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Discours politique

Nicolas Sarkozy, Discours au soir du premier tour (22/04/2007)

   Mes chers compatriotes,

   Ce soir, le peuple français s'est exprimé. Il l'a fait avec clarté.

   Après tant de scrutins marqués par la montée de l'abstention, ce
   premier tour de l'élection présidentielle est une victoire pour notre
   démocratie. En se rendant massivement aux urnes, les Français ont
   exprimé leur volonté de ne laisser personne décider à leur place.

   En me plaçant en tête de ce premier tour et en plaçant Madame Royal en
   deuxième position, ils ont marqué clairement leur souhait d'aller au
   bout du débat entre deux idées de la nation, deux projets de société,
   deux systèmes de valeurs, deux conceptions de la politique.

   Ce débat, nous avons la responsabilité, Madame Royal et moi, de faire
   en sorte qu'il se déroule dans la clarté, dans la sincérité et dans le
   respect des personnes. Nous avons le devoir de donner à travers ce
   débat une image de dignité qui soit à la hauteur de la dignité de la
   fonction présidentielle. Pour ma part je ne changerai pas de ligne de
   conduite. Je veux dire à Madame Royal que je la respecte et que je
   respecte ses convictions et que je souhaite que le débat de ce second
   tour soit véritablement un débat d'idées. Les Français l'attendent
   depuis trop longtemps, le réclament avec trop de force pour qu'il soit
   dénaturé.

   Aux 11 millions d'électeurs qui ont voté pour moi au premier tour parce
   qu'ils se sont reconnus dans les idées que j'ai exprimées, je veux dire
   merci du fond du coeur. Ils m'ont fait confiance. Je ferai tout pour
   être digne de cette confiance.

   Tout au long de la campagne, j'ai souhaité m'adresser à tous les
   Français au-delà des partis. J'ai voulu parler à ceux auxquels on ne
   parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés, aux
   artisans, aux agriculteurs, à la France qui donne beaucoup et qui ne
   reçoit jamais rien, à la France qui est exaspérée et qui souffre, celle
   des banlieues en difficulté, des bassins industriels en déclin, des
   cantons ruraux abandonnés.

   J'ai voulu mettre au coeur de la politique des valeurs comme l'identité
   nationale, l'autorité, le travail, le mérite. J'ai voulu parler de
   morale. J'ai proposé la revalorisation du travail, l'école de
   l'excellence, la moralisation du capitalisme financier, la révolution
   du développement durable. J'ai dit que ma priorité était de donner à
   chacun le moyen d'accomplir ses rêves, de réaliser ses ambitions, de
   réussir sa vie.

   Ces principes sont le fondement de mon projet politique. Quels que
   soient les obstacles, je n'y renoncerai pas, je ne les renierai pas
   parce que je suis profondément convaincu que l'avenir de notre pays, sa
   prospérité, sa place dans le monde en dépendent. Comme en dépend le
   bonheur des Français.

   Dans les 15 jours qui restent avant le second tour, je veux dire à tous
   les Français qui ont peur de l'avenir, qui se sentent fragiles,
   vulnérables, qui trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en
   plus dure, que je veux les protéger.

   Je veux les protéger contre la violence, contre la délinquance, mais
   aussi contre la concurrence déloyale et les délocalisations, contre la
   dégradation de leurs conditions de travail, contre l'exclusion. Je veux
   leur redonner le goût d'entreprendre, d'innover, le goût de l'aventure
   et du risque. Je veux pouvoir leur parler de protection sans être
   accusé de protectionnisme, comme je veux pouvoir leur parler de la
   nation sans être accusé de nationalisme.

   Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la
   vie, à ceux qu'elle a usés, à ceux qui sont dans la détresse. Je veux
   parler aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à ceux qu'une
   pression trop forte a épuisés, à ceux qui ont trop souffert. Je veux
   leur redonner de l'espérance. Je veux leur dire que la France dont je
   rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une France qui est
   comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus
   fragile a droit a autant d'amour, autant de respect, autant d'attention
   que le plus fort, une France où même dans celui qui n'a plus de force
   on reconnaît la dignité de l'homme et du citoyen.

   Je veux m'adresser à tous les Français pour leur dire que la société du
   plein emploi est un moyen et que l'objectif c'est la société de la
   pleine citoyenneté. Je ne souhaite qu'une chose : rassembler le peuple
   français autour d'un nouveau rêve français, celui d'une République
   fraternelle où chacun trouvera sa place, où personne n'aura plus peur
   de l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme
   une richesse.

   Cette France fraternelle, c'est celle qui m'a tout donné. Je lui dois
   tout. Et à mon tour je veux tout lui rendre. Cette France fraternelle
   j'invite tous les Français de bonne volonté quelles que soient leurs
   origines, leurs croyances, leurs partis à s'unir à moi pour qu'ensemble
   nous puissions la bâtir.

   Vive la République !

   Vive la France !

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