Jeudi 13 octobre 2011 à 06h00 | Mis à jour le 13 octobre 2011 à 08h59
Par Marie Gasc
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Elle n'a « plus rien à perdre »

Patricia Vaccara, une des trois ex-salariées accusées de « propos injurieux » sur Facebook à Périgueux, témoigne, un an après son licenciement.

 Patricia Vaccara, qui était éducatrice de jour au foyer de Périgueux, n'a pas retrouvé de travail.  Photo Jean-Christophe Sounalet

Patricia Vaccara, qui était éducatrice de jour au foyer de Périgueux, n'a pas retrouvé de travail. Photo Jean-Christophe Sounalet

«J'ai eu l'impression d'être traitée comme une délinquante à 42 ans, après quinze années de bons et loyaux services. » Un an après, Patricia Vaccara a toujours en mémoire l'heure passée en garde à vue au commissariat de police de Périgueux. L'association SOS Femmes pour laquelle elle travaillait venait de déposer plainte contre elle et deux de ses collègues. « Notre direction nous accusait d'incitation à la haine et de menaces de mort envers elle », assure l'éducatrice, licenciée pour faute grave après des « propos injurieux » qu'elle aurait tenus sur le site Internet Facebook. Jusque-là, les plaintes des deux parties ont été classées. Mais un juge d'instruction va être saisi. C'est la conséquence du nouveau dépôt de plainte pour « faux et usage de faux » des ex-salariées qui ont décidé de se constituer partie civile (nos précédentes éditions).

« Cela heurtait nos valeurs »


Aujourd'hui, l'ex-salariée ne veut plus débattre du caractère public ou privé de la conversation qu'elle aurait eue sur Facebook. Elle conteste la teneur même des propos que l'association lui reproche d'avoir tenus sur son « mur ». Elle ne nie pas, en revanche, les mésententes avec la direction de l'époque. « Nous étions quelques unes à dénoncer le nouveau fonctionnement de la structure qui heurtait nos valeurs. » Elle explique avoir désapprouvé « le comportement de certains de ses collègues » vis-à-vis des personnes prises en charge par cette structure qui aide les femmes battues. « On nous demandait de faire de l'argent sur le dos des femmes. La priorité, ce n'était plus elles, c'était la rentabilité. »

Confrontée à une ambiance de travail de « plus en plus tendue », Patricia Vaccara avait le projet de devenir formatrice auprès ceux qui reçoivent les femmes victimes de violences et n'excluait pas de chercher du travail ailleurs.

La mise à pied, suivie du licenciement en juillet 2010, a radicalement changé le cours des choses. « J'étais en vacances, j'ai été informée par courrier. Sur le coup, on ne comprend pas. Être licencié pour faute lourde, alors qu'on s'est voué corps et âme à ce métier, ce n'est pas rien », assure celle qui était entrée il y a une vingtaine d'années au sein de l'association, d'abord comme bénévole, puis comme surveillante de nuit. Elle avait évolué jusqu'à devenir éducatrice de jour auprès des femmes battues et de leurs enfants accueillis dans le foyer.

Patricia Vaccara évoque un précédent choc vécu en 2007. « Un père de famille est arrivé avec une arme au foyer. Il cherchait sa conjointe et son fils. J'étais l'éducatrice de permanence ce soir-là et je suis restée deux heures avec lui, une arme pointée sur moi. » Suite à ces faits, elle est restée pendant deux ans en arrêt maladie. « Avoir vécu tout ça et être ensuite licenciée, c'est très violent. »

« On nous a salies »

Au chômage depuis plus d'un an, Patricia Vaccara est passée par un épisode de « très grand abattement », comme elle dit pour parler de la dépression qui a suivi son licenciement. Aujourd'hui, l'objectif de cette mère de deux filles d'une vingtaine d'années et d'un garçon de 10 ans est de trouver du travail. « En tant qu'éducatrice, ce n'est plus possible », assure-t-elle d'une voix neutre. « Avec ce qui s'est passé, qui voudrait nous embaucher ? »

Patricia Vaccara envisage de se présenter aux concours d'écoles d'infirmières. « J'aurai la possibilité de continuer à intervenir d'une autre manière auprès des femmes victimes de violences. » Parallèlement à ces projets qui se mettent tout doucement en place, elle se dit déterminée à poursuivre la bataille juridique, même si celle-ci est partie pour durer encore des mois. « On nous a salies. Nous n'avons plus de travail. Et il nous reste un sentiment d'injustice incroyable. Nous n'avons plus rien à perdre !

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Vos commentaires 23
 
marie chantal
16/10/2011, à 20h53 Alertez
Larenaude,landette: Hereusement ce n'est pas votre cas sinon vous seriez les premier(e) à être sur cet article. Laissez-moi vous dire que Savoir et penser sont deux choses différentes, dans votre cas c'est ni l'un ni l'autre.Cela ne doit pas être évident pour une personne de se voir salie,perdre son boulot, se voir sans ressources financier à cause d'une faute lourde et en plus avec des enfants en charge. Je souhaite à ces salarieés bonne chance qu'elles puissent reconstruire leur vie et surtout que Justice soit faite. Quant aux commentaires malveillants on peut constater le manque d'intelligence, ce qui bien évidement n'as pas été privilégié par une bonne éducation ni par les facteurs héréditaires.
 
 
bechigue
13/10/2011, à 23h01 Alertez
censure
 
 
bechigue
13/10/2011, à 23h00 Alertez
Larenaude , vive votre entreprise et choisissez vos collaborateurs avec soin , sauf si ce ne sont que des gagne pognon!!!
A bon entendeur ....
 
 
bechigue
13/10/2011, à 22h58 Alertez
landette...
Qui es tu pour te permettre ces quelques mots ??
Qui es tu pour te permettre une chose ou qui t'es etrangère , ou qui te touche de prés ??
Respect stp!
merci.
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 19h31 Alertez
Moi aussi bientot j'aurai plus rien à perdre!après ma collègue en FIN de CDD MISE DEHORS ,DONT LE SEUL tort a été de signer notre lettre ,je viens d'apprendre que c'etait probablement mon tour!nous avons mis en place une action pour cette collègue ,que des résidents ont signée.Voila ,la direction et le maire de la commune veulent me sanctionner pour faute grave!
 
 
emilie-ton
13/10/2011, à 17h08 Alertez
bonjour à tous,
Mais dans quelle société vivaient vous ?
Il ne s'agit pas là de "pleurnichage" juste d'un témoignage, d'un combat qui devrait tous nous concerner.
Apparemment, tous ne savent pas à quel point dans le travail, les salaries sont soumis aux pressions diverses de certains employeurs, s'appuyant sur la crise pour mal-traités leurs salariés.
Nous sommmes au 21eme siecle tout de même.
La toute-puissance des employeurs de nos jours est intolérable.
Le combat que mènent ces personnes est "NOBLE" et si tous les salariés avaient le même courage qu'elles d'aller jusqu'au bout pour dénoncer des pratiques plus que déviantes des employeurs, on n'en serait peut-etre pas là aujourd'hui et les tribunaux des prud'hommes seraint moins chargés.Elles ont le courage,"elles" de dire "haut et fort" ce que des centaines de salariés pensent tout bas. Cahpeau bas, Mesdames pour votre combat......... notre combat.
Merci de porter la parole silencieuse de salaries soumis à la dictature de certains employeurs qui se croient au dessus des lois. Et en profite pour faire de la mal-traitance institutionnelle à leurs employés.
Moi, j'ai tout de même une question, Que vient faire La Politique dans une asso Loi 1901 ?
Dérive, Déviance quand tu nous gagne.
En tout cas, moi, de cette société où les patrons sont "rois" et ou leurs salariés ne sont que des "kleenex", Moi je n'en veux pas!!!!
 
 
landette
13/10/2011, à 14h33 Alertez
Pleurnicheuse....
Facebook va t'aider.
 
 
filochard
13/10/2011, à 14h27 Alertez
atlantique sinon votre bâche vous comptez en faire quoi ?
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 14h21 Alertez
atlantique il faut apprendre à lire !je n'ai jamais dit que je travaillais au conseil général ,ni que j'étais stressée!j'ai écrit avec des collegues soignantes au conseil général,pour les informer des mauvaises conditions de travail,du manque d'effectif,ect... ,et des repercussions que cela entrainait sur la prise en charge des personnes agées dont nous nous occupions.C'est du bien etre des personnes agées dont nous nous soucions!Cela s'appelle dénoncer de la maltraitance institutionnelle !Effectivement je travaille ds le territorial.Mais cela n'a rien à voir avec votre réponse!Pour votre gouverne je suis également passée par le privé ,et sachez que ce grave problème qu'est la maltraitance institutionnelle y existe aussi!Il n'y a pas 2 mondes pour les soignants qui se battent contre cela et qui sont seuls à en subir les mesures ou sanctions après !C'est facile ATLANTIQUE de parler comme vous le faites quand on n'y connait rien!Alors renseignez vous avant de porter atteinte à ceux qui se battent pour les autres,pour peut etre ,qui sait ,vos propres parents? Apprennez à bien lire ,ça peut servir ,et n'oubliez pas les personnes agées c'est d'elles que nous nous sommes souciées !
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 13h56 Alertez
atantique!il fa falloir apprendre à lire!je n' ai jamais dit etre sressée ,ni dit travailler pour le conseil général!J'ai écrit avec d'autres soignantes au conseil général ce qui est different .Après ,effectivement je travaille dans le teritorial auprès des personnes agées,et c'est d'eux que nous nous sommes souciés,de la maltraitance qui découle des mauvaises conditions ds lesquelles nous travaillons!Ppour votre gouverne je suis passée par le privé!il n'y a pas 2 mondes qd on s'occupe des personnes agées comme vous le dites!les problèmes dont nous parlons sont graves ,et touchent beaucoup de personnes !alors quand on ne connait pas le problème ,atlantique,et que ça touche des personnes agées ,on se taitet on respecte les gens qui se battent pour eux!
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 13h37 Alertez
Patricia ,gardez vos valeurs humaines intactes.Retrouvez confiance en vous,vous allez vous en sortir,vous et vos anciennes collegues!Comme vous le dites,vous n'avez plus rien à perdre.Et témoigner comme vous le faites à visage découvert est une preuve de courage.Vous n'avez pas peur de dire la vérité.Continuez et ne tenez pas compte des mauvaises langues!
 
 
atlantique
13/10/2011, à 13h27 Alertez
marie su,restez ou vous etes alors n'allez pas dans le privé!!!! si au conseil general vous etes stressée,je ne vous imagine pas ailleurs!!! il y a bien 2 mondes,le privé et le public!
 
 
semiramis
13/10/2011, à 12h45 Alertez
Larenaude, vous n' êtes pas non plus le genre de collaborateur que j'aimerais avoir dans mon entreprise. Entourez vous de "machines" vous éviterez les désagréments liés à "l'être humain "...
 
 
Cedric
13/10/2011, à 12h30 Alertez
Non Larenaude ne sait vraiment pas ce qu'est une dépression ... mais en même temps il faut la vivre pour savoir ce que c'est.
Bon courage à elle, elle veut retravailler pour aider les autres et c'est tout à son honneur.
 
 
chouchannna
13/10/2011, à 12h20 Alertez
une mauvaise manip pardon
en réponse donc à larenaude je vous mets au défit de vivre la meme chose qu'elle.
oui elle a eu un arret maladie durant deux ans suite à une prise d'otage dont elle a été victime dans le cadre de ses fonctions.
Et pas deux ans pour son licenciement meme si nul ne doute que cela n'a pas dû etre facile pour elle.
Avoir risqué sa vie, pour défendre une cause, pour aller jusqu'au bout de sa mission qu'etait la "défense et la protection des femmes" et être "lourdée de la sorte, c'est écoeurant.
 
 
chouchannna
13/10/2011, à 12h15 Alertez
elle a effectivement été en dépression suite à cet evenement et pas suite à son licenciement, meme si nul ne doute dans quel état celui-ci a pu la mettre!!!!!!!!!!!!!!!
Avoir risqué sa vie, pour une cause,pour assumer son travail jusqu'au bout qui est de la protection des femmes, et être "lourdée" de la sorte.
Alors "larenaude" l'empathie en tout cas n'est pas votre fort
 
 
Yvon Trinquet
13/10/2011, à 12h12 Alertez
Qu'est-ce que les gens ont besoin d'étaler leur vie privée (qui en devient publique) sur facebook ?
Rencontrez du monde dans la vie réelle, pas sur un écran d'ordinateur.
Et puis ne vous étonnez pas d'avoir des retours de bâton si vous êtes incorrects envers votre entourage.
Certains ne peuvent que subir, d'autres peuvent sévir.
 
 
chouchannna
13/10/2011, à 12h12 Alertez
Vous etes-vous retrouvé 2h30 avec un fusil sur la tempe Larenaude!!!!!!!!!
faut savoir lire les articles!!!!!!!!!!!!!
Elle n'
 
 
filochard
13/10/2011, à 12h10 Alertez
Un fait divers aujourd'hui vient nous rappeler à quelle extrémité peut mener le harcelement moral.
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 11h41 Alertez
d'abord il y a de quoi se retrouver en arret maladie pendant 2 ans quand on est traitée de la sorte!SE retrouver en dépression ,prouve bien dans quel état déplorable tout cela l'a mis!je trouve lamentable de dire d'une personne qui est en dépression qu'elle s'amuse sur facebook ou qu'on n'aurait pas aimé travailler avec elle parce qu'elle est resté en arrèt maladie pendant 2 ans!où allez vous avec de tels commentaires ?SAVEZ VOUS CE QU'EST UNE DEPRESSION?
 
 
Marie Su
13/10/2011, à 10h57 Alertez
je vous souhaite bon courage et vous souhaite de retrouver avant tout du travail.la vérité finira par être de votre coté .C'est dur de se battre ,j'en sais quelque chose.Je travaille dans un établissement de soins où nous avons signalé à l'A R S, AU CONSEIL Général,la pénibilité de notre travail,le manque d'effectif et la maltraitance institutionnelle qui en découle envers les résidents .Résultats :des mesures prises envers nous sans aucunes communications,une de mes collegues enCDD qui devait être embauchée en CDI DEHORS!elle était là depuis 2 ans !la peur des représailles règne maintenant!vous voyez,mon problème est different ,mais tout aussi ecoeurant que le votre!et nous sommes un établissement public!IL ne faut pas baisser les bras ,ils ont essayé de me faire démissionner moi aussi,mais je suis tjs là!Battez vous ,les femmes dont vous vous occupiez attendent ça de vous!la verité doit être connue.
 
 
arnaud
13/10/2011, à 09h49 Alertez
Bon courage et bonne continuation à vous.
 
 
larenaude
13/10/2011, à 09h48 Alertez
"Suite à ces faits, elle est restée pendant deux ans en arrêt maladie."

Ce n'est pas le genre de collaboratrice que j'aimerais avoir dans mon entreprise.
 
 




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