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Discours politique

Nicolas Sarkozy, Discours à Dijon (23/04/2007)

   Mes chers amis,

   Merci, merci de votre présence, merci de votre soutien, merci de votre
   enthousiasme, merci de votre ardeur, merci de votre amitié.

   C'est ici, ce soir, en Bourgogne, que commence la campagne du deuxième
   tour.

   C'est ici, à Dijon, que je veux m'adresser aux 11 millions de Français
   qui m'ont apporté leurs suffrages. Je veux leur dire que je ne les
   trahirai pas, que tous les engagements que j'ai pris, je les tiendrai
   scrupuleusement.

   Je veux leur dire que si j'ai voulu mettre la morale au coeur du débat
   politique, je veux aussi la mettre dans le comportement politique.

   Je n'ai jamais cru, et mes amis le savent depuis bien longtemps, au
   cynisme en politique.

   Je n'ai jamais cru à la politique qui oublie ses promesses sitôt
   l'élection passée.

   J'ai toujours cru à cette vérité toute simple que la politique, pour
   être respectée, doit être fidèle à la parole donnée. C'est une affaire
   de respect, sans respect de la parole donnée, il n'y a pas de
   politique.

   J'ai toujours cru à cette vérité toute simple que la crise de confiance
   qui mine la politique serait résolue quand le mensonge cesserait l'une
   des armes de la politique. Je veux la vérité, je refuse le mensonge.

   J'ai toujours cru à cette vérité toute simple que les Français se
   réconcilieraient avec la politique dès lors que la politique les
   respecterait à nouveau.

   Aux 11 millions de Français qui m'ont fait confiance dès le premier
   tour, je veux dire que mon souhait de moraliser la politique et de
   remédier à la crise de confiance commence pour moi par la volonté de ne
   pas les décevoir.

   Je veux leur dire que c'est autour d'eux que je compte faire le
   rassemblement du peuple français le plus large possible.

   Aux électeurs qui ont voté pour d'autres candidats au premier tour et
   qui sont des femmes et des hommes de bonne volonté, je veux dire qu'ils
   ont toute leur place dans ce rassemblement dès lors qu'eux aussi
   partagent les valeurs de l'identité nationale et de l'amour de la
   France, du travail et de son respect, du mérite et de sa récompense, du
   civisme et de ses devoirs, de la justice républicaine.

   Je leur dis que le moment est venu où chacun doit prendre ses
   responsabilités, où, pour chacun, il s'agit de savoir si la France
   choisit le changement que nous incarnons ou l'immobilisme, choisit
   l'audace ou la frilosité, choisit le renouveau ou le déclin.

   À tous les Français, je dis qu'ils ont tous, riches ou pauvres, forts
   ou faibles, droit au même respect, au même amour, à la même
   compréhension, et que ce respect, cet amour, cette compréhension, sont
   les valeurs, les sentiments qui fondent mon idée de la France et de la
   République. La République, je la veux fraternelle et rassemblée.

   À tous les Français, je dis qu'il n'est nul besoin d'être d'accord sur
   tout lorsqu'on est d'accord sur l'essentiel, sur l'amour que l'on porte
   à son pays, sur les devoirs que l'on se sent à son égard.

   Nul besoin d'être d'accord sur tout pour que chacun puisse travailler
   avec les autres pour le bien commun et pour un même idéal.

   C'est la raison de la présence, qui est une joie pour moi, à nos côtés
   d'Eric Besson et de Gilles de Robien. Nous n'avons pas besoin d'être
   d'accord sur tout pour partager le même idéel, dès lors que nous sommes
   d'accord sur l'essentiel.

   Dans cette campagne pour le second tour, je ne me livrerai à aucune
   ouverture politicienne qui chercherait à rassembler à travers des
   débauchages ou, pire, des marchandages. Je ne me laisserai pas aller à
   l'ouverture partisane qui n'est rien d'autre que le masque derrière
   lequel se dissimulent les manoeuvres et les combinaisons d'appareils.
   Elles appartenaient à la IVe République, nous sommes la Ve République.

   Que l'on ne compte pas sur moi pour renier mon projet dans le but
   d'obtenir un consensus entre les partis.

   Que l'on ne compte pas sur moi pour faire quelque concession que ce
   soit au régime des partis qui, en son temps, avait affaibli la France,
   moi, je veux la renforcer, pas l'affaiblir.

   Je ne scellerai donc pas d'alliance au détriment de nos convictions.

   Je ne construirai pas une union des partis sur le sacrifice de ma
   sincérité.

   Je veux être le candidat de l'ouverture parce que je veux être le
   président de l'ouverture, mais d'une ouverture qui n'a rien à voir avec
   la politique politicienne, d'une ouverture qui n'est pas l'ouverture
   vers les appareils.

   L'ouverture dont je veux être le candidat, c'est l'ouverture d'esprit.
   Et cela change tout, ce n'est pas une ouverture pour les appareils,
   c'est une ouverture de l'esprit pour que chaque citoyen de France
   puisse se retrouver dans le projet politique qui sera le nôtre.

   L'ouverture d'esprit, c'est être capable de prendre en considération
   les raisons de l'autre, c'est être capable de penser que l'autre peut
   avoir raison, c'est être capable d'échanger avec l'autre et de le
   respecter même quand on pense qu'il a tort.

   L'ouverture d'esprit, c'est accepter de réfléchir, de se remettre en
   cause. C'est reconnaître que l'on ne sait pas tout, c'est accepter
   cette idée que l'on a toujours quelque chose à apprendre.

   L'ouverture dont je veux être le candidat, c'est l'ouverture vers les
   autres, vers ceux qui ne pensent pas la même chose que moi, qui n'ont
   pas le même parcours, pas la même expérience de la vie, pas la même
   histoire, vers ceux qui n'ont pas voté pour moi, vers ceux qui parfois
   m'ont combattu. Mais l'intelligence du coeur, c'est, après les
   affrontements, savoir se comprendre pour s'additionner au service de
   notre pays. C'est cela l'idéal de la Ve République et de l'élection
   présidentielle.

   L'ouverture d'esprit pour moi, c'est l'ouverture à d'autres gens que
   ceux que l'on a l'habitude de rencontrer, à des sentiments que l'on n'a
   jamais éprouvés, à des idées nouvelles.

   L'ouverture pour moi, c'est le contraire du reniement, c'est
   l'expression d'une grande force de conviction, parce que pour s'ouvrir
   aux autres, pour s'ouvrir à d'autres idées, à d'autres opinions, il
   faut se sentir assez assuré dans ce que l'on est, dans ce que l'on
   pense et dans ce que l'on croit.

   Il n'y a que les faibles qui ne s'ouvrent pas aux autres. Parce qu'ils
   sont faibles, ils ont peur. Nous sommes forts, notre devoir est de nous
   ouvrir aux autres. C'est le fort qui tend la main, pas le faible.

   L'ouverture pour moi, c'est la compréhension, c'est le respect, c'est
   l'amour des autres.

   Ce n'est pas le marchandage, ce n'est pas la négociation des places. Je
   ne marchanderai pas, je ne négocierai pas, mais je ferai preuve
   d'ouverture d'esprit et d'esprit de tolérance. Je serai compréhensif.
   Je serai respectueux. Je serai fraternel. Tout en continuant à être
   sincère et loyal vis-à-vis de tous ceux qui m'ont d'ores et déjà fait
   confiance.

   Voilà le projet et l'état d'esprit qui sont les miens.

   Pour rassembler, il faut comprendre, il faut respecter.

   Pour rassembler, il faut aimer.

   Et le rôle d'un président de la République, c'est de rassembler. Pour
   moi, dans cette campagne du second tour de l'élection présidentielle,
   il n'y a pas deux camps, il n'y a pas deux partis dressés l'un face à
   l'autre. Il n'y a pas l'UMP et le Parti Socialiste, il n'y a pas le
   peuple de droite et le peuple de gauche. Parce que pour moi, il n'y a
   qu'un seul peuple, le peuple français, avec une seule histoire,
   l'histoire de France.

   Il n'y a qu'une seule France qui est le bien commun de tous les
   Français.

   Je veux être le président de tous les Français, qui parlera en leur nom
   à tous, qui les respectera et qui les aimera tous, qui les unira.

   Nous n'allons pas élire le président de la France de droite ou celui de
   la France de gauche, nous allons élire le président de la République
   française, et la République est à tout le monde, la République c'est
   nous tous, tous les Français, sans exception.

   La République, c'est le contraire du sectarisme, c'est le contraire de
   l'intolérance, c'est le choix des valeurs universelles autour
   desquelles les Français peuvent s'unir.

   La majorité présidentielle que je veux rassembler, c'est une majorité
   dans laquelle tous les Français, quelles que soient leurs croyances,
   quelle que soit leur sensibilité, quelles que soient leurs origines,
   doivent pouvoir se reconnaître, doivent pouvoir retrouver cette part
   d'eux-mêmes, cette part de leur identité qui leur donne le sentiment
   qu'ils appartiennent à la même République et que ce qui les unit est
   plus fort que ce qui les sépare.

   Quand je parle de l'autorité, de l'ordre, de l'immigration choisie, de
   la nation, du travail, je ne parle pas qu'à la France de droite, je
   parle à tous les Français. Je ne présuppose pas qu'un Français de
   gauche ne veut pas qu'on lui parle de la nation française. Ce sont des
   constructions médiatiques de la pensée unique, ce n'est pas ce que
   pensent les Français.

   Quand je parle de la fraternité, cher Enrico, que tu as si bien chantée
   et incarnée, de la justice, de la protection sociale, je ne parle pas
   qu'à la France de gauche, je parle à tous les Français.

   L'identité nationale, la récompense du mérite, la fermeté contre la
   délinquance, contre la fraude, contre la violence, la lutte contre
   l'immigration clandestine, ce n'est pas que pour la droite. C'est pour
   tous ceux qui sont les premières victimes du laxisme. Pour les sans
   papiers qui vivent dans des conditions indignes et qui sont exploités.
   Pour tous ceux qui n'ont pas les moyens de se protéger, qui payent
   toujours pour les autres, qui payent pour les fraudeurs, qui payent
   pour les casseurs, qui subissent la violence, qui ne sont jamais
   récompensés de leurs efforts. Ce n'est pas la France de droite ou la
   France de gauche, c'est la France tout court.

   Je parle à ceux qui ont besoin de la nation parce qu'ils n'ont pas la
   capacité d'affronter tous seuls la dureté de la vie.

   C'est Jaurès qui disait que la nation était le seul bien des pauvres.
   Je me sens l'héritier de Jaurès quand il affirme cette vérité.

   Le pouvoir d'achat, la moralisation du capitalisme financier, la
   protection contre les délocalisations, le plan Marshall pour offrir à
   tous les jeunes de banlieue une formation qui débouche sur un emploi,
   les écoles de la deuxième chance, la sécurité sociale professionnelle,
   l'allocation formation pour ceux qui s'engagent à étudier, le droit
   opposable à l'hébergement, au logement, à la garde d'enfants, à la
   scolarisation des enfants handicapés, la garantie publique pour ceux
   qui ne peuvent pas emprunter parce qu'ils n'ont pas de relations, pour
   ceux dont la famille n'a pas les moyens de se porter caution, pour les
   malades qu'on veut faire payer plus cher parce qu'on considère qu'ils
   représentent un plus grand risque.

   C'est un scandale absolu d'oser dire que lorsque l'on est malade on
   doit payer ses intérêts plus chers parce que l'on est un plus grand
   risque. C'est une injustice inqualifiable dans la République française
   !

   La main tendue aux exclus, ce n'est pas que pour la gauche. C'est pour
   tous ceux qui un jour ou l'autre pourront se trouver confrontés à un
   accident de la vie et qui devront mettre un genou à terre. Et mettre un
   genou à terre, cela peut arriver à tout le monde.

   C'est pour tous ceux qui veulent s'en sortir, mais qui ont besoin
   d'aide parce qu'ils ne peuvent pas y parvenir tous seuls.

   L'ordre ce n'est pas que pour la droite.

   Le mouvement ce n'est pas que pour la gauche.

   La France est une synthèse, sans cesse recommencée. Je veux faire la
   synthèse de l'ordre et du mouvement, de l'autorité et de la fraternité,
   de la liberté et de la justice.

   Voilà mon projet politique : comprendre que la France est une synthèse.

   Si je suis élu président de la République, tout ce que la droite
   républicaine n'osait plus faire parce qu'elle avait honte d'être la
   droite, je le ferai parce que je n'ai pas honte et parce que je n'ai
   pas peur Tout ce que la droite républicaine a abandonné à la gauche et
   à l'extrême droite, je m'en saisirai. Je ne veux pas que la France
   donne le visage de l'extrémisme. Voilà ce que je dis, voilà ce que je
   ferai.

   Tout ce que la gauche a laissé tomber, tout ce qu'elle a renié des
   valeurs universelles, des valeurs de la France, je les reprendrai à mon
   compte.

   Quand je vois que l'on s'étonne que je reprenne Jaurès et Blum, mais
   ils devraient s'en réjouir ! Et quelle bonne nouvelle, j'ai vu que l'on
   me faisait un procès en héritage. Je n'ai jamais vu François Hollande
   défendre l'héritage avec tant d'énergie. Bienvenue au club François !
   Voilà donc qu'il n'aime pas que l'on pille son héritage, qu'il
   comprenne que pour chaque Français, c'est la même chose, que l'on doit
   respecter l'héritage... Alors, on le respecte pour vous, respectez-le
   pour nous.

   C'est ce qu'a fait le Général De Gaulle. Il disait : "la France, ce
   n'est la gauche, La France ce n'est pas la droite. La France, c'est
   tous les Français." Faire revivre les valeurs qui sont au coeur de
   notre identité, c'est nous montrer capables, de faire la synthèse que
   Jaurès lui-même appelait de ses voeux entre l'ordre et le mouvement.

   Pour parler de cette synthèse, faite de compréhension, de respect,
   d'ouverture d'esprit, de fraternité, j'ai choisi la terre de Bourgogne.

   Ou pourrais-je le faire mieux qu'ici ? Cette terre, je la connais bien.
   C'est une terre où les valeurs de compréhension, de respect et de
   tolérance ont toujours été présentes.

   En Bourgogne, on sait ce que cela signifie la compréhension, la
   fraternité et l'ouverture d'esprit.

   En Bourgogne, où passa pendant tant de siècles la frontière entre le
   Saint Empire et le Royaume de France, on connaît la valeur de la
   synthèse et de la tolérance.

   En Bourgogne, où le Nord et le Sud mêlant leurs génies, leurs
   intelligences et leurs sentiments, ont façonné une culture à nulle
   autre pareille, qui est presque une civilisation, dont l'âme est dans
   les paysages, dans les abbayes et dans le vin. C'est cela la Bourgogne.

   La Bourgogne, c'est le pays des grands saints et des grands orateurs
   qui d'une parole parviennent à changer le monde.

   La Bourgogne, c'est le pays de Bossuet, de Buffon et de Lamartine. Ce
   n'est pas rien la terre de Bourgogne !

   La Bourgogne, c'est le pays de Saint Bernard avec la croisade des
   Chevaliers. C'est le pays de Carnot avec les soldats de l'An II.

   La Bourgogne, c'est un vieux pays où l'on travaille, où l'on prie, où
   l'on crée depuis des millénaires. Voilà pourquoi j'aime la Bourgogne.

   La Bourgogne, c'est un vieux pays où l'on ne se bat que lorsque c'est
   nécessaire, que lorsque l'essentiel est en jeu. C'est un vieux pays où
   l'on aime la vie, où l'on aime la liberté, où l'on aime la République,
   où l'on aime la terre qui vous a vue naître. C'est cela la Bourgogne et
   peut-être aurais-je pu être un bourguignon moi-même ?

   C'est donc ici, à Dijon, au milieu de la Bourgogne, au milieu de vous,
   que j'ai voulu me trouver ce soir, pour lancer un appel au calme, à la
   modération et peut-être même à la dignité.

   Le débat entre deux projets politiques, deux visions de la France, deux
   conceptions de la société, les Français l'ont voulu, il doit avoir
   lieu. Mais l'injure, le mensonge, le discrédit jeté sur l'adversaire au
   moyen de l'insinuation et de la rumeur doivent être exclus. Ils
   n'apportent rien au débat, ils le dénaturent, ils empêchent d'aller au
   fond des idées, des propositions, des convictions de chacun.

   Le débat doit avoir lieu. Il peut être, il doit être sans concession.
   Ce débat nous le devons aux Français. Nous le devons à la démocratie.
   Mais ce débat doit être digne.

   Nous avons des opinions, des convictions, des croyances qui sont
   différentes, qui sont opposées, il nous revient d'en débattre, d'en
   débattre librement, poliment, avec courtoisie et respect, comme il se
   doit dans une démocratie apaisée. Ce ne sont pas des mots démodés.

   Alors, pourquoi tant d'attaques personnelles, pourquoi tant de
   violence, pourquoi au fond tant de haine ?

   Oui, pourquoi tant de haine ?

   Parce que je parle de la France ?

   De son identité ?

   De ses valeurs ?

   La France est-elle devenue un gros mot ?

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que dans l'identité française il y a des valeurs qui
   ne sont pas négociables ?

   Parce que je dis que l'égalité de la femme et de l'homme ce n'est pas
   négociable ?

   Parce que je dis que la laïcité ce n'est pas négociable ?

   Parce que je dis que la liberté de conscience ce n'est pas négociable ?

   Parce que je dis que le refus de la polygamie, de l'excision, du
   mariage forcé ce n'est pas négociable ?

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je n'accepte pas la repentance ?

   Parce que je ne veux pas qu'on demande aux enfants d'expier les fautes
   supposées de leurs pères ?

   Parce que je considère que la France n'a pas à avoir honte de son
   histoire ?

   Parce que je dis que la France n'a pas inventé la solution finale, ni
   commis de génocide et qu'elle est le pays au monde qui a le plus fait
   pour la liberté des hommes ?

   C'est la vérité, je ne veux pas de la repentance.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que tous les Français n'étaient pas pétainistes ? Que
   des mères françaises ont caché des enfants juifs au milieu de leurs
   propres enfants ? Que des résistants sont morts dans les maquis ?

   C'est cela la France et je veux que l'on parle de cela.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que tous les colons n'étaient pas des exploiteurs, que
   beaucoup d'entre eux avaient passé leur vie à bâtir, à soigner, à
   éduquer, à cultiver un morceau de terre aride pour en tirer de quoi
   faire vivre leur famille et parce que je dis qu'ils étaient
   respectables ?

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que si la France a une dette morale, c'est envers eux,
   auxquels un jour on n'a donné le choix qu'entre la valise et le
   cercueil et qui ont tout perdu ? Nous devons les respecte car ils sont
   respectables ces Français-là !

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que si la France doit une compensation, c'est aux
   supplétifs d'Indochine et aux harkis qu'elle la doit, eux qui ont tout
   perdu pour l'avoir servie ? Cette dette de la France à leur égard est
   une dette d'honneur et l'honneur doit dire quelque chose pour chaque
   Français digne de ce nom.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis cette vérité d'évidence que pour un Français haïr la
   France c'est se haïr lui-même ? Parce que je dis que ce que nous avons
   à offrir à ceux qui veulent devenir Français, c'est la fierté d'être
   Français et de prendre en partage l'identité de la France ? si l'on
   n'est pas fier d'être Français, on n'est pas obligé de demander à
   devenir Français.

   La France ne demande qu'une seule chose à ceux qu'elle accueille, c'est
   qu'on l'aime et qu'on la respecte, ce qui est bien la moindre des
   choses que celui qui est accueilli fasse l'effort de respecter et
   d'aimer le pays qui l'accueille.

   Tant de haine, c'est peut-être parce que je dis tout haut ce que tout
   le monde pense tout bas.

   Parce que je dis que les régularisations massives et les
   régularisations automatiques pour les sans papiers ont des conséquences
   dramatiques.

   Parce que je refuse ces régularisations qui constituent un formidable
   appel d'air pour l'immigration clandestine.

   Parce que je dis que ceux qui ont été expulsés ne doivent pas obtenir
   de visa pendant les cinq années suivantes ?

   Parce que je dis que le regroupement familial, qui est un droit que je
   ferai respecter, ne doit être possible que si l'on est en mesure de
   faire vivre sa famille avec les revenus de son travail et pas avec les
   revenus des allocations sociales.

   Parce que je dis que si l'on veut venir vivre en France il faut faire
   l'effort d'apprendre le Français avant de s'installer en France. Parce
   que le Français, c'est la langue de l'intégration.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que le communautarisme enferme tout le monde dans ses
   origines ?

   Qu'il n'est pas compatible avec la République et que le refus du
   communautarisme n'est pas négociable ? Que celui qui veut se replier
   sur sa communauté, n'a rien à faire dans la communauté nationale
   française ?

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que la laïcité, ce n'est pas la haine de toues les
   religions mais le respect de toutes les croyances ? C'est le contraire
   de la laïcité de combat du petit père Combes, il y a un siècle.

   Parce que je dis que j'admire Jean-Paul II pour son courage, pour sa
   fermeté, pour le rôle qu'il a joué dans la fin du communisme en Europe
   et même pour sa profonde spiritualité ? Jean-Paul II a marqué l'Europe,
   c'est une évidence !

   Je vais aggraver mon cas : je dis cette vérité que nous sommes les
   héritiers de deux mille ans de chrétienté dont les valeurs ont été
   incorporées dans notre morale laïque. La France est une synthèse des
   2000 ans de chrétienté et la morale laïque.

   Je suis prêt à dire, pardon Monsieur Hollande, comme Jaurès : "le mot
   Dieu ne me fait pas peur." Monsieur Hollande, laissez donc Jaurès
   tranquille, il est trop grand pour vous !

   Pourquoi tant de haine ?

   Je l'assume : je veux tourner définitivement la page de mai 68. Je veux
   en finir avec cet héritage, avec ce relativisme moral et intellectuel.

   Je n'accepte pas que l'on explique à l'élève qu'il est l'égal du
   maître. Si vous expliquez que l'élève égale le maître, il ne respecte
   pas le maître et il ne faut pas s'étonner d'une société où il n'y a
   plus de respect. L'élève a vocation à dépasser le maître, mais n'en est
   pas l'égal.

   Je n'accepte pas que l'on confonde la démocratisation de l'enseignement
   avec l'abaissement du niveau d'exigence scolaire. On ne démocratise pas
   l'école de la République en donnant à tout le monde un diplôme qui ne
   vaut rien. Je n'accepte pas qu'on lui conteste l'obligation de faire
   accéder le plus grand nombre d'enfants aux plus grandes oeuvres de
   l'esprit humain.

   Je veux dire la vérité sur l'école. Lorsqu'elle n'arrive plus à remplir
   son rôle ce n'est pas la question des enseignants, c'est la question de
   la politique.

   Regardons les choses. L'école ne doit pas aggraver les inégalités
   sociales, mais les compenser. Elle doit assure la promotion sociale et
   transmettre une culture commune et, j'ose le mot, une morale partagée.

   S'il n'y a pas de culture commune, pas de morale partagée, quel monde
   allons-nous laisser à nos enfants ? C'est une erreur majeure, tout ne
   se vaut pas.

   Sans culture commune et morale partagée, notre capacité à vivre
   ensemble est remise en cause, notre capacité à nous comprendre et même
   à nous supporter se trouve gravement handicapée.

   Je veux l'école de l'excellence qui tire les enfants vers le haut. Je
   veux l'école qui tourne le dos à l'égalitarisme, qui permet aux enfants
   des milieux modestes d'accéder à la promotion sociale, qui aide les
   enfants à devenir des adultes et non à demeurer de grands enfants.
   Voilà l'école de la République.

   Je vais même me risquer à dire que je souhaite une école du respect où
   les enfants se lèvent quand le professeur entre dans la classe, ce
   n'est pas grand-chose, mais où l'enfant apprendra-t-il le respect s'il
   ne l'apprend pas à l'école ?

   Je dis qu'il faut nous donner les moyens de lutter contre la
   ségrégation et de renforcer la liberté de choix aux familles, les plus
   modestes, qui sont aujourd'hui les seules à ne pas avoir les moyens de
   choisir leur école, car les seuls à ne pas pouvoir contourner les
   obligations de la carte scolaire.

   Je veux une école qui donne aux enfants le goût de l'effort
   intellectuel et du travail. Mais si l'enfant n'apprend pas le sens de
   l'effort à l'école, où l'apprendra-t-il ?

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je parle d'autorité ?

   Parce que je dis que tout ne se vaut pas ?

   Parce que je dis que le désordre est d'abord néfaste pour les plus
   modestes, les plus vulnérables ?

   Parce que je dis qu'il n'y a pas de société possible sans autorité ?

   Parce que je dis que lorsque l'autorité de l'État n'est plus respectée,
   c'est la loi du plus fort, des bandes et des tribus qui s'imposent ?

   Une société démocratique ne peut pas vivre sans autorité.

   Je souhaite que l'on enseigne le civisme à l'école et parce que je dis
   que la crise française est d'abord une crise morale, une crise des
   valeurs, une crise de l'identité. Le civisme doit être enseigné à
   l'école comme une matière fondamentale pour en faire des citoyens.

   Peut-être cette haine vient-elle du fait que je veux que la police
   fasse son métier ?

   Qu'elle arrête les délinquants et interpelle les fraudeurs ? Qu'elle
   poursuive les voyous ?

   Et parce que je dis que si, dans moins de deux semaines, je suis
   président de la République, je serai celui qui fera en sorte que la
   victime vaudra toujours plus à mes yeux que le délinquant. Je ne les
   mettrai jamais sur le même plan.

   J'oubliais, pourquoi tant de haine ? Parce que j'appelle voyou un
   voyou. Parce qu'un jour, j'ai traité des voyous de racailles. Mais
   quels éducateurs serions-nous pour nos enfants si même cela nous
   n'avons pas le courage de le dire ? Si tout est excusable ? Si le
   délinquant s'en tire toujours ? Si le petit caïd reste impuni ? Si le
   multirécidiviste n'est pas plus lourdement sanctionné que celui qui
   commet un délit pour la première fois ?

   Je vous le dis, si je suis élu président de la République, avant la fin
   de l'été 2007, les multirécidivistes seront condamnés beaucoup plus
   fortement qu'aujourd'hui, parce que la société ne peut pas accepter le
   laxisme à leur endroit.

   Une autre chose à ne pas dire, mais je le dis parce que je le pense :
   les juges aussi doivent être responsables de leurs actes et doivent
   être sanctionnés quand ils commettent des fautes. Il est scandaleux que
   l'affaire d'Outreau n'ait aucune conséquence sur la carrière de ceux
   qui sont responsables de ce désastre judiciaire. Dans la République,
   nul ne peut échapper à ses responsabilités.

   Encore plus grave, je dis qu'il faut réhabiliter la valeur travail.
   C'est très grave, je le sais, mais il était temps, c'est important.
   Promettre de gagner plus en travaillant moins, cela n'a pas réussi à
   Lionel Jospin et Martine Aubry, ne nous essayons pas à cela.

   Les 35 heures, ce n'est pas seulement une erreur économique, c'est une
   régression sociale que les Français ont payé de la stagnation des
   salaires et de la réduction du pouvoir d'achat.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que l'assistanat est dégradant pour la personne
   humaine. Parce que je souhaite que plus aucun revenu d'assistance ne
   soit versé à quelqu'un qui peut travailler sans qu'il soit exigé de
   lui, en contrepartie, une activité d'intérêt général.

   Je vous promets, si je suis élu président de la République, qu'aucun
   revenu d'assistance ne sera supérieur au revenu du travail, car c'est
   manquer de respect au travailleur que de payer mieux l'assisté que le
   travailleur. En payant mieux le non travail, on démoralise la France
   qui travaille. Je veux redonner le moral à la France qui travaille.

   Je veux augmenter le pouvoir d'achat des salaires, parce que je ne veux
   plus qu'il y ait de travailleurs pauvres. Que l'on soit pauvre parce
   que l'on n'a pas de travail, c'est déjà une injustice, mais je
   n'accepte pas ce scandale que quelqu'un qui travaille et qui à la fin
   du mois, malgré son travail, est pauvre. Que lui reste-t-il à faire à
   lui ?

   Je veux prendre à bras-le-corps le problème des conditions de travail
   qui amènent tant de travailleurs à la dépression ou au suicide. Ce ne
   sont pas des mots qui me font peur, je veux les affronter parce que
   derrière, il y a de la souffrance.

   Je veux protéger les travailleurs contre les délocalisations. Je
   l'affirme, je veux une préférence communautaire. Nous avons fait
   l'Europe pour la préférence communautaire.

   S'il n'y a pas de préférence communautaire, ce n'était pas la peine de
   faire ce que nous avons fait.

   Je veux lutter contre les dumpings et contre la concurrence déloyale.

   Je veux que l'entreprise qui délocalise rembourse les aides publiques
   qu'elle a reçues.

   Je veux que l'impôt sur les sociétés soit plus élevé pour les
   entreprises qui détruisent des emplois et qui délocalisent, que pour
   les entreprises qui créent des emplois et qui investissent. Ces
   dernières paieront moins d'impôts sur les bénéfices des sociétés car je
   veux redonner la priorité au travail, à l'investissement et à la
   création d'emploi.

   Je suis Européen et j'ai osé dire que l'euro -pour lequel j'ai voté- a
   fait monter les prix et qu'il a pesé sur le pouvoir d'achat des
   Français. Je le dis parce que c'est la vérité, même si elle dérange, je
   veux poser ce diagnostic juste.

   J'ai dit que l'euro surévalué pénalisait notre industrie et accélérait
   les délocalisations. Que la taxation du travail était trop élevée. Que
   si l'on taxait davantage le travail, les emplois allaient continuer à
   partir. Que si l'on taxait davantage le capital, le capital s'en irait
   ?

   Je dis que puisque l'on ne pouvait plus taxer le travail ni le capital,
   pour lutter contre les délocalisations, il n'y avait pas d'autre moyen
   que de taxer moins le travail et plus la pollution et la consommation.
   Qu'il fallait taxer moins le travailleur et plus le pollueur et le
   consommateur, moins la production de richesse que la richesse produite.
   Il faut bien essayer un autre système que celui qui fait tout peser sur
   le travail car on détruit le travail dans notre pays alors qu'il faut
   en créer.

   Ces vérités, la gauche aurait dû les dire et elles ne les ont pas
   dites.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je dis que pour moi l'agriculture ce n'est pas fini, que
   l'artisanat ce n'est pas fini, que le commerce de proximité ce n'est
   pas fini, que la France rurale ce n'est pas fini, que la viticulture
   française, je n'accepterai jamais que cela soit fini ?

   Parce que je dis que l'industrie ce n'est pas fini ? Parce que j'ai
   sauvé Alstom ? Parce que je dis que je ne laisserai pas partir toutes
   nos usines, parce que si toutes nos usines partent, tout le reste
   partira aussi, parce que pour moi une France sans ouvrier, sans
   artisan, sans paysan est une France appauvrie, appauvrie
   économiquement, socialement, culturellement. Je ne laisserai pas faire
   désastre.

   La gauche aurait dû le dire, elle ne l'a pas dit.

   La gauche aurait dû le faire, elle ne l'a pas fait.

   Parce que la gauche n'a pas sauvé Alstom et parce qu'elle a bradé la
   sidérurgie sous prétexte que la sidérurgie n'avait plus d'avenir. On a
   menti aux Lorrains alors qu'aujourd'hui lez monde manque d'acier. Beau
   gâchis que ce qui a été fait avec la sidérurgie française et
   européenne.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je veux moraliser le capitalisme. Je veux en finir avec la
   pratique détestable des parachutes dorés. Il est inadmissible qu'un
   patron qui a échoué puisse partir avec un chèque de plusieurs millions
   d'Euros dans une entreprise où l'on explique qu'il faut supprimer 10
   000 emplois. Alors, il y a de l'argent pour l'indemnité de celui qui a
   échoué, mais il n'y en a pas pour garder les emplois. Ce ne sont pas
   les valeurs que je défendrai comme président de la République.

   Je veux autant de sévérité à l'encontre des patrons voyous qu'à
   l'encontre des petits voyous.

   Je veux que les stocks options soient pour tout le monde et pas
   seulement pour quelques-uns, parce que tous les salariés contribuent à
   la réussite de l'entreprise

   De tout cela, la gauche aurait dû s'en emparer. Parce que je parle de
   Jaurès dont la gauche ne parlait plus. Parce que je parle du travail
   que la gauche s'était mise à ignorer.

   Parce que je parle aux travailleurs auxquels la gauche ne parlait plus.

   Le mot même travailleur... J'écoutais Madame Buffet, elle ne parle que
   de moi, cela ne lui a pas réussi ! Remarquez, peut-être me
   considère-t-elle comme l'exemple même du travailleur en passe de
   réussir ?

   Oui, j'ai compris pourquoi tant de haine ?

   Parce que je veux que chacun puisse transmettre à ses enfants sans
   droit de succession le fruit d'une vie de travail et d'épargne.

   Parce que je crois que la famille c'est important, que la famille ce
   n'est pas haïssable, que la solidarité familiale c'est la première des
   solidarités.

   Parce que je ne veux pas que l'impôt puisse prendre plus de 50% du
   revenu.

   Parce que je préfère que ceux qui réussissent reviennent en France
   créer de l'activité et des emplois au lieu de faire la richesse des
   pays qui nous entourent.

   Pourquoi tant de haine ?

   Parce que je veux instaurer le service minimum dans les transports.

   Parce que je ne veux plus qu'une minorité puisse prendre la majorité
   des citoyens en otage.

   Parce que je veux faire respecter le principe fondamental de la
   continuité du service public.

   Parce que je ne confonds pas le droit de grève avec le droit de bloquer
   tout un pays.

   Il y a les voyous, les trafiquants, les fraudeurs, les caïds, les
   bandes qui veulent faire leurs affaires tranquillement, qui veulent
   pouvoir frauder, racketter, trafiquer sans être dérangés. Il y a les
   casseurs qui veulent pouvoir casser en toute impunité.

   Mon ambition n'est pas d'être populaire parmi les voyous.

   L'autre jour, un journaliste m'a dit que ça n'allait pas bien pour moi
   parce que j'avais été sifflé à la gare du Nord par ceux qui cassaient
   la gare. Mais, ils ont bien fait, ce ne sont pas des relations à moi et
   je ne souhaite pas leur confiance.

   Ensuite, il y a ceux qui refusent obstinément de s'inscrire dans la
   République laïque, qui ne veulent pas séparer le spirituel du temporel.
   Chez ceux-là on n'est pas populaire quand on défend la laïcité. Cela
   m'est égal, je ne veux pas la confiance de ceux qui ne comprennent pas
   qu'en France le temporel et le spirituel sont séparés. C'est cela la
   France.

   Il y a la gauche qui ne croit plus à la politique, qui, au fond, ne
   croit plus à la nation et à l'État.

   La gauche qui ne croit plus que la politique puisse changer le monde.

   La gauche qui n'a plus d'autre programme que la défense des droits
   acquis. On ne parle plus du travailleur mais des statuts.

   Cette gauche n'aime pas la République parce qu'elle n'aime pas la vraie
   égalité.

   Elle prétend défendre les services publics mais ne prend jamais les
   transports en commun.

   Elle aime tellement l'école publique qu'elle n'y met jamais ses
   enfants.

   Elle adore la banlieue mais elle n'y habite pas non plus.

   Elle trouve des excuses aux voyous à condition qu'ils restent dans des
   quartiers qui ne sont pas les siens.

   Elle fait des grands discours sur l'intérêt général mais, au moment des
   élections, discute avec ce que toute la France compte de corporatismes
   et de clientélismes pour être sûr que personne ne va bouger.

   Elle signe des pétitions quand on expulse des squatters mais de
   préférence pas dans son immeuble.

   On fait la morale aux autres sans se l'appliquer à soi-même.

   Cette gauche-là, la pauvre, entre Jules Ferry et mai 68 a choisi mai
   68, moi, j'ai choisi Jules Ferry et de loin !

   Cette gauche condamne la France à un immobilisme dont les travailleurs,
   dont les plus modestes, les plus pauvres, ceux qui souffrent déjà
   seraient les principales victimes.

   Cette gauche condamne la France à un assistanat et à un égalitarisme
   généralisés qui portent atteinte à la dignité de la personne humaine,
   c'est la régression sociale.

   Cette gauche de la bonne conscience est dangereuse parce qu'elle ne
   veut jamais mesurer les conséquences de ce qu'elle prône.

   Elle ne veut pas voir les conséquences de l'impunité du voyou qui
   revient en héros dans sa cité.

   Elle ne veut pas voir les conséquences du laxisme face à l'immigration
   clandestine.

   Elle ne veut pas voir l'exploitation des clandestins dans le travail au
   noir qui ruine les patrons et les ouvriers qui déclarent tout et qui
   payent toutes leurs charges.

   Elle ne veut pas voir le lien entre l'immigration non maîtrisée et les
   familles que l'on est obligé d'entasser dans des hôtels sordides et
   dangereux.

   Elle ne veut pas voir l'impossibilité d'accueillir dignement toute la
   misère du monde.

   La bonne conscience de gauche dit que pour diminuer la fraude, il n'y a
   qu'à donner la gratuité aux Rmistes.

   Elle ne veut pas voir qu'ainsi, elle les enferme dans l'assistance.
   Pensez donc, s'ils retrouvent un travail ils perdront le bénéfice de la
   gratuité c'est sans doute pour les socialistes ce que l'on appelle
   encourager le travail !

   Les socialistes veulent toujours la gratuité comme réponse à la
   pauvreté. Moi je veux que les pauvres puissent gagner leur vie. C'est
   toute la différence entre eux et nous.

   Voici donc la coalition hétéroclite qui ne veut absolument pas que je
   sois élu. Il y a du beau monde, même Arlette Laguiller s'y est mise.
   Cette coalition est prête à tout pour faire barrage à l'unique problème
   français, ma candidature ! Elle est prête à tout pour empêcher le
   débat, prête à toutes les caricatures. J'ai d'ailleurs été étonné qu'on
   puisse autant en inventer me concernant. Si je n'existais pas, il
   faudrait faire quelque chose absolument pour m'inventer...

   L'important n'est pas là, il est dans la rencontre d'un homme et d'un
   peuple, dans ce miracle de l'élection présidentielle, par lequel un
   homme cesse d'être l'homme d'un parti pour devenir l'homme de la
   nation, et qui est le fruit d'une exigence, d'une exigence humaine,
   d'une exigence morale davantage que d'une exigence politique.

   La rencontre d'un homme et d'un peuple, pour y parvenir, je vous
   l'assure, il faut ouvrir son âme et son coeur et rester sourd aux
   attaques, indifférent aux coups bas. Je ne dévierai pas de cette ligne
   de conduite.

   Je ne veux me consacrer qu'à une seule chose : rassembler le peuple
   français autour d'un nouveau rêve français, celui d'une République
   fraternelle où chacun trouvera sa place, où personne n'a plus peur de
   l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme une
   richesse.

   Ce rêve, je voudrais tellement, qu'il soit le vôtre.

   Ce rêve, je voudrais que nous le fassions partager à tous les Français
   quels que soient leurs origines, leurs croyances, leur parti.

   Ce rêve, je voudrais le faire partager à tous ceux qui aiment la France
   et qui pensent que c'est le bien le plus précieux qu'ils ont à
   transmettre à leurs enfants.

   Il nous reste deux semaines pour faire partager ce rêve.

   Deux semaines pour que ce rêve renverse tous les conservatismes, tous
   les préjugés, toutes les hésitations.

   Deux semaines pour que ce rêve vienne à bout de toutes les angoisses,
   de toutes les peurs.

   Deux semaines pour rendre ce rêve plus fort que les calomnies, plus
   fort que les mensonges.

   Deux semaines pour parler aux Français, pour leur expliquer, pour les
   mobiliser, pour les convaincre qu'il n'y a pas de fatalité.

   Deux semaines pour faire en sorte que ce choix, que vous allez faire
   les chers compatriotes, soit un vrai choix.

   Deux semaines pour montrer les véritables enjeux de cette élection.

   Deux semaines pour faire en sorte que ce grand rendez-vous de la France
   avec elle- même, qu'est l'élection présidentielle, ne soit pas une fois
   encore un rendez-vous manqué comme ce fut si souvent le cas dans le
   passé.

   J'ai besoin de vous.

   J'ai besoin de vous pour que surgisse des tréfonds de notre pays ce
   grand mouvement populaire qui exprimera, loin des ambitions dévorantes
   qui suscitent tant de petitesses, l'ardeur d'une France qui ne veut pas
   mourir, qui ne veut pas s'effacer, mais d'une France qui veut vivre,
   qui veut se relever, qui veut espérer.

   Que dire de plus, mes chers compatriotes que ces mots magnifiques que
   je vais vous dire du fond du coeur :

   Vive la République !

   Et par-dessus tout, Vive la France !

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