegarde de notre
   territoire, et de notre identité nationale si fortement menacés.

   Mais Lille aussi, pays de la chaleur du coeur, pays ouvert et
   accueillant, renforcé dans sa vigueur par les vagues successives
   d'immigration réussies : polonais, italiens, espagnols, portugais et
   tant d'autres encore, aujourd'hui tous français, assimilés par le
   travail, la participation à l'oeuvre et à l'espoir communs.

   C'est encore cette région Nord Pas de Calais où agriculture et pêche,
   commerce et négoce constituèrent la richesse de la France, avant même
   que le Nord ne devienne le socle industriel de notre pays.

   De la mine à la forge, de la fosse au laminoir, dans le grondement des
   haveuses et le rougeoiement des hauts-fourneaux, se constituèrent les
   attributs de notre puissance industrielle, grâce à l'activité d'un
   peuple inventif et laborieux.

   De la mine à la forge... c'est là aussi que les travailleurs obtinrent
   par la lutte syndicale, les conditions de travail décentes, des
   salaires acceptables dont on ne leur fit jamais cadeau...

   C'est à Bruay, à Hénin, à Marles ou Noeux-les-Mines, à Oignies, à Loos
   en Goelle, à la fosse Sainte Elisabeth ou à celle du Grand Condé que
   galibots, porions et reculeux arrachèrent de haute lutte les droits
   essentiels du travailleur aux patrons de droit divin d'alors...

   Ces droits dont les nouveaux grands patrons du MEDEF et du Cac 40
   veulent à nouveau les priver, aidés en cela par la complicité active de
   leurs zélés serviteurs : les Sarkozy, les Bayrou, les Royal, tous
   partisans de cette Europe du Oui à la constitution européenne, qu'ils
   veulent déjà nous refourguer en douce pour sacrifier les productions
   françaises sur l'autel de la compétitivité d'un ultra-libéralisme
   mondialisé...

   De ce passé glorieux, de cette aventure humaine exaltante due à la
   volonté et au courage d'un peuple digne et rassemblé,

   Qu'ont ils fait ?

   Qu'ont ils fait de ce patrimoine agricole, industriel et commercial si
   patiemment accumulé, Patrimoine garant de notre puissance et de notre
   bien être, sans lequel il n'est ni rêve, ni avenir meilleur ?

   Sacrifié sur l'autel de l'Europe, ils l'ont cassé, brisé, liquidé !

   Loin des proclamations de nos gouvernants et de leurs statistiques
   truquées, chacun peut constater, en effet, pour lui comme pour ses
   proches, l'appauvrissement général du pays.

   Un appauvrissement général qui atteint le seuil de l'insupportable pour
   des millions de Français et qui en inquiète aussi des millions
   d'autres, menacés de paupérisation, promis, à plus ou moins court
   terme, à la perte de leur emploi, à la perte de leur logement, à la
   perte de leur retraite et de tout ce qui constituait leur maigre
   patrimoine ...

   Non, le Front National ne se nourrit pas des peurs...

   Il est la voix du peuple, peuple des salariés et des retraités, peuple
   des agriculteurs et des petits entrepreneurs, peuple des jeunes et des
   seniors, peuple des familles et des isolés, peuple des veufs et des
   veuves, peuple des français de souche et d'ailleurs...

   Et moi, je suis le seul candidat de la Nation, de la Patrie et de la
   République.

   Chacun doit savoir qu'il ne peut y avoir de politique sociale sans
   politique nationale, ni de fraternité française sans Patrie. Il ne peut
   y avoir de politique française sans souveraineté française. La
   situation sociale des français n'a cessé de se dégrader par le chômage,
   les fermetures d'entreprises, les délocalisations, la baisse du pouvoir
   d'achat, la précarité professionnelle et sociale et couronnant le tout,
   l'immigration massive.

   Celle-ci a provoqué chaque année une dépense supplémentaire de 50
   milliards d'euros, 300 milliards de francs par an depuis 30 ans,
   creusant un gouffre de dettes évaluées aujourd'hui à 1.500 milliards
   d'euros (10.000 milliards de francs) et paralysant tous les secteurs
   sociaux (emploi, logement, santé, aide sociale, enseignement, justice,
   etc...).

   Nous ne devons pas en vouloir aux immigrés de cette politique, les
   seuls et exclusifs responsables sont les politiciens français UMP, UDF,
   PC, PS, représentés aujourd'hui par les candidats Royal, Sarkozy,
   Bayrou, déguisés en premiers communiants alors qu'ils sont des
   responsables politiques depuis 30 ans. Ce sont eux et leurs partis qui
   ont gouverné la France, tantôt en alternance, tantôt en cohabitation.
   Tous responsables, tous coupables.

   Ils ont détruit les protections légitimes des travailleurs français et
   d'abord les frontières devenues de véritables passoires en bradant
   notre souveraineté à l'Europe de Bruxelles qui, elle, les a cédées sans
   aucun scrupule ni aucune réserve au mondialisme.

   Sur le plan juridique, le privilège légitime des français chez eux, la
   préférence nationale à l'embauche, au logement, à l'école, à l'hôpital
   a été aboli et même, fait incroyable partout ailleurs, poursuivi en
   justice.

   L'activité économique sans laquelle il ne peut y avoir de politique
   sociale que ruineuse s'est progressivement affaiblie, le chômage est
   monté, les impôts et les charges aussi. Les dépenses publiques n'ont
   cessé d'augmenter, écrasant d'impôts les entreprises qui pourtant sont
   les seuls organismes économiques capables de créer de la richesse et
   l'emploi.

   La gauche socialo-communiste, aveugle et bornée a, à l'inverse des
   besoins, réduit la date de la retraite à 60 ans, voire pour certains à
   55 ou même 50 ans. On a favorisé, en les payant, les départs en
   préretraites et pour couronner le tout, réduit la durée hebdomadaire du
   travail à 35 heures, alors que la durée de la vie augmentait de 15 ans
   en moyenne, augmentant d'autant le nombre des retraités, c'est-à-dire
   en diminuant le nombre des cotisants, sans considération de
   l'augmentation des charges des retraites. Mais la droite a aligné sa
   politique sur la gauche. Bonnet rose et rose bonnet.

   La situation aujourd'hui est catastrophique. En 30 ans, la France a
   perdu dans :

   * l'industrie : 2 millions d'emplois

   * l'agriculture/pêche : 4 millions et demi

   * Artisanat et commerce : 1 million et demi - tué par les grandes
   surfaces

   INDUSTRIE - Des pans entiers de notre industrie ont disparu ou sont
   menacés de disparition.

   * Les mines

   * La sidérurgie

   * La métallurgie

   * Le textile

   * L'industrie chimique

   * La construction navale

   * La réparation navale

   * L'industrie d'armement

   * Les cycles et motocycles

   * Les produits bruns : télé, radio

   * Les produits blancs :

   * L'horlogerie - la bijouterie

   * L'armement naval

   Aujourd'hui c'est la construction aéronautique qui est menacée et
   l'industrie automobile qui fait vivre 2,5 millions de travailleurs en
   comptant les entreprises de sous-traitances.

   L'AGRICULTURE n'a plus que quelques centaines de milliers
   d'exploitations en survie jusqu'en 2013, menacées de liquidation alors
   que se lève le matin des paysans.

   LA PECHE qui a perdu la moitié de ses bateaux.

   L'ARTISANAT en voie de disparition par manque d'apprentis.

   LE COMMERCE de proximité étranglé par les grandes surfaces.

   Le résultat de tout cela, quel est-il ?

   En 10 ans, la France est passée du 4e rang au 11ème rang en Europe pour
   la richesse par habitant.

   20 % des moins de 25 ans sont sous le seuil de pauvreté, moins de 559 ¤
   par mois !

   Le pays compte 1,2 million de Rmistes à 360 euros par mois.

   Fin 2006, 4,8 millions de personnes dépendent de la CMU.

   7 millions de français vivent - survivent devrais-je dire - avec moins
   de 700 euros par mois.

   1 Français sur 2 a peur de devenir SDF.

   L'augmentation des prix à la consommation a dévoré le pouvoir d'achat
   de 5 à 30 % depuis la mise en place de l'euro en 2001.

   Depuis 7 ans, 150 000 jeunes français créateurs d'entreprises sont
   partis s'installer en Angleterre.

   260 000 cadres français de haut niveau ont émigré depuis 10 ans.

   Pendant le même temps, au moins 4 millions d'immigrés sont entrés en
   France, pour la plupart sans formation et à la charge de la
   collectivité.

   5 millions de nos compatriotes sont, en réalité, demandeurs d'emploi si
   l'on compte ceux qui ne s'inscrivent pas, ceux qui sont radiés, ceux
   qui sont en formation, ceux qui subissent le temps partiel et ceux qui
   bénéficient d'emplois subventionnés publics et privés.

   La France a la croissance la plus faible de la zone euro, qui a
   elle-même la croissance la plus faible du monde développé.

   Il reste dans notre pays un actif pour 5 inactifs.

   Voilà où la gestion de nos dirigeants, de droite comme de gauche, nous
   a mené.

   Voilà où l'aveuglement de ceux qui n'ont pas su ou pas voulu prévoir et
   anticiper les évolutions du monde nous ont conduit.

   Ce sont les Sarkozy, les Royal, les Bayrou, les Buffet, cartel de
   ministres et anciens ministres des gouvernements qui se sont succédés
   au pouvoir depuis 30 ans qui portent la responsabilité de ce désastre !

   Eux qui plastronnent dans l'apparat des grands messes des puissants de
   la planète, pendant que crient misère les 12 millions de travailleurs
   pauvres de notre pays, les quatre millions de retraités agricoles aux
   portions si congrues et ceux, tous les autres, qui font face avec une
   dignité admirable aux privations de toutes sortes.

   Le voilà le vrai scandale de notre Nation, cette insupportable vision
   du malheur de nos concitoyens pourtant dignes et silencieux, tandis
   qu'on abrutit avec la surmédiatisation des sans papiers venus en
   fraude, le tintamarre autour des illégaux qui jouent du chantage à
   l'enfant, bénéficiant de toute la compassion des happy few du Système,
   de la comédie compassionnelle et politicienne des SDF Don Quichottisés.

   Et pendant ce temps là, à la fermeture du marché voisin, deux retraités
   français ramassent les fruits et légumes tombés des étals.

   Un fonctionnaire de la Mairie de Paris dort dans la voiture qui lui
   sert de logement et le travailleur payé au salaire minimum cache sa
   honte de devoir aller se nourrir aux restos du coeur !

   Qui sont les coupables ?

   Ils sont tous coupables.

   Tous coupables, oui.

   Gauche et droite faussement opposés, en réalité complices dans le
   partage des prébendes et l'apparence d'un changement organisé pour
   tromper le peuple.

   Tous les tenants de l'ultra-libéralisme mondialisé.

   Car être ultra-libéral c'est vouloir la disparition des frontières.

   Être ultra-libéral, c'est accepter la disparition de toutes régulations
   du commerce mondial sous l'égide de l'OMC.

   Être ultra-libéral, c'est encourager l'immigration pour favoriser une
   baisse généralisée des salaires.

   Être ultra-libéral c'est accepter, depuis dix ans, toujours plus de
   déséquilibre dans la répartition des bénéfices.

   Être ultra-libéral, c'est détruire la Nation pour laisser sans défense
   les travailleurs de notre pays face à la mondialisation et aux
   délocalisations.

   Être ultra-libéral, c'est permettre l'écrasement de nos PME-PMI, de nos
   agriculteurs de nos commerçants par les entreprises du Cac 40 et la
   grande distribution.

   Être ultra-libéral, c'est adhérer à une politique de laxisme judiciaire
   et moral.

   Voilà tout ce qu'ils veulent, défendent, soutiennent et proposent !

   Tous ces principes s'incarnent dans une construction européenne
   qu'aucun de mes adversaires ne veut combattre.

   Et pour répondre à la crise profonde qui affecte le pays que
   proposent-ils donc ?

   L'altesse Royale des Charentes qui propose des soins palliatifs aux
   blessés de la guerre économique.

   Et Nicolas, qui va, qui vient, qui court et nous attend au coin du bois
   mesdames.

   Tandis que dans une posture toute neuve, Bayrou joue au rebelle,
   Tartuffe dans le rôle de d'Artagnan !

   Pour sortir de l'impasse où nous ont conduit leurs politiques, je vous
   propose loin de la fausse alternance et de la vraie cohabitation, une
   vision, une espérance, des choix, en un mot un destin.

   Ne comptez pas sur moi pour débiter un catalogue de mesures
   catégorielles destiné à satisfaire chaque électeur, je rappelle
   d'ailleurs à Madame Royal et à Monsieur Sarkozy qu'il s'agit d'une
   élection présidentielle, pas de l'élection d'un gouverneur européen de
   la Province France.

   La différence entre le candidat Le Pen et les autres, c'est que eux
   pratiquent le massage et moi le message.

   Eux vous disent " relaxez-vous " et moi " réveillez-vous ".

   Réveillez-vous parce que, sur la scène du théâtre du monde, le décor de
   la tragédie est déjà en place. Le décor planétaire, qui sert de toile
   de fond à la présidentielle française est fait de choses visibles,
   qu'enfin maintenant tout le monde voit, et de choses invisibles que pas
   un seul candidat ne perçoit.

   Le visible,

   C'est le court terme. C'est l'actualité. Je n'insiste pas. Vous vous
   souvenez, il y a quelques mois. C'était l'Afrique sur les barbelés de
   Ceuta et Melilla ; les " pateras ", ces bateaux d'immigrants qui
   arrivent sur les plages des Canaries. C'était la Guyanne, la
   Martinique, Mayotte submergées par le flot des clandestins.

   Et ça ne fait que commencer. Parce que derrière, via les routes turques
   débouchant sur la Bulgarie, il y a toute l'Asie centrale, mongole,
   tamoul et, un jour, chinoise qui attend pour se déverser.

   Le visible, il est là, sur nos pulls, nos chemises, nos sous-vêtements
   : made in China. C'est la casse de nos industries, les délocalisations
   de nos entreprises, le chômage et donc les cotisations salariales qui
   ne rentrent plus, les prestations sociales qui augmentent et les trous
   budgétaires qui se creusent. 41 milliards d'euros encore annoncés pour
   le budget 2007.

   Tout cela est enfin connu, même si les solutions sont toujours
   attendues. Et puis s'ajoute l'arrivée des nouveaux tigres économiques :

   * Le Brésil, la ferme du monde

   * La Russie, le gisement gazier du monde

   * L'Inde, l'informatique du monde

   * Et la Chine, usine du monde, à la conquête aussi de l'Afrique.

   Les aveugles avaient commencé même à voir, le samedi 4 novembre 2006,
   qu'il y a un problème d'énergie en Europe et que la France se prive
   d'électricité pour éclairer l'Allemagne qui joue avec les éoliennes et
   qui, évidemment, manque de courant.

   Mais le décor, la toile de fond de l'élection présidentielle, c'est
   aussi et surtout, quatre tsunamis invisibles qui arrivent du fin fond
   de l'humanité et qui vont balayer les équilibres de nos sociétés.

   Certes, à moyen terme, le Président élu en 2007 sera pour la France,
   Président de l'Union européenne de juillet 2008 à décembre 2008. C'est
   lui qui héritera de la Constitution européenne qu'Angela Merkel veut
   remettre sur le tapis.

   A moyen terme, c'est aussi sous la présidence de la France, en 2008,
   que Bruxelles traitera des finances de la PAC après 2013 et de l'impôt
   européen, lequel finira par arriver en 2014.

   En 2007 donc, chers compatriotes, le Président élu sera au coeur de
   tous les problèmes de l'Europe en suspens depuis le 29 mai 2005. Voilà
   pourquoi il doit être le Président de la majorité du 29 mai. Car si
   l'Europe de 2008 était présidée par M. Sarkozy et Mme Royal, champions
   du oui, on recommencerait comme si de rien n'était et ils seraient
   capables de nous la remettre, mais cette fois-ci sans nous faire voter.

   Mais, à long terme, le Président de 2007 doit préparer le pays aux
   quatre grands défis invisibles suivants :

   D'abord, l'invisible agricole

   Pour la première fois de l'histoire du monde, en 2007, la population
   urbaine de la planète sera supérieure à la population rurale. En 195O,
   il y avait 86 villes de plus d'un million d'habitants. Il y en a 400
   aujourd'hui. Et 550 dans huit ans. Avec les tensions qui arrivent. Les
   guerres qui vont venir se joueront dans les rues, les tours, les zones
   de logements tentaculaires, anarchiques, des cités. Clichy, Aulnay,
   c'est le coup de semonce.

   Mais, en même temps, des terres agricoles sont mangés par la ville, par
   l'érosion ou le manque d'eau.

   L'Inde arrive au bout de sa révolution verte et comptera pourtant 600
   millions d'habitants en plus d'ici 2050. Elle devra importer
   massivement des aliments.

   La Chine fait la course économique en tête. Mais 300 millions de
   paysans vont migrer vers les villes, après les 200 millions déjà partis
   depuis la décennie 1970. Comme de surcroit, les millions de riches de
   Shanghai, Shenzhen, Guanzou ou Fushan consomment de l'agroalimentaire
   de qualité, la Chine aussi va devoir importer.

   Qui va répondre à l'appel d'offres alimentaires de l'Asie ? La question
   de l'alimentation du monde est à nouveau posée.

   L'élection présidentielle, ce n'est donc pas la simple question des OGM
   et de la fin des paysans, mais au contraire, celle du matin des
   paysans. Du grand avenir que nos agriculteurs vont avoir. A condition
   de ne pas les éliminer d'ici-là. Et de ne pas empêcher leurs enfants de
   s'installer à la ferme.

   Et puis, il y a le deuxième invisible, celui du vieillissement du
   monde.

   En Europe et en Chine.

   En Europe, c'est peu à peu les vieux de l'Atlantique à l'Oural.

   A l'est, de la Russie à la Bulgarie et la Roumanie, les pays se vident.
   Il y a plus de morts que de naissances.

   Chez nous, à partir de 2045, le nombre de décès va l'emporter sur les
   naissances.

   En 2014, dans sept ans, nous franchirons un premier cap. Les moins de
   20 ans seront moins nombreux que les plus de 60 ans. Est-ce que vous
   croyez que cette génération va payer nos retraites ? Il faut être
   inconscient et fou pour ne pas voir la guerre des générations qui a
   commencé au printemps 2006 avec le CPE.

   Et, dans une guère générationnelle et financière entre les jeunes et
   les vieux, qui croyez-vous qui va gagner ?

   Concrètement, les Présidents élus en 2007, en 2012 et en 2017 devront
   trancher la question budgétaire suivante : on utilise les impôts pour
   les dieux du stade ou pour les vieux au dernier stade ?

   D'autant que la question du vieillissement vaut aussi pour la Chine où
   la génération Mao de l'enfant unique va partir à la retraite sans
   retraite. Alors, cette Chine d'un milliard de cheveux gris, qui dispose
   en réserve, cette année, de 1 000 milliards de dollars d'épargne, cette
   Chine, qui bouche chaque mois le trou du budget des USA en achetant les
   bons du Trésor américain, va avoir bientôt besoin de son épargne pour
   elle.

   Mais quand la Chine ne souscrira plus aux emprunts américains, qui,
   alors, financera le déficit budgétaire américain ?

   Le troisième invisible prend place dans les laboratoires des
   physiciens. Une révolution planétaire plus grande que la révolution
   informatique des vingt dernières années de l'ordinateur à transistors
   se prépare : la révolution de l'ordinateur quantique, inventé à Oxford
   et par la compagnie américaine ATT.

   Un ordinateur d'aujourd'hui stocke l'information dans des puces de
   silicium, de plus en plus petites.

   C'est là, à ce niveau, que va arriver l'ordinateur quantique, en
   utilisant les lois de la physique subatomique, pour stocker
   l'information sur des ions ou des photons. La puissance de calcul de
   ces ordinateurs va révolutionner le cryptage de l'information. Les
   transactions financières planétaires, le commerce électronique, la
   banque, les communications militaires, la médecine, le diagnostic, les
   assurances, tout va être bouleversé.

   Les possibilités de traitement de l'information vont devenir
   vertigineuses. Les questions des libertés, du secret de la vie privée,
   des relations du citoyen et de l'Etat vont devenir essentielles.

   Tout cela, c'est l'avenir, avec à la clé, des marchés économiques
   insoupçonnés, une puissance de diagnostic médical aux confins des
   molécules de chacun de nous et un risque terrifiant de dictature des
   compagnies d'assurances sur la société.

   Ces compagnies vont fixer des règles auxquelles devront se plier les
   particuliers, les entreprises et les états.

   Avec leur poids mondial, en 2006, de 2 500 milliards de dollars, contre
   seulement 2 000 milliards pour l'énergie, les assurances, lancent par
   leur puissance, un défi aux Etats et aux hommes politiques. C'est le
   défi du capitalisme financier planétaire.

   C'est le quatrième invisible qui pèse en secret sur la présidentielle.
   Celui du capitalisme financier planétaire.

   Mes amis, chers amis artisans, petits patrons des TPE ou de PME, un
   capitalisme total est en train de naître, qui n'a rien à voir avec vous
   entrepreneurs mettant en jeu votre propre capital pour créer, innover,
   enrichir le pays.

   Aujourd'hui, apparait un capitalisme sans projet, avec le culte du
   rendement à trois mois plutôt que de l'investissement. Ce capitalisme,
   décrié par un grand patron comme Jean Peyrelevade, ancien PDG de Suez,
   du Crédit Lyonnais, ce capitalisme, critiqué par les économistes
   responsables, est organisé comme une gigantesque société anonyme
   planétaire. 300 millions d'actionnaires de ce capitalisme mondial
   contrôlent, en apparence, toute la capitalisation boursière du monde.

   Mais en réalité, le pouvoir appartient à quelques milliers d'analystes,
   de traders, de gestionnaires, qui n'ont qu'un seul but, le taux de
   profit à deux chiffres et une seule nation : l'argent.

   C'est un capitalisme prédateur, fait de grands sauriens des fonds de
   pension anglo-saxons, qui achètent nos industries, nos richesses, nos
   infrastructures publiques et privées.

   C'est le capitalisme des Hedge Funds, ces fonds d'investissements de
   capitaux spéculatifs, qui rachètent les sociétés en bourse en vendant
   d'abord des actions qu'ils ne possèdent pas, avant de les racheter
   ensuite à leurs propriétaires, après qu'ils les aient déjà vendues.

   C'est le capitalisme des grands requins de la finance qui nagent sur
   les sites Internet d'informations financières, à la recherche de
   sociétés à dévorer.

   Ces spéculateurs de la " financial connection ", font transiter chaque
   jour 1 000 milliards de dollars via Clearstream et d'autres banques, en
   cheville avec les oligarques russes, français et autres, avec lesquels
   ils se sont, notamment, partagés le butin des 250 milliards d'euros des
   biens nationaux des Français privatisés de 1986 à 2007.

   Ce capitalisme des OPA, des fusions acquisitions, des Mittal, des
   Enron, des World Com, de l'Allemand E.O.N, a engagé la guerre contre
   les Etats, les peuples, les nations. La guerre contre les lois et les
   Républiques.

   Ce capitalisme globalisé a imposé aux dirigeants, français notamment,
   qui ont obéi, la destruction de nos frontières, la neutralisation de
   notre Parlement, lequel ne fait plus nos lois mais enregistre celles
   que la City, Wall Street et le FMI nous dictent via Bruxelles.

   Cela ne peut pas continuer comme cela !

   Non ! c'est une direction, une impulsion, un cap qu'il faut donner au
   pays, en même temps qu'une espérance et un avenir.

   C'est un projet économique et social clair, cohérent, réaliste qui
   prend son assise sur une véritable philosophie.

   Les grands principes que je mettrai en oeuvre sont les suivants :

   * Fonder l'économie de demain en la mettant au service de l'Homme et de
   la Nation.

   * Sauver l'économie de demain en redonnant aux Français la maîtrise de
   leur destin, le contrôle de leurs frontières et en défendant un projet
   alter-européen.

   * Dynamiser l'économie de demain par une révolution fiscale qui rendra
   aux Français le fruit de leur travail et la disposition de leur
   patrimoine, par la baisse significative de l'impôt sur le revenu et de
   l'impôt sur les successions.

   * Asseoir l'économie de demain sur la liberté du travail et la
   restauration du plein emploi, mais aussi sur la liberté d'entreprendre
   et la réhabilitation de la réussite professionnelle.

   * Rééquilibrer l'économie de demain en instaurant un plan Marshall pour
   nos campagnes par le biais d'un investissement massif et de
   l'installation de 15 000 nouveaux agriculteurs par an.

   * Dynamiser l'économie de demain par l'augmentation du pouvoir d'achat.
   L'Etat prendra immédiatement en charge 200 euros de cotisations
   sociales salariales pour tous ceux qui gagnent moins de 1,4 SMIC.
   L'entreprise pourra ainsi verser au salarié l'intégralité de son
   salaire brut.

   * Adosser l'économie de demain sur la recherche et l'innovation
   technologique.

   * Préparer l'économie de demain à l'épuisement des énergies fossiles
   par la recherche d'énergies nouvelles.

   * Appuyer l'économie de demain sur des services publics performants qui
   accompagnent les acteurs économiques dans la compétition mondiale et
   garantissent aux Français une véritable égalité territoriale.

   * Fonder la solidarité de demain sur le privilège d'être français.

   * Sauver la solidarité de demain en arrêtant l'immigration, devenue
   cause essentielle de l'appauvrissement généralisé par la pression
   qu'elle exerce sur l'ensemble des salaires et sur les comptes sociaux
   de la nation.

   * Garantir la solidarité de demain en généralisant la préférence
   nationale à l'emploi, aux logements et aux aides sociales.

   * Soutenir la solidarité de demain par le rétablissement de la
   sécurité, l'insécurité physique étant la première injustice sociale.

   * Consolider la solidarité de demain en réaffirmant le rôle social des
   parents notamment par la mise en place d'un salaire parental et d'un
   statut social protecteur.

   * Baser la solidarité de demain sur une école, redevenue le lieu
   privilégié de l'acquisition des savoirs pour donner à tous ceux qui le
   méritent la garantie de s'intégrer dans le tissu économique à
   proportion de leur compétence et ainsi pouvoir s'élever socialement.

   * Légitimer la solidarité de demain par le rétablissement d'une
   représentativité sociale dans les syndicats et politique dans les
   assemblées élues.

   * Garantir la solidarité de demain par la certitude d'une protection
   sociale performante pour tous les Français.

   * Affirmer la solidarité générationnelle de demain en assurant à tous
   nos anciens un revenu juste et digne.

   * Promouvoir la solidarité de demain, celle de la préférence nationale,
   pour ceux dont la vie et le bien-être ne peuvent dépendre que d'elle.

   Et ces engagements moi et moi seul pourrais les tenir- car moi et moi
   seul j'incarne une doctrine qui peut nous affranchir de la camisole
   politique, juridique, financière et fiscale de l'Europe de Bruxelles.

   Car enfin ! Comment organiser le redressement du pays alors que 80 % de
   nos lois se décident à Bruxelles et que nos gouvernants ont même échoué
   à obtenir la TVA à 5,5 % sur la restauration.

   Il nous faudra donc discuter avec Bruxelles en lui présentant un
   ensemble d'aménagements nécessaires à la reprise économique et au
   retour de la croissance.

   Nous fixerons un délai de réflexion à l'Europe pour nous donner une
   réponse qui, je vous le prédis sera favorable, car sans la France, il
   n'y a plus d'Europe.

   C'est parce que nos dirigeants sont tous des européistes convaincus que
   cette négociation n'a pas été ouverte car si elle l'avait été, elle
   aurait réussi.

   Le point central de cette discussion concernera la maîtrise de nos
   frontières.

   Pas de réforme économique, pas de retour à la croissance, pas de hausse
   du pouvoir d'achat sans que ne soit endiguée l'invasion de produits
   fabriqués par des pays à bas salaires et sans protection sociale !

   Pas de réforme économique, pas de retour à la croissance, pas de hausse
   du pouvoir d'achat sans que ne soit endiguée l'immigration incontrôlée
   des miséreux de toute la planète qui viennent concurrencer nos
   travailleurs pauvres, nos retraités misérables qui eux ne peuvent se
   délocaliser !

   Nous instaurerons donc un contrôle strict de l'immigration et le retour
   des clandestins et des illégaux dans leur pays.

   Nous réserverons l'ensemble des aides sociales, des logements sociaux
   aux Français, à tous les Français mais seulement aux Français par
   l'application de la préférence nationale.

   Nous organiserons des droits de douane de nouvelle génération.

   Ils taxeront les produits importés de pays ou la protection sociale est
   inexistante pour le ramener aux prix de notre production nationale.

   Cette taxation ouvrira un droit de même montant à l'achat des produits
   français.

   Si ce droit n'était pas exercé, la taxation serait effective.

   Le voilà le commerce éthique qui protège les travailleurs français et
   pousse au développement de la protection sociale et à l'amélioration
   des conditions de travail dans les pays émergents ! La voilà, la clef
   du développement durable.

   La voilà la mission universelle de la France, mère des arts, des armes
   et des lois, exportatrice des valeurs de liberté d'égalité et de
   fraternité !

   Dans le pays qui prétend faire partie des quatre seules nations qui
   parlent aux autres nations de la Terre, on ne devient Président de la
   République, surtout après la vague des inquiétudes planétaires et
   médiatisées sur le climat, qu'avec une proposition à la dimension du
   XXIe siècle qui commence.

   Parce que, pour seul projet d'avenir, tous les autres candidats n'ont à
   offrir que le vieux rêve européen de leur jeunesse passée, alors
   qu'au-delà de l'Europe, le monde a plus que jamais besoin de la France,

   Je serai le Président qui, en septembre 2007, ira à l'Assemblée
   générale des Nations Unies, proposer l'audace de gérer en commun, en un
   quadrilatère de l'humanité, quatre parties communes de la copropriété
   planétaire : l'eau, l'alimentation, les médicaments de base et
   l'instruction.

   Ainsi, avec ce rêve suffisamment grand pour ne pas le perdre de vue
   pendant que nos filles et nos garçons de 20 ans le poursuivront, je
   serai :

   Le Président du peuple rétabli dans ses droits à se gouverner
   directement, sans que sa souveraineté lui soit confisquée.

   Le Président de toutes les libertés restaurées, à commencer par celle
   d'entreprendre et de travailler.

   Le Président des femmes et des hommes des campagnes parce qu'ils sont
   la base du bonheur d'être français.

   Le Président du rayonnement de la France, sans lequel nous ne serions
   pas la puissance que nous sommes, aux quatre coins du monde et dans le
   coeur des hommes.

   Alors vous tous les petits, les obscurs les sans grades, les humbles,
   travailleurs, seniors, agriculteurs, retraités, femmes et familles,
   solitaires, veufs et veuves, français de souche ou d'ailleurs,
   gavroches à qui j'avais dit le soir du 21 avril 2002 n'ayez pas peur,

   Vous que jamais l'on n'entend,

   Vous qu'on a toujours trouvé sur le chemin de l'honneur d'être
   Français,

   Vous qui toujours à la guerre comme aux champs, à la mine et à l'usine,
   à l'établi comme au comptoir ou à l'école faites votre devoir en
   silence,

   Vous qui n'avez jamais servi, combattu, travaillé que pour des prunes,

   Reprenez avec moi le pouvoir,

   Retrouvez avec moi le privilège d'être Français,

   Allons dire ensemble à l'Univers étonné que la France est de retour,
   que la grande Nation s'est réveillée et que c'est le 6 mai 2007 au soir
   avec mon élection que refleurira le printemps des Français !

   Senior, comme 17 millions de nos compatriotes, père de 3 filles et de 9
   petits-enfants, orphelin élevé par une veuve de guerre, ancien
   dirigeant étudiant, qui a été travailleur manuel, chef d'entreprise,
   officier parachutiste, député français à l'Assemblée Nationale et au
   Parlement Européen, pendant 30 ans Président du Front National, ayant
   consacré ma vie à la défense du Peuple et de la Nation et continuant de
   le faire avec la force que donne la foi et l'amour de la Patrie, je
   crois être digne de votre confiance et de celle des françaises et des
   français pour réaliser avec eux le changement nécessaire et la
   renaissance de notre pays.

   Rêvons un peu, mes amis.

   Si nous considérons que nous sommes les passagers du vaisseau Terre,
   tous embarqués dans la même caravelle perdue dans un océan de 1 000
   milliards de galaxies, comptant chacune 1 000 milliards de soleils,
   alors nous avons une chance de maintenir ici cet invraisemblable
   miracle qui n'existe qu'ici, uniquement qu'ici, puisque sur un espace
   de millions et de millions d'années lumière, ce n'est qu'ici qu'existe
   l'invraisemblable miracle de la vie.

   C'est peut-être cela le destin de la France : dans la communauté des
   nations, être celle qui dit non seulement le chemin, mais le but de ce
   chemin.

   C'est comme dans Alice au pays des merveilles, Alice s'est perdue dans
   la forêt. Elle demande à un chat sur un arbre :

   - " Pourrais-tu m'indiquer le chemin ? "

   Et le chat répond :

   - " Tout dépend où tu veux aller ! "

   Eh bien ! Mes amis, compagnons d'un demi-siècle de luttes et
   d'espérances, si nous avons tenu, c'est que nous avons toujours su où
   nous voulions aller. Et c'est pour vous y conduire et y conduire la
   France, les Français et les nations qui voudraient nous y accompagner,
   que je suis candidat.

   C'est d'ailleurs tout le contenu de mon projet politique que de dire le
   chemin et le but de ma candidature. Et comme celui-ci tient en un mot,
   il me suffit d'une dernière image pour l'illustrer.

   Au sud de l'Italie, en Sicile, à plus de 3 000 mètres de hauteur,
   au-dessus du bleu de la Méditerranée, il y a les cratères d'un volcan
   géant : l'Etna. Régulièrement, des milliers de tonnes de lave
   explosent, coulent et emportent les arbres de la forêt et les pylônes
   de la station de ski.

   A peine tout est refroidi, dans un paysage lunaire entièrement noir,
   sous le vent froid qui accompagne le rouge des soleils qui se lèvent ou
   se couchent, on voit de petites taches jaunes qui percent entre les
   amas dantesques de " pouzzolane " noire. Ce sont des genêts qui
   poussent. Et puis, s'il reste un peu de lumière du jour sur les flancs
   noirs du monstre, on voit de petites taches blanches qui bougent
   doucement à plus de 2 500 mètres. Ce sont des moutons qui broutent les
   pousses de genêts.

   C'est la leçon de l'Etna : la vie finit toujours par gagner.

   Voilà le but de notre combat politique : faire gagner la vie !

   Parce qu'à tous les âges et sous toutes les formes, des pentes noires
   et brûlantes des volcans aux draps blancs et froids des services de
   réanimation, c'est beau, c'est grand, c'est fort la vie.

   Le Dieu des fourmis et le Dieu des étoiles nous donneront, avec vous,
   la victoire. Parce que je suis le candidat de la vie.

   Vive la nation !

   Vive le peuple !

   Vive la France !

   Vive la vie !

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