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Discours politique
François Fillon, Discours à Lyon (04/06/2007)
   Il y a un mois, un mois seulement, Nicolas Sarkozy entrait à l'Elysée
   en vainqueur. Et vous y entriez avec lui.
   Il y entrait, parce que vous aviez partagé son élan.
   Parce que vous aviez adhéré à sa vision.
   Il y entrait pour mener en votre nom son projet pour la France !
   Mon cher Dominique,
   Mes chers amis,
   Cette victoire de Nicolas Sarkozy elle est aussi la vôtre.
   Vous vous êtes reconnus dans les valeurs qu'il a portées parce que la
   ville des canuts et des soyeux est une ville où l'on chérit le travail,
   l'effort et le mérite.
   Parce que la ville de Jacquard, de Thimonnier et des Frères Lumière est
   une ville où on aime entreprendre, créer et forger l'avenir.
   Parce que la ville d'Ampère et de Mérieux est une ville où on a
   toujours engagé la bataille de l'intelligence pour conserver une
   longueur d'avance.
   Parce que la ville de l'abbé Pierre est une ville où l'on s'élève
   contre ce qui porte atteinte à la dignité humaine.
   Parce que la ville où est mort Jean Moulin est une ville où on connaît
   le prix de la liberté.
   Parce que la ville de Saint-Exupéry, est une ville où l'on sait se
   donner les moyens de voler vers ses rêves.
   Vous avez élu Nicolas Sarkozy, parce que vous reconnaissiez en lui un
   homme de coeur et de parole.
   Je suis venu vous dire que le nouveau président élu est à la hauteur du
   candidat - rigoureux, rassembleur, résolu à tenir ses engagements !
   Sachez qu'il n'y aura pas de pause.
   Que l'élan est pris.
   Que l'ambition est plus forte que jamais.
   Vous avez donné un mandat à Nicolas Sarkozy : il vous offre un avenir !
   Sa victoire, vous l'avez voulue large, généreuse, incontestable.
   Certains aimeraient l'expliquer par les atermoiements de la gauche, ses
   divisions, ses naïvetés... Il faut couper court à ces interprétations
   fumeuses !
   Car le sens de notre victoire est sans ambiguïtés : il est dans
   l'adhésion massive des Français à un projet; dans une mobilisation
   populaire bien au-delà des partis et des clivages; il est dans la
   confiance de tout un peuple à l'un des siens.
   Ce président nouveau est le champion d'une politique de rupture ; d'une
   politique d'innovation et de rénovation, une politique sans concessions
   pour ces facilités, ces lâchetés, ces ratés qui ont si gravement
   lézardé la maison France.
   Il faut, mes chers amis, rompre pour réinventer ; pour faire un sort à
   cette société figée, où toutes les voies sont en cul-de-sac; où
   l'immobilisme économique et social désespère le peuple; où les classes
   moyennes s'interrogent avec inquiétude sur l'avenir de leurs enfants;
   où tous ceux qui réussissent hésitent à céder aux sirènes de
   l'expatriation.
   Il faut rompre, pour rejeter l'imposture morale de cette gauche qui
   joue à colin-maillard avec l'histoire.
   La gauche des grandes âmes sèches, qui pratique la justice sociale
   comme on offre un caramel mou - du bout des doigts, à la sortie des
   kermesses dominicales.
   Celle qui n'ose plus aimer la France.
   Celle qui considère comme déplacé d'en être fier.
   Celle qui prêche le statu quo quand tous les Français disent : nous
   voulons autre chose, nous avons faim de réussir !
   Il fallait rompre, c'était l'urgence. Mais pour rompre réellement, il
   fallait écouter ceux que l'on n'écoutait pas.
   Écouter les six milliards d'habitants de la planète, qui défient la
   France de retrouver son rôle moteur dans le progrès économique,
   technologique et culturel.
   Entendre les millions de chômeurs, qui nous défient chaque jour,
   d'entreprendre enfin les réformes profondes de la fiscalité, du droit
   du travail, de l'éducation et de la formation sans lesquelles il n'y
   aura pas de plein emploi.
   Entendre ces Français qui n'acceptent pas de vivre avec la peur au
   ventre, qui n'acceptent plus de baisser le regard face à ceux qui
   veulent imposer la loi de la cité sur celle de la République.
   Entendre et rendre justice à nos petits-enfants, sur le dos desquels
   nous vivons à crédit, et qui nous mettent au défi de désendetter la
   France.
   Oui, la croissance économique et le pouvoir d'achat peuvent être
   boostés - pourvu que la valeur du travail soit enfin honorée.
   Oui, notre pacte social peut être sauvé - pourvu que chaque citoyen
   donne à son pays autant qu'il reçoit de lui.
   Oui, les petites retraites peuvent être meilleures - pourvu que l'on
   réforme les régimes spéciaux.
   Oui, l'immigration peut être intelligemment contrôlée - pourvu que l'on
   cesse de faire de l'angélisme.
   Oui, la France peut être rassemblée - pourvu que son identité soit
   définie et respectée.
   Oui l'insécurité peut être jugulée - pourvu que l'impunité soit
   sanctionnée.
   Oui, l'Europe peut être relancée - pourvu qu'elle soit dotée d'une
   ambition politique et pas technocratique.
   Toutes ces vérités, les Français ont choisi de les entendre !
   Et de les entendre 5/5, à la surprise de certains de nos analystes les
   plus avertis ! Le 21 avril 2002, les régionales de 2004, le rejet du
   referendum sur le traité européen, tout cela traduisait à leurs yeux le
   désarroi de l'électeur et le déclin de la démocratie. "L'électorat
   -annonçaient-ils- s'est enfermé dans le cynisme et dans la contestation
   mécanique". "L'esprit citoyen -disaient-ils- s'est éteint". "Les
   Français- pensaient-ils- n'y croient plus".
   À ce catastrophisme, vous avez opposé une mobilisation magnifique !
   Avec 84% de participation et 53% des votes exprimés, vous venez
   d'accorder au président élu une victoire historique ; et plus encore,
   vous avez rendu une espérance à notre pays. Je vous demande, le 10 et
   le 17 juin, de confirmer la légitimité de son gouvernement et de ses
   engagements, en envoyant à l'Assemblée nationale une majorité cohérente
   et agissante, capable de dépasser les frilosités et les corporatismes !
   Chacun de vos bulletins est plus qu'un vote, c'est un acte de foi dans
   nos valeurs.
   Il y a quelque chose de galvanisant à évoquer ces valeurs qui mèneront
   demain notre action politique ; galvanisant, parce qu'elles donnent à
   notre effort un sens ; galvanisant, parce qu'elles nous conduisent sur
   la voie d'une politique audacieuse et franche.
   Non, la politique ne consiste pas à tout lisser, à tout accepter, à
   tout admettre ; à considérer que tout se vaut ; à prétendre que "tout
   le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
   Non, la politique ne consiste pas à chercher des excuses au délinquant,
   jusqu'à confondre sa cause avec celle de la victime.
   Non, la politique n'est pas l'art de passer sous silence les mérites
   des uns et d'excuser l'indolence des autres, pour entretenir une équité
   de façade, un consensus flou et mou.
   Fini, ces mystifications par lesquelles la gauche des grands sentiments
   dressait en sous-main le travailleur contre son patron, le justiciable
   contre la Justice et le Français contre la France !
   Vous avez voté Sarkozy pour que cela cesse, et cela va donc cesser.
   Vous attendiez depuis des années qu'un mouvement de fond, venu du
   peuple, nous donne mandat de réaliser ces réformes radicales, par
   lesquelles le pays se libérera de ses tabous et de ses pesanteurs.
   Voilà que sur l'emploi, sur l'égalité des chances, sur l'éducation,
   nous pouvons moderniser.
   Voilà que sur la sécurité, sur la réforme de l'État, sur la fiscalité,
   nous pouvons trancher.
   Le 6 mai, nous avons pris à contre-pied une gauche fatiguée, dépassée,
   bardée de certitudes et de préjugés, une gauche qui se faisait par
   avance une joie de nous caricaturer, de nous diaboliser.
   Une gauche espérant et attendant une droite autoritaire et dogmatique,
   une droite partisane et hautaine telle qu'on apprend à la reconnaître
   dans les manuels du parfait militant... Et bien non ! C'est une
   nouvelle vague qui arrive aux responsabilités.
   Une nouvelle vague bien décidée à changer la façon de penser et d'agir.
   Une nouvelle vague déterminée à réécrire les scénarios politiques les
   plus usés, les dialogues les plus stéréotypés.
   Une nouvelle vague résolue à changer le film en noir et blanc auquel la
   gauche tenait tant.
   Une nouvelle vague qui ne craint pas de bousculer les tabous et
   d'enjamber les barrières partisanes qui ralentissent et divisent la
   France.
   Mes chers amis,
   La gauche attendait le retour du passé, et c'est l'avenir qui déboule.
   Nous avons fait la démonstration d'une image de générosité et de
   modernité. Nous montrons que nous sommes capables d'aller à la
   rencontre de tous les Français.
   Le gouvernement que j'ai l'honneur de conduire, est composé à égalité
   d'hommes et de femmes, car il fallait enfin donner l'exemple de cette
   parité éternellement débattue, éternellement espérée, éternellement
   promise - et rarement atteinte.
   C'est un gouvernement resserré et surtout organisé autour des grands
   défis de notre temps.
   Parce que la question de l'environnement est centrale, parce qu'elle
   doit imprégner toutes nos politiques, nous avons créé un grand
   ministère d'État de l'écologie, du développement et de l'aménagement
   durables, piloté par Alain Juppé.
   Parce que la puissance de la mondialisation exige une stratégie
   nationale globale, nous avons créé un grand ministère de l'économie,
   des finances et de l'emploi, animé par Jean Louis Borloo.
   Parce que la question des flux migratoires est décisive - comme
   l'illustre le drame des naufragés qui ont été repêchés par la marine
   française -, parce que la dérive des pays pauvres peut entraîner la
   chute des pays riches, parce que l'on ne peut pas, d'un côté, parler
   d'intégration, et, de l'autre, ne pas parler de l'identité de la
   France, nous avons créé un grand ministère de l'immigration, de
   l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, dirigé
   par Brice Hortefeux.
   Ce gouvernement, mes chers amis, c'est aussi un gouvernement
   d'ouverture. Ceux qui n'appartiennent pas à notre bord ont reconnu
   honnêtement que nos ambitions transcendaient les partis et pouvaient
   être utiles à la France. D'Alain Juppé à Bernard Kouchner, d'Hervé
   Morin à Rachida Dati, vous l'avez sous les yeux la photo de famille de
   la France rassemblée que j'aime et la France efficace que je veux !
   Ah, l'ouverture ! On l'a chanté le grand air de l'ouverture, au cours
   de cette campagne ! Madame Royale était prête à l'entonner -sa voix n'a
   pas rencontré d'écho. Monsieur Bayrou l'aurait interprété aussi - il
   s'est trompé d'orchestre... Pour finir, l'un et l'autre ont chanté ce
   duo de l'ouverture ensemble ; mais il n'y avait plus personne pour les
   écouter car cela sonnait faux.
   Alors, pourquoi cette surprise, cette agressivité, quand Kouchner,
   Besson, Jouyet, Hirsch ( ces hommes qui n'ont pas renié leurs valeurs
   de gauche ) ont choisi de nous rejoindre ? Tout simplement parce que
   nous avons donné son vrai sens au mot "ouverture", non pas celui d'un
   accord entre appareils politiques, mais celui d'une harmonie entre des
   sensibilités républicaines.
   Le parti socialiste hurle au débauchage et à la traîtrise, parce qu'il
   sait, au fond de lui même, que cette ouverture révèle sa vacuité
   intellectuelle et son conservatisme politique. La gauche s'énerve parce
   qu'elle sent que nous sommes en train de bousculer les frontières
   idéologiques et partisanes derrière lesquelles elles prospéraient au
   chaud.
   La vérité, c'est que nos socialistes, à l'inverse de tous leurs
   homologues européens, n'ont toujours pas pris la mesure de leur époque
   et des audaces qu'elle exige. Idéologues, ils ne s'intéressent pas à
   l'intelligence des électeurs. Ils craignent leur clairvoyance. Ils
   méprisent la sincérité de leur engagement.
   Et ce ceux sont ces mêmes socialistes qui viennent réclamer les clés de
   l'Assemblée ?
   Croyez moi, il y a mieux à faire de ces clés.
   Oui, ce gouvernement incarne une nouvelle vague et un style original.
   Rien ne nous y obligeait. Ce 17 mai, nous aurions pu sans surprendre
   présenter aux Français le gouvernement des amis, des alliés, des vieux
   routiers du pouvoir. Nous aurions pu faire comme avant, comme toujours.
   Mais le mandat donné par 53% des électeurs français, c'est d'aller
   au-delà de toute facilité. C'est de sortir des sentiers battus. C'est
   réaliser sans attendre ce que l'on n'osait plus réclamer de la
   politique. C'est cela, la rupture ; la rupture, tout de suite !
   Mes chers amis,
   Dimanche, les candidats de la majorité présidentielle viendront
   réclamer vos suffrages.
   Faites leur confiance. Donnez leur le pouvoir d'agir.
   Donnez à tous les candidats ici présents, le pouvoir d'honorer nos
   engagements.
   Donnez leur une belle et franche majorité.
   Je vous la demande, parce que je n'accepte plus que la France ait chuté
   de la 11e à la 17e place en termes de richesse par habitant.
   Je vous la demande parce que je n'accepte plus que la première
   université française se trouve au 45ème rang mondial.
   Je vous la demande parce que je n'accepte plus que nos chercheurs les
   plus brillants quittent la France parce qu'ils ne peuvent trouver qu'à
   l'étranger des conditions de travail à la mesure de leur talent.
   Je vous la demande parce que je n'accepte plus que nos jeunes créateurs
   d'entreprises préfèrent fonder leur start up à Pékin, Londres ou New
   York plutôt qu'à Paris ou Lyon !
   Je vous le demande parce que je n'accepte plus que le plein emploi soit
   impossible en France et possible ailleurs !
   Dans la formidable concurrence qu'engendre la mondialisation, j'ai la
   conviction que notre pays a tant à dire. La France a une jeunesse
   imaginative, des salariés qualifiés, des infrastructures modernes, des
   industries de pointe, elle a un État et des services publics dont nous
   n'avons pas à rougir. La France a un grand atout : sa capacité de
   création et d'innovation.
   Toute notre stratégie économique est fondée sur un objectif : aller à
   la conquête de la croissance, gagner ce fameux point de croissance
   indispensable pour figurer de nouveau au rang des nations fortes.
   Alors n'hésitons pas : il faut lever les freins au travail ; il faut
   accroître notre compétitivité.
   Le chemin d'une meilleure efficacité passe, d'abord, par nos
   universités et par nos laboratoires car face aux pays émergents nous
   devons miser sur notre matière grise.
   Je l'ai dit vendredi dernier devant les enseignants et chercheurs
   réunis à Orsay : le premier défi de notre temps, c'est la bataille de
   l'intelligence et de la connaissance.
   Chacun sait que nos universités n'ont pas les moyens de lutter à armes
   égales avec celles des autres pays industrialisés.
   Enlisées dans l'immobilisme, nos universités n'ont plus la force
   d'assumer les deux objectifs que la nation doit lui assigner : celui de
   la démocratisation des études supérieures et celui de l'excellence.
   C'est pourquoi, dès cet été, la réforme de nos universités sera
   engagée.
   Nous élargirons leur autonomie : aux organes dirigeants de l'université
   de définir les contours de l'enseignement dispensé, de gérer le corps
   enseignant, de fixer les modalités de fonctionnement de leur
   établissement, de nouer des relations étroites avec les acteurs
   économiques et scientifiques.
   Notre objectif est de permettre à chaque université de trouver son
   chemin, adapté à son histoire, à son organisation, à sa politique
   scientifique car rien ne serait pire que d'imposer une règle uniforme à
   tous les établissements.
   Il n'y aura pas de dogme, pas de règle imposée d'en haut. En revanche
   il y aura une exigence de résultats, et un objectif d'excellence auquel
   chaque établissement sera tenu.
   Notre productivité et notre compétitivité dépendent aussi de la
   formation continue proposée aux salariés. C'est pour moi un sujet
   essentiel. C'est pourquoi je souhaite que chaque salarié dispose d'un
   compte individuel d'épargne de formation. C'est une condition
   indispensable pour permettre à chacun de se construire un véritable
   projet de carrière pour progresser et se protéger des évolutions
   naturelles de l'économie.
   Je veux que les salariés français, qui sont parmi les plus efficaces au
   monde, le soient encore plus. Mais il faut aussi qu'ils soient plus
   nombreux à travailler, et qu'ils puissent, s'ils le souhaitent,
   travailler davantage.
   Le président de la République a fixé un cap clair : atteindre le plein
   emploi d'ici la fin de la mandature.
   Il n'y a pas de raison que nous ne puissions accomplir ce que d'autres
   pays ont accompli. Pour cela, nous allons réaliser, en concertation
   étroite avec les partenaires sociaux, les réformes dont notre marché du
   travail a besoin.
   Nous voulons un contrat unique. Pourquoi ? Pour trouver un nouvel
   équilibre, plus sécurisant pour les salariés et plus souple pour les
   entreprises.
   Nous voulons unifier le service public de l'emploi, afin que la vie des
   chômeurs ne soit plus un parcours du combattant entre les différentes
   administrations.
   Bref, nous voulons relever le défi de l'emploi pour tous et nous avons
   l'intention de nous y atteler tout de suite.
   Dès cet été, une série de mesures sera prise :
   - il y aura l'exonération de charges fiscales et sociales sur les
   heures supplémentaires afin que ceux qui veulent travailler plus pour
   gagner plus puissent enfin le faire ;
   - il y aura la défiscalisation du travail étudiant car il est absurde
   de dissuader les jeunes de s'engager dans l'aventure professionnelle.
   Vous l'aurez compris, ces mesures ont pour but d'enclencher une
   révolution culturelle : celle du retour de la valeur travail.
   C'est ainsi, nous ne sommes pas socialistes !
   Nous ne croyons pas que le travail, le mérite, l'effort, soient des
   gros mots.
   Nous ne croyons pas que le partage du travail soit la solution contre
   le chômage.
   Nous ne croyons pas que les salariés soient les adversaires des
   entrepreneurs et notamment pas de tous ces petits chefs d'entreprise
   qui se battent jour et nuit pour faire vivre leur boite.
   Nous ne croyons pas qu'en rationnant le travail on peut augmenter le
   pouvoir d'achat, car, jusqu'à preuve du contraire, la hausse des
   salaires dépend de l'augmentation de notre productivité car c'est elle
   qui crée les richesses à partager.
   Nous ne croyons pas que le droit incontestable de faire grève doit
   paralyser tous ceux qui ont une activité, et c'est pourquoi le principe
   du service minimum dans les transports sera voté et devra être négocié
   puis respecté dans les entreprises.
   Nous ne croyons pas qu'on sort de la spirale de l'assistanat en
   condamnant la logique de l'effort et de la responsabilité.
   Nous ne croyons pas que le travail et la liberté économique s'opposent
   à la justice et au progrès social. Nous croyons même le contraire !
   Pour conserver notre modèle social, pour faire que l'École, la santé,
   les retraites, les services publics demeurent notre bien commun, il
   faut se retrousser les manches car la solidarité à un coût.
   Enfin, nous ne croyons pas que c'est en surtaxant et en surimposant les
   Français que l'on suscite de l'élan et de la confiance.
   Mes chers amis,
   Dès l'été - comme nous vous l'avions promis ! - la déduction des
   intérêts de l'emprunt immobilier sera instaurée. Vouloir devenir
   propriétaire, vouloir posséder son logement, c'est un investissement
   moral, économique et social. C'est un acte de foi dans l'avenir. C'est
   un acte de confiance. Or, la confiance est au coeur de la relance
   nationale.
   Dès l'été - comme nous vous l'avions promis ! - la suppression des
   droits de succession sera au rendez-vous. La transmission de son
   patrimoine est plus qu'un droit, c'est en engagement de coeur. Le
   travail et l'effort de toute une vie doivent être respectés. Voilà ce
   que nous croyons. Voilà donc ce que nous ferons !
   Enfin, dès l'été - comme nous vous l'avions promis ! - nous
   instaurerons le bouclier fiscal, établi à 50% des revenus et de
   l'investissement direct dans le capital des PME, des universités, des
   fondations et des entreprises d'insertion. Nous le ferons, parce que
   dans une Europe ouverte notre fiscalité ne doit pas être un handicap.
   Nous le ferons, parce qu'il n'y a pas à s'excuser de vouloir réussir et
   d'avoir réussi.
   Je préfère que les grandes fortunes restent en France et financent
   notre pacte social, nos entreprises, notre commerce, plutôt que des les
   voir se réfugier à l'étranger !
   À cet égard, je veux dire qu'il n'est pas choquant que ceux qui
   prennent des risques, qui travaillent quinze heures par jour, qui
   réussissent à la tête de grandes entreprises puissent percevoir des
   revenus élevés. Ce qui est choquant, c'est lorsque la récompense n'est
   pas justifiée par les résultats. Ce qui est choquant, c'est lorsque les
   primes de quelques uns ignorent les difficultés de tous les autres qui
   travaillent dans la même boite.
   Je crois profondément que l'éthique du capitalisme repose sur les
   notions de mérite, d'effort, de résultat. Il faut que les salariés
   aient confiance dans leurs entrepreneurs et leurs dirigeants. Et pour
   cela, l'éthique comme la transparence doivent être au coeur de
   l'efficacité économique, car l'efficacité ne va pas sans vertus.
   C'est pourquoi, dès cet été, nous légiférerons sur les parachutes dorés
   en posant des conditions strictes à l'octroi d'indemnités pour les
   dirigeants d'entreprises au moment de leur départ : ces indemnités de
   départ devront être liées à la performance, et attribuées par les
   conseils d'administration dans des conditions de transparence totale.
   Davantage de Français au travail grâce à la réorganisation du marché de
   l'emploi ; des salariés qui accomplissent plus d'heures afin
   d'améliorer leur pouvoir d'achat ; des femmes et des hommes plus
   motivés et plus productifs grâce à la formation, l'innovation et la
   recherche ; des familles accédant à la propriété et des parents léguant
   librement leur héritage à leurs enfants ; une France retrouvant son
   rang dans une Europe plus dynamique et plus protectrice : voilà la
   politique globale que nous voulons engager pour créer un choc de
   croissance et de confiance.
   Mes chers amis,
   Tant d'années de négligence ont durement pénalisé notre pays.
   Tant d'années d'hésitation ont paralysé la France.
   Le 6 mai, nous nous en sommes libérés.
   Le 10 et le 17 juin, nous laisserons toutes ces années derrière nous.
   Nous les laisserons derrière nous, à condition que votre mobilisation
   vienne appuyer nos espérances.
   À condition que vous vous souveniez que rien n'est encore gagné.
   Que votre mobilisation ne s'arrête pas sur un triomphalisme hâtif.
   Que vous sachiez convaincre sans opposer.
   À condition que votre exemple et votre parole l'emportent sur les
   hésitations de vos proches, de vos amis, des électeurs qui vous
   entourent.
   Soyez, comme Nicolas Sarkozy, les porte-parole décomplexés de vos
   convictions et de vos engagements.
   J'ai besoin de vous car j'ai besoin d'une majorité présidentielle. Dans
   cette salle, beaucoup des candidats qui portent nos couleurs sont des
   amis. Avec eux et avec Dominique, je vous invite à aller chercher la
   victoire.
   En élisant Nicolas Sarkozy, vous avez demandé la rupture. Par votre
   vote, concrétisez-la !
   Vous avez demandé le changement. Par votre vote, engagez-le !
   Vous avez demandé la réhabilitation du travail. Grâce à votre vote,
   nous allons le réhabiliter !
   Vous avez demandé que l'identité de la France soit ranimée. Bientôt,
   elle reprendra ses couleurs et son souffle !
   Vous avez demandé l'autorité de l'État parce que la sécurité est la
   première des libertés. Elle sera exercée !
   Vous avez demandé que l'immigration soit choisie et pas subie, qu'elle
   corresponde à nos capacités d'accueil, qu'elle obéisse aux valeurs qui
   sont les nôtres. Elle en sera ainsi !
   Vous avez demandé un pacte social nouveau. L'égalité des chances sera
   restaurée !
   Vous avez demandé que la nature et le climat soient protégés, que la
   santé publique soit préservée, que les paysages, les ressources et les
   énergies soient ménagés. Nous releverons le défi de l'environnement !
   Les Français ont voté pour que la voix de la France soit respectée en
   Europe et influente dans le monde. Le Président de la République, est,
   dès à présent, en train de replacer la France aux premiers rangs de
   l'initiative européenne. Et il est décidé à faire entendre la voix de
   notre pays, partout où les valeurs qu'il incarne sont attendues.
   Parce que la force de sa présidence dépend de vous, Nicolas Sarkozy a
   besoin d'une majorité décidée.
   Il a besoin d'une majorité forte et créative.
   Il a besoin de vous.
   Vous qui n'avez pas manqué à son appel.
   Vous qui n'avez jamais manqué à la France.
   La France qui, maintenant, si vous en décidez ainsi, va prendre son
   destin en main.
   Vive la République, et vive la France.
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