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Discours politique

Marine Le Pen, (15/01/2012)

   Mes chers compatriotes, de métropole, d’outre-mer, et de l’étranger,
   chers internautes qui nous suivez en direct, mes chers amis,

   Depuis la semaine dernière et jusqu’à l’élection présidentielle,
   dimanche rime désormais pour moi avec ces moments de rencontre avec
   vous.

   Chaque dimanche, je m’en vais parcourir nos belles régions françaises
   pour vous rencontrer, vous adresser un grand message d’espoir, me
   tourner vers les Français et leur parler de la France.

   Mais aussi leur expliquer pourquoi l’effritement et même dans certains
   domaines l’effondrement dont ils sont les spectateurs désolés n’est pas
   une fatalité.

   Ma génération entend parler de crise et de chômage depuis qu’elle a
   l’âge de raison. Une crise qui dure presque 40 ans n’est pas une crise
   c’est un système !

   Ce système il a été voulu, construit, renforcé et il n’est plus temps
   de savoir si c’est de la part de nos dirigeants successifs par bêtise,
   par lâcheté ou par cupidité. Dans les 3 cas il suffit de savoir que
   c’est leur responsabilité et qu’ils sont donc tous discrédités pour y
   apporter des solutions.

   Ce système c’est celui du mondialisme ultralibéral.

   Il me faut vous convaincre que cette situation n’est qu’une parenthèse
   dans notre histoire et non pas une fatalité induite par des évolutions
   mécaniques du monde à laquelle on ne pourrait que s’adapter ( c’est le
   discours de N.Sarkozy) tout en tentant maladroitement d’en corriger les
   injustices les plus révoltantes, ou de faire croire qu’on va s’y
   atteler (c’est le discours de F.Hollande).

   Si depuis 40 ans la France s’appauvrit, croyez-moi certains en revanche
   s’enrichissent !

   La classe politique, aveuglée ou complice, délivre un faux diagnostic
   et apporte par conséquent des solutions qui loin de soigner le pays
   sont en train de le tuer.

   Faisons donc ensemble le bon diagnostic et nous verrons que les
   solutions s’imposent d’elles-mêmes.

   Il y a près de 40 ans, en 1973 plus précisément, ces beaux messieurs
   qui nous gouvernent ont fait passer une loi dite « Pompidou/Giscard ».
   Cette loi a mis fin à un système sain et de bon sens qui voulait que le
   public finance le public et le privé finance le privé.

   Ainsi la Banque de France prêtait au Trésor public français de l’argent
   à un taux d’intérêt extrêmement faible, ce qui permettait des
   investissements publics à un cout très avantageux pour les Français.
   Les banques et autres marchés financiers finançaient, eux, les
   entreprises privées. Chacun était dans son rôle.

   En 1973 nos politiques font un cadeau extraordinaire aux marchés
   financiers, ils privatisent purement et simplement l’argent public en
   donnant aux marchés financiers un monopole absolu en matière de prêt
   tout en interdisant à la Banque de France de prêter au Trésor.

   Je ne vous étonnerais pas en vous disant que cette interdiction fut,
   plus tard, gravée dans le marbre de Maastricht, instituant la monnaie
   unique : l’euro.

   Cette incroyable manne accordée aux marchés financiers est la raison
   principale de notre gigantesque dette et les Français engraissent
   chaque année, depuis 40 ans, ces puissances financières. Sans même le
   savoir.

   Ainsi depuis 1973, nous avons payé aux marchés financiers l’équivalent
   de 1400 milliards d’euros d’intérêts et nous nous retrouvons
   aujourd’hui avec 1700 milliards d’euros de dette !

   Aujourd’hui nous sommes dans une situation folle ou nous empruntons
   pour rembourser non pas le capital mais les intérêts de notre dette !

   N’importe quelle personne un peu sensée sait pertinemment qu’il est
   alors impossible de s’en sortir.

   Mais ce n’est pas tout.

   C’est là que les agences de notation entrent en scène.

   Elles ont pour vocation d’indiquer aux marchés financiers à qui ces
   derniers peuvent prêter en toute tranquillité car ils sont sûrs d’être
   remboursés, et à qui il est dangereux ou très dangereux de prêter car
   les perspectives économiques de l’emprunteur sont mauvaises. Il s’agit
   des fameuses notations de triple A à D, et le défaut c’est-à-dire
   l’incapacité à rembourser sa dette.

   Plus la note baisse, plus les marchés financiers prêtent à un taux
   d’intérêt fort ; plus ils s’enrichissent, plus ils nous appauvrissent,
   plus ils nous appauvrissent plus ils s’enrichissent.

   Et voilà mes chers amis le plus grand hold-up jamais réalisé dans toute
   l’histoire de l’humanité ! Avec la complicité de notre classe politique
   qui de l’UMP au PS en passant par le MODEM refuse de briser ce cercle
   infernal en retirant au marchés ce scandaleux monopole.

   Dans ces conditions, ne nous étonnons-pas, il ne reste alors d’autres
   solutions à M Sarkozy, Hollande, Bayrou que d’imposer aux Français
   l’austérité, chacun la sienne, pour faire cracher aux Français toujours
   plus d’argent en leur donnant toujours moins en contrepartie, dans le
   seul but de rembourser nos usuriers.

   C’est ce que j’ai appelé l’esclavage pour dette.

   Nous ne travaillons alors plus pour produire des richesses qui
   améliorent notre niveau de vie, financent des services publics de
   qualité, construisent les infrastructures de demain, nous travaillons
   pour rembourser les marchés financiers ;

   Nous sommes devenus esclaves et si nous ne faisons rien nous mettrons
   aussi en esclavages nos enfants, nos petits enfants, nos arrières
   petits enfants, est cela que nous voulons ? Est ce cela que nous allons
   leur léguer ? Des chaines ?

   Et c’est pourquoi, mes amis, il n’y a pas d’autre solution que de
   retrouver la maîtrise de notre monnaie nationale car l’euro est
   l’instrument de notre esclavage. L’euro est notre prison, notre cage !
   La souveraineté monétaire est la clef de notre liberté !

   Pour supprimer la loi de 1973 et donc le monopole des marchés, et
   permettre à la banque de France de prêter à nouveau au Trésor sans
   intérêt, pour déprivatiser l’argent public, il faut que nous puissions
   à nouveau battre monnaie nationale il n’y a pas d’autres solutions.

   Pour éviter l’endettement à perpétuité et le saccage social qui se
   terminera inéluctablement par un cataclysme financier, nous devons
   préparer la sortie organisée de l’euro et le retour aux monnaies
   nationales ;

   A la logique de l’improvisation, nous devons opposer la logique de la
   préparation.

   Vous comprenez pourquoi je vous parlais d’un véritable système ; et
   bien ce système a été construit, voulu, renforcé par l’ensemble de
   notre classe politique qui fait aujourd’hui payer aux peuples ses
   propres erreurs.

   Vous comprenez mieux pourquoi toute perspective de fin de l’euro les
   rend fous,

   Pourquoi il sont prêts à tout pour le sauver y compris nous ruiner,
   pourquoi le débat n’est même pas possible sans que fusent les
   invectives, les anathèmes, les insultes,

   Pourquoi ils sont prêts à tous les mensonges pour détourner les
   Français de la solution possible pour s’en sortir ;

   Pourquoi ils amusent la galerie avec des polémiques puériles et
   stériles,

   Pourquoi ils polluent le débat en lançant des mesurettes qui sont
   autant d’écrans de fumée,

   Vous comprenez pourquoi ils refusent d’entrer dans le dur et de
   débattre du seul vrai sujet de cette présidentielle parce qu’il
   détermine tous les autres : celui du système économique dans lequel ils
   nous ont enfermés et qu’ils soutiennent tous, sans exception.

   Regardez comme ils s’agitent, regardez comme ils ont peur, peur que
   leur système soit balayé, et eux avec.

   On comprend mieux alors que leur « tout sauf Marine » cache, en réalité
   le « tout sauf la vérité » ;

   La vérité et la liberté voila ce que nous venons offrir au peuple de
   France.

   Et voila pourquoi se renforce chaque jour la dynamique autour de ma
   candidature,

   Voila pourquoi monte cette vague bleu marine qui emporte toutes les
   vieilles bastilles du mensonge, du désespoir, du conformisme, qui
   bouscule les puissants et leurs inféodés;

   Voila pourquoi se met en marche cette révolution bleu marine qui met la
   vérité, la liberté la justice et la France au centre de tout !

   Oui ça va changer. Et il faut que ça change.

   Partout, ensemble nous allons combattre le mensonge qui asservit !

   Et, disons les choses telles qu’elles sont : sous le mandat de Nicolas
   Sarkozy, jamais le mensonge n’avait atteint un tel niveau. Le mensonge
   est devenu industriel sous Nicolas Sarkozy, il est systématique,
   obsessionnel, il est érigé en méthode de gouvernement.

   Nicolas Sarkozy a triomphé par le mensonge, il lui revient aujourd’hui
   en boomerang, et c’est du mensonge qu’il chutera.

   Oui, à cette période de la campagne, à ce moment où les Français
   exigent une confrontation projet contre projet, à ce moment où ils
   refusent l’incantation et les slogans publicitaires des autres, le
   boomerang des mensonges est en train de revenir à toute vitesse sur
   Nicolas Sarkozy. Il ne pourra pas y échapper.

   Boomerang sur Seafrance, où l’UMP et le PS viennent pleurer des larmes
   de crocodile sur les conséquences de leurs propres choix, ceux d’une
   Europe ultralibérale et antisociale !

   Boomerang sur la dette, où le président qui se disait « protecteur »
   est en réalité « l’homme qui valait 500 milliards », 500 milliards de
   dette supplémentaire en un quinquennat, record historique !

   Boomerang sur l’euro, où les batman de la politique politicienne nous
   ont fait croire un an durant qu’ils avaient tout réglé, tout sauvé,
   l’euro, la Grèce, l’Europe, le monde !

   Je me souviens de la promesse une de plus de N.Sarkozy : « je n’ai pas
   été élu pour que la France soit dans la même situation que l’Espagne,
   l’Italie et la Grèce ».

   La perte hier du triple A de la France prouve exactement l’inverse ;
   Nous avons emprunté le même escalier que l’Italie et la Grèce, certes
   nous ne sommes pas encore au même étage mais ça va venir, je vous ai
   expliqué tout à l’heure pourquoi c’est inexorable et pourquoi si nous
   ne sortons pas de leur modèle économique, nous rejoindrons nos amis
   européens au rez-de-chaussée, dans la tourmente, la souffrance et la
   précarité.

   Il faut anticiper la fin de l’euro, ensemble, avec les peuples
   européens pour ne pas subir son éclatement et les drames qui seraient
   la conséquence d’une situation d’impréparation et de panique.

   Car parti comme c’est, Ils vont probablement aller jusqu’à jeter la
   Grèce hors de l’euro, sans préparation, comme ça, comme un avant-goût
   de ce qui nous arriverait si rien n’est préparé ? ! Et bien ce serait
   folie !

   Nicolas Sarkozy n’a pas tenu le rôle qui aurait dû être le sien : celui
   du président qui protège les Français. Comme François Hollande, comme
   les autres candidats engagés dans la course folle et archaïque de
   l’Europe, de l’euro à tout prix, il a engagé la France dans l’escalier
   qui mène à l’enfer économique et social ;

   Il est temps, mes chers amis de retrouver notre liberté et la maitrise
   de notre destin, de mettre la France à l’abri, par des protections
   intelligentes aux frontières, par une monnaie nationale solide, qui
   sécurise.

   Il est temps de mettre fin au règne des apprentis sorciers, les
   aventuriers d’un modèle économique ultralibéral et d’une monnaie qui
   étouffe et de préparer la mise en œuvre du patriotisme économique et du
   patriotisme social.

   Je l’appliquerai, sans faillir.

   Boomerang aussi sur le droit de vote des étrangers, sur lequel Sarkozy
   et Guéant ont toutes les peines du monde à faire oublier leur soutien
   d’antan, et à masquer leur nouveau positionnement, aussi fragile
   qu’électoraliste !

   Boomerang sur l’immigration, où même le journal Libération confirme que
   je dis la vérité aux Français, que les chiffres dramatiques que je
   rends publics sont les bons, malheureusement les bons, quand Guéant
   ment, trafique, truque, dissimule !

   Oui, j’ai raison de dire que 2011 fut encore pire que l’année d’avant,
   encore 4 % d’immigration en plus, après 2010, déjà une année record. Un
   bilan qui ferait pâlir de jalousie les socialistes les plus
   sans-papiéristes !

   « Aux questions indiscrètes réponds par un mensonge » nous dit un
   proverbe espagnol. Il semble que pour Guéant et Sarkozy, les chiffres
   de l’immigration soient une question bien indiscrète !

   Boomerang sur le mariage homosexuel, où Nicolas Sarkozy laisse peu à
   peu tomber le masque : sur ce sujet-là aussi, il semble être main dans
   la main avec le PS et le centre. Sur ce sujet-là aussi ses convictions
   paraissent bien incertaines. Sur ce sujet-là aussi il n’y a pas de
   boussole à la tête de l’Etat, mais une girouette, qui n’en finit plus
   de tourner !

   Nous sommes, nous, clairement, sans ambiguïté, contre le mariage
   homosexuel. Le lundi comme le dimanche. Le matin comme le soir. Avant
   les élections comme après. Nous maintiendrons le PACS mais il faut
   avoir le courage de résister aux pressions des lobbies communautaires
   qui ne représentent pas plus qu’eux-mêmes, et sûrement pas les
   personnes au nom desquelles ils sont censés parler !

   Boomerang aussi, et comment ne pas en parler ici, sur l’échec
   industriel du gouvernement, sa soumission aux banques. Je pense bien
   sûr à Pétroplus, dans cette région qui aussi souffre durement !

   Oh, vous le savez, les gros bras de la CGT m’ont empêché d’aller voir
   les sacrifiés de Pétroplus, qui pourtant sont plus de 40 % comme
   l’ensemble des ouvriers à vouloir voter pour moi.

   Derrière les menaces et les barrages, encore et toujours d’autres
   oubliés, d’autres invisibles, qui n’ont pas leur mot à dire.

   Il faudra revoir totalement l’organisation du paysage syndical
   français, parce que la prise en otage des travailleurs par des
   officines qui ne représentent plus personne, qui utilisent des méthodes
   violentes, n’est plus tolérable. Il faudra oxygéner le syndicalisme
   français, pour voir émerger des syndicats puissants, libres, enfin
   représentatifs et donc légitimes et protecteurs !

   Mais, finalement, comme souvent d’un mal est sorti un bien. Vous avez
   vu en effet comment les autres candidats à la présidentielle se sont
   précipités pour faire la queue devant Pétroplus, sous l’œil des
   caméras.

   Il y a là quelque chose d’indécent dans le spectacle de ces
   responsables politiques qui font la queue devant les usines qui ferment
   comme des assassins qui reviendraient sur les lieux de leur crime.

   Parce qu’en effet tous ces partis, UMP, PS, Modem, Verts sont les
   coupables de ces destructions d’emplois, de ces fermetures d’usines ;
   par leur soutien inconditionnel à une Europe de Bruxelles
   ultralibérale, par leur adoration du libre-échange intégral, par leur
   soutien à une immigration de masse voulue par le grand patronat pour
   faire baisser les salaires !

   Oui, tous ces renoncements, tous ces mensonges, Nicolas Sarkozy et la
   Caste qui l’environne sont en train de les recevoir par un effet de
   retour de boomerang.

   Cette campagne présidentielle est donc une grande œuvre de vérité. Elle
   fait tomber les masques. Elle permet de voir où est le vide, et où se
   trouve l’espérance. Où est le mensonge, et où se trouve la lucidité.

   Et la lucidité, la vérité veut qu’on aille en permanence au fond des
   choses, qu’on permette aux Français de se déterminer, projet contre
   projet.

   Parce que je vais au fond des choses, je ne peux que parler de la
   France des oubliés, ces oubliés de la mondialisation, les premières
   victimes d’un système qui méprise le salarié, qui méprise le travail,
   qui privilégie la rente à l’effort et enfonce les catégories
   populaires, les classes moyennes et les retraités dans une misère
   grandissante, au profit d’une toute petite caste de profiteurs, ceux
   qui ont déjà tout mais qui en veulent toujours plus.

   Je parle de ces souffrances invisibles, souvent cachées dans le débat
   public, rarement montrées à la télévision, parce que je sais que tous
   ceux qui sont au pouvoir ne s’en préoccupent plus, occupés qu’ils sont
   à servir les intérêts de leurs amis, les puissants, les maîtres qu’ils
   se sont donnés.

   Dans l’univers de l’argent-roi, les petits, les misérables, et tous
   ceux qui subissent en silence, tous ceux qui angoissent pour l’avenir
   de leurs enfants, tous ceux-là n’intéressent plus personne.

   Le gouvernement, la gauche, le centre, tous les ont oubliés. Ils ne
   comptent plus.

   Voilà pourquoi mon projet présidentiel tout entier est tourné vers ces
   oubliés de la mondialisation, vers ces invisibles de la politique
   française. Voilà pourquoi toute mon ambition pour la France, elle se
   met au service de ce peuple de France que je respecte et dont je me
   fais le porte-voix.

   Mais je veux aujourd’hui pousser mon analyse sur cette question
   centrale. Parce qu’il m’apparaît que ces oubliés sont d’une autre
   manière encore victimes du système mondialiste.

   Le mondialisme, ce n’est pas seulement un système économique sauvage,
   dépassé. Ce n’est pas seulement un phénomène technique, une
   intensification des échanges commerciaux et financiers au niveau
   international, qui utilise, pressurise puis jette les salariés pour en
   faire des chômeurs ou des travailleurs pauvres, considérant la main
   d’œuvre comme la seule variable d’ajustement.

   Non, le mondialisme c’est aussi une idéologie, qui va au-delà de la
   simple mondialisation, et qui vise à uniformiser les cultures, à
   encourager le nomadisme, la circulation permanente d’hommes déracinés
   d’un continent à l’autre, à les rendre interchangeables, en somme, à
   les transformer en anonymes.

   C’est cette « ère du vide » dont parle si bien Gilles Lipovetsky, cette
   époque où les nations, où les cultures sont un trop plein, qu’il faut
   évacuer de nos têtes.

   Dans ce système, l’individu, la personne humaine ne compte plus en tant
   que telle. On n’est plus qu’une unité de production ou de consommation,
   dans un monde sans frontières, où les territoires se valent.

   Vous comprenez alors très bien que la négation des identités
   nationales, l’immigration massive, le multiculturalisme comme doctrine,
   le communautarisme, tous ces fléaux contemporains, participent du
   projet mondialiste.

   C’est le versant culturel en quelque sorte de ce projet, qui consiste à
   transformer chaque territoire, chaque nation, chaque peuple, en un
   magma mondialisé, vide de toute identité, et où règne en maître la
   seule et unique loi qui vaille, celle du commerce.

   Voilà pourquoi les concepts du marketing ont totalement envahi notre
   manière de penser la société. Il n’y a plus de citoyens, il n’y a plus
   que des consommateurs dont on étudie et dont on modèle les goûts, qu’on
   essaie de ranger dans autant de « tribus » qu’il y a de marques
   disponibles. Les consommateurs sont nomades, ils zappent selon les
   tendances. Contre les modes, quoi de plus redoutable, quoi de plus
   insupportable pour le faiseur d’argent que l’existence d’une identité
   nationale ?

   Beaucoup d’Etats dans le monde ne s’accommodent pas de cette évolution
   désespérante, déprimante, oppressante, et cherchent à maintenir leur
   civilisation, en même temps qu’ils se protègent et qu’ils s’arment face
   à la mondialisation, se donnant les moyens d’y être offensifs et
   conquérants.

   La France elle, comme les autres Etats de l’Union européenne, la zone
   la plus ouverte du monde à la mondialisation débridée, a fini de croire
   en sa civilisation et se livre à tous les vents dévastateurs du
   mondialisme. Le peuple français est attaché de toutes ses forces à la
   France, à son identité, mais les élites l’ont abandonnée, les yeux
   rivés sur l’horizon indépassable du mondialisme.

   Voilà pourquoi en France, imitant en cela les autres pays européens, on
   a voulu défendre le relativisme culturel et le multiculturalisme.

   Voilà pourquoi, en niant l’identité française, qu’on a voulu
   concurrencer par toutes les autres allégeances possibles, étrangère,
   européenne, régionale, globale, on a finalement poussé chacun à se
   détourner de ce qui pendant des siècles, des millénaires même, a
   constitué le fondement de tout dans notre pays, la nationalité.

   La nationalité, ce n’est pas seulement un mot sur un passeport, ce
   n’est pas seulement une formalité administrative.

   La nationalité, c’est le sentiment d’appartenir à une communauté au
   sens noble du terme. C’est le sentiment d’appartenir à une grande et
   unique famille, solidaire, si bien décrite par Renan, capable de
   reconnaître et de défendre, dans sa singularité, chacun des individus
   qui la compose.

   La nationalité, c’est un trésor que nous a livré l’histoire et qui
   constitue pour chacun le socle d’un épanouissement digne et libre, le
   trésor des oubliés et des anonymes, qui souvent n’ont rien d’autre.

   La nationalité, c’est le contraire de l’anonymat, c’est la
   reconnaissance d’individus membres d’un même ensemble, qui fait sens
   pour chacun, qui définit des repères, qui règle la vie par des
   coutumes, par un art de vivre, par le sentiment qu’on n’est jamais
   seul.

   La pleine adhésion à la communauté nationale, c’est en plus de cette
   dignité une forme remarquable de liberté, celle qui permet de rejeter
   les féodalités et les asservissements de toute nature.

   Pour les tenants du mondialisme, l’objectif est simple aujourd’hui :
   que les individus ne se définissent plus par rapport à la nation, cet
   ensemble qui fédère, cet ensemble avec qui l’on entretient un lien
   charnel, ne plus se sentir lié par l’histoire de son pays, ne plus
   vouloir s’attacher aux autres et vivre en fraternité, ne plus même
   savoir d’où l’on vient.

   Anonymisés dans le grand bain d’un territoire mondialisé, sans
   attaches, d’un pays qu’on voudrait terrain-vague, les individus sont
   déboussolés. Alors la tentation est forte de se rattacher à la bouée du
   communautarisme. A la recherche d’une identité perdue, les gens se
   jettent dans les bras de cette terrible illusion identitaire qu’est
   l’appartenance à une communauté.

   Alors, oui, aux anonymes de la mondialisation, aux anonymes du
   consumérisme à tout va, je propose la nation. La nation qui élève, la
   nation qui protège. Et je suis la seule !

   La nation, la France, fière de ses valeurs, forte de son identité,
   belle de son histoire, rassurée dans son avenir !

   Dès l’école primaire, je donnerai les instructions pour que de nouveau
   on enseigne l’Histoire de France à nos enfants, alors que le
   gouvernement Sarkozy a mis l’Histoire de France au ban des manuels
   scolaires !

   Nos enfants doivent connaître par cœur l’Histoire de France, ses
   frises, ses mythes, ses permanences. Ils doivent la vivre : nos rois,
   la République, les guerres, nos grands hommes ! Ce crime contre
   l’Histoire de France sera réparé si je suis élue.

   Aux anonymes de la mondialisation, je redonnerai une identité nationale
   sûre d’elle-même, qui ne se cache pas, qui n’a pas honte. Notre drapeau
   national sera partout sur les édifices publics, en permanence. Le
   drapeau de l’Union européenne n’y aura plus sa place.

   On sera fier des trois couleurs, on sera fier de son hymne national, de
   son drapeau, qu’on ne brûlera plus sous peine de condamnation d’une
   sévérité redoutable. On ne laissera plus siffler la Marseillaise. Parce
   que c’est une offense à la France, une offense à nos mères, une offense
   à nos pères.

   On sera fier aussi de notre langue nationale, le français, qu’on
   valorisera bien plus, qu’on fera rayonner, qu’on protégera dans les
   instances internationales.

   Je donnerai consigne pour que cette règle qui n’aura jamais dû cesser
   reprenne : tout représentant de la France à l’étranger, lorsqu’il
   s’exprime officiellement, doit le faire dans sa langue nationale. C’est
   bien la moindre des choses, et le meilleur service qu’on puisse rendre
   à la diversité des cultures contre le rouleau compresseur du
   mondialisme anglo-saxon. Un haut fonctionnaire ou un ministre qui ne
   respecterait pas cette règle serait immédiatement démis de ses
   fonctions.

   La langue française est un trésor, une chance incroyable qui nous
   réunit. Nous avons le devoir, et je me sens le devoir impérieux, de la
   protéger, d’en assurer partout le développement !

   Je demanderai que la fonction publique, et notamment la haute fonction
   publique, forme des hauts fonctionnaires qui aiment leur pays, des
   hauts fonctionnaires qui auront le sens de l’Etat. C’est bien la
   moindre des choses que d’exiger des serviteurs de l’Etat qu’ils aient
   la France et son Etat au cœur !

   Oui, je ne veux plus que quiconque ait honte de brandir son drapeau
   national en public. Je ne l’admettrai pas. Je veux au contraire
   redonner de la fierté aux Français.

   Le drapeau national c’est ce qui nous unit, ce qui nous rassemble.

   La France a et aura encore plus besoin demain d’unité, de concorde.

   Il faudra lutter ainsi contre tout ce qui divise les Français.

   Et, vous le savez mes chers amis, le communautarisme est aujourd’hui la
   première menace contre l’unité de notre nation. Le communautarisme est
   un principe essentiel du mondialisme, parce que c’est le vecteur le
   plus puissant de négation de notre cohésion et de notre identité
   nationales.

   Je serai donc la présidente de la nation, contre le communautarisme.
   Pour cela, je réaffirmerai haut et fort les principes et les
   obligations de la laïcité, essentielle à la paix civile. Je créerai un
   ministère de l’Intérieur, de l’Immigration de la Laïcité.

   La laïcité sera d’application plus aisée quand nous aurons stoppé
   l’immigration, ramenée en 5 ans de 200 000 entrées par an, l’équivalent
   de la ville de Rennes !, à 10 000. Parce qu’il est évident qu’une
   immigration aussi massive pèse sur la communauté nationale, qu’elle est
   un facteur de tensions et de division qui n’est pas bon, qui n’est pas
   sain.

   La laïcité pour l’unité de la nation, par une application stricte de la
   loi de 1905 : immédiatement les prières de rue qui continuent encore
   aujourd’hui malgré toutes les promesses prendront fin.

   Et il ne sera plus question de financer directement ou par un biais
   détourné la construction des mosquées. Les fidèles peuvent se
   construire des mosquées, mais avec leur argent, et sûrement pas
   l’argent public ou l’argent de pays étrangers qui ne respectent pas les
   autres religions, notamment la religion chrétienne comme c’est trop
   souvent le cas !

   C’est bien ça la République, et sûrement pas les reculades permanentes
   du couple Sarkozy/Guéant, habitué à se coucher devant toutes les
   revendications communautaristes, toutes les revendications
   politico-religieuses !

   Trop de laisser-faire, trop de démissions, trop de laxisme ont miné la
   République française, et la laïcité. Je remettrai à l’endroit nos
   principes et nos valeurs, et les intégristes doivent savoir qu’ils
   trouveront face à eux, et pour la première fois depuis des décennies,
   un pouvoir extrêmement déterminé.

   Ma France unie et sûre de ses valeurs ne pourra plus tolérer des
   horaires séparées dans les piscines entre hommes et femmes, ne pourra
   plus tolérer ces inadmissibles dérives que Martine Aubry a laissé
   prospérer dans les piscines de sa ville, comme un symbole de la dérive
   anti-laïque et anti-républicaine du Parti Socialiste et des partis en
   place.

   Il faudra aller plus loin dans la laïcité, ne rien lâcher : ainsi, les
   services publics administratifs dépendant de l’Etat ou des
   collectivités territoriales doivent être les garants des principes
   républicains et de la laïcité. A l’instar de ce qui s’applique
   aujourd’hui pour les agents de ces services publics, toute
   manifestation communautaire y sera donc proscrite pour l’ensemble des
   usagers, notamment le port du voile ou de tout autre signe religieux
   ostentatoire !

   La collectivité nationale ne pourra subventionner que les associations
   qui respectent les principes républicains, alors que les structures
   communautaristes seront privées de tout financement public !

   L’Etat fort sera le meilleur protecteur de la laïcité.

   Et ce protecteur, nous en avons besoin très vite. Mon message prend
   tout son sens quand on lit avec attention les propos des candidats de
   l’UMPS et du Centre. On voit bien qu’ils penchent tous vers le
   multiculturalisme à l’anglo-saxonne, parfois jusqu’à l’absurde, comme
   cette idée saugrenue d’accorder un jour férié aux juifs pour kippour et
   aux musulmans pour l’Aïd-el-Kébir.

   Mais alors, je vous le demande, pourquoi rien pour les Arméniens qui
   ont leur propre calendrier liturgique ? Et les orthodoxes qui ont
   conservé le calendrier julien et fêtent Noël le 7 janvier ? Pourquoi
   rien pour nos compatriotes bouddhistes qui nous viennent du sud-est
   asiatique ? Nos compatriotes hindouistes originaires de Pondichéry ? Et
   quid du nouvel an chinois, du nouvel an iranien, du nouvel an kurde ?
   Et l’année prochaine, si Mitt Romney est élu président des Etats-Unis,
   faudra-t-il prévoir un jour pour les mormons ? Et puis, de peur, moi
   aussi, d’avoir oublié quelque communauté, je serai tentée de proposer
   un jour férié au dieu inconnu, comme, prudents, les Athéniens de
   l’Antiquité avaient dédié un autel au dieu inconnu…

   Oui, mes chers amis, il vaut mieux en rire qu’en pleurer… Car leur
   méconnaissance des principes de la République française, de nos
   valeurs, de notre identité, est pitoyable. Se souviennent-ils
   seulement, ou sûrement en ont-ils honte ?, que la France plonge aussi
   ses racines dans le christianisme ? C’est pourtant notre histoire,
   notre identité, que ça leur plaise ou pas !

   Alors, oui, la France fière de ses valeurs, l’identité nationale, la
   laïcité, pour sortir la France des oubliés de l’anonymat subi et du
   magma mondialiste dans lequel on veut la plonger !

   Avant d’être consommateur, avant d’être d’une communauté, avant d’être
   client, on est d’abord de France, on est d’abord français !

   On est toujours et avant tout français !

   La nation comme boussole, même si je dois être la seule mes chers
   compatriotes ! Oui je le dis, je le crie avec vous. Parce que c’est
   l’amour de la France qui m’inspire et qui nous inspire !

   Ce violent amour de la France, dont nous n’aurons jamais honte, dont
   nous serons toujours passionnément fiers !

   Avec la France, l’oublié, l’anonyme retrouve un visage et une voix !

   Oui mes chers amis, soyons fiers de ce que nous sommes, crions haut et
   fort notre patriotisme, portons le message universel de la France
   éternelle, qui résonne dans le monde à condition que la France soit
   elle-même !

   Un proverbe portugais, j’ai l’inspiration très ibérique aujourd’hui !,
   nous dit que « la France est le cœur du monde » : j’en suis convaincue,
   et j’ajoute que nous aurons, nous, la France au cœur, comme les
   Français !

   Désormais, avec moi, mes chers amis, je vous l’annonce, je vous le
   promets : le patriotisme n’est plus un gros mot, la France revient au
   premier plan, la nation est le projet moderne du XXIème siècle !

   Vive la République !

   Vive la France !
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