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Discours politique
François Fillon, Discours à Nice (29/05/2007)
   Mes chers amis,
   Cher Christian et cher Jacques,
   C'est avec un plaisir immense que je suis ce soir à Nice, car ici comme
   dans tout le département, on a voté massivement pour Nicolas Sarkozy.
   41% au premier tour, 65% au second tour : voilà un résultat clair et
   sans appel!
   Vous avez été les acteurs d'une victoire historique ; une victoire -
   Christian - qui vient de loin, car rien ne fut spontanément donné à
   Nicolas Sarkozy. De la présidence de l'UMP à la Présidence de la
   république, c'est une longue et belle aventure que vous avez vécue avec
   lui. Une aventure, mon cher Jacques, que Nice a soutenu de toutes ses
   forces.
   À Nice et dans les Alpes-Maritimes, vous avez parlé avec votre coeur.
   Votre coeur vous disait que la France mérite d'être passionnément
   aimée.
   Il vous disait que la politique exige plus de courage et de vérité.
   Il vous disait que la République doit cesser de confondre la liberté et
   la permissivité, l'égalité et l'égalitarisme, la fraternité et
   l'assistanat car être citoyen c'est d'abord être exigeant avec soi-même
   avant de tout exiger de son pays.
   Votre coeur vous disait enfin que le temps était venu d'agir autrement.
   Autrement que ce qui a été fait depuis vingt-cinq ans. Autrement car
   les Français ne supportent plus les hésitations et les revirements.
   Ils ne supportent plus la pensée unique qui n'est que le faux nez de la
   résignation et du renoncement.
   Ce message d'urgence, ce message de révolte, ce message de rupture et
   d'espérance, Nicolas Sarkozy s'en est fait le porte-parole.
   Et rien ni personne ne pourra le détourner du pacte que le peuple
   français a noué avec lui.
   Rien ni personne ne pourra étouffer la voix de la majorité silencieuse
   qui, désormais, a pris la parole.
   Cette majorité silencieuse souvent caricaturée, souvent taxée de
   conservatisme par ceux qui n'aiment le peuple que lorsqu'il vote à
   gauche, s'est montrée plus audacieuse que tous les révolutionnaires en
   chambre. Elle a choisi la rupture et pas la continuité. Elle a choisi
   l'action et pas la gestion.
   Cette majorité silencieuse qui croit à l'autorité de l'État, qui
   n'accepte pas que la malhonnêteté des uns paie davantage que
   l'honnêteté de tous les autres, exige que le respect de la loi soit
   plus fort que la loi de la rue.
   Cette majorité silencieuse qui exige que l'intérêt général ne soit plus
   l'otage des intérêts corporatistes demande que le droit légitime de
   faire grève n'ignore pas le droit tout aussi légitime de bénéficier de
   la continuité du service public.
   Cette majorité silencieuse qui demande que l'identité de la France soit
   défendue avec fierté, car notre nation n'est pas une abstraction mais
   une ambition partagée.
   Cette majorité silencieuse qui travaille dur parce que le travail est
   l'une des sources de sa dignité, demande que l'effort soit mieux
   récompensé que l'inactivité.
   Cette majorité silencieuse qui rêve pour ses enfants d'un avenir plus
   prometteur que le sien, demande que l'égalité des chances à l'école et
   à l'université ne soit pas un slogan mais une réalité.
   Cette majorité silencieuse dont certains ont souvent moqué les
   principes alors même qu'ils sont inspirés par le bon sens, va
   maintenant être respectée !
   Respectée parce que sa voix a eu les allures d'un cri de désespoir.
   Respectée parce que cette majorité transcende toutes les barrières
   politiques et tous les clivages sociaux. De l'ouvrier au chef
   d'entreprise, de l'enseignant à l'agriculteur, du retraité au jeune
   apprenti, une vague populaire s'est levée et elle demande, elle exige,
   le changement.
   Mes amis,
   Vous avez choisi la vérité politique plutôt que les illusions
   socialistes. Cette vérité, vous y avez droit.
   La vérité, c'est que la mondialisation, avec ses 6 milliards
   d'habitants assoiffés de progrès, exige que nous retroussions nos
   manches. Tout autre discours est contraire au maintien de notre pacte
   social. Contraire à la nécessaire compétitivité de notre économie. Et
   donc contraire à l'intérêt national.
   Parlons clair : la mondialisation condamne les nations sans ambition et
   sans courage, mais pas celles qui se lancent dans la bataille avec
   audace.
   Nous pouvons atteindre le plein emploi en réformant le droit du
   travail, l'éducation, la formation tout au long de la vie, la
   fiscalité.
   Nous pouvons défendre nos politiques industrielles, notre agriculture,
   nos capacités scientifiques si nous mettons le paquet sur nos secteurs
   d'excellence, si nous nous formons mieux que les autres, si nous
   défendons nos intérêts nationaux.
   La vérité, c'est aussi, mes chers amis, que notre pays peut être
   désendetté s'il modernise son État et s'il arrête de vivre à crédit,
   sur le dos de ses enfants.
   La vérité, c'est que nous pouvons sauver notre contrat social si nous
   responsabilisons les Français. Contrairement à ce que prétend la
   gauche, on ne peut pas avoir l'école gratuite, la santé pour tous, des
   allocations généreuses, des services publics performants, sans que nous
   gérions avec sérieux ce bien commun qui s'appelle la solidarité.
   La vérité, c'est que nous pouvons financer l'augmentation des petites
   retraites si nous engageons la réforme des régimes spéciaux. Cette
   réforme nous la ferons, parce que l'égalité entre les Français l'exige.
   La vérité, c'est que pour que la France soit forte et généreuse, il
   faut que chaque citoyen donne à son pays autant qu'il reçoit de lui.
   Demander le maximum en faisant le minimum, ca n'est pas cela être
   citoyen !
   Et dire "oui" à tout le monde pour ne déplaire à personne, ce n'est pas
   cela la responsabilité politique !
   C'est avec ces pratiques là que l'État est devenu la cible permanente
   de toutes les requêtes, comme s'il n'était plus qu'un tiroir caisse.
   C'est à cause de cela que le débat public est devenu un vaste défouloir
   où celui qui hurle le plus fort reçoit plus que celui qui demande
   honnêtement sa part.
   Toutes ces vérités, la gauche les a toujours cachées car elles
   condamnent ses utopies et révèlent au grand jour ses archaïsmes.
   Nous avons dit la vérité aux Français, parce qu'on n'engage pas un élan
   national sur des mensonges.
   Vous savez, il y a six mois encore, j'ai croisé beaucoup de personnes
   qui doutaient qu'on puisse gagner une élection en défendant la valeur
   du travail.
   Nous n'avons pas écouté les conseils de ceux qui croient qu'une
   élection ne se gagne qu'en accumulant les promesses.
   Nous avons dit la vérité.
   Nous avons parlé d'effort, de courage, mais aussi de récompense.
   Certains disaient que c'était des mots de droite... C'était en réalité
   les mots du peuple !
   Ces mots que la gauche n'osait plus prononcer.
   Ces mots qui font la fierté des femmes et des hommes qui se battent
   pour vivre mieux.
   Le travail, le mérite, le courage, la responsabilité, le respect ont
   été et sont au coeur de notre mandat électoral.
   À cet égard, la gauche n'a pas seulement perdu une élection, elle a
   perdu la bataille des valeurs. Cela n'est pas accessoire car toute
   grande politique repose d'abord sur des valeurs.
   Mes chers amis,
   Notre devoir est de nous montrer à la hauteur de la formidable attente
   qui est la vôtre.
   Elle exigeait un choc politique immédiat.
   Un choc démontrant que l'élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout, y
   compris les vieux clivages politiques et les vieilles habitudes
   partisanes qui plaisent tant à la gauche.
   Eh bien, ce choc, nous l'avons provoqué.
   La gauche attendait la droite classique au pouvoir pour remonter la
   pente aux législatives.
   Elle attendait que nous fassions comme avant.
   Elle espérait que nous répétions les mêmes tactiques. Car elle
   escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous
   caricaturer.
   Bref, la gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique.
   Elle découvre une droite moderne et sûre d'elle-même, capable de
   rassembler tous les Français quelles que soient leurs sensibilités
   politiques.
   Une droite et un centre modernes décidés à réconcilier dans une
   synthèse nouvelle, la liberté économique et la justice sociale, la
   croissance et le développement durable, la fierté nationale et
   l'engagement européen, l'identité française et l'universalisme.
   Cette modernité s'incarne dans un gouvernement, que j'ai l'honneur de
   conduire.
   C'est un gouvernement dont le style et les méthodes de travail sont
   radicalement nouveaux.
   Il n'y a plus, d'un côté, le président de la République qui ne
   s'exprime que le 14 juillet et le 31 décembre et le Premier Ministre
   qui gouverne au jour le jour.
   Non, il y a désormais un patron, qui, avec son Premier ministre,
   s'engage et assume la direction du pays.
   Entre Nicolas Sarkozy et moi-même, la complicité est totale.
   Nous agissons ensemble avec la seule volonté de transformer notre pays.
   Nous avons reçu ces jours-ci, côte à côte, tous les partenaires
   sociaux.
   Nous décidons ensemble parce que nous n'avons qu'un mandat : celui que
   le peuple nous a confié !
   C'est un nouveau style mais c'est aussi un gouvernement de son temps.
   Il respecte la parité entre les hommes et les femmes. Cette parité
   légitime et nécessaire, tout le monde en parlait, tout le monde la
   réclamait, et la gauche n'était pas la moins avare de conseils en la
   matière... Eh bien voici que c'est nous qui l'avons concrétisée, et
   vous pouvez en être fiers.
   La nomination de Rachida Dati, au poste de garde des sceaux, ministre
   de la justice, a un sens qui honore la France républicaine que j'aime
   et que je veux. C'est la France du mérite, c'est la France riche de ses
   différences et qui mobilise tous ses talents, c'est la France qui ne
   juge pas les êtres sur leurs origines ou sur la couleur de leur peau,
   mais sur ce qu'ils ont au fond du coeur.
   C'est aussi un gouvernement resserré car lorsque la tâche est aussi
   exigeante il faut une équipe de mission.
   Une équipe où le débat soit possible.
   Une équipe qui assume collectivement les décisions stratégiques qui ont
   été tranchées en son sein.
   C'est enfin un gouvernement d'ouverture. Ah l'ouverture : on en a
   entendu parler dans cette campagne ! De madame Royal à monsieur Bayrou,
   tout le monde était, parait-il, disposé à travailler avec tout le
   monde... Nous, nous n'en avons pas fait un discours de campagne, nous
   en avons fait une réalité !
   Rien ne nous y obligeait, et c'est précisément pour cela que notre
   ouverture a du prix.
   Croyez-moi, il faut beaucoup de force et de grandeur pour ne pas céder
   à la tentation partisane lorsque la victoire est là.
   Et cette force, Nicolas Sarkozy l'a eu.
   Il faut aussi être animé par un profond sens de l'intérêt général pour
   ne pas se limiter à son camp quand vous avez la possibilité d'imposer
   vos vues à ceux qui vous ont combattu autrefois.
   Ce sens de l'intérêt général, Nicolas Sarkozy l'a eu.
   Il nous avait prévenus: il nous avait dit qu'il serait le Président de
   tous les Français. Ceux qui ne le croyaient pas, ceux qui l'accusaient
   d'être l'homme d'un clan en sont pour leur frais ! Il est l'homme de la
   nation.
   Et cette ouverture qu'il a voulue et construite est le symbole d'un
   rassemblement qu'aucun autre gouvernement n'a su concrétiser avec une
   telle force.
   Nous l'avons fait parce que les défis du XXIème siècle n'ont rien à
   voir avec ceux des siècles précédents et parce que le futur
   n'appartient pas à un seul camp.
   Nous l'avons fait parce qu'il n'y a jamais eu, à nos yeux, un peuple de
   droite contre un peuple de gauche, mais un seul peuple : le peuple
   français, capable d'unir ses forces dans les grandes occasions.
   La gauche hurle au débauchage.
   Elle se déchaîne sur ses propres amis d'hier.
   Elle traite en pestiférés ceux qu'elle encensait il y a quelques
   semaines encore.
   Il y a un mois, le parti socialiste proposait de gouverner avec le
   centre. Aujourd'hui, il insulte ceux qui ont eu le courage, ou tout
   simplement le bon sens, de nous rejoindre.
   Ce qui était une bonne idée hier lorsqu'elle venait de la gauche, est
   désormais une manoeuvre et une hérésie car elle vient de la droite.
   Aujourd'hui la gauche réclame, comme l'a dit madame Royal, une "forte
   présence socialiste à l'Assemblée Nationale pour protéger les
   Français". Mais les protéger de qui, je vous le demande ? Du Président
   de la République, élu démocratiquement par le peuple ? Les protéger de
   quoi ? Des 19 millions de Français qui ont soutenu son projet ?
   Laissons la gauche à ses attaques et à ses règlements de compte. Libres
   aux socialistes de se perdre dans la recherche de boucs émissaires.
   Libres à eux de ne pas voir que leurs idées ont vingt ans de retard.
   Libres à eux de se replier sur un projet inexistant qu'ils ont tenté de
   masquer par un sourire. Oui, libres à eux de nous attaquer brutalement
   pour ne pas se déchirer violemment.
   Nous, nous changeons la politique, nous tendons la main, nous
   construisons un rassemblement, qui est une chance pour notre famille
   politique, pour notre gouvernement, et surtout pour notre pays.
   Cette ouverture s'effectue dans la diversité mais elle s'engage aussi
   dans la clarté. Ceux qui nous rejoignent le font sur un projet que nous
   avons porté durant la campagne. C'est un projet dont la clarté nous
   impose un devoir : celui de l'accomplir.
   Notre première priorité, c'est la sécurité.
   Je le dis solennellement :
   Il n'y aura pas de fraternité si les Français ne se sentent pas en
   sécurité. Il n'y aura pas de liberté si la peur est au coin de la rue.
   Il n'y aura pas d'éducation digne de ce nom si le calme et le respect
   ne sont pas assurés dans les établissements scolaires. Il n'y aura pas
   d'égalité des chances sur tout le territoire si des quartiers échappent
   à l'autorité de la loi républicaine et s'ils sont soumis à celle des
   trafiquants.
   Il n'y aura pas de citoyenneté éclairée si l'État ne s'acquitte pas du
   premier de ses devoirs : celui de permettre aux Français de vivre en
   paix.
   Mes amis, vous vous en souvenez, dans le domaine de la sécurité, Lionel
   Jospin avait publiquement reconnu sa propre impuissance : "j'ai été
   naïf" avait-il dit !
   Depuis 5 ans, nous n'avons pas été naïfs et nous n'avons pas été
   impuissants.
   Au cours de la législature passée, Nicolas Sarkozy a obtenu des
   résultats spectaculaires : la délinquance a baissé de 19% au cours des
   cinq dernières années et la délinquance de voie publique de 35%.
   Ces résultats montrent ce que l'on peut obtenir par une mobilisation
   totale des forces de l'ordre, et je veux ici, à Nice, avec toi
   Christian, rendre hommage à leur dévouement et leur courage.
   Mais il faut aller encore plus loin.
   Dans ce domaine ma ligne de conduite est extrêmement claire : face à la
   violence et la délinquance il ne faut pas céder d'un millimètre.
   Il y a des choses que je n'accepte pas.
   Je n'accepte pas que dans notre République des femmes et des hommes
   soient obligés de baisser le regard lorsqu'ils marchent dans leur
   quartier pour ne pas provoquer je ne sais quel petit caïd, pour ne pas
   être agressés.
   Je n'accepte pas que dans notre République un père de famille voie son
   fils gagner dans la rue en une journée ce qu'il gagne en un mois à
   l'usine.
   Je n'accepte pas, non plus, que l'on manque de respect aux forces de
   l'ordre. Les policiers et les gendarmes accomplissent une mission
   essentielle au service de tous. Ils risquent leur vie pour protéger
   celle des autres. Et le drame de ce week-end dans la Creuse le rappelle
   encore douloureusement. J'entends qu'ils soient traités comme ils le
   méritent : c'est-à-dire avec respect.
   Pour mettre fin à l'impunité et au mépris de la loi, nous allons agir
   sur tous les fronts.
   En premier lieu, je souhaite que nous consacrions toute notre énergie à
   la lutte contre les violences faites aux personnes.
   Pour cela, je veux une police scientifique exemplaire et qui dispose de
   tous les outils, notamment technologiques, pour venir à bout des
   affaires les plus complexes. Je connais le professionnalisme et la
   compétence de ces équipes. Je veux qu'elles aient les moyens de
   découvrir les criminels même lorsqu'ils font tout pour détruire les
   preuves de leurs actes. C'est une priorité absolue pour moi.
   Je compte également sur la coopération internationale. Si nous avons
   réalisé l'union européenne ce n'est pas seulement pour abolir les
   frontières pour les marchandises. C'est aussi pour que disparaissent
   les barrières qui freinent l'action de la police, et de la justice. Je
   veux que tout soit fait pour qu'un délinquant ne puisse se considérer
   en sécurité simplement parce qu'il a passé les Alpes ou les Pyrénées !
   Croyez-moi, cette question figurera en tête de toutes mes discussions
   avec nos partenaires européens.
   Et puis nous allons agir, immédiatement, au plan pénal, en introduisant
   deux réformes profondes.
   La première, c'est l'instauration de peines plancher pour les
   multirécidivistes.
   Bien souvent, vous le savez, des quartiers entiers vivent dans
   l'angoisse en raison d'un petit nombre de voyous, toujours les mêmes,
   qui se livrent encore et toujours aux mêmes délits.
   Cela doit cesser. Cela va cesser.
   La seconde réforme, c'est l'adaptation des peines des mineurs
   délinquants, afin qu'ils puissent être réellement sanctionnés. Aucune
   victime ne peut accepter que son agresseur bénéficie d'une
   quasi-impunité, parce qu'il lui manque quelques mois pour atteindre les
   18 ans. Pour elle, il n'est pas différent d'être molesté par un mineur
   ou un majeur. Pour elle, ce qui compte c'est qu'il soit puni afin qu'il
   ne recommence pas.
   La situation actuelle ne profite à personne, et notamment pas aux
   mineurs eux-mêmes - surtout lorsqu'ils sont "utilisés" par des
   délinquants chevronnés, qui profitent de leur situation pour leur faire
   accomplir des délits à leur place !
   Sur la délinquance des mineurs et sur les multirécidivistes, nous
   allons agir dès l'été.
   Et il en est de même de la question de l'immigration, qui fera
   également l'objet d'un projet de loi.
   Depuis des siècles la France est une terre d'intégration, ouverte à
   tous les talents et à toutes les cultures. Elle doit le rester, comme
   elle doit demeurer une terre d'asile, une terre d'accueil pour ceux qui
   aiment la France, qui veulent bâtir leur vie avec nous.
   Mais la France a le droit, et même la responsabilité non négociable, de
   choisir qui elle veut accueillir et sous quelles conditions.
   Nous ne rendons service à personne en laissant prospérer l'idée que la
   France pourrait accueillir ceux qui n'ont pas les moyens de vivre sur
   notre territoire - notre devoir, au contraire, est de tendre la main
   aux habitants des pays d'émigration, en leur faisant comprendre
   clairement notre position, mais aussi en leur apportant notre aide.
   C'est à cette condition que nous parviendrons à des relations
   harmonieuses, équilibrées, avec ces pays.
   C'est pour cela que, comme promis, nous avons créé un grand ministère
   de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du
   co-développement ; car tout est lié : pour vivre dans notre pays, il
   faut en accepter les règles et les valeurs ; bien plus encore, il faut
   vouloir y adhérer.
   Pour nous, les choses sont claires : nous ne souhaitons pas qu'on
   puisse vivre en France sans avoir de travail, sans respecter notre
   culture, sans adhérer à nos principes républicains.
   Nous ne souhaitons pas, non plus, qu'on puisse faire venir sa famille
   si on n'a pas un salaire, si on n'a pas à un logement adéquat, bref, si
   on n'a pas les moyens de la faire vivre dignement.
   La France est ouverte à ceux qui l'aiment et aiment ceux qui respectent
   son histoire et sa destinée singulière. Il n'y a rien de choquant à
   dire que les étrangers qui s'installent chez nous ont vocation à
   s'approprier l'héritage du pays des droits de l'homme, de Victor Hugo
   et du Général de Gaulle. Il n'y a rien d'outrageant à ce que notre
   patriotisme soit mis en partage.
   Je crois à l'identité de la France parce que je crois que la France
   n'est pas un bout de terre parmi d'autres, mais un lieu chargé
   d'histoire et de valeurs. Je crois à la fierté d'être français car
   seules les nations rassemblées sont en mesure d'aller à la rencontre
   des autres civilisations sans craindre de se perdre.
   L'identité n'est pas une notion dépassée, et ce n'est pas non plus une
   valeur figée. L'identité française n'est pas la même aujourd'hui qu'au
   XIXème siècle ou même qu'au XXème siècle. Tous les étrangers qui ont
   choisi de vivre dans notre pays ont enrichi l'identité nationale : les
   italiens de Nice, les polonais, les portugais, les maghrébins, les
   africains, les asiatiques, tous ont apporté la richesse de leur culture
   et de leurs traditions et ont contribué à forger une nouvelle identité
   française. Beaucoup d'entre eux sont mêmes tombés sur les champs de
   bataille pour la France.
   Oui, il y a des valeurs pour lesquelles nos parents et nos
   grands-parents se sont battus. Des valeurs qui sont intangibles, qui ne
   sont pas négociables, que nous n'accepterons à aucun prix de remettre
   en question.
   C'est le cas de la séparation de l'église et de l'État qui garantit la
   liberté de croyance. C'est aussi le cas de l'égalité entre les hommes
   et les femmes. Nous ne pouvons pas accepter, qu'au nom de la diversité
   culturelle et du respect des traditions, les femmes puissent être
   voilées ou mariées de force, mutilées, empêchées de travailler,
   d'étudier, de se faire soigner.
   Que resterait-il de la République si l'on suivait les raisonnements à
   courte vue de cette gauche empêtrée dans les bons sentiments, qui n'a
   été capable ni d'interdire le voile à l'école, ni de protéger les
   femmes et les minorités des discriminations !
   Mes amis, notre projet, ça n'est pas le repli sur soi et la crispation.
   C'est l'ouverture et la tolérance ; mais c'est aussi la responsabilité
   et la fermeté. Sur ces sujets, comme sur d'autres, la gauche a cru être
   généreuse : elle a seulement été naïve. Elle a cru être fraternelle :
   elle a seulement été marchande d'illusions. Nous aurons la générosité
   et la fraternité d'un grand pays qui sait que pour bien accueillir, il
   ne faut pas tout promettre, mais il faut tenir tout ce que l'on promet.
   La seconde priorité de mon gouvernement, c'est la revalorisation du
   travail.
   Sur ce sujet, le temps des hésitations est fini !
   Il est fini car depuis 25 ans nous vivons avec un chômage supérieur à
   la moyenne européenne.
   Il est fini, car depuis 15 ans la croissance de notre économie est trop
   faible.
   Il est fini, car depuis 10 ans, le pouvoir d'achat se dégrade.
   Nous visons, d'ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien
   décidés à nous en donner les moyens.
   Nous l'avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer
   les heures supplémentaires.
   À l'automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le
   pourront !
   C'est une révolution culturelle !
   En France, la valeur travail est de retour !
   C'est elle qui nous permettra d'aller à la conquête de la croissance ;
   c'est elle qui nous permettra de sortir de la paupérisation salariale ;
   c'est elle qui nous permettra de financer notre pacte social car c'est
   par notre productivité que nous finançons nos écoles, nos hôpitaux et
   nos servies publics.
   Parce que nous vous l'avions promis, nous voulons, dès cet été :
   - permettre la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, car il
   faut que les Français aient la possibilité de devenir majoritairement
   propriétaires, car la propriété, c'est la sécurité pour sa famille,
   c'est la confiance en l'avenir. Je proposerai au Parlement que,
   conformément aux engagements du Président de la République cette
   déduction s'applique aux emprunts en cours.
   - cet été toujours, nous supprimerons aussi les droits de succession,
   parce qu'il nous apparaît moral que chaque famille au seuil de sa vie
   puisse transmettre le fruit de ses efforts sans être lourdement taxée.
   - nous instaurerons le bouclier fiscal à 50% de l'ensemble des revenus
   et l'investissement direct dans le capital des PME. N'en déplaise à la
   gauche, je préfère voir les fortunes rester en France, financer notre
   pacte social et nos entreprises, plutôt que de fuir à l'étranger et
   enrichir nos concurrents.
   Avec ces premières mesures, nous voulons provoquer un choc de
   confiance. Nous voulons booster la croissance.
   Cette dynamique sera complétée par une réforme fondamentale : celle de
   nos universités.
   Depuis plus de vingt ans, rien n'a bougé en la matière. Toute
   initiative a été tuée dans l'oeuf par les spécialistes du statu quo. Le
   résultat est là : les universités françaises qui étaient les meilleures
   du monde ont disparu dans la profondeur des classements internationaux.
   La démocratisation de l'enseignement supérieur est venue se briser sur
   le mur de l'échec qui frappe près de 50% de nos étudiants dès la
   première année de licence.
   Tout cela je ne l'accepte pas. Là encore, le temps de l'action est venu
   L'élection présidentielle nous a donné un mandat qui n'est pas
   contestable.
   J'en serai le garant car les Français ne supportent plus les
   renoncements, les capitulations devant une pensée unique qui n'a réussi
   qu'à accroître les injustices et les inégalités qu'elle prétendait
   combattre.
   J'en prends devant vous l'engagement : nous allons avancer. Nous ne
   calerons pas en chemin.
   Mais pour cela, il faut passer l'étape des législatives. Car sans
   majorité à l'Assemblée nationale, rien de tout ce que nous avons fait
   ensemble ne pourra être réalisé. Aucun de nos espoirs ne pourra être
   concrétisé. Nos rêves d'une France plus forte, plus grande et plus
   généreuse s'évanouiront.
   Une nouvelle campagne électorale a commencé. Ici, à Nice et dans les
   Alpes Maritimes, je vous demande, avec Christian Estrosi avec lequel
   nous avons mené tant de combats communs, avec Jacques Peyrat et tous
   les élus qui porteront nos couleurs, une mobilisation maximale.
   Pour Eric CIOTTI, mobilisez-vous !
   Pour Muriel MARLAND, mobilisez-vous !
   Pour Rudy SALLES, mobilisez-vous !
   Pour Jean-Claude GUIBAL, mobilisez-vous !
   Pour Christian ESTROSI, mobilisez-vous !
   Pour Lionnel LUCA, mobilisez-vous !
   Pour Jean-Antoine LEONETTI, mobilisez-vous !
   Pour Bernard BROCHAND, mobilisez-vous !
   Pour Michèle TABAROT, mobilisez-vous !
   Et pour Daniel BENCHIMOL, candidat aux élections cantonales à Nice,
   mobilisez-vous !
   Je vous demande de ne pas croire à la victoire avant qu'elle n'ait été
   acquise.
   Je vous demande d'aller au devant de tous les électeurs avec la volonté
   de convaincre et non pas de vaincre. Car il ne s'agit pas du combat
   d'une France contre une autre. Il s'agit au contraire d'entraîner et de
   rassembler tous ceux qui n'attendent qu'un geste de notre part pour
   s'associer à une aventure collective.
   Avec Nicolas Sarkozy, je vous demande une majorité pour servir la
   France.
   Une majorité pour faire de votre espérance un espoir possible.
   Une majorité pour construire l'avenir et non pour le subir.
   Une majorité pour permettre à notre pays d'entrer dans le XXIème siècle
   et de la seule façon qui soit digne de son histoire : c'est-à-dire
   debout.
   Vive la République.
   Et vive la France.
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