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Discours politique

François Fillon, Francois Fillon inaugure la mairie de Mamoudzou à Mayotte
(11/07/2009)

   Mesdames et Messieurs les ministres,

   Messieurs les parlementaires,

   Monsieur le président du conseil général,

   Monsieur le Maire,

   Messieurs les élus,

   Mesdames et Messieurs,

   Mes chers amis,

   Inaugurer une nouvelle mairie au moment où va naître un nouveau
   département dans la République française, c’est un symbole qui réjouit
   le cœur de tous les Républicains et je vais vous dire qu’avec ceux qui
   m’accompagnent aujourd’hui, Patrick DEVEDJIAN, Hervé NOVELLI,
   Marie-Luce PENCHARD, nous sommes venus nous apporter le témoignage de
   respect et d’affection de la République.

   J’aurai le plaisir de participer tout à l’heure à la conclusion des
   états généraux.

   Ce sera l’occasion pour moi de regarder avec vous quels sont les
   objectifs de développement qui sont ceux de votre communauté ; je veux
   saisir cette occasion pour saluer la municipalité de cette commune, la
   principale de Mayotte qui est appelée à devenir le fer de lance de la
   départementalisation.

   Le 29 mars dernier, les Mahorais ont en effet réaffirmé avec force leur
   volonté de faire de Mayotte le 101 ème département français.

   Ce rêve, il a été porté par plusieurs générations.

   Vous êtes les enfants des grands noms de l’histoire mahoraise, Zaina
   M’DERE, Younoussa BAMANA, Marcel HENRI, Zaina MERESSE, Zoubert ADINANE
   ! Ce rêve, beaucoup vous ont dit qu’ils le partageaient, mais la
   réalité c’est que nul n’avait osé vraiment le mettre en œuvre.

   Le Président de la République, Nicolas SARKOZY, vous a écrit en 2007
   qu’il était prêt à engager avec vous ce processus et ensuite, tout le
   gouvernement s’est mobilisé pour que vous puissiez vous prononcer
   rapidement.

   Et vous à plus de 95%, vous avez dit oui pour que Mayotte soit
   transformé en département.

   Le gouvernement vous a entendus et a déjà déposé un projet de loi
   organique qui institue « le département de Mayotte ».

   Cette transformation deviendra effective au prochain renouvellement du
   Conseil Général, en mars 2011.

   Ce sera à ce moment là un département de plein exercice, un département
   à part entière, un département qui, de plus, exercera les missions
   d’une région.

   Une nouvelle assemblée sera intégralement élue à ce moment là.

   J’ai demandé à Marie-Luce PENCHARD, la Secrétaire d’Etat chargée de
   l’Outre-Mer d’organiser, à la rentrée de septembre, la concertation
   avec vous sur le nombre de conseillers de la nouvelle assemblée ainsi
   que sur le mode de scrutin.

   Je souhaite que les propositions que vous allez me faire respectent
   trois principes : il faut une assemblée stable pour pouvoir gérer
   l’avenir de ce département ; il faut une grande la transparence du
   choix et une grande simplicité pour les électeurs.

   Mesdames et Messieurs, la départementalisation, c’est un nouvel
   équilibre des pouvoirs, c’est un nouvel équilibre des pouvoirs qui
   donnera beaucoup plus de responsabilités aux acteurs locaux.

   Le Conseil Général deviendra l’acteur central du développement
   économique et social de Mayotte.

   Et les dix sept communes vont jouer le même rôle de proximité qu’en
   métropole ou à la Réunion.

   Grâce aux nouveaux moyens tirés de la fiscalité locale, elles seront en
   première ligne sur les équipements de proximité, l’action sociale ou
   encore l’urbanisme.

   Symbole fort de cette évolution, la mairie de Mamoudzou, va devenir le
   siège d’un pouvoir municipal rénové au service des citoyens.

   L’Etat, quant à lui, restera à vos cotés.

   Ses services vont vous accompagner dans la mise en œuvre de la
   départementalisation, conformément au pacte que le gouvernement vous a
   proposé et que vous avez approuvé.

   Ce pacte, il nous engage, il nous engage mutuellement sur les
   politiques à mener ainsi que sur le calendrier.

   Nous allons avancer ensemble dans la construction de ce département,
   nous allons le faire de manière progressive et programmée.

   Nous essaierons, lorsque c’est possible, d’aller plus rapidement, à
   chaque fois que l’occasion nous en sera donnée par les progrès qui
   auront été accomplis par le territoire mais nous veillerons aussi à ne
   pas fragiliser les équilibres économiques, sociaux et culturels.

   Il faut que la départementalisation ne laisse personne sur le bord du
   chemin.

   Je sais - et vous venez de le rappeler, Monsieur le Maire – que des
   impatiences s’expriment dans la société mahoraise et je les comprends.

   Mais vous savez bien que tout ne peut se faire un jour, tout ne peut
   pas se faire même en une année et c’est mon devoir de vous le dire et
   de vous le redire.

   Il ne s’agit pas de créer des fausses attentes, de créer des
   déceptions, comme il y en a eu tant dans le passé.

   Il s’agit de consolider un processus fiable et durable.

   Dans le passé, on vous a souvent promis la départementalisation et on
   ne vous l’a pas donnée.

   Nous, nous vous avons donné la départementalisation ; nous tiendrons
   tous nos engagements.

   Je demande à Marie-Luce PENCHARD de faire le point tous les ans avec
   les élus de Mayotte sur la mise en œuvre du pacte et je veillerai
   personnellement à ce que la départementalisation ne prenne aucun retard
   et soit conduite selon le calendrier que nous avons prévu.

   D’ores et déjà, le gouvernement a tenu ses engagements sur un sujet qui
   a fait l’objet de nombreuses critiques, c’est la fiabilisation de
   l’état-civil des mahorais.

   L’Etat a pris des décisions rapidement.

   La commission de réforme de l’état-civil fonctionne à nouveau.

   Elle règle environ 1 000 situations individuelles par mois.

   Nous allons accélérer ce dispositif et je vous annonce que, dès le mois
   de septembre, des fonctionnaires se rendront dans les villages pour
   aider ceux qui le souhaitent à remplir leur dossier.

   Je veux inciter très vivement les Mahorais à s’engager dans cette
   procédure parce que, dans un an, il ne sera plus possible de déposer de
   nouveaux dossiers.

   Le gouvernement a aussi été habilité par le Parlement en mai dernier à
   réformer par ordonnances le droit du mariage, ce qui mettra notamment
   fin à la polygamie.

   Quand on veut rentrer dans la République française, on en accepte
   toutes les valeurs et tous les principes.

   Ces mêmes ordonnances supprimeront la justice religieuse, qui n’est pas
   compatible avec les principes de la République Française.

   Je sais qu’un autre sujet préoccupe beaucoup les Mahorais, c’est celui
   la lutte contre l’immigration clandestine.

   C’est un sujet essentiel pour la cohésion sociale ; là encore, l’Etat
   n’a pas non plus perdu de temps.

   Le gouvernement et ses représentants à Mayotte ne feront preuve
   d’aucune faiblesse.

   Sous l’autorité du Préfet, des moyens importants et croissants sont
   consacrés à ce combat : nous avons mis en place des effectifs
   supplémentaires de police nationale et de gendarmerie, nous avons
   renforcé les moyens maritimes, nous avons amélioré la coordination des
   services et déjà, il y a des résultats puisque 16 000 personnes ont été
   reconduites à la frontière chaque année depuis trois ans, et ce sera
   sans doute un peu plus cette année ! Nous savons tous que, dans ces
   résultats, il y a un investissement qui a été très important, c’est
   celui de l’implantation de trois radars.

   Je veux vous indiquer que j’ai décidé de compléter le dispositif en
   installant un quatrième radar dans le sud de l’Ile, pour assurer une
   couverture totale du lagon.

   Nous y ajouterons en appui un hélicoptère de la gendarmerie nationale
   qui sera positionné en permanence à Mayotte ; ce sera un renfort
   important car la surveillance aérienne a fait la preuve de son
   efficacité.

   Mais je veux vous dire aussi, mes chers amis, que tous ces résultats
   resteront insuffisants tant que la société mahoraise ne s’attaquera pas
   aux causes de l’immigration clandestine.

   L’emploi de travailleurs clandestins ou la location de cases insalubres
   sont inadmissibles, d’abord pour la dignité de la personne humaine,
   mais ensuite parce qu’ils entretiennent des flux d’immigration qui
   risqueraient à terme de déstabiliser la société mahoraise.

   Je veux évoquer un autre sujet de préoccupation, c’est celui du sort
   réservé aux enfants isolés.

   J’ai demandé au ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de
   l’identité nationale et du Développement solidaire en liaison avec la
   Secrétaire d’Etat chargée de l’Outre-Mer et le Conseil Général de
   Mayotte, de me faire des propositions pour mettre fin à cette situation
   dramatique.

   Mesdames et Messieurs, chers amis, devenir un département, c’est aussi
   progresser sur la voie de l’égalité républicaine.

   D’abord, l’égalité des chances.

   L’égalité des chances passe par un effort toujours plus soutenu en
   faveur de l’éducation.

   Bien formée, la jeunesse de Mayotte sera une richesse et un moteur pour
   le développement de l’île et pour notre pays dans son ensemble.

   L’Etat investit massivement dans les constructions scolaires.

   En 10 ans, 7 collèges et 5 lycées ont été construits.

   Et, en 5 ans, le budget de l’Education nationale à Mayotte a été doublé
   en passant de 116 à 230 millions d’euros.

   Nous allons poursuivre cet effort et je veux vous annoncer que j’ai
   donné mon accord pour la construction d’un deuxième lycée à Mamoudzou.

   L’Etat renforce aussi tous les ans les effectifs d’instituteurs et de
   professeurs chargés de la mission exaltante de former et d’éduquer les
   jeunes Mahorais.

   100 nouveaux postes d’instituteurs sont ainsi affectés à la rentrée de
   septembre à Mayotte et 120 postes d’instituteurs sont ouverts
   localement au concours de recrutement, pour conforter les effectifs
   dans les années futures.

   Avec ces moyens, nous entendons combattre les problèmes de
   sureffectifs, qui risquent de nuire à l’acquisition des savoirs de base
   et notamment du français, si essentiel pour l’avenir de vos enfants.

   Je demande aux services de l’Education Nationale à Mayotte d’utiliser
   ces moyens supplémentaires pour garantir qu’aucune classe de
   l’élémentaire ne dépasse 28 élèves.

   C’est un impératif.

   Ces renforts permettront aussi d’offrir la possibilité aux familles
   d’accueillir dans les écoles maternelles tous les enfants de 4 ans à la
   rentrée de 2009 et tous les enfants de 3 ans à la rentrée de 2010.

   La départementalisation, c’est aussi l’égalité sociale.

   J’ai veillé dans le pacte à ce qu’on s’engage résolument dans cette
   voie, afin qu’un Mahorais bénéficie, à la fin du processus, des mêmes
   droits dans son île que partout ailleurs sur le territoire de la
   République française.

   Je vous confirme la revalorisation des allocations familiales et des
   allocations adultes handicapés dès 2010 ; une mise en œuvre plus
   complète des allocations logement sera également réalisée.

   Tous les minima sociaux seront ensuite mis en œuvre à partir de 2012 et
   ils progresseront pour atteindre le même montant qu’en métropole ou à
   la Réunion en une génération.

   En fonction de la croissance économique et du développement de Mayotte,
   nous pourrons ensemble accélérer la montée en charge de ce processus.

   Mais Mesdames, Messieurs, il faut bien avoir conscience que toutes ces
   évolutions, économiques et sociales, vont provoquer des changements
   profonds.

   Il est important de veiller à ce que ces réformes ne viennent pas
   casser pas le lien social qui existe à Mayotte, que toutes ces réformes
   ne viennent pas casser les solidarités existantes.

   Il faut au contraire qu’elles viennent les compléter ; il faut qu’elles
   soient au service du développement local.

   La départementalisation, c’est aussi le choix d’un modèle de
   développement économique.

   La départementalisation doit vous inciter à développer des filières qui
   permettront de générer un véritable développement local.

   Je pense à l’aquaculture.

   Ce développement nécessite bien sûr des investissements, des
   infrastructures et un accompagnement.

   Un fonds de développement économique, social et culturel sera donc
   installé dès la création du département.

   J’ai demandé à Marie-Luce PENCHARD de me faire des propositions pour la
   mise en place de ce fonds.

   Mais sans attendre, l’Etat a décidé d’accentuer son effort en faveur de
   Mayotte.

   D’abord, nous mobilisons sans retard notre part dans le contrat de
   projet Etat-Mayotte.

   Il faut que, d’ici 2014, les 336 millions d’euros que l’Etat a prévu de
   consacrer au développement des infrastructures à Mayotte aient été
   effectivement et efficacement utilisés.

   En complément, le plan de relance, mis en oeuvre sous l’autorité de
   Patrick DEVEDJIAN, qui m’accompagne et que je remercie d’être à mes
   côtés, vient renforcer l’engagement financier de l’Etat.

   Il permet notamment de soutenir l’activité de vos Petites et Moyennes
   Entreprises avec 12 millions d’euros supplémentaires qui ont été
   accordés en mars dernier, notamment pour la rénovation des écoles dans
   toutes les communes de l’Ile.

   Je veux vous annoncer que, compte tenu de la bonne réalisation de ces
   projets, j’ai décidé de donner une nouvelle enveloppe de plus de 6
   millions d’euros à Mayotte.

   Cette enveloppe permettra notamment de poursuivre les travaux sur les
   bâtiments scolaires, d’améliorer le réseau routier, ici à Mamoudzou, en
   Petite Terre et dans les zones rurales.

   Mesdames et Messieurs, chers compatriotes mahorais, le 29 mars, vous
   nous avez invités à une démarche exigeante et ambitieuse.

   Cette démarche, elle ne se concrétisera que par un travail sérieux et
   respectueux des engagements.

   La précipitation, la surenchère ne sont pas des gages de succès.

   Nous devons préférer le dialogue et la concertation, sur le modèle des
   Etats généraux de l’Outre-Mer, dont je vais maintenant, dans quelques
   instants, écouter les comptes rendus pour Mayotte.

   Nous nous sommes engagés pleinement dans une dynamique de
   développement, que nous devons poursuivre et amplifier.

   Je veux vous dire que je suis fier de la confiance dont les Mahorais
   honorent la République française.

   Je veux vous dire que je suis confiant dans la capacité de nos
   concitoyens de Mayotte à inscrire leur avenir au sein de la République,
   dans le respect de ses principes mais aussi dans la reconnaissance de
   votre identité et de votre culture.

   Mes chers compatriotes mahorais, vous pouvez compter sur moi et sur
   l’ensemble du gouvernement, pour écrire avec vous, avec la création du
   département de Mayotte au sein de la République française une nouvelle,
   une belle et une grande page de votre histoire, de notre histoire
   commune.

   Vive Mayotte, vive la France, vive la République.
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