     * Ecrits Ecrits
     * Demos Demos
     * Outils Outils
     * Blog Blog

   Retour

Discours politique

Nicolas Sarkozy, Rencontre police-gendarmerie (29/11/2007)

   Monsieur le Premier Ministre, cher François,

   Madame la Ministre de l'Intérieur, chère Michèle,

   Madame la Garde des Sceaux, chère Rachida,

   Monsieur le Ministre de la Défense, cher Hervé,

   Je voudrais vous dire tout d'abord que cette rencontre avec les
   policiers et les gendarmes, je l'ai souhaitée, je l'attendais, elle me
   manquait. Je disais à Michèle en venant : " Comme le temps passe vite !
   " -- je me remémorais la première réunion, en tout cas, celle du
   Louvre, en 2002, que nous avions, chère Michèle, présidée ensemble. Ce
   n'est pas de la nostalgie (d'ailleurs, la nostalgie est un sentiment
   que je n'éprouve pas), c'est de la fidélité.

   Mais je ne pensais pas en programmant cette réunion, qu'elle se
   tiendrait dans une actualité préoccupante. Je veux évoquer, devant
   vous, les événements de Villiers-le-Bel. François FILLON comme Michèle
   ALLIOT-MARIE, qui ont très bien géré cette crise, m'ont tenu informé,
   au plus près de ce qui s'est passé durant mon voyage en Chine. Dès mon
   retour, j'ai tenu à saluer ceux d'entre vous qui avaient été blessés
   dans des confrontations d'une violence inouïe. Les fonctionnaires se
   sont retrouvés face à des bandes de voyous armés de pistolets à
   grenaille ou de fusil de chasse. Les fonctionnaires ont dû subir des
   tirs, à quelques mètres seulement, dont la volonté était de blesser ou
   de tuer. Le brigadier-chef HANQUER a perdu un oeil, après avoir reçu un
   plomb dans le visage : l'individu qui a fait cela l'a donc visé. Le
   commissaire divisionnaire ILLY qui, dès avoir pris connaissance de
   l'accident qui a causé la mort dramatique des jeunes, Mouhsin et
   Lakamy, s'est rendu sur les lieux : le commissaire ILLY a été
   sauvagement agressé par une bande de voyous sans scrupules. Je pense à
   tous les autres blessés. Je veux leur rendre hommage : ils ont été
   courageux, ils ont fait honneur à la République. Chère Michèle, nous
   les avons rencontrés à l'hôpital d'Eaubonne et à l'Hôtel-Dieu. Ils nous
   ont dit ce qu'ils avaient vécu et ils m'ont raconté la détermination
   des voyous qu'ils affrontaient.

   Je leur ai dit et je vous le dis qu'il s'agit d'actes criminels qui
   sont passibles des assises. Tous ceux qui ont fait cela auront à rendre
   compte. J'ai demandé à la ministre de l'Intérieur que tout soit mis en
   oeuvre pour retrouver ces individus, ceux qui ont tiré, ceux qui ont
   frappé. Je vous demande de ne lésiner sur aucun moyen technique,
   scientifique, humain, de renseignement. Ceux qui ont utilisé les armes
   à feu contre la police, comme ils l'auraient fait contre la
   gendarmerie, auront à rendre des comptes. Mettez les moyens que vous
   voulez ; vous les retrouvez et nous les déférerons devant la justice.
   Cela ne peut pas rester impuni. C'est une priorité absolue dans une
   République et dans une démocratie : on n'utilise pas d'armes à feu
   contre les forces de l'ordre. Si c'est une nouvelle attitude, cela ne
   durera pas longtemps. Que chacun sache, ici, que tout sera mis en
   oeuvre pour les retrouver.

   Je souhaite pour eux des sanctions à la hauteur de la gravité de ce
   qu'ils ont fait. Je veux d'ailleurs dire à la garde des Sceaux que la
   justice a su, dans ces décisions sur comparutions immédiates, prendre
   des sanctions qui s'imposent dans ces circonstances c'est-à-dire de la
   prison ferme. Il m'est arrivé, dans le passé, de dire mon désaccord. Je
   dois être honnête et dire également la reconnaissance de l'État lorsque
   des décisions courageuses de prison ferme, Monsieur le Premier
   ministre, sont prises lorsqu'il le faut.

   Je voudrais également vous dire ma fierté pour le courage dont vos
   collègues ont su faire preuve et pour leur professionnalisme. Nous
   aurions pu avoir des drames avec des policiers en état de légitime
   défense qui auraient pu faire usage de leurs armes. On peut être fier
   de la police de la République et de la gendarmerie de la Nation. La
   solidarité de l'ensemble du gouvernement vous est acquise, je tenais à
   ce que vous le sachiez, et que vous le sachiez en présence du Premier
   ministre et de vos ministres.

   Cela me semble important de venir, en tant que Président de la
   République, devant vous qui êtes en charge de la sécurité et de l'ordre
   public : préfets, directeurs généraux, centraux, locaux, commandants de
   région, commandants de groupements, commandants de compagnies,
   policiers et gendarmes. Quel que soit votre service d'affectation en
   brigade, en sécurité publique, en police judicaire ou aux frontières,
   en surveillance du territoire ou en renseignement, dans les forces
   mobiles, quel que soit votre lieu d'affectation en métropole, dans les
   territoires d'Outre-mer ou à l'étranger, vous êtes responsables de la
   sécurité de nos concitoyens.

   Nous sommes à un moment crucial. Les Français en m'élisant à la
   Présidence de la République, m'ont donné un mandat, celui de mettre en
   oeuvre les changements qui s'imposent afin de retrouver les chemins du
   plein emploi, du pouvoir d'achat et de la cohésion sociale. La France a
   besoin de réformes profondes : ces réformes, je les ai lancées, sans
   attendre. On m'a parfois reproché leur rythme ; je voudrais vous dire
   que moi, je souhaitais aller bien plus vite encore. Il est impératif de
   relancer, dans les meilleurs délais possibles, la croissance afin de
   redonner confiance et optimisme aux Françaises et aux Français. En me
   désignant à la tête de l'État, les Français ont fait un réel choix de
   société. J'ai toujours tenu un discours de vérité. J'ai clairement
   indiqué que les réformes que j'annonçais, je les ferais.

   Durant la campagne présidentielle, j'ai posé les questions que se
   posent nos concitoyens, sans préjugé et sans tabou. Je ne veux pas
   laisser à nos enfants une France exsangue, endettée, une France où la
   sécurité ne serait respectée. J'ai donc décidé de rompre avec
   l'attentisme. On ne résoudra pas la situation de la France par petites
   touches prudentes. J'ai voulu créer une dynamique du changement, afin
   qu'avec François FILLON, nous puissions créer un ensemble de réformes
   au service de la croissance. Je sais parfaitement que ces réformes ne
   vont pas arriver sans efforts et sans crispations. J'ai vu, pour la
   réforme des régimes spéciaux de retraite, ce qui s'est passé. Je sais
   également que l'on vous a mis à contribution les uns comme les autres.

   J'ai décidé, avec le Premier ministre, de réformer également l'État au
   travers d'une révision générale des politiques publiques avec à
   l'esprit un objectif et un seul : assurer un meilleur service public,
   tout en maîtrisant la dépense, qui n'est rien d'autre que la somme des
   impôts des Français.

   Il faut recentrer l'État sur ses compétences. J'ai posé la question des
   effectifs de la Fonction publique en essayant de faire comprendre
   qu'avec moins d'effectifs, on peut faire mieux, surtout en rémunérant
   mieux les fonctionnaires. Je n'ignore rien du malaise de la Fonction
   publique, qui peut toucher policiers et gendarmes. Ils peuvent
   s'interroger sur leur mission, la difficulté de celle-ci, sur
   l'organisation, sur le mérite, sur les salaires. Je ne pouvais pas
   faire autrement que d'engager un mouvement de réforme globale parce que
   tout se tient.

   La mission de sécurité intérieure doit donc également être expertisée,
   dans ce cadre général de la réforme de l'État.

   Concernant la police et la gendarmerie, je voudrais dire d'emblée que
   la capacité opérationnelle de ces deux services ne sera pas réduite. Je
   connais les effectifs et les demandes pour avoir été celui qui a
   exécuté la première loi de programmation. La sécurité est une
   préoccupation forte de nos concitoyens. Elle procède des valeurs de la
   République. Policiers et gendarmes, vous êtes garants du respect des
   principes républicains, vous êtes garants de la liberté de chacun
   d'aller et venir et vous êtes garants de la paix sociale.

   Je sais bien qu'une société sans repères est une société violente. La
   sécurité a été de tout temps un enjeu fondamental pour l'équilibre de
   nos sociétés, car chacune d'entre elles veut que ses citoyens vivent en
   paix individuellement et collectivement. C'est un enjeu fondamental.
   C'est l'équilibre de nos sociétés modernes entre la liberté, à laquelle
   chacun aspire, et la protection des personnes et des biens.

   J'ai placé au premier rang de mes préoccupations le rétablissement de
   l'autorité de l'État. J'ai la conviction que pour résoudre la crise que
   traverse la France, il faut un État fort, il faut combattre
   l'impuissance publique, il faut restaurer l'autorité de l'État. Le rôle
   du Président de la République est de veiller à l'application de la loi
   et d'avoir, comme premier souci, de protéger les honnêtes gens. Cela
   peut paraître simple mais c'est nécessaire de le dire. Nous sommes
   d'abord là pour cela.

   Le principe d'autorité doit être réaffirmé, dans tous les domaines. Le
   mot " autorité " n'est pas un gros mot. Je parle de l'autorité qui
   garantit à une société de se survivre et de se surpasser pour atteindre
   des objectifs communs. Ce n'est pas l'ordre à tout prix, mais ce n'est
   pas le chaos non plus. L'autorité, respectueuse de chacun, doit être
   enseignée dès le plus jeune âge pour être comprise de tous, pratiquée
   par tous et respectée par tous. C'est simple et c'est sans
   arrière-pensée. On ne peut pas avoir d'un côté la police et la
   gendarmerie qui essayent de faire respecter l'ordre et de l'autre une
   société qui ignore la valeur de l'autorité. Cela fait partie de votre
   travail au quotidien. Le dernier gendarme de la dernière brigade, le
   dernier policier du dernier commissariat de sécurité publique se
   trouvent confrontés à cette crise d'une société où le mot autorité ne
   serait plus employé ni à l'école ni dans les familles. Et c'est vous,
   ensuite, qui en payez les conséquences.

   Je le dis sans complexe ni tabou : sans autorité, il n'y a pas de vie
   en société possible. Ce sont les plus humbles, ceux qui vont travailler
   tôt le matin, ceux qui empruntent parfois tard le soir les transports
   en commun pour rentrer chez eux, qui souffrent le plus durement d'une
   insécurité qui les laisse démunis et qui les oppresse. Moi, je veux me
   mettre du côté des victimes, de ceux qui souffrent dans leur chair et
   dans leur vie quotidienne. Vous savez, je recevrai cet après-midi le
   père de cette jeune fille assassinée à la suite d'une tentative de viol
   dans le RER. Mon rôle, c'est de prendre en compte aussi cela. Il
   s'agissait encore une fois d'un récidiviste (j'y reviendrai). Je
   souhaite que les victimes soient la motivation de votre action. Les
   victimes doivent avoir l'attention que leur souffrance mérite. C'est
   bien de parler des délinquants, cela est mieux de parler des victimes.
   Elles ont des droits aussi, et je n'ai pas changé : peu m'importe que
   cela ne plaise pas à certains commentateurs. Je vous demande de
   considérer que les victimes pourraient être des membres de votre
   famille et de les considérer. Nous sommes là à leur service. Les
   victimes, c'est notre priorité. On parle beaucoup des délinquants, de
   ce qu'ils pensent, de ce qu'ils ont vécu... Moi, j'aimerais que l'on
   parle des victimes.

   Il en va de la crédibilité de notre action et de la confiance de la
   population à l'endroit de sa police et de sa gendarmerie. Cette
   relation de confiance, elle doit être renforcée sans relâche. Je sais
   bien que nous avons engagé en 2002 une politique déterminée qui a porté
   ses fruits, mais que nous allons amplifier.

   Je réfute toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque
   délinquant une victime de la société, en chaque émeute, un problème
   social. Ce qui c'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une
   crise sociale : cela a tout à voir avec la voyoucratie. Il faut qu'à un
   moment donné ceux qui incarnent l'État, et nous l'incarnons, donnent
   leur vision et leur analyse d'une situation. Si le fait d'être mineur
   excuse tout et si nous laissons le petit voyou devenir un héros dans
   son quartier faute de sanction susceptible de faire réfléchir ceux qui
   seraient tentés de l'imiter, si le petit caïd revient, après chaque
   délit, impuni dans sa cité pour y être accueilli en héros, c'est une
   insulte à ceux qui ont travaillé à l'identification de ses forfaits,
   c'est une insulte à son avenir, c'est une insulte à la République et
   c'est une insulte à votre travail.

   J'ai pris l'engagement auprès des Français de renforcer la lutte contre
   la récidive. La loi qui a été votée, dès avant l'été, outre qu'elle est
   la réponse directe à un de mes engagements, donne un message clair à
   tous les délinquants : l'emprisonnement est désormais la règle pour les
   multirécidivistes et, plus important encore, ils ne peuvent ignorer la
   peine minimale qui leur sera normalement infligée. J'entends bien que
   la prison n'est pas la réponse à tout. Mais enfin, l'absence de
   sanction n'est pas non plus une réponse. Ce sont des engagements que
   j'avais pris, ce sont des engagements qui ont été tenus. On ne peut
   plus continuer à aller arrêter toujours les mêmes et à les voir se
   pavaner ensuite : cette époque est terminée.

   L'excuse de minorité était également le symbole de l'inadaptation de
   nos textes généreux d'après-guerre face à une situation sociale qui a,
   depuis lors, profondément évolué. La loi met un terme au décalage
   auquel on était arrivé entre la commission d'actes graves et des
   condamnations devenues trop légères. Innombrables, Michèle, ont été
   ceux d'entre vous qui m'ont dit pendant cinq ans : " On en a assez. On
   se sent bafoué dans notre travail. La sanction n'est pas à la hauteur
   de la gravité des faits. " Des peines minimales d'emprisonnement seront
   applicables aux mineurs multirécidivistes à partir de seize ans.
   Souviens-toi, François, on nous disait que c'était impossible, nous
   l'avons fait. Il n'y aucun esprit de systématisme, simplement la
   conviction que cela ne pouvait plus durer.

   Nous avons des objectifs ambitieux pour la période à venir.

   Depuis 2002, un travail considérable a été accompli. Il est à mettre à
   votre actif. Entre 1997 et 2001 la délinquance avait augmenté de 15 %.
   Depuis, elle a chuté de 13,5 %. En 2001 on interpellait un auteur de
   crimes ou de délits sur quatre. Aujourd'hui on en interpelle un sur
   trois. Votre taux d'élucidation se situe à 36 % soit près de deux
   points de plus qu'il y a un an. Il montre votre capacité et prouve aux
   délinquants qu'ils seront tôt ou tard retrouvés et punis. C'est
   capital. Le sentiment d'impunité a fait des ravages dans notre société.
   Selon les dernières statistiques de l'Observatoire national de la
   délinquance, les atteintes volontaires à l'intégrité physique
   progressent encore de 1,2 % sur les douze derniers mois, mais la
   progression a été divisée par trois depuis avril dernier : hommage vous
   soit rendu ! Cela signifie que la lutte acharnée entreprise contre les
   violences gratuites commence à donner des résultats ; il faut
   continuer.

   Je vous propose qu'un nouveau seuil qualitatif soit franchi. La
   délinquance générale doit continuer de baisser de 5 % sur les deux
   années à venir et la délinquance de voie publique de 10 % ; le taux
   d'élucidation des crimes et délits devra être porté à 40 % en moyenne
   (on est pratiquement à 39). On me dit : " Mais ce n'est pas parce que
   l'on fixe des objectifs qu'on les atteint. " Si l'on n'en fixe pas, on
   n'a aucune chance de les atteindre... Michèle, je me souviens très
   bien, en mai 2002 -- Claude GUÉANT est là pour en porter témoignage,
   Michel GAUDIN aussi -- j'avais dit : " Tous les mois on va publier les
   statistiques de la délinquance. " Vous m'avez répondu : " Mais vous n'y
   pensez pas ! -- Pourquoi ? -- S'ils sont mauvais... ? -- Eh bien, on le
   dira aux Français. " On est élu pour avoir des résultats. Ces
   résultats, on doit les assumer. Il n'y a pas d'autre façon de faire.
   Sinon, un jour ce sont les habitants qui feront le travail à notre
   place. Et ce jour-là, ce ne sera plus la République. Donc, il faut se
   fixer des objectifs ambitieux et les tenir.

   Il faut renforcer la lutte contre toutes les formes de criminalité
   organisée et notamment le trafic de drogues qui fait des ravages dans
   un certain nombre de nos quartiers. L'économie souterraine est une
   menace pour notre société, elle impose une non-société, dépourvue de
   droits et de devoirs. Elle aboutit à la ghettoïsation de zones et à la
   prise en otages de populations entières qui sont les premières victimes
   des voyous. C'est pourquoi elle doit être combattue vivement.

   Dans la lutte contre tous ces phénomènes, il faut généraliser la
   coopération entre les services de l'État : police, gendarmerie (cela va
   mieux), fisc et douanes (cela doit s'améliorer). Là-dessus, avec le
   Premier ministre, nous sommes déterminés à vous donner les moyens de
   vous appuyer sur l'administration fiscale et l'administration
   douanière. C'est une priorité parce que policiers et gendarmes, vous en
   avez besoin pour frapper l'économie souterraine et les trafiquants là
   où cela leur fait mal, le portefeuille et le patrimoine. Nous allons
   franchir une étape très importante en vous permettant de travailler au
   quotidien, Michèle, avec le fisc et la douane. Que l'on ne vienne pas
   me parler du secret professionnel (secret professionnel, pour protéger
   les voyous...). On trouvera des moyens. Mais on a besoin du fisc, et
   pas simplement dans certaines régions de France, on a besoin du fisc et
   de la douane pour démanteler les réseaux et les trafics. Je souhaite
   que cette collaboration soit volontaire parce que sinon, elle sera
   revendiquée. On a fait les GIR pour cela, et je sais parfaitement qu'on
   est en limite et qu'il faut passer à une autre étape pour que vous
   puissiez obtenir des résultats. J'en ai clairement conscience, on va
   donc aller beaucoup plus loin en la matière. On va associer nos amis du
   fisc et de la douane au travail de la police et de la gendarmerie.

   La situation internationale et les événements récents en
   Grande-Bretagne doivent nous inciter à une extrême vigilance. Contre le
   terrorisme, il faut conserver une position de vigilance élevée. Chacun
   d'entre vous a sa part dans cette vigilance et dans le soutien aux
   services spécialisés de lutte contre le terrorisme, qui ont fait un
   travail remarquable. Le maintien du plan Vigipirate au niveau rouge
   contribue à donner un signal clair à nos concitoyens.

   La France s'est dotée de moyens juridiques, administratifs et
   judiciaires pour prévenir les attentats. Mais dans un contexte de
   menaces aux formes multiples, l'efficacité de nos services de
   renseignement constitue, pour nous, une exigence absolue. C'est
   pourquoi, avec le Premier ministre, nous avons demandé à la ministre de
   l'Intérieur une réorganisation des services de la direction de la
   surveillance du territoire et de la direction centrale des
   renseignements généraux, en vue de la création d'une direction centrale
   du renseignement intérieur. Il y aura trois principaux objectifs :
   concentrer l'activité sur les missions essentielles à la sécurité,
   valoriser les savoir-faire acquis par chacun des services, favoriser
   les complémentarités. Elle s'appuiera sur un maillage territorial
   dense.

   J'attends que cette réforme soit mise en oeuvre en 2008. Je sais
   parfaitement qu'il y a une culture de la DST et une culture des
   renseignements généraux ; il ne s'agit pas de nier ces cultures. Il
   s'agit d'être plus forts et de travailler ensemble, et il s'agit avec
   la DGSE de mutualiser nos moyens pour acquérir, par exemple, les moyens
   techniques qui nous manquent. On ne peut pas continuer avec chacun ses
   moyens, dans son coin. On ne peut pas continuer non plus sans que les
   autorités les plus hautes de l'État ne fixent une direction, des
   objectifs et n'allouent des moyens aux services. C'est un élément
   capital. La tradition, c'est bien ; la culture du service, c'est
   nécessaire, c'est une richesse ; la coordination, la modernisation, la
   mobilisation, c'est un devoir. De ce point de vue, il faut franchir une
   nouvelle étape.

   La situation des banlieues est un enjeu majeur pour notre pays. J'ai
   demandé à Madame BOUTIN et à Madame AMARA, de préparer une nouvelle
   politique. Mais que les choses soient claires : nous l'annoncerons au
   mois de janvier, mais nous ne le ferons pas parce qu'il y a eu des
   émeutes. La réponse aux émeutes, ce n'est pas plus d'argent encore sur
   le dos du contribuable. La réponse aux émeutes, c'est l'arrestation des
   émeutiers. Pour ceux qui veulent s'en sortir et à qui la République
   doit tendre la main, nous nous engagerons à leur donner la chance d'une
   formation pour qu'ils aient un travail. Après tout ce qui a été fait et
   bien fait sur les bâtiments, on va investir sur les gens. Mais on va
   faire la différence. On va donner plus à ceux qui veulent s'en sortir
   honnêtement, on va également donner plus à ceux qui ne veulent pas s'en
   sortir, mais pas dans le même sens.

   Il faut maintenant que la société fasse les choses clairement : plus
   généreux à l'endroit de celui qui veut une formation et un emploi, et
   une famille et un logement, plus sévère à l'endroit de celui qui n'a
   que comme seule idée d'empoisonner la vie des autres, et d'abord la vie
   des habitants du quartier. Je pense à eux, qui ont vu ce déchaînement
   invraisemblable de violence : on brûle des bibliothèques, on brûle des
   écoles, on brûle des entreprises qui se trouvaient dans ces villes. Le
   Premier ministre me racontait le témoignage d'un chef d'entreprise qui
   disait : " Moi, je ne reconstruirai pas ici. " Voilà que l'on va
   sanctionner des habitants qui n'en peuvent mais et qui en ont plus
   qu'assez de fréquenter et de croiser tous les jours des voyous. Cela ne
   peut pas durer. Il faut protéger les habitants qui sont victimes des
   violences, des bandes, des incivilités et de la peur.

   Malgré les années, le constat de cette peur m'est toujours
   insupportable parce que je pense que l'on ne peut pas vivre avec la
   peur au ventre. Je pense que ce n'est pas normal dans une République
   d'avoir peur de prendre le RER ou d'avoir peur de rentrer dans le hall
   de son immeuble parce qu'il y a trois terreurs qui considèrent que l'on
   peut faire n'importe quoi. Certaines zones doivent comprendre que
   l'application de lois est aussi pour elles. Ceux qui cassent, ceux qui
   brûlent, ceux qui pillent, ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre
   répondront de leurs actes. Je n'ignore nullement que cela prend du
   temps. Pendant trente ans on a laissé faire. Je sais parfaitement,
   quand j'étais à ta place, chère Michèle, ce que j'ai entendu comme
   critiques ; je les ai entendues, mais je ne les ai pas écoutées. Les
   donneurs de leçons, ce n'est pas ceux qui vivent dans ces quartiers et
   ce n'est pas ceux qui font le métier qui est le vôtre. Et ils ignorent,
   ceux-là, ce que c'est qu'être en uniforme et se trouver face à une
   bande d'enragés, mais j'aimerais qu'ils respectent un peu plus le
   travail qui est le vôtre.

   Le phénomène des bandes n'est pas nouveau, mais il réapparaît dans les
   quartiers et au-delà, dans les lieux attractifs et les transports en
   commun. Je vous demande de vous adapter à ces nouveaux comportements,
   qui sont des comportements de délinquance très mobile qui évolue par
   petits groupes capables de mener des actions très rapides grâce à
   l'utilisation des téléphones portables.

   Nous allons repenser nos modes d'organisation, en prenant en compte de
   façon plus étroite la notion d'agglomération ou de plaque urbaine.
   Cette situation se retrouve dans certaines grandes agglomérations de
   province ; il va falloir ajuster les effectifs et constituer, au sein
   des directions départementales de sécurité publique, des unités de
   sécurisation dédiées aux violences urbaines avec un équipement adapté.
   Et j'ai parfaitement cela en tête, Michèle : tu m'en as parlé, on aura
   l'occasion d'en rediscuter.

   Je sais que la situation est particulièrement difficile en
   Île-de-France, où la seule coordination policière apparaît, désormais,
   insuffisante. Le bassin de vie de Paris s'étend de manière continue à
   la petite couronne, structurée par des réseaux denses d'équipements et
   de transports collectifs. Et c'est naturellement sur l'ensemble de ce
   bassin que s'exerce sans frontières une délinquance mouvante. Moins de
   la moitié des personnes mises en cause à Paris en sont originaires.

   Je souhaite que ces données soient désormais prises en compte dans une
   organisation plus intégrée de Paris et de la petite couronne. Je
   n'ignore nullement l'amitié vibrante entre la PP et le reste. Mais
   enfin, écoutez, mes chers amis, tout cela, c'est dépassé, on va
   travailler ensemble et avec Michèle, nous vous avons mis des chefs
   compétents qui ont notre confiance, ils vont travailler ensemble, parce
   que c'est un " bassin " que nous avons à protéger, ce n'est pas
   simplement une capitale, plus une banlieue et ce n'est pas comme cela
   qu'on doit faire.

   Je souhaite également la mutualisation des forces, en matière d'ordre
   public et de circulation, ce qui doit être la règle à la place d'une
   trop forte autonomie des capacités de chaque département. Dans la
   gestion des grands événements, il me paraît évident que le préfet de
   Seine-Saint-Denis n'a pas à dégarnir ses effectifs locaux pour faire
   face à un match au stade de France, même s'il a des renforts de la
   réserve nationale. La mutualisation est seule source d'une optimisation
   de l'emploi des effectifs permanents, notamment de la Direction de
   l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police (DOPC),
   dont le domaine d'intervention pourrait être étendu (je ne parle pas
   simplement de la petite couronne, je parle aussi de la grande). En
   matière de sécurité publique je demande à Michèle de bien vouloir
   étudier une meilleure intégration des services, dans le respect des
   pouvoirs et compétences des préfets.

   La défense et la protection des valeurs de la République sont capitales
   dans tous les domaines, et notamment un domaine sensible qui est celui
   de l'immigration irrégulière.

   Là encore conformément à ce que j'avais indiqué durant la campagne,
   avec le Premier ministre nous avons créé le ministère de l'Immigration,
   de l'Intégration, de l'Identité nationale ; ce n'est pas un crime de
   parler d'identité de notre Nation et de codéveloppement.

   Et nous voulons organiser une intégration réussie pour ceux que nous
   accueillons. Mais je le dis : ceux qui ne veulent pas respecter les
   règles d'installation en France, ne veulent pas d'une intégration,
   écoutez, s'ils n'en veulent pas, ils ne seront pas tenus de rester dans
   notre pays. Et cela passe par la maîtrise de la langue française. On a
   perdu beaucoup de temps avant de reconnaître ces évidences.

   Depuis le mois de janvier, 18 600 étrangers en situation irrégulière
   ont été expulsés depuis la métropole. J'ai fixé un objectif de 25 000
   reconduites à la frontière pour 2007 ; cet objectif doit être atteint.
   Et qu'on ne vienne pas me dire que je veux faire du chiffre avec la
   misère humaine, si on n'exclut pas ceux qui n'ont pas de papiers, à
   quoi sert de donner des papiers à ceux qu'on veut accueillir ? Cela n'a
   pas de sens.

   Je sais toute la part que vous consacrez, en plus de vos multiples
   missions, à accomplir cette tâche avec rigueur et humanité. Mon but,
   c'est l'intégration. Est-ce un objectif si mauvais que de vouloir le
   succès d'une politique d'immigration choisie qui aboutit à une
   intégration réussie ? Et si on avait pensé à la maîtrise de la
   politique d'immigration depuis trente ans dans notre pays, on ne
   connaîtrait pas un certain nombre de situations que nous connaissons
   aujourd'hui. Et ceux qui ne veulent pas entendre cette vérité, c'est
   ceux qui ne veulent pas apporter de solution, parce que c'est une
   vérité ; vous qui fréquentez ces quartiers où il y a tant de
   difficultés, vous le savez mieux que d'autres et on n'a pas le droit
   d'utiliser la langue de bois lorsqu'il s'agit de sujets de cette
   importance.

   La réforme longtemps retardée de réorganisation des zones de
   compétences de la police et de la gendarmerie a été mise en oeuvre.
   Cela été un chantier passionnant. La remise à niveaux des personnels
   actifs, administratifs, techniques, scientifiques a été conduite,
   gendarmerie et police -- c'est vrai, avec un peu retard dans la
   gendarmerie. Les moyens matériels envisagés dans la loi d'orientation
   ont été réellement accordés et mis en place. Le phasage a été respecté.

   Les fichiers des empreintes digitales et génétiques ont connu un
   développement sans précédent. Quand vous pensez a ce que j'ai entendu,
   lorsque l'on a développé les fichiers pour retrouver les délinquants
   sexuels, d'un certain nombre d'organisations qui sont allées à la
   télévision pour défendre leur conception des droits de l'Homme... Mais
   les droits de l'Homme, c'est d'abord que les petites victimes
   innocentes ne tombent pas dans les mains d'un prédateur parce qu'on n'a
   pas voulu se doter des moyens de la police scientifique pour arrêter
   ces prédateurs. Cela, c'est le non respect des droits de l'Homme. Nous
   avons fait un développement des fichiers sans précédent, je ne le
   regrette pas et Michèle, je te demande de " mettre le paquet "
   là-dessus aussi parce qu'il faut que nous passions de la religion de
   l'aveu à la religion de la preuve : la preuve, c'est un élément décisif
   et un homme comme Guy GEORGES n'aurait jamais pu faire ce qu'il a fait
   si le fichier des empreintes génétiques avait existé avant.

   Le parc immobilier a été en partie rénové, c'est vrai, pas assez
   rapidement mais il faut voir aussi la difficulté de nos textes et le
   maquis dans lequel on se débat.

   Alors, bien sûr, vous me direz qu'il reste beaucoup à faire... Mais je
   le sais, c'est même pour cela que je suis ici et c'est même pour cela
   qu'avec François FILLON nous soutenons totalement vos ministres et nous
   sommes totalement engagés derrière eux. Vous croyez quoi, que j'ai
   oublié la difficulté d'être ministre de l'Intérieur, moi qui l'ai été
   quatre ans et que je m'en désintéresse ? Je n'ai oublié aucun des
   visages, aucune des semaines passées dans ce ministère que j'ai
   beaucoup aimé (je le sais, j'aggrave mon cas, mais c'est comme cela).
   Alors j'ai voulu dire cela pour mesurer avec vous le chemin parcouru ;
   je me souviens très bien de 2002 : je ne pouvais pas aller dans une
   brigade ou dans un commissariat sans qu'on me dise : " Nos équipements
   ne sont pas adaptés. " Ils ont tous été changés. " Nos armements ne
   sont pas adaptés. " Ils ont tous été changés. " Nos voitures ne sont
   pas adaptées. " On a fait un effort considérable et nous allons
   continuer.

   Et la ministre a pris la mesure de l'importance du chantier qui
   l'attend. Alors pour la prochaine période, je lui ai demandé d'inscrire
   les prochaines évolutions des forces de sécurité dans la recherche de
   la performance. Vous ne vous êtes pas engagés dans la gendarmerie ou
   dans la police pour ne pas avoir de responsabilité, c'est un métier
   passionnant que vous avez choisi. La performance, ce n'est pas un gros
   mot non plus, et je veux que vous voyiez en allant au commissariat ou à
   la gendarmerie dans le regard des Français la fierté qu'ils ont et le
   respect qu'ils ont pour votre uniforme.

   Je veux vous dire clairement, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, et
   honnêtement : le principe de l'existence de deux forces de sécurité
   dans notre pays, l'une à statut militaire, l'autre à statut civil, est
   et sera maintenu. Je le dis à Hervé comme à Michèle. Ce sont des choses
   sur lesquelles nous avons beaucoup réfléchi et, je crois pouvoir dire,
   beaucoup travaillé, François. Franchement, quand j'entends certains
   imaginer que cela ne puisse plus être le cas, je me demande comment
   peuvent naître de telles rumeurs sans fondement. Je me suis toujours
   clairement déterminé sur le fait que cette différence de statut n'était
   pas un handicap mais un atout parce que la France n'est pas une page
   blanche ; mais la France ne peut faire l'économie d'une force de
   sécurité à statut militaire, car on en a besoin pour de multiples
   missions de défense, en métropole, en Outre-mer et sur les théâtres
   d'opérations extérieures. Et c'est bien, cette dimension " défense " de
   la gendarmerie qui exige de lui conserver le caractère militaire de son
   statut, ce qui explique la présence du ministre de la Défense.

   Ce statut militaire est la reconnaissance d'un état et non pas d'un
   métier. Choisir de servir sous statut militaire est un engagement
   spécifique. Quelle que soit l'arme dans laquelle on sert, on accepte
   une disponibilité, une mobilité, un mode de vie et d'exercice de son
   métier. C'est un choix personnel. Mais, lorsque l'on décide de devenir
   gendarme, c'est que l'on opte, avec détermination pour ces valeurs et
   non seulement pour un métier.

   Police et gendarmerie sont deux institutions qui ont leur culture, leur
   histoire, leur identité, leurs succès et leurs drames -- tout ce qui
   forge et soude une communauté. Il n'y aura pas de fusion. En tout cas,
   tant que je serai Président de la République.

   La question qui demeure néanmoins et on ne peut pas l'évacuer, c'est de
   mieux tirer profit des forces de chacune d'entre elles, police et
   gendarmerie, de renforcer les coopérations, de développer les
   mutualisations et donc tout simplement de vous faire mieux travailler
   ensemble pour être plus efficaces. Il faut donc trouver ce juste point
   d'équilibre entre d'une part le statut militaire et ses éléments qui
   préservent le rattachement à la communauté militaire et d'autre part la
   mission de sécurité, qui est principale et qui doit s'exercer en totale
   cohérence et sans redondance avec la police nationale.

   C'est la raison pour laquelle j'ai demandé au Premier ministre et aux
   ministres de l'Intérieur et de la Défense de préparer une loi relative
   à la gendarmerie nationale redéfinissant son fonctionnement. Écoutez,
   est-ce que l'on ne peut pas se dire que le décret de 1903 a un peu
   vieilli ? Cette loi devra, d'abord, assurer la réalité de l'unicité du
   commandement organique et opérationnel des deux forces au sein la
   mission de sécurité intérieure. Police et gendarmerie seront donc
   rattachées au ministre de l'intérieur. C'est le ministre de l'Intérieur
   qui définira l'emploi, l'organisation, les objectifs, les moyens
   d'investissement et de fonctionnement des deux forces. Ce rattachement
   unique permettra de mieux identifier les axes de mutualisation et de
   complémentarité : cet aspect est primordial. De même, ce rattachement
   unique favorisera les adaptations des zones de compétence de police et
   de gendarmerie. La loi confirmera également que les commandants des
   formations territoriales, nommés par le ministre de l'Intérieur, sont
   placés, formellement, sous l'autorité des préfets.

   Alors s'il existe un important espace de mutualisation avec la police
   dans les domaines opérationnels et logistiques, les liens des gendarmes
   avec la communauté militaire seront maintenus dans de nombreux domaines
   de soutien : santé, social, paiement des soldes, entretien de
   l'immobilier. Sur tous ces sujets des conventions seront passées entre
   les deux ministères. Le statut militaire des gendarmes entraîne de
   facto leur maintien au sein du conseil supérieur de la fonction
   militaire, instance à laquelle la ministre de l'Intérieur devra être
   représentée.

   Une nouvelle LOPSI, loi d'orientation et de programmation, sera le
   cadre de la mise en oeuvre des réorganisations internes indispensables
   et du développement des outils technologiques et juridiques permettant
   une efficacité et une performance plus grandes des deux forces. Si la
   LOPSI 2002-2007 prévoyait une augmentation quantitative, il faut
   désormais axer nos efforts sur l'efficacité et le qualitatif, tout en
   maintenant bien sûr le potentiel opérationnel des forces.

   Les redéploiements internes sont nécessaires. Je pense naturellement à
   la rationalisation de l'emploi des personnels par la substitution des
   personnels actifs affectés à des tâches administratives par des
   personnels administratifs. Je veux souligner l'apport de ces personnels
   à la bonne marche des services et à l'efficacité des forces. Je veux
   aussi insister sur l'importance des personnels techniques et
   scientifiques de nos laboratoires. Je pense aux forces mobiles. Je le
   dis sans détour : il faut réfléchir à un nouveau format plus adapté à
   vos missions. Il ne s'agit en aucune façon de supprimer les CRS ou les
   escadrons de gendarmes mobiles dont l'apport à la sécurité générale est
   indispensable et irremplaçable, dont le professionnalisme doit être
   reconnu. Mais il y a place pour des redéploiements.

   Je l'avais dit aux CRS et aux gendarmes mobiles. La preuve que je vous
   fais confiance : vous aurez les tâches les plus dures, les quartiers
   les plus difficiles, aux heures les plus exposées. On ne peut pas plus
   faire confiance, on ne peut pas être plus amical ! D'ailleurs je le
   pense, je veux le dire aux gendarmes mobiles comme aux CRS : vous
   faites un travail remarquable et vos collègues le savent parfaitement ;
   quand les unités mobiles viennent en renfort, cela permet d'avoir des
   résultats bien supérieurs mais il faut mieux les utiliser. Moi, je ne
   veux plus voir des gens dans les cars qui attendent pendant des heures,
   voire des jours. Je ne veux pas voir des patrouilles à 8 heures du
   matin quand ces messieurs qui sont nos " clients " ne sont pas
   réveillés. Pour les gendarmes mobiles, je vois bien les heures, moi :
   d'accord pour le petit matin, mais le petit matin plus tôt, début de la
   journée, entre minuit et 5 heures du matin, là il y a du travail à
   faire, on a besoin des forces mobiles.

   Alors bien sûr qu'on a besoin dans une République des forces mobiles,
   Monsieur le Premier ministre, pour le maintien de l'ordre mais en même
   temps il faut mettre ces forces mobiles au service pas simplement de
   l'ordre public mais de la sécurité publique. Ce sont des professionnels
   qui font un travail remarquable et d'ailleurs, sous l'impulsion, à
   l'époque de Christian LAMBERT, beaucoup avait été fait (n'est-ce pas,
   Michel GAUDIN ?) pour changer les techniques d'intervention et cela
   nous avait beaucoup servi au moment des émeutes de 2005.

   Alors, la future loi d'orientation et de programmation pour la
   performance de la sécurité intérieure, ou LOPPSI II, si tu veux bien
   l'appeler ainsi, aura à prendre en compte la poursuite de la
   modernisation des services en développant intensivement les équipements
   technologiques. Là je voudrais vous dire quelque chose : je souhaite,
   Monsieur le Premier ministre, que la gendarmerie et la police soient la
   gendarmerie et la police les plus modernes d'Europe. Jusqu'à présent on
   ne raisonnait qu'en termes d'effectifs, moi le premier ; je crois qu'il
   faut maintenant raisonner, en plus du maintien des capacités
   opérationnelles, en termes de modernité, de technologie.

   En particulier la vidéosurveillance, Madame la ministre : je vous
   soutiens totalement, nous avons pris trop de retard, on va y aller au
   maximum. Pas simplement la vidéosurveillance statique, je pense aussi
   aux caméras embarquées dans vos véhicules (cela nous aurait bien servi
   pour repérer les tireurs et tous ces gens-là).

   Je pense à la biométrie. Je voudrais également vous dire qu'il faut
   aller beaucoup plus vite sur les dotations en armes non létales
   adaptées à la lutte contre les violences urbaines. Je ne laisserai pas
   des militaires et des fonctionnaires exposés sans avoir l'équipement
   nécessaire pour faire leur travail. J'avais à l'époque fait couler un
   peu d'encre sur le fameux flashball. Il y a une nouvelle génération :
   n'hésitez pas à l'acheter (quarante mètres, c'est mieux que dix
   mètres). J'assumerai le débat devant l'opinion publique et en tout cas,
   moi, je ne laisserai pas des policiers et des gendarmes se faire
   prendre comme cibles sans pouvoir se défendre, que les choses soient
   parfaitement claires entre nous, et cela vaut aussi pour le fameux
   pistolet à impulsions électriques dont le contact est plus personnel.

   Entre les caméras, les armes non létales, la biométrie, la technologie,
   on va donner à la police et à la gendarmerie la capacité d'être plus
   efficaces et plus performantes. Pour moi, c'est essentiel.

   Je pense également, Monsieur le Premier ministre, aux moyens aériens
   légers. Je n'ai pas oublié l'affaire des hélicoptères, je considère
   qu'il n'est pas normal que la police n'ait pas d'hélicoptères, la
   gendarmerie en a. Je sais bien que vous pouvez utiliser ceux de la
   sécurité civile. Mais vous savez quand il s'agit de repérer des stocks
   d'armes déposés au sommet des immeubles, c'est quand même intéressant
   d'avoir un hélicoptère. Lorsqu'il s'agit de poursuivre des braqueurs
   dans une conurbation comme l'Île-de-France ou la région lyonnaise,
   plutôt que de mettre des voitures à la suite avec tous les problèmes de
   sécurité pour les personnels, comme pour les passants, je souhaite
   également qu'on puisse avoir des hélicoptères en veille.

   Donc il faut, Michèle, réfléchir à la qualité de notre organisation, à
   la qualité de nos équipements et pas simplement aux effectifs. Je pense
   aussi aux outils de traitement de l'information, auxquels il faut
   donner sans doute un nouveau cadre juridique. Le projet de loi est en
   cours de préparation sous l'autorité de votre ministre, il sera
   transmis au Parlement avant la fin du premier semestre 2008, pour une
   première application dès la loi de finances 2009. Mais enfin, les
   quarante mètres si vous voulez les tester avant, je suis sûr que le
   Premier ministre sera d'accord (non, mais je ne sous-estime pas ce qui
   s'est passé ces derniers jours, ce serait trop facile).

   Je souhaite qu'à cette occasion soit abordée résolument la question du
   poids des missions périphériques de la mission de police. On ne pourra
   pas attendre plus longtemps pour trouver des solutions, par exemple au
   problème des charges judiciaires, notamment les extractions, les
   escortes et les gardes de détenus. L'idée que j'avais avancée d'un
   transfert de cette charge à un autre service est, à ce stade, je ne
   l'ignore pas, difficile à mettre en oeuvre pour des raisons
   budgétaires.

   Je propose, à tout le moins, qu'un système de responsabilisation des
   services prescripteurs soit institué, dans l'esprit de ce qui a déjà
   été fait pour les frais de justice, afin de permettre un réel
   développement de modalités alternatives telles que la visioconférence.
   Je le dis au garde des Sceaux en ayant conscience de tous les problèmes
   que je lui demande de gérer, mais enfin, quand il y a des audiences de
   procédure, est-ce qu'on doit mobiliser quatre gendarmes ou quatre
   policiers pour transporter un détenu particulièrement dangereux, ce qui
   fait que l'on retire des effectifs dans une petite ville de province
   pour amener ce détenu se voir notifier une audience de procédure ?
   Est-ce que la visioconférence ne serait pas une solution ? Franchement,
   est-ce que le dire, c'est porter atteinte à l'indépendance de qui que
   ce soit ? Il faut qu'on affronte ces questions, il faut qu'on les
   affronte, cela ne peut pas continuer comme cela.

   Il y a aussi la question des gardes statiques, dans certaines
   préfectures, dans les palais de Justice ou ailleurs. C'est une démarche
   globale de responsabilisation que je voudrais engager.

   Alors je sais mieux que personne les efforts qui vous ont été demandés
   depuis 2002. Je le sais et vous avez, croyez-moi, fait l'admiration du
   pays. Je sais que le métier que vous avez choisi exige un
   investissement personnel énorme et j'en ai accompagné, jusqu'à leur
   dernière demeure, des gendarmes et des policiers : je n'ai jamais
   présidé ces cérémonies comme une habitude, j'ai toujours pensé en
   voyant les enfants et les familles éplorées que cela aurait
   parfaitement pu être le cas de gens que j'aime.

   Alors oui, vous faites un métier particulier qui mérite une attention
   particulière de l'État et je voudrais terminer par là. Cette attention
   particulière, nous l'avons inscrite, pour la police, dans le protocole
   Corps et carrières de 2004. Je l'ai suivi, je l'ai imaginé comme
   ministre de l'Intérieur, signé comme ministre des Finances et appliqué
   de nouveau comme ministre de l'Intérieur. Ce protocole est un contrat
   que l'État a passé avec la quasi-totalité des organisations syndicales.
   J'ai veillé à ce qu'il soit scrupuleusement respecté. Il produira ses
   effets jusqu'en 2012. Il n'est pour moi ni obsolète ni dépassé.

   Je veux rappeler solennellement ici que l'évolution statutaire des
   trois corps de police est tout à la fois exceptionnelle et méritée. Je
   demande que le comité de suivi du protocole soit régulièrement réuni et
   traite dans la concertation de ses aménagements éventuellement
   nécessaires : je pense à la prise en compte des mesures générales de la
   Fonction publique et à l'évolution des indices de base des gardiens ou
   au paiement des heures supplémentaires à leur juste prix. Il avait été
   envisagé, dès lors que la situation des officiers à cet égard serait
   réglée, d'ouvrir une concertation avec les organisations syndicales
   pour concevoir les modalités de traitement des heures passées et
   futures, ce qui nécessite sans doute une réflexion plus large sur
   l'organisation du travail.

   Je souhaite également qu'une particulière attention soit portée sur le
   sujet, Michèle, immense qu'est la fidélisation des fonctionnaires en
   région parisienne. Tu m'en as parlé ; on ne peut pas continuer comme
   cela. Il y a un chantier à ouvrir à nouveau pour trouver des solutions,
   à la fois statutaires et sociales, à la rotation trop forte des
   personnels et à la faiblesse de l'encadrement d'expérience.

   En ce qui concerne les gendarmes, je distingue clairement ce qui
   ressortit à votre statut militaire et à votre métier de sécurité
   intérieure. Dans le prolongement du protocole signé avec la police, des
   mesures ont été prises afin de permettre des meilleures perspectives
   d'avancement aux sous-officiers et officiers de l'arme. Le Plan
   d'adaptation des grades aux responsabilités exercées (PAGRE) a eu pour
   objet un repyramidage ambitieux et une requalification des emplois. Ce
   Plan sera poursuivi. Ce n'est pas parce que vous avez un statut
   militaire que vous devez être traités moins bien, à la fois au
   ministère de la Défense et au ministère de l'Intérieur, et j'ai
   parfaitement conscience de ce souci de l'équité et de l'égalité. Il
   s'agit désormais d'envisager pour préserver la pérennité du statut
   militaire des gendarmes de faire en sorte que la parité globale de
   traitement et de perspectives de carrière des personnels des deux
   forces soit assurée et maintenue. Le statut particulier des officiers
   et sous-officiers de gendarmerie sera donc rénové pour tenir compte de
   ce nouveau positionnement institutionnel : ils bénéficieront d'une
   grille spécifique. Cet engagement que j'ai pris vis-à-vis de vous, je
   le tiendrai.

   La ministre de l'Intérieur et le ministre de la Défense vont constituer
   dans les meilleurs délais un groupe de travail conjoint qui sera chargé
   de procéder à un état des lieux exhaustifs des éléments statutaires,
   indiciaires, indemnitaires et annexes relatifs aux différentes
   catégories de personnels actifs des deux forces, police et gendarmerie.
   On identifiera les écarts et on fera toute proposition pour les gommer,
   en respectant la dualité des statuts. Ce travail sera conduit avant la
   fin du premier trimestre de 2008 afin que les arbitrages et décisions
   puissent être intégrés dès le projet de loi de finances 2009. On ne
   peut pas faire autrement de toute façon ; quand vous pensez que nos
   trois forces de sécurité, excusez-moi, dépendaient de trois ministres :
   police, Intérieur, gendarmerie, Défense, douanes, ministre des
   Finances. La création d'un ministère de la Sécurité intérieure était
   indispensable, avec deux statuts, et ce n'est pas parce qu'il y a deux
   statuts hérités de l'Histoire qu'il doit y avoir des inégalités entre
   les deux forces ; ce n'est pas possible.

   Au-delà de la juste reconnaissance de votre métier et de sujétions
   particulières, je demande à la ministre de l'Intérieur de maintenir, et
   je sais qu'elle le fera remarquablement, la culture du résultat et une
   part de rémunération au mérite dans les deux forces. Moi, je suis
   désolé, je n'ai pas changé, je suis resté le même. Je crois au mérite,
   je crois que tous vous faites bien votre travail, mais je pense qu'il y
   en a qui en font encore plus que ce qu'on leur demande et qui doivent
   être récompensés. Je sais parfaitement tout ce qu'on m'a dit : la tête
   du client, les cadres qui devront évaluer leurs collaborateurs, etc.
   C'est justement pour cela que ce sont des chefs. Le système de notation
   automatique, c'est fini et en plus (je le dis à Michèle comme aux chefs
   de la gendarmerie et de la police), n'hésitez pas à faire des
   promotions quand les gens ont encore la force de les assumer, un peu de
   rajeunissement par moment ; on n'est pas obligé d'attendre, d'attendre
   si longtemps que, quand cela arrive, on n'a plus la force. On a trop
   attendu. Je ne parle pas pour vous ! Je ne vous ai jamais attendus,
   vous ne pouvez pas savoir. Mais c'est vrai, faites confiance, ayez un
   système de promotion, de reconnaissance du mérite, donnez leur chance à
   ceux qui veulent en faire plus, qui sont passionnés, n'hésitez pas à
   bousculer les habitudes.

   Vous savez, je le dis aux préfets : moi, j'ai apprécié de travailler
   avec les préfets. Quand il y a une crise, on est bien content de les
   trouver. Mais enfin je n'étais pas mécontent aussi de mettre un
   policier à la tête de la police ; après tout, ce n'était pas une preuve
   de méfiance à l'endroit des préfets.

   Ce n'est pas un drame non plus : avoir cinquante ans, ce n'est pas une
   qualité et ce n'est pas un défaut. Et je souhaite vraiment que vous
   prépariez la police et la gendarmerie de demain. Il y a eu une
   génération formidable de grands policiers, de grands gendarmes mais il
   faut préparer derrière, il ne faut pas attendre. Pas simplement les
   réseaux, les filières, les " copineries ", les amis (" Ah, on était à
   Saint-Cyr-au-Mont-d'Or ") : la barbe, ce n'est pas une garantie ! Il
   faut tenir compte du mérite. Il faut aller chercher les gens où ils se
   trouvent. Et il faut surtout, c'est mon rêve, que dans la gendarmerie
   comme dans la police, on puisse se dire : " Je commence au bas de
   l'échelle et je pourrai terminer le plus haut possible et peut-être
   même tout en haut. " C'est cela, la République, et c'est cela qui fait
   la passion de vos métiers. Et on était trop tombé dans les habitudes,
   les statuts ; bien sûr que c'est nécessaire, mais la valorisation du
   mérite aussi.

   Ceux qui en veulent, ceux qui prennent des responsabilités, ceux qui
   sont toujours volontaires doivent être récompensés. Je ne veux plus
   entendre un seul policier ou un seul gendarme qui me dit : " Écoutez,
   on se donne du mal et on a l'impression que tout le monde 's'en fout' !
   " Et ce que je dis, je pourrais le dire aussi pour l'Éducation
   nationale, où tant d'enseignants admirables se disent : " À quoi bon ?
   " Et c'est vraiment cela, la réforme que nous voulons porter et
   l'esprit de cette réforme.

   Mesdames et Messieurs, j'espère que vous avez compris que cela me
   faisait plaisir d'être là parce que j'ai beaucoup de respect pour ce
   que vous êtes, pour ce que vous faites, et au fond, j'ai laissé une
   partie de mon coeur dans ce ministère. Ce que vous avez fait a été
   remarquable ; j'ai parfaitement conscience qu'on peut vous demander
   encore beaucoup plus. Ce n'est pas moi qui vous le demande, ce n'est
   pas Monsieur François FILLON, ce n'est pas Madame Michèle ALLIOT-MARIE,
   ce sont les Français. Nous devons obtenir des résultats. On ne sera pas
   derrière vous, on sera devant vous. On vous donnera les moyens. La
   situation n'est pas facile, il y a des déficits, il y a la dette, mais
   on a parfaitement conscience que les Français nous attendent là-dessus.

   Je vous demande de vous engager avec passion dans le travail qui est le
   vôtre. Vous avez une ligne, vous avez une stratégie, vous avez des
   chefs, allez-y, en pensant, et je voudrais terminer par cela, que vous
   êtes les forces de sécurité de la République et que votre éthique doit
   être au-dessus de tout soupçon : pas de familiarité, de la tenue,
   respectez les gens. J'ai reçu les familles de ces deux jeunes gens
   morts dans des conditions dramatiques, et c'est moi-même, et je prends
   mes responsabilités devant vous, qui ai dit, d'accord avec Michèle et
   le Premier ministre : " Il faut une instruction. " Ce n'est pas une
   question de méfiance à l'endroit de la police ou de la gendarmerie.
   C'est au contraire pour vous mettre à l'abri de tout soupçon. Nous
   n'avons rien à cacher. La justice doit établir la vérité et elle
   l'établira.

   Et d'ailleurs dans la présence des caméras embarquées je veux que vous
   ne soyez pas l'objet de polémique. Moi, je vous ai toujours défendus,
   toujours. Mais quand il y a des caméras qui filment, cela vous protège.
   Souvenez-vous de la polémique lorsque j'ai demandé que les associations
   soient dans les zones de transit à Roissy (Le Douaron). Certains se
   posaient la question de savoir si c'était bien ou pas ; comme par
   hasard, depuis qu'ils y sont, il n'y a plus de polémique. Et c'est tout
   votre intérêt.

   Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes
   les représentants de l'État, vous devez avoir une éthique, vous devez
   être exemplaires. Et c'est très important, pas de fenêtre ouverte dans
   les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du
   respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien
   qu'on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes
   de voyous. Et je voudrais féliciter particulièrement le gradé qui a dit
   au policier en ces fameuses nuits : " Ne faites pas usage de votre
   arme. " Il a fait son travail de gradé, il a assumé ses
   responsabilités. Et je souhaite, je le dis Michèle, qu'on le retrouve
   et qu'on le récompense.

   Vous voyez l'ensemble. Puisqu'on arrive bientôt à la fin de l'année, je
   voudrais également avoir une pensée pour vos familles puis dire que je
   vous ai demandé d'en faire beaucoup mais faites attention à vous parce
   que je sais bien qu'un policier et un gendarme efficace, c'est un
   policier et un gendarme qui rentre chez lui le soir ; quand il y en a
   un qu'on enterre, c'est que, de toute manière, on a fait une erreur et
   chaque fois je vous demande de regarder (retour sur expérience) ce qui
   s'est passé et pourquoi : cela ne fait pas partie du rôle d'un policier
   et d'un gendarme de mourir, ce n'est pas compris dans le métier. Et le
   destin, je n'y crois pas, je veux dire par là, je ne peux pas m'y
   résoudre et je dirais pareil pour les sapeurs-pompiers, c'est un
   ensemble.

   Mesdames et Messieurs, vous vouliez du travail, vous l'avez !

   Je vous remercie.

   Haut de page
