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Discours politique

Nicolas Dupont-Aignan, Vote de confiance : abstention de NDA (04/07/2007)

   Monsieur le Premier Ministre,

   Je vous ai écouté avec attention et aujourd'hui j'aurais aimé pouvoir
   voter la confiance à votre gouvernement.

   Je partage en effet votre diagnostic sur la mondialisation. Je souscris
   à votre volonté de rénover en profondeur, après des années
   d'atermoiements, notre contrat politique, social et culturel.

   Je partage, vous le savez, votre conception de l'identité nationale.

   Je crois à votre volonté de défendre l'exception française.

   Enfin, je voterai bon nombre de vos réformes intérieures car je les
   crois indispensables à notre pays et je me suis engagé sur elles devant
   mes électeurs.

   Sur le logement, la récidive, les universités, l'immigration ou le
   travail, la France n'a plus le droit à l'erreur et je vous souhaite
   sincèrement de réussir.

   Mais je m'abstiendrai aujourd'hui pour la raison grave que je crois
   impossible d'un côté de réussir le redressement de la France, quand de
   l'autre on accepte à Bruxelles un traité simplifié qui reprend
   l'entière substance de la Constitution européenne qui avait été rejetée
   par le peuple français au motif qu'elle privait notre pays de sa
   liberté.

   Je ne peux pas, en conscience, approuver ce projet de traité qui en
   instaurant le passage du vote à la majorité qualifiée dans 40 domaines
   va placer très souvent la France en minorité dans une Europe à 27.

   Pendant la campagne électorale le Président de la République avait
   indiqué que la Constitution était morte. Or aujourd'hui, certes le
   terme a disparu mais le fond reste entier.

   C'est notre souveraineté qui est en cause et donc notre démocratie car,
   comme le disait le Général de Gaulle, la démocratie se confond
   exactement avec la souveraineté populaire.

   Ne vous en déplaise, il n'y a pas de réconciliation entre le OUI ou le
   NON car s'il y en avait une, le Président de la République et vous-même
   n'auraient pas hésité à consulter les Français par référendum sur ce
   sujet clé qui détermine tout le reste.

   Comment, par exemple, menacer de veto les accords de l'OMC si au même
   moment on prive notre pays du droit de veto dans le domaine des
   négociations commerciales internationales ?

   Comment relancer l'emploi si dans le nouveau traité on ne change en
   rien le statut de la Banque Centrale européenne qui comme vous le
   dénoncez asphyxie nos entreprises ?

   Comment garantir la sécurité de nos concitoyens si on laisse nos
   frontières ouvertes et si l'on transfère définitivement et complètement
   à l'Union européenne toute notre politique d'immigration et de sécurité
   ?

   Comment investir massivement dans la recherche si le principe de la
   concurrence, qui même rayé des objectifs de l'Union, subsiste dans le
   Traité de Rome, régira toujours la politique de la Commission ?

   Loin de résoudre ces questions clés, le mini traité va restreindre la
   marge de manoeuvre de la France donc votre capacité à sortir de la
   pensée unique. En dépossédant un peu plus les Français de leur
   souveraineté, je crains que nous poursuivions le grand écart entre les
   discours à Paris et les actes à Bruxelles.

   Vous avez évoqué la France éternelle et l'oeuvre de Gambetta, Victor
   Hugo, Clemenceau et de Gaulle, mais faut-il encore que la France reste
   maîtresse de son destin !

   Vivre ce n'est pas se résigner avez-vous indiqué en citant Albert
   Camus, comprenez que je vous soutienne lorsque vous ne vous résignez
   pas à Paris mais que je m'interroge quand vous vous résignez à
   Bruxelles.

   C'est donc à regret mais en conscience que je m'abstiens.

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