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Discours politique

François Hollande, Conseil national du 12 mai 2007 : intervention de François
Hollande (12/05/2007)

   Chers Camarades,

   Nous sortons d'une élection présidentielle qui a été d'une rare
   intensité. La mobilisation a été exceptionnelle et, à bien des égards,
   cette élection présidentielle marque des ruptures politiques profondes.

   La première : dans la crise démocratique, il y a eu pour cette élection
   une participation civique qui a atteint un niveau inégalé sous la Vè
   République (85 %).

   La deuxième : en souvenir, sûrement mais pas seulement, du 21 avril
   2002, un vote utile qui s'est imposé à gauche comme à droite.

   La troisième : il y a eu, malgré l'émergence d'un centre, un
   renforcement de la bipolarisation qui a repris tous ses droits comme en
   témoigne d'ailleurs le faible nombre de votes blancs et nuls au second
   tour du scrutin.

   La quatrième : la droite veut faire de son succès non pas une
   continuité, mais une rupture non pas seulement par rapport au
   chiraquisme, non pas seulement par rapport à la gauche, mais par
   rapport au pacte social lui-même, celui qui avait pu être établi en
   consensus, en compromis ou en lutte depuis 50 ans.

   Nous sommes en face d'une droite de revanche : elle l'a dit. Revanche
   non pas par rapport à un scrutin précédent -elle était sortante.
   Revanche par rapport à ce que la gauche, les forces de progrès, la
   République ont pu construire depuis longtemps. Et, quand il a été
   évoqué Mai 68, il s'agit bien là d'une revanche y compris vers une
   évolution de la société, vers une conception de la vie commune.

   Une droite de revanche, une droite de cynisme qui, encore aujourd'hui,
   alors que c'est une droite dure, laisse penser qu'elle peut être
   ouverte. Et le fait que tel ou tel est sollicité laisse clairement
   entendre toutes les mystifications.

   Enfin, une droite de combat qui, effectivement avec Nicolas Sarkozy,
   tiendra ses engagements -et c'est ce qu'il y a à craindre si Nicolas
   Sarkozy devait avoir les moyens pour agir. Le combat sera mené non pas
   contre nous, mais contre les Français.

   Tel est le défi, aujourd'hui, qui nous est posé au lendemain d'une
   campagne présidentielle dont je veux dire qu'elle a été âpre,
   difficile, dure et rien ne nous a été épargné, mais qu'elle a été
   ardente et brillante. Je veux aussi saluer le courage, le talent, la
   force de notre candidate Ségolène Royal. Je veux remercier tous les
   militants, les cadres, les élus du Parti socialiste qui se sont
   formidablement impliqués dans cette campagne. Jamais je n'ai vu autant
   de camarades, venus récemment et le plus souvent venus depuis
   longtemps, se mobiliser, participer, distribuer des tracts, venir à des
   réunions publiques.

   Merci le Parti socialiste d'avoir fait cette campagne.

   Et pourtant, malgré l'engouement, l'engagement, l'enthousiasme, le
   résultat est là. Il est cruel. Il est honorable, mais c'est Nicolas
   Sarkozy qui est, aujourd'hui, Président de la République.

   Nous sommes dans un moment particulier où nous avons à faire le bilan
   d'une campagne qui s'achève et ouvrir une autre, celle des élections
   législatives. Notre premier devoir est, bien sûr, de comprendre, mais
   c'est surtout d'agir et de préparer l'avenir.

   Notre premier devoir est de faire en sorte de penser aux Français et de
   les protéger. Les victimes de Nicolas Sarkozy ne seront pas les
   socialistes, mais nos concitoyens. Et le scrutin du mois de juin est la
   dernière occasion -et il faudra le dire et le répéter, pour les
   électeurs de décider de leur avenir pour les cinq prochaines années.
   Ceux qui gagneront l'élection qui vient gouverneront le pays. Et ceux
   qui les gagneront absolument gouverneront absolument. Pour être à la
   hauteur de l'interpellation qui nous est faite parce que nous sommes la
   seule force qui peut agir et protéger, il me revient d'aller à
   l'essentiel.

   Comprendre, car il faut comprendre. L'exercice est délicat. Ce n'est
   pas aujourd'hui que l'on va faire l'analyse. Il y faudra du temps, de
   la lucidité, du respect. Mais nous devons comprendre pour trouver les
   bonnes réponses, à la veille des élections législatives. Il est
   périlleux, néanmoins, de lancer cet exercice dans un temps aussi court,
   si nous voulons nous mettre en bon ordre pour la campagne qui s'ouvre.

   Alors, distinguons les moments. Il sera temps, au terme de la séquence
   électorale, de faire tous les jugements, d'aller jusqu'au bout de ce
   qui s'est produit et de ce qui ne s'est pas produit, d'identifier les
   causes, de bien maîtriser les conséquences, d'évaluer les
   responsabilités et de tirer toutes les conclusions, en allant jusqu'au
   bout et sans délai.

   Aujourd'hui, il faut saisir la réalité politique de l'élection de
   Nicolas Sarkozy, c'est-à-dire comprendre son succès et forcément notre
   échec.

   Son succès est qu'il a fédéré toutes les droites. Je dis bien toutes
   les droites. Depuis plus de 20 ans, droite et extrême droite sont
   majoritaires en France à toutes les élections nationales, sauf une en
   1997 et de peu. Et il s'est trouvé que la division entre la droite
   classique, ses leaders, et la présence d'une extrême droite hostile ont
   toujours mis le camp conservateur en difficulté.

   Ce qui s'est produit cette fois-ci, et pour la première fois, c'est que
   Sarkozy -de gré ou de force- a uni son camp et a su fluidifier le
   rapport droite/Extrême droite. Il n'a donc eu aucun candidat de sa
   famille, au premier tour, car Bayrou est d'une autre nature, et il a
   siphonné l'électorat d'extrême droite en partie le 22 avril et en
   quasi-totalité le 6 mai. C'est le fait politique majeur et il peut se
   reproduire aux élections législatives.

   Le deuxième élément de compréhension de ce qui s'est passé à droite est
   que Sarkozy a échappé au bilan, à son bilan, et a pu -aussi insensé que
   cela puisse paraître- figurer comme un changement possible. Il y a un
   précédent historique : en 1974, Giscard d'Estaing, membre de l'équipe
   gouvernementale -et pas à n'importe quel niveau : Ministre de
   l'Economie et des finances- avait su, lui aussi, par rapport aux
   gaullistes être différent du pouvoir au sein duquel il constituait les
   pièces majeures, comme Sarkozy aujourd'hui. Et Sarkozy a mis en scène
   son différend avec Jacques Chirac sans fracturer la droite ; il a fait
   du neuf avec du vieux puisqu'il est aujourd'hui entouré, pressé, par
   ceux-là même qui ont gouverné le pays depuis le printemps 2002. C'est
   la même équipe, ce sont les mêmes qui sont, aujourd'hui avec Nicolas
   Sarkozy, laissent penser qu'une ère nouvelle est en train de s'ouvrir.
   Et ce stratagème lui a permis de garder les électeurs mécontents de
   droite qui, autrement, auraient fui.

   Enfin, il a su structurer un projet idéologique cohérent autour des
   valeurs assumées de la droite : autorité, mérite, hiérarchie. Il a pu
   faire la jonction entre les électeurs d'extrême droite -et de ce point
   de vue, la provocation sur le Ministère de l'immigration et de
   l'identité nationale était véritablement une stratégie-, les plus
   riches de la société et une part des classes populaires et surtout des
   classes moyennes les plus fragilisées. Il est majoritaire chez les
   employés et les professions intermédiaires. Il a utilisé pour ce faire
   trois ressorts : l'individualisation, l'identité nationale et
   l'immigration. Il a pu mettre ainsi en lumière une nouvelle fonction de
   l'Etat d'un point de vue néo-conservateur. L'Etat n'est plus là pour
   redistribuer, protéger, intervenir, défendre un projet collectif, mais
   pour permettre à chacun de s'en sortir individuellement. Plus de
   pouvoir d'achat ? Travailler plus ! Plus de logements ? Soyez
   propriétaires ! Plus de protection sociale ? Assurez-vous ! Pour
   l'école de vos enfants ? Choisissez-la librement !

   Il a théorisé la société du " chacun pour soi " ou plutôt du " chacun
   sa chance dans la société de Nicolas Sarkozy". Ce n'est plus l'égalité
   des chances et ainsi, il a mis en cause gravement et il mettra
   gravement en cause la solidarité, tout en mettant une main ferme sur
   ceux qui ne rentrent pas dans le rang.

   Ce modèle a trouvé écho sur des catégories qui veulent moins payer pour
   les autres et qui voient dans leur voisin ou dans les plus modestes
   qu'eux leurs concurrents, leurs adversaires.

   Ce modèle-là porte tous les dangers, tous les délitements, tous les
   affrontements, et c'est ce que nous devons expliquer dans la campagne
   des élections législatives. Ce n'est pas un projet qui porte un intérêt
   collectif. Ce n'est pas un projet où la majorité de notre peuple peut
   se retrouver. Et cela doit être le sens du combat que nous devons
   engager.

   Il y a aussi notre échec. Il faut le regarder en face. À la fois avec
   la fierté du combat qui a été mené et avec la prise en compte de cette
   réalité.

   Il y a la responsabilité, bien sûr. On dira qu'elle est collective.
   J'assume la mienne. Et je ne fais pas ici comme s'il ne s'était rien
   passé. Chacun prendra sa part. C'est normal. Mais, je suggère que cet
   exercice soit reporté. Même si je suis prêt à entendre. Je pense que
   nous avons tous à regarder les acquis, les atouts qui sont les nôtres
   et ce qui n'a pas marché, sans pour autant être amené à battre la
   coulpe du voisin. Je commencerai donc par moi-même le moment venu, mais
   en assumant aussi les succès.

   Les acquis, c'est d'abord le vote des catégories qui nous avaient
   désertés. Pas toutes ces catégories, reconnaissons-le. Dans certains
   quartiers et pas dans d'autres. C'est aussi la présence des jeunes dans
   cette campagne, du vote des jeunes, et notamment de tous ceux qui
   s'étaient inscrits sur les listes électorales et qu'il faut garder.
   C'est le vote des quartiers, des centres ville. Regardons le paysage
   des villes avant que les élections municipales ne se tiennent,
   peut-être d'ailleurs plus tôt que prévu ! Il faut aussi en prendre la
   mesure. Car, pour l'instant, le vote des villes nous est plutôt
   favorable ; on voit bien quelle serait l'intention de ceux qui veulent
   concentrer tous les pouvoirs. Je vois aussi le vote des professions
   dynamiques, mais je vois aussi la difficulté à convaincre des
   catégories comme les employés.

   Je vois plusieurs explications. La sanction n'a pas été suffisante,
   d'autant que Sarkozy voulait y échapper. La peur de Sarkozy a été un
   ressort important, considérable, mais il ne pouvait pas non plus
   suffire. Nous l'avions d'ailleurs toujours dit. Le projet n'est pas
   apparu suffisamment cohérent et clair et les priorités ne se sont pas
   forcément dégagées. Nous avons eu aussi ce poids du fatalisme que
   beaucoup ont rencontré dans cette campagne ; c'est-à-dire la
   résignation de beaucoup de ceux qui étaient pourtant supposés
   bénéficiaires de nos propositions et qui disaient leur doute sur la
   possibilité de la réalisation de notre projet dont ils partageaient
   l'esprit.

   Nous avons donc, dans cette campagne des élections législatives, à
   réduire le fatalisme, la résignation et l'abattement car c'est le
   terreau de la droite.

   Le modèle de croissance et d'emploi que nous ouvrons, alors même que
   nos résultats en termes de croissance chaque fois que la gauche a été
   au pouvoir devrait plaider pour nous, est toujours mis en cause, alors
   que la droite a déprimé pendant 5 ans l'activité économique.

   Nous restons ambigus sur des questions comme l'immigration, l'énergie,
   la fiscalité. Il faudra là aussi clarifier.

   Il n'y avait pas de dynamique unitaire de la gauche. Nous étions, nous,
   la force principale -presque la force unique. Mais, la chose est
   différente lorsque l'on a 6 autres candidats qui laissent penser qu'il
   n'y a pas de mobilisation commune, d'engagements solidaires, de
   perspective de direction du pays.

   Cette campagne aura sûrement accéléré des évolutions et fait du Parti
   socialiste la seule force de l'alternative. C'est très différent de
   2002 de ce point de vue, où l'une des explications -qui n'était pas la
   seule et qui ne devait pas l'être- était la dispersion de la gauche.
   Là, en 2007, c'est la faiblesse de la gauche.

   Si l'on veut comprendre, et l'on aura à y revenir, il faut agir. Il
   faudra tirer toutes les conclusions de la période qui s'achèvera le 17
   juin, deuxième tour des élections législatives.

   À l'évidence, un nouveau cycle s'ouvre. Une droite dure qui s'assume
   comme telle ; une gauche réduite au seul Parti socialiste et une
   fraction de l'extrême gauche ; des défis, double défis : d'un côté la
   mondialisation qui n'est pas nouvelle -depuis tant d'années que nous
   connaissons la contrainte extérieure- et individualisation de l'autre.
   Tout l'enjeu politique est donc de savoir si l'on peut maîtriser ce
   double mouvement et faire prévaloir les principes de l'action
   collective tout en recherchant la réussite de chacun.

   Nous avons donc trois impératifs :

   La rénovation du Parti socialiste : sûrement, même si elle est engagée
   depuis longtemps. S'il faut rénover, ce n'est pas simplement pour les
   modes d'adhésion -c'est fait- ; c'est donc sur les modes de décision,
   de délibération collective qui ont considérablement vieilli et qui nous
   font faire des jeux de rôles qui ne correspondent plus à la réalité
   politique du moment.

   La refondation de la gauche : c'est-à-dire des regroupements, des
   constructions mais qui ne peuvent pas être des " mécanos " où il
   faudrait s'adjoindre et prendre ce qu'il reste du reste de la gauche.
   IL faudra le faire sur une ligne idéologique claire et assumée comme
   telle.

   Le renouvellement des générations : sûrement ; il a là des prétentions
   légitimes. Mais aussi le renouvellement des catégories sociales, des
   visages et des couleurs.

   La question du leadership sera forcément posée, mais à nous d'en fixer
   les calendriers, les modalités, la méthode et la démarche. Pas
   aujourd'hui en tout cas. Tout sera mis sur la table, mais veillons à ne
   pas la renverser.

   Nous ne réussirons le processus de refondation de la gauche, de
   rénovation, de renouvellement que si, au lendemain des élections
   législatives, nous sommes un socle le plus élevé possible. Tel est
   l'enjeu.

   Le rassemblement est nécessaire, impérieux. Mais ce n'est pas une
   commodité, un arrangement, une combinaison, une contorsion. C'est une
   exigence non pas pour nous-mêmes, mais pour protéger les Français. Une
   exigence pour ceux qui ont voté pour nous et d'autres qui ne l'ont pas
   fait mais qui s'interrogent. Ils attendent que nous leur permettions
   d'agir, de se défendre ; ils attendent une force, un contrepoids face à
   la droite. Ils se disent que s'ils peuvent décider eux-mêmes avec le
   plus de députés de gauche possible, alors c'est l'exigence du pouvoir ;
   et si ce n'est pas possible, ils attendent de nous qu'au moins nous les
   protégions tout en préservant l'équilibre des pouvoirs.

   Il faut donc être là, faire face et relever le défi.

   Les élections législatives sont le dernier moment démocratique pour
   déterminer la politique de la France pour les cinq prochaines années.
   Il y aura des élections intermédiaires (municipales, cantonales,
   européennes, régionales) ; mais la seule élection qui compte est les
   élections législatives.

   De la majorité dépendra le pouvoir. De la force de l'éventuelle
   opposition, le contre-pouvoir. Voilà, le choix qui est le nôtre.

   Les élections législatives ne seront pas le troisième tour de
   l'élection présidentielle. Elle est faite. Nicolas Sarkozy est et sera
   Président de la République. Il n'est plus en cause dans ce scrutin.
   L'enjeu du scrutin qui vient est le contenu de la politique. C'est
   pourquoi nous devons avoir un objectif : la force pour agir et
   protéger.

   Il faudra donc faire élire le plus de députés de gauche pour permettre
   de mener une politique de progrès ou, à défaut, de contester
   efficacement une politique de régression.

   La plate-forme législative doit aller à l'essentiel. Elle sera
   présentée. Elle doit être en cohérence avec le projet du Parti, le
   pacte présidentiel et la situation nouvelle qui est créée qui s'appuie
   sur les premières leçons que nous avons à retenir.

   Cette plate-forme est conçue en différenciation avec la droite. Sur
   chaque proposition de la droite qui pourrait là s'appliquer, nous
   devons faire valoir la nôtre. Sur chaque sujet, nous devons montrer
   notre cohérence : pouvoir d'achat, travail, logement, protection
   sociale, sécurité, institution, Europe. L'impératif démocratique,
   enfin. La droite veut tout. Elle est dans une logique d'écrasement, de
   mystification à travers ses pseudos ouvertures, d'intimidation sur les
   corps intermédiaires, sur les élus locaux, la presse. Jamais le risque
   d'une concentration des pouvoirs à ce point a été réuni : institutions,
   magistrats, médias, puissances d'argent dont les liens maintenant
   apparaissent avec évidence, presque exhibition, avec le nouveau
   pouvoir.

   Ce sera une campagne éclair -un mois ; elle doit être une campagne de
   mobilisation et le risque, le seul risque, c'est celui de la
   désaffection civique. Dès lors, la crédibilité du Parti socialiste est
   essentielle. Son image -celle d'aujourd'hui- à travers la volonté de
   rassemblement, notre capacité à régler nos comportements, nos
   propositions, notre manière de faire campagne.

   Nous ne pouvons pas abandonner les Français en nous abandonnant
   nous-mêmes. La campagne doit donc être exemplaire. Nous devons faire
   simple et collectif. Les instances du Parti socialiste devront leur
   rôle essentiel ; le Premier secrétaire pour conduire la campagne, en
   faisant vivre pleinement les instances. En associant aussi tous les
   talents qui composent notre Parti tout en faisant la place pour
   l'expression de nos portes parole, la nouvelle génération.

   C'est le dispositif simple associant tous les talents, renouvelant les
   générations pour être efficace.

   Il faut clairement identifier les enjeux : concentration du pouvoir,
   écrasement social, politique de solidarité. Il faut montrer une force
   organisée et solidaire, valoriser nos candidats aux élections
   législatives. Nous avons 577 campagnes. Mais, attention ! Nous ne
   pouvons pas laisser seuls chaque candidate et candidat affronter le
   scrutin. Il y a des considérations locales, certes, mais s'il n'y a pas
   un sens, une direction, une cohérence, je ne donne pas cher de notre
   capacité à avoir le plus de députés possible.

   Dernier point de l'exemplarité : les investitures. Nous avons voulu la
   parité, nous avons voulu faire effort sur la diversité. Nous avons
   signé des accords avec le PRG, le MRC, peut-être les Verts s'ils
   acceptent nos propositions après que nous, nous ayons entendu les
   leurs.

   Je ne laisserai pas se défaire ce que nous avons construit. Je ne
   laisserai pas des comportements individuels mettre en cause le
   collectif.

   Le principe est donc tout simple : ceux qui se mettront candidats
   contre les choix que nous avons faits collectivement et assumés seront
   hors du Parti. Ils seront hors du Parti non pas seulement pour les
   quelques semaines qui suivent le scrutin (comme on a l'habitude de le
   faire), mais pour toutes les élections locales qui viendront.

   C'est notre intérêt commun qui est en cause, et pas simplement celui-là
   ; c'est aussi l'intérêt de la gauche et du pays. Car il y a toujours
   une bonne raison pour refuser le renouvellement (localisme...).
   Aujourd'hui, il n'y a plus de bonne raison quand il y a une raison
   générale qui s'impose à tous.

   Nous sommes aussi devant des alliances toutes simples qu'il faudra
   faire : elles s'appellent le désistement républicain avec les forces de
   gauche.

   Quant à la question toujours répétée et qui, parfois nous fatigue, sur
   les alliances. La question est posée à Bayrou, il y répond toujours de
   la même manière ! Ne nous posons donc pas la question à nous-mêmes, dès
   lors que Bayrou lui-même ne fournit aucune réponse, et terminons-en une
   bonne fois avec ce type de débat.

   Nous avons toujours conçu le rassemblement de la gauche de la même
   manière : rassembler les socialistes, rassembler la gauche et tous ceux
   qui veulent venir, mais sur la base d'un projet politique et sur rien
   d'autre.

   Nous sommes devant un grand enjeu. C'est l'avenir de la France pour les
   cinq prochaines années. Cela dépasse tout, tout le reste. Nous sommes
   une grande force et soyez fiers d'être la grande force politique du
   pays, à côté de l'UMP -sûrement- mais pas loin et, peut-être demain,
   devant l'UMP.

   Nous sommes la grande force, nous avons la responsabilité de toute la
   gauche et sans doute au-delà. Cette grande force socialiste est au
   service de nos concitoyens.

   Quant à notre avenir, il ne sera grand que si nous avons compris le
   passé, dominé le présent et préparé ensemble le futur qui ne commence
   pas aujourd'hui, mais qui dépend de notre capacité, aujourd'hui, à
   faire face, à être fiers et, en même temps, au service de nos
   concitoyens.

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