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Discours politique
François Fillon, Discours à Nantes (13/06/2007)
   Mes chers amis,
   Je suis venu ce soir à Nantes pour vous conduire vers une victoire
   nécessaire à la France, nécessaire à notre région des Pays de la Loire,
   nécessaire à la Loire Atlantique, nécessaire à cette belle et grande
   cité qui n'a pas éternellement vocation à demeurer à gauche.
   Le chef de la majorité que je suis, n'est pas là seulement là pour
   servir sa cause, mais celle de tous les candidats qui sont ici
   présents, et dont la plupart sont des amis.
   C'est le grand ouest que je suis venu féliciter :
   - celui qui, en Ille-et -Villaine, a fait gagner, dès le premier tour,
   Pierre MEHAIGNERIE ;
   - en Maine et Loire a fait gagner, dès le premier tour, Jean Charles
   TAUGOURDEAU, Michel PIRON, Marc LAFFINEUR ;
   - celui qui, en Vendée, à fait gagner Louis GUEDON, mais aussi
   Véronique BESSE et Joël SARLOT, tous deux membres du MPF ;
   - celui qui, en Mayenne, a fait gagner Yannick FAVENNEC.
   C'est le grand Ouest que je suis venu soutenir pour ce second tour :
   Ici, Cher André TRILLARD, en Loire-Atlantique, je demande à chacun de
   se mobiliser pour :
   François PINTE, Sophie JOZAN, Jean-Pierre LE RIDANT, Christine
   THEBAUDEAU, Robert DIAT, Michel HUNAULT, Christophe PRIOU,
   Jean-François ARTHUR, Philippe BOENNEC, Serge POIGNANT.
   En Maine-et-Loire, je vous demande d'aller massivement aux urnes pour :
   Roselyne BACHELOT, Hervé de CHARRETTE, Dominique RICHARD, Gilles
   BOURDOULEIX.
   En Mayenne, aucune voix ne doit manquer à François d'AUBERT et Marc
   BERNIER.
   En Vendée, allez au bout de vos convictions avec Jean-Luc PREEL et
   Dominique CAILLAUD
   En Sarthe, avec l'appui de Roland Du Luart, menez à la victoire
   Fabienne LABRETTE-MENAGER (qui a pris le relais de mon ami Pierre
   Hellier), Jean-Marie GEVEAUX, Béatrice PAVY, Dominique LE MENER.
   En Ille-et-Villaine, 6 candidats portent nos couleurs, et ces couleurs
   je veux les voir à l'Assemblée.
   Dans le Morbihan, ils sont également 6 à solliciter vos suffrages, dont
   François GOULARD.
   Mes chers amis,
   Dimanche dernier, les Français ont confirmé le message d'espérance
   qu'ils ont exprimé le 6 mai en portant Nicolas Sarkozy à l'Elysée.
   Les candidats de la majorité présidentielle ont obtenu un score de 46 %
   : ce score est supérieur au résultat, déjà historique, de Nicolas
   Sarkozy au 1er tour de l'élection présidentielle !
   C'est le signe qu'une dynamique est enclenchée. Une dynamique qui se
   propage au-delà de l'électorat traditionnel de la droite et du centre.
   Une dynamique qui transcende les milieux sociaux et bouscule les
   habitudes électorales.
   C'est le signe que les Français, même les plus indécis, ont ressenti
   notre détermination à engager les réformes qu'ils attendent depuis trop
   longtemps.
   C'est le signe que l'élan est pris et que la gauche n'est pas à
   l'offensive pour faire gagner ses idées mais sur la défensive pour
   protéger ses bastions.
   Il y a six mois encore, qui pouvait envisager une telle dynamique ?
   Qui pouvait croire qu'après le 21 avril 2002, la déroute des
   régionales, le refus du traité constitutionnel européen, le peuple
   français allait réagir et se mobiliser pour aller droit au but :
   c'est-à-dire droit vers le changement, et cela sans se disperser, sans
   ambiguïté.
   Il y a six mois encore, on épiloguait sur le poids des partis
   protestataires qui, disait-on, allaient tout chambouler ; on
   soulignait, sondage après sondage, la désillusion et le cynisme des
   électeurs ; on s'émerveillait sur les primaires socialistes... Oui, qui
   pouvait imaginer ce qui est advenu ? Qui pouvait parier sur cet
   extraordinaire sursaut démocratique de notre peuple ? Eh bien, il y en
   avait un : c'était Nicolas Sarkozy !
   Et il y en avait d'autres : c'est vous !
   Avec lui, vous avez eu raison d'oser.
   Oser prôner les valeurs du travail, du mérite, de l'effort, du respect,
   de la nation. Ces valeurs qu'une certaine élite jugeait, bien à tort,
   dépassées. Ces valeurs que la majorité silencieuse refusait, pour sa
   part, d'enterrer.
   Oser dire que dans la mondialisation, les 60 millions de Français
   doivent se retrousser les manches car, n'en déplaise à la gauche, ce
   n'est pas en partageant le travail et en vantant le temps libre que
   l'on défend nos emplois, nos industries et nos agriculteurs !
   Oser dénoncer le sentiment d'impunité qu'éprouvent certains voyous,
   souvent mineurs.
   Oser dire que la liberté de se rendre à son travail mérite autant le
   respect que le droit de grève dans les transports publics.
   Oser dire que nous devons maîtriser l'immigration et que la générosité
   n'est pas d'ouvrir grand les portes de la France sans se soucier de la
   façon dont les étrangers subsistent et s'intègrent !
   Oser dire que notre identité nationale mérite d'être respectée. Oser
   dire qu'il n'y a pas de grande nation qui se soit bâtie sur le mépris
   d'elle-même !
   Oser dire que la rupture politique est vitale.
   Oser le dire et surtout oser la faire !
   Avec Nicolas Sarkozy, je n'oublie pas notre pacte : dire ce que nous
   allons faire et faire ce que nous avons dit !
   Je ne l'oublie pas, car la parole donnée aux électeurs est au coeur de
   la confiance démocratique, la confiance démocratique est au coeur de la
   confiance morale, la confiance morale est au coeur de la confiance
   nationale, la confiance nationale est au coeur de la relance économique
   et sociale.
   Nous avions dit, mes chers amis, qu'il fallait changer la politique.
   Dès notre arrivée aux responsabilités, nous avons provoqué
   l'électrochoc qu'attendaient les français et que redoutait le parti
   socialiste.
   Après sa défaite aux présidentielles, la gauche s'attendait au retour
   de la "vieille droite", cette droite qu'elle a si fréquemment qualifiée
   de sectaire, cette droite qu'elle aurait voulu, encore et encore,
   caricaturer et stigmatiser.
   Eh bien non !
   Le choc de la parité entre les hommes et les femmes, si longtemps
   évoqué, si longtemps attendue, est devenue une réalité au sein du
   gouvernement que j'ai l'honneur de conduire. Ce gouvernement comporte
   sept femmes sur quinze ministres, sept femmes dont l'une, Rachida Dati,
   symbolise la France républicaine que j'aime et que je veux, cette
   France qui ne juge pas les êtres sur leurs origines, mais sur leur
   compétence et sur ce qu'ils ont au fond de leur coeur.
   Le choc, nous l'avons aussi provoqué au sommet de l'État. Depuis un
   mois, le Président de la République et moi-même sommes sur tous les
   fronts. Nous le sommes ensemble, de façon complémentaire. Il n'y a
   plus, d'un côté, l'Elysée, de l'autre, Matignon. Il n'y a qu'une seule
   équipe qui débat librement, qui travaille efficacement, sans protocole
   inutile, avec un seul souci : agir vite !
   Mais le choc le plus percutant, celui qui secoue tout, c'est
   l'ouverture. Nous avons fait voler en éclat les vieux clivages
   partisans et leurs vieilles liqueurs idéologiques. Au grand désespoir
   du parti socialiste, nous avons fait l'ouverture, la vraie ouverture.
   Nous l'avons fait parce que, pour nous, il n'y a jamais eu un peuple de
   droite contre un peuple de gauche, mais un seul peuple : le peuple
   français capable de s'unir lorsque l'enjeu en vaut la peine.
   Nous avons fait l'ouverture parce que la défiance et le dogmatisme sont
   en réalité un aveu de faiblesse. Dès lors que l'on est sûr de son
   projet et de ses convictions, tendre la main à ses adversaires d'hier,
   écouter ceux qui ne pensent pas comme vous, ce n'est pas une faiblesse
   mais au contraire une force, une richesse.
   En Sarthe, comme ici, à la tête de la Région des Pays de la Loire, je
   n'ai jamais, comme autrefois Olivier Guichard, méprisé l'opposition. Je
   n'ai jamais douté de sa légitimité. Je n'ai jamais hésité à l'associer
   à nos décisions et à nos projets. Cette tolérance naturelle qui fut la
   nôtre, elle n'est plus, je le regrette, la marque de notre région.
   Nous avons fait l'ouverture parce que ce n'est pas avec des petites
   manoeuvres que nous ferons face aux enjeux du futur, ces enjeux
   planétaires du terrorisme, des conflits ethniques ou de
   l'environnement. C'est en étant rassemblés, et à cet égard, je suis
   fier de compter dans mon équipe, un homme de coeur comme Bernard
   Kouchner ! Et je suis fier de le voir cohabiter avec un homme
   expérimenté comme Alain Juppé.
   En deux décennies, il y a eu le Rwanda, puis la Somalie, puis
   aujourd'hui le Darfour... Face à ces tragédies humaines, passées et
   présentes, qu'importe l'étiquette politique de ceux qui sont appelés à
   agir au nom de la France des droits de l'Homme.
   Quant à notre planète qui n'a de cesse de se réchauffer depuis une
   décennie, elle se "fiche" de savoir si c'est la droite ou si c'est la
   gauche qui est aux affaires !
   Ce n'est pas dans les polémiques stériles et les jeux d'appareils que
   nous dessinerons la civilisation européenne de demain. C'est ensemble,
   et notamment en s'appuyant sur un homme comme Jean-Pierre Jouyet qui,
   lui aussi, malgré ses attaches à gauche, a décidé de rejoindre mon
   équipe.
   Depuis 15 ans, l'Europe patine. Les gouvernements de gauche succèdent
   aux gouvernements de droite et les Français se montrent jour après jour
   plus sceptiques, jusqu'à voter "non" à un traité européen que la France
   a elle-même bâti. "Non" et ceci dans un contexte où tous les partis
   politiques étaient tiraillés et divisés. Divisés, et donc impuissants
   faute d'avoir regardé l'avenir ensemble. On l'a vu ces jours-ci, avec
   Nicolas Sarkozy, lorsque la France est unie pour proposer une relance
   de l'Europe, eh bien la France est à nouveau entendue.
   Nous avons fait l'ouverture parce que ce n'est pas en empruntant des
   postures idéologiques et morales que nous soulagerons la grande
   pauvreté. C'est en travaillant en commun, et notamment avec Martin
   Hirsch, qui, après avoir dirigé Emmaüs, a compris que l'on pouvait
   avoir le coeur à gauche et travailler avec la droite républicaine.
   Depuis vingt ans, le nombre de RMIste est passé de 400 000 à plus d'1,2
   millions. Faut-il continuer comme avant ?
   Nous, nous avons dit : on fait autrement ! Et pour faire autrement, il
   faut agir différemment en prenant, sans tabou et sans préjugés, les
   bonnes idées là où elles sont.
   Mes amis,
   Comme l'a dit le Président de la République, l'ouverture se poursuivra.
   Les socialistes auront beau crier au débauchage et à la trahison, nous
   ne changerons pas de cap.
   Nous n'en changerons pas car pour réformer en profondeur la France, il
   faut la rassembler.
   Cette ouverture, c'est bien plus qu'une affaire gouvernementale, c'est
   un état d'esprit. C'est une nouvelle façon de penser notre démocratie,
   une nouvelle manière d'associer les énergies, de fédérer les
   intelligences. Et sa conséquence logique, c'est la rénovation de nos
   institutions. Il faut mettre un terme à toutes les rumeurs fumeuses
   selon lesquelles il y aurait un exercice solitaire du pouvoir. Ce fut
   le cas par le passé, et François Mitterrand ne fut pas le moins
   solitaire en la matière... Il faut moderniser et clarifier la
   démocratie française.
   C'est pourquoi nous octroierons un vrai statut à l'opposition,
   notamment en accordant à l'un de ses membres la présidence de la
   commission des finances de l'Assemblée nationale. En confiant cette
   commission - l'une des plus importantes de l'Assemblée - à l'un de nos
   adversaires, nous ne faisons pas un "cadeau" médiatique à la gauche,
   nous faisons un pari politique sur la capacité de l'opposition à
   travailler avec hauteur de vue pour l'intérêt général.
   Il faut aussi en finir avec les nominations discrétionnaires aux postes
   les plus élevés de la République. Nous voulons donner au Parlement son
   mot à dire sur le choix des personnalités appelées à siéger au sein des
   autorités indépendantes et à diriger nos grandes entreprises publiques.
   Là encore ce n'est pas un "cadeau" qui est fait à l'Assemblée, c'est un
   pari politique fondé sur l'idée que l'équilibre des pouvoirs renforce
   la légitimité de leurs décisions.
   Cette démocratie politique que nous voulons plus efficace et plus
   transparente, nous voulons qu'elle soit enrichie par une démocratie
   sociale plus vivante et plus responsable.
   Dès les premiers jours, nous avons, avec le Président de la République,
   reçu les organisations syndicales. Dès les premiers jours, nous avons
   joué avec elles "cartes sur table", car rien n'est pire, en matière de
   dialogue social, que les faux-semblants et les astuces tactiques.
   Nous leurs avons dit ce que nous allions faire tout de suite car le
   vote des français ne se négocie pas.
   Mais nous leur avons également dit que sur plusieurs dossiers
   importants - dont celui de la modernisation de notre marché du travail
   - nous serions attentifs à leurs propositions.
   La vraie démocratie sociale ne va pas sans responsabilisation. Cette
   responsabilisation des organisations syndicales et patronales, je veux
   la pousser le plus loin possible, c'est-à-dire jusqu'à une refonte du
   dialogue social, dialogue qui est aujourd'hui trop hiérarchisé,
   insuffisamment démocratisé, décentralisé et contractualisé au niveau
   des entreprises.
   Croyez-moi, je n'ai pas attendu d'être premier ministre pour vouloir
   une démocratie politique modernisée, une démocratie sociale rénovée et
   un état réorganisé.
   Il fallait réviser notre machine gouvernementale. Depuis trente ans, on
   gouverne avec les mêmes ministères, les mêmes administrations étanches,
   comme si les enjeux étaient les mêmes qu'à l'époque de Georges Pompidou
   Dès notre arrivée, nous avons redessiné les ministères et les
   administrations pour que cesse la guerre des services, et surtout pour
   mieux répondre aux défis de notre temps : défi de l'environnement avec
   un grand ministère d'État de l'écologie, du développement et de
   l'aménagement durables, piloté par Alain Juppé ; défi de la
   mondialisation avec un grand ministère de l'économie, des finances et
   de l'emploi, animé par Jean Louis Borloo ; défi des flux migratoires
   avec un grand ministère de l'immigration, de l'intégration, de
   l'identité nationale et du codéveloppement, dirigé par Brice Hortefeux.
   Oui, mes chers amis, avec la victoire de Nicolas Sarkozy, nous avons
   voulu créer les conditions d'un choc politique parce que nous ne
   construirons pas le XXIème siècle avec les idées, les discours et les
   méthodes du XXème siècle.
   Ce choc politique a pour ambition de déclancher, en chaque français,
   une mise en mouvement, une audace, une envie d'avoir envie.
   Envie de croire en la République si vous en êtes déçus !
   Envie de créer si vous avez des idées !
   Envie de réussir si vous avez de l'ambition !
   Envie d'acheter votre logement si vous hésitiez encore !
   Envie de retrouver votre dignité par le travail si vous avez mis un
   genou à terre !
   Envie de renouer avec le civisme si la vie vous a fait prendre les
   mauvais chemins !
   Envie d'aimer votre pays et de lui donner autant qu'il vous donne !
   Envie de croire en l'Europe parce qu'elle aura enfin une ambition
   politique !
   Envie de travailler plus si vous voulez gagner plus !
   Cette envie, cette force qui est en chaque français, ce désir de
   dépassement qui les "démangent" et qui ne demande qu'à se libérer,
   c'est cela qui va permettre à la France de trancher les cordes qui la
   ligotent depuis si longtemps.
   Au coeur de la crise nationale que traverse notre nation depuis vingt
   ans, on trouve le décrochage de son économie. Ce décrochage qui
   conjugue le plafonnement de la croissance, la résistance du chômage de
   masse, l'explosion de la dette publique qui a triplée depuis 1980, et
   enfin le retour de la contrainte extérieure avec un déficit commercial
   qui tourne autour des 30 milliards d'euros.
   Cet essoufflement économique contraste avec les formidables atouts de
   notre pays : celui d'une main d'oeuvre qualifiée et productrice, des
   infrastructures de qualité, des pôles d'excellence, une démographie
   solide, une épargne abondante, un patrimoine sublime... Au regard de
   ces atouts, la trop longue torpeur française s'explique par quatre
   raisons essentielles : la peur politique face aux réformes, la
   frilosité économique, le conservatisme social, la dévalorisation du
   travail.
   Ces quatre handicaps n'ont rien de définitif. Ils ne sont pas
   viscéralement français ! Pour sortir de l'impasse, nous proposons un
   choc fiscal et un choc culturel.
   Ce choc culturel a une devise : la valeur travail est de retour !
   C'en est fini de la dévalorisation du mérite.
   C'en est fini du mépris de la réussite.
   C'en est fini d'être le pays qui travaille le moins en Europe, du gel
   des salaires à cause des 35 heures.
   Pendant cinq ans, les socialistes ont financé massivement la réduction
   du temps de travail. C'était leur droit. C'était même leur idéologie.
   Ils pensaient que le marché du travail était une sorte de "gâteau"
   qu'il fallait découper en morceaux, pour que chacun ait sa petite part.
   Nous, nous pensons exactement le contraire. C'est le travail des uns
   qui crée celui de autres. C'est l'énergie des uns qui décuple celle des
   autres. C'est l'ambition des uns qui aiguise celle des autres !
   Je vous fais une confidence : l'un de mes fils a passé lundi l'épreuve
   de philosophie du baccalauréat. Cette année, l'un des sujets était :
   "Que gagnons-nous à travailler ?". Eh bien je suis heureux que plus de
   600 000 élèves de terminale aient eu à se poser cette question centrale
   pour eux-mêmes et pour notre pays.
   Notre réponse, avec Nicolas Sarkozy, est sans équivoque : nous avons
   tout à gagner à travailler.
   C'est par notre travail que nous pourrons relancer de la croissance.
   C'est par notre travail que nous préserverons la place de l'économie
   française dans la mondialisation.
   C'est par notre travail que nous gagnerons la bataille du pouvoir
   d'achat.
   C'est par notre travail que nous remettrons en marche l'ascenseur
   social.
   C'est par notre travail et notre productivité que nous financerons nos
   politiques de solidarité, celles qui font nos écoles gratuites, notre
   santé pour tous, nos retraites par répartition.
   Tout sera mis en oeuvre pour favoriser et récompenser le travail,
   l'effort et le mérite.
   Parce que je veux que ceux qui souhaitent travailler plus pour gagner
   plus puissent enfin le faire, il n'y aura plus de charges fiscales et
   sociales sur les heures supplémentaires, et cela sera fait dès l'été.
   Toutes les heures supplémentaires seront majorées de 25 %.
   Parce que je refuse que les étudiants soient pénalisés lorsqu'ils
   travaillent pour financer leurs études, leurs salaires seront
   défiscalisés.
   Parce que je n'accepte pas que les seniors soient considérés comme des
   "vieux" qu'on met sur la touche, nous allons mobiliser le service
   public de l'emploi et convaincre les entreprises qu'il vaut mieux un
   "senior" au travail qu'un prélèvement supplémentaire pour financer les
   retraites.
   Parce que les jeunes retraités doivent avoir la possibilité, s'ils en
   ont envie, d'améliorer leur pouvoir d'achat, nous permettrons le cumul
   emploi-retraite.
   Parce que l'assistanat à vie n'est pas une vie, parce qu'en chaque
   individu il existe une dignité qui doit être encouragée et non pas
   étouffée, parce que les revenus de l'assistance ne doivent pas
   dissuadés le retour au travail, nous allons développer le revenu de
   solidarité active. Il s'agit d'aider et d'inciter chaque Français qui a
   mis un genou à terre à se relever. Il n'y a rien de plus normal, rien
   de plus républicain, que celui qui bénéficie de la solidarité
   nationale, se montre à son tour solidaire de la nation par une activité
   d'intérêt général.
   Parce que nous voulons que nos étudiants réussissent, que nos
   chercheurs les plus brillants aient envie de rester en France, nous
   permettrons aux universités françaises d'être pleinement autonomes, de
   nouer des partenariats féconds avec le monde de la recherche et celui
   de l'entreprise, d'avoir les moyens d'être des pôles d'excellence.
   Depuis 25 ans, la peur de réformer l'université, la peur de brusquer
   les spécialistes du statu quo, ont conduit notre enseignement supérieur
   à devenir injuste sur le plan social et décevant sur le plan culturel
   et scientifique. Le temps des hésitations est fini ; dès l'été, nous
   légiférerons !
   Parce que nous voulons que nos jeunes créateurs d'entreprises préfèrent
   fonder leur start up et chercher fortune à Paris ou à Nantes plutôt
   qu'à Pékin, Londres ou New York, nous instaurerons le bouclier fiscal
   de 50 % que nous avions promis, et favoriserons les réductions d'impôts
   (jusqu'à 50 .000 euros) pour les investissements dans le capital des
   petites et moyennes entreprises, des entreprises d'insertion, des
   universités et des fondations.
   Je le dit sans détour : je préfère que les grandes fortunes restent en
   France et financent notre pacte social et nos entreprises, plutôt que
   les économies de nos concurrents !
   À cet égard, je veux dire qu'il n'est pas choquant que ceux qui
   prennent des risques, qui travaillent quinze heures par jour, qui
   réussissent à la tête de grandes entreprises perçoivent des revenus
   élevés.
   Ce qui est choquant, c'est lorsque la récompense n'est pas justifiée
   par les résultats.
   Ce qui est choquant, c'est lorsque les primes de quelques uns ignorent
   les difficultés de tous les autres qui travaillent dans la même
   société.
   Ce qui est choquant c'est lorsque les stocks options ne sont réservés
   qu'à quelques uns.
   C'est la raison pour laquelle nous ferons en sorte qu'ils soient
   proposés à tous les salariés. Car lorsqu'une entreprise fait des
   bénéfices, il est normal que chacun soit récompensé pour son travail.
   Il faut une éthique au capitalisme. Une éthique qui repose sur le
   mérite, l'effort et le résultat.
   À l'avenir, il y aura des conditions strictes à l'octroi d'indemnités
   pour les dirigeants d'entreprises au moment de leur départ : leurs
   indemnités devront être liées à la performance, et attribuées par les
   conseils d'administration dans des conditions de transparence totale.
   Vous l'aurez compris : toute notre stratégie est tournée vers la
   revalorisation du travail, toute notre énergie est tendue vers le plein
   emploi.
   À cet égard, je souhaite vous dire quelques mots sur cette TVA sociale
   dont la gauche s'est saisie pour nous critiquer à défaut d'avoir
   elle-même le moindre projet à proposer aux Français. D'abord, il faut
   être clair : il n'y aura pas de hausse de la TVA pour combler nos
   déficits. Notre objectif n'est pas d'augmenter les prélèvements
   obligatoires mais de les réduire ! Nous tiendrons cet engagement. J'en
   serai le garant.
   La question de la TVA sociale est d'une autre nature.
   D'où vient l'idée ? D'un constat ; que nos emplois sont menacés par les
   délocalisations. Or, moi, je veux que l'industrie ait un avenir en
   France, et que l'on se défende contre les pays émergents où la main
   d'oeuvre est sous payée. Notre combat sera bien sûr d'abord celui de
   l'innovation, de l'investissement productif. Mais il est des secteurs
   entiers où cela ne suffira pas.
   Nous avons porté une politique ambitieuse d'allègement du coût du
   travail, notamment pour les bas salaires, et nous continuerons en
   particulier avec la détaxation des HS qui permettra à ceux qui
   travaillent plus de gagner plus.
   Nous devons aller plus loin en baissant les charges sur le travail.
   Mais si on le fait, il faut trouver une autre manière de financer notre
   protection sociale, car nous tenons à notre modèle social et nous
   voulons faire vivre une vraie solidarité.
   D'où l'idée de transférer des cotisations sur la TVA. C'est la TVA
   sociale que, pour ma part, je préfère appeler TVA antidélocalisation.
   C'est une idée qui me paraît morale, d'autant plus qu'elle permettrait
   de faire participer les entreprises étrangères qui vendent en France à
   notre protection sociale. À l'inverse nous vendrions à l'étranger à
   armes égales avec nos concurrents, sans un poids excessif de charges
   sociales.
   Cette idée est juste. Pour autant elle n'est pas simple. On le voit
   bien avec le débat qui a commencé dans une confusion entretenue par la
   gauche, par ceux-là même qui avaient inscrit la TVA sociale dans leurs
   projets ou dans leurs réflexions il n'y a pas si longtemps.
   Pour que cette idée puisse être mise en oeuvre, il faut réussir sa mise
   au point. Cela veut dire garantir :
   - que la baisse de cotisations se retrouve dans les prix et non pas
   dans les marges des entreprises ;
   - que le niveau global des impôts et cotisations est constant ;
   - que l'inflation est maîtrisée, et qu'il n'y a pas de dérive qui
   ampute le pouvoir d'achat des français.
   Si ces conditions sont réunies, alors nous pourrons avancer. Si ce
   n'est pas le cas, alors nous ne le ferons pas. Quant au taux, beaucoup
   imaginaient déjà une majoration de 5 % de la TVA. C'est aller un peu
   vite. 5 % est un plafond au regard de nos engagements européens.
   Faudra-t-il aller jusque là ? Nous le verrons. Le gouvernement y
   travaille, avec des économistes, de droite comme de gauche, à la
   lumière des expériences étrangères et avec les partenaires sociaux.
   Le projet de TVA sociale était écrit noir sur blanc dans le programme
   de Nicolas Sarkozy. Personne ne doit donc être étonné de nous voir
   travailler sur cette question.
   Les vociférations caricaturales d'une gauche qui n'a rien proposé, ne
   m'intimideront pas !
   Et d'ailleurs, que suggère-t-elle cette gauche pour lutter contre les
   délocalisations ? D'abaisser le temps de travail et d'augmenter les
   charges sociales ! Ça, c'est leur plan pour mener notre pays droit dans
   le mur.
   Je ne négligerai rien qui puisse servir l'emploi et la croissance, même
   si je dois m'exposer aux faux procès ou à des polémiques politiciennes.
   Le Président de la République a été élu parce qu'il incarne un certain
   courage pour réformer. Je le ferai auprès de lui avec audace, dussé-je
   y prendre des risques personnels et ce n'est pas la proximité du 2nd
   tour qui m'empêchera de dire ce que je pense, en toute sincérité, en
   toute vérité.
   Mes chers amis,
   Rien, n'y personne, ne nous empêchera de revaloriser le travail.
   Parce que l'effort doit être récompensé, nous ferons en sorte que celui
   qui a travaillé toute une vie puisse librement transmettre son
   patrimoine. Les droits de succession seront supprimés dès l'été pour
   95% des Français. Ils le seront car il est légitime et moral de pouvoir
   transmettre à ceux que l'on aime le fruit de ses efforts sans être
   lourdement taxé.
   Nous permettrons aux millions de Français qui rêvent d'être
   propriétaires de leur logement d'aller au bout de leur idéal. Vouloir
   devenir propriétaire, ce n'est pas seulement un investissement
   économique et social. C'est un acte de foi dans l'avenir. C'est un acte
   de confiance.
   C'est pourquoi, dès l'été, comme nous l'avons promis, les intérêts
   d'emprunts pour l'achat ou la construction d'une résidence principale
   seront déductibles de l'impôt sur le revenu.
   C'est une mesure forte et inégalée. Et contrairement aux faux procès
   que nous fait la gauche, cette mesure pourra bénéficier à tous les
   Français, qu'ils paient l'impôt sur le revenu ou non, puisque les
   foyers non imposables se verront verser un crédit d'impôt. Pour les
   plus modestes, cette mesure pourra être cumulée avec le prêt à taux
   zéro.
   Près de 60 % des emprunteurs bénéficieront pleinement de cette mesure,
   qui, pour chaque ménage, tournera autour de 1500 euros par an
   d'avantage fiscal. Prenons un exemple : celui d'une famille de trois
   enfants qui achète un logement plus grand. Eh bien, sur les cinq
   premières années - celles où l'on paie les charges d'intérêts les plus
   lourdes ! - la facture sera réduite de 9000 euros.
   Nous vous avions dit que nous le ferions, nous le faisons !
   Mes chers amis,
   Il n'y a plus à hésiter sur la valeur travail et sur sa récompense, et
   il n'y a plus à hésiter sur la sécurité.
   Grâce aux efforts de Nicolas Sarkozy, la délinquance a baissé au cours
   de la précédente législature. 19 % de moins au cours des cinq dernières
   années et même 35 % pour la délinquance de voie publique.
   On peut obtenir des résultats, si on arrête avec l'angélisme, si la
   République fait respecter ses lois, si les délinquants sentent que
   notre indulgence a des limites.
   Face à la culture de la violence, je n'ai qu'un mot d'ordre : ne rien
   céder !
   Non, il ne faut pas céder devant les délinquants qui commettent encore
   et toujours les mêmes actes !
   Non, il ne faut pas céder devant des adolescents livrés à eux-mêmes et
   sans scrupules, qui bénéficient encore d'une quasi impunité, juste
   parce qu'il leur manque quelques mois pour atteindre leurs 18 ans ! À
   force d'être impuni, ces jeunes en on conclu que la société n'avait ni
   le courage de les recadrer, ni la générosité de les replacer dans le
   droit chemin.
   Nous vous avions promis d'agir contre les multirécidivistes : le projet
   de loi qui sera présenté au parlement dans quelques semaines respecte
   notre engagement. Les délinquants auteurs d'actes graves, lorsqu'ils
   sont en situation de récidive, feront l'objet de peines planchers.
   Nous vous avions également promis de traiter la délinquance des
   mineurs. Cela sera également fait dès cet été. Dorénavant, la minorité
   ne sera plus un alibi d'office pour les jeunes délinquants.
   Je veux, par ces dispositions pénales, rendre à notre justice son
   caractère dissuasif car la sécurité des Français l'exige.
   Mes chers amis,
   Nous vous avions aussi promis de gérer la question de l'immigration en
   étant ferme et juste. Et c'est très précisément ce que nous allons
   faire.
   Je suis profondément attaché à la tradition d'ouverture de la France.
   Un pays comme le nôtre doit être une terre d'asile, une terre
   d'accueil. Ceux qui ont besoin de notre protection, ceux qui aiment
   notre pays, ceux qui veulent y travailler et y fonder une famille, y
   ont leur place.
   Mais cette générosité ne peut pas être sans condition.
   La France a du coeur, mais elle n'est pas assez riche pour être la
   terre promise de tous les peuples en détresse ; cette terre que des
   réseaux mafieux vendent comme un Eldorado.
   Notre territoire n'est pas une zone franche, sans âme et sans
   traditions. Nous ne sommes pas la juxtaposition de communautés
   étrangères les unes aux autres. Nous sommes une Nation. Une nation
   d'intégration. Et l'intégration signifie que celui qui vient en France
   adopte la France, et, en retour la France l'adopte comme l'un des
   siens.
   Il n'y a pas d'intégration sans valeurs communes, il n'y a donc pas
   d'intégration sans exigences. Le projet de loi préparé par Brice
   Hortefeux est finalisé.
   Ceux qui veulent venir en France devront avoir les moyens de s'y
   intégrer.
   Ceux qui veulent venir en France devront avoir un travail !
   Ceux qui veulent venir en France devront respecter nos valeurs
   républicaines.
   Et ceux qui veulent venir en France devront parler notre langue, car
   c'est la première condition pour pouvoir participer à la vie nationale.
   C'est pourquoi, pour les personnes ayant des lacunes dans ce domaine,
   une formation linguistique et culturelle sera obligatoire.
   Nous vous avions dit que l'identité de la France méritait d'être
   respecté. Nous la ferons respecter ! Et ceux qui ne l'entendent pas
   ainsi n'ont pas vocation à rejoindre un pays qui s'ouvre d'abord et
   avant tout à ceux qui veulent s'associer à son destin.
   Mes chers amis,
   Les Français ont élus dimanche dernier 105 députés de la majorité
   présidentielle. Mais l'Assemblée nationale compte 577 députés !
   Il faut que l'élan pour la majorité qui servira nos projets ne s'arrête
   pas en chemin.
   Le second tour, c'est notre second souffle.
   Pour aller plus loin dans la concrétisation de nos projets, pour aller
   plus vite dans les réformes qu'on a trop tardé à entreprendre, pour
   tenir jusqu'au bout, en restant fidèle à nos engagements, le cap du
   quinquennat, je compte sur vous.
   Je compte sur vous pour être les porte-parole de vos convictions.
   Je compte sur vous pour que votre voix soit entendue par ceux qui,
   peut-être encore, hésitent autour de vous.
   Je compte surtout sur vous pour aller au-devant de nos concitoyens avec
   le désir de convaincre. Donnez-leur envie de nous rejoindre.
   Donnez-leur envie de s'élancer avec nous vers l'avenir.
   C'est tout cela, mes amis, que je suis venu vous dire ce soir, à
   Nantes, au coeur de cette région qui m'est si chère.
   Nous sommes ici dans la ville dont le maire fut l'un des plus proches
   soutiens de Mme Royal.
   Un homme qui fut président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale
   et qui est aujourd'hui candidat dans la troisième circonscription de
   Loire-Atlantique.
   Jean-Marc Ayrault et ses coéquipiers symbolise cette gauche qui n'a
   plus que, pour seul espoir, de tout stopper, de tout enrayer.
   Nantes, la Loire-Atlantique, les Pays de la Loire méritent mieux.
   Mieux que ce freinage.
   Mieux que ce débrayage.
   Mieux que la marche arrière.
   Pour aller de l'avant, pour construire, aucune voix ne doit manquer.
   Mobilisez-vous pour la France que vous aimez.
   Mobilisez-vous pour la France que vous voulez.
   Mobilisez-vous pour donner au projet de Nicolas Sarkozy la majorité
   qu'il exige.
   Donnez-nous le pouvoir d'agir maintenant.
   Vive la République, et vive la France.
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