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Discours politique

François Fillon, F.Fillon : "ensemble, nous sommes capables de redresser la
France" (11/11/2009)

   Monsieur le Maire, Madame la Député,

   Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les élus,

   Mesdames et Messieurs les représentants des forces de l’ordre,

   Mesdames et Messieurs,

   C’est un grand plaisir d’être, pour moi, parmi vous aujourd’hui et je
   ne voudrais pas m’adresser à vous sans évoquer deux anniversaire : le
   premier c’est la disparition du Général de Gaulle, le deuxième c’est le
   vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, ici à quelques
   kilomètres de la frontière allemande, comment ne pas l’évoquer.

   La force de la liberté a balayé trois décennies de division et avec la
   chute du mur de Berlin, c’est le spectre de la guerre froide qui
   s’éloignait ; c’est la peur, le mensonge, la brutalité d’un régime
   totalitaire qui s’effondraient.

   Le peuple allemand se trouvait enfin réuni et l’Europe, conformément
   aux convictions du Général de GAULLE et aux espérances de Robert
   SCHUMANN, se voyait enfin rassemblée et pacifiée.

   Nous avons surmonté les blessures du XXème siècle, mais nous sommes
   maintenant face aux défis du XXIème siècle, qui nous invitent à bâtir
   une Europe plus solide, une Europe plus juste, une Europe plus décidée.

   Parmi ces défis, celui de la crise économique et financière concentre
   en ce moment même toutes nos énergies.

   Avec le Président de la République, nous avons réagi avec le plus de
   rapidité, le plus de pragmatisme et le plus de sang froid possible.

   Nous avons mobilisé l’ensemble de nos partenaires européens pour éviter
   le krach financier qui menaçait l’économie européenne et l’économie
   mondiale et pour bâtir une nouvelle régulation du système financier
   international.

   Nous avons sauvé les banques et en sauvant les banques, nous avons tout
   simplement sauvé les avoirs des Français.

   Nous avons engagé un plan de relance pour soutenir nos entreprises et
   pour protéger le plus possible nos concitoyens des conséquences
   sociales de la récession qui s’est abattue sur le monde entier.

   Tout n’est naturellement pas réglé, loin s’en faut, mais en période de
   crise, c’est à l’aune des résultats et seulement des résultats, que
   l’on juge une politique.

   La France, avec moins 2,2% de croissance en 2009, est le pays européen
   qui devrait le mieux résister à la crise.

   Et en 2010, nous savons d’ores et déjà que nous aurons sans doute plus
   de 1%, entre 1 et 1,5% de croissance et que nous aurons une des
   meilleures, sinon la meilleure performance de l’ensemble des pays
   européens.

   Enfin le pouvoir d’achat des ménages comme notre consommation se
   maintiennent comme le montrent notamment les chiffres du mois de
   septembre.

   Je crois que tout cela récompense notre stratégie et le travail des
   Français qui ont fait preuve de beaucoup de calme, de beaucoup de
   sérénité, de beaucoup de ténacité face à la crise.

   Dans bien des secteurs, cette situation est aussi le résultat des
   réformes de structure que nous avons engagées.

   Pour permettre à la France de gagner la bataille de l’intelligence dont
   on voit à quel point elle va être au cœur des défis des prochaines
   années, nous avons permis l’autonomie des universités.

   C’est une rupture totale par rapport à la situation que connaissaient
   les universités françaises, inchangée depuis 1984.

   Nous avons instauré le service minimum dans les transports et à l’école
   : c’est aussi une rupture pour faire respecter le principe de la
   continuité du service public.

   Nous avons mené la réforme des régimes spéciaux de retraite : là encore
   c’est une rupture qui place les Français à égalité devant l’avenir de
   nos retraites.

   Nous avons fait le Grenelle de l’Environnement, nous avons créé la taxe
   carbone : c’est une rupture avec nos imprévoyances collectives en
   matière écologique.

   Nous avons géré strictement les dépenses de l’Etat et réduit le nombre
   de fonctionnaires : c’est une rupture avec des décennies de facilité.

   Et enfin nous avons mis toute notre énergie à relancer l’Europe qui est
   désormais depuis quelques jours seulement, dotée d’institutions
   stables, qui va enfin pouvoir se concentrer sur les vrais défis qu’elle
   doit relever, celui de la politique industrielle, celui de la politique
   agricole, celui de son indépendance énergétique, celui de la défense de
   ses intérêts vitaux, celui d’une politique de la concurrence qui vise à
   aider les entreprises européennes dans la compétition internationale
   plutôt qu’à leur attacher un bras dans le dos lorsqu’elles luttent avec
   les entreprises asiatiques ou les entreprises américaines.

   Voilà les jalons d’une modernisation dont je veux vous dire qu’elle ne
   fait que commencer.

   Nous allons maintenir le rythme des réformes.

   La reprise nous impose de dynamiser notre modèle économique et social,
   et ceci est d’autant plus nécessaire que le potentiel productif, au
   fond la compétitivité des territoires émergents, des pays émergents et
   notamment asiatiques, n’a pas été réduite par la crise mais au
   contraire renforcée par cette crise.

   L'évolution de notre production automobile donne une idée de l’ampleur
   de la désindustrialisation qui frappe notre pays : en 1980, la
   production française représentait 10% du marché mondial.

   En 2007, nous sommes tombés en-dessous de 5%.

   Sur la même période, la part de marché de l'Allemagne n’est passée,
   j’ai envie de dire, que de 11,8% à 10,8 % ; c'est-à-dire que nous
   sommes menacés par la compétitivité des pays émergents mais même à
   l’intérieur de l’Europe, nous avons un retard considérable que nous
   devons combler.

   Ces chiffres sont éloquents, et je sais qu’ici, ils ne vous sont pas
   inconnus.

   Nous devons restaurer la capacité de nos industries à investir parce
   que si elles n’investissent pas, elles n’embaucheront pas et elles ne
   partiront pas à la conquête de nouveaux marchés.

   Ici dans le bassin Lorrain, vous êtes bien placés pour savoir à quel
   point toutes les mesures que nous pourrons prendre pour améliorer la
   compétitivité de l’industrie française, sont essentielles et donc vous
   êtes bien placés pour comprendre ce que représente pour les entreprises
   et en particulier pour les petites et moyennes entreprises
   industrielles la suppression de la taxe professionnelle.

   Cet impôt qui pénalise l’investissement des entreprises françaises et
   seulement des entreprises françaises, cet impôt que nous allons
   supprimer, va permettre à nos industries de récupérer près de 6
   milliards d’euros par an.

   Tout le monde parle de la compétitivité de l’économie française.

   Cette compétitivité, elle passe par plus d’intelligence, elle passe par
   une meilleure formation des salariés et elle passe par des conditions
   en termes de fiscalité qui soient au moins équivalentes à celles des
   autres pays européens.

   Nous avons depuis des années réduit beaucoup les charges qui pèsent en
   particulier sur les bas salaires avec les allègements de charges, près
   de 27 milliards d’euros d’allègements de charges qui ont été mis en
   place.

   Aujourd’hui, personne ne peut prétendre que l’on puisse aller plus loin
   s’agissant de ces allègements de charges car ce qui reste notamment sur
   les bas salaires, ce sont les cotisations sur les retraites et les
   cotisations sur le chômage.

   Qui pourrait penser qu’un gouvernement responsable accepterait que les
   entreprises diminuent leur participation aux cotisations retraite ou
   aux cotisations chômage ? C’est donc bien sur les investissements et
   sur la taxe professionnelle que nous devions faire porter notre effort.

   Pour l’ensemble de notre nation, la période que nous traversons est
   difficile, mais l’Etat sait combien il est vital de soutenir, chez
   vous, la revitalisation de l’économie et l’emploi.

   Il y a trois semaines, le Président de la République a annoncé à
   Gandrange une commande qui permet d’assurer une partie de l’avenir du
   secteur sidérurgique.

   La commande de RESEAU FERRE DE FRANCE porte sur plus de 300 millions
   d’euros.

   Nous avons pris parallèlement des mesures importantes en faveur de la
   Moselle, je pense à la mise à trois voies de l’autoroute A31 et au
   financement de la plateforme multimodale de Metz – Illange.

   Je pense aussi à l’opération d’intérêt national qui va stimuler le
   développement de la zone frontalière d’Alzette-Belval, dont la
   candidature a été retenue au titre des éco-cités dont nous avions
   décidé de la promotion d’abord dans le Grenelle de l’Environnement puis
   dans le plan de relance.

   Par ailleurs, l’Etat assure l’accompagnement des restructurations de
   défense engagées dans la région.

   Aujourd’hui, un régiment est en cours de transfert à Bitche, et
   l’arrivée d’un nouveau régiment à Metz vient d’être annoncée par le
   Président de la République.

   Enfin 1.500 emplois publics seront installés à Metz dont un pôle
   statistique autour de l’INSEE.

   Nous soutenons pleinement le projet de captation de CO2 à Florange.

   La Moselle, Mesdames et Messieurs, je veux le dire devant vous, n’est
   pas seule face à la crise économique.

   L’Etat est à ses côtés et l’Etat tient ses engagements.

   Les Mosellans ont droit au développement économique mais je suis venu
   aujourd’hui vous dire qu’ils ont droit aussi à la sécurité.

   Dans ce domaine, nous avons obtenu des résultats sans commune mesure
   avec ce qui avait précédé.

   Après avoir grimpé de 15% entre 1997 et 2002, la délinquance a reculé
   d’autant sur les cinq années suivantes et a continué de le faire en
   2008.

   Le recul de la délinquance de proximité, en particulier, a été
   exceptionnel avec près de 30%.

   En sept ans le taux d’élucidation des faits a bondi de 25 % à près de
   38 %.

   En tout, ce sont près d’un million de victimes qui ont été épargnées.

   Ces résultats, c’est d’abord le fruit du travail des services de
   sécurité et je suis d’abord venu vous dire la reconnaissance, la
   gratitude qui est celle de la nation pour le travail que vous faites.

   C’est vrai que les chiffres en tout cas du premier semestre 2009
   marquent une sorte de pause, une sorte de relâchement dans cet effort
   continu engagé depuis cinq ans.

   Eh bien face à ces chiffres, nous ne devons pas relâcher nos efforts.

   Nous devons au contraire moderniser en permanence nos outils et nos
   méthodes.

   Nous avons donné au Ministère de l’Intérieur les moyens d’une politique
   plus cohérente en regroupant les forces de police et de gendarmerie
   sous une même tutelle.

   Je n’ignore rien des débats qui ont pu précéder cette réforme mais
   enfin réfléchissons un peu : est-ce qu’il y a vraiment une
   justification à ce que les services de l’Etat qui concourent à la
   sécurité ne soient pas placés dans la même main et à ce qu’ils ne
   travaillent pas ensemble ? C’est vrai pour la police et la gendarmerie
   d’abord mais c’est vrai aussi pour les douanes.

   C’est vrai aussi pour la justice qui doit venir accompagner, venir
   encourager, renforcer l’effort que nous conduisons pour lutter contre
   l’insécurité.

   Pour une meilleure lutte contre le terrorisme, nous avons fusionné nos
   services de renseignement et donné naissance à la Direction Centrale du
   renseignement intérieur.

   Nous avons voté en août 2007 une loi cruciale contre la récidive, une
   loi qui impose des peines planchers aux délinquants récidivistes.

   Pour eux, la sanction est désormais sans ambiguïté.

   Et après tous les débats que nous avons connus lorsque ce texte a été
   débattu, je constate aujourd’hui que le silence vaut sans doute
   approbation.

   Nous amplifions la vidéoprotection.

   Les caméras en effet dissuadent le passage à l’acte et facilitent les
   poursuites judiciaires contre les délinquants.

   Nous avons décidé de tripler le nombre des caméras sur la voie
   publique.

   Nous voulons que d’ici 2011, il y en ait au moins 60.000 dans notre
   pays et pour aider les communes à les mettre en place, l’Etat a décidé
   de porter à 20 millions d’euros son effort financier qui s’élevait déjà
   à 11 millions en 2008 et je voudrais à ce sujet saluer les efforts
   remarquables engagées par les municipalités de la circonscription de
   Thionville par la ville de Woippy sous l’impulsion de François
   GROSDIDIER, par celle de Yutz, qui en installant la vidéo protection et
   par celle de Thionville, ont réussi à faire diminuer la délinquance.

   Cette délinquance, il est vrai qu’elle ne cesse d’évoluer.

   Il est parfaitement illusoire de penser qu’il y aura un grand soir de
   la délinquance.

   Il est parfaitement illusoire de penser, comme parfois on pourrait le
   croire en lisant certains commentaires, qu’il suffirait de mettre en
   œuvre une politique pour qu’il n’y ait plus de violence, qu’il n’y ait
   plus de délinquance.

   La délinquance, elle est intrinsèque à la nature humaine.

   La violence, elle est dans nos sociétés et le rôle de la République, le
   rôle de nos pays démocratiques, de nos Institutions, c’est de mettre en
   œuvre tous les moyens nécessaires pour lutter contre cette délinquance
   et s’adapter en permanence à ses évolutions.

   Pour pouvoir mieux riposter, nous avons redynamisé le lien qui unit
   tous les acteurs de la chaîne de sécurité : le préfet, le procureur,
   l’inspecteur d’académie, les responsables des services fiscaux, les
   chefs de la police et de la gendarmerie, en créant pour la première
   fois des états-majors départementaux de sécurité auprès du préfet.

   Il sera désormais possible à tous les services de l’Etat d’agir
   beaucoup plus rapidement, et après avoir formulé un diagnostic commun.

   Parmi les nouvelles formes de délinquance, il y a d’abord les bandes
   violentes.

   Pour mieux les appréhender, nous avons créé des groupes spécialement
   dédiés à la lutte contre les violences urbaines dans les 34
   départements les plus touchés pas ces violences.

   Nous avons constitué une base de données consacrée à la sécurité
   publique qui va faciliter leur identification et leur interpellation.

   La Proposition de Loi contre les bandes violentes adoptée à l’Assemblée
   nationale le 30 juin dernier et qui est actuellement sur le bureau du
   Sénat sera, je l’espère, votée dans les délais les plus courts
   possibles.

   Cette proposition de loi nous permettra d’intervenir en amont contre
   les banques violentes.

   Elle rendra également plus efficace la lutte contre la violence à
   l’intérieur et devant les établissements scolaires.

   La violence ne doit en aucun cas pénétrer à l’école.

   Et je vais vous dire que nous veillerons à punir d’une extrême sévérité
   tous les actes qui sont commis à l’encontre des agents de l’Education
   nationale.

   Il y a ensuite les cambriolages.

   Comme à Metz, nous mettons en place dans chaque département des
   cellules anti-cambriolage spécialisées, et nous prévoyons de
   systématiser l’intervention de la police technique et scientifique.

   Et je voudrais à ce sujet, me féliciter que dans un délai extrêmement
   court, nos services aient déjà retrouvé les trois quarts de cette somme
   qui a été volée par un convoyeur de fonds à Lyon, il y a quelques
   jours.

   Pour lutter contre les trafics se drogue, la mobilisation doit être
   totale.

   Et dans les prochains jours, le gouvernement présentera son plan de
   lutte contre la drogue.

   Les 34 Groupements d’Intervention Régionaux mis en place en 2002 ont
   été un succès.

   Nous allons généraliser leur méthode et les renforcer par la présence
   des services fiscaux.

   Nous savons tous qu’il existe dans nos quartiers, des petits caïds qui
   vivent très au-dessus de leurs revenus réels.

   La détection des signes extérieurs de richesse indue va permettre
   d’appréhender ceux qui se constituent des patrimoines illégaux par le
   commerce de la drogue.

   Et puis nous nous apprêtons à mieux appréhender fiscalement les profits
   illégaux issus de ces trafics.

   La Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la
   Sécurité Intérieure qui sera examinée par le Parlement en février
   prochain, apportera à la police de nouveaux outils juridiques et de
   nouveaux outils financiers.

   Nous avons pris le temps de décider de la meilleure attribution des 2,5
   milliards d’euros qui seront dégagés en plus dans les 5 prochaines
   années pour les services de police.

   Nous voulons être à la pointe de la technologie.

   Cette loi va permettre, entre autres, de créer des logiciels de
   rapprochement judiciaire pour mieux cibler la délinquance de série et
   de proximité.

   Elle va améliorer l’armement, la protection et le parc automobile des
   policiers.

   Nous avons, Mesdames et Messieurs, placé notre politique de sécurité
   sous le signe d’un partenariat renforcé.

   Le rôle de la police est déterminant, et je ne féliciterai jamais assez
   tous ceux qui assurent au quotidien la sécurité des Français.

   Mais l’action de la police s’inscrit dans une chaîne, dans une chaîne
   globale où interviennent les élus, les associations, les acteurs de la
   justice.

   Je veux répéter une fois encore que le combat contre la violence c’est
   un combat collectif.

   J’ai présidé le mois dernier le Comité interministériel de prévention
   de la délinquance, dont le principal objectif est le renforcement du
   rôle du maire, en matière de prévention de la délinquance.

   Et je sais qu’une des grandes difficultés des maires, c’est d’obtenir
   l’échange d’informations nominatives au sein des Conseils locaux de
   sécurité.

   Et pourtant les échanges de noms sont pourtant indispensables si on
   veut suivre individuellement les jeunes qui dérivent vers la
   délinquance.

   Il faut donc mieux définir la notion de « secret professionnel partagé
   » pour qu’elle soit adoptée par tous les acteurs de la prévention, dans
   un climat de confiance et avec un souci d’efficacité.

   Et puis nous allons resserrer les liens des maires avec la Justice en
   créant des correspondants justice-ville dans les Parquets à forte
   activité pénale.

   Ces correspondants auront pour mission d’informer les maires du
   traitement des infractions, une Convention avec les Parquets permettra
   aux maires de pratiquer le rappel à l’ordre sans interférer dans les
   procédures judiciaires.

   Enfin, permettez-moi Mesdames et Messieurs quelques mots sur notre
   politique d’immigration.

   Vous savez que la tradition de notre pays est celle d’être une Terre
   d’asile, d’ouverture et cette tradition nous continuons de l’honorer.

   Mais cette tradition, elle va de pair avec le respect des lois de la
   République.

   Nous pratiquons une politique d’immigration maîtrisée parce que notre
   pays n’a ni les moyens, ni vocation à être ouvert à tous les vents.

   Cette année, en métropole, nous avons entre janvier et octobre
   reconduit un peu plus de 20 000 personnes entrées illégalement sur
   notre territoire.

   Ce cap, nous allons le maintenir.

   Et à tous ceux qui pensent que l’Etat devrait s’excuser de faire
   respecter sa loi, je veux rappeler que c’est là sa mission première !
   Et j’ajoute qu’il ne peut pas y avoir d’intégration réussie en
   l’absence d’une politique d’immigration claire, ferme et responsable.

   Voilà pourquoi nous luttons contre les réseaux clandestins, contre ces
   réseaux qui instrumentalisent les espoirs de ceux qu’ils condamnent à
   vivre dans l’illégalité.

   Et je veux d’ailleurs sur ce sujet, saluer la décision qui a été prise
   à l’unanimité des 27 chefs de gouvernements européens il y a seulement
   une semaine, d’organiser et de financer des vols de retour vers les
   pays d’origine.

   Ce n’est pas une spécialité française ou une spécialité britannique,
   c’est 27 pays européens, avec des gouvernements de gauche comme de
   droite qui ont pris unanimement la décision de financer des vols de
   retour vers les pays d’origine.

   Mesdames et Messieurs, je veux exprimer au nom du gouvernement, à tous
   les hommes et à toutes les femmes engagés dans la police, la
   reconnaissance de la Nation.

   Nous savons les risques que vous prenez et nous savons le courage moral
   qui est le vôtre.

   Chaque année en effet, une vingtaine de policiers et de gendarmes
   décèdent, en moyenne, dans le cadre de leurs activités.

   12.000 autres… 12.000 autres sont blessés dans l’exercice de leurs
   missions.

   Eh bien les Français ne doivent jamais oublier que derrière ces
   chiffres, il y a des hommes, il y a des familles, il y a des amis qui
   sont touchés dans leur chair.

   En matière de sécurité, notre pays peut compter sur l’engagement de ses
   forces de police et de gendarmerie.

   Mais chacun d’entre-nous doit aussi faire preuve de civisme si l’on
   veut faire reculer cette sous culture de la violence qui mine nos
   sociétés contemporaines.

   Tout le monde doit se sentir responsable de l’état de notre société.

   La France, c’est notre bien commun.

   Ce qui signifie que chacun d’entre-nous détient entre ses mains une
   part de sa solidarité et de son succès.

   Le devoir citoyen, c’est d’abord de servir et d’incarner soi-même les
   valeurs humanistes qui sont celle de la devise de la République.

   Débattre de notre identité nationale comme le gouvernement vient de le
   proposer, c’est justement cherche à renforcer tout ce qui nous
   rassemble ; c’est chercher à distinguer les valeurs qui sont les
   valeurs essentielles sur lesquelles nous estimons collectivement que
   nous ne pouvons pas transiger.

   Pour relever les immenses défis de la mondialisation, pour sortir la
   tête haute de la crise économique et financière qui s’est abattue sur
   le monde, je pense que chacun peut comprendre que les 65 millions de
   Français doivent être rassemblés, doivent faire bloc.

   Mais si on veut que les 65 millions de Français soient rassemblés,
   encore faut-il qu’ils soient convaincus de ce qui les rassemble.

   Et ce que nous voulons à travers ce débat, c’est les convaincre au fond
   que ce qui les rassemble est beaucoup plus fort que ce qui les divise.

   Dans 10 jours, j’aurais l’occasion de présider le Comité
   interministériel sur l’égalité des chances, ce principe qui au cœur de
   notre pacte républicain.

   L’école sera une priorité de ce comité.

   Nous devons ouvrir davantage les voies et filières d'excellence, en
   particulier les grandes écoles.

   Pour cela, il faudra commencer par démocratiser l'accès aux classes
   préparatoires, en ouvrir de nouvelles.

   Nous devrons aussi être capables d’accueillir les élèves boursiers dans
   les internats d'excellence.

   Il faut planifier la construction de ces nouvelles résidences pour les
   accueillir dès la rentrée 2011.

   Voilà, Mesdames et Messieurs, les convictions que je voulais ce soir
   partager avec vous.

   J’ai la certitude que, ensemble, nous sommes capables de redresser la
   France, parce que nous voyons bien que l’effort de modernisation de
   notre pays est engagé et qu’il est engagé dans un climat qui, au fond
   est un climat de gravité lié à cette crise que nous traversons.

   Mais aussi, un climat de dialogue et un climat de responsabilité.

   Et je sais qu’ici en Moselle, la résolution des Français qui ont la
   capacité de défendre leurs intérêts dans la mondialisation est totale.

   Je veux vous dire que je vois parmi vous, l’unité de la République dont
   la force dépend de notre engagement commun.

   Je vous remercie.

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