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Une posture victimaire

   Le Monde | 01.11.2013 à 11h47 | Gilles Kepel (Politologue et professeur
   à Sciences Po)

Le 15 octobre, pour la première fois dans l'histoire de la République, un
premier ministre en exercice s'est rendu à la Grande Mosquée de Paris, à
l'occasion de l'Aïd el-Kébir, la grande fête du calendrier islamique. Dans
une brève allocution, Jean-Marc Ayrault s'est adressé aux millions de nos
compatriotes fidèles de ce qu'il a nommé « une grande religion de France »
pour leur présenter ses voeux. Il leur a rappelé « la détermination du
gouvernement à faire respecter la liberté de conscience et le libre exercice
des cultes, qui comptent parmi les fondements de notre nation (...) dans le
respect des lois de la République, de la laïcité et des convictions de chacun
».

   Ces propos prennent tout leur sens alors que des polémiques sur la
   place de l'islam dans notre pays battent leur plein en France. Tandis
   que, d'un côté, on prophétise le malheur de notre identité nationale
   face à des forces qui voudraient la dissoudre au nom d'une conception
   vindicative d'un islam exacerbé par le salafisme et exalté par le
   djihad, on multiplie de l'autre les incantations contre une «
   islamophobie » que les élites françaises seraient coupables de
   propager, avatar post-moderne de l'antisémitisme dont les musulmans
   seraient désormais les victimes par excellence.

   Ce débat est basé sur des prémisses fausses. L'idéologie s'y est
   substituée à l'observation raisonnée de la réalité de la France
   d'aujourd'hui. Elle ne sert à ceux qui forcent ainsi le trait qu'à
   construire des positions de pouvoir dans le champ intellectuel pour les
   premiers, religieux pour les seconds, afin de mobiliser des soutiens
   politiques sur une base identitaire à l'occasion des prochaines
   échéances électorales notamment. Et ces politiques identitaires, qui
   assignent à nos concitoyens des appartenances figées à partir de
   déterminants confessionnels, sont la négation même du pacte laïque qui
   est aux fondements des valeurs de la République. Car elles veulent nous
   confiner d'un côté ou de l'autre d'un « choc des civilisations » promu
   en ligne de faille de notre nation, en lieu et place de ses fractures
   sociales.

   On ne saurait nier que des phénomènes préoccupants pour notre civilité
   se sont récemment produits. D'un côté, l'affaire Merah de mars 2012 a
   rappelé que le terrorisme d'inspiration djihadiste savait toujours
   faire des adeptes notamment dans les banlieues. Et dans celles-ci, les
   préceptes du rigorisme salafiste, fondés sur une rupture en valeurs
   avec la culture politique de la France laïque, corsètent des individus
   en perdition face aux malédictions du chômage et à la prégnance
   croissante de dealers. De l'autre côté, ont eu lieu des agressions
   contre des personnes, et notamment des femmes qui portaient sur leurs
   cheveux le voile que prescrivent les divers mouvements de
   réislamisation, mais qui ne contreviennent pas à la loi ; des
   profanations contre des mosquées se sont produites, des attentats ont
   été évités de justesse. Lorsque des délits ou des crimes sont commis,
   la loi doit être appliquée pour en rechercher et réprimer les auteurs -
   le premier ministre l'a rappelé solennellement en se rendant à la
   Grande Mosquée de Paris à l'occasion des voeux de l'Aïd el-Kébir. Et
   lorsque des élèves d'une école juive ou des militaires sont assassinés
   au nom du djihad, les coupables doivent être poursuivis et condamnés.

   Une nouvelle génération

   La gravité de ces faits ne saurait fournir prétexte à diviser notre
   société en deux camps identitaires dont chacun se drape dans les habits
   de la victime et rejette l'autre dans le camp des coupables. La
   dénonciation tous azimuts de « l'islamophobie » est aussi, dans le
   débat actuel, une ressource victimaire dont se servent certains acteurs
   politico-confessionnels afin de souder une communauté sous leur
   houlette et d'exercer leur hégémonie sur ses membres au nom de ce
   slogan mobilisateur. Les événements d'Argenteuil ou de Trappes cet été,
   notamment, sont intervenus au moment où une sorte de « coup d'Etat »
   dans l'islam de France, mené par les mêmes acteurs qui dénoncent sans
   relâche l'islamophobie, parvenait à reculer d'un jour la date du début
   du ramadan qu'avait fixée le Conseil français du culte musulman -
   précipitant ainsi la faillite de cette instance portée sur les fonts
   baptismaux par l'ancien président Nicolas Sarkozy, et se posant en
   alternative de combat pour exercer le leadership sur l'islam de France.

   Nos compatriotes, musulmans ou non, méritent mieux que ces débats qui
   veulent les prendre en otage de causes particulières. Et c'est ce que
   montre, dans la réalité, le phénomène remarquable et tout récent de la
   participation très importante à la vie politique, après les émeutes de
   2005, d'une nouvelle génération de jeunes issus de l'immigration, dont
   les familles venaient en majorité de pays musulmans du sud de la
   Méditerranée. Ce sont ces milliers d'élus municipaux ou régionaux, ces
   centaines de candidats aux dernières élections législatives de juin
   2012, qui sont en train, en s'emparant pleinement de leurs droits de
   citoyens, de transformer l'identité des populations au sein desquelles
   s'exprime l'islam de France. Les dix mille voix, dont beaucoup de
   jeunes qui votaient pour la première fois, que la sénatrice Samia Ghali
   a recueillies sur son projet citoyen au second tour de la primaire
   socialiste à Marseille, sont un phénomène bien plus important pour le
   devenir de notre société que les vociférations des petits prophètes de
   l'identité et de la phobie.

   Gilles Kepel (Politologue et professeur à Sciences Po)
   Gilles Kepel

   est l'auteur de Passion arabe : Journal, 2011-2013 (Gallimard, 496
   pages, 23,50 euros). Il vient de réaliser avec l'Institut Montaigne une
   étude sur le renouvellement de la vie politique dans les quartiers
   populaires, à paraître au printemps 2014.

   L'"islamophobie" est-elle une illusion ?
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     * Une idéologie rance et raciste abritée derrière un masque humaniste

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