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Discours politique

François Fillon, Discours à Marseille (23/05/2007)

   Cher Jean-Claude et cher Renaud,

   Mes chers amis,

   Il y a pratiquement un mois, jour pour jour, le 19 avril dernier,
   Nicolas Sarkozy, à Marseille, vous disait : "la France n'est pas finie.
   Elle est vivante dans le coeur de ceux qui l'aiment !".

   Parce que je sais que vous aimez la France de toute votre âme,

   parce qu'à Marseille, le drapeau tricolore est suffisamment beau et
   large pour rassembler tous les Français, quelles que soient leurs
   origines,

   parce qu'à Marseille, l'union de la méditerranée peut renouveler les
   équilibres du monde,

   parce qu'ici, le goût du grand large se confond avec le vent de la
   liberté,

   parce qu'ici, la volonté est plus forte que la fatalité,

   parce qu'à Marseille, une histoire peut devenir une destinée,

   vous avez élu Nicolas Sarkozy à la présidence de la République
   Française !

   L'homme que vous avez soutenu, en qui vous avez cru, cet homme qui vous
   a parlé avec son coeur, vous l'avez porté à l'Elysée et il est
   désormais au service de votre espérance.

   Aujourd'hui, je veux vous dire que Nicolas Sarkozy est toujours le
   même.

   Il conserve intacte sa volonté de rupture.

   Il reste l'homme d'action que vous avez aimé.

   Celui qui entend assumer ses responsabilités.

   Il ne changera pas, il ne se dérobera pas, non seulement parce que cela
   n'est pas dans son style, mais parce que sa victoire n'est pas comme
   les autres.

   Ce n'est pas une victoire par défaut.

   Ce n'est pas une victoire du hasard.

   C'est une victoire massive fondée sur une franche adhésion de notre
   peuple.

   Les Français ont choisi une nouvelle façon de faire de la politique,
   et, mieux encore, une nouvelle politique.

   Une nouvelle politique pour sortir de l'immobilisme qui nous a fait
   chuter dans les classements internationaux de la 11ème place à la 17ème
   place en terme de richesse par habitant.

   Une nouvelle politique pour rompre avec cette logique économique et
   sociale sans perspective qui a amené les classes populaires à décrocher
   et les classes moyennes à trembler pour l'avenir de leurs enfants.

   Une nouvelle politique qui tourne le dos à ceux qui, la main sur le
   coeur, parlaient de solidarité en confondant justice sociale et
   assistanat.

   Une nouvelle politique qui brise les tabous qui vous empêchaient
   d'aimer la France comme elle le mérite.

   Les Français ont choisi de ne plus entendre ceux qui leurs disaient que
   pour sortir de l'impasse il fallait repeindre l'impasse en rose.

   Ils ont choisi de réformer plutôt que de patienter encore et encore.

   Ils ont choisi d'entendre la vérité, plutôt de céder au vertige des
   illusions.

   La vérité, c'est que la mondialisation, avec ses 6 milliards
   d'habitants assoiffés de progrès, exige que nous retroussions nos
   manches.

   La vérité, c'est que l'on peut atteindre le plein emploi en réformant
   courageusement la fiscalité, le droit du travail, l'éducation et la
   formation tout au long de la vie.

   La vérité, c'est que notre pays peut être désendetté s'il modernise son
   État et s'il arrête de vivre à crédit, sur le dos de ses enfants.

   La vérité, c'est que l'on peut sauver notre contrat social si nous
   responsabilisons les Français.

   La vérité, c'est que nous pouvons financer l'augmentation des petites
   retraites si nous allongeons la durée de cotisation et si nous
   engageons la réforme des régimes spéciaux.

   La vérité, c'est que l'immigration doit être sérieusement maîtrisée car
   la France n'a plus les moyens d'être un Eldorado.

   La vérité, c'est que pour que la France soit forte et généreuse, il
   faut que chaque citoyen donne à son pays autant qu'il reçoit de lui.

   Oui, les Français ont choisi un cap, et ils ont, au surplus, choisi de
   regarder la vérité en face.

   Après le 21 avril 2002, la déroute des régionales, le rejet du traité
   constitutionnel européen, on disait que les électeurs avaient
   définitivement sombré dans le cynisme, la désillusion et la
   contestation mécanique. Eh bien non ! Ils ont manifesté à l'occasion de
   ces présidentielles une étonnante volonté de construire autre chose et
   autrement.

   Avec 84% de participation et plus de 53% des votants, le succès de
   Nicolas Sarkozy constitue, mes chers amis, une occasion historique de
   transformer la France en profondeur.

   Je dis bien historique, car nous l'avons emporté avec un projet de
   rupture, un projet précis, un projet indiscutable.

   De ce fait, nous avons entre nos mains un mandat clair, et, par là
   même, la chance de pouvoir changer d'époque.

   Nous avons la chance de pouvoir redonner du souffle et du coeur à la
   politique.

   Nous avons la chance de pouvoir bousculer les résistances et de faire
   sauter les blocages qui figent la société française depuis des
   décennies. Désormais, celle que l'on appelait la majorité silencieuse,
   cette majorité dont vous êtes et qui en a assez de voir qu'une minorité
   est capable de tout enrayer, a désormais pris la parole. Maintenant,
   c'est elle qu'on va écouter ! Et maintenant, c'est elle qui va décider
   !

   Nous avons aussi, cher Jean-Claude, la chance de pouvoir imprimer des
   valeurs, des valeurs qui ont du sens, des valeurs que les Français ont,
   tout au long de la campagne, réclamées avec insistance : la valeur du
   travail, la valeur du mérite, la valeur de l'effort, la valeur du
   courage, la valeur de la responsabilité, la valeur du respect. Cette
   demande de valeurs est décisive car à l'origine de toute grande
   politique, il y a d'abord la morale et les vertus qui inspirent le
   peuple. Si la société ne croit en rien, alors le pouvoir ne peut rien,
   ne fait rien. En revanche, si la société se met à croire à des valeurs,
   alors c'est tout un peuple qui s'accorde sur l'essentiel et qui se met
   en marche.

   La gauche n'a pas seulement perdu une élection, elle a, par son refus
   d'ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la
   bataille des valeurs. Pour tout dire, elle a perdu son magister
   intellectuel et moral.

   Il est fini le temps où la fierté d'être français était dénigrée.

   Il est fini le temps où le travail était considéré comme un facteur
   d'aliénation et non d'émancipation.

   Il est fini le temps où le délinquant trouvait plus d'excuses que la
   victime ne trouvait de réconfort.

   Il est fini le temps où l'entrepreneur était l'adversaire du
   travailleur.

   Il est fini le temps où le coeur et la justice étaient le monopole
   réservé de la gauche.

   Oui, tout cela est bel et bien fini car nous avons, avec Nicolas
   Sarkozy, réhabilité et modernisé nos valeurs et nous avons battu la
   gauche sur le terrain qu'elle prétendait le sien : celui des idées.

   Nous avons enfin la chance, mes chers amis, de pouvoir nous attaquer
   aux racines des problèmes qui handicapent notre pays depuis 25 ans.

   Sur l'emploi, sur l'égalité des chances, sur la sécurité, sur la
   réforme de l'État, sur l'Europe, sur l'identité nationale, nous pouvons
   aller au fond des choses.

   C'est dire que nous pouvons agir au lieu de subir.

   C'est dire que nous pouvons réorienter fortement le cours de notre
   destin national.

   Maintenant, notre devoir est de nous montrer à la hauteur de la
   formidable attente qui est la vôtre. Cette attente, nous n'avons pas le
   droit de la diluer. Nous n'avons pas le droit de la trahir.

   Cette attente exigeait un choc politique immédiat. Un choc démontrant
   que l'élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout, y compris les vieux
   clivages politiques et les vieilles habitudes partisanes qui plaisent
   tant à la gauche.

   Dans sa défaite, la gauche attendait la droite classique au pouvoir
   pour remonter la pente aux législatives.

   Elle attendait que nous fassions comme avant.

   Elle espérait que nous répétions les énièmes tactiques. Car elle
   escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous
   caricaturer.

   Bref, la gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique, et
   la voici foudroyée devant une droite et un centre modernes et
   conquérants !

   Une droite et un centre modernes, sûrs d'eux-mêmes, rassemblant tous
   les Français quelles que soient leurs sensibilités politiques.

   Une droite et un centre modernes décidés à réconcilier dans une
   synthèse nouvelle, la liberté économique et la justice sociale, la
   croissance et le développement durable, la fierté nationale et
   l'engagement européen, l'identité française et l'universalisme.

   Oui, la gauche attendait, espérait, que nous retombions dans les
   clichés et les poncifs d'autrefois, et voilà que la nomination du
   gouvernement annonce avec fracas une nouvelle donne politique.

   Ce gouvernement, j'ai l'honneur de le conduire.

   Sachez que je ne suis pas à Matignon pour les honneurs mais pour servir
   les Français.

   Je n'y suis pas pour oublier la réalité mais pour y être plongé. Je n'y
   suis pas pour négliger nos engagements mais pour les tenir.

   Je n'y suis pas pour faire comme avant, mais pour faire autrement.

   C'est un gouvernement qui respecte la parité entre les hommes et les
   femmes.

   Cette parité légitime et nécessaire, tout le monde en parlait, tout le
   monde la réclamait, et la gauche n'était pas la moins avare de conseils
   en la matière... Eh bien voici que c'est nous qui l'avons concrétisée,
   et vous pouvez en être fiers.

   La nomination de Rachida Dati, au poste de garde des sceaux, ministre
   de la justice, a un sens qui honore la France républicaine que j'aime
   et que je veux. C'est la France du mérite, c'est la France riche de ses
   différences et qui mobilise tous ses talents, c'est la France qui ne
   juge pas les êtres sur leurs origines ou sur la couleur de leur peau,
   mais sur ce qu'ils ont au fond du coeur.

   C'est aussi un gouvernement resserré car lorsque la tâche est aussi
   exigeante il faut une équipe de mission.

   Une équipe où la collégialité ne soit pas simplement un mot mais une
   réalité de tous les instants.

   Une équipe où le débat soit possible.

   Une équipe qui assume collectivement les décisions stratégiques qui ont
   été tranchées en son sein.

   Cette équipe resserrée, c'est un gage d'efficacité et de modernité.

   Je suis fier que, dans ce domaine aussi, nous innovions.

   C'est enfin un gouvernement d'ouverture. Ah l'ouverture : on en a
   entendu parler dans cette campagne ! De madame Royal à monsieur Bayrou,
   tout le monde était parait-il disposé à travailler avec tout le monde.
   Nous, nous n'en avons pas fait un discours de campagne, nous en avons
   fait une réalité !

   Rien ne nous y obligeait, et c'est précisément pour cela que notre
   ouverture a du prix.

   Croyez-moi, il faut beaucoup de force et de grandeur pour ne pas céder
   à la tentation partisane lorsque la victoire est là.

   Et cette force, Nicolas Sarkozy l'a eu.

   Il faut aussi être animé par un profond sens de l'intérêt général pour
   ne pas se limiter à son camp quand vous avez la possibilité d'imposer
   vos vues à ceux qui vous ont combattu autrefois.

   Ce sens de l'intérêt général, Nicolas Sarkozy l'a eu.

   Il nous avait prévenu : il nous avait dit qu'il serait le Président de
   tous les Français. Ceux qui ne le croyaient pas, ceux qui l'accusaient
   d'être l'homme d'un clan en sont pour leur frais ! Il est l'homme de la
   nation.

   Et cette ouverture qu'il a voulue et construite est le symbole d'un
   rassemblement qu'aucun autre gouvernement n'a su concrétiser avec une
   telle force.

   D'Alain Juppé à Bernard Kouchner, d'Hervé Morin (président du groupe
   UDF à l'Assemblée nationale) à Eric Besson (ancien responsable du parti
   socialiste), nous avons bousculé toutes les frontières partisanes, nous
   avons percuté tous les préjugés et les scénarios écrits d'avance.

   Nous l'avons fait, parce que les défis du 21° siècle n'ont rien à voir
   avec ceux des siècles précédents.

   Nous l'avons fait parce que les solutions ne sont plus binaires.

   Nous l'avons fait parce que nos concitoyens attendent de leurs
   responsables politiques qu'ils cessent de manier l'exclusive et qu'ils
   pratiquent le dialogue, la synthèse, le travail d'équipe.

   Nous l'avons enfin fait parce qu'il n'y a jamais eu, à nos yeux, un
   peuple de droite contre un peuple de gauche, mais un seul peuple : le
   peuple français, capable d'unir ses forces dans les grandes occasions.

   Nous l'avons fait parce que pour changer en profondeur la France il
   faut savoir la rassembler.

   La gauche hurle au débauchage.

   Elle se déchaîne sur ses propres amis d'hier.

   Elle traite en pestiférés ceux qu'elle encensait il y a quelques
   semaines encore.

   À quand la critique des électeurs eux-mêmes : ceux de droite
   naturellement, mais aussi ceux de gauche qui nous ont rejoint, ceux du
   front national ?

   Il y a un mois, le parti socialiste proposait de gouverner avec le
   centre. Aujourd'hui, il insulte ceux qui ont eu le courage, ou tout
   simplement le bon sens, de nous rejoindre.

   Ce qui était une bonne idée hier lorsqu'elle venait de la gauche, est
   désormais une manoeuvre et une hérésie car elle vient de la droite.

   Cette mauvaise foi et cette agressivité sont la preuve qu'avec
   l'ouverture nous ne sommes pas dans le gadget, mais bien dans une très
   sérieuse remise en cause des clivages intellectuels et politiques.

   Laissons la gauche à ses règlements de compte, ses excommunications et
   ses procès de Solferino. Nous, nous changeons la politique, nous
   tendons la main, nous construisons un rassemblement, qui est une chance
   pour notre famille politique, pour notre gouvernement, et surtout pour
   notre pays.

   Cette ouverture s'effectue dans la diversité mais elle s'engage aussi
   dans la clarté. Ceux qui nous rejoignent le font sur un projet que nous
   avons porté durant la campagne. C'est un projet dont la clarté nous
   impose un devoir : celui de l'accomplir.

   Ce que nous avons promis, nous allons le réaliser.

   Nous avons trois priorités immédiates.

   La première, c'est la sécurité des Français. Face à la violence et la
   délinquance il ne faut pas céder d'un millimètre. Face à la violence et
   la délinquance nous allons faire ce que nous avons dit ! La question
   des mineurs délinquants et celle des multirécidivistes seront traitées
   dès le mois de juillet.

   Le sentiment d'impunité qui existe chez certains voyous est
   inadmissible. Je n'accepte pas que dans notre République des femmes et
   des hommes soient obligés de baisser le regard lorsqu'ils marchent dans
   leur quartier pour ne pas être agressés. Je n'accepte pas que dans
   notre République un père de famille voit son fils gagner dans la rue en
   une journée ce qu'il gagne en un mois à l'usine. Il faut des règles
   morales et civiques. Et il faut les faire respecter.

   La seconde priorité, c'est la revalorisation du travail.

   Sur ce sujet, le temps des hésitations est fini !

   Il est fini car depuis 25 ans nous vivons avec un chômage supérieur à
   la moyenne européenne.

   Il est fini, car depuis 15 ans la croissance de notre économie est trop
   faible.

   Il est fini, car depuis 10 ans, le pouvoir d'achat se dégrade.

   Nous visons, d'ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien
   décidés à nous en donner les moyens.

   Nous l'avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer
   les heures supplémentaires.

   À l'automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le
   pourront !

   C'est une révolution culturelle !

   En France, la valeur travail est de retour !

   C'est elle qui nous permettra d'aller à la conquête de la croissance ;
   c'est elle qui nous permettra de sortir de la paupérisation salariale ;
   c'est elle qui nous permettra de financer notre pacte social car c'est
   par notre productivité que nous finançons nos écoles, nos hôpitaux et
   nos servies publics.

   Parce que nous vous l'avions promis, nous voulons, dès cet été :

   - que les seniors ne soient plus considérés comme des "vieux" qu'il
   faut écarter du marché de l'emploi, mais comme des salariés
   expérimentés qu'il faut valoriser ;

   - défiscaliser le travail étudiant ;

   - permettre la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, car il
   faut que les Français aient la possibilité de devenir majoritairement
   propriétaires, car la propriété, c'est la sécurité pour sa famille,
   c'est la confiance en l'avenir ;

   - cet été toujours, nous supprimerons aussi les droits de succession,
   parce qu'il nous apparaît moral que chaque famille au seuil de sa vie
   puisse transmettre le fruit de ses efforts sans être lourdement taxée.

   - Nous instaurerons le bouclier fiscal à 50% de l'ensemble des revenus
   et l'investissement direct dans le capital des PME. N'en déplaise à la
   gauche, je préfère voir les fortunes rester en France, financer notre
   pacte social et nos entreprises, plutôt que de fuir à l'étranger et
   enrichir nos concurrents.

   Avec ces premières mesures, nous voulons provoquer un choc de
   confiance. Nous voulons booster la croissance.

   Cette dynamique sera complétée par une réforme fondamentale : celle de
   nos universités.

   Depuis plus de vingt ans, rien n'a bougé en la matière. Toute
   initiative a été tuée dans l'oeuf par les spécialistes du statu quo. Le
   résultat est là : la France a décroché sur le plan universitaire et
   scientifique au moment même où le savoir et la matière grise devenaient
   le moteur de la croissance internationale.

   Les universités françaises qui étaient les meilleures du monde ont
   disparu dans la profondeur des classements internationaux.

   La démocratisation de l'enseignement supérieur est venue se briser sur
   le mur de l'échec qui frappe près de 50% de nos étudiants dès la
   première année de licence.

   Tout cela je ne l'accepte pas. Là encore, le temps de l'action est venu
   !

   Il est venu sur la question de l'immigration qui fera l'objet d'un
   projet de loi durant l'été. Depuis des siècles la France est une terre
   d'ouverture et d'intégration. Elle doit le rester, comme elle doit
   demeurer une terre d'asile, une terre d'accueil pour ceux qui aiment la
   France, qui veulent bâtir leur vie avec nous. Avec le Président de la
   République nous avons dit que nous allions passer d'une immigration
   subie à une immigration choisie.

   La France a le droit et même la responsabilité non négociable de
   choisir qui elle veut accueillir et sous quelles conditions.

   Pour nous, les choses sont claires : nous ne souhaitons pas qu'on
   puisse vivre en France sans parler le Français et sans respecter notre
   culture et les valeurs républicaines pour lesquels nos parents se sont
   battus parfois jusqu'au sacrifice de leur vie. Nous n'accepterons plus
   que l'on puisse faire venir toute sa famille lorsque l'on n'a pas de
   travail et lorsque l'on ne dispose pas des moyens de l'accueillir
   dignement.

   La générosité, ce n'est pas ouvrir les frontières à tout le monde sans
   se soucier de la façon dont les étrangers vont subsister et s'intégrer.
   La fraternité, ce n'est pas d'accueillir dans n'importe quelles
   conditions ceux qui viennent vers nous.

   C'est pour cela que, comme promis, nous avons créé un grand ministère
   de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du
   co-développement car les étrangers d'aujourd'hui seront les Français de
   demain. Il n'y a rien de choquant à dire que les étrangers qui
   s'installent régulièrement chez nous ont vocation à s'approprier
   l'héritage du pays des droits de l'homme, de Victor Hugo et du Général
   de Gaulle. Il n'y a rien d'outrageant à ce que notre patriotisme soit
   mis en partage.

   L'identité nationale n'est pas une notion dépassée, ce n'est pas non
   plus une valeur figée. L'identité française n'est pas la même
   aujourd'hui qu'au 19° siècle ou même qu'au 20° siècle. Tous les
   étrangers qui ont choisi de vivre dans notre pays ont enrichi
   l'identité nationale, les italiens, les polonais, les portugais, les
   maghrébins, les africains, les asiatiques, tous ont apporté la richesse
   de leur culture et de leurs traditions et ont contribué à forger une
   nouvelle identité française. Mais il y a des valeurs pour lesquelles
   nos parents et nos grand parents se sont battus qui sont intangibles,
   qui ne sont pas négociables, que nous n'accepterons à aucun prix de
   remettre en question.

   C'est le cas de la séparation de l'église et de l'État qui garantit la
   liberté religieuse.

   C'est aussi le cas de l'égalité entre les hommes et les femmes.

   Nous ne pouvons pas accepter, qu'au nom de la diversité culturelle et
   du respect des traditions, les femmes puissent être voilées, mariées de
   force, mutilées, empêchées de travailler, d'étudier, de se faire
   soigner. Où serait le progrès ?

   Que resterait-il de la République si l'on suivait les raisonnements à
   courte vue de cette gauche empêtrée dans les bons sentiments qui n'a
   été capable ni d'interdire le voile à l'école, ni de protéger les
   femmes et les minorités des discriminations!

   Le temps est également venu, mes amis, sur la question du service
   minimum. Les Français le veulent, et qui osera prétendre que leur
   requête est illégitime ?

   Sur cette question, je veux, avec le Président de la république, une
   solution qui réponde à leur attente. Je le dit sereinement : le droit
   de grève est indiscutable, mais la continuité du service public l'est
   tout autant. Je suis un homme d'écoute. Je respecte les partenaires
   sociaux. Je ne suis pas un idéologue. Mais je suis aussi un réformateur
   décidé !

   Décidé à tenir nos engagements.

   Décidé à être fidèle à la confiance que les électeurs ont placé en
   nous.

   Décidé à toujours choisir l'intérêt général contre les intérêts
   particuliers si légitimes soient ils !

   L'élection présidentielle nous a donné un mandat qui n'est pas
   contestable.

   J'en serai le garant car les Français ne supportent plus les
   renoncements, les capitulations devant une pensée unique qui n'a réussi
   qu'à accroître les injustices et les inégalités qu'elle prétendait
   combattre.

   Mes chers amis,

   J'en prends devant vous l'engagement : nous allons avancer. Nous ne
   calerons pas en chemin.

   Mais pour cela, il faut passer l'étape des législatives. Car sans
   majorité à l'Assemblée nationale, rien de tout ce que nous avons fait
   ensemble ne pourra être réalisé. Aucun de nos espoirs ne pourra être
   concrétisé. Nos rêves d'une France plus forte, plus grande et plus
   généreuse s'évanouiront.

   Une nouvelle campagne électorale a commencé. Ici, dans les Bouches du
   Rhône, avec Jean Claude Gaudin, Renaud Muselier et tous les candidats
   qui portent nos couleurs, je vous demande une mobilisation totale.

   Pour Roland Blum, mobilisez-vous !

   Pour Dominique Tian, mobilisez-vous !

   Pour Jean Roatta, mobilisez-vous !

   Pour Bernard Susini, mobilisez-vous !

   Pour Guy Tessier, mobilisez-vous !

   Pour Nora Remadnia-Preziosi, mobilisez-vous !

   Pour Valérie Boyer, mobilisez-vous !

   Pour Bernard Deflesselles, mobilisez-vous !

   Pour Richard Mallie, mobilisez-vous !

   Pour Christian Kert, mobilisez-vous !

   Pour Eric Diard, mobilisez-vous !

   Pour Alain Aragneau, mobilisez-vous !

   Pour Maryse Joissains-Masini, mobilisez-vous !

   Pour Léon Vachet, mobilisez-vous !

   Je vous demande de ne pas céder à la facilité et au triomphalisme.

   Je vous demande d'aller au devant de tous les électeurs avec la volonté
   de convaincre et non pas de vaincre.

   Car il ne s'agit pas de battre une France contre une autre.

   Il s'agit au contraire d'entraîner et de rassembler.

   Les Français ont voté pour une rupture, dites leur que nous la
   concrétiserons !

   Les Français ont voté pour le changement, dites leur que nous allons
   l'engager !

   Les Français ont voté pour réhabiliter le travail, dites leur que nous
   allons le réhabiliter !Les Français ont voté pour l'identité de la
   France, dites leur que nous allons la ranimer car nous en sommes fiers
   !

   Les Français ont voté pour l'autorité de l'État, dites leur que nous
   allons la restaurer !

   Les Français ont voté pour que le défi de l'environnement soit relevé,
   dites leur que nous sommes décidés à être à la hauteur de l'enjeu.

   Les Français ont voté pour une transformation de notre pacte social qui
   redonne à la justice et à l'égalité des chances une crédibilité
   aujourd'hui en faillite. Dites leur que nous allons le transformer !

   Les Français ont voté pour que la voix de la France soit respectée en
   Europe et influente dans le monde. Dites leur que le Président de la
   république est à l'initiative pour replacer notre pays au coeur de
   l'Union européenne. Dites leur que nous ferons entendre la voix de
   notre nation partout où les valeurs qu'incarne la France sont attendues
   !

   Nicolas Sarkozy a besoin d'une majorité décidée et créative.

   Il a donc besoin de vous.

   Ce soir, à Marseille, dans cette ville généreuse et ouverte sur le
   monde, je vous demande une majorité pour servir la France.

   La France qui refuse la fatalité.

   La France qui choisit son destin.

   La France qui croit à l'universalité de son message.

   La France qui se met en mouvement parce qu'elle sait d'où elle vient,
   ce qu'elle veut et où elle va.

   Auprès de vous qui avez tant donné dans cette campagne, je viens dire
   que votre espérance est en marche. Nicolas Sarkozy a puisé ici, à la
   veille du premier tour, l'énergie de proclamer que tout pouvait devenir
   possible. Aujourd'hui, je vous dis que tout est possible.

   Vive la République.

   Et vive la France.

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