     * Ecrits Ecrits
     * Demos Demos
     * Outils Outils
     * Blog Blog

   Retour

Discours politique

Marine Le Pen, (23/11/2011)

   Mesdames, Messieurs,

   Dans la France rurale des siècles passés, les personnes qui possédaient
   des terres, appelaient « forains » ceux qui avaient des propriétés en
   dehors de leur village.

   Les mots évoluant au fil des siècles, on parla ensuite de marchand
   forain, venu d’ailleurs, allant de village en village et s’installant
   pour les foires, mot qui prend son étymologie dans le latin « forum ».
   Les foires, servirent au commerce international jusqu’au milieu du
   18ème siècle et jouèrent donc un rôle économique essentiel.

   Devenues de nos jours une forme de divertissement très apprécié la plus
   célèbre d’entre elles est sans doute, la Foire du trône, dont
   l’organisateur est notre ami Marcel Campion. Elle est la plus célèbre
   mais sans doute aussi une des plus anciennes : on l’appelait autrefois
   « Foire aux pains d’épices ».

   De même, la fête de Neuilly, la fête à Neuneu, était une fête très
   populaire de Neuilly-sur-Seine créée par un décret impérial de Napoléon
   Ier en date du 10 juin 1815, suite à une demande de l’abbé Jean
   François Delabordère, maire de Neuilly. Elle établit alors la première
   fête patronale de l’église Saint-Jean-Baptiste…

   Ce bref rappel historique prouve, s’il en était besoin, combien la fête
   foraine est ancrée dans nos traditions françaises et combien elle est
   populaire puisque plus de 90 % de la population s’y rend au moins une
   fois tous les deux ans.

   Les arts forains ont été reconnus par l’Etat il y a une quinzaine
   d’année et les artisans forains sont une catégorie professionnelle à
   part entière (qu’il ne faut pas confondre avec les gens du voyage qui
   eux sont une catégorie « juridique »). Environ 30 000 familles de
   forains vivent et travaillent en France.

   150 000 personnes et 25 000 entreprises artisanales travaillent grâce à
   ce secteur.

   Ces entreprises sont soumises à de lourdes exigences à respecter comme,
   par exemple, la rigueur des garanties de sécurité pour les emplacements
   octroyés par la municipalité, l’obligation de se soumettre à
   l’organisme de contrôle « vérificateur de manège » mandaté par le
   ministère de l’Intérieur ou encore répondre à l’exigence d’études des
   sols devant garantir la fiabilité et la stabilité du terrain.

   S’ils en reconnaissent la lourdeur, les forains en reconnaissent aussi
   l’utilité car rien ne doit être laissé au hasard et la sécurité du
   public est un impératif absolu.

   Dépendant uniquement du bon vouloir des municipalités, les forains
   rencontrent de multiples problèmes et de nombreuses menaces pèsent sur
   leur activité, « le drapeau noir flotte sur la profession » déplorait
   l’un d’entre eux:

   à commencer par la suppression pure et simple de la fête foraine : les
   fêtes foraines sont déplacées à l’extérieur des villes, souvent, dans
   des parcs d’exposition, à tel point que depuis plusieurs années, ce
   sont presque 100 fêtes qui ont été supprimées dont la plus récente est
   celle de la CIOTAT pourtant traditionnelle à Pâques et au mois d’août.

   Pour les municipalités qui acceptent encore de recevoir des cirques ou
   des fêtes foraines, il est de leur bon vouloir d’en modifier les dates
   ou d’en fixer la durée.

   La profession de forain n’échappe pas au dogme de l’Europe de Bruxelles
   et une autre menace de taille pèse : l’application dans quelques mois,
   des décrets d’application de la directive européenne de mars 2007,
   appelée « directive Inspire » concernant les véhicules de transport
   routiers.

   Les camions ne respectant pas les nouvelles normes écologiques
   concernant le rejet de CO2, c’est à dire les plus anciens, seront
   interdits d’entrer dans les villes. Or, la plupart des véhicules des
   forains, bien que n’étant pas aux nouvelles normes vu leur ancienneté
   sont pourtant parfaitement entretenus.

   Il est clair que pour bon nombre d’entre eux, ceci impliquera bien sur
   l’interdiction d’entrée dans les centres villes et contribuera à les
   faire renoncer à leur profession.

   On se pince lorsque l’on voit les camps de roms, par exemple à Lille,
   et l’état de décrépitude de véhicules qui sont de véritables bombes
   roulantes à qui l’on ne réclame pas le moindre respect de normes de
   sécurité.

   Le désastre économique actuel de notre pays aggrave aussi les
   difficultés financières de cette activité : difficultés insurmontables
   pour obtenir des prêts, tant pour l’achat de nouveaux véhicules, que de
   nouveaux manèges par exemple au coût conséquent, ce qui contraint les
   jeunes forains à envisager une autre profession.

   Autre menace, et non la moindre : l’insécurité ! Et qui ne se souvient
   pas du coup de gueule, tellement justifié de Marcel Campion en avril
   2010 : dans une lettre ouverte adressée à l’ensemble du personnel
   politique mais aussi je cite aux « médias et intellectuels de tous
   bords, bons et biens pensants antiracistes », il tirait la sonnette
   d’alarme :

   « Pour ce qui est des Champs Elysées, malgré des policiers en tenue et
   en civil tous les dix mètres, vous serez surpris de l’ambiance à risque
   parfois violente, parfois pire que les cités.

   La Foire du Trône est squattérisée par des populations à risque dont la
   police n’arrive pas à bout les samedis.

   Les puces de Clignancourt sont maintenant pires que des souks d’où les
   touristes sont largement chassés par des groupes violents de
   chapardeurs. Ce marché étant devenu maintenant à l’image d’un souk
   africain, en moins sympathique, puisque très agressif. En Afrique,
   c’est plus calme et respectueux. Prenez sur votre temps et osez venir
   dans ces lieux, sans vos protections habituelles, tout comme des
   citoyens ordinaires, si vous en avez le courage, ainsi voyez l’état de
   notre France actuelle à tous. »

   Il semble que pas plus aujourd’hui qu’en 2010, la « caste » n’ait
   daigné répondre à l’appel des forains !

   Il est vrai que ceux-ci sont Français, très souvent depuis plusieurs
   générations et que comme toutes les autres catégories de nos
   compatriotes, ils restent et resteront les grands oubliés.

   Peu importe si ce qui était hier populaire est devenu aujourd’hui
   dangereux.

   Cette volonté de chasser les forains des centres villes est révélatrice
   du mépris du peuple de ce gouvernement.

   La caste n’a pour seul objectif que de régenter sans le peuple, voire
   contre le peuple. Aucune catégorie, aucun secteur n’y échappe. «La
   foire dérange. Nous vivons dans un monde hygiénique, où les
   camions-poubelles ferment les manifestations », avait déjà dit un
   architecte en 1985.

   Lorsque je serai élue Présidente de la République, la fête foraine, les
   cirques, éléments de notre tradition et de notre identité nationale et
   populaire, seront non seulement maintenus et protégés mais aussi
   fortement encouragés : je refuserai de priver nos compatriotes et
   particulièrement les familles de divertissements peu coûteux, simples
   et tellement conviviaux !

   Je mettrai un terme à toutes ces lois européennes, et en retrouvant sa
   souveraineté législative, la France sera maitre chez elle de décider ce
   qui est bon pour elle.

   Nous convaincrons donc les municipalités de laisser les véhicules des
   forains circuler en centre-ville et de pouvoir travailler sans entrave.
   Ils participent à la vie de nos villages, laissés à l’abandon.

   Dans le cadre de la politique de restauration de l’emploi et du pouvoir
   d’achat, je donnerai une priorité absolue au développement des artisans
   et des commerçants, créateurs nets d’emplois alors que les grandes
   sociétés et la grande distribution non seulement n’en créent guère,
   mais les délocalisent ou les détruisent.

   La valorisation de l’artisanat et du commerce ne vise pas que des
   objectifs économiques. C’est aussi un moyen de reconnaître l’importance
   sociale considérable de cette activité.

   D’abord parce qu’elle place l’homme, sa créativité, son amour du
   travail bien fait, le principe de la transmission du savoir-faire ou du
   patrimoine personnel au cœur de l’activité économique.

   Ensuite parce qu’elle contribue à la perpétuation de traditions qui
   sont intimement liées à l’histoire des villes et des campagnes
   françaises, véritables symboles de l’art de vivre français et du
   raffinement de notre civilisation. Enfin parce que l’artisanat et le
   commerce sont des vecteurs irremplaçables de lien social, notamment
   dans les zones rurales.

   Enfin, première des libertés, la sécurité n’est plus assurée dans notre
   pays.

   A la veille d’une échéance aussi capitale que celle de l’élection
   présidentielle, la Foire du Trône 2011 a pourtant bénéficié
   d’importants dispositifs de sécurité, jamais égalés les années
   précédentes : ceci participe à l’entreprise d’enfumage élaborée par les
   amis de Nicolas Sarkozy, qui consistera à faire oublier à nos
   compatriotes combien ils ont été délaissés durant tout le quinquennat…

   Ne nous y trompons pas : aussi vrai qu’aucun d’entre eux n’a daigné
   venir à ce salon, aucun ne prendra la mesure et les mesures de sécurité
   devant entourée les fêtes foraines sera très vite remise aux oubliettes
   après les élections.

   Au-delà des discours et des promesses, la gauche comme la droite sont
   en échec complet face aux violences, et restent prisonnières de leurs
   dogmes et choix absurdes : laxisme, victimisation des coupables,
   désengagement de l’Etat, affaiblissement moral et matériel de nos
   capacités de maintien de l’ordre.

   Augmentation des vols à main armé, des violences contre les personnes,
   nocivité et violence des bandes et des gangs toujours plus enracinés
   dans des quartiers hors contrôle qui sont leurs fiefs : pourquoi l’UMPS
   a lamentablement échoué dans la lutte contre l’insécurité ?

   Parce qu’ils ont mis en place des politiques propre à lutter contre le
   sentiment d’insécurité et non contre l’insécurité, dans une course
   effrénée aux effets d’annonce, qui confine à de la publicité
   mensongère. L’insécurité est un fléau pour le peuple français à deux
   niveaux :

   Elle crée des drames dans les vies et les familles. Une agression, même
   nommée « incivilité » selon une dérive sémantique très révélatrice d’un
   état d’esprit laxiste au plus haut niveau de l’Etat, est toujours
   traumatisante.

   Elle a un coût immense pour la collectivité nationale, évaluée à 115
   milliards d’euros par an selon l’étude réalisée par le professeur et
   économiste Jacques Bichot, soit plus de 5% du PIB de la France.

   Les violences aux personnes n’ont eu de cesse d’augmenter (+45% depuis
   2002). Les rapports annuels de l’Observatoire national de la
   délinquance révèlent que ce type de violences concerne cinq fois plus
   de personnes que ne le disent les chiffres du ministère de l’Intérieur
   : 1 200 000 par an, et non 250 000.

   Selon les données officielles, les violences physiques crapuleuses ont
   bondi de 5,7% en 2009 puis de 7,4% en 2010.

   Face à cette flambée de l’insécurité, qui trouve en grande partie son
   origine dans la hausse continue de l’immigration vers la France, de
   l’échec d’une assimilation, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a fait
   des choix irresponsables et néfastes : effets d’annonce permanents,
   vote de multiples lois publicitaires jamais appliquées après chaque
   fait divers médiatisé, et surtout, l’affaiblissement de nos capacités
   de maintien et de rétablissement de l’ordre.

   Les forains sont laissés seuls.

   Pire, lorsque face à l’inertie des pouvoirs publics ils cherchent à
   protéger leur activité dans le cadre d’une légitime défense, bien
   logique d’eux-mêmes, mais aussi du public qu’ils reçoivent, ce sont eux
   qui sont poursuivis par la justice, dans le cadre d’une inversion des
   valeurs qui s’est généralisée dans notre société et qui m’a permis
   d’annoncer le constat le plus cruel qui soit.

   En France aujourd’hui, il n’y a bien que les honnêtes gens qui ont à
   craindre de l’Etat, les voyous d’en bas comme d’en haut vivent eux dans
   une impunité totale.

   Sauvons la fête foraine, élément de notre patrimoine culturel,

   lui redonner sa place et avec elle la place aux entreprises qui en
   vivent et qui la font vivre,

   lui permettre de redevenir ce lieu de détente et d’évasion où les
   Français quelles que soient leurs origines sociales ou leur niveau de
   fortune peuvent s’y retrouver en toute sécurité.

   Voilà mon objectif.

   Je vous remercie.
   Haut de page
