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Discours politique

François Fillon, F.Fillon, l'Angleterre : un partenaire fiable, courageux,
pragmatique (14/01/2011)

   Mesdames et Messieurs, c’est un grand honneur pour moi de venir
   m’exprimer à la City de Londres et je veux remercier le Lord Maire et
   la Corporation de la City d’avoir permis que cette rencontre ait lieu.

   La City, c’est la première place financière d’Europe, je veux dire que
   sa force, c’est un atout pour tous les partenaires européens.

   Le Royaume-Uni est une grande puissance économique et industrielle qui,
   comme la France, croit que la mondialisation est un défi qu’il faut
   relever.

   Le destin de la France et de la Grande-Bretagne sont des destins qui
   sont liés.

   En deux ou trois heures de train, Londres est intégré au plus grand
   espace économique d’Europe occidentale.

   Cet espace nous rend plus forts, nous sommes donc comptables de sa
   vitalité et nous sommes co-responsables de son développement.

   Britanniques et Français, nous avons la même tâche, nous avons la même
   responsabilité qui est de sortir de la crise et de renforcer la
   croissance de l’Europe.

   Je suis d’abord venu pour cela, vous dire que la priorité absolue du
   gouvernement français, c’est la poursuite des réformes que nous avons
   engagées, sous l’autorité du Président SARKOZY, en 2007, celle des
   finances publiques bien sûr, mais aussi les réformes économiques et
   sociales.

   Des deux côtés de la Manche, je pense que le seul choix responsable
   pour garantir notre souveraineté à laquelle nous sommes, nos deux pays,
   tellement attachés, pour garantir notre indépendance économique, le
   seul choix responsable, c’est la discipline budgétaire.

   Face à la crise, nous avons été contraints d’apporter un soutien
   financier massif au système bancaire, puis à notre économie, pour
   stimuler la reprise.

   A présent, notre responsabilité, c’est de redresser les finances
   publiques pour retrouver une croissance durable, sans sacrifier les
   investissements d’avenir.

   Le gouvernement britannique a engagé un programme de redressement
   budgétaire extrêmement audacieux.

   Je veux dire que de notre côté, nous avons lancé la politique de
   limitation des dépenses publiques la plus rigoureuse depuis vingt ans.

   Nous avons rompu avec le choix du passé, ce choix qui consistait à
   combler les déficits en accroissant la pression fiscale.

   Nous avons pris la décision, avec le président de la République,
   d’écarter toute hausse généralisée de l’impôt.

   Nous avons gelé les moyens des ministères qui enregistrent donc une
   décroissance réelle de leurs budgets.

   Nous avons pris l’engagement de réduire de 10 % en trois ans les moyens
   de fonctionnement des administrations et de 5 % la première année,
   c’est-à-dire en 2011.

   Nous avons, pour la première fois dans l’histoire récente de notre
   pays, gelé tous les transferts aux collectivités territoriales.

   Nous poursuivons la politique de non remplacement d’un fonctionnaire
   sur deux.

   Nous avons supprimé depuis 2007 100 000 postes dans la fonction
   publique d’Etat et, sur la période 2011-2013, nous allons supprimer 97
   000 postes supplémentaires.

   Ces efforts sont dans notre pays des efforts sans précédent.

   Nous avons atteint, avec l’effet de la crise, un déficit en 2010 de 7,7
   % du produit intérieur brut.

   Les efforts que nous engageons vont nous permettre de revenir à 6 en
   2011, à 4,6 en 2012 et à 3 en 2013.

   Je veux insister devant vous sur notre détermination à respecter cet
   objectif en 2013.

   D’ailleurs, cette trajectoire a fait l’objet du vote d’une loi
   pluriannuelle par le Parlement.

   Avec le Président de la République, nous sommes totalement engagés à
   faire en sorte qu’elle soit respectée.

   Parallèlement, nous venons de réussir la réforme des retraites.

   Nous avions, pour préserver nos régimes de retraite, à réaliser des
   adaptations structurelles.

   Nous les avons entreprises dès 2007 en réformant ce qu’on appelle dans
   notre pays les régimes spéciaux.

   En 2010, nous avons reporté l’âge légal de départ à la retraite de 60 à
   62 ans et nous avons fait passer de 65 à 67 ans l’âge de la retraite à
   taux plein, le tout en préservant notre système de retraite par
   répartition.

   Dans un pays qui a la réputation d’être hostile aux réformes, je veux
   vous faire remarquer que nous avons réussi à mettre en œuvre un rythme
   de relèvement des seuils d’âge de la retraite qui est entre deux et
   quatre fois plus rapide qu’en Allemagne, qu’au Royaume-Uni ou qu’aux
   Etats-Unis.

   Bien sûr, il y a eu des oppositions, beaucoup pensaient que nous
   serions obligés de reculer.

   Nous ne l’avons pas fait.

   Nous avons tenu bon parce que cette réforme était nécessaire sur le
   plan social et financier.

   Je voudrais d’ailleurs faire remarquer que depuis qu’elle a été votée
   par le Parlement, ce n’est plus un sujet de contestation et j’ai la
   conviction absolue que personne ne reviendra jamais sur cette réforme.

   L’impact de la réforme des retraites sur les comptes publics sera
   positif dès cette année, puisqu’elle permettra de réduire le déficit
   public d’environ un demi point du produit intérieur brut en 2013 et
   environ 1,2 % du PIB en 2020.

   Tous ces efforts sont des efforts indispensables, mais pour aller
   chercher la croissance, nous devons aussi renforcer la compétitivité de
   notre économie et sa capacité d’innovation.

   Je voudrais rappeler qu’en la matière la liste des réformes que nous
   avons engagées depuis 2007 est longue.

   Nous avons réformé notre droit du travail et nous sommes ainsi sorti du
   carcan qui était imposé par la loi sur les 35 heures.

   Désormais, en France, chaque entreprise a la possibilité de négocier à
   l’intérieur de l’entreprise le temps de travail, dans les limites qui
   sont prévues par la législation européenne.

   Nous avons réformé les services publics en introduisant la rémunération
   au mérite des agents ou encore, ce qui était impensable en France il y
   a quelques années, le service minimum dans les transports et dans les
   écoles en cas de grève.

   Nous avons réformé l’université française, dont on disait, à juste
   titre d’ailleurs, qu’elle était politiquement infaisable, puisque
   beaucoup de ministres – j’en ai été – ont tenté de le faire dans le
   passé sans y parvenir.

   Désormais, les universités françaises sont presque toutes autonomes et
   elles ont pu engager un effort pour recruter elles-mêmes leurs
   enseignants, chercher les financements complémentaires dont elles ont
   besoin, ce que toutes les grandes universités du monde faisaient et ce
   qui n’était pas possible dans notre pays.

   Pour améliorer la compétitivité des entreprises, nous avons supprimé ce
   qu’on appelle la taxe professionnelle, c’est-à-dire un impôt payé aux
   collectivités locales, cela représente 7 milliards d’euros qui seront
   économisés par les entreprises en 2010.

   Pour encourager les entreprises à innover, nous avons triplé le crédit
   impôt recherche.

   Les investisseurs étrangers, donc les investisseurs britanniques, ont
   largement plébiscité cette mesure fiscale.

   Désormais, la France est l’un des pays les plus attractifs en termes
   fiscal pour les centres de recherche.

   Enfin, nous avons lancé un grand programme d’investissements d’avenir
   qui consacre 35 milliards d’euros de ressources publiques à
   l’innovation dans tous les secteurs d’avenir, l’université, la
   recherche, l’industrie, les nouvelles technologies en seront les grands
   bénéficiaires.

   Ces investissements publics n’interviennent que couplés avec des
   investissements privés, c’est donc en gros 65 milliards d’euros qui
   vont être mobilisés par ce programme d’investissements d’avenir.

   Tous ces efforts et toutes ces réformes commencent à porter leurs
   fruits, puisque nous avons renoué avec la croissance qui devrait
   atteindre 1,6 % en 2010.

   En novembre, la production industrielle a progressé comme la
   consommation de produits manufacturés.

   Donc, nous avons aujourd’hui toutes les raisons de penser que les
   objectifs que nous nous sommes fixés de croissance, autour de 2 % en
   2011, sont des objectifs atteignables.

   Tout est donc fait pour renforcer encore la compétitivité et
   l’attractivité de la France.

   Certains l’oublient parfois ou ne veulent pas le reconnaître, mais la
   France est un pays qui est largement ouvert au monde.

   Un tiers des salariés du secteur privé travaille pour des entreprises
   étrangères, la moitié de la capitalisation boursière de la place de
   Paris est détenue par des entreprises étrangères.

   Au final, la France et le Royaume-Uni sont parmi les principaux pays
   d’accueil des investissements étrangers.

   Mesdames et Messieurs, nous voulons exploiter toutes les potentialités
   de notre partenariat avec le Royaume-Uni dans cet esprit d’accroître
   les capacités d’augmenter la croissance en Europe.

   C’est la deuxième chose que je voulais vous dire ce matin.

   Les peuples français et britannique savent que ce qui nous rassemble
   dépasse de très loin ce qui nous distingue.

   Ils se souviennent des tranchées de 1914 où sont tombés tant de
   Britanniques qui reposent en terre de France.

   Ils se souviennent des heures sombres de 1940 où Winston CHURCHILL
   avait même offert la fusion entre la France et la Grande-Bretagne.

   En tout cas, en raison du refus des responsables politiques français,
   bien mal inspirés, il a offert le soutien du Royaume-Uni à la France
   libre et au Général de GAULLE.

   Au fond, à chaque fois, la France et la Grande-Bretagne, malgré toutes
   leurs différences et malgré toutes leurs querelles, ont su s’unir
   lorsque l’essentiel était en jeu, en l’occurrence lorsque la liberté du
   monde était en jeu.

   Aujourd’hui, si le temps des conflits meurtriers est derrière nous,
   nous avons en face de nous un enjeu essentiel qui est la guerre
   économique mondiale.

   Si nous voulons maintenir nos modèles économiques, nos modèles sociaux,
   auxquels nous sommes tellement attachés, si nous voulons conserver un
   certain leadership dans le monde, nous avons le devoir de continuer à
   nous rapprocher et à nous faire confiance.

   Nous avons engagé une coopération en matière de défense, dont je
   voudrais dire devant vous qu’elle est de celle qui ne peut exister
   qu’entre des nations sœurs.

   On ne peut pas aller aussi loin dans la coopération, sur des sujets
   aussi essentiels que la dissuasion nucléaire, si on n’a pas une
   confiance totale les uns dans les autres.

   Le 2 novembre 2010, le Président SARKOZY et le Premier ministre CAMERON
   ont signé ici, à Londres, deux traités qui sont des traités de portée
   historique en matière de coopération, de défense et d’accès à des
   installations nucléaires communes.

   Avec cette étape, nous nous engageons dans la voie d’un rapprochement
   encore plus étroit qui respecte la souveraineté britannique et qui
   respecte la souveraineté française.

   Je suis convaincu que dans cet esprit, nous n’avons pas tous encore
   pris la mesure du degré d’interaction atteint par nos industries de
   défense.

   Les gouvernements britannique et français viennent de signer une
   feuille de route qui est faite de projets très concrets.

   Nos industriels sont partie prenante à ces programmes et vont pouvoir
   augmenter leur poids face à la concurrence internationale.

   Pour la France, ce rapprochement est bon ; pour la Grande-Bretagne, ce
   rapprochement est bon ; je crois qu’il est aussi bon pour l’Europe et
   qu’il est aussi bon pour l’OTAN.

   Le renforcement de l’intégration franco-britannique ne connaît donc
   aucun obstacle et aucun tabou.

   Près de 2 500 entreprises britanniques emploient plus de 250 000
   personnes en France et 1 500 entreprises françaises implantées au
   Royaume-Uni ont plus de 330 000 salariés.

   Il faut des tempêtes de neige ou des nuages de cendres pour nous
   rappeler de temps à autre que l’Angleterre est une île, tant la réalité
   économique fait que nos marchés ne font qu’un.

   Je voudrais prendre l’exemple du marché de l’énergie.

   EDF ENERGY produit aujourd’hui un quart de l’électricité britannique et
   gère huit centrales au Royaume-Uni.

   Il compte mettre en service un premier réacteur EPR en 2018 et en
   construire quatre d’ici 2025.

   C’est à partir de cette assise franco-britannique que nous pourrons
   construire un leader mondial pour les centrales de troisième
   génération, capable de répondre avec un niveau de sécurité sans
   précédent aux exigences d’un monde qui a besoin de toujours plus
   d’énergie, mais en même temps qui a besoin de toujours moins de
   carbone.

   Tout cela englobe les sous-traitants, des centaines de sociétés
   britanniques et françaises spécialisées dans les technologies de pointe
   à haute valeur ajoutée et qui sont les entreprises qui vont créer les
   emplois de demain.

   Pour renforcer cette compétitivité commune – c’est la troisième chose
   que je voudrais vous dire – le premier cadre pertinent qui s’impose à
   nous, même si ce n’est pas le seul, c’est l’Europe.

   Avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France sont les leaders de la
   recherche en Europe et nous avons le devoir de continuer à encourager
   l’innovation.

   Mais aujourd’hui, nous devons faire face à des obstacles que nous
   devons ensemble lever.

   Le coût de l’enregistrement d’un brevet est dix fois plus élevé en
   Europe qu’aux Etats-Unis.

   Cela va changer.

   Puisqu’une dizaine d’Etats européens, dont le Royaume-Uni et la France,
   viennent de proposer une coopération renforcée pour créer un brevet de
   l’Union européenne beaucoup moins cher.

   La France a aussi proposé que l’on crée un Fonds européen des brevets
   et un Fonds européen de capital risque pour les entreprises innovantes.

   Je souhaite et j’aurai l’occasion de le dire au Premier ministre David
   CAMERON tout à l’heure, que le Royaume-Uni s’engage pleinement à nos
   côtés pour promouvoir ces projets qui visent au fond à mieux utiliser
   l’argent européen, à mieux utiliser la force de l’Union européenne sur
   des projets qui encouragent directement la croissance.

   Tous ces projets illustrent la volonté commune de la France et de la
   Grande-Bretagne de réformer le budget européen.

   En décembre, nous avons cosigné, avec trois autres Etats membres, une
   lettre demandant la stabilisation du budget de l’Union européenne pour
   les prochaines perspectives financières.

   Nous croyons que des politiques européennes ambitieuses sont
   compatibles avec un budget stable et nous croyons que l’enjeu des
   prochaines négociations budgétaires, ce ne sera pas de dépenser plus,
   mais ce sera de dépenser mieux.

   D’ailleurs, comment expliquer à nos concitoyens qu’au moment où nous
   devons engager un effort très important de réduction de nos dépenses
   publiques, l’Union européenne augmenterait les siennes.

   C’est la raison pour laquelle la France propose de réorienter une
   partie des crédits de recherche de l’Union européenne vers des actions
   qui soient beaucoup plus directement utiles aux entreprises.

   C’est la raison pour laquelle nous devons lutter pour une mise en œuvre
   moins bureaucratique des principales politiques européennes, à
   commencer par celle de la recherche et de l’innovation.

   Dans cette logique, il me parait indispensable que toute nouvelle
   proposition de réglementation européenne soit désormais obligatoirement
   accompagnée d’une étude d’impact centrée sur la compétitivité des
   entreprises.

   Pendant trop longtemps, en effet, il y a eu un empilement de normes
   européennes sans aucune vision d’ensemble sur les effets sur les
   entreprises.

   Je pense que, ensemble, Français et Britanniques, nous pouvons faire
   évoluer cette situation.

   Evidemment, la stabilité et le dynamisme de la Zone Euro sont une autre
   condition de la prospérité de l’ensemble des Etats européens.

   La Zone Euro, c’est le cœur monétaire de l’Europe et je voudrais que
   personne ne puisse douter de la détermination de l’Union européenne
   tout entière à la préserver.

   C’est une priorité politique, c’est une priorité économique absolue.

   La réaction collective, qui a été la nôtre en 2010 pour venir au
   secours d’Etats membres qui étaient exposés à une crise de liquidités,
   a prouvé cette détermination et cette solidarité.

   Nous avons, en effet, pris des mesures massives d’assistance à la Grèce
   et à l’Irlande.

   Nous avons mis en place un Fonds européen de stabilisation financière
   pour trois ans.

   Ces mesures d’urgence ont prouvé la capacité de réaction et la capacité
   d’adaptation de l’Europe.

   Mais en même temps, elles ont montré la nécessité de mettre en place
   des mesures plus structurelles.

   D’abord, des mesures plus structurelles pour renforcer la surveillance
   collective des Etats de la Zone Euro.

   La crise irlandaise a montré qu’il était nécessaire d’étendre cette
   surveillance au-delà des seuls critères de budget et de dette, en
   traitant les risques de déséquilibre macroéconomique majeur.

   Ce dispositif de surveillance renforcée fait en ce moment l’objet d’une
   traduction législative qui doit aboutir d’ici le mois de juin prochain.

   Ensuite, il fallait pallier les évidentes lacunes en matière de
   supervision financière européenne.

   La fragilité de certaines banques européennes dans la tourmente a
   prouvé qu’on ne pouvait pas continuer à se reposer entièrement sur les
   superviseurs nationaux, alors que des problèmes systémiques dans
   certains Etats membres peuvent avoir et ont presque toujours des
   conséquences sur l’ensemble de l’Europe.

   En quelques mois, l’Union européenne a fait plus de progrès qu’en vingt
   ans en adoptant un système complet de supervision financière, avec
   trois agences européennes dotées de pouvoirs propres, dont l’Agence
   européenne de supervision bancaire, basée ici, à Londres, et un Conseil
   européen du risque systémique présidé par la Banque centrale
   européenne.

   Franchement, qui aurait parié sur ce résultat il y a seulement deux ans
   ? Enfin, les Etats européens, qu’ils soient membres ou pas de la Zone
   Euro, ont réalisé qu’ils ne pouvaient plus improviser face à l’urgence.

   Même si les improvisations qui ont été les nôtres, en particulier la
   Grande-Bretagne et la France, en 2008, ont été efficaces.

   En décembre 2010, les vingt-sept Etats membres de l’Union européenne
   ont lancé une procédure simplifiée de révision du Traité de Lisbonne,
   pour autoriser les Etats de la Zone Euro à établir un mécanisme
   permanent de stabilité à partir de 2013.

   Toutes ces initiatives prouvent que les Etats membres de la Zone Euro
   sont convaincus que l’euro les protège.

   Je lisais dans la presse britannique ce matin que je voulais demander à
   la Grande-Bretagne de sauver l’euro, c’est une interprétation un peu
   excessive de mes propos, je ne pense pas que l’euro ait besoin d’être
   sauvé, je pense que l’euro a besoin d’être défendu.

   C’est ensemble que nous pourrons le faire parce que nous y avons un
   intérêt commun.

   L’euro, pour les Etats qui l’ont adopté, c’est un des fondements du
   marché unique.

   C’est un atout clé pour les opérateurs économiques qui peuvent
   bénéficier d’économies d’échelle sans risque de change.

   C’est enfin et surtout un élément vital de la construction européenne.

   Pour toutes ces raisons, les Etats membres, en particulier la France et
   l’Allemagne, n’ont pas hésité à proposer des solutions courageuses et
   innovantes.

   A ce sujet, il ne doit y avoir aucun doute, les Etats de la Zone Euro,
   particulièrement la France et l’Allemagne, sont prêts à tout mettre en
   œuvre, je dis bien absolument tout, pour assurer la stabilité de la
   Zone Euro.

   Mais tout au long de cette crise, je veux aussi dire que les autorités
   britanniques ont été des partenaires solides, dans le respect de nos
   différences.

   Elles mesurent l’exceptionnelle interdépendance des économies
   européennes.

   Elles connaissent le rôle majeur joué par la City de Londres dans les
   transactions en euro.

   Elles savent que l’insularité monétaire n’existe pas, pour un pays dont
   la moitié des exportations est à destination de la Zone Euro.

   Le Royaume-Uni a donc pris toute la part qui lui revient à l’effort
   commun, en acceptant une révision limitée du Traité et en contribuant
   aux plans d’urgence récents, je pense en particulier à l’Irlande.

   Je voudrais rendre hommage à ces actions énergiques et nécessaires qui
   ont largement contribué à renforcer la crédibilité de l’euro, la
   crédibilité de la Zone Euro et la crédibilité de l’Union européenne
   tout entière.

   Mais le redressement de l’économie mondiale ne peut pas être durable
   s’il ne s’accompagne pas d’une meilleure régulation économique et
   financière.

   La bonne gouvernance, elle s’applique aux institutions, elle s’applique
   aux Etats, en Europe comme ailleurs.

   Mais elle s’impose aussi aux opérateurs économiques et financiers.

   Je sais toutes les crispations que peut susciter le débat sur la
   régulation financière.

   Je sais que certains auraient voulu qu’il n’ait jamais eu lieu.

   Je sais que d’autres veulent le circonscrire très strictement.

   D’autres, enfin, voudraient que les règles nouvelles, auxquelles le G20
   a souscrit, restent des lettres mortes.

   Je veux dire que ce n’est pas l’approche de la France.

   Pendant notre présidence du G20, nous souhaitons poursuivre, avec tous
   nos partenaires, un agenda ambitieux en matière de régulation
   financière.

   Je crois que nous devons tous être conscients que le système
   capitaliste, auquel nous sommes attachés, est passé très près de
   l’effondrement, en tout cas très près du gouffre.

   Il est peu probable que les opinions publiques française, britannique,
   allemande, européenne puissent accepter un statu quo, c’est-à-dire
   puissent accepter de consentir à financer de nouveau les effets d’une
   nouvelle secousse qui interviendrait simplement parce que les mêmes
   causes produisent les mêmes effets et parce qu’aucune règle n’est venue
   tenir compte des enseignements de la crise.

   Si ce n’est pas nous, nous, les Européens, avec vous, les Britanniques,
   qui régulons, si ce n’est pas nous qui encadrons, si ce n’est pas nous
   qui cherchons à moraliser le système, alors, je vous le dis, ce seront
   les adversaires de la liberté économique qui auront toutes les chances
   de se faire entendre dans nos pays.

   L’objectif n’est évidemment pas d’étouffer l’innovation financière.

   Nous savons bien que cette innovation financière est une des sources de
   nos économies et de nos entreprises.

   Ce que nous voulons simplement, c’est une meilleure maîtrise des
   risques et c’est davantage de responsabilités.

   Meilleure maîtrise des risques à travers une transparence accrue et à
   travers un contrôle plus efficace des comportements à risque.

   Davantage de responsabilités pour que, en cas de défaillance, ce ne
   soit pas les finances publiques qui soient exposées comme elles l’ont
   été indûment dans cette crise.

   Notre objectif est également, en réduisant les arbitrages
   règlementaires, de développer la concurrence en la situant là où elle
   doit exclusivement se situer, c’est-à-dire dans la capacité à fournir
   le meilleur service au meilleur prix et non pas dans l’exploitation de
   différences de réglementations dans le seul but de loger les risques
   d’un côté et les revenus de l’autre.

   Je pense que nous avons accompli de réels progrès sur cette voie.

   En deux ans, depuis la première réunion du G20 à Washington, nous nous
   sommes dotés de nouvelles règles en matière de capital et de liquidités
   des banques.

   Nous avons renforcé l’encadrement des produits dérivés, le contrôle de
   la titrisation, la lutte contre les paradis fiscaux et nous avons mieux
   encadré les bonus des opérateurs de marché.

   Au plan européen, après la réorganisation institutionnelle de la
   supervision, des discussions importantes sont en cours sur la question
   des régimes de résolution des institutions bancaires, sur les
   infrastructures post-marché ou encore sur les ventes à découvert.

   Il faut que ces efforts se poursuivent, sans céder à la tentation de
   les remettre en cause.

   Je veux dire que notre objectif au sein du G20 sera double.

   D’abord, nous voulons veiller à une bonne mise en œuvre des réformes
   qui ont déjà été décidées et qui ont déjà été engagées par le G20.

   Je pense que c’est une question d’intégrité du système financier
   international et une question d’égalisation des conditions de
   concurrence entre les acteurs de marché et les places financières.

   Ensuite, nous chercherons à étendre l’agenda de la régulation là où il
   reste insuffisant.

   Nous proposerons de renforcer la régulation du système bancaire
   parallèle, qu’on appelle le « shadow banking », pour contrecarrer le
   risque que nos efforts pour renforcer la régulation du secteur bancaire
   traditionnel, ne conduise finalement qu’à reporter l’activité et à
   reporter le risque sur de nouvelles formes d’intermédiation bancaire
   qui, elles, échapperaient complètement à la régulation.

   Nous proposerons également à nos partenaires de renforcer le « volet
   marchés » de l’agenda de régulation financière du G20, dans la
   continuité des travaux européens en faveur d’une meilleure transparence
   et d’une protection accrue de l’intégrité des marchés.

   Voilà, Mesdames et Messieurs, très simplement, ce que je voulais vous
   dire ce matin.

   Je vais, tout à l’heure, rencontrer le Premier ministre David CAMERON
   et le vice-Premier ministre Nick CLEGG.

   La France sait qu’elle a avec le gouvernement britannique un partenaire
   fiable, courageux, pragmatique.

   Nous savons qu’aucun Etat européen ne peut aujourd’hui se replier dans
   je ne sais quel splendide isolement.

   Donc, c’est en nous alliant, c’est en travaillant ensemble entre
   partenaires que nous pouvons exercer un leadership en Europe et dans
   les institutions internationales.

   Je crois que les résultats de notre coopération de ces derniers mois
   montrent que, sur ce chemin, la France et la Grande-Bretagne avancent
   sur la bonne voie.

   déclaration de François FIllon lors de sa visite à Londres le 13
   janvier 2011.

   François Fillon et David Cameron répondent aux questions de la presse
   après leur entretien au 10 Downing street à Londres le 13 janvier 2011.

   Monsieur le Premier ministre, je voudrais d’abord vous remercier de
   l’entretien que nous venons d’avoir et de l’accueil chaleureux que vous
   m’avez réservé.

   C’est mon premier déplacement au Royaume-Uni en tant que Premier
   ministre, je veux dire à la presse française que ça n’est quand même
   pas tout à fait un évènement historique, car je suis déjà venu en
   Grande Bretagne accompagner un Premier ministre qui était Jean-Pierre
   RAFFARIN, je crois en 2003 et 2004, je crois que le Premier ministre
   Dominique De VILLEPIN est venu en Grande Bretagne en 2005.

   J’ai indiqué tout à l’heure à David CAMERON que je pense que nous
   devons intensifier les rencontres entre nos deux gouvernements.

   Nous devons d’autant plus le faire que la qualité des relations
   franco-britanniques a atteint un niveau rarement égalé, grâce en
   particulier au sommet franco-britannique de Londres et aux accords
   historiques qui ont été passés en matière de défense, et dont j’ai eu
   l’occasion de dire à plusieurs reprises qu’ils ne pouvaient avoir lieu
   qu’entre deux nations sœurs, c'est-à-dire des nations dont le niveau de
   confiance est tel qu’elles peuvent mettre en commun des choses aussi
   fondamentales que leur sécurité.

   J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer David CAMERON à Paris en 2008
   alors qu’il était le chef de l’opposition.

   Et j’avais déjà pu apprécier à cette occasion le sens des
   responsabilités qui l’animait.

   En le rencontrant aujourd’hui je retrouve ses qualités auxquelles
   j’ajouterais le courage et la capacité de leadership.

   Et c’est la première chose que j’ai dit à David CAMERON tout à l’heure,
   c’est que le Gouvernement français est très admiratif de la politique
   économique et financière qui est conduite en Grande Bretagne, du
   courage avec lequel le Gouvernement britannique a engagé cet effort de
   redressement budgétaire.

   Je suis certain qu’il portera ses fruits, pour la Grande Bretagne
   naturellement, mais aussi pour l’ensemble de l’Union européenne.

   Et je veux dire de ce point de vue, que c’est un réconfort pour le chef
   du Gouvernement français que de pouvoir comparer les politiques qui
   sont conduites en matière financière, en matière budgétaire, en matière
   économique et constater que des deux côtés de la Manche, elles sont
   finalement très proches.

   J’ajoute que nous sommes, français comme britanniques, très sourcilleux
   de notre indépendance, nous sommes très sourcilleux de notre
   souveraineté nationale.

   Eh bien notre souveraineté nationale passe d’abord par la réduction de
   nos déficits et par le retour à l’équilibre de nos finances publiques.

   Nous avons ensuite évoqué la question de l’euro.

   Je veux redire de nouveau que l’euro n’a pas besoin d’être sauvé.

   L’euro a besoin d’être défendu.

   Et pour défendre l’euro nous avons besoin, à l’intérieur de la zone
   euro, de renforcer notre coopération.

   Les gouvernements de la zone euro ont besoin de mettre en place un
   pilotage économique de cette zone.

   Nous avons besoin de rapprocher progressivement dans une vision de long
   terme nos fiscalités, notre organisation du travail, notre organisation
   économique.

   On ne peut pas imaginer sur le long terme une zone euro avec le
   maintien de différences aussi grandes en matière de temps de travail,
   en matière d’âge de la retraite, en matière d’organisation économique,
   de fiscalité.

   Et donc si on veut que la zone euro se consolide il faut impérativement
   que l’on rapproche les législations dans ces domaines.

   Et ce que j’ai indiqué à David CAMERON c’est que nous souhaitons que la
   Grande Bretagne observe, regarde, soutienne ces efforts avec
   enthousiasme parce que c’est l’intérêt de la Grande Bretagne que
   d’avoir une zone euro forte.

   Naturellement je ne suis venu demander à David CAMERON ni aide ni
   modification de la politique de la Grande Bretagne s’agissant de l’euro
   mais un regard positif sur cet effort d’harmonisation, de cohérence,
   que nous allons entreprendre.

   Nous avons évoqué la question du budget européen pour constater que
   nous étions complètement en ligne sur la nécessité de ne pas augmenter
   le budget européen.

   Et sur la nécessité de réorienter une partie des dépenses de l’Union
   européenne vers des actions plus efficaces en matière de soutien à la
   croissance.

   J’ai en particulier évoqué trois idées que la France veut défendre au
   cours de cette année 2011 : le fonds européen des brevets, la mise en
   place d’un fonds de capital risque pour les PME innovantes et
   l’obligation pour la Commission et pour l’Union européenne de réaliser
   des études d’impact avant chaque décision pour constater quels sont les
   effets des décisions européennes, des normes décidées par l’Europe sur
   nos entreprises.

   Enfin, nous avons évoqué nos coopérations bilatérales et en particulier
   la possibilité de rapprocher nos secteurs industriels notamment dans le
   domaine nucléaire en raison de la coopération très étroite qui existe
   désormais entre la France et la Grande Bretagne sur ces sujets.

   Et puis nous avons évoqué la lutte contre le terrorisme et je voudrais
   remercier David CAMERON pour le message de solidarité qu’il a adressé
   au Président de la République française et qu’il vient de renouveler à
   la suite des dramatiques incidents qui se sont produits au Niger et qui
   montrent à quel point nos démocraties doivent s’unir pour défendre
   ensemble leurs valeurs.

   Puisque dans ces évènements tragiques, ce n’est pas le Gouvernement
   français qui est attaqué, ce sont les valeurs des démocraties et ce
   sont ces valeurs-là que nous partageons.

   Réponse du Premier ministre François FILLON La coopération entre la
   France et la Grande Bretagne dans la lutte contre le terrorisme est
   très étroite, elle est ancienne.

   Elle n’a cessé de se renforcer et nous avons évoqué ensemble la
   nécessité de la renforcer encore, notamment concernant la zone
   sahélienne.

   L’objectif, s’agissant de la zone sahélienne, c’est d’éviter à tout
   prix que ces mouvements terroristes étendent considérablement leur
   influence au détriment des Etats existants, au détriment des structures
   publiques qui sont déjà très fragiles dans cette région du monde.

   Nous voyons bien que nous sommes à un moment clé où ces Etats ont
   besoin d’être encouragés, ont besoin d’être renforcés, ont besoin
   d’être aidés dans la lutte contre le terrorisme.

   Et nous souhaitons y travailler très étroitement ensemble avec la
   Grande Bretagne.

   S’agissant de la situation en Tunisie, puisque c’est la question que
   vous posez, je veux dire que nous sommes extrêmement préoccupés par
   cette situation, par la violence qui s’est développée depuis quelques
   jours.

   Nous appelons instamment l’ensemble des parties à faire preuve de
   retenue, à choisir la voie du dialogue.

   On ne peut pas continuer dans cette utilisation disproportionnée de la
   violence et le Gouvernement français fait tous ces efforts pour
   convaincre le Gouvernement tunisien de s’engager dans cette voie.

   Je note avec intérêt que des mesures ont déjà été annoncées, en
   particulier la libération des personnes qui avaient été arrêtées au
   début des émeutes.

   Il faut absolument progresser dans cette voie.

   Et enfin j’ajoute que, au-delà des problèmes politiques intérieurs à
   ces pays, qui doivent être résolus par la voie la plus démocratique, il
   y a un problème de développement économique.

   Et ces problèmes sont liés.

   Et là, nous avons une action que nous pouvons conduire ensemble,
   l’Union européenne, pour apporter des aides au développement plus
   efficaces à cette région du Maghreb, avec laquelle nous avons des liens
   historiques, que chacun connaît bien.

   Réponse du Premier ministre François FILLON Si votre question peut se
   résumer à la question suivante : est-ce que la politique d’assimilation
   que j’ai toujours défendue, peut fonctionner avec une femme anglaise ?
   La réponse est non.

   Deuxièmement, il ne faut quand même pas exagérer les différences entre
   nos deux pays.

   Je disais tout à l’heure qu’il y a beaucoup de coquetterie dans la mise
   en avant de nos divergences.

   La vérité est que depuis des années nous avons progressé les uns vers
   les autres en termes d’organisation, et même en termes idéologiques.

   Je pense que la Grande Bretagne reconnaît aujourd’hui qu’il est
   nécessaire parfois de donner des impulsions pour mettre en œuvre des
   filières industrielles, et la France a fait beaucoup d’efforts pour
   ouvrir son marché.

   C’est aujourd’hui un des pays les plus ouverts du monde, en tout cas un
   des pays les plus ouverts en Europe, et j’en faisais la démonstration
   ce matin en m’exprimant à la City.

   Troisièmement, comme vient de le dire David à l’instant, nous ne
   demandons pas à la Grande Bretagne de rentrer dans la zone euro.

   Et l’effort de cohérence, nécessaire à l’intérieur de la zone euro, ne
   concerne pas la Grande Bretagne.

   Ce que nous demandons c’est que la Grande Bretagne, comment dirais-je,
   ne s’offusque pas de cet effort.

   Ne le considère pas comme dangereux pour elle.

   Ne le considère pas comme une sorte de différence qui pourrait
   s’installer entre la zone euro et les pays qui n’y sont pas.

   Nous avons fait deux choix différents.

   A l’époque ce choix était très discuté dans mon pays, j’ai fait partie
   de ceux qui s’y étaient opposés.

   Et lorsque nous nous opposions à ce choix, avec un certain nombre de
   responsables politiques français, nous disions très exactement ce qui
   est en train de se produire aujourd’hui, c'est-à-dire qu’on peut avoir
   une monnaie commune à condition d’avoir un gouvernement économique
   commun, à condition d’avoir une politique économique harmonisée, à
   condition d’avoir plus de convergence fiscale et sociale.

   Eh bien aujourd’hui on y est, on est devant une obligation historique,
   celle de consolider cette zone euro et donc nous devons aller vers
   cette convergence.

   Mais nous comprenons parfaitement que les Anglais veuillent rester des
   Anglais.

   Et encore une fois, même si nous ne le comprenions pas, nous ne
   parviendrions pas à vous convaincre du contraire.

   Réponse du Premier ministre François FILLON C’est une préoccupation
   pour tous les gouvernements européens, j’ai envie de dire c’est une
   préoccupation pour tous les démocrates dans nos pays qui ne peuvent pas
   voir d’un bon œil monter finalement une intolérance et une sorte de
   repli sur soi qui ont toujours mené dans l’histoire à de très mauvais
   résultats.

   Et donc nous sommes mobilisés pour lutter contre la montée de ces
   extrémismes et la meilleure façon de lutter contre la montée de ces
   extrémismes c’est de dire la vérité, d’assumer les politiques que nous
   conduisons, d’affronter la réalité.

   C'est la raison pour laquelle à la tête du Gouvernement français je
   n’ai cessé de défendre une politique de rigueur, une politique
   d’assainissement des finances publiques, parce que c’est une nécessité
   pour défendre la souveraineté nationale, pour défendre l’indépendance
   nationale.

   C’est la raison pour laquelle j’ai toujours soutenu une politique qui
   défende notre identité nationale à l’intérieur de l’ensemble européen.

   J’évoquais tout à l’heure les convergences nécessaires des politiques
   fiscales, des politiques sociales, des politiques économiques.

   Aucune de ces convergences ne revient à remettre en cause les
   différences essentielles, culturelles qui existent entre nos peuples et
   qui doivent s’additionner.

   Et enfin j’ajoute que nous avons évoqué la lutte contre le terrorisme,
   la montée de cet islamisme radical, qui vient jeter une lumière, qui
   est une mauvaise lumière, sur toute une région du monde.

   Notre coopération pour lutter contre la montée de cet islamisme
   radical, notre coopération pour essayer d’apporter des réponses aux
   conflits qui sont à l’origine de la montée de cet islamisme radical,
   sont aussi des réponses à la montée de ces mouvements extrémistes.

   Réponse du Premier ministre François FILLON Je voudrais à mon tour dire
   toute ma confiance dans le gouvernement de monsieur SOCRATES et
   indiquer à quel point il y a un caractère irrationnel dans une partie
   des attaques contre les pays de la zone euro.

   Comme David vient de le dire à l’instant, la zone euro n’est pas la
   plus endettée du monde, et le Portugal conduit aujourd’hui, et depuis
   plusieurs mois, une politique extrêmement rigoureuse de réduction de la
   dépense publique, de réorganisation de son économie, qui correspond
   parfaitement aux attentes qui étaient celles de l’ensemble des
   partenaires européens.

   Est-ce qu’il y a besoin d’argent supplémentaire aujourd’hui ? La
   réponse est non.

   Il y a un fonds qui a été mis en place, il y a surtout toute une série
   de démarches en terme de discipline budgétaire, de surveillance de ce
   que les Etats font, qui doit maintenant être réalisée.

   On doit passer des déclarations, des accords de principe à la mise en
   oeuvre précise des mécanismes qui vont permettre de surveiller ce que
   les Etats font, et le cas échéant d’obtenir les corrections de
   trajectoire nécessaires.

   Si demain des besoins supplémentaires apparaissaient ce que j’ai dit,
   ce que le président de la République française a dit à plusieurs
   reprises, et ce que la Chancelière allemande a également répété, c’est
   que nous ferons tout pour consolider l’euro, tout, absolument tout ce
   qui sera nécessaire.

   Par rapport à l’attitude de la Grande Bretagne je n’ai aucune remarque
   à faire sur la coopération de la Grande Bretagne qui, au fond, a joué
   pleinement le rôle qui devait être le sien depuis le début de cette
   crise.

   Je rappelle d’ailleurs que c’est la Grande Bretagne et la France qui,
   au début de la crise financière, ont pris les décisions, les
   initiatives nécessaires qui ont permis d’éviter que la crise ne
   connaisse une aggravation bien supérieure à ce que nous avons connu.

   Et aujourd’hui le gouvernement de David CAMERON a fait exactement ce
   qu’il fallait faire, pour que la solidarité européenne soit totale,
   tout en tenant compte du fait que la Grande Bretagne n’est pas dans la
   zone euro et qu’elle n’a pas les mêmes responsabilités de ce fait.

   François Fillon s'exprime devant la communauté française d'Angleterre à
   Londres le 13 janvier 2011.

   Mes chers compatriotes.

   Je voudrais vous dire que c’est un immense plaisir de vous retrouver au
   terme de la visite que je viens d’effectuer et qui m’a permis de
   m’entretenir avec le Premier ministre David CAMERON et le vice-Premier
   ministre Nick CLEGG et de dialoguer ce matin avec les milieux
   économiques à la City.

   Et je voudrais d’abord remercier Maurice GOURDAULT-MONTAGNE parce qu’il
   a organisé cette rencontre.

   Mais aussi et surtout et je pense que personne ne me démentira, parce
   qu’il œuvre chaque jour avec beaucoup de talents et beaucoup
   d’efficacité au service de l’amitié franco-britannique.

   Je suis venu à Londres pour poursuivre la dynamique politique qui a été
   initiée par la visite du président SARKOZY en mars 2008, il y a
   maintenant près de trois ans.

   Vous savez que depuis cette visite, le partenariat historique qui
   existe entre la France et la Grande Bretagne a été considérablement
   renforcé.

   Je pense évidemment aux spectaculaires traités de coopération en
   matière de Défense, qui ont été signés au mois de novembre dernier et
   qui engagent un rapprochement fondamental au service de nos deux pays,
   de la Défense européenne et de l’Alliance atlantique.

   Je pense aussi au rachat de British Energy par EDF, faisant naître un
   géant mondial, un champion industriel capable d’aborder tous les grands
   marchés de l’énergie.

   Je pense à la manière dont les dirigeants français et britanniques ont
   pris toutes leurs responsabilités depuis le début de la crise
   économique mondiale.

   Chacun se souvient que c’est la Grande Bretagne et la France qui ont
   été à l’origine des premières décisions qui ont permis d’éviter que la
   crise économique et financière que nous avions connue soit encore plus
   grave que ce qui s’est déroulé.

   Nous sommes confrontés à des défis qui sont des défis communs et nous
   avons l’obligation d’unir nos forces pour sortir définitivement de la
   crise, pour gagner ensemble la bataille de la croissance, de
   l’innovation et de l’emploi.

   Nous devons unir nos forces pour faire entendre notre voix sur la scène
   internationale : je veux dire la voix de l’Europe et la voix de ces
   vieilles démocraties européennes qui ont un message.

   Nous devons unir nos forces pour accroître la puissance européenne à un
   moment où le continent est à un tournant de son histoire qui lui impose
   d’améliorer ses capacités de décisions et ses capacités d’actions.

   Pendant des décennies l’Europe s’est interrogée sur elle-même.

   Chaque nation défendant ses théories institutionnelles, ses préférences
   politiques, ses acquis personnels.

   Ces débats entre nous étaient légitimes.

   Ils étaient aussi le signe d’une Europe qui s’estimait suffisamment
   prospère pour prendre son temps, pour épiloguer, pour chicaner, pour
   hésiter.

   Mais la force de la mondialisation, la montée en puissance des pays
   émergents, la crise économique et financière sont venues percuter
   toutes ces tergiversations et aujourd’hui l’Europe n’est plus un choix
   à géométrie variable, c’est une exigence vitale pour nos vieilles
   nations.

   A l’heure où des continents entiers se dressent, où ils progressent à
   toute allure, à l’heure où la perspective de voir la Chine doubler les
   Etats-Unis sur le plan économique, devient maintenant crédible et avec
   un calendrier que l’on peut à peu près imaginer, la question est pour
   nous d’une limpidité absolue : est-ce que dans dix ans, dans quinze
   ans, dans vingt ans, l’Europe sortira de l’Histoire, ou est-ce qu’elle
   continuera d’exister, c’est-à-dire de peser et de rayonner et
   d’influencer la civilisation mondiale.

   Aucune nation européenne ne peut occulter cette question fondamentale
   et donc aucune ne peut se soustraire à ses responsabilités face à
   l’aventure européenne.

   Dire cela ça n’est pas renier les singularités et les traditions de
   chaque nation.

   Comme la France, le Royaume Uni a la fierté nationale chevillée au
   corps, mais nous devons aujourd’hui plus que jamais miser sur ce qui
   nous rapproche pour préserver nos ambitions dans le monde.

   La France et le Royaume Uni sont complémentaires, ils sont
   indispensables l’un à l’autre.

   Nous avons besoin d’une relation fraternelle, d’une relation dynamique.

   Et cette relation c’est pour une très large part sur vous qui êtes
   rassemblés ici ce soir, qu’elle repose.

   La communauté française au Royaume Uni est par le nombre, la première
   au monde des communautés françaises expatriées.

   Il n’est d’ailleurs pas certain que l’on ne puisse jamais parvenir à la
   dénombrer exactement.

   Notre administration consulaire comptabilise 118.000 Français
   immatriculés mais personne ne sait avec certitude si les Français du
   Royaume Uni sont 300.000, 400.000.

   Ce qui est sûr en tout cas, c’est que les Français qui vivent ici font
   de Londres une des dix plus grandes villes de France par la population.

   A travers vous, à travers les activités qui sont les vôtres, la France
   projette ses forces.

   Elle projette aussi une image, une image d’ouverture, une image de
   dynamisme, une image de diversité et donc vous contribuez autant à la
   richesse de la Grande Bretagne qu’à celle de notre pays.

   Il y a vingt ans, vous vous en souvenez, un ouvrier français et un
   ouvrier britannique échangeaient une poignée de main sous La Manche.

   Le forage du tunnel s’achevait.

   Je crois qu’on peut dire que ce tunnel a entrainé un changement radical
   de la géographie et des mentalités, quand toutefois il n’y a pas
   d’incident qui vient en compliquer le fonctionnement.

   Il a démultiplié les échanges économiques et culturels.

   Il a renforcé l’activité de la Grande-Bretagne et de Londres en
   particulier, ce qui montre d’ailleurs que toutes les craintes qui
   avaient été exprimées se sont révélées vaines, comme c’est souvent le
   cas.

   Parmi les Français qui viennent s’installer ici beaucoup sont de jeunes
   gens qui veulent perfectionner leur anglais, qui veulent décrocher leur
   premier emploi salarié.

   Ils sont souvent animés par un esprit d’entreprise qui les honore.

   Mais nous savons aussi que pour certains d’entre eux, ceux qu’on a pu
   appeler « les oubliés de Saint-Pancras » il arrive que la confrontation
   à la réalité déçoive les rêves et les espérances.

   Je veux dire que leur courage mérite notre soutien, et j’appuie les
   efforts qui sont faits pour faciliter leurs recherches d’emploi et leur
   insertion.

   Je sais que vos six conseillers élus à l’Assemblée des Français de
   l’étranger ainsi que votre Consul général, Monsieur Edouard BRAINE,
   accordent une très grande attention à leurs difficultés et je veux les
   en remercier.

   Je veux aussi rendre hommage sur ce sujet, à l’action originale et à
   l’action novatrice du Centre Charles PEGUY.

   Au fond, de l’innovation qui caractérise les Français au Royaume Uni,
   peut être que l’un des meilleurs exemples c’est l’effort collectif qui
   inspire le « plan école ».

   Toutes les composantes de la communauté française, soutenues par vos
   élus du Sénat de l’Assemblée des Français de l’Etranger s’y sont
   associées pour développer l’offre scolaire.

   La qualité exceptionnelle de l’enseignement au lycée Charles de GAULLE,
   crée une demande de places qui est en augmentation constante et vous
   savez bien qu’il aurait été impossible dans le contexte budgétaire
   actuel, comme sans doute dans un autre d’ailleurs, de financer de
   nouvelles places dans l’enseignement public français à Londres, sans
   avoir recours à un partenariat public-privé novateur.

   Je trouve d’ailleurs que ce n’est pas illogique que beaucoup d’entre
   vous, qui venez dans ce pays attirés par ses caractéristiques
   économiques et sa philosophie économique, aient eu l’intelligence de
   promouvoir ce partenariat public-privé novateur.

   Je veux donc saluer la réussite de votre projet qui se concrétisera
   tout d’abord à la rentrée prochaine par l’ouverture d’un nouveau
   collège qui accueillera 700 élèves dans le nord de Londres.

   Je veux vous féliciter pour cette première étape d’une opération qui
   connaîtra, j’en suis sûr, d’autres développements en Grande-Bretagne et
   qui peut être un exemple pour d’autres pays dans lesquels j’espère que
   votre initiative sera imitée.

   Vos associations jouent un grand rôle pour maintenir les liens qui
   existent entre vous.

   Je veux rendre hommage à la Fédération des Associations françaises de
   Grande-Bretagne qui est un partenaire précieux de l’action de l’Etat.

   Je veux aussi honorer les Anciens Combattants et ceux de la France
   Libre.

   Certains d’entre-vous furent les témoins et les acteurs de l’épopée du
   Général de GAULLE.

   Je suis, je ressens de l’émotion à les rencontrer.

   Vous avez sauvé l’honneur de votre pays.

   Vous avez fondé d’une certaine façon la relation franco-britannique sur
   les valeurs sacrées de l’Indépendance et de la dignité humaine.

   La France n’oublie pas ceux qui ont combattu pour sa Liberté et elle
   n’oublie pas qu’à Londres, la Flamme de la Résistance a éclairé la
   conscience de ceux qui ne se résignaient pas à la victoire de la
   barbarie.

   Vous vivez Mesdames et Messieurs dans un pays qui est depuis des
   siècles au premier rang dans la conquête et la défense des libertés
   politiques.

   Et vous vivez dans un pays qui est depuis des siècles un des moteurs de
   la dynamique de l’économie mondiale.

   Vous mesurez donc sans doute mieux que quiconque ici quels sont les
   enjeux et quelles sont les conséquences de la mondialisation et vous
   mesurez ici à quel point la puissance d’une nation est liée à sa
   modernité.

   Je crois qu’il est inutile d’occulter que certains de nos compatriotes
   se sont installés en Grande-Bretagne parce qu’ils avaient le sentiment
   qu’ils n’auraient pas dans notre pays les mêmes moyens pour réaliser
   leurs aspirations.

   Ils ont quitté une France qui se reposait beaucoup sur le souvenir
   d’une grandeur acquise ; qui retardait le moment de regarder en face la
   réalité du monde.

   Une France qui négligeait de mesurer ses forces et ses faiblesses et
   souvent d’engager les réformes nécessaires.

   Depuis quatre ans avec le Président de la République, nous avons engagé
   la France dans une entreprise profonde de modernisation.

   La première année du quinquennat a été celle de la libération des
   énergies et de la remise en question d’un certain nombre de nos vieux
   mythes : de l’autonomie des universités à l’assouplissement des 35
   heures, de l’instauration d’un service minimum dans les transports et à
   l’école en cas de grève à la réforme des régimes spéciaux de retraite.

   Nous avons remis en mouvement la société française.

   Et au fond, on peut être pour ou contre les réformes que nous avons
   réalisées, mais personne ne peut nier qu’il y a une dynamique qui s’est
   instaurée et que la France d’aujourd’hui n’a plus les mêmes résistances
   – même si elle en a toujours – en tout cas plus les mêmes, plus avec la
   même force face aux changements.

   La deuxième année, cela a été parce que cela nous a été imposé, l’année
   de la résistance à la crise que nous avons plutôt mieux négociée que
   beaucoup de nos partenaires européens.

   Grâce en particulier au plan de relance que nous avons engagé.

   Et la troisième année a été celle de la recherche de la compétitivité
   indispensable pour sortir maintenant de la crise et cela a été aussi
   l’année de la réforme des retraites.

   C’était une réforme indispensable et je pense qu’ici on le mesure
   peut-être mieux qu’ailleurs.

   Indispensable sur le plan social, indispensable sur le plan financier.

   Bon, il y a eu des protestations.

   Je veux dire que dans notre pays, c’était inimaginable qu’il n’y en eût
   pas.

   Mais nous n’avons pas cédé.

   Et nous n’avons pas cédé, non pas par autoritarisme, simplement parce
   que nous pensons qu’il y a des moments où l’intérêt général commande
   d’être ferme et je note d’ailleurs que depuis que cette réforme a été
   votée par le Parlement, le débat s’est évanoui et est passé
   naturellement à autre chose.

   L’année 2010 a été aussi l’année où est apparue la crise des dettes
   souveraines.

   Cette crise a confirmé l’impératif que j’avais à plusieurs reprises
   évoqué, de réduire nos dépenses publiques.

   C’est ce que nous faisons.

   Nous menons la plus sévère politique de limitation de dépenses
   publiques jamais réalisée dans notre pays depuis vingt ans.

   C’est une nécessité financière parce que le poids des déficits pèse sur
   la croissance ; parce que le poids des déficits menace notre modèle
   social.

   C’est une nécessité politique parce que nous sommes farouchement
   attachés à notre indépendance et à notre souveraineté et un pays qui
   est trop endetté perd une partie de sa souveraineté et une partie de
   son indépendance, parce qu’il est soumis justement au jugement et à la
   loi des marchés.

   C’est une nécessité morale parce que nous n’avons pas le droit de
   reporter sur nos enfants la responsabilité de gérer ce qui finalement
   aurait été notre imprévoyance.

   Grâce à nos efforts, alors que nous avons aujourd’hui un déficit de
   7,7% du PIB, nous serons à 6% en 2011, à 4,6% en 2012 et nous
   descendrons à 3% à 2013, avec une loi de finances pluriannuelle, votée
   par le Parlement à la fin de l’année 2010, qui fixe chacune des étapes
   de cette trajectoire.

   Et donc pas à pas nous sommes en train de sortir de la crise.

   L’action du gouvernement et le travail des Français commencent à porter
   leurs fruits.

   Pour l’année 2010 nous aurons une croissance qui sera de l’ordre de
   1,6%.

   Et pour l’année 2011 la cible des 2% est à notre portée.

   Il n’est pour autant question de diminuer nos efforts.

   2011 ne sera pas une année de pause, cela ne sera pas une année
   d’attentisme pré-électoral comme on peut si souvent être tenté de le
   faire dans notre pays.

   Nous pensons qu’il faut au contraire continuer d’agir avec sang froid,
   avec ténacité, parce qu’il serait insensé de donner du temps au temps.

   Nos allons chercher la croissance avec la mise en œuvre d’un grand
   programme d’investissements d’avenir.

   35 milliards d’euros vont être injectés pour soutenir des projets
   d’avenir : universités, recherche, innovation et des filières
   industrielles qui sont des filières stratégiques.

   Nous allons ouvrir ce chantier qui a peut-être causé le départ de
   quelques-uns d’entre vous, le chantier de la fiscalité, pour en
   améliorer l’efficacité, sans augmenter les impôts.

   Autrement dit, nous allons réformer toute la fiscalité du patrimoine.

   Nous allons continuer d’œuvrer pour la sauvegarde de notre protection
   sociale.

   Notamment en lançant une réforme du financement de la dépendance.

   Défi considérable pour toutes nos sociétés.

   Puis nous allons accentuer nos efforts pour l’insertion professionnelle
   des jeunes.

   Et enfin, nous allons faire entendre notre voix avec fermeté et en même
   temps avec beaucoup d’humilité, dans le concert des nations en prenant
   la Présidence du G8 et du G20 avec un agenda que vous connaissez.

   Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire, avec le
   plaisir de partager avec vous quelques moments ici, à Londres.

   Nous œuvrons pour une France modernisée, pour une France agissante,
   pour une France qui doit être fière d’elle-même.

   Cette fierté on ne peut pas la décréter, cela ne peut être que la
   récompense d’une politique courageuse.

   Cela ne peut être que le résultat du travail des Français, de leur
   civisme, de leur sens de l’intérêt national.

   Mais cette fierté elle repose aussi sur les talents et les valeurs que
   tous les Français qui sont installés à l’étranger font rayonner
   par-delà nos frontières.

   Je ne vais pas dire qu’il y a des Français qui ont plus de valeur que
   d’autres, naturellement, chaque Français a la même valeur, mais enfin
   ceux qui sont à l’étranger jouent pour le rayonnement de notre pays un
   rôle qui est absolument indispensable.

   Et nous devons tout faire pour vous encourager, vous aider dans
   l’entreprise qui est la vôtre.

   En tout cas votre communauté donne l’exemple.

   Et je voulais avec vous et avec votre ambassadeur et devant vous, vous
   rendre un hommage mérité.

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