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Discours politique
Jean-Marie Le Pen, Discours à Nice (19/04/2007)
   Mes chers camarades,
   Mes chers Compatriotes,
   Merci d'être venus si nombreux, amis militants et sympathisants, qui
   êtes depuis si longtemps messagers de notre combat et avant-garde de
   notre armée, à la veille d'un scrutin capital pour l'avenir de la
   nation française comme pour chacun d'entre nous.
   À la fin de cette avant dernière semaine de campagne présidentielle, à
   trois jours du premier tour, qu'il me soit permis aussi de remercier
   tous ceux qui ont contribué à l'effort commun pour informer nos
   compatriotes des dimensions de l'enjeu, de nos analyses et nos
   propositions pour arracher la France et les Français au désastre où les
   ont conduits les politiciens du Système, de gauche comme de droite.
   Merci à tous, dirigeants, militants du Front National et de l'Union
   Patriotique et à tous nos sympathisants qui ont oeuvré partout en
   France, merci au FNJ et aux DPS.
   Merci aux équipes de campagne, et à tous mes collaborateurs directs.
   Nous sommes à Nice aujourd'hui, mais nous étions ces derniers mois à
   Nantes, à Rouen, à Paris, à Dijon, à Bordeaux, à Tours, aux Herbiers, à
   Palavas-Montpellier, à Toulon, à Metz, à Lille, à Toulouse, dimanche à
   Paris, mardi à Boulogne-sur-mer et à Hénin-Beaumont, et dans beaucoup
   d'autres endroits.
   Au cours de presque une année de campagne, nous avons sillonné la terre
   de France. Car c'est au plus près de vous, au plus près du peuple de
   France que j'ai voulu mener la bataille électorale, et non, comme
   certains, depuis la muraille de Chine ou le bureau ovale du Président
   des États-Unis ...
   Qu'ai je vu, qu'ai-je entendu, qu'ai-je constaté tout au long de ces
   mois ?
   Partout en France, dans toutes les villes, quartiers et villages, dans
   toutes nos si belles provinces, dans toutes les campagnes, dans tous
   les terroirs, bref, de toute la France, j'ai vu se lever une immense
   vague, celle de la renaissance française, celle du renouveau national.
   Partout, j'ai rencontré des Français, de toutes conditions, de tous
   âges, de tous les milieux et de toutes origines, souffrant dans leur
   vie quotidienne, exaspérés de n'être jamais entendus, de n'être jamais
   écoutés par un système qui les ignore et qui tourne en vase clos, de
   manière absurde.
   Qu'attendent nos compatriotes ?
   Que se lève une grande vague nationale, qui vienne enfin balayer
   l'oligarchie en place, auquel ils ont raison de ne plus faire
   confiance, puisque depuis trop longtemps, elle les trahit sans
   scrupules ni remords.
   Car c'est bien d'une véritable vague, forte, régénératrice et
   salvatrice, dont notre pays a besoin, après les décennies d'incurie et
   d'inaction des gouvernements qui se sont succédés sans résoudre aucun
   des problèmes auxquels la France était confrontée et qu'ils ont au
   contraire aggravés.
   Cette vague arrive, elle va puissamment, irrésistiblement, déferler,
   les 22 avril et 6 mai prochains.
   Les gens de mer le savent : avant les grandes vagues, avant les
   tsunamis, la mer se retire très très loin, laissant voir la plage dans
   sa totalité. C'est le cas aujourd'hui et, hélas, nous voyons tous la
   plage France dans sa désolante nudité.
   Dans tous les domaines, et en dépit des immenses atouts naturels et
   historiques de notre pays, les politiciens néfastes qui, depuis des
   années se succèdent au pouvoir, ont tout cassé.
   Immuables, interchangeables derrière l'illusion d'alternance dont ils
   ont bercé le peuple pendant si longtemps, ils sont les responsables de
   nos difficultés économiques et sociales, du laxisme judiciaire et
   moral, de l'explosion de l'immigration et de la délinquance, de
   l'effondrement de toutes les grandes institutions jadis au coeur de la
   prospérité française.
   Ils ont abandonné l'identité nationale, en niant le génie français, en
   rognant sans cesse les prérogatives souveraines de notre pays qu'ils
   souhaitent diluer dans un Euroland technocratique et lointain, loin des
   patries charnelles ...
   Ils ont bradé la nationalité française, en la concédant automatiquement
   et massivement à des nouveaux venus qui n'en ont que faire, qui ne
   veulent en tirer que des droits sociaux sans assumer le moindre devoir,
   oubliant que les hommes ont besoin de solennité et d'exigence pour être
   légitimement fiers d'entrer dans la communauté nationale française.
   En appelant de leurs voeux l'émergence d'une société multiculturelle
   -aux frais de la République : la princesse est bonne fille pour ces
   tuteurs malhonnêtes - ils ont fait la promotion indécente de tous les
   communautarismes, défendant les nationalités d'origine, les ethnies,
   les religions, voire les orientations sexuelles, au détriment du simple
   et beau sentiment d'être français.
   Ils ont empêché l'assimilation des immigrés, en privilégiant ce qui
   divise les Français et non ce qui les rassemble, et se sont payés en
   outre le luxe hypocrite d'accuser le Front national d'être facteur de
   cette division qu'au contraire nous avons toujours combattue.
   Ils ont cassé l'école, en généralisant le "pédagogisme" le plus farfelu
   issu des idées de 68, en abandonnant ce lieu d'acquisition de la
   culture élémentaire à des syndicats irresponsables, en dévalorisant les
   filières de l'apprentissage et des métiers manuels au profit de la
   chimère des études généralistes et des formations abstraites.
   Ils ont lâchement consenti à la dévalorisation des diplômes, seule
   possibilité qu'ont les plus humbles et les plus méritants de s'élever
   dans la société et de s'accomplir dans la vie.
   Ils sont les premiers responsables de la société d'insécurité dans
   laquelle nous vivons aujourd'hui, qui anéantit l'une après l'autre
   toute nos libertés.
   D'abord, évidemment, celle de pouvoir vivre, travailler, circuler
   librement, sans peur, partout en France.
   Il existe aujourd'hui dans notre pays des milliers de "zones de
   non-droit", dans lesquelles ni la police, ni les pompiers, ni même les
   facteurs ou les agents du gaz ou de l'électricité ne se rendent plus.
   Et les agressions, atteintes aux biens et aux personnes ne cessent et
   n'ont jamais cessé d'augmenter, en dépit des déclarations lénifiantes
   de Sarkozy.
   Des crimes de plus en plus abjects, comme celui de la petite
   Marie-Jeanne, 10 ans, violée en groupe et dépecée comme un gibier pour
   masquer les traces du crime commis entre autres par un criminel qui a
   bénéficié de 40 ans de remises de peine et qui aurait du être exécuté,
   si des bonnes âmes, incapables de protéger les innocents, ne se
   préoccupaient que de faire échapper les assassins à la peine capitale.
   Chirac a même été jusqu'à constitutionnaliser l'abolition, avec la
   complicité des députés et des sénateurs, alors même qu'il n'existe pas
   de peine de détention perpétuelle pour éviter la sortie de monstres
   récidivistes.
   Ils ont hypothéqué l'avenir, empêchant chacun de construire et préparer
   sa retraite, légitimement, avec les fruits de son travail et de son
   épargne.
   Ils ont empêché nos compatriotes de pouvoir bénéficier efficacement de
   la solidarité nationale dans les périodes difficiles de l'existence :
   en effet, en ouvrant à tout-va les robinets de l'aide sociale, ils ont
   dilapidé les cotisations des Français et ont vidé la solidarité de son
   sens.
   Que reste-t-il de la fraternité, aujourd'hui, lorsqu'on sait que
   certaines retraites dépassent à peine 200 euros par mois, que de plus
   en plus de médicaments sont déremboursés, que les pensions de réversion
   des veuves sont supprimées ou amputées ?
   Pour financer des politiques dispendieuses et inefficaces, ils n'ont
   cessé de ponctionner de plus en plus les Français, soumis à une
   pression fiscale constante et écrasante.
   Ce faisant, ils ont tué l'initiative, le travail et l'effort, mais
   aussi le pouvoir d'achat et la consommation. Bref, ils ont condamné
   notre économie, réserve naturelle de notre richesse et de nos emplois.
   En ouvrant les vannes d'un véritable torrent migratoire, les
   politiciens français ont alimenté une réserve misérable de chômage qui
   pèse, à la baisse, sur les salaires des travailleurs français.
   Et peu à peu, le pays se vide ainsi de sa force de travail, perdant des
   millions d'emplois, touché à la fois par la désindustrialisation et par
   la désertification des campagnes, campagnes qui sont à la fois les
   victimes de politiques agricoles aberrantes et l'objet des fantasmes
   écolo-oniriques des bo-bos citadins qui nous gouvernent et qui
   voudraient en faire les lieux de promenade de leurs longs week-ends de
   RTT.
   Oui, mes chers camarades, messieurs Sarkozy et Bayrou flanqués de
   madame Royal, ont bradé toutes les valeurs derrière lesquelles ils
   prétendent pourtant se réfugier : ils ont bradé l'égalité, en créant
   d'insupportables situations de disparité entre les Français, mais aussi
   la liberté.
   Celle d'entreprendre ou de circuler, nous l'avons vu, mais aussi celle
   de penser, de réfléchir, de s'exprimer : car ces soi-disant libres
   penseurs sont en réalité de véritables flics de la pensée unique, des
   apprentis matons, qui cherchent à réprimer durement toute les sorties
   des voies bien balisées du prêt-à-penser dominant.
   Ceux qui se présentent à vos suffrages aujourd'hui n'ont pas changé.
   Derrière les effets d'estrade et les discours bien léchés, ils
   regardent toujours avec un mépris dégoûté les millions de Français qui
   vivent, souvent difficilement, loin des beaux quartiers, sans prendre
   garde à leur colère qui gronde, et qu'ils qualifient avec dédain de
   populisme.
   En effet, forts de ces pitoyables résultats, les responsables de la
   catastrophe française voudraient continuer à rester entre eux, à ne
   désigner qu'à l'intérieur de leur club des candidats qui ne
   perturberont pas cette triste comédie.
   Alors, mesdames et messieurs, s'il est une grande cause politique
   nationale aujourd'hui, s'il est priorité absolue, c'est que je sois
   présent les 22 avril et 6 mai prochains au grand rendez-vous des deux
   tours de l'élection présidentielle.
   Comment les autres pourraient -ils faire demain ce qu'ils n'ont pas
   voulu faire hier ?
   "On ne tire pas sur une ambulance" ... ni, a fortiori, sur plusieurs.
   Je n'évoquerai donc pas les multiples candidatures d'une extrême gauche
   qui, parti communiste compris, s'est peu à peu détournée des
   "travailleurs" pour embrasser tous les conservatismes sociaux et toutes
   les impostures libertaires de notre temps.
   Le peuple ne s'y trompe d'ailleurs plus, et la preuve en est que,
   aujourd'hui, le premier parti ouvrier et paysan de France, c'est le
   Front national.
   Pour faire bonne mesure, j'intègre les prétendus écologistes à cette
   extrême gauche déconnectée le plus souvent des préoccupations réelles
   des Français, ou aveuglée par ses oeillères idéologiques d'un autre
   temps.
   En ce qui concerne les fameux "grands candidats", que n'a-t-on vu,
   durant cette campagne ?
   Que de métamorphoses des vilaines petites chenilles en jolis papillons
   n'a-t-on observé !
   C'est que durant le temps d'une campagne électorale, les sortants
   d'hier veulent être les impétrants de demain, qui aspirent à la plus
   haute fonction institutionnelle française.
   Alors, compte tenu de l'air du temps, on se fait beau, on se pomponne,
   on dissimule, derrière un peu de fond de teint politique, tout ce qui
   risque de déplaire.
   On a vu ainsi madame Royal, sortie des jupes de Mitterrand, se mettre à
   parler de la nation, des anciens, de l'encadrement militaire de la
   jeunesse.
   Elle, qui en mars 1989, lançait avec le journaliste ex-communiste
   Michel Cardoze et le patron de SOS-Racisme Harlem Désir l'association
   Riposte, "pour riposter à l'idéologie sécuritaire" !
   Elle, qui, en son temps de ministresse, défendit la thèse selon
   laquelle "les enfants ont toujours raison", veut maintenant éduquer les
   familles.
   Avant de se créer de toute pièce une image de défenseur de la famille,
   Marie-Ségolène Royal, dite Ségolène Royal après avoir fait disparaître
   son premier prénom pour faire sans doute plus "laïque", s'est d'abord
   affirmée comme une féministe en réaction contre la situation d'une mère
   écrasée sous la tutelle conjugale.
   Dès 1997, elle se déclara favorable à une reconnaissance juridique, je
   cite "du couple homosexuel en alignant sa situation sur celle de
   l'union libre hétérosexuelle".
   Ségolène, c'est le socialisme à visage câlin.
   Écoutez ce que le Général de brigade, Pierre Royal, oncle de Ségolène,
   dit d'elle :
   "Je ne puis admettre que, pour construire sa carrière politique, elle
   ait sali de façon outrageuse la mémoire de son père. Lors de la sortie
   de son livre "Le printemps des Grands-parents", titre très cocasse
   quand on saura qu'elle a été particulièrement odieuse avec mes parents
   (ses grands-parents), elle a accordé un certain nombre d'interviews où
   il ressortait qu'elle avait eu une enfance très dure du fait de son
   père, militaire rigide et borné qui la brimait.
   Par contre, au moment de la guerre du Golfe, dans une interview au
   journal "La Nouvelle République du Centre", elle disait son soutien aux
   soldats français, évoquant avec émotion le souvenir du départ de son
   père pour l'Algérie et sa mort au combat (en réalité, mon frère est
   mort d'un cancer en 1981).
   En conséquence, je n'ai aucune relation avec cette jeune femme,
   résolument mythomane et j'ai honte de voir le nom de ma famille ainsi
   galvaudé".
   Et puis soyons sérieux. Comment madame Royal pourrait-elle mener à bien
   la reconstruction de la France dans la période hautement critique
   qu'elle traverse, alors même qu'elle ne parvient déjà pas à coordonner
   ses propres équipes ?
   Comment pourrait-elle en appeler au modèle républicain alors qu'elle
   s'est dispensée de respecter le cadre républicain qu'est le mariage
   civil, que ces deux hauts fonctionnaires donnent l'exemple déplorable
   de leur famille sans structure et que l'une d'eux prétend incarner la
   nation et la République dont le Code civil est l'une des bases.
   Comment pourrait-elle mettre en place pour tout le pays "l'ordre
   juste", alors que le désordre règne chez elle, et que l'injustice n'a
   en France jamais autant progressé que lorsque le Parti socialiste était
   aux affaires, et surtout dans les affaires !
   François Bayrou, quant à lui, a une trajectoire plus lisse.
   Passés ses quelques engagements gauchistes au lycée du Nay en 1968,
   passée sa période pacifiste, il s'est illustré comme un Ministre de
   l'Éducation Nationale particulièrement immobiliste, entre 1993 et 1997.
   Après avoir tenté de réformer timidement la loi Falloux sur
   l'enseignement confessionnel, en 1994, il lâchera vite devant les
   lobbies et syndicats de l'Éducation Nationale, au point de réviser sa
   copie dans un sens si favorable aux laïcards qu'il obtiendra même le
   soutien de la Fédération syndicale unifiée.
   Autre reculade sur le projet de Daniel Laurent, en janvier 1995, sur la
   réforme de l'enseignement supérieur lequel souhaitait rétablir une
   sélection à l'université. Au bout de deux manifestations, le projet
   sera piteusement remisé, comme d'habitude.
   Enfin, alors même que Jacques Chirac souhaitait mettre en oeuvre un
   grand référendum sur l'éducation - pour une fois qu'il a voulu faire
   quelque chose !- Bayrou parviendra à faire échouer ce plan en nouant
   des alliances privilégiées avec les syndicats de gauche, transformant
   la réforme universitaire initiale en une simple liste de mesures et
   vagues projets.
   On le verra même déclarer, en mars 1999 : "Les étudiants, je les aime !
   Nous sommes du même côté de la barricade". Il n'aura donc mis en oeuvre
   aucune des réformes qu'il préconisait dans son livre paru en 1990 La
   Décennie des mal-appris.
   Pendant la campagne, il a affirmé vouloir restaurer "la discipline et
   l'excellence scolaires". À la bonne heure !
   Mais comment compte-t-il s'y prendre ? Nous ne le saurons jamais.
   Aucune conception claire de l'École n'apparaît jamais dans les discours
   de cet ancien ministre de l'Éducation Nationale et de ce professeur de
   Lettres, éleveur amateur qui parle à l'oreille des chevaux, qui,
   heureusement pour lui, ne votent pas.
   Comme homme de décision, on fait mieux.
   En revanche, il y a une chose qu'on ne peut enlever à François Bayrou.
   Il a toujours été favorable à une Europe supranationale, assise sur des
   grandes régions à la mode allemande, et à ce titre, il est le grand
   perdant du référendum de juin 2005.
   Dès le 13 juin 2000, Bayrou et Cohn-Bendit ont réclamé ensemble, depuis
   Strasbourg, dans un appel solennel, une Constitution européenne et
   l'élection d'un président de l'Union.
   Après le refus pourtant clair du peuple souverain, s'agissant de la
   Constitution européenne, il se propose simplement de la rendre
   "lisible".
   Quel changement sur le fond veut-il y apporter ? On le cherche en vain.
   Et pour cause, il n'y en a pas.
   Au Parlement européen, il s'est fait récemment remarquer en faisant
   passer, grâce aux voix de ses députés européens français, une motion
   demandant à Zapatero de traiter avec les terroristes de l'ETA,
   complices d'Iparetarak en France, qui réclame l'annexion au Pays Basque
   espagnol d'une partie des départements français des Pyrénées
   Atlantiques.
   Pour lui, la Constitution européenne reste l'horizon indépassable de
   notre avenir, injustement rejeté par un peuple-enfant, le peuple
   Français, qui n'a rien compris, et qui va devoir pourtant, selon lui,
   se ranger, par la force ou la ruse si nécessaire, à ce projet
   salvateur.
   Bayrou, c'est donc plus d'Europe, plus de bureaucratie bruxelloise,
   plus de mondialisme.
   Par ailleurs, il prétend recréer un grand "parti démocrate". Dans cette
   optique, il a reçu l'appui de Rocard, l'ancien porteur de valises du
   FLN et de l'ineffable docteur Kouchner, le porteur télévisé des sacs de
   riz humanitaires.
   Il me semble que cela a déjà existé : cela s'appelait le "Centre
   Démocrate", au temps lointain de M. Lecanuet, quand M. Bayrou lui
   servait de gratte papier.
   Après avoir brocardé pendant des lustres le Front National, parti
   qualifié systématiquement de "protestataire", il s'essaie au
   positionnement "ni droite, ni gauche", stigmatisant les media du haut
   de son expérience de Parlementaire installé, de Ministre repu, de chef
   d'un parti de 29 députés, 32 sénateurs, 11 députés européens, 1400
   maires, 110 conseillers régionaux, et prétend encore, avec tout çà,
   être hors du Système !
   Si je suis Président dit-il encore, je prends les mêmes de gauche, je
   prends les mêmes de droite et avec eux, je lance une expérience
   politique nouvelle.
   C'est évidemment une utopie ! Cela ne pourrait exister que dans le
   cadre de sujets mineurs.
   Pour tout sujet politique ou économique d'envergure nationale ou
   européenne, les élus de droite et de gauche en question
   s'affronteraient, de toute évidence, becs et ongles, et même toutes
   griffes dehors !
   M. Bayrou ne veut ni ne peut rien dépasser du tout. Il ne fera que
   recommencer ce qui, à droite et à gauche, est déjà dépassé. Il
   répéterait le déjà vu. Il ferait radoter l'Histoire.
   En somme, il a inventé l'improbable quadrature du centre.
   Nicolas Sarkozy, quant à lui, joue une partition un peu différente.
   Il change d'idées comme de chemises, variant les positions politiques
   comme d'autres les plaisirs, tout à une logorrhée dont il est, bien
   sûr, le premier auditeur émerveillé.
   Entrainant la campagne dans un tourbillon sans fin d'idées et de
   principes contradictoires, il regarde avec gourmandise le peuple
   déboussolé, comme un pilier de bistrot vis-à-vis d'un naïf qu'il aurait
   réussi à griser.
   On le croyait attentif au problème que pose l'immigration à l'identité
   nationale, le voilà qui se réclame d'une France métissée, érigée au
   rang d'alpha et d'oméga de l'action politique.
   On le pense sans concessions vis-à-vis des délinquants immigrés, le
   voilà qui mêle à l'affaire sa propre trajectoire personnelle de
   candidat de l'immigration, comme pour dire que le mot "racaille" ne
   doit être entendu que par les électeurs du Front National, les autres
   étant appelés à se boucher les oreilles pour les besoins de la cause.
   Hier, à l'avant-veille des émeutes de novembre 2005, il se déclarait
   pour le droit de vote des immigrés. La semaine dernière, il affirmait y
   avoir renoncé. Dans l'espoir que ceux qui ont entendu le premier
   message ne soient pas les mêmes que ceux qui ont reçu le second, car en
   politique, lui a-t-on dit, il faut additionner et pas soustraire.
   Ah, Nicolas ! Pour la monnaie unique quant il est à Bruxelles, il en
   stigmatise les effets inflationnistes en province.
   Pour la baisse du poids de l'État dans l'économie sur les plateaux de
   télévision, il célèbre l'efficacité de la dépense publique devant tel
   ou tel aréopage de hauts fonctionnaires.
   Quant il ne sait pas, çà n'est pas grave, il a réponse à tout. Il lui
   suffit de prendre un air convaincu et décidé, et tout passe.
   Lui aussi, il fait désormais dans le "ni droite, ni gauche".
   Lors d'un entretien avec le quotidien gratuit "20 minutes", SARKOZY
   faisant allusion à son équipe de 15 ministres, a ainsi récemment
   déclaré :
   "Un certain nombre de personnalités de gauche pourraient être membres
   de mon équipe",
   "Je pense à des noms que je ne gênerai pas en les citant maintenant".
   SARKOZY n'exclut donc pas un gouvernement qui comprendrait des
   ministres de gauche s'il est élu président de la République.
   Il dit, par ailleurs, ne pas attendre d'appel téléphonique de
   Jean-Marie Le PEN entre les deux tours. "Ce n'est pas Le PEN qui
   m'intéresse, c'est son électorat" !, dit-il, sans aucune vergogne.
   Mais cet ex Ministre-candidat doit bien comprendre que le peuple de
   France est fou de rage d'être abandonné, spolié par les conséquences du
   mondialisme et de l'Europe fédérale, que ses tentatives dérisoires de
   séduire un jour l'électorat de Le PEN, le lendemain celui de BAYROU ou
   de ROYAL se termineront par un fiasco.
   Étant entendu que le seul ancien Ministre d'un Gouvernement de Gauche
   soutenant officiellement Sarkozy s'appelle Bernard TAPIE, on peut en
   déduire sans trop de risque d'erreur que le marché conclu entre le caïd
   des Hauts de Seine et le Caïd de Marseille a un prix : un Ministère sur
   mesure pour le retour de Nanard en politique.
   Décidément le gâteau attire du beau monde : après le soutien de Doc
   Gyneco, d'Arno Klarsfeld et du néo-belgo-suisse Johnny Halliday, de
   Roger Hanin, c'est maintenant celui du milieu politico-sportif héritier
   des méthodes mitterrandiennes !
   Aucune idée, même ridicule, ne le rebute. C'est ainsi qu'il a
   solennellement proposé de devenir Français à toutes les femmes battues
   du monde, vous avez bien entendu, du monde !
   Alternativement candidat de la gauche, du centre et de la droite, il a
   inventé la candidature globalisée, ce qui sied bien à cet apôtre
   permanent de la mondialisation.
   Dans l'espoir que tout le monde votera pour lui.
   Voilà, mesdames et messieurs, la vérité qui a éclaté au grand jour
   durant cette campagne.
   Sarkozy, Bayrou, Royal : on prend les mêmes et on recommence.
   C'est justement ce que les Français n'acceptent plus. Partout en
   France, mes chers camarades, un grand espoir s'est levé.
   Car voila revenue la grande question qui se pose à la France, ce
   miracle sans cesse recommencé mais sans cesse attaqué, abattu parfois,
   mais toujours renaissant!
   Oui, Mesdames et messieurs candidats du système, ce sont de terribles
   et cruelles leçons que donnent les Peuples quand leurs chefs ajoutent à
   l'abandon, la tromperie et le mensonge !
   Tous unis dans l'arrogance de votre aristocratie auto proclamée, dans
   la certitude de votre impunité, vous avez méprisé les citoyens,
   galvaudé la république et bradé la Nation !
   Vous avez méprisés les citoyens, quand vous abolissiez la peine de mort
   contre le voeu des électeurs, quand vous écartiez près de la moitié des
   Français de toute représentation parlementaire.
   Vous avez galvaudé la République, lorsque vous avez sacrifié l'égalité
   devant la loi sur l'autel des revendications des lobbies, lorsque vous
   avez laissé dépérir la laïcité au profit de communautarismes de tous
   ordres.
   Vous avez bradé la nation, en acceptant qu'elle disparaisse dans le
   grand magma européen et l'alignement sur les États-Unis d'Amérique !
   Tout ce qui faisait notre bonheur d'être Français, notre gloire aussi,
   vous l'avez brisé, jeté aux orties de la mondialisation et de la
   repentance.
   Mais cela, l'histoire de France, que vous découvrez à la veille de
   cette élection, nous l'avait déjà enseigné depuis longtemps !
   Votre action, c'est le bégaiement permanent de l'histoire du Patriciat,
   nom éternel des oligarchies sans âmes, toujours promptes à sacrifier
   les intérêts de la Cité au Veau d'Or, aux prébendes, aux postes et aux
   places!
   Depuis longtemps en effet, les titres, l'argent, le pouvoir vous ont
   conduit à transiger sur les valeurs de la Nation et de la République !
   Et voyez vous, mesdames et messieurs du Système, du compromis à la
   compromission, il n'y a qu'un soupir, le soupir de la conscience
   malheureuse, celle qui subi le politiquement correct, la police de la
   pensée, le terrorisme intellectuel, et qui de surcroît veut l'imposer
   au peuple tout entier !
   Et de la compromission à la trahison de la Patrie, il n'y a qu'un clin
   d'oeil, celui de vos maîtres de Bruxelles !
   Vous avez encore l'audace aujourd'hui de vous présenter aux suffrages
   du peuple souverain, portant de surcroît en bandoulière les idées des
   autres !
   Oui, mesdames et messieurs, trente ans de critiques, de mépris, de
   caricatures de mes idées pour finalement les reprendre aujourd'hui in
   extenso et sans vergogne !
   Nous voilà revenu aux temps des Grandes Compagnies, des maraudeurs, des
   pillards.
   Le Système avait mis le pays en coupe réglée, Droite, Gauche, Centre,
   toujours alliés, toujours unis, toujours complices des pires
   forfaitures, des HLM de la Ville de Paris aux Lycées d'Ile de France,
   en passant par les emplois fictifs et les valises de la Françafrique !
   Nous en avions l'habitude !
   Mais enfin, n'y aurait-il plus rien à dérober dans le Pays qu'ils en
   soient réduits à me voler mes idées ?
   À les entendre aujourd'hui,
   Ils sont tous patriotes,
   Tous sauveurs des travailleurs et des retraités
   Tous défenseurs de la veuve et de l'orphelin,
   Tous amis des paysans et des pécheurs
   Tous protecteurs des services publics et des fonctionnaires,
   Tous potes des banlieues !
   Tous, larmes à l'oeil et main au portefeuille des autres, rivalisent de
   mots creux et de phrases rendues caduques par l'ampleur de leurs échecs
   Ce n'est plus une élection présidentielle, c'est un pèlerinage, que
   dis-je c'est un patronage, une association caritative, chacun renvoyant
   l'autre à son absence de patriotisme !
   Et bien non, en la matière, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !
   Au cours de la campagne, beaucoup d'électeurs m'ont posé cette question
   "Mais enfin, Jean-Marie, pourquoi font-ils cela ?"
   "Pourquoi adorent-ils aujourd'hui ce qu'ils ont brûlé hier ?"
   C'est simple,
   C'est la fameuse rédemption électorale,
   Celle qui veut transformer les vieux chevaux de retour de la politique
   en perdreaux de l'année,
   C'est le requin aux dents qui rayent le plancher qui endosse son
   costume de petit poisson rouge,
   C'est la mue de la coquine en rosière et du maquignon en Saint Jean
   Bouche d'or.
   Oui mes chers camarades, toute l'histoire de France nous enseigne ce
   que Mao Zedong, chef communiste de la Chine populaire, résuma un jour
   d'une formule : "le poisson pourrit toujours par la tête"
   Mais elle nous enseigne aussi que lorsque la Patrie trembla sur ces
   bases, lorsque la France menacée vacilla, lorsqu'elle fut au bord du
   précipice, toujours se levèrent aux six coins du pays les va-nu-pieds
   de la gloire, les sans-grades, les petits, les anonymes, les oubliés,
   les humbles travailleurs, les Jeanne d'Arc, les Bara, les Gavroche et
   tous ceux qui, depuis l'aube de la France, fédèrent leurs énergies et
   vont jusqu'à donner leur vie pour la Patrie lorsqu'elle est en danger !
   Oui, la Nation est le seul bien de ceux qui n'en n'ont pas !
   Le seul bien de ceux qui n'emportent pas leur patrie à la semelle de
   leurs souliers !
   Ceux-là sont capables des sacrifices les plus grands, à l'inverse de
   vos amis, madame Royal, messieurs Sarkozy et Bayrou, qui se
   délocalisent pour sauver leur argent et qui ne reviendraient même pas
   si vous étiez élus !
   Car les soutiens de la France française, souveraine et éternelle, ce ne
   sont pas les amis des gnomes de Zurich, siège de l'Organisation
   Mondiale du Commerce, comme disait de Gaulle, votre nouvelle référence
   le temps d'une élection !
   Nos soutiens à nous, c'est cette immense cohorte des victimes de la
   mondialisation, des délocalisations, fruits vénéneux et mortels de
   votre politique,
   Ce sont ces 14 millions de travailleurs pauvres dont vous venez
   d'apprendre l'existence,
   Ce sont ces humiliés du chômage, des retraites misérables,
   C'est ce long cortège de nos derniers paysans devenus assistés,
   C'est ce peuple entier des rmistes privés de dignité à qui vous ne
   concédez même plus les miettes des immenses profits que réalisent ceux
   qui vous dirigent !
   C'est aussi le peuple des petits producteurs, travailleurs indépendants
   et professions libérales qui croulent sous les charges, sous la
   paperasse administrative et les persécutions du fisc ou des ASSEDIC !
   Toutes ces ombres anonymes, héritières de celles qui à Bouvines
   sauvèrent le Roi au cri de "Commune, Commune", descendants de ceux qui,
   derrière Jeanne, boutèrent l'envahisseur hors de France et héritiers
   encore, de ceux qui suivirent le panache blanc du bon roi Henry sur le
   chemin de l'honneur, ces ombres, elles se massent désormais devant les
   bureaux de vote.
   Ces ombres,
   Ce sont celles qui crièrent "vive la Nation" à Valmy,
   Celles qui ont payé le prix du sang, de Reichshoffen et à la Marne, de
   Koufra à Strasbourg.
   Celles qui, quittant les champs et la mine, l'établi ou l'usine, le
   commerce ou le bureau dans les temps d'épreuves, partaient sans calcul
   et sans crainte à l'appel de la France menacée !
   Ces ombres-là, amis militants et sympathisants de l'union Patriotique,
   les voilà réincarnées en vous, en ces millions d'électeurs qui dimanche
   vont dire au Système que la comédie a assez duré, qu'il est temps de
   revenir à la sagesse de siècles de prospérité française.
   Oui, la comédie est finie car si le Peuple l'a supportée pendant plus
   de trente ans, sa capacité de résistance est atteinte !
   Assez de cette politique du mensonge et de l'échec !
   Il est temps de sortir de l'égout en même temps que de l'ornière !
   Et avant de nous séparer, laissez-moi un instant dire quelques mots de
   mon copieur attitré !
   Oui, Monsieur Sarkozy, il y a une autre politique que la vôtre, un
   autre avenir une autre espérance !
   Sur la terre de France, en ce lieu où se rencontrèrent il y a plus de
   20 siècles la fureur gauloise, la mesure grecque et l'ordre romain, ici
   même, à Nice, dans un de ces lieux où souffle l'esprit, laissons-nous
   porter par l'esprit de cette grande Nation, par l'âme de notre France,
   par la force qui est née il y 2000 ans, dans cette rencontre improbable
   de la Gaule Chevelue et des légions en marche !
   Regardons haut et loin, car la France
   C'est la grandeur ou rien,
   C'est cette langue qui enrichit le monde de plus de chefs d'oeuvre de
   l'esprit qu'aucune autre langue,
   C'est la splendeur des paysages et la douceur du climat,
   C'est notre histoire, tragique, glorieuse, reconnue, qui donna au monde
   le sentiment national en même temps que la Liberté, l'équité et la
   Fraternité.
   Cette France de toujours, que nous chérissons, nous ne la laisserons
   pas périr.
   C'est à ce combat que je vous ai appelé depuis si longtemps déjà, et
   auquel vous avez répondu les premiers, vous qui vous avez toujours été
   à mes côtés, malgré les coups, les injures, le mépris et l'injustice !
   Au nom de la France éternelle, soyez-en ici remerciés et permettez-moi
   de vous dire ce soir l'immense fierté que j'éprouve d'être votre
   représentant, vous l'avant-garde éclairée de notre Peuple.
   Oui, je suis fier de vous mener à la victoire, car je sens pour ma part
   que l'aube du changement pointe à l'horizon, comme un signe du Ciel à
   tous ceux qui trahissent, comme un défi de Dieu à tous ceux qui
   oublient.
   Par un de ces hasards que la Providence sait ménager à l'Histoire,
   débutait le 16 avril 1917 l'effroyable bataille du Chemin des Dames.
   En quelques jours 30 000 jeunes Français tombaient pour que vive la
   France !
   Pour que leurs sacrifices n'aient pas été vains, nous leur devons de
   gagner ce combat, comme nous le devons à ces millions de Français nés
   et morts avant nous et dont l'héritage nous impose des devoirs de
   mémoire, de courage et de reconnaissance !
   Alors pour eux, pour nous, pour nos enfants nés et à naître,
   Que le peuple parle enfin et l'on verra qu'il refuse les mensonges, les
   faux-semblants et les voltes faces !
   Unissons nous, mes chers camarades,
   Mobilisons-nous pour graver dans le marbre de l'histoire la victoire
   des 22 avril et 6 mai 2007 !
   Vive la nation !
   Vive la République !
   Vive la France !
   Vive la Vie !
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