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   Discours de Marseille (19/02/2012)
   Mes chers amis,
   Aujourd’hui je suis venu parler de la France. On n’en parle pas assez
   de la France. Comme
   si c’était démodé de parler de la France. Comme si on avait fini par
   tellement s’y habituer de
   la France, que l’on n’y accordait plus d’importance.
   Jeune, j’ai aimé la France sans le savoir. Beaucoup dans ma famille
   venaient de loin.
   J’aimais le ciel sous lequel je vivais et ce n’était pourtant pas le
   ciel de Marseille.
   J’aimais le son des mots.
   J’aimais des chansons, des musiques, des livres.
   J’aimais des villes, une façon d’aligner des maisons, de planter des
   arbres le long des
   routes.
   J’aimais des bords de mer.
   J’aimais une façon de rire, une façon d’rtre libre, j’aimais une façon
   française une façon de
   goûter la vie.
   J’aimais une façon d’aimer.
   Au fond, j’aimais la France sans le savoir.
   J’aimais la France sans comprendre le prix qu’avait d payer tant de
   générations pour nous
   léguer notre patrie.
   Je l’aimais comme l’air qu’on respire.
   Je l’aimais au fond sans comprendre ce que la France avait d’unique, ce
   que la France
   devait à des milliers d’années de travail et d’amour et au sang versé
   par tant de femmes et
   tant d’hommes pour qu’en entendant son nom de France, il n’y ait pas
   une seule personne
   au monde qui ne pense à la liberté.
   J’ai mis du temps pour mesurer à quel point si la France restait si
   vivante dans mon coeur,
   elle le devait aussi à tous ceux qui dans le monde entier continuent
   d’aimer la France et
   continuent d’espérer pour la France.
   Je n’ai cessé en avançant dans la vie de ressentir à quel point cette
   idée de France, qui me
   semblait si éloignée de mon existence quotidienne lorsque j’étais
   jeune, y était en réalité
   présente à chaque instant, combien la France était humaine, combien la
   France était
   charnelle et combien la France avait contribué à me façonner depuis
   l’enfance.
   Je me souviens qu’au début j’ai fait de la politique parce que je
   voulais agir, je voulais
   résoudre des problèmes, je voulais aider les gens à surmonter leurs
   difficultés, je voulais me
   battre pour des idées.
   En me retournant sur toutes ces années j’ai compris que le combat, le
   combat essentiel,
   c’est celui que l’on mène pour le pays qui vous a vu naître ou le pays
   que l’on reconnaît
   comme sien. Il n’y en a pas un seul combat qui soit supérieur à celui
   qu’on mène pour son
   pays.
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   Confronté tous les jours aux difficultés quotidiennes des Français, je
   me suis forgé la
   conviction qu’en tirant tous les fils de la politique, on remontait
   toujours à la France, que la
   France au bout du compte devait rtre le grand sujet de la politique et
   que l’on ne pouvait pas
   séparer la vie des Français du destin de la France, que l’on ne pouvait
   pas résoudre les
   problèmes des Français sans résoudre ceux de la France, que la France
   était au final le seul
   rempart grâce auquel on pouvait protéger les
   Français.
   Telle est la conviction, mes chers amis, que je veux faire partager
   tout au long de cette
   campagne que nous allons vivre ensemble.
   Les cinq années écoulées depuis que les Français m’ont élu à la
   Présidence de la
   République n’ont fait que renforcer cette conviction.
   Une France faible ne peut pas protéger les Français. Les plus anciens,
   ici, le savent bien,
   dans les périodes les plus noires de notre Histoire, celles qui ont été
   les plus douloureuses
   pour les Français, le malheur est toujours venu de ce que la France
   n’avait pas été assez
   forte. Quand la lâcheté, quand la démission, quand la faiblesse de
   gouvernements de
   passage ont été à l’oeuvre, ce sont les Français qui ont eu à en
   assumer les conséquences.
   Il n’y a pas de Français heureux sur les malheurs de la
   France. Il n’y a pas de Français protégés sur la faiblesse de la
   France. Depuis 2008, dans la
   tempête économique et financière sans doute la plus grave et la plus
   dangereuse que le
   monde ait connu depuis les années 30, la France a résisté, la France a
   tenu. Les Français
   ont fait face.
   Je sais mieux que personne toutes les souffrances et toutes les
   difficultés que cette crise a
   créé, parce qu’en France, je l’ai appris, toutes les souffrances et
   toutes les difficultés des
   Français remontent toujours au Président de la République, parce que
   chacun se tourne
   vers lui pour exprimer ses souffrances, pour demander de l’aide, parce
   que chacun le
   regarde comme le dernier recours lorsqu’on a épuisé tous les autres. Je
   mesure ce qu’il
   aurait fallu faire de plus, ce qu’il aurait fallu faire de mieux. J’ai
   un devoir de lucidité. Etj e ne
   prétends pas et je ne prétendrai jamais que nous avons tout réussi.
   Mais je veux dire, pour
   que chacun le comprenne, que nous avons échappé à une catastrophe. Je
   veux le dire
   calmement mais ausii fortement : ceux qui font comme si rien de grave
   ne s’était passé
   depuis 3 ans dans le monde, ceux qui font comme si les risques auxquels
   la France s’était
   trouvé confrontée n’avaient pas été dramatiques, ceux-là mentent
   aux Français, ceux-là ne rendent pas service à la France.
   Dans deux mois cela sera pour chacun de vous le moment du choix.
   Les circonstances font que le choix des Français sera décisif. Je veux
   que chacun de nos
   compatriotes puisse pouvoir décider en mesurant les enjeux. Si
   aujourd’hui on ne comprend
   pas la nature de la crise et les risques qu’elle nous fait courir alors
   non seulement on ne peut
   pas juger
   le passé mais par-dessus tout on ne peut pas imaginer l’avenir, on ne
   peut pas préparer
   l’avenir.
   Occulter la crise ce n’est pas seulement malhonnrte, c’est dangereux,
   parce que l’on ne se
   défend pas contre des périls dont on nie l’existence, parce que l’on ne
   protège pas contre
   des menaces que l’on fait semblant d’ignorer.
   Dire aux Français : « dormez tranquilles, il n’y a pas de crise, il n’y
   a pas de risque ª, c’est
   jouer avec l’avenir des Français, c’est les laisser sans défense quand
   la crise et les risques
   les auront rattrapés. C’est irresponsable et c’est moralement
   inacceptable.
   Je le dis à tous les Français quelles que soient leurs convictions :
   souvenez-vous qu’à
   l’automne 2008 toutes les banques du monde ont failli disparaître.
   Souvenez-vous, c’était
   hier. Si les banques françaises avaient été entrainées dans un tel
   cataclysme, c’est votre
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   épargne, le fruit de votre travail, vos économies, vos salaires, vos
   emplois qui auraient été
   emportés.
   Nous avons réussi à éviter cette catastrophe.
   Puis il y a eu la crise économique, la récession, qui a touché tous les
   pays dans le monde
   sans aucune exception. Il a fallu que l’État intervienne pour financer
   l’économie, pour
   soutenir l’activité, pour éviter une nouvelle fois que tout s’effondre.
   Nous avons réussi, une nouvelle fois, à éviter la catastrophe.
   Et puis, comme si cela ne suffisait pas, après cela il y a eu la crise
   des dettes publiques, la
   crise de l’Europe, la crise de l’Euro. Il a fallu que la France
   s’implique à chaque minute pour
   emprcher l’éclatement de l’Euro qui aurait emporté toute l’Europe et
   qui aurait coté si cher
   aux Français
   et en particulier aux plus vulnérables.
   Nous avons réussi une nouvelle fois à éviter la catastrophe.
   Je dois nous, car je tiens à associer François Fillon et l’ensemble du
   Gouvernement.
   Mes chers amis, si un seul Français, un seul doute de ce que je viens
   de dire et qu’il veut
   savoir à quoi nous avons échappé, ce qui aurait pu arriver à chacun si
   la France n’avait pas
   été forte, je demande à ce Français qui doute, à ces Français de
   regarder à ce qui arrive
   aujourd’hui à l’ouvrier grec, de penser à ce qui arrive au retraité
   italien, d’imaginer ce que
   peut ressentir le chômeur espagnol qui a si peu de chances de retrouver
   un emploi parce
   que le chômage y est trois fois plus élevé qu’en
   France.
   Je demande à ces Français d’imaginer le fonctionnaire portugais avec
   son traitement
   diminué de 25%.
   Je luis demande de regarder ces milliers de familles américaines
   condamnées à vivre dans
   des mobil homes parce qu’au chômage ils ne peuvent plus payer les
   traites de leur maison.
   En France, c’est vrai, l’endettement a augmenté, les fins de nombreux
   de nos compatriotes
   sont difficiles.
   C’est vrai, il y a plus de chômeurs.
   C’est vrai, c’est difficile de se loger.
   C’est vrai, on ne pourra plus partir à la retraite à 60 ans.
   C’est vrai, il va falloir travailler plus longtemps.
   C’est vrai, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n’est pas
   remplacé mais ces
   décisions, je les assume parce qu’elles étaient difficiles
   Mais si on ne les avait pas prises à temps, où en serions-nous
   aujourd’hui ?
   La vérité, c’est que la France n’a pas été emportée par une crise de
   confiance qui a ravagé
   tant d’autres pays dans le monde.
   La vérité c’est que l’État n’a pas fait faillite.
   La vérité c’est que les salaires et les pensions de retraite n’ont pas
   baissé.
   La vérité c’est que le chômage n’a pas explosé comme ailleurs.
   La vérité c’est que des milliers de Français n’ont pas été chassés de
   chez
   eux.
   La vérité, c’est que dans notre beau pays il n’y a pas eu ce désespoir,
   cette violence qui a
   embrasé tant d’autres pays si proches de notre coeur et de nos
   frontières.
   Il faut regarder en face la réalité du monde, la réalité de la crise
   pour comprendre que
   travailler davantage c’est la seule façon de préserver notre niveau de
   vie, notre pouvoir
   d’achat, de sortir par le haut de cette crise qui tire tant de pays
   vers le bas, travailler
   davantage c’est la seule façon pour ne pas laisser à nos enfants un
   pays qui croulerait sous
   les dettes et les déficits où les mèneraient des gens incapables de
   dire non à la plus petite
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   revendication.
   Notre génération n’a pas le droit de laisser à nos enfants le soin de
   régler les factures que
   nous n’aurions pas eu le courage d’assumer.
   Si on refuse la réalité, on ne peut pas comprendre les efforts qu’il
   nous faut faire. Et si on ne
   les comprend pas, on ne les fera pas. Et si on ne les fait pas alors ce
   sont tous les Français
   qui souffriront.
   Je ne veux pas de cette souffrance ! Car elle serait la conséquence de
   la facilité, de la
   démagogie et du mensonge.
   Si la France a mieux résisté que d’autres, c’est qu’elle a puisé sa
   force dans ce qu’elle avait
   de meilleur, dans ce qui lui a toujours permis de surmonter les pires
   épreuves, de demeurer
   un grand pays.
   Je veux parler du travail, je veux parler de l’effort, je veux parler
   du courage, je veux parler
   de l’intelligence, je veux parler des valeurs de responsabilité et
   d’autorité.
   Je veux parler du sentiment très fort de former une seule et même
   Nation.
   Je veux parler de l’idéal de la République, de la chance qu’elle veut
   donner à tous les
   talents, à tous les mérites, de la valeur qu’elle reconnait au travail.
   Je veux parler de cette grande chose en France qui s’appelle l’État et
   dont on voit bien dans
   la crise combien l’absence ou la faiblesse peuvent être dangereuses.
   Pendant cinq ans la France s’est appuyée sur ces valeurs, sur ces
   institutions pour rester
   forte.
   Ce fut une tâche très difficile parce qu’il a fallu rompre avec des
   habitudes, mes chers amis,
   avec des habitudes ancrées depuis des décennies. Et la première des
   habitudes avec
   lesquelles il a fallu rompre, c’est l’habitude détestable de toujours
   céder, de toujours reculer
   face à la moindre pression, face à la moindre protestation.
   Jamais autant de réformes n’ont été accomplies, mais tant de retard
   avait été pris et la crise
   a ouvert tant de fronts, la crise a demandé tant d’énergie.
   Les effets bénéfiques de tant de réformes que la France attendait ont
   été masqués par les
   dégâts de la crise. Mais grâce à ces réformes, la France a renoué avec
   ses valeurs et la
   France sortira plus forte de la crise. Si les Français ont souffert de
   la crise, réfléchissons
   aussi, c’est à proportion des erreurs qui avaient été commises et qui
   ont affaibli la France.
   Pendant trop longtemps les valeurs d’où vient la force de la France ont
   été abandonnées par
   ceux-là même qui avaient la responsabilité de les défendre.
   L’idéologie du partage du travail, la mise en cause systématique de
   toute forme d’autorité, la
   dilution des responsabilités ont affaibli la France et ont rendu les
   Français plus vulnérables.
   A force de ne plus regarder la France comme un tout, comme une destinée
   commune dont
   chacun est solidaire, mais comme une simple juxtaposition de
   communautés et de clientèles,
   à force de donner à chacun ce qu’il réclame sans tenir compte de ce que
   ça coûte à tous, à
   force que chacun n’ait plus que des droits et que l’on ne se soucie
   plus de faire respecter
   des devoirs, on a fragilisé la société et pris le risque qu’elle vole
   en éclat dans l’épreuve au
   moment où elle avait besoin de la plus
   grande des cohésions.
   Quand on oublie la France, mes chers amis, on tolère l’absentéisme
   scolaire, on s’offusque
   de la suspension des allocations familiales et on oublie qu’un enfant
   qui ne va pas à l’école,
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   c’est une richesse immense que la France gaspille et que toute sa vie,
   cet enfant sera à la
   charge de
   tous.
   Quand on oublie la France, on oublie que ceux qui ne travaillent pas
   sont toujours à la
   charge de ceux qui travaillent. Et si ceux qui travaillent sont de
   moins en moins nombreux, la
   charge finira par devenir insupportable. Quand on oublie la France, on
   oublie que c’est le
   travail des uns qui donne
   du travail aux autres et qu’en partageant le travail au lieu de
   l’encourager, on s’appauvrit
   collectivement au lieu de s’enrichir.
   Quand on oublie la France, on oublie que ce sont les travailleurs qui
   payent les retraites et
   que s’il y a toujours moins de travailleurs et toujours plus de
   retraités, il arrivera fatalement
   un jour où les retraites ne seront plus payées.
   Quand on oublie la France, on oublie qu’un territoire abandonné c’est
   d’abord une ressource
   dont le pays se prive.
   Quand on oublie la France, on oublie que dans une Nation tout se tient,
   que la prospérité de
   chacun dépend de la prospérité de tous, que le bonheur de chacun dépend
   aussi du
   bonheur de tous. La prospérité au milieu de la misère, le bonheur au
   milieu du malheur, cela
   ne peut pas durer, cela ne dure jamais bien longtemps.
   Quand on oublie la France, on oublie que l’on ne peut pas faire un pays
   qu’avec des cadres,
   des savants, des ingénieurs. On oublie qu’une France sans agriculteurs,
   sans ouvriers, sans
   artisans, sans usines, sans ateliers, sans fermes, serait une France
   qui aurait perdu une
   partie de son âme, de sa culture et de son identité et que ce serait
   une France
   économiquement à la merci des autres.
   Quand on oublie la France, on oublie que l’État c’est tous les
   Français, que la dette de l’État
   et la dette des Français, c’est une seule et mrme dette, on oublie que
   l’on ne peut pas bktir
   une société et une économie prospères sur la ruine de l’État, ni la
   prospérité de l’État sur la
   ruine de la société et de l’économie.
   Au fond, mes chers amis, la France, c’est le nom que nous donnons à la
   solidarité entre les
   Français d’aujourd’hui et à la solidarité entre les générations. C’est
   cela la France.
   La France, c’est ce qui nous appelle sans cesse à ne pas sacrifier
   l’avenir au présent.
   La France, c’est le nom par lequel nous disons le mieux notre amour à
   nos enfants et à nos
   petits-enfants. La France, c’est le mot qui nous fait nous souvenir
   avec respect et avec
   tendresse de ceux qui nous ont aimés assez pour nous laisser ce pays
   magnifique.
   Les ouvriers qui m’ont dit, la semaine dernière, à la centrale
   nucléaire de Fessenheim : «
   Monsieur le Président, ils nous ont vendus » savent bien que l’on ne
   croit pas en son pays
   quand on est prêt à arrêter des dizaines de réacteurs nucléaires en
   contrepartie d’un accord
   électoral qui se fait sur le dos de milliers d’ouvriers de la filière
   nucléaire française. Est-ce
   qu’on est capable de dire en face à face, en regardant dans les yeux un
   ouvrier dont on vole
   le travail parce que l’on a voulu glaner quelques voix sur le tapis
   vert des négociations ?
   Je préfère tenir le discours de vérité que d’rtre à la place de ceux
   qui font cela parce que je
   ne pourrai pas paraître devant ces ouvriers à qui l’on dit : votre
   emploi nous le volons pour
   gagner la place que nous convoitons.
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   Aimer la France, c’est refuser d’accepter les 35 heures qui mettent
   tant d’entreprises
   françaises hors d’état d’affronter la concurrence des entreprises
   étrangères.
   Aimer la France, c’est refuser de promettre la retraite à 60 ans en
   sachant que dans moins
   de 10 ans on ne pourra plus payer les retraites.
   Aimer la France, c’est refuser d’augmenter les dépenses et d’augmenter
   les impôts en pleine
   crise mondiale de la dette.
   Aimer la France, c’est refuser d’aborder l’immigration par la seule
   posture idéologique. C’est
   un sujet qu’il faut évoquer avec gravité parce qu’une immigration non
   maitrisée est la cause
   de beaucoup de souffrances. Et les premiers à en souffrir sont ceux que
   l’on n’est pas
   capable d’accueillir
   dignement et ceux-là se sont souvent fait dépouiller de leurs maigres
   économies par des
   passeurs sans scrupules qui n’ont pas hésité à mettre leur vie en
   danger et qui ne sont
   qu’une bande de criminels qui ne méritent que le châtiment le plus
   extrême.
   Il y a d’autres conséquences très lourdes qu’on n’a pas le droit de
   cacher aux Français. Si
   l’on ne maitrise pas l’immigration alors que le chômage reste si élevé,
   notre protection
   sociale ira droit à la faillite, notre pacte social explosera car nous
   n’aurons pas les moyens
   de le financer et alors ce sont toujours les plus faibles, les plus
   vulnérables, ceux qui ont le
   plus besoin de la solidarité nationale qui en souffriront le plus.
   Je n’ai jamais été et je n’ai pas changé et je ne changerai pas pour
   l’immigration zéro qui
   pour un pays comme la France n’a tout simplement pas de sens. Mais
   refuser tout contrôle,
   récuser l’immigration choisie laissant ainsi la porte ouverte à
   l’immigration subie, c’est
   irresponsable et c’est moralement condamnable.
   Mes chers amis, rien n’est pire que la bonne conscience qui ne veut pas
   regarder en face les
   conséquences de ce qu’elle réclame. Régulariser massivement, ouvrir les
   vannes, ce n’est ni
   plus ni moins qu’une faute. Quand on aime la France, on ne réduit pas
   la nationalité
   française à une
   adresse et on ne prend pas le risque du vote communautaire qui ferait
   peser sur les élus
   locaux une pression communautariste immense et voler en éclat notre
   pacte républicain.
   Quand on aime la France, on veut que la France soit maitresse de son
   destin et maîtresse chez elle. Quand on aime la France, on ne propose
   pas de ratifier la
   charte des
   langues régionales et minoritaires qui n’a pas pour but de faire vivre
   les langues régionales
   mais de reconnaitre des droits linguistiques à toutes les minorités et
   de les placer sous le
   contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre
   histoire nationale et
   de notre tradition républicaine.
   C’est le communautarisme qui est au bout du chemin et pas la défense
   d’un magnifique
   patrimoine de langues et de cultures qui font la richesse de notre
   pays. Je veux défendre ce
   patrimoine. Je veux m’opposer à toute dérive communautariste parce que
   cette dérive
   ruinerait des siècles d’efforts et
   de sacrifices pour nous construire un État, une Nation, une République
   dont nous pouvons
   être fiers et dont nous tirons notre force et notre intelligence
   collectives.
   Je me souviens de ceux qui, il n’y a pas si longtemps, refusaient
   l’interdiction de la burqa
   parce que leurs convictions n’étaient pas assez fortes.
   Je me souviens de ceux qui voulaient séparer les hommes et les femmes
   dans les piscines
   municipales parce qu’ils étaient prrts à tous les compromis avec les
   valeurs républicaines.
   Pas de compromis avec les valeurs républicaines !
   Je vois ce qui se passe encore dans certaines cantines scolaires.
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   Je vois tous les jours la laïcité attaquée par ceux-là même qui
   prétendent la défendre contre
   des menaces imaginaires alors que leurs attaques à eux sont bien
   réelles.
   Quand on aime la France, on défend ces valeurs qui sont à l’opposé du
   communautarisme.
   Quand on aime la France, on ne dresse pas les minorités contre la
   République.
   Quand on aime la France, on n’est pas du côté de ceux qui pour défendre
   leurs intérêts
   bloquent le pays et prennent les Français en otage dans des conflits
   qui ne concernent que
   des minorités protégés par des statuts dont elles ont fini par penser
   qu’ils leur donnaient tous
   les droits.
   Quand on aime la France, on est pour la continuité du service public
   parce que la continuité
   du service public c’est le devoir des agents du service public.
   Quand on aime la France, on n’est prisonnier d’aucun groupe de
   pression, d’aucun syndicat,
   d’aucune clientèle, d’aucune minorité. On ne se pose qu’une seule
   question, la question de
   l’intérrt général.
   Aimer la France, c’est tenir la parole de la France. La parole de la
   France, on la respecte et
   on l’honore.
   Quand on aime la France, on ne ment pas tous les jours aux uns pour
   faire plaisir aux
   autres. On tient le même discours à tout le monde parce que tenir le
   même discours à tout le
   monde, c’est la seule façon de respecter les Français.
   Quand on aime la France, on dit la vérité aux Français sur ce que l’on
   veut faire, sinon on
   jette un discrédit sur une parole publique qui n’a pas besoin d’rtre
   discréditée.
   Il faut avoir le courage de dire aux élites qu’une partie d’entre elles
   n’a pas été à la hauteur
   de ses responsabilités en s’octroyant des rémunérations qui défiaient
   le sens commun. Cette
   minorité a trahi les valeurs qu’elle devait défendre.
   Mes chers amis, il faut avoir le courage de dire à la jeunesse qu’elle
   ne réussira rien sans
   effort.
   Il faut avoir le courage dire aux ouvriers qu’ils ne pourront pas
   gagner plus en travaillant
   moins.
   Il faut avoir le courage dire aux retraités que l’on ne pouvait pas
   continuer à payer les
   pensions à crédit.
   Il faut avoir ce courage. Ce courage d’aimer la France, ce courage de
   respecter les Français.
   Ce courage de la vérité.
   Cette campagne doit être une campagne de vérité
   Cette vérité, les Français la méritent et la France en a besoin.
   Où est la vérité quand on explique en même temps que l’on veut punir
   les voyous et abroger
   la loi sur la récidive et abroger les peines planchers ?
   Où est la vérité quand on ne dit pas la même chose selon
   l’interlocuteur auquel on
   s’adresse, où est la vérité quand on dit tout et son contraire ?
   Où est la vérité lorsqu’on est d’un côté de la Manche ou de l’autre,
   quand on fait semblant
   d’rtre Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris ?
   Doit-on choisir le bon jour, choisir le bon discours ? A peine a-t-on
   compris la moindre
   proposition qu’elle est déjà retirée. Ce n’est pas comme cela que l’on
   dirige notre pays, la
   cinquième puissance au monde !
   Où est la vérité - à moins que nous n’ayons pas bien compris - quand on
   dit chaque jour le
   contraire de la veille ?
   Un jour on avance que tous les clandestins vont être régularisés.
   Mais un autre, non, ce sera au cas par cas.
   Un jour on annonce, solennellement, le retour de la retraite à 60 ans.
   Mais le lendemain on dit qu’il fallait comprendre autre chose. On ne
   sait toujours pas quoi.
   On se demande mrme s’il y a quelque chose à comprendre !
   Un jour on annonce la fin du quotient familial.
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   Mais le lendemain on se dépêche de dire que non mais que l’on va quand
   même tout
   changer. Changer quoi ? Comment ?
   Un jour on annonce la légalisation de l’euthanasie.
   Un autre jour on déclare que l’on a mal compris.
   Mais la fin de la vie, mes chers amis, est un sujet trop douloureux.
   C’est un sujet dont je suis
   certain qu’il ne doit pas être instrumentalisé. Parce que l’euthanasie
   engage tant de choses
   profondes et intimes. C’est un dilemme profondément humain que la loi
   sans doute, comme
   elle le fait déjà, peut encadrer mais qu’à mes yeux elle ne doit pas
   trancher.
   Quand on aime la France, on ne fragilise pas les institutions qui
   forment la trame de notre vie
   sociale.
   La famille, le mariage font partie de ces institutions qu’il ne faut
   aborder qu’avec infiniment
   de précaution. Quels que soient les bouleversements que la famille, que
   le mariage ont
   connus depuis des décennies, la famille, le mariage restent des
   repères, restent des
   références profondément
   ancrés dans la conscience collective et qui font partie de notre
   identité.
   Nous ne voulons pas que l’on sacrifie notre identité à la mode du
   moment !
   Au fond, je voudrais que chacun aborde des sujets aussi profonds que la
   fin de vie, que le
   mariage, que la filiation, que la famille, de façon apaisée, en
   respectant les souffrances des
   uns - car il y a beaucoup de souffrances - les angoisses des autres,
   les convictions intimes
   de chacun, qu’elles
   soient philosophiques, morales ou religieuses.
   Faire partie d’une mrme Nation, rtre Français, c’est accepter l’idée
   que ce qui nous unit est
   plus fort que ce qui nous sépare et qu’il y a entre chacun d’entre nous
   un lien, un lien
   fraternel, un lien de solidarité, de compréhension et de respect que
   nous ne devons pas
   abîmer en nous insultant et en nous déchirant ou en assument la
   promotion d’idées
   irréfléchies et irraisonnées, encore une fois, pour aller glaner ici ou
   là quelques voix.
   C’est l’esprit dans lequel j’aborde cette campagne.
   C’est l’esprit avec lequel je veux aller à la rencontre des Français.
   Dans une campagne, il y a des convictions qui s’affrontent, il y a des
   opinions qui se
   combattent, il y a mrme des personnalités qui s’opposent.
   Mais il n’y a aucune raison de se laisser aller à des attaques basses
   qui ne feraient
   qu’exprimer un manque de considération pour les Français qui méritent
   un débat d’une
   certaine tenue.
   Une campagne présidentielle c’est, pour un homme ou une femme, une rude
   épreuve, une
   épreuve de vérité et une épreuve de sincérité. Il ne faut pourtant pas
   vivre douloureusement
   cette épreuve parce qu’une campagne est un moment privilégié : on va à
   la rencontre des
   Français, on les écoute, on leur parle.
   Je vais à cette rencontre, sans protocole, sans intermédiaire, j’y vais
   plus libre que jamais je
   ne l’ai été.
   Je vais à cette rencontre sans détours, sans artifices de
   communication, heureux de parler
   de notre pays et de dire les leçons que je tire de mon expérience pour
   l’avenir de la France.
   J’y vais avec lucidité et j’y vais avec une force de conviction qui est
   à proportion de l’amour
   que j’ai toujours éprouvé pour notre pays.
   Je vais à cette rencontre en ayant en moi tout ce que j’ai appris, des
   souffrances qui se sont
   exprimées devant moi, Chef de l’Etat, souffrances auxquelles je ne
   pouvais pas répondre.
   Celle de la victime dont on n’a pas retrouvé le coupable.
   Celle de la femme, de la mère qui pleure devant le cercueil d’un soldat
   mort pour la France.
   Celle de ce chômeur dont l’usine vient d’rtre délocalisée et qui ne
   sait pas, alors qu’il n’y ait
   pour rien, comment il va faire vivre sa famille.
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   Je vais à cette rencontre en sachant que la volonté ne peut pas tout
   mais sans volonté, mes
   chers amis, on ne peut rien.
   Certains considèrent qu’il vaut mieux ne rien tenter que de prendre le
   risque d’échouer -
   comment ils disent ?- au risque de donner de faux espoirs.
   Mais, mes chers amis, si l’on ne veut rien, si l’on ne tente rien, si
   l’on ne prend jamais le
   risque d’échouer, alors on peut rtre certain qu’il n’y a plus rien à
   espérer du tout. Quand on
   risque d’échouer, on risque aussi de réussir. Alors je préfèrerai
   toujours prendre le risque
   d’échouer que de
   renoncer à la possibilité, mrme la plus mince, de réussir. S’il y a une
   chance, une seule
   chance, d’emprcher qu’une vie s’abîme, s’il y a une chance de sauver un
   emploi, s’il y a une
   chance, rien qu’une chance, d’éviter une souffrance, je ne me
   résignerai jamais à ne pas la
   tenter.
   Je suis fait ainsi et je n’ai pas l’intention de changer.
   Rester les bras croisés devant un problème simplement parce qu’il est
   difficile -je vous
   garantis depuis cinq ans j’en aurai des crampes ! - ou lever les bras
   au ciel en s’écriant que
   contre le chômage on a tout essayé ou que l’État ne peut pas tout et
   que par conséquent on
   ne fait rien, c’est
   une conception de la politique qui ne sera jamais la mienne. Je préfère
   arrêter que devenir
   comme cela.
   Nous n’avons pas toujours réussi ce que nous avons entrepris, mais chez
   Lejaby, chez
   Photowatt, chez Alsthom, il y a des ouvriers qui sont soulagés parce
   qu’ils n’ont pas été
   abandonnés. Il y a des milliers de travailleurs qui ont sauvé leurs
   emplois qui étaient
   condamnés d’avance grkce au Fonds
   Stratégique d’Investissement, au Médiateur du crédit auquel personne ne
   croyait. Qu’on aille
   leur demande aujourd’hui s’ils auraient préféré que l’on ne tentkt
   rien.
   Tout tenter même quand il semble que les chances sont faibles. Voilà ma
   conception de la
   responsabilité en politique.
   La responsabilité c’est une valeur dont je veux parler aux Français
   parce qu’on l’a trop
   souvent négligée.
   La responsabilité c’est le contraire de l’impunité.
   Chacun doit être responsable de ses actes.
   Chacun doit assumer les conséquences de ce qu’il fait, de ses erreurs,
   de ses fautes, de ses
   manquements, comme de ses réussites. L’impunité pour le fraudeur, pour
   le voyou, ce n’est
   pas acceptable. Mais l’impunité en haut de l’échelle ne l’est pas
   davantage.
   Quand un préfet ne fait pas son travail, je l’assume, on change de
   préfet.
   Quand un juge commet une faute, je l’assume, il doit être sanctionné
   car il n’y a aucune
   indépendance qui exonère de toute responsabilité.
   Je veux aller à la rencontre des Français pour leur parler de
   l’autorité, cette valeur que l’on a
   tant dénigrée dans le passé et dont on se rend compte à quel point
   maintenant elle manque.
   Je veux parler de l’autorité du maître à l’école, pas du copain à
   l’école mais du maître à
   l’école, de l’autorité du professeur, de l’autorité du policier, de
   l’autorité de l’État, de l’autorité
   de la loi.
   Je veux parler de l’autorité que confère le savoir et que confère la
   morale.
   Je veux dire qu’un monde sans autorité est un monde sans liberté, parce
   que l’autorité et la
   liberté c’est complémentaire, c’est l’ordre et le mouvement, la
   transmission et la
   transgression dans la même direction.
   Je ne veux pas aller à la rencontre des Français pour parler à la
   droite, pour parler à la
   gauche, pour parler au centre. Pour moi, la France, c’est tous les
   Français. La France ce ne
   sont pas des camps, ce ne sont pas des partis, ce ne sont pas des
   factions qui ne cessent
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   jamais de se combattre
   avec la certitude d’rtre le bien contre le mal.
   Je ne pense pas qu’il suffise d’rtre dans le camp du mal parce qu’on
   n’ait pas
   immédiatement convaincu par mes idées, par mon action, par mon
   discours.
   Au-dessus des partis, il y a la France et il faut aimer la France
   davantage que son propre
   parti.
   Je veux dire aux Français qu’il ne faut pas toujours se demander si une
   idée est de droite ou
   de gauche, mais si l’idée est la bonne pour le pays.
   Pendant cinq ans j’ai pu mesurer la puissance des corps intermédiaires
   qui s’interposent
   parfois entre le peuple et le sommet de l’État, ces corps
   intermédiaires qui prétendent
   souvent parler au nom des Français et qui en réalité, souvent,
   confisquent la parole des
   Français.
   Que ce soit pour l’autonomie des universités, le service minimum, la
   réforme des ports ou les
   retraites, j’ai pu mesurer bien souvent la difficulté de réformer quand
   les Français n’ont pas
   leur mot à dire. Ce ne sont pas les Français qui sont rétifs aux
   réformes mais les corps
   intermédiaires qui n’aiment rien tant que l’Immobilisme.
   Je veux rendre la parole aux Français. Les défis sont trop grands et
   les changements trop
   importants pour que les Français n’y soient pas associés directement.
   J’ai bien entendu les cris de ceux qui pensent que se tourner vers le
   peuple c’est du
   populisme. Au fond d’eux-mêmes ils trouvent sans doute que le peuple
   n’est pas assez
   raisonnable, que le peuple n’est pas assez intelligent et que mieux
   vaut ne pas demander
   son avis au peuple.
   Je sais très bien que tous ceux qui pensent cela ne voudront rien
   lâcher de leur pouvoir. Ils
   résisteront. Ils ont fait la même chose au général de Gaulle en 1962
   lorsque le général de
   Gaulle a dit que seul le peuple de France pouvait choisir le président
   de la République
   française.
   A l’époque on disait du général de Gaulle qu’il était un dictateur et
   que sa volonté était une
   forfaiture. Si j’en juge, les candidats de 2012 peuvent être en
   désaccord avec socialistes de
   1962.
   Ce qui était une forfaiture à l’époque ne semble gêner personne
   aujourd’hui.
   Je veux être le candidat du peuple de France.
   Je ne serai pas le candidat d’une petite élite contre le peuple.
   Le référendum c’est l’esprit de la Vème République.
   Et la Vème République nous lui devons beaucoup.
   Avec la réforme de la Constitution j’ai voulu trouver une voie
   raisonnable qui ne modifie pas
   les grands équilibres de nos institutions, une voie qui redonne des
   droits au Parlement. Ce
   ne fut pas toujours facile. Et même une réforme qui a donné des droits
   à l’opposition. Je l’ai
   fait parce que je pensais que c’était souhaitable pour notre
   démocratie. La majorité ne
   s’affaiblit pas lorsqu’elle reconnait des droits supplémentaires à
   l’opposition. Quand on est
   fort et sûr de ses convictions, on tend la main, on ne ferme pas le
   poing.
   A mes amis qui souvent m’ont dit : « on a confié la présidence de la
   Commission des
   Finances à l’opposition, regarde ce qu’ils en font ª, je leur ai dit :
   « oui, bien sûr, mais nous
   ne serons jamais comme eux ».
   Parce qu’on ne combat pas le sectarisme en étant sectaire soi-même.
   Parce qu’on ne combat pas l’intolérance en étant intolérant soi-même.
   Parce qu’on ne combat pas l’excès en étant excessif soi-même. Nous ne
   leur ressemblons
   pas».
   Nous n’avons pas les mrmes méthodes. Nous n’avons pas d’ennemis dans le
   peuple
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   français.
   Et je souhaite, mes chers amis, quitte à vous sembler naïf ou idéaliste
   ? J’ai des convictions
   tellement fortes ! Pour notre France, pays si éruptif, parfois si
   violent, je souhaite que nous
   continuions à aller dans le même sens. Celui du renforcement de notre
   démocratie.
   Bien sûr il y a des débats et nous conduirons ces débats, mais je veux
   évoquer la question
   d’un mode de scrutin qui tient à l’écart du Parlement de grands
   courants de notre vie
   politique et qui, au fond, pousse en définitive aux manoeuvres
   d’appareils dont je parlais il y
   a un instant.
   Ce qui s’est passé avec le nucléaire, c’est tout simple : un courant
   politique, pour avoir des
   sièges, négocie avec un autre courant politique sur le tapis vert.
   Parce que ce courant
   politique devient prisonnier de la formation la plus grande au seul
   prétexte que ce courant
   politique, seul,
   ne peut avoir un seul siège. Je le dis d’emblée : je suis convaincu
   qu’un mode de scrutin doit
   d’abord
   avoir pour objectif de dégager une majorité capable de gouverner. Je ne
   cèderai jamais sur
   ce sujet. Je suis attaché au scrutin uninominal à deux tours qui a
   cette vertu.
   Ce scrutin doit rester la règle. Mais réfléchissons ensemble : est-ce
   que lorsque, il y a 30
   ans, on a fait rentrer une partie de l’opposition dans les conseils
   municipaux, on a affaiblit ou
   on a renforcé les conseils ? Je pense qu’on a renforcé la démocratie
   locale.
   Il me semble donc qu’on pourrait corriger à la marge ce mode de scrutin
   pour que tous les
   grands courants politiques puissent avoir des représentants.
   La République est plus forte quand chacun s’exprime à l’intérieur de la
   République plutôt que
   quand on est obligé de s’exprimer à l’extérieur de la politique.
   Et qu’on ne vienne pas me dire que cela favorisera plutôt ceux qui
   n’ont pas nos idées que
   les nôtres. Je crois que la grandeur qu’est la nôtre c’est d’rtre des
   démocrates et des
   républicains, d’rtre des hommes et des femmes qui ignorent toute forme
   de sectarisme.
   J’ajoute qu’il faudra engager sans tarder avec toutes les formations
   politiques, un dialogue
   consensuel et républicain pour arriver à réduire le nombre de nos
   parlementaires. La classe
   politique, dans toutes ses composantes, montrera ainsi l’exemple de la
   raison.
   Mes chers amis, je vous l’avais dit, je me sens un homme libre. Je veux
   parler aux Français,
   à tous les Français. En faisant cela on va renforcer la force de la
   République. En faisant
   cela, les Français qui nous regarderont diront : voici des hommes et
   des femmes qui sont
   capables de se hisser au-dessus de leurs intérêts partisans parce
   qu’ils ne pensent qu’à une
   seule chose, l’intérêt général et l’intérrt de la France. Voilà la
   campagne que je souhaite
   mener en votre nom.
   Je vais terminer, mais j’aurais pu vous parler de tant d’autres choses,
   devant Alain Juppé
   j’aurais pu dire combien j’ai été bouleversé en Libye quand j’ai vu le
   nom de la France
   acclamé par cette jeunesse arabe qui ne criait pas « mort aux juifs »,
   « mort aux Américains
   », « mort à Israël » mais qui disait « démocratie, croissance,
   formation et emploi ».
   J’ai été bouleversé en Côte d’Ivoire quand j’ai vu que grkce à la
   France, enfin, on permettait
   aux Ivoiriens d’élire démocratiquement un président.
   Ils en ont le droit.
   Et combien j’ai été emporté à Tbilissi, en Géorgie, de voir à quel
   point les drapeaux français
   étaient synonymes de liberté.
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   J’aurai pu vous parler de la Méditerranée, mais je voudrai vous dire
   mes chers amis, vous
   dire simplement que la France a besoin de vous.
   Ce pays c’est le nôtre.
   Ce pays nous l’aimons.
   Ce pays c’est nous tous.
   Je vous demande une chose ce soir, ici, à Marseille,
   Aidez-moi
   Aidez-moi à réussir pour la France,
   Aidez-moi à rassembler le peuple de France.
   Vous êtes le peuple de France !
   Vive la République !
   Vive la France !
