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Discours politique
Nicolas Sarkozy, Discours à Villebon-sur-Yvette (20/03/2007)
   Mes chers amis,
   Merci ! Merci d'être là ce soir si nombreux, si enthousiastes, si
   mobilisés à quatre semaines du premier tour de cette élection
   présidentielle qui va être décisive pour notre avenir, pour celui de
   nos enfants, pour la France qui ne peut plus attendre, qui a déjà trop
   attendu.
   On disait que les Français ne s'intéressaient plus à la France.
   On disait que la France c'était fini, que vous n'aviez plus envie d'en
   entendre parler.
   Et pourtant vous êtes là !
   On disait que vous en aviez assez de la politique, que pour vous la
   politique c'était fini, que les élections vous vous en moquiez.
   Et pourtant vous êtes là !
   On disait que les réunions publiques c'était démodé.
   On disait que les campagnes ça ne se passait plus qu'à la télévision et
   sur Internet.
   Et pourtant vous êtes là !
   On disait que les Français ne s'engageaient plus, ne militaient plus,
   ne votaient plus !
   Et pourtant vous êtes là !
   On vous a souvent trompés. Je le sais.
   On vous a parfois menti. Je le sais.
   On vous a même trahis. Je le sais.
   Et pourtant vous êtes là !
   Vous êtes là, parce que la France pour vous ce n'est pas fini !
   Vous êtes là, parce que la politique pour vous ce n'est pas fini !
   Vous êtes là, parce que vous savez que l'élection présidentielle c'est
   un enjeu capital.
   Vous êtes là, parce que vous avez envie que l'on vous parle, parce que
   vous avez envie que l'on dise les choses en face, parce que la
   télévision ne dit pas tout, parce que la télévision vous en dit moins
   sur la vérité d'un homme qu'un discours devant six mille personnes.
   Vous êtes là, parce que vous avez plus que jamais envie de défendre vos
   idées, parce que pour vous voter est un devoir, parce que vous ne
   voulez plus que l'on vous trompe, vous ne voulez plus que l'on vous
   mente, vous ne voulez plus que l'on vous trahisse, parce que vous êtes
   bien décidés à prendre votre destin en mains, parce que vous ne voulez
   plus vous en remettre à d'autres pour juger à votre place, pour décider
   à votre place.
   Vous êtes là, parce que vous avez compris que je ne vous tromperais
   pas, que je ne vous mentirais pas, que je ne vous trahirais pas.
   Vous avez compris que je dirais tout avant et que je ferais tout après,
   que je dirais tout avant pour tout faire après.
   Vous êtes là, parce que vous avez compris que je ne ferais pas ce que
   l'on vous a trop souvent fait depuis trente ans.
   Vous avez compris que si je suis élu je ne ferais pas après l'élection
   le contraire de ce que j'avais promis de faire la veille de l'élection.
   Vous êtes là, parce que vous avez compris que je n'accepterai pas que
   la technocratie gouverne ce sont les élus qui doivent assumer leurs
   responsabilités.
   Vous avez compris que je ne veux pas de la politique des experts mais
   celle que vous aurez choisie.
   Depuis trente ans on vous dit :
   "Laissez-nous faire, c'est trop compliqué pour vous !"
   Depuis trente ans on vous dit :
   "Ne vous occupez de rien, nous nous occupons de tout !"
   Depuis trente ans c'est :
   "Circulez, il n'y a rien à voir !"
   Depuis trente ans on parle à votre place, on pense à votre place, on
   décide à votre place.
   Vous en avez assez.
   Vous en avez assez que des commissaires européens
   Que des dirigeants de Banque Centrale
   Que des cabinets ministériels
   Que des grands corps
   Que des experts
   Que des marchés
   Pensent à votre place, décident à votre place.
   Vous en avez assez que la démocratie abdique devant la soi-disant
   dictature des marchés.
   Vous en avez assez que l'État abdique devant les bureaucraties, les
   corporatismes et les lobbies.
   Vous en avez assez que l'Europe ne soit pas démocratique.
   Vous en avez assez que des gens qui ne sont pas élus, qui ne sont
   responsables devant personne, qui n'ont de comptes à rendre à personne
   décident de votre vie, de votre avenir, de celui de vos enfants.
   Vous en avez assez de tous ces gens qui décident à votre place et qui
   ne supportent jamais pour eux-mêmes les conséquences de ce qu'ils
   décident.
   Vous en avez assez de tous ces gens qui veulent toujours vous imposer
   des sacrifices qu'ils ne sont pas capables de s'imposer à eux-mêmes.
   Vous en avez assez que l'on vous répète sans arrêt qu'il n'y a qu'une
   seule politique possible et que vous n'avez pas le choix.
   Vous en avez assez qu'on vous dise :
   "Plus de croissance, ce n'est pas possible !"
   "Le plein emploi, ce n'est pas possible !"
   "Travailler plus pour gagner plus, ce n'est pas possible !"
   "L'augmentation du pouvoir d'achat, ce n'est pas possible !"
   "Que tout le monde sache lire, écrire et compter, ce n'est pas possible
   "Choisir l'école de vos enfants, ce n'est pas possible !"
   "L'immigration choisie, ce n'est pas possible !"
   "Le recul de la délinquance, ce n'est pas possible !"
   "La fin de la crise du logement, ce n'est pas possible !"
   "Le service minimum dans le service public, ce n'est pas possible !"
   "La baisse des impôts, ce n'est pas possible !"
   "La défense de la langue française face à l'Anglais, ce n'est pas
   possible !"
   "La sauvegarde des intérêts économiques français, ce n'est pas possible
   "La politique industrielle, ce n'est pas possible !"
   "La taxation des pollutions, ce n'est pas possible !"
   "La préférence communautaire, ce n'est pas possible !"
   "La lutte contre les concurrences déloyales, ce n'est pas possible !"
   Vous en avez assez que rien ne soit possible et vous avez raison !
   Vous êtes là parce que vous en avez assez que l'on décide à votre place
   ce que vous avez ou non le droit de dire.
   Vous en avez assez de la repentance.
   Vous en avez assez que l'on exige de vous que vous expiiez les fautes
   supposées de vos aïeux.
   Vous en avez assez que l'on cherche à vous imposer d'avoir honte de la
   France, de son histoire, de ses valeurs.
   Vous en avez assez qu'il ne soit pas possible de dire que ceux qui ne
   veulent pas respecter nos valeurs, qui veulent pratiquer la polygamie
   et l'excision, qui ne veulent pas reconnaître l'égalité de l'homme et
   de la femme, qui n'acceptent pas la laïcité, que ceux-là ne sont pas
   les bienvenus dans notre pays.
   Vous en avez assez qu'il ne soit pas possible de dire que ceux qui
   n'aiment pas la France et qui n'aiment pas les valeurs de la République
   ne sont pas obligés d'y rester.
   Vous en avez assez que l'identité nationale soit considérée comme un
   gros mot.
   Vous en avez assez que l'on ne puisse plus avoir le droit de dire qu'un
   voyou est un voyou.
   Vous en avez assez que l'on ne puisse pas parler de la nation sans être
   accusé de nationalisme, que l'on ne puisse pas parler de protection
   sans être accusé de protectionnisme, que l'on ne puisse pas dénoncer la
   surévaluation de l'euro sans être accusé d'être anti-européen, que l'on
   ne puisse pas dénoncer l'accaparement du pouvoir par la technocratie ou
   montrer du doigt les patrons voyous sans être aussitôt accusé de
   démagogie, que l'on ne puisse pas évoquer la France qui souffre sans
   être immédiatement taxé de populisme.
   Vous en avez assez que l'on ne puisse pas dire que le niveau de l'école
   baisse alors que c'est une évidence.
   Vous en avez assez que l'on ne puisse pas dire que la mise en place de
   l'euro s'est accompagnée d'une hausse des prix dont tout le monde a
   éprouvé les conséquences sur son pouvoir d'achat.
   Vous en avez assez de la langue de bois et vous avez raison.
   Vous êtes là parce que vous en avez assez que l'on cherche à vous
   imposer ce qu'il faut penser.
   Vous êtes là parce que vous en avez assez du conformisme intellectuel.
   Vous êtes là parce que vous en avez assez de la pensée unique.
   Parce que vous en avez assez que l'on vous dise ce qu'il faut faire, ce
   qu'il faut dire, ce qu'il faut penser.
   Je veux vous rendre votre liberté.
   Votre liberté de choix.
   Votre liberté de parole.
   Votre liberté de penser.
   Je veux en finir avec le politiquement correct et avec la pensée
   unique.
   Je veux en finir avec la pensée unique qui est le point de rencontre de
   tous les renoncements, de tous les sectarismes, de toutes les
   arrogances.
   Je veux en finir avec la pensée unique qui nous a mis dans la situation
   où nous sommes, qui s'est trompée sur tout, qui a échoué sur tout, qui
   a creusé les déficits, qui a augmenté le chômage, qui a fait exploser
   la pauvreté, l'exclusion, la précarité, qui a raté l'intégration, qui a
   laissé se développer les discriminations, qui a installé le
   communautarisme, qui a abaissé l'autorité de l'État, qui a affaibli
   l'identité nationale, qui a fabriqué l'échec de l'école, qui a
   dévalorisé les diplômes et le travail, qui a favorisé l'assistanat.
   Je veux en finir avec la pensée unique qui dit que la politique ne peut
   rien faire pour changer quoi que ce soit et qu'elle ne peut rien dire
   sur rien. Parce qu'à force de ne rien faire, à force de ne rien dire, à
   force de ne rien penser, on finit par laisser le champ libre à tous les
   extrémismes.
   On ne fera pas cette rupture en abandonnant la Ve République pour
   revenir à la IVe sous couvert de faire la VIe.
   Car c'est bien de cela qu'il s'agit.
   Leur VIe République c'est le retour au régime de l'impuissance, c'est
   le retour au régime des partis, c'est le retour à l'instabilité. Ils
   ont oublié 1958, l'agonie d'une IVe République incapable de faire face
   à la crise financière et de conjurer le péril de la guerre civile. Ils
   ont oublié que depuis prés de cinquante ans, les institutions de la Ve
   République ont permis à la France d'être gouvernée en toutes
   circonstances et que depuis que la Ve République existe, ni la
   démocratie ni les libertés individuelles ni la paix civile n'ont été
   mises en danger à aucun moment.
   Ils imputent aux institutions ce qui n'est en réalité imputable qu'à la
   défaillance des hommes et des politiques. Ils ne veulent pas voir que
   le problème n'est pas institutionnel mais qu'il est intellectuel et
   moral. Ils ne veulent pas regarder la réalité en face pour ne pas avoir
   à répondre à la question de savoir quelle politique ils veulent faire,
   sur quelles valeurs, sur quels critères ils veulent les fonder, pour ne
   pas avoir à prendre leurs responsabilités. Qui peut croire que c'est en
   revenant aux errements du passé qu'on résoudra les problèmes
   d'aujourd'hui ? Qui peut croire que l'on arrivera mieux à restaurer
   l'autorité de l'État, à parvenir au plein emploi, à augmenter le
   pouvoir d'achat, à freiner les délocalisations avec une République
   affaiblie et instable dominée par les manoeuvres d'appareils ?
   Leur démocratie participative, c'est la fin de toute volonté politique,
   c'est la fin de la politique qui prend ses responsabilités. Il faut
   avoir le courage d'appeler les choses par leur nom leur démocratie
   participative ce n'est pas le remède contre la dictature de la pensée
   unique, c'est la fin de la démocratie représentative dans le soupçon
   généralisé. Leur démocratie participative ce n'est pas une nouvelle
   manière d'associer le peuple aux décisions qui le concernent, c'est
   juste la forme ultime de la démagogie. C'est sûr, quand on proclame
   "vos idées sont les miennes," on ne prend pas beaucoup de risques, on
   ne prend pas beaucoup ses responsabilités, on n'assume pas grand-chose
   et l'on apporte quoi à son pays ?
   À la crise morale, sociale, économique que traverse notre pays je
   n'ajouterai pas un bouleversement institutionnel. Ce qu'il faut changer
   ce sont les comportements, les pratiques.
   Je veux un Président qui gouverne.
   Je veux un Parlement qui contrôle.
   Je veux moins de ministres qui soient davantage responsables, qui aient
   davantage de poids face à l'administration.
   Je veux que ce soient les ministres qui gouvernent et non les cabinets
   Je ne veux plus que ce soient les bureaucrates qui gouvernent.
   Je veux remplacer l'irresponsabilité technocratique par la
   responsabilité politique.
   Je veux remplacer l'opacité par la transparence.
   Je ne veux plus que les places soient distribuées en fonction des
   solidarités de corps et des connivences de partis.
   Je veux que ceux qui décident, que ceux qui gouvernent, que ceux qui
   dirigent soient responsables, qu'ils soient contrôlés, qu'ils rendent
   des comptes.
   Je veux que la démocratie ne soit plus confisquée par quelques-uns, je
   veux que l'État ne soit pas accaparé par une caste ou par un clan ou
   par un parti.
   Je veux une démocratie irréprochable et un État impartial...
   Je veux que les nominations aux postes les plus importants soient
   approuvées par le Parlement avec une majorité qualifiée qui permette à
   l'opposition d'avoir son mot à dire.
   Je ne veux pas installer des jurys populaires qui ressembleraient à des
   soviets mais je veux remplacer l'opacité par la transparence.
   Je veux une démocratie irréprochable fondée sur le principe de
   l'équilibre des pouvoirs mais je ne souhaite pas que l'État soit
   paralysé par un jeu de contre-pouvoir dans le seul but serait de se
   contrecarrer les uns les autres. Je ne souhaite pas que par démagogie
   on revienne à une situation qui jadis aura rendu l'État impuissant et
   fait le malheur de la France ;
   Je veux surtout reconstruire une démocratie où l'on est libre de parler
   et de penser, où l'on est pas prisonnier de préjugés absurdes, de
   clivages intellectuels dépassés, où les convictions et les compétences
   comptent davantage que les étiquettes.
   Car notre démocratie marche sur la tête. Que dire d'autre en effet,
   quand le débat public devient à ce point caricatural ?
   Oui, on marche sur la tête quand on peut déclarer sans choquer personne
   qu'un discours sur l'autorité ou sur l'identité nationale c'est un
   discours très à droite et qu'un discours sur la fraternité ou sur les
   travailleurs, c'est un discours très à gauche.
   Sommes-nous tombés si bas qu'il faille admettre comme une évidence que
   les Français de gauche sont ennemis de l'ordre et de l'autorité et que
   les Français qui appartiennent à la droite républicaine sont incapables
   de générosité.
   Notre démocratie est-elle à ce point malade que l'Histoire de France
   n'appartienne plus à tous les Français mais qu'il y ait une histoire de
   France de droite et une histoire de France de gauche ?
   La pensée unique a-t-elle fait tant de ravages qu'un homme issu de la
   droite républicaine n'ait pas le droit de citer Jaurès, Blum ou Guy
   Môquet, ce jeune communiste fusillé à 17 ans pour fait de résistance ?
   Personne n'a le monopole du coeur ni le monopole du sentiment national.
   Personne n'a le monopole de Jaurès ni celui du Général de Gaulle.
   Personne n'a le monopole de la démocratie, ni celui de la république.
   Je revendique le droit de me référer à tous ceux qui ont fait
   l'Histoire de France.
   Je revendique le droit de citer Jaurès, Blum et Guy Môquet.
   Je revendique le droit de défendre l'identité nationale et les valeurs
   de la république.
   Je revendique le droit de parler de la fraternité et de l'autorité.
   Je revendique le droit de parler de la Justice sociale et de la
   sécurité.
   Je revendique de parler du travail et du pouvoir d'achat.
   Je revendique le droit d'exprimer ma fierté d'être Français sans être
   accusé de me rapprocher de l'extrême droite.
   Je revendique le droit de dire que la mode de la repentance est une
   mode exécrable.
   Je revendique le droit de dire que je n'accepte pas que l'on demande
   aux fils d'expier les fautes des pères,
   Que je n'accepte pas que l'on juge toujours le passé avec les préjugés
   du présent.
   Que je n'accepte pas cette bonne conscience moralisatrice qui réécrit
   l'histoire dans le seul but de mettre la nation en accusation.
   Que je n'accepte pas ce dénigrement systématique de la nation qui est
   la forme ultime de la détestation de soi.
   Car pour un Français, haïr la France c'est se haïr lui-même.
   Je revendique le droit de dire qu'il n'est pas acceptable que l'on
   veuille vivre en France en professant la haine de la France.
   Je veux que le racisme et l'antisémitisme soient poursuivis et
   condamnés avec la plus grande sévérité.
   Mais je revendique le droit de dire que tous les Français ne sont pas
   racistes et antisémites parce que c'est faux. Je ne veux pas que l'on
   dise que la France est le pays le plus raciste et le plus antisémite au
   monde, parce que ce n'est pas vrai, parce que la France c'est
   exactement le contraire, c'est le pays des droits de l'homme, c'est le
   pays qui récuse le plus le communautarisme qui renvoie chacun à ses
   origines ethniques et religieuses, c'est le pays de la République, qui
   s'est toujours battu depuis deux cents ans pour la liberté, l'égalité
   et la fraternité de tous les hommes.
   Je revendique le droit de dire que tous les Français dans les colonies
   n'étaient pas des monstres et des exploiteurs.
   Que tous les Français ne furent pas pétainistes.
   Que tous les Français ne furent pas antidreyfusards.
   Que tous les Français ne sont pas racistes.
   Je revendique le droit de dire qu'il y a peu de pays dans le monde qui
   auraient été capables de se diviser et de se déchirer pour le sort d'un
   capitaine juif qui s'appelait Dreyfus.
   Je revendique le droit de dire qu'il n'y a pas beaucoup de pays dans le
   monde qui aient tant fourni d'armes à l'esprit humain pour lutter
   contre la tentation du racisme.
   Je revendique le droit de dire qu'il qu'il n'y a pas eu beaucoup de
   puissances coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la
   civilisation et le développement et si peu pour l'exploitation. On peut
   condamner le principe du système colonial et avoir l'honnêteté de
   reconnaître cela.
   On doit condamner la collaboration et Vichy mais on doit reconnaître
   que beaucoup de Français ont aidé des Juifs à échapper à la Gestapo.
   On doit condamner les Français qui ont dénoncé des Juifs, qui ont servi
   d'auxiliaires à la machine de mort nazie mais on ne doit pas oublier
   toutes ces familles qui au péril de leur vie ont caché des enfants
   juifs parmi leurs propres enfants.
   On doit condamner les miliciens qui se faisaient les complices des
   persécuteurs mais ne pas oublier les résistants des maquis, ceux du
   Vercors et des Glières qui se battaient jusqu'à la mort, et tous ceux
   qui sacrifiaient leur vie pour retarder les divisions blindées
   allemandes qui en juin 44 remontaient vers la Normandie. Que serait-il
   advenu si les chars étaient arrivés plus tôt ?
   Je veux avoir le droit de dire cela par ce que c'est la vérité, non
   parce que c'est de gauche ou parce que c'est de droite, mais parce que
   c'est la vérité.
   Je veux avoir le droit de dire qu'à force de demander à la France
   d'expier son passé, qu'à force de dénigrer la nation et de la charger
   de tous les péchés de la Terre, qu'à force de nourrir la honte d'être
   Français au lieu de chercher les raisons d'en être fier.
   À force c'est notre capacité à vivre ensemble qui s'abîme, c'est notre
   participation à un destin commun qui est remise en question.
   Je revendique le droit de dire qu'en abîmant la fierté d'être Français,
   en ressassant indéfiniment de vieilles haines qui appartiennent au
   passé, en voulant faire expier aux fils les fautes des pères, en
   cherchant dans l'Histoire la cause de tous ses échecs on occulte les
   vraies causes qui sont dans le présent et dans chacun de nous. Et l'on
   dessert la cause que l'on prétend servir. Car dresser les Français les
   uns contre les autres, attiser les rancoeurs et la haine de soi, c'est
   prendre le risque d'affaiblir la solidarité nationale et c'est
   desservir la cause de l'intégration que l'on prétend servir. Parce que
   l'on cherche rarement à s'intégrer à ce que l'on a appris à détester.
   Je revendique le droit de dire que je trouve détestable la mode est à
   la détestation de soi, de la détestation de la famille, de la nation,
   de la société, de la culture, de la civilisation, à la détestation de
   l'Occident, de la religion, de la morale, de l'intelligence, à la
   détestation du devoir, du travail, de l'excellence, de la réussite ...
   Je revendique le droit de dire qu'il cette détestation systématique
   sans me faire accuser par quiconque de m'être converti à l'extrême
   droite.
   Je revendique le droit de dire que depuis 30 ans on cherche à nous
   faire tout détester à commencer par nous-mêmes et que nous ne sommes
   pas obligés de continuer ce chemin morbide, que nous devons changer,
   que cela ne dépend que de nous, de notre volonté, de l'idée que nous
   nous faisons de l'homme et de la politique.
   Je veux en finir avec la détestation de soi par où commence toujours la
   haine de l'autre et je le revendique parce qu'à mes yeux c'est par là
   que doit commencer une politique de l'Homme et de la civilisation pour
   le XXIème siècle.
   Je revendique le droit de dire que le but de toute politique est de
   donner à chaque homme le sentiment de sa propre dignité, sans que l'on
   y voie un gage donné à la gauche.
   Je revendique le droit, en tant qu'homme politique issu de la droite
   républicaine et fidèle à ses valeurs, de vouloir parler à tous les
   Français et de vouloir tous les rassembler parce que tous, à mes yeux,
   ont un rôle à jouer une utilité sociale, une valeur qui leur est
   propre.
   Je revendique le droit de penser qu'il ne peut y avoir de demi-mesure,
   que respecter l'homme c'est respecter chaque homme sans exception.
   Je revendique le droit d'affirmer que sans être soupçonné de chercher à
   séduire les électeurs de la gauche dans les valeurs de la République,
   la fraternité n'est pas une valeur moins importante que les autres.
   C'est la plus importante de toutes.
   La fraternité, c'est une valeur que je revendique. C'est une valeur de
   la droite républicaine aussi bien que de la gauche socialiste. Parce
   que la fraternité c'est celle qui fait que la République est une
   réalité et pas seulement un rêve de philosophe, c'est elle qui unit les
   volontés humaines,
   La fraternité, c'est la volonté de vivre ensemble, de partager un
   destin commun, une loi commune.
   La fraternité ce n'est pas l'assistanat, parce qu'avec l'assistanat
   l'homme subit au lieu de vouloir, parce qu'avec l'assistanat est
   dégradant pour la personne humaine, parce qu'il rend toujours plus
   dépendants et plus vulnérables ceux qui en bénéficient.
   La fraternité c'est la solidarité, la compréhension et le respect, ce
   n'est pas l'égalitarisme, ce n'est pas le partage du travail qui
   détruit l'emploi et qui appauvrit les travailleurs.
   Je revendique le droit de vouloir remettre la fraternité au coeur de la
   politique. Que ce n'est pas démodé. Que ce n'est pas que l'affaire de
   la société civile, que ce n'est pas seulement la préoccupation du monde
   associatif, que ce doit être le combat d'un Président de la République
   : la Fraternité ! Car sans elle on ne peut pas rassembler.
   Je n'ai pas attendu le parti socialiste pour croire à la fraternité.
   Je revendique le droit de remettre la fraternité au coeur du projet
   républicain.
   Je revendique le droit de rêver qu'un jour tous les fils dont les
   familles sont françaises depuis des générations, tous les fils de
   rapatriés et de harkis, tous les fils d'immigrés, tous les petits-fils
   d'Italiens, de Polonais et de Républicains espagnols, tous les enfants
   catholiques, protestants, juifs ou musulmans puissent s'asseoir
   ensemble à la table de la fraternité.
   Je revendique le droit de rêver que mes enfants vivent dans une France
   où personne ne soit jugé sur la couleur de sa peau ou sur sa religion
   mais sur la nature de son caractère.
   Je revendique le droit de rêver que tous les enfants de tous les
   quartiers, de toutes les couleurs, de toutes les religions qui habitent
   ce pays qui est le leur puissent partager la même fierté d'être
   Français, les mêmes rêves et les mêmes ambitions, qu'ils aient le
   sentiment, qu'il n'ont pas toujours aujourd'hui, de vivre dans le même
   pays avec les mêmes chances et les mêmes droits.
   C'est parce que la fraternité est pour moi la valeur la plus importante
   de la république que je veux rendre à chaque jeune Français la fierté
   d'être Français, que cette fierté, je veux que nous l'offrions en
   partage à tous ceux qui veulent devenir Français, au lieu de les
   accueillir dans une France qui croirait si peu dans ses valeurs qu'elle
   ne se donnerait même plus la peine de les défendre.
   Je revendique le droit de parler de l'autorité parce que, quand il n'y
   a plus d'interdit, quand il n'y a plus de tabou, quand il n'y a plus de
   hiérarchie des valeurs, quand il n'y a plus de limite, quand il n'y a
   plus rien de sacré, alors il n'y a plus de liberté.
   Parce que trop de liberté pour tous tue la liberté de chacun.
   Parce que personne n'est libre quand personne ne sait plus ce qu'il
   peut raisonnablement attendre des autres.
   Parce que lorsque tout est permis, plus rien ne l'est.
   Parce que lorsqu'il n'y a plus de règle, plus de loi commune, plus de
   norme, plus de valeur partagée, il n'y a plus rien pour endiguer le mal
   qui est dans l'homme, pour canaliser la violence, les instincts, les
   pulsions.
   Je revendique le droit de dire qu'en niant toutes les formes
   d'autorité,
   Qu'en récusant toutes les manifestations de l'autorité, on a réinstallé
   la barbarie dans la société. On a introduit une sorte de violence
   primitive dans les rapports sociaux.
   On croyait émanciper, on a aliéné.
   On croyait libérer, on a démoralisé.
   Je revendique le droit, sans me demander si c'est une idée de droite ou
   une idée de gauche, de proclamer qu'au coeur de la crise morale que
   nous traversons il y a la dévalorisation de l'autorité.
   Le mot autorité ne me fait pas peur, le mot morale non plus.
   L'autorité ce n'est pas l'autoritarisme.
   L'autorité ce n'est pas l'obéissance aveugle. C'est l'obéissance
   consentie.
   L'autorité ce n'est pas la crainte. C'est le respect.
   L'autorité ce n'est pas quelque chose qui vient de dehors, c'est
   quelque chose qui vient de soi.
   L'autorité ce n'est pas quelque chose de caché, c'est quelque chose de
   visible.
   L'autorité ce n'est pas quelque chose d'anonyme, c'est quelque chose
   qui est incarné par des institutions et par des hommes.
   L'autorité ce n'est pas quelque chose qui s'achète, c'est quelque chose
   qui se gagne.
   L'autorité ce n'est pas la force, c'est la légitimité.
   L'autorité ce n'est pas quelque chose qui s'impose, c'est quelque chose
   qui se mérite.
   Cette crise de l'autorité, elle ne concerne pas seulement la France de
   droite, elle concerne tous les Français, et la crise de la valeur
   travail aussi.
   La crise de la valeur travail est au coeur de la crise morale.
   Le travail c'est la dignité, c'est l'égalité des chances, c'est la
   promotion sociale, c'est le fondement de la citoyenneté. C'est la
   liberté et c'est la responsabilité.
   Si je souhaite qu'il n'y ait plus aucun revenu d'assistance sans une
   activité d'intérêt général qui en soit la contrepartie, c'est parce que
   je veux que celui qui est secouru retrouve l'estime de lui-même dans la
   reconnaissance de son utilité sociale.
   Derrière la crise du travail il y a le sentiment désespérant que la
   promotion sociale est impossible, que le mérite n'est plus récompensé
   et que le travail ne paye plus, qu'il ne protège même plus de la
   pauvreté. Avec la crise de la valeur travail c'est l'espérance qui
   disparaît. Comment espérer encore si le travail ne permet plus de se
   mettre à l'abri de la précarité, de s'en sortir, de progresser ?
   Je revendique le droit de dire que je trouve inacceptable qu'il puisse
   exister des travailleurs pauvres parce qu'ils n'ont pas de travail, non
   parce que c'est une idée de gauche ou une idée de droite, mais parce
   que c'est ma conception de la morale.
   Je revendique le droit de dire qu'il faut l'encourager au lieu de le
   décourager,
   Qu'il faut cesser de dévaluer le travail en surévaluant la monnaie,
   Qu'il faut cesser de faire du travailleur la seule variable
   d'ajustement de l'économie,
   Qu'il faut cesser de faire du travailleur celui qui paye pour tous les
   autres,
   Qu'il faut moins taxer le travailleur et davantage le pollueur ou le
   consommateur.
   Je veux être le Président de la réhabilitation des travailleurs et de
   la hausse du pouvoir d'achat. La France sans paysan, sans artisan, sans
   ouvrier serait une France appauvrie moralement, culturellement,
   économiquement. Je pense aussi aux employés, aux techniciens, aux
   ingénieurs, aux cadres, je pense aux infirmières, je pense aux
   professeurs, aux médecins, à tous ceux qui aiment leur métier, qui en
   sont fiers.
   Je revendique le droit de dire que je les admire et que pour moi, à
   leur manière, ce sont des résistants. Des résistants contre la
   disparition d'un type de civilisation et d'un type d'homme qui
   respectent le travail comme une condition de la liberté, qui pensent
   que l'honneur c'est toujours s'efforcer de faire le mieux possible ce
   qu'on a à faire, que la dignité c'est de ne rien devoir qu'à soi-même
   et que le premier devoir d'un homme c'est de transmettre ses valeurs à
   ses enfants.
   Je revendique le droit de croire dans la force créatrice du capitalisme
   et d'être convaincu, en même temps, que le capitalisme ne peut pas
   survivre sans une éthique, sans le respect d'un certain nombre de
   valeurs spirituelles, sans l'humanisme, sans le respect de la personne.
   Je suis convaincu que l'économie a besoin de souplesse et qu'empêcher
   de licencier empêche d'embaucher. Mais je ne peux pas admettre que
   quelqu'un puisse être licencié sans qu'on lui dise pourquoi.
   Ce n'est pas un problème de droite ou un problème de gauche. C'est un
   problème de respect.
   Je trouve normal que celui qui prend des risques et qui réussit puisse
   être bien payé mais je trouve anormal les parachutes en or pour ceux
   qui échouent.
   Ce n'est pas un problème de droite. Ce n'est pas un problème de gauche
   : c'est un problème de morale.
   Je revendique le droit d'être libéral et de ne pas croire à la
   pérennité d'un capitalisme dans lequel l'homme ne compterait pas, dans
   lequel le chef d'entreprise n'aurait de responsabilité que vis-à-vis de
   ses actionnaires sans en avoir aucune, vis-à-vis de ses salariés, de la
   société, de son pays, des générations futures.
   Je ne crois pas à la survie d'un capitalisme déshumanisé où toute la
   propriété est diluée dans la Bourse, où l'actionnaire n'a plus aucun
   lien avec l'entreprise et avec ceux qui y travaillent, où l'entreprise
   n'est plus une communauté humaine.
   Je suis convaincu qu'il faut rééquilibrer le capitalisme financier dans
   un sens plus favorable à l'entrepreneur et au capitalisme familial.
   Je veux être le Président d'une France qui travaille à humaniser et à
   moraliser la mondialisation.
   Je revendique le droit d'être pour une économie ouverte, de reconnaître
   que la mondialisation peut être une opportunité, que rien ne serait
   pire que de fermer les frontières et, en même temps, de ne pas vouloir
   aller dire à ceux qui la vivent comme une menace que la mondialisation
   est forcément heureuse.
   Je revendique le droit de ne pas trouver digne d'aller expliquer la vie
   à ceux pour qui elle est dure, à ceux qui sont à le peine, à ceux qui
   sont en concurrence avec les travailleurs des pays à bas salaires, dix
   fois moins bien payés qu'eux.
   Je revendique le droit de refuser d'aller faire la pédagogie du
   sacrifice et du malheur à ceux qui souffrent et qui depuis des années
   ne cessent de faire des sacrifices et d'éprouver le malheur des
   fermetures d'usine, et des destins.
   Je revendique le droit de dire mon respect à la France qui croit au
   mérite et à l'effort, la France dure à la peine, la France dont on ne
   parle jamais parce qu'elle ne se plaint pas, parce qu'elle ne brûle pas
   des voitures, qui ne casse pas ce qu'elle a payé si cher par son
   travail, qui ne bloque pas les trains.
   La France qui se sent mise à l'écart parce que les augmentations
   d'impôts sont toujours pour elle et les allocations pour les autres,
   qui se sent parfois abandonnée mais qui ne demande pas la charité, qui
   veut juste qu'on la respecte. Celle des travailleurs qui estiment ne
   pas avoir la récompense de leur travail, de leurs mérites. Celle qui
   sait qu'avec le SMIC on n'arrive plus à se loger, celle des temps
   partiels subis, celle des mères isolées qui ne peuvent pas travailler à
   temps plein parce qu'elles n'ont pas les moyens de faire garder leurs
   enfants. C'est la France des salariés de l'industrie qui vivent dans la
   hantise des délocalisations, des cadres qui redoutent à 50 ans de faire
   les frais de la prochaine réorganisation et de ne plus avoir de place
   dans l'économie et la société. C'est aussi celle des artisans, des
   agriculteurs, des pêcheurs écrasés de charges et de contraintes et qui
   n'arrivent plus à faire face. C'est la France des classes populaires
   qui a peur de l'exclusion et celle des classes moyennes qui a peur du
   déclassement.
   Je revendique le droit de dire, contre la pensée unique, non parce que
   c'est de droite ou de gauche, mais parce que c'est la vérité,
   qu'opposer le salaire à l'emploi est une erreur, que le salaire n'est
   pas l'ennemi de l'emploi, que l'emploi fait augmenter les salaires, que
   l'augmentation des salaires crée de la demande, que la demande crée de
   la production et de nouveaux emplois, que la vraie politique de
   l'emploi c'est la politique du pouvoir d'achat.
   Je revendique, contre la pensée unique, de vouloir une politique qui,
   en stimulant la croissance et en faisant reculer le chômage, réduira
   les déficits et fera monter les salaires.
   Je revendique le droit de dire que la France doit réduire ses dépenses
   publiques mais elle n'a pas besoin d'une cure d'austérité de plus, elle
   a d'abord besoin d'une politique de réformes et de croissance.
   Je vous propose une politique d'efforts et non une politique de
   sacrifices. C'est en travaillant plus que la France remboursera sa
   dette publique et paiera ses retraites, pas en mettant en oeuvre le
   énième plan d'austérité.
   Il manque à la France un point de croissance par an. Elle ne résoudra
   aucun de ses problèmes si elle ne retrouve pas ce surcroît de
   croissance.
   Je revendique le droit de dire que pour gagner dans la mondialisation,
   il faut investir plus que les autres et avant les autres, que c'est
   comme cela que nous ferons de la croissance, que c'est comme cela que
   nous créerons de l'emploi et du pouvoir d'achat, je veux le dire parce
   que c'est la vérité.
   Alléger la fiscalité sur le travail, c'est un investissement.
   Réformer l'État c'est un investissement.
   Réformer l'enseignement supérieur et la recherche, c'est un
   investissement.
   Donner aux parents les moyens de mieux élever leurs enfants, c'est un
   investissement.
   Créer des écoles de la deuxième chance, c'est un investissement.
   Donner un droit à la formation tout au long de la vie, c'est un
   investissement.
   Apprendre à lire, écrire et compter à tous les enfants, c'est un
   investissement.
   Je revendique le droit contre la pensée unique, de dire qu'on a trop
   confondu le courage politique avec la politique des sacrifices, qu'on a
   trop cherché le salut collectif dans la vertu du sacrifice.
   Les sacrifices sont parfois nécessaires. Mais dans ce cas tout le monde
   doit en faire. Je trouve que c'est cela la morale de la politique.
   Cela fait 25 ans que les Français font des sacrifices. Les Français
   n'en peuvent plus de faire des sacrifices pour rien. Je veux proposer
   aux Français non une politique de sacrifice, mais une politique
   d'effort.
   Le sacrifice c'est moins pour tout le monde.
   L'effort c'est la récompense du mérite.
   Le sacrifice c'est travailler plus pour gagner moins. L'effort c'est
   travailler plus pour gagner plus.
   Le sacrifice c'est la flexibilité sans contrepartie.
   L'effort c'est moins protéger l'emploi et davantage protéger les
   personnes.
   Le sacrifice c'est la baisse des allocations chômage.
   L'effort c'est d'être obligé de suivre une formation et de reprendre un
   travail qui correspond à ses qualifications et de bénéficier en même
   temps, lorsque l'on est licencié économique, d'un contrat avec le
   service public de l'emploi et d'une assurance salaire.
   Je revendique le droit de sortir de la pensée unique, de sortir des
   vieux clivages et des vieux schémas.
   Je revendique le droit de penser librement en dehors des préjugés et
   des a priori.
   Je veux vous dire que l'avenir sera comme nous serons capables de
   l'imaginer.
   Je veux vous dire que la France se relèvera dès lors que nous serons de
   nouveau capables de regarder la réalité en face et de dire la vérité
   sans avoir peur.
   Je ne vous mentirai pas, je ne vous tromperai pas, je ne vous trahirai
   pas.
   Je continuerai de vous dire la vérité, ma vérité, la vérité d'un homme
   qui a mis longtemps à devenir un homme libre, mais qu'il est désormais,
   qu'il est pleinement, qui veut vous faire partager cette liberté, qui
   veut vous rendre libre de pensée et de choisir, qui veut vous dire
   qu'il n'y a pas de fatalité, qui veut mettre sa liberté et sa vérité au
   service de tous les Français, au service de la France, au service de la
   République et qui veut vous dire ce soir, du fond du coeur, avec une
   immense espérance, avec une immense foi dans l'avenir
   Vive la République
   Vive la France
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